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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada (2004)

L’information : le fil conducteur La cohésion de la radio de Radio-Canada tient largement à sa préoccupation d’une information de qualité intégrée, sous plusieurs formes, à sa programmation. Cette volonté d’informer le public canadien remonte aux origines même de la société publique alors que le Service des nouvelles de Radio-Canada est inauguré le premier janvier 1941 : Jusque-là, les bulletins de nouvelles étaient presque tous rédigés par la Presse canadienne, qui restera encore la principale source d’information par la suite. Mais Radio-Canada établit ses propres salles de dépêches nationales et régionales. Le service central du réseau anglais est à Toronto, celui du réseau français à Montréal. Elle prend pour règle l’exactitude et l’objectivité du reportage, la simplicité dans la rédaction et interdit la publicité commerciale dans ses émissions de nouvelles. Dès l’automne de 1941, plus de 20 pour cent du programme de Radio-Canada est consacré aux nouvelles1.

Plus de 60 ans plus tard, l’information, véritable fil conducteur, maintient sa position, plus que jamais et surtout en ce qui concerne la Première Chaîne. Une information variée, continue, adaptée aux différentes émissions. Un département complet se consacre désormais à l’information radio et gère l’activité journalistique alors qu’il y a quelques années à peine, l’information radio et télévision était administrée par une seule et même direction, ne favorisant guère la synergie et l’enthousiasme des journalistes dédiés à la radio : « Le jour où deux directions distinctes ont été créées, le positionnement à long terme de notre radio, en termes d’information, a pris un tournant stratégique décisif et profitable », explique, convaincu, le directeur général de l’information, Alain Saulnier. Totalement indépendant désormais, le département de l’information radio garde toutefois des liens privilégiés avec son homologue de la télévision. À chaque semaine, les directeurs se rencontrent pour conclure des ententes de partage et pour discuter de projets à long terme, favorisant une collaboration généreuse et abondante, tout en respectant certaines frontières, certaines limites qui, une fois dépassées, risqueraient de compromettre l’identité radiophonique, ajoute Alain Saulnier : Quand j’envoie un journaliste à l’étranger, par exemple, je n’ai aucun problème à ce qu’il intervienne au réseau RDI, mais par téléphone. Je ne suis pas d’accord pour qu’il passe une journée entière à prendre des images avec un caméraman pour un reportage télé. Par contre, il peut aisément collaborer par un compte-rendu téléphonique, c’est tout à fait logique d’organiser une telle participation à la télévision si celle-ci n’a personne pour couvrir un événement alors que j’ai un journaliste sur place. Cette façon de faire est désormais très bien comprise par la télévision française et c’est un modèle qui augmente considérablement la productivité de nos employés et leur permet de travailler partout, avec le plaisir de participer à une grande équipe. La question est de doser le type d’intervention.

En outre, le directeur général de l’information, également chef des politiques journalistiques, défend avec vigueur l’indépendance de ses journalistes et veille au maintien de la liberté de presse. Il ne pourrait jamais accepter qu’un chroniqueur artistique assiste aux Oscars aux frais de Miramax pour témoigner qu’un Denys Arcand ou autre y trouve son trophée. Il tient à n’entretenir aucun doute concernant l’indépendance la plus complète des journalistes à l’égard de toutes formes de lobby ou autres groupes de pression patronaux, syndicaux, gouvernementaux, 1

Extrait tiré de : Radio-Canada, Un bref historique de la Société Radio-Canada, Relations publiques, Siège social, Ottawa, mars 1977, page 10.

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Sylvain Lafrance et la radio de Radio-Canada  

La radio de Radio-Canada : petite histoire

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