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NOUS SOMMES CITOYENS DE L’EUROPE

Les causes de la migration par l’équipe eTwinning de „N. Stanescu” Bucarest, Roumanie

La

cause

la

plus

souvent

invoquée

pour

expliquer les migrations contemporaines, c’est la misère au sens économique du terme, c’est-à-dire l’écart quantitatif des niveaux de vie entre pays riches et pays pauvres. Or, si l’on met à part les pays dits émergents, cet écart va croissant. Dès lors, le flot de la migration devrait, lui aussi, aller grandissant, et si l’on n’y prenait garde, c’est « toute la misère du monde » qui finirait par déferler chez nous. Comme c’est souvent le cas, cette idée reçue est très largement une idée fausse, démentie par l’expérience et les faits. Tout d’abord, si la misère au sens économique du terme était le moteur


exclusif ou principal de la migration, on devrait constater un mouvement de migration uniforme à partir de tous les pays pauvres, et ce sont les plus pauvres qui devraient émigrer les premiers. Or, ce n’est pas du tout ce que l’on observe.

Les migrations proviennent pour la plupart de régions très précisément localisées et délimitées. Par exemple, près des deux tiers de la migration africaine supérieurs

en

France

des

fleuves

viennent Sénégal

des et

bassins

Niger,

aux

confins du Sénégal, de la Mauritanie, du Mali et de la Guinée. Il s’agit certes d’une région pauvre, mais pas davantage que bien d’autres zones voisines qui contribuent peu, ou pas du tout, à la migration. On trouve la même situation dans bien d’autres parties du monde. Dès lors, il est clair que le facteur économique – l’écart des niveaux de vie - est pour ainsi dire surdéterminé

par

bien

d’autres

facteurs.

La

tradition et la culture jouent un rôle important :


dans certaines sociétés, la migration fait partie du parcours que les jeunes doivent accomplir pour accéder

au

statut

d’adultes.

Des

facteurs

spécifiques – telle la politique de l’enfant unique imposée par le gouvernement chinois - peuvent aussi intervenir. D’une façon générale, plutôt que de misère, il faudrait parler de désespérance. A elle seule, la pauvreté n’est pas un motif de départ : si une personne a le sentiment que par ses efforts elle peut améliorer sa situation, elle ne partira pas. Mais les migrants viennent le plus souvent de pays bloqués, verrouillés, où aucune perspective de transformation n’est concevable, où toute initiative se heurte à l’inertie, à la corruption et/ou à l’oppression, et où aucune action collective n’est possible

pour

changer

la

donne.

Dans

ces

conditions, le départ est une option rationnelle. De même, si la pauvreté était la cause décisive de la migration, les plus pauvres partiraient les premiers. Or à nouveau, ce n’est pas du tout ce que


l’on observe. Les migrants doivent en effet être en mesure

de

considérables,

réunir

les

nécessaires

ressources, à

leur

souvent

départ.

Par

ailleurs, la plupart d’entre eux disposent d’une formation, d’un savoir-faire qu’ils comptent bien utiliser dans le pays qui les accueillera. En fait, ils appartiennent à la classe moyenne et leur but est, non pas de devenir des assistés, mais de réussir dans leur nouvelle vie pour en faire profiter leur famille et leurs proches restés au pays.

Un dernier élément doit être pris en compte : l’existence, dans les pays d’arrivée, d’une offre permanente et substantielle de travail illégal, avec la complaisance des pouvoirs publics. S’il y a appel d’air, c’est là qu’il se trouve. Tout migrant sait que, dès son arrivée, il trouvera du travail : pour un salaire misérable, certes, et dans des conditions désastreuses, mais du travail quand même. Et comme l’immense majorité des migrants sont des gens courageux et déterminés, ils ne doutent pas


de pouvoir à terme transformer leur situation, et accéder à de meilleurs emplois. D’un point de vue macro-économique, la migration, bien loin d’être un phénomène accidentel ou marginal, est inscrite dans les structures mêmes de notre système économique et social. Au

moins

dans

son

modèle

théorique,

le

capitalisme implique la liberté du marché du travail comme la liberté du marché des capitaux, et de son point de vue, les obstacles qui s’opposent à la libre circulation des travailleurs – et par exemple les frontières nationales - sont des obstacles artificiels et contre nature. De

même,

la

mondialisation

encourage

la

migration : le capital financier doit sa suprématie à sa mobilité et le nomadisme de l’argent appelle, comme en contrepartie, un nomadisme du travail, que les migrants sont les premiers à mettre en œuvre. Pour conclure, la migration n’est en réalité que la forme prise de nos jours par l’exercice de la plus ancienne des libertés : la liberté d’aller et


venir. Pendant une grande partie de l’histoire des hommes, la liberté d’aller et venir a été la définition même de la liberté : l’esclave et le serf n’étaient pas libres parce qu’ils n’en disposaient pas. Pour les

migrants

d’aujourd’hui,

elle

est

un

droit

fondamental de la personne humaine, que rien ni personne – et les Etats moins que tout autre - ne saurait leur retirer. SOURCES: http://www.altermondes.org/spip.php?article833 http://www.citymayors.com/society/la_migrants .html https://www.iom.int/cms/fr/sites/iom/home/what -we-do/migration-policy-and-research/migrationresearch-1/world-migration-report/world-migrationreport-2013.html


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