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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada (2004)

Ce dynamisme dont a fait preuve l’équipe des communications depuis sa création quant au développement d’une promotion externe et à la consolidation de l’image de la radio publique, elle l’a également déployé pour édifier une communication à l’interne qui jusque-là était réduite au minimum. Dans cet univers d’intellectuels et d’artisans informés et critiques, la réussite ne peut s’accomplir sans l’adhésion de ce personnel à qui doivent être explicitement communiqués les objectifs et les valeurs de la radio de Radio-Canada. À chaque année, Guylaine Bergeron développe un plan de communication à l’interne, également déposé en région, et multiplie les rencontres afin de responsabiliser les gestionnaires par rapport aux objectifs poursuivis. Chaque membre du personnel doit connaître, comprendre et s’approprier les buts et projets de l’entreprise. Bâtissant avec dynamisme sa crédibilité, l’équipe des communications a élargi sa portée d’action. Aujourd’hui, les compétences acquises lui permettent d’apporter une opinion pertinente quant au moment de diffusion d’une série spéciale, et lui donnent un regard dont la distance est bénéfique aux secteurs avec lesquels elle collabore. Elle joue désormais un rôle d’influence.

Portraits de gestionnaires : la haute direction de la radio française de RadioCanada Sylvain Lafrance, vice-président de la radio française de Radio-Canada Entré à Radio-Canada en 1978 à titre de journaliste, Sylvain Lafrance a gagné une solide expertise du métier – il a été rédacteur aux nouvelles, réalisateur, producteur et directeur des émissions, avant de prendre le poste de vice-président de la radio française de Radio-Canada en janvier 1998. Il est également vice-président de l’ensemble des Nouveaux Médias des quatre composantes, radio et télévision, de langues française et anglaise, de CBC/Radio-Canada. Ce secteur comprend les sites Internet de la radio et de la télévision publiques canadiennes. En outre, Sylvain Lafrance dirige Radio-Canada International (RCI) et est président du conseil d’administration d’ARTV, la chaîne de télévision canadienne de langue française dédiée aux arts et à la culture. Devant un personnel aussi large et où chacun a sa spécialité, son expertise propre, Sylvain Lafrance met en évidence l’importance d’un leadership rassembleur. Les journalistes, professionnels indépendants à l’esprit vif et bien structuré, ont besoin d’une autonomie prodigieuse. Visionnaire ayant visiblement tout à fait compris l’essence même de son personnel, il traduit ainsi son mode de gestion : Le journalisme est une spécialité en soi, un travail qui commande une très grande liberté d’action. Même chose en ce qui concerne l’animation, voyez-vous. Qu’est-ce que ça veut dire, être le patron de Joël Le Bigot? … car dans le fond, Joël, il contrôle ce qui se passe à son micro, il est lui-même patron de bien des choses. Et il faut le laisser aller car ta force, la force de la radio, c’est sa propre force à lui. C’est sa nature, sa personnalité. Si son émission roule bien, c’est pour ces raisons-là. Il ne faut donc pas l’encadrer, mais juste essayer de le guider dans une trajectoire, semi-cohérente… car elle ne peut l’être entièrement.

Ce leadership rassembleur, c’est donc une manière ferme et subtile à la fois d’amener toute son équipe dans une même direction sans jamais brimer la personnalité de chacun, force créatrice en Copyright © HEC Montréal

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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada  

La radio de Radio-Canada : petite histoire

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La radio de Radio-Canada : petite histoire

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