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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada (2004)

Car le directeur général des programmes, lorsqu’il se définit en un mot, se qualifie de très humain avant tout. Et lorsqu’on le rencontre, il est facile d’y croire. Pour cet homme qui, avant de devenir journaliste, a étudié la théologie, les valeurs humaines – le respect, la générosité et la communication – sont indispensables au gestionnaire. De cette manière, il pourra construire des relations professionnelles saines et efficaces, basées sur la confiance. « Et quand tu as gagné la confiance de quelqu’un, ça vaut mille notes de service! », conclut-il. En fin de carrière, coach et mentor plus que gestionnaire interventionniste, Bertrand Émond partage la clé d’une gestion réussie : Être gestionnaire, c’est avoir des contacts humains. Développer des rapports de confiance avec des personnes. Pour les rendre possible, pour se sentir bien avec l’autre, il faut surtout être bien avec soi, il faut se faire confiance à soi-même. Savoir tenir tête, défendre ses idées, mais avec respect et écoute. Les gestionnaires que j’ai rencontrés qui ont eu des parcours réussis, ceux dont la gestion m’a impressionnée, étaient des gens généreux.

Louise Carrière, directrice de la Première Chaîne Le parcours de Louise Carrière s’est d’abord inscrit dans la production et y restera étroitement associé. Alors qu’elle a débuté à Radio-Canada à titre d’adjointe à la réalisation, elle a rapidement eu l’occasion de se démarquer lors de remplacements ponctuels, permettant d’acquérir l’expérience nécessaire pour se voir confier des projets d’importance. Ainsi, pendant plusieurs années, elle a fait équipe avec Michel Désautels, Gérard-Marie Boivin, René Homier-Roy et Christiane Charrette, prenant en charge la réalisation de leurs émissions. Chevauchant l’univers radio et télévision, elle raconte avoir eu la chance de débuter dans une station régionale, véritable laboratoire où il est possible de participer à toutes les étapes du processus de production, source d’apprentissage extraordinaire. Elle déplore, comme d’autres membres de la direction d’ailleurs, que la relève soit si peu disposée à faire leurs premières armes en région. Forte de cette solide expérience à la production acquise dès ses débuts à Radio-Canada, l’actuelle directrice de la Première Chaîne peut s’appuyer, dans la gestion de son personnel, sur cette crédibilité que lui confère une totale compréhension du processus de réalisation. Elle se sent parfaitement outillée pour gérer vedettes et artisans de la radio : Puisque j’ai si longtemps moi-même fait de la production, les gens avec qui je travaille savent que je ne leur raconte pas n’importe quoi. C’est excessivement important lorsque j’évalue, que je critique ou complimente un employé : habituellement, mes commentaires sont bien reçus. C’est d’autant plus précieux lorsque j’ai à déplacer un animateur qui n’est pas à sa place… lui annoncer que je ne remets pas en question son talent mais qu’au lieu d’être responsable de l’animation d’une émission, je le verrais davantage à une chronique… Il faut être solide pour expliquer pourquoi on en arrive à ce genre de décision.

La pratique de gestion de Louise Carrière implique une communication directe. Les gens apprécient cette franchise, se sentent respectés, d’autant plus que ce qui est dit s’appuie sur des faits concrets, se réfèrent à des événements précis. Pour cette gestionnaire exigeante et perfectionniste, ce type de gestion entraîne les gens à se dépasser. Entourée de fortes personnalités qui, pour libérer leur créativité, ont besoin de latitude, elle confie qu’il faut savoir, à certains moments, poser des limites. En riant, elle révèle qu’on l’a surnommée « la dame de fer » : consciente de ses

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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada  

La radio de Radio-Canada : petite histoire

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