Page 1

NaTechInfo Bulletin d’information de l’association NaTech Education

No 6, août 2009

Editorial

Dr. Ursula Renold Directrice de l’Office fédéral de la formation professionnelle et de la technologie

Mettre l’accent sur l’encouragement des SMT Pour que l’innovation et la croissance économique soient possibles, il faut une main-d’œuvre bien formée dans les domaines des sciences naturelles, des mathématiques et de la technologie (SMT). Malheureusement, le fait est que le manque de personnel qualifié continue de s’accentuer en Suisse. Le nombre d’étudiants ayant décroché un diplôme dans les domaines des SMT stagne depuis­ des années. Il reculerait même encore légèrement si un nombre toujours plus important d’étudiants n’optait pas pour une telle discipline. En outre, la part des femmes obtenant des diplômes tertiaires dans les SMT (17%) est l’une des plus basses au monde. Le manque de personnel qualifié préoccupe depuis longtemps déjà l’économie et les responsables de la formation à la Confédération et dans les cantons. Quelques-uns des acteurs impliqués ont mis

Au sommaire Editorial Questions posées à … • Michel Junge NaTech Focus • Les enfants ont du plaisir avec la technologie 4 questions à… • Remy Auf der Maur Actualités Le bureau informe Coopérations • Swissmem NaTech Info 02/09

1 2 3

4 5 5 6

Les divers acteurs ont parlé et participé à des workshops dans lesquels divers thèmes concernant l’encouragement de la relève dans les SMT ont été traités et discutés. Avec plus de 200 participants et des feedbacks le plus souvent positifs, cette rencontre a été un plein succès.

l’accent sur et donné d’importants stimulants à l’encouragement de la relève. Les manifestations de réseaux où des idées et des expériences sont échangées de manière active jouent à cet égard un rôle central. En outre, Doris Leuthard, conseillère fédérale, a lancé à la fin de l’année dernière la première conférence sur l’innovation sous le titre «Encouragement de la relève dans les SMT». Cette conférence a concentré les projets existants et nouveaux, et les a regroupés dans un plan de mesures. La transparence s’en trouve ainsi accrue et les synergies entre les projets sont exploitées. Une deuxième possibilité de rencontre de ce genre a été donnée le 10 juin 2009, sous la forme de la Journée d’été SMT à Brougg-Windisch.

Les semaines technologiques qui sont organisées dans diverses hautes écoles pédagogiques sont un autre bon exem­ ple dans le domaine de l’encouragement de la relève. Ces perfectionnements orientés sur la pratique sensibilisent les futurs enseignants à l’importance de l’encouragement de la relève dans les SMT, et montrent à l’aide d’exemples comment les enseignants peuvent transmettre ces connaissances à leurs élèves d’une manière intéressante. La base pour une deuxième étape est ainsi créée: enthousiasmer les jeunes pour les SMT pendant les cours. L’OFTT est convaincu de l’importance de ces actions et les soutient déjà depuis un certain temps. Dans la difficile situation économique actuelle, il est d’autant plus important de soutenir activement l’encouragement de la relève dans les SMT et de fournir ainsi une contribution active à une assurance de la relève à long terme. L’OFTT s’engage pour cela et se réjouit de poursuivre sa fructueuse collaboration avec les responsables et les organes de l’association NaTech Education. Dr. Ursula Renold, directrice de l’OFFT


Questions posées à…

Michel Junge responsable expositions et pédagogie Technorama - The Swiss Science Center

(bmb) Quel événement personnel a été pour vous à l’origine de votre enthou­ siasme pour les sciences naturelles et la technologie? A l’âge de six ans, j’avais un «go-kart» qui était trop lent à mon goût. Avec mon père, j’ai alors lancé un projet «work-in-prog­ ress» duquel a résulté, à peine huit ans plus tard, un véhicule équipé d’un moteur de tondeuse à gazon, pas du tout adapté à la route mais en revanche ultrarapide. Les essais, l’observation et la réflexion exactes, de même que trouver petit à petit ce qui marche – et surtout comment cela marche –, la satisfaction de «maîtriser quelque chose»: tout cela m’a, à l’époque déjà, fasciné et enthousiasmé. Mon choix professionnel a donc été clair très tôt pour moi. Pouvez-nous nous dire comment vous enthousiasmez les jeunes pour les scien­ ces naturelles? De par sa nature, l’être humain est curieux. Il veut comprendre comment le monde autour de lui fonctionne, mais il a besoin de poser des questions à ce monde et de pouvoir y répondre. D’une manière générale, on peut donc dire que nous ne devons pas enthousiasmer les enfants et les jeunes pour les sciences naturelles, nous devons simplement mettre à disposition de leur intérêt un espace adéquat, du temps et des possibilités de faire des expériences – donc créer une atmosphère et des instruments appropriés leur permettant de découvrir et de comprendre le monde. Cela ne débouche naturellement pas sur

NaTech Info 02/09

un profond enthousiasme chez chaque visi­teuse et chaque visiteur, mais peut faire sortir des personnes de «l’isolement scientifique», ouvrir à d’autres leur propre voie vers les sciences naturelles et, surtout, chez les jeunes enfants, éveiller leur intérêt dans ce domaine. Où trouvez-vous l’inspiration pour de nouvelles expositions? Beaucoup de nos pièces d’exposition ­représentent des phénomènes et expériences classiques du monde des sciences naturelles. A cet égard, une littérature expérimentale typique et des revues spécialisées sont souvent à la base d’idées et de modèles. On trouve cependant fréquemment des phénomènes particulièrement intéressants à des endroits où on ne les attend pas forcément: dans la vie de tous les jours. Nous travaillons également avec des artistes qui réalisent des phénomènes scientifiques selon une approche artistique.

velleront, rafraîchiront et expérimenteront leurs idées et théories, joueront, feront des essais ensemble, et rechercheront, discuteront, trouveront le temps de s’occuper de la nature et ressentiront le côté fascinant des sciences naturelles. Pour cela, le Technorama offrira toujours un (plus grand) espace en 2020. Vous trouverez les illustrations du Technorama­ et des «phénobjets» sous www.technorama.ch/?380

Quel visage le Technorama aura-t-il en l’an 2020? En l’an 2020, les enseignants de tous les niveaux utiliseront le Technorama comme une ressource pour leurs cours; les enfants de l’école maternelle feront leurs premières expériences avec les sciences naturelles, les élèves de l’école primaire expérimenteront et développeront leurs propres intérêts dans ce domaine, les élèves de l’école secondaire rechercheront des réponses à leurs questions au Technorama, comme ils en ont l’habitude de l’école primaire, et les adultes renou-

2


NaTech Focus

A gauche: deux enfants s’exercent à l’emboutissage de formes pour la fonte de chocolat. Au milieu: les filles elles auss rapidement la programmation. A droite: au Musée des Transports, les élèves peuvent être vus et se voir sur d’innombrab

Les enfants ont du plaisir avec la technologie Une classe de 6ème année primaire a vécu une semaine technologique passionnante Comment la mousse entre-t-elle dans la tête de nègre? Comment produit-on une émission Musicstar? Comment construiton et programme-t-on un robot? Il a non seulement été possible de répondre à de nombreuses questions tournant autour de la technologie, mais on a aussi pu en faire l’expérience pratique. De Regula Zellweger Depuis 1992, l’organisation «IngCH – Engi­neers Shape our Future» finance annuellement jusqu’à 25 semaines technologiques dans les collèges. Le but est l’encouragement de la relève des ingénieurs. IngCH y remédie et fait en sorte que la fascination pour la technique soit éveillée et maintenue chez les enfants. L’association y parvient grâce à un enseignement divertissant. Ainsi, pour la première fois, une classe­de 6ème primaire a bénéficié d’une semaine technologique. Pendant cette semaine, les élèves se sont occupés de technique de manière intensive. Auparavant déjà, durant l’enseignement, ils s’étaient penchés sur les professions d’ingénieur et un projet portant sur le chocolat. Les activités liées ont été une visite dans une rédaction de journal et une imprimerie, ainsi qu’un workshop ayant pour objet la technologie du papier.

NaTech Info 02/09

Têtes de nègre jusqu’à 30 degrés Lundi, la classe s’est déplacée à la fabrique de têtes de nègre Dubler à Waltenschwil. Là, les enfants ont pu voir comment la masse de sucre est remuée dans d’immenses marmites pour donner une mousse blanche. Cette­ masse chaude et collante est ensuite répartie en portions et placée de manière précise, avec des buses, sur les bases rondes en biscuits. La masse prend ensuite automatiquement la forme typique de la tête de nègre. Par tapis roulant, les têtes blanches sont alors dirigées vers la douche de chocolat, puis à l’installation de séchage et de refroidissement. Fascinés, les enfants ont également observé le système d’em­bal­ lage entièrement mécanique. Le côté le plus agréable de la chose a toutefois été la dégustation. «10 vor 10» y compris les prévisions météo­rologiques Les élèves s’étaient bien préparés au travail dans la Media Factory du Musée des Transports. Très vite, ils ont su se servir du microphone et de la table de mixage. Ils ont produit des spots publicitaires, des émissions de sport, et toute une émission «10 vor 10», y compris les prévisions météorologiques. Après une brève visite du Musée des Transports, les enfants ont pu voir individuellement ce qui les intéressait. Les uns

se sont dirigés vers les bateaux, les autres­ vers les avions. Ce mardi riche en événements a été couronné par une visite du cinéma IMAX. Avec des lunettes 3D, les élèves ont suivi trois mouches domestiques, qui s’étaient introduites ellesmêmes­ clandestinement dans une fusée pour participer au premier alunissage d’un être humain. Le chocolat comme la musique Deux semaines avant, les élèves avaient fondé deux entreprises, déposé leur candidature auprès de divers départements, et déterminé la manière dont leur produit – un cadeau sous forme de chocolat – devait­ se présenter. Ils avaient défini la forme et les groupes cibles et imaginé des slogans. Pour un premier groupe, il s’agissait ensuite de créer un modèle puis un positif, et enfin les formes de fonte selon la procédure d’emboutissage. Avec un foehn à air chaud, la feuille a ensuite été réchauffée et étirée dans la forme voulue avec un aspirateur. Un deuxième groupe a dessiné l’em­ ballage et s’est occupé de la production en masse des boîtes cadeau, tandis que le troisième groupe, qui était responsable du coulage du chocolat, s’exerçait dans un premier temps à la dégustation profes­ sionnelle de chocolat. Maint œnologue aurait été étonné de voir comment le chocolat a été parfois testé à l’aveuglette. Trouver des solutions pratiques La visite au Technorama a offert d’in­nom­ brables possibilités d’ex­pé­ri­men­tations individuelles. «Il y avait une grande boule

3


si maîtrisent bles écrans.

de verre. Depuis l’intérieur de cette boule, des éclairs rayonnaient jusqu’à l’extérieur. On pouvait donc tenir la boule à la main et si l’on touchait quelqu’un, on recevait une secousse assez forte», décrit Séverin. Quant à Michael, il a pris plaisir au carrousel, où toute la classe a pu faire l’expérience des Coriolis et de la force centrifuge: «Nous avons par exemple dû essayer de rapprocher les mains et les pieds­en tournant, ce qui était presque impossible, parce qu’en tournant on tombait toujours de côté.». Les robots apprennent à obéir Vance Carter a apporté de nombreuses caisses contenant des éléments Mainstorms Lego et des ordinateurs portables. But de la journée: construire et programmer un robot de manière à ce qu’il fasse sortir des blocs de Lego hors d’un carré sur le sol, faire entrer une balle dans un récipient, et suivre une ligne noire sur le sol. Incroyable, la rapidité avec laquelle les robots ont pris forme et celle avec laquelle les élèves se sont mis à l’ordinateur pour les programmer. Dès leur plus jeune âge, les enfants ont du plaisir avec la technique. Et ce plaisir ne disparaît pas pendant leur scolarité, ce qui est idéal. Bricoler, essa­yer, développer, rechercher des solutions pratiques en pensant et en agissant – tout cela, les enfants aiment le faire. Heureusement, car tous les enfants d’aujourd’hui seront confrontés à la technique dans leur vie professionnelle.­

NaTech Info 02/09

4 questions à…

(sb) Qu’est-ce qui a été particulièrement réussi lors de cette semaine de projet? Peu de temps après la semaine technologique à la PHZ dans le cadre de ma formation de maître d’école secondaire, nous avons organisé une journée technologique avec les élèves de l’école primaire où j’enseigne. Les deux projets ont utilisé la technique «emboutissage d’une forme de moulage». Grâce à la semaine technologique, je connaissais en pratique les diverses étapes de travail pour faire une forme de moulage pour le chocolat, et étais donc familiarisé avec la méthode. Cela m’a donné de l’assurance pour la réalisation avec les élèves. Je pouvais ainsi garantir un déroulement sans difficulté à mes collègues de l’école primaire, qui n’avaient encore jamais fait une forme de moulage avec l’«emboutissage». Car, en tant que maître, il me faut avant tout de la clarté et de la sûreté pour de tels travaux de projets: cela réussira-t-il? Les élèves peuvent-ils accomplir la tâche par euxmêmes? Comment puis-je les aider en tant qu’enseignant? Comment jugez-vous l’échange avec les spécialistes? L’exposé de l’orateur de l’ETH sur «L’im­ portance de la technologie aujourd’hui et demain» a été passionnant et informatif. Il est à mon avis important de réaliser l’évidence de la technologie dans notre quotidien. Et cela devrait également se refléter dans l’enseignement. La visite à la boulangerie Hug m’a particulièrement plu. Faire la connaissance d’une véritable entreprise a été précieux aussi bien pour la phase du choix professionnel des élèves de l’école secondaire qu’en prévision

Remy Auf der Maur Maître d’école primaire suivant la formation de maître d’école secondaire, sur ses expériences faites lors de la semaine technologique à la PHZ et la journée technologique à l’école primaire

de la «fondation d’entreprise» virtuelle pendant la semaine technologique: la vue sur la réalité s’est répercutée directement sur le travail de projet. Avez-vous obtenu des stimulants utilisables pour l’enseignement «nature et technique»? Oui, j’ai été enthousiasmé par la «black­ box» – un remarquable concept pour les élèves, leur permettant de réaliser un mandat sans instructions détaillées. Je le reprendrai à coup sûr dans mon en­ seignement à l’école secondaire! Le pro­ cessus consistant à élaborer, développer, expérimenter et construire quelque chose soi-même est très précieux et ne néces­ site aucun examen pour le contrôle de l’enseignement; il peut en revanche ent­ rer par autoréflexion dans l’évaluation de l’élève. VIVRE C’EST APPRENDRE. Quelle offre supplémentaire souhaiteriez-vous en tant que maître pour l’enseignement «nature et technique»? Pour l’enseignement «nature et tech­ nique», il faut des expériences tenant compte des niveaux, dans lesquelles les élèves apprennent en s’orientant sur les processus et reconnaissent les tenants et aboutissants par leur propre expérience. Je créerai moi-même des expériences et en parlerai avec d’autres pédagogues intéressés. L’expérience personnelle et l’échange entre les enseignants sont tout aussi importants que pour les élèves. Merci beaucoup!

4


Nous avons fait parvenir à fin mai aux organes compétents notre prise de position sur la consultation du plan de formation suisse alémanique (D LP21). L’association NaTech Education salue expressément le fait que les sciences naturelles et la technologie aient une importance certaine dans le plan de formation 21. Le 16 mai 2009 a eu lieu, sous la direction de l’Institut pour le perfectionnement IWB de la haute école pédagogique

Actualités

Le marché a donné naissance à de nouvelles idées et de nouvelles coopérations. (Photo: Tom Kawara)

Journée «Pratique et potentiel. Good Practices de l’encouragement des SMT» Le 10 juin 2009 a eu lieu la journée de réalisation «Pratique et potentiel. Good Practices de l’encouragement des scien­ ces naturelles, des mathématiques et de la technologie des entreprises, insti­ tutions et écoles (SMT)» consécutive à l’initiative SMT du Département fédéral de l’économie (DFE). Depuis des années, on constate un manque de main-d’œuvre bien formée, notamment dans les domaines des sciences naturelles, des mathématiques et de la technologie. Pour cette raison, le DFE a lancé, en novembre 2008, l’initiative SMT qui veut encourager et développer l’intérêt des jeunes pour ces secteurs de formation. A cette journée, quelque 30 organisations­ ont présenté leurs projets d’en­cou­ra­ge­ ment de la relève dans les SMT aux plus de 200 participants, en les invitant à la collaboration. Des représentants des PME étaient présents, tout comme des respon­ sables des divers niveaux scolaires, des experts en formation de la Confédération­ et des cantons, ainsi que des représentants de nombreuses organisations. L’échange et l’information étaient au centre des débats. Il est aussi resté beau­ coup de temps pour réfléchir à l’avenir de l’encouragement de la relève dans les SMT. Après la présentation d’initiatives éprouvées, l’occasion a été donnée de parler, dans des tables rondes de discussions, de thèmes comme «l’encouragement des filles», «expérimenter en laboratoire», NaTech Info 02/09

«supports didactiques» ou «formation et perfectionnement des enseignants», en s’orientant sur le futur. A ce propos, les questions concernant la coopération­ et la coordination ont été au premier plan: comment les PME peuvent-elles participer­ aux projets existants? Quelles sont les attentes des écoles? Comment les responsables de la formation peuvent-ils agir dans ce domaine? Comment les acteurs peuvent-ils collaborer de manière profitable? Ingrid Kissling-Näf, directrice CTI et responsable de la réalisation de l’initiative SMT, répond à ces questions: «La journée a été l’occasion de rencontres personnelles­ et d’un échange d’informations. Le contact entre les en­seignants, les responsables de la formation­ et les représentants de l’économie ont pu être renforcés et l’échange actif d’idées et d’expériences a pu être accéléré.» Pour NaTech Education , d’importants stimulants en ont résulté: 1. Pression de la politique de formation à reconnaître l’importance de plans de formation uniformes et encouragement du perfectionnement des enseignants dans les SMT, 2. Recommandation «Good Practices des supports didactiques pour l’engagement dans l’enseignement» à l’école primaire, 3. Amélioration de la collaboration entre­­­ les hautes écoles pédagogiques, ETH, écoles techniques supérieures, l’économie et les écoles. Vous trouverez les documents et exposés de la journée sous www.senarclens.com/links-nmt.

Le bureau informe de Berne (Institut für Weiterbildung IWB der PH Bern), la journée «NaWiTech» qui a contribué au dialogue entre les disciplines Conception technique (Technisches Gestalten) et Nature Homme Environnement (Natur Mensch Mitwelt NMM) en prévision d’une formation technique générale. Le but est une utilisation consciente et responsable de la technique dans les secteurs privé, public et professionnel. Durant les années précédant la scolarité déjà, il y a lieu de transmettre des compétences permettant des actes techniques en tenant compte du conflit existant entre ce qui est économiquement raisonnable, écologiquement défendable et socialement souhaitable. Dans son exposé introductif, Patrick Hofer,­ CEO de Swiss Solar Systems SA, a mis en lumière les aspects les plus divers concernant la formation technologique, et cela dans la perspective de l’économie: si les écoles parviennent à promouvoir l’intérêt pour la technique et si les élèves apprennent à résoudre les problèmes et à partager leurs connaissances, ils acquièrent les compétences déterminantes pour l’économie. Dans l’exposé qui a suivi, Andreas Käser et Urs Wagner ont montré comment une culture générale en matière de technologie pourrait se présenter. Qu’est-ce qui est possible au sein des divers plans de formation existants? Qu’est-ce que prévoit à cet effet le plan de formation 21 pour les cantons de Suisse alémanique? L’après-midi, les quelque 75 participants ont acquis­ de nouvelles connaissances et échangé leurs expériences dans 13 workshops. Brigitte Manz-Brunner Directrice NaTech Education

5


Coopérations

Swissmem Peter Stössel, membre de la direction / Formation + innovation, Swissmem

Poser les jalons correctement Pour l‘industrie suisse des machines, des équipements électriques et des métaux (Swissmem), avec 350 000 employés la ­Suisse est et demeure une place industrielle­ importante. Du personnel bien formé est une condition primordiale.­ Où Swissmem met-elle les accents en ma­tière de formation? La Suisse a été réveillée par les études Pisa. En 2006, l’électorat a osé un pas déterminant pour le futur, fixé dans la Constitu­ tion fédérale: «Si les efforts de coordination n’aboutissent pas à une harmo­nisation de l’instruction publique concernant la scolarité obligatoire, l’âge de l’entrée à l’école, la durée et les objectifs des ­niveaux d’enseignement et le passage de l’un à l’autre, ainsi que la reconnaissance des diplô­mes, la Confé­dération légifère dans la mesure nécessaire.» Rêve ou réalité? L’école primaire est devenue en quelque sorte le «bassin de réception» des tâches éducatives; parallèlement, il y a une intégration scolaire qui a ses bons côtés, mais qui suscite également des doutes quant à savoir si des standards de formation élevés peuvent être atteints. Une entrée à l’école précoce est importante: les enfants sont avides de savoir et réceptifs. A l’école primaire, les accents doivent être mis sur les langues, les mathématiques et les sciences naturelles, avec des standards mesurables et une assurance de la qualité. La technologie doit être un sujet d’étude; d’elle découlent et peuvent être élaborés des phénomènes scientifiques. Dans le second cycle, une latitude suffisante doit être donnée à temps au NaTech Info 02/09

processus du choix professionnel pour que le passage au niveau secondaire II se fasse sans difficulté. Notre formation de base professionnelle est fondée sur la pratique et est en outre­ avantageuse pour l’Etat: c’est la voie idéale­ vers la haute école technique. Un autre accès à une carrière couronnée de succès passe par la formation professionnelle supé­rieure – des voies de formation guère connues dans la zone de l’OCDE. D’où le reproche que notre taux de maturité gymnasiale est trop bas avec à peine 20%. Au contraire: pas de place indus­trielle prospère sans personnel formé dans la pratique! Au niveau universitaire, la disproportion entre les sciences humaines et sociales par rapport aux sciences d’ingénierie doit encore diminuer. Du terrain a certes été gagné chez les ingénieurs. Mais cela ne suffit pas, et encore beaucoup moins si l’on tient compte de l’évolution démographique. Continuerons-nous de manquer d’ingénieurs? Les jalons doivent être posés suffisamment tôt: à la maison, à l’école primaire. L’enthousiasme pour la technologie fait défaut. Vos acquis dans le quotidien sont considérés comme une chose allant de soi. On pense à l’ingénieur lorsque quelque chose échoue, même si les ingénieurs font partie intégrante de notre vie quoti­ dienne. Qu’y a-t-il de plus passionnant? Pour cette raison, Swissmem, en tant que membre de l’association NaTech Education, s’engage pour améliorer la position des scien­ces naturelles et de la technologie.

A propos de NaTech L’association NaTech Education • s’engage pour la promotion des scien­ ces et de la technique au niveau primaire et secondaire 1, • soutient l’élaboration de programmes d’enseignement et de supports didactiques favorisant la compréhension de la technique et des sciences à l’école obligatoire, • s’engage afin que les buts de formation menant à une meilleure compréhension scientifique et technique soient ancrés dans les concepts d’enseignement en Suisse. Contribuez à cet engagement !

Affiliation Devenez membre de NaTech Education et contribuez à encourager les scien­ces et la compréhension technique dans l’enseignement général! Membre individuel: CHF 100.– Membre collectif: CHF 750.– Membre donateur: à partir de CHF 5000.– Vous trouverez de plus amples informations en ligne à l’adresse www.natecheducation.ch/pages/mitgliedschaft.htm ou par e-mail: info@natech-education.ch

Impressum Rédaction Brigitte Manz-Brunner, Sabine Braun, Inci Satir NaTech Education, Freigutstrasse 8, 8027 Zurich, www.natech-education.ch Création, layout, réalisation www.visum-design.ch, Berne Impression Kaelin Produktion AG, Zurich Tirage F 500, D 2000 exemplaires Parution Trois numéros par an

6

NaTech Info Août 2009  

NaTech Info Août 2009

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you