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Un entre deux créatif Un foyer pour le renouveau du quartier

Concours Ergapolis - Saison 2013 - Maroc Equipe Art’BATTOIR : Amal HAJJAM, Kawtar ALAMI, Nada BAKKI, Nadhir BARNAT, Maroua MOULINE, Timothé DIOT, Rachid OUZENNOU, Asma Zayed


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I. Propos introductifs 1. Introduction générale Le présent document est la synthèse du travail de l’équipe « Art ‘BATTOIR » portant sur un projet de réaménagement des anciens abattoirs de la Ville de Casablanca au Maroc, appelés actuellement « La Fabrique Culturelle des Abattoirs de Casablanca ». Ayant une culture commune du développement durable, l’équipe Art’BATTOIR s’est formée dans le cadre du concours Ergapolis. Ce dernier représente une réelle occasion de mettre en œuvre des compétences diverses autour d’un projet urbain, riche en enjeux. La saison 3 du concours Ergapolis à Casablanca est dotée, en plus de la richesse disciplinaire, d’une richesse culturelle du fait de la participation d’étudiants issus d’écoles marocaines et françaises. Nous sommes Art’BATTOIR, une équipe se composant de : Nadhir BARNAT et Asma ABOU ZAYED, deux élèves architectes (École Nationale Supérieure d‘Architecture de la Ville et des Territoires à Marne la Vallée en France et École Nationale d’Architecture au Maroc) , Amal HAJJAM et Nada BAKKI, deux élèves ingénieurs (Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris en France et Ecole Hassania des Travaux Publics au Maroc), Thimotée DIOT et Rachid OUZENNOU, deux élèves urbanistes (Sorbonne Paris IV en France et Institut National d’Aménagement et d’Urbanisme de Rabat au Maroc), Maroua MOULINE, une élève en marketing et Kawtar ALAMI, une élève en finance (Institut des Hautes Etudes de Management au Maroc). Chargés d’une grande motivation, nous nous sommes réunis autour du projet de réaménagement des anciens abattoirs de Casablanca afin d’y apporter nos compétences tant organisationnelles que techniques. Cette expérience unique nous a permis d’appréhender de près les contraintes et enjeux d’un projet d’une telle envergure. Elle nous a aussi initiés au travail dans un environnement multidisciplinaire, qui a sûrement des ressemblances avec notre futur environnement professionnel. Selon son domaine de compétence, chaque membre de l’équipe a participé à l’élaboration du projet. Nous nous sommes organisés durant les 30 semaines du concours autour d’un planning prévisionnel fixant nos objectifs et nos délais. Des points d’étape étaient nécessaires afin de définir l’avancement des tâches. Faisant face à la distance qui sépare les deux parties de l’équipe (en France et au Maroc), la technologie a facilité notre communication. En dehors des deux semaines de Workshop Ergapolis (du 12 au 18 novembre 2012 et du 4 au 10 février 2013), nous nous appuyions essentiellement sur des moyens de téléconférence ainsi que sur la communication par mails. Les échanges de documents se faisaient sur des bases de données en mode cloud. Notre projet est Al Barzakh. Il s’étend sur 800 mètres autour des anciens abattoirs de Casablanca afin de réaliser une cohérence dans l’aménagement du site, et d’assurer une continuité urbaine. Il vient apporter une solution d’aménagement adaptée à la vision de la mairie de Casablanca, qui envisage de faire du site un équipement métropolitain répondant à des enjeux aux échelles sociale et économique dans un cadre respectueux de l’environnement.

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2. Une étude pour le devenir des abattoirs et de ses environs L’objet du concours auquel nous répondons par le présent rapport est la transformation des anciens abattoirs de Casablanca, construits en 1922 et utilisés jusqu’en 2002, et des quartiers environnants (Hay Mohammadi et Roches Noires). Le sujet est déjà bien défini dans la note de cadrage, il s’agit de « transformer le site en véritable espace public à vocation artistique et culturelle […] ouvert à tous […] une mixité fonctionnelle adaptée ». L’accent est aussi mis sur le caractère innovant que doit avoir notre réponse, tout comme sur la nécessaire qualité environnementale. D’un point de vue formel, il est demandé d’identifier les enjeux d’un territoire compris dans un rayon de 800m autour des abattoirs et d’y proposer des hypothèses programmatiques appuyées par des argumentaires thématiques et un chiffrage systématique. 4

Objets et enjeux du concours • o o o

La réhabilitation des abattoirs Transformer le site en espace public à vocation artistique et culturelle Concevoir un site intégré par sa mixité fonctionnelle et son ouverture à tous Imaginer un projet à haute durabilité (Environnement, structure, gouvernance)

• o o o

La régénération des quartiers attenants Rendre le quartier attractif par sa vocation culturelle Réduire les inégalités socio-économiques Proposer un quartier harmonieux

Rappelons tout d’abord que le site des abattoirs est aujourd’hui occupé par un collectif d’associations locales qui s’impliquent depuis 2009 à créer la fabrique culturelle des abattoirs. Il s’agit donc de penser l’évolution d’un site qui aujourd’hui possède des usages propres et une certaine portée médiatique, tel en témoigne la mobilisation et la passion des journalistes sur l’éventuelle transformation des abattoirs en parkings qui a eu lieu en février 2013. La question du maintien, de la disparition ou de la restructuration des activités présentes sera donc au cœur de nos préoccupations.

1. Périmètre de réflexion établis dans la note de cadrage


3. Structure du Rapport Le diagnostic initiant la réflexion sur le projet est divisé en deux étapes. Dans un premier temps, il s’agit de faire un étude que l’on pourrait qualifier de « générale», qui a pour but de dresser le cadre dans lequel le projet va s’inscrire, au niveau de Casablanca mais aussi du périmètre d’étude. Il s’agit d’étudier l’histoire, les documents d’urbanisme, la structure socio-économique, la structure urbaine, …. Une fois cette première étude réalisée, il sera possible de réaliser un SWOT (Strength, weakness, opportunity, threat : matrice d’analyse) et de dégager des enjeux et des problématiques propres aux différentes échelles étudiées. L’ensemble de ces faits permettra de nous positionner sur le futur que l’on veut donner aux abattoirs et aux différents quartiers compris dans le périmètre d’étude. Ce positionnement sera l’expression de notre vision pour le site. Il s’agit d’établir des objectifs que l’on souhaite atteindre à travers la réalisation du projet. Certains de ces objectifs sont déjà fixés par la note de cadrage, il s’agira de les valider ou de les corriger selon les connaissances du territoire acquise. Cette étape permet de passer du périmètre d’étude au périmètre de projet. Il ne s’agit pas de figer le projet mais d’en donner l’orientation, les formulations seront donc volontairement vagues et peu spécialisées. Une fois cette vision définie, il est important de compléter le diagnostic initial. Cette seconde étude pourra être qualifiée d’ « orientée ». Ce diagnostic se focalisera sur le projet, vers les lignes directrices définies dans la « vision ». Il est question d’analyser l’opportunité et la faisabilité des idées exprimées auparavant, notamment d’effectuer une analyse précise du tissu urbain des zones qui entreront en jeu dans l’évolution du quartier et d’effectuer un ensemble d’études de marchés pour démontrer la faisabilité ou l’impossibilité de différents programmes. Un benchmark permettra de mieux comprendre ce qui est possible ou non, et sera une source d’inspiration pour le projet. Une fois ce diagnostic réalisé, les conclusions tirées permettront d’effectuer des choix et des arbitrages pour définir la stratégie urbaine. Il s’agit de définir, à partir de la connaissance précise du terrain, comment nous allons atteindre la « vision » du territoire que nous avons et des objectifs que nous nous sommes fixés. C’est à ce moment que seront arrêtées les programmations architecturale et urbaine, et que sera précisée la façon de répondre aux objectifs définis dans la « vision ». Une fois cette stratégie exprimée, une partie spécifiquement dédiée à la mise en œuvre est nécessaire. Elle contiendra la conception des espaces urbains et des bâtiments créés, mais aussi l’approche environnementale, le fonctionnement du projet et la gouvernance. Ensuite, pour une approche plus pragmatique, suivront les estimations financières et le montage financier du projet qui permettra de déduire le phasage du projet.

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Sommaire I.

1. 2. 3.

Propos introductifs

Introduction générale Une étude pour le devenir des abattoirs et de ses environs Structure du Rapport

II. Diagnostic

6

3

3 4 5

9

4. Casablanca a. approche géographique b. Approche historique

10 10 14

5. c.

17 20

Contexte métropolitain Enjeux métropolitains : le SDAU

6. a. b.

Hay mohammadi - Roches noires Approche géographique Approche historique

24 24 25

7. a. b. c. d. e. f.

Les grandes caractéristiques du territoire Des quartiers présentant une importante mixité fonctionelle Une population qui reste jeune et défavorisée Un réseau d’équipement insuffisant et peu diversifié Un territoire connecté Un environnement dégradé Les dynamiques à l’oeuvre dans le périmètre d’étude

28 28 28 29 29 30 32

8. Les anciens abattoirs de Casablanca a. Vie et mort d’un équipement métropolitain b. Gestion et gouvernance complexe c. Des usages atypiques d. Pour un renouveau culturel e. Analyse urbaine du site a. Casablanca b. Hay Mohamaddi - Roches Noires c. Les abattoirs

III. Vision

1. Vision 2. Stratégie 3. Concept

33 33 37 37 37 38 39 39 39

43

44 44 45

IV. Diagnostic orienté

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1. Le benchmark a. Analogies b. Etude comparative précise

48 48 49

2. a. b.

Les études de marchés Enquête qualitative et sociologique Etude de marché sectoriel

51 51 52

3. a. a. b. c.

L’analyse urbaine Analyse urbaine Analyse urbaine Roches Noires- Abattoirs Analyse urbaine Gare Casa-voyageur - Roches Noires Analyse urbaine Hay Mohammadi - Abattoirs

55 55 57 61 65

4.

Le génie des lieux

68

V.

Al Barzakh

1. a. b. c.

Axe Roches noires - Abattoirs Densification résidentielle Bd Amr Ibnou Ass Place de la passerelle

77 77 77 77

2. a. b.

Axe Casa-voyageur Roches noires Requalification du BD BAHMAD Immeuble de bureau innovant

78 78 78

3. a. c.

Axe Abattoirs Hay Mohammadi Salle Omnisport Quartier Chabou

79 79 79

4. a. b. c. d. e. f. g. h. i.

Diour Lbattoir Dar Diafa Dar Raha Jnane Lbattoir Zenqat Lqantra et Zanqat Lhayha Dar Lghiwane Dar Lfennane Dar Lmallem Dar Lhikma Dar Lhay

80 82 83 83 84 85 86 86 88 88

75


j. k.

Sahat Lbattoir Espace lié au fonctionnement

5. RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME a. Eau b. Energie c. Biodiversité

89 90 91 93 95

7


8


II. Diagnostic 9


1. Casablanca

a. approche géographique

MAROC • Population : 32 309 239 Hab • Surface : 712 550 km² • PIB/habitant : 85,2 Mrd $ • Densité : 4 455 Hab/km²

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2. Position du maroc dans le monde

Le Maroc

Le Maroc est un pays du nord-ouest de l’Afrique. Sa longue côte donnant sur l’océan Atlantique se termine au-delà du détroit de Gibraltar sur la Méditerranée. Au sud du Maroc se trouve le territoire contesté du Sahara occi-

dental, revendiqué et contrôlé en grande par- les autres pays africains que vers l’occident. Enjeux : une situation d’entre-deux (aire tie par le Maroc. Toutefois de très fortes relations relient encore culturelle occidentale et aire culturelle afrile Maroc et certains pays européens ou occi- caine et maghrébine), quel dialogue ? Le Maroc a une position d’interface, entre dentaux comme en témoigne les accords de l’Europe, le Maghreb ainsi qu’avec le reste de libre échange avec l’Europe et les USA. l’Afrique. Récemment, la politique internationale du royaume s’est davantage orientée vers


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3. Position de Casablanca dans le réseau de villes Marocain

Casablanca

La région du grand Casablanca est située sur la façade Atlantique du Maroc. La région se trouve aussi au Centre Ouest du pays, dans l’axe urbanisé littoral à proximité de l’agglomération de Rabat – Salé.

tuaire (60% des échanges commerciaux du pays), du premier pôle industriel (38% des établissements industriels) mais aussi de l’unique place boursière du Maroc. Certaines études estiment que la ville emploie presque 46% de la population active du Maroc.

Enjeux : Cet ensemble bipolaire concentre La région du Grand Casablanca est délimi- économie et administration, ce qui en fait le tée par l’Océan Atlantique à l’ouest et elle est coeur du développement Marocain. Par cette entourée par la région de Chaouia - Ourdigha visibilité et ses infrastructures, Casablanca possède une forte dimension internationale. au nord, à l’est et au sud. Le rôle de capitale économique qu’occupe Casablanca est le poumon de l’économie marocaine. Il s’agit de la première zone por- Casablanca, peut s’expliquer par l’histoire de la ville.

4. Des infrastructure d’échelle mondiale


12

5. PÊrimètres institutionnels de Casablanca


Données climatiques

Nous avons énoncé dès l’introduction que l’une des ambitions du projet est d’avoir une approche exemplaire du développement durable. Cette péoccupation nous a accompagné tout au long de la conception de notre projet. Pour guider nos choix, nous avons très tôt intégré l’analyse de l’environnement à notre étude, c’est pourquoi nous vous présentons dès maintenant quelques données climatiques à l’échelle de la ville. Elles nous serviront dans la partie projet à justifier nos choix, par exemple en termes d’efficacité énergétique.

La saison de l’hiver connaît un ensoleillement moyen de 5 à 6 heures par jour. Les températures sont relativement douces. Janvier est considéré comme le mois le plus froid. Cette saison est la plus pluvieuse. °C

Weekly Summary

45+ 40 35 30 25 20 15 10 5 <0

Minimum Temperature (°C)

Location: CASABLANCA, MOROCCO (33.0°, -7.0°) Contour Range: -0.70 - 50.00 °C In Steps of: 1.00 °C © Weather Tool

Les températures atteignent leurs sommets pendant l’été. Cette saison est considérée comme la plus sèche de toute l’année.

Stereographic Diagram

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© Weather Tool

km/h

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30° 10°

315°

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300°

© Weather Tool

75°

70°

45+ 40 35 30 25 20 15 10 5 <0

Location: CASABLANCA, MOROCCO (33.0°, -7.0°) Contour Range: 4.30 - 50.00 °C In Steps of: 1.00 °C

1st Aug

60°

°C

Maximum Temperature (°C)

1st Jul

50°

1st May 285°

Weekly Summary

60°

40°

1st Jun

1st Sep

80°

1st Apr 270°

90° 1st Oct

1st Mar 255°

1st105° Nov

1st Feb 1st Jan 240°

1st Dec 16

15

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10

9

8

225°

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135°

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°C 50

Time: 11:30 Date: 1st January Dotted lines: July-December.

Hr 40

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°C

Weekly Summary

45+ 40 35 30 25 20 15 10 5 <0

Average Temperature (°C)

Location: CASABLANCA, MOROCCO (33.0°, -7.0°) Contour Range: 3.30 - 50.00 °C In Steps of: 1.00 °C © Weather Tool

°C 50 Hr 40

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210°

150° 195°

180°

165°

8. Données sur l’exposition solaire

52

48

52

7. Températures à Casablanca, Source : Ecotect

Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jul Aoû Sep Oct Nov Déc Année Tmoy (°C) 12 13 15 16 18 20 22 23 22 19 16 13 17.5 Pluie(mm) 65 55 55 40 20 2 0 1 7 40 55 85 425 6. Données sur la pluviométrie Source: http://levoyageur.net

Location: CASABLANCA, MOROCCO (33.0°, -7.0°) Contour Range: 4.66 - 50.00 km/h In Steps of: 1.00 km/h

15°

330°

© Weather Tool

Wk

16

N

345°

Location: CASABLANCA, MOROCCO Sun Position: 179.6°, 33.8° HSA: 174.6°, VSA: 146.0°

Hr

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En automne, les températures sont agréables et les pluies réapparaissent à cette période, elles sont plus fréquentes en novembre.

49+ 44 38 33 27 22 16 11 5 <0

Average Wind Speed (km/h)

°C

Généralement, on peut distinguer entre 4 domaines bioclimatiques au Maroc : - Le domaine aride à saharien; - Le domaine semi-aride (Casablanca); - Le domaine sub-humide à humide; - Les hautes altitudes. Les saisons : Le printemps à Casablanca est caractérisé par un soleil bien présent avec une brise marine qui rafraîchit l’atmosphère.

km/h

Weekly Summary

0

50

Généralités : Le Maroc est un pays de la zone subtropicale du nord-ouest africain. Ses régions côtières jouissent d’un climat maritime caractérisé par une température et une humidité tempérées.

Caractéristiques : Casablanca dispose d’un rayonnement moyen de 5kWh/m²/j, ce qui est assez important et permet d’en faire une richesse exploitable. Ce potentiel énergétique pourra être utiliser par des panneaux photovoltaïques ou thermiques, avec pour condition une minimalisation des transferts ou déplacements pour éviter les pertes d’énergie. Il faudra toutefois être vigilant car un trop fort ensoleillement peut aussi être préjudiciable pour le confort des êtres vivants.

Casablanca est très ventilée, surtout pendant la saison des pluies. Dans l’ensemble, les vents dominants soufflent du Nord; mais 10. Données sur le vent à Casablanca pendant la saison des pluies, il s’établit une sorte d’équilibre entre le vents du secteur L’humidité de l’air est importante sur l’enN (N,NE,NW), qui sont les vents froids, et les semble de l’année vents amenant la pluie (SW,W,S). Les vents d’E sont les plus rares, surtout en été, ce qui est un privilège, car ils sont secs et très chauds. Les vents très violents sont fréquents. Néanmoins il est possible d’imaginer l’utilisation de ces vents pour la ventilation naturelle des bâtments fréquents.

Enjeux : Adapter la programmation aux contraintes climatiques et tirer parti de la spécificité du climat casablancais pour atteindre l’objectif de durabilité.

9. Données sur l’humidité à Casablanca


b. Approche historique

14

Dans le cadre du concours Ergapolis, ce qui importe plus qu’une analyse fine de l’histoire, c’est la compréhension des logiques qui ont guidé l’évolution de la ville jusqu’à la fin du protectorat et jusqu’à la période contemporaine qui nous intéresse. De même, l’objet du concours nous impose de porter un regard sur l’histoire culturelle de la ville.

jusqu’au milieu du 19ème siècle. A ce moment, l’industrie du textile se développe en Europe, avec le début de la période industrielle, et Casablanca devient fournisseur de laine pour les nations occidentales. Ce développement économique attire dès 1850 de nombreuses familles fortunées, notamment de Fès mais aussi des pays européens.

Cette première approche historique nous montre la présence ancienne de la fonction économique de cette ville et l’utilité de sa façade maritime. D’autre part, l’arrivée à Casablanca de fortunes personnelles et de nombreux marocains venus de toute les régions du pays va contribuer à forger l’image d’une ville attractive et plurielle, composée d’une mosaïque d’habitants fort dissemblables autant sur le plan social que culturel.

Les prémices de la ville

De nombreux auteurs tiennent un discours poussant à faire croire que Casablanca n’a pas d’histoire et qu’elle ne prend son importance qu’avec l’établissement du protectorat. Néanmoins, elle possède un passé riche d’enseignements, qu’il est utile de mentionner pour comprendre les ruptures et les continuités historiques entre ce que fut Anfa et ce que sera Casablanca sous le protectorat.

Création du protectorat

Au côté du Maréchal Lyautey, se trouve Henri Prost. Il utilisera le plan de Tardif, réalisée en 1912, comme trame de fond. Le plan Prost, officialisé en 1915, conserve donc la volonté de créer une structure radioconcentrique et la sectorisation en trois parties de la ville (Zone centrale, zone industrielle, zone de plaisance). Mais Prost propose un plan plus crédible et plus ambitieux, en décrivant la ville comme la future capitale économique du pays. Il respecte le souhait de ségrégation de Lyautey en planifiant la présence des industries à l’Est, celle du tissu résidentiel à l’Ouest et celle des habitats marocains entre deux. Par soucis de rationalisation, le plan prévoit la concentration des industries à l’Est de la ville à proximité du port. Il souhaite aussi concilier les contraintes de la planification avec la liberté artistique des 12. Plan de la ville , 1900 architectes. Il faut garder en tête le contexte d’urgence devant la rapide croissance démoDans la petite ville côtière les ingénieurs fran- graphique et le contexte de guerre pacificaçais travaillent à l’aménagement d’un port. Ils trice. L’attention porte surtout sur l’hygiène de décident de faire passer une ligne de chemin la ville et en particulier son assainissement. de fer au milieu d’un cimetière musulman. Cette profanation produit des mouvements de C’est une ère de grands chantiers, durant foule et des émeutes aboutissant au meurtre laquelle de nombreux architectes viennent d’ouvriers occidentaux. L’intervention militaire concevoir et construire des bâtiments loin de française se fera selon ce prétexte. En 1912, le la frilosité du continent européen. Si les grands Maréchal Lyautey signe l’accord liant la France projets urbains du protectorat imposent la et le Maroc et créant un protectorat sur le structure de la ville, l’initiative privée joue un royaume chérifien. rôle très important aussi bien dans la négocia-

Tout d’abord la fondation de la ville sur L’incroyable croissance de Casablanca, la colline d’Anfa n’est pas précisément établie et plusieurs hypothèses existent quant à aussi bien économique que démographique, l’identité des fondateurs. Le premier élément commence au Port au début du 20ème siècle. connu est la prise d’Anfa sous la dynastie des almohades en 1188. Par la suite, déjà le port prospéra grâce à ses relations commerciales, notamment avec les pays ibères. Suite à son indépendance, des corsaires trouvent refuge La ville de Casablanca était à construire à dans la ville et n’hésitent pas à attaquer et pilla différence de Marrakech ou Fès et d’autre ler les navires marchands. En représailles de part il s’agit des premières terres pacifiées au ces attaques, le Portugal attaque et rase la ville Maroc. Ainsi, elle a très tôt focalisé les envies en 1469, puis édifie des fortifications en 1515. à la fois des peuples européens, mais aussi d’une certaine classe de Marocains. De plus, Après le départ des portugais en 1770, la le résident principal nourrit une grande ambiville est repeuplée par des berbères et renomtion pour l’avenir de cette ville. Si au premier mée Dar El Beida. A partir du 18ème siècle la abord le développement de la ville peut semville va retrouver et conforter son rôle com11. Vue de la ville d’Anfa en 1572 bler chaotique, basé sur une approche spécumercial. Elle avait déjà d’importantes relations lative sans préoccupation du contexte, très tôt avec les pays du pourtour méditerranéen. des plans vont tenter de planifier de d’organiser l’évolution de la ville. Néanmoins, elle reste une petite ville

tion que dans la création de quartiers entiers.

Cependant, toutes les attentes ne sont pas satisfaites, notamment celles des populations marocaines. Le problème des bidonvilles apparaît très tôt, avec l’arrivée, volontaire ou non, de population rurale de tout le Maroc. Casablanca se dresse déjà comme une ville paradoxale entre richesse et pauvreté. La construction des habbous, en 1930 veut apporter une solution au problème des bidonvilles mais aussi absorber les populations de la médina, il s’agira de la première réflexion d’habitat adapté. La faiblesse des prévisions démographiques du plan


et la conjoncture d’entre deux guerres, fait que celui-ci est rapidement dépassé et conduit à des ajustements, les plans d’extensions, qui en ne respectant le plan de Prost, donnent encore cette impression de désordre contrôlé ou de chaos planifié, une vaine tentative d’encadrer un mouvement qui dépasse l’administration.

zonages fonctionnels qui développent les idées du plan Prost) et la rupture de l’organisation radioconcentrique de la ville pour se tourner vers une ville linéaire articulant structure portuaire et industrielle avec la structure urbaine selon l’axe Casablanca – Mohamédia qui est matérialisé par une autoroute. Il tente d’appliquer une vision globale et prospective Le premier plan a permis la croissance de la s’attardant sur la fragmentation de l’espace. ville mais surtout l’essor économique de celle qui devient une place centrale dans le réseau La ville, toujours attractive, connait une de ville marocain. Le deuxième événement forte demande en logements. Une grande rémarquant pour l’évolution de la ville est le flexion est menée sur l’habitat adapté pouvant plan Ecochard qui marque par son aspiration accueillir le plus grand nombre, et aboutit sur sociale et sa vision globaliste. la fameuse trame d’unité d’habitation évolutive de 8m sur 8m, dites trame « Ecochard ». Un premier plan est proposé par Alexandre Le souci de l’habitat pour tous est aujourd’hui Courtois en 1947 qui ne sera pas retenu, mais encore prégnant, et les solutions incertaines. servira de base à Michel Ecochard pour son plan approuvé en 1952. Le changement de • Après le protectorat doctrine est très clair avec l’adoption des principes de la charte d’Athènes (application des Dans les années 80, et de manière géné15

14. M.Ecochard, un urbanisme expérimental et novateur

rale, les sécheresses du royaume induisent un fort exode rural qui se focalise majoritairement dans la ville de Casablanca. Elle ne possède pas les infrastructures nécessaires à l’accueil de tant de population, ainsi l’instable équilibre de la ville tend à nouveau vers une surpopulation, qui se traduira par la recrudescence des bidonvilles et des problèmes socioéconomiques. Ce contexte participe en 1981, au premier des mouvements sociaux.

13. Plan Prost

La même année, l’architecte Michel Pinseau présente le SDAU. La ville est scindée administrativement en cinq préfectures. Le document confirme l’organisation spatiale du Plan Ecochard, prévoit l’amélioration des transports et la répartition des équipements centraux vers les nouvelles périphéries. Enfin, il met en place un outil de contrôle et de gestion de l’espace urbain : l’agence urbaine de Casablanca. Le contexte économique couplé à la nécessité de clarification des finances publiques dans les

années 1980 compromettent la mise en œuvre du schéma, malgré une croissance démographique rapide. C’est durant cette période que les problématiques relatives aux services urbains (transport et collecte des déchets) apparaissent et prennent de l’importance. La réforme administrative de la ville, le chantier d’absorption des bidonvilles et la construction de la grande mosquée en 1986 montre la volonté du pouvoir royal de donner une nouvelle image spectaculaire à la ville de Casablanca. Volonté qui peut se retrouver aujourd’hui dans les grands projets immobiliers de la côte Casablancaise. A l’aube du nouveau millénaire, le phénomène de périurbanisation se précise. En effet, si la croissance démographique à l’échelle de la ville semble se stabiliser, les prévisions de croissance se concentrent dans la périphérie de la ville. Le recensement de 2004, montre le


phénomène plus précisément. Les communes centrales enregistrent une diminution de la population alors que les communes périphériques voient leurs activités et leurs populations croître. L’autre problématique est la place que doit entretenir Casablanca sur les marchés économiques qui se globalisent et se mondialisent. Pour continuer le travail initié dans les années 90 sur la qualité de vie et l’image de la métropole, des actions sont menées dans le cadre de la salubrité publique, du transport et de l’embellissement de la ville. Tout cela est complété par la volonté d’offrir un immobilier d’entreprise renouvelé pour affirmer la compétitivité de la ville.

16

C’est dans ce contexte que le nouveau SDAU voit le jour en 2008 rédigé par l’AUC. Le document développe une approche économique mais aussi sociale et environnementale du développement urbain. Concernant l’organisation spatiale, la création de trois villes nouvelles (Zenata, Lahraouiyine et Nouaceur) est imaginée pour contenir l’étalement urbain.

• ca

Histoire culturelle de Casablan-

Avant l’implantation du protectorat, la culture traditionnelle berbère sera la mieux représentée. En effet la reconstruction de la ville après la fuite des Portuguais est pensée par des Berbères et la ville est ensuite habitée par ce même peuple. La médina témoigne de cet héritage, même si son existence tardive en fait un objet historique très particulier.

némas, music halls, ... Cela donnera à la ville le surnom de la New York marocaine, soulignant sa modernité et son originalité par rapport aux autres villes africaines, même colonisées. Dans les années 1950, le sentiment nationaliste sera de plus en plus répandu et culminera avec les départs des colons et le retour du roi Mohamed V. Dans la période de décolonisation et d’émancipation, la culture française sera rejetée. Le patrimoine notamment sera abandonné, détruit ou peu entretenu. La complexité de cette double identité est commune à d’autres peuples anciennement colonisés qui doivent, une fois libérés, décider du sort des traces qu’a laissées l’occupant. Avec les années de plomb se produira une restriction de la liberté d’expression qui nuira à l’évolution de la culture à Casblanca. En effet sans le support du secteur public il se produira une tendance de privatisation de l’art, qui se destinera alors au élite et véhiculera une image ségrégative. Cet absence de soutien se traduira aussi par un manque d’investissement dans les infrastructures culturelles qui se retrouve encore aujourd’hui dans la spatialisation des équipements et la programmation culturelle proposée par la ville. En parallèle de mouvements culturels verront le jour, comme le mouvement hippie.

essor au début des années 2000 avec notamment le festival «L’boulevard» qui promeut les musiques actuelles. Ce mouvement a révelé deux choses : la créativité de la jeunesse marocaine et le manque d’infrastructure culturelle. Ce mouvement a été soutenue financièrement par la monarchie ce qui tranche avec la situation des années de plomb. Néanmoins, l’importance de ce mouvement n’est pas forcément celle que la presse lui attribue. Il concerne en effet que quelques discipline artistique, comme la musique, les arts visuels ou plus généralement les arts de rues. Notons toutefois, que le mouvement est né à Casablanca, qui prouve une fois encore sa modernité. La dimension culturelle de Casablanca est donc multiple, allant parfois à la contradiction, mais bien existante. Pour conclure ce rapide voyage historique, une phrase de Bernard Collet résume notre propos et ouvre le débat vers une dimension plus poétique. «Casablanca est une ville ultramoderne. [...] Elle a une âme vous diront les poètes, parlant peut être de ces traces d’un autre temps alors que son âme est plutôt dans cette modernité en mouvement, pas une mode apparue qu’elle ne capte aussitôt, pas un matériau, pas une technologie qu’elle ne s’approprie. Son âme est dans cet ultra présent que l’on sent vibrer. C’est ainsi, Casablanca aime ce qui est neuf. Elle recycle ses espaces, tout passe ou se transforme et c’est une caractéristique de l’esprit casablancais que de penser qu’au fond rien n’est fait pour durer.»

De nos jours, le développements des moyens de communication et du numérique à permis à de nombreux habitants un accès tout relatif à la culture. De même, la facilité d’accès de l’internet a permis à certains de partager leurs création de connaître une notoriété. D’autre part, les autorités locales ont constaté Enjeux : Définir les formes que doivent l’intérêt d’avoir une culture vivante au coeur de prendre la patrimonialisation dans un pays qui leur ville. C’est pourquoi dans les années 2000, a connu la colonisation. Au début du XXème siècle et avec l’inson peut voir un début de politique culturelle Conserver la tradition de modernité et tauration du protectorat, les étrangers venus émergée. d’expérimentation qui participe à l’identité de d’Europe et de toutes les régions du Maroc la ville vont affluer dans la ville. Il y a alors la propaLe mouvement Nayda, a récemment changation d’une culture du divertissement et du boulé la scène culturelle marocaine. Signifiant loisir qui se traduit par les nombreux cafés, cien darija «debout !», le mouvement prend son

15. Des Berbères, à la colonisation puis au mouvement Nayda


2. Contexte métropolitain a. Une ville en mutation

éclatée. Néanmoins, nous pouvons mentionner : est une ligne ferroviaire à grande vitesse (LGV) s’inscrivant dans un projet marocain ambiLe programme «Villes sans bidonvilles» tieux initié en 2005 par l’ONCF. Ce projet, bap: Il s’agit de la stratégie nationale de lutte tisé TGVM2 s’organise selon deux axes : Casacontre l’habitat insalubre. Il a constitué l’une blanca-Oujda et Tanger-Casablanca-Agadir. des priorités du gouvernement marocain dans La liaison Tanger-Casablanca est la première le domaine du développement social, de lutte étape de ce projet LGV Atlantique marocain. A contre la pauvreté et de l’exclusion en milieu terme, une liaison est envisagée avec le contiurbain. Ce programme, qui vise l’éradication 16. Projets à Casablanca de l’ensemble des bidonvilles, soit 362.327 ménages dans 85 villes et centres urbains, dont Casablanca.

Les pages suivantes présentent un aperçu des projets urbains engagés à Casablanca et dans sa périphérie immédiate. Le choix des projets s’est effectué selon l’information disponible et par leurs localisation au sein du tissu urbain de Casablanca. Les projets présentés montrent une tendance : le développement de l’économie tertiaire. Les nombreux programme de bureaux, dédié à l’offshoring notamment, traduisent une volonté d’orienL’initiative pour le développement huter l’économie de la ville et du royaume vers le main (INDH) : Elle vise la réduction de la pausecteur tertiaire. vreté, la précarité et l’exclusion sociale en cohérence avec les objectifs du millénaire. Dans une moindre mesure, le développement d’équipements de loisir, de tourisme et Le programme de réparation commude culture participe aussi à ce mouvement, nautaire porté par l’Instance Equité et Rédésirant créer un cadre de vie agréable pour conciliation (IER). L’initiative est lancée par Sa attirer une main d’oeuvre qualifiée et plus Majesté le Roi Mohammed VI le 18 mai 2005, exigeante en matière de qualité de vie, mais elle est réalisée à travers un partenariat entre aussi pour séduire les investisseurs. Ces projet l’Etat, les collectivités locales et les organismes phares montrent Casablanca sous les feux de internationaux. Le budget dédié à l’initiative la modernité, empruntant le style que l’on re- peut aider des projets de nature très différente trouve dans de nombreuses villes ou des pro- allant du sport à la structuration d’activités jets de telles ampleur ont été initiés tel Abu économiques Dhabi. Le nombre et l’importance de ces projets Les projets d’infrastructures ferroviaires contribuent fortement à l’économie du pays, (RER, LGV, Tramway) : Dans le cadre du PDU à noter que les chantiers offrent des emplois de la ville il est prévu l’arrivée prochaine d’un peu qualifiés à la population locale dans le ligne de RER de 63 Km, reliant l’aéroport Modomaine de la construction. L’évolution du hamed V à la ville de Mohammedia. Le projet chômage, dont le taux est passé de 20% à 10% mélangera des tronçons ferrés souterrains et en quelques années, dépend en partie de ces en surface pour s’insérer au mieux dans le tisgrand travaux.. su urbain. L’estimation du projet fait état d’un investissement nécessaire de 11 Mds Dh. Le D’autre projets sont menés dans le cadre Tramway est dès aujourd’hui opérationnel. des politiques de la ville ou des initiatives royales. Ils ne font pas l’objet de fiches car ils La liaison LGV Tanger-Kénitra-Casablanca sont répartis au coeur de la ville de façon trop

nent européen. Cela placerait Casablanca à environ 5h de Madrid et 9h de Paris. Enjeux : Face à cette ville en mutation il parait important de se positionner dans la dynamique des projets en cours, soit en l’acceptant pour profiter d’un effet d’aubaine, soit en la rejetant pour se distinguer.

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La répartition des projets laisse entrevoir une concentration sur la façade littorale, qui marque la volonté de retourner la ville vers la mer, et vers l’Ouest de Casablanca. L’Est de la métropole tout comme sa périphérie sud sont peut impactés par les grands projets prestigieux.

A proximité des abattoirs on note la présence de quelques projets importants, comme la zone logistique de Ain Sebâa, la ZAL MITA; la présence du premier co-working space de Casablanca et la gare de Casavoyageur qui accueille le tracé du tramway sur son parvis et accueillera une station de la LGV Casablanca-Tanger.


Casart

Surface : 25000 m² Prix : Programme : Une salle de spectacle polyvalente de 1800 places, un théâtre de 600 places, une salle d’exposition, des galeries d’art, une librairie, des commerces, des espaces de convivialité, réaménagement de la place Mohammed V Concepteurs R.Andaloussi

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:

C.Portzamparc

Surface : Prix : 400 M Dirhams Programme : Pôle d’échange multimodal (Gare 2500 m², bureaux 1000 m² et galerie commerciale, 8300 m²) et immeubles de bureaux (27 000 m²). Note :25 M de voyageurs par an Concepteurs : Arep, Groupe 3A Porteurs du projet : ONCF

et

Morocco Mall

Surface : 250 000 m² Prix : 2 Mrds Dirhams Programme : Offre commerciale, offre de loisirs (Cinéma, patinoire, Aquarium, ...), espaces verts (40 000 m² d’espace à usages mixtes)

Gare Casa Voyageur

Surface : 10 000 m² Prix : 300 M Dirhams Programme : Gare, espaces tertiaires, espaces de commerces. Note : Organisation en deux cours («atriums») connecter, franchir le faisceau ferroviaire. La place sud sera composée par un espace vert et un parvis piéton et un pôle intermodal) Concepteurs : ADBR - YKS Porteurs du projet : ONCF

Casa Near Shore

Surface : 300 000 m² de bureaux et de services Prix : 3.4 Mrd Dirhams Programme : Parc d’activités tertiaires dédié au offshoring et parc boisé de 53 Ha Note : 20 000 emplois sur site Services aux entreprises Concepteurs : Selon bâtiments Investisseurs : MedZ (Medz Soucring) Porteurs du projet : CDG

Concepteurs : Design international Investisseurs : Groupes Aksal, Nesk Investment et famille Akhnouch

Gare Casa Port

Anfa aéroport

Surface : 350 Ha, 4.3 M m² bâti Prix : 9.3 Mrd Dirhams Programme : Parc (50 Ha), equipement de Santé, lieu de culte, commerces, logements, loisirs, place financière de Casablanca, plan de transports intermodaux Concepteurs : Selon le quartier (8 au total) Investisseurs : CDG Porteurs du projet : Compagnie générale immobilière (CGI, cf CDG), AUDA


Avenue royale

Surface : 65 Ha Prix : 2.8 Mrd Dirhams Programme : Espaces publics, logements, commerces, bureaux et activités de loisirs. Notre : Destruction de 50 Ha de tissu urbain ancien qui implique le relogement de milliers de personnes. Investisseurs : SONADA, Fonds Hassan II Porteurs du projet :

Anfa Place

Surface : 90 000 m² Prix : 2.4 Mrd Dirhams Programme : Logement, bureaux (Club financier, salle de réunion), commerces et loisirs, hôtel et convention center Concepteurs : Foster and partners Investisseurs : Corporation Inveravante Porteurs du projet : Corporation Inveravante

Marina

Surface : 26 Ha Prix : 6 Mrd Dirhams Programme : Hotel de luxe, WTC Casablanca, cinema, bureaux, logements Concepteurs : Cabinet Y.Lyon Investisseurs : CDG, Promoteur privés, Ville, Etat

Tramway

Surface : Aucune Prix : 6.4 Mrd Dirhams Programme : 31 Km d’itinéraire, 48 Stations, rénovation urbaine Investisseurs : Casatransport SA, Etat (emprunt) Porteurs du projet : Casatransport SA

ZAL-MITA

Surface : 12 Ha, 35 200 m² Prix : 220 M Dirhams Programme : Messagerie, Stockage, Centre d’affaire, Bureaux Investisseurs : ONCF Porteurs du projet : Etat (politique nationale développement de compétitivité logistique)

Zone Sindibad

Surface : 70 Ha Prix : 2.5 Mrd Dirhams Programme : Parc à thème, zoo et musée archéologique, parc écologique et forêt récréative, commerces, restaurant et hôtel, zone résidentielle. Note : un bidonville occupait le site Concepteurs : Companie des Alpes Investisseurs : Privés et ville de Casablanca, Sindibab Beahc Resort (Sindibad Holding) Porteurs du projet : Ville de Casablanca

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b. Enjeux métropolitains : le SDAU

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consiste à organiser cette offre nouvelle de quartiers et de bâtiments tertiaires d’une manière qui puisse répondre aux demandes des entreprises et qui puisse bénéficier au développement de la métropole toute entière, en Comme nous l’avons vu précédemment, cohérence avec les impératifs d’accessibilité et Casablanca occupe une place importante dans de transport. le réseau des villes marocaines. Cette ville, véritable locomotive économique du royaume, foPour ce qui est de la géographie des acticalise les attentions de multiples acteurs. Ville vités secondaires, il y a une dissémination paradoxale, Casablanca est aussi le théâtre de des locaux d’entreprises en périphérie. Ces grands enjeux urbains affectant le bien être de locaux sont modernes et de meilleure facture la population mais aussi l’économie de l’agglo- que ceux du centre de Casablanca. Si plus de mération. Conscient de ces défis les acteurs du la moitié des surfaces aménagées pour des territoire ont formulé une stratégie pour à la industries se situe désormais hors de la ville fois développer le statut de la capitale écono- de Casablanca, les industries conservent leur mique et répondre aux problématiques inhé- emplacement historique à l’Est de la ville à rentes au tissu urbain. Le SDAU constitue la proximité du Port. Au niveau commercial deux transcription spatiale de cette ambition. phénomènes sont à mentionner. D’abord l’émergence des grandes surfaces en périphéNous utiliserons le diagnostique de ce do- rie de la ville, puis la concentration des comcument pour dresser un portrait rapide de la merce vers le Sud-Ouest de la ville, en direcville a son échelle métropolitaine. Puis nous tion de Bouskoura. analyserons la stratégie retenue par les acteurs du territoire pour comprendre comment Enfin, les secteurs du tourisme, et encore va évoluer la ville dans les prochaines années. davantage de l’artisanat, sont en stagnation et demeurent peu développés. Le potentiel • Le développement économique d’activités de loisirs, de tourisme culturel et de Le Maroc connaît aujourd’hui un ralentis- tourisme vert est nettement sous-exploité. sement de sa croissance économique et une Le SDAU fixe l’objectif d’un doublement stagnation de son marché de l’emploi, tout comme la présence d’un secteur informel des emplois et des surface accueillant des important, occupant une grande partie des activités économiques. Pour cela, il propose travailleurs mais produisant peu de richesse. d’abord des actions d’accompagnement qui Le rôle de Casablanca concerne donc deux concernent l’accueil des activités tertiaires, le développement d’une offre immobilière échelles, le local et l’ensemble du pays. de qualité en limite de l’agglomération ainsi L’économie du Grand Casablanca est au- que le structuration du secteur commercial. jourd’hui largement tertiarisée. Le secteur des Ensuite, il propose des actions de développeservices y occupe deux emplois sur trois. Les ment visant le secteur du tourisme (culturel, activités tertiaires identifiées au regard des vert et d’affaire) et celui de l’artisanat. opérations de bureaux développés à CasaAccompagner les évolution de l’économie blanca, sont diversement localisées, tout en privilégiant des localisations au coeur de l’ag- casablancaise en soutenant sa tertiarisation et glomération. Un des enjeux majeurs du déve- en diversifiant ses secteurs d’activité, notamloppement économique du Grand Casablanca ment le commerce, l’artisanat et le tourisme 17. Carte SDAU sur les emprise industrielles et commerciales et sur les principaux pôles commerciaux


• Une déficit en logement important •

La cohésion sociale

Si des progrès indéniables dans le développement humain ont été réalisés comme en témoigne la progression rapide des effectifs scolarisés, hausse de taux d’activité de la femme, recul de l’analphabétisme, de la mortalité ou hausse continue de l’espérance de vie, il subsiste un problème majeur : l’habitat digne pour tous. En effet l’offre insuffisante en logement pour les ménages à bas ou moyen revenu contribue a peupler les bidonvilles, mais aussi au surpeuplement de nombreux foyer. Il y a aussi la présence importante des logements de qualité très médiocre qui constitue un épineux problème car peu d’interventions sont possibles sans concerner l’ensemble d’un immeuble. C’est un problème de grande ampleur, car des estimations font état de 212.000 résident dans les bidonvilles, dans des logements vétustes ou menaçants ruine et dans l’habitat non réglementaire. Dans un autre domaine, l’analphabétisme est encore répandu à Casablanca, toutefois dans des proportions moindres qu’à l’échelle du Maroc ou du Grand Casablanca.

La population du grand Casablanca s’accroît chaque année d’environ 55000 habitants. L’augmentation de population se concentre dans le tissu périurbain et dans les préfecture périphériques. Si le taux d’accroissement moyen est de 1.5%, il n’est que de 0.8% pour la préfecture de Casablanca et même négatif pour son hyper-centre. On assiste aussi à un mouvement classique de l’évolution démographique par la diminution de la taille des ménages. Ce phénomène alimente la demande en logement qui est toujours croissante, malgré un effort considérable de construction. En effet, par un régime dérogatoire au SDAU de 1985, 24 000 logements ont pu être construits par année entre 2000 et 2004.. Néanmoins des estimations indiquent qu’il serait nécessaire de construire 30.000 à 38.000 unité par an. Le problème a résoudre est l’inadéquation entre les prix de logement et les capacités financières des ménages.

18. Carte SDAU montrant le phénomène de périurbanisation

L’approche promue dans le SDAU est focalisé sur la construction. Le document fixe comme objectif la résorption de l’habitat sommaire et en bidonville (plus de 2000 hectares à traiter dont 1000 pour les seuls bidonvilles) et la production de 800.000 logements à l’horizon 2030 (dont 660.000 pour les nouveaux ménages et 140.000 pour le renouvellement du parc).

La cohésion sociale est très difficile à atteindre par des préconisations d’odre spatial, elle dépend plus d’une synergie de politiques. Néanmoins, sur les éléments identifiés dans le diagnostic, l’emploi et l’habitat. La stratégie, en complément de celle énoncée précédemment vise la résorption de l’habitat insalubre Enjeux : Un déficit en logement conséquent et ce par divers moyens : le programme villes qui aboutit à un programme de construction sans bidonville, la constitution d’une offre de ambitieux logement décent et abordable, .... Enjeux : La métropole fait aujourd’hui encore, face à des problématiques sociale forte comme l’anaphalbétisme ou la présence de bidonville. Pour gagner en compétitivité elle devra résoudre ces questions

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19. Des immeulbes insalubre à l’habitat indigne


tains quartiers ou à proximité des équipements générateur de déchets comme les marchés. La • Un environnement dégradé présence de décharges sauvages constitue un Le Grand Casablanca se caractérise par un fort risque pour l’environnement. environnement dégradé et d’importantes nui• Un développement urbain qui sances. ignore les risques environnementaux et tech• Un manque de végétation criant nologiques Comme énoncé précédemment, certaines La desserte des quartiers d’habitat par des espaces verts urbains est nettement en des- industries se trouvent à proximité directe du sous des normes requises, avec moins d’1 m² centre de la ville et des unités d’habitation. En par habitant au lieu de 10 m² (norme OMS). plus de leurs nuisances, ces activités sont aussi D’autre part la répartition du peu d’espace vert génératrices de risques, à titre d’exemple la existant se concentre au centre et à l’Ouest de présence des dépôts de liquides inflammables la ville, ce qui a pour conséquence l’existence à quelques dizaines de mètres des zones d’hade quartier avec une très forte minéralité. Si bitat collectif à proximité du port de Casablancela est préjudiciable pour la biodiversité, c’est ca pose la question de vulnérabilité en cas surtout la dépréciation du cadre de vie qui d’accident ou de catastrophe naturelle.

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attire l’attention des autorités. Notamment, le Au niveau des risques naturels la ville est développement des services ecosytémiques offert par la nature en terme de dépollution ou soumise aux aléas d’inondation (Oued Bouskoura), de séisme et de Tsunami. On note une d’ilôt de fraicheur. vulnérabilité forte du fait d’une mauvaise • Une ville soumise à de forte nuis- appréhension du risque dans les documents d’urbanisme ou d’une mauvaise application sances Du point de vue sanitaire, un grand de ceux-ci. En témoigne la construction sur le nombre de casouis sont sujet à des problèmes lit des Oueds ou d’autres cours mineurs, qui d’asthme et d’infections des voies respiratoires même asséchés constituent l’exutoire naturel dus à la pollution. Celle-ci dépasse largement des précipitations. le seuil tolérable dans la capitale économiques du royaume qui n’a pas encore entamé sa «dépollution». Cette pollution provient des zones industrielles encore en activité et à proximité du centre ville, mais aussi des émissions de polluant par le secteur des transports.

22. Carte SDAU des nuissance et pollutions industrielles

Enjeux : La ville présente peu d’espace vert de qualité et est soumise à de fortes nuissances, qui sont ignorées ou minimisées. Le cadre de vie est primordiale pour atteindre les objectifs que s’est fixé la ville.

La pollution touche aussi les nappes phréatique et l’océan dans lequel sont rejetées les eaux Outre la pollution, d’autre nuisances proviennent des réseau et services urbains, notamment concernant les déchets. Malgré les avancées réalisés par les opérateurs, la gestion des déchets reste un sujet sensible dans cer20. Déchets dans une rue de Casablanca

21. Carte des espaces verts de Casablanca


Néanmoins, Casablanca bénéficie d’un • Un niveau d’équipements inégal réseau routier dense, quoique parfois insuffisamment maillé, et d’un réseau de qualité. La D’une part, il est constaté un manque ou ville a une position nodale entre le Nord et le une offre limitée de certains types d’équipe- Sud du Maroc. ments, tel les équipements culturels et de loisirs La faiblesse du cadre institutionnel partiou les équipements similaires à des palais des congrès, d’autre part la question de la réparti- cipe de son côté à la dégradation des transtion géographique est posée. En effet le mou- ports en commun. En effet, l’insuffisance des vement des populations vers la périphérie n’a textes législatifs et réglementaires relatifs à pas forcément été suivi par un effort d’équipe- l’organisation et la gestion des déplacements ment suffisant et certains secteurs présentent urbains sont peu développés face à la multipliune concentration extrême comme le secteur cité des acteurs et la diversité des modes. hospitalier. Enfin pour assurer l’attractivité de la ville, la constitution d’une main d’oeuvre qualifiée rend nécessaire le développement de l’offre universitaire, avec l’ambition exprimée dans le SDAU de multiplier par 4 les capacités actuelles à l’horizon 2030. Enjeux : Mettre à niveau le réseau d’équipement constitut une priorité pour améliorer les conditions de vie des habitants

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• Une ville au bord de la congestion

Le contexte urbain de Casablanca est en perpétuelle mutation. Il est marqué par une évolution rapide du cadre socio-économique : accroissement démographique, forte extension urbaine, prolifération des activités génératrices de trafic, accroissement des besoins en déplacement. Face à cette évolution se trouve une mobilité urbaine inadaptée. La faible part des transports publics et la précarité des modes collectifs en place induisent une marche à pied très développée et un accroissement de la motorisation individuelle. Cette multiplication des flux crée des congestions importantes sur certains carrefour ou aux passages des voies ferrées. Générant, en plus des émissions polluantes, des nuisances sonores.

24. Congestion routière et conflit d’usage

23. Carte SDAU sur les lignes de transports collectifs et sur la saturation du réseau routier


Enjeux : Améliorer l’accessibilité et les conditions de mobilité est un enjeux majeur pour le développement et la durabilité de la métropole

3. Hay mohammadi - Roches noires

Développement urbain

Casablanca, de par son histoire, a une organisation urbaine plutôt maitrisée, alliant une importante compacité et un maillage viaire efficace. La tradition de planification de la ville aboutit à une relative spécialisation des espaces, mais cependant n’a pas permis d’éviter un important étalement urbain, qui prend place depuis deux décennies. Il apparaît donc important de maîtriser ce phénomène, mais aussi d’initier une politique de «mise à niveau» des quartiers ou zones industrielles dégradées.

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Le développement urbain représente un enjeu à la fois quantitatif et qualitatif. Il s’agit, en effet, de prévoir et de maîtriser la poursuite de l’expansion urbaine de la métropole de manière à la rendre plus cohérente et plus fonctionnelle ; mais il s’agit tout autant de veiller à ce que ce développement ne porte pas atteinte à ce qui fait l’identité de la ville, à ses aménités, à ses espaces fragiles et à ses ressources naturelles. La pression urbaine qui continuera à s’exercer dans le Grand Casablanca sera canalisée par le nouveau SDAU, qui localise l’essentiel des extensions dans les pôles périphériques. Le SDAU préconise aussi la mise en valeur du patrimoine urbain car il participent au maintien de l’identité, du rayonnement et de l’attractivité du Grand Casablanca.

25. Situation du site et des arondissements étudiés

a. Approche géographique

Roches Noires ( superficie : 7.18 km²). Ces deux arrondissements font partie de la préfecture d’arrondissement d’Aïn Sebâa Hay Mohammadi. Ils sont situés à l’Est de la ville à proximité du port.

complète sur les arrondissements de Hay Mahammadi et de Roches Noires. Il s’agit plutôt d’une analyse qui se focalisera sur le périmètre de 1000m, mais nécessitera pas a chercher des éléments plus éloigné pour comprendre la situation.

Enjeux : Contenir l’étalement urbain par l’utilisation des opportunité foncière à proxiLe site des abattoirs est situé dans l’arronmité du centre ville et de mise à niveau des Cette partie du diagnostique va se focaliser dissement de Hay Mohammadi (superficie : quartiers les plus dégradés Enjeux : Dépasser ou tirer profit de la situa4.2 km²). Cependant, le périmètre d’étude qui sur le périmètre du projet. Nous n’allons donc est de 1000m s’étend sur l’arrondissement des pas y vous présenter une étude exhaustive et tion d’entre deux ?


b. Approche historique

est expérimentée dans le quartier, même si elle est devenue difficilement repérable aujourd’hui. De Hay Mohammadi partira les révoltes de la résistance contre l’occupant français, en 1953, (dite la révolte des Carrières centrales), après l’exil du Roi Mohammed V. Pour lui rendre hommage, c’est le premier quartier casablancais où il se rendit après son retour. Mohammed V fut surnommé «le Roi des Carrières centrales». La bâtisse Jamaâ Al Malik (mosquée du Roi) érigée à l’occasion de cette visite en est encore un témoignage vivant.

Hay Mohammadi avec les roches Noires et Ain Sebaa, constituent les quartiers « Est » industriels de la ville. Hay Mohammadi est un quartier réputé pour son côté populaire et sa pauvreté, son histoire politique lourde, et ses expérimentations urbaines (bidonvilles, habitat pour tous, trame Écochard,…). Roches Noires est célèbre pour l’histoire de sa création et pour avoir accueilli de nombreuses industries. A travers une brève introduction historique, nous allons découvrir le passé de ces deux quartiers, toujours dans l’optique de comprendre le contexte dans lequel notre projet va s’insérer.

Dans les années 1970, le quartier abrite le mouvement de résistance culturelle incarné par Nass El Ghimane et des soulèvements de la

Hay Mohammadi

Hay Mohammadi a vu le jour dans les années 1920. Situé à l’est de la ville et à proximité du port , de nombreux terrains sont identifiés très rapidement comme des zones d’accueil des industries, c’est ainsi que les cimenteries Lafarge, les usines Cosumar ou les ateliers des chemins de fer s’y implantent. Pour bénéficier des emplois qui se crééent dans les industries, des Marocains de tout le royaume migrent vers Casablanca et, faute de logement accessibles ou approprié, construisent des habitations précaires qui forment ce qui se nommera par la suite des bidonvilles.

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(Sousica, Al Koudia, ...). Si la diversité culturelle est de mise, le dénominateur commun reste la pauvreté. C’est un quartier enclavé, mal desservi et sous haute surveillance durant le protectorat. Historiquement, Hay mohamadi a entretenu peu de rapports avec le quartier voisin des Roches Noires, organisé autour de la gare Casavoyageur. En effet, dans les années du protectorat, les populations pauvres pouvaient parfois être rejetées de la ville européenne par les forces de l’ordre.

La majorité des tribus et des régions du Maroc sont représentés au sein du plus grand bidonville de l’époque : les carrières centrales, qui ont accueilli les vagues successives d’exode rural. Les arrivants qui n’étaient pas recrutés par les grandes usines, devenaient marchand ambulants ou petits artisans. Outre cet habitat Avec l’application du plan de M. Ecochard, précaire, au fil du temps se développe des cile quartier bénéficie de grand travaux lié a la tés ouvrière qui marque l’évolution du quartier résorption de l’habitat insalubre. La Trame 8x8

classe populaire y ont lieu en 1965 et en 1981. Hay Mohammadi a été la cible d’une forte surveillance et d’une répression systématique durant les années de Plombs, en partie à cause de ces deux évènements, et du fait de la présence du centre de torture et de détention arbitraire Derb Moulay Cherif, qui fut l’un des principaux du Maroc. Néanmoins, cette tendance contestataire se reproduira au milieu des années 90 avec la présence d’un nouveau mouvement de résistance culturelle et identitaire. Hay Mohammadi est historiquement un quartier d’immigration mais aussi d’expérimentation urbaine. Son lourd passé pèse encore dans la mémoire collective


village natal, lié par une promesse à sa femme. l’histoire ouvrière de Casablanca

Roches Noires

Le quartier accueille rapidemment des industries lourdes liées à la mécanique ou l’usine de production électrique et plus tradivement des usines liées à la pétrochimie. La pollution du quartier a pour conséquence que le peuplement de certains espaces est interdit aux colons européens, mais non aux autres populations. C’est une des raisons pour laquelle aujourd’hui des habitations cotoient des industries dangereuses.

On voit ici comment les deux quartiers ont une origine différente. Si la création des deux quartiers relève d’une action spontannée, elle difère par les buts et les acteurs qui sont en cause. Roches noires est développé par un entrepreneur avisé qui cherche à rentabiliser les terrains qu’il possède, alors que Hay Mohammadi se peuple, sous forme d’habitat précaire, par les travailleurs qui ont besoin de se loger.

Le quartier tire son apellation des deux rochers qui ponctuent l’horizon. La création de ce quartier remonte à quelque année après l’établissement du protectorat. A cette époque , un village se constitue. Le mythe attribue à un certain M.Lendrat la construction d’une grande partie du quartier. Il aurait acheté les terrains avant que ceux-ci ne soit ciblés par la plannification du plan Prost. Il réalise alors une opération immobilière très profitable. Pour • Dimension culturelle et ambiLa partie résidentielle accueille les ouvriers couronner sa réussite, il fera construire une tion régénérative du Hay église en 1929, l’église Sainte Marguerite, selon européens majoritairement français, italiens et Au niveau culturel, le quartier Hay Mohamdes plans similaires à ceux de l’église de son espagnols. Mais aussi, au fur et à mesure de la madi a donné naissance à une certaine élite construction du quartier, des travailleus maroqui touchait les domaines politique, culturel cains qui s’établiront dnas le quartier séduit et artistique. Des lieux mythiques ont favorisé par la proximité de leur lieu de travail. cette émergence :

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26. Le passé industriel des Roches Noires

Le quartier des roches noires est ainsi parta• Dar Chabab (la maison des jeunes) : gé entre plusieurs dualité : Quartier européen L’origine de cet équipement remonte dans les et marocain, quartier résidentiel et industries années 1950, une tuerie eut lieu aux abords du lourdes,... Il est néanmoins indisociable de marché central, perpétrée par des soldats du protectorat contre la population du quartier. Considérant qu’ils avaient une dette vis-à-vis de ces victimes, certains responsables politiques font construisire Dar Chabab, un complexe socioculturel, le premier de son genre à Casablanca, qui servait à la fois de bibliothèque, d’école de théâtre et de musique, et de lieu de divertissement. Ce complexe est 27. Lieux mythique au Hay aujourd’hui encore utilisé et bénéficie d’une tier était un formidable vivier pour les équipes grand renommée. nationales ou internationales. Cependant le • Le cinéma Saâda, construit dans les TAS n’a gagné aucun trophé de toute son exisannées cinquante a abrité des meetings poli- tence. «C’est l’esprit même du Hay: on donne tiques durant lesquels des leaders de l’oppi- mais on ne se sert pas. C’est l’une des spécificisition venait discourir devant une population tés de notre quartier», souligne l’écrivain Hasnombreuse (le Parti de l’Istiqlal, le parti de la san Naraiss. Choura, ...) • Le collège Al Moustakbal : après l’indé• Le terrain «Al Hofra» où évoluait pendance du Maroc, la construction du quarl’équipe du TAS. L’équipe, dont les joueurs tier continua, tout comme la construction de étaient majoritairement originaires du quar- lieu emblématique. Il est nécessaire de men-


Voici une brève liste des artistes issu du tionner le collège Al Moustakbal, un établissement technique et de formation profession- Hay, qui ont marqués pour certains l’histoire tout du Maroc : Nass El Ghiwane, Masnawa, nelle spécialisé dans la mécanique. Lamchaheb, Siham, Ajil et Foulan, Masrah al Hay, Lahcen Zinoun, Tarik Bakhari, Kira Moha• L’école Okba Ibnou Nafie med, Mohamed Miftah, Omar Sayed, Larbi Batma, Boujmie, La troupe de théatre Kira 13 r • La résidence Dar Laman Ces lieux mythiques ont été arpentés par de nombreux habitants et ils ne sont pas étrangers à l’ermergence d’une élite intelectuelle dans le Hay Mohammadi. En effet de ce quartier sont isuss des sportifs de haut niveau, des artistes engagés et de nombreux politiciens et syndicalistes opposants, expliquant partiellement sa marginalisation par le précédent régime. 28. Carte de localisation des sites historiques

Aujourd’hui, le quartier se sort progressiveEnjeux : Intégrer l’arrondissement du Hay ment de cette situation, se défait doucement Mohammadi à l’ensemble de la métropole. de l’image de quartier glauque et dangereux Perpétuer la tradition d’excellence cultuqu’il a longtemps incarné et abrite une société relle de ce quartier et doter ce quartier des civile dynamique et engagée qui milite dans infrastructures nécessaires les domaines sociaux, éducatifs, culturels, et Unifier deux quartiers aux origines diverses sportifs. Certaines association cherchent à promouvoir ce quartier défavorisé telles que : l’asLe quartier présente toujours une forte sociation Adil Alwaref de Zaraba,l’association composante industrielle et souffre d’un sociale Dar lamane, l’association IBNOU ROmanque flagrant d’équipements culturels et CHD. d’espaces verts. Néanmoins de initiatives privés tentent de combler le manque comme le « Et aujourd’hui, ce même Hay essaie de racafé-club socioculturel Bachar-El-Khayr de Hay nimer le meilleur de son passé et d’en enterrer Mohammadi, situé juste derrière derb moulay le pire. » cherif. 29. Nass El Gliwhane

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4. Les grandes caractéristiques du territoire a. Des quartiers présentant une importante mixité fonctionelle

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la qualité des bâtiments (vitres brissés, toit ouvert, porte cadenassée, ...) Les équipements publics : Ils présentent la même caractéristique que les ensembles industriels en termes de répartition spatiale. Ils peuvent être communément disséminés dans le tissu urbain, mais il existe une concentration d’équipements public dédiés à l’éducation autour de rue Ibn Hazam La villette. On y Lors des premières visites au sein du péri- retouve plusieurs école primaire, un collège, mètre d’étude ce qui nous a frappé c’est la deux lycées et un centre de formation profesmultitude de fonctions qui s’entremêlaient ou sionnelle. se juxtaposaient au fil de rue. Les entités commerciales sont présentes Si certains espaces sont plus orientés vers de façon diffuse dans l’ensemble du périmètre une fonction en particulier, à l’échelle de notre d’étude. On observe une spécilisation de ces étude nous ne pouvons dégager la domination commerces vers l’outillage et l’entretien autod’une fonction en particulier. Se côtoient ainsi mobile. Cette spécialisation s’explique par la des ensembles residentiels, des ensembles in- qualité des infrastructures portuaires pour dustriels, des équipements publics et des enti- l’importation des pièces mécaniques et routières pour l’accès des clients. La présence tés liées aux commerces et aux services. d’un lycée proposant une formation relative Les ensembles résidentiels : Ils sont présent à la mécanique et à l’entretien automobile sous la forme d’immeuble collectif, avec une peut aussi expliquer cette caractéristique. Les majorité de bâtiment R+4 ou R+3. Il ne s’agit services sont moins présents que les autres pas d’une cité d’habitat mais d’unité d’habi- fonctions, mais il est possible de trouver des tations gérées individuellement, qui forment bureaux et des banques le long des axes pringénéralement des fronts bâtis structurant le cipaux. paysage urbain. Enjeux : Maintenir la diversité des fonctions, Les ensembles industriels : Ils peuvent mais le faire dans le respect des habitants en êtres disséminés dans le tissu résidentiel ou diminuant les nuissances générées. regroupés au sein d’ilôts. Les activités présentes varient entre la chimie et la mécanique. Les unités industrielles sont de tailles et de factures diverses. Certaines sont l’héritage des premières constructions sous le protectorat, alors que d’autres semblent plus récentes. Un nombre important de ces bâtisses sont inutilisées ou non entretenues. Faute de données En 2010, l’arrondissement de Hay Mohamofficielles, notre recensement c’est fondé sur madi est peuplé par 167 704 habitants et

b. Une population qui reste jeune et défavorisée

l’arrondissement des Roches Noires est peuplé par 106 045 habitants. Dans ces arrondissements la population est restée quasiment stable entre 2004 et 2010, une légère augmentation est prévu en 2015.

Roches Noires

Hay Mohammadi

A l’échelle de la préfecture d’arrondissement, la moitié de la population est âgée de moins de 30 ans et seulement 20% est âgée de plus de 45 ans. Il s’agit donc d’une population très jeune. L’analphabétisme est présent dans les deux arrondissements, avec en 2004, 17% de la population de l’arrondissement des Roches Noires et 24% de la population de l’arrondissement de Hay Mohammadi. On note que les femmes sont plus touchée par l’analphabétisme, de même on note la différence entre les deux arrondissement. Le taux d’activité est similaire pour les deux arrondissements, il y a environ 41% de la population totale qui travaille. Du point de vue du logement, la taille des ménages est similaire pour les deux arrondissement, elle se situe à 4.8 personnes par ménages et l’on note une tendance à la diminution. Pour l’arrondissement de Roches Noires le logement est dominé par des appartements dont les habitants sont majoritairement propriétaires. Il s’agit d’un parc relativement agé avec presque 65% des logements construits avant 1984. Enfin les ménages sont relativement bien équipés. Pour l’arrondissement de Hay Mohammadi le logement est dominé par la présence de maison marocaine dont les habitants sont majoritairement locataires. Il s’agit d’un parc ancien avec 75% des logements construits avant 1984 dont 35% construits

30. Graphiques socio-démographique


avant 1954. Les logements possèdent les équipements de base mais comparés à l’arrondisAu niveau des équipement sportif, dans sement des Roches Noires il sont moins bien les deux arrondissement concernés par notre • Infrastructures Transport public équipés. étude on dénombre en 2010 6 terrain de basket, 2 terrain de football accrédités, et 7 terLa gare Casa voyageur Enjeux : Adapter le projet aux populations rains de volley ball, 1 salles de sport et 41 salles La gare de Casa-Voyageurs est l’une des existantes d’arts martiaux. Cela pour plus de 250 000 ha- plus importantes gares ferroviaires du Maroc. bitants Elle est située sur le boulevard Mohammed V de Casablanca. Construite durant le protectoCes deux exemples sont représentatifs rat français, elle est, entre autres, l’un des arrêts de la situation des autres équipements. Mais d’Al Bidaoui, système de transports en comfaute de statistiques la démonstration n’est mun de l’agglomération casablancaise. Elle pas faisable. Accueillera prochainement, la Ligne à grande vitesse (LGV) et bénéficieront à cette occasion Enjeux : Compléter et diversifier l’offre en de travaux, qui permettront entre autre de traéquipements versé le faisceau ferroviaire. L’arrondissement des Roches Noires béné-

c. Un réseau d’équipement insuffisant et peu diversifié

ficie d’une proximité plus importante avec le centre et souffre donc moins du manque d’équipement. La situation est la plus préoccupante dans l’arrondissement de Hay Mohammadi. Si les investissements durant les années de plomb ont délaissés l’arrondissement, l’état des lieux restent similaire aujourd’hui. Rapellons que Hay Mohammadi représente environ 150 000 personnes

H

Etant desservi par la ligne de tram, le quartier Hay Mohammadi est désormais ouvert sur le reste de la ville. Le quartier compte 2 stations situées au niveau du Boulevard Ba Hmad et de l’Avenue Aviateur Bourgadam.

Les abattoirs sont ainsi accessibles par le Tram. Les entrées se situent respectivement à 300 mètres et 600 mètres de la station Bd Ba Le Tramway L’arrivée du Tramway à Casablanca s’est Hmad et à 650 et 550 de la station Les anciens faite en décembre 2012. Ce nouveau mode abattoirs. de transport a réduit le trafic automobiliste Bus d’après les premières impressions des citoyens • Infrastructures routières Le quartier étudié est uniquement desservi «Le tramway a résolu plusieurs problèmes de transports à Casablanca. Les embouteillages par un bus du réseau M’dina bus qui dessert La zone d’étude est desservie à l’ouest par que nous observions durant les heures de la région du Grand Casablanca, il s’agit de la la route nationale N1 constituant une artère de la ville. La N1 traverse la ville de Casablanca tout en la reliant aux banlieues et villes voisines (Mohammedia, El Jadida, Rabat). Malgré son état dégradé au-delà du périmètre urbain, cette route reste fréquentée.

d. Un territoire connecté

La situation des hopitaux au sein de la préfecture d’arrondissement est marquante. On note une rotation de 113% des lits avec un intervalle de rotation de 0.60 jour et un total de 60 entrées par jour, qui est le plus haut taux de Casablanca. Cela montre la tension et A l’est, on retrouve l’autoroute A3 traverle besoin relatif et le manque de réponse qui sant à son tour la ville et desservant les mêmes implique une surutilisation des infrastructures villes que la N1. A l’intérieur de Casablanca, existantes. l’A3 marque une forte rupture urbaine. Carte à refaire.

Formations supérieures Hôpitaux ou centre hospitalier

pointe ont diminué » . D’autre part, ce moyen permet plus de sécurité dans les déplacements urbains des casablancais « Le tram a un peu résolu les difficultés que nous rencontrions par le passé dans les transports urbains à Casablanca. Des scènes anormales étaient sans cesse constatées dans les bus. Le tram un moyen de transport plus sécurisé .

La proximité de grands réseaux routiers (A3 et N1) fait des abattoirs un site accessible aussi bien pour les habitants de Casablanca que par les habitants d’autres villes. Néanmoins, les grandes voies telles que l’A3 et la N1 ainsi que la présence de la voie ferrée contribuent à l’enclavement du quartier Hay Mohammadi. La continuité urbaine n’est pas assurée. 31. Carte des infrastructures de transports

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dégradé

30

ligne 87. Elle dessert l’hôpital Ibn Rochd, la gare Casa Voyageurs, mais aussi les quartiers girondes et horloge. Cela représente en tout L’état de l’environnement à Casablanca un trajet de 10km sur lequel les bus circulent avec une fréquence de 5 min. A l’échelle des montre sa dégradation progressive et danarrondissements il y a bien-sûr d’autre lignes gereuse à tous les niveaux : pollution de l’air de bus comme en témoigne la carte du réseau. et des eaux, énormes difficultés de collecter, d’évacuer et de recycler les déchets, détérioration du paysage et du cadre de vie, etc. Les • Stationnement enjeux environnementaux de la grande métropole sont donc énormes. Au cours de nos ballades urbaine nous avons pu constater qu’à l’échelle de notre périLa qualité de l’air sur Casablanmètre d’étude la question du stationnement • se pose de façon cruciale. D’une part il n’y a ca : des résultats inquiétants pas forcément d’infrastructure pensée pour le stockage des véhicules, mais lorsqu’elle existe Au Maroc, le coût de dégradation de la celle-ci n’est pas respectée. Le problème se qualité de l’air a été évalué par la banque pose par le nombre de voitures qui sont sta- mondiale, à 3,6 milliards de Dirhams par an. La tionnées mais aussi par la façon dont celles-ci prise en compte de la protection de la qualité sont stationnées. Ce constat vaut à l’échelle de l’air dans les politiques sectorielles (l’énerdes arrondissement, où ponctuellement on gie, les transports, l’aménagement du terriretrouve cette problématique. La présence de toire …) est une nécessité impérieuse. véhicule stationnés illégalement se retrouve autour de certaines centralités. Dans les zones La Loi du 12 mai 2003 sur l’air reconnaît à où le stationnement est libre, ces besoins sont chacun le droit de respirer un air de qualité. mal assurés et les visiteurs trouvent difficile- Cette loi vise la prévention et la lutte contre ment des places sur la voirie, ce qui pénalise les émissions des polluants atmosphériques le fonctionnement des activités et induit des susceptibles de porter atteinte à la santé de nuisances fortes L’offre quantitative et le prix l’homme, à la faune, au sol, au climat, au patridu stationnement a été désigné comme pro- moine culturel et à l’environnement en généblématique par les études relative a l’établisse- ral. ment du PDU de Casablanca. L’air de la grande métropole est fortement Analyse qualitative des espaces de station- pollué. Cette pollution atmosphérique pronement devant les abattoirs. Évaluation du vient essentiellement des émissions des unités flux des voitures sur les voies industrielles et des transports. Dans ce cadre, la région du Grand Casablanca s’est dotée d’un Enjeux : Solutionner les problèmes ponc- large réseau de surveillance de la qualité de tuels de stationnement et de congestion l’air comprenant 12 stations, dont la station Assurer les continuités piétonnes jusqu’au ONCF qui se situe dans le périmètre de notre transport en commun étude, à savoir Ain Sbaâ- Hay mohammadi.

e. Un environnement

L’indice de la qualité de l’air est calculé sur une journée (de 0h à 24h). Quatre polluants sont utilisés: le SO2, le NO2, l’O3 et les PM10

; ces espèces chimiques sont considérées pour 2011 de la Direction de la météorologie comme les indicateurs principaux de la pollu- nationale (DMN) donne des résultats inquiétion atmosphérique. tants. La pollution atmosphérique dans la capitale économique du Maroc n’aurait pas atteint Selon le bulletin annuel de la direction de la gravité des villes polluées comme Mexico météorologie nationale paru en 2011, la sta- ou Athènes. Cependant des pics de pollution tion ONCF a enregistré 17% du temps de fonc- importants sont constatés dans plusieurs entionnement un air de qualité mauvaise à très droits de la ville et en particulier dans la zone mauvaise à cause de la pollution soufrée. Ain Sbaâ-Hay Mohammadi. L’enjeu serait donc d’avoir un quartier avec une meilleure qualité de l’air avec moins de gaz polluants à l’échelle locale et moins de gaz à effet de serre dans une échelle plus globale afin de garantir une plus grande qualité de vie aux habitants.

• Une gestion des déchets peu efficace et un cadre de vie dégradé

La gestion des déchets du Grand CasablanEn effet en 2011, le seuil d’information rela- ca est partagée entre trois sociétés : TECMEC, tif au dioxyde de soufre, préconisant 350µg/ SEGEDEMA et SITA el Beida. m3 en moyenne horaire, a été dépassé 30 fois Comme illustré sur la carte, la gestion des au niveau du quartier industriel AÏn Sebâa-Hay Mohammadi, quant au seuil d’alerte relatif au déchets au niveau de Hay Mohammadi est assurée par TECMED. Cette dernière rencontre même polluant (SO2), il a été dépassé 7 fois. des problèmes de vol et de casse des bacs Dans la même station, pour le dioxyde par les habitants. Par conséquent, les ordures d’azote la procédure d’information aurait été ménagères se retrouvent sur la voie publique. déclenchée une fois pour l’ONCF et la pollu- Ceci crée une pollution visuelle et olfactive tion due aux particules a engendrée, durant majeure. l’année 2011, 46 dépassements.

32. Stations ONCF

L’étude sur la qualité de l’air à Casablanca

33. Répartition des gestionnaires de déchets à Casablanca


35. Coupe topographique du territoire

TECMED se plaint aussi des marchands sieurs type : ambulants qui génèrent des déchets (fruits et légumes pourris) sur le long de leur parcours La pollution sonore : Elles sont dus prinjournalier. cipalement au trafic de véhicules. Elles se ressente avec la plus grande intensité le long des axes majeurs. Mais elle peuvent aussi provenir des multiples activités qui côtoient les logements. D’autre part, la présence d’une ligne ferroviaire importante qui traverse les quartiers induit en plus du phénomène de rupture des nuisances sonores. Rappelons que l’impact du bruit sur la santé a de nombreuses fois été prouvé, au delà d’une certaine intensité et d’une durée d’exposition des troubles grave peuvent apparaître.

tamment pour le marché au poulet. La grande halle n’a pas été prévue pour accueillir ce type d’activité et malgré les petits travaux d’aménagement la situation reste aujourd’hui toujours problématique. Les règles d’hygiènes n’y sont pas respectés, des journalistes ont constaté la présence de cadavres d’animaux à l’air libre . De même la cohabitation avec les activités anciennement liées aux abattoirs, qui sont pour certaines toujours présentes, est source de nuisances. Il s’agit d’étable où le bétail est stocké sans qu’aucun contrôle sanitaire ne semble être fait.

Enjeux : Diminuer ou intégrer les nuis34. Déchet dans la rue sances dans le processus d’aménagement D’autre part, le non-respect des horaires La pollution atmosphérique : Comme pour proposer un cadre de vie plus attractif de passage des camions de collecte par les précisé précédemment la pollution atmosphécitoyens augmente leur durée d’exposition à rique est une grande problématique à l’échelle • La topographie l’air libre, aux insectes et aux animaux errants. de notre périmètre d’étude mais aussi pour la Sur le plan physique, la ville de Casablanca ville entière. est située au bord de l’océan atlantique. Le terLes terrains vagues et les lots non clôturés ritoire est marqué par un dénivelé important sont souvent reconvertis à des décharges loLa cohabitation entre logement et in- entre son point bas (le niveau de la mer) et son cales. Ce phénomène est concret au voisinage dustrie ou commerces liés à l’industrie : Les point haut (150 m). du site des anciens abattoirs. Malgré la collecte nuisances générés par la spécialisation des acrégulière des déchets, certains terrains restent tivités dans le quartier vers la mécanique autoLe site a un relief relativement plat (+23m). remplis d’ordures ménagères. mobile et la présence d’industrie sont à la fois Au sud, le quartier « Hay Mohammadi » sursonore, atmosphérique mais il y a aussi une plombe les abattoirs (+ 30m). Au nord, au La présence du marché de poulet à proxi- production de déchets. En effet l’utilisation quartier des roches noires, on perd 20m d’altimité des anciens abattoirs aggrave la pollu- de l’espace public pour certaine réparation ou tude sur à peu près1km. Du sud au nord, soit tion du site. le rejet de pièces ou de produits lié à l’activité une pente de 1,7%. contribue à la production de nombreux déchets • Etat des nuissances au sein du

quartier

La cohabitation entre logement est les Au sein du périmètre d’étude plusieurs nuiautres activités : La présence de certaines sances peuvent être recensé. Elle sont de pluactivités est véritablement problématique, no-

31


f. Les dynamiques à l’oeuvre dans le périmètre d’étude

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36. Bureaux de coworking Insane

INSHANE : Il s’agit des premier bureaux de coworking de Casablanca. Le concept est simple on ne loue pas un bureau isolé mais un open space ou l’on côtoie d’autres travailleurs. L’accent est mis sur la créativité et le confort. La cible sont les professions libérales lié à la création. Ce projet bénéficie d’un bail tempo• Le dynamiques Départ d’entreprises en périphérie et raire d’un an et devra rapidement déménagé. constitution de friches IER : La population du Hay attend avec Réintégration de Hay Mohammadi dans impatience la réalisation de quelques projets la ville, par les travaux de l’Instance équité prévus par le Conseil consultatif des droits de l’homme (CCDH) dans le cadre de la mise et réconciliation (IER) en œuvre des recommandations de l’IER Multiplication des initiative des associa- (Instance équité réconciliation). L’une d’elle tion en faveur du développement de quar- concerne la réparation communautaire pour les régions qui ont souffert des années de tier et de ces habitants plomb. Quelques projets sont prévus comme Extension de la zone centre de Casablan- : le rachat du cinéma Saâda par le Conseil de la ca, touchant l’arrondissement des Roches ville et sa mise sous la tutelle par le ministère de la culture ; la reconstruction de Dar ChaNoires bad ; la transformation du commissariat Derb Moulay Chrif en musée comprenant un centre • Les projets d’archives , la friche culturelle des abattoirs Gare LGV Casavoyageur : La gare sera font partie de cette dynamique générale modifié pour pouvoir accueillir le futur réseau grande vitesse du Maroc, qui devra à terme Conclusion être relié à l’Europe. On peut attendre une plus • Si le territoire est impacté par un certain value foncière notable sur les terrains environnombre de faits, il reste exclu de la dynamique nants. économique et se trouve en dehors d’une Tramway : L’achèvement et la mise en cir- dynamique de développement. Le territoire à culation du Tramway va permettre de mieux l’étude est bien davantage un espace traversé connecter la zone d’étude avec le reste de la qu’une destination, un espace servant qu’un ville alors qu’elle bénéficie aujourd’hui de peu espace favorisé. de transport collectif. A nouveau une hausses Enjeux : Impulser une nouvelle dynamique des valeurs du foncier est attendu à proximité de développement et accompagner les initiades stations crées. tives existantes dans les quartiers à l’étude Mettre en valeur les aspects positifs de ZAL MITA : La Zone d’activité logistique (ZAL) prévoit la création d’un port sec destiné quartier et la proximité avec le centre et les à faire la connexion entre les flux de marchan- infrastructures de transport Atténuer les impacts négatifs que sont la dise arrivant par la mer et ceux en partance du continent par le fer et la route. Elle s’inscrit fracture urbaine, les flux routiers, l’insécurité dans l’optique d’une rationalisation du port.

37. Friche industrielle


5. Les anciens abattoirs de Casablanca a. Vie et mort d’un équipement métropolitain • La création et l’existence des abattoirs Les anciens abattoirs de Casablanca ont été achevés en 1922 par l’architecte GeorgesEnerst Desmarest. Ils font partie des premiers grands équipements de la ville et se distinguent par leur ambition, leur modernité et leur style architectural (surface couverte la plus grande à Casablanca, architecture nouvelle préfigurant l’art déco). Ils apportent une réponse aux problématiques d’hygiène et d’organisation de la transformation de la viande. Cette centralisation de l’activité permet en effet de garantir un meilleur contrôle et d’offrir des infrastructures de meilleures qualités. Cette tendance s’observe aussi dans les villes européennes avec la création des abattoirs de La villette en France, ou d’Anderlecth en Belgique ou encore ceux de Madrid en Espagne. Pour des raisons logistiques, les anciens abattoirs sont implantés à proximité d’un important faisceau ferroviaire, des deux gares (Casa Voyageur et celle des roches noires) et de réseaux viaires structurants. D’autre part ils se situaient à l’époque en périphérie de la ville, cela pour trouver un équilibre entre proximité d’approvisionnement et limitation des nuisances pour la population urbaine. Ils étaient gérés par la ville de Casablanca. Enfin, ils sont l’expression de la modernité qui caractérise la ville de Casablanca à cette époque, Entrepôt

frigorifique, traitement des eaux, sectorisation de l’activité La problématique de l’hygiène et l’augmentation de la population urbaine rendent nécessaire des travaux d’agrandissements et de modernisation dans les années 1950. Une fois encore l’hygiène et les normes entrent jeu. Elles condamnent les abattoirs et impliquent la relocalisation des activités dans l’arrondissement de Sidi Othman en Mai 2002. Ce départ, a occasionné une perte d’emplois, de près de 300 travailleurs, mais surtout la disparition de certains métiers traditionnel lié au travail de la viande. Les emplois indirectement liés à l’abattage ont aussi souffert de l’arrêt de l’activité. Néanmoins, il était nécessaire sur le plan de la salubrité, de logistique, de quantités produites et de lutte contre l’abattage clandestin. Malgré les propos rassurants du Wali et du président de la communauté urbaine de Casablanca, des protestations ont eu lieu, dont une grève durant le dernier jour de fonctionnement des anciens abattoirs.

1912 1922

1951 1961

Identification des problématiques hygiéniques liées à l’abattage d’animaux. La décision est prise de faire construire les abattoirs Le Chantier des abattoirs, dirigé par Georges Ernest Desmarets s’achève. Le bâtiment entre alors en fonctionnement

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Les abattoirs sont agrandis pour faire face à l’augmentation de population et de la demande en produits carnés. Des travaux minimes ont lieux donnant aux abattoirs l’aspect que l’on connaît aujourd’hui.

La renaissance des abattoirs

Tout comme la ville a de nombreuse fois défié le destin en renaissant de ces cendres les abattoirs connaissent aujourd’hui une nouvelle ère, une seconde vie. Depuis le jour de leur fermeture, ils sont gérés par le conseil de ville qui en a la propriété. Rapidement il focalise l’attention des promoteur immobilier qui voit dans cette parcelle de près de 5 Ha à proximité du centre et connecté aux réseau de transport locaux et internatio-

2002

Les abattoirs sont désaffecté pour cause d’hygiène. L’activité est relocalisée dans le sud de la ville.

38. Histoire des abattoirs


naux une opportunité foncière conséquente.

34

Les abattoirs ont aussi focalisés l’attention de personnalités casablancaises proche du millieu de la création. En effet un premier projet voit le jour en 2002 avec la constitution de l’association Majazir Addar Al Baïdâa (Rachid Andaloussi, Hassan Darsi, Mohamed Kacimi, Jabrane Touira, Mostafa Nissabouri, Selma Zerhnouni). L’association propose à la ville une reconversion en espace dédié à la culture contemporaine et urbaine. Si ce projet ne trouve d’écho auprès des élus locaux, des artistes vont investir les lieux temporairement comme Georges Rousse par exemple. Une autre association sera à l’origine d’une décision importante pour l’avenir des abattoirs. L’association Casamémoire obtient l’inscription du site sur la liste des monuments historique en 2003. Les abattoirs sont classés au titre du patrimoine bâti contemporain. Cela n’empêche pas le temps de couler et les bâtiments de se détériorer, d’autant plus qu’en 2005 un incendie touche les entrepôts frigorifique des abattoirs, qui s’effondre après plusieurs jours. En 2008, le projet réapparaît dans l’agenda de la municipalité. Les acteurs locaux sont cette fois épauler par la ville d’Amsterdam qui désire partagé son expérience en terme de projet culturels. Un collectif d’associations est monté pour mener à bien le projet et obtenir une taille et un réseau assez large pour interpeller les pouvoirs locaux, c’est le collectif des abattoirs. Hiérarchiquement, Casamémoire en est le représentant. Cette mobilisation et cet échange, sous forme d’atelier, avec la municipalité aboutit à la signature en 2009 d’une première convention d’occupation précaire de l’espace des abattoirs. Cette convention qui scelle le partenariat entre la ville et le collectif d’association a une durée d’un an.

000 visiteurs font le déplacement pour assister aux spectacles et animations très diversifiés programmées durant le week-end. La réussite de cette première manifestation lance la fabrique culturelle sur le devant de la scène. Pour rendre cet évènement possible des premier travaux sont réalisés, mais le collectif ne peut solutionner les problèmes structurel de certains bâtiments qui nécessiteraient une intervention trop coûteuse. En 2010, à la fin de la durée légale d’occupation de l’espace, le flou s’installe. Le collectif n’est plus autorisé à rester dans les lieux mais n’est pas chassé pour autant. Cette situation coupe les fonds disponible pour le collectif, néanmoins les activités continues grâce à l’engagement des bénévoles et des artistes. Finalement en 2011, une nouvelle convention d’un an est signée. Cette durée est malheureusement trop courte pour construire un projet culturelle et l’absence de certitudes quand à la pérennisation de la fabrique décourage les investisseurs potentiels. La fabrique culturelle est conçue dès le début comme l’antithèse d’un temple de la culture, il se veut ouvert et accessible. C’est une des raisons pour lesquelles, le public est si variés durant les diverses manifestations organisées par le collectif.

La fabrique culturelle des abattoirs de Casablanca est un lieu unique au Maroc qui présente une adaptation du concept de reconversion du patrimoine industriel. «Parce que la fabrique vient combler un grand vide du paysage culturel local, mais aussi parce que ses responsables savent établir des programmations variées, non élitistes mais au contraire fédératrice elle a su créer son public, capter les esthètes comme des exclus de la culture. Malgré les difficultés légales et financières, le lieu La convention prévoit la mise en place d’un est vivant, grâce à un tissu associatif solide et à évènement inaugural qui sera nommé «les la mobilisation de nombreux bénévoles. transculturelles». Selon les organisateur 30

De nombreuses études ont porté sur ce site, mais la situation semble toujours en statut quo. Néanmoins, un collectif d’associations c’est formé et doit formuler une proposition pour le futur du site.

2002

La fermeture du site libère une surface de 5 Ha qui attise les convoitises aussi bien des acteurs publics que des investisseurs privé

2003

L’ensemble des bâtiments du site des abattoirs est inscrit à la liste du patrimoine national.

39. Le renouveau des abattoirs

2005

2009 2010 2011 2012

Un incendie se déclare dans les entrepôts frigorifiques des abattoirs. La structure est fortement endommagée.

Le premier festival des trans’culturelles a lieu au sein des Abattoirs. Un collectif d’association se créer et négocie l’utilisation du foncier des abattoirs pour des buts culturels. Casamémoire en fait partie. Bénéficiant d’une convention d’occupation temporaire, le collectif organise plus de 50 évènements culturels en une année.

La transformation temporaire du site en parking, suscite une mobilisation importante


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40. Les abattoirs en 1922 - Maïra Bauherz

41. L’utilisation des abattoirs aujourd’hui- Maïra Bauherz

Un équipement de taille métropolitaine

Une rénaissance en demi teinte

Nombre de bêtes / Jour : 1200 Production : 27 000 T / An Emploi : 3000

Visiteurs : 400 000 (depuis 2008) Activités : 20 évènements / An Emploi : ?

Ces quelques chiffres nous permettent de se rendre compte, de La Fabrique culturelle des abattoirs a apporté des activités et une cerl’importance des abattoirs lorsqu’ils étaient en fonctionnement. Ils étaient taine notoriété aux abattoirs et au quartier. Néanmoins, ce projet n’a pas un véritable moteur de croissance pour le quartier, et permettaient à de recréé les emplois détruits ou déplacés par la fermeture des abattoirs. nombreuses familles de vivre ou de survivre.


46. Transformation temporaire en parking

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44. Projet de recherche

43. Projet Ynna Holding

45. Projet du collectif d’association

42. Projet étudiants

Envies et fascination

Dès l’annonce de la création d’un nouvel abattoir, le lieu a fait l’objet d’envies multiples. Envie de patrimoine, envie de saisir cette arrêt d’activité comme une opportunité pour mettre en valeur un bâtiment emblématique. Envie financière, envie de rentabiliser cet espace conséquent et l’intégrer aux dynamiques de transformation de la ville. Nostalgie des habitants et des voisins du projet et espoir d’un retour de l’activité en ces lieux. Envie et désirs multiples donc qui se sont exprimés à travers de nombreux projets. Certains sont rassemblés sur cette page, mais il en existe de nombreux autres. Le site semble fasciner ceux qui s’en approchent, qui ne peuvent rester muets devant cet espace paradoxal. Pourquoi cet espace est-il à la fois source de tant d’imagination et d’inertie ? Question rhétorique, à laquelle le temps répondra, tissant et détissant les multiples trajectoires de la fabrique urbaine. Projet Ynna Holdings : Le promoteur inspire son programme de l’évolution de l’économie casablancaise et propose un centre de formation aux nouvelles technologies. Projet de la ville : Les abattoirs furent transformer en parking temporaire pour les voitures des fonctionnaires de la ville. Cela donna suite à un fort mouvement de contestation .


b. Gestion et gouvernance complexe Le collectif d’association, représenté par Casamémoire a signé deux conventions d’occupation du site des abattoirs. La première en 2009 et la seconde en 2010. La durée annuelle de ces conventions n’est pas suffisante pour monter un projet ambitieux et pour lever les fonds nécessaires au fonctionnement et à la réhabilitation des abattoirs. Néanmoins, les conventions débloquent une subvention de 2 Million de Dirham et donne la possibilité au collectif d’association de réalisé deux grands évènements initialement pensées comme le printemps des abattoirs, qui deviendront les transculturelles.

relle), Extramuros, La Fondation des Arts Vi- qu’il ne s’y passe aucune violence, parce que vants, Initiative Urbaine, Irisson, La Source du ce public se sent chez lui ? C’est devenu un lieu Lion, Racines, UMJI (Union Marocaine de Jazz familier. et d’Improvisation ). Un projet qui se veut initiateur et fédéraLeur interlocuteur légal étant la ville de Ca- teur dans un quartier qui manque de toute sablanca, représenté par le conseil de la ville. infrastructure dédiée à la culture. Avec une ambition nationale, voir internationale. Grâve aux nombreux usages qu’il rend possible et les multiple activités proposé on peut dire que les abattoirs sont la fenêtre culturelle de Hay Mohammadi

c. Des usages atypiques

Les activité accueillies ont été regroupé selon quatre pôle par le collectif gestionnaire : «Les Arts Vivants (danse, théâtre, concerts, cirque...), Les Arts Visuels (photographie, vidéo...), Les Arts Plastiques (peinture, architecture, sculpture...), Les Arts Enregistrés (cinéma, documentaire...), Les Arts Urbains (skate, bike, Il est intéressant de noter que pour récolter graffitis, break dance, parkour....)» des recettes la fabrique culturelle doit bénéficier du statut juridique d’établissement cultu«La programmation de la Fabrique Culturel. En effet c’est la condition pour pouvoir relle se décline en trois volets: l’accueil des louer et commercialiser des espaces ou pour artistes en résidence pour leurs répétitions et installer une billetterie lors des évènements. temps de création; la diffusion publique; la formation au grand public ou public spécialisé» Malgré les difficultés financières, l’équipe des abattoirs souhaite continuer de proposer Malgré leur fermeture en 2002, les abatun minimum d’évènement et d’activités dutoirs gardent cet esprit de modernité qui a rant toute l’année pour ne pas laisser retomber animé leur construction en 1922. Aujourd’hui, la dynamique engagée. Le projet évolue dans il ne s’exprime plus par des prouesses techdeux sens, d’abord vers la constitution d’une niques et un fonctionnalisme révolutionnaire, véritable fondation culturelle, avec l’ambition mais par un bouillonnement de créativité. Ce d’aider à entreprendre, de soutenir et d’acqui se passe dans les abattoirs ne se trouve nul compagner des projets, mais aussi la fabrique par ailleurs à Casablanca et à plus grande raise tourne vers le quartier dans lequel elle s’inson au Maroc. Entre 2009 et 2011, c’est plus de sère pour renforcer les liens qui unissent habi60 activités culturelles qui prennent place au tant et artistes. sein des abattoirs et qui attire près de 400 000 visiteurs. Le collectif est composé des associations suivantes : AMC Mode (L’Association MaroSelon Dominique Caubet, c’est aujourd’hui caine des Créateurs de Mode), AMS (Associadevenu un lieu de brassage social inédit. Le tion Marocaine de Skate), Arts Métisses, Casapublic populaire qui y vient en masse, s’est immemoire, Casaprojecta, Compagnie 2 K-Far, médiatement approprié le lieu et on remarque EAC L Boulevart (Education artistique et cultu-

Les artistes marocains de l’art contemporain ont laissé une «amertume» aux jeunes talents,en cherchant la consécration hors du Maroc ou dans les sphères favorissées de la société marocaine. Les abattoirs est pour tout le monde, ainsi elle s’adresse aux nouveaux talents de la ville, orientant la production vers la créativité et l’ingéniosité plus que vers l’économique et l’unicité.

La mairie se satisfait du projet estimant que « les abattoirs sont appelés à devenir le vecteur et la vitrine de l’économie créative de la métropole. Dans un contexte de rareté de ressources et de capitaux, la créativité constitue la véritable matière première et le meilleur levier de création de richesses. Liste des usages du site (ce qu’il est possible de faire) : • Concert • Exposition : Dakira, Dans le désert de la modernité • Pièce de théâtre • Workshop étudiant • Ateliers de mode • Spectacles de danse • Conférences : Café mémoire • Festival : L’boulevard

d. Pour un renouveau culturel Dans le Hay Mohammadi, de nombreux artiste ont vu le jours alors même que peu d’infrastructures existaient. Le projet de friches culturelles est une sorte de reconnaissance pour les habitants du Hay et un encouragement pour les habitants et futurs artistes.

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e. Analyse urbaine du site

Un site coupé de la ville par son mur d’enceinte et les infrastructures de transport Au niveau local, les abattoirs se situent dans une emprise entourée de trois boulevards et une rue.

midable pour expérimenter et proposer des formes nouvelles.

Les espaces ouverts, les terrain non bâti sont aussi généreux que le sont les bâtiment. De larges rues segmentent le site et débouchent bien souvent sur de larges places, Au nord, à environ 800 mètres des locaux, dont le potentiel est peu utilisé. passe l’avenue Pommiers où la circulation est à Une atmosphère très minérale mais des sens unique. Elle mène vers le Boulevard Moulay Ismail qui représente une partie urbaine de poches végétales intéressantes la N1. Un foncier possédé par le conseil de la L’entrée principale des abattoirs donne sur ville qui en fait une opportunité financière l’Avenue Jaafar El Barmaki. Cette dernière sé- pour le conseil de la ville pare la zone d’habitation (est) de la zone industrielle (ouest) du quartier Hay Mohammadi. 38

Les infrastructures urbaines bordant les abattoirs, aussi importantes qu’elles paraissent, souffrent d’une dégradation de qualité que ce soit au niveau fonctionnel ou paysager. Ceci fait que la majorité des boulevards qui entourent le site des abattoirs ne soient fréquentés que pour desservir la zone industrielle ou le quartier Hay Mohammadi. De large espaces ouverts et bâtiments spacieux La superficie des abattoirs est conséquente, plus de 5 Ha qui se partage entre espace bâti et espace non bâti. Les espaces bâtis, témoignent d’une architecture fonctionnelle. Ils ont des qualités que l’on peut qualifier de rare dans l’architecture. Comme dit Jean Nouvel, avec les friches indutrielles, on a du «trop grand, du trop haut, du trop long», ce qui est une oppotunité for-

Un site situé entre le centre de la ville et sa périphérie

47. Les potentiels des abattoirs


Synthèse des enjeux a. Casablanca

tourisme

b. Hay Mohamaddi - c. Les abattoirs Préserver le caractère patrimonial des abatRoches Noires toirs. Protéger le bâti ou la mémoire des lieux ?

La métropole fait aujourd’hui encore, face Une situation d’entre-deux (aire culturelle à des problématiques sociale forte comme occidentale et aire culturelle africaine et ma- l’analphabétisme ou la présence de bidonghrébine), quel dialogue ? Dépasser ou tirer profit de la situation ville. Pour gagner en compétitivité elle devra Intégrer les acteurs et la dynamique acd’entre deux ? résoudre ces questions Cet ensemble bipolaire concentre éconotuelle dans notre démarche de projet mie et administration, ce qui en fait le cœur du Intégrer l’arrondissement du Hay MohamUn déficit en logement conséquent qui développement Marocain. Par cette visibilité aboutit à un programme de construction am- madi à l’ensemble de la métropole. Ouvrir le site sur l’extérieur tout en préseret ses infrastructures, Casablanca possède une bitieux Perpétuer la tradition d’excellence cultu- vant l’intimité et la sécurité forte dimension internationale. relle de ce quartier et doter ce quartier des Franchir le faisceau ferroviaire, relier les La ville présente peu d’’espace vert de qua- infrastructures nécessaires Adapter la programmation aux contraintes litée et est soumise à de fortes nuissances, qui Unifier deux quartiers aux origines diverses deux rives climatiques et tirer parti de la spécificité du cli- sont ignorées ou minimisées. Le cadre de vie mat casablancais pour atteindre l’objectif de est primordiale pour atteindre les objectifs Maintenir la diversité des fonctions, mais durabilité. le faire dans le respect des habitants en dimique c’est fixé la ville. nuant les nuissances générées. Définir les formes que doivent prendre la Mettre à niveau le réseau d’équipement patrimonialisation dans un pays qui a connu la constitut une priorité pour améliorer les condiAdapter le projet aux populations exiscolonisation. tantes tions de vie des habitants Conserver la tradition de modernité et d’expérimentation qui participe à l’identité de Compléter et diversifier l’offre en équipeAméliorer l’accessibilité et les conditions la ville de mobilité est un enjeux majeur pour le déve- ments loppement et la durabilité de la métropole Face à cette ville en mutation il parait imImpulser une nouvelle dynamique de déportant de se positionner dans la dynamique Contenir l’étalement urbain par l’utilisa- veloppement et accompagner les initiatives des projets en cours, soit en l’acceptant pour tion des opportunité foncière à proximité du existantes dans les quartiers à l’étude profiter d’un effet d’aubaine, soit en la rejetant centre ville et de mise à niveau des quartiers Mettre en valeur les aspects positifs de pour se distinguer. quartier et la proximité avec le centre et les les plus dégradés infrastructures de transport Comment accompagner les évolution de Atténuer les impacts négatifs que sont la l’économie casablancaise en soutenant sa terfracture urbaine, les flux routiers, l’insécurité et tiarisation et en diversifiant ses secteurs d’actile déclin des services et commerces de proxivité, notamment le commerce, l’artisanat et le mité

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Périmètre d’étude : Hay Mohammadi - Roches Noires Atouts Le territoire étudié est desservi par de nombreuses infrastructures. Le dynamisme des associations locales complète activement les manques d’infrastructures de base. Une population jeune et dynamique. Des espaces variés, organisés en séquences et ponctués de repères. Diversité des types et des formes d’habitats. Diversité des fonctions et des activités du territoire d’étude, un véritable kaléidoscope des fonctions urbaines.

Faiblesses Un fort analphabétisme et un faible niveau d’éducation. Pauvreté économique et taux de chômage importants avec une relative absence de mixité sociale. D’importantes nuisances environnementales de formes multiples générées par des activités ou des infrastructures. Les chemins de fer coupent le tissu urbain et apportent des nuisances sonores. La réputation du quartier dans le reste de la ville est mauvaise, il est fait référence à l’insécurité et au sentiment d’insécurité.

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Opportunités Le développement urbain de Casablanca se tourne vers la mer et le SDAU propose de limier l’étalement urbain. Les départs d’entreprises sont autant d’occasions de repositionner le territoire et de bénéficier de prix attractifs pour assurer la maîtrise foncière. De par l’action de l’IER et l’application du programme de l’INDH, Hay Mohammadi peut espérer réintégrer sa place au sein de la métropole. Une ville qui se préoccupe de plus en plus de la culture même si elle ne l’a pas encore clairement acté.

Menaces Le départ de certaines entreprises et la diminution du nombre d’emplois sur le territoire étudié serait problématique à long terme. Le renforcement des nuisances environnementales compromettrait l’évolution du territoire. La rigueur financière impose de se focaliser sur des chantiers plus urgents comme la résorption des bidonvilles. L’indécision de la sphère politique peut mener à l’essoufflement de la dynamique en cours.


Les anciens abattoirs de Casablanca Atouts Un site accessible par des moyens de transport locaux et internationaux. Une dynamique déjà existante qui est portée par un réseau d’acteurs motivé et engagé. Une image internationale et nationale déjà constituée et un public familier du lieu et des évènement proposés Des espaces vastes, ouverts ou couverts qui présentent un cachet architectural indéniable.

Opportunités Les prochaines élections municipales sont l’occasion de faire pression sur les candidats pour qu’ils se positionnent sur le futur des abattoirs (Cf Rencontre Racines) Le terrain n’est toujours pas figé, ce qui laisse possible tous les programmes imaginables, de même il n’y pas de Plan d’aménagement récent sur les arrondissements étudiés.

Faiblesses Un site coupé de la ville et qui de ce fait n’est pas ou peu connu Une utilisation très partielle du site en dehors des grands évènements Des bâtiments présentant des pathologies importantes ou en état de ruine

Menaces Deux menaces pèsent sur les abattoirs : une sous utilisation des espaces qui aboutirait à une dégradation du bâti et une remise en cause de son aspect patrimonial, et à l’opposé le recherche de rentabilité foncière à tout prix. La non régularisation de l’action du collectif des abattoirs, tout comme sa non association, pourraient mener à l’échec du projet ou à la mobilisation contre celui-ci de la part des associations (Cf l’événement du parking).

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III. Vision 43


1. Vision Nous souhaitons voir le quartier des abattoirs intégré au développement de la métropole casablancaise, venant compléter les dynamiques actuelles pour les rendre plus durables et renforcer l’attractivité de la ville. Notre volonté est d’accorder la réponse aux besoins locaux tout en alimentant l’ambition internationale de la ville.

Principes Réciprocité : le projet urbain ne peut pas marcher si la transformation des abattoirs échoue. Humilité : S’inscrire dans les dynamiques plutôt que de s’y opposer, mais infléchir l’avenir. Exemplarité : La programmation architecturale est innovante au Maroc.

Adaptabilité : Adapter et travailler l’existant quand celui-ci est utile, ne pas détruire ou conserver sans raison. Interscalarité : Travailler le projet en mélangeant les échelles, viser le quartier pour atteindre la ville.

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2. Stratégie 48. Se nourrir des quartier pour impulser une nouvelle dynamique dans les abattoirs, pour atteindre le quartier à plus long terme

Utiliser les abattoirs comme catalyseur pour développer le quartier. Les abattoirs combinent des programmes destinés à la fois au local et à l’international, ce qui permet de développer conjointement attractivité et intégration. Conserver et mettre à l’échelle la dimension culturelle des abattoirs. Cette dernière côtoie alors des programmes très différents. Le projet marque une évolution dans la fabrique culturelle et non une rupture, il s’agit d’aller vers plus de production et de diffusion que la simple animation. Répondre aux problématiques locales suppose de développer une offre d’espaces publiques et d’espaces verts adéquats en nombre et en qualité, de contribuer à pallier le manque quan49. Le parti pris d’une approche par axe, se focalisant sur les connexion et en greffant des programmes lorsque les opportunités se présentent


3. Concept L’ambition que nous avons pour le quartier de Hay Mohammadi et de Roches Noires peut être résumée ainsi : Il s’agit de redonner aux abattoirs sont rôle d’antan de moteur dans les quartiers voisins Par le passé, l’activité des abattoirs faisait vivre une partie importante des habitants de Hay Mohammadi par les emplois qu’il offrait et par les réseaux d’entraides qui existaient en son sein. L’établissement avait un rôle métropolitain fournissant de la viande à l’ensemble de la ville. C’était un lieu actif, dynamique comparable à la vigueur d’un feu attisé par le vent du soir. Avec la fermeture et le déménagement, cette dynamique s’est éteint. Même si quelques réminiscences de l’activité sont encore présentes aujourd’hui, la situation de nombreux habitants a changé. Néanmoins depuis 2009, les actions et les événements organisés par le collectif d’association de la friche culturelle, l’activité a commencé à revenir dans le quartier de façon sporadique le temps d’un festival ou d’un concert. On peut aujourd’hui distinguer des braises dans les espaces abandonnés des abattoirs.

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Notre projet vient créer cette étincelle nécessaire pour redonner au site toute sa dimension. En puisant dans les ressources du quartier, dans ce qu’il a à offrir de meilleur, il s’agit de redonner un nouveau souffle aux abattoirs. Il s’agit de combiner des programmes nouveaux avec des programmes déjà présent sur le quartier et dans les abattoirs. Notre projet dresse un pont entre deux époques, partant du passé et de son activité fourmillante pour arrivé dans l’avenir à une situation similaire, avec des activités différentes Notre projet vient puiser entre deux mondes, Hay Mohammadi et Roches Noires pour en faire émerger un nouveau, plus fédérateur. Notre projet effectue un compromis entre deux tentations, en respectant les dynamiques actuelles tout en apportant des éléments nouveaux dans le quartier il évite l’ambition irréaliste de créer 5 Ha de projet culturel au sein d’un quartier qui possède de nombreuses problématiques, mais il évite de considérer le site comme une simple opportunité foncière. Pour un entre-deux créatif : Al Barzakh

50. La synapse urbaine pour recoudre et renourrir un territoire en perte de vitesse


Les projets qui ont ciblé les abattoirs de Casablanca depuis l’arret de l’activité, ont tous une approche uniquement architecturale. L’environnement est peu mentionné, si ce n’est pour justifier la pertinence des programmes ou pour prévoir un meilleur accès aux abattoirs, sans effectuer une réelle réflexion à une échelle plus large. Toutefois il nous semble que la réflexion sur la rénovation des abattoirs ne peut être uniquement architecturale. L’environnement du site concentrant de nombreuses problématiques, la réhabilitation des abattoirs doit se faire en articulation avec la résolution des problémes à l’échelle locale et métropolitaine. C’est pourquoi, nous proposons un projet de territoire. Véritable réflexion urbaine proposant de tirer parti de la position d’entre deux des anciens abattoirs pour en faire une couture urbaine initiant le renouveaux de Hay Mohammdi et sa reconnection au reste de la ville.

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IV. Diagnostic orienté Le diagnostic orienté vient compléter le premier diagnostic. Il s’agit des études dont la réalisation n’est pas pertinente à l’échelle de l’ensemble du périmètre d’étude. Il s’agit d’atteindre un niveau de détail supérieur dans notre compréhension du territoire. Pour ce faire nous avons réalisé une analyse urbaine sur les trois axes précédemment définis et une étude sur le génie des lieux des bâtiments des abattoirs. D’autre part, le diagnostic orienté doit permettre de valider ou d’infirmer les premières orientations que nous avons choisies pour notre projet. Il doit aussi donner des pistes quand à la réalisation et la mise en oeuvre de celui-ci. Pour cela, nous avons réalisé dans le cadre du diagnostic orienté, un Benschmark, avec des analogies, une étude comparative plus précise et des études de marchés qui ont pris une forme sectorielle et qui ont été complétés par des enquêtes d’opinion sur le terrain et sous la forme de sondage.

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1. Le benchmark a. Analogies • La friche de la Belle de Mai (Mar- • seille, France)

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La friche s’étend sur 4 Ha dans un quartier défavorisé à proximité du centre de Marseille. Depuis 1992, elle accueille des programmes d’un type nouveau : lieux d’exposition, lieux de vie, de loisirs, ateliers d’artistes, studios de production, espaces publics, librairies, restaurant, crèche. La friche est vaste, complexe, et non uniforme ; dédiée aussi bien aux voisins qu’aux touristes. La friche s’incrit dans un espace plus vaste de 12 Ha qui est composer de deux autres pôles organisés autour des médias et de l’archivage

Le 104 (Paris, France)

Le 104 n’est pas une galerie, pas moins un musée. C’est un nouveau centre culturel, parisien et international, tout à la fois lieu de création et de diffusion, de résidence et de promenade, ouvert sur Paris et les villes voisines. Il est à la fois une réhabilitation et une mise en valeur d’un bâtiment historique. C’est également un acte architectural et urbanistique fort qui participe à la transformation d’un quartier. Le lieu mélange atelier d’artiste, espace public, commerces. Ce qui est le plus important pour comprendre le site c’est les usages qui s’y déroulent de façon libre avec leurs temporalités

Le matadero (Mardrid, Espagne) • Le parc de Lavillette (Paris, Le lieu est proprement extraordinaire. Ma- France)

tadero est le fantôme des anciens abattoirs (1910-1925) de la ville. Les abattoirs furent fermés au début des années 1980. La réhabilitation de ce formidable patrimoine urbain de près de 85 000 m², au centre sud de Madrid, a transformé une dizaine de ces nefs depuis 2006. Centre pluridisciplinaire placé sous l’autorité de la Mairie de Madrid, Matadero abrite des activités telles du design, des arts plastiques ou de la mode, mais aussi un théâtre. Les espaces publiques bénéficie d’un traitement de qualité, comme le prouve le patio central, « Plaza Matadero ».

Le parc s’étend sur 55 Ha, il renferme une multitude de programme dont la cité des sciences. Amenagé dans un bâtiment qui destiné à être des abattoirs ultramoderne, l’équipement bénéficie d’une grande notoriété. Il ne peut être pensé sans interroger la relation au parc dans lequel il s’insère mais aussi avec les quartiers voisins. De grande polémique architecturale ont eut pour sujet cette opération mais les usagers, ultime juge, se sont approprié ce lieu, en témoignre l’affluence durant les jours de beau temps.


et de qualité des espaces extérieurs. Un système de coures continues, ouvertes sur la ville, s’articulant ensemble autour d’un parcours scandé par des traitements de sol différenciés, les recadre. Le théâtre, la musique, la danse, la peinture, la sculpture, la poésie, la photogra• Les abattoirs de Toulouse phie, les varietes peuvent s’exprimer dans les Après, avoir survoler quelques exemples meilleures conditions d’acceuil, pour les arde rehabilitation de bâtiments industriels à tistes comme pour les spectateurs. l’état de friche en équipement culturel, nous avons choisi d’étudier un cas plus précisément En sortant de l’hémicycle, la verdure du jarpour mieux comprendre les logiques qui sousdin, le dôme de la Grave, la brique de la tour tendent de tels projets. Nous avons choisis le Taillefer et le blanc de la volée de marches s’excas des abattoirs de Toulouse. Après une préposent au regard. L’escalier forme un rempart sentation succinte, nous nous attarderons sur phonique qui annihile le bruit des flots. Sur le la question du public et de l’intégration de palier intermédiaire, des plantations accenl’histoire dans la démarche du tuent l’effet de «frontière». Histoire Depuis la fermeture définitive des abattoirs Le musée en lui-même est l’occasion de de Toulouse en 1989, une dynamique de projet l’exercice périlleux qu’est la réhabilitation hisa été initié. Tout d’abbord en 1990, il y a l’instorique. Afin de s’inscrire dans la composition cription des bâtiments à l’inventaire supplédu bâtiment, toute nouvelle transformation se mentaire des Monuments Historiques. L’année devait de restituer les volumes originaux de Visuivante, on assiste à la création d’une associatry. Concernant l’intérieur, le déroulement du tion Etat, Ville, Région et d’un syndicat mixte parcours du visiteur va dans le sens de la comqui aura a charge la future structure muséale. position de Vitry : l’espace d’accueil occupe les En 1995, le concours de maitrise d’oeuvre est trois premières travées de la halle en s’ouvrant lancé, les enjeux identifiés sont : d’un côté sur la librairie du musée et de l’autre, en balcon, sur l’escalier palatial qui mène au Architectural : que garder, que sacrifier ? hall de la salle de conférences Muséographique : quelle temporalité ? Urbain : s’ouvrir sur la ville et la Garonne. Analyse : Publics Les passionnés d’art moderne et contemDe plus, la transformation des anciens porain attendaient le grand équipement de abattoirs, conçut par Urbain Vitry en 1825,en niveau national et international à la hauteur site culturel répond à quatre objectifs de l’acdes ambitions de Toulouse et Midi-Pyrénées. tion municipale :

b. Etude comparative précise

POINTS DE CONVERGENCE AU NIVEAU DE LA • Les deux villes sont VILLE de grandes métropoles (Casablanca / Tou• ce sont des zones louse) économiques développées AU NIVEAU DU QUARLes deux quartiers TIER sont des quartiers popu(Hay Mohamadi/ Saint laires, ils portent aussi un Cyprien) patrimoine historique très riche AU NIVEAU DU SITE

POINTS DE DIVERGEANCE A Casablanca il y a une dominance de l’activité industrielle, à Toulouse c’est plutôt une ville universitaire avec une dominance du pôle R&D (Capitale européenne de l’aéronautique et de l’espace) Hay mohamadi est un quartier réputé « dangereux », Saint Cyprien est plutôt « convivial »/ hay Mohamadi n’est pas très bien entretenu au niveau hygiène et propreté contrairement à Saint Cyprien

Sites historiques très riches au niveau architectural / les modifications ne doivent pas trop changer de l’esprit du lieu .dans la phase avant réaménagement les deux sites sont dans un très mauvais état

de rendez-vous de tous les publics.. Analyse : Histoire et projet Malgré le mauvais état des pavillons et la présence de diverses constructions parasites, le site présentait, avant travaux, un fragile équilibre qui faisait de cet ensemble de petits bâtiments à l’architecture toute simple une œuvre de qualité.

De cette confrontation devrait naitre une interprétation des abattoirs adaptée à leur nouvelle destination. Le projet muséographique devait reposer avant tout sur des es« Les abattoirs » est dédié aux plus exipaces se déroulant dans une ambiance cohéDiversification de l’offre culturelle geants, tout en ouvrant ses multiples espaces rente et d’une grande lisibilité. Réhabilitation du patrimoine architectural à des publics moins avertis, curieux de toutes Revitalisation du quartier Saint-Cyprien formes d’expression. Une simplicité contextuelle : réponde au Retour de l’activité au bord de la Garonne. paradoxe du musée neutre, lieu flexible au serLargement ouvert aux jeunes, le musée « vice de l’œuvre qui dans le même temps, offre Le projet Les Abattoirs » sera un espace de rencontres et des espaces qui localisent l’œuvre. La modification de l’image du lieu a tout d’échanges, au sein d’un des quartiers les plus d’abord porté sur le changement d’ambiance traditionnels de Toulouse qui est déjà le lieu

Dans le même temps, s’il n’est pas œuvre d’art, le musée a valeur de monument en tant que lieu de mémoire : ici un abattoir de plus de cent ans d’âge transformé en centre d’Art. Dans cet esprit a été conservé son nom « Les Abattoirs » comme signe le plus évident de l’ancienne fonction du lieu sans pour cela qu’on soit conservée une présence dans l’architecture. L’idée du monument réside dans l’inscription du projet de transformation dans différents temporalités, attitude au cœur de notre conception. La dimension passée s’inscrivant dans la matière, le futur dans l’esprit, le présent relevant de la synthèse entre les deux. Facteurs clés de la réussite des abattoirs de Toulouse : • Partenariats avec plusieurs centres d’art, associations et différentes structures enga

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gées dans la création • Les multiples vocations du lieux : culturelle, artistique et éducative • La quantité et la qualité des œuvre d’art exposé dans le site • Vocation culturelle, artistique et éducative Les abattoirs de Toulouse ont pris une vocation culturelle dès la fermeture. En effet la municipalité c’est très tôt positionné sur la question. Elle a pu prendre ce risque car elle possédais la maitrise foncière du site. Cette vocation se traduit aujourd’hui par des expositions temporaires, historiques, monographiques ou thématique, artistique aussi par de nombreux centres d’art .

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Casablanca et Toulouse, sont biensur deux villes possédant des contextes radicalement différents. Néanmoins, cet exemple est riche d’enseignements, nous pouvons retenir de ce projet : • La qualité du traitement de la problématique patrimoniale ; • La diversification des vocations et la qualitée des programmation a été la base du succès du nouveau musée ; • L’ouverture a des publics variés est une autres facteur important de la réussite du lieu

51. Les abattoirs de Toulouse


2. Les études de marché a. Enquête qualitative et sociologique

52. Graphiques issus des enquêtes de terrain

Habitez-vous à Hay Mohammadi ? A quelle fréquence visitez-vous ce quartier ? Afin que l’étude soit représentative des personnes qui fréquentent le plus Hay Mohammadi, nous avons éliminé les questionnaires des personnes qui ont répondu « moins d’une fois par mois » et « jamais » pour la deuxième question.

l’étude qualitative, nous avons mis en place un questionnaire diffusé d’une façon directe et par internet, nous avons ainsi choisi de questionner un échantillon de 200 personnes réparti proportionnellement aux habitants du • Méthodologie de l’enquête Afin de mener à bien notre diagnostic nous quartier au niveau de l’âge et du sexe (autant Connaissez-vous les anciens abattoirs avons entamé une étude auprès des habitants de femmes que d’hommes et 62.2% des moins de Casablanca ? de Hay Mohammadi ainsi que les personnes de 30 ans). Un taux de popularité de 83% qui est un qui visitent le quartier fréquemment (pour y Notre questionnaire contient 12 questions taux très élevé, ce qui pourrait être très bénétravailler ou y exercer d’autres activités), cette étude qui est de nature quantitative a pour but reparties comme cela : les deux premières « Ha- fique pour la réussite des projets prévus par la de mieux cerner les besoins et les attentes de bitez-vous à Hay Mohammadi ? » et « A quelle suite sur le site. ces personnes pour y répondre au mieux dans fréquence visitez-vous ce quartier ? » afin de cerner notre cible qui est censée contenir les le cadre de notre projet. habitants du quartier ainsi que les personnes Que pensez-vous du quartier Hay MoPour cette fin nous avons choisi de faire qui y viennent souvent, ainsi nous éliminons hammadi ? Un solde de -49 (somme des % des réune étude en 3 phases : étude documentaire/ les personnes qui viennent très rarement ou jamais (ce qui nous a laissé 124 réponses valides), ponses positives moins les % des réponses étude qualitative / étude quantitative. ensuite une question qui vise à connaître l’avis négative) : un solde qui reflète la non conviglobale de notre cible par rapport au quartier vialité du quartier et donc l’insatisfaction des Etude documentaire : Dans le but de prendre connaissance des avec des réponses en échelle allant de « convi- habitants du quartier. informations existantes, les structurer et les vial » passant pas 5 niveaux vers « non conviintégrer dans nos études qualitatives et quan- vial », ensuite, suivant une logique d’entonnoir, titatives, nous avons eu recours à des données une question sur l’hygiène avec une réponse Que pensez-vous de l’hygiène au niveau et des statistiques publiées sur le site du Haut en échelle à 5 niveaux aussi allant de « conveCommissariat au Plan, notamment les chiffres nable » à « absente », et puis afin de mieux ci- de ce quartier ? La proportionnalité des deux réponses les du Recensement Général de la Population et bler les manques et les besoins des habitants, une question portant sur les équipements du plus négatives est largement plus importante de l'Habitat de 2004. quartier en demandant à notre interlocuteur que celle des réponses les plus positives, ce de quoi manque Hay Mohammadi à son avis. qui indique que l’état de l’hygiène au niveau Etude qualitative : du quartier ne satisfait guerre ses habitants. L’objectif étant d’aller en profondeur dans le questionnement en identifiant les cibles • Résultats de l’enquête pertinentes à interviewer dans le quartier (commerçants, habitants…), nous avons ainsi Échantillon: 200 personnes par des quesA votre avis quel est le plus grand désaeffectué des entretiens individuels lors des- tionnaires distribués sur place ainsi que par vantage de ce quartier ? quels on interviewe notre cible, on oriente la internet. Selon notre étude et à 70% des réponses discussion et on analyse le comportement de la plus grande problématique du quartier est la personne en fonction de ses réponses. bien l’insecurité. En effet, le taux de criminalité à Hay Mohammadi est l’un des plus élevés Etude quantitative : dans la ville de Casablanca. En fonction des résultats dégagés de

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Comment voyez-vous l’avenir de ce quartier ? Un tiers des personnes interrogées supposent qu’à l’avenir le quartier Mohammadi serait un quartier dortoir, autrement dit, un quartier dans lequel dominerait l’aspect résidentiel, 40% d’entre eux le verraient plutôt comme un quartier industriel. A votre avis de quoi manque ce quartier ? De quels équipements essentiels manque ce quartier ? La population du quartier Hay Mohammadi relève un grand manque au niveau d’espaces verts et d’espaces culturels au niveau du quartier ainsi que d’espaces dédiés à la santé notamment les hôpitaux.

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Si vous deviez choisir un seul équipement à mettre en place dans ce quartier quel en serait son programme principal ? Selon les personnes interrogées, les équipements les plus primordiaux pour le quartier sont « un espace sportif » à 45% des réponses et « une bibliothèque » à 26% des réponses. A quelle tranche d’âge appartenez vous ? A quelle catégorie socioprofessionnelle appartenez vous ? Les pourcentages de notre cible sont proportionnels à ceux du recensement de la population et de l’habitat effectué en 2004 par le Haut Commissariat au Plan au quartier Mohammadi.

b. Étude de marché sectoriel

Ces opportunités et la proximité des marchés porteurs (UE, Etats-Unis, Moyen Orient…)  encouragent le tourisme et surtout les investissements structurants et créateurs d’emplois et de richesse.

Concernant le tourisme, le Maroc est attractif pour son climat et sa culture riche et ancienne (artisanat, gastronomie, habit traditionnel, musique, peinture, cinéma, etc…), mais aussi par son environnement politique stable et l’intégration des problématique environnementale, institutionnelle et individuelle. Le Maroc n’est pas très affecté par la crise mondiale, le développement du secteur tertiaire et la domination de la classe moyenne (53% de la population se situent dans les classes moyennes) laisse envisager des perspectives de tourisme national et international intéressantes.

A Casablanca on constate une évolution de l’offre hôtelière

Hôtel / Auberge

53. Répartition des Hôtels et auberges de jeunesse

Le concept est de créer deux lieux d’hébergement pour deux cibles différentes; tout d’abord une partie « Auberge de jeunesse » dédiée aux jeunes et aux artistes dont le budget d’hébergement est limité et donc l’auberge serait une sorte de produit d’appel afin d’encourager les jeunes artistes à se rendre aux Abattoirs et surtout de les pousser à y passer de longs séjours, puis la partie « Hôtel » dont le but est purement lucratif .


Bureaux

lopper l’offre de bureau. La situation de crise • Équipements culturels implique une orientation vers le locatif et une Le marché de bureau de Casablanca conti- légère tendance baissière sur la demande de Nous avons déjà mentionné la politique nue de se développer avec dynamisme. Il y bureau. culturelle peu ambitieuse de la municipalité, avait en 2012 140 000 m² de disponible. Un une de ces conséquence est le manque de Le quartier de Aïn Sebâa, proche de notre montant important mais destiné principalestructure culturelle adéquat, mais aussi une périmètre d’étude attire principalement des ment à la location, une vacance transitoire polarisation dans l’hyper centre de équipedonc. La qualité des bâtiments pénalise beau- entreprises industrielles et présente une faible ments culturels, qu’il soit privés ou publics. coup de transactions secondaires, et pousse vacance, témoignant du dynamisme du marles investisseurs à se tourner vers le neuf. Le ché. Le tramway joue aujourd’hui un rôle imLes lieux existent mais souffrent d’une portant dans la localisation des projets, avec montant du loyer de première main se mainmauvaise gestion, de l’absence d’équipements des promoteurs qui s’intéressent de plus en tien à 220 Dh / m². L’offre de bureaux se structechniques et de faibles budgets. Par exemple ture autour des 5 quartiers d’affaires (le quar- plus au terrain proche des stations récemment la quinzaine de centre culturel sont peu frétier du port, le centre-ville, l’entrée de la ville, le aménagées. La proximité de notre site de deux quenté, proposent une programmation cultustations de Tramway est donc un atout de taille relle sporadique et ne soutient pas la création. Casanearshore et le quartier Aïn Sebaâ) pour séduire les investisseurs. On compte aussi les maisons des jeunes, maiLe Marché va voir s’accroître l’offre de busons de la culture… Il parait donc opportun de proposer des reau avec l’achèvement de la première phase de Casablanca Finance City (CFC). En tout, en- programmes de bureaux, car ceux-ci bénéfiD’autres lieux de culture ont émergés pour cieront de la proximité du centre et du tramviron 100 000 m² viendront rejoindre les 1.2M combler ce manque, mais il se destinent en way, mais il est nécessaire de rester vigilant sur m² déjà existants. D’autres projets comme priorité au personnes issue de classes aissés la quantité de m² offerte pour ne pas saturer le Anfa place ou Casamarina vont aussi déveou du millieu artisititques. Le prix ou l’acces54. Répartition des bureaux 55. Répartition des équipements culturels marché qui se rigidifie.

sibilité sont des facteurs a prendre en compte pour ne pas exclure tout une partie du public potentiel, pour qui la culture n’est pas une priorité quotidienne. Les complexes culturels et salles de spectacle sont plus accessibles pour un plus large public. La dynamique actuelle est à une plus grande reconnaissance de la culture par les elus locaux. De même, de grands projets sont en cours pour doter la métropole d’infrastructure culturelle à l’échelle de son importance. Par exemple la construction du Casart illustre bien ce mouvement. D’autre part l’évolution globale des prix des produits liés au domaine culturel sont en baisse et la part de la culture et des loisirs dans le budget des ménages est en augmentation, tout comme le budget alloué au ministère de la culture. Autant de signaux faible qui laisse présager un développement du secteur culturel

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Bibliothèques

usagers davantage un abri et une annexe de • Le Plan de développement régionnal du tourisme (PDRT) leurs habitations familiales où ils peuvent étuLa situation du réseau de bibliothèques à dier au calme, qu’un lieu de transmission et de Casablanca connaît aujourd’hui un important tourisme d’affaire et bénéficie des meilleurs Casablanca est problématique. On constate communication du savoir» infrastructure de transport du Maroc, ce qui la rend attractive pour des séjours de courte durée. d’une part une mauvaise répartition spatiale Néanmoins l’offre d’hébegement a longtemps stagné, tout en s’orientant vers du haut stanLa bibliothèque publique ne constitue de l’offre en livres et en places assises (deux inding. Le marché touristique connaît une faible saisonalité, et les principaux pays émetteurs sont donc pas un réel patrimoine investi et utilisé dicateurs permettant d’évaluer l’aspect quanceux d’Europe et les pays arabes. titatif de la question). D’autre part, lorsque par les lecteurs. Elle fait l’objet d’approprial’offre est présente, certains observateurs ont tions limitées. La Région du Grand Casablanca, en partenariat avec le Conseil de la Ville et le Département constaté une sous-utilisation des ressources du Tourisme, a mis en place un programme de développement concerté intitulé le Plan de DéPour compléter cette analyse il faut aussi mises à disposition. Plus classiquement, il a veloppement Régional Touristique (PDRT) pour donner une impulsion au secteur du tourisme. mentionner l’aspect qualitatif du problème, été constaté une fréquentation qui fluctue selon les rythmes scolaires, avec un grande af- avec la mise à disposition de fonds documenCe plan passe par : fluence en période d’examen. Certains auteurs taires restreints ou dépassés. De plus, le réLe développement d’une offre hôtelière diversifiée et de qualité ; seau des bibliothèques casablancaises tarde à vont jusqu’à affirmer que les bibliothèques puLa réhabilitation de l’âme culturelle de la destination Casablanca ; prendre le voie numérique. On constate néanbliques sont davantage utilisées comme des La mise en place des infrastructures et équipements pour les congrès et expositions ; moins certaines initiatives prometteuses. salles de permanence que comme des salles La transformation de Casablanca en un haut lieu d’animation et de vie permanente ; de documentation, du fait de l’importance des L’amélioration, de manière globale, de la qualité urbaine de la destination. Intégrer une bibliothèque dans le projet étudiants dans la part du public et du fait que ces derniers n’empruntent pas forcément de pourrait venir combler les deux manques évoLe PDRT a pour ambition de repositionner la destination en orientant son offre touristique qués avec pertinence. livres mais y viennent pour réviser leurs cours. sur 6 segments de clientèles : affaires, passage (circuit et croisière), combiné (affaires/ city«La bibliothèque représente alors pour ses break), city-break pur, séjour de loisirs, shopping et santé. 54

56. Répartition des bibliothèques

Il vise à préparer la ville à accueillir d’ici 2012 le nombre de 1,5 million de touristes, multiplier les nuitées pour atteindre les 3 millions et mettre en place des infrastructures et équipements pour les congrès et les expositions, tout en améliorant de manière globale la qualité urbaine de la destination.

La Politique du Centre régionnal d’investissement (CRI)

Après avoir effectué un diagnostic précis de la situation économique à Casablanca, le CRI a mis en place un plan d’action visant à maintenir et à améliorer la compétitivité de la métropole marocaine. Ce plan d’action s’appuie sur cinq moteurs : Le plan Emergence qui vise le soutien des activités les plus prometteuses, notamment les activités d’offshoring, d’aéronautique et d’industrie automobile Le PDRT qui nous venons de vous présenter; La réalisation de grand projets métropolitains comme Anfa city, Green Town, ... L’investissement dans les niches régionnales, la finance et les énergies renouvelables notamment. Le plan Rawaj qui vise une meilleur offre de commerces et l’identification de Casablanca comme une destination shopping. Le morroco mall s’incrit dans ce plan. Ce plan d’action est actuellement en cours de réalisation et il a déjà porté ces fruits dans certains secteur, dont celui du tourisme ou de la finance.


3. L’analyse urbaine a. Analyse urbaine Nous avons précédemment défini les zones que nous allons investir dans le projet. L’analyse urbain doit venir renforcer notre connaissance précise du contexte. Les trois axes que nous avons retenus présenteent de nombreuses différences, et il est essentiel de pouvoir comprendre l’organisation urbaine avant de proposer un programme. L’analyse urbaine doit permettre cette compréhension, elle devra aussi servir à justifier les programmations au niveau local. Notre analyse urbain, s’appuie sur une analyse cartographique, qui présente pour chaque axe : Une vue aérienne, une vue des emprise bâtie, une vue des espace public et des espaces végétalisés, une vue des flux et des infrastructures routières, deux vues sur les activités présentes sur l’axe. Cette approche cartographique est complétée par un ensemble de photos qui donne à voir l’ambiance et le caractère des lieux étudiés.

57. Les trois axes retenus

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AXE ROCHES NOIRES - ABATTOIRS

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a. Analyse urbaine Roches Noires- Abattoirs

des bâtiments R+4 résidentiels de facture moderne. Deuxièmement, l’espace public qui est plutôt restreint peut parfois se dilater, comme c’est le cas avec le parc attenant à la mosquée. Enfin, des espaces traités de façon esthétique (cheminement, plantation,...) s’opposent aux espaces moins qualitatifs des carrefours et des Cet axe s’appuie sur Le Boulevard Amr Ib- parkings liés aux commerces. nou Ass. Il va du faisceau ferroviaire, jusqu’à On constate toutefois que le Boulevard est la mer en passant par l’ancienne église Sainte bien structuré, avec la présence de fronts bâtis Marguerite. et de large espaces piétons. Cela malgré une skyline changeante qui ne permet pas de tirer Les caractéristique de cet axe sont : entièrement parti de la percée visuelle offerte sur la mer. La densité du tissu urbain L’axe étudié présente une densité imporLa présence d’un espace vert tante, comme l’illustre la carte des emprises Ce qui différencie l’axe des autres et la bâties, les bâtiments sont hauts de 5 étages et présence d’un espace vert. Il s’agit d’un parc, renforcent cette impréssion de densité. ouvert au public qui possède de nombreux arbres, offrant aux habitants un havre de fraiLa domination de la fonction résiden- cheur durant l’été. L’utilisation de ce parc est tielle importante, notamment car il est équipé Le quartier est majoritairement résiden- de jeux pour enfants mais aussi à cause de tiel. Cela est dut en partie à son histoire. Les sa proximité avec la mosquée. La présence immeubles ont été construits pour accueillir d’arbre d’alignement sur certaines rues vient la main d’oeuvre européenne qui venait tra- renforcer cette impression. vailler dans les usines à proximité. Les rues de l’axe portaient encore récemment des noms français. Orientations : Renforcer la densité de ce quartier La présence d’une spécialisation du Préserver la fonctions résidentielles commerce Proposer des activités alternatives à la méUne des spécifité de l’axe est la spécialisa- canique automobile tion du commerce. Il est orienté vers la mécaRenforcer la percée visuelle sur la mer nique automobile. Les clients peuvent venir Préserver et développer la présence de védes régions adjacentes pour se procurer des gétation dans les espaces publics pièces. Si cette activité est attractive, notamment à cause de sa proximité avec le port, elle génère des nuissances environnementales importantes, comme le bruit ou la pollution. Une forme urbaine hétérogène, mais structurée le long du Boulevard La forme du tissu urbain est troublante. Premièrement dans la typologie des bâtiments on constate que des hangars peuvent cotoyer

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AXE CASA-VOYAGEURS - ROCHES NOIRES

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b. Analyse urbaine Gare Casa-voyageur Roches Noires

du trottoir et le retrait des arbes d’alignement autrefois présent contribus à détériorer l’ambiance de ce Boulevard.

Une forte mixité fonctionnelle La proximité avec la gare a été un facteur décisif pour l’implantation de nombreuses Cet axe s’appuie sur le Boulevard Ba Hmad. activités qui profitent ainsi de l’offre logistique Il se déroule entre la gare Casavoyageur et le et des commodité de transport en commun. quartier des Roches Noires. Cette attractivité peut expliquer l’importance et la diversité des activités économiques préLes caractéristique de cet axe sont : sentes sur cet axe. Hôtel, clinique, commerces ou banques, de multiples programmes sont La présence de la Gare Casavoyageur, implantés dans le quartier et visent une clienun élément clé du projet tèle à l’échelle de la ville. La gare casavoyageur, possède une desserte régionale et nationale qui sera renforcée Une grande densité par le projet de LGV. C’est un élément clé, car Les immeubles forment d’importants elle garantit l’accessibilité de notre projet à un fronts bâtis et s’élèvent parfois sur plus de 6 population importante. D’autre part le réamé- étages. Cet axe est celui qui présente le tissu nagement de la place initie notre stratégie de urbain le plus dense. requalification des espaces publics. Une problématique de congestion rouLe passage du tramway tière Le passage du tramway, vient conforter le Les récents travaux ont beaucoup modifié renforcement de l’accessibilité des quartiers, les circulation automobiles, et lors de nos vicette fois pour une desserte locale. Néans- sites nous avons pu constater des flux impormoins l’implantation des infrastructure néces- tants aux abords de la gare Casavoyageur. Les saires réduit la place pour le piéton et pour la carrefours avec une intersection avec le tramvoiture. way sont aussi problématiques. La dominance des infrastructure ferroviaire La présence du faisceau ferroviaire se voit Orientations : facilement sur la carte. De nombreux bâtiTirer profit de la proximité de la gare et du ments sont affectés à la gestion du traffic fer- tramway ; roviaire. Néanmoins on constate de nombreux Traiter le Boulevard Ba Hmad de façon quadélaissés ferroviaires, idéalement positionné litative pour y rendre la marche agréable ; en bordure du boulevard Ba Hmad Utiliser les délaissés ferroviaires pour élargir l’espace public Un Boulevard Inhospitalier Respecter la mixité fonctionnelle déjà préLorsque l’on se dirige de la gare vers les sente abattoirs, on se retrouve obligé d’emprunter le Boulevard Ba Hmad. Celui-ci est bordé par un mur du début à la fin et rend le cheminement peu agréable. D’autre part, la réduction

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AXE ABATTOIRS - HAY MOHAMMADI

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c. Analyse urbaine Hay Mohammadi Abattoirs

concentration est d’autant plus spécifique qu’elle regroupe des équipements destinés à l’éducation (Lycée, collège, école, ...). Il y a aussi des équipements publiques par fonction, comme les abattoirs ou le commissariat Derb Moulay Chérif, qui ne sont pas encore totalement institutionnalisé.

Nous retrouvons sur cet axe, la présence des anciens abattoirs. L’Avenue Jafar El BarmaLa problématique du stationnement ki constitue l’épine dorsale de cette axe. Elle Elle s’exprime le plus fortement le long de mène des abattoirs au commissariat de Derb l’Avenue Jafar El Barmaki. Notamment devant Moulay Cherif. les abattoirs, à proximité des magasins de brochettes. La cohabitation avec d’autres usages Les caractéristique de cet axe sont : tels les marchands ambulants ou les kiosques illégaux reste conflictuelle La prédominance des infrastructures La voie de chemin de fer, coupe le tissu La proximité avec deux bidonvilles urbain. Cette rupture se sent d’autant plus Le long de l’axe, nous avons identifié deux que les moyens de franchissements sont rares. bidonvilles. L’existence du programme Villes D’autre part, la présence de la voie ferrée a sans bidonville, nous pousse à réfléchir quand guidé l’implantation de nombreuses indus- à la résorption de ces poches d’habitats insatries, dont les abattoirs eux-même, cela pour lubres. des raisons logistiques La présence de plusieurs îlots résidenLa prédominance des emprises indus- tiels trielles Les bidonvilles jouxtent de façon paraL’analyse des fonctions précises présentes doxale des îlots résidentiel R+4, dont certains sur l’axe révèle une très forte présence d’uni- bâtiments sont bien ouvragés, décoré par les tés industrielles. Il y en a de toutes tailles et soins des habitants. Ces îlots rompent avec de tout types. Du petit fabriquant de pièces leur environnement, à dominante industrielle. mécaniques aux unités de production pharmaceutique. Les deux quartiers étudiés sont Orientations : nés avec l’essor des industries, il n’est donc pas Permettre le franchissement des infrastrucétonnant de les retrouver aujourd’hui, même tures l’impact de la crise économique contraint cerOpter pour un traitement qualitatif de taines entreprise a partir. l’Avenue Jafar El Barmaki Développer la fonction résidentielle de La présence de friches industrielle l’axe Le long de l’axe des friches industrielles Solutionner la problématique des bidonsont facilement repérable par l’état dégradé villes Travailler en synergie avec les nombreux La présence de nombreux équipements équipements publics publics et de lieu de vie ou d’animation On constate la présence d’une forte concentration d’équipement au nord du terrain en friche, aussi appelé Chabou. Cette

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4. Le génie des lieux

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La conception d’un projet est fondée sur une démarche rigoureuse de compréhension des besoins, de l’évolution des usages et du génie du lieu. Ainsi, notre projet s’est nourri du regard croisé d’une équipe pluridisciplinaire qui découvrait Casablanca, le site et les abattoirs. Cette expérience partagée, cette attention à l’histoire d’un bâtiment nous a permis de mieux mesurer ce qui pouvait être sacrifié et ce qu’il était indispensable de garder. Ce que nous avons découvert lors de nos premières visites, c’est ce jeu de volumes entre les pleins, les vides, entre le dehors et le dedans, l’ombre et la lumière, le vaste et l’exigus, la continuité et l’alternance d’espaces ouverts ou clos. Ces composantes génèrent des atmosphères multiples, diverses et particulières. Chacun des espaces doit conserver sa valeur, son atmosphère et son pouvoir évocateur. Il est important de conserver une part d’imprévu, de façon à laisser une partie de l’histoire s’écrire dans les lieux avec le temps.


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Le parvis de la grande halle Génie des lieux: *Un espace très vaste et linéaire. *Il se déploie entre la façade bâtie de la halle et une bande boisée d’eucalyptus et donne accès à de nombreux bâtiments. *Façade urbaine * Abondance et richesse des éléments architectoniques: claustra, zellige (carreaux de revêtement mural)..

Etat des lieux (structure/pathologie) : * Sol: Assez bon état * Accumulation d’eau par endroits

Programme possible: * Un parvis planté * Espace de convivialité qui peut accueillir des événements éphémères: festivals, concerts.. * Ouvrir les abattoirs au quartier Hay Mohammadi.


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Halle d’intercommunication Génie des lieux : * Bâtiment très allongé offrant un grand volume *Grande halle d’intercommunication * Espace tampon entre intérieur et extérieur * Ventilation traversante * Lumière tamisée

Etat des lieux (structure/pathologie):

Programme possible:

* une salle des pasperdus * Murs: * Événements éphéSalissures, dépôt d’algues et de mères lichens * Accueil * Encroûtement, gonflement et * Espace de transiépaufrure. * Carbonatation du béton, effrite- tion entre les bâtiments nouveaux (à ment et chutes de morceaux. la place des frigos) * Dépassivation de fers par enet l’existant (la boudroits. cherie).


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Boucherie

Programme possible: Génie des lieux : Etat des lieux (structure/ Une grande salle dont l’aménagement intérieur peut être changé pathologie): *Bâtiment fragmenté * Sol: Forme abîmées par selon l’utilisation. On peut y mettre une exposition et la laisser dans ce en plusieurs espaces liquelques endroits néaires, héritage du passé * Trappe d’évacuation des cas sans cloisons, comme on peut la transformer en petits espaces d’expoet de l’activité du lieu. EP bouchées sition ou vente de produits (un souk * Multitude des accès * Pentes non régulières, *Ventilation naturelle * Accumulation d’eau sur associatif ) avec des cloisons amovibles qui les séparent * Lumière naturelle filtrée le toit. par les claustras * Accumulation de détri- * on peut diviser l’espace en trois ou *Présence des rails métal- tus au niveau des trappes quatre grandes salle. * Utiliser les rails métalliques comme liques: modularité. supports des panneaux amovibles


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Les écuries Génie des lieux: *Un bâtiment offrant de grands volumes * Ventilation traversante * Lumière diffuse * Verticalité: 9 mètres d’hauteur sous plafond *Flexibilité

Etat des lieux (structure/ pathologie): * Murs : Salissures, dépôt d’algues et de lichens * Encroûtement, gonflement et épaufrures. * Carbonatation du béton, effritement et chutes de morceaux.

Programme possible: * Une médiathèque : l’idée est de garder le bâtiment comme une enveloppe protectrice. Des boites suspendues, connectées entre elles par des passerelles, peuvent accueillir des salles de travail, une vidéothèque, etc. Une de ces boites, une buvette, perce l’enveloppe pour offrir un panorama sur la ville. Le RDC sera réservé pour l’accueil, les locaux techniques et une grande salle de lecture.


Mosquée Hassan II

Église Roches Noires

La mer

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Vue depuis la terrasse: les points repères dans la ville de Casablanca

La Halle aux cuirs Génie des lieux:

Etat des lieux (structure/pathologie):

Programme possible:

*Un bâtiment de très grand volume composé de deux étages très spacieux. * Possibilité d’accéder à la toiture où les horizons sur la ville se dévoilent. * Ventilation traversante * Lumière diffuse

* Poteaux: cornières rouillées, structure apparentes. Dépassivation des armatures. Epaufrures, carbonatation du béton, Corrosion des armatures en fer, ruissellement des eaux à partir du plafond. Accumulation d’eaux au pied des poteaux.

* Restaurant panoramique sur le toit * Rez-de-chaussée ouvert au public * Locaux associatifs


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V. Al Barzakh Une fois les analyses du diagnostic orienté réalisées, nous nous sommes déjà positionner sur certains sujets clés du projet, comme la question patrimoniale ou le type de programmes que l’on souhaiterais voir s’implanter à l’échelle urbaine. Il est dès lors possible de passer à la programmation portant sur le futur des axes et du site des abattoirs.

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Albarzakh est un projet qui vient redonner vie aux quartiers qu’il touche : le quartier Roches noires et le quartier Hay Mohammadi. Albarzakh en arabe signifie la position d’entre deux. Dans notre projet il réfère à l’interface entre les deux quartiers « Hay Mohammadi » et « Roches noirs » Séparés par les voies ferrées mais unis par les abattoirs. A l’époque de leur activités, les abattoirs réunissait les habitants des deux quartiers, que ce soit dans leurs enseigne ou au niveau des activités avoisinantes. A travers Albarzakh, l’équipe Art’BATTOIR a la vision de créer une synapse urbaine dont le bâtiment des anciens abattoirs représente le centre. Le projet vient répondre à des besoins locaux. Etant à caractère jeune, elle exprime un besoin d’infrastructures culturelles, associatives où elle pourra manifester ses talents qu’ils soient modernes ou traditionnels.


1. Axe Roches noires - Abattoirs Al Barzakh a pour ambition de révéler la richesse urbaine cachée dans ce quartier soumis à de nombreuses nuisances. Le souci de répondre au manque d’espaces publics peut concerner la création, mais aussi la requalification de lieux. Ainsi, le parc devant l’église, qui est un des seuls du quartier, se verra prolonger pour rejoindre la trame arborée de la rue.

PLAN SEQUENCE

a. Densification résidentielle

Enfin, la densification précédemment mentionnée se fera préférentiellement sous la forme d’immeuble résidentiel de moyen standing d’une surface générée globale de 8500 m².

b. Bd Amr Ibnou Ass

L’aménagement du boulevard « Amr Ibnou Ass » s’inscrit dans la volonté de tourner la ville vers la mer. Le traitement du Boulevard vient renforcer son rôle de percée visuelle sur la mer, avec l’affirmation du gabarit par une densification progressive des dents creuses et le traitement paysager des espaces publics. Plus qu’une simple dimension esthétique cet aménagement apporte une continuité du projet et permet de répondre à certaines des problématiques locales. l

c. Place de la passerelle Il se termine en effet par la création d’une passerelle permettant de rejoindre les abattoirs qui allie à la notion traditionnelle de passage celles de l’arrêt et de la contemplation. Ainsi le cœur de notre projet s’ouvre sur le quartier des roches noires et son accès se trouve alors faciité pour une importante population. L’accès de la passerelle donne l’occasion de transformer l’actuel nœud routier en une place offrant un cadre agréable. Cette nouvelle aménité urbaine se trouve bordée d’immeuble de bureaux (13500 m²) et de commerces (4500 m²), comme signeprécurseur de la transformation du tissu industriels avoisinant.

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2. Axe Casa-voyageur Roches noires

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PLAN SEQUENCE

Cet axe permet de connecter la gare de Casa-voyageurs aux abattoirs. Il est d’une grande importance du fait qu’il accueille la station de tramway la plus proche des abattoirs tout comme la future gare LGV. Ces éléments favorisent l’accessibilité du projet.

a. Requalification du BD BAHMAD Ceci impose de traiter l’actuel Boulevard Bahmad de façon à ce qu’il rende le trajet le plus agréable possible, cet aménagement sera aussi l’occasion de prolonger les travaux qui ont été réalisés devant la gare.

b. Immeuble de bureau innovant Le tissu urbain jouxtant cet axe est déjà très dense et possède une grande mixité de fonctions, c’est pourquoi l’intervention sur cet axe reste minime se focalisant sur les espaces publics. Toutefois à la croisée du boulevard Bahmad et de la rue des Oudayas se trouve un bâtiment industriel abandonné. Si l’architecture n’est pas marquante le bâtiment est en bon état. Une réhabilitation est ainsi envisageable. Le programme choisi est un ensemble d’espaces de bureaux innovant (15300 m²) orienté vers le co-working.


3. Axe Abattoirs Hay Mohammadi L’aménagement du boulevard « Jaafar Albarmaki » permettra de relier la partie Ouest de Hay mohamadi aux abattoirs. Il s’agit de requalifier l’axe déjà présent qui sur certains tronçons est peu utilisé à la fois par les piétons et les automobilistes. Les petits restaurants de brochettes en face des abattoirs garderont leur place toute en bénéficiant d’une possibilité d’accueil au sein de la partie dédiée aux entreprises dans Diour lbatwar. Ainsi, ils pourront toujours garder leur activité tout en la développant.

PLAN SEQUENCE

a. Salle Omnisport Outre le traitement qualitatif du Boulevard, des programmes viennent se greffer le long de l’axe au gré des opportunités foncières. La transformation du marché de poulet existant en une salle omnisport (4500 m²) répond à un besoin local mais elle garantit aussi l’homogénéité du projet Al Barzakh. Ce changement suppose de délocaliser le marché aux poulets, comme cela a été fait pour les abattoirs, il permettra d’apporter une solution aux problèmes d’hygiènes générés par ce marché.

c. Quartier Chabou Le terrain Chabou (6200m²) représente un grand potentiel en termes d’aménagement urbain. Sa transformation partielle en parc (2900m²) viendra créer un espace de respiration et de détente dans un quartier qui en manque. La création de logements (31600m²) sur cet axe fera profiter la population de la proximité des nouveaux équipements (culturels et sportifs) se trouvant à proximité. Ceci permettra aussi l’animation d’un axe majeur socialement gelé jusqu’à présent vu sa fonction exclusivement industrielle.

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4. Diour Lbattoir

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a. Dar Diafa Dar Diafa (la maison de l’hospitalité) est un hôtel typique Marocain implanté au sein des abattoirs sur une surface totale de 6000 m² dont 3700 m² sont alloués à un hôtel et 2300 m² pour une auberge de jeunesse.

LIEU

La proximité de Dar Diafa par rapport au reste du programme au sein de Diour lbattoir lui confère une particularité attractive. Loger à Dar Diafa c’est s’immerger dans un complexe de culture marocaine dans tous ses détails et dans tout ses états.

DETAILS :

Programme : Hôtel avec une gamme de chambre de différent standing : 3700 m² Une Auberge de jeunesse : 2300 m² Surface : 6000 m² 82

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Public / Usagers : Touristes locaux, nationaux et internationaux à la recherche d’une expérience culturelle originale Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 22 000 000 dh Gestion : Géré par un exploitant hôtelier marocain, régit par un cahier des charges précis et exigeant.

58. Caravane-sérail 59. Hôtem région de Marakech 60. Projet de Masdar City

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LIEU b. Dar Raha Dar Raha (2200 m²) (la maison du bienêtre) est une maison de bien être qui s’appuie sur les richesses naturelles du pays. Entre huile d’Argan, Henné et Ghassoul le visiteur profitera des soins naturels assurés par une main d’œuvre issue des quartiers avoisinants. Destinée à la fois aux touristes et aux habitants du quartier, Dar Raha participera ainsi au développement du tourisme dans Diour Lbattoir d’une part et au recrutement des habitants locaux.

61. Hammam traditionnel

DETAILS : Programme : Hammam et Spas Salle esthétique et soin du coeur Salle de gym

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LIEU c. Jnane Lbattoir Jnane Lbattoir (le jardin des abattoirs)est une oasis qui vient rompre l’ensemble minéral du site. Il s’étend sur 17000 m².

DETAILS : Programme : Oasis publique : 12 800 m² Oasis privée : 4 200 m²

Surface : 17 000 m² Il contribue à la réduction du phénomène Surface : 2200 m² d’ilot de chaleur par la création d’un ilot de Public / Usagers : Habitants et travailleurs fraicheur. Il vient offrir au quartier un espace Public / Usagers : Touristes locaux, natiodes quartiers avoisinants et touristes. Le plupublic planté de qualité, venant ainsi combler naux et internationaux à la recherche d’une blic varie selon une triple temporalité, la saiun manque important à l’échelle urbaine. expérience culturelle originale mais aussi les sons, le jour de la semaine et l’heure. Il convient habitants des quartiers avoisinant. d’adapter le parc à cette multiplicité d’usagers Avec ses deux parties, une publique pour potentiels. l’ensemble des visiteurs de Diour lbattoir, et Realisation : Société Projet Al Barzakh une privée pour les résidents de l’hôtel et de Realisation : Société Projet Al Barzakh l’auberge, Jnane lbattoir représente le pouInvestiseur :Société Projet Al Barzakh mon local de Diour lbattoir. Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 7 700 000 dh Prix : 44 400 000 dh Gestion : Géré par une start-up créée localement qui respectera une politique tarifaire Gestion : L’oasis privé est gérée par un exen adéquation avec les moyens des habitants ploitant hôtelier marocain, régit par un cahier des quartiers voisins. des charges précis et exigeant. Pour l’Oasis publique, elle peut faire l’objet d’une délégation à une entreprise prestataire ou être gérée par la ville elle-même.

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d. Zenqat Lqantra et Zanqat Lhayha

LIEU •

DETAILS : Programme : Rue commerçante : 700 m² Place en plein air : 1 800 m² Surface : /

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Public / Usagers : Habitants et travailleurs des quartiers avoisinants et touristes. La place sera utiliser par les visiteurs des Abattoirs. Elle pourra accueillir également des évènements festif ou non, dont l’installation pourra être facilitée par la prise en compte en amont de cette problématique. Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 4 000 000 dh Gestion : Les propriétaires des commerces et un partenariat entre la Société Projet Al Barzakh et les artistes

62. Exemple de la friche de la belle de Mai, Marseille

Zenqat Lqantra (la rue du pont) est la rue commerçante menant vers la passerelle « Qantrat Lbattoir ». Fréquentée par les visiteurs de Diour Lbattoir, elle représente une opportunité d’implantation d’un restaurant et d’un café. Zen9ate Lhayha (la rue de la fête) est une place en plein air de 1800 m². Selon sa dénomination, la place est destinée aux manifestations festives. Entre matchs de foot, concerts et foires, la place fait profiter les visiteurs du grand espace qu’elle met à leur disposition ainsi que du beau temps qu’elle leur offrira.

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e. Dar Lghiwane

LIEU

Dar Lghiwane (la maison des Ghiwane) (1800m²) est un espace dédié à la musique marocaine. Il est composé d’une école de musique, d’un musée de la musique marocaine et de box d’enregistrement.

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Dar Lghiwane a été nommé ainsi pour rendre hommage au groupe musical Nass Lghiwane qui représente un emblème de la musique marocaine. Le groupe est issu du quartier Hay Mohammadi. Leur style musical a fait ravage pendant les années 70,80 et 90. Ils continuent à séduire les jeunes de nos jours. L’espace est prévut de façon à être flexible pour pouvoir accueillir des concerts en Rez de chaussée, mais aussi des exposition ou des ateliers.

DETAILS : Programme : Salle pour spectacle : 880 m² Musée musical : 760 m² Ecole de musique : 200 m² Box d’enregistrement : 70 m² Surface : 1800 m²

Public / Usagers : Visiteurs, Jeunes du quartier, musiciens professionnels ou amateurs, spectacteurs Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 4 000 000 dh Gestion : Le bâtiment sera géré par le ministère de la culture

63. Casa en Brejos de Azeitao, Setubal by Aires Mateus 64. innovationdock_rotterdam_groosmanpartners

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f. Dar Lfennane

LIEU

Dar Lfennane (2000 m²) (la maison de l’artiste) est un ensemble d’ateliers permanents ou temporaires destinés aux artistes marocains.

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Les artistes bénéficieront également d’un espace d’exposition commun et visitable par les touristes. L’espace sera géré par des associations sous la tutelle de l’administration générale de Diour Lbattoir. Cette association peut tout à fait être le collectif d’association qui gère actuellement la fabrique culturelle des abattoirs. Il s’agit de conserver la dynamique actuelle, de l’accompagner et de lui donner un aspect plus professionnel tout en lui attribuant des espaces mieux adaptés, bien que plus petit.

DETAILS :

Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh

Programme : Atelier d’artiste Salle d’exposition et de vente Surface : 2000 m²

Prix : 4 000 000 dh

Gestion : un partenariat entre la Société Projet Al Barzakh et les artistes, peut attribuer la Public / Usagers : Pour les artistes marocains intéressé, ils peuvent être aujourd’hui déjà gestion à un collectif d’artistes présent dans les abattoirs ou extérieurs. 86

g. Dar Lmallem Dar Lmallem (la maison du maître) est un ensemble d’ateliers d’une surface de 1200 m² destinés aux artisans.

LIEU

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Ces derniers pourront produire, exposer et vendre leurs créations dans cet espace. Etant à proximité, les touristes auront accès à ces ateliers et pourront observer de près la fabrication des produits artisanaux. Plus qu’une simple animations, il peut s’agit d’une réelle expérience et l’occasion d’un échange entre le savoir faire et la curiosité. Dar Lmallem sera gérée grâce à une convention avec l’Académie des Arts Artisanaux. Cette nouvelle école, pourra en effet réserver des locaux pour ses apprentis ou les louer à d’autre artisans ou artistes.

DETAILS : Programme : Vitrine et boutique : 360 m² Salle de travail pour artisanat : 840 m² Surface : 1200 m²

Public / Usagers : Pour les artisans marocains intéressés, ils pourront bénéficier d’un local a un prix abordable à proximité du centre.

Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 2 400 000 dh Gestion : un partenariat entre la Société Projet Al Barzakh et l’Académie des Arts Traditionnels.


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LIEU h. Dar Lhikma

Dar Lhikma (la maison de la sagesse) (1700m²) est la médiathèque, espace de culture et de savoir.

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DETAILS : Programme : Médiathèque : 873 m² Centre d’orientation : 753 m² Cybercafé : 80 m² Aide à la création d’entreprise : 64 m²

Elle accueille les habitants des quartiers avoisinants (Belvédère, Roches Noires et Hay Mohammadi). Son objectifs n’est pas de resSurface : 1700 m² sembler aux biliothèque ou médiathèque existante mais de se démarquer en proposant des Public / Usagers : Habitants des quartiers services innovants, comme l’aide aux devoirs, voisins, étudiants, écoliers, jeune entreprela médiation culturelle, l’accueil de débat, de neurs. thé littéraire, ... D’autre part, l’idée de ce programme est d’avoir une dimension pratique, la présence d’un cyber-café et d’un centre d’orientation et d’aide à la création d’entreprise. Dans un quartier où 60% de ménages possède le téléphone fixe et où le taux de chômage est le plus élevé à Casablanca semble pertinent.

Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur :Société Projet Al Barzakh Prix : 3 500 000 dh

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LIEU i. Dar Lhay Dar Lhay (la maison du quartier) est la maison du quartier abritant des locaux d’associations, un centre de formation, un dispensaire, et une garderie. L’ensemble est agencé sur une surface totale de 2000 m².

DETAILS : Programme : Garderie : 130 m² Centre de quartier : 500 m² Centre de formation : 314 m² Dispensaire : 379 m² Centre associatif : 691 m²

La maman venant bénéficier des cours Surface : 2000 m² d’alphabétisation au sein de Dar Lhay pourra le faire tranquillement puisqu’elle déposera Public / Usagers : Habitants des quartiers son enfant à la garderie juste en dessous de sa et associations. Elles peuvent être déjà implanclasse. Les associations installées depuis longté sur le site ou exétérieur temps dans les anciens abattoirs de Casablanca se verront attribuer des locaux en location. Realisation : Société Projet Al Barzakh Dar Lhay disposera de salles de réunions. Pour ces même associations. Investiseur :Société Projet Al Barzakh

L’objectif est de proposer aux associations, très dynamique à Hay Mohammadi, un supGestion : Le bâtiment sera géré par le miport pour leurs actions et une visibilité nistère de la culture

Prix : 3 800 000 dh Gestion : Le bâtiment sera géré par un collectif d’association


j. Sahat Lbattoir Sahat Lbattoir (3100m²) (place des abattoirs) est le parvis à l’entrée principale des abattoirs.

LIEU

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C’est un espace de rencontre et d’échange. Sous l’ombre des arbres, les habitants du quartier y trouveront leur bonheur autour d’un jeu de dames ou de cartes. Le but de ce parvis est aussi d’ouvrir le site des abattoirs vers la ville. De ne plus rester enfermer dérrière les murs d’enceinte. De Façon imagée, c’est comme si l’on reculait la cloture d’une dizaine de mètre.

PERSPECTIVE

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LIEU k. Espace lié au fonctionnement 90

La transformation de l’ensemble des abattoirs nécessite la présence d’un programme anodin mais essentiel pour le bon fonctionnement du site, une fois livré. Toilette et locaux de stockage dans l’oasis Parking des abattoirs (3325 m²) : décrire le parking … Pôle administration : Administration de Diour Lbattoir (700 m²)

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15 •

DETAILS : Programme : Parking : 3325 m² Administratration : 700 m² Toilettes et stockage : 500 m² Surface : 4525 m²

Public / Usagers : Utilisateurs des programmes dans Diour Lbattoir Realisation : Société Projet Al Barzakh Investiseur : Société Projet Al Barzakh Prix : 4 00 000 dh Gestion : L’espace public sera géré par Société Projet Al Barzakh


5. RIEN NE SE PERD, TOUT SE TRANSFORME Approche environnementale du projet El Barzakh

a. Eau A Casablanca, comme partout dans le monde, la consommation moyenne en eau potable par habitant ne cesse de croître et le prix de l’eau devient de plus en plus important. Face à cette réalité et surtout face à un enjeu écologique inquiétant, il devient donc impératif de trouver des solutions alternatives visant à réduire la consommation d’eau potable, comme la récupération des eaux de pluie. En effet, les usages quotidiens de l’eau ne nécessitent pas toujours une qualité dite « potable ». Certes, la qualité des eaux pluviales ne répond pas aux critères de potabilité, mais elle demeure largement suffisante pour bien des utilisations telles que l’alimentation des chasses d’eau, l’arrosage des espaces verts, le nettoyage des voiries et des véhicules ou encore dans l’industrie. C’est pourquoi la récupération - réutilisation des eaux pluviales présente un double intérêt :

- économiser l’eau potable et préserver particuliers, collectivités et installateurs ainsi que la mise en œuvre de mesures d’incitation ainsi les ressources en eau douce ; afin d’aider le développement de ce créneau - Limiter les risques d’inondation. qui potentiellement représente une activité économique créatrice de valeur ajoutée et Le cadre réglementaire Au Maroc, le statut juridique des eaux plu- d’emplois et d’encourager le tissu professionviales est déterminé par la loi sur l’eau 10-95 nel (entreprises spécialisées, revendeurs, techqui stipule que : niciens, etc.) qui pourrait propulser cette pra« Article 25 - Les propriétaires ont le droit tique. d’user des eaux pluviales tombées sur leurs Collecte des eaux pluviales au sein des fonds. abattoirs Les conditions d’accumulation artificielle Pourquoi ce choix, pourquoi est-ce impordes eaux sur les propriétés privées sont fixées tant pour notre projet ? par voie réglementaire. » Chapitre V Condi« Les choix destinés à répondre aux besoins tions générales d’utilisation de l’eau. du présent ne doivent pas compromettre la Ainsi tout propriétaire a la possibilité de capacité des générations futures à satisfaire collecter les eaux pluviales pour son propre leurs propres besoins » usage. La loi 10-95 ne prévoit donc aucune Déclaration de Rio, 1992 restriction ni obligation quand à l’usage de Une bonne maîtrise et une bonne gestion ces eaux, et ne fixe pas non plus les normes de de l’eau s’impose : comment peut-on consomqualité à respecter, ce qui montre le retard qu’a mer de manière raisonnable et responsable les pris le Maroc en matière de gestion de l’eau et ressources en eau dont on dispose ? Comment de la préservation de ses ressources. peut-on satisfaire les besoins en eau durableLa promotion des techniques de récupé- ment ? ration des eaux de pluie requiert un disposiLa réponse est donc via la récupération tif réglementaire auquel feraient référence, et la réutilisation des eaux pluviales pour les

nombreux avantages qu’elle offre : Des avantages environnementaux L’eau de pluie permet : • d’économiser l’eau potable, • de préserver les ressources en eau des rivières et des nappes phréatiques, • d’économiser l’énergie nécessaire au captage, au traitement et au transport de l’eau. L’eau de pluie récupérée ne ruisselle pas, il y a donc moins d’érosion des sols et moins d’inondation. Un avantage économique L’eau de pluie est gratuite et elle est livrée sur place. Un avantage pratique L’eau de pluie permet de constituer une réserve d’eau mobilisable en cas de panne de réseau. Pour quels usages ? Dans notre projet, les eaux pluviales récupérées seront utilisées pour diverses activités à savoir : - L’arrosage des espaces verts au sein et aux alentours des abattoirs ; - Le lavage, le nettoyage et l’entretien des lieux ;

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- La recharge d’une réserve en cas d’incendie ou bien d’une panne dans le réseau. Comment ? - Les dispositifs de récupération : La surface de récupération est généralement la terrasse de l’habitation. En effet, il faut une surface qui intercepte l’eau pluviale et qui la concentre vers un collecteur (la gouttière puis le tuyau de descente). Une filtration est impérative pour éliminer les plus grosses particules présentes sur la surface de récupération (mousses, lichens, feuilles...). Après la collecte, les eaux sont stockées dans une cuve à l’abri de la lumière, de la chaleur et du gel, et éventuellement traitées (traitement antérieur ou postérieur). Une pompe permet l’alimentation de l’installation en eau de pluie récupérée, et une alimentation en eau de réseau se fait automatiquement lorsque l’eau de pluie n’est plus disponible. C’est la réserve de stockage et les systèmes de réutilisation de l’eau qui sont les plus variables. Stockage : Deux types de stockage se présentent : les citernes préfabriquées d’usine et la construction sur place d’une fosse de stockage. Citernes préfabriquées d’usine :

Filtration : Dans le contexte marocain où il est recommandé de restreindre l’usage des eaux récupérées à l’arrosage des jardins, lavage des sols et véhicules et aux chasses des toilettes. La filtration peut alors se limiter à : La mise en place d’une grille métallique

au départ de la descente d’eau de pluie, qui permet, de retenir un maximum des feuilles, brindilles, fientes animales, grosses particules et autres éléments provenant de la toiture, entraînés par la pluie, évitant ainsi d’emmener tout cela dans la citerne de stockage et d’y favoriser un «bouillon de culture» ; Pré-filtration par décantation, qui consiste à installer en amont de la citerne principale une petite cuve intermédiaire, par laquelle l’eau transitera pour y déposer les particules les plus lourdes et laisser flotter les plus légères. La sortie d’eau quant à elle sera adaptée pour évacuer l’eau à mi-hauteur, et cette cuve doit bien entendu rester facilement accessible pour nettoyage. Si on opte pour une fosse enterrée, elle doit comporter deux compartiments séparés : la première pour la décantation ; une seconde à partir de laquelle l’eau sera puisée. Le compartiment de décantation doit comporter un point bas ou un puisard pour recueillir les dépôts. On veillera à l’installation d’une ouverture d’accès suffisamment large pour laisser passer une personne même corpulente portant un seau. Dans la mesure du possible, on incorpore une échelle métallique le long des parois de la citerne près de l’ouverture d’accès. La trappe fermant l’ouverture sera en matériau léger mais solide. Les trappes en béton armé demandent beaucoup

l’étape essentielle dans la conception d’un projet de récupération des eaux de pluie. Le volume de stockage ne se calcule pas selon le nombre d’habitants et/ou les besoins en eau de ceux-ci. Le choix du volume de stockage est défini en fonction : *Du potentiel de récupération qu’offre le site où le bâtiment concerné est situé. Ce potentiel est la résultante de la pluviométrie moyenne du lieu et de la superficie des toitures du bâti. *Des périodes d’absence de pluie pendant l’été. Au Maroc et suivant les régions, cette période varie d’environ 12 à 24 semaines. Plus la pluviométrie est irrégulière, plus il faut prévoir un volume important. de force musculaire pour l’ouverture. Préfé*Des usages que le propriétaire envisage rer la plaque en acier laminé, munie d’une pour l’eau récupérée. poignée escamotable ou de trous aménagés pour l’ouverture à l’aide d’un crochet. Pour les Les besoins mensuels en eau si la superfigrandes citernes (supérieures à 10 m³), on peut cie des jardins est d’environ 700 m² peuvent éventuellement prévoir un éclairage étanche être estimés à : au plafond avec un interrupteur muni d’une *Arrosage : (0,36 x 700) /12 = 21 m3/mois lampe témoin placé dans la maison. *Lavage escaliers, allées et locaux : 3 m3/ Explications + photos de la technique et du choix qu’on a fait : Nous optons pour des citernes autoconstruites en béton et ce pour plusieurs raisons : - La non commercialisation sur place de cuves préfabriquées - son coût modéré - le recours à une main d’œuvre et à des matériaux disponibles sur place. - Le béton permet de neutraliser l’acidité naturelle de l’eau de pluie contrairement au plastique ou au métal

mois *Total : 24 m3/mois

Supposons que la superficie totale des toitures (surface de récupération) soit de l’ordre de 1600 m² la confrontation des besoins mensuels au volume mensuel moyen récupérable donnerait : Les besoins annuels en eau de pluie : 120 m3 *Le volume d’eau récupérable : 469 m3 *La période sèche : 120 j Etant donné que l’usage principal dans ce cas de figure est l’arrosage, la période durant laquelle le recours à l’eau récupérée est requis est le période sèche comprise entre début juin Dimensionnement : et fin septembre. Par conséquent, le volume de la fosse sera déterminé par la seule confrontaLe dimensionnement du stockage est tion des besoins durant cette période (4 x 24 = 96 m3) et les apports durant cette même période soit 33 m3. La capacité requise est alors


de 63 m3. Les systèmes d’irrigation les plus répandus pour l’arrosage en ville : 1- Le goutte-à-goutte L’irrigation par goutte-à-goutte, consiste à appliquer l’eau séparément à chaque plante en quantités réduites, précises et fréquentes au moyen d’un distributeur appelé goutteur. Il s’agit de la méthode d’irrigation la plus avancée, avec l’efficience d’application la plus élevée. L’eau est distribuée en continu au même endroit sous forme de gouttes et s’infiltre dans le sol en humectant la zone racinaire, verticalement par gravité et latéralement par effet de capillarité. La zone plantée n’est que partiellement humidifiée.

d’arrosage par laquelle l’eau est fournie aux plantes sous forme de pluie artificielle, grâce à l’utilisation d’appareils d’aspersion alimentés en eau sous pression. Ainsi, l’irrigation par aspersion tend à reproduire la pluie naturelle et elle y parvient de façon plus ou moins parfaite selon l’appareillage utilisé et le soin apporté à l’arrosage. Cette technique nécessite des conditions de pression moyenne à forte (de 3 à 6 bars à la buse). Choix du système d’irrigation

et des goutteurs pour débiter lentement un mince filet d’eau sur le sol juste au-dessus des racines de la plante. L’eau se propage lentement par gravité et capillarité jusqu’aux racines, limitant ainsi les pertes en surface dues à l’évaporation et les pertes dues à la dérive par le vent pour les asperseurs. Le goutte-à-goutte est donc la méthode la plus économe en eau. Un tel système permet de consommer 30 à 50% moins d’eau qu’un système d’arroseurs classique.

b. Energie

Tenant compte des différents avantages et inconvénients de chacun des deux systèmes L’économie d’énergie, un enjeu crucial d’arrosage. Pour l’arrosage de nos arbres d’alignement, le goutte à goutte s’avère le système La consommation en énergie devient de le plus approprié qui permettra une meilleure plus en plus forte. En effet, La consommation préservation des ressources en eau. En effet, d’énergie électrique dans la région du grand Le réseau d’irrigation goutte-à-goutte ce système a l’avantage d’utiliser des tuyaux Casablanca est passée de 4 721 millions de fonctionne sous faible pression (écoulement en charge) avec des pressions de service variant de 0,5 à 3 bars (5 ,0 m à 30,0 m). Le goutteurs sont de petits distributeurs en plastique de haute qualité. Ils sont montés à intervalle régulier sur de petits tuyaux flexibles en PE. L’eau pénètre dans les goutteurs sous une pression d’environ 1 bar et ressort sans pression sous forme de gouttelettes continues avec un faible débit de 1 à 24 litres/heure.

2- Les asperseurs L’irrigation par aspersion est la technique

kwh en 2006 à 4 901 millions de kwh en 2007, soit une variation positive de 3,8%. Cette consommation concerne l’éclairage public et domestique ainsi que les besoins de l’industrie et du commerce. D’après le tableau et le graphe ci-dessus, il ressort que la consommation en électricité de la région du Grand Casablanca a beaucoup évolué et représente à elle seule près du quart de la consommation d’énergie réalisée à l’échelle nationale. Devant la hausse des prix de l’électricité et des sources d’énergie qui se font de plus en plus rares, l’enjeu serait donc de faire des économies d’énergie. gie

ALBARZAKH : un projet économe en éner-

Les ressources d’énergie ne sont pas inépuisables et les besoins humains vont grandissant. Nous devons donc adopter une démarche verte qui nous permettra d’économiser et de préserver les ressources énergétiques. Cette démarche compte : L’installation de panneaux solaires photovoltaïques Principe de fonctionnement : Les panneaux solaires photovoltaïques transforment la lumière du soleil en électricité. Ces panneaux sont donc les plus répandus mais aussi les plus complexes. Ces panneaux sont tout simplement un assemblage de cellules photovoltaïques, chacune d’elles délivrant une tension de 0.5V à 0.6V. Elles sont donc assemblées pour créer des modules photovoltaïques de tension normalisée comme 12V. La cellule photovoltaïque est fabriquée à partir de deux couches de Silicium (matériau semi-conducteur) : - une couche dopée avec du Bore qui possède moins d’électrons que le Silicium, cette zone est donc dopée positivement (zone P).

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- une couche dopée avec du Phosphore qui possède plus d’électrons que le Silicium, cette zone est donc dopée négativement (zone N). Lorsqu’un photon de la lumière arrive, son énergie crée une rupture entre un atome de silicium et un électron, modifiant les charges électriques. C’est ce qu’on appelle l’effet photovoltaïque. Les atomes, chargés positivement, vont alors dans la zone P et les électrons, chargés négativement, dans la zone N. Une différence de potentiel électrique, c’est-à-dire une tension électrique, est ainsi créée.

à l’abri des ombrages de la végétation ou des bâtiments annexes, c’est la solution la plus souvent retenue. Le projet Albarzakh va donc intégrer les panneaux solaires photovoltaïques aux bâtiments encerclés en rouge comme le montre la figure suivante et ce le long de leurs terrasses. Les bâtiments concernés sont : 8,9 : Dar lfennane 11, 14 : Dar diafa La disposition des panneaux solaires photovoltaïques sur les bâtiments précités se fera comme montré dans la figure ci-dessous :

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Choix de l’emplacement et usage : Les panneaux solaires peuvent s’intégrer dans la plupart des constructions toutefois la pose en toiture demeure le meilleur emplacement. Généralement bien exposée, facilement

Nos panneaux solaires photovoltaïques sont destinés principalement à l’alimentation en énergie électrique de l’ensemble des bâtiments précités (appareils électriques et éclairage interne), cette énergie servira aussi à alimenter les pompes destinées à surélever les

eaux pluviales stockées au niveau des cuves chaud parcourt un circuit et transfère sa chapour l’arrosage de Jnane lbattoir et pour les leur à l’eau domestique. activités de nettoyage et d’entretien des bâtiChoix de l’emplacement et usage : ments et des ruelles au sein des abattoirs. Justification : Pour chauffer l’eau sanitaire de Dar Raha (Hammam et Sauna) (voir figure ci-dessous), nous avons eu recours à des panneaux solaires Panneaux solaires thermiques thermiques. Comme dans le cas des panneaux Principe de fonctionnement solaires photovoltaïques, ces panneaux seront Les panneaux solaires thermiques trans- installés sur la terrasse. forment la lumière en chaleur, le plus souvent pour des chauffe-eaux. Justification Pour cela, les rayons du soleil passent Lampadaires solaires d’abord par une plaque de verre transparente Comme ressorti du diagnostic, Casablanca à la lumière. Sous ce verre, un absorbeur noir dispose d’un rayonnement moyen de 5kWh/ (plaque de métal recouverte d’une fine couche m²/j. Cet ensoleillement assez important pourde chrome) absorbe 80 à 90% des rayons lumi- rait être exploité pour éclairer le site des abatneux. L’absorbeur transforme ces rayons lumi- toirs à travers la mise en place de lampadaires neux en chaleur, grâce au transfert thermique solaires. par rayonnement. En effet, le lampadaire solaire ou candéEn s’échauffant, l’absorbeur émet des infra- labre solaire est un type de lampadaire qui est rouges. Ces infrarouges sont bloqués entre la alimenté par l’énergie solaire, c’est-à-dire qu’il plaque de métal et la plaque de verre, c’est le est équipé de panneaux solaires qui captent principe de l’effet de serre. Ainsi, l’air entre les la lumière du soleil pendant la journée, ce deux plaques s’échauffe et améliore le rende- qui permet de produire de l’électricité, qui est ment. stockée dans des batteries, puis restituée la Par conduction, l’énergie thermique ou nuit pour l’éclairage. chaleur de l’absorbeur est transmise à un circuit d’eau (c’est le liquide caloporteur). CelleJustification ci s’échauffe et est ensuite acheminée vers un Lampadaires solaires ballon d’eau chaude à l’aide d’une pompe, ou Comme ressorti du diagnostic, Casablanca bien par la simple gravité. dispose d’un rayonnement moyen de 5kWh/ Dans l’accumulateur, le liquide caloporteur m²/j. Cet ensoleillement assez important pour-


rait être exploité pour éclairer le site des abattoirs à travers la mise en place de lampadaires solaires. En effet, le lampadaire solaire ou candélabre solaire est un type de lampadaire qui est alimenté par l’énergie solaire, c’est-à-dire qu’il est équipé de panneaux solaires qui captent la lumière du soleil pendant la journée, ce qui permet de produire de l’électricité, qui est stockée dans des batteries, puis restituée la nuit pour l’éclairage.

dédiés. Critères d’Eligibilité • Investissements éligibles : Tout Investissement lié aux Energies Renouvelables et Efficacités Energétiques, notamment ceux relatifs aux chauffe eaux solaires (CES) collectifs.

• Projets éligibles : Tout Projet répondant aux séquençages et modalités de mise en œuvre définis, dans le cadre du Dispositif GloLampes à basse consommation bal de Financement. Tout Projet dont l’enveEt pour être plus économe en énergie, loppe finançable se situe entre 300.000, DHS Al Barzakh opte pour des lampes à basse et 2.500.000, DHS maximum. consommation. Ces dernières consomment 4 à 5 fois moins d’énergie pour s’éclairer. • Entreprises éligibles : Tout Opérateur ou Des opportunités pour Al Barzakh : Organisme intervenant dans le secteur indusUn cadre législatif et institutionnel qui triel, commercial ou de prestations de services. s’adapte Pour accompagner le secteur des énergies renouvelables, un projet de loi relative à l’efficacité énergétique, aux énergies renouvelables et à la restructuration du Centre de Développement des Energies Renouvelables (CDER) a été élaboré et est actuellement en Le visage vert de Casablanca : une grande phase de finalisation. Ce projet a pour objet inconnue. d’assurer un développement durable de la Casablanca ou l’invasion du béton, telle fourniture d’énergie, de réduire le coût de l’ap- est l’idée qu’on se fait en parcourant les rues provisionnement énergétique pour l’écono- de la ville blanche. En effet, ce grand mouvemie nationale, de lutter contre le changement ment d’urbanisation se fait au détriment des climatique et de développer la technologie de espaces verts qui se font de plus en plus rares. valorisation des énergies renouvelables et de La réalité demeure choquante : « Le Grand l’efficacité énergétique. Casablanca compte moins de 1 m² d’espaces Un fonds pour aide à l’investissement Le Fonds « FOGEER » est destiné à garantir les crédits d’investissement consentis par les Etablissements crédit, notamment les Sociétés de Leasing, aux entreprises et opérateurs marocains voulant investir dans les Energies Renouvelables et les Efficacités Energétiques. Ce Fonds est confié à DAR AD-DAMANE qui en assure la gestion pour le compte du CDER. Le compte «FOGEER» est structuré par développement de filières (CES, Eoliens, Efficacités Energétiques,…) sous forme de sous comptes

c. Biodiversité

verts publics par habitant (forêts de Bouskoura et de Echellalate non comprises), comparé à la norme de10 m² de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Surtout, les espaces verts sont mal répartis : le centre de Casablanca ainsi que la ville de Mohammedia sont bien desservis, mais les arrondissements péricentraux de Casablanca accusent de fortes carences. » SDAU-2008. Les espaces verts casablancais ne répondent pas aux aspirations des citoyens, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Le manque d’entretien et de contrôle a causé la dégradation des équipements et de la végétation. A cela s’ajoute leur implantation dans la ville qui connaît une disparité d’un quartier à l’autre, en effet, des espaces verts bien organisés et aménagés restent toutefois l’apanage de quelques quartiers, tandis que d’autres n’en disposent même pas. La situation est donc alarmante, c’est ainsi que le SDAU prescrit un accroissement important de l’offre d’espaces verts, notamment à travers la création de plusieurs grands parcs urbains, dont deux dans la ville de Casablanca elle-même (Sidi Moumen et Anfa), en plus du parc de Sidi Abderrahmane et du zoo de Ain Sebaa qui serait transformé en jardin botanique. En périphérie, plusieurs parcs urbains ou naturels seraient projetés. Les Grands Parcs Urbains constitueraient un réseau qui, avec les forêts, les espaces naturels à préserver, les zones inondables et les autres espaces ouverts non urbanisés, formeraient une véritable

trame verte à l’échelle régionale. Synthèse et enjeux L’équilibre général de tout développement urbain dépend de son offre en espaces verts. Ainsi, conscients de leur importance vitale en milieu urbain et particulièrement dans les zones densément peuplées, l’enjeu sera donc de valoriser les espaces verts existants et aménager de nouveaux parcs. Notre projet accordera dans ce sens une attention minutieuse à cette problématique qui constitue un axe stratégique majeur du schéma directeur d’aménagement urbain de la wilaya du grand Casablanca. La réponse (Trame verte : deux axes verts + jardins au niveau du site) Choix des arbres d’alignement : Certains arbustes et plantes vivaces peuvent puiser l’eau en profondeur et se passer d’irrigation une fois implantés, alors que pour obtenir un même effet de fleurissement, des plantes annuelles ont des besoins en eau très supérieurs. Le monde végétal nous offre une panoplie de plantes « dromadaires » capables de vivre avec peu d’eau et qui ne sont pas pour autant des plantes insignifiantes. Un choix judicieux d’espèces et de variétés permet de réduire la consommation d’eau. C’est pourquoi pour notre projet, nous avons opté pour des arbres qui résistent à la séche-

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resse et qui ne nécessitent qu’un simple suivi d’arrosage en période estivale à savoir : les Brachychiton populneus connus sous le nom de peupliers d’Australie. Brachychiton populneus : détail des fleurs. Ces arbres très disponibles dans les pépinières du grand Casablanca, sont souvent utilisés comme arbres d’alignement en milieu urbain et ce pour leurs innombrables qualités : - Ils acceptent des sols assez variés - Une fois bien installés, ces arbres supportent la sécheresse. - Une floraison parfois spectaculaire (Fleurs blanc-jaunâtre tachées de brun-rougeâtre à l’intérieur.)

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FINANCEMENT DU PROJET Le coût du projet Al Barzakh se répartit entre l’aménagement des axes de l’épine dorsale et le réaménagement des anciens abattoirs de Casablanca. Les axes Hay Mohammadi, Roches Noires et Casa Voyageurs présentent des opportunités foncières importantes. Ceci vient alimenter la vision du projet de densifier le tissus urbains et de l’enrichir en infrastructures pouvant abriter diverses activités. L’étude financière a commencé par un inventaire des coûts détaillés du projet (cf page 98). Il a été en effet judicieux d’estimer les coûts de chaque opération à part. Les prix recueillis, que ce soit à travers des sites internet spécialisés ou de la part des entreprises représentent une estimation moyenne du coût réel des prestations. Cependant, afin de surmonter le surcoût lié à la particularité des travaux et du foncier, nous introduisons un pourcentage de 10% d’aléas dans le coût global du projet. Le projet Al Barzakh induit une valorisation du foncier au niveau des axes qu’il touche. Les nouveaux aménagements créés participent au rayonnement des quartiers Roches Noires et Hay Mohammadi et encouragent investisseurs, citoyens et commerçants à venir s’installer sur les axes étudiés. Les prix de vente considérés dans le calcul on été recueillis sur des sites web spécialisés. Ainsi, la vente des produits immobiliers créés sur les trois axes Hay Mohammadi, Roches Noires et Casa Voyageurs participe au financement de la création de Diour Lbattoir.

97


Le plan de financement qui est un document financier synthétique, nous permet de chiffrer tous les besoins de notre projet et les moyens de financement. Il se matérialise par deux postes : les « Besoins » et les « Ressources ». Nos besoins sont illustrés par l’achat des terrains, la construction des bâtiments, les aménagements paysagers, le remboursement du capital et le remboursement des intérêts. Les ressources dont on dispose au début du projet sont les prêts bancaires qui financent le projet à 31%. A partir de l’année 3 du projet, les recettes générées par la vente des produits immobiliers permettent de financer le reste des aménagements à une hauteur de 69%.

98

Nous supposons que nos prêts bancaires sont à un taux d’intérêts de 7%, une hypothèse qui reste pessimiste par rapport au marché marocain des produits financiers. Les amortissements des prêts sont linéaires. On négociera avec la banque un intérêt différé pour chacun des prêts. Il est important de mentionner le montant global du projet sans et avec intérêts : Montant global du projet Hors taxes : 867 millions de dirhams. Montant global avec intérêts : 1 554 millions de dirhams, soit 687 millions de dirhams d’intérêts. Le projet Al Barzakh va nous apporter un gain d’un montant de 55 millions de dirhams en ayant recours au crédit. Dans le cas contraire (sans crédit), les gains s’élèvent à 237 millions de dirhams.


numéro de batiment

nombre d'étage

localisation

appelation

rdc 1

Dar Lhikma

rdc + boites boites

2

rdc plein air

rdc

Zenqat Lhayha

rdc Dar Lghiwane

rdc + boites

3

boites rdc+mezzanine

rdc+mezza

5 6+7 8+8bis

rdc+mezzanine rdc rdc

rdc+mezza rdc rdc rdc 1er rdc+1

Abattoirs

4

9

rdc+1er rdc+1

11 14 12

rdc+1 rdc

13

rdc+1

15

rdc+1

Zanqat Lqantra Dar Lfennane Dar Lmaalem Dar Diafa

rdc+1 rdc rdc 1er

Zenqat Lbattoir Dar Raha

rdc 16

Dar Lhay

rdc+2 1er

10

rdc

Casa Voyageurs-Abattoirs

17

rdc

2eme rdc rdc

Jnane Lbatwar

PLACE DE LA GARE BD BAHMAD terrain batiment 1 Batiment 1

__ R+2

Arbres Bahmad Trottoir Bahmad Terrain bâtiment 1 CVA Bâtiment 1 bureaux CVA

programmes mediatheque centre de ressources cybercafé aide à la creation des petites entreprises spectacles + Cinéma plein air+rue+axe// salle pour spectacle musée de la musique marocaine école de musique box d'enregistrement Venizia Ice (Café) Restaurant (marque connue) Mc Donald parking ateliers d'artistes + salle d'exposition vitrines + boutiques de produits artisanaux ateliers de travail d'artisants auberge de jeunesse démolition de l'existant hotel rue couverte Hammam+sauna+acceuil+Esthétique+soins du corps Salle de gym administration du complexe garderie salle de quartier acceuil centre de formation dispensaire locaux d'association sanitaires parc+locaux techniques+stocks oisis publique oisis privée total HT (DH) total HT (Centimes) Rien plantation des arbres distancés de 6m 1 seul coté élargir les trottoirs 1 seul coté achat du bâtiment Réhabilitation en espace de bureaux (coworking) total HT (DH) total HT (Centimes)

Quantité 873 753 80 64 1896 873 753 200 64 331 240 125 3325 2070 360 868 2350 783 3720 2485 1500 710 708 130 500 60 314 379 691 484 12747 4631

unité m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m² m²

92 3300 8249 15300

U m² m² m²

1700 7800 4300 4520 3375 13500 3000 3700 1500 7500 920 184 2500 143

m² m² m² m² m² m² m^3 m² m² m² m² m² m² U

4580 380 31360 6272 2945

m² U m² m² m²

foncier

shon

Total (m2)

1770 1896 1890

571 240 125 3325 2070 1228 2350 783 3720 2485 2210 708

2074

484 17378

type bureaux rénov bureaux rénov bureaux rénov bureaux rénov traitement sol bureaux bureaux + bureaux rénov bureaux rénov bureaux rénov bureaux rénov bureau + traitement sol bureaux bureaux bureaux log moy stand démol log moy stand traitement sol bureaux + bureaux + bureaux bureaux bureaux rénov bureaux rénov bureaux bureaux bureaux bureaux traitement sol traitement sol

Prix unitaire (DH) 2,000.00 2,000.00 2,000.00 2,000.00 1,500.00 2,000.00 2,500.00 1,500.00 1,500.00 1,500.00 1,500.00 3,000.00 500.00 2,000.00 2,000.00 2,000.00 3,500.00 1,000.00 3,500.00 2,000.00 3,500.00 3,500.00 2,000.00 2,000.00 1,500.00 1,500.00 2,000.00 2,000.00 2,000.00 2,000.00 2,500.00 2,500.00

Cout total HT 1,746,000.00 1,506,000.00 160,000.00 128,000.00 2,844,000.00 1,746,000.00 1,882,500.00 300,000.00 96,000.00 496,500.00 360,000.00 375,000.00 1,662,500.00 4,140,000.00 720,000.00 1,736,000.00 8,225,000.00 783,333.33 13,020,000.00 4,970,000.00 5,250,000.00 2,485,000.00 1,416,000.00 260,000.00 750,000.00 90,000.00 628,000.00 758,000.00 1,382,000.00 968,000.00 31,867,500.00 11,577,500.00 104,328,833.33 10,432,883,333.33

arbres trottoirs terrain bureaux

500.00 1,000.00 12,000.00 2,500.00

45,833.33 3,300,000.00 98,988,000.00 38,250,000.00 140,583,833.33 14,058,383,333.33

terrain terrain pelouse/arbre bureaux terrain bureaux pont dalle démol terrain log moy stand log moy stand terrain pelouse/arbre arbres

12,000.00 12,000.00 1,500.00 2,500.00 12,000.00 2,500.00 1,500.00 1,000.00 12,000.00 3,000.00 3,000.00 12,000.00 1,500.00 500.00

bureaux arbres log moy stand terrain pelouse/arbre

2,500.00 500.00 3,000.00 12,000.00 1,500.00

20,400,000.00 93,600,000.00 6,450,000.00 11,300,000.00 40,500,000.00 33,750,000.00 4,500,000.00 3,700,000.00 18,000,000.00 22,500,000.00 2,760,000.00 2,208,000.00 3,750,000.00 71,666.67 263,489,666.67 26,348,966,666.67 11,450,000.00 190,000.00 94,080,000.00 75,264,000.00 4,417,500.00 185,401,500.00 18,540,150,000.00

Terrain station RN

PLACE DE LA PASSERELLE

Roches Noires

RDC R+3 1étage Baitment 2

Hay Mohammadi

Batiment3 Place de l'église Bd Amr bnou lass

R+4 R+4

Salle omnisport Bd Jaafar el barmaki Terrain Chabou

R+4

Terrain hangar RN Place de la Passerelle Bâtiment commerces RN Terrain bureaux 1 RN Bâtiment Passerellebureaux Qantrat Lbattoir Démol Bât 2 RN Terrain bâtiment 2 RN Bâtiment 2 MS RN Bâtiment 3 MS RN Terrain bâtiment 3 RN Paysage Eglise RN Arbres Amr Bnou Ass RN

Salle Omnisport HM Arbres Jaafar Barmaki HM Bâtiment Chabou MS HM Terrain Chabou HM Parc Chabou HM

acheter le terrain et déplacer la station de service acheter le terrain et démolir 2 hangars place plantée commerces achat du terrain bureaux passerelle pietonne démolir l'usine acheter le terrain constuire un immeuble de logements MS construire 4 etages de logements acheter le terrain entretien/ aménagement paysager plantation des arbres distancés de 6m sur 2 côtés total HT (DH) total HT (Centimes) équipement sportif Arbres Moyen standing achat du terrain parc total HT (DH) total HT (Centimes)

38195

99


De par son innovation urbaine, le projet Al Barzakh apporte une innovation au niveau du montage financier.

Le montage financier

Al Barzakh se caractérise par la multiplicité des acteurs intervenant dans le projet et leurs rôles décisifs lors de la conception, la réalisation et l’exploitation de Diour Lbattoir et des projets sur les axes de l’épine dorsale.

La structure du financement Sponsors Agence de Développement Fonds Privés (hôtels, franchises) Ministères concernés Caisse de Dépôt et de Gestion

Conseils des sponsors  technique  juridique  financier

Pacte d’actionnaires

Partenaire Public La Ville de Casablanca

Contrat de Partenariat

Garantie de remboursement Banques Contrats de financement

Société Projet Al Barzakh

100

Conseils du Partenaire Publique  technique  juridique  financier

Contrat de conceptionconstruction du projet Al Barzakh

Constructeur

Contrat d’exploitationmaintenance de Diour Lbattoir

Exploitant

C’est ainsi qu’est né un montage financier qui implique à chacune des phases du projet tous ces acteurs. La ville de Casablanca, comme partie publique dispose d’un arsenal de conseillers aux niveaux technique, juridique et financier. Elle engage un contrat de partenariat avec la Société Projet Al Barzakh qui s’occupe de la conception, la réalisation et l’exploitation du projet. Cette dernière, de par sa structure complexe engage des contrats de sous-traitance pour ses différentes missions, mais demeure le seul interlocuteur de la Ville de Casablanca. Pour financer le projet, les sponsors présentent des garanties de rembourement aurpès des banques afin que la Société Projet Al Barzakh puisse engager des contrats de financement auprès des banques. Ces Sponsors sont non seulement des actionnaires de la Société Al Barzakh mais se verront aussi alloués des espaces au sein de Diour Lbattoir qu’ils exploiteront pour leurs comptes. Le plan de financement présenté précédemment permet de réaliser le projet. L’exploitation des abattoirs est financée par le loyer annuel que paiera la Ville de Casablanca jusqu’au remboursement du montant total de la réalisation de Diour Lbattoir. Le partenariat Public Privé est ainsi conclu.


Al Barzakh: un entre deux créatif, un foyer pour le renouveau du quartier