wOwW! novembre 2015

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Au début du mois de mai, les jeunes de Marseille, Le Groupe des 15, viendront passer une semaine à deFENIKS, l’atelier de WALPURGIS à Mortsel (Anvers). Par le biais de la musique, du mouvement et du jeu, ils auront l’occasion de se plonger une semaine durant, aux côtés des jeunes de NEST, dans le monde de Racine, de Mozart, et de Steve Reich et de rechercher un langage commun, au-delà de toutes les barrières culturelles, sociales et linguistiques. Alors que le metteur en scène et acteur français Alexis Moati (45) raconte comment il a atterri dans le monde du théâtre et pourquoi il a fondé Le Groupe des 15, Charles (16), Mathilde (17) et Marie (17) portent un regard rétrospectif sur leur première année à NEST.

« Comme Superman, on dissimule sa vraie identité. On trouve des modèles, on imite, on s’essaye… comme au théâtre. »

Qui est qui ?

s ène françai etteur en sc ue iq st ti ar L’acteur et m r u i est directe é. Depuis Alexis Moat lan agnie Vol P p de la Com une période r u o p 014, et )ncre à la septembre 2 artiste à l’a(e t es il s, an is de tro n d’artistes e, une maiso h c an Fr e Gar . à Marseille

Alexis Moati © Matthieu Wassik

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Alexis : « Quand j’étais petit, j’ai vu Superman au cinéma. En sortant de la salle, j’ai su que ce film avait été fait pour moi, qu’il s’adressait à tous, mais qu’il parlait de moi, de moi seul, que j’allais bientôt découvrir mes super-pouvoirs, mais surtout que… je pouvais voler. J’en étais persuadé au plus profond de moi, il suffisait d’avoir le vent adéquat, de courir assez vite pour qu’une rafale de vent vienne par l’arrière afin que je puisse décoller. Le lendemain, j’ai mis mon survêtement bleu, j’ai mis mon slip par-dessus et comme cape, j’ai pris le manteau rouge de ma mère, duquel j’ai rentré les manches (la cape de Superman n’a

pas de manches) et j’ai couru sur le chemin devant chez moi, j’ai couru… longtemps. Mais ça n’a pas marché… Pourtant l’expérience n’a pas enlevé cette certitude gravée en moi : je peux voler. J’ai compris ce jour-là que l’expérience ne résout rien. Et puis, un jour on commence à se rendre compte que notre pantalon est trop court, que notre voix change, que nos pieds heurtent le bout de nos chaussures. On ne voit plus le monde tout à fait de la même façon. Ce dernier semble s’obstiner à nous montrer que les autres ne sont plus sous notre charme et que l’on n’est souvent que le personnage secondaire, voire le figurant d’une histoire dont nous avions toujours pensé être le héros. Alors on a honte, de soi, de sa figure, de ses cheveux, de sa peau, de ses mains, de sa poitrine, de ses jambes, mais aussi, de ses parents, de sa maison, de ce qu’on a aimé… On a honte d’être. Le combat commence, il faut réagir vite. Comme Superman, on dissimule sa vraie identité, on essaye beaucoup de déguisements : du premier de la classe à l’agitateur. On trouve des modèles, on imite, on