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20/09/2017

EPFL, Forum Rolex Rolex Learning Center Route Cantonale, 1015 Ecublens

Fondation Braillard Architectes Laboratory of Urbanism / EPFL

PROJETER DES HORIZONS D’ATTENTE

URBANISME DE L’ESPOIR

Journée d’étude Bernardo Secchi

Fondation Braillard Architectes Laboratoire d’Urbanisme / EPFL

EPFL, Forum Rolex, Rolex Learning Center Route Cantonale, 1015 Ecublens

20/09/2017

Bernardo Secchi Working Seminar

URBANISM OF HOPE

DESIGNING HORIZONS OF EXPECTATIONS


Sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’Environnement

“Nos prévisions sont extrêmement limitées, comme le sont aussi, dans une société pluraliste, nos capacités individuelles et collectives de coordonner les actions de tous ces sujets qui contribuent à la construction, la transformation et la modification de la ville. Celui qui construit des « scénarios » est une personne désenchantée qui n’a aucune certitude et qui donc, pour cette même raison, propose des lignes possibles de raisonnement.” Bernardo Secchi, 1996

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Journée d’étude Bernardo Secchi Fondation Braillard Architectes Laboratoire d’urbanisme / EPFL Lausanne, mercredi 20 septembre 2017

URBANISME DE L’ESPOIR Projeter des horizons d’attente

Le Laboratoire d’Urbanisme/Habitat Research Center de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et la Fondation Braillard Architectes, dans le cadre du Eco-Century Project®, co-organisent la troisième Journée d’étude Bernardo Secchi, sous les auspices du Programme des Nations Unies pour l’Environnement. Au cœur du Séminaire se trouve le rôle du projet, notamment du projet des villes et des territoires en tant qu’agent dans la construction sociale de l’espoir. « Nos prévisions sont extrêmement limitées, comme le sont aussi, dans une société pluraliste, nos capacités individuelles et collectives de coordonner les actions de tous ces sujets qui contribuent à la construction, la transformation et la modification de la ville. Celui qui construit des «scénarios» est une personne désenchantée qui n’a aucune certitude et qui donc, pour cette même raison, propose des lignes possibles de raisonnement. »

Tous droits réservés

Couverture : “Momument aux limites du pays fertile”, Paul Klee, 1929

Bernardo Secchi, 1996

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Un projet vise à changer la réalité. Aussi explore-t-il les limites de ce qui est concrètement possible dans ses multiples dimensions, institutionnelles, économiques, techniques et politiques. Tout projet est accompagné par un acte d’espoir. « Que puis-je espérer ? » La troisième question posée par Emmanuel Kant dans sa Critique de la Raison Pure définit un champ pour le moins controversé. Ceci est particulièrement vrai dans la période contemporaine pendant laquelle des mutations drastiques sociales, économiques et environnementales ont lieu ; une période de profond réajustement de valeurs et de critiques en idées simplifiées de progrès. En effet, des fondamentales aspirations sociales à long terme, telles que celles attisées par l’urbanisme moderne et, plus largement, le « grand projet de la modernité », ne font plus partie d’un ample consensus. Les disciplines de la transformation de l’espace – les « disciplines du projet » – jouèrent régulièrement un rôle actif dans la définition, l’interprétation et la formulation de visions et de systèmes de valeurs étendus au sein du projet de la modernité, ainsi que des espoirs sociaux qu’il incarna. Elles furent souvent qualifiées d’utopiques, parfois marginalisées ou, au contraire, intégrées de manière a-critique. Ces visions projectuelles

ont ouvert à l’individu et à la collectivité des plus ou moins distantes perspectives ou « horizons d’attente », selon le terme établi par l’historien Reinhart Koselleck. La difficulté aujourd’hui se trouve dans la tâche de composer un récit collectif convaincant sur le futur, lequel pourrait aussi situer le projet en son sein. Urbanisme, architecture, paysagisme et écologie urbaine, ingénierie civile et environnementale sont censés dévestés humaines, en les articulant en solutions projectuelles spécifiques selon des besoins localisés. Mais rappelons-nous à quel point les sciences humaines ont délégitimisé les grands récits. De surcroît, la gestion complexe des ressources brouille la capacité inhérente des processus projectuels de produire un développement optimisé au delà des préoccupations tout juste quantitatives. Dans ce contexte, la Journée d’étude ouvre la question du projet en tant que champ interdisciplinaire et en tant que catégorie culturelle. Elle met sur la table la base d’une considération positive et pleine d’espoir de notre capacité d’anticiper, organiser, projeter et mettre en place des stratégies pour l’environnement bâti vu en tant qu’entité complexe et à la grande échelle, tout en maintenant ses spécificités et ses particularités. La Journée vise à renforcer le dialogue entre chercheurs, doctorants, professionnels et acteurs sur les relations entre le projet spatial, l’espoir social et la crise environnementale, sur la base des trois questions kantiennes: •• Projet et connaissance : comment l’action transformative du projet peut-elle éclairer des possibilités, révéler des dangers et des contradictions ? •• Projet et action : comment la nature anticipatrice du projet peut-elle construire des interrogations responsables sur le futur possible, quoique pas toujours choisi ? •• Projet et espoir : comment le projet pourrait-il rafraichir le besoin collectif de considérer positivement le 21e siècle ?

Panos Mantziaras (Fondation Braillard Architectes) Paola Viganò (École Polytechnique Fédérale de Lausanne)

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PROGRAMME 08h30

Accueil

08h45 - 10h00 08h45

INTRODUCTION Vincent KAUFMANN

Mot de bienvenue

Directeur du programme doctoral Architecture et Sciences de la Ville (EDAR), EPFL

Elena COGATO LANZA Présidente du Conseil de la Fondation Braillard Architectes

09h00

Paola VIGANÒ

Introduction

Directrice du Laboratoire d’Urbanisme, EPFL

Panos MANTZIARAS

Re-enchanting architecture. La nature « complexe » du processus de création en architecture

Directeur de la Fondation Braillard Architectes

09h15

Dominique BOURG Philosophe. Professeur ordinaire, Institut de géographie et durabilité, Faculté des géosciences et de l’environnement, Université de Lausanne

10h00 - 12h20

SESSION 1 (FR/ENG) Paola VIGANÒ

10h00

Christian ARNSPERGER Economiste. Directeur de l’Institut de Géographie et Durabilité, faculté des Géosciences et de l’Environnement, Université de Lausanne

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italiens récents (l’Arcologie de Paolo Soleri, le Projet local de Alberto Magnaghi et la Métropole horizontale de Paola Viganò), quelques éléments clés d’une anthropologie économique et écologique de l’horizontalité urbaine soutenable. Malgré les apparences, il n’y a rien de grandiose et prétentieux en cela. Basé sur le cas de Los Angeles comme échec emblématique de l’explosion urbaine (boosterism), et en accord avec l’idée fondamentale de Soleri que l’urbanisme est une forme de réflexion de l’homme sur lui-même, j’aborde la «compulsion de la croissance» comme une pathologie existentielle qu’il faut bien comprendre, et la dispersion urbaine comme une expression de la peur (Angst) existentielle des Lumières industriels. En mettant sur la balance la vision de Soleri d’une surdensification maigre (lean hyper-densification), le village urbain de Magnaghi et l’horizontalité isotrope de Viganò, je parviendrai à quelques réflexions sur Los Angeles et les États-Unis du sud-ouest plus généralement afin d’offrir les premières lignes de pensée sur l’horizontalité soutenable enracinée sur la problématique du sens de la condition humaine.

DISCOURS INAUGURAL Quelles villes pour l’entrée dans l’Anthropocène ? Les toutes premières pensées de l’écologie, avant même que le terme en soit forgé, se sont saisies des thèmes de la ville et de l’urbanisme par la négative. La ville industrielle naissante, tout particulièrement en Angleterre, apparaissait à ces pionniers comme un repoussoir de laideur et d’injustices. Fourier et les fouriéristes, par exemple, songeaient à surmonter l’opposition ville/campagne. Ils envisageaient de lui substituer des unités d’habitation, des palais plus exactement, n’excédant pas les 3’000 âmes, disséminées sur le territoire. Etc. Cette idée de dépassement de l’opposition ville/campagne n’a pas disparu aujourd’hui, mais elle prend la forme d’une inversion de la fameuse formule d’Alphonse Allais : à savoir installer la campagne en ville. Et ce avec une intense végétalisation des toits, laquelle couvrirait même les rues de son ombre, avec force agriculture urbaine, y compris sous la forme de tours agricoles. Si l’on en croit certaines projections démographiques au-delà du siècle, on peut même imaginer une décrue au long cours des populations urbaines, avec des quartiers transformés en ressourceries et d’autres rendus à la campagne, voire au sauvage. Nous explorerons ce nouvel imaginaire sous contrainte d’entrée dans l’Anthropocène.

THÉORIE ET HISTOIRE Modératrice Entre « Arcologie », « Projet local » et « Métropole horizontale » : face aux dilemmes de l’horizontalité urbaine soutenable Le vieux dilemme entre plus de proximité et plus d’horizontalité – qui regarde en fin de compte le débat autour de ce qui crée l’échelle humaine de nos agglomérations– n’a de solution évidente. Les cauchemars jumeaux de la dispersion infinie et de la densification extrême continuent à animer les recherches pour un compromis qui serait à la fois écologiquement soutenable et vivable pour les êtres humains. Je souhaite esquisser, par la mise en perspective de trois courants

Après avoir puisé sans compter dans les ressources de la planète pour assouvir leurs besoins, les sociétés contemporaines prennent conscience de la nécessité de réfléchir à un développement qui ne pénalise pas la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Pour mettre fin à ce modèle évolutif, la notion de développement durable a été définie dans le rapport Brundtland en 1987, de manière à répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins. Cette vision comprenait initialement trois dimensions (ou piliers) -la croissance économique, l’inclusion sociale et l’équilibre environnemental- auxquelles la culture a été incluse introduisant ainsi une dimension d’interactivité. Pour saisir l’impact de cette interaction et l’articulation du processus du projet avec les piliers-indicateurs du développement durable, nous avons choisi de situer la complexité -entendue comme notion qui structure les parties et leurs échanges dans l’ensemble- au sein du processus de création. L’examen synchronique des piliers entraîne l’architecte à appréhender d’échelles d’action différentes (bâtiment, quartier, ville), et ainsi, considérer des enjeux liés à d’autres horizons disciplinaires. La question se pose, alors, de définir la place de l’architecture dans cette nouvelle relation aux territoires et le rôle de l’architecte face à la multiplication des acteurs qui en résulte. Dans quelle mesure ce nouveau rôle conduirait-il à une « méta-disciplinarisation » des professions liées à la conception de l’espace ? Et, dans quelle mesure le projet architectural pourrait-il être la matérialisation d’un processus complexe qui prend en compte l’environnement, l’économie, la société et la culture ? Basée sur des recherches menées depuis 2009, ayant abouti à une thèse de doctorat en Architecture et Ville (2014) et nommée avec le Prix de la Recherche et de la Thèse en Architecture (2016), cette contribution avance l’hypothèse selon laquelle la prise en compte du développement durable doit se traduire chez l’architecte comme une logique structurelle ou un système de pensée, une sorte de code génétique du processus de création du projet qui « inaugure » chez le projet architectural une « entité complexe et à la grande échelle ». C’est dans ce sens qu’on peut parler d’un projet accompagné par un acte d’espoir qui demande de

Image : Christian Arnsperger ©

Aliki-Myrto PERYSINAKI

10h20

Docteur en Architecture et Ville, Senior Lecturer en Architecture, Université Liverpool John Moores, membre du laboratoire Architecture, Milieu, Paysage (MCC)

Représentation schématique du développement durable

considérer à la fois bâtiment et territoire, ou, selon l’appel à propositions de ce séminaire comme « tâche de composer un récit collectif convaincant sur le futur ».

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10h40

11h00

PAUSE-CAFÉ

Brent PATTERSON Doctorant à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Enseignant à l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Malaquais et l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette

11h20

Gioacchino GAROFOLI Economiste. Professeur ordinaire en Politiques Economiques, Université de l’Insubrie

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Le principe espoir: un « défi » philosophique pour la pensée urbaine contemporaine Quelle est la place et le rôle de l’espoir si l’on pense à la ville d’aujourd’hui? Quelles pourraient être ses formes et ses processus? Cette contribution examinera les écrits de Bernardo Secchi (et Paola Viganò) sur le concept d’espoir, en relation à la philosophie et la pensée urbaine contemporaine. A l’instar de toute théorie, l’espoir un produit de son contexte culturel et de son temps, parmi lesquels la «politique spatiale». Parmi les références courantes en théorie de la ville, l’on peut considérer les travaux de Manuel Castells, David Harvey et Zygmunt Bauman. De telles théories ont été influencées par la pensée historique de Walter Benjamin, Siegfried Kracauer et Georg Simmel qui ont mis en question les approches conventionnelles à la ville et son architecture, ainsi qu’aux catégories conceptuelles les sous-tendant. Pourtant, il y a bien une personnalité de la philosophie allemande du début du XXe siècle qui serait indispensable à la compréhension de la notion d’espoir, mais qui se trouve souvent oubliée lors de ce débat: Ernst Bloch. Cette contribution mettra en perspective ces différentes générations de penseurs, sur la base du Principe espérance de Bloch. On mettra l’accent à la fois sur leur compréhension des cultures urbaines, mais aussi sur leurs arguments quant au potentiel des pratiques sociales et culturelles progressistes (notamment à l’échelle de la petite collectivité) à l’égard de l’environnement urbain. A partir de ce cadre théorique, on analysera les concepts promus par Bernardo Secchi en leur approche alternative du projet de ville, adressant tant la politique spatiale que les inégalités sociales. Il s’agit d’une théorie contemporaine qui permet une reconceptualisation critique, une cartographie politique plus riche et de nouvelles formes d’appropriation spatiale. Elle soulève aussi la question de liberté individuelle et collective dans notre contexte actuel. Quelles sont les réalités auxquelles nous décidons de nous engager, et à quelles fins? Quels sont les projets qui en résultent? Et comment nous y installons l’espoir?

La restructuration socio-économique des territoires et l’implication des acteurs locaux à la planification participative: un mouvement d’espoir Cette contribution traitera les questions méthodologiques de la recherche innovante relative à la restructuration socio-économique des territoires. Nous discuterons de la nécessité de combiner l’analyse qualitative et quantitative du processus des mutations économiques et territoriales. La «recherche de terrain» sera examinée sous cet angle afin d’indiquer l’opportunité d’interprétations originales de ces mutations. En première partie, on mettra l’accent sur la littérature spécialisée et sur des travaux reconnus (y compris ceux de Bernardo Secchi) pour leur rôle moteur au lancement de tels programmes de recherche. On expliquera par la suite les modes et cas d’étude lors desquels cette approche a pu mettre au jour des problèmes cruciaux et des perspectives pour les territoires et les collectivités. La recherche de terrain a souvent offert la possibilité d’une interprétation et d’une évaluation partagées de scénarios possibles pour la transformation socio-économique de tels cas. La recherche de terrain a souvent offert l’occasion d’impliquer des acteurs et institutions locaux dans la valorisation des ressources. Tout cela s’avère être à la base d’une alliance potentielle entre les forces territoriales et sociales, permettant des initiatives bottom-up, des projets collectifs et de la

planification partagée. Enfin, la communication pourra indiquer l’importance d’une gouvernance à plusieurs échelles vis-à-vis de stratégies et politiques topdown, trop répandues dans les territoires dans les dernières décennies. L’organisation d’un développement territorial partagé dépend surtout du degré d’implication d’une multiplicité d’acteurs (publics et privés) dans un projet commun et garant d’une vision du future communément élaborée. Nous finirons avec quelques remarques conclusives et des propos sur les opportunités de coopération territoriale, voire de mise en réseau entre territoires.

Du sol comme œuvre au sol comme archive de l’action humaine. Microhistoire d’un principe d’espérance à travers deux textes du pédologue Dan H. Yaalon

Antoine VIALLE // En 1966, Dan Hardy Yaalon, pédologue à l’Université hébraïque de Jérusalem, Eric VERRECCHIA publie avec son collègue Bruno Yaron un article intitulé « Framework for manmade soil changes – an outline of metapedogenesis ». En écho à ce premier texte, Yaalon publie en 2011, cette fois-ci en collaboration avec le pédologue américain Daniel de Richter, un second texte intitulé « “The Changing Model of Soil” Revisited ». À quarante-cinq années de distance, ces deux prises de position, auxquelles on reconnaîtra ici une ample portée théorique, abordent sous un jour sensiblement différent l’impact que l’action humaine peut avoir sur le sol. En filigrane de cette microhistoire d’une anthropo-pédologie traversée par l’espoir selon lequel, en « construisant » leur sol, les hommes transforment leur territoire et bâtissent leur société, on proposera alors de lire l’évolution des théories de l’écologie dans la seconde moitié du XXe siècle, définissant la nature du rapport de l’homme à (son) environnement, entre « principe d’espérance » et « principe de responsabilité ». Dans un premier temps, on contextualisera l’affirmation enthousiaste et résolument optimiste selon laquelle, grâce à la technique, l’homme possède les moyens de modifier l’ensemble des facteurs et des processus d’évolution des sols, à travers une « métapédogènèse » que Yaalon considère, en 1966, réversible. Puis on observera que, en 2011, Yaalon et de Richter envisagent avec plus de prudence le fait que l’homme soit devenu le principal agent de la transformation de la surface terrestre, sans pour autant rompre totalement avec l’espoir d’une bonification vertueuse d’un sol devenu un « human-natural body ».

11h40

Doctorant, assistant au Laboratoire d’Urbanisme, EPFL // Pédologue, Professeur ordinaire, Institut des dynamiques de la surface terrestre, Faculté des géosciences et de l’environnement, Université de Lausannev

Dan H. Yaalon examinant l’érosion d’un profil de sol dans le Negev, Israël. © YAALON Dan H., 2012, The Yaalon Story. A passion for science and Zion, Jérusalem, Maor Wallach Press.

Dans un second temps, on commentera le fait que Yaalon et de Richter sont amenés à considérer le sol non seulement comme un « miroir du paysage » mais aussi comme un « support de mémoire ». On émettra alors quelques critiques sur la façon dont est généralement formulée la vision du sol comme résultat d’une construction par stratification sur le temps moyen et long. En s’appuyant sur les premières propositions du projet « Our Common Soils », on soulignera enfin qu’une compréhension du sol comme « palimpseste », c’est-à-dire comme un système polygénétique entièrement réédité à chaque étape de sa transformation, permet d’envisager sous un angle original, et lui-aussi vecteur d’espoir, le projet du recyclage des éléments du paysage et du territoire.

Discussion avec Paola VIGANÒ

12h00 PAUSE DÉJEUNER

12h20 > 14h00 7


14h00 - 15h40

SESSION 2 (FR) Panos MANTZIARAS

14h00

Jean ATTALI Philosophe, professeur honoraire en Urbanisme et projet urbain à l’École Nationale Supérieure d’Architecture ParisMalaquais. Chercheur associé de l’UMR AUSser / CNRS n° 3329.

ÉTUDES DE CAS Modérateur La prospective urbaine à Pau (Pyrénées atlantiques). Le grand écart entre projets édilitaires et horizons d’attente La réalisation d’un ouvrage de prospective urbaine sous la forme d’un atlas a permis de développer plusieurs hypothèses (Cf. Pau 2030. Un atlas pour demain). La première consiste à fonder sur l’analyse spatiale du plan de la ville une série de conjectures sur les potentialités urbaines. Un atlas pour demain examine d’autre part les thèmes suivants : le paysage en tant que ressource urbaine ; la vocation capitale d’une ville « médiane », à distance des grands attracteurs métropolitains ; la capacité à porter les « emblèmes » d’un territoire élargi ; les stratégies possibles, fondées sur les atouts d’une géographie et sur les « capacités » léguées par une histoire économique et sociale. L’exercice prospectif a donné lieu à des évaluations contradictoires. Celles-ci ont porté à la fois sur les hypothèses théoriques, sur l’écriture cartographique, sur les images du présent telles qu’interprétées par le reportage photographique. La présente proposition consiste en la présentation de cet ouvrage : sa commande, son mode de conception et de réalisation, les discussions dont il est désormais l’objet.

Pau 2030. Un atlas pour demain. Jean Attali et Jacqueline Trichard, 2017.

Échelles temporelles, culture spatiale, figure de la ville. La prospective est l’une des dimensions de la culture spatiale. L’action urbaine s’étire dans le temps variable des projets, selon les ressources et les priorités. Elle se déploie dans un espace dont les structures, les héritages, les potentialités orientent les buts, inspirent les choix. La prospective est fondée sur une géographie, une économie, une sociologie. Elle suppose, sinon une synthèse, du moins une philosophie urbaine attachée à la compréhension de ce qui est « en puissance » dans l’espace des villes et des territoires : une morphologie, des vecteurs de transformation, des interactions, des occasions saisies ou délaissées. La prospective au prisme des projets. Il n’y a pas d’évolution inéluctable. L’urbanisme, en ce sens, fait face à une incertitude fondamentale qu’il essaye de réduire en ouvrant l’éventail des orientations stratégiques disponibles. Dans le cas d’une prospective restreinte à un territoire particulier, les « possibles » sont limités par les conditions locales et les scénarios n’offrent que des alternatives étroites. En revanche, cette prospective locale devient plus concrète, elle est soumise au feedback des projets déjà engagés. Prospective et projets sont donc solidaires, la première est régulée par les seconds, tandis que les projets reçoivent une partie de leur sens du cadre général d’anticipation dans lequel ils s’inscrivent.

Des réserves foncières aux zones vertes : projets et contre-projets d’urbanisation contribuant à la formation des sites semi-naturels bruxellois

Séréna VANBUTSELE

Cette communication démontre la contribution de visions projectuelles élaborées pour le territoire bruxellois à la reconnaissance de nouveaux espaces ouverts.

Dr. Architecte urbaniste. Maître

Dans le courant des années 1970, les autorités bruxelloises décident de mobiliser des terrains vagues périphériques pour la réalisation de grands projets d’urbanisation : bouclage autoroutier, chemin de fer, barres de logements de grandes hauteurs, prisons, écoles,… Or au début du 21e siècle, nombre de ces projets d’urbanisation n’ont pas vu le jour et ont laissé la place à un envahissement plus ou moins spontané par la végétation et les habitants. A Bruxelles, ces anciennes réserves foncières sont communément appelées « sites semi-naturels ». Ils sont le réceptacle de nombreux projets et contre-projets tantôt en faveur de leur urbanisation, tantôt en faveur de leur préservation en tant qu’espace ouvert. Aujourd’hui, la tendance politique est à leur reconnaissance en tant qu’espace de nature, maillon essentiel d’un réseau vert régional.

Territorial (IGEDT), Faculté des Sciences de

En étudiant la façon dont ces sites ont été planifiés ainsi que les usages, acteurs, discours et projets qu’ils ont supportés, cette communication apporte un éclairage sur les mécanismes qui ont enclenché la transition entre le statut de réserve foncière disponible pour des transformations urbaines majeures et le statut d’espaces ouverts sanctuaires de biodiversité, de ressources paysagères et récréatives. La façon dont un espace est perçu, utilisé et projeté s’avère ainsi être un moteur d’évolution de son statut officiel.

Désapprendre d’Athènes / Urban Kaïros Les institutions culturelles et universitaires sont historiquement définies par la distance qu’elle prenne avec la réalité, et dans le champ de l’architecture et de l’urbanisme il était longtemps fondamental d’opposer l’enseignement à la pratique. Mais face à l’urgence de certaines crises contemporaines certaines de ces institutions, ou en tout cas les hommes qui les composent, se mettent à considérer des formes de passage à l’action. C’est ce qui est au cœur du projet Unlearning from Athens / Urban Kaïros, qui naît dans un enseignement du département «VilleArchitecture-Territoire» (VAT) de l’ENSA Paris-Malaquais. Ce programme de workshops et de studios menés en collaboration avec l’Ecole Polytechnique d’Athènes (NTUA) se tourne désormais vers le débat public et l’action à échelle 1:1. Au fil d’actions publiques dont la première à Paris en janvier 2017, les propositions des étudiants ont été mises en débat à Athènes (avril 2017), à la Biennale d’architecture de Lyon (juillet 2017). Chacune de ces rencontres se donne des objectifs qui permettent progressivement de composer un cadre stratégique réaliste, en s’appuyant sur un réseau d’acteurs locaux et européens. Désormais, nous envisageons les modalités concrètes d’une politique urbanistique parallèle, qui ne dépendra pas des financements publics ou privés traditionnels puisque ceux-ci n’existent pratiquement pas, mais s’appuie à la fois sur des initiatives locales, et

14h20

assistante, Institut de la Gouvernance de l’Environnement et du Développement la Société, Université de Genève.

Réserve foncière du Kauwberg : Plan de

secteur de l’agglomération bruxelloise, 1979, carte des affectations.

Marc ARMENGAUD // Steven MELEMIS

14h40

Philosophe, urbaniste. Membre fondateur et directeur de AWP. Maître assistant titulaire au sein du département Ville Architecture Territoire à l’ENSA Paris-Malaquais // Architecte et historien de l’urbanisme. Maître assistant titulaire à l’ENSA Paris-Malaquais, département Ville Architecture Territoire. Membre du collectif BazarUrbain (GrenobleParis)

des soutiens internationaux pour stimuler une dynamique opérationnelle inédite : inclusive et prospective.

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15h00

Géry LELOUTRE Architecte urbaniste. Chargé de Cours, chercheur, doctorant, centre de recherche LoUIsE (Laboratoire Urbanisme, Infrastructure, Ecologie), Faculté d’Architecture de l’Université Libre de Bruxelles / Università IUAV (co-direction)

Le sol en mouvement de Kinshasa : érosions, ensablements, zones de crue. Cartographie réalisée sous la direction de G. Leloutre, par J.-M. Miliani et G.-J. Olivier, Faculté d’architecture de l’ULB, janvier 2017

15h20 15h40

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Décrire pour Agir. De la nécessité de problématiser le territoire de la ville congolaise

PROPOS LIMINAIRE De l’art de la mémoire à l’art d’espérer

D’emblée, Bernardo Secchi avait positionné la description au coeur du projet pour le territoire, proposant avec Paola Viganò un déplacement conceptuel de l’activité de l’urbaniste, depuis une réponse sectorielle à la demande sociale vers une activité de recherche originale. Liant de cette manière projet et recherche, il confère à cette dernière une dimension opérationnelle qui acquiert une importance toute particulière pour des territoires peu ou non pris en compte, ni même reconnus par la puissance publique. Secchi le démontra longuement pour la Città diffusa.

L’une des meilleures copies médiévales du De Architectura de Vitruve provient du Codex Mediceus de la Laurentiana, où il se trouve relié avec les deux traités d’agriculture classiques de Varron et de Caton. Les copistes du 13e siècle considéraient apparemment que ces deux disciplines, l’agriculture et l’architecture étaient comme les volets complémentaires d’une même préoccupation pour le ménagement et l’embellissement des territoires.

Mon intervention propose la présentation d’une recherche sur le territoire de Kinshasa, capitale de plus de 12 millions d’habitants de la République Démocratique du Congo, pays continent qui en compte 85 millions. L’enjeu de cette recherche est d’examiner comment peut se concevoir un projet pour le territoire kinois en absence de toute technostructure et moyens publics pour le mettre en œuvre. Elle jauge par là la portée opérationnelle de la description, soit comment le projet peut à la fois documenter ce territoire et permettre la construction de lignes possibles de raisonnement et d’action. Ce travail de problématisation du territoire kinois est une étude personnelle en cours menée afin d’accompagner un ensemble de recherches doctorales menées des chercheurs congolais, dans le cadre de deux programmes de coopérations universitaires coordonnés par la Faculté d’architecture de l’ULB. Il se base sur une approche de Kinshasa à travers 3 images et une hypothèse de lecture fondamentale —celle de la Mboka Bilanga, termes que le caractère très polysémique de la langue lingala permet de traduire par ville maraîchère/spontanée/émancipatrice—, pour aborder de manière synthétique mais non englobante un territoire aux limites floues sans en éluder sa complexité et décliner une série de recherches spécifiques à l’intérieur d’un récit collectif porteur d’espoir d’actions concrètes à court et moyen terme sur la ville.

Sébastien MAROT

16h00

Philosophe. Professeur invité à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

Comme on sait, l’histoire subséquente, en particulier à partir de la révolution industrielle, fut celle d’un divorce de plus en plus prononcé, et même d’une véritable “rupture métabolique” entre les domaines respectifs de ces deux disciplines, aujourd’hui complètement droguées aux énergies fossiles bon marché dont elles seront bientôt sevrées. Se préparer à ce sevrage, ou à cette “transition” réclame donc un effort profond et enthousiasmant pour relier à nouveau ces deux sciences devenues veuves l’une de l’autre, et les ressourcer à partir de là. Une partie significative du chemin a été déblayée depuis quelques décennies par les visionnaires actifs de la permaculture qui sont parmi les plus authentiques “révolutionnaires” et porteurs d’espoir de notre époque. Il serait sans doute temps que les architectes et les urbanistes, à l’instar des promoteurs du mouvement des “villes en transition”, se mettent un peu à leur école.

Discussion avec Panos MANTZIARAS PAUSE-CAFÉ

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Under the auspices of the United Nations Environment Programme

“Our forecasts are extremely limited, as limited are, in a pluralist society, the individual and collective capability to coordinate the actions of the different subjects that contribute to the city construction, transformation and modification. Who builds ‘scenarios’ is a disenchanted person that has no certainty and, for this reason, only proposes possible lines of reasoning.” Bernardo Secchi, 1996

I


Bernardo Secchi Working Seminar Fondation Braillard Architectes Laboratory of Urbanism / EPFL Lausanne, Wednesday 20th September 2017

URBANISM OF HOPE Designing horizons of expectations

The Laboratory of Urbanism/Habitat Research Center of the Federal Polytechnic School of Lausanne and the Braillard Architectural Foundation, in the framework of The Eco-Century Project®, organise conjunctly the 3rd Working Seminar Bernardo Secchi, under the auspices of the United Nations Environment Program. At the core of the Seminar lies the role of design, namely the design of cities and territories as an agent in the social construction of hope. “Our forecasts are extremely limited, as limited are, in a pluralist society, the individual and collective capability to coordinate the actions of the different subjects that contribute to the city construction, transformation and modification. Who builds ‘scenarios’ is a disenchanted person that has no certainty and, for this reason, only proposes possible lines of reasoning.”

All rights reserved

Cover : “Momument to the Limits of Fertile Country”, Paul Klee, 1929

B. Secchi, 1996

II

A project aims to change the reality. For this reason it explores the frontier of what is concretely possible in its multiple dimensions: institutional, economic, technical and political. Any project is accompanied by an act of hope. “What may I hope?” The third interrogation of Immanuel Kant’s Critique of Pure Reason admittedly designates a controversial field. This is particularly true in a period such as the contemporary one, of drastic social, economic and environmental mutations; of deep re-adjustment of values and critiques to simplified ideas of progress. Indeed, those fundamental social long-term aspirations fuelled by modern urbanism, engineering and architecture, in other terms the “great modernization project”, are not widely shared any more. The disciplines of spatial transformation – or «design disciplines» – have regularly played an active role in defining, interpreting and shaping broader visions and systems of values within the project of modernity and of the social hopes that it embodied. At times marginalized or a-critically absorbed, designed visions opened to both the individual and the community more or less distant perspectives, or «horizons of expectations» according to the famous term of the historian Reinhart Koselleck.

The difficulty today is to compose a convincing collective narrative about the future whereby situating design inside it. Of course, urbanism, architecture, landscape and urban ecology, civil and environmental engineering are always expected to develop strategies based on a long-term global understanding of the human activities and articulate it in specific design solutions according to local needs. But we should bear in mind to what extend have humanities done away with the grands récits. Moreover, the complex management of resources blurs the inherent capacity of the design processes for optimized development beyond merely quantitative preoccupations. In this context, the Seminar opens the question of design as an interdisciplinary field and as a cultural category. There will be discussed the basis for a hopeful, positive consideration of our capacity to anticipate, organize, design and implement strategies for our built environment seen as a complex large scale entity, though in its specificities and particularities. The Seminar aims to foster dialogue between scholars, PhD students, professionals and stakeholders on the relations between spatial and environmental design, social hope and ecological crisis, along the three Kantian questions: •• Design and the Knowledge: how is the transformative activity of design to highlight possibilities, reveal dangers and contradictions? •• Design and Action: how is the anticipatory nature of design to construct responsible interrogations on the possible, although not always chosen, future? •• Design and Hope: how could the design culture refresh the collective need to consider positively the 21st century?

Panos Mantziaras (Fondation Braillard Architectes) Paola Viganò (École Polytechnique Fédérale de Lausanne)

III


PROGRAM 08h30

Registration

08h45 - 10h00 08h45

INTRODUCTION Vincent KAUFMANN

Welcoming speech

Director of the doctoral program Architecture and Science of the city (EDAR), EPFL

Elena COGATO-LANZA President of the council, Fondation Braillard Architectes

09h00

Paola VIGANÒ

Introduction

Director of the Laboratory of Urbanism,

that is both ecologically sustainable and existentially livable. Letting three recent Italian currents (Paolo Soleri’s Arcology, Alberto Magnaghi’s Progetto locale and Paola Viganó’s Horizontal Metropolis) interplay and intermingle, I intend to sketch some key elements of an economic and ecological anthropology of sustainable urban horizontality. This is not intended to the pretentious, even though it sounds somewhat grand. Rooted in a case study of Los Angeles as the proverbial failure of “boosterism,” and acquiescing to Soleri’s key idea that urbanism is a form of reflection of Man on himself, my approach takes the “growth compulsion” as an existential pathology to be explained and urban sprawl as an expression of the existential angst of the industrial Enlightenment. Balancing out Soleri’s vision of “lean” hyper-densification against Magnaghi’s “urban village” localism and Viganó’s “isotropic horizontality,” I will use some preliminary insights about L.A. (and the Southwestern US more generally) in order to offer the first lineaments of an approach to sustainable horizontality rooted in questions about the meaning of human existence.

Photo : Christian Arnsperger

EPFL

Panos MANTZIARAS

Re-enchanting architecture. The “complex” nature of the design process in architecture

Director of the Fondation Braillard Architectes

09h15

Dominique BOURG Philosopher. Full professor, Institute of geography and Sustainability, Faculty of Geosciences and Environment, University of Lausanne

10h00 - 12h20

SESSION 1 (FR/ENG) Paola VIGANÒ

10h00

Christian ARNSPERGER Economist. Director of the Institute of Geoscience and Sustainability, Faculty of Geoscience and Environmental Studies, University of Lausanne

IV

KEYNOTE SPEECH How will the cities enter in the Anthropocene? The very first thoughts on ecology, even before the invention of the term itself, had already seized upon the city and planning – in an negative way. The nascent industrial towns, particularly in England, were apprehended as foils of ugliness and injustice. Among other examples, Fourier and the fourieristes were suggesting to overcome the opposition town vs. country by means of new settlements, or rather «palaces», each of no more than 3’000 inhabitants, dispersed in the countryside. The hope of getting over this opposition has scarcely disappeared today, although it seems to have taken the inverse form of Alphonse Allais’s famous moto, that is install the country in the city. Many a solution is discussed, such as covering the roofs –and even the streets– with rich vegetation, or implementing urban agriculture even in high-rise typologies. According to some demographic projections going beyond the 21st century, one could also imagine a long, slow and gradual decline of urban population, with some city sectors transformed into resource quarries and some others restored to the countryside, and even to the wilderness. We will explore this new imagery in the perspective of our entry into the Anthropocene.

THEORY AND HISTORY Moderator Between “arcology,” the “local project” and the «horizontal metropolis»: confronting the dilemmas of sustainable urban horizontality The age-old dilemma between more proximity and more horizontality – which is, ultimately, a debate around what makes up “human scale” in settlements – has no simple solution. The twin nightmares of endless sprawl and extreme densification have been driving forces behind the search for a humanly adjusted compromise

Having tapped into the resources of the planet to satisfy their needs, contemporary societies are becoming aware of the necessity to reflect on a development that does not penalize the ability of future generations to meet their own needs. In order to put an end to this evolving model, the notion of sustainable development was defined in the Brundtland report in 1987 to meet the needs of the present without compromising the ability of future generations to meet their needs. This vision initially included three dimensions (or pillars) - economy, society and environment - to which culture was later added in order to introduce a dimension of interactivity. In order to understand the impact of this interaction and the articulation of the project with the pillars-indicators of sustainability, we have chosen the notion of complexity - referring to the articulation between the whole and the parts, the global and the particular in a continuous flux of going and coming - to describe the design process. The synchronic examination of the pillars leads the architect to apprehend different scales of action (building, neighbourhood, city), and thus to consider issues related to other disciplinary horizons. Consequently, the question arises to define the role of architecture in this new relation to the territories and the role of the architects confronted to the different disciplines involved in the design process. To what extent would this new role lead to a “meta-disciplinarisation” of space-related disciplines? And to what extent could the architectural project be the materialisation of a complex process that considers environment, economy, society and culture?

Aliki-Myrto PERYSINAKI

10h20

Doctor in Architecture and Urbanism, Senior Lecturer in Architecture, Liverpool School of Art and Design. Member of the laboratory Architecture, Milieu, Paysage (MCC).

Complexity of process

Based on research carried out since 2009, culminating in a PhD thesis in Architecture and Urbanism (2014) and nominated with the Prize for Research and PhD Thesis in Architecture (2016), this presentation advances the hypothesis that sustainability should be translated as a structural logic or a thinking system for the architect, a kind of genetic code of the design process which “inaugurates” the architectural project as a “complexly scaled entity”. It is in this sense that one can speak of a project accompanied by an act of hope which considers both building and territory, or, according to the call for proposals of this seminar, the ability to “compose a convincing collective narrative about the future”.

V


10h40

PAUSE-CAFÉ

11h00

Brent PATTERSON PhD student at Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS). Teacher at the École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Malaquais and the École Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-La Villette

11h20

Gioacchino GAROFOLI Economist. Tenure professor in Economic Policy at Insubria University, Italy.

6

The Principle of Hope as a Philosophical ‘Challenge’ to Contemporary Urban Theory What is the place/role of ‘hope’ in thinking about the city today? What forms or processes might it take? This paper will situate Bernardo Secchi’s writings (with Paola Viganò) on the concept of hope, in relation to philosophy and contemporary urban theory. Like all theory, hope is a product of its cultural context and time, including ‘spatial politics’. Current references to hope in urban theory include the works of Manuel Castells, David Harvey and Zygmunt Bauman. These theorists are influenced by historical thinkers such as Walter Benjamin, Siegfried Kracauer and Georg Simmel, who challenged conventional understandings of the city, its architecture, and the conceptual categories that stabilize them. However, there is one figure of early 20th century German philosophy who is key to understanding the notion of ‘hope’, but who is largely neglected in such discussions – Ernst Bloch. The paper will examine these different generations of theorists, focusing on the theoretical basis provided by Bloch’s The Principle of Hope. It will address not only their diagnoses of urban cultures, but also their arguments regarding the potential for progressive social and cultural practices (particularly at a grassroots or community-based level) in the urban environment. Following this theoretical framework, the paper will analyze various concepts used by Bernardo Secchi and explore how they offer an alternative approach for designing the city today, one that addresses spatial politics and inequalities. Such contemporary theory offers the potential for critical re-imagination, a richer political cartography and new forms of spatial appropriation. It also raises questions of how freedom, both individual and collective, is linked to the context in which we live. Which realities do we choose to engage with, and to what end? What projects do we make of them? How do we invest them with hope?

Territorial socio-economic restructuring: local actors’ involvement for a shared vision and planning. A bias for hope The paper will deal with methodological questions for innovative research on territorial socio-economic restructuring. The paper will discuss the necessity to combine qualitative & quantitative analysis of the process of economic and territorial change. In this perspective “field research” approach will be discussed to explain the opportunity for original interpretations of territorial and social change. In the first part of the paper particular attention will be reserved to the specific literature and to seminal works and Masters’ role (including Bernardo Secchi) in launching research campaigns on these fields. The paper will then explain the ways and the cases in which this specific approach was able to single out crucial problems and perspectives for territories and communities. Field research very often was able to organize the construction of a shared interpretation and evaluate possible scenarios for socio-economic transformation of the case-studies. Field research very often produced the capability to involve local actors and institutions for the valorization of territorial resources. All this is at the basis of a potential alliance among territorial and social forces, giving opportunities for bottom-up initiatives, collective projects and shared planning. Finally, the paper should single out the relevance of multilevel institutional governance against the top-down strategies

and policies, which are quite usual in territorial policies in the last decades. The organization of a shared territorial development plan depends, mainly, on the capability to involve different actors (public and private) towards a common project which should guarantee a co-designed vision of the future. The paper will end with some conclusive remarks and proposals favouring the opportunities for territorial cooperation and even networking among different territories.

Of the soil as an archive of human action. A microhistory of the principle of hope via two texts by the pedologist Dan H. Yaalon As early as 1966, the Jewish University of Jerusalem pedologist Dan Hardy Yaalon published together with his colleague Bruno Yaron an article under the title “Framework for man-made soil changes – an outline of metapedogenesis” (Yaalon et Yaron 1966). Echoing this first text, Yaalon published in 2011, this time in collaboration with the American pedologist Daniel de Richter a second text entitled «“The Changing Model of Soil” Revisited». At forty-five years’ distance, these two documents address with an equal theoretical scope, albeit from two different points of view, the impact of the human action on the soil. The paper proposes a microhistory of an «anthropo-pedology» crossed by the hope that by

Antoine VIALLE // Eric VERRECCHIA

11h40

PhD Student, Assistant at the Laboratory of Urbanism, EPFL // Pedologist, Tenure professor at the Institute of Earth’s Surface Dynamics,, Faculty of Geoscience and Environment, University of Lausanne

*building» their soil, humans transform their realm and construct their society. It is also about the evolution of the theories of ecology in the second half of the 20th century, focusing particularly on the relationship between humanity and her environment, examined under the double prism of the «principle of hope» and the «principle of responsibility». Firstly, we shall replace in its context the enthusiastic, resolutely optimistic assertion that thanks to technology humans have the means to modify all the parameters and processes related to the evolution of the soils, notably thanks to a «metapedogenesis» that Yaalon still considers reversible in 1966. We shall thus observe that, in 2011, Yaalon and Richter apprehend with more circumspection the fact that the humans have become the major agents of transformation of the Earth’s surface. However, they do not entirely abandon the hope of a virtuous improvement of the soil [5], seen as a «human-natural body». Secondly, we shall comment on Yaalon and Richter’s consideration of the soil, not only as a «mirror of the landscape», but also as a «support for memory». We shall then express some criticism on the way in which the vision of the soil is generally shaped according to a stratification model of the medium and long term. Lastly, we shall refer on the first points of the project «Our common soils», in order to underline the «palimpsest» character of the soil, namely as a polygenetic system, entirely reedited in each phase of its transformation. This will allow for an original, equally hope-bearing appreciation of the recycling project of the landscape and of the regional components.

Dan H. Yallon at the end of his career. © STAHR Karl, ITKIN Danny, OTTNER Franz et Eric P. VERRECCHIA (eds.), 2016, Dan H. Yaalon Memorial Issue, Catena, Spec. Issue, vol. 146, p. 153. Courtesy of Uri Yaalon.

Discussion with Paola VIGANÒ

12h00 LUNCH BREAK

12h20 > 14h00

7


14h00 - 15h40

SESSION 2 (FR) Panos MANTZIARAS

14h00

Jean ATTALI Philosopher. Honorary professor at ENSA Paris-Malaquais (Urbanism and Urban Project). Associate researcher at the of UMR AUSser / CNRS n° 3329.

CASE STUDIES Moderator The urban prospect at Pau (Pyrénées atlantiques Region): the great gap between construction projects and horizons of expectations The creation of an urban prospect study in the form of an Atlas (Cf. Pau 2030. Un atlas pour demain) allowed for a series of hypotheses to be developed. On the one hand, is about founding on the city plan’s spatial analysis a series of conjectures on the urban potential. On the other hand, Un atlas pour demain examines the following issues: the landscape as an urban resource; the leading role of a medium-sized town; the qualifiedness to bear the «emblems» of the greater region; the possible strategies, based on the geographical advantages and on the «capabilities» bequeathed by the social and economic history. The prospective exercise led to contradictory estimations, as to the theoretical hypotheses, the cartographic interpretations and the illustration of the present by means of a photographic survey. The paper will focus on the presentation of this work: the commission, the way it was conceived and created and the resulting/ ongoing discussions around it.

Image : Jean Attali

Time scales, space culture, city image. The prospect is one dimension of the space culture. Urban action extends itself variably in time, according to its resources and priorities. It unfolds itself in a place where constructions, patrimony and potential orientate targets and inspire choices. The prospect is based on precise conditions geographical, economic and sociological. It results, if not in a synthesis, at least in an urban philosophy allowing to understand what is potentially possible in the urban and regional space, in terms of morphology, vectors of transformation, interactions and opportunities to seize or abandon. The urban prospect from a projectual point of view There is no unavoidable evolution. Planning is thus faced with a fundamental uncertainty which should be treated by attempting to open the range of possible strategic orientations. In the case of a prospect narrowed down to a particular region, the options are limited by the local conditions, and the scenarios offer but tight alternatives. On the contrary, this local prospect becomes more concrete and is subject to the feedback of projects already in progress. Prospect and projects are thus solidary. The former is regulated by the latter, whereas the projects partly acquire their meaning thanks to the general framework of anticipation within which they are developed.

VIII

From the land reserves to the greenbelts: urban projects and counter-projects contributing to the development of the Brussels’ semi-natural site

Séréna VANBUTSELE

This paper aims to demonstrate how planning visions for the Brussels region contributed to determine new open spaces.

Dr Architect-Urbanist. Assistant-Professor,

During the 1970’s, the Brussels administration decided to leverage peripheral terrains vagues in order to initiate large scale urban projects: highway loopback, rail, residential high-rise, prisons, schools, etc. However, at the dawn of the 21st century many of those projects had still not taken shape. Thus, nature and people conquered anew –more or less spontaneously– the leftover spaces. In Brussels, these dating land reserves are commonly known «semi-natural sites». They are receivers of numerous projects and counter-projects, aiming sometimes at their urbanisation and sometimes at their preservation as open spaces. The actual political tendency is to reckon them as natural areas and as necessary links for the regional green network.

School of Social Sciences, University of

In studying the ways in which these sectors were planned, as well as the practices, stakeholders, narratives and projects they bore upon, this paper aims to shed light on the mechanisms that triggered the transition from the land reserve status (at hand for major urban transformations) to the open space status (sanctuaries of biodiversity, landscape and leisure resources). The way in which a space is perceived, used and designed appears to be a driver for the evolution of its official status.

Unlearning from Athens / Urban Kaïros The cultural and academic institutions are historically defined by the distance they take from reality, and in the field of architecture and planning it was long considered adequate to oppose teaching to practice. But facing the urgency of certain contemporary crises, some of these institutions, or at least the persons running them, reconsider the ways to get into action. This is the core concept of the project Unlearning from Athens / Urban Kaïros that was born in the Department «City-Architecture-Territory» of the Paris-Malaquais Architecture School. Developed in collaboration with the National Technical University of Athens, this programme of Master’s studios and workshops is actually triggering public debate and real scale action. The student proposals are offered to discussion during public sessions (Paris, January 2017; Athens, April 2017; Lyon Biennale; July 2017). Each of these meetings aims to progressively compose a strategic framework for action, sustained by a network of local and European stakeholders. We actually consider concrete modes of a parallel urban policy, independently from traditional – and virtually inexistent– public or private sponsorship. It is about local initiatives and international support, in order to stimulate an innovative operational, inclusive and prospective dynamics.

14h20

Institute of Environmental Governance and Territorial Development (IGEDT), Geneva Geneva

Semi-natural site at Kauwberg, March 2011. © S. Vanbutsele

Marc ARMENGAUD // Steven MELEMIS

14h40

Philosopher, urbanist. Founding member and director of AWP. Professor in the department City, Architecture and Planning at the School of Architecture ENSA Paris Malaquais // Architect and historian of urbanism. Associate Professor at the Ecole nationale supérieure d’architecture de Paris-Malaquais, Department City, Architecture and Planning. Member of the architecture and planning team BazarUrbain (Grenoble-Paris)

IX


15h00

GÉRY LELOUTRE Dr. architect urbanist. Lecturer, researcher, research center LoUIsE (Laboratory of Urbanism, Infrastructure, Ecology), Faculty of Architecture, Université Libre de Bruxelles / Università IUAV (co-direction)

Describe and Act. Of the necessity to question the Congo urban region From the onset, Bernardo Secchi had considered description as the core of regional design, in proposing with Paola Viganò a conceptual shift of the planner’s practice, from a partial response to the social needs to an original research method. By connecting in this way planning to research, he bestowed upon the latter an operational dimension, particularly important for areas little or scarcely taken into account by public action. Secchi allegedly demonstrated this in his città diffusa. The paper proposes to present a research on the region of Kinshasa, the 12-million-inhabitants capital of the Congo Democratic Republic, a country of more than 85 million. The stake of this research is to examine how one may develop a regional scale planning approach for this area taking into account the total absence of a technostructure as well as of public means of action. It aims to offer ways of measuring the operational capacity of description; in other terms, to show how the project may both document the region and allow for the setting of possible lines of reasoning and action.

View on the towers of the Gombe from, the spontaneous neighbourhood Kindele, Kinshasa, February 2017. © G. Leloutre

15h20 15h40

X

This is a personal ongoing research, developed in order to accompany a series of doctoral studies by Congolese scholars, in the framework of two cooperation programmes framed by the Faculty of Architecture of the Université Libre de Bruxelles. It is based on an approach to Kinshasa through three representations and a fundamental reading hypothesis — that of Mboka Bilanga. This is a term that the polysemous character of the lingala language allows us to translate as garden/spontaneous/emancipatory city, in order to tackle a limitless region without eluding its complexity. One may thus develop a series of specific studies, within a collective hope-bearing narrative for precise short and medium term actions on the city.

KEYNOTE SPEECH From the art of memory to the art of hope One of the best medieval copies of Vitruvius’s De Architectura, is to be found in the Codex Mediceus of the Laurentian Library, where it is bound together with two classical treatises on agriculture by Marcus Terentius Varro and Cato the Elder. The amanuenses of the 13th century apparently considered these two disciplines, agriculture and architecture, to be the complementary facets of one sole concern for the management and the embellishment of space.

Sébastien MAROT

16h00

Philosopher, guest professor at the Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne

As the later historical developments taught us, particularly since the industrial revolution, there has been an ever deeper divorce –one might even say a «metabolic rapture»– between the respective domains of these two disciplines, both today deeply addicted to cheap fossil energies, from which they will be shortly weaned. In order to prepare this weaning, or «transition», requires a profound effort and enthusiasm with which to reconnect these two respectively widowed sciences — and to consequently unwind them. A significant portion of this track was cleared since some decades now by the active visionaries of permaculture, which were of the most authentic revolutionaries and bearers of hope. It is high time that architects and planners followed a little bit their teaching, as did the advocates of the Transition Towns movement.

Discussion with Panos MANTZIARAS COFFEE BREAK

XI


XII Paola VIGANÒ

Organization Committee : Chiara CAVALIERI, Alice CHÉNAIS, Hélène GALLEZOT, Panos MANTZIARAS, Paola VIGANÒ

16h45

CONCLUSIONS DE LA JOURNÉE

Directrice du Laboratoire d’Urbanisme, École polytechnique fédérale de Lausanne

Panos MANTZIARAS Directeur de la Fondation Braillard Architectes

17h00

COCKTAIL

EPFL – Rolex Learning Center Forum Rolex Route Cantonale – 1015 Lausanne EPFL – Rolex Learning Center Forum Rolex Route Cantonale – 1015 Lausanne COCKTAIL

17h00 Architectes Director of the Fondation Braillard

Panos MANTZIARAS Director of the Laboratory of Urbanism,

16h45

Paola VIGANÒ

CONCLUSION

12

École polytechnique fédérale de Lausanne

Comité d’organisation : Chiara CAVALIERI, Alice CHÉNAIS, Hélène GALLEZOT, Panos MANTZIARAS, Paola VIGANÒ

Foundation Braillard |  programme détaillé