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FOOTEUX

CESC FABREGAS

PTR-MMM

CATALAN DE naissance et grand espoir de la Masia, le centre de formation du FC Barcelone, Francesc Fabregas aurait pu faire carrière sous le maillot blaugrana si Arsenal n’était parvenu à convaincre le joueur de quitter les bords de la méditerranée pour ceux de la Tamise en octobre 2003. Cesc Fabregas n’avait alors jamais évolué avec l’équipe première du Barça mais a été convaincu par le discours d’un Arsène Wenger pressé de prendre en charge le développement de ce milieu de terrain au potentiel révélé par le Championnat du Monde des moins de 17 ans dont il perd la finale face au Brésil mais finit meilleur joueur et meilleur buteur. A seulement 16 ans, Cesc Fabregas rejoint donc Arsenal où il ne tarde pas à faire ses preuves. Avec quelques matches en équipe réserve dans les jambes, Arsène Wenger le lance en Coupe de la Ligue dès le 28 octobre 2003. Un an plus tard, l’Espagnol intègre définitivement l’équipe première. Cesc Fabregas devient le plus jeune titulaire et le plus jeune buteur des Gunners dans le championnat d’Angleterre et en coupes

d’Europe. Sur la pelouse, l’adolescent effacé laisse place à un monstre de football au sang-froid impressionnant. Couvé par Wenger et Patrick Vieira, son mentor du milieu de terrain, il mûrit à grande vitesse. Avec les moins de 17 ans espagnols, le gamin se montre une fois de plus décisif mais chute en finale du Championnat d’Europe 2004. En 2005, il bute sur l’Argentine de Lionel Messi, son ancien partenaire de la Masia, en quarts de finale du Championnat du Monde Juniors. L’été 2005 est marqué par le « feuilleton Vieira » qui aboutit au départ du capitaine d’Arsenal à la Juventus de Turin. La succession de Fabregas arrive plus vite que prévu, mais le Catalan va une nouvelle fois montrer que sa réputation d’enfant prodige n’était pas usurpée. La transition s’avère difficile en championnat, où Arsenal patauge, mais en Ligue des Champions l’abattage et la touche de technique du jeune Gunner font oublier les enjambées du grand Pat. Pis, lors de la confrontation Arsenal-Juventus, Cesc Fabregas domine les débats avec son jeu à une touche de

balle lumineux et marque un but sur un ballon perdu de Vieira. L’ascension de ce joueur doté d’une vista et d’un sens du jeu – rares à cet âge – impressionne aussi en Espagne où le sélectionneur Luis Aragonés l’a incorporé à sa liste pour la Coupe du Monde en Allemagne. Ajouter à cela, une humilité « zidanienne » et un mental forgé par l’éloignement familial, Cesc Fabregas a tout pour marquer l’histoire du football ibère et régaler le public pendant de longues années. D'ailleurs, en Coupe du Monde, l'Espagnol remplace Luis Garcia face à l'Ukraine. Il devient alors le plus jeune joueur espagnol à participer à une Coupe du Monde, âgé tout juste de 19 ans et 41 jours. Il faudra qu'il se méfie toutefois de son côté sentimental : suite au départ de Henry, Cesc a grandement manifesté sa tristesse dans les journaux anglais. De là à se laisser aller, il n'en a rien. Wenger restant à la tête des Gunners, Fabregas a tout simplement décidé de suivre son père spirituel dans une saison où son rôle sera prédominant dans l'équipe londonienne.

Privé de nombreux cadres, Arsène Wenger pouvait néanmoins compter sur le retour triomphal de son capitaine Cesc Fabregas pour la double confrontation remportée face à Bolton : dimanche (0-2) et mercredi (4-2). Incisif, ayant une vision exceptionnelle du jeu, réel détonateur des Canonniers en cette période charnière de la saison, le grand espoir espagnol de 22 ans fait rêver. Pourtant milieu récupérateur à Arsenal, il a déjà inscrit 14 buts en 24 matchs (toutes compétitions confondues) et réalisé une vingtaine de passes décisives. Depuis sa défaite contre Chelsea en novembre (0-3), qui semblait sonner le glas de ses espoirs de titre, Arsenal réussit un parcours de champion avec 26 points pris sur 30 possibles...

RENCONTRES SECRÈTES RAMGOOLAM-CUTTAREE CETTE SEMAINE ● POURQUOI LE POURPARLER INITIAL ENTRE

LE PM ET BÉRENGER A-T-IL ÉCHOUÉ ?

● RÉUNION RAMGOOLAM-DUVAL-VALAYDEN HIER SOIR

NO 7 – SAMEDI 23 JANVIER 2010

AIR MAURITIUS

RS 10

PROCÈS DWARKA

LE SERGENT AVAIT DÉJÀ

MENACÉ LA VICTIME

RECORDS DE PRÉCOCITÉ L’éclosion de Cesc Fabregas a fait tomber la plupart des records de précocité d’Arsenal. A 16 ans, l’Espagnol profite de la Coupe de la Ligue pour devenir le plus jeune titulaire de l’histoire du club londonien, face à Rotherdam United FC, puis le plus jeune buteur en trouvant le chemin des filets contre Wolverhampton. Un an plus tard, Cesc récidive en devenant le plus jeune joueur et buteur des Gunners en Premier League comme en compétition européenne. Le public d'Highbury a vite adopté le jeune Cesc comme une de ses idoles en lui dédiant un chant typiquement anglais : « Fabregas / Fabregas / he's only seventeen/ and he's better than Roy Keane » (Fabregas/ Fabregas/ il n'a que 17 ans / et il est meilleur que Roy Keane). Vu son jeune âge, Fabregas a de grandes chances de participer à trois autres coupes du monde. Lors de son entrée en jeu à la 76e lors de la Coupe du Monde 2006 qui opposait l'Espagne à l'Ukraine, Cesc est devenu le plus jeune joueur ibérique à participer à une Coupe du Monde sur la pelouse. Il est alors âgé de 19 ans et 41 jours et détrône Julen Guerrero.

LE DPP ATTAQUE LE JUGEMENT EN APPEL BLAKKAYO

NO 7 23 JANVIER 2010

Sangeeta aurait préféré tuer son amant présumé (photo) car elle ne pouvait plus « se partager » entre ce dernier et son mari Raj...

CONGO-BRAZZAVILLE

OUVERTURE DU PROCÈS CONTRE DEUX MAURICIENS

UN PILOTE RÉCLAME RS 52 MILLIONS LA SAGESSE DU PETIT VAGABOND

LE JOURNAL du samedi

MEURTRE À SURINAM


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CAN 2010

ÉVÉNEMENT

RÉCOMPENSE LES BOURSIERS

Le Cameroun est indomptable

La cérémonie de récompense des boursiers de l’Amedée Maingard Foundation (AMF) a eu lieu au Four Points by Sheraton à Ebène jeudi. Les boursiers sont : Dhana Laxmi Kaully, Jessie Dabeedooal, Francesca Le Roux et Rajdeep Gurboo

Mené deux fois au score, le Cameroun a finalement arraché le match nul face à la Tunisie (2-2) jeudi. Un résultat qui envoie les Lions Indomptables en quart de finale et laisse les Aigles de Carthage à quai. Dans l'autre match du groupe D, la Zambie a remporté son billet en faisant chuter le Gabon (2-1)

L’AMF

De g. à dr. : le professeur Roland Dubois, directeur du Mauritius Institute of Training and Development, Rekha Goorah, Registar de l’université de Maurice et Konrad Morgan, pro vice-chancelier de l’université de Maurice

De g. à dr. : Raj Ringadoo, Board Member de l’Amedée Maingard Foundation, le professeur Soodursun Jugessur, pro chancelier et président de l’Université de Maurice et Manoj Ujoodha, G.O.S.K

Kishore, Jessie et Indira Dabeedooa

Premier League : le calendrier des Big Four est arrivé Books & Business. Un des objectifs de cet accord vise, pour ce dernier, directement les fans qui sont souvent des accros des produits de leur équipe de foot : « L'objectif de ces calendriers officiels, c'est aussi de plaire aux nombreux fans de Manchester United et de Liverpool, mais aussi ceux de Chelsea et d'Arsenal. » Books & Business compte aussi investir davantage dans cette démarche et, selon Shafick Osman, d’autres produits officiels des Big Four seront sur le marché mauricien dans les mois à venir : « Nous espérons ainsi en finir avec la contrefaçon des produits dérivés de ces quatre géants du foot anglais. » Notons que le prix de ces calendriers est fixé à 300 roupies l’unité à Maurice, alors qu’en Grande Bretagne, ils se vendent à £ 7,99, soit autour de 395 roupies !

UNE GRANDE première pour Maurice. Les amateurs du championnat anglais seront ravis d’avoir chez eux le calendrier 2010 à l’effigie des stars de Manchester United, d’Arsenal, de Liverpool et de Chelsea. Cela a pu être réalisé grâce à un accord officiel de diffusion exclusive, sur le territoire mauricien, signé par la société Books & Business (B&B) l’année dernière. Ces calendriers sont disponibles chez les marchands de journaux, dans les grandes surfaces, dans les principales librairies ainsi qu’à la boutique de la Mauritius Duty Free Paradise à l’aéroport. « C’est un grand honneur pour nous de proposer au public mauricien, grand amateur de foot anglais, le calendrier officiel 2010 des quatre clubs légendaires », devait nous déclarer Shafick Osman, directeur de

HSBC AROUND THE WORLD En tenue hawaïenne, grecque, rastas et cowboys, les 300 employés de la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation (HSBC) étaient réunis samedi dernier pour leur fête de fin d’année à l’hôtel Intercontinental à Balaclava. Cette année, le thème choisi était « Around the World »

The World's Local Bank

LE JOURNAL du samedi

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L'équipe de Mobile Sales Force

Les Office Attendants d'Ebène

PEUT-ON EXCUSER la Tunisie de ne pas s'être qualifiée ? Parce que c'était le Cameroun, parce que les Aigles ressemblaient plus à des aiglons incapables de prendre leur envol ou enfin parce qu'ils n'auraient jamais dû laisser revenir des Camerounais à deux moments-clé de la partie ? La Tunisie a semblé être aux portes de la qualification après avoir mené deux fois au score avant d'être rejointe (2-2). D'abord sur l'une des rares et belles séquences de jeu que les hommes de Faouzi Benzarti ont produites au cours de cette Coupe d'Afrique des Nations. Ensuite sur un cadeau de l'infortuné Aurélien Chedjou, alors que la pression se faisait de plus en plus pressante sur le but d'Aymen Mathlouthi. La chance est passée. Les Tunisiens ne devront cependant pas oublier qu'ils ont fait preuve tout au long de la partie d'une nervosité, voire d'une agressivité inadaptée à un match d'un tel enjeu. Les nombreux avertissements (sept au total) qu'ont récoltés les Tunisiens et l'exclusion inévitable d'Ammar Jmal qui a découlé de cet agacement, dans les toutes

dernières minutes, devront interroger sur la capacité de l'équipe nationale à maintenir un sang-froid de rigueur dans les moments chauds. De la main de Mathlouthi aux nombreux tacles très appuyés d'Issam Jemaâ et de Khaled Korbi en passant par les gestes d'énervement de Jmal sur Mohamadou Idrissou, les Aigles de Carthage ont défendu à leur manière et à la limite de la régularité leur but d'avance. Celui-ci leur a pourtant permis, pendant plus d'une mi-temps, de tenir la première place du groupe et de se permettre même d'éviter l'Egypte, la formation la plus re-doutable depuis le début de la compétition. Bien regroupée dans son camp après l'ouverture du score précoce d'Amine Chermiti, la Tunisie a tenu, vacillé mais a fini par craquer, à chaque reprise, à des moments où il ne fallait surtout pas rompre. Dans un premier temps, une minute après le coup d'envoi de la seconde période et à l'issue d'une action d'école de la part des Camerounais conclue par Samuel Eto'o. Dans un second temps, sur une erreur de replacement de la

défense tunisienne qui a permis à Landry N'Guémo d'ajuster une limpide et puissante frappe du droit. Même dans l'opération hold-up des braqueurs tunisiens, les arrières n'ont pas été couverts. Il reste finalement la vague sensation que le cours des événements aurait pu être différent si les vrais créateurs de cette équipe, que sont Youssef Msakni et Oussama Darragi, n'avaient déclaré forfait en raison de blessures. Car face à une équipe camerounaise toujours aussi empruntée et peu sûre d'elle dans l'animation et encore plus au niveau de sa défense, les ouvertures n'ont pas manqué. A l'instar de son match qualificatif pour le Mondial qu'elle a perdu au Mozambique, la Tunisie laisse encore et toujours d'immenses regrets.

Le Nigéria assure Sous pression avant cette 3e et dernière journée du groupe C, le Nigéria n'a pas failli en s'imposant face au Mozambique (3-0). Les Super Eagles se qualifient ainsi pour les quarts de finale, en compagnie de l'Egypte, qui a signé sa troisième victoire en trois matches contre le Bénin (2-0) DEUXIÈME DU groupe C avec trois points au compteur, le Nigéria se trouvait bien en ballotage favorable pour la qualification. Mais face à des Mambas déterminés à poursuivre l'aventure, la vigilance était de mise pour les troupes de Shaibu Amodu. Et les Super Eagles n'ont pas tremblé. Après un début de match plutôt soporifique en guise de round d'observation – à l'exception d'une frappe d'Obasi bien repoussé par Kapango (7e) –, les deux équipes se décidaient enfin à accélérer et on assistait à une intéressante opposition de style. Dominés physiquement et incapables de s'approcher des buts de Enyeama, les coéquipiers de Tico-Tico profitaient de la moindre position pour frapper, mais les missiles de Genito (21e), Simao (29), Tico-Tico (32e) et Pelembe (34e) étaient tour à tour repoussés. De son côté, le Nigéria combinait ses actions au sol, mais Obasi (24e) puis Odemwingie (27e) man-

quaient de réalisme pour conclure. Mais l'ancien Lillois allait faire basculer le match. Non attaqué aux abords de la surface, le Super Eagle trompait Kapango d'une frappe placée au ras du montant (1-0, 45e) juste avant le retour aux vestiaires. Le joueur du Lokomotiv Moscou s'offrait même un doublé dès la reprise sur un service parfait d'Aiyegbeni (2-0, 47e). Sonnés, les Mambas tentaient bien de réagir mais la domination physique des Super Eagles étouffait toutes leurs tentatives avant qu'Obafemi Martins n'enterre définitivement leurs ambitions (3-0, 85e). Solide et réaliste, le Nigéria décroche le précieux sésame derrière une Egypte invaincue.

La branche de Lai Min au complet

NO 7 23 JANVIER 2010

NO 7 23 JANVIER 2010

LE JOURNAL du samedi


ACTU

Arrêtée pour avoir escroqué Rs 1,7 millions Une caissière employée dans une chaîne de magasins dans le sud du pays a été arrêtée pour une escroquerie portant sur Rs 1,7 millions. La suspecte allègue avoir été menacée par deux officiers de police afin de rembourser cet argent KINSLEY LAI

UN VÉRITABLE pactole. C’est ce qu’aurait récolté, en deux ans, une employée d’un magasin d’appareils électroménagers. Celle-ci a été arrêtée, mercredi, par les limiers du Central Criminal Investigation Department (CCID). Elle est soupçonnée d’avoir escroqué une somme de Rs 1,7 millions à l’entreprise où elle travaille. Une somme liée à des cas de faux effectués sur les fiches de paiement. Qui plus est, alors qu’elle travaillait comme caissière, elle n’aurait pas enregistré des paiements dans les livres de comptes de la compagnie. Les différents délits auraient eu lieu entre 2005 et 2007. L’employée en question, une habitante de Grand-Bel-Air, aurait empoché le paiement effectué par des clients en pas moins de 1 655 occasions. La Cyber Crime Unit du CCID a été mise à contribution pour déterminer l’escroquerie alléguée au niveau du système informatique de la compagnie. A ce stade, tout porte à croire que la caissière aurait agi seule. La suspecte, qui a retenu les services de Mes Shakeel Mohamed et Nadeem Hyderkhan, a comparu en cour de Mahébourg, mercredi, sous une charge provisoire de « embezzlement ». Elle a dû fournir une caution de Rs 10 000 et signer une reconnaissance de dettes de Rs 100 000 pour retrouver la liberté. L’arrestation de la caissière devait cependant ramener à la surface une autre affaire. Dans une déposition qu’elle avait fait consigner il y a deux ans et demi, la suspecte avait émis des accusations contre deux officiers de police. Ils seraient venus à sa rencontre et tout en la menaçant, l’un d’eux lui aurait déclaré ceci : « Si to pa retourn sa kass la, nou pou fer mett twa en prizon. » Ce n’est qu’après sa déposition contre les deux policiers que son employeur aurait porté plainte contre elle. L’affaire aurait ensuite pris une tournure judiciaire, le propriétaire du magasin intentant un procès à la suspecte au civil. Une source proche de la caissière affirme ne pas comprendre les suites qui ont été données à cette affaire puisqu’il y aurait eu un accord entre la caissière et la compagnie pour qu’elle rembourse l’argent détourné. Le supposé accord aurait aussi concerné l’affaire intentée au civil. Selon des proches de la suspecte, suite à l’arrestation de mercredi, celle-ci ne compte pas faire consigner de déposition sur les faits qui lui sont reprochés.

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Procès Dwarka Le DPP attaque le jugement en appel DÉCIDÉMENT, LE bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) ne fait aucun compromis quand il s’agit d’aller à l’épicentre des procès d’envergure. Ainsi, moins d’un mois après que le jugement décrétant l’arrêt de toute poursuite contre l’architecte Hans Dwarka, l’ancien ministre Kishore Deerpalsingh et deux autres prévenus dans ce procès (Oudal Coomar Ramdhonee et Hemraz Beesoondyal), le DPP interjette cette décision. Une plainte avait été logée le 2 septembre 2002, accusant les quatre présumés d’un complot datant de 1998 dans le cadre de l’octroi des « awards » pour la fourniture de meubles destinés aux mediclinics de Belvédère et de L’Escalier. Par ailleurs, Hans Dwarka était accusé de s’être arrangé pour que deux entrepreneurs soumettent des propositions pour des appels d’offres du National Trust Fund et ce, malgré le fait qu’il était leur fournisseur. Or, tous les quatre avaient unanimement plaidé noncoupables. Un tournant important dans ce procès est survenu le 3 décembre dernier : un ruling émis par les magistrats Prithviraj Fekna et Patrick Kam Sing est venu établir que le défunt Economic Crime and Investigation Division – Police Department (ECID-PD) opérait en toute illégalité, vu qu’il n’avait pas été créé selon la Constitution et la Civil Establishment Act. Etant donné que l’ECID-PD avait initié la présente enquête et suivant l’esprit du ruling, un arrêt des poursuites devait être décrété subséquemment dans le jugement du 30 décembre dernier. La principale raison avancée : le procès étant entaché d’abus, un arrêt des poursuites s’imposait afin de ne pas porter atteinte au « Rule of Law » et de protéger l’intégrité de la justice criminelle. Or, coup de théâtre lundi : le DPP fait appel contre la décision des magistrats qui avaient décrété un « stay of pro-

Le bureau du Directeur des Poursuites Publiques (DPP) conteste le jugement rendu le 30 décembre dernier par les magistrats Prithviraj Fekna et Patrick Kam Sing de la cour intermédiaire décrétant un arrêt des poursuites contre l’architecte Dwarka, l’ancien ministre Deerpalsing et les autres prévenus. Cet appel est fondé sur plusieurs points de droit ZAAHIRAH ATCHIA

Le DPP Satyajit Boolell

ceedings ». Les motifs de cet appel sont nombreux. D’abord, le bureau du DPP soutient que la décision d’arrêter toute poursuite relève d’une « procedural impropriety ». Il avance également que la décision du 30 décembre dernier serait mal fondée en droit du fait, selon lui, que les magistrats ont eu tort de présumer qu’il

y a eu « abuse of process ». Selon le DPP, le manque de fondement légal de cette décision est aussi attribuable au fait que les parties au procès – ainsi qu’une bonne quinzaine de témoins – n’ont pas eu l’occasion de déposer lors du procès. En outre, le DPP affirme que la déposition de l’inspecteur Murugessan n’aurait été prise en considération que partiellement en ignorant les parties avantageuses pour la poursuite. Toujours concernant les témoins de la poursuite, le DPP soutient que les magistrats ont eu tort de refuser une motion de la poursuite pour qu’elle puisse rafraîchir la mémoire d’un témoin et pour se prévaloir des extraits de la déclaration d’un autre témoin en l’interrogeant. D’autres points soulevés par le DPP pour contester la décision du 30 décembre dernier se rapportent aux postes au ECID-PD et des nominations qui y ont été faites. Le DPP s’oppose au fait que les magistrats, ayant rendu cette décision, ont omis de justifier pourquoi ces postes et ces nominations seraient illégaux et ce, malgré qu’ils (les magistrats) auraient eux-mêmes déclaré qu’ils allaient le faire en temps et lieu. Hans Dwarka et les autres prévenus disposent de deux mois pour faire parvenir un « Notice to Resist Appeal » à l’avoué du DPP et à la cour suprême en ce sens.

NOTE DE LA RÉDACTION

Ce numéro a été entièrement imprimé par T-Printers à la suite d’une panne survenue à l’imprimerie du Mauricien Limitée. Par conséquent, le No 7 (23 janvier 2010) du Journal du Samedi comporte, exceptionnellement, quelques modifications

DIRECTEUR DE LA PUBLICATION Vishwa Mootoocurpen RÉDACTEUR EN CHEF Rudy Veeramundar RÉDACTEUR EN CHEF ADJOINT Rajen Bablee - CHEF D’ÉDITION Harish Caleechurn - SECRÉTAIRE DE RÉDACTION Sylvio Jagloo RÉDACTION Kinsley Lai, Anousha Purbhoo-Appanah, Veedushi Veerin, Abdallah Goolamallee, Herrsha Boodhun, Zaahira Atchia, Une publication d’Angel Fish Financial Services Ltd 30, rue Mère Barthelemy, Port-Louis Tel : 211-8502 Fax : 211-8065 Email : info@jds.mu, administration@jds.mu, marketing@jds.mu

NO 7 23 JANVIER 2010

Ursula Lareine – CONCEPTION & DESIGN Knivel Goonmeter, Nicolas Cheneya, Jojakim Atchia ADMINISTRATION Barlen Gopaulen, Reshma Pahladi – MARKETING EXECUTIVE Zaheda Emamdy Imprimé par Le Mauricien Ltée 8, rue St-Georges, Port-Louis – Couverture imprimée par T-printers Ltée Zone Industrielle, Coromandel

LE JOURNAL du samedi


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Raj Mathur et Malenn Oodiah

« Ramgoolam nʼa pas besoin du MMM… »

Le politologue Raj Mathur et l’observateur Malenn Oodiah affirment que le Parti travailliste n’a pas besoin d’une alliance avec le MMM pour gagner les prochaines élections générales. Le soutien du parti mauve pourrait cependant permettre, selon eux, de développer un véritable projet de société ABDALLAH GOOLAMALLEE ET KINSLEY LAI

TOUT LE pays ne parle que de ça. Après la rencontre de la semaine dernière entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le leader du MMM, Paul Bérenger, l’éventualité d’une alliance entre le Ptr et le MMM est sujette à tous les débats possibles. Dans un entretien accordé au Journal du Samedi, le politologue Raj Mathur et Malenn Oodiah, observateur politique, affirment que le Ptr n’a pas besoin du parti mauve pour gagner les légis-latives. Raj Mathur prend comme référence les relations entre les protagonistes de ces deux partis, sous le gouvernement de 1995-2000, pour rejeter une telle alliance : « En toute objectivité, je ne suis pas pour une alliance entre le Ptr et le MMM. Le passé est témoin qu’une alliance entre ces deux partis n’a pas réussi. En 1995, les deux partis ont essayé de travailler ensemble mais en vain. » Selon lui, Navin Ramgoolam aura une tâche plus aisée s’il travaille avec Pravind Jugnauth, le leader du MSM. « C’est très difficile pour Ramgoolam et Bérenger de travailler côte à côte car ce sont deux fortes personnalités. Ce serait plus facile pour Ramgoolam de travailler avec Pravind Jugnauth que Bérenger afin d’éviter une cassure similaire à 1997, où l’alliance avait été mise en miettes », affirme Raj Mathur. Malenn Oodiah déclare lui-aussi que le Navin Ramgoolam n’a pas besoin du MMM, mais ajoute qu’une telle alliance pourrait avoir lieu après les élections.

« Navin Ramgoolam pourrait avoir besoin du MMM pour gouverner après les élections. Pour relever les nombreux défis du pays, il faudrait réunir les conditions allant dans le sens du consensus national pour mobiliser tout le pays sur les grands dossiers et chantiers qui dépassent la politique partisane et la démagogie populiste », affirme-t-il. Raj Mathur insiste cependant qu’une alliance entre les deux grands partis politiques du pays sera compliquée : « Je pense qu’il n’y a aucune utilité pour une telle alliance sauf celle, pour Navin Ramgoolam, de viser une victoire qui lui accorderait une majorité de trois-quarts des sièges à l’Assemblée nationale. Par ailleurs, ce serait une alliance très complexe en terme de partage des tickets car son partenaire éventuel, le MMM, est très exigent. » L’option d’une alliance entre le Ptr et le MSM n’est pas écartée par les deux interlocuteurs. Raj Mathur se dit d’ailleurs pour une alliance bleu-blanc-rouge car une alliance Ptr-MSM créerait la perception que le pouvoir est concentré entre les mains d’une seule communauté. « C’est une éventualité. Le Ptr et le MSM ont tous deux le même profil. Les communautés minoritaires se sentiront peut-être délaissées mais pas nécessairement dans le concret car ce serait une alliance bleu-blancrouge. Si nous partons dans cette direction, les différentes communautés se sentiront sécurisées. Le rôle de Rashid Beebeejaun est central au Ptr. Il englobe environ 40% des

votes de la communauté musulmane alors que le PMSD apporterait environ 30% des votes de la population générale. Navin Ramgoolam est un fin politicien car il a réussi à galvaniser toutes les communautés », préciset-il. Malenn Oodiah, de son côté, abonde dans le sens que quel que soit la composition de l’alliance en question, elle devra faire avancer un projet de société basé sur l’égalité citoyenne. « Cette perception, dans l’éventualité d’une alliance Ptr-MSM, sera réelle étant donné que la conception ethno-clientéliste de l’Etat est encore trop forte dans la classe politique et dans la population. Le défi politique que notre République doit relever, c’est justement d’en finir avec cette conception ethnoclientéliste de l’Etat. « A Navin Ramgoolam d’assurer et de s’assurer que l’alliance qu’il va conduire, indépendamment des partenaires qu’il choisira, aura un projet de société fondé sur une égalité citoyenne concrète. Et il incombera aussi à ses adversaires de placer le débat sur ce terrain plutôt que d’opter pour la facilité en exploitant le fonds de commerce communal. L’électorat aussi doit assumer ses responsabilités pour moderniser la vie politique de la république mauricienne », affirme-t-il.

A Navin Ramgoolam d’assurer et de s’assurer que l’alliance qu’il va conduire, indépendamment des partenaires qu’il choisira, aura un projet de société fondé sur une égalité citoyenne concrète. Et il incombera aussi à ses adversaires de placer le débat sur ce terrain plutôt que d’opter pour la facilité en exploitant le fonds de commerce communal. L’électorat aussi doit assumer ses responsabilités pour moderniser la vie politique de la république mauricienne Malenn Oodiah. Observateur politique

Alliances politiques : amours et trahisons

Jocelyn Chan Low

LE JOURNAL du samedi

SELON LES informations qui circulent, malgré les différentes dénégations, une nouvelle alliance Ptr-MMM se profile à l’horizon. L’occasion de revenir sur les alliances qu’a connues le pays, et les cassures, plus ou moins rapides, qui se sont ensuivies. Dans une publication « Maurice, histoire politique de 1942 à 2005 », l’historien Jocelyn Chan Low est revenu sur les cassures et les alliances. De son point de vue, tous les partis politiques se sont rencontrés à un moment ou à un autre pendant les 40 dernières années. Le Premier ministre Navin Ramgoolam a travaillé avec les deux autres grands leaders politiques du

pays : Paul Bérenger et sir Anerood Jugnauth. « A première vue, la scène politique mauricienne semble être un grand pont d’Avignon ‘où l’on tourne, tourne en rond’. Le système politique à Maurice est caractérisé par le multipartisme – inévitable dans une société plurielle – doublé d’un système électoral articulé autour du principe de ‘first past the post’ », affirme l’historien. Plus loin dans ses explications, il considère les alliances politiques comme une étape automatique : « En fait, le jeu des alliances est le fondement de la vie politique. Pourtant, les pouvoirs du Premier ministre, entre autres en matière de

dissolution, réduit la marge de manœuvre de l’allié minoritaire. Et l’île Maurice post coloniale a été témoin de nombreux renversements d’alliance après les élections générales, avec comme résultat un exécutif en déphasage avec le vœu de l’électorat.» Malgré les amours éphémères et les trahisons, notre image de pays démocratique perdure. « Les dépenses électorales exorbitantes et un électorat de plus en plus à la recherche de faveurs ne sont que des aspects du dysfonctionnement et des imperfections d’un système démocratique fortement caractérisé par une véritable sous représentation des femmes.

« Cependant, malgré ces dysfonctionnements, la République mauricienne reste une référence en matière de démocratie, tout au moins à l’échelle régionale », conclut Jocelyn Chan Low. Toutefois, le mandat des deux derniers gouvernements n’a pas connu de cassure, à l’exception du départ de Mukeshwar Choonee du gouvernement MSM/MMM et de Madun Dulloo de l’Alliance sociale en mars 2008. K.L.

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Ptr-MMM : rencontres secrètes Ramgoolam-Cuttaree cette semaine Alors que tout indiquait qu’une alliance bleu-blanc-rouge était déjà conclue, la reprise des négociations entre le Parti travailliste et le MMM, cette semaine, semble indiquer qu’une grosse surprise n’est pas à écarter dans un avenir proche. Le négociateur mauve n’est autre que Jayen Cuttaree RUDY VEERAMUNDAR

IL NE s’agissait que d’un temps d’arrêt. Après avoir été paralysées pendant quelques jours à l’issue de la rencontre du jeudi14 janvier dernier entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam et le leader des mauves, Paul Bérenger, les négociations en vue d’une alliance électorale entre le Parti travailliste (Ptr) et le Mouvement Militant Mauricien (MMM) ont repris lundi. De « réelles avancées » ont marqué la première rencontre de cette semaine entre le No 2 du MMM, Jayen Cuttaree, et le Premier ministre. Certaines sources n’ont pas hésité à observer que c’est ce même Jayen Cuttaree qui avait été à la base de l’alliance Ptr-MMM en 1994. Il est considéré comme étant celui qui peut débloquer la situation de « deadlock » par rapport à la répartition des tickets dans une éventuelle alliance rouge-mauve. L’entente entre les deux dirigeants a servi de base à une seconde réunion, mardi, toujours entre Ramgoolam et Cuttaree. Les principaux points qui sont actuellement au centre des discussions concernent la répartition des tickets des dirigeants du MMM dans un éventuel gouvernement de coalition. Il s’agit là de points très sensibles qui ont donné lieu à l’échec dont l’express avait fait NO 7 23 JANVIER 2010

état lundi dernier. Tout dans l’attitude de Bérenger donnait à penser que le MMM avait mis un terme aux négociations. Dans un discours prononcé dimanche dernier à La-Gaulette, Paul Bérenger avait dénoncé une propagande qui consistait à donner l’impression que le Parti travailliste était assuré d’une victoire. Bérenger avait notamment déclaré : « Si telle était la vérité, Ramgoolam ne se serait pas mis à mendier une alliance avec le MSM et ne se serait pas montré aussi réticent pour aller de l’avant avec le nouveau découpage électoral. » La prise de position de Bérenger met en lumière la stratégie audacieuse de Navin Ramgoolam et aussi la pression exercée par la vieille garde du MMM pour que le parti soit du prochain gouvernement. Bérenger est sorti quelque peu ébranlé de la première réunion avec Ramgoolam mais du fait qu’il s’agissait d’une négociation, il n’a pas tout à fait fermé la porte. A noter que Le Journal du Samedi avait annoncé, en primeur, cette rencontre surprise entre Navin Ramgoolam et Paul Bérenger. Que s’est-il passé lors de ce tête-à-tête ? A coup sûr, ces deux hommes se font rarement de cadeaux. Ce sont deux négociateurs aguerris, qui se connais-

sent par cœur. Selon nos renseignements, Paul Bérenger aurait demandé un poste de vice-Premier ministre, sans portefeuille spécifique. Un poste calqué sur le modèle Lee Kwan Yu. Ce dernier, ancien Premier ministre et architecte du miracle singapourien, avait, pendant un certain temps, occupé la fonction de Senior Minister au conseil des ministres dans son pays, et ce sans portefeuille ministériel. Ce qui lui donnait, dans les faits, un rôle de mentor. Il nous revient que les négociations ont buté sur ce point. Il y a aussi eu des différends sur le nombre de tickets qui seraient accordés à chaque parti. Lundi dernier, les deux partis devaient cependant revenir à la table des négociations grâce à un numéro d’équilibriste de Jayen Cuttaree. Le changement de stratégie électorale brusque de Navin Ramgoolam est intervenu il y a quelques semaines. On pensait qu’avec la réunification du PMSD et la disponibilité du MSM, l’alliance bleu-blancrouge était chose faite, mais il existe désormais un sentiment que ce projet peut voler en éclats pour plusieurs raisons. Ramgoolam sait qu’il a le vent en poupe et que c’est lui qui joue désormais le rôle d’aimant, de pivot, qui attire les

alliances. Il fait de la realpolitik impitoyable et non de la moralpolitik. A titre d’exemple, on imaginait la semaine dernière que c’est Maurice Allet qui allait être nommé ministre pour le récompenser de son soutien. Ramgoolam lui a préféré Hervé Aimé, qui à un certain moment n’était pas vraiment dans ses « good books ». Pour certains observateurs, il est évident que Navin Ramgoolam est sur le « buyers market » et s’ouvre à toute négociation où il pourra être en situation de faire la meilleure affaire possible. La rencontre qui s’est tenue entre Xavier Duval, Rama Valayden et lui, après le conseil des ministres d’hier, est le parfait exemple qu’il n’a pas encore dit son dernier mot. Il s’est permis de réfuter un article de l’express selon lequel il y avait un froid entre Xavier Duval et lui. L’article affirmait que les deux hommes ne se parlent plus depuis le mois de novembre dernier. Il a cependant expliqué qu’il avait un projet pour le pays et qu’il se permettait de discuter avec tout parti ou individu qui pourrait l’aider dans le projet en question. Alors que le regard de tout le monde était braqué sur une coalition avec le MSM, le MMM est également dans la course.

« Si telle était la vérité, Ramgoolam ne se serait pas mis à mendier une alliance avec le MSM et ne se serait pas montré aussi réticent pour aller de l’avant avec le nouveau découpage électoral » Paul Bérenger.

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ENQUÊTE

Un pilote réclame

RS 52 MILLIONS à Air Mauritius

Des accusations changeantes, des contradictions, ainsi qu’une ligne d’action qui suscite des interrogations font qu’aujourd’hui, le capitaine Punivein Somoo estime avoir été injustement licencié. Il réclame donc Rs 52 millions à la compagnie aérienne nationale

Punivein Somoo

« I put it Captain, that we have an SOP in front of you which lays all your procedure what you have referred us to is missed approaches enforced under the Test and Demo Flights which you have yourself confirmed is very different from a normal Commercial Flight... »

LE JOURNAL du samedi

AIR MAURITIUS vient de se tirer une balle dans le pied. Alors qu’il avançait des points pour accabler le commandant Punivein (Rama) Somoo lors d’un comité disciplinaire, le capitaine Pramodh (Manoj) Gopaul, haut cadre de la compagnie aérienne nationale s’occupant de la formation des pilotes, devait affirmer, le 17 septembre 2009, que le sacro-saint Standard Operating Procedure (SOP), qui régit la conduite des pilotes de Air Mauritius, était mal rédigé. « He knows and he understands the underline concept behind this paragraph, although the paragraphing could be wrong in our book… » affirme le capitaine Pramodh Gopaul, pilote d’Air Mauritius, lors de l’audience organisée dans le cadre d’un comité disciplinaire pour faire la lumière sur des allégations de mauvais pilotage contre le commandant Punivein Somoo. Le litige concerne une pratique des pilotes de ligne lors de l’atterrissage. Existait-il un missed approach policy qui fait que le capitaine Somoo, qui commandait le vol MK 292, le vendredi 10 avril 2009, à destination de l’île de La Réunion, aurait dû retourner à Maurice après trois tentatives d’atterrissage manquées à l’aéroport de Gillot ? Lors du quatrième essai, l’avion avait pu atterrir sans encombre. Le commandant Somoo aurait alors soumis un rapport de vol au département des Flight Operations pour relater les événements et aurait souligné que le vol s’était déroulé sans incident. Selon certaines sources, par le passé, il n’a jamais été question de missed approach policy pour les vols commerciaux normaux. En fait, ce serait après le limogeage du commandant, à la fin de l’année dernière, que cette pratique serait devenue obligatoire. Les différentes pratiques sont en effet listées dans le manuel du SOP, qui est mis à jour régulièrement par les responsables de la sécurité des opérations des lignes aériennes. Selon l’aveu même du représentant d’Air Mauritius, le commandant Punivein Somoo aurait donc été officiellement limogé parce qu’il n’aurait pas appliqué une procédure qui n’existait pas. Dans la plainte déposée par l’entremise de Me Ayesha Jeewa, le capitaine Punivein Somoo, qui réclame Rs 52 millions

à Air Mauritius pour renvoi injustifié, précise qu’à son retour du vol MK 292 du 10 avril 2009, « he filed a special report on his own initiative and in accordance with professional best practices in the interest of safety, concerning localised bad weather condition during approach and landing in Reunion Island ». Le 13 avril, après un vol aller-retour Maurice-Mumbai, le commandant Somoo affirme avoir reçu un appel téléphonique de son collègue, Shashi Raj (Ravi) Baichoo, qui lui aurait demandé de passer le voir pour une conversation. Quand il a rencontré ce dernier, le capitaine Manoj Gopaul était aussi présent. Le capitaine Baichoo aurait alors insisté pour que Punivein Somoo soumette un rapport plus détaillé du vol du 10 avril. Le 20 avril 2009, après avoir soumis le rapport demandé, Punivein Somoo est convié à une réunion avec une équipe des opérations. D’autres détails sur le vol du 10 avril lui sont alors demandés. Et moins de deux semaines plus tard, le pilote est informé par Shashi Raj Baichoo qu’il n’a plus de vol. Pourtant, du13 avril jusqu’à cette date, Punivein Somoo avait été sur plusieurs autres vols à destination de Paris, de Kuala Lumpur, de Singapore et de Mumbai. Cette mesure est confirmée dans une correspondance en date du 5 mai 2009, où il est question de « important areas of concern in terms of your work performance which warrant refresher training and further assessments ». Le capitaine Somoo soutient que la formation exigée serait, en fait, un cours ainsi qu’un exercice de simulation de vol. L’évaluation de l’exercice de simulation de vol est effectuée le 20 mai 2009. Sur le Simulator Check Form, le pilote est released as commander, ayant accompli un minimum standard. Cependant, sur le formulaire, de nombreux critères ne sont pas cochés par le superviseur, dont ceux ayant trait au Crew Ressource Management (CRM) et au respect du SOP. Il ressort qu’en mars 2009, le pilote avait effectué un autre test où toutes les cases avaient été cochées et il s’en était sorti avec a very good rating. Par rapport à l’exercice qui serait tantôt une évaluation, tantôt un refresher course, le responsable note : « Its clear that

Captain Somoo has no problems understanding these CRM best practice principles and concepts, discussed throughout the assessment, however whether they are applied to everyday line flying is difficult to ascertain. » Comme Punivein Somoo ne comprend pas pourquoi la compagnie l’empêche de voler, il sollicite une rencontre avec le capitaine Pramil Banymandhub, responsable du département des Flight Operations. Ce dernier le rencontre, le 28 juin 2009, au Gymkhana. Par la suite, ce dernier devait affirmer qu’il s’agissait d’une rencontre informelle où il voulait néanmoins l’informer que, suite aux réunions que le pilote avait eu avec la direction du département des opérations, un comité s’était réuni et avait recommandé, à l’unanimité, que Punivein Somoo ne puisse plus commander. Il pourrait cependant, après une réévaluation, être considéré comme copilote. Pour le pilote, il était dès lors clair qu’une décision à son encontre avait été prise avant même qu’il ne soit entendu. Le 16 juillet 2009, Sudhir Beeharry Panray adresse une lettre au capitaine Somoo, où il soutient que « management is in presence of the conclusions reached at, after your Line Oriented Evaluation conducted on 20 May 2009 on the A340 Simulator at the BMI Centre (London) and it has been found that your session was not to the required standard and that you had technical as well as CRM weaknesses ». Le pilote est alors averti que la direction entretenait des doutes quant à ses capacités et qu’un comité disciplinaire serait institué pour lui permettre de répondre à cette charge. Le même jour, le pilote est suspendu avec effet immédiat. Le lendemain, Punivein Somoo est averti par voie de lettre qu’il lui faut retourner tous les effets de la compagnie qui se trouvent en sa possession, y compris sa carte d’employé. Cette carte est normalement reprise par la compagnie quand une personne est sur le départ. Trois semaines plus tard, soit le 7 août, Sudhir Beeharry Panray informe le pilote qu’il est tenu de se présenter, le 14 août 2009, devant un comité disciplinaire présidé par Me Subash Lallah. La charge, cette fois, semble différente : « On the 10th April 2009, you failed to perform NO7 23 JANVIER 2010


ENQUÊTE

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Extrait du procès-verbal du comité disciplinaire Ms Bunwaree : You are still doing from 9 in the evening to 11.30 in the next morning. Capt M Gopaul : You are on flying duty. You are on duty for the company, you are flight on duty if you are operating the flight. I’ll just check the roster if I have it with me.

your duties as Captain of flight MK 292 in a manner consistent with the required degree of professional skill expected from a pilot in command of an aircraft A340 of Air Mauritius ». Quand Me Varuna Bunwaree, avocate du capitaine Somoo, demande des détails sur la charge existant contre ce dernier, Sudhir Beeharry Panray répond qu’il n’y avait eu aucun rapport contre le capitaine, que ce soit des autorités réunionnaises ou du personnel naviguant, y compris du copilote. Il précise que l’enquête de la compagnie avait été initiée à partir du rapport de vol soumis par le capitaine Somoo luimême. Le 4 septembre, d’autres précisions sont apportées par Air Mauritius. Cette fois, la direction soutient que le capitaine avait failli à ses devoirs sur dix points, dont celui de ne pas avoir mis en pratique les principes du CRM et de ne pas avoir choisi de se diriger vers un autre aéroport après la deuxième tentative d’atterrissage. Dès lors, après avoir assisté à quelques audiences du comité disciplinaire, le capitaine Somoo devait estimer que l’exercice, « in truth and in fact was a mere sham in as much as the decision to terminate his employment had already been taken regardless of the findings of the said committee ». Il ajoute aussi que la décision avait été prise afin qu’il ne puisse plus travailler comme commandant de bord et que Pramodh Gopaul « clearly stated during the said disciplinary committee, held in August 2009, that the abovementioned decision was taken on the 11th June 2009 ». Le 28 septembre 2009, le capitaine Punivein Somoo est donc averti par la direction de la compagnie aérienne nationale qu’il est limogé pour ne pas avoir exercé son rôle de façon professionnelle lors du vol MK292 du 10 avril 2009. Pour certaines sources proches du cercle des pilotes, la décision de limoger le capitaine Somoo suscite des interrogations. Ce dernier, pour sa part, maintient qu’il n’a pas fauté et qu’il a suivi les procédures, surtout que l’enquête qui a abouti à son limogeage a été initié à partir de son propre rapport. Or, les réglementations internationales ne spécifient-elles pas qu’ « aucune sanction administrative, disciplinaire ou professionnelle ne peut infligée à une personne qui a rendu compte d’un accident ou d’un incident d’aviation civile ou d’un événement au sens de l’article 2 de la directive 2003/42/CE du Parlement Européen et du Conseil du 13 juin 2003 précitée, dans les conditions prévues à l’article L.722 2, qu’elle ait été ou non impliquée ans cet accident, incident, événement, sauf si elle s’est elle-même rendue coupable d’un manquement délibéré ou répété aux règles de sécurité » ? NO7 23 JANVIER 2010

Ms Bunwaree : You want the roaster of Capt Somoo – I am producing this as well. Capt M Gopaul : So he operated the return leg, i.e. from Mumbai to Mauritius. Ms Bunwaree : So you are not denying that he took the flight from Mauritius to Mumbai and then from Mumbai to Mauritius. Capt M Gopaul : He positioned from Mauritius to Mumbai. Ms Bunwaree : … And then he flew the aircraft back to Mauritius. Chairperson : For which day is that… Bunwaree : That is for the 13th of April 2009. Capt M Gopaul : 12th of April he left Mauritius, he is positioning not operating and then after two hours he flies from Mumbai to Mauritius and lands Mauritius somewhere at 11 o’clock in the morning. Chairman : … on Monday morning. Ms Bunwaree : He spent the whole night on the flight basically. Capt M Gopaul : Yes.

Pramodh Gopaul

Pramil Banymandhub

Raj Baichoo

John Mira

Le 4 septembre, d’autres précisions sont apportées par Air Mauritius. Cette fois, la direction soutient que le capitaine avait failli à ses devoirs sur dix points, dont celui de ne pas avoir mis en pratique les principes du CRM et de ne pas avoir choisi de se diriger vers un autre aéroport après la deuxième tentative d’atterrissage

Ms Bunwaree : And when Capt Somoo came for the meeting on the 13th, is it not correct that he stated to you that he was tired after this flight which is a tedious flight. Capt M Gopaul : Yes. Ms Bunwaree : How long was that meeting? Capt Gopaul : That meeting was about 30mins duration but then he stayed longer after the meeting to talk about other things which were not pertaining to the flight. Ms Bunwaree : My instructions and I put to you that this meeting was an unofficial chat. Capt M Gopaul : No, it was an official meeting. Ms Bunwaree : No, it was an official meeting without a letter of convocation and being called on the phone, an employee asked to come back while he was on his way back home and this was an official meeting. Capt M Gopaul : Yes, if was an official meeting. Ms Bunwaree : Were notes of the meeting taken then and by who? Capt M Gopaul : Yes, by Capt Baichoo and myself. Ms Bunwaree : You both took the notes of meeting, can’t be – have to be one of you. Capt M Gopaul : One of us.

Ms Bunwaree : Who? Capt M Gopaul : Myself Ms Bunwaree : You took the notes of that meeting and therefore I presume you would recall that – I think you mentioned in fact that Capt Somoo stated that he left the MOR in his bag because he was not sure whether to file it or not because for him that was not an incident. (Plus loin lors du comité disciplinaire) Capt M Gopaul : It was a commercial flight. Ms Bunwaree : A test and demo flight is something different. Capt M Gopaul : Yes. Ms Bunwaree : And there are different procedures. Capt M Gopaul : Yes. Ms Bunwaree : When you are referring us to this paragraph, Missed Approaches 1.2.1.14.11 following two consecutive missed approaches at the same airport with no significant improvement in the weather conditions, the crew should consider a diversion. Capt M Gopaul : Yes. Ms Bunwaree : This falls under test and demo flights. Capt M Gopaul : I agree. Ms Bunwaree : It does not fall under commercial flights. Capt M Gopaul : I agree and this Capt Somoo knows very well. Ms Bunwaree : Yes, that is why I am putting it to you. Capt M Gopaul : He knows and he understands the underline concept behind this paragraph, although the paragraphing could be wrong in our book, he understands very clearly the concept behind this. Ms Bunwaree : Now you are saying the paragraphing in the book is wrong. Capt M Gopaul : It is misplaced because it is falling under the Chapter of Test and Demo Flights. He must be the single pilot in Air Mauritius who does not… Ms Bunwaree : … Who has not picked out that the paragraphing is wrong. Capt M Gopaul : We agree that the paragraphing is probably wrong. Ms Bunwaree : I put it Captain, that we have an SOP in front of you which lays all your procedure what you have referred us to is missed approaches enforced under the Test and Demo Flights which you have yourself confirmed is very different from a normal Commercial Flight and this was not pointed out in Chief. It’s now that you are saying that in fact it falls under the Test and Demo Flight but it’s a mistake in paragraphing.

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ACTU

CONGO-BRAZZAVILLE

Ouverture du procès contre deux Mauriciens Toujours incarcéré à Brazzaville, Iqbal Osman, ancien directeur financier de Chevron (Congo), a rencontré Me Hervé Lassémillante, envoyé spécial de Navin Ramgoolam au Congo. Le procès dont fait l’objet Iqbal Osman s’est tenu, cette semaine, sur trois séances Iqbal Osman

DANS LE vif du sujet. Poursuivi pour « participation à la fraude », notre compatriote Iqbal Osman a fait face à la justice congolaise cette semaine. Trois séances ont déjà eu lieu. Me Hervé Lassémillante, envoyé spécial du Premier ministre mauricien auprès de SassouNguesso, le président congolais, a rencontré Iqbal Osman jeudi, avant de prendre l’avion pour Maurice. Iqbal Osman, directeur financier de Chevron (Congo), avait découvert une fraude portant sur dix millions de dollars dans la vente de cette filiale à la Société Nationale de Pétrole du Congo. Il devait par la suite être arrêté et incarcéré. En préambule à cette rencontre, Me Lassémillante s’était entretenu, mardi, avec le Président congolais. Il avait profité de l’occasion pour lui remettre une lettre de Navin Ramgoolam. La rencontre avait même été retransmise à la télévision congolaise. De quoi permettre aux proches du Mauricien d’espérer. Contacté par Le Journal du Samedi, Aashiq Osman, le fils d’Iqbal Osman, a déclaré que « tous les espoirs reposent sur le gouvernement mauricien car la France ne bouge pas ». L’audience de mercredi a vu la confrontation entre Iqbal Osman et un ancien comptable de Chevron (Congo), en l’occurrence Serge Mdaché, qui avait été aupar-

avant licencié et incarcéré à la prison de Pointe-Noire, à Brazzaville. Il a accusé Iqbal Osman de lui avoir donné l’ordre de passer les écritures comptables. De ce fait, le juge lui a notifié son arrestation pour « complicité » sur le champ,

Chevron, un dénommé Arthur Soulouibi. Celui-ci avait été licencié dès le début de la prise de fonction d’Iqbal Osman au sein de Chevron (Congo). La raison de son licenciement aurait été d’avoir menacé notre

que tout a été préparé d’avance par la partie adverse : questions, discours et réponses ». Me Jean Prosper Mabassi, l’homme de loi d’Iqbal Osman, estime que la stratégie visant à incriminer son client était prévue et qu’on essayait de faire

bres du comité congolais qui aurait géré l’achat de Chevron (Congo) par la SNPC, dont Joseph Mabiala, qui occupe le poste de directeur des ressources humaines de Chevron pour le compte de la SNPC.

AASHIQ OSMAN : « MON PÈRE EST EN DANGER DE MORT » Sollicité par Le Journal du Samedi, Aashiq Osman, le fils d’Iqbal Osman, nous a livré ses sentiments sur l’arrestation de son père et le procès qui lui est intenté jusqu’ici. « Nous avons fait appel au goucarcère des innocents, des témoins-clés, sans « Quand mon père a commencé à découvrir vernement français pour qu’il nous vienne en preuves », soutient-il. des cas de fraude au sein de la société aide mais nous n’avons jamais eu de réponses Selon lui, c’est un ancien employé de la comChevron (Congo), il a été professionnel et a émanant du ministère des Affaires étrangères pagnie Chevron (Congo), lui-même impliqué fait son travail de directeur financier en avisant ou de la présidence à ce jour », affirme Aashiq dans cette affaire, qui aurait incriminé son sa hiérarchie », affirme Aashiq Osman. Ce Osman. père. « Un ancien employé licencié a accusé jeune homme de 25 ans est d’avis que les difCe dernier dit s’inquiéter aussi beaucoup de mon père d’avoir été la tête pensante, alors férentes parties concernées ont servi leurs la sécurité de son père. « J’ai même demandé que dans la réalité, à l’époque des faits, en propres intérêts en orchestrant un scenario que l’ambassade assure la sécurité physique 2007, mon père était encore en mission en dans lequel elles auraient incriminé son père. de mon père car il est en danger de mort làAmérique du Sud », ajoute Aashiq Osman. « Je suis écœuré de la manière dont s’est bas. C’est l’homme à abattre. Dix millions de La famille Osman, qui vit en France et jouit de déroulée cette histoire. Malheureusement, dollars, ça pousse à faire taire les témoins gêla double citoyenneté mauricienne et nous nous retrouvons face à une réalité à nants », dit-il. française a fait appel au gouvernement laquelle nous ne sommes pas préparés. Je ne français pour qu’il leur vienne en aide. En vain comprends pas la justice congolaise, qui in-

et Serge Mdaché a avoué, par la suite, avoir touché 10 millions de francs CFA. L’audience s’est poursuivie le lendemain mais a été abrégée au courant de la journée car le juge a été convoqué par le procureur général. Iqbal Osman devait être confronté à un ancien employé de

compatriote en ces termes : « Tu n’es pas chez toi ici. » Lors de son audition par le juge, Arthur Soulouibi a incriminé l’ancien directeur financier de Chevron (Congo). Selon Aashiq Osman, « au vu des sentiments de mon père au sujet d’Arthur Soulouibi, il a l’impression

porter le chapeau à un étranger, surtout que celui-ci aurait fait licencier certains pour avoir possiblement participé à la fraude. Quant à l’audience d’hier, elle devait concerner d’anciens employés licenciés, le PDG d’une entreprise qui aurait participé au détournement, ainsi que les mem-

A noter que nous avons essayé d’entrer en contact avec les proches de notre autre compatriote, Christian Li, lui aussi incarcéré à Brazzaville, mais en vain. Le retour de Me Hervé Lassemillante, prévu ce week-end, devrait permettre d’en savoir davantage sur la situation de nos deux compatriotes.

Fauché par le chauffeur dʼun politicien LA VICTIME, un habitant de Réduit âgé d’une trentaine d’années, était sur une motocyclette, à l’hypermarché Shoprite, samedi dernier, lorsque l’accident s’est produit. Grièvement blessé, il a été transporté d’urgence à l’hôpital Victoria, à Candos, où il

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été mis sous respiration artificielle. Il a sombré dans le coma durant cette même soirée. Selon les témoignages des employés du supermarché qui étaient présent à l’heure de l’accident, le véhicule qui a percuté le motocycliste appartiendrait à un membre de la

Very Important Persons Security Unit (VIPSU). Ce dernier serait le chauffeur personnel d’un politicien. Cependant, les proches de la victime déplorent que cette information n’ait pas été mentionnée dans une déposition consignée par un membre de leur

famille. Qui plus est, bien que cette information important ait été transmise à la police, le numéro d’immatriculation du véhicule n’a pas été précisé dans la déposition.

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ACTU

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MEURTRE À SURINAM

« Il avait menacé dʼenlever Aboo Sahma » Au centre d’un trio amoureux, Sangeeta Seegoolam aurait préféré tuer son amant présumé, Aboo Sahma Toofany, car elle ne pouvait plus « se partager » entre son idylle et son mari Raj. Toutefois, elle a affirmé à la police que c’est ce dernier qui a donné le coup fatal ANOUSHA PURBHOO-APPANAH

LE TEMPS s’est arrêté à Surinam, mais la tristesse a laissé place à la colère dans ce petit village du sud du pays. Aboo Sahma Toofany, 42 ans, et habitant Tamil Temple Road, aurait été tué de plusieurs coups de sabre par l’époux de sa maîtresse présumée dans la soirée du samedi 16 janvier. Quatre personnes ont été arrêtées jusqu’ici : la maîtresse présumée de la victime, Sangeeta Seegoolam, son époux Raj Seegoolam (53 ans et sergent affecté au poste de police de BelOmbre), le beau-frère de ce dernier Krishnaduth Fakoo (36 ans) et la mère de ce dernier, Sabita Fakoo, âgée de 63 ans et habitant Midlands. Le drame se serait produit dans la journée de samedi dernier. Selon la version de Sangeeta Seegoolam donnée à la police, Aboo Sahma Toofany était venu lui rendre visite. Mais les choses se seraient mal tournées lorsque son époux aurait vu ce dernier chez lui. La quinquagénaire poursuit dans sa déposition qu’elle voulait « rompre » avec Aboo Sahma Toofany. Mais, selon elle, ce dernier insistait pour que cette liaison présumée se poursuive. Ainsi, dans un accès de colère lors d’une dispute, Sangeeta Seegoolam aurait donné un coup de couteau au cou de son amant présumé avant que son époux n’assène quatre coups de sabre à la tête d’Aboo Sahma Toofany. Ce dernier a été vu pour la dernière fois le samedi 16 janvier aux alentours de 8 heures. Célibataire, âgé de 42 ans et marchand de légumes, Aboo Sahma Toofany a été retrouvé mort dans un buisson à Bassin-Blanc lundi après-midi. Sangeeta Seegoolam, la maîtresses présumée de ce dernier et Raj, son époux, ont été arrêtés dans la soirée de dimanche, soit la veille de la découverte macabre. Les proches d’Aboo Sahma Toofany, soupçonnant le sergent d’avoir peut-être « avoy Sahma manze », ont préféré faire part de ce doute à la police. Arrêtée dans NO 7 23 JANVIER 2010

la soirée de dimanche, Sangeeta Seegoolam a fini par tout balancer à police. « Il avait menacé d’enlever mon neveu. Asterla linn fer li pou touzour… » pleure Fazila Bibi Toofany, la tante d’Aboo Sahma. Elle qui a grandi ce dernier depuis qu’il avait huit mois, souligne que le sergent de police aurait proféré des menaces de mort à Aboo Sahma Toofany car celui-ci entretiendrait une liaison avec son épouse depuis deux ans. Le sergent l’aurait même, dans un passé récent selon elle, dit qu’il allait le kidnappé s’il ne met pas fin à cette histoire.

« FOU AMOUREUX » « Le sergent ne voyait pas d’un bon œil cette liaison. Il était venu dire à mon neveu le mois dernier qu’il allait l’enlever s’il continuerait à voir sa femme », dit-elle. Cependant, Aboo Sahma Toofany n’aurait pas écouté les conseils de ses proches. Ces derniers soulignent qu’il était « fou amoureux » de Sangeeta. Certains ont même dit que celle-ci l’avait bien « atass li ». Leur « histoire » aurait commencé à la foire du village. La jeune femme achetait des légumes chez Aboo Sahma Toofany et, ainsi, ils se seraient liés d’amitié qui n’aurait, toutefois, pas tardé à se transformer en amour. L’épouse du sergent aurait, selon les dires de Fazila, commencé à téléphoner son neveu tous les matins pour lui demander de venir chez elle alors que son époux se trouvait au travail : « Tous les jours vers 7h30, Sangeeta demandait à Aboo Sahma de la rejoindre chez elle et ce dernier n’arrivait pas à se passer d’elle. Des fois, mon neveu ne buvait même pas son thé et partait dès que son téléphone sonnait. » Aboo Sahma Toofany se serait devenu si proche de la femme qu’il avait même, pendant un certain moment, cessé de travailler. Selon son cousin Adil, la victime passait sa journée chez Sangeeta et rentrait à la maison vers 16h30 : « Il faisait tout pour

Aboo Sahma Toofany

« Tous les matins, on voyait Aboo Sahma sur sa bicyclette se dirigeant vers la maison du sergent. Il partait une dizaine de minutes avant que le sergent ne rentre chez lui et cela, tous les jours sauf les dimanches » Fazila Bibi Toofany. La tante d’Aboo Sahma

la plaire. Aboo Sahma n’écoutait personne. Il rigolait lorsqu’on lui disait de mettre fin à cette relation. Il disait qu’ils s’aimaient trop pour tout arrêter. » Selon lui, Aboo Sahma projetait même d’aller vivre avec Sangeeta. Cependant, les choses auraient tourné au vinaigre lorsque les voisins auraient commencé à parler de cette liaison. « Tout le village était au courant. Tous les matins, on voyait Aboo Sahma sur sa bicyclette se dirigeant vers la maison du sergent. Il partait une dizaine de minutes avant que le sergent ne rentre chez lui et cela, tous les jours sauf les dimanches. » Samedi dernier, Aboo Sahma Toofany s’est rendu chez Sangeeta Seegoolam comme il le fait quotidiennement. « Son téléphone a sonné le matin et il est parti vers 8 heures », poursuit Fazila. Aboo Sahma Toofany, qui devait rentrait chez lui au plus tard 16h30, n’a informé personne s’il allait être tard. Les heures passent et l’inquiétude prend le dessus chez les Toofany. Les proches d’Aboo Sahma affirment qu’ils avaient le pressentiment qu’Aboo Sahma était en danger.

TRACES DE SANG N’ayant aucune nouvelle de ce dernier le lendemain matin, soit dimanche, Fazila et sa nièce Hassena se sont rendues chez les Seegoolam. « Mo nièce finn kriye ek tapp so la portt mai personn pa finn sorti ». Ces dernières y sont retournées et Fazila a téléphoné à Sangeeta. « Li finn pran telefonn li mem (Sangeeta) ek li finn dir mwa ki li pa kone kot Sahma ete. Li ti osi dir mwa ki zot finn discontinue », déclare Fazila. Ainsi, les autres proches d’Aboo Sahma se sont mobilisés pour le rechercher. Une déposition a même été consignée dans la matinée de dimanche au poste de police de Souillac. Les Toofany sont, quant à eux, quasiment sûrs qu’Aboo Sahma était chez sa maîtresse présumée. Ils confirmeront cela peu après, dans la matinée, lorsqu’ils verront la bicyclette de la victime à

l’arrière de la maison des Seegoolam à Veeren Lane. La police est tout de suite informée, mais elle ne peut pas perquisitionner la maison des suspects. Plusieurs unités de la police se sont mobilisées pour rechercher Aboo Sahma. En vain. Tard dans la soirée, une équipe de la brigade antidrogue (Adsu) a débarqué chez les Seegoolam pour perquisitionner la maison. Lors de cet exercice, des traces de sang ont été découverts. Ce qui a mené à l’arrestation des Seegoolam. Ces derniers ont été conduits au poste de police pour un interrogatoire durant lequel Sangeeta a avoué le meurtre d’Aboo Sahma Toofany. Elle devait également indiquer à la police l’endroit où le corps de la victime a été débarrassé. Les recherches s’enclenchent et les enquêteurs retrouvent le corps nu d’Aboo Sahma Toofany lundi dans un buisson à MontBlanc. Il a été transporté à l’hôpital aux fins d’autopsie, pratiquée par le médecin légiste Sudesh Kumar Gungadin. Ce dernier a attribué le décès d’Aboo Sahma Toofany à une fracture du crâne provoquée par plusieurs coups de sabre à la tête. Une entaille au cou et des ecchymoses ont également été découvertes. Un troisième suspect a été arrêté dans cette affaire. Il s’agit du frère de Sangeeta Seegoolam. Ce dernier a comparu devant le tribunal de Mahébourg et a été mis en examen sous une accusation provisoire de complicité. La police le soupçonne d’avoir aidé à débarrasser le corps. La bellemère du sergent a également été arrêtée mardi dernier. Cette dernière est reprochée d’avoir essuyé les traces de sang dans la maison du policier. Les Seegoolam ont comparu devant le tribunal de Mahébourg et ont été inculpés d’une accusation provisoire de meurtre. Ils ont été ensuite reconduits en cellule policière.

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ACTU

DU VILLAGE de Petite-Rivière au phare, le chemin creuse son parcours au milieu des champs de cannes. Aux abords du village de Camp-Créole, un panneau indique « Belle Vue, Phare ». Après à peine cinq minutes de trajet, surgit, de nulle part, le phare d’Albion. L’endroit est très peu fréquenté. Ceux qui y viennent sont généralement des couples, des Mauriciens mais principalement des étrangers. Ils sont nombreux, en effet, à vouloir passer du bon temps au phare. Quitte à payer des sommes importantes afin d’y accéder. Les patrouilles policières étant régulières sur la route menant au phare, les couples préfèrent en majorité prendre la chambre située au rezde-chaussée. Le mode opératoire du gardien est très simple. Vous êtes d’abord invité à faire une petite visite des lieux. Ensuite, les choses sérieuses prennent le dessus. Une petite pièce d’environ 8 m² vous est proposée. Libre à vous de négocier le prix. Pour une demiheure, celui-ci peut

« Nous voyons tous les jours des jeunes, qui sont probablement des élèves, qui viennent ‘kas poz’ au phare. Ces derniers doivent obligatoirement passer devant ma maison pour aller là-bas » monter jusqu’à Rs 400. Et si vous souhaitez camper sur le site du phare, c’est également possible. Le prix, toujours négociable, est assez élevé. Une nuit au phare d’Albion peut ainsi coûter Rs 1 500 ou plus. Outre le droit de passer la nuit sur les lieux, ces frais comprennent l’accès à l’eau potable, à la sallede-bains, ainsi qu’aux toilettes. Les campeurs peuvent installer leur tente devant le phare, en face de la mer, ce qui leur garantit de jouir d’une vue magnifique. Une maison abandonnée, située à l’entrée du site abritant le phare, est également mis à la disposition des campeurs en cas de mauvais temps. Si une toute autre clientèle est visée, les habitants de la région, que nous avons rencontrés au courant de la semaine, nous ont avoué que beaucoup d’étudiants faisaient l’école buissonnière pour venir passer du bon temps au phare. En effet, selon une habitante qui a souhaité gardé l’anonymat et qui réside à proximité du phare, l’endroit serait très fréquenté par des jeunes, notamment des adolescents, durant les jours de semaine. « Nous voyons tous les jours des jeunes, qui sont probablement des élèves, qui viennent ‘kas poz’ au phare. Ces derniers doivent obligatoirement passer devant ma maison pour aller là-bas », nous a-t-elle dit. Selon notre interlocutrice, les jeunes passent parfois toute une journée au phare. Elle nous dira même que contrairement à ces dernier temps, les policiers étaient, auparavant, plus sévères : « Il y avait beaucoup plus de contrôle par le passé. Maintenant, nous ne voyons qu’un seul van qui passe deux ou trois fois et rien de plus. » Le phare, qui est situé dans une zone non-résidentielle, serait également un endroit propice aux vols. Plusieurs cas ont ainsi été recensés en ce lieu. Il n’est donc pas à écarter que les amateurs de ce genre de camping se fassent attaquer à tout moment.

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ALBION

Le septième ciel passe par le phare Se payer du bon temps dans une chambre au phare d’Albion est un commerce qui rapporte gros. Ce lieu public, qui tombe sous la responsabilité de la Tourism Authority, est régulièrement loué par les gardiens du phare ANOUSHA PURBHOO-APPANAH

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LEGAL WEEK

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Meurtre à Lallmatie

ENTRE SORCELLERIE ET LIAISON FATALE L’enquête préliminaire sur le meurtre de Jairaj Jeea s’est ouverte mardi au tribunal de Flacq et devant le magistrat Roshan Varma Santokhee. Le prévenu, Shyam Sooknauth, était représenté par Me Guy Olivry alors que Johanne MoutouLeckning, Principal State Counsel, assurait la poursuite ABDALLAH GOOLAMALLEE

C’EST LE procès qu’attendait tout Lallmatie. Shyam Sooknauth a finalement été présenté en cour, mardi, dans l’affaire du meurtre de son ami Jairaj Jeea. Le prévenu aurait, dans un premier temps, concédé avoir assassiné celui-ci suite à une discussion sur une affaire de ganja, avant de parler d’une liaison extraconjugale que Jeea aurait entretenue avec son épouse. Les faits allégués remontent à février 2008. Le corps sans vie de Jairaj Jeea, connu comme Bouba, est découvert à Lallmatie. C’est sous une plaque de béton, dans la cour de Shyam Sooknauth, que la police doit déterrer le cadavre. Jairaj Jeea a été tué d'un minimum de six coups de sabre à l'arrière du cou. Les éléments de la Major Crime Investigation Team (Mcit) et de la CID de Flacq devaient alors procéder à l'arrestation de Shyam Sooknauth et de son épouse Premawtee.

RUMEUR L’autopsie pratiquée par le Chief Police Medical Officer, le Dr Satish Boolell, devait attribuer la cause du décès à une rupture of cervical spine. Mention était aussi faite d’une perforation, au niveau de la langue de la victime ; ce qui avait donné lieu à la thèse d’une histoire de sorcellerie. Les deux versions contradictoires du prévenu, en ce qu’il s’agit du mobile du crime, devait encore plus embrouiller les choses. En effet, Shyam Sooknauth, dans sa première déposition, aurait affirmé qu’il avait tué son ami après avoir eu une discussion « akoz ganja ». Ce qu’il devait nier lors de sa seconde déposition : « En verité dan mo l’enquête, mo pa finn koz la verité lor fason mo finn touy li avec sabre. Se pa enn diskisyon lor zafer ganja, vrai raison se parski deux mois de cela, enn rumeur ti pe faner dan l’endroit ki mo madame ek Bouba ti ena ene relation. » Il devait préciser que « depi sa momen la, mo latet ti pe fatiguer ek mo ti dir tou les deux si mo maille zot mo pou kass zot… »

« Mo finn tapp Bouba enn kou avek sabre lor so likou par deryer ek mo finn truv disan komanss sorti ek fane partou » Le prévenu aurait aussi souligné qu’il avait invité Jairaj Jeea chez lui et qu’il lui avait offert à boire en grande quantité. Lors de cette soirée particulièrement arrosée chez Shyam Sooknauth, Premawtee aurait persuadé son mari de permettre à Jairaj Jeea, quelque peu ivre, de passer la nuit chez eux. Shyam Sooknauth aurait alors inNO 7 23 JANVIER 2010

Shyam Sooknauth (au centre) n’aurait pu supporté l’idée d’une liaison alléguée entre sa femme et la victime

stallé un matelas dans le salon pour Jairaj Jeea alors que sa femme et lui dormiraient dans leur chambre. N’arrivant pas à dormir, il aurait réveillé son invité au beau milieu de la nuit pour lui demander s'il savait où il était. Toujours éméché, Jairaj Jeea aurait répondu par la négative avant de s'entendre accusé de relations extraconjugales avec Premawtee Sooknauth.

« MONN PIK SO LALANGUE » « Mo finn discute ar li lor zafer gard mo fam, li fine reponn mwa ki li pa koné kot li été, lerla mo laraz finn montt ek mo fine dir li l…mama… to pa koner kot to eter ek mo fine prend sabre tega ki mo coupe bouc depi kot bondié kali ek mo fine tape li deux coute avec laraz lor so likou par derriere », devait dire le prévenu. Le crime commis, il aurait calmé son épouse qui s’était mise à pleurer : « Mo finn mett mo ledoigt lor mo labouche ek mo finn dir li ress trankil tention voizin tender. » Dans sa première déposition, Shyam Sooknauth avait affirmé que « mo finn tapp Bouba enn kou avec sabre lor so likou par deryer ek mo finn truv disan komanss sorti fane partou ». Il aurait alors nettoyé le sang qui s’était répandu avant de

chercher un endroit approprié pour se débarrasser du cadavre avec l’aide de son épouse.

« En verité dan mo l’enquête, mo pa finn koz la verité lor fason mo finn touy li avec sabre. Se pa enn diskityon lor zafer ganja, vrai raison se parski deux mois de cela enn rumeur ti pe fane dan l’endroit ki mo madame ek Bouba ti ena enn relation » Shyam Sooknauth

« Mo finn reflechi ki pou fer ek lecorps. Asoir mem mo finn pran ene pik lalangue. Mo finn retir roche depi pissoir ziska mo genoux ek mo finn mett Bouba dans sa pissoir la », a-t-il affirmé. Il devait aussi parler du rôle du « pik lalangue » et de Sagal Rambaccus, neveu de Bouba : « Mo finn pran enn zeguit mo finn pik sa dan so lalangue pou ki so lam pa fer mwa ditor. Mo finn netoy lakaz ek monn brill linz ki ti ena disan dans lakou. Lendemain, mo inn koull beton lor sa avec Sagal Rambaccus. »

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ENTRETIEN

Rajen Valayden : « Les jeux ne contribuent pas à lʼéconomie » Le secrétaire de l’organisation non-gouvernementale, Right To Live nous livre son point de vue sur la prolifération des jeux de hasard, sur le danger qu’ils font planer sur la société mauricienne et sur la nécessité de réagir KINSLEY LAI

« Le jeu comporte des transferts simplement stériles de l’argent ou des biens entre les individus, ce qui ne crée pas de nouveaux fonds ou de marchandises. Bien que cela ne crée pas de sortie, le jeu absorbe quand même le temps et les ressources. Quand poursuivi au-delà des limites de loisirs, où l’objectif principal, après tout, est de tuer le temps, le jeu soustrait du revenu national » Paul Samuelson. Prix Nobel d’économie en 1970

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Expliquez-nous le sens de votre combat contre les jeux de hasard? Il est un fait indéniable que depuis les dix dernières années, les jeux de hasard sont devenus une passion dévorante, au détriment du bien-être du citoyen. Le pire, c’est que certains types de jeux font partie intégrante de la vie quotidienne de beaucoup de Mauriciens. Tandis que les casinos gardent leur part de mystère ou d’élitisme, les autres maisons de jeux, les betting houses, le loto et ses dérivés deviennent des activités tellement populaires qu'elles n’ont plus le caractère occasionnel, récréatif, d'une distraction, mais celui d'une institution incontournable. Cette situation est compromettante pour l’avenir de notre pays car elle entraîne l’appauvrissement, l’endettement, le suicide, la violence et la dépendance aux substances interdites. Bref, tous les ingrédients nécessaires pour assurer la dégradation sociale. Notre combat se situe donc dans la quête d’une île Maurice meilleure. L’image que vous décrivez n’est-elle pas exagérée? Ce n’est pas de mon invention. Vous n’avez qu’à regarder la situation au Canada, aux Etats-Unis, en Europe, en Thaïlande et dans d’autres pays. La seule différence est que notre configuration ne nous permet aucun faux pas. Prenons l’exemple du jeu et de la violence. Ces sept dernières années, il y a eu une hausse fulgurante dans les cas de violences liées directement et indirectement aux maisons de jeux. Il y a eu une hausse des cas de suicide liés au jeu. Qui peut nier que nos enfants, des mineurs, jouent aux courses, misent sur des équipes de foot dont ils n’ont jamais entendu parler, jouent à la loterie et surtout grattent des tickets matin, midi et soir Ces jeux rapportent quand même gros à l’Etat… Il faut bien comprendre que l’Etat n’est pas une société privée ayant pour but la profitabilité. L’Etat est l’ensemble du système politique et administratif dédié au bien-être des citoyens. De plus, il est faux de dire que le jeu contribue à l’économie. J’aimerais ici citer Paul Samuelson, prix Nobel d’économie en 1970 : « Le jeu comporte des transferts simplement stériles de l'argent ou des biens entre les individus, ce qui ne crée pas de nouveaux fonds ou de marchandises. Bien que cela ne crée pas de sortie, le jeu absorbe quand même le temps et les ressources. Quand poursuivi au-delà des limites de loisirs, où l'objectif principal, après tout est de tuer le temps, le jeu soustrait du revenu national ». Les contributions au Consolidated Fund sont des miettes comparées aux milliards qu’il faudra pour réparer les

trois secteurs S (social, santé et sécurité). Il est aussi temps qu’on réalise que la responsabilité sociale est une action continue et non une étape symbolique dépendant de la profitabilité. Ne croyez-vous pas au jeu responsable ? Le concept de jeu responsable est une invention des promoteurs qui vise à justifier leur existence et à moraliser leurs opérations. En invoquant le jeu responsable, on admet l’existence des conséquences négatives mais on accentue la responsabilité individuelle du joueur. Dans les semaines à venir, on va nous déballer tout un arsenal (patronage, sondage préconçu, campagne publicitaire...) afin de fidéliser les joueurs et d’anesthésier l’opinion publique. Que proposez-vous? On demande à l’Etat de reconnaître le jeu comme étant un danger pour les enfants. On réclame l’interdiction de la publicité sur le jeu et nous exigeons l’élaboration d’un plan national de prévention et d’éducation. Il faut aussi revoir les permis accordés car il ne peut y avoir de maisons de jeux à proximité des établissements scolaires, des centres médicaux ou des lieux de culte. Il faudra aussi renforcer d’avantage la capacité de la brigade des jeux et introduire des peines plus sévères à l’encontre des contrevenants aux lois existantes. Croyez-vous vraiment que l’interdiction de la publicité va réduire la dépendance aux jeux ? La publicité sur le jeu nous permet de tout oublier, y compris qu'on n'a pas les moyens de jouer. La publicité sur le jeu n’est qu’une manipulation de nos pensées et de nos actions. Rappelez-vous de la publicité du loto, qui vous fait rêver de devenir millionnaire et qui dit, qu’au pire des cas, vous aurez contribué au développement du pays. A croire que jouer au loto est une activité sociale ou un acte patriotique. L’interdiction de la publicité sur le jeu va permettre de protéger nos enfants et empêcher cette gangrène de se propager. Comment analysez-vous les agissements de la classe politique ? En 2004, le sénateur Frank Padavan, dans son rapport intitulé ‘Turning the Empire State into a Gambling State’, avait déclaré que « Gambling is where politics and corruption meet ». A Maurice, les opposants loyaux et même les déloyaux font des déclarations vagues, tout en choisissant leurs cibles avec des pincettes. Pour des raisons évidentes, ils esquivent l’essentiel. J’ai entendu le responsable du dossier économique du MMM mentionner, à plusieurs reprises, l’existence d’une mafia du jeu, mais à ce jour, aucune déclaration n’a été faite aux autorités

compétentes. Les gens du régime sont quant à eux divisés sur le sujet. Certains, fortement influencés par les courants religieux, sont d’accord mais se taisent. Les ultra-libéraux, une infime minorité mais influente, pensent que les bénéfices valent bien les dommages collatéraux. Les autres attendent sagement la réaction du chef avant de s’aligner. Et la gauche ? Si seulement elle existait aujourd’hui ! Beaucoup d’anciens se sont travestis et le peu de soldats qui restent sont éparpillés sur le front, dans d’autres batailles aussi importantes. Vos conclusions ? S’il y a une chose qui est réelle, c’est bien la souffrance des familles, victimes du jeu. Tout comme ces enfants qui, chaque jour, s’enlisent d’avantage dans ce marécage. On ne peut bâtir une île Maurice durable avec la précarité relationnelle comme base et le jeu comme pilier économique. C’est bien de construire des bâtiments intelligents, mais il faut trouver des hommes et des femmes intelligents pour y travailler, et non pas des zombies stressés accros aux jeux. NO 7 23 JANVIER 2010


ACTU

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Jayen Chellum

« Le GM a bafoué l’indépendance de l’ACIM » Six mois durant, il a tenu bon. Malgré la décision du gouvernement de geler les subventions accordées à l’Association des Consommateurs de l’Ile Maurice, dont il est le président. Arrêté après avoir brisé le silence cette semaine, Jayen Chellum annonce une grève de la faim VEEDUSHI VEERIN

DES CHEVEUX en guise de sacrifice. C’est pour avoir choisi cette forme de protestation contre l’injustice qu’il dit subir que Jayen Chellum, président de l’Association des Consommateurs de l’Ile Maurice (ACIM) a été arrêté le mardi 19. Une charge de ‘causing litering’ pèse sur lui. Quant au travailleur social Eddy Sadien, qui lui a coupé les cheveux, il a été arrêté pour avoir ‘act as a barber without permit’. Chose que les deux protagonistes qualifient de ridicule vu les circonstances. Leur arrestation découle d’une manifestation pacifique qu’avait organisée Jayen Chellum, le même jour, devant l’hôtel du gouvernement, en compagnie de quatre employés de l’association. L’objectif était de tirer la sonnette d’alarme sur le gel des subventions auxquelles l’ACIM avait droit. Depuis plus de six mois, ces quatre employés ne perçoivent plus de salaire et gagnent leur vie uniquement à travers les cotisations faites par des membres de l’association. Selon Jayen Chellum, il s’agit d’une décision injuste puisque l’ACIM ne dispose plus de fonds depuis plus de 12 mois. Alors même qu’elle a bénéficié, pendant plus de 25 ans, d’une subvention annuelle de Rs 675 000. Ce

Eddy Sadien et Jayen Chellum ont été arretés pour avoir « act as barber without permit » et « causing litering »

dernier se demande pour quelles raisons ces subventions ont été annulées bien que l’ACIM continue d’être convoquée à des comités officiels. Il aurait même envoyé une série de correspondances, l’année dernière, au Premier ministre, à la ministre de la Sécurité Sociale et au NGO Trust Fund, mais sans succès. « C’est pour cela que j’ai décidé de me faire raser la tête devant l’hôtel du gouvernement. La population doit savoir dans quelles conditions nous exerçons notre métier de chien de garde pour la protection des consommateurs. Nous n’avons plus aucun moyen de gagner notre vie », s’indigne-t-il. Exprimant le profond mécontentement qu’il éprouve à l’égard du gouvernement, il a affirmé que la décision de ce dernier constituait une atteinte à la l’indépendance et au caractère démocratique des institutions. Il se demande également comment la Consumer Protection Unit bénéficie d’une subvention de quelque Rs 20 millions alors que l’association qu’il préside se retrouve sans rien. « Nous avons toujours été là pour dénoncer la hausse des prix, celui des denrées alimentaires comme du carburant. Tout cela dans l’intérêt des consommateurs. Serait-ce la raison pour laquelle

Vinod Seegum : « Bunwaree devra assumer ses responsabilités » LA QUESTION de l’abolition des leçons particulières continue de faire débat. Alors que Vassant Bunwaree maintient sa décision dans le cadre du plan stratégique de l’éducation, la Government Teachers Union (GTU) ne recule pas. Soucieuse de la performance des élèves du primaire, elle se réunira aujourd’hui pour décider de la marche à suivre. Si la principale raison avancée par le ministre de l’Education pour l’abolition des leçons particulières en Standard IV était la « commercialisation de l’éducation », le two year span cycle – imposé aux instituteurs – a vite été révoqué. Il s’agissait d’un ordre interdisant à un instituteur d’enseigner aux élèves d’une classe plus de deux ans. Il est inconcevable, selon Vinod Seegum, que le ministre de l’Education poursuive sa manœuvre alors que la seule raison pédagogique qu’il ait avancée pour justifier sa décision a été révoquée : « Nous nous demandons la raison pour laquelle il NO 7 23 JANVIER 2010

insiste sur l’abolition des leçons particulières dans les écoles. De toute façon, certains enseignants continueront à en dispenser chez eux. Il va vers un réel chamboulement du système à l’approche des législatives. » Pour le président de la GTU, l’abolition des leçons particulières en Standard IV représente une injustice envers les élèves. Selon lui, il est inacceptable que ces derniers n’y aient pas accès alors que ceux qui ont pris part aux examens du Certificate of Primary Education (CPE) en 2009 et ceux qui y prendront part en 2010 en ont eu droit : « Ceux qui viendront après seront pénalisés par rapport aux anciens. C’est une injustice dont le ministre devra assumer les responsabilités. » Pour ce qui est de l’allocation de 2 600 roupies proposée aux enseignants pour les cours de rattrapage, Vinod Seegum l’a qualifié d’inacceptable : « Comment se fait-il que le ministre prenne une telle décision sans consultation avec les parties concernées ? » Il fallait, selon ce dernier, que le quantum à être payé soit discuté d’abord et approuvé par les centrales syndicales. ● V.V.

on nous a enlevé nos seuls moyens financiers », se demande-t-il. Quant à Eddy Sadien, il déplore le fait que la police les ait arrêtés et conduits aux Casernes Centrales alors qu’ils exerçaient leur droit de dénoncer l’injustice que subissent les employés de l’ACIM. Lors de son interrogatoire, il a fait valoir son droit au silence. Sollicité pour des éclaircissements sur sa participation à la manifestation, il soutient qu’il défend l’action et la cause de l’ACIM puisqu’elles sont justes. « La décision de geler les subsides de l’ACIM est antidémocratique. Je pense que nous vivons ce qu’on peut appeler la consolidation de la dictature de l’Alliance sociale », poursuit-il. Par conséquent, Jayen Chellum et Eddy Sadien envisagent la tenue d’une grève de la fin indéfinie tant que le gouvernement ne rétablira pas les subventions de l’association. « Nous ne baisserons pas les bras aussi longtemps que justice ne nous sera pas faite. Le gouvernement devra rendre public les vraies raisons de sa décision et considérer le sort de ces employés au plus vite », insistent-ils.

Amiante : Rashid Imrith exige un examen des bâtiments publics CELA CONTINUE d’être un sujet de préoccupation. Si bien que la Government General Services Union (GGSU) réclame l’interdiction totale de l’accès au bâtiment Emmanuel Anquetil à Port-Louis. Condamnant l’attitude des autorités concernées face à ce problème, elle propose une série de mesures en vue de préserver la santé de ceux qui travaillent dans ce bâtiment public. La GGSU condamne, dans un premier temps, le silence du Mauritius Audit Bureau par rapport à cette affaire. Son président, Rashid Imrith, indique que l’organisme est en pré-sence d’un rapport révélant la présence d’amiante dans les cloisons du bâtiment Emmanuel Anquetil depuis octobre 2009 mais, selon lui, « aucune mesure n’a été prise par la suite ». Du coup, la GGSU a réitéré sa demande que tous les employés qui travaillent actuellement ou qui ont, par le passé, travaillé au bâtiment Emmanuel Anquetil soient soumis à un examen

médical complet. « Il faut également que ceux qui ont été transférés, ainsi que ceux qui sont partis à la retraite, soient examinés », insiste Rashid Imrith. Cependant, ce dernier déplore le fait que les fonctionnaires soient obligés de prendre un jour de congé pour les tests de dépistage : « Comment se fait-il que le ministère de la Fonction publique n’ait pas pris toutes les dispositions nécessaires pour ces examens ? » Rashid Imrith exige également que les autres bâtiments de la fonction publique soient passés au crible afin de déterminer la présence,ou noon.de l’amiante. Il est très probable, selon lui, que l’amiante présente dans le bâtiment Emmanuel Anquetil se propage à celui de Renganaden Seenevassen qui est se situe face : « Il faut comprendre que les mêmes matériaux ont été utilisés pour la construction d’autres bâtiments, comme la New Government House. » ● V.V.

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NIGHT AND DAY

Kalpana: l’art de la Grande Péninsule Le Mahatma Gandhi Institute (MGI) de Moka abrite depuis mardi les tableaux de peintres venus de l’Inde où on peut découvrir ses diverses cultures. Tantôt sombres et tantôt vives, les couleurs choisies démontrent la splendeur du quotidien des Indiens. A travers cette exposition, on découvre plusieurs étapes de la vie, l’enfance, la jeune fille qui se marie et les traditions qui l’entourent, les aléas de la vie, la femme qui souffre, celle qui sourit, en passant par la mère… Les définitions calculées, les courbes et les tons épicés de ces œuvres d’art, laissent percer un brin de grâce. Des artistes qui, pour la plupart, ne sont plus de ce monde et qui ont laissé une richesse inouïe. Tyeb Mehta, Angoli Ela Menon, Arpana Caur, Krishen Khanna sont, entre autres, ceux dont les tableaux sont exposés. L’exposition est ouverte au grand public du lundi au vendredi de 10 heures à 17 heures. Elle durera jusqu’au 29 janvier.

UN SITE GRATUIT POUR CHAQUE ARTISTE ! Non, vous ne rêvez pas ! www.mauzik.net, en collaboration avec Tcheky Production, propose aux artistes mauriciens un site pour s’exprimer. La grande surprise qu’ils prévoyaient pour fêter le second anniversaire est enfin connue. Ils se proposent de monter gratuitement une page personnalisée pour chaque artiste mauricien. Ils pourront exposer leurs musiques, annoncer leurs événements ou concerts. Il sera assuré par les concepteurs et une fois le profil dressé, l’artiste pourra le gérer en toute liberté. Pour ceux qui ne sont pas branchés internet, leurs pages seront contrôlées par Mauzik et Tcheky Production avec leur accord. Les deux collaborateurs disent, cependant, ne pas avoir les numéros de tous les artistes. Les artistes qui voudront avoir leur page doivent se connecter sur le www.mauzik.net ou appeler un des numéros suivants : 970-7237 ou 987-6767.

BACBOTTE EN « FAM EXEMPLAIR » LE 6 MARS

U.L.

Quand Karo brosse les rastas

LA CULTURE rastafari et elle ne font qu’un. Karo, artiste peintre, est connue pour ses tableaux aux couleurs vives du reggae. Son œuvre du moment, Pem, le sculpteur du Caudan. D’origine française, Karo peint depuis sa tendre enfance et s’intéresse aux rastas depuis longtemps. Elle raconte avoir peint plusieurs artistes mauriciens : Kaya, Michel Legris, le groupe Natir… « J’ai vécu durant une année à Chamarel et je trouve que cette culture est mal vue des gens, ici comme ailleurs. Je peins le rasta, non seulement pour les couleurs, mais aussi pour démontrer que ces gens vivent comme tout le monde. Ils travaillent, ils chantent… Je veux démystifier l’image des ratas. » Un combat qu’elle mène toute seule, en mélangeant les couleurs. Proche amie de Kaya, elle tient chez elle plusieurs tableaux du roi du seggae l’illustrant avec son groupe ou seul. « Kaya, c’était un très bon ami », dit-elle dans un soupir. Cette ex-étudiante de l’Ecole des beaux-arts ne vend pas ses tableaux pour autant : « Je ne veux pas me séparer de mes tableaux. Ils ont tous une histoire, un lien. En fait, je veux faire un musée de rastas, c’est mon rêve ! » Elle les présente, toutefois, lors des festivals Reggae Donn Sa, dans des expositions et lors des journées d’animation. En attendant de voir le musée, Karo fera surement parler d’elle au cours de cette année.

La chanteuse Linzy Bacbotte sera le 6 mars en concert au Centre Swami Vivekananda à Pailles. Elle interprètera les chansons composées dans le cadre de la campagne « Fam exemplair » de LacazA, dont la reprise (en créole) de la chanson de Corneille « Le bon dieu est une femme » et d’autres titres qui paraîtront sur son prochain album. Les prix des billets seront communiqués ultérieurement.

ETAÉ AU BLUE BAMBOO

La troupe Etaé sera en concert le vendredi 29 janvier au Blue Bamboo à Blue-Bay. Cette soirée débutera à 21 heures et prendra fin aux alentours de minuit. Ce rendez-vous sera le premier d’Etaé cette année. Les billets seront en vente sur place à 100 roupies.

CHARLES BAUDELAIRE DÉMÉNAGE !

Le Centre Culturel Français Charles Baudelaire devient l’Institut Français de Maurice à partir du 19 mars. Il quitte les légendaires locaux et jardin de la rue Gordon pour s’installer à l’avenue Julius Nyerere (anciennement Moka Road) à Rose-Hill. La médiathèque sera fermée au public du 2 février au 19 mars à midi. La validité des inscriptions sera prolongée d’une durée de deux mois et aucune pénalité ne sera retenue pour les retards.

● U.L.

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NIGHT AND DAY

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Blakkayo k La sagesse du « petit vagabond » A 31 ans, il a changé. Des excès de l’adolescence, d’une musique contestataire, il reste l’artiste et sa volonté de partager. Une évolution qui a accouché d’un troisième album solo en novembre dernier et que l’artiste exprimera, en concert, le 6 février prochain URSULA LAREINE

UN REBELLE qui a découvert le sage caché en lui. Si Blakkayo se décrit ainsi, son dernier opus en est la preuve concrète. De son vrai nom Jean Clario Gateaux, l’artiste peaufine actuellement son concert prévu pour le 6 du mois prochain. Une ligne de plus au C.V. de celui qui, de son entrée au sein des Otentikk Street Brothers (OSB) à sa carrière solo, fait briller son talent de chanteur et sa volonté d’avancer. Déjà « rebelle », c’est en plein adolescence, alors qu’il cherche à se forger un caractère et un style différents des autres, que la musique le prend aux tripes. Ses amis et lui se lancent dans le ‘ragga muffin’ et la danse pour révolutionner leur univers. L’habitant de Bois-D’oiseau y prend goût. Alors qu’il a 14 ans, il fréquente déjà Ben’z Blakka et Ultimatum, du groupe ‘Monaster’. « Grand Benoit et moi fréquentions la même école et Ti Benoit, c’est mon cousin » nous confiet-il.

SAVOIR-FAIRE VOCAL A la même époque, le groupe ‘Street Brothers’ voit le jour à Plaisance, RoseHill. Blakkayo, alors un parfait inconnu, en est fan. « Quand j’ai entendu Bruno Raya chanter pour la première fois, je me suis dit que c’était ce genre de musique que je voulais faire. Bruno était mon idole ! » dit-il avec le sourire. Il ne savait pas, à ce moment-là, qu’il ferait plus tard partie du groupe. Il continue cependant, en parallèle, à faire du ‘ragga muffin’ avec ses amis de la rue, comme il les appelle. « J’étais un

grand fan de Kool B et de son groupe. Je suis même devenu membre de leur fan club. C’est ainsi qu’ils m’ont connu », confie-t-il. Une rencontre qui lancera sa carrière. Alors qu’il expose son savoir-faire vocal, Bruno Raya le remarque et l’incite à rejoindre son groupe. Une aubaine pour celui qui ne s’appelait pas encore Blakkayo. Pour choisir son nom de scène, il sera ‘inspiré’ par Bruno Raya. Il se souvient encore que ce dernier l’appelait ‘Yo’. « Letan mo get moi, mo trouvé mo enn black, mo dir mo appel moi Blakk Yo. Finalman mo ajoutt enn ‘a’ ar li – Blakkayo ! » Cela fait maintenant 16 ans qu’il chante avec les OSB. Des années riches en expériences qui ont fait de lui ce qu’il est. « J’ai appris beaucoup de choses… », lâche t-il. Si dans ses précédents albums, il voulait crier haut et fort le fond de sa pensée, il dit s’être calmé. « Mo ti envi dénons ca system la mai zordi mo trouver ki le pep pe soufer. Bisin edik zot. Apre nou geter kouma pou dresse system la », nous at-il confié. C’est aussi cela qui explique l’idée derrière son album ‘Love N Respect’ (voir encadré). « Mon dernier album est centré sur le partage, l’amour et le respect mutuel. J’ai voulu sensibiliser les gens, surtout les jeunes, contre certains dangers », soutient Blakkayo. Un besoin de partage qu’il explique : « Mo pa kapav gard tou zafer pou moi. Mo ti lor la route. Mo koner. Mo ti enn ti vagabond, contan camarade, pa rant lakaz, met nissa, fer fete, dormi deor. Il faut prévenir nos jeunes qu’il y a des dangers qui les guettent. »

LOVE N RESPECT : PLUS DE 5 000 COPIES VENDUES

5000

Deux mois après la sortie de l’album de Blakkayo, plus de 5 000 CD ont déjà été vendus. Troisième aventure solo de l’artiste, l’album de 13 morceaux compte des titres phares comme ‘Confians’, ‘To prezans’, et ‘Edikasyon sexuel’. Blakkayo y parle de son propre vécu mais aussi de ceux qui l’entourent. Un album qui aura mis du temps à aboutir, ayant demandé des années de travail et six mois en studio. Sans compter l’apport humain indispensable. Blakkayo dit ainsi devoir remercier ceux qui l’ont aidé pour les ‘featuring’. L’artiste vous donne aussi rendez-vous le 6 février prochain pour un concert à l’Indigo Club de Quatre-Bornes. Seront présents les artistes qui ont collaboré à la réalisation de ‘Love N Respect’, dont Linzy Bacbotte, Mr Snyp, Bruno Raya, Dagger KKila, Benz Blakka, Tian, Soldat Kaz BAD… Les billets sont en vente à 250 roupies chez Otentik Paradise Burning. Les places étant limitées, les retardataires risquent de rentrer bredouilles.

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ZOOM

MONTAGE : JOJAKIM ATCHIA

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TREMBLEMENT DE TERRE

Lʼîle Maurice fera-t-elle un Haïti ? La catastrophe qui a frappé Haïti nous amène à réfléchir aux risques d’un tel scenario à Maurice. Surtout quand on sait que des secousses ont été ressenties à Rodrigues en décembre dernier. Les opinions des spécialistes que nous avons sollicités divergent KINSLEY LAI ET HERRSHA BOODHUN

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SOMMES-NOUS à risques ? L’île Mau- déjà répertorié des séismes pouvant aller de morts. Suresh Boodhoo, directeur de la station rice peut-elle, à l’avenir, se retrouver con- jusqu'à une magnitude de 8 autour des dorfrontée à un désastre similaire à celui qui a sales océaniques. Ce qui place notre région, et météorologique nationale, affirme que mis à genoux Haïti. La question d’un pos- surtout l’île Rodrigues, qui en est plus proche, Maurice, malgré sa situation géographique, sible tremblement de terre ou de secousses en situation de vulnérabilité face à des séismes n’est pas à l’abri de secousses. Il ajoute cependant que les prévisions sont difficiles pouvant affecter le pays semble diviser les importants. « Une autre ‘source’ de séismes est l'activité à faire : « On ne peut pas le prévoir. On ne observateurs scientifiques. Les risques sont ainsi qualifiés de minimes par les uns et de volcanique qui nous concerne directement, vu fait que constater et si cela se produit, on ne réels par les autres. Prem Saddul, géomor- notre très récente activité volcanique, qui est peut que prendre les mesures nécessaires pour phologue, Suresh Boodhoo, directeur de la directement liée à notre position par rapport secourir la population. A ma connaissance, on station météorologique et l’océano-graphe au point chaud. En effet, le déplacement du est relativement à l’abri d’un séisme mais pas Vassen Kauppaymuthoo émettent des avis magma dans la croute terrestre cause des rup- tout à fait. » Car Maurice serait, selon lui, tures qui peuvent être plus ou moins impor- sur la ligne de faille, soit la mid ocean redivergents. Prem Saddul affirme ainsi que malgré tantes, ce qui cause également des séismes ou gion, où des séismes relativement faibles les secousses ressenties à Rodrigues, Mau- tremblements de terre qui sont normalement ont commencé à se produire, au niveau des plaques tectoniques, à l’est de Rodrigues. rice se situe dans une position différente : « d'origine volcanique. » Prem Saddul avance pour sa Les secousses de 5,3 ressenties à Rodrigues en décembre dernier « Vu le type de constructions en béton dans part que si secousses il doit y avoir, cela pourrait bien être sont dues à des activités magmatiques liées au volcan de la notre île, un séisme de magnitude 6,5 causerait à la suite d’activités volRéunion. Maurice ne se trouve des dégâts très importants et beaucoup de caniques, comme cela a été cas pour Rodrigues le 2 pas non plus dans une situamorts, tout comme nous voyons actuellement ledécembre dernier : « Ce qui tion similaire à Haïti ou la en Haïti. Fermer les yeux ne fera qu’aggraver peut créer des secousses, c’est ville de Los Angeles, qui se situent en bordure d’une les choses. Il vaut mieux être prêt et savoir la montée du magma des Ce qu’on appelle des plaque en déchirure (tear réagir plutôt que d'attendre que le toit nous volcans. secousses magmatiques. Rofault). tombe sur la tête et que nous soyons dans drigues est un cas assez dif« Le Japon et l’Indonésie se trouvent, de leur côté, dans des le même état qu'Haïti, c'est à dire férent puisqu’il se trouve sur un plateau sous-marin, une plaques convergentes. Maurice sans Etat et dans la détresse la plus totale » expansion de la mid Indian se situe loin de la mid-Indian Ocean ridge ; à des milliers de Vassen Kauppaymuthoo. Océanographe Ocean ridge.» Concernant les mesures à kilomètres de cette bordure et Ces interrogations prennent une autre être prises par les autorités, le directeur de aussi loin des plaques divergentes. Notre pays est loin des trois plaques tectoniques. Les ampleur quand on prend en considération la station météorologique affirme que deux événements qui sont survenus ces Maurice est un pays assez avancé pour pourisques sont très minimes. » Vassen Kauppaymuthoo, océanologue, derniers mois. Le premier, un séisme de voir fournir les premiers services aux gens, donne un avis complètement différent. Se magnitude 5,3 sur l’échelle de Richter, s’est vu que le pays a eu suffisamment d’expéribasant sur les relevés des agences interna- produit en décembre dernier à 146 kilo- ence avec les cyclones, les pluies torrentionales, il affirme que l’océan Indien est « mètres de Rodrigues. Le deuxième, le trem- tielles, les glissements de terrain et autres vulnérable » à des séismes importants : « La blement de terre à Haïti, la semaine calamités naturelles. « Mais on ne sait pas comment sera la sitUnited States Geological Survey (USGS) a dernière, a fait plusieurs dizaines de milliers


Un tsunami est l’un des effets possibles d’un séisme

VASSEN KAUPPAYMUTHOO

Un gros séisme « est possible dans l’océan Indien » Les îles indiaocéaniques sont vulnérables aux secousses sismiques. Surtout Rodrigues. C’est l’avis de l’océanologue Vassen Kauppaymuthoo, qui tire la sonnette d’alarme sur les risques qu’encoure le pays s’il ne se prépare pas à cette éventualité ANOUSHA PURBHOO-APPANAH

uation si jamais il y a un séisme puisque l’in- avec cet appareil et ça marche toujours », aftensité diffère. Je crois que nous avons les firme Suresh Boodhoo. Quant à Vassen Kauppaymuthoo, il équipements nécessaires, mais là aussi, on ne peut pas tout prévoir. Par exemple, on ne peut ajoute que Maurice doit se préparer à une pas garder dix avions au sol, à l’aéroport, en telle éventualité et précise ne pas comprenattendant qu’une telle calamité ait lieu. Ou dre la position de certains scientifiques : « encore, si un pont se brise et que nous n’avons Vu le type de constructions en béton dans pas prévu cela, que fait-on ? » explique notre île, un séisme de magnitude 6,5 causerait des dégâts très importants et beauSuresh Boodhoo. En cas de calamités, le National Disaster coup de morts, tout comme nous voyons Committee se réunit pour faire un suivi actuellement en Haïti. Fermer les yeux ne fera complet de la situation et donner les in- qu'aggraver les choses. Il vaut mieux être prêt structions nécessaires à la Special Mobile et savoir réagir plutôt que d'attendre que le Force, à la force policière, aux pompiers et toit nous tombe sur la tête et que nous soyons aux différents ministères concernés, tels la dans le même état qu'Haïti, c'est à dire sans Santé et l’Environnement. Des mesures es- Etat et dans la détresse la plus totale. sentielles « pour secourir « On ne peut pas le prévoir. On ne fait que les gens et veiller à leurs constater et si cela se produit, on ne peut besoins. Ces dé- que prendre les mesures nécessaires pour partements vi- secourir la population. A ma connaissance, ennent en aide à la population on est relativement à l’abri d’un séisme en toutes cir- mais pas tout à fait. » constances et Suresh Boodhoo. Directeur de la station météorologique nationale pas seulement en cas de trem« Quand on voit ce qui se passe et quand blement de terre ». Suresh Boodhoo rappelle que le comité on détecte certains signes, on espère toujours, ne se réunit pas uniquement lors de bien-sûr, que cela n'arrivera pas, ou pas calamités, mais qu’il le fait régulièrement maintenant, mais je pense réellement que pour revoir la situation à Maurice et l'heure est venue de mettre en place un Cenprévoir les changements à apporter au tre for Disaster Control et d’éduquer la popniveau des plans d’action établis à la suite ulation par rapport aux risques et à la d’études menées à Maurice sur certaines ca- conduite à adopter en cas de séisme, tout tastrophes naturelles. Pour revenir sur le comme nous le faisons pour les cyclones, doséisme, il est bon de savoir que le pays maine dans lequel nous sommes bien rodés compte un sismomètre, qui enregistre les (voir l’entretien de l’océanologue ci-contre, mouvements du sol. L’appareil est installé à ndlr). » la station météorologique de Vacoas. « On enregistre de temps en temps. On travaille

Un séisme de magnitude 7 est-il possible dans l'océan Indien? Non seulement un séisme de magnitude 7 mais nous pouvons nous attendre à un de magnitude 8 ou même plus dans l'océan Indien. Nous avons déjà recensé des séismes beaucoup plus importants dans cet océan. Pour preuve, le séisme de Banda Aceh du 26 décembre 2004, qui était d'une magnitude de 9,1 sur l'échelle de Richter et qui avait causé le tsunami à Sumatra. Cela a couté la vie à plus de 300 000 personnes et a fait 1,7 millions de sinistrés. Ce séisme a même été suivi de plusieurs autres, notamment celui de magnitude 8,6, le 28 mars 2005, toujours à Sumatra. Notre île est-elle à l'abri? Quand on regarde du côté des séismes ressentis dans la région, le 12 octobre 2009, suite au séisme de magnitude 6 qui avait eu lieu ce jourlà, à 7h15, à 436 km au nord-est de Rodrigues, j'avais averti la population qu'il pouvait y en avoir d’autres plus près de l’île. Mes prévisions se sont avérées justes avec le séisme de magnitude 5,3 du 2 décembre 2009, qui avait eu lieu à 8h20 du matin. Celuici s’est produit à seulement 147 km au sud-est de Rodrigues et a été ressenti par la population. Plus récemment, le 18 décembre dernier, à 11h30, un séisme de magnitude 5,8 a été ressenti à 915 km à l'est-nord-est de Port-Louis. Ces deux cas ne sont éloignés que d’une unité d’un séisme de magnitude 7. D'ailleurs, le sud de l'océan Indien a connu un séisme sous-marin de magnitude 6,9 en décembre 2009. Alors pourquoi pas Rodrigues et Maurice ? Le changement climatique contribue-il à ces catastrophes naturelles?

Le changement climatique contribue à nombre de catastrophes naturelles : relèvement du niveau de la mer, érosion, pollution de la nappe phréatique par intrusion d'eau salée, maladies tropicales, mortalité élevée des enfants et des personnes âgées à cause des hautes températures... Le changement climatique est en lui même un terme qui regroupe nombre de catastrophes naturelles dont nous sommes à l’origine et que nous allons vivre. Dans combien d’années doit-on s’attendre à un tel phénomène? Les signes que nous avons actuellement sont inquiétants : séismicité accrue à Rodrigues, éruption volcanique du siècle à la Réunion, effondrement de la caldeira au Piton de la Fournaise, acidification de notre eau souterraine causée par une remontée de dioxyde de carbone (principal gaz émis par les volcans)… Je pense que ce sont des signes à ne pas négliger et qu'on se trompe en assurant que cela n'arrivera jamais. C'est un peu comme en 2004, quand j'affirmais que Maurice n'était pas à l'abri d'un tsunami et que certaines personnes avaient parlé de ‘montagnes sous-marines protégeant Maurice’. Pourtant, Maurice fait partie des pays ayant reçu des aides pour se mettre en réseau en cas d'alerte au tsunami. Qui peut réellement donner des garanties sur les catastrophes naturelles ? Nous, les scientifiques, nous ne faisons qu'ausculter et écouter la terre pour détecter certains signes et essayer de prévenir des pertes en vies humaines et un effondrement du pays comme ce qui s'est passé en Haïti. Il faut ouvrir les yeux. Se préparer à faire face ne veut pas dire être alarmiste mais être prévenant pour mieux gérer... NO 7 23 JANVIER 2010


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MONDE

Sebastian Piñera après l’annonce de sa victoire à l’élection présidentielle

SUPER NANNY : RETOUR SUR LA NOUNOU LA PLUS CÉLÈBRE…

Pour la première fois depuis Pinochet, le Chili passe à droite La victoire de Sebastian Piñera, le candidat de la droite à l’élection présidentielle de dimanche au Chili, est le reflet de ce qu’est aujourd’hui la société de ce pays. Et elle n’est plus celle que l’on croît : c’est aujourd’hui une société politiquement apaisée. La gauche et la droite sont en compétition, elles ne sont plus en guerre. Pas un seul incident n’a marqué ce scrutin et ce qui frappe avant tout, c’est la courtoisie des vainqueurs et des vaincus les uns envers les autres une fois les résultats connus CETTE SITUATION est l'effet d'un consensus implicite entre la droite et la gauche sur quatre points essentiels : la Constitution, l'économie de marché, le pragmatisme politique et la nécessité d'un renouveau générationnel. La gauche n'est plus révolutionnaire et la droite n'est plus « golpiste » ni même autoritaire. Les institutions chiliennes, largement amendées, sont aujourd'hui un modèle d'équilibre des pouvoirs : un exécutif fort face à un Parlement qui l'est également, un pouvoir judiciaire, une Cour constitutionnelle et un organisme de contrôle des comptes publics indépendants. Le Chili est une exception en Amérique latine par son faible taux de corruption et l'harmonieux fonctionnement de son Etat de droit. Deuxième point de convergence : une conception commune, entre la droite et la gauche, d'un libéralisme économique qui n'est plus tout à fait celle des « Chicago boys » de l'époque de la dictature Pinochet. La gauche a apporté au système, sans le remettre en cause, une touche assez allemande d'économie sociale de marché. Elle a également mis en place des outils de contrôle et d'encadrement afin que soient respectées les règles de la concurrence et limités les dérapages des marchés (les fonds de pensions, par exemple, sont soumis à des obligations de prudence qui leur interdisent d'investir dans des secteurs à risque). La stabilité politique apportée par le retour à la démocratie et l'ouverture commerciale vers l'étranger ont fait du Chili, depuis la fin de la dictature, un pays prospère et sûr. Il est le premier d'Amérique du sud et le deuxième d'Amérique latine (après le Mexique) à être membre de l'OCDE. C'est aussi un pays socialement progressiste. Certes, beaucoup de chemin reste à faire, notamment en termes d'inégalités de revenus, mais la pauvreté a été notablement réduite (les personnes sous le seuil de pauvreté sont passées de 38,6% en 1990 à 13,7% en 2006, selon les statistiques officielles). Le troisième élément du consensus est le prag-

DES LETTRES DE MESRINE AUX ENCHÈRES LE JOURNAL du samedi

matisme. La gauche n'a pas hésité à utiliser les outils de la droite quand elle les a jugés utiles. La droite, dont c'est la première victoire depuis le retour à la démocratie, ne va pas défaire ce qu'a construit la gauche, dont elle a observé avec attention les succès, notamment en matière sociale. Elle promet de poursuivre dans cette voie. Il est probable qu'il n'a pas échappé à Piñera que Michelle Bachelet, à laquelle il succède, termine son mandat avec 80% d'opinions positives. Si celle-ci avait été autorisée à briguer un second mandat, il est quasi certain qu'elle aurait été élue. La question se pose alors de savoir pourquoi Eduardo Frei, le candidat que soutenait la présidente, a été battu. Sans doute parce qu'il est depuis trop longtemps dans le paysage politique, qu'il apparaît comme le vétéran fatigué de la Concertation. Et c'est le quatrième élément que révèle cette victoire de Piñera : le pays tout entier, longtemps corseté par la tradition et un certain conformisme social, a senti le besoin d'un renouveau générationnel pour incarner sa volonté de modernité. Le jeune dissident socialiste Marco EnriqueOminami a obtenu un joli score au premier tour, avec 20% des voix, démontrant par ce succès une attente, à gauche, de visages nouveaux. Piñera, qui a sans doute engrangé au second tour les voix d'électeurs d'Enriquez-Ominami, représente, quant à lui, une droite nouvelle, décomplexée, déconnectée des références pinochetistes, même s'il fut de bonne guerre pour la gauche pendant la campagne de prétendre le contraire. Un dernier mot en conclusion : les consensus n'empêchent pas les divergences, et la droite ne va pas ressembler à la gauche, notamment en matière sociétale (avortement, divorce et mariages homosexuels) et en politique étrangère. Piñera a peu de choses aimables à dire à l'endroit d’Hugo Chavez ou d'Evo Morales. C'est sur ces questions de société et de diplomatie, et non sur les institutions, l'économie ou le social, que les différences seront les plus marquées. ● (rue89.com)

Il est probable qu’il n’a pas échappé à Piñera que Michelle Bachelet, à laquelle il succède, termine son mandat avec 80% d’opinions positives. Si celle-ci avait été autorisée à briguer un second mandat, il est quasi certain qu'elle aurait été élue.

« NOUS AVONS le regret de vous informer du décès cette nuit de Cathy Sarraï, plus connue sous le nom de Super Nanny, des suites d'une maladie », a indiqué mercredi matin son agent Amir Zogib dans un communiqué. Agée de 47 ans, celle qui enseignait aux parents différentes techniques d'éducation et qui était connue pour son approche douce mais ferme, a rendu son dernier souffle après s'être longuement battue contre une douloureuse maladie. Cette animatrice de télévision tuniso-française – née dans une famille de sept frères et sœurs, et maman de trois enfants – était arrivée en France en 1979, où elle avait décroché un certificat d'aptitude professionnelle de la petite enfance et un diplôme d'auxiliaire puéricultrice. C'est en 2005 que Cathy – qui a été fiancée à quatorze ans et mariée à seize ans à un homme qu'elle ne connaissait pas –, avait revêtu l'uniforme de Super Nanny sur M6, la nounou la plus célèbre de France. Toujours prête à donner de son temps afin d'aider des couples à se positionner au sein d'une tribu parfois agitée et têtue, la blonde aux lunettes sévères mais au sourire communicatif était une figure très populaire. De nombreux téléspectateurs, admiratifs de son savoir faire, étaient friands du programme qu'elle animait. Passionnée, cette dernière soutenait également, hors caméras, des particuliers ayant des difficultés avec leurs enfants, tout en s'impliquant dans des actions de coaching. Récemment, outre ses apparitions sur la chaîne privée, elle avait participé l'an dernier au clip de Berlin, du chanteur Christophe Willem.

Michelle Bachelet, la présidente sortante

180

Un lot d'environ 180 lettres adressées par le gangster français Jacques Mesrine à l'une de ses maîtresses – rencontrée lors d'une cavale au Canada – sera vendu aux enchères le 30 janvier à Paris. La liaison de Mesrine et Jocelyne Deraiche, une Canadienne d'une vingtaine d'années, dure un an et leur correspondance cinq ans. Mesrine signe Bruno et, lui, l'appelle Joyce. Ils s'écrivent de juin 1973, alors qu'il est incarcéré à la prison de la Santé, au 1er mai 1978, une semaine avant son évasion. NO 7 23 JANVIER 2010


MONDE

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HAÏTI

Etats-Unis et France se marchent sur les pieds

La phase de l’aide d'urgence aux Haïtiens sinistrés n’est pas achevée que les querelles diplomatiques ou d’ego national sont déjà étalées sur la place publique. Au cœur du débat, la place centrale prise par les Etats-Unis dans l’organisation des secours, et la course au leadership pour la reconstruction de Port-au-Prince qui est d’ores-et-déjà en préparation. L’humanitaire d'Etat est devenu une autre manière de se faire la guerre POINT DE départ du problème, la faillite de l'Etat haïtien : déjà patente avant le séisme, elle l'est plus encore depuis que le gouvernement a été décimé par la catastrophe et se révèle incapable de faire face à l'ampleur sans précédent de la tragédie. Et les Nations unies, malgré toute la bonne volonté de leur secrétaire général Ban KiMoon, qui s'est rendu sur place dimanche, n'ont pas - n'ont plus ? - les moyens de prendre le relais. La nature ayant horreur du vide, les Etats-Unis ont pris la place laissée vacante et en particulier le contrôle de l'aéroport, cordon ombilical vital pour l'aide aux sinistrés. Mais il a suffi d'un avion français détourné sur Saint-Domingue par le contrôle aérien américain pour que les récriminations se fassent entendre, tout comme les accusations de « recolonisation » de l'île. Le poids de l'histoire est évidemment présent. Les Etats-Unis ont occupé Haïti de 1915 à 1934, une mise sous tutelle qui, comme le rappelle l'auteur d'un livre sur le sujet, visait, dans le cadre de la « doctrine Monroe », à garantir la sécurité dans les Caraïbes, mer américaine s'il en est. De là à parler de nouvelle occupation, il n'y a qu'un pas démenti avec vigueur, et de manière crédible, à Washington. Pour Barack Obama, il y a deux raisons à une intervention massive et voyante en Haïti : le souvenir amer du cyclone Katrina et la passivité de George Bush face au désastre qui frappait la Nouvelle-Orléans ; et la forte présence d'immigrés Haïtiens sur le sol américain, qui transforme cette tragédie en émotion collective nationale – et donc électorale (au moins en Floride) en cette

année de renouvellement d'une partie du Congrès. Obama s'y est impliqué personnellement, comme l'illustre cet article inattendu publié dans Newsweek, un geste sans précédent. Cet activisme américain, appuyé sur des moyens considérables et une visibilité médiatique considérable, est mal vécu à Paris. D'abord parce que Nicolas Sarkozy entretient un rapport d'agacement avec tout ce qui touche au président américain, mais aussi parce que la France, histoire et francophonie obligent, s'estimait légitime dans une position de leadership. Non seulement la France n'est qu'un intervenant parmi d'autres, mais ses avions sont à la merci des décisions d'un contrôleur aérien yankee ! Selon l'ambassade des Etats-Unis, Bernard Kouchner a téléphoné lundi soir à l'ambassadeur américain à Paris pour contredire son Secrétaire d'Etat, Alain Joyandet, qui s'était plaint ce weekend de l'attitude américaine. Nicolas Sarkozy devrait s'exprimer prochainement pour signifier que l'incident est clos. Ces querelles sont inutiles et dérisoires quand on pense à l'ampleur du drame haïtien, mais elles sont devenues inévitables tant l'action humanitaire a été largement détournée par les Etats et est devenue un instrument de l'action diplomatique comme les autres. La présence d'un ancien « French doctor » à la tête de la diplomatie française n'en est que l'un des signes les plus évidents. Cette affaire n'est qu'un signe de plus de l'absence d'organisation légitime de coordination internationale en cas de crise. Les Nations unies ont été délégitimées, vidées

de leurs moyens, et ne sont plus en état de remplir cette mission. L'ONU est pourtant la seule instance qui pourrait jouer ce rôle. L'Union européenne est – une fois de plus – aux abonnés absents, même si lundi les 27 ont promis 200 millions d'euros pour Haïti. On se prend à rêver de voir les Européens disposer collectivement des moyens d'une intervention « à l'américaine » dans une situation d'urgence de ce type, mais il est à craindre que ce ne soit pas avant longtemps, à en juger par les premiers cafouillages des nouvelles institutions, déjà en concurrence avec la présidence tournante nationale, en l'occurrence l'Espagne. La « bataille de la reconstruction » risque fort de voir la même foire d'empoigne. Nicolas Sarkozy, dans son éternelle posture de sauveur planétaire, a le premier dégainé l'idée d'une conférence internationale pour la reconstruction d'Haïti. Mais celle-ci se déroulera plutôt au Canada, plus proche, plus impliqué… Comment assurer que cette conférence ne soit pas une occasion de plus d'effets d'annonce nationaux, avec quelques milliards de dollars promis, pas nécessairement débloqués, et avec un fort risque d'être mal employés ? Comment assurer cette efficacité sans pour autant mettre Haïti sous tutelle, américaine ou autre ? Ces questions pourraient être débattues sans arrière-pensées, sans rivalités stratégiques, sans surenchère compassionnelle hypocrite. Il n'est pas trop tard pour dépolluer ce débat qui porte, en réalité, sur l'organisation du monde au XXIe siècle. ● (rue89.com)

Abus sexuels : les évêques irlandais convoqués par le pape LES ÉVÊQUES irlandais sont convoqués par le pape les 15 et 16 février, a annoncé mercredi le Vatican, une rencontre qui intervient dans le contexte d'un scandale de pédophilie impliquant des prêtres de la région de Dublin, couverts par la hiérarchie catholique locale.

UN PÈRE NOËL TRÈS GOURMAND EN ÉNERGIE NO 7 23 JANVIER 2010

Le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a « officiellement » confirmé à l'AFP cette convocation, annoncée dans la version internet du quotidien anglais The Guardian. « Elle intervient dans le contexte des problèmes de l'Eglise irlandaise », a-t-il ajouté.

Quatre évêques irlandais ont présenté leur démission à Benoît XVI à la suite d'un rapport accusant l'Eglise catholique d'avoir couvert les agissements de prêtres pédophiles dans la région de Dublin. Le pape avait déjà reçu au Vati-

can sur cette affaire le primat de l'Eglise irlandaise, le cardinal Sean Brady, le 11 décembre. Il avait alors qualifié de « crimes abominables » les agissements des prêtres irlandais pédophiles, couverts par leur hiérarchie, mais mis au jour dans le rapport publié fin

novembre. Le rapport Murphy a révélé comment la hiérarchie irlandaise avait couvert les sévices sexuels auxquels se sont livrés des prêtres de la région de Dublin sur des centaines d'enfants pendant plusieurs décennies.

800 000

Au lendemain de la conférence de Copenhague, alors que le système électrique français montre sa fragilité, les Français se sont rendus en masse dans les magasins pour acheter en décembre une quantité record de consoles. On estime que plus de 800 000 exemplaires ont été écoulés. Une croissance d’environ 11%. Au total, l’ensemble de ces cadeaux hi-tech pèse lourdement sur la demande énergétique française. Les seules ventes de consoles passées par la hotte du père Noël cette année augmenteront la consommation nationale de 40 GWh par an.

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MUSIQUE

Une révélation anglaise avec

GORILLAZ EST un groupe de musique anglais virtuel dont les deux créateurs principaux sont Damon Albarn (le chanteur de Blur et de The Good, the Bad and the Queen) et Jamie Hewlett (le dessinateur de Tank Girl). Les membres virtuels de Gorillaz sont représentés comme des personnages de bande dessinée Leur musique est un mélange de britpop, de hip hop, de Trip Hop, de dub, et d'autres styles. Ils sont d'ailleurs reconnus pour leurs très nombreux partenariats et collaborations avec des artistes et musiciens d'horizons et d'influences trèsdifférents. L'histoire commence en 1997. Stuart Tusspot, surnommé par tout un chacun Stu-Pot, est un jeune adolescent gentil et un peu bête qui ne vit que pour une seule chose : la musique et plus particulièrement tout ce qui s'approche de près ou de très loin à un piano. Sans réelle ambition dans la vie, il travaillait dans ce qui était à ses yeux le paradis : Uncle Norm's Organ Emporium, un grand magasin d'orgues et de pianos où il était le vendeur numéro un. Le temps s'écoulait jusqu'au jour où sa vie bascula. Murdoc Nicalls, jeune loubard doublé d'un sataniste à l'hygiène douteuse, décide, accompagné de sa bande, de faire un casse dans cette boutique, dans l'espoir de se procurer tout le matériel qu'il faut pour fonder un groupe légendaire. Il déboule dans la vitrine du magasin avec sa Vauxhall Astra... et atterrit sur le pauvre Stu-Pot, endommageant l'œil gauche de celui-ci et le plongeant dans un état végétatif. Murdoc écope de 30000 heures de travaux d'intérêt général ainsi que l'obligation d'assister et de « faire la promenade » à Stu-Pot 10 heures par semaine. Murdoc commence à s'attacher à son nouveau souffre-douleur lorsque, par « un malheureux hasard », l'adolescent se fait blesser en passant au travers du pare-brise au cours d'un accident de voitures dans un parking de Nottingham alors que Murdoc, au volant de la voiture impliquée, tentait un virage à 360°. Et le miracle se produit. Alors que son œil droit est également endommagé, StuPot reprend conscience, lui donnant un regard mélancolique de teckel qui, chose étrange, fait son succès auprès des filles ce

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HISTOIRE DU GROUPE

Damon Albarn et Jamie Hewlett commencèrent à travailler sur ce projet en 1998 (alors qu'ils habitaient ensemble). Sous son nom original Gorilla, le groupe enregistra leur première chanson : Ghost train. Le premier album de Gorillaz (Gorillaz), produit par Dan The Automator sortit en 2001 et fut un succès total, en particulier avec le single Clint Eastwood. Le phénomène Gorillaz était lancé, renforcé par le mystère entourant le groupe puisque celui-ci ne se manifeste que par l'intermédiaire des personnages inventés par Jamie Hewlett. Leurs clips animés sont particulièrement soignés, et l'univers Gorillaz est très développé puisque les personnages ont une vie propre.

qui déplait fortement au fautif. Après tout « ce type a une gigantesque page blanche à la place du cerveau et a simplement une migraine chronique, pas de quoi être aussi énigmatique, cool ou mystérieux ! ». Murdoc décide également de mener une vie plus "peace and love" ce qui, à ses yeux, consiste à réduire le nombre de ses traditionnelles orgies auxquelles il participe une fois par mois. Ne pouvant plus se passer de

Stu-Pot, il décide de l'engager dans son groupe et d'en faire le pianiste, voire le chanteur, tandis qu'il occupera le poste de bassiste. Trouvant que Stu-Pot, décidément, « c'était vraiment un nom débile », Murdoc le rebaptise 2-D (« two dents » en anglais qui signifie « deux entailles », pour les deux entailles dans sa tête résultant des deux accidents), autre résultat des deux accidents majeurs de sa vie. Ils se mettent

ensemble à la recherche d'un batteur. Murdoc rencontre Russel, un noir américain expatrié, dans une maison de disques. Pour comprendre comment celui-ci s'est retrouvé sur la route du psychopathe nommé ci-dessus, il faut retourner cinq ans en arrière. À New York, Russel Hobbs, un gosse de la classe moyenne, est retiré de son école privée où il étudiait car il est possédé par un démon. Il resta 4 ans dans le coma, jusqu'à ce qu'on l'exorcise. Russel et ses parents allèrent ensuite habiter Brooklyn High où il va rejoindre un groupe de rappeurs. Le hip hop sauva son âme... pour le moment. Lors d'un « drive-by shoot ing », tous ses amis se font descendre. Il en ressortira profondément choqué et quelques fois, ses défunts amis utilisent le corps de Russel pour exprimer leur talent artistique (en particulier le rappeur Del, un fantôme bleu). C'est alors que ses yeux deviennent blancs et il se met à rapper et à faire de la percussion comme l'auraient fait ses amis disparus. Le groupe a désormais son batteur. Aussi Paula, petite amie de 2-D, devient la guitariste. Mais, après une violente dispute au sein du groupe, due en partie au charme insoutenable de Murdoc (qui héritera à l'occasion d'un nez en miettes, le poing de Russel ayant accidentellement dérapé), celle-ci quitte 2-D laissant ce dernier dans un désespoir total, et s'ensuit toujours la même question : comment trouver un autre guitariste ? Ils décident alors de faire comme beaucoup de groupes britanniques avant eux : passer une annonce dans un journal (le NME). Le jour même, un colis FedEx leur arrive du Japon. Lorsqu'ils l'ouvrent, une fillette amnésique de 10 ans en sort, une Gibson Les Paul sur l'épaule. Après une incompréhensible présentation en japonais, elle attaque quelques riffs sur sa guitare, pour terminer par un impressionnant coup de pied sauté. Estomaqués, les trois musiciens l'engagent tout de suite. Mais au moment de lui demander son nom, elle pointe son doigt sur son ventre et lance un tonitruant "NOODLE" (nouille), le seul mot anglais qu'elle connaisse. C'est ainsi qu'elle gagne son surnom.

NO 7 23 JANVIER 2010


LOISIRS

SUDOKU

NO.7

MOTS-CROISÉS

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NO.7

HOROSCOPE DE LA SEMAINE BÉLIER 21 mars - 20 avril VIE PRIVÉE : D'humeur comme de chemise, passant sans transition de l'enthousiasme à l'indifférence. Vos ami(e)s comme votre famille en perdront leur latin ! VIE QUOTIDIENNE : Arrêtez de vous prendre la tête pour des bêtises. Parfois, il y a des sujets qui méritent qu'on se penche sérieusement dessus, mais pas tout le temps. Laissez de côté vos ruminations, elles ne servent à rien.

TAUREAU 21 avril - 21 mai VIE PRIVÉE : Les astres seront aujourd'hui bienveillants à votre égard. Sur le plan professionnel, la situation tournera toujours à votre avantage. VIE QUOTIDIENNE : Grâce à un ciel astral des plus favorables, vous serez au top aujourd'hui au niveau professionnel. Vous fonctionnerez à l'instinct et à l'efficacité et vous ferez mouche à chaque fois.

GÉMEAUX 22 mai - 21 juin VIE PRIVÉE : Avec vous, il n'y aura pas de demi-mesure. Sur le plan professionnel, vous saurez exactement ce que vous voulez et vous ne serez pas prêt(e) à vous laisser convaincre du contraire. VIE QUOTIDIENNE : Vous avez fait une erreur par le passé qui reviendra aujourd'hui sur le tapis. Préparez vos dossiers afin d'être inattaquable, et ce même sur les petits détails.

CANCER 22 juin - 23 juillet

WORDOKU

NO.7

HORIZONTALEMENT 1 Ubiquité 13 Rétablissements de fonctions vitales 14 Enivrons 15 Cadran 16 Pluie torrentielle 17 Pari 19 Prénom féminin 22 Terrain 23 Répétions 26 Situé 27 Convictions 30 Club milanais 31 Choix 32 Début de l'âge de pierre 34 Village polynésien 35 Système de télévision en couleurs 38 Titane 39 C'est-à-dire 40 Relatif à un tissu présentant des interstices 43 Activité rêveuse 44 Titre d'honneur 45 Abréviation biblique 46 Préposition 47 Sagesse

VERTICALEMENT 1 Structure 2 Spécialistes en marketing 3 Divinités 4 Institut de statistiques 5 Soldat 6 Résonance 7 Est anglais 8 Elu 9 Grand canard 10 Note musicale 11 Comité d'action pour la sécu rité 12 Polémiste antichrétien inversé 18 ... facto 20 Iridium 21 Colorants 24 Nutrition parentérale 25 Appareil de séparation des isotopes 28 Civilisation péruvienne 29 Note 31 Coiffure 33 Cordes 36 Division d'un ouvrage 37 Virus d'oiseaux 41 Bande d'une voile 42 Poisson

LION 24 juillet - 23 août VIE PRIVÉE : Il y aura des hauts pour certains et des bas pour d'autres. Au travail, soit vous serez en hyperactivité permanente, soit vous fonctionnerez au ralenti. Dans un cas comme dans l'autre. VIE QUOTIDIENNE : Si vous ne vous appesantissez pas trop sur les faiblesses et les petits défauts de votre conjoint(e), cette journée devrait être plutôt agréable à vivre.

VIERGE 24 août - 23 septembre VIE PRIVÉE : Cette journée sera source de grandes insatisfactions sur le plan professionnel. Entre l'un(e) de vos collègues et vous, le torchon brûlera ! Vous qui détestez les conflits, vous serez totalement perturbé(e). VIE QUOTIDIENNE : La vie au foyer ne vous préoccupera guère en cette journée. Tout occupé(e) à faire des étincelles dans votre travail, ou à mettre sur pied des projets personnels, vous aurez même tendance à quelque peu oublier vos obligations familiales. BALANCE 24 septembre - 23 octobre VIE PRIVÉE : Il y aura de l'incompréhension dans l'air. En famille ou entre ami(e)s, vous ne parviendrez pas à vous faire comprendre de votre entourage. A croire que vous ne parlez pas la même langue ! VIE QUOTIDIENNE : Attention ! Votre trop-plein d'énergie risque de se transformer en agressivité. Vos rapports avec votre entourage ne seront donc peut-être pas de tout repos. SCORPION 24 octobre - 22 novembre VIE PRIVÉE : La joie et l'allégresse seront au menu de cette journée. Vous aurez un don incroyable pour détendre l'atmosphère. Tout le monde appréciera de travailler dans un climat bon enfant... On vous dira merci ! VIE QUOTIDIENNE : Si vos relations avec certains de vos proches ont été tendues dernièrement, vous devriez pouvoir renouer le dialogue avec eux. SAGITTAIRE 23 novembre - 21 décembre

BLAGUES Qu'a dit Dieu après avoir créé l'homme ? Je peux faire mieux. -----------------------------------------------------Pendant qu’Adam était encore dans le jardin d'Eden, Adam va voir Dieu pour lui poser quelques questions qui le chicotent depuis longtemps... - Dieu ? - Oui Adam... - Dieu ? Pourquoi as-tu fait Eve aussi belle ? - Très facile Adam : pour que tu puisses l'aimer - Ah ! (quelques minutes plus tard...) - Dieu? - Oui Adam... - Pourquoi as-tu fait Eve aussi douce, gentille, suave, fragile... aussi adorable ? - Mais c'est evident : pour que tu puisses l'aimer ! (après de longues réflexions...) - Mais Dieu, pourquoi as-tu fait Eve aussi stupide ? -

SOLUTIONS

VIE PRIVÉE : La réflexion précédera l'action durant cette journée. Vous prendrez le temps de peser le pour et le contre de chaque situation avant de prendre une quelconque décision. VIE QUOTIDIENNE : Votre sérénité séduira tous ceux qui vous rencontreront aujourd'hui. Ils se sentiront apaisés, rassurés. Rien d'étonnant que votre compagnie soit très recherchée. Vos enfants adoreront cet état d’esprit plein de promesses.

Sudoku

Voyons, Adam.... Pour qu'elle puisse t'aimer ! -----------------------------------------------------Dieu créa l'Univers et il vit que c'était beau, Dieu créa la Terre et il vit que c'était beau, Dieu créa la nature et il vit que c'était beau, Dieu créa les animaux et il vit que c'était beau, Dieu créa l'homme et il vit que c'était beau, Dieu créa la femme et puis se dit : « Bof ! Elle se maquillera ! » -----------------------------------------------------Ce soir, tous devant la television ! Ben – Pourquoi ? – Parce que derrière on n'y voit rien... ------------------------------------------------------

Wordoku

un gars qui monte dans le train pour aller de casablanca à tanger (très long trajet) prend avec lui un kilos de sucre en poudre et 5 kg de bananes. dès que train se met en route il eppluche une banane la regarde, la trempe dans le sucre, la regarde et la jette par la fenêtre.Il recommence l'opération pendant tout le trajet . Juste avant de descendre un type qui l'accompagnait lui demande la raison pour laquelle il jettait toutes ses bannanes. il repond "parceque je n'aime pas les bananes au sucre. -----------------------------------------------------Un type entre dans une pâtisserie: - Bonjour madame, je voudrais un FFLLMMN à la vanille. - Pardon ? Un FFLLMMN à quoi ?

Mots-Croisés

VIE PRIVÉE : Avec la présence de Mercure dans votre signe, vous serez déterminé(e) à prendre davantage soin de vous. Si vous travaillez, vous profiterez de votre pause déjeuner pour faire du sport. VIE QUOTIDIENNE : La vie de couple ne sera pas très favorisée, et votre état nerveux en sera en grande partie responsable. Vos critiques seront acerbes, l'ambiance électrique, et vous ne ferez rien pour apaiser les choses.

CAPRICORNE 22 décembre - 20 janvier VIE PRIVÉE : En matière d'amabilité, on ne pourra pas dire que vous serez un exemple. Ne vous mettez pas tout le monde à dos, car vous en aurez besoin ! VIE QUOTIDIENNE : Votre vie de famille s'annonce plus sereine que récemment. Et vous ne vous en plaindrez pas ! En effet, même si vous détestez la routine, vous n'appréciez guère plus les climats de tension. VERSEAU 21 janvier - 19 février VIE PRIVÉE : Vous, vous, vous et encore vous ! Pour vous mettre en valeur, vous aurez tendance à rabaisser les autres. Attention, car, contre toute attente, vous risquez de récolter les fruits de votre arrogance ! VIE QUOTIDIENNE : Dur, dur d'être parents. Vous aurez l'impression de ne plus rien comprendre aux réactions de vos enfants. Quoi que vous fassiez, vous vous heurterez à leur hostilité systématique. Il ne vous restera plus qu'à prendre votre mal en patience.

POISSONS 20 février - 20 mars VIE PRIVÉE : L'arrivée de la lune dans votre signe vous mettra dans des dispositions psychologiques favorables. Vous envisagerez aujourd'hui les choses sous un nouvel angle et vous changerez la direction de vos projets. VIE QUOTIDIENNE : C'est décidé, vous allez trouver un moyen de gagner plus d'argent ! Vous allez vous investir corps et âme dans cette mission. Continuez sur votre lancée !

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LE JOURNAL du samedi


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MUSIQUE

Une révélation anglaise avec

GORILLAZ EST un groupe de musique anglais virtuel dont les deux créateurs principaux sont Damon Albarn (le chanteur de Blur et de The Good, the Bad and the Queen) et Jamie Hewlett (le dessinateur de Tank Girl). Les membres virtuels de Gorillaz sont représentés comme des personnages de bande dessinée Leur musique est un mélange de britpop, de hip hop, de Trip Hop, de dub, et d'autres styles. Ils sont d'ailleurs reconnus pour leurs très nombreux partenariats et collaborations avec des artistes et musiciens d'horizons et d'influences trèsdifférents. L'histoire commence en 1997. Stuart Tusspot, surnommé par tout un chacun Stu-Pot, est un jeune adolescent gentil et un peu bête qui ne vit que pour une seule chose : la musique et plus particulièrement tout ce qui s'approche de près ou de très loin à un piano. Sans réelle ambition dans la vie, il travaillait dans ce qui était à ses yeux le paradis : Uncle Norm's Organ Emporium, un grand magasin d'orgues et de pianos où il était le vendeur numéro un. Le temps s'écoulait jusqu'au jour où sa vie bascula. Murdoc Nicalls, jeune loubard doublé d'un sataniste à l'hygiène douteuse, décide, accompagné de sa bande, de faire un casse dans cette boutique, dans l'espoir de se procurer tout le matériel qu'il faut pour fonder un groupe légendaire. Il déboule dans la vitrine du magasin avec sa Vauxhall Astra... et atterrit sur le pauvre Stu-Pot, endommageant l'œil gauche de celui-ci et le plongeant dans un état végétatif. Murdoc écope de 30000 heures de travaux d'intérêt général ainsi que l'obligation d'assister et de « faire la promenade » à Stu-Pot 10 heures par semaine. Murdoc commence à s'attacher à son nouveau souffre-douleur lorsque, par « un malheureux hasard », l'adolescent se fait blesser en passant au travers du pare-brise au cours d'un accident de voitures dans un parking de Nottingham alors que Murdoc, au volant de la voiture impliquée, tentait un virage à 360°. Et le miracle se produit. Alors que son œil droit est également endommagé, StuPot reprend conscience, lui donnant un regard mélancolique de teckel qui, chose étrange, fait son succès auprès des filles ce

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HISTOIRE DU GROUPE

Damon Albarn et Jamie Hewlett commencèrent à travailler sur ce projet en 1998 (alors qu'ils habitaient ensemble). Sous son nom original Gorilla, le groupe enregistra leur première chanson : Ghost train. Le premier album de Gorillaz (Gorillaz), produit par Dan The Automator sortit en 2001 et fut un succès total, en particulier avec le single Clint Eastwood. Le phénomène Gorillaz était lancé, renforcé par le mystère entourant le groupe puisque celui-ci ne se manifeste que par l'intermédiaire des personnages inventés par Jamie Hewlett. Leurs clips animés sont particulièrement soignés, et l'univers Gorillaz est très développé puisque les personnages ont une vie propre.

qui déplait fortement au fautif. Après tout « ce type a une gigantesque page blanche à la place du cerveau et a simplement une migraine chronique, pas de quoi être aussi énigmatique, cool ou mystérieux ! ». Murdoc décide également de mener une vie plus "peace and love" ce qui, à ses yeux, consiste à réduire le nombre de ses traditionnelles orgies auxquelles il participe une fois par mois. Ne pouvant plus se passer de

Stu-Pot, il décide de l'engager dans son groupe et d'en faire le pianiste, voire le chanteur, tandis qu'il occupera le poste de bassiste. Trouvant que Stu-Pot, décidément, « c'était vraiment un nom débile », Murdoc le rebaptise 2-D (« two dents » en anglais qui signifie « deux entailles », pour les deux entailles dans sa tête résultant des deux accidents), autre résultat des deux accidents majeurs de sa vie. Ils se mettent

ensemble à la recherche d'un batteur. Murdoc rencontre Russel, un noir américain expatrié, dans une maison de disques. Pour comprendre comment celui-ci s'est retrouvé sur la route du psychopathe nommé ci-dessus, il faut retourner cinq ans en arrière. À New York, Russel Hobbs, un gosse de la classe moyenne, est retiré de son école privée où il étudiait car il est possédé par un démon. Il resta 4 ans dans le coma, jusqu'à ce qu'on l'exorcise. Russel et ses parents allèrent ensuite habiter Brooklyn High où il va rejoindre un groupe de rappeurs. Le hip hop sauva son âme... pour le moment. Lors d'un « drive-by shoot ing », tous ses amis se font descendre. Il en ressortira profondément choqué et quelques fois, ses défunts amis utilisent le corps de Russel pour exprimer leur talent artistique (en particulier le rappeur Del, un fantôme bleu). C'est alors que ses yeux deviennent blancs et il se met à rapper et à faire de la percussion comme l'auraient fait ses amis disparus. Le groupe a désormais son batteur. Aussi Paula, petite amie de 2-D, devient la guitariste. Mais, après une violente dispute au sein du groupe, due en partie au charme insoutenable de Murdoc (qui héritera à l'occasion d'un nez en miettes, le poing de Russel ayant accidentellement dérapé), celle-ci quitte 2-D laissant ce dernier dans un désespoir total, et s'ensuit toujours la même question : comment trouver un autre guitariste ? Ils décident alors de faire comme beaucoup de groupes britanniques avant eux : passer une annonce dans un journal (le NME). Le jour même, un colis FedEx leur arrive du Japon. Lorsqu'ils l'ouvrent, une fillette amnésique de 10 ans en sort, une Gibson Les Paul sur l'épaule. Après une incompréhensible présentation en japonais, elle attaque quelques riffs sur sa guitare, pour terminer par un impressionnant coup de pied sauté. Estomaqués, les trois musiciens l'engagent tout de suite. Mais au moment de lui demander son nom, elle pointe son doigt sur son ventre et lance un tonitruant "NOODLE" (nouille), le seul mot anglais qu'elle connaisse. C'est ainsi qu'elle gagne son surnom.

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SOINS

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Le body

Balance

Venu tout droit de Nouvelle-Zélande, imaginé par le groupe mondialement connu Les Mills, le Body Balance s’inspire des gyms douces du monde. S’y mélangent stretching et relaxation, fortement influencés par le yoga, le taï-chi, le Qi Qong et la méthode Pilates, version Fitness. Un programme efficace pour améliorer sa tonicité, réduire son stress et vaincre les douleurs musculaires : idéal pour celles qui préfèrent le bien-être à la performance… C'EST QUOI ? CE PROGRAMME complet et varié mélange le renforcement musculaire, le stretching et la relaxation, fortement influencé par le yoga, le taïchi et le Pilates. Le rythme est dynamique, mais pas hystérique. Tout est chorégraphié sur des musiques, planantes ou plus toniques : Sinéad O’Connor, Moby ou Nina Simone. La bandeson, comme les chorégraphies, est changée tous les trois mois. Résultat, pas de lassitude possible et on progresse par pallier. Pour qui ? Pour les hommes et les femmes désireux d'améliorer leur tonicité, de réduire leur stress, de gagner en souplesse et en équilibre. Attention néanmoins, pour les femmes enceintes, les seniors et les personnes en surpoids, mieux vaut prévenir le professeur, se mettre au 1er rang et ne pas hésiter à poser toutes les questions nécessaires. Comment ? Un cours d'une heure se divise en trois grandes phases. Des échauffements basés sur des exercices respiratoires, puis un réveil des articulations et

L’ENSEMBLE DES PRODUITS BIO

NO 7 23 JANVIER 2010

une mise en route du corps genre “salutation au soleil” façon yoga. Viennent ensuite un renforcement musculaire et des étirements des jambes et des hanches, puis du dos et des abdos. Enfin, on termine le cours par une dizaine de minutes de relaxation, histoire de se libérer de ses tensions et de se concentrer réellement sur soi. Pratique et Résultats : il faut 2-3 cours pour se mettre dans le bain. Il est conseillé de pratiquer régulièrement, entre 1 et 3 fois par semaine pour qu’au bout d'un trimestre, on se sente déjà plus zen et mieux dans son corps. Equipement : une tenue de fitness, confortable et légère, pour vous sentir à l’aise dans vos mouvements. Pas de chaussures, le cours se fait pieds nus pour un meilleur appui au sol

LE CHARME VENU D’AILLEURS La Nouvelle-Zélande continue à séduire avec les programmes de Les Mills qui conçoivent, sous le contrôle médical de l’université de médecine d’Auckland, des exercices chorégraphiés aux objectifs spécifiques. Comment s’en étonner quand on sait que le body jam propose de "groover" sur des musiques du monde entier ? Hip hop, salsa, funk, disco, latino, etc. : le cours a des airs de comédie musicale. Tous les amoureux de Broadway ou du Palais des Congrès, de 15 ans à 45 ans, sont les bienvenus ! La variété de styles permet à chacun de trouver son goût et de s’amuser ! Fitness et danse : plus d’un atout ! Le cours dansé est accessible à tous, même à ceux qui ne sont pas experts en dancefloor. Ludique et assouplissant, il allie les bienfaits de la danse et du fitness. Grâce aux rythmes endiablés, les basiques étire-

ments et le classique renforcement musculaire prennent un coup de jeune, un coup de fun ! Le body jam affine la musculature et apprend la coordination dans le plaisir et la bonne humeur. Dynamiques, les exercices cardiovasculaires peuvent être impressionnants au premier abord. Toutefois, la séance d’une heure n’est pas faite que de passages forts, mais aussi de passages doux qui permettent de récupérer.

À CHACUN SON RYTHME En bougeant son corps, on améliore sa forme. Le body jam propose justement de transpirer ! Si la sueur est au programme, les chorégraphies sont moins compliquées que celle de "Fame". La mémorisation des pas est facile afin que tout le monde puisse se lâcher ! Chacun retient à son rythme ; et celui qui n’est pas performant un trimestre peut se rattraper le suivant : le thème change tous les trois mois. Le principal étant le divertissement, le plaisir de bouger, on n’est même pas obligés de se révéler talentueux ! Ce cours dansé est vraiment accessible à tous, surtout qu’il y a peu d’impact. Mais si vous souffrez des chevilles, du dos ou des hanches, n’hésitez pas à consulter votre médecin pour être sûrs de ne rien aggraver en pratiquant cette activité. Sinon, éclatez-vous !. Let’s groove ! Avec le body jam, même les moins sportifs vont devenir accros. Place au métissage musical et à l’amplitude de mouvement !

LE BODY JAM : UN COCKTAIL DE DANSES BIEN SECOUÉ ! On dirait le nom d’un groupe de techno. Ce n’est pas tout à fait ça, mais presque : le body jam est un cours - mélange de fitness et de danse - où l’on bouge en groupe sur de la techno, mais aussi sur de la salsa, du hip hop, etc. Cocktail savoureux de toutes les tendances, le body jam est irrésistible !

500

Nous constatons que cette proportion change si nous comparons avec l’ensemble des produits des 500 meilleures ventes (tout produits confondus - non alimentaires compris). Dans ce cas les produits alimentaires d’origines végétales représentent 60,74% et ceux d’origines animales 18,94%. Ceci laisse à penser que les paniers composés de produits non alimentaires concernent les consommateurs plutôt adeptes de produits d’origine animale.

LE JOURNAL du samedi


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CINÉ–FILES

Le Journal du Samedi SAMEDI, 23 JANVIER 2010  NO. 7

Un rôle élémentaire ?

L’

univers de Sherlock Holmes n'est pas complètement étranger à Jude Law, qui avait tenu un petit rôle dans un épisode de la série Sherlock Holmes, au début des années 90. Le héros y était d'ailleurs joué par Jeremy Brett, dont Robert Downey Jr. s'est beaucoup inspiré pour composer son personnage.

Ils auraient pu jouer dedans Robert Downey Jr. a bien failli faire équipe avec Colin Farrell, en pourparlers avant que Jude Law ne soit casté... et que Sienna Miller refuse du coup le rôle qui lui avait été proposé.

MEURTRES À LONDRES

Sherlock Holmes à la rescousse ! Aucune énigme ne résiste longtemps à Sherlock Holmes... Flanqué de son fidèle ami le Docteur John Watson, l'intrépide et légendaire détective traque sans relâche les criminels de tous poils. Ses armes : un sens aigu de l'observation et de la déduction, une érudition et une curiosité tous azimuts; accessoirement, une droite redoutable...

U

ne menace sans précédent plane sur Londres – et c'est exactement le genre de challenge dont notre homme a besoin pour ne pas sombrer dans l'ennui et la mélancolie. Après qu'une série de meurtres rituels a ensanglanté Londres, Holmes et Watson réussissent à intercepter le coupable : Lord Blackwood. A l'approche de son éxécution, ce sinistre adepte de la magie noire annonce qu'il reviendra du royaume des morts pour exercer la plus terrible des vengeances. La panique s'empare de la ville après l'apparente résurrection de Blackwood. Scotland Yard donne sa langue au chat, et Sherlock Holmes se lance aussitôt avec fougue dans la plus étrange et la plus périlleuse de ses enquêtes...

T

rès logiquement, le tournage de Sherlock Holmes, adapté Tournage de l'oeuvre so british d'Arthur Conan Doyle, s'est déroulé londonien sous à Londres, en Angleterre. Les premiers tours de manivelle la direction de ont été donnés le 6 octobre sous la direction de Guy Ritchie, avec Guy Ritchie Robert Downey Jr. dans le rôle du célèbre détective et Jude Law dans celui de son assistant Watson. Réalisé par : Guy Ritchie – Avec : Robert Downey Jr., Jude Law, Mark Strong Long-métrage américain, britannique, australien – Genre : Action, Aventure Durée : 2h08 min – Année de production : 2008

S

a prestation dans Sherlock Holmes a valu à Robert Downey Jr. une nomination au Golden Globe du Meilleur Acteur dans une Comédie ou une Comédie Musicale en 2010.

Accidentel mon cher Watson ? C'est ce qu'on appelle « payer de sa personne » : lors d'une scène de combat l'opposant à l'acteur Robert Maillet, Robert Downey Jr. a en effet été assommé après avoir reçu un violent crochet au menton de la part de son partenaire. Après avoir repris ses esprits, le comédien a pourtant tenu à continuer le tournage, sans passer par la case « hôpital ».

« Sherlock Holmes » par sa productrice

«C

e film était l'occasion d'explorer la merveilleuse mythologie Holmesienne avec les moyens techniques actuels », explique la productrice Susan Downey. « Aujourd'hui, toute une génération ne connaît de Sherlock Holmes que le nom, tandis que les fans de longue date sont restés focalisés sur certains accessoires fétiches (le fameux chapeau), certaines répliques passées à la postérité (« Elémentaire, mon cher Watson »). Ils ne retrouveront pas cela dans le film, mais y découvriront des personnages beaucoup plus proches du matériau original, beaucoup plus dynamiques en terme d'action. Nous avons donné à ces histoires une ampleur inusitée et nous avons montré à l'écran ce qui n'était que suggéré dans les livres. »

ENTENDU DANS LA BANDE-ANNONCE La musique que l'on peut entendre à la fin de la seconde bande-annonce de Sherlock Holmes (et qui n'est pas dans la

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UN RÔLE EN OR ?

bande-originale du film) est "Unstoppable", du groupe E.S. Posthumus, dont les compositions sont régulièrement utilisées pour accompagner des bandes-annonces.

DE SIRIUS À SHERLOCK Avant d'être la maison de Sherlock Holmes dans le film de Guy Ritchie, le décor avait servi pour celle de Sirius Black dans Harry Potter et l'Ordre du Phénix. 20 ANS PLUS TARD Ce Sherlock Holmes est le premier film mettant en scène le célèbre détective à sortir dans les salles américaines depuis la comédie Elementaire, mon cher... Lock Holmes (1988) avec Michael Caine. FIDÉLITÉ Si Robert Downey Jr. et Jude Law évoluent pour la première fois devant la caméra de Guy Ritchie, ce n'est pas le cas de Mark Strong, déjà présent dans les deux précédents films du réalisateur (Revolver et RockNRolla).

NO 7 23 JANVIER 2009


BOLLY AFTER PLAYING a prince early in his career in portions of 1992 film Suryavanshi, macho star Salman Khan is returning to period drama in his latest venture Veer. Interestingly, the epic has been written by Salman 20 years ago and is an Eros International Media Ltd presentation and Vijay Galani Moviez production. “I had written the story 20 years ago, but at that time it wasn’t possible to make the film. I thought now is the right time to make it, so I did… I showed the story to my father (noted writer Salim Khan) and the biggest fear was what is he going to say. But he said it’s a good story,” Salman had told IANS. Made at a budget of around Rs.44 crore, (Rs.440 million) Veer has been directed by Anil Sharma and marks the big screen debut of Zarine Khan, who is said to have a close resemblance to Salman’s actress girlfriend Katrina Kaif. “It’s a love story set in the backdrop of a war for independence. I play a Rajasthani princess,” said Zarine. Shot extensively in Rajasthan, it is a story of bravery, treachery and love. As Veer takes on the might of the British Empire, he also has to fight the conniving King of Madavgarh as well as his own jealous tribesmen. The stakes are high as he has to avenge his father’s dishonour as well as get over the hurdles in love as he romances princess Yashodhara, the daughter of his sworn enemy. Shot in Britain, it is also the first Bollywood film to be shot in the premises of Buckingham Palace. Despite having the facility of special effects, the film also boasts of using thousands of real horses and other animals for authenticity. What is to be seen is whether Veer relives Salman’s last year’s magic at the box office thanks to massive hit Wanted, which marked his return to action.

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Set in colonial India, the film encapsulates a period when the British enslaved India with their divide and rule policy and kings and nawabs fell for it, except for the Pindaris who preferred death to dishonour and fought till their last breath. Salman plays one of the bravest and strongest Pindari soldiers named Veer

An Epic Love Story of a Warrior

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GLAMOUR

Clive Owen dégoû t é par le s actrice s utilisa n t le bot ox

NICOLE SCHERZINGER AURAIT PRÉFÉRÉ SA CARRIÈRE À LEWIS HAMILTON

On le sait, entre Nicole Scherzinger et Lewis Hamilton, c'est bel et bien fini. Pour eux qui formaient un si beau couple, tout n'est maintenant plus que de l'histoire ancienne. Et c'est Nicole qui en aurait décidé ainsi. Le pilote aurait demandé à sa belle de l'accompagner dans chacun de ses déplacements, ce qui aurait été la goutte de trop pour Nicole. En effet, elle prépare actuellement un album solo et sa carrière au ciné pourrait décoller si elle était prise pour incarner une James Bond Girl, comme le disent les rumeurs.

NICOLAS CAGE PAIE SES DETTES

Anne Hathaway, femme de lʼannée de Harvard

Cela fait quelques mois que Nicolas Cage a le fisc sur le dos. Après avoir dû céder plusieurs de ses propriétés pour éponger ses dettes, il semblerait que l'acteur sorte enfin la tête de l'eau. « Depuis le début de ma carrière, CLIVE j'ai dû payer au moins 70 millions actrices OWEN a ré c d'impôts. Malheureusement, suite actrices qui font usag emment critiq e q à un problème légal récent, je dois choses d ui ont fait ap du Botox. « T ué les encore environ 14 millions au p u du film style, et ça te el au Botox ou u vois ces Trésor public. Toutefois, j'ai un fait com ( d'autres .. .) E t unique i nouveau management pour mon - vous t l ne reste plus plètement sorti rouvez l'acteur. que cett r patrimoine et je suis heureux p e Clive a Questionné s as ça bizarre ? expression de dire que j'aurai bientôt payé u c qui a d onfié : « Je cr r sa propre a » a déclaré toutes mes dettes de 2009 pparen it : ‘méfi ois que ce c dans le ainsi que les taxes qui restent miroir ez-vous de l'ac 'est Stanislavsk , tout le t teur qu de soins i encore à être déterminées », i e mais m du visage ou mps' (...) Je n se regarde s'est vanté l'acteur.

n'i e o dépend n programme mporte lequel fais pas re du fi d 'e x e r cice a te de ces trucs, lm que sinon je nd je n'a bes sais que je suis dois faire par ance à oin de ce que t r o p lou rien po ur être rd. » C'est sû r, au top ce garç il on...

COMME CHAQUE année, la prestigieuse université d’Harvard a nommé sa Hasty Pudding's Woman of the Year. Il s'agit, cette fois-ci, de l'actrice Anne Hathaway, récompensée pour sa haute contribution au milieu du divertissement. La star devra parader en costume le mois prochain comme le veut la tradition. L'année dernière, Renée Zellweger avait reçu le prix et elle avait dû porter un costume d'obèse en référence au film Bridget Jones. Quel sera le costume d’Anne ?

Brooke Shields doit plus de 10 000 $ à l'Etat BROOKE SHIELDS doit environ 11 000 $ à l'Etat américain. En effet, l'actrice et son époux Chris Henchy n'auraient pas payé leurs impôts sur les années 2004 et 2005. Ils pensaient peut-être que ça passerait inaperçu... Mais dans quel monde ils vivent ?

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Ashley Greene a fait une dépression NO7 23 JANVIER 2010


GLAMOUR

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KATE

Si l'on MOSS F IANC e et Jam n croit le Da ÉE ? ily ie Le roc Hince sont Mail, Kate Moss keur a m ainten ura semain ant fia e dern it fait sa de n mande cés ! ière po belle. Guidé u la par les r les 36 an Philip sd Green b , le big ons conseil e sa Jamie s de boss d aurait e Tops choisi s'envo hop, la b le Brindil r pour l'île M ague avan t de le était oustiq ue, où en sho sa dem la oting, a et de fa Kate M nde. Alors, verraoss en t-on b ire sur un robe d ientô podium e marié e aille t ? urs qu e

MONI C ENCE A BELLUCC I N I TE Nous vo

bre de us l'annonc ion rn Belluc ier et un pro s déjà en d ci éc ch elle es l'a confirmé e de Monic emt ence a au ma in g partag te e la vie . L'actrice azine People it treize : ans en de Vincent C alienne qui a serait grosse à quatr ssel depuis sse. L e petit e mois de De frè va de donc p , leur fille âg re ou la peti te soe ée de o ur 5 ans, du prin inter le bou de td temps . Toute e son nez à vrait s nos félicita la fin HAYD tions !

E UN N N PANETT O IERE UVEA Décid U ém définit ent, Hayde BOYFRI n Pan iveme END ett n

Vanes Hudgesa veut ns sʼinsta avec Z ller ac Efro n

t homm ! es bie un goût pro iere a n noncé Milo V pour le entimig plus âgés q u'e s lia, Ste Morto no ve Jon lle. Après es, Ha au tou u encore K rry ev rd Klitsch u boxeur u in Connolly ,c kr ko de faire p ainien Wlad 'est jeune artie d imir actric e la vie « Leur e. d e la r elation prémic n'en e e st enc lors du s, mais dep ore qu uis c dernie ombat de V qu'ils se so 'à ses r à Los itali en n septem t revus Angele sont r ZAC E en s, leur s senti bre boxeu forcés », ex cap. En FRON et Van ments plique r au m se agazin le man Sans ea ag semble effet, les deux essa Hudgens .« prélas compter qu llemand Bu er du es je nte. sant a 'ils on n ait sur Quand Vaness unes stars pa t sur le point u bord t été v ment d r se de pass leraient a s é u p d t s r ait sé 'u ocha es fête se combien e s de fi ne piscine il lui m in films Beast parée de Zac de s'installer r un au mo n d'an le pendan enanquai ly et Su temps née...

est reven », a confié un t et combien e cker Punch, e t qu'elle tourll ll e ensemb ue à L.A, elle source au m e aimait être p e a réalisé agazine lui a di le. » On rès de lu t sant le I couple ignore ce qu'e qu'elle voulait n Style. « Qua i tout Made i uer... n Disne n pense le be qu'ils emména nd elle a y, le co g nte de u Zac, mais c ent onnaisfée dev rait con tin-

Mado n un en na veut fant d e Jesu s ASHLEY GREENE a déclaré avoir mal vécu sa célébrité avec la sortie de Twilight. « Il y a eu un moment où je faisais une mini-dépression parce que tout était très nouveau, et c'est arrivé si vite. Je me demandais ‘pourquoi les gens parlent de moi ? Qu'est-ce qu'ils peuvent en avoir à faire de ce que je porte ou ce que je mange ? Et pourquoi on me regarde mal juste parce que je ne porte pas de talons ?' Tout ça, c'est le mauvais côté d'être sous les feux des projecteurs », a déclaré l'actrice. Ah, qu'est-ce qu'on a pu l'entendre ce fameux refrain sur la difficulté d'être célèbre... Mais Ashley sait aussi voir le côté positif. « Je n'ai même pas vraiment eu le temps de prendre du recul sur tout ça. Mais quand tu te penches enfin dessus, que tu te mets à y réfléchir, c'est juste incroyable ! » Finalement, la dépression n'aura pas été trop sévère...

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MADO consult NNA AURA é d'avoir des médecin IT récemme n s actuel, un enfant ave car elle envis t c son c Jesus L ompag agerait uz. « M est sa plu n a accomp s grande réuss donna dit qu on 'ê lie de sa ite et la sera du chose la tre mère vie. Ell r Mais ell de donner nai e sait qu'à 51 plus a ss pour le e est une athlè ance naturell ns ce t e c au Sun hallenge », a c e olympique et ment. . o ment am« Jesus est très nfié un ami dest prête r a toujou oureux d'elle. eligieux et pro e la star fo Madon rs voulu son p Il adore ses enfa ndér n aventur a qu'être père opre enfant. Il nts mais e se Ça risq et qu'il voula rait sa plus b a dit à e u i leur sou e d'être un p t la partager a lle eu com vec elle. haite b p on cou rage ! liqué, mais o » n

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LIGUE I

Didier Deschamps

« Beaucoup de positif » Marseille a enchaîné quatre matches sans défaite cette année. La victoire face au Mans (2-1) a été acquise dans la douleur mais Didier Deschamps voit tout de même « beaucoup de choses positives ». Notamment l'entente Brandao-Niang et le duo Ben Arfa-Valbuena... L'OM a souffert pour venir à bout du Mans. Comment expliquez-vous ces difficultés ? Ça n'a pas été simple. On a été mené au score en encaissant un but sur un contre-attaque. Après le match de dimanche à Bordeaux, je savais que ça allait être compliqué, mais on a fait l'essentiel. Prendre les trois points. C'est ce qui compte. On a eu pas mal d'occasions, même si on a aussi été mis en difficulté par moment. On est sur une bonne série au mois de janvier. Sur le plan comptable et au niveau des résultats, il y a beaucoup de choses positives. Avez-vous eu peur d'être rejoint au score ? On n'a pas réussi à mettre le troisième. On est donc resté à portée de notre adversaire. On ne sait jamais à 2-1. Il peut y avoir un coup de pied arrêté. On n'est jamais à l'abri. Mais je ne vais pas faire la fine bouche. Le penalty accordé à Brandao est-il généreux ? Je ne sais pas s'il y a penalty. Mais, cette fois-ci (il fait référence à la faute de Chamakh sur Mandanda à Bordeaux, ndlr), l'arbitre a sifflé. On verra la prochaine fois. Mais ça ne s'équilibre pas pour autant. Mamadou Niang a marqué les deux buts de l'OM. Son retour fait beaucoup de bien à l'équipe ? Oui, c'est un joueur important. Efficace. Mais je ne peux pas le dissocier de Brandao. Parce que si Mamad est à la conclusion, il y a ce que fait Brandao avant, pendant et après. C'est souvent lui qui est à l'origine des buts de Niang. La complémentarité entre ces deux joueurs est très importante. Cette doublette a bien fonctionné. Et l'entente Ben Arfa-Valbuena ? Je n'avais que des doublettes dans cette rencontre, car j'ai joué en 4-4-2. Je les ai alignés car je pensais qu'ils allaient donner un coup de fouet, du dynamisme, de

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la vivacité grâce à leurs qualités. On a joué un match difficile à Bordeaux, il y a trois jours. A partir du moment où je compte sur tout le monde, je ne peux pas enchaîner les matches avec la même équipe. Ils ont eu du temps de jeu. Ils en ont profité. Je comprends qu'ils peuvent être déçus quand ils en ont moins. Êtes-vous

satisfait de leur performance ? Oui, mais je ne me pose pas la question comme ça. J'étais convaincu de leur implication. Malgré tout ce que l'on a pu dire sur d'éventuels départs, ils sont toujours là. Et ils resteront. Je ne me pose pas la question de savoir s'ils vont être perturbés par tout ça. Ils ont montré par leur attitude qu'ils s'impliquaient totalement dans le projet de l’OM. Ils resteront donc tous les deux ? La porte est fermée pour un départ. Je l'ai déjà dit. Ce sont des joueurs de qualité et je compte sur eux. Je comprends qu'ils soient déçus quand ils n'ont pas de temps de jeu. Comme Fabrice Abriel ou Lucho peuvent être déçus. Mais c'est la vie d'une équipe. Pourquoi avoir changé votre tactique de 4-3-3 en 4-4-2 ? J'avais déjà joué en 4-4-2 ponctuellement sur certains matches avant la trêve. Mais, je ne vais pas tout remettre en question. C'est bien de pouvoir surprendre l'adversaire avec des organisations de jeu différentes. J'ai choisi cette tactique par rapport à ce que je pensais de l'équipe du Mans. Je voulais aussi profiter de la vivacité de Ben Arfa et de Valbuena sur les côtés. Je voulais permettre à Mamadou (Niang) d'être plus près de Brandao pour qu'il fasse moins d'efforts défensifs. Parce qu'il revient de blessure et il a joué tout le match à Bordeaux. Ce n'est pas le déroulé du match qui va me faire penser différemment. Si je l'avais aligné à gauche, il n'aurait pas pu faire les efforts qu'il a produits.

Quel est votre regard sur les résultats de cette journée ? Malgré sa défaite, l'adversaire de Bordeaux, ça reste toujours Lille. On prend nos points, si nos concurrents potentiels n'en prennent pas, tant mieux. Derrière Bordeaux, c'est très serré. On peut gagner trois places comme en perdre trois aussi. Il reste 54 points à prendre. Le championnat est encore très long. Les matches s'enchaînent avec les coupes nationales. Il y a aussi l'Europa League. Maintenant, j'aimerais qu'à toutes les journées on gagne et que tous les autres perdent (rires). Mais ce n'est pas possible. Je me contente donc de notre vic-

toire. On prend les matches un à un et on savoure quand on a la victoire au bout. Montpellier est le prochain adversaire de l'OM en championnat. Pensez-vous que cette équipe puisse jouer les trois premières places ? C'est une équipe qui a des qualités. Il y a un bon amalgame entre anciens et nouveaux. Ils étaient venus faire un match intéressant à Marseille. On avait eu un peu de réussite car ils avaient les deux meilleures occasions avec des têtes-à-têtes avec Mandanda dans le premier quart d'heure. On était content d'avoir gagné 4-2. Ils l'ont emporté cette fois en

marquant à la 86e minute à Lens. Ils engrangent des points en marquant souvent dans les dernières minutes. Ils sont là. Ils ne jouent pas le maintien. Je ne sais pas s'ils se maintiendront à ce niveau mais il y a de qualité dans ce groupe. Marseille ne dispute pas de match ce week-end. Cette coupure est-elle bénéfique pour le groupe ? On est sur un rythme de quatre matches en 12-13 jours, ça va faire bien du bien de se reposer. On a une semaine pour bien préparer notre quart de finale de Coupe de la Ligue face à Lille. C'est bien de pouvoir couper un peu. NO 7 23 JANVIER 2010


PREMIER LEAGUE

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Liverpool : la fin dʼune époque Gonflé à bloc et plus ambitieux que jamais en début de saison, Liverpool n’en finit pas de décevoir. Les jours de Rafael Benitez, dont la cote de popularité n’a jamais été aussi basse sur les bords de la Mersey, semblent comptés. Mais les Reds ont d'autres problèmes à régler et ce, malgré leur victoire 2-0 face à Tottenham mercredi

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CE DEVAIT être la saison de la consécration. C'est celle de la consternation. La montée en puissance de Liverpool depuis l'arrivée de Rafael Benitez au poste de manager connaît un brutal coup d'arrêt. Deuxième derrière Manchester United au printemps dernier (place que les Reds n'avaient atteint qu'une seule fois lors des 15 dernières années), le champion d'Europe 2005 espérait franchir l'ultime marche qui le séparait encore du sommet. Il est aujourd'hui loin du compte, et comme ses performances dans les autres compétitions sont au moins aussi décevantes, la colère gronde et la fin de l'ère Benitez apparait inéluctable dans un avenir proche. La défaite à domicile en Coupe d'Angleterre face à Reading, équipe de bas de tableau de deuxième division, pourrait bien être la goutte d'eau qui fait déborder la Mersey. Distancé en championnat, éliminé sans gloire dès le premier tour de la Ligue des Champions et déjà sorti des deux coupes nationales, Liverpool enchaîne les désillusions. Le risque d'un fiasco total est donc réel. Alors qu'il « garantissait » il y a peu que son équipe accrocherait une des quatre places qualificatives en Ligue des champions (Liverpool est actuellement 6e en championnat, ndlr), Rafael Benitez reconnaît qu'elle est en « très mauvaise » situation. « C'est mieux que je ne vous dise pas

ce que je n'ai pas aimé dans ce que j'ai vu », a-t-il soufflé. Comme souvent dans pareil cas, l'entraîneur centralise les critiques sur sa personne. La solide affection que le Kop d'Anfield portait à l'Espagnol, née du « miracle d'Istanbul » en Ligue des Champions en 2005, est désormais un souvenir. Lâché de toutes parts, Benitez paraît condamné. Voilà plusieurs semaines que certains réclament sa tête. Mais là, c'est l'hallali. Ronnie Whelan, ancien capitaine des Reds, s'est encore lâché mercredi soir. « Benitez aurait dû partir depuis longtemps. Ils doivent le renvoyer maintenant », a lancé l'Irlandais. Il serait surprenant qu'il ne soit pas bientôt exaucé. Vendredi matin, l'Espagnol a pourtant reçu le soutien de ses dirigeants. Que reste-t-il aux Reds ? Tenter d'accrocher la quatrième place pour éviter une année sans Ligue des Champions, à laquelle le club s'est habitué. Une victoire en Ligue Europa, le seul titre encore à portée de Liverpool, adoucirait le bilan. Fernando Torres en a d'ailleurs fait officiellement le grand objectif des mois à venir. « Il faut que nous remportions la Ligue Europa. Je n'aurais jamais cru dire cela en début de saison, mais si nous ne voulons pas que notre campagne européenne soit catastrophique, nous avons l'obligation de gagner ce trophée », a annoncé l'attaquant espagnol. Malheureusement, l'avenir proche ne s'annonce pas des plus radieux.

Déjà mal en point, Liverpool va devoir se passer de Fernando Torres (genou) et Steven Gerrard (cuisse), qui seront absents respectivement six et deux semaines. Sans eux, Liverpool devient une équipe quelconque. C'est pour cette raison que Fernando Torres a haussé le ton cette semaine. Pour rester, il veut des garanties. « Maintenant, la balle est dans le camp des dirigeants, a-til prévenu. Ils doivent renforcer l'effectif. Si nous voulons à nouveau rivaliser avec Chelsea et Manchester l'an prochain, il nous faut une meilleure équipe. » Mais Liverpool a-t-il réellement les moyens de satisfaire ce désir ? Le club est perclus de dettes (275 millions d'euros à ce jour). Selon la rumeur, c'est d'ailleurs l'unique raison pour laquelle Benitez n'a pas encore fait ses valises, les actionnaires rechignant à payer de fortes indemnités que ne manquerait pas de toucher le technicien espagnol en cas de limogeage. Pour l'heure, les Reds refusent d'envisager le départ de leurs deux joyaux. Mais le temps presse. Le directeur général du club, Christian Purslow, cherche de nouveaux investisseurs capables d'injecter au moins 110 millions d'euros dans les caisses d'ici la fin du mois de mars. S'il échoue dans sa quête, Liverpool, n'aura plus le choix. Il devra vendre et se faire à l'idée d'un déclin brutal. Benitez est donc loin d'être le seul problème de Liverpool à ce jour...

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FOOT

L’entraîneur du FC Barcelone restera à son poste la saison prochaine, a promis le président sortant du club, Joan Laporta, pendant une conférence de presse mercredi. Une prolongation virtuelle qui dépendra des futures élections au printemps

Barça : Guardiola a donné sa parole LE CLUB et Guardiola « se sont donnés leur parole », mais la prolongation du contrat de Guardiola « ne sera négociée et signée qu'après l'élection » du futur président du club, a expliqué Laporta, dont le mandat s'achève en juin. « J'espère que ma parole suffira. Tout le monde sait que trois ou quatre mois sont une éternité », a toutefois prudemment commenté Guardiola, dont le contrat expire officiellement le 30 juin. « Tout se base sur la parole des deux parties » concernées, a reconnu le président du Barça, soulignant que cet accord verbal était le fruit d'une conversation ayant eu lieu mardi soir et que le club avait offert à Guardiola « une garantie », sans préciser de quelle nature. Guardiola, qui a eu 39 ans lundi, a été nommé entraîneur du Barça en 2008, après seulement une saison à la

tête de l'équipe réserve du club. Il a remporté en 2009 avec son équipe six titres : la Ligue des Champions, le championnat d'Espagne, la Coupe d'Espagne, la Supercoupe d'Espagne, la Supercoupe d'Europe et le Mondial des clubs. La prolongation virtuelle de Guardiola à son poste « est une bonne nouvelle pour le Barcelonisme », s'est félicité Joan Laporta, estimant que Guardiola « est le meilleur entraîneur du monde et c'est un honneur pour le Barça d'avoir le meilleur entraîneur du monde ». Le quotidien El Pais avait indiqué, dans la matinée et sur son site internet, que Guardiola et le Barça avaient « trouvé un accord pour prolonger le contrat » du technicien catalan, assorti d'une « série de clauses qui permettront de négocier » au futur président du Barça. Les socios du Barça seront convoqués au

printemps, à une date encore non fixée, pour élire le successeur de Laporta qui ne peut plus se présenter à sa propre succession au terme de deux mandats, selon les statuts du club. Les pressions s'étaient multipliées ces derniers jours au sein du club catalan et parmi ses supporteurs pour que Pep Guardiola prolonge son contrat. « Je n'envisage pas un Barça sans Guardiola. C'est une pièce fondamentale du mécanisme et je crois que sa prolongation est imminente, mais ça dépend de lui », avait déclaré lundi Xavi. « Nous (les joueurs) souhaitons qu'il prolonge, mais c'est à lui de voir, a poursuivi le meilleur joueur de l'Euro 2008. Je crois qu'il a envie de continuer, qu'il se sent bien ici et se sent important (...) C'est peut-être le meilleur entraîneur de l'histoire du club et ça ne fait qu'un an qu'il est là ».

Bundesliga : Munich compte sur Ribéry SANS FRANCK Ribéry, le Bayern, en perdition en septembre, a retrouvé une allure de champion en se replaçant à deux points du leader, Leverkusen, avec une série de 11 matches sans défaite, dont cinq victoires lors de ses cinq dernières sorties. Avec Franck Ribéry, le Bayern peut encore faire mieux et « devenir presque imbattable », prévient son capitaine Mark van Bommel. Le retour du Français s'est fait attendre : après les longs soins pour guérir une douloureuse tendinite rotulienne au genou gauche, le milieu offensif, rebaptisé ironiquement par la presse populaire « Krank Ribéry » ( Le patient Ribéry), a fait grimacer son entraîneur Louis van Gaal avec ses petits bobos, dont des inflammations des gros orteils lors du stage de reprise à Dubaï. L'ancien Marseillais, 26 ans, n'en reste pas moins attendu par ses coéquipiers et les supporteurs bavarois et cela, même si ceux-ci ne se font guère d'illusions sur son départ en fin de saison, probablement vers le Real Madrid. « Avec lui, l'équipe évolue à un autre niveau », rappelle avec appétit Philipp Lahm. « Franck est un joueur de classe mondiale », renchérit Arjen Robben, lequel, associé justement à Ribéry, avait mis aux supplices Wolfsburg (3-0) et Dortmund (1-5) en début de saison.

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Pour défier sa bête noire, le Werder Brême, le Bayern Munich va enregistrer aujourd’hui, pour la 19e journée du championnat d’Allemagne, le retour tant attendu de Franck Ribéry, privé de compétition depuis le 3 octobre dernier à la suite d’une incroyable succession de blessures Pour sa septième apparition en Bundesliga, Ribéry, qui pourrait débuter la rencontre sur le banc, sera opposé à l'équipe qui a fait le plus souffrir le Bayern ces dernières saisons. Le Werder n'a en effet perdu qu'un seul de ses huit derniers duels avec le Bayern, mais il a dû revoir ses ambitions à la baisse avec trois défaites consécutives et dix points de retard sur la tête (6e). « Ce choc est le bienvenu, car nous ne serons pas favoris, un statut qui ne nous réussit pas. De plus, notre adversaire joue et ne se contente pas de détruire notre jeu », affirme pourtant le capitaine brêmois Torsten Frings, qui a appris mercredi qu'il ne jouerait pas le Mondial 2010.

Serie A

Ronaldinho guide Milan EN ÉTRILLANT une équipe de Sienne rapidement réduite à dix, grâce à un triplé de Ronaldinho, les Rossoneri – qui comptent un match de moins – ont annoncé la couleur au leader interiste. L'entraîneur brésilien de l'AC Milan, Leonardo, a rendu un hommage appuyé à son compatriote : « C'est normal, quand quelqu'un ressent de l'amour, il répond. Il fait plaisir à tout le monde, c'est un grand joueur. Il fait une très bonne saison, il est en train de redécouvrir le goût de bien jouer et de marquer des buts. » Leonardo s'est aussi réjoui du derby milanais dimanche : « C'est un moment intéressant dans cette petite course (en vue du titre avant le derby) et cela va créer de l'intérêt parce que nous nous rapprochons (de l'Inter). Il y aura beaucoup d'attention et d'attentes, et je suis ravi d'en faire partie. » Face à la lanterne rouge, ses hommes n'ont eu besoin que de 12 minutes pour tuer tout suspense, Ronaldinho transformant le penalty consécutif à la faute, synonyme d'exclusion du gardien Curci. Le milieu offensif brésilien, décidément très en verve – un ciseau retourné au-dessus, une barre – a ensuite marqué ses deux autres buts en fin de partie (72e et 89e) pour signer son premier triplé milanais. NO 7 23 JANVIER 2010


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CAN 2010

ÉVÉNEMENT

RÉCOMPENSE LES BOURSIERS

Le Cameroun est indomptable

La cérémonie de récompense des boursiers de l’Amedée Maingard Foundation (AMF) a eu lieu au Four Points by Sheraton à Ebène jeudi. Les boursiers sont : Dhana Laxmi Kaully, Jessie Dabeedooal, Francesca Le Roux et Rajdeep Gurboo

Mené deux fois au score, le Cameroun a finalement arraché le match nul face à la Tunisie (2-2) jeudi. Un résultat qui envoie les Lions Indomptables en quart de finale et laisse les Aigles de Carthage à quai. Dans l'autre match du groupe D, la Zambie a remporté son billet en faisant chuter le Gabon (2-1)

L’AMF

De g. à dr. : le professeur Roland Dubois, directeur du Mauritius Institute of Training and Development, Rekha Goorah, Registar de l’université de Maurice et Konrad Morgan, pro vice-chancelier de l’université de Maurice

De g. à dr. : Raj Ringadoo, Board Member de l’Amedée Maingard Foundation, le professeur Soodursun Jugessur, pro chancelier et président de l’Université de Maurice et Manoj Ujoodha, G.O.S.K

Kishore, Jessie et Indira Dabeedooa

Premier League : le calendrier des Big Four est arrivé Books & Business. Un des objectifs de cet accord vise, pour ce dernier, directement les fans qui sont souvent des accros des produits de leur équipe de foot : « L'objectif de ces calendriers officiels, c'est aussi de plaire aux nombreux fans de Manchester United et de Liverpool, mais aussi ceux de Chelsea et d'Arsenal. » Books & Business compte aussi investir davantage dans cette démarche et, selon Shafick Osman, d’autres produits officiels des Big Four seront sur le marché mauricien dans les mois à venir : « Nous espérons ainsi en finir avec la contrefaçon des produits dérivés de ces quatre géants du foot anglais. » Notons que le prix de ces calendriers est fixé à 300 roupies l’unité à Maurice, alors qu’en Grande Bretagne, ils se vendent à £ 7,99, soit autour de 395 roupies !

UNE GRANDE première pour Maurice. Les amateurs du championnat anglais seront ravis d’avoir chez eux le calendrier 2010 à l’effigie des stars de Manchester United, d’Arsenal, de Liverpool et de Chelsea. Cela a pu être réalisé grâce à un accord officiel de diffusion exclusive, sur le territoire mauricien, signé par la société Books & Business (B&B) l’année dernière. Ces calendriers sont disponibles chez les marchands de journaux, dans les grandes surfaces, dans les principales librairies ainsi qu’à la boutique de la Mauritius Duty Free Paradise à l’aéroport. « C’est un grand honneur pour nous de proposer au public mauricien, grand amateur de foot anglais, le calendrier officiel 2010 des quatre clubs légendaires », devait nous déclarer Shafick Osman, directeur de

HSBC AROUND THE WORLD En tenue hawaïenne, grecque, rastas et cowboys, les 300 employés de la Hong Kong and Shanghai Banking Corporation (HSBC) étaient réunis samedi dernier pour leur fête de fin d’année à l’hôtel Intercontinental à Balaclava. Cette année, le thème choisi était « Around the World »

The World's Local Bank

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L'équipe de Mobile Sales Force

Les Office Attendants d'Ebène

PEUT-ON EXCUSER la Tunisie de ne pas s'être qualifiée ? Parce que c'était le Cameroun, parce que les Aigles ressemblaient plus à des aiglons incapables de prendre leur envol ou enfin parce qu'ils n'auraient jamais dû laisser revenir des Camerounais à deux moments-clé de la partie ? La Tunisie a semblé être aux portes de la qualification après avoir mené deux fois au score avant d'être rejointe (2-2). D'abord sur l'une des rares et belles séquences de jeu que les hommes de Faouzi Benzarti ont produites au cours de cette Coupe d'Afrique des Nations. Ensuite sur un cadeau de l'infortuné Aurélien Chedjou, alors que la pression se faisait de plus en plus pressante sur le but d'Aymen Mathlouthi. La chance est passée. Les Tunisiens ne devront cependant pas oublier qu'ils ont fait preuve tout au long de la partie d'une nervosité, voire d'une agressivité inadaptée à un match d'un tel enjeu. Les nombreux avertissements (sept au total) qu'ont récoltés les Tunisiens et l'exclusion inévitable d'Ammar Jmal qui a découlé de cet agacement, dans les toutes

dernières minutes, devront interroger sur la capacité de l'équipe nationale à maintenir un sang-froid de rigueur dans les moments chauds. De la main de Mathlouthi aux nombreux tacles très appuyés d'Issam Jemaâ et de Khaled Korbi en passant par les gestes d'énervement de Jmal sur Mohamadou Idrissou, les Aigles de Carthage ont défendu à leur manière et à la limite de la régularité leur but d'avance. Celui-ci leur a pourtant permis, pendant plus d'une mi-temps, de tenir la première place du groupe et de se permettre même d'éviter l'Egypte, la formation la plus re-doutable depuis le début de la compétition. Bien regroupée dans son camp après l'ouverture du score précoce d'Amine Chermiti, la Tunisie a tenu, vacillé mais a fini par craquer, à chaque reprise, à des moments où il ne fallait surtout pas rompre. Dans un premier temps, une minute après le coup d'envoi de la seconde période et à l'issue d'une action d'école de la part des Camerounais conclue par Samuel Eto'o. Dans un second temps, sur une erreur de replacement de la

défense tunisienne qui a permis à Landry N'Guémo d'ajuster une limpide et puissante frappe du droit. Même dans l'opération hold-up des braqueurs tunisiens, les arrières n'ont pas été couverts. Il reste finalement la vague sensation que le cours des événements aurait pu être différent si les vrais créateurs de cette équipe, que sont Youssef Msakni et Oussama Darragi, n'avaient déclaré forfait en raison de blessures. Car face à une équipe camerounaise toujours aussi empruntée et peu sûre d'elle dans l'animation et encore plus au niveau de sa défense, les ouvertures n'ont pas manqué. A l'instar de son match qualificatif pour le Mondial qu'elle a perdu au Mozambique, la Tunisie laisse encore et toujours d'immenses regrets.

Le Nigéria assure Sous pression avant cette 3e et dernière journée du groupe C, le Nigéria n'a pas failli en s'imposant face au Mozambique (3-0). Les Super Eagles se qualifient ainsi pour les quarts de finale, en compagnie de l'Egypte, qui a signé sa troisième victoire en trois matches contre le Bénin (2-0) DEUXIÈME DU groupe C avec trois points au compteur, le Nigéria se trouvait bien en ballotage favorable pour la qualification. Mais face à des Mambas déterminés à poursuivre l'aventure, la vigilance était de mise pour les troupes de Shaibu Amodu. Et les Super Eagles n'ont pas tremblé. Après un début de match plutôt soporifique en guise de round d'observation – à l'exception d'une frappe d'Obasi bien repoussé par Kapango (7e) –, les deux équipes se décidaient enfin à accélérer et on assistait à une intéressante opposition de style. Dominés physiquement et incapables de s'approcher des buts de Enyeama, les coéquipiers de Tico-Tico profitaient de la moindre position pour frapper, mais les missiles de Genito (21e), Simao (29), Tico-Tico (32e) et Pelembe (34e) étaient tour à tour repoussés. De son côté, le Nigéria combinait ses actions au sol, mais Obasi (24e) puis Odemwingie (27e) man-

quaient de réalisme pour conclure. Mais l'ancien Lillois allait faire basculer le match. Non attaqué aux abords de la surface, le Super Eagle trompait Kapango d'une frappe placée au ras du montant (1-0, 45e) juste avant le retour aux vestiaires. Le joueur du Lokomotiv Moscou s'offrait même un doublé dès la reprise sur un service parfait d'Aiyegbeni (2-0, 47e). Sonnés, les Mambas tentaient bien de réagir mais la domination physique des Super Eagles étouffait toutes leurs tentatives avant qu'Obafemi Martins n'enterre définitivement leurs ambitions (3-0, 85e). Solide et réaliste, le Nigéria décroche le précieux sésame derrière une Egypte invaincue.

La branche de Lai Min au complet

NO 7 23 JANVIER 2010

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FOOTEUX

CESC FABREGAS

PTR-MMM

CATALAN DE naissance et grand espoir de la Masia, le centre de formation du FC Barcelone, Francesc Fabregas aurait pu faire carrière sous le maillot blaugrana si Arsenal n’était parvenu à convaincre le joueur de quitter les bords de la méditerranée pour ceux de la Tamise en octobre 2003. Cesc Fabregas n’avait alors jamais évolué avec l’équipe première du Barça mais a été convaincu par le discours d’un Arsène Wenger pressé de prendre en charge le développement de ce milieu de terrain au potentiel révélé par le Championnat du Monde des moins de 17 ans dont il perd la finale face au Brésil mais finit meilleur joueur et meilleur buteur. A seulement 16 ans, Cesc Fabregas rejoint donc Arsenal où il ne tarde pas à faire ses preuves. Avec quelques matches en équipe réserve dans les jambes, Arsène Wenger le lance en Coupe de la Ligue dès le 28 octobre 2003. Un an plus tard, l’Espagnol intègre définitivement l’équipe première. Cesc Fabregas devient le plus jeune titulaire et le plus jeune buteur des Gunners dans le championnat d’Angleterre et en coupes

d’Europe. Sur la pelouse, l’adolescent effacé laisse place à un monstre de football au sang-froid impressionnant. Couvé par Wenger et Patrick Vieira, son mentor du milieu de terrain, il mûrit à grande vitesse. Avec les moins de 17 ans espagnols, le gamin se montre une fois de plus décisif mais chute en finale du Championnat d’Europe 2004. En 2005, il bute sur l’Argentine de Lionel Messi, son ancien partenaire de la Masia, en quarts de finale du Championnat du Monde Juniors. L’été 2005 est marqué par le « feuilleton Vieira » qui aboutit au départ du capitaine d’Arsenal à la Juventus de Turin. La succession de Fabregas arrive plus vite que prévu, mais le Catalan va une nouvelle fois montrer que sa réputation d’enfant prodige n’était pas usurpée. La transition s’avère difficile en championnat, où Arsenal patauge, mais en Ligue des Champions l’abattage et la touche de technique du jeune Gunner font oublier les enjambées du grand Pat. Pis, lors de la confrontation Arsenal-Juventus, Cesc Fabregas domine les débats avec son jeu à une touche de

balle lumineux et marque un but sur un ballon perdu de Vieira. L’ascension de ce joueur doté d’une vista et d’un sens du jeu – rares à cet âge – impressionne aussi en Espagne où le sélectionneur Luis Aragonés l’a incorporé à sa liste pour la Coupe du Monde en Allemagne. Ajouter à cela, une humilité « zidanienne » et un mental forgé par l’éloignement familial, Cesc Fabregas a tout pour marquer l’histoire du football ibère et régaler le public pendant de longues années. D'ailleurs, en Coupe du Monde, l'Espagnol remplace Luis Garcia face à l'Ukraine. Il devient alors le plus jeune joueur espagnol à participer à une Coupe du Monde, âgé tout juste de 19 ans et 41 jours. Il faudra qu'il se méfie toutefois de son côté sentimental : suite au départ de Henry, Cesc a grandement manifesté sa tristesse dans les journaux anglais. De là à se laisser aller, il n'en a rien. Wenger restant à la tête des Gunners, Fabregas a tout simplement décidé de suivre son père spirituel dans une saison où son rôle sera prédominant dans l'équipe londonienne.

Privé de nombreux cadres, Arsène Wenger pouvait néanmoins compter sur le retour triomphal de son capitaine Cesc Fabregas pour la double confrontation remportée face à Bolton : dimanche (0-2) et mercredi (4-2). Incisif, ayant une vision exceptionnelle du jeu, réel détonateur des Canonniers en cette période charnière de la saison, le grand espoir espagnol de 22 ans fait rêver. Pourtant milieu récupérateur à Arsenal, il a déjà inscrit 14 buts en 24 matchs (toutes compétitions confondues) et réalisé une vingtaine de passes décisives. Depuis sa défaite contre Chelsea en novembre (0-3), qui semblait sonner le glas de ses espoirs de titre, Arsenal réussit un parcours de champion avec 26 points pris sur 30 possibles...

RENCONTRES SECRÈTES RAMGOOLAM-CUTTAREE CETTE SEMAINE ● POURQUOI LE POURPARLER INITIAL ENTRE

LE PM ET BÉRENGER A-T-IL ÉCHOUÉ ?

● RÉUNION RAMGOOLAM-DUVAL-VALAYDEN HIER SOIR

NO 7 – SAMEDI 23 JANVIER 2010

AIR MAURITIUS

RS 10

PROCÈS DWARKA

LE SERGENT AVAIT DÉJÀ

MENACÉ LA VICTIME

RECORDS DE PRÉCOCITÉ L’éclosion de Cesc Fabregas a fait tomber la plupart des records de précocité d’Arsenal. A 16 ans, l’Espagnol profite de la Coupe de la Ligue pour devenir le plus jeune titulaire de l’histoire du club londonien, face à Rotherdam United FC, puis le plus jeune buteur en trouvant le chemin des filets contre Wolverhampton. Un an plus tard, Cesc récidive en devenant le plus jeune joueur et buteur des Gunners en Premier League comme en compétition européenne. Le public d'Highbury a vite adopté le jeune Cesc comme une de ses idoles en lui dédiant un chant typiquement anglais : « Fabregas / Fabregas / he's only seventeen/ and he's better than Roy Keane » (Fabregas/ Fabregas/ il n'a que 17 ans / et il est meilleur que Roy Keane). Vu son jeune âge, Fabregas a de grandes chances de participer à trois autres coupes du monde. Lors de son entrée en jeu à la 76e lors de la Coupe du Monde 2006 qui opposait l'Espagne à l'Ukraine, Cesc est devenu le plus jeune joueur ibérique à participer à une Coupe du Monde sur la pelouse. Il est alors âgé de 19 ans et 41 jours et détrône Julen Guerrero.

LE DPP ATTAQUE LE JUGEMENT EN APPEL BLAKKAYO

NO 7 23 JANVIER 2010

Sangeeta aurait préféré tuer son amant présumé (photo) car elle ne pouvait plus « se partager » entre ce dernier et son mari Raj...

CONGO-BRAZZAVILLE

OUVERTURE DU PROCÈS CONTRE DEUX MAURICIENS

UN PILOTE RÉCLAME RS 52 MILLIONS LA SAGESSE DU PETIT VAGABOND

LE JOURNAL du samedi

MEURTRE À SURINAM


Le Journal du Samedi