wOwW! novembre 2015

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on s’engage

WALPURGIS dans le monde Dès que Walpurgis se produit quelque part, Luc (53) et Paul (69) assistent avec joie au spectacle. Ce n’est pourtant pas évident, car tous deux tirent le diable par la queue. Grâce aux efforts qu’entreprend WALPURGIS pour atteindre des personnes défavorisées sur le plan économique, cela devient possible. Et c’est tellement important, disent Luc et Paul.

« La pauvreté rétrécit le monde. La culture l’ouvre à nouveau. »

Ce n’est pas dû à un tempérament réservé et taciturne. « Il a la tchatche », affirme Luc avec un sourire. Et Paul acquiesce. « J’aime parler, échanger. C’est agréable, non ? Et c’est comme ça qu’on apprend à mieux se connaître. » Paul et Luc sont amis, et c’est leur amour de la culture qui les a réunis. Paul : « Avant de me retrouver dans une situation financière difficile, il m’arrivait d’aller au théâtre. Ou à l’opéra. J’aimais bien ça. Je suis aussi allé quelques fois au concert de James Last. Mais quand j’ai commencé à avoir des problèmes financiers, j’ai abandonné tout ça. Par manque de budget bien entendu. Alors que la culture, c’est si important. La pauvreté rétrécit le monde. La culture l’ouvre à nouveau. »

Comment avez-vous découvert WALPURGIS ?

C’est comme ça que tout a commencé. »

Paul : « Par le biais de l’association Recht-Op (ce qui signifie à la fois “debout” et “droit à”, NDT), qui s’occupe, entre autres, de participation à la culture. Depuis quelques années, je me suis engagé pour cette cause. Je ne suis pas né dans la misère, je ne suis pas issu de la spirale infernale de la pauvreté structurelle qui se transmet de génération en génération. J’ai donc encore de la “chance”. C’est pour ça que j’ai voulu faire quelque chose en retour. Dès le début, je me suis engagé pour d’autres personnes qui connaissaient de grandes difficultés financières et n’ont pas la même facilité que moi à s’exprimer. Certaines organisations culturelles prennent elles-mêmes contact avec Recht-Op. C’est comme ça que nous avons découvert WALPURGIS, lors d’une soirée de présentation à de FENIKS (l’atelier de WALPURGIS, NDLR) à laquelle ils avaient aussi invité les gens de Recht-Op. Je suis le seul à y être allé. Ensuite, quand ils ont joué au centre de rencontres derrière chez moi, j’ai emmené Luc.

Luc : « J’étais immédiatement séduit quand je les ai vus à l’œuvre et ensuite, toujours avec Paul, on est allé voir leur opéra féerique Princesse Turandot. C’était très beau ! » Paul : « Nous avons un bon contact avec Judith (Vindevogel, la directrice artistique de WALPURGIS, NDLR) et avec les gens de WALPURGIS. Au comptoir, ils nous connaissent entretemps. Ça, c’est toujours sympa ! Vous savez, ici, on se sent les bienvenus, vraiment les bienvenus. On n’a pas le sentiment d’être accueilli par pitié. Ils sont contents qu’on vienne. On sent une chaleur humaine et un intérêt sincère. On n’a pas à se sentir gêné. C’est très important quand on n’en mène pas large : notre fierté est souvent l’une des dernières choses qui nous restent. » Luc : « Et entre-temps, Paul et moi ne sommes certainement plus les seuls à venir voir leurs spectacles. Plusieurs personnes sont déjà venues. wOwW!

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