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Juin 2010

Impact de la dégradation de la Grèce /// Le point de vue de la Gestion Obligataire

Downgrade de la Grèce •

Lundi 14 juin 2010, Moody's a abaissé la note de la Grèce de 4 crans de A3 à Ba1 (perspective stable), justifiant sa décision par l'impact négatif, à moyen terme, des mesures de restrictions budgétaires prises sur la croissance.

Moody's estime en effet que le mécanisme de sauvetage de l'Europe et du FMI "élimine de fait tout risque à court terme d'un défaut de liquidités et encourage la mise en œuvre d'un ensemble de réformes structurelles crédibles, réalisables et incitatives qui ont une forte probabilité de stabiliser les exigences de service de la dette à des niveaux gérables". Pour autant "il y a beaucoup d'incertitudes autour de l'impact et du calendrier de mesures (de l'Union européenne et du FMI) sur la croissance économique de la Grèce, surtout dans un contexte économique mondial moins porteur". Ainsi, "les risques macroéconomiques et de mise en œuvre associés au programme sont importants et plus cohérents avec une note à Ba1".

Fitch réaffirme, de son côté, sa notation de la Grèce à BBB- (perspective négative), et n'envisage pas, pour l'heure, de nouvelles décisions sur la dette souveraine grecque.

Impact sur les marchés •

Ce downgrade était largement anticipé par le marché et Moody's ne fait que se repositionner par rapport à la notation de S&P qui notait déjà la Grèce en catégorie spéculative. De plus, la mise en place du "Securities Market Program" assure aux emprunts grecs un total soutien de la part de la BCE, de nature à éviter toute tension marquée sur les spreads périphériques. Au 15 juin 2010, les banques centrales étaient à l'achat face aux ventes de papiers grecs.

Au global, la dégradation a un impact limité sur les marchés : légère baisse sur les bourses américaines lundi 14 juin 2010 après l'annonce (le Dow Jones perd 0,20 %, le S&P 500 perd 0,18 %). Sur les marchés obligataires, les spreads grecs se tendent sur la journée contre Allemagne (+75 bp sur le 2 ans, +50 bp sur le 10 ans).

www.am.natixis.com


FLASH MARCHÉS / 16 juin 2010

Impact sur les principaux indices obligataires •

L'impact majeur de cette décision est la sortie de la dette souveraine grecque de certains indices (Citigroup, Barclays Capital, Merrill Lynch). Cette dette représente entre 2 et 5 % de l'actif des indices obligataires contenant de la dette souveraine et utilisés par les gérants de Natixis Asset Management.

Conclusions de gestion •

Grèce : depuis plusieurs mois, notre scénario met en avant la survie de la zone euro, ce qui se matérialise par un soutien financier des autres pays de la zone à la Grèce, confirmé par les dernières nouvelles (création du fonds de stabilité). Nous avons favorisé l’achat de titres grecs à maturité courte (1-2 ans) qui offraient un portage intéressant et des garanties financières de remboursement. Les achats des Banques Centrales ont stabilisé les niveaux de taux : 8,5 % pour le 2 ans grec. Pour les maturités plus longues, nous avons profité de la présence des Banques Centrales pour ajuster nos portefeuilles et revenir à la neutralité par rapport à nos indices, car nous étions surexposés sur les maturités 3-5 ans.

Concernant les autres pays périphériques, nous préférons le maintien de la sousexposition sur le Portugal, toujours menacé de dégradation de notation. Simultanément, les nouvelles annoncées nous ont fait revenir à la neutralité sur l’Espagne pour les maturités inférieures à 7 ans tout en conservant une sousexposition pour les maturités longues. De même, nous avons accru notre exposition aux maturités courtes de l’Irlande, en conservant la neutralité aux maturités supérieures à 2 ans. En effet, ce pays voit son rendement se stabiliser grâce aux achats de la BCE. Rédigé le 16 juin 2010 à 12h30, par la Direction de la Gestion Obligataire de Natixis Asset Management

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Dégradation de la Grèce_16.06.2010