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Antoine MEILLET

LES DIALECTES INDO-EUROPテ右NS NOll\'fOII

GI'ec ulle

(irage

inrroduc,;otl lIoll\'elle el des addiriolls

Librairie Honorテゥ Champion, Editeur 7, quai Malaq u:lis PARIS 1984


LES DIALECTES , INDO-EUROPEENS Nouveau tirage avec une introduction nouvelle et des additions

Librairie HonorĂŠ Champion, Editeur 7, quai Malaquais

PARIS 1984


AVANT-PROPOS DE

LA

RÉIMPRESSION

Un ouvrage tel que celui-ci , où sont jetées brièvement quelques idées, ne se prête pas à être modifié ou élaIlfi. L 'éd ition étant maintenant épuisée, il a paru que le mieux était de la reproduire mécaniquement - la reproduction est, par malheur peu réussie. - Mais il sera permis de proliter de cette occaSiOn pour signaler quelques . corrections el pour ajouter certaines vues qu 'on regrelte de n'avoir pas indiquées dès l'abord . 1

• •• A en juger par ce que l'on observe chez tous les anciens peuples de langue inda-européenne, chez les Celtes comme chez les " Aryens JI de l'Inde et de l'Iran, chez les Grecs comme chez les Germains, chez les Sla"es comme chez les ltaliotes, les éléments qui constituaient à une époque. préhistorique les !O nations li .indo-européenn es étaient unis par des liens lA.ches et ne Cormaient aucune unité politique stable. Un chef comme le cheC légendaire des Bituriges, Ambigatos, pouvait réunir sous son autorité un grand empire celtique; mais pareil empire ne survivait pas plus à son Condateur que l'empire d'Alexandre. L'unité indo-européenne était une unité nationale, non une unité politique. Et il n'y a aucune

©

raison de croire que l'une dt!s parties de la 1984. Edifioru Champion, Poru.

Reproduclion et fr(ld"c tion., méme parfieJ/e~, inte rdite" To", droib ,é,eroé, pour tou,/e, pey., y campr" ,'U, R.S.S. el lu pay. lCa ..dirwvu. I~RN ?R~?03_n4 .5

!O

nation

Il

ait eu,


j

AVANT-PROPOS

DE LA REr~PREssrON

de manière durable, une influence dominante sur les autres. Dès lors , des lignes d'isoglosses ont dû se croiser en tous sens à travers le domaine indo-europeen, et il n 'y a même pas lieu de s'attendre à trouver des raisceaux de lignes non exactement concordantes, mais voisines les unes des autres, tels qu'on en observe, par exemple, enlre la France du Sud, restée plus proche du .latin , et la France du Nord, très aber-

occupent enll'e le type latin et germaniqu.e, d'une part, le type grec et indo-iranien, de l'autre, une situation intermédiaire.

rante par rapport au latin ancien,

..• Il est malheureusement difficile de se former une idée juste

de tous les anciens dialectes indo-européens. Pour le groupe tout à fait occidental, que représentent le germanique et l'italo-celtique , on n'a pas de textes vraiment archaïques. Si l'on avait, dans ce groupe, l'équivalent de ce que sont les Védas ou les g:1thàs de l'Avesta pour l'indo.iranien et Homère pour le grec, la dialectologie indo-européenne aurait une précision qui lui manque, et la grammaire comparée des langues indo-européennes prendrait une face nouvelle à bien des égards. Par exemple, c'est un fait remarquable que des thèmes comme *dj}'ldl- ou 'dhl- (·dl»- ) de racines athématiques de sens perfectif », fournissent en italo-celtique et en germanique, et sans doute en albanais, des présents, d'aspect perfectif, tels que lat. dat, ualt (cf. l'aoriste véd, avrta ). v, b. a. tuat-, et en grec ou en indo-iranien des aoristes· tels que

rdm-,

(1

skr . addt, dàhal, gr.lao~~, lllillol~ (v . Bull. Soc. UnI" vol. XXIII, sous presse). Mais on ne fail que l'entrevoir . Il faut du moins ajouter cette ligne d 'isoglosses 11. celhis qui sont déjà connues t et signaler. à cet égard, que le slave et sans doute l'arménien

Faule d'avoir, pour la plus grande part du domaine indoeuropéen, des données assez anciennes, on se représente lïndo-europépn com mun sous une rorme aussi voisine que possible du grec et de J'indo-iranien. Il y a là une part d'illusion , La découverte du " tokharien If a montré, par exemple, que les désinences verbales en -r n'étaient pas propres à ritalo-celtique ; or, ces désinences trouvent mal leur place d"lls~e système' tel qu'on se le représente d 'après le grec et l'in do-iranien. Des nominatifs masculins sans désinence, comme v. lat. qutri, osq. pu-i, ombr. po-i, sont sûrement anciens; Les types de subjonctifs en -do, tels que v. irl. en race de bt1laim ou v. lat. ad-llmal en race de ~n-io, ne peuvent résuller de développements nouveaux en ilalo-celtique ;. le

ma

procédé a un aspect profondément indo·-E'uropéen. Pour se former une irtée juste de l'indo-européen commun, il faudrait Slins doule cOrl'iger plus qu'on ne ra fait lïmage que fournissent le grec et l'indo-iranien et recourir assez largement au germanique et à ritalo-celtique, abstraction faite des innovations de ces dialectes,

..• Lfl.s parlers germaniques, celtiques et italiques offrent, en effet, certaines tendances communes à des illnovations par rapport à l'indo-européen. Sans doute , la prononciation spéciale de l'initiale qu'on rencontre en german,ique, en gaélique et en italique, ne se retrouve pas dans le groupe brittonique du cellique. Sans

..


4

A\'Al'i T-PROPQS

DE W

doute aussi. la quanti té relativement long-ue que M. JUI'el attribue, probablement avec raison, à l'initiale latine el qu'il faut attribuer à l'italique en g6néral , n'est paa de même nature que la forle intensité initiale du gaélique ct du germanique. Mais il est frappant que l'initiale tende ai nsi Il singularish dans le mol , à la fois en germanique, en celtique et en italique . Cette situation singuliere ne l'initiale se traduit , en

se

lalin surtout , par la fermeture de~ voyelles brève!! in térieures, en osco-ombrien par des syncopes. En lout cas l'initiale a une situation à part. Et il résulte de là flue les finales lenden t â s'altérer très fortement. outre trail commun au germanique, au cellique et à l'italique . Un second tI'a it frnppant est la tendance il. vocaliser, l'our ainsi dire, les consonn es intervocaliques. Le déta il de l'innovation varie d'une langue à l'autre. En celtique, elle se manifeste avec u ne importance toute particulière: le bri ttonique - oia )' et w initinux aboutissent li des sonores sonorise les sourdes intervocaliflues, tandis 'lue le gaélifJuf" oia Y el w aboutissent à des sourdes - en fait des spira ntes sourdes. En germa nique, la sonorisation des intervocalique~ n 'atteint que les éliment! spirants; et celte action est entravée souvent par des ac tions spéciales: loi de 'Verner en germanique commun (pour la spirante qui clol la premii!re syllabe du mot ), loi de \Yrede-Thurne.vsrfl (sflre pour le gotique, v. W . Streitherg, GotiulJu Eltmmtarbllcb. 5-6, § 1i7, p. 91 et suiv.; à supposer aussi "illeurs : le vieux saxon oppose /e!JtJ/ldo à Irio/ho ,. di!': ième ,, ). En itali<Jue co mmun , la si mon te -1 - est seule sonorisée; la sonorisation des anciennes spirantes sourdes dans les types lat. mtdju1. allimflljbl/J, figtira, en face de osq. l'l efiai, luisal'Ï fs, fei h uss) est prupre au latin. :\1ais cette tenda nce it nlLùer les intervocaliques s'oppose

IItLYPRESSiON

5

curieusement à la stabilité des inter\'ocaliques qUI ca ractérise le grec, le baltique: (>t le slave . Les voyelles, surtout les voyelles brèves, sont sujettes à subir en germanique, en celtique el cn it.aliqu(>, l'innuence des phonèmes voisins. Le phénomène com:!.u sous le nom d'UI/tlau/ domine la phonetique des voyelles en germanique occidtmtol, en nordique el en gaélique. Le latin oppose uoio, IWlull li ~1im, ruIlt ; et il suffit d'une gult ul'alt! pr<.!céden te pour empêcher le passage de e II. 0 dans gûu, gÛàre, par exemple. Celte dépendance du timbre d(>s voyelles s'oppose il. la fixité de timbre qui ca ractérise le grec, le baltique et le slave communs. En matière de morphologie , le germanique, le celtique etlïtaliques'accordent à donner li l'e xpression du temps dans le verbe une importance que n'avait pas cette notion en indo-européen. L'opposition du préi1ent et du passé était rendue en Îudo-européen , d 'un e manière peu clai re el peu constante, l'or les désinences primaires et secondaires , et , dans un groupe dialectal seulement, par un mot accessoire, l'augment (v. chap. XIV ). Or, par des procéd és différents, le germanique, le baltique et l' italique sont arrivés li exprimer le prétérit au moyen de thèmes propres . .Et , chose inouïe en indo-européen, il y 0 cu dans ces langues des prétérits du fI suhjonctif n , _ Du cou p, les déSinences seco nda ires peuvent servir au présent : lat. jllllI-r est un présent, alol'S que hom o y:ho est un prétérit (", BIIIl, Soc. tint·, XXIII , sous presse), En irlandais, -kir qui répond à. véd. bbdral. berol qui répond à. véd . bharan, sont des pré~ents aussi bien que les correspondants ~,.id, beri/ de skr . bharali, bWranli. Il y a lieu de supposer 'lue le germanique, le baltique et l' italique ont subi des influences semblables. Après la période jtnlo-celtique, l'i talique (\ cessé de subir ce type d 'influences et en a subi de nouvelles. Au con traire, le gE'rmonique et le


6

oe

AVANT-PRoPOe

celtique , de meurés dans des régions voisines , se sont développés en partie d 'une manière parallèle. Un accen t d'intensit é net s'y est développé , et e n gaéliql,le il la même place qu'en germanique: sur l'initiale . Leli occlusives ont pris un

;

LA Rtl"PRESl'!IO~

(indo-iraniellne), llfllion " hellénique ". nation " itnlo-celtiqut' " , etc. Dans chaque domaine , une aristocratie dominante , organisatrice , a rait prév;.Joir une llmgue sCllsiblel'nent unc , cOlllnw elle faisait pré valoir siln ty pe de structure socia le.

aspirées , et les sonores ont tendu à s'assourdir en quelque

Ce qui caroctéri se chacun de ces. groupes, ce ne sont pas seulemen t les inno\'u tions réa li sées dës J'é potlue cie cOlllmu-

mesure; e n celtique, les choses son l allées beaucoup moins

nauté; ce sont aussi les nouvelles te ndances

caractère semblable : les sourdes sont devenues des sourdes

commulh'S l'l:'iul-

loin qu'en germanique. où il s 'est produit une mutation com-

tant de l'unité initiale du gr'oupe. tendances qui ont continue

plète (Iautverschiebung) ; mais le point de départ est le même

à agir après que cette un it~ !;'élnit brisl:e.

sur les deux domaines,

Par exemple, Iïndo-iranit'Il avait conservé le typE' · "'Nmf

.. •

Les types de rapports qu'on peut obsen'er entre les langues indo-europée?nes sont donc divers. Il esl souvent malaisé de les ramener à leurs co nditions his toriques, 11 importe, en toül cas, de distinguer les aires de système phonétique et grammatical commun des aires de vocabulaire commun . Les communautés de vocabulaire indiquent surtout des communautés de civilisation , Elles oITrent par suite un int';rêt particulier pour l'histoire . Les concordance~ des vocabulaires juridique et religie ux en iodo-iranien et en itaJo-celtique, mises

éD

évidence par

:\1. J . Vendryes, M . S, L " XX, · p . 265 eL suiv., s'expliquent par un trait de s tructure sociale commun aux peuples des deux groupes. Elles n'impliquent aucune parenté dialectale,

..•

l'ad tlition est déjitl'éolisée da us le vêdi!lue le plus ancien , daus t'A vesta l'cceul el dans les inscriptions pel"st's ac hé mé nides, Si les grothàs de l'Avestn n 'étaient , p;.lr bonheur, co nservées , on croirait sans doule que le ty pe vêd , blxirifm, est indo-i rHuit'n , Il est possible que le procéd é ait apparu ,!i's l'é pO<lue iudoiranienne, Mais il ne !J'es l {{c néralisé 'lu 'au cours tle .. licve loppe mellls propres de lï ndien el de lïran ien, e t beaucoup de form es

iranielilles se raient inintelligibles si

l'on ll enti t

odmetLre bhdrilmi comme ét ant If' type indo-i rtm ien

CO nlllilll\

(v, M. S. L. , XXII, p , 220 et suiv , ), L'identité presque l'omplèll! de structure morphologique lies deux dialect eslwai t cOllspque nce nalurell e l'id entité des innovations.

p OUl'

L'ac tion pe rsistante de nouvelles te ndances communes t:sl

Ce qui rend possible la grammaire comparée des langues indoeuropéennes, c'est qu'il y a eu une

correspundanl il gr. riFt" , lal. ftr{j, v. ir!. -billr, got . /mim , il la 1r. personne du siut;u 1icr prima ire neti ve, Les gfitlHIs de 1'.-\ " t' Shl sont demem'ée!l fidèles 1\ ce type , Mais -11/; a tendu Ï:ls'njoule r, el

(1

nation indo-européenne

Il

une preuve de parentê dialeeLalc :ms!'i e t plus forle que la

CI)II-

!lf'rvatioOl d'i nnovations rClllisées déjà dm:anl une pcriolle dl' co mmunauté ,

définie, et que chacun de:l groupes en lesquels elle s 'esl brisée , s'est, à

80n

tour, con!ltitué en une nalion, nation

I(

aryenne»

A ces oiJservn tions gtÎné rales, il conv ie nt d'njouler It's remarques su ivantcs

SUI·

qudques c hapitres,


8

DE LA. RÊIMPR.ESSIOS

CHAPHRE Il Le fait qu'on n'aperçoit guêre de communautés partielles entre certains parlers indiens et certains parlers iraniens et que , par suite, t oute co ntinuité manque en tre les deu:l domaines, n 'a guère de valeur probante. Ca r, su r chacun des deux 0 11 ne conna il, à date ancienne , que peu de parlers, Un trait cependant mérite d'être signalé à cet égard. L'indoiranien tout entie'r tend à confondre T et J. Mais, si la t endance est indo-iranie nne, la cl;ln(usion ne s'est pas réalisée partout au même degré. Tout J de l'indo-européen ,a passé à T en iranien , Le même fail s'observe dans le nord-ouest de l'Inde, et, par suite , dans le E;lg Veda, qui repose sur des parlers du NordOuest. Mais 1 initial -et intervocnlique s'était maintenu dans des parlers indiens d'autres régions. De nom breux éléments de ces parlers se sont introduits peu à peu dans la langue litléraire qui s'est fix ée sous fOl'me de sa nskrit classique. Ceci explique cÇlmment 1 figure déjà dans des parties récentes du Hg Veda et devient de plus en plus courant par la suite. Ainsi la l'acine t ltubh- 1< aimer " de v. si. ljllbü 0: cher »), etc., qui est inconnue à l'iranien et aux par ties anciennes du Rg Veda , figure déjà une fois au mal)<fala X, avec son 1 : lcbbdyanti, et elle se trouve couramment en sanskrit classique. La racine *k"'t/-, de homo ':tii"!Lat, cret. lti.t'tlt, etc. est représentée dans le Rg Veda par caroli, qui est courant , et qui concorde avec zd tamit;; mas colali apparaît déjà dans l'Atharva Veda et devient courant par la suite. Dans le ~g Veda il a pénetré des form es â redoublement de caractère populail'e : âvicacalib, dans le maQ<fala X, et ca/dcaMb. dans une piHtie récente du grand hy mne à devinettes, l, 164., 4.8, qui n'a pas le caractère ordinaire

9

du tlg Veda . Le Jlg Veda a pavate, tandis que le sa nskrit classique a pris 11. des parlers orientaux de l'Inde plâvatt, qui apparaît dès le m al)4ala X du tlg Veda. On observe donc ici une concordance entre l'iranien el les parlers indiens les plus voisins du domaine iranien , et une discordance avec des parlers indiens plus orientaux. A partir du m oment où ils ont ét é ma tériellement séparés,

les uns se développant en Iran , les autres dans l'Inde, les parlers indiens el iraniens ont évolué en des sens différents . L'indien a conservé les sonol'es aspirées; l'iranien les a perdues . L 'indien a conservé une a rtÎc.ulation f~r me des consonnes , surtout à l'initifl e ; l'iranie n a atTaibli l'articulation, créant de nombreuses spirantes sourdes et sonores, faisant passer s initiai et intervocalique à h. Les mots de la phrase indienne étaient liés les uns aux uutres dans III prononciation; les mots de la phrase iranienne Iltaient nettement isolés. Aussi les deux groupes, três semblables d'abord, ont-ils divergé de honne heure et ont pris des a!Jpects tout différents dês avant le début de l'ère chTétienne.

CHAPITHE

III

Le mémoire de M. Walde, Uther iilteste sprachlicht Ik{ithungm {Wischtn Kt/lm und [tali/urn (Innsbruck , t9!7 ), n 'emporte pas la conviction. M , \Valde croit que le brittonique a des rapports spéciaux avec l'osco-ombrien , et le gaélique avec le latin. Mais sa thèse se heurte à l'évidente unité du groupe italique, d 'une part , du groupe celtique, de l'autre . Ses arguments n'ont , du reste, pas de valeur probante. Le passage de frw à P a pu se produire independamme-nt en brittonique et en osco-ombrien, comme il s'est produit indé-


10

A.VA/(T-PROPOa

pendamment en grec ou en roumain . Si, du reste, pour la sourde, le passage n'n pas (Ou lieu en gaélique, c'est qu' il offrait une difficulté ~péciule, ·par suite de l'o bsenee du p en celtique; pour la souore, le gaélique représente -g"-' pal' b tout comme le brittonique . La situation spécia le du gaélique poUf ·ku ' tient sans doule à ce que le gaélique tend vers la prononciation"sourde: w initial y tend vers J. non vers t U' comme en brittonique, et t intervocalique vers p, non vers d; dès lors le u, de la sou rde kw agissait en gaélique moi ns qu'e n briltonique . L'absence de déponent en brittonique peut tenir à l'état avancé "du développement où sont connus les parlers brittbniques ; dans l'irlandais, plus archaïque, le déponent se raréfie au cours de la période historique. Quant à l'osco·ombrien, le manque d'exemples du déponent peut y être acciden tel: on n'a que très peu de textes . Du reste, on 8 toujours in terprete ombr. ptrsnimu comme un déponent , comparable Il: lat. prtCalor, et la façon dont ~1 . \Valde éca rte cet uemple n'a aucune évidence . _ L'état danllo lequel est connu le brittonique est comparable il r état roman du latin ; or, les lungues romanes ignorent le dé ponent.

CHAPITRE

DE LA, HtUIPRESSION

Il

de vues neuves, arrivent il des conclusions VOismes. Assurement le slave et le baltique sont t rès proches l'un de rautre. Les flexions nominales, en particu lier, l'ont semblables. Mais il y n aussi de forl es différences, surtout dans le verbe (v . ReTltIe da itudu slautS, Il , p . 3!j el suiv . ). Et rien ne prou ve, de manière décisive, qu'il y ait eu une unité nationale balto.slave comparable Il: funité « arye nne (indo-iranienne) n. Les faits linguistiques indique nt plutôt runité diffuse , à peine perçue, de tribus voisines les unes d es au Ire.'! et vivant en des condition s semblables. M. N . van \Vijk. étudiant les effets de la loi de F. de Sausllure en slave, est arrivé à des conclusions pareilles à celles que j 'ai proposées sur l'indépendance du déplacement d 'accen t en slave' et en baltique ; voir 1. F., XL, p. i elsuiv,

CHAPITRE IX Sur le traitemen t de t.ury- en celtique, il convient mainte. nant de renvoyer à H. P edersen , Vertl. Gramm. d. Kelt: Spr.,

l, p. 55. D'une manière générale, on ne saurait attribuer une valeur a la ligne d'isoglosses définie dans ce chapitre .

IV

Ce ciJapitre a été discuté plusieurs fois, de manière délaillé~, d'ahord par M. Porzeûn' ski, ROC{nik sJawistycz"y, 1V, p . i et suiv ., el par M. Endt.elin, SQlviano-balliiskû etilldy (Charkov, i 9i1 ) ; puis par ~\-1 . Hot.wado wski , Roq.". slmu., V. i el suiv. On se perm.et de renvoyer le lecteur à ces études approrondies. M. Endt.elin et M. Ilo:r.wndowski, tout en criti· quant le détail des vues exposées ici, et en exposant beaucoup

CHAPITRE X

L 'assourdissement des sonores aspirées est la particularité la plus rrappante sur laquelle on pourrait s'appuyer pour établir un lien spécial entre le grec et l'italique. Sans doute le résultat diffère beaucoup entre les deux groupes: en grec bh,

dh, th ont abouti à ph, th, kh , et ce n'est qu'au cours de l'époque


AVA~T-PROP08

hisLorique que les sourdes aspirées ph, th, /th sont devenues des spirantes, au moins en ionien-attique. Et tous les parlers italiquès s'accordent à n'offrir que / et h com me représentant. les anciennes sonores aspirées , là où des conditions spéciales n'ont pas déterminé un retour à la valeur sonore. Mais, si l'évolution italique a été plus rapide que l'évolutioh hellénique, le passage par un stade occlusir sourd est probable dans les deux cas. <À: qui rend douteux le rapprochement des Caits grecs et italîque~, c'est que le celtique n'y participe pas . Or, d'une part, J'unité italo-celtique n'est pas douteu.se . Et, de l'autre, la distinction des sonores simples et des sonores aspirées, effacée en celtique à l'époque historique , a existé encore en celtique à date ancienne, puisque ·IVJh et ·gh se sont conCondus en g alors q'!-e .gVJ, qui aboutit à b, est demeuré distinct de .g, qui ahoutit à g, Il Y avait donc encore à l'époque italoceltique une distinction neUe entre sonores simples et sonores aspirées, et J'é.volution des sonores aspirées versb, d, g, d'une part, vers f et h, de l'autre, est postérieure à la rupture 'de l'unilé italo -celtique. Quelle qu'ait été la nature exacte - mal défi nie jusqu'ici - de l'élément par lequel se distinguent les sonores aspirées de~ sonores simpl es, on conçoi t que, au moment où les parlers indu-européens onl été apportés li des populations du hassin de la Méditerranée ignorant les sonores aspirées , cet élément y ait entraîné l'Msourdissement. Eo Cait, les anciennes sonores aspirées , qui ont abouti , en arménien ancien, aux phonèmes transcrits par h, d, l, J, et qui sont représentées par des sonores , plus ou moins complètes dans les parlers arméniens orientaux, ont abouti dans les parlers arméniens occidentaux li des sourdes , en partie

DE U

II.tUfPII.ES810~

I.Y

aspirées (v. Adjarian , dans Re:vue internationale rh Rhirwlogie ... et Phoniliqut. expérimentale, 1899, p. t24 et suiv.; et CI4SsifiCiJtion des dialul(j armlnims, p. 3, et passim). La prononciation orientale de h, d,If conserve, au moins en partie , un appendice que M. Sievers et M. Adjarian ont indiqu~, sans en pouvoir donner une déGnition précise . M. l'abbé Rousselot n'a pas trouvé, dans les tracés qu 'il a observés, la confirmation de l'existence de cet appendice (v. Re:vUl, citée, p. t32 et suiv., à la suite de l'article de M. Adjarian) ; mais il ne résulte pas de là que ce t appendice n'existe pas sous quelque (orme que des' expériences plus poussées arriveraient li déceler. Or, pour expliquer que, dans les parlers arméniens où p, t, k de l'arménien classique sont représentés par h, d. K, les h, dt g de l'arménien classique soient représentés par P. t, k (ou ph, th, kh), le plus nalurel est d'admettre que les b. d, g de l'arménien commun offraient une particularité comparable li celle qui caractérisait les so nores aspirées indo-européennes. L'aboutissantph, th, kh observé par M. Adjarian C(,nfirme le caractère aspiré des ancienn~s sonores notées par les lettres qu'on transcrit au moyen de h, .J, f. Voir maintenant , à ce sujet, H: Pedenen, Philologica , l , p. 4li et suiv . Dès lors, l'assourdissement qu'o ll rencontre li la Cois en grec et en italique tiendrait à ce que le caractère propre des sonores aspirées indo-européennes se serait conservé jusqu'à l'arrivée des populations indo-européennes, helll'niques, d'une part , et italo-celtiques, de l'autre, dans le bassin de la Méditerranée, et à ce que ces phonèmes, placés dans des conditions de développement semblables, auraient évolué, indépendam_ ment , de manière semblable. Il n'y aurait donc pas lieu d'en Cai re état pour déterminer la répartition des dialectes en indoeut'Opéen commun , qui est l'objet de ce livre .


AVAI'T-paOpos

CHAP ITHE XII LA SiffLANTE S. P. 86 et suiv . Le passage de s à h à l'initiale des mots el en position inter~ocali(lue, leI qu'on l'observe en iranien , en arménien el en grec , ne prouve sans doute guère pour un rapprochement des originaux indo-européens de ces trois langues. Ce n'est, en effet, que l'une des marques de la faiblesse d'articulation des consonnes qui les caractérise loules les trois

(v. M. S. L., XIV, p. iG3 et sui\·.). On ne peut non plus faire état dl" la force relative de l'articulation des siCflantf:s devant les occlusives en iranien. en arménien, en slave et en grec. par contraste ,wec la débililé relative des mêmes consonnes dans l'Inde, d'une part, en italique (et surtout en celtique ), d'autre part (v. M. S. L., XXI, 211 et suiv. ), parce que le désaccord existant il cet égard entre des paders aU5si étroitemt!nt unis que l'indien et l'iranien semble exclure une division dialectale de date indoeuroprenne.

CHAPITRE XVI Le traitement albanais a été négligé dans ce chapitre. Il

importe de le considérer. Comme l'a brièvement indiqué :.\1. Pedersen, K. Z. , XXXVI, p. 323, et comme on l'a mon tré avec plus de délail, M. S. L., XIX, p. 1 t9 et suiv. (cf. Jokl, 1. F., XXXVI1, p. IO!S), l'albanais marche ici avec le ~erma­ nique et l'italo-celtique. Le cas csltout dilTérent de celui du nom , où il ne sem hie pail qu'il y ait eu de su ffix e, · -i-, -l-, alternant avec --y/o-, ainsi que l'u montré M. Sommer (Dit Mgtll iti- IInd if}- Stail/ille.

im &ltischt.n ).

DE LA Rtl)lPRE8SI0:'\

IS

CHAPITIlE XX Aux termes que le slave et lïndo·irnnien, mais surtout l'iranien , onl ell commun , il faut ajouter le verbe signifiant Il éc,rire " . Ce verbe ne se trouve P"'s parlout en iranien: bien attesté en vieux perse, où l'on a l'infinitif ,}ip{a)iJ/aPlaiy Il écrire Il, l'aorisle ni)'npiSam ,< j'ai écrit n, l'ndjeclif verbal . ,JipiJtam 1< écrit 'l, il manque à l'Avesta. On le retrouve en ossète : jip/sun '1 écrire ", el le mot sogdien P/p,>,s ' ~'W Il qui écrit >l , qui se lit dans le Slitra des .CaIlItS e.t de.s Efft.lS, 1. 5:.13, n'a'pas l'air d'un emprunt au perse; le. lprme est donc à la Coill perse et scythique. Or, on sail que, nu sens d' CI écrire l), cette racine se retrouve en slave: v. 51. piJp, pisati, el en vieux prussien.: pt.istitoll Il éc rit ". ptisai II. il écrit n, popt.;safms Il beschrieben ". mais nulle part ailleu rs. Le cas est toul comparable à celui de sI. slow, qui l'épond pour la forme à skI'. (rdvalJ, gr. xi.i(, ):ç, mnis dont le sens se retrouve seulement dans zd sraro 1< parole II. Et c'est aussi un fail sémantique remarquèlb le que l n coexistence de sens de (1 part, richess~ Il et de ., dieu Il pour indo-iran. bhaga- et pour sI. hogo- (iA:Jgli, llbogfi, 'bogatif, etc. ). L'indo-iranien , le sla\'e et le baltique continuent le vocabulaire d'un même groupe de civilisation indo-européenne. Ce n'est pas un hasard que les noms du 1\ tonnerre " et du Il dieu du tonnerre Il soient manifestement voisins : véd.

parjtfnyab, 51. perl/mi, lit. pt.rhlnas, v. pruss. Ptrcrmis (Voc. ). Et ce n 't~st sans doute pas non plus un hasard que le nom, r " eau Il , indo-iran. ap- n'ait pas de

à valeur« animée)l , de

correspondant hors du baltique: v. pruss. apt <1 vlys >1 (Voc. ), lit. lipi " rivière.,; le gr . ô"r.~; " she )) se rattache, pour le sens, à v. sI. sokii , etc. Le nom v, sI. sramti (russe s6rom, pol.


16

17

AVANT-PROPOS

DE LA R8IMPRESIIIOl'i

'syom) de la Il honte u, n 'a pas de correspondant hors de l 'iranien : zd fJartnD-, pers. Jarm, sogd , J~'rm (c'est-à-dire Irarm, avec une m é tathèse de ft- en If-). La particule dépréciative du serbe kà-wlln , etc.. n'a de correspondant qu'en iranien (v. M. S. L. t XIX, p. 348 et suiv .). Il y a du reste beaucoup d 'autres coïncide nces de vocabulaire qui apparai:<lsenl entre Iïndo-iranien , le slave et le baltique . Ainsi, tand is que le gr. Œ~ (l:i~:;) concorde avec arm. 12)" « chèvre ", lituanien oljiJ houe oJ,M chèvre 1) , et vieux

exacts sont frappants en face des formes aberrantes des par-

prussien WOStL « chèvre " (Voc. ), cf. v. 51. 12{ino If peau ", en alternance normale avec skr. ajdb H bouc "~, l'irl . ag est à séparer (v. Pedersen, Vergl. Gramm. d. luIt. Str .. l , p. 97 ); touteCois l.d i{alna- « d e cuir >1 rappelle gr. :lit;, 'moins l'a-- prothé-

.. huitième)l devait être du type du lat. · octduos, cf. gr. é1~CO~; les formes telles que skr. allama~ et v . 51. oum; sont influen-

tique, dont l'abse nce est normale en indo-iranien.

feim,

v. sI. stdmti, gr. (~~~II-:; . En face de véd. yhli « il va (en vé hicule) ", courant dans

écume )} a son

l'Inde, et à peine représenté en iranien (zd yditi? ), le sla'Ve a

)J t

f(

L'm de lat. spflma,

f(

pama se retrouve dflns

v . angl. (dm , tandis que l'n de skr.

phl:na~

CI

v. h. a.

ct.rrespondant dans v . 51. pèna, v. pruss . spooyno. lit. splUnt. Skr.

beJ,

kt

cr. skr.

bahl~ 1<

« sens bvl~,

p.n de hors >l ,

letLe

indo-iranien (skr.

phrva~,

etc. ) el e n slave (v. 51. priM;, etc .) ;

il ne se retrouve nulle part ailleurs; le baltique a une forme toute voisine: lit. Plrrnas, v. prus!!. pirmas. - La concordance entre skr.

4i!a~

.. huitiè me

1),

zd alt1mO et lit. àJmtJJ. v . pruss .

tJJman et v. sI. osmi"t est curieuse, bien que l'irlandais ail aussi

ochlmad : comme namatl

GI neuvième » en fa ce de lat. rnmus , cette forme est récente; la forme italo-celtique de l'ofdinfl)

cées par les noms de nombre précédents: skr. saplamilb, pers.

haj""n , cr. lal. septimlls, et v. prussien Jepma $, lit. ùktnas,

lip, jaxati, et le ·Iituanie n j6ju, jOli, qui ont exactement le même

51.

sens . Quelle que soit l'explication du vocalisme i- du présent

lit. e t v . pruss. he. Pour la fo rm e,

slave, il est évident que sI. Mp est au thè me védique yd- ce

1)

~,

lers occidentaux: gr. 1&).1% , lat. laC, etc. Le thème .pr?UJO- (t premier >1 est attesté seulement en

s e rapproche seule ment de v.

gdth . dviJ e n face de v. sI.

que sI.

aw.

.J1d{J

est au thèm e védique

e- / i-, cf.

gr. ,1;1.1. Et le

pour

dérivé lit. j6ju a été de mêm e substitué à une rorme athéma-

10llcom, ace .), osq. luvkei (loc. ), v . h . a.

tique ·yd-mi. Cette racine ne se retrouve nulle part ailleurs

",h, v . angl. ltah; v . isl. 10; e n Orient, seulement le sens

(on signale tout au plus un substant if irl. àlh. gué " , rapprocheme nt douleux dont M. Pt'dersen n ·a pas rait é tat dans sa

En Occide nt , on trouve le sens de lat. lùcus d'

Il

(v. 'lat.

Il

surface boisée

Jl

espace libre " dans skr . loka~, lit. laùkas, v. pruss . laucks;

en baltique , ce mot a pris la place de l'ancien ·agrtr« champ)l

Vugltichtnde Gramtnatik ). Le celtique et le germanique ont ,

qui a disparu du baltique et du slave.

pour la même notion , un tout autre m ot : v. h .

Les noms baltiques du véd .

p6)'a~,

plnas; et

te

lait » sont curieux : à côté de

zd pay6 e t de "Id palma, pehl. ptm ; le lituanien a

à côté de véd.

dddhi, gén.-abl.

dadhnâ~ , le vieux

prussien a dadan (Voc.; nom neutre). Ces rapprochements

8.

rrlan,

V.

irl. riad , gaul. rida. V.

prus~ien

gjrtwd « louer

JI

et lit. giriù, girli .. louer

tout proches de véd. grtlAlj .. il chant e, il célèbre ", gtr (où l'on célèbrt: un dieu ) célèbrent

)J,

)J

Il

acc. glrlJ/II, "Id g?r?ntt

Il

sont

chant (1

ils

gâth. garD (ace. plur . ) " chants de louange 'J.


18

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A. \ ' ANT-PROP08

DE LA. IttIMPlt.SSIOI'l

Si même lal. grdtlls.gràtiQ et gr. "t'i?2.'Ô, id. grdd « amour 'J t et osq. bratûs l' gratiis " sont parents, le sens es t beaucoup plus lointain . Plus on cherche à serrer les rapprochements de pre!i, plus apparaît l'étroite parenté des vocabulaires indo-iraniell, baltique et slnve .. Par exemple, la racine -dheg"'h- il brûler" se f('.trouve jusqu'en celtique, irl. dnig Il (eu ". el en latin , foUtV: mais on n'ob~erve le~ co rrespondants exacts de skr. ddhati que dans lit. deg,; eL v, ,,1. ~tgl' (avec une altérationsecon daire) ; cf. alb. djek. De même, lat. palta e8't apparenté 1'1 skr. palilvalj; mais c'est seulement dans v. sI. pléva (p. r. po/ava), v. pruss . /Mlwo, lelte ptillS, etc. , qu'on retrouve ('élément -w- du mot sanskrit . La racine · Iew - se retrouve peutA:Lre en germsni'lue et en celtiqutl ( v. Lidén , 1. F., XIX, p. 33S et suiv, ). mais on n 'y aperçoit aucune cor respondance auss i complète que c~lle entre v .. prussien t/linOIl cc slill >1 el skr. II/wtm, zd tuin;J ; entre pol. po-tJJ.S{Jé et zd taoJayâti; entre v. si. tUJtï et skr. ttI"hyâ~; eL il n'est pas jusqu'à v. pruss. t1l11f1e-, d,e 'tIl1t - , qui ne soit la forme attendue en face de "kr. IUlydti, comme l'a noté M. Trautmann .

es t thématique dans zd maltaiti, lit. snlga, gr. nif", v. lat. n!"it (dans un vers de Pacuvius), v. h. 3. snlwÎt; il Y a aussi un présent à nasale infixée : lit. sninga, lat . ning"it . On aperçoit ici un lien entre le germanique et le slave. Ce n'est sans doute pas un ha!lard que l' ,. homme.) soit dési-

D'un e manière générale, il y aurait des conséquences 11 tirer d 'un examen géographique du vocabulaire indo-européen. M. Kret.schmer, Einltitung in die Ge;,h. d. gr. Spr., a donné des indications à cet égard . Le tr8\'ail mériterait d·t!t ..e repris systématiquement. Quelques exemples en font apercevoir l'intéret. Ainsi, de la racine ·SIItigU'h- {{ neiger 'J. il J a un nom radical athématique dans l'accusatif gr. Ylp (chez. Hésiode), avec plusieurs dérivp.s homériques, dans lal. nix, n;uwl et dans galL nyf; et il y a une (orml;l thématique dans v. sI. snègû, lit. mlgas, v. pruss. snaygis, got. ma;ws; le présent correspondant

gné comme un " mortel " en sanskrit ( m a rta~ , mdrt)'aQ), en iranien lzd maJ)~. etc .), en arménien (Pl/ard) et en grec (.,I,O;i': ;';, ~p~ ·d .. ), tandis que ridée de « terrestre >1 prévaut en lituanien ({mil). en germanique (gol. gl/ma, etc.), en celtique (id . Juin e, v . Pede ..sen, Vergl. GramPl/. d. kt/t. Spr., 1, p. 89). Le grec marche ici tlvec J es parlers orientaux, et le haltique avec leIJ parlers occidentaux (cf. chap . l , p. 22). Ce n 'est sans doute p..'\s non Vlus pn hasard que le nom de la {{ citadelle )1 , attesté en sanskrit ( pâ~, ace . sg. p,jram), en lituanien (piUs ) et en grec C:d"t';, r.,Ô),I,,), ne se rencontre pas ailleurs . ·~fais la simple aLsence d'un mot prouve peu. TouteCois les limitations dl! vocabulaire de ce genre ne manquent pas ; ainsi l'on ne t rou ve pas non plus la rAcine de skr. argh4~ ct valeur, récompense Il, lit. algn, gr. àÀ'f-lj hors de l'in doiranien, du baltique el du grec. Ailleurs, c'est l'indo-iranien, l'arménien et le grec qw concord ent, ainsi pour skr. jarati {{ il vieillit ", arm. ur ({ vieux ), g r. "t(P{~Y. Pour le nom du (, nuage ", skr. mtgha~, arro . mig et gr. ~1.u'l.H;, v . sI.. migla', lit. tl/igZn, on a quatre groupes à la (ois , avec une répartition curieuse des Cormations . Un type de répartition significatif est celui des noms de l' &gneau Il. Il y en a deux. L'un ne se trouve qu'en indoiranien , arménien et grtlc: skr . urava~, per!J. barra, arm. garn, {l

gr . fŒPT,Y, L'autre, gr . àtl. . ,,:;, lat, tl/nus, va jusqu'au slave ': a/nid , ag"", en passant par le celtique et le germanique . La position moyenne du grec, où les éléments orientaux et occidentaux coexistent, est remarquable .


Ce petit oUlJrage est sorli d'un cours p,'ofessé au Collège de France en 1906-1907, On s'est efforcé d'y mettre au point le problème très discuté des dialectes indo-européens, Pour traiter li fond chacun des sujets que comporterait l'examen complet de la. question, il aurait fallu passer en revue toute la grammaire comparée des langues indo-européennes .. on s'est borné a. rappelertres brièvement les faits connus, sans même renvoyer la plupart du temps au.x ouvrages . où ils sont ttudits. La table des matières donne une idée suffisante des sujets traités . Il a semblt inutile' d'y ajouter un index. M. Grammont et M. Vendryes ont bien voulu tire chacun une épreuve, et l'ouvrage a heaucoup profilé de leurs a.vis.


LES IlIALEGTl\tl INO(l- EUROI'ÉEKS

H'ÎTROD UCTlO.\

On ne re nco ntre null e pa l't l'unit é ling uistÎ<lue complète . Une même pel'~ o nll e pal'Il' de manière sensiblement diffé rente , suivant l'étal phJl'iqu c el mental o il elle se trouve it lIli mo me nL donné. :oui\'anl les personnes aux-

quell es elle s'adresse, suiva n t le lieu. le leml)s el les circo nstances extérieures. Toutefois, les habitants c1 ' un e m è ml' localitl; lendeuL A parler d ' tille mêm e manil·re, pOlir aulant qu 'il n'existe pas d e di/fél'cnces de condition socia le qui sc manirestent par des différences de langage. on (lue certain:: groupes d'individus ne marqu e nt pas leuf autonomie par des !lUrlicularilês lingu istiqu es. Ce lte uniLé' n'est ma térie ll e ment saisi ssn.bl e nulle: part ; elle n'a qu' ulle e xistence abstraite, aussi longtc mps qu'c lle n'cst pas formulée c Lfixée par des grammai rie ns: c'est la nOl'lIle Ù I:HllIcll e chac un te nd il se confol'me l' el do nt lou le dé ... iftlioll, de la pal't d 'lIll individu , cho(lue les aulres habita nts indigcnes de la localité, Sans doute, personne ne r éa lise toul a fait celle norme; la loca lité pCIIl, dll reste, comprcndre de~ ill<1iI )i;tl~,.,u i",I"·eur"liëe,,~


2

OIAJ .n ;n :s I :':W-H': RO PI:;'; ~S

"idus Vell\l~ d 'A. utres c ncll'o iLs et do nt le langage ~sL plus o u moins différent, et 8l1l'loul des personn es d 'âges diveN'; or. l'obse rvation monll'c (lue les générations succe~s ive~ apportent IHI langage cles changements plus o u moins importants (v . cn de rnie r lielll 'a rticle de M. Gallchal !lUI' l'l'nife phollétique, dans les Mê{;mye., Morf) . Abstraction fail e de loute~ les différ ences dues il des circon~tance!! spécial es ou il l'lige des slIjeLs. il y a do nc dans c haqu e loca lité un type linguistiqu e idéal don t toutes 1l'~ réali~mlior.s de faÎlll e sont que des approximations . 01'. co mnw les fails 'particuliers n'o nt pas d'in térêt , ce type idéal - vllI' iable suivant Ici' gt:.nérations - doit ê tre l'objet principal de l'étude des linguistes. Les déviation " n'out d'importance qU 'Aillant fJu 'e ll e!lo peuvcnl servil' A l'tllHh'e compte dn développemt!llt durant la pêriodc précédente el Il fnil'e p,'évoir el il explique,' les changcments ulterieurs . On a beauco up m édit du té moignAge dei> langues liltéI~dires. sans pOUL' cela ' cesser de l' utiliser. Ce témoignage a, entre nutl'cs défauts , celui de dissimuler beauco up de partic ularités individu elles el celui de ne faire apparaître la plupal' t des changements qu 'a pr~s le lll' accompli sse me nt , donc d 'en di!'simuler les débuts. ~lai8 il a le mérite de meUre en évidence dè:< l'abOl'd , no n dcs accidcllll:! individucls e l mOlllentancs, mais ull e norme , car la langue éCI'ile est fixée et reproduit en gênêl'al le Lype idéal auquel tou!" les sujets padanls vi sent à se conformer . Gràce au fait que la linguistique s'est d'abord attaquée aux langue6 écrites, cHe a , comlllo il convient, con~idérti les tra'i ts essentiels des langues el leltr Iypc gé néral. Celte cil'l'onslunéc, qn 'oll deplol'c 6011-

1Nl'II.0 1l(;C'1'I ON

vent, et qui a eu el a encore tm e ffet seS ill cullvc nieut:o: . a tHé en r l!Alité hautem ent fAvorable au dl!v<,loppcmt:nt de la s.cie nce, lot'S de ses début!! . Soit maintenan t IIne lan g ue se nsi bl eme nt une , pal'lee S lll ' lin domaine HC'ndu comprenan t Ull Ilomhre notaille de loca.1ités di\'Cl'Ses: :o:i l' o n fnil abslt'octi o n des c han gement!' qui r ésultent d'cml)l'untfl de Ill Ots o u de sn b!lo lilu tions .phoné tiqu es et ~I 'n llllllllt it'ille!lo pal' imitatio n , \('s changements am enés pal' ln sl1cces!loion natul'elie des ~él1él'aliom se réalise nt d ' un e manière indé pe ndante dan ~ chaque localit~. Comlllc ces c han ge ment s pl'Oviennent de cal1fles gl-n~rnles, il s ollllictl po m la plupart dHns un nombre plus o u moin s grancJ de ce nll'es , c l, d'ordinait'I' , de c('utres groupés cll s(' mhl e: cl, comme, d' ulltl'c part, le changement:-lc pl'odllit intlêpendnm\ll('ui da us chaque localité , c ha('u ll e dep. li H ll c~ dï!<ogloflses divel'~es qui , SUl' une (':trle linguistique , maNILlelll la limite des innovati o ns, l'st autonomc, el indépendante de8 fl.utl'e :o:, .-\ Pl'e ndre les c hoses Il la )'igueur, il Il'y a donc, da ns le t:a~' idé:ll considéré, (lue des lim iles plulic lllièl'e!' tle flli,~ lin g-ui !<liques; il n 'y a pas rl e limites de dilllecll.':': . (';1]' le:o: li l-\'lIc!' des di\'e l'S faiL~ :-If" ('l'oise nt, cl Il{' co'I'lI c ide nL jamaÎ~ qu e par accicl('lIt. ~1. Oauzat rH....~:,; de lIu!t1lf1doloyie lin.'lll;sf;qfll:, :HH e l :-Iuiv. ) a l'l\uni II ll cl'l'laÎn IHlIllIH'e dl' dl:c1al'alion!" de l'o m:wislc:-l l'lIlinl' nl:o: Ill. Schu(. h<u'dl. (; . l'al·i:o:, M. P . .\le)'<'1'1 qui Ollt fo\,tIlllh: ('p pl'ill Cipl' da liS Il':O: h.' I'lIl e:-l les plll~ clail':-\ et h':o: pll1 .. pCl't'lIlploil'e!1, Pm'Ioll i. "ilil'1II'l' oÎl l'on a pu examiner les chose!:' de lll't·s . ~ nl' II' tlOlIll\ilH' lituanie n , par pxemple , le principe s'c!)1 ta'O tl"l- "til'ilil:. ~I. Buck a 1110nll'(o rt:ceUlIllt'nl. pH1' lin g1'illld nombre de fait~ , que


I/lTIIODl:CTION les parlers grecs présentent ainsi des lignes indépendantes d'isoglosses (The interrela.tions of the Greek dialects, ClassiclI.l Philology, n, p. 243 et suiv. ). Toutefois, le~ changements linguistiques se conditionnent les uns les autres. (Je plus, le groupe ete localilc!8 oil a lieu un même changement important esL un groupe oil se manifeste l'action de causes communes. Il y a donc chance pour que les lignes qui enserrent les groupes de localités Oll se produisent plusieurs innovations indépendantes viennent à coïncider entièrement, ou du moins se rapprochent el se suivenl souvent de très près. Un ensemble de localités où se produit ai.nsi, de manière indépendante, une série de changementa concordants, qui sont en conséquence enserr~es par un certain nombre de lignes d'isoglosses et s'opposent par là aux parlers voisins, constitue un dia.lecte na.turel. La notion de dialecte naturel n'a donc pas la même rigueur que celle des isoglosses qui limitent un groupe de localités pour un l'uitdéterminé; le dialecte n'est pas limité par une ligne, mais par une série de lignes distinctes les unes des autres. Mais. pour être un peu floUante, la notion n'en est pas moins réelle. et les sujets parlants de certaines régions ont le sentiment de parler un dialecte et par là de s'opposer à ceux de telle ou telle région voi!>me. Les faita dont on vient d ' esquis.~t!r brièvement la théorie se sont souvent realisés; le développement .des langues romanes en fournit d'illustres exemples; nulle part mieux que sur le sol français, par exemple, on ne peut observer l'indépendance des lignes d'isoglosses joiule au pUI'alielismc d'un ce l'lain nombre de ces lignes

qui caractérise des dialectes naturels nettement sensibles aux sujets parlants. L'exilltence de dialectes nlitureu ainsi définis n'enlève rienàl'alltonomiedes parlers locaux . Avec le temps, chaque parler diverge donc de plus en plus d'avec les autres , et l'aboutissement naturel de ce développement serait la création d'autant de langues distinctes qu'il y a ~e localités sur le domaine d'abord occupé par une langue une. Les patois français, si profondément dilrérents les uns des autres el souvent inintelligibles à quelques dizaines de kilomètnos de distance. donnent une idée du terme vers lequel tend cette évolution. Mais l'évolution .n 'aboutit pas. Avant qu 'elle. réussisse fi rendre le langage impropre fi son objet naJurel, qui est la communication enh'e le plus grand nombl'e possible d'hommes, elle est interro'mpue par l'extension de quelque langue commune - parler local généralisé, tel le français, qui est essentiellement le parler parisien, ou mélange de parlers, tel l'anglais, où se rencontrent des particularités empruntées à plusieurs parlers distincts- qui se superpose d'abord aux langues locales, et qui bientôt, offrant plus d'utilité et répondant mieux aux besoins, élimine entièrement celles-ci . Des circonstances historiques: conquête, unification politique, etc., donnent lieu d'abord à ces extensions. et l'avantage qu'ont" les sujets parlants à employer une langue dont le rayon d'utilisation soit le plus grand possible, précipite le développement. Inversement, toute division politique; toute interruption de relations économiques et sociales, donne lieu de nouveau à des différenciations linguistiques. L'histoire des langues se compose ainlli d' une succession


li

OlALF.CTt::l\ INDO-f:V"QPtF.N8

de grandes unificalions et de grandes différenciation!'! , auxquelles il faut ajoute r les unification s partielles qui se produisent constamment. !OlIr fies domaines plus ou moins vastes, même dans les groupe!; de parlers le!! plus différencié&. el les difftôrenC'Îati ons qui se produisent dans les groupes de parlers les plus unifit>s . Pareil événement 8'e8t produ it deux fois déjà dans l'histoire des langues italiques. Une langue , qui à un moment donné a été sensiblement une, s'est brisée

d'abord en deux groupes: le latin et l'osco-ombrien; chacun des deux groupes s'est différencié, au point que l'osque , l'ombrien el le latin en sont venus à (ormel' trois idiom ~s distincts, dont , à l'époque historique, aucun n 'était intelligible à Ull sujet parlant l'un des deux autres, Les parlers locaux elix-mêmes se sont difl'érencié~ à leur tour ; on s'e ltprimait aux environ~ de Home tout autrement qu'à Home même, ,e t, par exemple, ce qui était à Rome liina. était lôma. à Préneste. Les cil'constances politiques, en créant la suprématie pol itique de Rome, ont déterminé l'extension du parl er romain qui , non sans subir fortement l'influ ence de ces assimilations et en retenir certaines particularités , a absorbé les autres parlers latins, et qui a éliminé non seulement les parlers osques el ombrien~, mais aussi les autres langues parlées en Italie: étrusque, gaulois, vénète, messapicn, grec, etc , LA dislocation de l'empire romain a entrainé la dislocation de l'unité linguis tique ainsi créée; de nouveau, il s'e:ot développé auta nt de parlers distincts qu 'il y avait de localités, ail, du moins, de petits groupements féodaux , jusqU 'à la conlilitulion des nationalités modernes; alors chaque Ilationalilé a adopté une langue comme

7

moyen de communicatio n nati onal , et cette htnguc leml :1 élimillt'l' les pal'1ers loca u .. ou ]'égionnux : ce développeIllent est déja lI'ès avancé en Fmn ce, oü la s ubsti tu tion du fl'l\ll('ais génél'al aux patois e~l dans beaucoup de r égio ns 1111 fait accompli, ail moins P(HII' la plll~ gl'ande partie , Tels sont - som ma il'ement indiqué~ - les prin cipes générftlllt du développement de~ dialectes naturels, On l ai8~e ici de côté,;1 d e~sei n , les deux ty pes d 'unité dialeclalc pal' gfnéralisation : 1" l'unité qui Pl'Ovient,de ce qu ' un même IYI)e de pal'Iel's est t'tendu , par clesconqtltHe~, ainsi l e~ pal'Iel's dOl'iens en Grèce ; ce genl'e d 'uni té ne ré~lI ll e pas d 'iIlHo\'alions uulonomcs ayant même!' limites approximativemellt, mai~ d 'un e identité in itiale gti n é l'a l i~ée ; 2" 1 ' \Jni l~ qui J)I'ovit'lItdt! la re produ ction du padel' d 'un I-p'OlIpe dominanl. Ces deux ty pes cI' unit!! par généralisaLion Il e ~(> lai ssent bien sO Ll vent distinglier dl' l'unité des dial cc lc~ natlll'el!' qu e d'ull e manière théol'iqu e. H e~tc H appliquel' ces pl'incipes H J'indo-européen commun . 11 y Il ici plu sictll'S moments il distinguer, ,-\U mome nt 0(' clic c~t IIlle~tëe pOUl' la pl'emÎt,l'e foi s pal' des lextes lillél'aireto ou é pig'l'aphiqlles, c1l1\cunc des langues indo-e ul'opét.·ll nel' avait déjà passé pal' Ulle période })L'o pre d 'uni té, consécutive à la période générale d 'u nité ind o-(HII'Oj)ée nn e, Les langues conse rvées ne pel'mcllent jamais de l'e monlel' directe ment à l'in doelll'Optiell ; entre l'atLique et r indo-eul'opée n, par exemple, il Y Il un e pél'iode hell énique commune , L'état lingllÎs· tique d'aucune de ces pél'iodes communes n'est directement attesLé: on n'e n a jamais un e idét: que pal' les COl'I'cspondallces onll'e Je!'> langue~ co nnues pal' de~


8 te:\te8. Ainsi le grec commun est le système des corI"eS-

pondanct!8 entre les parlers helléniques: ionien el attique, groupe éolien (lesbien, thessalien, béotien ), groupe aI'Cadien et cypriote, parlers doriens , etc. L'jndo-européen n'est de même rien autre que le système des correspondances entre les langues communes ainsi définies : grec commun, germanique commun, slave commun, indo-iranien, elc. Ce n'esl donc pas à une langue qu'il s'agit d'appliquer les principes posés sur le développement dialectal, c'est è. un système de correspondances linguistiques entre des sy8t~mes de correspondances linguistique~. Le problème prend ainsi un aspect Lout particulier. La langue dont l'existence est supposée par le système de correspondances connu sous le nom d'indo-européen, devait être parlée sur une aire étendue, comprenant un certain nombre, et sans doute même un assez grand nombre, -de groupes di~ûncts d'habitants. Dès lors, il a pu se produire deI! changements qui atteignaient seulement une partie du domaine ; et, si l'on pouvait observer directement l'indo-europcen , on y trouverait des lignes .d,'isoglosses. Ces lignes se traduisent dans les systèmes de correspondances par des groupements partiels : au lieu que chacun des groupes attestés suive sa voie propre, on constatera qu'un certain nombre de langues présentent un type donné par contraste avec les autres. Par exemple, l'indo-iranien, le baltique et le slave, l'albana~s et l'a rménien s'accordent il présenter de~ semiocclusives, des chuintantes ou des sifflantes, là où les autres langues ont des gutturales : le sanskrit a ç, le zend s, le slave s, le lituanien sz (c.-à-d. a), l 'albanais 8,

J:<iT"ODUCT10N

9

l'arménien s, là où le grec a x, le latin c, le celtique k, le germanique $ (d'où h et fi, 't, suivant les cas). Étudier les dialectes indo-européens, c'estexamÎner ces groupements de correspondances lingui sti<Jues, en cherchant II. reconnaître s'ils remontent ft des groupements dialectaux de date iodo-eul'opéenne. Le principe de cette idée (d'abord indiquée pour les langues romanes par M. Schuchardt ) a été publié pour la première fois par Joh. Schmidt, dans ses Verwandtschaftsverhàltnisse der indogermani«chen Sprachen (\Yeimar, 4872) ; c'est la fameuse théorie des ondes. M. Brugmann a, en i884- , discuté le problème dans J'International . Zeitschrift de Techmer, I, 226 et sui"., et M. Krel!!chmer, dans son Einleitung, p. 93 et suiv. ; la position actuelle de la questiçm et la bibliographie sont résumées dans O. Schrader, Sprachvergleichung und Urgeschichte' , p. 53 et suiv.) et H. Hirt, Die lndogermanen , p. 89 et suiv. et p. 579 et suiv. ; cf. de plus E. Hermann, Ueber das Rekonstruieren, K. Z., XLI, p. i et suiv. Le départ entre les faits dialectaux indo-européens et les innovation s réalisces par chaque langue après sa séparation d'avec le groupe central ne saurait être exécuté d'une manière sûre; car, dans les deux cas, il s'agit, par dê1iottion, de phénomènes réalisés indépendanunent, et presentant par Imite les mêmes caractères, dans des langues de structure pareille, telles qu'étaient au moment de la séparation les diverse!il langues de la famille; longtctrtps encore après la séparation, des innovations Poemblables les unes aux autres ont eu lieu dans des langues déjà très différenciées; l'e du lat. tepidum a passé il ie dans une partie des langues romanes : ital.


10

{iepido, fr. liede, el de même l'e du 51. dans une partie des langue~ slaves: pol. th~se de M. Goidanich. JJillong;l;iollt! change rien ail fait fondamental que la l'éceute, el c'eslle seul qui soit considéré

comm. "leplil cieply (l'hyporom:W=;l, ne diphtongue est ici ). En l'absi'nce d'un critère cléci8if, on ne peut que réunir tou" les faits ancicns qui répondent à certaines conditions définie!', dont seul le groupement fail ressortir la portée. t 0 Les fnits considérés doivent ~c rencontrer déjà, non ~t'Lllemenl dans le'" plu!' an('i('nne~ latl gues nlleslêes , mais dans les langl1e!t commune,,", Connues par des systèmes de rapprochements el1h'c langues atte5tée~ : on Ile peut utiliser que deR raiL"! gE'CCS communs, slaYes communs, germaniques commtlns, ctc. (ce qlle l'on appelle en alh'mand urgrÎt·chi.tch. urs!,w;sch, etc.). Et encol'e faut-il que ccs pal'ticulal'ités n' .. ppamissclll pa:-:, dans lefl langu es commun es , comme de~ i nnovaLion~ récentes, reconnaissant fies camc!lo pfll'liculii'r('j'I à ces hlngues. 2tl Les faits doivent avoir lin cnmctère de singularité qui ~lIppOSC l'action de CHlI!Oe!lo identiques agis::;<lnL dans lIne région détel'minée , et 'lui l'ende pell probahle un développement indépendant poslérie~lI' il la séparation. 1'0\IS les détails faciles à expliquer pnr des tendances un1\'t'l'selles du langage humain l'ont;\ écarter, 3" Les fail~ co mmuns doivent se trouver dans des hwglles qui aient tHé voisinel!.; il ne doit donc pas y avoil' de chevauchements. La conslAtation des domaines dialectaux. continus de l'indo-européen est facilitée par ceci que la séparation des langue s indo-enropéennes ne

Ii'liTRODI,;C1'IO:O;

11

semble pas avoir entrainé de dislocations : J'une des principales conclusinns de la présente étude sera que le domaine occupé par la famille a été élargi sans que la position respective des dialectes ait changé d'une manière essentielle. Avant d'entrer dans l'énoncé détaillé de chacun des faits, il convient de discuter d'abord deu x questions: i O Le parti à lirer des faits de vocabulaire: ~o L'existence de groupements de dialectes postérieurs il la 'séparation. Par elles-mêmes, les coïn cidence~ de yocabulaire onL une très grande importance, que M. Gilliéron fail re~sor­ tir pour les parlers français dans les éludes fondées SUl' son Atlas linguistique. Mais en ce qui concerne la dialectologie indo~e urop ée nne , il est malai!;é d'en tirer parti. En efTet, d'une part, le nombl'e des étym ol ogje~ indo-eul'o~ péennes est petit et ne sau rait être comparé à celui des étymologies romanes; d'autre part, les mots rapprochés sont des mots de sens général, et, dans la meiure trèrrestreint e olt il s'agit de termes spéciaux ou quelque peu techniques, on n'a pas le moyen de déterminer avec précision jusqu 'li quel point les coïncidences relèvent de faits de civilisation : -:li teltel'me manque dans un groupe de dialectes, ce peut être parce qUI! les circonstances historiques, ou des chaogementl!. dans la technique en ont entra1né la disparition; et si tel autre terme ne se rencontre que dans certains autres dialectes, on peut· soupçonner un emprunt dû li une influence commerciale. On recherchera d'abord s'il est possible d'entrevoir au moins des fails de ce genre. Quant aux groupements de dialectes postérieurs à la


t2

séparation , il Y a unt) autre pO!lsibilité à. envisager. Les élémenlB de population qui ont transporté J'indo-européen sur l'Europe et une partli1 de l'Asie et qui ont cons titué chacune des familles de langues àtlesté~s Ile se sont pas nécessairement sépares dès le début exactemtmt en antant de groupes qu'on en constate au début de l'époque historique; cerl.üns groupes ont pu se scinder seulement après une période de communauté in~ermédiaire enlre la période indo-européenne et la période où s'cst fixée la forme commune du groupe historiquement attesté. Divers faits amènent ainsi il supposer une période indo-iranienne antérieure il la période indienne et il. la période iranienne commune; une période italo-celtiquc, puis, une période italiqlle (antérieure à la période oscoombrienne d'une pad, latine de l'autre; il va BanB dire que cette période Il italique Il peut être antérieure à l'entrée de tribus de langue indo-européenne en Italie el s'être écoulée ailleurs que sur sol italien) ; peul-être une période balto-slave, Les élém6:nts de population qui ont fourni ces groupes linguistiques divisés par la Buite ont dù se composel' dès le débnt d'individus appartenant ft des localités différentes, et la communauté momentanée par laquelle ils ont passé n'emporte pas identification complète de la langue, pas plus qu'elle n'emporte la suppression de toutes les distinctions de tribus, de phratries, ele. : il peut donc subsister à l'intérieur de ces groupes la trace de distinctions dialectales indo-européennes i on sera amené, dans la suite de ce travail, à supposer que cerlaines lignes d'isoglosses passent entre l'iranien et le sanskrit, entre le C'eltique et l'italique,

I;\TRUUUI,.ÎIU;\

t3

On reconnaît le passage pal' une période plus ou moins longue de communauté ft des coïncidences de délail , il. des innovations singulières, à des formes qui ne reproduisent ni l'usage. ni même le type général de l'indoeuropéen , en un mot il toutes les parliculal'ités que deux langues ne peuvent pas introduire d'une manière indépendante et qui supposent des rapports intimes prolongés durant un certain laps de temps; c.e sont précisément les rapports qu'on a le dl'oiL d 'imaginer entre les groupes de colons et de conqu~rants qui ont propagé chacune des familles de langues indo-européennes, Il y aUl'a donc lieu d 'examiner sur quoi se fonde l'hypothèse des gl'oupes les mieux établis : indo-iranien, italo-celti<Jue, ballo-slave. Et c'est seulem ent ap,'èR cette étude des faits poslêl'icurs à la séparation qu'on pourra passer en revue les faits dialectaux antêritmrs, c'est-itdire ceux de date proprement indo-européenne. Les dé\'eloppemenl.:; dont on vient d 'esquissel' le !;Chéllla g~lIcl'allle sont qu 'tlue partie des fails très complexes qu 'a comportés J'exlensÎon des langues indoeuropéennes, Il n'est pas douteux pal' exemple que des territoit'es, d'abord co lonisés pou' une certaine tribu parlant un certain dialecte, onl pu l'être el, en fait, l'ont souvent été ensuite pal' une auu.'e parlant un dialecte distinct du précédent ; divers indices ptH'mettent d'entrevoir encore ces séries de substitutions dans quelques parties de la Grèce , ainsi que l'a montré surtout M, Solmsen (voir la série de ses articles dans les volumes LVIII-LXII dullheinisches MU4eum ), Il serait sans doute malaisé de reconnaître les fails de ce genre dans le dévelopl)ement pl'éhistol'iquc cles plus anciennes langues communes de


14

I~

la famille illdo-t'uropéenne, qui est runique objet de ce travaiL Si l'on doit jamais y parvenil', ce ne sera en lout cas qu'après avoir posé d ' une manière préci se le~ dia-

lectes indo-européens. Quand on aUfa réussi à dé terminer en quelque mesure les faiLs dialectaux de date indo-européellne, on alll'a constitué l' un des fondem enls les plus lI éce!'l~air('s Il l'é lude de chacune des langues communes: indo- iranÎpll .

grec commun , slave commun, etc. D'abord, on

aUl 'a ~"ll'

première esquisse de chronologie entre les pht!n o ml-nl'~ . puisqu'on pourra distingu er les rails indo-eu l'opêcm: de ceux: qui ont été réalisj>s par la suite. En second licu . 011 saura SUI' queUe forme parti culière d e )' indo-eul'opéen repose chaque langue, et comment le développl'. ment ultérieur a été conditionné pal' là, EnHn, et c'est peut-êlrece qui importe le plus, 011 pourra faire Ic <lépal'l enlt'c les faits indo-europeens et ceux qui ':IOnt l'é~l1ité,.; des conditions spéciales à chacun des groupes qui ont lt'anspol'lé la langue SUl' lin sol nouveàu : unité plu!lo Olt moins grande du groupe qui a transporté l'indo-elll'opécn, nombre plus ou moins considérable des hommeS' C)ui le composaient , réaction des populations parlant d 'Rutres langues, éparpillement progressi f des éléments de langue indo-européenne sur une aire de plus en plus "as te el perte progres~ive de conlncl de ces éléments, etc, Si dOIlC l'objet propre de la prè:ienle élude est de cherchel' des fuiLs de date indo-européenne , communs il telle ou telle partie du domaine indo-européen, le résultat principal eu est de meUre en évidence l'originalité pl'opre du développement des grandes familles de langues, en faisR'n t l'essol'lil', pal' une simple comparaison, quelle!'!

sont les innowltions Pl'olwc,,; till'elles Ollt inli'CJduite,.; , Presque tous les manllels actuehl placcnt. .111 moin,.; t'Il apparence, SlII' le mê me plan des fait8 qui sont de dale et d 'espèce dilfél'c nles; Cil g' I'ollpant ici des faib d in lectaux déjà connus pour la plupart, on essaiel'a de monIl'cr lu possibilité de disl in guer des moments ~ ll ccc:;:-lifî' dan s le développement des langues indo-clll'olléellllc:: enh'e la pé riode d ' unilé ct celle des plu s anciens tellloÎg-nag('s éCl'its,


CHAP ITRE

1

LE VOCAllULAIHE DU ;';OHD-O!;EST ~L Fick, dans SOli Dictionnaire tI.lymoloKique , pose Uil vocabulaire de l 'i n~o- i ra ni e n el un " ocabulaire ùes langues européennes en contra ste l'un avec l'autre. Ce procéde a pu sembler udmiss~ble aussi longtemps qu 'on cl'Oyail reconnaître un ccrluin nombre d'innovations phom' tiques et morphol ogiques qui auraient caractùisé l'européen , el qui sc seraient produites postérieurement à la séparation de l'indo-iranien; mais personne ne croit plus aujourd'hui tt ces innova tions proprement européennes. Dès IOI'S, si l'indo-iranien se troun~ ne pas posséder quelques mols qui sont bien attestés dml s la plupart des langues dl! l' Europe, il n'y n l'Îcn lâ de t'nracl.éristique. ni qui suppose lInc anlériOl'ilé thl la sépuntliun du groupe ind o-iranicn : il n'est l'os de I ~nguc indo-europecnne à loquellc il ne mallliue certains mots qui se trouHnL (ums la plupart cles autres ; I)ar exemple, les noms indo-europêens du H ms " el de III (. lille" (s kr. Jiltll;~ el dubilh ) manquent en italique et en celtique 0\1 ils sont remplacés par des mols nouveaux ; l'l pourtant , il n'y il pas de mots plus généralcmcnl attestés SUI' l 'cnsemble du domaine , Il est vrai qm' qUl' lqucA-uno; des termes qui manquent i. l 'j n (l u~ iranien ont trait il des notions agricoles importantes: " lahoul'e l' " (lat. arilrl'J, " moudre 11 (lat. ruo/rrr). ou tl des notions cunnexes, comme celle de (. sel If {11l1. sMl : ma is on cOlu,uit flue les hommes qui ont transporté l'ind o-il'1l11ien il. lrovtH'S l'A sie :dl' Ilt Iwrdu (luclqUt's termes r(llalirs i. l'aK,'icullul'l', 1'1


18 toute la valeur probante de la constatation a disparu de pui ~ qu'on a noté en indo-ÎI'anien le nom d'une céréale (s kr. )'at!~fJ, zd yaw-) et une formati on d 'une ra ci ne signifiant « moudre " (pers. drd, hind . ald If farine ))). L'agriculture élait pratiquée au moment où l 'indo-iranien s'est séparé , et la question d'un vocabulaire proprement européen n'a plus à se poser. Mais on relève un assez grand nombre de mots qui , se rencontrant dans les dialectes du nord et de l'ouest: slave, baltique, germanique, celtique et italique, manquent dans les autres: indo-iranien, arménien, grp.c. Beaucoup de ces mols se rapportent Il des faits de civilisation. si bien que la coïncidence indiquerait un développement de la civilisation propl'e aux peuples qui ont répandu le!; dialectes dl,! nord et de l'oues t. Beaucoup de ces mots sont des tenues d 'agriculture : « semer ,1 : v. sI. si/i. lit. stti, gal. saian, lat. ser(1'( (stui) ; v. sL~" semence Il , lit. slmmys, v . h. a, sâ"w, lat. simm, et v. irl. sil, gall. IJâd (cf. lat. satus ). Le rapprochement du grec: i1l~~ u j"envoie " est faux; on a vu depuis longtemps que t'lI,lI, ~1.a:est Il. lat. iaci~, ilci, ce que ,:,(b1l:u, ~6.,,%2 est iljacid,fle,. Le skr. strt« femme Il n'a rien à faire ici ; dire que la" femme li a été. nommée la 1< semeuse Il parce que, li. un certain stade de civilisation, c'est la femme qui cultive la terre, est Ull simple jeu d 'esprit ; du reste , on attendrait· stÎ/rl ou, tout au plus, • sitri. Seul, 'arm . hund" semence ", . qui serait fOl'rné comme serlmd " descendance" à côté de sertlll engendrer 1> pourrait peut-être être l·appol·té it · st-des langues du nord-ouest; mais la racine ne scrait pas représcntée par ailleua's en arménien , et l'on sa it que d 'ordinaire b, issu de Î.-e .• s, nt> se maintienl pas dans cette langue; le rapprochement est donc très sus pect; et l'ex is tence de· st-" semer '» n 'est cel'laine que dans le gl'oUfll" du lIunt-ouest . " grain" : lal. grdlll/l/J , irl. I:rim. gall. gmum. (plur. ). Hat. kaurn , v. sI. {ri/lw (s . .zrnv): lit. {itnis " pois n. Le rapprochement avec skI'. jfn.IMJ " ,·ieilli ", etc., est entièrement incel'tain ; même si on l'udmel , il demeure que I{' sens dc " grai n " est limité aux langues du nord-ouest, et une particularite de sens aussi dMin Îc sumt il cu racténser un HI·oulX!.

19 Un mot désignant un aliment extrait des céréales

lat. far

!Jards) el jarfna, omb r. l arsia (a s iu C! farrea ", v. isl. bar, " céréales >l, got. bari:;.ûns " d 'orge », v. sI. b,.aJi"o" nOUl'rilure, ~pc~ ~:r.:cX , : PQ'j' 2\, i~:,n:!a~~ç , l~~ajJ-:r. Il , S. bnHno" (a ri~ e '1,. r. Wrolno tt farin e de seigle >1. Il n 'y a aucune raison de rapprocher skr. bhilrvati " il mâche ", ni par suite zd -bavllrtra-. " sillon " : lat. U;a (el dt-/irus, dtlinJ , déltrIJ) , v. h . u. (wagall )Jasa, m. h. a. ltis to lI'ace de voiture E, v. 51. lüa if ~p~:i "

(1'. /exâ ,

S. /ijeha, tch . licha; sans doute ancien mot oxyton ) ; lit. lysé" ca rre , planche de culture". H pomme )) : v. sI. ahlriko (1'. jabloko, pol. jablko), lit. Glui/as, lette nbo/s, v. pl'USS. wob/e, V . h . a.Dpjll/, v. RngL œppt/, v. i,,1. aboli. m. gall. aual; le nom de ville malifrra Abd/a, en G.am-

panie , fournit une tra ce de l'existence du mot en italique; mais l"inlroduction d 'une sorte médile''ranéennc avec son nom grecdor. ~iii,~'I, d 'où lat II/MI/If! (ou gr. comm. ~t,i,:v, d'olt ital. mt/o) a entrain ~ la dis pari t ion du vieux mol en Italie. t< porC>l : lat. porcus, ombr. jX'rea, purka ,t pOr<'as ~I. V. irl. ore, v. h, a. farah ,. v. angl. jCl1rh, lil. pa;r{ar, ,.. 51. prarr (r . ~ rosjâ, S. prdst, pol. prosi() . Le prétendu gl·. "lt ~p X ~;, donl parle Val'ron, ne se trouve dans aucun texte grec et n 'est sans douté qu'un emprunt (ait p.."lr des Gr{'cs dltalie ou de Sicile il une langue italiq.ue. Le mot du nord-ouest· porklos ne désigne que le " porc " domestique , tandis que le mot indoeuropéen commun· sù- (llIt. Slis, etc. ) s'a pplique '~galement flU t. porc et fl U t< sanglier Il. " fève '1 : lat. faba , V . pruss. babo, v. sI. bobti; le rapport avec le mot gt-rmanique v . isl. baIlli, V . angl. htan, v. h. R. bOnD n 'est pas d éterminé. L'alb . ha6~ est très éloigné pour la forme . . ,t moisissure " : lat. m I/SCl/S, V . h. 8. IIIOS, lit. lil I/sai, v. s1. )J

mDxil. « creuser 1> : lat. fodi~ , gall. hedd l' fosse ", lit. bedu H je creuse '1 et badaii l' je pique .1, lette btJre l' fosse l', v.:-;1. bodtf je pique II,· peut-dru gal. ba.di t' lit >1 (d 'a bord creusé dans la (1


20

2'

te rre·~. \'. ~'f eringer. /.

gr.

$!II;:~;,

F,

XIX ,

.t.8N et suiv. J.

u.! ~

initial t!carle

~~eij.,,~ç.

Le 1< seigle Ut qu'on n 'a pas jusqu'Il présent rencontré dans les fonds d 'époque néolithique, u un nom qui ne s'étend pas au deli! du s lave, du baltique et du gerll1l1oique : v. sl. rlitt, lit. rugis , v. pruss. rugis, v. isl. 'ygr, v. 8Ug1. ,ygt, v. h. a. rokJro. El il Y a un n om de l' ~. avoine» dont l'original ne se laisse l)as restitu~r avec cCl,titude, mais qui est visible me nt commun au slave: ovIStl, au baltique: lit. ati~a, lette tluï.tJs, v. pruss. Wj'Sf, et au latin : tl uina . On peut ajouter quelques noms d'oiseaux et d'insectes: 1< grive >1 : lat. tllrdui, v. j!;1. frpstr, lit. strd'{das, v. 51. drO{dli

(avec uoc assimilation de Iïnitiale) el dnpv:,i. Le gr.

cnp~~flc:;

ne peut êt re rapproché il. cause du C:J, et aussi ÙU a, qui ne sc co ncilie ni avec germ. l, ni avec lat. d (on au rait b après r s'il <j'agissait d e tdh ). " guêpe " : lat. '/l'spa , v . bl'e t. fl/ohi, v. h. a. wafsa, lit. vapsà, v. sI. osa; le beluèi gt'(1~ " abei lle, guêpe .. pst,;1 écarter è. cause de son isolement en indo-iranien; la sOIl(W'e bz fail du reste difficulté: le rapprochement avec la racine ttwbl,. « tisser " Il'explique l'ien, car on ne voit palt comment le Sèns de cette nu.'ine s'applitjut>rttit il la " guêpe 'h « frelon If : lat. critbrv, gall. creyryn, ~'. h . ,1. hornl/{. lit. sZirs,fi (ace. s,irstmj) , v . sI. sriiJrtli (s. ûl/jln ). Le mol t n;:;.d~ spécialise au sens de " nid " dans: lat. ,lEdflS, v . id . IItl, Y. h . n. nal, et. avec des altémtions, lit. li{das 'et V. sI. glll'{do; au contr.lire al·m. 11isl ne signifie que" siège" et sert de nom vel·bal au ,'erbe primaire nst;m "je suis assis .. (aor . nS/dy), ct skI'. nî{iâfJ a gardé le sens de« siège, lieu où l'on est étahli ", à côté de c<'hü de " nid '!. Noms d 'arbres : « aune " : lal. a/nI/s, v. h. a. tlira, lit. l'llsnir, v . s I. jr/ixa. Il orme " : lat. II/mus, ir!. lem, v. isl. Mmr, 5 1. • ji/illlli et jilil/In . .. if u : ir!. œ, gall.yw. v. isl. Yr, v . angl. fw et row, v. h. a. lwa , lit. N.'à, v. s I. j it'a .

Mol '! techniques : ,. frapper " (en particulier !lUI' une enclume pour forger) Int. cM(} ct inc1Ïs (incMis), irl. CI/ad et ((}(IclJ ('v. \"h. Stokes, dnllR Fick, El . m'irt., IP, !-lM ), v. h. a. !xJ//wart, lit. luff/jf/ , khI/li " baUre, frapper, combattre ", kI/gis " mart eRu ", kova " comb:!.t Il, ". sI. kI/if! ,< j e forge >l , kyjf 1< marteau ". Il oouper " : la t. srciJ. v. sI. ûkp,: lal. mllris , v. sI. s&yra. .. hl'l.chc ,,; v. h . a. srb Il cout el'l.u ", Stta 1. scie " , sahs " couteau Il (sur le celtique, v. \V . Stokes , K. Z .• XI., 249 ). " lI'esser " : Int. pltelc'l. l'. h. A. jltblml e l v. sI. plrlQ représentent une même fornH' ,' dont gr. û,b.w et le s ubstantif Rkr. prlJf7la" u objet tressé" s'éloignent davantage. Le traitement de t·kl· qu'on a da ns v . sI. plet{l , est le traitement regulier devo nt voyelle postpn lnta lc (v. sI. noJti est un exemple cl811sique du trAitement de ··kt- devant voye lle prépalatale). roue,,: lat. rola, irl. rOlh, gal l. rblJd, v. h. A. rad, lit. ralas ; le mot correspondant de l'indo·ira nien , skI'. rlllha", zd raOd, signifie « char ". u timon " : lal. Il,,,..1, v . h. a. dihmln, v. angl. fixl , v. isl. flsl, v . pruss . ItQ"ris. " bouclier .. : la t. sC/1tl/"', irl. sclath, V. pruss. slaitan' (lire s{QÎ/an?), v. sI. J/;/IÏ; si lit. skfdas et gr. Q;IT:\"(~ ( :i"T." i~ :~ ) sont purents, illi diffèrent du moins par le d en rnce du t des llutres longuel!.. " anse " : lal. mua , lit. (Un. E' t v. isl. H trou (pour passer un lacet ) u. :\fol'l relatifs aux relat ions sociales: If peuple ,. : osq . IQuIO, ombr. 'viam (nec, ), v . irl. tfial", got. piuda, lit. tau/a. étronger. hôte " : Io.t. bos/is, got . gas/s, v. si. tOSll; si le gr. ;i~I=~ est parent, il a une forme entièreme nt différente. " dette " : v. sI. dMgjj (8. dtlg), gal. dulgs, v. Îrl. d/igrd (dligim « je d9is Il) ; la diphtongue radicale du slave étant intonée douce, 1c mot slave n'est sans doute pas emprunté au germanique; et il n'y 1\ pas de raison posit ive de croire que le mot germanique soit emprunté nu celtiquQ, comme J'a supposé M . d'Arbois de Jubainville. 0(

œs

0(


23 11It. fias (lladis) j. gllge )J , got. watli, v. isl. vtd, v. h. a . wtlli; lit. vad,iti l' dégnger , dlôli vl'er ... " dominer » : v: sI. vla4, lit. valdati t"l-'t~/dIlJ got. waldan; cf. id . flailh ,. souven~int"té " (ct"I'lainl's rOl'mf's s<'nncti navl's IIlIl également 1), et aussi lat. ltalfll. Mnts divers : tt homme li. désigné p:lr rexprt'ssioll de " terrestre H : lat. ImmJ , gal. guma. lit. ~m~ ({nu),lIs ) ; en indo-irnnien, en SI'rné· nien etengrec , on renconh'c pluMt J'ex pression de" Illlwtel " : hom , ~FC)-:~" :mn. mard, zn marlla el maJyt1, v. perse mar/jya , skI'. lIUJrl)'oQ, martah. " barbe" : lat. barbn. \'. h. n. barl, lit. bar'{da. v . sI. bratla: de la l'adjectir : lat . barbd/IIs, lit. bar,ddtas, v. s I. brada/Ii . "poli, glabre,, : lat. t/aber. " , ong !. .fkud, v . h , a .g/a/.lit.

ghlil,is ,

Y.

sI. g/ndMtfi .

I;lac(>, froidure» : lat.gtlt4 etg/acits, v. h , n. kalI clklloh. lit. Kilmrnis !< froid vif ", v. sI. g%li l' g lace n et tledira ,. \'CI'· , g las. givre H. On lit ·:I).ŒV~p~'I '·}Il'l.P~" chez I-I esychius, mais cette gloM! Clll 'it rnpprocher du IIicilien '(lh , qui doit i-Ire UII emprunt il l'i talique. Les parlers siciliens flCmbr~nl Ilvoir été un peu moins l'ehelles aux empl'unts tlue les autres p..'l..-Iers grecs; on a vu plus haut :dpx:l; ; M . W . Schulze, K. Z" XXXIII, 22:1 et suiv .. a reconnu dons i..Î";P l un autre emprunt sicili ~ n , ­ On a de même lat. ca/Ire en fnce dE' lit . s{J/li Il dev('nirchaud .. . Il parole Il : lat. utrbum. got. wQurd, v. pruss. wirds, lit. vard"s (la racine esl indo-européenne commune: v. le dictionnaire de M. Walde, SOUl'l 1urbtnn ). « pousser >1 : lat. Initia, got . triufall , \' . sI. tru,hl. Il vent du nord " : Illl. munIS, gol. sklira-, v. h. a. skllr, lit. s'{itiurt " nord " et « vent du nord " , v. 81. sèvtt'ù " nord ". "vl'n i ": lal. 14&I/S , , •. irl . fir, v. h . a. tmr; v. 51. vira ., foi 1( abondant " : irl. meniec, gol. manags, v. s I. mi'notü . " mer >1 : la t. mare, irl. muir, gauf. (are-)morica, got. mart; f't mari-{saiws ), lit. mtirts, v, sI. tIIorje: ce nom de la Il mer" n'e"t USUE' l que dans les langues du nord·oueH t : toutefoÎl'l il Il

)J.

Aemblc que le sanskrit en ait trace dans le mot obscur mary/ldil. . 1Il~ers~m e nl, la nllgation prohibiti ve n'pst att<'!'I tée qu' ('11 IIldo-lrn lll e~l (moi), grec (y.+, ). arménien (mi), et manque totale. ment pal' ai lleurs. Une disparition indépendante en slove en b8.1~ique, eu germanique, en celtique et en italique est 'peu vraIsemblable ; car, dans le"langues où ·m~ a exist é, ses reprélIentanb sonl encore aujourd'hui en usage, et le grec moderne l'arménien moderne, le persan ne di ITèrent pas àcet égard d~ grec ancien , de l'arménien ancien et du vieux persf'. Le fait est du resLe trop isolé pour prouver beaucoup. Telle ou teUe de ces coincidences peul être fDrtuite et l'on ne saurait rien affirmer d'aucune en particulier; m~i8 l'ensemble ne !laurait J'être, surtout si l'on lient compte des grou. pernents de sens. II y a donc une certai ne communauté de vocabulaire entre les langues du nord e t de l'ouest, et cette communauté para it provenir d 'un développement de civilisation commun,

·"Il


1 ,' I~nO-1 "" ~ IE~

CHAPITHE Il

1. T', DO - lI1A 1'1 1)-:.1(

nI' Inus les groupes dialect., ux qui

rt'posenl sur une pl-riodt' dt' co mmuMutf. po~h~l"ieure il ln période indo-t'uropéenne, le seul dont ln reaJill\ .'IOit nUe!!lée par un témoiglltlge direct e~t 1ïl\tlo-ira nie n. Ce témoignage estJe nom, identique, par lequel se dé!.Îgnent lèl'l peuples qui on t appo" té lïndif! n d'une part, lïranien de l'autrc. On (1 en elfet : l.d airya- (opposé à I/lirya- et il anairya- ), .... perse ari)'adnnl! Ddra)'at'dIlJ nriyotiflra " Darius de famill e aryenne n; (:e nom est connu des Grecs rAr'-'~) et des Arméniens (Arikh), et il subsiste encol'e ; Eriln (prononcé maintenant frdn), le nom que porte aujourd'hui le pays des Aryos occidentaux , représente un génitir pluricl 'arydrulm. skr. 11r(I)'49 désigne le peuple dont la langue est le v~d ique; peut-être I\-t-on aussi or)'4-; le mot hr{ i))i4f, est identique nu mot ironien, à la vfddhi près. L'étymologie du nom n'est pas connue: on peut,si l'on veut , rapprocher skr. dr)'a~J cc favorable H; rien ne prouve d 'ailleurs qu'on doive le raire ; et le rapprochement est dénue d'intérêt (cr. Bartholomae, 1. F . XIX, &i11ef l, p. 108 et suiv, ). On nOn aucun droit de rapprocher arm . ari " brave l', qui ne doit ~a ns doute pas être isole de aru cc mâle •• t't de a)'r" homme (uir) u. Quant au rnpprochementavec id . airt (gén. airrch ) gl. primaJ, il est évidemment faux ; ir!. air~ ne peut être séparé de ir!. ar CI devant u, cf. irl. airchinnlc/J " princeps ", "'"<111 . arbtnnig:

25

c'est un mot de la Camill e de gr. r.lPI, ~p ~ , etc" de lAt. prfmus, ri e,: le • 1fr)'O- sur lequel repose irl , aire!K' trouve aU!4.'1i dall!4 gaul, Al'io-{lIIamu ), composé dollt le premi er terme n 'a pAr suite l'ien ft Caire avee le nom propre · Ar)'a- du peuple q"i parlaitlïndoirttnÎen. • Arya- est un nom propr(', dont il n 'y a pas licu de rechercher le sens, mttÎs dont l'existence atteste runil~ d 'une popubtion dlndo-Irrmien.'!, qui s'est divisée pnr la ~;uite, On peut donc déterminer sur ce cas bien ét.'\bli il quel t~' pf' de faits se reconnaît une communauté de ce genre postérieure a la séparation d'avec l'ensemble indo-européen : l'indo-iranipn présente toute une série de particularité!! de dét.'\i1 qui ne se retrouvent nulle part ai1leur!l, et qui proviennent de la pél'iode de vie commune particulière au groupe , En voici quelques-unes l{ui ne sauraient être fortuites: t o Les voyelles de timbre ( et 0, demeurées disti nctes dMs toutes les Autres langues sans exception , se sont Condues dans le timbre unique a ; en entraînant la perte des alternances morphologiques de t et de 0, cette confusion a modifié grave. ment tout le système des fOl'mes, eUe a eu pour cOnHéquence un développement imporl3.nt des alternances quantitatives qui se présentent sous la Corme if.' il. Cet ensemble de faits ca ractérise eminemmentl'indo-iranien par rapport am ~utres langues de la C~mil1e . ~ Le ' 1 indo-européen , au lieudeseconrondre avec 'a comme partout ailleurs (s..'\uf p~rtie llement en grec où il ne donne du reste jamail'l 1). nboutit à i. Apre.'! et avant y. le même ' 1 donne cependant n, même en indo-intnien. :l0 Les groupes de la rorme : sonore aspirée sourde, nboutissent il : sonore sonore aspirée (loi de Bartholomae): -bh 1- donne -bdh- o -bh J- donne -b{h- , ele. Les autres Inngues ont toutes d 'une manière normale un traitement conforme :'I OX règles ordinaires de !'indo-européen : la sonore nspi rée s'ussourdit devant sourde, comme toute autre sonore. Les traces - très rares - d'un traitement pnreil il celui que délinit la loi de Rartholomae et qu'on a essa~'é ,le retrouver dans

+

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26

27

1.'INI)O- IMA:>Ilt: \

lesautreslangue!lsont toute!! ou (ausses ou incertaines . Il est vrai que -On.- donne ~.(- en grec ('J:<ÎG'ZIoi de *';;"(10",.,..). mais c'elll un CRS lout spécial. el qui n'au torise pas il pose., une loi génél'nie ; on explique gr. i"'I. J~~; p::lr • rgbs-qo;, ; mais rien Ile p.'(lUVe que '; repose sur· echs : la forllle Iocr. iZfH; (>t les .formes analogues représentent le traitement phonétique -1°- de *·luten grec, et h-;~,. doit son -; à l'analogie de b -:6; ; si laZa-:c; est li. tirer de i; - ce qui n 'est pas évident - , il suOlt de poser *eks-Ito- oonnant • coo/.c-. Quant il I2tOTI.~<; en fa ce de got. aiwislti. IIi le rapprochement est eXllet, on l'Il l'endra compte soit par • aiiWhskt)J donna.nt. OIla-zc; (t.n>€! de ;:cZ!I'Zw), soit tout simplement. par·aiJtJU'kos donnant o:llT'l.~; (typ(' de h·znc;). Le gl'eC n'olTre donc aucune trace de la loi de nartholomae; les autres langues n 'en présentent pas davantage . \" Tous les thèmes terminés par une voyelle: -a, -d , -i, -/l, ont le génitiC pluriel en -n-dlII. Pareille introduction dl" -n- ne se rencontre par ailleurs que dans certains diall"ctes germaniques, et là même pour certains types de thèmes seplement. l'S0 Les thèmes en -11- ont, ~ cOté des Connes en -d-, des formes du type degén.-Rbl. skr, -i1yà{', v. perse -d)'d, zd -aye!; on retrouve, au moins en arménien et en celtique, trace de -(i )y-, ~ certains CAS des thèmes en -12-, mais nulle part le type -4J4-,

6- Les 3-- personnes de l'impératif ont un -u final ainsi !!okr. bhdratrl = zd Mratll = v , perse baratU'fJ. 7- Le parallélisme de certaines formations est absolu; le pronotn personnel de 1" personne en donne URe idée : skr. Singulie.r Nom. Ace. ton . Ace. atone Gén. dat. alone Gén. toniqul" • Dai. ton . Ab\.

ahàm

""'"

,d

""'"

mli m

Y.

perse

.w.m ,na",

m4

"" ",

nu

mat

... r

maiy

,"aM mama ma.. mMrya(m) maibya (g"h. )

.na

Phll"il"l Nom. tlaynm Acc.-gén.-dal. al. .\ cc. ton . n.smnn G~n. ton . asmhkam

...

t'Dt'III(l. wyim ) t!/J)'Dm 1/(1

ahma

ahma/cI'"

amhxam

etc. Aucune langue indo-eurOpéen ne ne présente , à beaucoup près, l'éq';1ivalent de coïncidences aussi complètes, et poursuivies dans un si menu détail, avec l'une des langues du groupl" indo-iranien . S'il existe de pareilles coïncidences de déta il , il Vil de soi que les sytèmes des deux groupes doivent être tout semblables dans leur ensemble; et en elTeton Il construit , .f>ur les fragment-. de textes subsistants, la grammaire de lïranien llRcien ~ l'aide de celle du §8nskrit. Et, comme on r a souvent répété, la simple application de quelques r~gles de correspondances phonétiques ou morphologiques permet de transformer lei passage dl' l'Avesta en un morceau védique presque correct, ou inversement. Les vocabulaires des deux groupes se recouvrent à peu près entièrement. Ainsi , en regard de • k l initial de toutes les autres langues pour le nom du 1< cœur Il (arm. sirt , v. s I. srrufla, lit. S'{irdis, gr. upUi et 1I.~F , lat. ('{)f, v. ir1. cride, go~. hnir/(I), le sanskrit et l' iranien ont les représentants d'une AQnore aspirée: skr. htd- et PtdtJ)'am, zd '{Jf'{/- el WAlm , pers. di/. Ceci n 'empêche pas que J"indipn et lïranien proviennent sans doute de parll".rs indo-européens dilTérenls , et dont la période de développement commun n 'a pas suffi à déterminer la fusion totale . Les isoglosses de la chute de·/ intérieur (v. chap. "III) et du traitement de - ury (v. chap. IX) passent entre l'indien et l'iranien ; et l'on constate certaines coïncidences de vocabulaire entre tiranien et le slave, qui ne 's'étendent pas au sanskrit. Les deux groupes, tout en se développant p..rallèlement, sont donc demeurés légèrement distincts. Il n 'opparait FU qu'il y ail de rapports particuliel's entre


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OIAu:cn:l'o

.

Ixnn · ~: I · nI)Plh: xs

1. I:'I LH,J-IIt.\:'Il t::'I

tel dialecte iranien et tel dialecte de l'Inde. Au premier abord on pourrait attacher Il cel égard quelque importance il la coïncidence du tr-aitement ..., de '-a s final en sanskrit et dans les prlikrits occidentaux. d 'une part, el dans l'Avesta. qui est de l'iranien oriental, de l'autre. Mais il suflit d 'examiner les (ails de près pour reconnaître que le traitement zend et le traitement ~anskrit sont indépendant<; l'un de l'autre. En f':fTet, le traitement -(l (c.-à-d. -d) du sanskrit est propre aux C8to1 Oll -[ se lrouve devant une sonore suivante. Or, ln loi générale du traitement des finales il. l'intérieur de ln phrase indo-iranienne elit : sourde devant !Wuroe, sonore devant taule sonore (occlusive, fionenle ou voyelle proprement dite) ; ce traitement de" finales se distingue de celui de l'intérieur du mot par ceci que, à lïntérieur du mot, les sourdes deviennent "onores devant occlul'Iive sonore, mais demeurent sourdes dev:'!nt son:'!nte (voy('ll(' ou coul'ionne) ou voyelle, !\Oil donc intérieur

fhwl

-ns/a-

-ns

-n,-oa-nInO-os)'n-nso-

-O{ do-n; tln-n, yo-n,- 0-

ou, dans les cas oû J devient -iUn-iton -;!na-ij)'n-iJn-

s en

10-

intlo-iranien

-il

10-

-iZ do-

-it -it

)'0

-it

0-

no-

C'est ·-O{ fin:'!1 devant un élément cfm!Wnantique (consonne proprement dite ou SOMnte consonne) qui donne RU SlInskrit -0 final; h l'intérieur du mot, indo.iran. ·o{oa aboutit il skr. ton; d~'vRnt consonne, -n{ ~ubsi"le toujours en irAnien /1. l'in-

térieur d a la linale ; on li ainsi , il la tin d 'un premier terme de composé, c'est-à-dire dans une position ·oÙ sunt appliquées les règles de la tin de mot, skr . oirHIlJ?J Il qui dODDe la force » , mais ,zd ooga{-doSlJma- .\ qui donne le plus la force ". Le Lraitemenllinal skr. -tI de indo-iran. ·-O{ est dODC parall~le su traitement de -o,-d- inMrieur donnant skr.-td- , et l'on conçoit que dans les prâkl'its orientaux (Mâgon"i ), -e se trouve il la linale aussi bien qu 'à l ' int~l'ieur du mol. L'-c) final avestique s'est réalisé dans de lout autres conditions el par un tout autre prO<'~s . Ce n'est pas un traitement particulier; c'est le traitement de tout ·-as final, il la vnuse comme à l'intérieur de la phrase. Le zend n'a pas , cOlllme le sanskrit, des règles de sandhi compliquées; saur les mots étroitement liés dans la prononciation, il n'a qu'un traitement pour tous le~ cas; or, ce traitement n'est pas le traitement sonore; dans les cas où s u passé à!, on a partout -U, -tU, -x! , -Pt etc, ; de même que ·-ts est représenté par -s : ~s , slowS, pouru/as, cO~tljS, · cLc. Ce n'est donc PliS ·-a{ (traitement H~cien devant sonores) qui a donné -do En réalité ·-os linai a passé il -ah, -b étanlle traitement universel de s en iranien parlout où une consonne ne suit pas imn,édiatement (cas de -as èn, -as te) ; el en etret le vieux perse a -a, c'est-à-dire -ab, comme représentant de illdo-i~an . · -as. La. rermeture de li devant h terminant la syllal>è se produit dans les giithiis m~me à l'intérieur du mot: • asmi donnant giith , lhmi, • ",aSll/adj dClnnanL grtth. ",;hll/aidi; cette même voyelle 1 est celle qui , Jans le" g ï,thfls, reprcsente ·-ah final issu de ·-as t constamment dans les monosyllabes (hi, yI, "1. etc . ), et partiellement dans les polysyllal>t>s : vaèJ par exemple. Un fi a été pa'"8l1èlement altéré en ~ (résolution de la ligature qu'on transcrit pal' d) .devant -h final, de sorte que zd -d (c.-it-d . -M) répond i, skr, -dQ final ; ici le traitement -âliha- de -tua- est exoctement conrorme au traitement de ·-(1h final (ancien· -dI ) ; et, comme ·-dsi-, ·-âsu- aboutissent à-dm-, -ilhu-, on voit que c' est ln nasale développée après a qui a provoqué ln fermeture de ccl a ; ceci concorde avec \Ill rait connu de phonétiqu,e géné-


30 raie: les voyelles nasalisées tendent souven t it sc rermer ; en zend même. '-am donne -'1/11. On est amené ainsi à supposer que '-as a pus" lt '-ah, ' -orth, d'où ·~l'Ih) . Le développement de ceLte nasale tient il ce que a se prononce généralement avec le voile du palais peu ou pas relevé; à l'intérieur du moL, le relèvement n 'est pas maintenu devant un j ou un Il suiva nt , si bieu que 'asti donne O1tha, mais ' "si el • as" deviennent respectivement ahi el ahu ; en lin de mot , aucune influence n'entra-

,

CHAPITRE III

vuit le d~vc l oppement J e la nasale, de sorte <fue le passage à -1J(nh) a cu lieu dons tous les cas. La seuledirlicullé que présente celte explication , ("est que, li Iïntêl'ieur du mot ,la "GeeliiSR tion du texte ne porte pas t race de (Ejrmelure ùe l'a devant la nasale de -anha-; mais on sail <fue la vocalisation de l'Avesta. est bien posœl'ieure à la composition et 11. la fixation du texte par écrit ; d'ailleurs on conçoit que la nasale ait exercé une tout autre ac tion là oû elle est restée distincte de ln voyelle que lù où, en lin de mot, elle s'est fondue avec la voyelle en en faisant une voyelle naSAle et en la fermant : on a d'une part -atlha- et de l'auh'e ·-Qh, aboutissant à ·-9h, puil -d, Le traitement . -(l de -os final devant consonne sonore en sanskri t et le traitement -d de toul •-lJj tinal dans l'A vesta sont donc deux phénomènes radicalement indépendanL'I L'un de l'autre,

L'ITALO-CELTIQUE Les deux groupes de l'italique, à savoir le latin el l 'oscoon~b,'i~n ~"t passé par une période de (!ommunauté postérieure 11. 1 umté Italo-celtique, Ccci est prou\'é par une série de concordances de délail donl le caractère, de singularité esl froppanl : L'interrogatif-indéfini a fourni le relatif: le norninoti( du rela,~if est v: lal. quoi (lal. qui) = osq, p oi, ombr. poi, en regard de lmdéfim lat. quis = osq. pis, ombr, pi 5- i ; de même lot. quid, osq. pid d' une part ; 10.1 . quod el 05q . pod de l'autre se correspondent à la fois pour la forme et pour le sens , Le pronom personnel osco-ombrien est mal connu ; mais on a les datifs, et le parallélisme y est complet : lat. II/ihî libi sibi

osq.

ombl'.

!Jube t (i) fei si f e i

t e fe

ttfe

La 1'" personllè du singulier du \,p.l'be " ètre " esl lut. oS<J. sùm , Les formations d'adverbes sont toute" pareilles:

pn>bi(dl rxtrii(d) s//prii(d)

ampmfid t' hLl'ad

pl'ufe

Juhra

SU /I/,


IJI ,\ LI-:Cn :S 1.' lJ4 I-ECnUI ' Ü :.'"

L ' ITALQ-CEL TIQG";

Le présent de la nlcine * dhl a U Ilt' mèllle fOI'me , dont voici pal' exemple la 3~ pel'sonne du subj onctif :

latin a été un véritable changi!ment dt: langue, et non une adaptation réalisée par voie de substitutions partielles , comme l'est par exemple le remplacement des patois français par le parler français littéraire commun qui s'opère actuellement dans toute la France du Nord. Avant l'unité italique, il ya eu une unité plus lointaine encore et plus malaisément saisissable, l'unité italo-celtlque. Cette unité Il 'est pas attestée par la conservation d'un nom propre commun comme l'est celle des lndo-Iraniens, ou Aryens, Mais certaines institutions particulières en sont peut-4tre encore la trace (v. l'article posthume de JuÜen Havet, Revw ctltiqu!, XXVIll , p. i 13 et suiv. avec la note d'introduction de M. d'Arbois de Jubainville). Et en to~t cas, il ne manque pas de coïnci~ences caractéristiques au point de vue linguistique, ta Le passage de p... kW à kW, .. kw, qui est conslant : lat, quinque, irl. dJic, gallo pimp, bret. pemp, gaul. "K"11'o"K"i(-!OI,lM:) quinte-(feuille) " eu regard. de gr, 'lt"i'lt"l , skI'. /J4ica, arm, hint, lit . ptnld , etc. lat. coqUIJ, gallo pobi, en regard de skr. pluati, v, s1. PtIt4, gr.

forint

faki iad

faç ia

Le lype desh . dMIJillI/j , gr. ":" tfh; iJ.~. lit. àt$/i n'l'st pas repn\scnté pour ce yerbe, non plus que pOUl' iaciv en face de i"lj l.l.t. L'existence des mêmes formations de dénominatifs , comme dans osq, i'i p san nalll , ombr. osaI!, et lat. operâ,.;, oudansosq. Il fa tt e d et lat. probiire, suffirait il' dénoncer une parenté intime du latin et de l'osco-ombrien, Il y a aussi dt!s fait s séma ntiques, com me le 1l<""Issage de la I"acine - dtik.- " montrer " au sens de " dire u : lat. di<trc. ost{ . d ei kum , dticUI/I, ombr, dei/II " dicito Il . Ces menues coincidenccs établi ssent la période d'unité it alique ; c'est aussi cette unit ... qui explique le para llélisme complet des grammoires !.atine ('t osco-omb .. ienne; dfl même qu'on a fait la grammoire inmienne ancienne il l'aid e de }o grammaire sanskrite, c'es t à l'a id e du latin <fu 'on a réussi il déchiffrer les textes oseo-ombriens , tous épigra phiques, etdonl aucune traduction ne donnait I:J clé. Les coïncidences des deux groupes sont multiples : les YO,ve lles longues sont fel'mees; les ancie nnes sonores aspiré('s son 1 rep n~ sl' lIl é e s pal' des spil'anles sourdl's, puis la spil'antll .,p est remplacée pal' f (toutefois ce fail11'est pas italique commun , cO llulle le montre la dentale de lat. IIIfdia en face de Il de osq . me fiù : il ~' a eu développemt! nt parallèle) ; s inlel"Yocalique devient sonore : la nasale fin ale est -/II et non - II comme en g rec, en celtique el en germanique ; les yoyelles brèyes en sy llabe finale tendent à tomber: la syntaxe est pareille. Né.mmoins , à la date où ils so nl attestés, les purh.ll·s oscoomill'iens, déji' très distincts ('ntre t~ U X , difTere nt du latin beaucoup plus q ue les anciennes langues il'a niennes. ne d irfèl'e nl du sanskrit : ja mais en transcrivan t purement et l-oimplement de l'osque ou de l'ombrien en latin , on n'obtiendrait du latin correct ou même intelligible ; il resulte de Ht, pour le dil'c en passant , (IUt' le l'emplacement de ces Inngu('s p1l1' le

l'' '

33

1(

"K"i"K"w'I, r;iaaw ,

lat. qutrcus, qUtrquiJum, en regard de v. h, a . forha, v, angl. fl4rh. Le nom propre 'Ep"'~'1Ia, qui est celtique, n'est pas nécessairement en eontradiction avec la loi ; le passage de *kwu à -ku peut être antérieur à l'assimilation de p initial à kw inlerieur; de là le maintien de p qui a disparu ensuite comme tout p celtique commun. Au surplus, l'étymologie d'un nom propre n 'est jamais sare , La loi est invérifiable en osco-ombrien : on n'a pas le moyen de déterminer si lep deosq . pum peria is (j quinturiis Il , l1o ....:t"·m:;, Puntiis Il Quintius Il et de l'ombr. pumpei-ias et pun tes Il pentade Il repose immédiatement sur p ou sur Jt4u ; la seconde hypothèse semble certaine a priori. La même observ.ation s'applique au mot popfna (= lat. ~I/ina), que le latin a emprunté à l'osque. 2- Le traitement ar, al de .i.-e, "'r, .al, alors que i.-e et donnent ital. or, ol et celt. ri, li, c'est-à-dire autre chose;

*, *'

••


DlA..LtCTt:8 INOO-EUROptENS

L'ITALO-<:ELTIQt:E

toules les laug-ues voisines ont un même timbre vocalique dans les deux cas (gr . '%i' et pa [ou 2p ], germ. ur, lil. ir ou tir, etc. ) : ir!. scoraim Il je ~pare ", gall. ysgar u séparation » , ombr. kartu u distribuito », karu " part, chair ", lal. card, cf. v. h. a.seoran, Iil. (at~ )siirai; c'est la racinedev. h. a. Keron, gr. u !pw, arm. ibtrem. lal. uarus = lit. tJiras. britton. goran grue ", gaul. (tri.)goramlS " (.mx lroi~ ) grue(,) JI; cL serhe tdrdJ et tdriio de ·tiravlÏ; gr. ';lP%'/:;, lit. gbtlt, V. sI. teravi, etc. ga11. ma/a! CI je mouds ", ombr. (ku-)maltu" collllllolilo >', cLarm. lIIakm, et, avec vocalisme e, irl. me/im, V. sI. meljr;; avec vocalisme 0, got. mala, lit. ",aM , ct , avec vocalismet ou 0, lat. rooU1. lal. salix, irl. sail (gén. sai/ah) n'est un cxemple probant qu'autant qu'on rapproC'he gr. iH~'I); si, avec M. Solmsen, l'on séparc le mot grec, rien ne prouve que ra de sali"" sail et dc v, h, a. sa/obit ne soit pas un ancien Oc même"'n donne ail en celtique et en italique dans divers exemples (déjà indiqués pour la plupart dans Meillet, IX. radice ·men-, p. 7, et depuis, par ~I. Hirt, 1. F., XXI, 167 et suiv. ), not.'\mment dans : lat. 'MI/Id, en regard de gr. ;U'IIW, ",,!;.\bT,x.2; irl. anaim. bret. (eb-)ilnDff sont assez énigmatiques. lat. manus,ombr. manuv-e " dans la main JI , osq, mallim; v. is!' mill/d, irl. tana, bret. tallal/, cf. gr. :1:'11:"'- , :1:~Q::"; le lat. ImllÎS a un e radical, comme lit . tem'os. lat callô, ombr. kan e lu, id. canim, gall. caltaf; on n'a pas le degré t de cette racine; mais on en a le degr~ Il dans gr. lC.;'I2t~; (el gal. /Jana ('( coq ", lit. ktlnklts, sode d'instrument a cordes , v, Leskien, Bi1dlmg d~r Nomina, p. '-98), cl le degl'~ ô dans 1011, ci-cônia, p~nestin Mua, v. h. a. !Jl/Ol/. Touterois cc traitement an de. o Ou prouve peu, parce que, d'une part, an est le traitemcnt de of! en celtique dans la plu-

part des cas {seul l'irlandais ft itl en certaines positions), et que, d 'autre part, le. traitement n'est pas constant en latin : 'Olli aboutit it lat. illi : sil/t, cf. id . saiu " sépal'ément n, et skr. sa"l/lar, gol. smldro. ÔI/is, cf. gr. ~~~~.;. 3- Génitif en -Î des thèm e~ en ,,' : lat. lIir' = v. irl. fir; irl. ogam. maqi; gaul. Stgolllari , génitif de Stgomaros. Les dialectes brittoniques n'ont pas conservé le génitif. L'osco-omLrien a remplace la forme en -j par une fo.·me en -eis emprun. tée aux thèmes en -j-; mais c'est sans doute It -i que ce -nJ a été substitué, - Le génitif en -i est extrêmC'ollent caractéristique de l'italo-celtique , parce qu'il ne se relroU\'e d)une manière sûre nulle part ailleurs (l'h.\·pothèse sur le thessalien proposée par J. Schmidt, K. Z" XXXVIII , 29 cl sui". a cependant été repoussée récemment par M. Kretschmer lGlotta, l, 58 ct suiv. ] qui maintient son rapprochement avec cert.,ines formes mess.."1picnnes) et parce que, ne présentant pas la voyelle thématique t/o qui se trouve dans tout le reste de la flexion, il est entièrement isolé dans la déclinaison de ces thèmes . ,,"0 Passif en -r ; sur Ic déhtÎl dcs forme s. \'. G. DoUill, La diJ"'untu vtrbalu t1l -r- ; le prétérit est obtenu au moycn d 'une même fOl'me nominale , radjectir en -111--: lat. cantlltus ut, v. ir!. (ro)ctl Il il a été chantê Il, osq, teremnalust " termillota estu. Les verbes il. dêsinences ordinairement moyennes ont N..."(,,'U l'r du passir, ce qui a constitué le dé.ponen t; celle rorme, qui est une combinaison des désinences moyennes et de la caractéristique or, est une innovation slI'iclemcnl propre il l'it .. '',celtiquc. - Fait très remarquable: les l '" personnes telles que lal. loquor et \', ir!. lahmr se ressemhlcnt de pres. _ Le type lal. loqllilllr et le type v, irl. fabrithir, -Iaf"at/)ar ont aussi même structure; nulle part, ni cn ital ique, ni en irlandais, il n'y a au pré~ent trace des dési nences primaires en O-tai, du lype skr. sacale, gr, t-;:!-:-l\ (et gal. baimda ) ; le latin 0, il est "rai, la 1 ro personne du singulier Cil o_a.i aU perfectum indicatir :. tl/tl/di = skr, tl//llde, mais c'est une désinence de parfait ; on a

(1

·a.

cr,

33


36

DIAU:CTES I~DO-EL'ROPlh.;"5

L '[TALO-<:I'.:I.TlQUt:

constaté que le parfait a généralisé en quelqup.s cas des désinenceFi moyennes, qui peuvent n'être pas conservées par ailleurs; le slave, qui n'a rien gardé de toutes les désinences personnelles moyennes au présent, a -~ dans l'uni(lue forme personnelle de parfait qu'il présente: tJidè le je sais li ; et, comme les autres langues ont, pour ce parfait, la foryne active (skr. vida, gr. F=i~a. got. wail), le v. s1. vèdè indique une généralisation de la forme moyenne dans tout le padait slave à

de même v. ir!. -giS, en face deguidim u je prie ,). - C'est un subjonctif en -s- qui Cournit le Cutur osque, type Fust. On peut être tenté de rapprocher le futur du type fax6 du futm' grec, par exemple dix\J de ~!C;W; mais il ya là sans doute une coïncidence fortuite , car tout l'ensemble du futur latin se compose d'anciens subjonctifs , ct d 'autre part les fails latins sont visiblement inséparabl es des faits irlandais. D'ailleurs le futur indo-européen n 'apparaît que dans les langues où il y a un participe futur, à savoir l'indo-iranien ,le baltique (et un peu le slave), le grec; à en juger par le védique, le participe était la principale form e du Cutur indo-européen. Le fulur latin de~ verbes dérivés tels que amâOO, lIIontbo, alldîw , fal. carifrJ, pipafo a son correspondant exact dans le futur irlandais en -h, -f-; le rapprochement a été contesté , mais pour des raisons qui ne semblent pas entièrement valables, ainsi que l'a reconnu M. Vendryes qui se réserve d'examiner la question en détail. 6° Formation du superlatif; lat. maxill/lfs ; osq. nes simas ~~ proximae n, ombr. ntJ illlei, v. irl. ntJsam, gall, ntJaj; et type lat. facillil~f/s, gau!. O~;\a;zf.ll'J, v . id. dl/cm. Les autres langues ont une autre formation: skr. roItdilth(/~, gr. f.~t:l'';Cç , V. h. a.

une époque préhistorique; le vieil irlandais ne connaît de même que les désinences du déponent aux t no et 3' J>.ersonnes du pluriel de certains ,de ses prétérits. - La t roi personne du pluriel, Jat. loquil1mr, v. irl. labrimmir, -labrallllllar, n'a rien à Caire avec la désinence moyenne skr. -mahi, gflth. -maidi, gr. -iJ.dh, et esl faile sur la 1'" personne active; et la ~ personne du pluriel, qui est en latin empruntée à une forme nominale (loql/imilli ), ne se distingue pas de la rorme active en irlandais : v. ir!. labritlx, -labraid. La coïncidence de l'italique et de l'irlandais pour le déponent va dono jusque dans le dernier délail. Il y a ici une ihnovation commune décisive (cr. Pedersen , K. Z.,

XL, 170). 5° L'irlandais el le latin ont en commun deux rormes de subjonctir qui leur sont propres; la concordance de rune de ces rormes serait déjà carncléristique ; la concordance des deux a une valeur comparable à celle de l'innovation du dt\ponenl: a, Forml!-tion en -d- : lat. ft.ral1l, v, ir!. btra (et Cormes correspondantes en _o sco-ombrien), Sur l 'irlandais, v. J. Vendryes, Gramm. du v. irJ. , § 331, p. 173. ~. Subjonctir en -s- : v. ir!. Ham, uis (v. J. Vendrye", Grallllll. du v. irl. , § 332, p. 173; et § 336, p. 176 et suiv. ) ; lat. dixim, faxjm (et dfxà, fa.\·~). Le type fa.\'i//l n'a évidemment rien à faire ni pour la forme ni pour le sens, avec le système du perfectum, où l'on tente souvent à lort de le fuire fib"Urer; el drxltJl est tout autre chose que di.\'t.rim. Ces subjonctifs en -s- ne prlosentent pas les carac~éristiques des pl·t!scnts correspondants et constituent des th èmes autonomes, ainsi lat. faxi1ll, fa.\'6, en race de (arù); allsillt, en fac e de audw, et

37

Slltn"iS10.

7° Le suffixe· -tei- est élargi par un suffixe nasal; lat.

niilj~,

ombr. na1itu (~'l.blati f), v. ir!. 10i/ll1;1I (gén . foi/lllm) ~( pensée >!. L'arménien a de même une forme -lithium (géD. -lithean ), il est vrai; mais il y a ici un suffixe complexe, proprement arménien , tandis que les faits italiques et celtiques sont exactement pareils t'es uns- aux autres. 8° Le vocabulaire est en partie identique; il Y a coïncidence pour quelques mots très importants, notamment pour des prépositions ct préverbes : lat. dt = ir!. dl, britt. di CllIIJ = COIII (et co- = co) ou encore:

imus, cC. irl.

is ~'

en bas" et isel, gallo ist.l;


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DIALECTES INDO-EUROptEN!I

L ·lTALO-CE:L TlQVE

et certains substantifs: lat. ptctllS, ir!. ucht (gén. ochta). lUTa, irl. tir (thème en -u-; v. Vendryes. M. S. L. , Xltr,

38'). lat. mm, ombr. berus (ahl. plur. ), v. irl. hir, britt. be,. (les mots des autres langues qu'on a rapprochés [v. en dernier lieu Lidén, 1. F., XIX, 325] n'onl enctement ni le même sens· ni la même (orme). L'adjectif lat. crispus. gal!. crych (même sens), gaut. Crixos (nom propre) est propre à l'italo-celtique. .Les anciens noms du " fils et de la u fille » ont disparu et ont été remplacés par de nouveaux mob : lat.fîlitlS etft/io, irl. ,uate igén . ogam. maqqi et moqi). britl . mop fils Il et ir!. ingtn (ogam. inigtna) " fille ),. Lat. fi/ius el fi/ia sont lirés de l'idée de « nourrir >', et le mot cell. ·",a!tw/t"'a- a l'Air d'un )1

(C

mot du langage enfantin, ainsi 'lue lïndique sa consonne géminée, Le démonstratir de l'objet éloigné est caractérisé par 1- en italique pt en p.'l.rtie en celtique seulement (v. Brugmann, /Jemqnstrnliv-pronomina , p. 83, dans les Abhandl"'f[W de l 'ACfldémie Sflxonne, vol. XXII ). Touterois, il ne raudrait pas exagérer l'importance de ces concordances de vocabulaire. Par exemple, la liste de" verbell rorl.. de l'irlandaill (v. Vendryes, Gr. dl! 11. irl., ~ tOO, p. 210 et sui" .) ne colncide que pour une très petite p.'l.rlie avec ln liste des verbes Corts latins. La ressemblance générale de la grammaire italique et de la grammaire celtique est encore assez sensible. bien qu'elle l!Oit dissimulée par les altérations très Cortes el très nombreuses que chacun des deux groupes a subies de son coté. Ln grammaire irlandaise il laquelle on en est réduit à comparer ln grammaire latine est du reste cell,e d·une langue attestée un grand nombre dé siècles après le latin et parvenue il un df'grp plus avancé de développement, ce qui rend la co mparaison malai~e et peu précise. Pas plus que l'unité indo-iranienne n'exclut le pfl..'Isnge de

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lignes d'isoglosses entre le S<'l.nskrit et l'iranien , l'unité Haloceltique n'exclut le passage de lignes dïsoglosses entre l'italique et le celtiqUf~: ainsi plusieurs p.'l.rticularités communes au grec et il lït..'l.lique ne se retrouvent pas en celtique, comme on le verra par la suite . Il ya une ressemblance p.'l.rticulière entre l'osco-ombrien et le celtique, dans le traitemt'nt des labio-vi!laires : "1:',. donne également b en osco-ombrien et en celtique. Mais, ~i le fait se présente identique dans les deux groupes, c'est presque évidemment par suite d ·un développement indépendant; car le kw e~t d'ahord d(>meuré q (aUest i! dans les inscriptions ogamiques), puis est devenu l' en gat:lique, D·ailleurs It" traitement labial des lnbio-\"élaires est un phénomène tout naturel, qui se l"e·trouve d 'une manière indépendante t'Il grec, et que d'autres langues présentent il diverses dates : on Je eonst.'l.te par exemple en roumain, parmi les langues néolatines,


I.E BAI,TQ-lII.AVI::

CHAPITRE IV

LE RALTO-SLAVE L'unité balto-slave est rune de celles que personne ne conteste, et en etTet la ressemblance générale du baltique et du slave est évidente. Pourtant, .Il regarder de près, les innovations et les particularités singulières communl"S aux deux groupes sont moins probantes qu'elles ne paraissent tout d 'a-

boro. Pour apprécier exactement les faits, il convient de noter tout d 'abord deux faits généraux: i· Le baltique et le slave sont les représentants de parlers indo-européens sensiblement identiques: aucune ligne d'isoglosses notable ne passe entre le baltique et le slave, c'està-dire que le baltique et le slave ne se trouvent jamais de part et d'autre des lignes qui marquent la limite des particularités par lesquelles se distinguent les dialectes de lïndoeuropéen commun ; une identité aussi totale ne se retrouve, on l'a vu, à l'origine indo-européenne ni de l'indo-iranien, ni de l'ita lo--eel tique. 2° Le baltique et le slave présentent ce trait commun de n'avoir subi, au cours de leur développement, aucune fracture brusque du système, L'indo-iranien a confondu les timbres de e et de 0, et brouillé ainsi loute une partie des alternances vocaliques employées en morphologie, Le grec a éliminé s et y intervocaliques, et a simplifié d'une manière radicale la déclinaison , notamment, en en éliminant les casà sensrk l, el ne gardant que les cas gramm4ticaux (nominatif, vocatif, accusatif,

tl

génitif, datif). L'accent initial a bouleversé la phonétique latine . Riendesemblable en slave ni en baltique; aucun rait n'aulorise il supposer qu'i l y ait eu li aucun moment une dislocation gr'.lVe d'aucune partie du système linguistique. La structure phonétique a gardé son aspect d'ensemble; même les consonnes intervocaliques qui , presque partout ailleurs, ont été plus ou moins altérées sont restées 11. peu près intactes li la rois en baltique et en slave; el par suite le baltique et le slave' sont les seules langues dont certaines formes actuelles présentent des mols qui ressemblent Il ceux qu'on est amené .Il 1< restituer Il quand on pose l'indo-europëen commun : lit. gjws « vivant " ou lsti Il il est ", russe pekû If je cuis >l, strntn4 Il les semences ", novâ « nouvelle Il ont encore en gros l'aspect des mots indo-européens qu'ils représentent. Partis d'un point de départ identique et n'ayant subi par la suite aucune déviation systématique, s'étant d 'ailleurs développés dans des régions voisines et -dam; des conditions· pareilles de civilisation, le baltique et le slave ne peuvent manquer d'avoir une très grande ressemblance d'aspect généraI: Cette ressemblance est encore soulignée par le rait que la plupart des emprunts de mots Caits par le baltique l'ont été au slave; la similitude des vocabulaires , et même des procédés de dérintion, grande dès le début, s'est trouvée r.insi accrue dans une large mesure. Ceci posé, on peut passer en revue les principaux arguments invoqués en raveur de l'existence d'une unité balloslave, en recherchant s'ils suffisent à établir une période de communauté balto-slave postérieure à l'unité indo:-européenne. Dans sa KUf{t fltrgleichende Grammatik, § H (p. i8 de la traduction française ), M. Brugmann invoque les faits suivants : i o Les liquides et nasales voyelles· r, ·1, • u, • Il' ont donné en baltique ir, il, in, im (ou aussi ur, ul, un, /lm ) ; le slave commun a en N'-garo ·'r, ·11, ~ (ou ·ur, ·' 1, ri), La coïncidence est réelle; mais il n'en résulte sans doute pas que le baltique et le slave aient eu un développement commun après l'époque ind~uropéenne. Car il semble que le timbre de la voyelle


DIALECTES lNDO-EURortENs

LE IIALTO·SLA VE

accessoire qui se joint à la sonnnte voyclle niL été fixé dès lïndo-européen, et qu'il y ait là un faiL dialect.."\1 de date indoeuropéenne. Sans doute la plupart des langues di\'erg~ nt ù cet égard; toutefois le grec et l'arménien s'accordent il présenter le timbre a de la voyelle accessoire; et, en ce qui concerne les nasales, ce même timbre se retrouve en indo-iranien : '0 est représenté par indo-irnn . a, gr. !x, arm , ait , et • 'Il par indo-iran. a, gr. ::1:, arm, am, Des voyelles fermée!! , i et Il, apparaissent au contraire ' en celtique (pour 'r et 'l donnant rrel li), en germanique (ur, ul, un , um ), en b."\ltillue et en sillve. On aperçoit denc ici les grandes lignes d'un groupement dililectai indo-européen , difficile à préciser dans le d étail. - Et surtout, en ce qui concerne le traitement balt. ,ir, ,jl, sI. ',ir, 'ul, le point de départ du timbre u est sûrement indoeuropéen, comme on l'a déjil remarqué; car le timbre" se retrouve même dans des langues qui ont ordinairement développA d'autres timbres pour la voyelle accessoire: v. sI. knima (r. kortl/a ) l' poupe Il, cf. gr. T.?~II-Y'I); · Iii. surbili, cf. le~b, ~IJTtw, v. sI. gnjlo (r, gor/o, s. gNo), lit. gurkljs (ace. gurklO, lat. gurges; de même '0/ est représenté par u/ dans les mots de même famille : lat. gula, arm. e-kul « il a avalé 1> (l'u de arm. Urul a peu de chances de reposer sur un ancien ' D). Les e.xemples de ce genre sont peu nombreux , et l'on n'en sa'uait déterminer la valeur exacte; mais ils suCllsent du moins à. établir que la fixation du timbre de la voyelle accessoire a commencé dès J'indo-européen. Celte voyelle étnit assurément très brève; CM, encore en sanskrit, i.-e. ' [ et '1 sont représentés par T, qui est une brève , el '0 , "Il sont représentés en indo.iranien par la brève d, en grec par ln brève ;Z; i.-e. 'r devait être quelque chose d'::m alogue il ce que décrivent certains grammairiens hindous comme étant la 1/ 4 de voyelle; prononciation de skr. T: 1/! de voyelle + r il y a là des éléments vocaliques extrêmement brefs dont le timbre avait déjà, dans les parlers indo-européens, un timbre médiocrement nel snns doute, en raison . du peu de durée du

son, mais quelque peu défini cependant; ce timbre, on ra vu , tendait à. différer suivant les régions: Le parallélisme de balt. ir et 51. 'Ir, balt. Jlr et sI. ' ftr, etc. remonte donc à l'époque indo-européenne commune . 2' Le baltique et. le slave s'accordent il ne pas admettre les consonnes géminées. Mais c'cst le résultat d 'une tendance indo-européenne commune i en baltique et en slave, celte teudance a continué d 'agir el a complètement ~bouti; il en a été sans doute de même en arménien, où, avant la chute de i f' t Il et l'emprunt de certains mots étrangers, il ne semble y avoir eu aucune consonne géminée; les autres langues n'ont pa, conservé la tendance indo-européenne. En ee qui concerne lïndo·européen ,on sait que les consonnes géminées y tiennent peu de place: la plupart de celles qu'on rencontre appartiennent aux hypocoristiques et aux mols_du langage enrantin, soit par exemple le type de gr. '(:jYYIIi (v. W. Schulze. Lnl. Eig~ltnam~n, p. 520, et une obscr"tltion de M. Brugmann,.1. F., XXIl, 191, parue durant l'impressit;>n de ce't ounoge), ou de v. h. a. {lx:cbIJn (v. Traulmann, Gcrlllanischt. La"tg~I{~, p. 62 et suiv. ), ou le type de gr. à-:-:IX 1< pnpn ", lat. alta, skr. atM, got. alla, v. h. a. altr) v. id . aitt (avec t et non th, donc ancien Il ). En dehors de ces ens tout particuliers, lïndo-européen ten(lait à éliminer les consonnes géminées: on verra ci-dessous, dons un chapitre spécial, comment le groupe '-11-, souvenl tlmené par la morpbologic, a eu {tes traitements dinleetaux divers en indo-européen ; et "·ss· a été éliminé dès lïndo-européen dans l'exemple connu : skr. asi, zd ahi, gr. c~, en regltrd de homo (aal, v. lat. us (reconnaissable grice il. la métrique ), arm. es; l'indo-iranien a ausl>i un locatir pluriel des thèmes en -es- : skr. -IlSll, zd -ahu, au lieu de la forme attendue -as-sil . L'élimination des consonnes gémin~s a donc son origine en indo-européen même , :)0 L'ndjectif déterminé lit. Kt:ras-is est tout à rait comparable ù v. 51. dohni-j; (dobryji ), Toutefois les deux types ne sont pasexaclement pAreils dans le détAil , et lïmportance n'en est pos la Olé me da nI> les deux langues. Et surtout, l'emploi du thème ')'0-

cr.

+


DIAUx:rES I;\:DO-f:rROPf!;:XS

LE IlAI.TO-~LAVt.:

sur lequel reposent ces adjectifs, qui sont de véritables juxtaposés, se relrouve dans l'Avesta, à la place des mots près: Y. XXXV • .t. tiliJJ)"a06anbiJ )"iiiJ fJabiJtifiJ « par ces aelions excellentes .. représente un type zend normal; le fait essentiel est l'accord en cas de ·10- avec le substantif et l"adjectif; cel accord a lieu en iranientoul comme en baltique et en slave. 4· Les participes actifs masculins ont passé li b lIexion en ._~. ainsi : gén. sing. lit. tita"q:io =v. 51. ~(JJta. Le p.,ss..'ge résulte de lïnnuence des Céminins en ·-)"17-, qui sont indo-européens; il était très naturel, et ron en retrouve l'équivalent exact en germanique occidental: v. angl. Nrlndt, v. s..u. btrandi. v. h. a. btrantj. Ce changement n'est d'ailleurs qu'une conséquence d'une innovation générale: les adjectifs lendent ~ prendre les fonnes du type vocalique plus tôt que les substantifs : le lituanien n'a comme adjectifs que des thèmes en -a- et des thèmes en -u- ; le slave, plus avancé encore, n'a que des thèmes en -0-, avec le féminin correspondant. On pourrait alléguer la conservation des anciens nominatifs singuliers masculins: lit, w:tas, v, sI. t't\.Y; mais le gotique où, sous l'influence du comparatif, leparlicipe a passé aux thèmes en -n- a aussi conservé le nominatif singulier du type bairands (à c6té de bairanda ), 5° L'intercalation de -i- dans les formes telles que lit. akmtn-j-mls, et v. 51. kamm-I-""i n'a rien de caractéristique; car on retrouve des intercalations p.ueilles d.,ns lat. ptd-j-bus (dont l'-i- est, il est vrai, ambigu , et peut représenter une voyelle brève quelconque), arm. ot-i-wkh, elc. Et, en baltique comme en slave, l'identité des accusatifs singuliers et pluriels dans les thèmes en -i-elles thèmes consonantiques s'est réalisée phonétiquement, facilitant ainsi le rapprochement des deux séries, qui aurait pu du reste a voir lieu même sans cette circonstance. S· Les thèmes de démonstratifs .f(}- et ·td- ont remplacé par les rormes analogiquesJit. las et ta, 1'. sI. tù et t4!es anciennes Connes du type: skr. sa et sl1, gr. 6 et "J, got. sa et 10. Mais c'est une innovation très simple, et qui résulte de la tendance

commune li normaliser que presentent le baltique et le slave. Le vieux saxon a de même thl, tbia , Je vieux haut allemand dtr, diu. 7' Les datifs lit. monti, II/tin, v. pruss. IIItnnti ne répondent à v. sI. mini ni pour le vocalisme de la première syllabe ni pour celui de la fina.e; les formes slaves et baltiques fournissent ici un bel exemple des innQvalions parallèles, mais indépendantes, qui caractérisent les deux groupes, g. Le génitif-ablatif singulier vi1ka recouvre exactement le v.s1. v/lka, et Lous deux répondent à l"ablatif skr. fJr~II, Cette confusion du génitir el de l"ablatif résulte de ce que, dans tous les types autres que le type thématique, le génitif et "ablatif singuliers ont une seule et même forme; le grec s'est servi du génitif des thèmes en ~ pour l'ablatiC; le baltique et le slave ont fait Iïnverse; il n'est pas évident qu'il y ait là un déveIOI)pement remontant à une période de communauté, car le vieux prussien, avec son génitif dâtMS, n'y participe pas; les démonstratifs divergent beaucoup : le lituanien a l'ancien ablatif tii pour génitif, mais le vieux prussien a sttJu (ancien génitir, cf. skr. tâs)'a, hom, -r:!o) et le .slave la fonne nouvelle logo. Tandis que la forme itaJo-celtique li -i, loul li fait isolée et singulière, est très probante, la généralisation de l'ablatif, facile il expliquer par un développement indépendant, ne prouve rien. Les fails invoqués établissent donc seulement que le baltique el le slave ont eu des développements parallèles; ce parnllélisme a eu pour conséquence naturelle la creation de quelques fonnes identiques, mais ces innovations semblables n'attestent pas une période de développemenl commun. Un bel exemple des innovations parallèles et jndépendantes qui caractérisent ces langues est fourni par le déplacement d'accent d'une tranche douce sur une tranche rude suivante, qu'a découvert M. F. de Saussure en lituanien, et qui se retrouve en vieux prussien et dans les dialectes slaves. Ce déplacement a eu lieu de manière indépendante en lituanien, en vieux prussien el en slave. A l'égard du lituanien et du


LE OA.LTO-SLA.VE

"ieux ' prussien, l'independance résulte du fait signlllé p..1.r M. Bezzenberger (K. Z., XLI, 74etsuiv. ), queledéplacement prussien· se produit d'une longue douce sur une rude suivante , mais non d'une brève sur une rude suivante: v. pro anlrâ, illlll1 , piencktll , mois maddla, tikra (en face de lit. tikra ), wissa (en face de lit. visa ). Quant au slave, la valeur du fait invoqué dans M. S. L., XI , 350 et suiv., a été contestée par M. Pcdersen , K. Z., XXXVIII , :J35 , mais l'objection ne semble pas con vain("nnte (cC Arch. f. slov. Phil. , XXV , 4.2G). M. Vondrak (Vcrgl. slov. Gramm.! l, p. 206, n. i ) admctque le type sedJe kùpam résulte d'un retour secondaire de l'accent sur llnitinle , et c'est sur ce recul d'accent, admis par M. Saxmatov (l'{J.'lsJija de la section de langue et littérature russes de l'Académie , VI , l, 229 ct suiv. ), que reposent aussi les objections de M. Kul'bakin h;:uistija, XI, IV, 269 et suiv). D'après M. Kul'b..1.kin, on devr-... it avoir*ùd je{jkd, 'Zapi/dl, parce que l'accent ne se maintient pas SUl' une svllabe intérieuredïntonation douce; il est impossible d'examin~r ici en délaill'emploi de l'accenldans les groupes de préposition plus nom et de préverbe plus verbe; mais il n'est pas démontré, tant s'en faut, que cet emploi reconnaisse des causes phonétiques (d. J. F. , XXI, 34t etsuiv. ); au surplus, le serbe pObvdlU, où·il n'y a eu aucune contraction, se compOrte exactement comme Z/lpytiH, où il y en a eu une, et rien ne per* met de contester l'antiquité de l'accentuation de s. JJt'tÎ/iJ. Quant au 1, de jt{Jkd, qui n'est pas correct phonétiquement , il s'explique évidemment par l'inl1uence de tous les autres cas où il y a e bref: gén. sing. jèt.ika, etc. - On ne voit donc pas qu'aucune objection décisive ait été produite qui détruise la preuve alléguée en faveur du caractère dialectal du déplacement de l'accent. Même en dehors des emprunts, le vocabulaire sla.vc et le vocabulaire baltique présentent beaucoup de concordances: mots qui ne se retrouvent nuUe part ailleurs, ou mots qui ont en baltique et en slave une forme différente de celle qu'ils alrectent dans les autres langues. Comme mots qui ne se retrouvent pas ailleurs, on peut

citer: v. sI. bi/ha = lit. bll/sn - lipa (r. lipa, S. lipa, tch . lipa ) = lit.lipa -d{Vt{da (pol. gwia{da ), cC lit. tvaig,dl, v. pruss. swdigslan - y/ava (anciennement oxyton au nominatif; cette oxytonaisona entraîné un changement de lïntonation radicale), cf. liL galva (gttlV{t ), v. pruss. galhl-r(!.ka = ranka, v. pruss. raI/co (cf. lit. rC/lkiù )- rogll = rifgas, V. pruss. rags - altïkati (/al'o/i), cf. lit. il/kli, v. pruss. alkins - IIU/(I, cL lit. tl/clti et II/rlali, mt/aû, cf. leUe mllàl-Iad;ji (r.IMja, pol.lvd,Ja, s./dda ), cf. lit. tldiia (v. Leskien, !3i/dung, p. 3t7; Juskeviè accentue ildija, cc qui est surpl'enan!; les mots sont parents, mais non identiques: on nolera l'absence du mot indo*européen commun *miw* dans les deux groupes slave et haltique). _ La concordtmce d 'un nom tel que le nom du " fer », v. sI. ttll:::.o (r. ~t!l:::.o, s. ~eJj(:::.o, pol. ztlazo), lit. gtlt~is, v. pruss. gdso (v. Leskien, Eildlll/g, p. 23.\.) montre que la communaute de civilisation dnit être- pour beaucoup dans ces cuïncidences, car il s'agit ici d'un objet qui n'avait pas de nom indo-eul'OJ>';!cn. Les mots qui ont des parents dans les autres langues, mais dont la forme b;:tltique et slave ne se retrouve pilS ex,\clement identiqueailleUl's, sont llolllhreux . En voici quelques exemples: v. sI. aba, lit. aM, v. pruss. abbai (cn reg-drcl de gl'. Œ;J.fw, lat. a/llb.J- skr. I/thO/l, gàth. 11h11 - got. bai) - ovlnÏl, avint/s, awins - noglil1, ,mgMis, 1Jaguls - Zt'lldja, ~l/J/t, Stlll/llt - \.'Lof";, ~t'frls, swirius (ace. pl ur .) - vra!lI, variai, lmr!o - plI/lIa (slov. pljnea ), b/micziai, plal/fi - ratnjl, arlojis, artoys - slIIriid;/i. slI/irdÎli nagli, m~gas - l/Iilt1, mllas - v;si (de *viSli ), t'isas, wüsas , i/J/a , {ima -sladlikli, sa/dùs (cf. arm. J.:hat~r<! doux ,, ) - sivii szjvas, SÎWOlI - iis et ji" (pol. s, Z), iSZ - v).Jra, Mra (les deux mots avec li) - 't't'lIïxif, vC:lus:::.as - wterif, vâkaras - :;,itd{l, ~idïu. Cette liste, déjà significative, pourrait facilement être allongée. l\tais, souvent aussi, on a les mêmes mols , avec des variantes légères, et qui remontent à répoque indo-européell ne : le slave a di,,1 et.le liluaniendënà -le slave advlri et le lituanien dlirys - etc. Et , si le slave el le lituanien s'accordent pour OSIll" = iis1,./llas il huitième n, le parallélisme de v. 51.


DlAu:cn:s lNDQ-I,:UROpt..::sS

stdn"j ,< septième» avec lit . Jèkmas, v. pruss. sep/mas suppose néanmoins une différence initiale, qui, comme le prouve gr. ;~aC:p.:IlOl est de date indo-européenne. L'« épaule If se dit lit. pttys (racine de gr. 'I:'!':Œnü .... t) et v. sI. pleit~ (racine de gr. 'r.}.,J,::jIO. w. . ~~Mt'lÜ : le procédé est le même , et aussi le suffixe, mais les noms diffèrent. On conclura que le baltique et le slave ont eu des points de départ exactement identiques, qu'ils se sont développés dans les mêmes conditions ét sous les mêmes influences; peut-être même y a-t-il eu une période de communauté plus ou moins longue", maisoùle slave et le baltique, qui sont les langues indaeuropéennes les plus conservatrices, n'ont pas introduit d'innovations notables. Il suffit d'examiner le verbe pour apercevoir que, de bonne heure, les deux développements ont été indépendants: en gros tout est pareil, c'est le même verbe à deux thèmes, la même structure d'ensemble ; mais dans' le détail tout est distinct; les prétérits dilTèrenl du tout au tout; la nasale des verbes à nasale est suffixée en slave, infixée en baltique: l'i du type minità est loug en slave, 1ï du type mini bref en lituanien , et ainsi de tout . Le baltique et le slave fournissent un bel exemple de deux développements parallèles, mais depuis longtemps autonomes.

CIlAPITHE V

LES GUTTUHALES , La tht!orie dl's t{utturall's l'si h'Op connue pour qu'il y ail hell dc la Nsumer ici. AhstrOlclion faitc de t oute question litigieuse, il est maintenant étahli que, il une labio-vél .. il'C tC'lle que lat. qrl, lïndo-iranÎC'll par e:otC'mplc répond. par une gutturale pure telle que k (/'t'sp. f deYaut prépalat.:tle) C'l que . il UDl' prépalatal e fll (luîllcc et allt:l'él' par suite de la mouillure, tell(' que skr.j, zd -\:. \lrin. f . <,tc., le latin répond par une gutturale pu re g, Appol·tieullcnt a\l typ{' illtlo-irani{'lI, il. cc Jloint dl' Yue. outre lïndo.ira nien: Il' sla\'e, le baltiquI'. l'arménien (avec le phrygien et Il' thracl'), l'aIL:III::lÎs; oppartielllll'tlt au t:1Je laliu : le grec, Iïtaliqul', 1(' celtique, 1(' gennaniquC' (l't aussi sa ns doute 1ïll~'I'ien ) . On dislillgue ainsi , l'II ce qui cuncerne les gutturales , un groupe .ori ('n181 et UII groupe occidental. l.cs ùeux traitements considérés vo nt loujoul'S ensl'mbIC': l't la ligne d'isoglosscs qui Il's délinit a par suitC' Ulll' gillnde impurtanel', COlr elle .'ésulte de la concflrdance parfnite dc deux Iigm's di!;tinctes. Sans doute la p<'dectioll de la cOllcorÙallCt' liC'lIt Ü cc que les deux Caits. sont connex es et se conditionnent e n qucique mesure l'un l'autrt.', mais ('Ile n'en garde pas moins une signification . Aux deux concordanc{'s signalél>s , il C il faut même ajoull'I' une aut.·e; cri plus d Cli corres pondances déjù notées (Ial. c répopdant il skr. ç, et skr. k [cJ répondant à lat. qu), on en observc une troisième:

!tkr. k (c) lIill./r cln indo-fluropù ,,,

=

lat. c.


5U

1J1.\I.~cn;s 1:';IK.H ,;rUUI'ÊK\S

Dl' quelque IlHHlii!re qu'oll intl'qll'clc 1(' fail, lJU'OIl pose une ll'OÎsÎèmc série d(' gutturales, Cl' qui {'st rh~l)oth i!se SÎlllplish' de la plupart des linguistes, ou (lU 'on chl'rche il expliquer la correspondance pal' d(>s faits particulil'rs , comml' l'onl tenlt! :\1. Bartholomae, puis l'aut(>ur du present ouvrage, ct l'nlin M. Hirt, il ya ('Il tout cas ici une troisième ligne qui coïncide exactemenl avec les deux premières. Le lr;ütement des gutturales est un dans chacun des group!'s considérés, ct il n'y a pas de ehevauchemenL<;. Pour déterminer la signilicalion de ces lignes , il est nécessuire de savoir de quel côté estlïnnovation. On conçoit aisément comment k'~ peut perdre SOli appendice labio-vclair,e et passer à k ;.Ie fait se produit dans chacun des dialectes occidentaux en certaines comlitions spéciales, et même l'un des dialectes celtiques, III gaélique, ne connaît que c (c .-a-d , k) comme représentant de l'ancie.l ·k'" occidental, et le celtique tout entiel' semble représenter Î.-e, occide'ltal· ("'h par g. De même on conçoit bien qu'une prépalat..'lle prononcée nettement en avant subisse spontanément les altérations du type skI', j, arm, c, et zd " sI. " lit. t, etc,; J'arabe par exemple l'eprésentll par j le g sémitique; le dialecte arménien du nara1xlgh présente une évolution analogue il son début ("'. Journal asialiqur, 1902, 1, p, 562 etsuiv. ) ; l'altération des prépalatales est déjll parvenue il un degl'é très avancé dans les formes attestées du groupe o~iental, ainsi pour la sourde: skI', ç, zd s, v. sI. s, lit. s" arm. sete.; mais on entrevoit encore des formes beaucoup plus archaïques; le sanskrjt représente JUIl' k J'ancienne prépalatale devant s qui devient 1, ainsi la 2" persolln~ de vl{mi est 1.ik~j; en slave, quand le mot renferme à l'intérieur s, la prépalatale est dissÎmilée en gutturale: v. sI. g{ul en race de lit. ~.{lS)s. SkI'. jet al'IIL C pOUl' la sonore simple, arm. j pour la sonore aspirée attestent encore , sinon le st jlde premier g' d~ la prépalatale , du moins le second stade, celui de la seriü·occlusive, qui , par un hasllrd surpl'enant, n'est pas conservé pour la sourde. Entin le Ira,itcment perse fi (spirante dentale .sourde) et d remonte <lussi nécessairement à la pro-

JI

nonciation semi-occlusive <{ui a dù ètl'e h un cel·tain moment celle des anciennes prépalatales d;lDs tous les dialectes orientaux: il en est de même d'une partie des traitements albanais, - C'est donc du coté des dialectes orientaux quïl ~. 11 innovation commune; le groupement de l'indo-iranien , de J'arménien, du slave , du baltique et de l'albanais qui ont modifié en un même sens un état plus ancien est bien établi par iii ; le groupement du grec, de lïtalique , du celtique et du gel'manique est moins solidement prouvé, puisque, daus le cas des ,gutturales, le seul considéré dans ce chapitre, ces langues conservent en gros !'état préindo-européen. Les dialectes orientaux tendent Il conformer le point d'articulation de leurs gutturales pures à celui des voyelles suivantes: ko, maisGe. L'aboutissemenlnaturel de cette tendance est la prononciation semi-occlusive des 1)l'éJ>alatales ainsi produites. On l'observe en indo-iranien elen slave d'une manière constante; mais ce n'est pas un fait oriental commun, car~ si le lelte le présente, les deux autres dialectes baltiques : le lituanien et le vieux prussien, gardent l'occlusive prépalat..'\le; etsi l'arménien représente par Je, Ji le ·g'h de ·Ilhe, ·g'hi orientaux, il conserve régnlièrement kede ·g'e (ainsi dans t-ker " il a mangé >1) et khe de ·ie (ainsidanskhrrtm " je gratte, j 'écorche,, ); f peut toujours reposer sur ky, ainsi dans ai;kh ,( yeux JI, cf. h~m. :Q'O'I. A plus forle raison peut-on affirmer que l'opposition hellénique de -n issu de ·1fwe et r.~ issu de ·ku'o n'a rien à Caire avec les traitements indo-iraniens et slaves : l'en men du grec m~me suffit à le montrer, car certains parlers grecs ont le tra.itement 'It devant les voyelles de timbre e, ainsi t!o~. ,;:f,ÀIH en face de 't'l)" des autres dialectes , éol. dO'Cl'œpt'Ô, béot. r.lnœp!; cn face de dor, d-;~pl;1 alt. 'tln'2pl'i, ion. dO'O'lpl;. Du reste le tl'llitement dental des labio-vélaires n'a lieu en grec que devant les voyelles de timbre e, et Don devant l (témoin ~l~; " arc >1. :;;1.:;: , etc. ), ce qui établit entre le traitement gre<! et celui de lïndo-iranien ou du slave une distinction essentielle. Enfin le passage à la prononciation semi·occlusive a lieu également pOUl' les gutturales qui répondent il des gulturales pures cl à


52

UIAU:t.Tt::ol l ~lJO-E(;ROPi:E"'s

I. ES GI,;1'TI,JIIAl.F.S

des labio-vélnircs occid('nlales: or les correspondants grecs x, ~ , Z de gutturales pures orientales ne passentjamais à la dentale, soit gr . -,'lp2't:; cn face de v . sI. ZtTQvi. Si, avec l'auteur du présent ouvrage et avec M. lIirt , on admet que le type de correspondances orient. -l., -g, -lh = oceid. -k, -gt -th repose sur -kt -t" -g, h influences par des phonèmes précédents ou suivnnts, on voit que la tendance il conformer le point d"articulation des gutturales a celui des phonèmes voisins est ancienne dans le groupe oriental. Et il est ('Il effet très remarquable que des traces plus ou moins notables de la prononciation prépnlat..'lle des gutturales devant voyelle prép.~lat...'\le se rencontrent dans tous les groupes orientaux, comme on vicnt de le voir. Il y a une coïncidence curieuse de l'arménien avec le gr(!(: (et peut-éli'e d'autres dialeotes occidentaux). Après u, le grec n'admet pas les labio- vélaires , sauf intervention de l'analogie; M. F . de Saussure Il expliqué ainsi le contraste de .J~-,::~).~;, c::-d).:;, O:lAr{-,:::).:; et de ~~:J-'1.:i,c;; le grec 11 aussi ,1jZ:).I.Xt, en regard de Int. 1101100; omhr. vufetes " consecrali" " et de gnth. aorJd(J ~c il:. dit Il , ne mème , après u , l'arménien n'a que les représentants des anciennes prépal~tales, ainsi arm. Iisani", " j'apprends ot, en regard de v. sI. vykn~tj, uli/j. Si rrdppanle qu'elle soit, la concordance est p·eut.-être fortuite. D'une part, en efTct le h'Uitement grec est contesté (v . OsthofT, 1. F., IV, 281 ); et, s'il est autl:aentique, il semble s'être réalisé au cours de l'histoire propre du grec: car on a x:.iÙ:1i en face de skr .mkrtim, lit. kàklas, v. :mg!. bwtogol, bwt:ohhol, c 'est-à-dire qu'u.n loi, créé en grec mème, a e:<ercé cette action su run J,:w suiyant. D'nutre part, l 'arménien a nwcanrtll ~t j'oins Il en regard de skr. annkt; et de lat. lmguu, et aw;" serpent .. en regard de lit. nt/gls, lat. angllÎs, donc les représentrmts des ancif'lmes }lI'épalatnleli après une diphtongue cn u, où ru est issu _ dans des co nd itions obscures - d'une nasale indo-européenne. Si nt1ll nmoins on admet le rapprochement du fail armênien avec le rait grec supposé, il en résultel'ait une ligne seconda ire d'i soglosses qui croiserait la grande ligne du traitement de!' gutturales,

Le passage des labio-vélaire!! it la prononciation labiale a lieu dans une notable partie des dialectes occidentaux ; mais il s'est réalisé s ~paré ment dans chacun . En efTet , le grec a 't" devant les voyelles dc timbre e.; des dialectes italiques, l'osco·ombrien a le Jlllssage /1 la prononciation labiale . mais Je latin l'ignore entièrement; en celtique l'irlandais a c pour représenter l'ancien kw, et la sonore aspirée gt"h est représentée par g en celtique commun , comme ra vu M. OsthofT ; le germanique enfin n'a la lahiale que dans certaines conditions particulières , et conserve normalement les labio-vélaires. Le traitement labial ries labio· vélaires n 'a donc pas le caractère d 'un (ait dialectal occidental ; la rréquence de ce traitement indique seulement que la prononciation occÎ · denl.'lle des labio-vélaires était de nature a rendre aisé ce type de changement. Au sUl'plus , les lobio · vélaires paraissent avoi r été un élément phonétique lissez instable; les dialectes orientaux les ont éliminées dès' J'épotjue indo.europcenn<, : et, floit pal' passl1ge it la prononciation vélaire, soil par réduction il de simples gutturales (ainsi en latin vulgaire . d 'où fr. qI/j, it. chi. etc., en regard de lat. qui ), les dialectes occidentaux les ont, li. leur tour, éliminées au coursd'une pél'iode plus ou moins avancée de leur développement ; seuls quelques dialectes germa niques ont encore aujourd'hui qu, issu de i.·e . or.

53

1


U:f; ""\'EI.U :S

CHAPITRE VI

LES VOYELLES 0 ET A

(1

":1'

Il

était une yoyelle de timbre intermédiaire ('ull'e 0 el /1: ùans les emprunts popuhlires , r x gree el'ilt "eudu par 51. 0 ou a dans des conditions qu'il n'y a p:"!! lieu de rechercJ:aer ici, par exemple , v. 51. korablji de gr. xx,:i~ \: .. (ou plulul .,.2?i ~~ .. ). Un a ancien a pu aisément donner un pareil 0, et il n')' a pas lieu de meUre le slave à part dans le groupe de dialectes dont il fait partie à ee point de vue. Les yoyelles D el â sont distinctes dans les mêmeli dialectes qui distinguent D et a; on .,nolera seulemen t que, dans les dialectes celtiques, l'D accentué passe à n; comme J'accent n 'est pas à la même place dans les divers dialectes du 'S'roupe, occupe aussi des places différentes; oinsi 1'11 brittonique de v. gall. ptfgllar, bret. pcvar (cf. got. fid'UJOt' ) ne SAurait sc retrou· ver en irlandais, ou l'accent est sur l'initiale. - De plus 6 ct a sont demeurés distincts en albanaili, ou. D est représenlé par e, d à par O. Enfin le letlo-Iiluanien a, mai.II dllns un certain nombre de mots seulement, Il qui représente · Il, landis que ·11 Cl'l t toujourli représenté par lit. 0, leUe a. qui répondent aussi à une pattie des ·â indo-européens. En indn:-iranien, en slave, en vieux prussien et en germanique, la confusion de Il et de Il est complète, d·ou. : indo--iran. d, III. a. V. pl'Ulili. Il, germ. D. La confusion dell et Il ne s'étend donc pas tout Il fail aussi loin que celle de Del d, ce qui est naturel puilique les voyelles longues sout plu~ stables que les brèves de par leur quantité longue ; mais elle n'a lieu que là oùD et ase confondent. Ici encore apparaît l'indépendance des lignes d'isoglosses. Resle à savoir si la confusion de 0 et de (1 ed déjll ind~euro· pécnne dans leli langul's indiquées; ce n'est pnsévidf'nt; maili la con tinuité des deux domaines est telle que le déhul de la tendance à la confusion ne peut guère ne pas être indo-européen, et que la co nruliion même élait peul-être achevée déjà, au moins en ce qui concerne la hrève. Pour l'indo-iranien, on opposera la loi posee par M. 8rugmann, suivant laquelle * 0 (alternant uvee · e) lierait reprélienté par If en syllabe ouverte de l'indo-iranien. Mais cette loi ne semble pas pouvoir être mainlpnue , en dépit de tous les elisais

ra

Le celtique, l'italique, le grec, J'arménien (et le phrygien )

distinguent régulièrement à et il. et ne les conConden..t que dans certains cas particuliers, peu nombreux et rigoureusement définis , et variables d'une langue à l'autre; b ces deux voyelles distinctes, les autresdialecles répondent toujours par une seule voyelle, qui est de timbre a en germanique, albanais, baltique el indo-iranien, de timbre 0 en slave. Cette ligne dialectale croise donc celle des gutturales: J'arménien va ici avec le grec, l'italique et le celtique, tandis que le germanique concorde avee l'alhanais, le baltique, le slave et l'indo-iranien. Ceci n '8 rien de surprenant : chacune des lignes qui marquent les limites dialectales, dites ici IigOCli d'isoglosses, est indépendante des autres, comme le montrera la suite de ce travail. A'Vec son timbre 0, le slave semble se distinguer des autres h,"gues du m!me tfroupe; mois ce timbre n'est pas néce~S{lire ­ ment ancien. Immédillte ment a"8nt l'époque historique , le slave avnit une voyelle brève 0 qui servait il la fois d'o et d'a; cet 0 rendait pltrexemplf', dans lea empruntl'il, 0 et a d~s 1:'lRguel'il voisines (grec, germanique etlatin), ainsi dans sobolà '1 samedi II; inversement, des auteurs grecs du YlL~ siècle rendent asse7. souvent par gr. IX 1'0 8Ia'Ve , comme ra montré M. Kretschmcr (Arch.f. slat). Pbil., xxviI, 128et suiv .) ; M. Vasmer, K. Z., XLI, 157 el suiv., a olTaibli la portée des fails signalés, qui a'Veit èté exagérée par M. Kretschmer; mais il n'a pas réduit Cf'tte vall'ur li z~ro; el il suhsil'ilte 'que 1'0 slavCl du VII~ lIiècle


56

DlAU:t..Tt;.~

INJ~-t:U IIOptt.:NS

de correction , comme on s'est eflorcé de le montrer (M. S. 1., IX , U2 et suiv.; XI, 1{ et suiv.; XIII, 250 et sUÎv. ; XIV, 190 et suiv. ). Des f!xemples isolés comme skr. danlD~ = gr. Z;iJ.~i, kaM (cf . lit. ;Jra/IJ et skt.liû), divi/.-kartil; (cC. (nrati) surfisènl,

semble-l-il, /1. écarter l'hypothèse de M. Brugmann. A l'égard du germanique, qui est lout à l'extrémité du dClmaine de cORrusion des timbres 0 et a, et où par suite il ne

CHAPITRE VII

serait pas surprenant que ln confusion totale ellt été achevée

plus lard qu'ailleurs, on a invoqué ce rtains inaccentuée , un

·0

C88

où, en syllabe

se serail maintenu jusqu'à l'époque histo-

rique. Mais 1'0 inaccentué de noms propres transcrits par des étrangers , ('omme Longobardi, prouvetres peu ; il n'y 8 pa.. non plus de conclusion précise à tirer de formes telles que v. h. IL 'Ilgum. etc.; il semble y avoir dans tous ces cas une action des labiales sur les voyelles inaccentuées (v: Eulenburg, J. F., XVI, 33, et la bibliographie citée) ; si même ces 0 sont unciens, ils ne prouvent pas. quïl n'y ait pas eu conrusion de a et 0;

cor le traitement de a en cette position est inconnu, raule d'exemples , - D'autre part , on a supposé que .Jru se serait délahialisé en germanique devant un ancien· 0 , tandis que allsurément tJtwa. demeure avec la valeur labio-vélaire ; mais les exemples do cette délabialisation devant · 0 sont contestés et incertains (v, Oslhoff, El, Parerga. , l, 323) ; si ,'on admet cette hypothèse, qui est douteuse , il n'en résulte même pas que la tendance à la confusion de 0 e\ Il soit de date postérieure' à lïndo-européen el proprement germanique: puisque les labiovélaires sont de date indo-européenne, la délahialisation devant · 0 pourrait être, elle aussi, de date indo-européenne pour le dialecte qui a fourni le germanique. La confusion de 0 et Il fournit donc une . ligne d'isoglosst's nettement dessinée, et distincte de celle des gutturales.

LE GROUPE TT

Dans les cas où un élément morphologique se termine par une dentale et où le suivant commence par un t, on observe deux traitements différents suivant les langues : SJ en italiqut', celtique et germAnique, st dans les autres langues, y compriH l'albanais (v.Pedersen, K . Z., XXXIX , U9et 8uiv ), l'illyrien (v. Johansson, J. F. , XIV, 267 et .!Iuiv.), le thrace et le phrygien (v. ib. 269). Pour "arménien, on n'a pM d'exenlples sûrs (raul-il rapprocher xisl \1 dur Il de xiI u serré, pressé Il, el de skr. khidtiti« il déchire, il serre Il ?). Le sanskrit doit être rliscuté isolément. On citera par exemple: zd hosto en ("ce de lat. -StsSuS, ir!. sess Il siege" -lit. -Islas, gr. (ipt- ) cr.~'f : lal. iSIlS , v. h. a. ds, irl. tss. Ici l'italique, le celtique et le germanique ont une mc\me innovation assez imprévue, et par suite caractéristique. La. co~cordance des autres langues es.! moins instructive, ~ien qu encore notable : le grec concorde avec les langues onentales, et non avec le groupe occidental constitué par l'italique, le celtique el le germanique. Lorsque le second élément morphologique considéré commence por une dentale sonore ou sonore aspirée, le résultat est ,d(lJ) dans les dialectes où l'on ft st; pour les dialecte~ occidentaux , aucun fait clair n'efl;t attesté, et le trllitement est difficile à déterminer; on verra ci-dessous la discussion de lal. crid~, v. irl. crtlim. Exemple: gâth.WÎ,dydi u pourconnaitre Il , lit. t'{i,Ji n voi!ll ", gr. FlofJ~. Rn iranien, dans les conditionK


I.E GRQI;Pf: Il

défin ies p..'\t' la loi de M. Barlholomae , on a aussi Zd, ainsi, de la racine *hhe,uih· avec le suffixe *-ter- au féminin. zd bao{dri " fem elle qui apprend il, connaître le mâle Il; le gre<: répond par ~- naturellement: :::J~t;. Un mol enfantin garde ft (ou le simplilie en t) dans les deux groupes dialectaux: occidental, lal. at/a, irl. ailt (1 IUpposanllt, puisque 1 aurait donné ici th), got. fllta, Y. h. 8. alto

-"oriental, gr.

Ih~Œ,

81b. al, ossète Ma, v. sI. atid. Le mot

fail dimculté ; dire que ce traitement particulier est dû à ce que le mol appartiendrait au langage enfantin ne reMut rien paree que le langage enfunlin fOst propagé par les personnes qui ont atteint leur développement linguistique complet : En

réalité , les règles relatives au traitement de *u (l'esp. ·ddh) ont le cOractère de règles d'alternances morphologiques; ces règles reposent sans doute sur une lt'ansformation phonétique très llnciE'nne en indo.européen ; mais Jo règle n 'alternance en qUE'stion ne s'appliquait pas (lUX géminées du langage enfantin, qui pouvaient du reste avoir une autre prononciation que celles amenéell por des rencontres morphologiques. Il peut dès lors paraitre surprenant que le sanskrit présente regulierement Il dans les conditions où les autres langues ont, les unes st, les autres ss: satt"~ , tJitta~,atti , vtttha, etc" ou avec ddh: viddhl, buddhl~, boddhar-, etc. Mais, à regarder de près , on s'aperçoit què le sanskrit a éliminé lE's traces d'une altération d,., -tt et -ddh parallèle à celle de... autres dialectes orientaux. La chose E'sttres neUe en ce qui concerne le groupe sono~ : à côté du trait.ement aUelOté parskr, viddhl, buddhlb, onen trouve en elTet un autre qui repose sur --{dh- , dans les quatre impératifs ... uivanls en ·dhi : dhehl « pose u, forme existant dans le flgveda en face de ' d~ttdt, dhtJua; dhatsva. dthl le donne ", 10 fois dans le Rgveda, tandis qu'on y 'l it daddhl, 8· fois; cf. 1d dll{di . Le d a été parfois restitué sous l'influence de dalta, fÙldmaJÎ, dadati; pareille restitution n'a pas eu lieu pour dhthl, pa.rce que les formefO dadhnuJSi, dadhati, ayant dh intérieur, et par suite d initial, étaient plus éloignées

.

de dbehi (Je dh de dhehl, qui n 'est pas phonétique, est dù li. l'in· lIuence des autres formes de la racine dha-, et s'est généralisé parce qu'il permettait de dilTérencier dhthl u pose • de dthl u donne ))) . bodbi« fais attention )J, {orme athématique isolée dans la racine skr. budb- ; cf. toutefois les 3'" plur. àbudhram, âbudhran. yodhi ft combats )J, t fois dans le Rgveda ; cf. le participe yodhd"ab, aussi athématique. Ces quatre impératifs sont II. peu près seuls à représenter le traitement phonétique ·-{dh- en sanskrit : les autres exemples invoqués sont au moins douteux. Mais partout où l'on trouve skr, --ddh-, c'est·à--dire dans li peu près tous les cas; c'est l'analogie qui en doit rendre compte. Si l'on admet que la 2- pers. plur, impér. at/à est phonétique, on con· çoit très bien comment addhl a pu être refail, et de même vid· dhl, cIlriddhi, 'IUlmaddhl; et si le type suttal; est phonétique (en regard de zd hasfIJ), la rMection de tout le type bud· dhlb, huddhâb s'explique aisément. Le skr. çraddhri!( foi )', en face de ld ,ra{dà· fail au premier abord difficulté : mais en védique, le premier terme de ce juxtaposé avait encore une existence i~olée : çral le dadhdmi; ceci suffit il. justifier la forme avec ddh. Le lat. crldJ et le Y. ir!. crtlim (Où. le 1 est la graphie d'un d occlusif) sont des mots uns au point de vue latin et au point de vue irlandais; mais on n 'en saurait cependant déduire le traitement de --ddh- dans ces langues, puisque, au moment où s'est établi le traitement de la dentale géminée, les deux é.lémenls pouvaient être encore - et étaient même san~ doule - auLonomeA. Le mot lat. crtM ne prouve pas plus pour le traitement de ·-ddh- en latin que la 3 e personne ht pour le trAitement de ··u- {la forme phonétique est fournie par lSuS ). Le mot addhll « t'n vérité ", cf. v, perse ct glith. ll{da est embarrassant; ~i l'on en connaissait exactement la formation, qui est obscure, la solution apparaîtrait sans doute . M. Johansson, J. F., XIV, 3tO et suiv. , s'est elTorcé de prouver que le traitement phonétique de --Il- en sanskrit est


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Duu;cn;s INOO-EUROptENS

1.1:; GJWt:I'" Il

-st- comme dans les autres dialectes orientaux. Saur peutêtre une ou deux, les étymologies qu'il apporte à l'appui de sa théorie ne sont pas de nature à l'établir; il s'agit d 'étymologies plus ou moins douteuses, portant pour la plupart sur des mots rares et mal aUest~s; or une étymologie n'a d ' inté~t que si eUe est évidente; il est toujours possible de multiplier, t.utour d 'une théorie quelconque, une série de rapprochements à peu pl-èS plausibles; ces rapprochements deviennent admissibles si la théorie repose sur quelques raits sûrs; là où tous sont plus ou moins dénués d 'évidence, ils ne sauraient, malgré leur apparence de possibilité, rien prouver et n'onl aucune valeur. Un fait est certain: l'indo-iranien n'a pas re~:u --st· et --,dh- ; car on sait que -s et -{ deviennent toujours -J et -t après -i, -u et -r en indo-iranirn. Or, en iranien --ill-, --1111- , --rll- aboutis~ent b. -ist- , -I/st-, -rst--: zd llista, -lof/sM, etc. Ln même observation s'applique- à --ddh-; 'car le védiqur. a bodhi, yodhi, et non -botjhi, -)vx/.hi, et le zend a bno{dri. C'est donc -·t't-; ·-dfdb- qu'a 1'e~' US l'indo-iranien. Or, en sans~rit, une simante ou chuintante comprise entre deux occlusives tombe : 'en regard de ilbhokii, ana ilbhakta, cr. gath, M:dt4; en regarrl de khàn, iuhànlsu~, ail a ilchdntla; et -ut-sthita~ aboutit à uttbita~, Dès lors,le Il de skr. littoral; = gr, ~"'Uf: ; peut représenter -1'1 ; et comme en lout cas le stade -st n'éta it pas encore atteint au moment de l'action de i, Il , r sur s suivant, c'est bien -l't qu' il faut poser comme form e indo-iranienne . Et l'aboutissement historiquement at1csté Il de ce -1'1 est cf! qu'on doit attt'nd"e en sanskrit, Le fait que phonétiquement --d:db- a abouti 1\ skr. --{db(d'où dhthi, tkhl, bodhi, )'odhi) n'est pas une ~bjection : la sonored a une articulation moins intense que la sourde t, et -dcdh a pu passer a -{dh, sans qu'on soit obligé d'en conclure que -t't devait donner -st. La conclusion de ~L Johansson ne s'impose donc pas a priori. Et en rail, elle doit étre repoussée, ca.u;.i.l'on admet que l'ancien -Pt donne phonétiquement skr. st, on ne conçoit pas

pourquoi ce traitement aurait été éliminé par J'amtlogie ; toutes les autres langues onl conservti le traitement phonétique -slou même le traitement plus singulier et obscur -ss- ; le sanskrit seul aurait entièrement aboli le lype phonétique dans tous les cas oit il {'51 si bien consen'é par ailleurs. Une fois donnée la 2e pers. plur. aUa " mangez ". on con~'oit que la forme addhi " mange .. soit créée par analogie; mais aucune analogie n'imposait de substituer alti" à un nncien -aSla. Là même oil le système des formes a amené quelques in1l0Vlltiolis. comme en latin, la forme -If- n'a p..'\s·été restituée, hien que la Iangul~ eût Il dans certains cas: atta, attÎngJ. etc ., ri J'on a Isl, tstis. (la valeur des témoignages de grammairiens sur lesquels repose l'affirmation de la qUilntité longue dans ilt: titis est clu reste contestée maintenant par M. Vollmer, Glotta , 1, 113 etsuiv,) Un seul des exemples de M. Johansson est propre il susciter un doute, c'est skr. dsfhi (gén. astbml~ ) U os 'l, en face de l.d ast-, pers. aSI , gr. :CI",:,ic'l, arm. oskr (de -oSHu-tret de lal. os (ossis ) et ossu , OSSUIII (le mot n'est pas attesté dans les autres htngues Il traitement -ss-), En pa"hmt de -onh-, on e xpl~que­ raiL la (orme latine qui est autrement très obscure, et d 'autre part le skr, aslhi ne peut l!tre que phonétique . Mais l'h,ypothèse de M. Johansson de\'anl être écartée pour les raisons indiquées, il faut expliquer le lat. os autrement: de méme que l'on trouve en slave le thème en --es- oko, olm (cr. skr. dksj ) en (ace du thème il suffixe 7.él'O ok- du duel aii, on peut poser -oSIb-sl)our expliquer lal. OSSO, comme M. Johansson lui-même ra fail autrefois. On conclura donc que le traitement indo-iranien de --11-, -·ddlJ- esl --t't-, -·dtdh-; el c'est IOQns doute sur ce~ mêmes originaux que repose le -st·, -:;,db- des autres dialectes orientaux. A ce traitement s'oppose le -ss- de l'italique, du celtique et du germanique.

61

'n,


63 skr. Pli"./(i(,. v. id. Iii-II, lil. pi/-lias, \'. si. phi-mi (SCI']JCPÙII) . ell regard de v~(l. ptir;'t/Ia/l-. Peu importe ici la nature indo-européellm: de -li, ./ii, ( SUl' la définition de ces symholes, v. A. Meillet, ],lIrodllcl . Ii l'il. (j)jl/p. du lal/gun i.-r., 2 ~ édit., p. ~\. et sui,', ) : le (ail essentiel est ljue ' .1 sc combine souvent avec la sonant!) qui préccde. Ces deux trails de - 1 sont indo-cUI'o pl;ens commu ns ; mais un troisième li'ait, qui allesle égaleme nt la d éhilité de - J a un caraclèl'e dialecbd : 3" A l 'inté rieul' du mot (c'est-a-dire dans une syllabe qui ne soit ni initiale ni finale ), - J sc maintient génêralement en siUlskrit d 'une part , en grec , italiljue et celtique de l'aulre , mais t ombe touj uurs cn irllnien , shn-e, baltique, arménien et germanique. Lt" maintien de - J en sa nski-it n·ult.e ste évidemment aucune parenté spt;ciale du sanskrit avcc le grec , lïialillue ct le cel tique, CUl' il ne s'agit que de la conservation de l'éta Lancien; mais la chule commune dl; • J dans des lanJ{ues g éographique me nt groupées: iranien, slave , baltiqut", armenien et germ(lnil.{uc, el)t à noter, comm'! un fail dialectal important. L'exemple caractéristique est: skr, duhitlt, gr, &:,,";i-;'l'jp, mais gr.th. dugJda (dissyllabique), 7.d Oll','~, 1I1'IU, JUJlr, v. sl. oiilli, lit. dI/kIt , gol. dauhlar, La chute de· ' a été assez ancienne pour que la loi de M. Bartholomae se soit appliquée en indo-iranien; le persan a cependant dl/xl, du.\'lar; mais la sourde peut s'expliquer par une influen ce du 1 de -,mitar-, ·pitar- , - b,iitar- sur l'original vieux perse de pers, ol/xl et dm'/ar. En slave el en haltique, - J tombe dans la syllabe intérieure du mot sans luisst'r aucune trace apparente apres occlusive; de là sI. m~s/j " troublel' ", cu face de véd. mlmth;lawû; lit. Spltc'{li, spllsli cl splinlu, sp/h/i, ou plan/li, pUIS/i, et v. sI. plrS/la " plante de pieds" (de ·plc/hJsnii ). e n face de skr, pralhi-mim-, Pllhi-d, gr, ~i,%l'%-fu~" Il;,%-;:z,t%(, ~)'i~:z-vo;, gaul. Lila-1';a, \'. ir!. le/ha-n " large " , Après sonant.:! , M, F. de Saussure a reçonnu pOlir le lituanien . et l'on a montré pm' la suite pour le slave, que la chute

-r, ·7

CHAPITHE VIII

THAITEMENT DE ;/ Tous les dialectes indo-européens s'accordent. à représentel' par d (ou sI. 0, représentant de ·à) le phonèm~ i.-e .•,;

seul l'indo-iranien diverge, avec son i (skr. putt, zd pila, en face de gr. 'lt"Œ'ri;P. lat. paler. v. irl. athir, got. fadar, arm. hayr); de plus le grec a 1 ou:> dans les cas où, alterne avee t ou d: . 'tf!h)lol.l, ·d611U~; l~ljd;, "l'In-n\p; mW~I. !(!~IIoI\l; etc., et. cette

déviation atteste que le timbre de·, était encore mal défini au moment. où a été fhé le traitement. hellénique. La débilité de ·or. phonème tout particulier dont M. F. de Saussure, dans son Mémoire, a lumineusement établi la singu~ larité, ressort de diverses circonstances dont les principales sont 1eR suivantes:

1° L'élément·'I ne subsiste jama~s devant voy t'Ile, et disparaît. alors sans laisser de trace: skr. jan-a~, gr. ll",-or;, lat. en regard d~ skr. jani-t6, gr. l'",I-'t'IjP. lat. genj·tor. Une forme telle que al~bllt:G'1 est une innovation proprement hell.anique, et c'est le type véd. d-Ij~ {' ils ont donn.a ". dtid-ati " ils donnent 1> qui représente l'état indo-européen. ~ L'elément -, se combine avec une sonante précédente non précédée eUe-même de voyelle, et il en résulte les sonaotes dites longues: -ù et -f d'une part, -(i, -;p, -f. de l'autre : skr. pu-ta~. lat, pil-rus, v. irl. a-nad ,( purification ", en regard de skr, pavl-tram {( moyen de purification ". skr, i4-ta~, lat. (g )n4tus. gaul. -gnil/os, en regard de skr.

gtn-I/J

-1.

jalfit4, etc.


61 ùe • J déterminait lïnlonation rude de la diphtongue nouvelle ainsi produite , I~r ~pposition à l'intonation douce des anciennes diphtongues: i.-e .• trI donne lit. d t, russt: 11'4'1, serbe djtt, mais "'( nt donne lit. trI, russe ( ri t, serbe rit. Pal' e:<emple, en rf'gard de Jat. lIIoli-IUS, on a lit. mtHti "moudre ". russe lIIo{61 ', serbe III/Pli , De mème les sonantes longues .~ . • iji, .'i. ·l~ {JUi se composent de ·/1 , "'/1/. ·r, "'/ plus . J, donnent 3U baltique el au slaye des diphtongues rudes, par contt-aste nvec les souanles hl't:\'es ·{l, "" li , "'r . ·1; 011 a ainsi lit. pi {MS, serbe ptin en face de skI'. pürt/âb , v,, id. la" , mais lit. toi/kas , serbe Vtik, en race de skI'. 't'flm/;. La chute de·' sc traduil donc en balLique el en slave par des efrels définis. Rn gel'mallique, on ne voit pas (l\le - J inté"ieur soit jamais conservé, et il y a des exempl.es où la chute de -, est certaine: par exemple v . sax. kintl de -gtn~fJ... ; en face de gr. ~Ed-vV~I'U , -::lu-À:v, on a v. h. tI.jedd(-gold) ct v. angl. (goM- )fell " feuille d'or J) (soit -fipla- ct -jmM- ) Pot v, angl. jardm , v, sax. jallJllws l' les deux bras t!tendus n . Vne forme telle que Y. isl. Jarum " nO\18 avons semé Il s'explique donc par l'influence de sarU'1 où 'tm représente ·'1,!I, et ne repose pas directement sur · JesJmv. cOllune' on l'a parfois supposé . En del'nière syllabe, il semble que", ait donné u: l'II de y, h, a, anut en face de lat. anas (alli/is ) et de lit. tÎnliJ provient du nominatif singulier ; c 'est de même d 'après le nominatif singuli.er que , en regard d~ lit. mH{1I " je trais n de ·IIIÛJg- , on a gol. milub " lait " , v. h. a, mi/I/b, v. angI. saxon meoille, y, isl. miçlk: la forme des autres cas est conservée dans v. angl. angle mile (sur les formes de ce mot, v, en dernier lieu Osthoff, J. F., XX, 177, avec les renvois biblographiques), Pour les exemples' de chute de - J en germanique, cr, Hirt, Ablal/t, § H6, La chute de J a sans doute eu pour conséquence une forme des diphtongues, d'abord différente de, l'ancienne forme, comme Cil baltique et en slave ; ~ais la plup~rt des dialectes germaniques ont éliminé celte particularité ; touterois le vieux baut allemand en u sans doute encore quelques traces; ainsi: v. b, a, h.a/am , Z' côté de v. isl. hallllr ; cf. serbe sM//Ia, russe soMma et gr . x:,ti,<lrc; ,

TIIAtTt:.\IE;>'T

IJ~:

ti5

J

v. h. a. birihha, il cOté dp. v. angi. !Jwrc; cf. lit. bir~as, serbe brt{a, l'Usse beri{a. Dans ces exemples, ra de ha/am , l'j de birihha ne représentent pas directement .J, mais une sOI'te de résonance pro venant de la prononciation particulière de la diphtongue déterminée pal' la chute dc -, . En dehors de dm/r, l'arménien n'offre pas d 'exemple décisif; peut-être pourrait-on encore citer ctlmll Il toison " , qui appartient à la famille de skr. linlil , serbe v{ma, lit. vl lna , lat. [atm, et suppose par suite -Wel1-; le lat. udlm a subi l'influence du vel·be uello, l\.1ais il n'y il pas d 'exemple contrail'f', cal' ra de ara·wr 4' cbarrue » peut répondre â rd de lat. ani/mm, ani-re aussi hien qu ' au· ~ de gr, a.po-:p:;~ , lit. arklas, serbe rli/o. Et l'on notera arm, anllukn « coude .), ('n face de skr. Irmatl et de serbe rame; on n 'a pas le moye n de détermioer si arm. al'- repose ici SUI' -i- ou sur *ao- ; mais dans un cas comme dans l 'autre, - J n'est pas représenté: arm. ar estle traitement de .! bl'ef, et les traitements de .. f et de -j Ile se confondent que dans les langues qui , comme le ~rmanique . ont perdu ., intérieur: gol. julls « plein " , de 'jlllna{, suppose' - p/(' )1WS, avec chute de -, . De même. on ignore si , dans arm, (dr· )and-kh 4' montants de porte ". ml repose sur -aIlJ, cf. l~t. alltiU (de" onJ/à- , avec syncope de a intérieur), ou sur 1i, cr. skI', IUilQ; même dans ledel'niercas, ' 1 est tombé, car arm. ail est le traitement de ·u bref. En ce qui concerne l'iranien, on a contesté la const..1.ncc de la chute de - , inLéri t>ur (v. Hübschmann , J. F. , An,., X, 4:j ct suiv ,), Les t!xemples de chute de ., sont clairs et indiscutables; skr ,

bra11jJ j drtiviyob la misra·

7.(1

.//Irae;/i draollo

llJ9ra- (pl'I'S, fâr),

etc . Les exemples contraires , t'Il revanche, sont sans valeur. 11 y a des aoristes en -il -; mais l'j s'y explique par un ancien -icomme rj de lat. -/rql/-ù - /i. Dans v. IJCrse hadj! et 7.d '){Idii, l'i

"


66

67

représentant·) (ou plutôt i) est cn syllal>e finale . Les exemples de zd airime" tranquillem ent " en regard du premier terme de composés annal- sont tau!! dans de!'! textes en prose, el l'on ne saurait affirmer que Je mol ail trois syllabes en aucun passage. II est vrai que *J tombe parfois, même en première syllabe: gf,th. plà, ptaolli. jèrlJi, en regard de zd pila; mais la chute peut ici s'explique.' par l'ex istence ancienne de ju'lttaposés tels <fue vêd. fl)'1J/1i pifA, cf. lat. ;"ppilrr . .II est vrai aussi que parfois . , iutérieul' n'est pas repl"ésenlé en sanskrit, ainsi: dndmasi, dadmaJJt; mais l'analogie de la 3- personne du pluriel ddd oli. où·; manquait cOrl'cclemenl devant voy~lle, s uflit à expliquer ces formes. El j ne manque pa s en sanskrit 111 où quelque fait analogique de ce genre n'en expliquel·;'IÎt pas l'élimination. La présence ou l 'ab.'lence du ton . n·est jamais pOl\l' rien dans la chute de • ,. Il Y a dOllc une chule de .} intérieur co mmune il l'iranien, au slavl':, au haltique, il l'm'ménien et au germanique. Il en resulte de curieux conlras tes , comme celuide r. terit', tch. tN/i, el de gr. ,:i?!'':fl~~' lat. flrl·bra, irL lara'lbnr \de ·tOr1. ), g:.J1. faradr; ou de v. 1Sl. l'nd Il soufRe >l, anda (1 soufller u, mais ski'. dnitj li il souine ", d"j·/a" ({ vent n, gr. ŒH-!'-O;, lat. allj·lIIa, irl. QIIQ·l, galL alla·dl. Lu contraction en ~ f de ln sona nle·y avec un ., suivant est sans doute un fait indo--curopéen commun, antérieur à la chute dialecl..'l.le Ile .} intéricUl'; car la forme 11. dcgro zero · ·1- du sutnxe de 1'0pL'l.lif athématique l'st attestée en iranien: gall!. vairflllaidi. en slave ,'. sI. dadilllli, dadite, et en germanique: goL gtbtillltl, v. h. a. wlfrf1miS, elc.; il n'est pas lH"ohable que n de ces optatifs soit -analogitlue de formcs oil la voyclh: .~e rait en syllabe linale, cal' à date indo·européenne, la 2" perSlH\nesg. nct. est *-yts, et la 3~ ··)if, au degrél. POUl' apprécier ce que signifie la coïncidence de ces langues, il faut notel' que r Oll obsct've des chutes de·J dans d 'au tres dialectes illdo·e\ll'opéens, mais cn des condition1'o dilTérentes. En sanskrit, intérieur (mois non pas .-J linal ) est toujours tombé apres y pl'ée~dé de voyelle , ct il en est résulté 4

r·,

la diphtongue skI'. f IF. de Saussure , M bllo;,.l. p . -'.\.2) : Uil n donc: s kI'. bibl"!;" il cl'o int ", cr. lit. Mi/llt, el ~kt-. bhua!" lette bltis, dont l'f ind ique le carocwre dissyUabique de la racine. skt-. kreJ)'afi If il al· hètera n, cr. gr. (·"It"pta.-i-l"ljY ct skr. k,.uli!, (avec f), skr. aditkt " il a hrille »; cf. hom. ~ia-l";, cL skI". didlhi,-dflib (avec skI'. riJa" "courant ,,; il côté de ril}l~fj, rltitJ; qu 'on l'approche de Jal. ril/os ou de lil. ft'Ii el l!lfi, on p.ut de i.·-e. *t')'J. skI'. nifar- et ntltir- " conduct~ur n, subj. aor. lIt$ati, en regard de nildt,. skI'. -killob" de détruire Il, à côté de }qitJa- el cie }q;,.uiti. skI'. ·mttDl} " d 'en dommager ", 'IUIra, à c6tê de mita· et de lIIinJti. skr. pretdr- prmuill" en face de pri/dt, el prj,.litt;, cf, v. sI. prijat; et gol. Jrijon. skI'. apïpet, plru~, en face de pilla" et Pi'Ayate; cf. aussi lit. ptt/as (1 lait 1). skr. adidhtt I( il a !)ense ", cf, dhj/a~ et dhyiili. skI'. 'lXt; « il poursuit )j; cf. gr. Ft'!,-'lII, lit. wjù, vyt; el skI', tJitf~, v, sI. (vü{- )vitl C< gain ". skI'. jihreli ,( il a honte 1), cr. hr1t~. Le sanskrit a donc e là où l'on attendrait nya; si le traitement de après y était i, on pounait croire qu'il ~'3git d'une contraction de *a)'i : mais la i '" personne -)'a de l'uptatif moyen en regard de la désinence ordinaire -j de la 1'" personne moyen np secondaire montre que ., est l'eprése nle en sans krit par fl apres y CO illllH' devant y. Là (Il! le sanskt-it prese nte, â lïnlérieUl' du mot, fl)'i, c'esl une form e secomlail'c , créée par analogie: ainsi le vé<l ique a jbar· dissyllabique R. V. l , il ,

n.

*,

2 = V, 25 , :; - 1,66,3 - IV , 20, 5 - VIII, 99 , 7 - IX, 90, 3: plus tard on trouve jayjtnr-; mais l'ndjectif verb,d jilift" avec son " suffit il dénonce r le caractère secondaire de jayitllr-, qui du reste n'est ilttcsté que postérieurement il jÜar ..

LI tra ce de 1;1 ('hute cie

.J

en sanskrit se voit eept'ndant


68

69 I~

diphtongue e l-eprf5sentant -tp; on a ainsi nt/Jr- et pre/J/"- lrisyllabiques" comme le notedt!jtt)1. \Vackernagel, Altind. Gramm., 1, ~ 48 b, p. 53; loutefois if ne Caut pas restituer *na),jtar- , ·prayitar-, qui sont des formes puremf'nt imaginaires (v. les exemples chez Arnold, Vulic melre, P" 91 ). - On voit, pour le dire en passant, que si , à [a fin du mot, iodo-iran. li Il valeur parfois dissyllabique (par exemple dans le génitif pluriel en -dm ) répond à une longue intouée douce du lituanien. la diphtongue skI'. t (iodo-iran. ai ) à valeur parfois dissyllahique de J'intérieur du mol répondrait, le cas échéant, il. une diphtongue rude du lituanien: il n'y a là rien de surprenant: le développement des intonations a eu lieu indépendammént dans chaque langue, comme l'a reconnu M. F. de Saussure, et les conditions varient d'uni.' langue à l'autre; les intonations baltiques el slaves traduisent des Caits indo-européens d'espèces diverses, et le groupement est purement baltique et slavf';. En grec, ainsi que l'a brièvement indiqué M. F. de Saussure, Mil. Nicole, p. 51 t, n. 2, i. - e. ''1 toml>e après une syllabe à vocalisme 0: -:0PJJ.~; " trou!) : -:!P'-:P:>~, :i,I-'-~;" mortiel' " (de" o/:il-smos'!) : ii.iw (1\1. Bartholomae :t rapprochê skI'. JlJrmt, Cf'; qui, tout en chilllgeant l'étymologie. laiss(lI':ût subsister l'exemple; on partil'ait alors de " sol1-lIIos ou " sO/:il-smos ; cr. Prellwitz, Et, wèrt, \ sous ce mot). ;:;P~1] " meretrix " : idpŒO'O'Œ, ;:tr.p~a'1..w. ,::5-:JJ.~; " SOl'1 »: ';;EO'O':i;.t.at (de "'It',u·~ :J.Œt) , 'It'€T.-:WlC.Œ. 'l'Ohl-'-::I : tth\1,..w~, ,hi·, ",%)..\1-. ~pO~t+, : -~p!p.injç, lt::Pa'll : lt!POl" (el de même dnlls les llull-es cas ail l'on a CI'U l'econnaÎtreun traitement I;p de i,-e. "r en grec; cf. Brugmann , Grundr., P, p. in, § 52ï, et Gr. Cr.:!, p. 88). 'lt'OpOJJ.6; (cf. v, h. a.farm ) : '/C!pliw, 'lt'ipŒ;. 010'0'; : Fiti\1, cf. lit. vytj, lat. uÎlre. f;P'I'O'; " fardeau ", '?~PJJ.;; il corbeille" : ,?tFttPO'j ct ip2pltpii, lesb. f!pi~~, -fP+,::hI . Les formes nominales de la l'acine sont encore parfois dans la valeur diss:o,nahique de

généralement dissy Ilabiques en grec: cf. du l'este skI'. blxtrltram et lat. (prae-)feriw/llm, skr. bharfnlan-, lal. {of-)fenunenl a, russe berimja, serbe brime, tch. brlml. Toutefois la rllcÎne a aussi des formes monosyllabiques, notamment gr. 9€PJJ.'.f; on a noté que fip-:p:'j est déjà chez Homère, et l'attique a '(tp~-/;, en face de lesb. r!p!y;J; il est vrai que ~~P~-/; pourrtlit ê lre tenu pour une contamination de' '(~p~i et de rcp~'ji. Il demeUl'e curieux qu' il n'y ait aucUl~e forme dissyllabique après voc:llisme 0, mais toujours f~P~O'; et l'0PI-'-~;. p.~Pr+' peut être rapproché de lit. mlzrga!, avec M, Solmsen, K. Z., XXXIV, 23; la glose tiJJ.tprk a!a"lP6~. Hes. aurait subi lïnn~ence de I-'-OPr-/;, influence inévitable à cause de ln suite de brèves qu'aurait entraînée la forme '2JJ.!P::lrl;. Donc ~:>:iaaa~o doit son cl il. l'inlluence de ~l,J,'I'~, et a-:o~(lZT, est d 'après a-:I~::izw, L', du g-r. i!o),tZ~; est inëxpliqué : r, de [.;~û.cz+.; répond il l'i.-e. JO) attendu; avec un vocalisme radical différent, skr. dfrgha~, zcl darJ-,-a, v. sI. dligü (s. dl/g ), lit. ilga!, et d"autl"e part véd. drli;hman- et "d driJio" longueur n; si obscur que soit l', de ~~),tZ;;, il est du moins frappant que cette forme à vocalisme 0 n'ait pns l'un des représt"ntants normaux de i.e. "J , comme haü,t;:+. .. il en effet un !, comparable il celui de -:ŒIJJ.lY IIR forme 'ai'1I;:6 que suppose l't de -~!Î,tZ'l'j; n'est pas attestée). La m~OIe chute d(' ' J après vocalisme 0 a san .. doute eu lieu rlUssi en latin, comme l'altesltmt les exemples suivants: lat. (I/IIIIUS , cf. russe soMma , serhe sUl/na, tch. slama: et, avec vocalisme à degré zéro, gr. '1,:i)..2 :J.~; (de "k,o/nJ/os ). lat. collis, cf. lit. Millas " montagne o. lat. spI/ma (cL v. h. a. fe;,n, v. angl. fiim), cf. lit. splûnt., serbe pjhla, rUS.'1e pt na , tch. pina. lat. farda; cf. avecdegré e, russe beritaja, serbe brUa (exemple douteux , il. cause de la double form€' de la racine: 'bher- et 'bherJ-). Il semble difficile de trouver un exemple celtique probant en un S('IlS qucleonque ; .. kr. badhirét& " sourd ,, €'t v. ir!.

cc.


hIAu:cn:!'

11"I>(I-EI

R'W':':S!'

hotI"r, "ail. h)'ddtlr sont ambigus, cnr skr. -ira- e t celt. -{lrvlK'uve nt rf'présenter o.0ro- et 0-7ro_; et. si v. id. larann .. tonIlt' rl'e n . I(all. larn/In sont à rappro<,hf' l' dl' lit. larli " dil'e " (nn ci('1.111ement " faire du hruil ", changeml'nt de sens fn'CIue nt l, l'intonation lituaniennf' montre que le <,eH. ·n7l- repréSl'nte ici o_"n_, rt non 0-;1,,-. Sur le san!'kl·;t, qui a confondu les timbrt>!' ( et 0 dan!' rUllil.{ue n, on IIr peut rien dire : il est c urieux qu'on ail un voca tif "etL fII/I(iJn~ à cMé de nvilh." protecteur 01 , plut. lilllif~,. :\tRi!l ce n'est pa!! sur un exemplf' isohl de ce genre qu'on peut (Olltlt' I' tint> t1octl'Ïne. Il demeUl'C dnne que 0) intérieur tendait h s' amuir dans tout l'e nsemble des di.liec tes iudo e uropéens: la chut e s'est ré-alisée dans des conditions identiques, d 'une p.'ut e n iranien , slave, b. . . ltique. arlUtinien et germ:\niqur, de l'autre en grec ct cn latin (f't peul-è lre ailleurs: les t~xelllples Illallque nt ). I.e sanskrit j1I'ésf'nt., un type de chute apr~s y qui lui est propre, de mêmr que l'indo-iranien a un tr:lilrlllrut i de i.-e, ° J, qlll IW sr rrlrOlI\'e lIullt> part nilJeut'S .

CHAPITRE IX

LE GROUPE

O_Wy_

A l 'i nt~rieur du mo~ , le groupe dt"s deux sonanles u.' ct y ri deux traitements différents. Si l'on prend pour type le cm; où les voyelles suivantes de part et d'autre sont 0, 011" : o~- en sanskrit, Arménien, grec , italique, celtique; mais '-l'flyo- en iranien, slave, letto-lituanien, gotique et scandinave, soil skr. -arya-, gr. -C\~- (de 0-ono-), lat. -oujo-, gau!. -00;0-, mais : zd -aoyn-, sI. -uje-, lit. -al/ja-, got. lJllja-. Ainsi: skr. nâvyab, ion. 'tlIoç, lat . No"i"!, gou1. Novio-(dtlnum ), gall. nrwydti, ir!. nlit (supposAnt -tIOW)W); mais lit. nmi;ns. gol. mu}lS.

skr. saryâ~" gauche " , mais zd ~ , pehlvi bey. hvyak ( la graphie avestique est ,d onc correcte), v. sI. 111;1 (de ° Jell)'OJ donnant ° Jjell;oJ). skr. g/wya/} etgtnryti~ ., de bœuf H . arm. log; co beurre ", gr. ( hn&:-\ ~m<;, mais zd tno)'~",,, de bœuf " (acc us . féminin ) . . En gotique, la flexion manifeste l'existence du principe phonétique dans le contraste de nom. hawi " herbe .. et de gén . haf/jis, dat. Ixw;a . Oes actions analogiques ont en partie troublé l'action de la loi . Ainsi le litu.anien a t·· pers. aviù •• je suis chaussé de Il, d'a près avili et le reste de la flexion du présent. à suffixe -i-, l e pers, 4vi; avec le suffixe o_ye- , Je slave a la forme phonétique : ob-u;lI. Du res te, avec ce suffixe°-ye-, la diphtongue est de règle en baltique ~l en slave, ainsi dans v. sI. pl;II;~, lit. spi/w;lI " je crache H , et de même dans tous les exemples.


ï2 Les ,u ljectj(~ Cll·_j~ l·- rn- ) dt\l'iyés de thi'llI('s ('Il ·rl- ont la forme phumHique ell sanskl'it et en U"nd : ~kr, -nt'yn-, ~, d -(10)'11-: Il! \'. sI. 1)'1I0'l.'ljl " du lilii " t'st allal0ë'ique, d'apl'1.'s SI'lIl]I'I' ldal. sinK. l, lyn!'rl'f l nom. plur, ), elc, Le typl' phonétique ~sl tlolln\; pnr uj; 4. p(>l'e de la mèrl' ,) : le "ieux prussien awis mênw sens ) doit sa forn1(' ~ Ct! que le nomi ulltif singulier est t'Il ois t'II Imltiq\w . . \pl'i:-S "oye lit' lungue ou diphtongue, ce Imih!iUl'lIt es l unlillain· : L\\'csla a ainsi dnt'tya- /1" dntl'fl" t1t;mon ,,; It' "it'u:\: S\aVll a Slat"jtJ, 1'" pel'sonne, (11'('>s tie llnvi.ti, 2~ Ft!I'S" t't de l'infinitif Slnt';li " mettre debout ", Si, comme le croit M. Pe(h'l'sen , K . Z" XXX\lll, 196,i.-t!. "'UI- dOIll1l' Ol·m. g entre "o," clll's , on pourmit interpréter arm. ~'Ofi .. bE'urre ., en 1)'1.rlant de L-t', orient. ",~OWl'yo-, ct l'exemple ne sel'llit p.1.S probant poUl' 1(' traitement arménien de ·-ow)'o-, C)U t'st 1II~lIle uhlië'é de partir d(' · -llKijY1- pour expliqut'r un génitif Id que kl'KWO)' " du beurre, mais 1'i peut être dû it une l'estitution d'après le nominatif-accusatif Jawi, Il est difficile de !1'OU\'el'un exemple qui r~rute la théorie de ~·t . Pedersen , parce que la Jjlructure de l'armé-nien comporte un u' (resp, t') linal au nominatif-accu!!atif singulier des 1I0m~ qui (ournissent les excmpleli, d qUll celte (orme suffit Ît expliquer toutes les autl'es <JlIe l'uli pourmit opposer it .\f. Pedersen : Ittutm Ct jtl dure "est contl'ail'C fi la doctrine d~ M. Pederspn, mais ln forme Il'tu (. duré(' Il cn l'(' nd comptl'. l't Ainsi de lou~ 1('5 exemples. .\bis, Iii la tlH:ol'il' de.\f. Pedprscn n'pst pas l'Mutable, ell(' n'admet P.'HI dll,'antnge de démonstration : cn r on peut expliquer le gfnitir Drtgi de arnv par "rewj'Iol, comme kog; ~r "gOW}'O- . De même laygr " (l'ère du mari " peut reposer sur -dniwr-, cf. le génitir-datif haur =gr. 'U'fpb;, '1I'I:I'fp(, et rien ne prou\'e <Jue II' "w soit devenu g entre voyellcs. On voit mnl poul'quoi le "w intervocalique I«'rnit devenu g : le passage de ·w initial it g, le<luel n'est même pas constant en arménien, tient it l'attaque de l'initiale ; en perlian , où west représenté 'mivant Jes cu par b nug li l'initiale, ce traitement ne se retrouve pos à l'intervocalique. Le mot arm.aregakn" soleil " dont s'autorise M. Pedersen est d'interprétation incertaine (". Hübsch-

u : G"OCPt:

-w)'-

73

mann , Arm. Gramm" t, P" 'H). L1. toi supposée obli~e li. renoncer it "interprétation sf(iuisante de «ml, hawiw " b"fgf'l' " par ·owi-pd-, et rend difficile le rapprochement, autrement très satisfaisant. oe llI'm , gC!f.'tll/ " je loue " l\Vt'C v. sI. Km""i " !wigner, s'occuper oc ". A l'égard du gl'rmnnique, M . Brugmann, Gnmdr .. p, p. 797 , enseigne quI" le g('rmaniqup oceidcntnl con!ler\'" le traitement "-wy- : v, h. a., v. ~1.X. nil/wi, v. nngl. nfou:e, nfUlt auraient·-ury- avec la gémination du germanique occidental (It'vont -J'-' Mais il est tout aussi licite de supposer un oncien -ntll"'yo-: cor la diphlongue de got. 11illji' R 'y retrouve claiN;!.. ment. La forme germ::mique occidentale présente cet intérH qu'elle conserve trace (le UI consonne devant y tout eo présentant la diphtongue. C'est Mns doute ce même point de départ qu'il faut poser pour le baltique commun. En efTet, si le Vocabulaire (vieux prussien ) d'Elbing a crauys, en re-gard de lit. kraJijas " !!ang ,. (cr. skI'. kratryam ), l'Encheiridion a krawia , Irawian (comme l'a fail remarquer M. Zupih..1. , K, l., XL, 2ti2 ): el les rorme~ verbales ont ~e pers . -nu.je (v. ib., et 8enenberger, K. Z., XLI , R5) ; ~L Zupiha a même conclu de la forme lit. norijas (flt non" ninujns) que la prononciation au est postérieure 0\1 pasSllge de "tU! i_ at' en lituanit'n; mais il peut y avoir eu dissimilation du j par le j intérieur, Le fait vieux pru~sien subsisle; il concourt avec le germani«lte occidental à établir la ph3'1e inl"rmédiair(' ·_(/l''')'t-, qu',il faut poser pour l'iranien, le slave. le baltique et le germanique. On a ici ln trace de la prononci3lion gémÎn(le dt's consonnes devant sonante quc suppose la quantité longue dt: Ja premÎère syllabe dans les groupes tels que ttre, tiUlt, ts)'t! en indo-européen, prononciation qui pst du J'Cste I\tte~ttle directement en sanskrit pa~ lf'~ grammail'iens (cf. A , Meillet, Introd"ctioll , 2' édit., p . 102 et lillh'.). Il s'est pos(. pour ce groupe une difficulté assez gravl' que le!'! dialectes ont résolue de manièreR diverses . Rn elTet, là où west géminé, Je premier élénlent de la gémination se pr(lsenle normalement sous la forme JI second


élément de diphtongue ; c'e~t aiMi que, dan~ le lexlt" hom(irique, on trouYe de vieilles formes, sans doute éoliennes, lelles que CljÎ:r.l~~ valant Ii ( F) b:Z:~ (N +1), 1 ~.231~ \'l.lnnl i (F):la.~ ( ~ 340), etc,; le , initial est redoublé ici comme le sont A, ;Jo , ~, p, dans beaucoup d 'exemples analogues; mais le , géminé est noté :.1 (, ), et non ", A Cypre, sur la Table d'ldalion, on lit e Il ve rda sa lu ( '~'?ll";Œ"ŒTU ) à côté de t. ve re ta sa tll ("Pll't'ŒiU:l'u ) quelques lignes plus loin , Quand la gémination se produit à l'initiale d'tm mot , cette notation qui défigurerait 1(' mot précédent n'ellt p.'ts employée, d'où Ii'lr? '(,,)i.e par exemple N 163, On s'explique bien ainsi la prononciation ·-all"yt-, Toutefois cette solution donnait une importance exngerèe au premier élément du groupe (lui était une géminée, mais sans doute une géminée faibl e, La première partie de la géminée était sans doute assez brève; celte· brévité relative l'a maintenue distincte de fl sf'cond élément de la diphtongue ordinaire en 1/ dans une notable pal,tie du domaine indo-europtlen , où le traiten1(>nl apparaît dès lors SOUII la form e .-owye-.

CIIAPITIlE :\

LES SONOHES ASPIREES l)n entend par sonores aspirées les pbonimu."s détinis par ln série suivante de cOl'respondances : Sanskrit : occlusives sonore:; accompagnées d 'une articulation glottale, qu'on transcrit par b. Iranien , slave , ballique. allmuais, celtique : occ lusives !ionores confondues avec les allciennes sonores simples, 'pal' exemple Îrall. d = ski'. d ct db. Lr ge rmanique ct l'arlui·nien ont au.'!si des sonores, qui se distinguent cependant des anciennes sonores simples, parce que cell("s-ci sont représelltées par des sourdes. A ceci près, toules ces langues s'accordent à révondrr pm' d :m tlb .'ianskrit. par exemple, M, F , Kluge (PBB" l, t99. et Vorgrsch, d. altgtrm. Dial:! , p, :)fi7) a supposé que le traitement ~. d, ': tlel'l " .<IOllores aspirées " serait peut-être un (:lit dililectn\ indo·europé~n , mais Cf' traitement Il'est atteslt~ nulle plut comme un traitement général df"s sonores aspil'ées; il ne l'est pas pOU l' le germanique (". ci-dessous , chap. XIII ); il ne l'est pas dll\'antage pour lIne autre langue indo-européenne quelconqu~ . Le tmiternen t spirant :lpparait p<lrtout comme un afraihlissement propre it certaines positions, notamment à la. position inlf'rvocalique, Seuls le grec et l'italique divergent, et divergent dalls un même sens, opposant des sourdes <lUX sonores de toutes les autre.'! langues. En gl"l;~C, ce sont les sourdes aspirée.'! du grec ancien , 1', 6, Z, qui sont devenues des spirantes 011 cours


7H du développement historique ; les notations '%b, ..,}; exÎ!ltenl encore dans d 'a nciennes inscriptions. En italique, on ne rencontre, dès le début de la tradition , dans tous les dialectes, que des spirantes , el même des spirantes déjù très altérées; ca r elles sont en partie remplacées par l'aspiration h, s'cst parlaut substitué à f: ces spirantt's, très é IOluées, remplacent presque certa inement de plus anciennes sourdes aspirées, pareilles ft celles qui sonl aLtestées en grec. La coïncidence du grec el de l'italique est frappante, car aucun fail des autres langues nneÎennemE'nl aUestées ne fail

Cl·,

attendre ce traitement. Si le macédonien esL un dialecltl hellénique (et alors c 'est en lout cas un dialecte très abprrant), comme le soutient en dernier lieu M. Hoffmann , on pourrait être tenté de tirer de là un argument contre l'antiquité indo-européenne de la prQ.llonciation sourde en grec: car l'un d es traits caractéristiques les plus certains du macédonien est qu'il répond par des sonores aux sourdes aspirées grecques: !wp:x; en (ace de 6Wp2~, Ii~PQu,t, en fa ce de èfP~Ir;, elc. Mais, ainsi que l'n déjà Cait remarquer M. Hoffmann (Die MaJudanen, p. 232 et suiv .), les sourdes aspirées sont voisine!l des sonores par leur faiblesse d'articulation ; d'ailleurs , en passnnt par la prononciation spiranle. le!l sourdes aspirées peuvent devenir des sonores, ainsi germ. ; est représenté par d en allemand , el certains dialectes hantou,; présentenl des fail" analogues (v. MeinhoC, lA,,,'~brt

d. &ntuspr.)

Si l'i t:llique et le grec appartenaient il des groupes tout li. fail différents, on tiendrait la coïncidence pour fortuite; car les sonores aspirées sont représentées par des sourdes aspirées d'une manière indépendante en tsigane (v. Rrugmann, InttTnationale ZtitschrlJt de Techmer, I. p. 23t ; Kretschmcr, Einltilung, p. 155). ~bis M. Krelschmer a eu tort de rapprocher le passage historique de gr . o~~ ',~, (groupé en un mol, distinct de o~~' ,t,) à o~&diÔ, pour établir la tendance à assourdir les sonores aspirées est récente en grec, et a persisté à l'époque historique; CM ~ suivi d 'un soume sourd est toulautre chose

que les anciennes sonores aspil't~t!s. Et comflle le grec el lï ta. lique appartiennent. aux mèmcs groupes dial ~ taux il beaucoup d 'égards et présentent cerlaine!J particularités qui leur !Jont propres (v. ci-dessous chap. XIX ) , il n'est pas exclu que la coïncidence remonle ~ l'époque indo-européenne; toute affirmation est du reste impossible.


79

U :S SOl:RUI::S ASPiRÉ!::S

CHAt>ITIlE XI

LES SOUImES ASPlllEES La tluestion des sourdes aspirt!es est difficile, parce que ce type rle phollè me~ est relativement peu abondant en indoeuropéen , et que par suite on a très peu d'exemples pOUl' déleJ'miner les traitements. Les faits qui semblent certains sont I c~ suivnnts : 1· Il Y li cn indo-iranien une série de phonèmes nettement distincts des sourdes simples, et qui se présentent en .sanskrit comme des sourdes asp.irées , en iranien comme des spirantes : :-kr. kb - iran . .

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fJ

f

Après set n, l'iranien n'a que les occlusives sourdes, soit st el "' = skI'. slb el nth . Il n '~, a pas dt" série pr~ palawle ancienne p9rdllèle 11. skI'. f = zd s, skI'. j = zd -\ el skI'. h = ni {_ Le kh sanskrit n'est pas sujet à devenir mi-occlusif cl ev,ml les \'o)'clles pr~palalalcs cl devant y, ainsi khytlli " il "oit "; l'alternance de ~kr. k el c, g et j, gh t'l h n'a donc pas non plus de parallèle pour kh ; le th sanskrit, qui du reste l'st Cil principe une géminée, ne représente jamais ni un i.-c. -k,h de la s(lrie de skI'. ( , i, Il, IIi un "kh mouillé devanl un(' ,·oYl."lIe prépalatale . 2 0 A ces phonèmes indo-irani{'lls , l'arménil.'n répond par x, III , ph, Les traitements x el ph, ne s\.' rencontrant pas pour i.-

e . ·ket 'p, caraclérisent éminemmentles s(lU~'des aspirées indoeuropéer.nes. Au couh'aire le ll'aÎlelllenl tu'm . lb de i ,-e . 'th se conCond avec le traitement de Î.-e. '1; mais une dilTérence apparaît après t:: tandis que Î.-e. 'ri donne arln . rd, L-e . 'rlh donne arm , rth. Celte dilTérence est tres iml)(ll'tante; si e.n elTet les anciennes soumes !!.imples donnent des sonores arméniennes après,. et après nasale. c'est que la mutation con!!.onantique qui a lr'dnsfol'mé les sourdes simples en sourdes aspirées les a transformées en mêmelemps en douces, susceptibles de devenir sonores; au contraire . les anciennes sourdes aspirées sont demeurées fortes, el c'est ce qui fait que Î.-e. 'p a abouti à h, t.andis que i.-e. 'ph; est représenté par arm . ph; si le rapprochement de gr. lPF; el arm. erphn (v. Pedersen, K. E. XXXIX, 363) est exact, il montl"e que p,h subsiste après r, comme tb issu de i.-e.'th. Seule, la gutturale i.-e. ·kb est j'eprésentée par une spi l'ante arménienne,.x ; mais c'est que les .gutturales sont sujet.tes à devenir spirantes dans des cas ' où les' autres occlusives restenl des occlusives: g devient ainsi une spirante

en tchèque et en petit russe, g en arabe ; le traitement de 1 est aussi tout particulier dans une partie des dialectes germaniques ; il ya donc ici un traitement propre aux gutturales et (jui n'intéresse pas d'um> manière spéciale la question des aspirées soUl'des indo-européennes. - A en juger par l'arménic.n, les sourdes aspirées indo-européennes aUl"aient été toul autre chose que les sourdes aspirées douces (jU'OIl obsel've actuellement dans la prononciation de beaucoup de parlers Ke''fl'laniquc.s et arm~lIi ens modernes. Ceci concorde n"ec la conservation de kIl devanl .." 'y el ~ en Sétnskl·it. - Pas plus que l'inllo-i.-anien, l'al'lllénicn Il 'aUesle l'exÎslenc(' d 'une sourde aspirëe dans la série prépalatale indo-européenne repl'\!scnlée en arm ~ lIicn pu' J, t. j, /J . 3 0 POUl' le grec, deux équi"alcllces sont certaines Z = skI'. kb, Y'

--=

Il'an, x,

ph,

Il n y li ' pas Je sourde aspirée III bill-"élni l'es.

arlll . x

J, altc.st ~e

pb, dans III série des


811

HI A régurd de '/11,

011 n ' a

pa~

la

lIIèm e

Cèrlit udc, une

SI!I'IC

d'exemples garan tissant: 't' = skr. th , iran. 0, afm. th l même après r). mais quelques autres exemples tendant il indiquer le lrnilcmenl &t que rerait attendre le parallélisme. Les principaux faits sel'Oot examinés ci-dessous. lo Le slave confond i.-c . ' th et ' ph avec·/ et'p dans slave tel p. On a supposé que i.-c. '.h donnerait sI. x ; mais cette b ~' pot h èse a été combattue p. .l.r M. t.:hlc nbcck , J. F., XVII ,

p.95 et suÎv . el 177. M. Uhlenheck croît que ' khest représenté pal' i, comme ' ph e l 'th le sont par s I. p ct 1; mais étant donné qu'il s'agit d'une gutturale. une l'up1uI'c du parallélisme ne serai t pos surp.'enan te. Il n 'y a malheureusement d'exemple tout à fail décisif en aucun sens; on ne cOllnait aucun cas sûr do i.-e. 'kb donnant sI. k, et il y a plusieurs étymologies SlltisfQis..1.nles qui engagen t à lenir pour probabl e le traitement sI. x de L-e. ' kb; Il. Pedel'sen , K. Z., XL , 173 ct suiv. 5° Le baltique, le germanique, le celt ique el l 'italique confond ent entièrement les sourdes simples avec les sourdc!ol aspirées. Le l rnUement latin a été établi par M. Uhlenbeck. J. F., XIII, 21:1 el suiv. (v. cependan t lUl duute de M. Pedurlien ,

K. Z., LX,· 17S).

Les sourdei'J ospir~\'s tendent donc lt se confo nd ,'c avec les sourdes simples, f'l hl conrusion est tolale dans une sêrie continue de dialecte.o; . On est ainsi reduât à très peu de langues pour réLude de ces phonèmes. Les exemples relaLifs lt 'ph et 'kil sont con nus et assez clain! pour n'ovoir pHS besoin d 'etre énumérés ici. On noler.1 seu lement les deux qui apJluient le plusfortemen.L rhypothèse d'un lI11iterncnt x en slave : skr . çlllUM Il branche n , »CI'S. lib:, :lrm . cax, lit. S\:aklr; le raJlJlI'ochemenl de lit s,aka el dev. s I. soxa " bâton , fou rche " semble s'imposer, quoi qu'il Sûit contesté pal' tous les sava nts qui ont eXAmi né ces mols l'ecemmcnl (voir en dernier lieu, Str{'kelj, Arrh.J. sltUl. Phi:., XXVIII, .i.SH et suiv. ). sk r . kàkl)(/fj " il l'it aux édHtS )J. arm . xa.\'Il1IklI, g-r. 'UZ.i~~o.I,

v. sI. xoxotli; c'est une onomatopée comme l'est pour 'ph . skr, phllt-ktJroti H il sourfle Il , arm. phu"h H souffle Il , gr. or~:rx. lit. Plis/j, v. s1. py.'t'a/i, lnt . puslula; mais ceci ne change rien il l'application des lois phonétiques. Le rapprochement de v. sI. pftJl, r. pll't'dll, etc. et de lit. p/ikas ne s'explique bien qu'cn supposnnt ' "'' représentt! en slave par x (cr. A. MeiUet , hll/dn, p . tH ), Il ." n lieu d'examiner de plus près les exemples qui peuvent illustrer le traitement de i.-e. -fi, en grec . skr. prtlJ//ka/;J" petit d 'ani mal ", al'l11. orlb " vcau )t (Ihaprès r). gr. 7:~pn~ , dF":';I~. Cet ex'e mple est très important parce qu'il est le St~u l où i.-e. 'lb soit attesté d'une manière certaine par l'accord de deux langues; dans tous les autres cas, le ',h n'est attesté que pur le seul indo-iranien. gr. r.),:.,,:,~; ne peut litre sépnré de skI'. prtl"i/;J i' IMge ", zd Iw1fJ/lJ, ni û.r.~; (avec le vocalisme de r.i,Œt ~ ; ) de skr. prllfba/.1-, l.d jraSO i' hll'geur " (arm. )'ahh tt gra nd , énorme ", Ja l/bem " je remporte ... UI', je triomphe Il, avec IIJ, convie.ndruit phoRl!tique ment ; mais 1... sens fait difficulté); le nom propre Ilh~:m! est inséparable de sk~. Pl/hivf !< terre 11 et de gaul. Li/avin, v. ga ll . Litau, gallo Llydaw i< Armorique Il; 1':hu~>t ruppelle skr. pratbjm/m-: 1':/,:i!'l; i ' exlr tlmité plate d'un objet 11 est isoM (cf. cependa nt lat. planta" plante des pieds ", et le masculin skI'. prflJà/;J ." plat de la main Il, comme gt·. Û.:I-:. [;I) , ma is ~liL~~i, :î-:1'j rappelle v. sI. pldte " épaule '1 ; 1':;.2-::1'\1:; (nom d'arbre) est idenlitlue à gaul. Iilarw- , v . gall . Jjtan, v. ir!. ILlha". On a , avec 0, 'd~Ol:""; « plonche il preparer des gâ teaux,,; mais ce mot isolé ne peut en aucun cas prévaloil' contre les rapprochements préc~denls; le 'dh pourrait être un élargissement. auquel on comparerait d'autres é l argisse m enl~ de 'pol- , par exem ple \' . isl. flatr , V . h. fi . jI(l{ (avec 'd); d'ailleurs T.:i.:Hh>t,ç admet une étymologie différente (v . ull.{eI'Crnnb:, Z. Gritch.lAulgesch .. p. 69 et suiv. ). 1':,t.i>t"~Il\ , 'lt'iuO';I et dt~),,:;, 1t'bxi.~Y, ':::I-:i.. .,,: cf. zd paOOlI4," tlte ndu 'l, osso jâtân (1 intervocalique est représenté p:lr cl en ossèt.e; v.V. ~liller ,Spr. d. Omten, p. :l0), pers. palJlII: celle

"


famille de 1Il0ts Il· ét ant pas rep,·ésentée en SlI nskrit, le -tb n ·est attesté qu'en iranien; ailleurs, on ne peut avoir tlue t: lat. patœ, lil. ptlys «épaule " , v. ang!. /atdm ri extension des deux bras ", etc. ~:i-:Otï M chemin >1 et dr.o; " mer _ ont élé rapprochés de sJ..r, pllIIthiJ~J patM{J, patllibbib , zd Jxlntdo, pt/BU« c h~ min Il, v. sI. Nti, Y. pruss. pin/is, lat. pons (ponfis ), <l,1·nL hlili (avec chute de la dentale). -u-:p-::;, cf. skr. ralurtlNf~ Il quatrième .. ; mais ici le suffixe JXlurrait être --10- en grec j de même, on n'u pas le moyen de déterminer dans quelle mesure le suffixe grec I.l"abstraits tcls que &:iUTO; repond au surtixe skr. -Ibo- = zd -6a-, ou aU suffixe skr. -Ia- = zd -Ia-. .ni- (dans ta-t"ljtl\, !arlj'" eLc, ), cf. skr. sthii-; le t des <lutres langues est ambigu: zd s/4-, lal. jtà-, germ. slj}., lit. slo-, v. sl. sta-. On pourrait se demander si le -: grec ne tient pas au a precédent; mais le a n·exerce pas pareille action ; un arrépond 11 skr. sph- , arm.sph- dans Grctp."(iw, cf. skr. sph/Jrjatj et Jal. spartJ, et dans CfUP:'" Grr!tp2, cf. skI'. splJurati et arm. spbrtm. .nirw et -:iT~Ç , cf. skr. stMtati, cL lit. stâgas, laI. ttzd el toga, v. isl. fak. i;::WI'e; , cf. skr. ro&IiltbalJet v. b .:t. suozisto. Là où Kr. 0 semble repondre à skr. th, zd 9, on cst en présence d'une de ces alternances indo-europée nnes de sonores aspirées et de sourdes aspirées, donl ski-. naklHfm el pers. ndx/11I en regard de v. sI. nagliIJ, v, h . a. nagal, lat. /wguis, et c. sont un exemple certain . On a ainsi gr. Fcta-Ill, en regard de skr. ty, -tl}ll , got. wais-I el 1d doJii-fJa, lat. (1IIIudîs-)I1. On ndmeUra ici une a lternance d\! db et th, parei ll~ ;~t celle (lue ron observe entrc la 2 ~ plul" , nct. skr . -Iha- = gftlh. -t'd el 2~ plur. 01 0)'. p,·im. skr. -dfll't =g:tth . -dll)'ê, sec.-dlwal/l = ",iIlh . -dam ; on lit même 2- plur. 1Il0y. zd - ~. mais il n 'est pa s cel·lain <tue le -6 ne soit pas une graphie approximative au lieu de !. Un exemple d ·alternance -dh : -th moins surprenant. est roumi par gr. j;-o-x1'jO+,; en face de got. skajis " domml'ge H ,

irl. JUJ,/Hl;,n 1< j"endonunuKe >1 . On nntera que le th n' est pus directement "IHesté pu iS(IU ~ 10 sourde ne se ~lI conlre tlut' dans le group<' occidental. Enfin il faut écarter Il:!s tltymologies (ausses, comme I('r. :.d&~; CI tumulte de combat H en regard de skr. tlliIl/mAti, "ufnthalj, v. 51. t11{/~, lit. /Utnlùr~, v. isl. mplldull; la racine attestée I>ur l'indo-il·unien , le slave el le baltique a le s~ns technitlue de" brouiller. remuer un liquide ,,; mais elll~ Il·arrive pltS , dans ces langues, au sellS de 1\ tumulte de combat .. ; d 'aull-c part, le grec a un +, sans nasale; or la nasale ~st un élément constitutir dl' la racinl'; J'hypothèse , proposée par M . Rhrlich, K . Z., XLI, 28b , d 'une contamination entre * tle"e~; l't -;Jo:!'}:; est en I"Hir, car les noms thématiques n'ont pas d·alterIUmces vocaliques p rêsuflixules au (,:ours de la fl exion ; des autrcs mols citt,s par M. Ehrlich , 1. (. , un seul ser:.tit tlmbarl'al'\sftllt pOUl' la thê.-;e soulcnut\ ici : l/oe,,61,1;,dlt'l· "(:'I/o~j.,:j"e'IT.:r. tQ.F~~ ­ tU~ , Phrynichu~ ; mais ce Dlot i~ol é, dont la formation est peu clail'e, n ·a .rien dl' dëcisif ; le 9 peul d'ailleurs reposer sur -db altel'Oalll uvec */b; aueuli exemple de 0 gree n'est probant dans ces conditions. (Jwtnt ÎI la (ortn~ man/or de l·italique (". \Valde, Et. wOrt. sous mamphur), / suffit à avertir <fue le mol doit être 1..~8I'té; et le vocalisme a n'"est pas moins inadmissible. Les sourdes aspirées Ile sont dOli C complètement attest';l'S <fu'en indo-iranien et en arménien; le grec confond déjà -t ct -'h; lç .slav.e çlistinKue tout au plus -k de -/th. Le!> dialectes oCl'identaux confondent elltièremelli. On aperçoit ici un dévc).)PltClI1cnt commun ùes dialectes occidentaux, y compris le hallique et même le slave, mais Ïi l"e xc1usion , au moins Jlllflielle, du grec. rqui conser\'c nettement deul( des trois sou n,les "spirées é tablies Imr I·accoro de I·indo-iranicn d de I·arméllil'II .


I. A !>H·I'I .AN1"I:

CHAPITRE XII

LA SIFFLANTE S 11 Y a ici deux phénomènes il. considérer: le passage de s 1t la chuinlonte J, el le passage de s à l'nspiration h. ,1* J. En inda-irouien, ·s passe à J, et t après i, u, ,. (repré...enlnnt r et 1) (' 1 k. que ln si rtlanle soit suivie de voyelle ou de consonne ou linnl e de' mot.

.,1._

En slave, ·s est représenté par la spirante gutturale soul'dex (représentant sunsdoute un plus ancien /)" après i, u, r, k indaeuropéens (ou plutôt orientaux; car ·k,r donne s), m ais seulement devant voyelle suivante. Dès 10rlt il n'y a pas tl'exemples de •• ,- indo-européen devenont D t. etc., puisque t n'existe en indo-européen que dp.vnnt unc consonne sonore . La démonstration détaillée se trouve dans un grand article de M. Pedersen , 1. F .. V, :13 et suiv. Une conteslation a été élevée depuis p.1r ~I , Uhlenbeck, qui a,-ait d'abord soutenu'la même doctrine lJue M, Pedersen, doctrine aussi découverte par M, Fortunalov d'une manière indt!pendante (mais non publiée par ce savant). M. Uhlenbeck, K. Z., XXXIX, 59!) elsuiv., constate que la loi slaye et la loi indo-irnlliennc n ·ont. pas la même extension; le Iflave oppose pra.ni ct prfisli Ct poUssière" : l'indo--iranien aurait J dans le!> deux cas: ·s devient J après indo-iran . j représentant i.-e . •J. ce qui es t un traitement propre il. lïndo-iranien , etc.; m;lis c'est qu'il s'agit de phénomènes réalisés indépendamment, à date indo-européenne, par des parlers qui devaient devenil'les UIlS lïlldo-i"unien ct les autres le slovc : l'identité

.r

des formul es n'est pas nécesRaire en pareil cas, et de ml!me pour tous les faits considérés ici. M. Uhlenbp.ck observe des .\' slaves apres~. o. 0 : mnis ils sont tous suspech d'être "nnlo_ giques: l'j final de v. 51. btrdi suffit il exclure l'identification totale avec skr. blxirasi u tu portes ,) (cr. M. S, L., XIV, p. '12 etsuiv. ). Enfin il y a des cas où i.-e. ·rs donnernitsl. r{; mais ce traitement serait inconciliable avec des exemples certains où ·rs donne 51. rJ:, et les cas de r{ doivent s'expliquer par des contamination !j , ainsi dans tirflZii « hardi Il en race de gr, 0Pl::t:;;. skI'. tibrH"i~. comme on l'a supposé depuis longtemps; en aucun C:lS, il n'est ndmissible que·rs donne sI. · ft; car les anciennes sourde~ sc mAintiennent en slave avec une fixitp absolue, et l'on !le connart aucune sonorisation pareille en "lave commun. - Mjl.me si l'on tient pour admissible le passage slave de s à { en certaines conditions, il n'y fluraÜ pas lieu de renoncer pour ceLa nu rapport enll-c indo-iran. J et sI. ).. comme le montre M. Pedersen , K. Z., XL , 179. Étant donné qu'il s'agit d'un fait dialectal indo-européen, l'inno'vation indo-iranienne et l'innovation slave sont donc parallèles (cr. Brugmann, Grundr. It, § SUL AIIII! , 2, p, 127 et sui". ), Le lituanien a aussi J après i, u, r, k ; mais il pr..!scnte égalelernent J dans les mêmes condilions, et l'on n'a pas réussi A déterminer avec rigueur suivant quelle loi se répartissent J et J, pourquoi par exemple on fi lit. biwA = v. 51. bl,ixa, mais lit. VttllJ{llS = v. sI. t'tftixii. [.'Enebeiridioll vieux prussien a quelques exemples isolés.je -ru"- il. côtti de -rs-, notamment pirJdxJali it c6l"; de pirJdau, et pogirubnan à côté de pogirJfl4n ( v, Berneker, Die pre/w. Spr:. p. t61 et suiv .). On citera aussi Imhts to sixième ", cf. skI'. ialtha~ (le degré zéro de l'êlément présuffixal du mot vieux prussien esl correct au point de vue indo-européen ). Pour l'arménien, il est malaisé de trouver un témoignage valable. Les exemples tbarJo", ct tad;", ont été repoussés par M. Pedersen, K. Z" XXXIX, t 13 ; et en effet ·rs donne arm. r dans des cas s\Îrscommeor=v. h. a . ars, gr. :pp':;. et tha;Qm «sec >l, synonyme de IbarJotn, Mais il semble bien que le repré-


Hfi

DIALECTF.S IsnO-EU II.OPÉF. SfI

sentant ~ dei.-e. -ks ait passé par une pronoDciationchuintante; autrement on ne s'e xpliquerait pas arm. vd-tasan CI seize ", en Cace de t'tf '1 six: >l, cf. gr . ', 1;; quand le J de vtltaJan s'est fixé, la prononcit\tion devait être quelque chose comme ·f (le ? historiquement atte.'lté dans une sérit> de mols résulte, en revanche, d'a ltérations postérieures) ; de même le correspondant Dr} « ours" de skr. [!iD};, gr. ipx,,::;, etc., a lm nsformé en sonore } le -? ancien répondant à "kr. kf et gr. 7.": , avant avsnt que ce ~ ait perdu sa prononciation chui ntante, d 'où Dr} en Cace de 't.Itf CI six »; on ne saurait dire que i l''é ponde ici li ·-ksy-. car il n'y a nulle part trace d 'un .y dans le nom de l'ours (lat. IIWIS, ir!. art, etc, ), et rien ne prouve que --ksyait donné]; car le rapprochement de ann, al « droit ), avec gr. ciel:l; ne vaut pas c('luj avec skr. JàdhliJ; proposé depuis par M. Lidén, A""" Stud .. 7~ et suiv, Il y a ainsi trace de J en arménien au moins après gutturale . Le passage de sil. J en certaines conditions est donc constant en indo-iranien; en slave, il subit une grave limitation (qui résulte peut-être d' un retour de ! â s au moment où J est de,,'enu x); en baltique , il est seulement partiel; en arménien , il n'yen a que des traces douteuses ou contestées pour la plupart Sur 1't\lbanais, il est malaisé de se prononcer parce que le traitement de J y t"st très compliqué , Quant aux autres lanlfUes, on n'y rencontre pas de S représenté par une ancienne chuintanl.e qui puisse être d e date indo-européenne. Ll\ ligne du traitement Jl l coïncide donc en gros avec celle du traitement des gutturales; et ceci est important ; car, dans les deux cns, il y a innovation parallèle des dialectes orientaux, 2' h. Le passage de 1. à h, qui esl un simple phé[l(lmène d 'ouverture de la consonne, s'est realisé dans le domaine celt ique d'une manière tout !t Cait indépendante, L 'J- initial se maintient généralement en Kau lois el en irlandA is ; toutefois , dans les mots inaccentués et accessoires, S est devenu en irlandais h, qui est tombé ; de là, le contraste de v, irl. Jamait " ressemblance >1 et de amail (alliai ) 41 comme)1 ; dans les dialectes brittonique~ , le passage de s in itial à h est con!ltant devant voyelle ,

LA IIIPPLANTF. S

H7

D:t ll!l truill langu~s inclo-<"uropéennes, dont le groupement ('sl significatir, li savoir en grec, en arménien el en iranien, le pnss,'lge de J il 11 a lieu, non comme en brittonique il date relativement récente, maiS:llllérieuremenl aux plus anciens texte!! Et : dans It's trois, la Cormule est exactement la m ~ me : pasSent ;'\ h ies · 5 placé-'i devant voyelle ft l'Initiale et enlre vo"elles à l'int~rieur du mot, et de plus une partie des · s devant ; t npres ~:la nll's; - 5 subsiste avant et après une occlusi,'e, En ce qui conce rne l'iranien , If' pa ssage de ' 5 ft b est antérieul' aux inscriptions achéménides, aux gf,thas el aux premièl'es trauscrijltions de noms iraniens en grec (témoin ' I~ ~~ .. ), En nrménien, le p;IRsnge de · s à /, n'est pas seulement antérieur nux plus anciens tex tes, ce qui n "est pas beaucoup dire; maili, à l'époque de ces tex tes , b issu de J est déjà tombé entre voyelles fi l'intérieur du mot sans exception, et li. l'initia le dans la plup:l rt des cas: twtlm t< sept ",om n Il <Juelqu'un ,,(cf, gut. samit" même H . sl/m.r H quelqu 'un "), alll " année u; et IN où l'on 1\ h, comme dans I,ù' (( :tncien u, on peut se dema nde.. si ce "est plus etymolo/{ique que celui d e Imm ( j cru ", cf, ':111-:; , skr. lIlIIdh ir!. 0111; de IJtJ/I g rand' mère >J , cr, lat. anI/S, v. h. n, -a'lIIa·, gr, :i;'lvf; ; Je IMW " grand-père ", cr, la t. aMS, v, pruss, awis; de haw " oiseau ", cr. lat. al/is; de IJtJ5DlltI " arri' "er "1 cr. skr. 1Jf110ti; etc ,: le h issu rle .p initial se mai ntient enco re li peu prC~ co nsta mment au contraire: hem, het (mais otn), lm", IMY , etc, En grec, le passage de S li. " e~l nUlisi de beaucoup antérieur à l'époque historiq ue; l, intervocalique n'a laisst' de traces dans aucuI} dialecte ; h initial (esprit rude) se maintient dans une partie des pi,rlers , mais n dispnru d 'un g raml nomhre d'auLres dès avan t l'époque des premiers textes épigraphiques et littéraires (v. Thumb , Spiritl/s asptr,pasJÎm), La co ncorda nce de ce passage de ' J a ", dans trois langues voisines , et en des conditions pareilles, semble indiquer un ra it dinlect.,l de date indo-eurOpéenne , Mais c'est un fait indo-européen relativement récent. On a d~ux indices de ce caractère peu ancif'1l du phénomène, 10 Le passage de J intervocalique Il. h t"n iranien est poRtéj'


IlIALECTEfI Il"DO-f,UROPtENfI

rieur au chnngement de "$ en J après i et 1/; caron a Îran . iJa , IIJa, et non ihn , uha. On voit par là que le changement, Ii'il est de date indo-européenne, ft eu lieu de manière autonome dans chaque parler, comme tous les ,mtl'es changements considérés; ce point ne doit jamais être perdu de vue. 2° L'assi milation de " $ initial il une ancit>nne prépalatale a eu lieu avant le passage de .$ initial ft h devant wen arménien, comme le montre arm . skt!l/r 4< mère du mari ", cr. gr. ',Cltllp:l , zd XfX1SlIra- (lit. S{ls{lfras, skr. çWç/lrah, ont subi la même assimilation que l'arménien ), L'assimilation n'a pas eu lieu en iranien , ainsi que l'indique zd .noasura.

CHAPITRE XIII

LES )!UTATIONS CONSONANTIQUES DU GERMANIQ(jE ET DE L' AHMI~NIEN

Le germanique et l'arménien présentent des mutations consonantiques de tout point semblables. Cette "ymétrie des deux langues , signalée pour la première fois , M. S. L., VII, 161 el suiv. (cf. depuis A. Meillel , Esqllisst d'uPIe gra m",. romp. de l'arm. class., ï et sui" .) est encore mise en doute par Hübschmann, Arm. Gramm ., l , 407 et suiv. , mais elle a été entièrement confirmée par l'étude dt!laill ée de M. Pedersen, K . Z., XXXIX, 334 et suil'. et par les nouveaux rapprochements de M. Lidén, Arl/l. Stùd. (Güteborg, 1906). Elle sera tenue ici pour acquise. Sur les anciennes sonores aspirées, on ne peut presque rieq dire . Pour le germanique, on enseigne d 'ordinaire, 1\ la suite de M. H. Paul, que i.-e. ·gh, ·db, ·bh Yseraient représentés par deI< spirantes sonores ':' d, ~; mais les preuves sur lesquelles repose celte doctrine n'ont rien de décisif. On s'appuie sur le fait, qui semble en efret certain, que entre voyelles) le germanique commun avait -;. d, b; mais le8 consonnes intervocaliques tendent en général li s'ouvrir, et la prononciation spiran~e des sonores intervocaliques trouve en iranien , en arménien eten irlandais des pendants exacts; c'est du reste un des traits les plus curieux du parallélisme de développement (autonome) de chacun des dialectes occidentaux (autres quê le grec que 44 l'ouverture fi des consonnes intervocaliques),


!Ill ouverture dont la prononciation "piranle des ,,(mores g'emlaniques en tre voyelles n'est (lU 'u n cas particulier ; ces phénomènes d 'ou verture des intenocflliques !'le mnllireste nt dan .. des cas divers et de maniè res div('I'SfS en latin (et e nsuite it des degrés divers dans chacunp. des la ngues romanes), en osque et e n ombrie n, dans les dialectes celtiques (sous des formes très différentes en brittonique d 'une part , en tcaélique de l'autr,,) el dans les dialectes germaniques (notamment SOliS forme de sonorisation des 50UI'1lell iutervocaliques) ; flU contraire le grec et surtout le baltique cl le slave conservent c n général aux in tervocaliques le mê me traitement qu'aux illitinles, et c'est l'une des particu lArités les plus ol'iginnles dl' ces trois l:mE:'ul's que la conservation des consonnes inlervoca liques; il n'y a donc rien k conclure, pour le ca!! de l'ini, tiale, du traitement spirant in té,'ieur des sonores représentant e n germanique Il'!'! sonores aspirées iodo-européennes. _ (In !l'appuie d'aut.'e pa rt su r ce que certains dialectes germn niques occidenlnux, notnmment le ,- ie i! a ngillis, ont , même a l'initiale, un g spirant : mais g es t , d'une manière généra le, sujet à d wenir spira nt en des cas où les autres occlush'es sonores demeurent, ainsi e n tchèque et en petit russe, ou en arabe. Il n'y a donc pas de raison de c roire .que ·bIJ, -dh, ·KIJ .'Iont représentés par des spira ntes en germa nique commun ; la où l'on rencont re des spiran tps, de!'! fnits connus de phonétique gf.nérale permettent de le~ pxp liquer aisément en partant de b, d, l /(ermaniques commun!!. - Les conson nes arménie nn es qu'on t ranscrit par b, d, g, i , j sont des sOLiores; elles I)QSS(~­ daient sa ns doute quelques p:\rlicularité!! de l'tl mis!lion glottale qu'il n 'cst pas fa cile de définir (cf. P edersen, K . Z., XXXIX , p. :!:i6 et suiv .). Le" inte r vocalique est devenu la spirante qui est notl!e t- ou w suivant la voyelle qui précède. Si on ,laisse de cllté les sonores aspirées qui n'offrent pns d'intérêt spécial , et les sourdes a!lpirées dont il a déjà ét é question , on voit que l'arménien et le germanique ,,'accordent ft présenter de ux innovations: p Les a n cie nn e~ sonores simples -h, -d, ·c sont représentées

LI-:II ~UTA.T .OXS r.OXSONA.l'ITIQt:1::.5

9.

pardessourdes , soit got. p, t, k, q ; arm . p, t, c, •. Ces &ourde. arméniennes devaient ê tre des douces , e t hon des fortes, à en juger par les dialectes modernes, dont Ip.s un s ont des sourdes douces (type « orielüal ») et les autres des sonore!' (type {( occidt>ntal .. ). 2° Les anciennes sourdes simples sont représentées en arménien par des sourdes aspirées douces: th, .b; le .ph doux n déjà passé 11 h à l'initiale, 11 w, tI e ntre voyelle.'!; la prépalatale·.1 donne J . - Le germanique commu n n'A plus les sourdes Qspi. rées douces que l'arménien a encore e n partie, mais déjlt les spirantes sourdes qui e n son t issues: x '(d'olt got. h), f, f ; la diffirence est la même, on le voit, qu'entre gr . 1" G,:t: et lat. f, h (qui répondent It skr. bh, dh, lh, b); en position intervooalique, Ills spirantes sont devenues sonores ; la sonorisation est empêchée après la voyelle de la syllabe initiale quand celle-ci porte le ton ( loi de Ve rner , qui n'est prouvée que pour ce cas tout particulie r du comme ncement du Q1ot) ; après les nutres voyellev, le!'> conditio ns de ln 8OnoriSRtion ne sont pas définies dans Iii plupart des dialectes; en gotique, il n'y a pas sonorisatio n {Iuand unI! sonore ouvre la syllabe précédente (loi de \Vrede-Thurneyse'n). Le principe du faï t arménien e t du Cait germanique est le même : se ulement pour le germanique, o n ne trouve attestée qu'une phase relati"ement avancée du développement dont l'armé nil!n présente e ncore presque le début. Le changem ent essentiel des sourdes et des sonores se lais.'!e ramener 11 une fo rmule unique: les vibrations glottales sont retardées par rapporU l'explosion de l'ooclusive (cf. J. F ., X , p . 63 et suiv,) . Dès lors , les sourdes qui, nu t émoignage de toutes les langues indo-européennes autres que le germanique et l'armtlnien , étaient fortes e t non aspirées, deviennent des aspirées: les vibrations glottales, au lieu de commencer aussitôt apri!s l'explosion, sans aucun intervalle, comme il a rrive aujourd'hui dans III. plupart des langues roma nes et slaves par exemple, ne comm '!ncent que plus tard, et un souCtle sourd s 'insère entre l'explosion et le commencement de la voyelle : ·t devient th ('t


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·k devienUh, ce qui est l'état de l'arménien ancien ; ces aspirées sont des douces articulées sans intensité, II. peu près comme des !Klnores: par suite elles sont sujettes à devenir sonores en de certaines condition!i (après" et r en arménien, ou aussi dans des mots accessoires comme le dérn"onslratif arm. da u iste ,) et le pronom orm. du u toi Il) ou spirantes , ce qui a eu lieu en germanique. Quant aux !ionores indoeuropéennes, l'es vibra tions glottales co mme n ~~ aient sans doute au moment même de l'implosion , ce qui est l'état présenté aujourd 'hui par la plupart des langues romanes et slaves; retardées en germanique et en arménien, elles n 'ont plus commencé qu'au momen t de l'explosioh ; les Monores devenaient ainsi des sourdes douces, étal représenté par l'arménien ; ces douces sont devenues des fortes par la suite. en germanique (sur le principe physiologique des développements supposés ici, Y. J. F., Ali,., XV, p. 216 et suiv. ). La cOllcordance deK fuits arménie ns et gel'mlmiques est complète, et il est tl'ès tentant d 'en reporter le point de départ à une innovation dialectale de date indo-européenne, les premières objections qui se p résentent tout d 'abord se laissant lever à la rigueur. - t o L'arménien et le germanique sont parlés en des régions assez éloignét!s, au mom ent où l'un et l'autre apparaisse nt dans l'histoire; mais l'arménien a sûrement été tl"dnspor lé loin de so n ce ntre d'origine et a pri~ la place d'une langue a ntérieure tout autre, dont on possède des inscriptions en caractères cunéiformes, les inscriptions vanniqueli; et un têmoignl:lge historique, que les fails linguistiques ne confirmen t pas entiÈ'remen l , mais n'infirment pas non plus, fail descendre les Arméniens des Phrygiens, et ceux-ci des Thraces (v. Krelschm er, EÙlkitllng, p. 208 et suiv ., et Hirl, Die [lldoger/J/anen, p. 600), (Toutefois , les l'estes du phrygien el du thrace que l'on possède n'ont rien qui indique même un commencement de mutation consonantique). 20 Certains mots empruntés è. des langues voisine... ont subi 1" mutation consonantique ; ainsi le nom de peuple gaulois Yo/cal est représenté Jh'l.r v. h. a. lI' a/ah, v. angl. Wta/h; le mot

ua achéménide -ptJrida;:;'lJ- t< jardin Il (zd pairidat{a-, gr. r.2p:.i!I~Il'OÇ ) a fourni arm. parttz' (avec t et non d) ; mais on conçoit que, à un moment donné, -kh ait été I.e phonème germanique préhistorique qui rendait de la manière la moins ineucte un i gaulois; de là est sorti le x germanique, d'où b; on conçoit de même que la douce sourde t ait été le phonème arD\énien qui reDl~,ait le moins mal l'occlusive sonore iranienne d en certains.cas, Ces emprunts n'établissent donc pas que le commencement des mutations consonantiques de l'arménien et du germanique ne L'alphabet runique, soit pas de date indo-européenne. dont la constitution est très ancienne. attesle déjà un achèvement total du premier stade de 10 mutation (v. Hempl, Tourn . germ. phil., IV, p. 70 et suiv. ). Toutefois, il n'y a pas de raison décisi.ve qui oblige à reporter les deux mutations Il un fait dialectal indo-européen. Tout d 'abord, il ne s'agit que de deux langues , et par suite la force probante de la concordance est le plus faible possible.. En second lieu, les mutations consonantiques ne sont pa.'ides faits rares ou pal1.iculiel'6 aux deux langues en question : les dialectes bantous en olTrent de tout pareils ; l'araméen ' représente par des aspirées (devenues spirantes entre voyelles) les sourdes sémitiques non emphatiques. Et surtout, les deux mutation., celle du germanique comme celle de l'l:Irménien, n'apparailSsent pas comme des restes de transformations phonétiques très anci.ennes, dont les effets subsistent, mai~ dont l'action a cessé, cc qui est le cas de tous les fails phonétiques étudiés dM! les chapitres précédents . Les tendances dont les lois de mutation consonantique arménien nes et germaniques sont l'expressionont commencé d'agir avant l'époque historiq ue, mais elles sont encore en pleine action à celle époque même et persistent en partie jusqu 'li. présent. l)ne second(> mutation a eu lieu en llflet en haut allemand, Et la prononciation aspirëe (ou atTriqUée) des sourdes p, l, A, la prononciation en partie sourde des sonores b, d, g en anglais et en danois constituent aussi en réalité un e seconde mutation, qui pour être moins évidente que celle du haut allemand) n'en


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J)IALl::cn,l'\ I NDO-t:UROl'tENS

est pas moins réelle. En allemand même, la prononciation aspirée des sourdes, el la prononciation assourdie des sonores que décrit très bien M. Rousselot. Principes de phcmitique exptrimmtole, p . .\97 et suiv ., constituent une troisième mutation consonantil.lue. Certain s dialectes arméniens offrent de même une seconde mutation consonantique, donl les expériences de M. Adjarian, consignées dans la Parrlt, 1899, p. ii9-127 , et analysées dans les Principes de M. Housselot, p . 502 el suÎ\'., donnent une idée. La persista nce de la tendance 11 la mutatioll jusqu'à l'époque présente n'indique pas Ufit! date très ancienne pour le phénomène, Il y a donc de grandes challces pour que' la mutation ait eu· lieu de manière indépendante en arménien et en germanique. M. Hirt (Die lruJogermamn, p. 616) a supposé que la mutation consonantique est une conséquence immédiate du développement d'un accent d'intensité; mais des langues qui ontun fort accent d 'intensité comme l'irlandais ou le russe moderne n'ont pas de mutations pareilles; et le passage de p, " k li. ph , th, kh n'est qu'une des parties de la mutation . Les fails toscans relevés par M. Josselyn dans son travail sur la phonétique italienne (paru dan~ la Parole, el séparément comme thèse de l'Université de Paris) montrenl co mment peul se produire un phénomène de ce genre : M. J ossel,}'n a observé à Sienne une prononciation aspirée des sourde", (prononciation qui explique la fOJ;:me spirante prise par les sourdes intervocaliqul!s en toscan) el une prononciation assourdie (à la manière allemande) des sonores; or le toscan est du latin parlé par des descendants d' hommes dont la langue était l'étrusque , el l'on K8it que l'étrusque n'avait pa'" d'occlusives sonores. M. Schuchardt (SlatWtitutschts und Slawoitalit"ischts [ 1885], p. 12 et suiv.) a d ~jà indiqué l'hypothèse que certaines particularités de la prononciation des consonnes en toscan résulteraient du main· lien de pronollciations étrusques, Au moment où les dialectes indo-européens qui sont devenus l'arménien et le germanique ont été assimilés par des populations qui aspiraient les sourdes et n'avaient pas de vraies sonores, la mutation a pu commen-

cer, et la tendance a persisté dès lors, produisant pendaot un temps illimité, et aujourd'hui encore, des effetsnouveault. Si , comme le croit M. Hirt, les Gel'mains occupent en partie le domaine qui était le domaine indo-eurOpéen commun , il n'en résulte pas qu 'ils aient. occupé la région sans interruption, ni qu'ils n 'a ient pas subi d'invasion étrangère lout. en préservant leur langue, ni qu'ils n'aient pas absorhé des populations vojsines qu'ils auraient soumises. Les faits sont inconnus mais . ' II ne manque pas de possibilités qui rendent légitime l'hypothèse présentée ici de l'influence d'un substrat. éh'3nger. Dans ses GrondiN.gùiSt.lt11 der psychologisclJt. TaaJwtlemchap, Il , p. 2,(0 et suiv. I , le P . Jac. van Ginneken a exposé en détail une hypothèse analogue pour le germaniqu,e; mais il a eu le tort d'attribuer à une influence celtique le point de départ de la mutation consonantique. Sans rechercher si le celtique a pu exercel' sur le germanique une influence aussi p'rofonde - quelques emprunts de vocabulaire en (partie contestables en l'espèce) ne pro"Uvent jamais une forle influence linguistique - , il suffit en elTelde constater que le celtique lui-m~me h 'o. aucune trace de mutation : il présente une ouverture des consonnes intel'vocaliques, comme M. Pedersen l'a montré ; mais cette ouverture, qui a eu lieu séparément dans chacun des dialectes celtiques, n'a rien de commun "vec la mutation consonantique, dont le principe est tout entier dans un retard des vibrations glottal{"s par rapporl il l'explosion des occlusive!' ; d 'autres phénomènes sont consécutifs 11 ce:>fremier changement et en résultent directement ou indirectement; de là proviennent quelqnes coIncidences partiell es, tout accidentelles, avec des faits irlandais ; mais toutes les com plications ullérieures ne doivent pas faire p~rdre de vue le fait initiaL M. Bréal a aus",j supposé que la mutation consonantique du germanique est tlue à une influence é lrangèl'e, malS sans pou1. " oit· maintenant l'M itlon r"ll nçaise de c(' remarquable OUVrI!;"(' , rh·liI19ui.lique p.ychologi'lue, p. ·\65 tH IIu il'. [Note de cur"cction J. P "Ïltci/N"


96 vOir déterminer cette inl1uence qui demt>ure i:!nigmalique ! ' -.

Revue de Paris, XIV,6 [nnnée 1901]. p,"!)9etsuiv.) . 11 con\'Îenl donc sans doute de separer les faits arméniens Cails germaniques: les possibilités phonétiques solll en nombre i res limité, et la réalisation d'une même possibilitê dans deux langues indo-europé~nnes ne sumt pas à autoriser l'hypothèse d'un rapprochement dialectal li l'inlérieurde l'indo· européen. L'armé nien et le germanique appart iennent du reste à des groupes assez différents el ne présentent aucune auire particularité qui ne serait propre qu'à ces deux langues. Il y a entre les deux des resse mblances de structure assez frappantes, mais qui tiennent it des développements indépendants. Ainsi le germanique et l'nrlllénien s'accordent il former leur participe passé et leur infinitif au moyen d'un m ème suflixe; mais ce surtixe est *.1/0'- en germanique (got. baI/railS et bairall ), *'/0en arméni(>n (arm. bmal et btrel). L'infinitif est unique et tiré du thème du pré'lent, ce qui s'e:o::plique fa cilement e ll gernUInique: seul le thème du pn!sent a conservê son p.... rticipe actif, tandis que le thème,du préterit n'en a aucun; la .même' explication doit s'appliquer il l'arménien, bien que à date historique le participe présen' ac tif se t rouve n'y être p ....s plus attesté que le participe prétérit nclir. De pareils p<U'allélismes de développemen t n 'établissent pas une parenté dialectale. de~

CH.\PITRE XIV

L ' At:GME~l' L'augment n'est attesté que dans t rois lan8'1es : indo-iranien, arménien, grec; il mnnque entièl't ment. partout ailleurs. L'absence d'augment dans la l,lus grande partie du domaine indo-européen ne s'lUl'ait surprendre; car, meme dans les langues oû il existe. les plus [!Aciens textes en révèlen{ un emploi facultatif. S'il esL de rigueur dans les inscriptions achéménides , il fnil dMaut pl'esque const.amment dans l'AvesL'l ; dans les anciens textes védiques il manque souvent ; el , aussi longtemps que les formes Il augment ont persisté en pAli et dans les pnikrits, ce caract.ère facultatif se maintient. En grec ancien. l'augment. est de rigueur dans tous les dialectes; seule. la langue homerique a encortl la faculté de n'en pas user, conser,'ant pal' archaïsme littéraire, ici comme ailleuts. de~ habitudes aoolies dans ln langue parlée. En vêdique et dans les prâkrits , comme che~ Homère , c'est surtout. l'étendue du mot qui tend il regler la presence et. l'absence de l'augment. comme ra monlré M. 'Vackernagel, W orlumfnnj: I/nd W orlfi'rtll , Nachrich/m de r Acadllmie de Godlingue. HI06. Cc qui n'est qu 'une tendllnce dans ces vieux t.extes est. Cil .ulcien ;wménien, une ri!gle absolue: rel;oivent l"oug-ment lèS fOl'llH!!I vel·f>a:lcs commell\"ant par une consonne qui , sans cette ;uJdi tion , se raient monosyllnbiques ': (bu Cf il li l)(}rlé == gr. arE'::! ", skr. /IMam / , en face de btri 1< j'ai porté ,,; du Il j'ni donné '1 en fnce de ItlaklJ ( nous avonH donn é ,, ; l't, comme le monosyllahisme t1'ull e fOI'me tt'Ilt' que Qt'm . • brr ou Di" lt"' r~ j"d".t"r"l.fe,,~


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OIALI::C1"ES 1 ~1>O-l::ll l\O~i:E:;1i

oc co il

conduit " est dù il une chute de voyelle lioate proprement arménienne, celle règle atteste indirectement le caractère fAcultatif de l'augment cn arménien préh istorique, c'est-fil-dire un état pareil Il celui que présentent. en fail le védique el le grec homérique. Il

L'augment n'est pas un élément essentiel el constitutif de la Corme verbale ; on l' Il prouvé depuis longtemps en invoquant le fail hellénique suivant : de même qu'il ne peut reculer nudelà du préverbe qui précède immédialerncnlle verbe, le ton Ile peut reculer en grec au delà de l'augment ; on Il 'u;:-i-c-I.:v commcallj1--;;-p;"'t<;. L' augmenlcsldonc lro.ilé comme un préverbe, c'esl-à-direcomme un mot qui, en incio-cUI'opéen, était rigoul'cusemenl autonome . - Et, en elTet, si l'augment faisait parti~ de la forme verbale, il serait un prétixe; or, il n'y a aucun autre pl'élixe en indo-européen, el J'augment serait l'uniqUE! exemple de préfixation dons le système grammatical indo-européen tout entier. Dans les trois langues où il figure, J'augment a très longtemps persisté. Le grec mod('rne en fait encore usage régulièrement, malgré les chutes fréqu entes de "oyelles initiales qui earaclt'lrisent éminemment celte langue. Tout altéré qu'il soil à la date relativement basse où il esl attesté, l'arménien remploie d 'une manière constante dans les conditions indiquét!s, el, s'il ne le possède plus au moyen âge et à l'époque model'nt!, c'est qu'il a progressivement éliminé les form es où figurait l'augment et a oblenu le polYFiyllabisillP de toutes les personnes de l'aoriste par d'autres procédés, Dans l'Inde , l'augment a duré autant que les forme!'! d 'im parfaits el d 'aOl'is tes où il éwit en usage : le pâli elles prâkrits le possMent encore. En iT"dnien . la suhstitution de!'! formes participiales aux form es personnelles a entraîné natUl'Cllemenl hl perte de l'augmcnt déjà en pehlvi; mais, dans un dialecte t>loigné où l'aoriste s'est maintenu par exception, le Yughnobi, l'augment s'est maintenu aussi jusqu'à présent lGeigel', Grl/udr. d. irall. Phil., l, 2, 1). 34.0 et suiv. ), En dépit de son cara ctèl'e " n('iennement racultatif et accessoire, l'<mgmenl est JOlie uu déllllolul

t,.,',

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stab le dans 1•• g-up" dia ' d o-européennes ", e ngues lU qui le possèdent. Il est dès lors très significatif que l"augmentne se rencontre absolument pas dans toules les autres langues indo-européennes. Puisque l'augment n 'est jamais un élément elô!ientiel ct nécessaire de la forme verbale - ou du moins n'elôt dC"e uu nécessaire qu'au cours du développement du sanskl'it, du ,'ieux perse, du grec, de l'arménien - il n'y ;:t pas lieu de s'étonner qu'il manque tout à fail sur un vaste domaine continu. Et cette absence de l'augment n 'est pas due à une chute relativement récente . Car, d'une part, même dans des conditions où, li. en juger par l'indo·iranien, le grec et l'arménien , on s'attendrait li. trouver trace de l'augmeot, iL n'en subsiste rien daos les langues. en question , pas même dans des formes isolées. Et d'autre parl, l'absence d 'augment a déterminé ou contribué il détel'll\iuer le déve loppement pris par les rormes verbales. L'absence tolale d'augment dès les plus anciens textes el dans tous les dialectes de l'italique, du celtique, du germanique , du baltique et du slave est caractéristique. L 'italique est connu à une date un peu moins aucit>nne que l'indo-iranien et le grec. mais aussi avant l 'époque chrétienne ; et il l'esl par plusieurs dialecles bi('n distincL.. ; or , dès l'inscriplion de Duenos, on trouve lin prêtérit latin saliS ;mgment jeud, et ni le latin, ni l'osque , ni l'ombl'ien n 'ont un seul l'este d'augment. Les autres langues sont connues plus wrd, mais les un es, comme le gotique, le norrois runique, l'irlandais, il peu près à la même da te que l'arnu:nien , d 'autres, colllme le vieux pl'ussien, le lituanien , les di"lectes slaves, sous des rormes h-.!s archaïques; el 11oUl' toules. on possède d e~ dialectes divers en plus ou moins grand nombre ; nulle )}'1. rt , il n'y a trace d ·ougment. 0 .. a pm'fu is cherché un au..gment dans ~ot. iddja il je suis allé ,, ; mais mnintellanl on li presque universellemenl renoncé il le faire (cf. Trilutmann , GtmulI/ürht LoliitUt I"t. p. Hi). Il surHt ,t'opposer ce manque constant d'augment dès


wo la date la plus ancienne el dans tous les dialectes de ces langues Il la longue persistance de l'augment ~n K"rec, en indo-iranien el en arménien pour conclure Il l'absence initiale de ce proc~dé morphologique sur tout le domaine considéré. Et c'est ce que confi'rrue l'examen des formes du prétérit dans ces mêmes langues. Le!! désinences secondaires ne suffisent pas Il opposer clairement l'imparrait au présent ; des fonnes comme hom o yi?::> ....,,,, Tifl~! sont même entièrement .ambiguës Il cet égard, Le système de l'imparfait et du présent, skI':. Ithbaram Il côté de bbdrdmi, gr. l'l'lPC" à c6t~ de ,ip,"" ne s'est donc maintenu qu'en indo-iranien et en grec, dans les langues où existait l'augment, par lequel se caractérisaient les fonnes trop peu netLes. Le slave a encore des traces d'imparfait; mais ces form es servent d'aoriste, et ce ne sonl que des restes isolés : les quelques aoristes radicaux tt'I,s que padfj ,~ je suis tombtio " Il cMé de pade, et les 2~· et 3· personnes du type nue qui remplissent une lacune des aoristes en -S· , tels qutl nts,j, Le slave et le latin ont remplacé par des form es nouvelles: v. sI. tltst4X.Ü, lat. feribam, l'ancién imparfait qui , sans augment, n'était pas assez caractérisé. En irlandais , les désinences secondaires ont été affectées Il un emploi tout particulier : distinction de la flexion conjointe et de la ttexion absolue (cC. Rttlllutltique. XXVII, p. 369 et suiv. ) ; et il a étl créé une forme nou\'elle , dite souvent present secondaire, qui ne continue pas l'ancien imparfait. Le lituanien a formé un imparfait d' habitude , tout aussi nouveau que fertbam et ntsiaxü, le ty pe SliktiatJall. Le germanique n'a rie n qui tienne la place de l'imparfait . Les mêmes langues ont constitue un pl'éwrit qui tient de l'aoriste el du parfait indo-européens , et qui pn,;sente des caractéristiques très nettes et bie'n dcfinies, en grande patiie spéciales lt chaque langue: la1. probdfli 1 osq. prufatted, 'Y, ir!. rll rams to j'ai aimé ", gol. snlbvd/r " fai oint li, lit, pàsakojau u j'ai raconté », v. sI. dûaxfl ~(fa i fait" sont autant de formations originales, où le prétérit H. une expression indépendante des désinences secondaires, et où même, comme en irlandais ~t en lituanien, la distinction

101 des désinences primaires et secondaires peut n'avoir plus aucun rôle. Ainsi la manière dont l'italique, le celtiqut', le germanique, le baltique et le sln\'s ont éliminé l'imparfait et exprimé le prétérit suppose que l'absence d'augment est ancienne dans tout ct' groupe de langues , donc de date indoeuropéenne . Il y a par suite lieu de poser ici deux groupes dialectaux indo.eul'Opéens distincl.. ; et ceci montre que dell lignes d'i80glosses peuvent être tracées il l'intérieur de l'indo-européen aussi bien en morphologie qu'en phonétique, C'est ce que conlinne l'examen d 'un certain nombre de cas, où la répp.rtition dialectale- est un peu moins ~'Yidente,


r.HAPITHF. XY

LE PARFAIT Le purfait est en indo-eUl'opéen une formation singulière "tous tIgnrds : il a des désinences qui lui sont propres, à l'actif ct peut·titre même au moyen , et un 8unixe de participe actif (surtout nu singulier) qui lui est aussi particulier; le vocalisme prédésinentiel du sinl-rulier actif est le voca lisme -0- (et non -t~ ) . contrairement Il ce que l'on observe dans la plupart deI! autres formes athématiques (toutefois v. angl. et v. sax. dllm, v. h. IL IlIom " je Cais ". et arm . ulem " je mange Il montrent que le timbre 0 n 'é~it pas entièrement exclu du présent radical nthémntique): le redoublement est régulièrement en t (gr. ;'i"~\r.~ ) ou reproduit un j ou un u de la racine (skr. tull/dt= lat. fUll/di, skr. rjrua ) ; enfin le tOl\ , au lieu de se mouvoi., entre la syllabe initiale du thème et la désinence, comme ou présent (véd,blbbarmi,bibIJflmisi; gr, ~la~~UI, !1~:61i,mais !(!:al3:;u) sc meut entre la syllabe prédésillentielle et la désinellce (skI', jajdna, jaFull); gr, ÀCÀtt,fI:u, )..li-tll1l1,t.,.::>Ç, comme ;,Ii.:ldni, i-..i..:I1tb'Ii)' Aussi le parrait n 'e~t-il conservé qu'en grec el en indo-iranien fi l'état de rorn'lation autonome , c'est-à-dire seulement dans les deux langues connues li la dole la plu~ .lDci~nne el sous la forme la plus archaïque , Cette circonstance complique l'étude de la situation dialectale; néanmoins , si l'on examine l'ensemble des langues indo-européennes, il apparaît des concordances qui semblent indiquer des distinctions de dialectes li ce point de vue , Rn grec et en indo-iranien , le parfllit se maintient d'abord

tel quel. l'tan!'l altératinn el'tl'l('n tir lle, En grec, il s'est meme hrgemrlll c!lly~ loPPll ; tous les verhe~, ." compl'is les dénomi_ natifs , ont rc~: u un parfait du type n~tj.lV,l: (création purement grecque), Puis la forme a éte elimÎnt:c : les dialectes modernes indicns , iraniens cl Iw,l hloÎtlUNi n'en ont l'ien gardé, ou il. peu prt'S rien , I.'nrml' nien est connu 11 date trop basse pour que le parfnit ," soit ('ons(!",'é; niais il coi'ncide avec les dialecte!! inclo-imnien:oo et helléniques de basse cpoque en ceci que l'él imination n été totnl ~1 et que le parfait n'~' subsiste pa!! même il l'état ete tmces iSj,It~("s , ou de l'('stes dans d'autres form es, ,\u ctll11rair(', duns les auh-es longues, dès le début de la tl'adition, le parfait n'e xiste plusà l'état de forme autonome; Illi.is ses débris ont contrihué, dan!! une mesure plus ou moins lal'j{e, li ln furmat ion du prétl!ril. Les langues où le parrait s'est ainsi fondu avec l'aoriste )111111' (nUl'llirUIl prétérit sont, on le "oit, le:oo mêmes «ue ceBu oil J'augment fait dMout di·s le début : l'augment distinguait profondément .Iu pal,rait INi diverses fm'mes de prét.érit el reudait loute confusion impossible; car, sauf dans son prétC'ril (tlil plus-que·p.'U'fnit), qui est d 'emploi 8sse~ rare, le parfoit ignore l'augment. La distinction entre l'indo-iranien, l'nrménien , le grec, d'une part , el les autres langues, de l'autre, ellt dOllc en partie une con!léqueDce du fait 'dialectal l'xumillé Illi chapitre précédent. ~fa.is il ,\' li sons dou te une autre cause, En grec et en indoimnie .. , J'tlmploi du redoublement au parlait est à peu près constant. En grec, le redoublement a même été étendu à tous les verhes dérivés, si bien qu'il n'a plus le' caractère qu'il avait en indo-européen d'une réduplication partielle de la racint', mais qu 'il est dc,·enu simplement la répétition de la consonne initiale du vcrbe suivie d 'une voyelle 1: ";;!'i'0,'ljY.2 , ':'I~ î.IJ.T.'t.2 , ~l~T,;.W't.2 , etc ,; celte transformation , qui n d 'abord conduit li ét~ndre le rôle du redoublement, en 3. enlrainé par la suite la pe rle, en lui enl(",·a nt 5.'\ signilication pro ronde : la répétition d 'une consonn(' initiale Il ' a un sens qu 'en tanl «u't,Ue est un rec!oublrnl('nt IIbrtlgé de 111 rncine , Les CflS de


10~

parfaits indo-européens communs sans redoublement sont i~­ lés et peu nombreux. l.es princip.·mx se rencontrent dan" les racines commençant pOl' w; il )' n ici l'exemple indo-européen général: skr. véda, g-;.th. wMiI, gr. f~i:3l:, got. wail, v. sI. vtJt (et t'rlml), v. pruS.'i. waidima;. arm. giltm; l'ionien a otu en fn cE' de homo (F)i(,):I'1.<2 : le védiqu'e a t';çivhn: l'arm . gom H je ~uis Il (verbe indiquant l'exi!llence) ne saurait s'expliquer mieux ({u'en partant d'un parrait C'orre.'ipondant il got. tuas (cr. !lUI' ces formes et quelques autres. Rrugmann, Gnmdr., JII, p. 12t2 et "uiv. ) i le groupement de ces exe~ples suggère J'idée qUf' l'absence de redoublement sel'ait eu rapport «vec

la Corme spéciale de redoublement. ~ns voyelle, qui est de règle en sanskrit dans les mcineS' à 11 initial, lype uvdca, lk'Ub . Les autres exemples citélO (\'. Whitney, Skr. gramlll .,' § 790 b ct r) sont peu clairs; ils s'expliquent en partie par des circonstances particulières, et tous ne sont pa.'! des parFaits; le nombre en est d'ailleuNi négligeable par rapport à celui des Formes sanskrites "à redoublement. Au contraire, dans la mesure où le slave, le b8ltique, le germanique, le celtique et l'italique ont del'l reste" de parFaits, Je redoublement y manque liOuvent. En baltique et en slove, il ne subsiste du parFAit que le participe actiF, lequel est indépendant du prétérilll. Formes personnelles, qui repose sur l'aoriste. Et ce participe, qui a le suFfixe du participe parFait et un vocalisme qui s'e:<plique par celui du parFait indo-européen, 6St toujours sans redoublement: lit. mlrp, ,u/mû, v. l'Il. -mlni, ·U/jrMi, en regard deskr. II/amr'lhin, tnamnl.;r. Ces participes ont pu conserver parFois un vocalisme radical particulier. dil'ltind de celui du thème de l'infinitiC et de l'aoril'lte, et même de celui du présent, ainsi v. 51. t'iM:ü et brülü, mais il!! n'ont jamais de redoublement. Les Formes baltiques el slaves sont trop isolées pour prouver l'existence de Formes sans redoublement: lel'l participes grecs modernes tels que ~À.211lll,;~1ô repo!lent sur $!~À.2;.t."'!';~; ; touteFois des Cormes comme d"~1 et brtl~1Ï du vieux slave 80nt RASCZ Rrchaiques pour donner A.U moinl'l une indication.

U : PARfAIT

1O~

Le prétérit germanique est, en grande partie, tiré du parFait indo-européen , comme le montrent le vocalisme et 1eR finales du singulier, type got. IIIDPI , tL'lJrp , etc.; mais en règle générale, le gotique (presque le seul dialecte germnnique où les Formes h r~doublement aient d'ordinaire gardé leur clarté) n'a de redoublement que III où le prétérit n'est pas cal'1lctérisé par un vocalil'lme a (ancien 0) particulier: sla/lIa, ·staÎslaul ; balda, haihald; etc.; seuls Font exception quelques verbes è. vocalisme i, comme saia, sniso; Itlra, tai/ok; mais sltpa, sni'{.1rp eRt conrorme au principe géntlral. On \'oit mal pourquoi le germanique, où le vocali!'ml' du parfait est si bien conserv.é, aurait élimin{ le redoublement. s'il n'avait eu des modèle.. nnciens sans redoublement. - On pourrait alléguer que le prétérit germanique résulte d'une combinaison de parFaits et d'aoristes radicaux : !f(lL budt/n peut être une 3e personne plur. d'aoriste radical athématique, et v. h. a. liwi est sûremenl une 2e per!!onne sing. d'aoriste radical thématïque. Mais il y a une ca tégorie qui , par son sens, exclut 'tout mélange d'aoristes et qui a en E'rret fi. la 2e personne du sinlJUlier ln désinence -t de parfait en germanique occidental, et non la Forme d'80rillle du type v. h. 8. liwi qui a été généralisée au prétérit dans un groupe germanique; ce sont les prétérito-présents. Or, les prétérito-présenls, qui sont de PU" parfaits pour la Forme et pour le sens, n'ont jamais de redoublement; gol. man, \'. ang!. mali (2- pers. mans/), en regard de gr. lJ.llL~~.2 ; gal. far!, v. h . o.. dari (2a·pers. darft ); elc. Ceci indique clairement que le germanique repose sur un dialecte où, dès l'époque indo-européenne, le redoublement manquait ou pouvllit manquer. Le latin emploie le redoublement du parFait daM la même mesure et de la même manière que le gotique: il y a redoublement là où le vocalisme du perFectum est le même que celui de l'inrectum : caedi, rtcrdr; lang", Ir/If! ; callo, ttrinr; ,und." 1t//tulT; morJœ, fl/mnordr; etc . Les Formes tellel'l que tlltlllini ont un vocalisme ambigu. Mais, quand le pcrFeclum est caractérisé par le vocali!'me, il n'y ft pas de redoublement: linqucJ, lfqtll;


106

O I A u:C'n;~

Il'I' DO-F. Ul\npl!:F.:o.: s

frangtl, fr~fj ; em6, l ",i j etc; rien ne permet du reste de déterminer si cell formes repost'nt sur d 'ancie ns parfaits ou lur d 'ancien!> aOTistes . Les coïncidence .. ('litre le latin ~t Je germanique relevées par M. Hirt, J. F., XVII, 279 , résultent dd'nc de l"application d'un principe géntL roI , el ne prouvent rien indi'viduellemcnl ; mais la coïncidence de principe es t plus importante C(~e ne le sernÎl telle ou telle colncidence de détail; et, dons son Ab/aut , p. 19fi, M. Ilirt a t>u Krnndeme nt raison d 'attirer l'ntlention sur l'importance des formes de parfait sans redoublemf'nt dan!; les diaJecles oc(~ i­ dentaux . L'irlandais emploie le redoublement dans les mêmci'I cas <JUl' le latin et le gotique (voir les listes de verbes rorts, Yendrws. Gr. du l '. ÎrJ. , ~ 4.00, p. 210 et sui v .) : eanim, (<<bain; 10~i/JI ; gegoll; dadim, «<bladalar ( :1 ~ plur. ) ; II/aidim, -mtlllaÙ! : "nJdm, -nmale ; lortgtl, -tt /fig ; Ill ilil/l, fe/o/ , mais aussi dans quelques autres ou le vocalisme du parrait se maintenait: rigim reraig ; di"gim, -fltdncb ; gretmim, gl'grailm; Ji'lmi/ll , Jefain,, ; cr. 1t ce point de vue le type I{ot. tahok. 'foulerois, lit ail le vocali' me est tJ (devenu li en irlandais). c'est-à-dire là où il est hautement c. .tractéristique. le vocalisme doit être celui de la :\" pers. sing. véd. jajhlla , par opposition il { nt pCI·S. jajill/a, mais il n 'y 0. pas de rlldoublenU'nl : guidùlI, ro gl/id; ttc!Jim. ,'0 liIieh; JClIÇ!Jilll. nI J(ifirb , Le germunique n'a de rormes de ce gwre que dan<; la meRure où le présent a le vocalisme a (issu de ·0), v , h . a. faru, f uor ; gal. graba,grof; etc.: mais il en a peutêtre eu un jofrand nombre ; en elTet il conserve le redoublement dans des cas al! le singulier du prétérit est caractérisé par le timbrll , mais ne pouvait en aucune mAnière l'êh'e par la quantité, comme got. ttka , laitok; on peut soup,>onnel' que le gel'manique a d 'ahord opposé 1.... l,ers . bar , 3~ pers . "WI', comme ,,(>d ., jabhllra : jnbMra i puis, d'aprètl le type' MI/d, wnrf, il oUl'ail générali sé /Ir,r; ou entrevoit ici un moyen (Iri's douteux et hypothétique) J 'expliquer le contraste entre bor et laitok. Quoiqu'il, en soit , l'absence de redoublement qui caractérise le jofermanique se retrouve pnrtiellement en irlandai" . _ Il est U;na}. t/lci; jll,fUJ. j/lgl;

U : PARI'AIT

107

probable que la voyelle longue des types v . ir!. gM el goL trof n'o rien à faire avec l't du type got. Jetum, lat. JtlJl : got, qll1mm, laI. Ilin1; v. h. a. hriihhl/ln, lat.frigf, et des prétérits lituaniens tels que 2ml, tûrt, etc . Ce qu ' en~eigne sur ces rormes M. Loewe, K. Z. , XL , 289 et suiv., est 6videmment erroné (sans parler du skr. Jet/imd , qu'on estsurpris de voÎl: citer il côté de rormes li t indo-européen). Comme les prétérito- présents ont le vocalisme 'léro au parfait, ainsi dans got. mu"u", ûwllm, en regard du degré t des prétérits ordinaires tels que gat. qlmun , berulI, ces rormes à t radical sont très suspecles d'être d'o.nciens 'aoriste!! ; nulle part en effet, elles n 'ont valeur de parraits proprem ent dits, et partout elles M!rvent de pré tél'ils ; le contraste de got . mumm CI ils pensent " et de ql m/ln u ilR sont venus .. :ooemble décisir. Et dès lors lat. utni, -Ilei etc. doivent passer aussi pour ètre issus d 'lIl1ciens , aoristes , de méme que v. irl. ro mrdar. M. Loewe, K. Z ., XL, 284etsuiv ., e.'lMÜe de rendre compte> des parlaits sans rê'doublemenl par une perte du redoublemen\ due il l'haplologie; l'explication est arhitntire ct peu probable puisque les langues occidentales ont à. la rois des rormes il redoublement el des rormes sans redoublement , et elle est surtout inutile; car il n'est pas établi, et l'on n'a pas le moyen d'étahlir que le redouhlement ait jamais été universel dans le pnrrait indo-européen . Une seule chose est sûre ; c'est que, par contraste avec le jofrec et l'indo-i l'anien , on trouve en certains cas normalemf'nl - et non pas d 'une manière accide_ntelle - des rormes sans rpdoublement repr.!senlant des parrait!! indo-européens en slave, en baltique, en germanique, en celtique et peut-être en italique. On s'explique pal' là que le parrait a été moins stable dans toutes ces langues qu'il ne J'a été en indo-iranien et surtout en grec. - Les rormes sans redoublement sont évidemment de date indo-européenne, comme l'a indiqué M . Birl : il est oiseux de rechercher ici si elles n 'ont jamai!i eu 'le redoublement, ou .'Ii, rayant eu il l'épotlue pl',\indo-europépnne. elles l'onl perdu par chute de ·t.


108 Un rapprochement du parfait et de J'uonale radica l, surtout athématique, - déjà facilité pur, l'absence de l'augment - n été ainsi provoqué dans ces dialectes par l'absence de redoublement au parfait , et s'esl en elTet réalisé. Le perfeclum latin est une combinaison de parfait et d'aoriste dont le détail est bien connu : 'il suffit de rappeler des (ormes comme dl:cÜtf. tutlldim . En germanique occidental, la 2- personne du singulier du prétérit est empruntée" 1'aoriJ;Le radical, tandis que la iN. et la 3- proviennent du parfait: v. b. 1\. t e el 3e lth, 2" li",;. Et dans lous les dialectes germaniques, on n'a pas le moyen de déterminer si le pluriel du prétérit représente un parfait sans augment ou un aorisle radical : got. b"dun est entièrement ambigu et peut répOndre soit au thème de parfait de véd . bubudbJ (moins le redoublement), soit au thème d 'aoriste de véd .l",dharuil; ; seules leli formes du type got. qentun se laissent reconnaître pour des aoristes d'une manière probable. En irlandais, certains verbes ont . pour prétérit un nncien parfait , d'autres un ancien aoriste; mais un même verbe n'a en générol qu'un prétérit, el, queUe qu'en soit l'origine, ces prét~rits sont équivalents pour le sens et l'emploi . Le germanique, le ce1t(que et l'italique pré~Dlent donc celte innova lion commune d'avoir constitué leur catégorie générale du prélprit. (ou du perfectum) au moyen d'une combinaison de formes de lJ8rfRit et de formes d'aoriste tandis que le bMltique et le slave onl un indicatif aoriste et un participe actif parfait.

CHAPITRE XVI

LE SUFFIXE OE PH~:SENT • - Y& L'indo-iranien a un sullixe de pl'ésent -)'n- dont les fonction!> !jonl très multiples, mais dont la forme est toujours la mt!me : qu'il s'agisse de dénominatifs , comme skr. tlamasyati, de déverhntifs, comme skr. doiiçydte (li côté de dldil(e), de verbes exprimant un etat, comme skr. fnOnyale, ou de passifs, comme skr. cbid)'ott, le suffixe est constamment -ya-, Le suffixe correspondant est toujours -y c/e- en grec, q\lel que soit l'emploi: ;C;.I("', iUp,,2tpW, a-,(~w , Il4€Y~)UI, etc. La form e du suftixe grec coïncide donc e.xactenumt avec celle du suffixe indo-iranien . On sait que le baltique et lesltive présentent, en regard de cc suffixe en npparence unique, deux types distincts: celui des verbes indiquant un état qui ont pour caractéristique du pré~nt sI. -j- (intone' doux), lit. .j- (bref) if toutes les p.ersonlles autres que la première, par exemple v.sl. miniui, lit. mlll; ( 1" plur, minime), en regarddeskr. m4nyaleel de gr. !Jo.2in-:::n ; el celui des présents gént!ralement dérivés, dénominatifs, eoml"!lev. sI. jm(Jj~, lit. piuakojn, déverbatifs, comme \'. !jl. dnjli, lit. jl/nejn, ou unciens dérivés ayant pris le caractère de pré!jents primaires, comme v. sI. Jj~. lit. lit;,,; ce second type a , en sla"e. pour suflixe -je-, en lituanien, -ja- {cr. M. S. L., XI , 297 et le sui.,·.) ~I toutes les personnes. La distinction des deux suffixes· -J- el • -ye /~ attesWe par le slave et le haltique se retrouve sans doute en arménien . . Les verbes exprimant un ~t.a t ct les passif~ que ce type a rourni"


HO

Ht

DIAU:CTE!\ l XOO-Et:ROPKE:SS

comme en iodo-iranien sont caractérisés par un -i-, et les consonnes précédentes ne semblent pas . su~ir les altér:atio.ns que provoque la présence d'un ancien Y: Amsi .Ie verbe prl~arre n-slim « je suis Q,;sÎs l) (aor. n-stay ) semble aVOIr,le mê me-J-q~e v. si. sMitü « il est 8ssi!l ». En aucun cas, les passifs tels que btnm ICje suis porté >l, en face de bue," Il j~ porte h , n'onl trac~ d~une action de y. 11 Y a donc lieu de croire qu~ le suffixe était -1-, comme en baltique et en slave . Au contralre, le suffixe~es ,dénominatifs etdéverbaüfs était ··ye-, avec -y- consonne ; amsi dans go(tm Il je crie u, de • wok u'.yt-, cr. skr. vhk gén. votab, zd tdx! instr . wca, gr . (' )!-:::Il (lICC.). l, )'7: t (dal. ). lat. utlx, ~t pour le sens, v. pruss. wackis u geschrei )) (voc ) ; ~1Il " J ~ppell~ JI (de -g..ot-yt-, cf. got. qilan , d 'après M .. Lidén) ; altlll " Je.crOis n (cf. lit: Ôga « pousse " , .d·ap!ès ~f. Lld~ n ) ; _éana~m. l'_Je con~ nais Il (où ~e- repose sur t.-e . -su- élargi par -yt- , SOit -sk-yt.-, cr. gr."p(~IT1.W , lat. (z)rnJsc6), etc . Le slave, le baltique et l'arménil':n rorment donc un groupe de dialectes qui , distinguant - . ,- d'une parL, - .)'t- (--yo-) de l'autre, s'opposent li. cet éga rd à l'indo-iranien el au grec, où --ye_ r-yo-) est la seule r?r~e atle~tée pour l.es deux ty_Pf!.~' En germanique et en llahque, le lype qUi présente -, - en sluve, en baltique et en arménien n'est guère représenté b. ce qu'il semble . S'il en reste trace ell latin, c'esl surtout, dans les dérivés pourvus du suFfixe secondaire ·-skt-, ainsi lat, (rt-)mini-scor, (eom-}mini-sror, en race de v. 51. mlni·lii, lit. mini; ~t ces ror~es n'onl rien de caractéristique, car le grec a aussI des dénvés en -J-on\/) tels que .ùpm.w (li. côté de , CpT,ltll) par exemple; lïra, L ' • . nien même a comme on sait, Id 'tri-sa-. a larme en .-/- qUi existe souve~t li. côté de ces présents subsiste seule d'ordinnire; ainsi le latin a wllrt, stdwen race de v. si. siditil,stditi; uidlrt "ifÜ6 en race de v. si. vjditti, vidtti; etc. En' revanche, au moins dans les cas Où le ~umxe suit une consonne les présents répondant au type slave, bal· tique et arménien en - -)'t -,- 'JO - ont en g~rmanique et en italique llne alternance de - _,,0_ (dans les ' formes , ou dans une partie des

fOI'mes ou le vocalisme predésinentiel du type thématique est -0- ) et de -."t-, la quantité de lï I!lant d'élerini née en partie par celle de la syllabe précédente. Les rormes latine et gotique se répondent exac tement, sauf il la t ,." personne du pluriel, où l'on n'a pas le moyen de décider lequel des deux, du germanique ou de l'italique, l'eprésente le type ancien : \ lat. sdgi~

stlgfs stigil sitgflllllS sdKftis stigùmt sokja soktis .sohip sol.jam soluit sokjalld ~ lat. capi~ capis capit capitlll/S Cl/pitis clJpirm/ i got. bafia hafjis hafji, hafiam bafjip bafialld

1got.

Ainsi que l'indiquent v. h. Q. heuis, JJtVit, v. sax.Jdd Ixfis , btjid, etc., le j de got. hafjis, bafjip provient d'une innovation analogique proprement gotil{ue (v. Streitberg, Urgtrm. Gramm. , § 206, nolamment, p. 305). L'osco·omhrien tend il. généraliser - f·, type ombr. heris , hai ; toutefois quelques rormes syncopées, comme ombr. herter, oSl{o fac/lld garantissent l'existence d 'une forme à -;- en osco-ombrien (v. Buck, A gramm. of Ou. alUl Ulllbr .,~ 2 1 6, p.165 J. Le type qui ac6nstamment • -yt.- en sla,'e, baltique et arménien a donc -,- en italique et germanique , au moins dans taules les formes où la règle générale du vocalisme du type thématique demauderait e. El il ne s'agit pas ici de verbes d'état ; c'estle lut. habirt, le [Col. haban qui ré!)Qndenl à lit. tùri, tu rbi <c avoir Il pOUl' le sens, et lat. capiù, gol. hafja répondent de Rll!me à lit. tviria, tvtrti « prendre •. Dans la mesure, très restl'einte du Nste, où le germanique a des form es correspondantes i. celles p.n • - 1- du bnhique , du slave et de l'arméniell , let y pe se confond entièremen t av~cle type p"écédent, celui de got. hafja; deux exemples Sltl'S (non atteslés en gotique, ce qui est à noter } sont : v. h. a. si,{II. sit, is el liecu, ligis; v. sax. sittia, silrs el/iggil/, Jigis; v. ang!. sitte, Si/fit et IiCKt, ligtst: v. isl. siljn el Jigia ; cf. v. h . a , s~d~ , sldili et Irt<l, IrtiJi; seul, le gotique R ie" rormes Ji/ail ('l ligoll , qui peuvent ètre aussi <lnciennes, cf. 1;1'. )'iZ't~ \; de plus, le vieux haut allemand Il les for mes ds IIn!-


112

1Ia

sent htbis (/JthiJJ ), /xbil, libit, setil de babill. !t/K". sDfll1 (cr. le type lit. triri ; ,,,rhi) ; el la t ... personne du singulier est v. sax . bthbill , v . aogl. hatbbt, la rorme COn1l11UO(' du pluriel , v. sax. ht.bbiml, v. nog1. habbod, hMbbad; il subsiste donc des re8t~8 not.ables du present en ••~.: -7-, it eùté de la (orme il .~_ qui tend il. se généraliser. - lin général, le germanique élimine le type correspondant lIU type slave en -i-; ainsi le préténto-présent got. man, ('.te. tient la place du présent correspondanU. s1. mlniUi; c'cst qu'en elfet le prétérito-présent est parfois substitué ~ un type de pl'êsenl non conservé en germanique; par exemple got. ga-I/ars, etc., en fRce de skI'. dh(ll)6ti, v. sI. dru{,,~ (el traces de drii{'wv- ), Les (aits italiques el germaniques sont évidemment inséparables; dès lors , on en doit. retrouver i'équivalent en celtique ; malheureusement, l'état de dégradation phonétique et morphologique où sont les plus anciens dialectes celtiqut'8 dont on ait les formes grammaticales rend la détermination impossible dans la plupart des cas. 1\ y a n ~a nmoins quelques rormes décisives en vieil irland'ais. Les 3e> personnes conjointes du singulier -[Dib" il prend " , d'une part, et -/titi "il laisse Il, de l'autre, reposent en effet sur de~ GlleleR • -il (après syllabe brève) et ··ft après s.l:lIabe longue; et -gDib exclut· -yr-l qui aboutirait à v. irl. ·i. Les 2"' pef'!lonnes du singulier d 'impératif gaibH prend » et llic« laisse Il n'indiquent rien sur la quantiW de -j final, puisque·.J et· -1 devaient aboutir au même résultat en irlandailt, mais excluent· -yt; ce sont donc des rorme!t du mème type que lat. CDpt (de· topi ) et stigJ. Ces formcs irlandaises appartiennent il des verbes qui répondent ou t,H)e sI. -je-, lit. -jD- (type lit. ttJèria " il prend . ,, ). On a tm irlandais Ol!/i présents qui répondent au type sI. -i·, lit. .;- ; mais ils tont déponents, et ne présentent par suite pail de rormes telles que gaib qui soient instructivelt ; les principaux Atmt "wini"". « je pense Il et gainiur «"je nais " ; tout se puse comme si les deux types étaient confondus, de même qu'en germanique . Et Je latin afib,fts, qui uppartient à ce type et se comporte exactement comme sllgiù, sdgls.

cr.

Il Y a ainsi concordance parfaite du gumanique, du celtiq~e et de lït.a li~ue, et, par suite, on est en droit de poser troIS groupes dIstincts : 1· grec et indo-iranien, avec un seul suffixe· -yeJ-yo-, servant pour les présents qui indiquent l'étal et pour les présents dérivés; ·2- slave, baltique et arménien , avec un suffixe· -1- des présents indiquant J'~tftt , et un suffixe· -yeJ-yo- des verbes dérivés ; 30 germanique, cel. tique et italique, avec un Imffixe • ~J-I- des dérivés; dans ce troisième ~roupe il y a une tendance li. éliminer le type qui correspondrait au type slave, baltique et arménien en • _J_ oet • • dans la faible mesure où il subsiste, ce type se confond ici, pour la rorme, nec celui des présents d~rivés (t;1. -je-Jo


DE QUt; LQUES SUF F IXES NOll INAI;X

CHAPITRE XVII

DE QUELQUES SUFFIXES NOMINAUX Il Y a des formations nominales qui sont bornées à certains

dialectes. En voici des exemples: to Les noms thématiques du type gr. '(~~CÇ = skI'. jtina& , gr. q>6p'r; = skI'. bhdra~, et les dérivés cOITE'spondants en -à- tels que gr. Ij'cpiX,lette (at-)bara, arm. (thaga-)wara-(w ) « par le roi " litt. « par le porteur de cou'ronne Il sont fréquents en iodoiranien, en slave, en baltique et en gre<:. Ils tiennent en ge.... manique une place beaucoup plus petite, et manquent presque enlièremf.ot en celtique et en italique où ils ne sont repr{>-

sentés que par quelques mots . 20 Le suffixe *-t"o-, ··toro-, a-tro- sert dans toutes les langucs indo-européennes à marque; l'opposition de deux qualités .

Mais deux langues seulement en ont étendu l'usage à la formation de comparatifs secondaires d'adj~fs quelconques, du type gr, · ~)v-6up.:>; = skr. àmdtaraJ;, à savoir le grec et l'indoiranien , De la fonction générale, l"irlandais a tiré indépendamment un autre usage., celui de l'équatif: v. irl. Illa/hithtr Il aussi rapide n, de luath, Et ce développement , par sa différence même, monll'e hl ...·aleur probante de la coïncidence entre le grec et lïndo-iranien. - Le latin , l'irlandais. le germanique , le lituanien , le slave empl'lmtenl au conll'aire leur compa l'atif secondaire à l'ancien ty pe p rimair~ ( skr. -)'as-, t'tc.) ; l'ar'ménien , qui a une formation toute nouvellt.:, n'enseigne rien. 3° Le suffixe --11r de gr. (l"t '(TjÛ; , \.I-l;.I.",,),;;, lat. ·crlduJus, biJl/I1115, K0l. snkuls« dis puteur, slalmls " dis poslÎ il fl'apper Il IV.

Brugmann, Grundr. 112, 1, p. 367), a fourni des participes è. deux langues seulement: le slave, où le type ntslü, accompagné d'auxiliaires divers , sertà Cormer lous.les temps composés, et l'arménien, où l'on a li. la Cois des participes tels que butai (gén. btrtloy) ~~ poité, ayant porté " , el des infinitifs tels que herel (gén, btreloy) Il portel" ' l , et où il n 'y a pas d'autre formation de participe passé ni d 'infinitif. TouteCois l'ombrien a peut-être aussi un emploi pareil du suffixe, dans le type mltlUit ~c imposuerit "; et l'on a dans les dialectes celtiques des infinitifs en -1-, notamment en brelon , v. Ernault, Zeitscb, f, a it. Phil., lI , 513 et suiv .; mais la fixation de l'infiniti(est un fait dialectal en celtique. ... Le suffixe des comparatifs primaires est élargi par un suffixe -·tn-, en g rec, en germanique et en lituanien: gr. -IjUwv, -Ijaio~.:>; (la forme sans élargissement subsiste dans l'accusatiC atl. -IjMw, etc. ), got. suti{a, suti{ins (il ne s'agit pas ici d'une form e de déclinaison faible de l'adjectif, puisque la nasa le est constante ), lit. saldis-II-is-, Par une exception unique entre tous lfos adjectifs (v. M , S. L. , XIII, p . 213 et suiv .), ll!s éomparatifs primaires n'onl pas de (orme féminine particulière en grec, italique et ct'.Itique : gr. ij~ ("jV (et ij~t~ol , etc. ), lat. suauior, v , irl. siniu " plus ancien servent à la fois de masculins ct de féminins; et, concurl'emment avec le fait que le comparatif a été limité au nominatif en irlandais, il en est résulté que la Corme ir'iandaise esl .invariable , Le comparatiC a reçu un féminin dans plu:iieurs dialectes contigus: germanique , slave ct indo-ira-nien , sans parler du baltique où Je su·ffixe secondaire du type lit. saJdès-n-i-s rendait inévitable l'introduct.ion du féminin . 5° Un suffixe·-tiU- d 'abstraits déri vés d'adjectifs se trouve en italique: lat. illllen/ùs, -t/ltis, en celtique: v. irl. (}itill, (}ited" jeunesse ", bethtl, btthad « vie ", el en germanique: goL mjkiJdllfs « grandeur Il. Importafl:t en latin et en irlandais, le surfixe p.st rare en gotique el manque dans lcs · autres langues germaniqut's. Comme pOUl' le type 'l';pO;, 'fOp~, le germanique est ici inlerméLliail'c enll·o! l'italo-celtique et les autres langues. )1


116

DIALECl't:8 INDO-t:UROPEEN!I

6- Le type des noms de nombre collectifs tels que skI'. v. sI. Iro;i (troje) , lit. 'rtjl n'est clairement attesté qu'en iudo-iranien, en slave et en baltique ; les traces relevées dans les autres langues sont toutes douteuses (v. Brugmann, Dit distr. u. d.loll. NUlneralia, p. 12 et suÎv. ; dans les Ahbandluntende l'Académie de Saxe, vol. XXV) ; en revanche, le type en ._~ de lat. trinl, terni ne se trouve qu'en italique, germanique et baltique (v. ibid., p. 28 et suiv.). ,. Les thèmes en...q- admettaient en indo--européen le genre féminin , comme le montrent lal. fdgus et gr. f'lT;Ç, ...101;" et. arm.. nu (gtn . nuoy). etc. Et par suite, ,l es noms d'animaux thèmes en ~ servaient également pour les mAies et les remeUes, ainsi encore gr. cir7.t~ .. , Î'::'tto'O, etc.; le" formations des n,oms de femelÎes proviennent toutes de développements indépendants de" divers dialectes; parfois les résultats de ces développements colncident dans plusieurs langues, ainsi skr. dçtJd, lit. aJ'{'Vtl, lat. tqlUl i ' mais ,s ouvent aussi ils divergent: skr. (lqi, en face de lat . ursa (cf. A. Meil1~t, Sur des in1trdictions de WC4bu/aire, p. 7). Le fêminin du mot « dieu est dtul en sanskrit, Ika en latin (cf. osq. dal. dei vai). Un féminin en "-.:i- nu'opposail régulièrement en indo-européen à. un masculin neutre 'en "_·I,,~ que dans les adjectifs. Mais, dans toutes les langues autres que l'italique, le grec et l'arménien (avnnt la perte du genre grammatical dans cette langue). le. fail que, dans les adjectifs, "-0- caractérisait ainsi le masculin-neutre par opposition ù. la marque "..d. du féminin a entrai né l'éliminat.ion du genre féminin dans ces thèmes; ou bien le thème en"~ s'est. maintenu en deveno.nt masculin, ce qui eslle cas de skr . bhürj4b et lit. bht"as (1 bouleau "' , ou le genre féminin a subsisté en déterminant un passage aux thèmes en "-d~ , ce qui est le cas de v. sI. brt{a et de v. isl. biprk (v , M. S. L. XIV, p. n8 et suiv.). L'indo-iranien, le slave, le baltique, le germanique et le celtique s'accordent fi. éliminer le genre féminin des t.hèmes en "-0-. M. Brugmann continue, il est vrai, à repousser l'idée que les thèmetl en "-0- auraient admis le genre féminin en indo-eurot""ya~,

1)

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Ql:ELQUF.JI IIU I'I'IU:S NOMI NAUX

péen (1. F. , XXI, p . 315 el smv .). JI conteste la valeur de la forme" snUJ6.. l, au moyen d'une étymologie qu'il propose; mais, outre qu'une explication de mot indo- européen échappe II toute véri6cation , il demeure que l'indo-européen a possédé un mot " J"nus6- désignant la " bru » , donc un thème en -0- désignant une lemme. Et surtout, M . Brogmann ne discute pas les raisons qui rendent. probable a priori l'emploi des thèmes en "_'1,_au féminin . Tous les autres types de thèmes de Ilubslantifs admettent le genre féminin ; même les thèmes en "-12- ne sont pas limités au féminin , mais fournissent aus~i des foubslanlirs masculins en latin. (scrlba ), en grec, en slave (sIUIIJ, wjLVOdIJ , etc.), roi ») ; c'est et en arDJ.énien (thagawor, instr. 1hal lJW01'IJW donc l'usage· grec el lalin qui esl confOI'me à J'usage général indo-euro~en. Il e~l , d'ailleurs, peu vraisemblable que des mots tels que gr. !~:; et 1'.ii,u.. O,; aient pris secondairement le genre léminin. On conçoit b~en comment l'nnalogie des adjectifs a fait disparaitre dans la plupart de~ longues l'emploi des thèmes en '-'/D~ au féminin ; l'action analogique inverse estcom. pIètement invraisemblable : les féminins en '.e/,· ont fini par être éliminés en grec el da us les langues néo-latines, comme partout ailleurs; seulement l'élimination a eu lieu à date historique, tandis que , dans les autres la ngues de la {"mille, elle est antérieure aux plus anciens textes . Enfin , la cause pour laquelle le grec, le lAtin (el sans ~ oute l'arm ~ nien avant la perte de la notion dl! genre) ont gardé plus fid èlement l'usage indo-européen se laisse peuUtre entrevoir : ces langues sont celles oû le timbre -0- est demeuré bien distinct du timbre -4- ,. en indo-iranien, en slave , en baltique, en germanique, les timbres IJ et 0 tendaient li. se confondre , comme on l'a vu ,' la distinction du masculin et du féminin n'était plus guère marquée que par la quantité de la voyelle du thème, el non 1{

t. L'importance de cette rorme dans la quesLion a élé reconnue d'une manière indépendante par M. Pedersen et pu l'auteur du preaent ou~ vra~ Iv. Bulldin de la Soei~t~de lin!Jui'lique, XII , p. LU:n, séance du '7 juin t 9O!).


ttS

DlAI.EC"':!! INDO-EUflOptEN8

plus par le timbre de cette voyelle, comme elle l'esl daM OOnum, "'mali'; ,0,0'1, fl'Aoiv, etc.; il importait d 'autant plus dès lors de réserver le type li. brève au mascu.Iin , le type li. longue au f~minin i la netteté du signe ay~nt diminué, l'emploi en devait

être plus strict pour demeurer clair. Si celte explication, qui peut paraître subtile, mAis qui cst justifiée par une rema~­ <juable coïncidence, est exacte, l'absence de traces du féminin en ._~!._ en celtique résulterait du degré trop avancé d'altération oü les langues de ce groupe étaient parvenues li. la date des plus anciens textes et de l'importance très grande prise par la distinction du masculin et au féminin ; si l'on avait des textes celtiques plus anciens, on y devrait trouver des thèmes en -0- féminins.

CHA PITRE XVIII

I.ES FOHMES CASUELLES EN -BH- ET EN -MLa diJférence entre un datif pluriel cn -bh- , comme I!kr. -bI/S, v, osq. - Cs , v . irl. -ib, gr. -,tC . . ) et en -mA, comme got. -III, v. lit. -mm, v. sI. -mlÏ, est un deI! premiers Cails qui aient attiré l'attention sur le problème de la dialectologie indo-eurOpéenne . Comme il a été bien établi, principalement par M. Leskien, qu 'il n'y a pas eu d'unité germano-balla-slave postérieure à l'unité indo-européenn~ , la concordance très frappante qu'on observe ici entte le germanique , le Imltique ct le slave ne pput ùonc, si on lui accorde une signification, s'expliquer que par une distinction dialectale à l'intérieur de l'indo-européen commun. M. Hirt , I. F .. V, 2!H et suiv. , a supposé que les formes de datif-ablatif auraient eu originairement" -bh-, el la forme d'instrumental"-1II-. Chaque langue aurait ensuite généralisl> l'une ou l'autre initiale. Mais c'est une pure hypothèse. Ou côté de l'instrumental , riell ne vientl'appuyer (cC. v. Blankenstein , l. F., XXI, tOO et suiv.) ; el même l'arménien , où -les désinences de ce type ne fournisl'ent qu'un seul cas, l'instrumental , ne possède que -bh- et n'a aucune trace de -,JI-: instr, sing. ob, -v, -w (harb, khnov, amaw), plur: -bkh, -f.Ikh, wkh (harbkh, IJmovkh, "âmawkh) ; l'arménien contredit do~c directement la supposition de M. Hirt. 11 n '1 a pas trace de désinences en en dehors du germanique, du baltique et du slave; véd. santmi n'est pas un adverbe représentant un cas en et lesarlverbes tels que lat. portim représentent des accusatiCs, comme l'in-bby{/~ , zd -~, lat.

-"1-

-",i,


\20

OI Au:c n : !\ I:\"DQ-E lJ fl OPHE 1IO M

dique r emploi de parttm . Pour Je datiC, on peul invoquer le rait que, au datif singulier, des langues qui par ai!leurs onl seulement des formes en -"'., onl l e pronom de 2" sing. dat. v. sI. ltbi , v . pruss . ltbbti li. loi " , en (ace de skr. tubhya{m), gAth . taibyif, lal. tjbf. ombr. tere; mais la flexion des pronoms personnels esl trop li. part pour rien prouver ; le pronom de i·~ pers . sing. a une (orme tout li. fail isolée: ski'. milbya(m) " il moi ", arrn . inj, lal. mihf. ombr. IIItbt., ell 'arméniena celle même gutturale dans kht{ u li toi " , tandis que le germanique a un -squi lui est propre : got. mù. tus, v. isl. ,nU, fir. v. h . a. mir, dir. - Enfin , li. supposer que les initiales -bh- et -m- ait-nl été' en indo-européen réparties entre différents cas,la concordance du germanique, du baltique et du slave dans cette répartition, et le C9ntraste avec le celtique , l'italique, le grec, l'arménien el lïndo-iranien n'en subsisteraient pas moins ; le fail dialectal porterait sur la répartition au lieu de porter sur uqe différence originaire entre les formes. Ce n'est du reste pas ln seule ligne d'isoglosses qui enserre le gerinanique avec le baltique et le ,dave : la ligne du traite1T ent de -1" et ceUe de la chute de -1 intérieur par exemple montrent que ces trois langues sont issues de parlers indoeuropéens qui presentent certains traits de ressemblance . De plus, des deux formes du collectif neuire qui tient la place de nominatil-accusatif pluriel , il savoir - -à et - -1, le slave el' le g~ nnanique ont généralisé l'une, celle en - -Ii (got. j"lta , v. sl. jjga; got. nomna, v. sI. jjmena ), tandis que le grec a au con~ traira généralisé celle en - -1 ('\l'fi, b"'~;L:rr:z ) ; mais, si le latin a généralisé - -1 (;"gd, tIOminil ) , l'osco-ombrien a - -4 (ombr. iuku, uotlMJ, osq. pruftu, comono), comme au nominati€'singulier des féminins en -d-; le fait est donc peu caractéristique, tout en méritant d'être signalé, il titre de colncidence. f(

Cette ligne remarquable de ~m- et -bh- est croisée par une autre qui elOt relative aux mêmes :désinences. En indo-iranien~ en slave, en baltique et en arménien, les désinences en -M- ou en -m- fournissent des formes casuelles

\2\

de valeur définie : skr . ~bbyQI) et zd -11.>'" de datif-ablatif pluriel (on sait que l'ablatif n'a presque jamais une forme qui lui soit particulière) ; skr. -bhib, g'Jlh. -bu, zd -lill, v. pers . -biJ d'instrumental pluriel , skr. -bbyitm; zd -I>;'a (avec longue finale: -bJd-la ) et -bylJlIl de datif-ablatif-instrumental duel (les trois CM n'ont toujours qu'une méme (orme au duel , nombre flui n'a qu'une petile quantité de formes casuelles distinctes) ; arffi. -h, -v, -w (ournit l'instrumental singulier , et . -blth, -vltb -u'lth l'instrumentul pluriel ; v. sI. -II/i ~ppartient Il l'instrumental singulier, -11/; à l'instrumental pluriel, -m,i au datif pluriel, -/na au datif-instrumental duel ; lit. -mi Il l'instrumental singulier, -mis" l'instrumental pluriel, -mus au datir pluriel, -ma au datif-instrumental duel; v. pruss. -matis est datif pluriel. Toules ces formes expriment d·une manière précise un certain cas el un certain nombre. Au CC!ntraire la désinence homo ~,I ( Y ) . qui parait être d'origine éolienne et manque dans les autres dialectes, vaut à la fois pour le singulier et le pluriel; et elle sert pour tous lea cas à sens réel: datif, ablatif, locatir et instrumental; elle ne tientjnmais la place d'un génitif ni d'un accUS3tif. Comme il s'agit chez Homère d'un archaïsme, on pourrait être tenté de voir dans -?~( ... ) aine vieille forme mal comprise et employée indilTéremment li toutes sortes d'usages ; mais s'il y a dans la langu.e homérique nombre d'archaïsmes traditionnels, et IIi cet archaïsm~s sontemplo~' és arbitrairement, du moins ils gardent leur valeur exacte là où ils figurent , et rien n'autorise il attribuer ù la langue homérique l'emploi capricieux d'une vieille forme dont on aurait perdu le sens ; l'un des caractères éminents de la langue homérique est précisément l'extrême correction dans l'emploi de formes qui étaient sorties de l'usage au moment où le lexte transmis a été composé et fixé; l'orctiiJsme de Sertaines formes ne se traduit que par un manqUe de constance dans leur emp'ioi . Du reste, lat. -bus, osoo-onibr. -Is (-ss, -f) Ollt aussi une valeur multiple: datif, ablatif, locatif et instrumental; et de m~me v. irl. -lb. Le latin a de plu." les pronoms personnels tlùbiJ, tuJbff; mais on ne saurait rien con-

.


122 clure de formes de pronoms personnels; celles·ci ont du reste la même valeur complexe que celle des noms ordinaires. C'f"st cette quadruple valeur des désinences en • -bh- qui permet de rendre compte des confusioM de formes casuelles présentées par l'it.'\lique et le celtique. confusions qui autrement ne s'expliqueraient pu. l...n forme latine et la forme irlandaise ne !le recouvrent pu, mai. elles servent également pour quatre cn~ indo-européens nu pluriel ; on ne peul déterminer quelle voyelle est tombée en o~o-ombrien entre f et s (v. osq . .. ra). Pour le germanique, une seule forme est attestée, el cette forme peut résulter. de f(lrmes distinctes, car il a pu tomber diverses voyelles après -fIl- ; mais de~ confusions de cas anAlogues il celles que présentent le latin et l'irlandais se sont produites . Il y 'aurait donc li...u d'oppose .. 11 l'indo-iranien, au slave, RU baltique el Ù l'arménien , ot. les désinences en ·bb- et -fil · ont des valeurs précises, le grec, l'italique, le celtiquè et sans doute le germanique , où ces mêmes désinences servent pour plusieurs cas, etm~me, chez Homère , pour plusieurs nombres, et ont l'aspect d'adverbes. IL est 'permis de penser que ce sont les dialectes orientaux qui ont innové !I.. cet éttard, et que les désinences en ./lb- et en -m étaient des formes adverbiales .. l'origine . Ces traitements des désinences en -bh- d en .n/- ont ' eu de grandes copséquences. Les dialectes orientauI où ces déainences ont reçu des vsleun précises ont conservé longtemps les cas .. valeur réelle: 10caliC, ablatif, instrumental; beaucoup de dialectes slaves et baltiques ont encore aujour. d'hui le locatif el l'instrumental ; l'arm~nien oriental a même encore les trois cas. Au contraire, les dialectes occidentaux présentent dès le début de fortes confusions; l'italique corn· mun avait encore le locatir, le germanique commun l'instrumental, mais ni l'un ni l'autre n'a les trois ClIS, et, en italique, en celtique et en germanique, il tend la se créer une forme unique pour les trois. Le grec, où les désinences en -'I('i ) ont peu d'importance, a sans doute subi des actions particu-

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lières qui ont occasionné une réduction très ancienne de la d~clinai80n, et le maintien des seuls cas il grammaticaux ". (M. R. Meisler, Btrichtt de l'Académi... de Saxe , Phil.-bist. CI., LVI , p. t8 et suiv., admet l'existence d'une trace d'instrumental en cypriote et en pamphylien; mai ~ l'hypothèse repose sur des bases très fragiles). Une autre coïncidence des dialectes orientaux est la suivante: l'indo-iranien , le slave et le baltique sont seuls il. présenter '-lit comme désinence de locatir pluriel; l'arménien li une rorme en ·s (toujours identique il celle de J'8ccuNlif pluriel) qui peut avoir perdu un ' -u 6nal ; le krec a une désinence -01, qui est autre, el qui sert" la fois pour le dntir, l'instru. mental et le locatir pluriels: les autres langues n'ont rien qui corresponde à la désinence orientRle '-su .


LE "l:NITn' PLCtlŒL DI>IS TIISjU,;I\ EN

LE GENITIF PLURIEL DES THÈMES EN -dLe 'g rec et l'italique s'accordent à étendre li. tO\18 les thèmes en -4- la forme de génitif pluriel des thèmes démonstratifs en -d- : homo -:W'I (avec -â.- maintenu, parce que l'ionien n'avait pu de Corme dissyllAbique ··1jW'I qui pût être substituée à l'ancien -~wy ) , ion. -tWII, att. -WY, dor. ct éol. -iv. lat . .-drum, osq. -asum, -a,'lnI, ombl'. -aru, -arum. Les

génitifs tels que lat. auliœlum , caprigtnum (dont on trouvera les exemples dans Neue-Wegener, Formenlthre. P, p. 3t et suiv. ) ne se rencontrent que dans quelques masculins, mou longs où -um emprunté aux thèmes en -;r évitait. d'allonger la forme par lü finaJe très lourde -drum . Un élargissement. du même type. mais dilTérent, se trouve

dans des dialectes germaniques: v. h . a. g/bd/w. v. sax. gt&ono. v. BOgl. gieftnlJ. el même une fois norr. run. rurwrw, mais gol. gibo, v. isl. gjD/D. La concordance du grec et de l'italique est donc très rema"quable; l'innovation est slÎrement grecque commune et italique commune, ' et ne se présente nulle part ailleurs. La seule fonne de!! démonstratifs qui se soit ordinairement étendue aux autres noms . est la forme en·-ci du nominatif pluriel des thèmes en • -0-; mais il y avait III une situation toute particu.lière : les thèmes féminins en • -à- de démonstratifs avaient la même caractéristique· -is de nominatif pluriel que les autres noms, tandis que les thèmes masculins en

t25

avaient une fonne en • -ci propre aux démonstrAtifs ; ce manque de parallélisme a entrainé des ac~ions analogiques: extension de • -oi aux autres noms en grec, lalin , irlandais , slave et aux adjectifs en germanique et baltique ; extension de· ~s des aulres noms aux démonstratifs en oscCH:Imhrien. Il n 'y a rien de pareil pour le génitif pluriel. L'innovation grecque et italique est imprévue, et par suite très caractériRtique. L'italique et le grec tendent d'a utre pa~t li. in nover dans les thèmes en -12- sous l'influence des thèmes en -0- : 1° Le grec et le latin ont refait le nominatif pluriel des thèmeR en -n- sur le modèle des thèmes en -0-, influencés par les démonstratifs : gr, ""«l, lal. -Dt (l'osco-ombrien diverge naturellement). . 20 Pour le datif-instrumental-locatif pluriel, le grec a -2\0'1 et -Cl:tç (suivant les dialectes), le latin -[J, l\osque -ais, l'ombrien -es, -er~' cf. dans les thèmes en -0-, gr. - CIa\ et -Otç, lat. -fs, osq. -ûls, -ois, ombr. -es, -ir. C'est que, au pluriel, la flexion des démonstratifs et celle des autres thèmés en -o. et en ·11- tendent li. devenir identiques en grec et en italique, Cette identification a sans doute commencé par le génitif pluriel des thèmes en -11-; et ceci rait fi!ssortir l'antiquité - et l'importance _ du rapprochement signalé ici. • -0-

CHAPITRE XIX

-11-


DE Ql:ELQUE8 l'AITI! OE VOCABULAIRE

CHAPITRE XX

DE QUELQUES FAITS DE VOCABULAIRE

Les coïncidences de vocabulaire n'onl en général qu'une très petite valeur probante; il n'y a pas de langues entre lesquelles on n'en puisse relever un certain nombre. Toutefois il en est qui prouvent, soit grâce h des circonstances spéciales , soit par suite de leur groupement. Ln racine· b/Jt:tIA- signifiait proprement Il pousser, croître ". et ce sens est le seul qui ,,'observe encore en grec t f"GO"2"l, ,ucn.. , ,u'tC'1, elc. ) el en arménien {boys (( plante Il, btuanll Il pousser n) . Dans loule .. les autres langues, la racine a, au moins dans quelques-unes de ses (ormes, la valeur de verbe « être n, et elle vient compléter 'les Cormes que fournit la racine • tS-, qui sont un present {skr . asti, gr. {"n, ete.) el un parfait (skr. 6S1l. ut dftha, hom o I,lY) ; de là les prétérits skr. abbut, v. sI. by, bystü.. lit. bliw, v. irl. r'" ""i, lat. juit . Un présent !!n * -f)'t'- tient une grande place dans les langues ~ occ id enta l es : lat . fw. fis sert il e:c-primer )"idée d~ « devenir j j ; v. ir1. hiu t3-pers. hiid) est le verbe d'existence avec notion de durée i v. sngl. bfo double le verbe tom (is), d'où par conl9.mination des deux Cormes, v. sax. hium, v. h. a. bÎluj de ce thème bien défini des trois langues occidentales, on rapproche quelques Cormes orienv. s1. biml (sorte tales moins claires: lit. bit(t) c< il était d'optatif). persan bfd (1 soye" H. Seuls, le grec et l'arménien restent indemnes de l'i nnovation qui a rnpproché * bhtwJ· du verbe C' être Il. La racine· bhtudh- n'a gardé son sens matériel de u éveiller, 1),

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s'éveiller» que dans une partie des formes de l'indo-iranien, du slave et du baltique; partout ailleurs, on ne rencontre que des sens moraux tels que te Caire aUention JI. ", sens qui sont les seuls attestés partout pour le thème· bbtudht- (v. M.S.L., XIV, p. 36i ). Le sens matériel d' te éveillern adû être iodo-européen com mun et ft disparu dans tous les dialectes occidentaux, y compris le grec el l'arménien. Ceci se marque par l'emploi de mots divergents d'une langue lt l'outre dans l'ex pression de cette notion : skr. ;tfgarti et gr. i 'l'Ilpol, got. wakjall, lat. uigUet txptrgistor, arm. arth"n « ~ veillé ", {-a rtlm"m « je m'éveille ", etc. Deux groupes de coïncidences de vocabulaire sont Il. noter : t o indo-iranien el ballo-slave; 2° italique, celtique et germ3.nique. 1° Indo-irnnien, slave et baltique (coïncidences déjà notées en partie; v. MeilJel, Genilif-accusatif, p. 9' et suiv. ). v. sI. (togo) radi, cC. v. pers. (atlah)'!}) radiy « Il. ca.use de (ceci) n. v. sI. s/ovo Il parole Il et zd srawh- Il parole Il (la coïncidence de l'lens est caractéristique, par contraste avec gr. ùi:l; et "kr. çravaQ « gloire,,; cC. v. sI, slow, li.l. S{lwl Il gloire Ij ) , v. sl. bogü l' dieu ", v. p. baga (il n'y a aucune raison de tenir le mol slave poUl' emprunté). \'. sl. J'Vftt1 t< s:ünt ", lit. S'{Vtntas, v. pruss. SUlÎnfs,,z-d sphltd (ici l'hypothèse de l'emprunt est exclue par la Corme). v. sI. Itupü l"amas ", v. p. kalifa- (1 montagne ". v. 51. klide« où ", S-dth./tuda, skr. /tuhâ t< où ,) (toutefois cf. peut-être ombr. fmle, Pllfe, osq. pu!) .. v. sI. samit .. mème ", zd bdmd. v. 51. {uvtfii. « il appelle Il {cC. lit . {atlÎti), zd {aMÎli, sh. havale. v. sI. wlUt;" britler n, lit. Szy;.ltlÎ, skr. Ç1J(fdJ}. zd spoitd. v, s1. dligii. " long» (s. dllg; cr. lit. i1gtJS), !.d dar1yd, skr. dfrgoob. v. si ho" car ", zd M. v. sI. i ll;l " gauche ". ",d IxwJa-, skr. saV)'aQ (mais /ivt, concorde avec gr. hG:tFb;, lat. lat'Uos ).


128

DIAU::CTI::& tND(H':UkOPtENI>

v . sI. njoli 1< rien >J, et ni-llto. zd tlaL-liti cC. lit. "lkas. v. sI. {rüt/Ii If noir Il , v. prusa. kirma1l, skr. Itls~I6l} . v. sl. gritJtJ If nuque '1 (cf. leU'! grfwa t< embouchure de neuve Il). zd CrfrJa. skr. trM. v. si . wla Il bouche Il (cf, v. pruloS . allstin ), skr. Oi/bal) " lèvre .' v. sI. vlasù CI cheveu Il, :r;d vans". v. sI. -je-, lit. -ja-, dans les adjectifs composés tels que lit. gtràsis, v. sI. dobry-jl; !1ohryjl. rappelle zd Y4-; cc. ci-deMue,

p.27. v. sI. ro;1/- IF« je crains >1, lit. bijaùs. su. bbtiyate; v. h . a. bibtn If trembler " n'a rien à (aire ici (v. Wackernagel, K.Z., XLI, p. 305 el suiv.). v. s1. jaw. ati Il en évidence" skr. àvllJ zd dviJ. v. st. gara 1< montagne " (et lit. girl/( fo rêt »). skr. girliJ"zd. gairiJ (l'interprétation de gr. ~~plelç par «vent de la montagne. est naturellement incertaine ). v. sI. (sa-)drmJÜ (( bien portant Il, zd drva- v. pers. dumva(même sens), et cf. skr . dhruvdb tt ferme Il; la communautt! de sens de tl bien portant" en slave et en iranien est le fait caractéristique . WIl (démonstratif), ul aw- (fournit les (ormes du dé.monstratir de l'objet éloigné aulres que celle du nominati(; le slave a éliminé les (ormes particulières au nominatif). D'autres détails con.firmenl ces rapprochements qui sont d'autant plus probants que beaucoup unisse nt spécialement· le slave &. l'iranien, c'est-il-dire lt la langue la "plus voisine. Le thème il -1- de gr. ""llil1l, lat. Itlbula, v. irl. kil, gall. niwJ, v. h. a. ndml, v. isl. njOl n'est pas représenté en baltique el en slave, mais seulement le thëme en -tS- : ... îllaç, skr. mibha{J , v. sI. ntho, lit . tUbtsü; en revanche, il est vrai. on a lit. 'Jjiflà, \' . al. ffll'gla- comme gr. 6""l:;(11'j 1< nuée ». Le nom propre . du miel, gr .",,0.1, lat. mel, v. ir!. ,m'J, got. milif, arm. mûr (ce demier -influencé Sfins doute par· med}J/4), n'est pas représenté en IIlave, non plus qu 'en iudo-iranien. ~ Germanique , celtique et italique. Outre les mots particuliers que ces trois langues oul en

DE

QUELOUF.~

I2'J

"AITS Dt: vOCAnllLAIRJ::

('ommun avec le slave et le baltique, elles en présentent une série qui ne se lrouvent pas ailleurs. Sanll entrer dans le détail des (ails signalés par M. Hirt, Ze;tJtbr. J. d. Phil., XXIX, p. 296 et suiv., on peul citer quelques coïncidences remarquables : lat, piseis, v. ir!. lQS(, got.fiJks (en l'f!gal'tl cl'un autre mol du domaine central , gr. i·1.6!jç, arm . jll~'JI , lit. ~UlllJ, v. prus~. sl/ckis [Yoc. ] Sl/ckalls; les autres longues ont des mots particuliers). lat. udlts , v. ir!. fttilh " poète ", \'. h. Il. ut"" t' (ureur "~, v. i~l. MI' ,< (.l:Oésie ". laLflùs, v. ir!. blt1lb, \'. h. A. bwol/lo etblt4Ql. lat. Cll«US oc aveugle n, et ". irl. (orch, got. haihs • borgne (très peu des noms d'inlirmitps lIont communs à plusieurs langues de ln famille ). lat. I/(htus, v. ir!. fits, v . h. a. Wllosti. lat. crlbruIII, v. irl. crla/lx;r, v. angl. hrlddtr (le gr. ~pt",,,, esl de même (amille, mais n'u pas le sens technique de " je crible ; :lU con traire, gal. braitls. pur Il R signifié sanli: dou~e 10 cri bhi ~ 1.. l'origine). lat. pareo, v. id. ruh, v. h. a. IlImh " sillon " (arm. btrk ,. terre défrichée el labourée Il. est 11 séparer; car le k ne peut représenter que· g : cf. peut-lolre harkantl fi briser »). lat. !Jas/a, irl. gat .. baguelte d'os ier ", got.ga,Js 1< aiguillon Il. lat. mptr, gall. clJtr· , v. isl. bafr " bouc" (le gr. ~2'K'pOÇ" san· glier », n'a rien 11. fnire ici, i. cause du sens, non plus que pers. (dpi), etc. ). lat. mpilJ, got. bafja; lat. (apUJ , v. ir!. (Oc!Jta;lJI, v. sax. IHlfMtI. - Pour la formation, on rapprochera le laI. ClIpiùdev . ir!. faibitn, dont la raeine se retrouve dans lat. babire ((ormé comme got. hOban ). osq. hafiest t< il aura lot. 01<1, v. ir!. olim, got. a/a (porailleurs, on n'a que des traces de la racine , ainsi dans gr. i .... û.::cç) . lat. plttUIIS, g::tul. (Mtdio- )/tt"'lnl j v. ir!. It1r \1 sol ", v. angl. lMr. lat. IIIaIllH, ombr. man f (occ. plur .), osq. lIlatlim (ace. sing. ). )t

)1.

Di~l«tu indo-fUrOpÙt'l"

'41


130 v . isl. el v. angl. mlmn ; cr. m . hrel. IlI'l ia{1I Il gerbe . (v. FickStokes. Et. wiirt . III , p. 200). en regard de l'expression pal' la racine ·ghtr· dans gr . 'l.dp , alb . dor. , arm. jef" (1 main >1 ; de .kr. Mstal) = v. perse dalla . el de v. sI. rtlka (v . ci-dessous p, 31 ). lat. /lui /IIJ Il mU ", irl. mod o maine " bâton >l , ir!. m4tan (avec t notant l'occlusive sonore d ) " massue

Il,

CO:>lCLUSION

ad",al (v. W.

Stokes, K. Z ., XL, 2t3), v. h. a. tnas l ,. perche ", v. isl. mastT <I m;\t

>1.

lal. mmlum Il menlon ". gall o mant le mâchoire ", got. munIs, v. h. 8. lIIulld Il bouche ". lat. tUltr;x, irl. nathi, (gén : nalhrlJCh ), v. Îsl. nadr . Il ya .aussi beaucoup de ooncordances entre le vocabulaire germanique et le vocabulalre celtique , el entre le vocabulaire germanique et le vocabulaire italique; et les mols ainsi attestés peuvent ne manquer que par huard soit en celtique soit en italique; rien ne prouve même que certaines des communautés de vocabulaire signalées ci-dessus entre le celtique et l'italique ne proviennent pail du ronds de mots germano-celtoit J.ique ; ces trois langues ont en somme des vocabulaires remarquablement semblables.

Les faits étudiés montrent que les principales lignes de démarcation passent entre dialectes oocidentaux d'une part et orientaux de l'autre. L'indo-iranien, le slave, le baltique , l'arménien (et l'alba nais) forment Je groupe oriental, où l'on observe plusieurs traits communs : traitement des gutturales embrassant des faits multiples, tendance au passage de s à J (et de:{ à t ) en certaines conditions, emploi des désinenoes en bh (ou en'II) avec une valeur précise de nombre et de cas. Ces divers traits résultent presque certainement d'innovations et attestent par suite une communauté notable. Ceci ne veutpas dire que ce groupe dialectal était un, ni que ces phénomènes se sont propagés par imitation; il s'agit d'innovations réalisées d'une manière indépendante-, comme l'indique le détail des fnils, A.ussi constate-t-on que la confusion de li el de d, qui a lieu en indo-iranien, en albanais, en baltique et en slave, d'une part s 'étend au germanique, et de l'autre n'a pas lieu en arménien ; la chute de' intérieur a lieu dans tout le domaine oriental el de plus en germanique, mais le sanskrit y a échappé i le traitement ·-fuyt.- est iranien, slave et baltique, sans doute aussi germanique, mais le sanskrit et l'arménien présentent comme le grec, l'italique et le celtique. Les vocabulaires iodo-iranien, baltique et slave concordent fréquemment. Les dialectes orientaux constituent donc un groupe naturel. Il y a d'autre part un groupe, également naturel, de dialectes occidentaux: germanique, celtique et italique, qui pré-

.-turye-,


132

OIALECTES INDO·tUROPÊE:"!S

COXCLI;SIOl'f

sente des particularités communes très caractéristiques : trai. tement -Jl- de ·-tt-, puTait souvent dénut! de redoublement et constitution du prétérit li. l'aide du pal'fait et de l'aorÎ!JLe combinés, alternance de ·-)'0- avec ·-l- dans le suffixe nu présent dérivé, rareté du lype i.;'(~ ; el emploi du suflixe· At/UA, concor-

les infinitifs latins, En revanche, les concordances de vocabuIo.ire sont négligeables ; elles sont peu nombreu~s, et les mots particuliers que l'on rencontre, ~omme gr, â'i..l.'j.L2t et lat. JQ/iù, n'ont rien de remo.rquable pour le sens, Ceci n'empêcbe pas le grec de concorder ;\ d'aulres égards avec des langues du groupe orientaL Le passage de s ft h se retrouve en arménien et en iranien, La voyelledéveloppéedevant les sonan tes voyelles, et noln m men t devant la nasale, est de timbre a, comme en arménien et en indo-iranien, Il Y a toujours prothèse d'une voyelle devant r initial; seulement le grec ne met pas de voyelle devant p introduit Il date recente (cas de -sr et de-wr notamment), tandis que l'arménien a continué d'ignorer rinitial, L'emploi du suffixe- -lm>- pour former des comparatir. secondaires ne se retrouve qu'en indo-iranien. L'augment est maintenu, comme en arménien et en indo-iranien, Le suffixe secondaire deprésenta,comme en indo-iranien,larorme- -yelyo-, ainsi que celui des verbes qui indiquenll'état. Le grec se rappro:cbe donc Il plusieurs points de vue de l 'arm~nie n et de l'jndo-iranien, - Ave<: le baltique et le slave, ila en commun la conrusion totale du génitif et de l'ablatir. Quelques particularités de vocabulaire SOnt communes au grecavec ces mêmes langues. Le grec occupe donc une ~ituation intermédiaire entre l'italique d'une part, et les langue.~ orientales, l'amlénien et l'iodoiranien, et plus spécialement l'iranien, de rautre .Il e.t issu d'un groupe de parlers indo-européens où venaienl se croiser beaucoup d'isoglosses, Parmi les langues orientales, l'arménien , qui garde la diatinction de à et 6 et de" et 6, est relativement proche du groupe occidentaL On a relevé d'autre part quelques coTncidences particulières entre l'annénien, le slave et le bollique, notamment pour les suffixes tle présent • -yt/~ et - -i- et pour le rôle du suffize --10- , La communauté de la mutation consonantique IIvec le germanique serait un fait important; mais on a. vu qu'il n'est pas légitime d'en faire état. La situation respective de~ dialectes indo-européfms peut donc se traduire au moyen du schéma qui suit, en attribuant par

(lances de voco.'lbulaire. De plus, cert.aines particularités qui se retrouvent ailleurs !Juill comlnunes li ces trois groupes: le traitement desgulturalC!s (commun avec le grec), l'absence d'aug-

ment \commune avec le baltique et le slave), remploi de déllÎnenee!> en -bh-(ou en -m- ) poude dalir, l'ablatif, le locn tifet l'instrumentai, la confusion des sourdes et des sourdes aspirées

(avec le baltique, le slave, et en partie le grec). Mais on a vu que J'une de ces trois langues , le germanique, concordait avec le groupe oriental ft plusieurs points de vue; on pourrait ajouter la rorme de <,ertains pronoms personnels, nowmmenl de ceux signilkmt ~~ vous u et " nous )J au pluriel el nu duel. Et le germanique concOl'de en particulitlr avec le baltique elle slave pour les désinences en -1/1-, parc.ontrastc avec le-/llr des autre... langues; 011 Iloteraaussi l'expression de n vingt. trenle )J, et, Vilr la juxtaposition de ~(deux, trois, etc. ", et du mot K dixaine ", au lieu des rormes abrt1géeR du lype gr. ,.tu·n , Itc:r., lat. Ij~fjnfl , arm. khsnll: gr. :?:i7,:":X, lat. Irftj,,/tt, nrm, eresu." , etc. En même temps , unI' autre de ces trois langues, lïhlil!ue p.'l>~ nte avec le grec des coïneidencps parliculihcs: t''I'liteI\\l'nt .'Iourd des ~no.'cs aSlli récs, génitir pluriel des thèml'!oI l'n -d- emp.'untéit la l1t"xion dps dcmOllslratifs, Ce sonl HI dt"!'! innovations importantes, et (lui ne se retrouvent pas nilleurs, it date anciennc, Le f)1'CC el lït.'\lique sont seul!'!, avec J'Mménien préhi!'!toriqup , loi cOIl!!erVCI' le genre réminin dans les !!uhshmtirs tbcmes en -0-, Il ," Il peut-être aussi coïncidence en ce qui concerne l'emploi du ton dans les pré,'cl'hes (v. 1. F" XXI. :1\.7 ) ; sur ce point , le Krec di\'('rge abPtOlument tl'll\'ec le SlImihit, et l'on n ici la trace d' un f:lit syntaxique clinlectnl. M, Hi.,t (l , F .• XVII. â9::i-i.t.[)) s't!st aussi efforcé ~In tl~ monlrt'r lïtlentitt! d'unC' pli l,tic ,I('!! infi ni tifs gT<'C" avec

133


13'

OONCLUSIO);

DIALECTU INDO-F.U AOptF.NS

tion dans la disposition respective des langues, il y a eu rayonnement en partant du domaine primitivement occupé; mais, lors de ce rayonnement, rien n'indique que les anciens parlers aient chevauché les uns sur les autres et interverti leurs places ' respectives. Sans doute, on ignore et Oll n'a Aucun moyen de déterminer si les langues du groupe oriental et celles du groupe oC(:idental proviennent de p3rlers qui occupaient l'est et l'ouest du territoire indo-eurOpéen commun; mai!! , sous le bénéfice de la réserve qui vient d'être laile, les parlers qui étaient contigus ont fourni des langues qui sont encore Il l'époque historique sensiblement les plus pareilles les unes aux autrel!, On n'a pas la preuve qu'il se soit produit pour l'indaeuropéen ce qui a eu lieu par exemple pour le germanique, où les parlers gotiques, relstivement proches des parlera &Candi· nll ves , s'en sont entièrement séparés, et se sont dispersés sur une aire très vaste; si des faits de ce genre onteu lieu, 'il en est résulté sans do~te ce qui est arrivé au gotique: la langue dont les porteurs se sont ainsi dispersés Il disparu sans laisser de traces au bout de peu de siècles; et il n'y a rien III que de naturel : les populations les plps aventureuses et qui se laissent entrainer le plus loin de la masse des populations de même langue sunt les plus exposées Il être absorbées par d'autres peuple:; et à perdre leur propre idiome, - La dispersion deslanguesindo-eu. ropéennes resseml)le beaucoup 8celledeslanguesslaves: ilserait facile de marquer sur le domaine slave des lignes d'isoglosses pareilles à celles qu'on a tracées pour l'indo-europée'n, et il en résulterait, ce qu'on sait en efTet. que les parlers slaves se sont étendus -quelques-uns comme le russe, d'une manière immense - , mais sans changer de position respective , Cne autre conclusion, plus importante au point de vue linguistique, c'est que l'indo-européen se composait, dès avant 1", séparation, de parlers déjà lortement différenciés, et qu'on n'a pas le droit de traiter l'indo-européen comme une langue une , Les particularités qui caractérisent chncun des gral\ds groupes, $olave , germanique, baltique, etc" sont en notable

anticipation aux parlers indo-européens les noms des langues historiquement attestées qui en sont la continuation:

Il

cJiqlJ'

t

(j

Ce schéma très grossier (où l'on n'a pas tenu compte des langues non attestées par des textes suivis de quelque ~ten ­ due) ne prétend répondre à aucun fait historique défini; il n'a qu'une valeur linguistique et indique ce que l'on peut supposer avoir été la situation respective des parlers indo-européens les uns par rapport aux autres, antérieurement ft l'époque oil chacunedealangues, en s'établissantsur unterritoire nouveau.. s'est isolée el a cessé d'avoir avec ses anciennes voisines un développement commun. L'aire attribuée II chaque parler esl tout il. rait arbitraire ; il est possible qu'une langue indo-européenne .parlée au début de l'époque historique sur une aire très vaste repose sur un tout petit nombre de parlers indo-européen", et inversement, Les lsils linguistiques étudiés ici ne conduisent qu'II. des conclusions linguistiques, el le graphique qui traduit ces conclusions n'a de sens que pour le linguiste, Toutefois une remarque semble s'imposer II. la vue de cette ligure. Les parlers indo-européens occupaient une aire où les innovations linguistiques naient lieu d'une manière indépendante ,"ur des domaines contigus, sans qu'il y eût nulle P.8rl une limite qui sépanlt entièrement certuins groupes de certains autres. Et, quand la séparation s'el>t produite sans doute progressivement, c'est-II.-dire quand des colons et des conquérants sont allés occuper des domaines nouveaux auxquels ils ont imposé leur langue, il n'y a pas eu de di.sloca-


136

DIALECTES INDO-Et:ROPÉZN8'

partie, la continuation de phénomènes qui ne sont pas indoeuropéens communs, mais qui sont de date inda-européenne. Et

méme certains groupes, comme l'indo-iranien et l'italo-celtique , renferment des représentants de parl'ers indo-européens distincts. La considération de ces distinctions dialectales, qui ne

devrait jamais être perdue de vue, compliquera, mais précisera

ADDITIONS

ET CORRECTIONS

aussi l'élude de la grammaire comparée des langues indoeuropéennes. P . 31) et'lIlv. Un trait essentiel III noter est que le subjonctir rn '·d- ou en ' -s- de l'italo-eeltique ut iudépendan t il 1. rois du thème du prt"senl (inrectum latin) et de celui du p,'étérit. Le vieux latin a, plr exemple, a,/IImll'" en regard de IUliiii, uëai, cl le \'ieil irhmrl.i!l -bill en rl'gaNI dr. Il(lI4i",.

P. 47, 1. 7 du bas, lire tldtiu. P. 5:0, fin du premier a linéa. Un détail ,'ienl appuyer l'hypotllt\se flu e 51. Il représente un'" du sl.,'e commun, Ln diphtongue ' ÛSI' cunfonJ elltièrcment avec ï, en sla"e comme cn gel'manique. Et , dt' m,;nw qu'tm ger mlnique, la diphtongue ' (\11 ou '1"', représentée par sI. fi, cst .Icmt'urée distincte de ',i, l'epres<,nte paf 51. " le passage de 'u lt $1. ,r étant d 'ailleurs récent, puisquc les mots slayel empruntes au germauilille y prennent part, Si le Iraitt'ment de la diphtongne en 1/ n'cst III' l:NIrnl. lè le à c<,lui ùe ri, c'est que le degré d 'o\l\'crllll'C 'du premiel' élément eomposantéLait plus gund, ct qu'il faut partir ùe °all , non ùe · 011. Ce qui montre bien d'ailleul"S quela diphtongue '.J" (,j'oit ' 011, ii l s'esllou/:temps maintenue en alll,\'e, c'eat que i ne l'a ltt'I'e pll.S : 'i,Y Ilns!;(! Il p, ml is ju (de 'jUII, puil! 'joll ) subsiste, comme jq , P, 79 et 80: pour le passage de ·kf, à x en armén ien cl en sln,'c, cr. ho,. ouservations de-M . Pcdel"Sen , K, Z" XL, p. i73 l'lsuiv , p , 8i, 1. J du has , Jil'e: pa94ntl., P,84 : On observe en irllnien un passage de JI Il si, dont les con dition ~ dialectlles ne sont pas connues Iv, 1Ilibschmann, Per~, ,fi/ud., l'. 236, ~ UO ; Salemann, GrUfldr. d. irltfl. Phil., l, t , p. 262; ct fl orn, ibi(I .• 1,2, p. 86). P.86 et suiv. Dans les Siltungsberitlite dc l'AclIdémie tic Berlin , t90lI, l, p, t6 ct suiy., M, Ed , Meyer signale, parmi les dil'LlX indo-iMlUif'ns It(]oré. par le roi de Mitani (,uv· siècle av, J .-C.l ,les ",Jsal"1, ~i, eomnw l'lIùmet M. Meyer, le mot doit être !{'nu pour iranit:'n (ib" p, IR), le passage de s intervoealique il. b serait un rait rel8tÎl'emen t l't'i.'I'nl ; mais, II. ULle Ilate aussi éloignée de cclle où les Iraniens AOnt atte!lh~s, riell Ile plVuve qu'il s'.gisse ici de dieux proprement iraniens; ccs d ieul peuvent ètt'C ceux d'Aryens autres que les Iraniens, ,le Cf'UX qui del'aient aller d,ns l'Inde, ou ù'aulrl's 'lui aura;f'nt disp8l'u. P.RR, 1.11 , l irf'r~'IIS,ml ..


138

ADD IT ION" ET CO RRECTIO NS

P. 89, 1. t du bu. (e rmer l, parenthèle après : le grec, e l supprimer 1. ) après ; intervlJ<:.lique. P. g!. Sur le t",Îlcment il de Î...fl. '/ dalls um. d.J, 4w, Y . maintenant M. S. L" 1", VI et lui", P. 'li: En ce qui concerne rlrmenicn , M. Pederaeo, K. Z" XXXIX, p. U8 e t lui .... , ' repoulaoi l' hypotbè~ d'un lubst,..t e.ueuique. Une que. lion de pareille importance ne peul ê tre di.tCul~e id d'une m. nière incidente. Il demeure (rappan t que le .yatème des ocelusive5 et mioc:cluli ...e., Ivee l, triple Hrie de sourde., sourde. IJlpirée5 e t IKInOret, eat le même en arméoie n et en géorgien. Et, ai certai nel la ngues présentent U D pe ... gedep /1 f. ou de 1 /1 r. ces changements propres lI Ici ou lei phonème ilO16 qui était particulièremen t eJlposé t. des alté ra601111001 euentiel1ement disti ncll de l, mutation lo tale qui caractérise l'arménien comme le germ. nique. Comme l'armé nien rou roi ll'uemple le' plus certain d' un di. lecte Indo-européen OCCupant, à da le hiatorique, un dom.ine Oll le p.rl.ient auparnant d'au tre!l longuea, le rait qu'il prtaenle une muta t ion tonaonan tique t!lt aigniOcatir, et semble bien indiq,!-er l'inOuente d 'uD aub!ltl'1l 1 étnnger eo pareil ta!l.

P. lOG, 1. 5 du b.. : lire XI, " 1 e t t uiy. P . t li, 1. 2, lire .i- au lieu de -1-. P. H2, l. 22, mettra les mols : après !lylb.be longue, en Ire paren thèses. p, 132, 1. 2 à 5 du bas. Cr. msintenant la remarque tnult! pareille de M. Oldenberg sur le n pport entre les fia it. e l aaoshits, Z. D. M, G., LXI, 8U .

,!'ee.

TABLE DES MATIj;~ HES

I IfTUODUCT IO:'< .••••• , , , • ' •••••••••• • , •••••• • • . •••• .

CHJ.PIT". 1. Le YOClbulaire du :'IIord-Oue.l. .. , . . .. '.,... . . .. .. Il . L'indo-irluien .. , ... . .. ' ........ . . , ........... " . . III . L·ita lo-celtique ............ . . .....•....•. ,.... . IV. Le ba.lto-lila"e. . . . ... ....... ,.............. . . V. Les gu ttu nle •.. ................ , ....... , . . . . . . . . . VI. Les "oyeUes net Il....................... .. ... ... VII . Le g roupe 1/ .. ... . ...... , •• • ••... ,........ . ....... VIII . Traitement de~ . ... , ..... .. .. , . .. .. .. . . ..•...•.... IX, Le I!!'ro up~ wy ........ . . ,....... .. .... ..... . ... . .. X. Les sonore .... I-'irlielf ... . . ...... ...... .. . , . ,. .. . . XI. Les sourdes aspirées ..................... ,.. . . .... XII. L. si manle 1.. , .•. , .. . . ' . ........ .. . . . .. . . ..... . . .

tj 24

JI W

.9 54

r.i tll!

il i:i ill 114

XIII. Lei mUIAtinnl cOlllonl nliquel du 1l'I!I'lftinique el de XI V. XV. XVI. XVII . XVIII. XIX. XX.

l'.rménien ,.,, .. ,., ....... ,., .......... , .. ... . 89 L·llugment .. ............... ..... ............. 91 Le parra it .. ...... ........................ ..... l Oi! Le luffille de présent -t't- ........ , ... ,...... . ....... t 09 De quelques auffillea nominaul ............. "...... 114 Les rorme. casuellet en bh et en lU ................ H g Le ~nilil pluriel dei IM'met e o -4- ....... •.• ,..... tu. De quelquel ra ill de l'ocabulaire"., ......... . , ... ,... I!~ Addilionl et correc tionl .... , ... . .. '" ..... .... . . ... I J'


Antoine Meillet, Antoine_Les dialectes indo-europeens --Clan9 -- (identitaire europe germain slave