wOwW! novembre 2015

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la passion de

Judith Vindevogel Soprano et productrice de théâtre musical, Judith Vindevogel a fondé WALPURGIS quand elle avait à peine 24 ans : « Pour vraiment pouvoir faire ce dont j’avais envie » . Depuis plus de 25 ans, la compagnie fréquente joyeusement les genres populaires tels que l’opéra, la comédie musicale et le vaudeville, mais crée également des pièces à partir du répertoire de compositeurs moins évidents tels que Stravinsky et Kurtag. Spécialement pour wOwW!, rétrospective des fondements de “son” théâtre musical.

« WALPURGIS est mon jardin, les gens en constituent la beauté. » Et c’est alors que vous décidez de fonder votre propre compagnie ?

Le plaisir de creuser « J’ai toujours eu des difficultés à choisir. Je souhaite manier une approche qui soit à la fois profonde et large. Il s’agit d’une sorte de nécessité intérieure. Déjà pendant ma formation je ressentais cette pression. Si je voulais aller au conservatoire, je devais choisir entre l’opéra et le théâtre. Or les choses n’étaient pas si simples pour moi. J’ai vite compris que je devais choisir mon propre chemin et sortir des sentiers battus. J’ai obtenu une bourse pour aller étudier à Londres et j’y ai fait connaissance de la Technique Alexander, une technique de mouvement que j’enseigne moi-même maintenant. Alors que j’étudiais, je créais mon premier spectacle de théâtre musical Herz und Schmerz en collaboration avec le metteur en scène Dirk Opstaele. En plus de tout cela je chantais à l’opéra et dans le big band de la Vlaamse Radio en Televisie (Radio et Télévision flamande, NDLR). »

« Oui, parce qu’en créant des choses soi-même, on peut également apprendre énormément. Tous mes projets naissent du plaisir de pouvoir “creuser”. C’était déjà le cas pour mon premier projet Mignon. Comme toute soprano, j’avais dans mon répertoire quelques mélodies de Mignon. À première vue, elles semblent plutôt romantiques. Et dans tous les enregistrements que je connaissais, elles étaient chantées avec une voix de rossignol. Tout était parfaitement maîtrisé. En lisant le roman de Goethe Les années d’apprentissage de Wilhelm Meister, j’ai découvert que Mignon était tout sauf une jeune femme romantique, mais plutôt un enfant mystérieux et maladroit qui bougeait et s’exprimait d’une manière étrange. La Mignon de Goethe avait un côté frêle, un aspect délicat et imparfait. Elle me faisait penser d’une manière ou d’une autre à un enfant autiste. En étudiant ce personnage sous cet angle, la manière de chanter ces mélodies a changé pour moi à jamais. Oui, tout a commencé

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