Page 1

Musée de l’horlogerie Saint Nicolas d’Aliermont

Armand

Couaillet Horloger et inventeur de génie

Catalogue d’Exposition


également Publiés : Catalogues d’expositions Le temps au travail, Contrôle et gestion, Maïté Ducornetz et Marianne Lombardi, musée de l’horlogerie, juillet 2012. Réveils animés, le XXe siècle à travers la vie quotidienne, Cyrielle Langlais et Marianne Lombardi, musée de l’horlogerie, juillet 2011. Coucou, techniques, contes et symboles, Apolline Barra et Marianne Lombardi, musée de l’horlogerie, juillet 2010. L’heure en voyage, Lucille Durand, musée de l’horlogerie, juillet 2009.

Découverte des collections du musée La mécanique du geste : trois siècles d’horlogerie et de mécanique à Saint-Nicolas d’Aliermont en Normandie par Emmanuelle Cournarie, Editions PTC des falaises et musée de l’horlogerie de Saint-Nicolas d’Aliermont, septembre 2011. Le temps en mouvement, musée de l’horlogerie, avril 2007.


Armand

Couaillet Horloger et inventeur de génie

Lolita Delesque Marianne Lombardi Catalogue d’exposition du musée de l’horlogerie de Saint-Nicolas d’Aliermont Du 29 Juin au 31 Décembre 2013

Le musée est un service municipal de la Ville de Saint-Nicolas d’Aliermont


Sortie des ouvriers de l’usine Couaillet Frères, Archives du musée, Don M. Godefroy.


Sommaire Armand Couaillet et l’industrie horlogère Des débuts prometteurs Les Établissements Couaillet Frères

Les pendulettes de voyage Couaillet Une importante production Ses ultimes œuvres

L’impact de la Première Guerre mondiale sur l’industrie aliermontaise. Une guerre d’usure La main-d’œuvre Les Établissements Couaillet au cœur de la guerre La télégraphie pendant la Première Guerre mondiale

Armand Couaillet, inventeur de génie L’Électricar « La Mécanique horlogère » d’après-guerre De nombreux brevets d’invention

Armand Couaillet et Saint-Nicolas d’Aliermont Un projet de Cité-jardin Chef de la Fanfare La famille Couaillet, une dynastie

5


Portrait d’Armand Couaillet,

Archives du musée, Don de M. Godefroy photographie argentique.

Nos remerciements s’adressent aux familles Couaillet, Cousin, Doré et Godefroy pour les prêts d’objets et d’archives, leurs conseils et leur soutien.

6


Introduction Armand Couaillet (1865-1954) était un homme à la forte personnalité ; autodidacte il a marqué le monde industriel par ses inventions. Toujours en recherche d’innovations, il a mis son talent d’horloger au service des produits les plus modernes : l’  Électricar (voiturette électrique commercialisée en 1919), télégraphes,armement pendant la Grande Guerre, etc. Durant la « Belle Époque », le développement des moyens de transport, de la production d’acier et d’électricité va créer un contexte économique positif dans lequel des personnalités inventives, comme celle d’Armand Couaillet vont pouvoir, à partir de rien, créer de véritables empires industriels. L’exposition que nous vous présentons s’attache, à partir de l’exemple de l’entreprise Couaillet, à définir les liens entre horlogerie et innovations techniques dans la première moitié du XXe siècle, notamment en s’interrogeant sur le rôle moteur de la Première Guerre mondiale dans le passage forcé à un outillage et à des modes de production modernes. Le musée possède une belle collection de pendules et objets mécaniques des Établissements Couaillet Frères provenant essentiellement de dons des descendants d’Armand Couaillet. Cette collection a pu être complétée par des prêts et surtout par un très beau fonds d’archives privées. Armand Couaillet a en effet écrit minutieusement sa propre légende  et sa fille, Cécile Godefroy, a été également l’archiviste de la mémoire familiale en rédigeant deux cahiers détaillés. Malheureusement les archives des entreprises ont, quant à elles, disparu, et il est difficile de vérifier certains éléments et de faire la part des choses entre légende familiale et vérité historique. 7


La personnalité d’Armand Couaillet l’a poussé à tenter des aventures industrielles risquées qui se sont pour certaines mal terminées pour des raisons assez obscures. Mais, jamais découragé, il a jusqu’à la fin de sa longue vie déposé des brevets mécaniques et réalisé des pièces horlogères exceptionnelles.

Pendulette Couaillet, début du XXesiècle, Collection privée

8


Première partie

Armand Couaillet et l’industrie Horlogère Autodidacte, le jeune Armand Couaillet profite de l’essor industriel de Saint-Nicolas d’Aliermmont pour créer une entreprise florissante.

Des débuts prometteurs Né le 20 janvier 1865 à Saint-Nicolas d’Aliermont, Armand Gustave Couaillet est le fils de Gustave Couaillet, horloger, et de Florine Cornet, sans profession. Il est l’aîné d’une famille de sept enfants, dont cinq garçons : Armand, Georges, Gustave (dit Henri), Alfred (dit Ernest) et Arthur (dit Louis) et deux filles : Marie et Alphonsine. Armand Couaillet a très peu fréquenté l’école. Il a appris seul à lire, écrire et compter. Pour aider sa famille, il a très jeune été engagé en tant que pâtre puis domestique dans une famille bourgeoise de Dieppe. Ce travail ne lui convient guère, et comme dans la famille Couaillet on est horloger à Saint-Nicolas d’Aliermont depuis la fin du XVIIIe siècle, Armand revient dans sa ville natale en 1885 pour profiter lui aussi de l’essor industriel de la commune. Il intègre alors les ateliers d’Albert Villon, fondateur des réveils Bayard, en tant qu’ouvrier horloger. Parmi les 450 personnes de l’usine il est très vite remarqué et est choisi pour présenter les pendules Villon à l’Exposition Universelle de 1889 à Paris. 9


Les établissements Couaillet Frères En 1891, Armand, technicien inventif et ambitieux, décide de quitter l’entreprise Villon et de travailler chez lui, en sous-traitance pour les nombreuses usines nicolaisiennes. Fort de son succès, il ouvre, le 15 février 1892 avec sept ouvriers, une fabrique de pendules de voyage dans une masure inhabitée située au Bout d’Aval, quartier d’origine des horlogers de Saint-Nicolas d’Aliermont. Décidé à augmenter son activité, Armand Couaillet se rend alors à Paris avec ses plus belles réalisations et revient avec de nombreuses commandes. Pour y répondre, il agrandit l’usine en 1896 qui compte désormais 80 ouvriers. Quatre ans plus tard une centaine de personnes travaillent pour lui et il doit déménager pour un atelier plus grand. Le succès est au rendez-vous et lors de l’Exposition Universelle de 1900 à Paris, il reçoit une médaille d’argent pour un de ses modèles de pendule de voyage. Le nombre grandissant d’ouvriers (150 en 1902) et la croissance de l’entreprise poussent Armand à s’associer à ses frères Ernest, Henri et Gustave. En 1903 sont créés les Établissements Couaillet Frères. Henri Couaillet seconde Armand dans les affaires et le remplace lors de ses nombreux déplacements. Ernest, est chargé de surveiller les ateliers et de diriger la fabrication, et Gustave est ouvrier horloger.

Mouvement de Paris fabriqué par Henri Couaillet vers 1930,

Collection du musée, inv. 92.13.01, don de Madame Henri Couaillet © Yann Pelcat, Dieppe.

10


Poinçon de l’entreprise Couaillet Frères,

Photographie, début XXe siècle.

Signature et poinçon Malheureusement les pendules et productions Couaillet ne possèdent pas de réelle signature. On retrouve néanmoins généralement une marque qui permet de les identifier : sur la platine arrière, la flèche de remontage, évasée, possède 4 points représentant sans doute les 4 frères Couaillet. On la retrouve sur les productions réalisées de 1903 à 1925. À la veille de la Première Guerre mondiale l’usine comptait 220 ouvriers et fabriquait environ 250 modèles de pendules avec des cadrans en ivoire, émail, émaux colorés, etc.

Ernest Couaillet dans les ateliers de l’entreprise Couaillet Frères, Archives du musée, don de M. Godefroy, carte postale vers 1915.

11


Photographie après l’incendie de 1912,

Archives du musée, don M. Godefroy.

Le 28 Janvier 1912, un gigantesque incendie dévaste l’usine et remet en cause ce succès : le feu a détruit les bâtiments, les machines-outils et la marchandise. Les frères Couaillet sont alors ruinés, l’usine n’était assurée que pour 300 000 francs, alors qu’elle en valait près de 1 million 500 mille. Cependant l’aide fournie par les ouvriers, les fournisseurs, les entreprises voisines et les clients, a permis de relancer l’affaire. Trois cents ouvriers ont ainsi repris rapidement la fabrication de pendulettes de voyage. L’usine s’installe alors dans les ateliers de M. Delépine-Barrois qui lui a revendu ses locaux et met à disposition ses 80 salariés.

Pendulette de voyage,

Collection du musée, Inv. 208.05.02, don de M. Hautot.


Deuxième partie

Les pendulettes de voyage Les Établissements Couaillet Frères bâtissent leur succès et leur fortune grâce à la production de pendulettes de voyage.

Une importante production Des centaines de modèles différents répondent à tous les goûts et à toutes les bourses comme la mignonnette, la marquise, la pendule de marine1 ou la huitaine2. Au début du XXe siècle, 3 à 4 000 pendulettes sortent alors tous les mois des usines aliermontaises. En 1911, Armand dépose un brevet d’invention à l’Office National de la Propriété Industrielle (ONPI) de Paris, pour un dispositif de pendule double face caractérisé par la commande de raquetterie3, le remontage et la mise à l’heure qui s’opèrent par la face inférieure de la pendule.

1 2 3

Pendulette de voyage Couaillet à grande sonnerie, début du XXe siècle, Collection privée.

Possède un système stable, permettant d’être embarquée sur un navire. Petite pendule que l’on remonte tous les huit jours. Ensemble des pièces fixées sur le pont de balancier.

13


Brevet n°426.112, déposé par Armand Couaillet, Dispositif de pendule double face, 18 février 1911, fonds archives INPI.

Ces pendulettes, symboles de la BelleÉpoque, ne sont plus guère appréciées après la Première Guerre mondiale et leur production va progressivement s’arrêter. Néanmoins, Armand Couaillet, très attaché à ces objets, symboles de sa réussite, fabrique lui-même à la fin de sa vie deux pendules, « son testament horloger ».

Ses ultimes œuvres À 83 ans, Armand Couaillet se lance dans un ambitieux projet : réaliser entièrement seul, deux pendulettes sophistiquées. Il y arrive au bout de deux ans et demi en travaillant « un peu chaque soir et les dimanches »4. Une de ces pièces, restée en possession de la famille, a rejoint les collections du musée. Le mécanisme, composé de près de 500 parties, comprend une sonnerie au passage, une sonnerie aux quarts, une fonction d’heure à la demande ainsi qu’un réveil. L’échappePendule avec cadran en ivoire ment est dit à ancre anglaise5. Cette préA. Couaillet Collection du musée cieuse mécanique est protégée par un cainv. 2013.3.1 dran en ivoire, réalisé à Dieppe par Gustave Don de l’Association de l’Horlogerie Émile Renard au début du XXe siècle. Aliermontaise.

4 Note manuscrite au verso de la photographie des pendules avec cadran en ivoire, Archives du musée. 5 à la différence de l’ancre suisse les dents de la roue d’échappement sont pointues et l’impulsion est faite entièrement sur les palettes.

14


Photographie des pendules avec cadran en ivoire,

Armand Couaillet, 1946-1948, Archives du musée, don M. Godefroy

Chose rare, cet objet est documenté de la main même d’Armand Couaillet, 19 lignes au dos d’une photographie : «  ces pièces sonnent les heures et les ¼ au passage […], elles sont hautement appréciées, classées articles de musées. » La seconde pendule, quasi identique, Armand Couaillet l’a offerte à son associé Adolphe Brunel. Suite à des désaccords financiers graves, les deux hommes se brouillent et Armand tente en vain de récupérer son cadeau qu’il ne juge plus digne d’un homme qui, semble-t-il, a trahi sa confiance.

Pendule avec cadran en ivoire, verso, Armand Couaillet 1946-1948

Collection du musée inv. 2013.3.1 Don de l’Association de l’Horlogerie Aliermontaise

15


Pendulettes Couaillet, début du XXe siècle, Collection privée.

Cadrature d’une pendulette à grande sonnerie, début du XXe siècle, Collection privée.


Troisième partie

L’impact de la guerre 1914-1918 sur l’industrie aliermontaise La Première Guerre mondiale entraîne des bouleversements considérables pour les usines aliermontaises jusqu’à alors tournées essentiellement vers l’horlogerie.

Une guerre d’usure Lors de l’entrée en guerre, tous les belligérants étaient convaincus que cette guerre serait terrible, mais brève. Les stocks et les équipements étaient donc prévus en conséquence pour quelques semaines. Avec l’immobilisation du front et la guerre des tranchées, il est devenu évident qu’une guerre d’usure était en cours et qu’il fallait rapidement organiser une mobilisation économique et sociale à l’arrière. L’armée allemande occupe rapidement le Nord et l’Est de la France qui représentaient avant la guerre les 3/4 de la production de houille et 2/3 de la production sidérurgique. La Fr ance a donc dû faire face à l’occupation de la partie de son territoire la plus riche en activités minière, métallurgique et textile. L’État français organise donc le rationnement et la répartition des matières premières, les attributions de main-d’œuvre, la distribution des crédits et la fixation des prix. La priorité est de gérer la crise des munitions apparue à la fin de l’été 1914. 17


Femmes travaillant dans les ateliers Couaillet pendant la Première Guerre mondiale, Collection privÊe.

18


Le 20 septembre à Bordeaux, une conférence réunit le ministre de la guerre, Alexandre Millerand et les principaux industriels. C’est le point de départ de la mobilisation industrielle du pays. L’État ouvre des crédits à long terme afin Fusée d’obus de 75 mm Collection du musée que les industries Don de C.Castreau, puissent construire de inv. 206.17.01. 1, 2, 3, 4. nouvelles usines, les équiper de machines adaptées aux nouvelles fabrications et prévoir les immenses halls d’assemblage ou de stockage. L’industrie horlogère est un secteur stratégique en temps de guerre, car elle peut facilement convertir son activité vers la mécanique de précision adaptée à l’armement : l’outillage, les métaux et les techniques sont en effet identiques. Comme les autres industries horlogères du pays, les fabriques de Saint-Nicolas d’Aliermont furent fortement incitées par la défense nationale à produire toutes sortes de pièces de précision pour l’armée. Une importance toute particulière a été donnée à la production d’obus.

La main d’œuvre Il faut rapidement trouver de la main-d’œuvre pour faire tourner les usines de guerre, au moment où la principale force de travail industriel est envoyée combattre aux frontières. Les femmes vont donc, en partie, remplacer dans les usines les hommes partis au front. En 1918, on compte plus de 430 000 ouvrières dans les usines de guerre, que l’on appelle les munitionnettes. Néanmoins, elles ne suffisent pas à faire fonctionner les usines (en 1918, le personnel féminin dans l’industrie et le commerce ne dépasse que de 20% son niveau d’avant-guerre). Les forces de travail des adolescents (133 000 jeunes de moins de 18 ans dans les usines en 1918) et des 19


Ateliers Couaillet Frères pendant la Première Guerre mondiale, Collection privée.

étrangers (500 000 ouvriers étrangers dont 61 000 coloniaux) sont alors également mobilisées. La main d’œuvre qualifiée vient cependant rapidement à manquer dans les ateliers. Le 4 Juin 1915, la loi Dalbiez est alors promulguée elle impose notamment que : • 350 000 ouvriers qualifiés quittent le front pour les usines, • 150 000 pour les mines, • 300 000 pour l’agriculture. Ils restent toutefois mobilisés en tant «qu’affectés spéciaux» dans les usines de guerre. à ce titre ils portent un brassard distinctif et le recours à la grève leur est interdit.

20


À Saint-Nicolas d’Aliermont, Robert Duverdrey, futur dirigeant des réveils Bayard, a lui-même été rapatrié du front pour réintégrer son poste, à la demande d’Armand Couaillet. Atelier Couaillet Frères pendant la Première Guerre mondiale,

Collection privée.

Les établissements Couaillet Frères au cœur de la guerre Très tôt, les Établissements Couaillet Frères vont diversifier leur production en se mettant au service du Ministère de la Guerre. Ils vont alors produire des pièces d’armement (obus de 75 mm, fusées), des télégraphes et de l’équipement (pelles pour les tranchées). En 1916, près de 760 ouvriers travaillent dans l’entreprise et contribuent à l’effort de guerre. En plus de l’usine de Saint-Nicolas d’Aliermont, Armand Couaillet va acquérir, avec Pierre Bussoz, l’usine « La Magicienne » à SaintOuen, au nord de Paris. Quatre cents ouvriers y fabriquent alors des magnétos d’aviation, qui assurent l’allumage des moteurs d’avion. Armand Couaillet a d’ailleurs déposé deux brevets pour leur perfectionnement en 1918. En parallèle de ces deux premières usines, le Commandant des armées Créange, charge Armand Couaillet d’encadrer quatorze entreprises de la région situées à Dieppe, Rouen, Incheville, Aumale et Escarbotin. Il est chargé d’y réaliser des inspections et d’organiser rationnellement le travail de près de 1 250 ouvriers. Toutes les usines produisent de l’équipement et de l’armement pour l’armée française. 21


La fin de la guerre bouleverse la donne. L’État stoppe brutalement ses commandes et les entreprises concernées vont se retrouver avec des stocks importants de matières premières et d’objets manufacturés inutilisables (obus, fusées, magnétos…). Par exemple, en 1918 l’armée française avait passé Publicité pour les magnétos d'aviation fabriquées chez la "Magicienne" commande aux Établissements pendant la Première Guerre mondiale Couaillet Frères de 2500 maCollection privée. gnétos à livrer pour l’année 1919. L’entreprise se retrouve avec un stock faramineux sur les bras. Une indemnisation de l’état a été, a priori, quand même prévue, mais Armand Couaillet, pour une raison inconnue n’a pas été dédommagé.

La Télégraphie pendant la Première Guerre mondiale Pendant la guerre, en plus de l’armement et de l’équipement pour l’armée, les Établissements Couaillet Frères ont réalisé les pièces mécaniques pour des télégraphes. Le télégraphe présenté est un appareil de télégraphie militaire avec codage en Morse. Il est composé d’un récepteur/enregistreur et d’un manipulateur (transmetteur). Le récepteur/enregistreur permet de recevoir le signal et surtout de le conserver sous forme de bandes de papier codées en points (ti) et traits (ta), c’est le système morse. Les deux disques à gorges sur le dessus de l’appareil servent à l’enroulement des bandes enregistreuses. Le manipulateur à droite permet d’envoyer le signal.

22


Ce télégraphe est un des rares objets qui porte le nom Couaillet. Il est aussi marqué « F. Ducretet and E. Roger – Paris », entreprise de recherches et de fabrication de la Télégraphie sans fil (T.S.F) depuis 1898, à Paris. Ce modèle ECTM 1907 est en fait une invention de Charles Beaudouin, savant parisien, en relation avec Ducretet & Roger.

Récepteur Télégraphique Morse à relais, fabriqué en 1907 dans les ateliers des Établissements Couaillet Frères, Collection du musée, don de J.-P. Cousin, inv. 209.17.01 © Yann Pelcat, Dieppe

23


Télégraphe Morse,

Collection du musée, don de J.-P. Cousin, inv. 209.17.01.

La télégraphie Sans fil (tsf) pendant la Guerre Les lignes télégraphiques et téléphoniques sont rendues inutilisables. La situation est dramatique pour les armées engagées qui comprennent rapidement l’intérêt de la Télégraphie sans fil dans ce conflit. En quelques jours, la TSF passe sous le contrôle de l’armée, elle est dirigée par le Colonel Ferrié. Celui-ci organise dès lors une production industrialisée du matériel radiophonique, permettant ainsi d’équiper rapidement l’ensemble de l’armée en émetteurs-récepteurs. La Première Guerre mondiale a ouvert de nouvelles opportunités techniques et industrielles à la TSF. Son utilisation importante dans l’infanterie, l’aviation, la marine, les chars, les colonies, permet à toutes les grandes puissances d’entrevoir son immense potentialité à la fin du conflit.

24


Quatrième partie

Armand Couaillet, inventeur de Génie L’Électricar Après la Première Guerre mondiale, Armand Couaillet entreprend un voyage aux États-Unis où il rencontre de nombreux industriels, dont le responsable d’une usine de fabrication d’accumulateurs pour véhicules motorisés. À son retour, en 1919, il décide de construire des voiturettes électriques à accumulateurs. Ayant la forme d’un fauteuil roulant, elles sont destinées à l’auto-transport des mutilés de guerre, des malades et des convalescents, mais peuvent être également utilisées comme voitures de promenade, c’est l’Électricar. Les premiers prototypes de véhicules électriques datent du début du XIXe siècle. Mais il faut attendre l’amélioration du fonctionnement des batteries par Camille Faure en 1881 pour que les voitures électriques se diffusent un peu partout en Europe et aux États-Unis. Armand Couaillet dépose une demande de brevet d’invention pour une petite voiture électrique à accumulateurs le 19 avril 25

Électricar, place Vendôme, Septembre 1919, Collection privée.


- Moteur d’une puissance normale d’un ½ HP électrique.

- Poids : 150 kg environ

Fiche technique

- Moteur actionné par des accumulateurs au plomb, à 4 éléments, d’un voltage de huit volts, et d’un ampérage de 200 ampèresheures environ.

- Le volant sert à la fois à la direction, au changement de vitesse et au freinage de la voiture, avec une manette pour la mise en marche et la marche arrière. - Possède un frein de secours. - 50 kilomètres d’autonomie, sans recharge d’accumulateur. - Les plombs de l’accumulateur sont très accessibles, par l’arrière du véhicule. - Peut monter à une vitesse supérieure au pas des côtes atteignant 15° - La transmission se fait par chaîne. - 3 vitesses en palier, de 3 à 12 kilomètres à l’heure. - Sa longueur totale, extérieure, est de 2m20 environ ; sa plus grande largeur est de 90 cm, sa superficie est inférieure à 2 m².

ressorts.

- Les roues sont métalliques, enveloppées de bandages «automatic Ducasble». - La suspension est à

- Sa force permet de transporter 100 kg. - Pour 1 franc 20, vous pouvez faire plus de 50 kilomètres. - Le possesseur d’une force motrice quelconque, ou d’une installation de courant continu, peut brancher sa batterie à recharger sur la prise de courant. Le temps total de charge est d’une demi-journée ou d’une nuit. En cas de courant alternatif, il suffit d’interposer, entre la prise et la batterie, un convertisseur. - La température n’a aucun effet sur la force motrice. - L’éclairage est électrique, il coûte 150 francs en supplément. - L’Électricar est silencieux. - Le prix de la voiture dépend du modèle choisi (à partir de 2.500 francs, toute carrossée). - Garantie un an contre tout vice de fabrication.

Fiche technique de l’électricar


1919 à l’Office National de la Propriété Industrielle de Paris. Le brevet sera délivré le 6 août 1920. Le Salon de l’Automobile d’octobre 1919 apparaît comme le meilleur moyen de faire de la publicité pour ce véhicule présenté comme léger, facile à conduire, d’un entretien nul et surtout économique.

Électricars au Bois, 1919,

Selon la publicité de l’époque, l’Électricar Collection privée. peut se substituer à la bicyclette, car elle est plus sécurisée et confortable. Sa conduite est un jeu d’enfant ce qui permet de l’utiliser à la fois pour les courtes distances, mais également pour les promenades de plus de 25 km. Son entretien est des plus basiques, puisqu’il n’y a nul besoin de gonfleur, de pompe, de démarreur ou encore de coffre à outils, choses indispensables dans une automobile à essence. En ce début de siècle, cette voiture présente déjà un modèle de consommation à la carte. L’acheteur peut choisir les options qu’il veut ajouter au modèle de base, tels que l’éclairage, ou encore remplacer les bandages Ducasble increvables par des pneus Michelin, Dunlop, etc. Au total près de 250 voiturettes ont été fabriquées dans les ateliers des établissements Couaillet Frères à Saint-Nicolas d’Aliermont et dans ceux de « La Magicienne », à Saint-Ouen.

27


Présentation de l’Électricar, Place des Vosges, 1920, Collection privée, M. Cousin J.-P.

Malgré les avantages annoncés, cette voiturette ne connaîtra pas un grand succès. À cette époque le moteur à explosion est beaucoup plus avancé techniquement et va dominer très rapidement le marché.

Brevet n° 509.008, déposé par Armand Couaillet, Petite voiture électrique à accumulateur, 19 avril 1919, Fonds d’archives INPI.

« La Mécanique horlogère » d’après-guerre En parallèle du lancement de l’Électricar, Armand Couaillet relance la production horlogère qui a fait son succès  : la pendulette de voyage, et participe à la Foire de Lyon de 1919 où il expose une quarantaine d’anciens modèles. Malgré cela, l’entreprise est mise en faillite en 1925. Elle perd alors 28


son indépendance et est cédée à l’Entreprise Baveux, sa voisine, dont les ateliers sont détruits par un incendie en 1932. Armand Couaillet n’est pas pour autant découragé, il ouvre la même année un nouvel atelier « La Mécanique Horlogère  ». Il s’installe avec quelques ouvriers à l’emplacement des écuries du château Le Bréjal, sa propriété à Saint-Nicolas d’Aliermont. Dans cette fabrique, sont conçues des nouveaux modèles de pendulettes, et inventés de nouveaux mouvements. Cependant, faute de pouvoir payer les annuités à la Propriété Industrielle, ses brevets tombent dans le domaine public. Ils concernent :

Pendules, habitacles de marine et obus présentés lors de la Foire de Lyon de 1919,

Collection privée.

- Le Ditemps, le premier de nos actuels minuteurs, - Le Sonnefor, un réveil dont le boitier était en métal très sonore, - Le Sonocto ou « réveil 24 heures », réveil à cadran 24h, qui permettait, en le remontant seulement une fois par semaine, d’obtenir la sonnerie tous les jours à la même heure. Ditemps

Collection du musée, inv. 209.10.03, don de P. Girard

Horo-avertisseur, Réveil mécanique Horson Compte seconde, minuteur

Collection du musée, inv. 209.10.01, don de J.-P. Cousin.

Collection du musée, inv.209.10.06, don de M. Godefroy.


De nombreux brevets d’invention Seul ou avec des collaborateurs, Armand Couaillet a déposé de nombreux brevets d’invention en France ainsi qu’à l’étranger. Quelques-uns concernant l’horlogerie, l’électricité, les voiturettes électriques, mais également la stéréoscopie6.

Brevet n°395.393, déposé par Armand COUAILLET et Etienne GOUNEVITCH, Horloge-mappemonde, 16 octobre 1908

Le brevet d’invention de l’horloge-mappemonde, a été déposé en 1908 par Armand Couaillet et Etienne de Gounevitch, ingénieur parisien, à l’Office National de la Propriété Industrielle de Paris, ainsi qu’en Angleterre. Cette invention, réglée sur un méridien donné, indique l’heure à la façon d’une horloge ordinaire, mais permet en plus de connaître, à n’importe quel moment, l’heure correspondante sous tous les autres méridiens.

fonds archives INPI.

L’année 1911 a été très riche en recherches, Armand Couaillet dépose pas moins de trois brevets différents. Le premier est un dispositif de pendule double face, le second un appareil automatique pour l’examen des vues stéréoscopiques ou panoramiques et enfin un appareil allumeur et extincteur automatique de gaz (déposé au Danemark).

Brevet n°15436, déposé au Danemark par Armand Couaillet, Appareils d’éclairage et de gaz d’extinction à des moments précis, 18 décembre 1911, Fonds archives INPI

6 Ensemble des techniques mises en œuvre pour reproduire une perception du relief à partir de deux images planes.


Malgré la fermeture de ses ateliers au milieu des années 1920, Armand Couaillet a continué de déposer des brevets et de participer à des concours d’inventeurs comme le Concours Lépine où il a reçu plusieurs diplômes. Un en 1933 pour sa participation au salon des inventions de Tours, un en 1935 pour un interrupteur à temps pour la T.S.F et deux en 1936 pour un jeu de cartes avec billes « Billex » et pour des appareils contrôleurs des temps7.

Liste des brevets d’invention (fonds d’archive INPI, liste non exhaustive)

Invention

Année

Pays

Horloge-mappemonde

1908

France Angleterre

Dispositif de pendule double face

1911

France

Appareil automatique pour l’examen des vues stéréoscopiques ou panoramiques

1911

France

Appareil allumeur et extincteur automatique de gaz

1911

Danemark

Connexion électrique pour magnétos

1918

France

Dispositif d’isolation pour sortie haute tension dans les magnétos d’allumage

1919

France

Appareil de distribution de cartons et de cartouches pour tir à la cible

1919 1920

France Angleterre

Petite voiture électrique à accumulateurs

1919

France Angleterre

Mouvement d’horlogerie

1930

France

Contrôleur enregistreur de parcours

1931

France

1932

France

Appareil de contrôle de l’utilisation d’un véhicule ou d’une machine

7

Les diplômes sont conservés au musée de l’horlogerie.


Projet CitĂŠ-jardin Couaillet, Archives municipales 3r1,

plan diazographiĂŠ.


Cinquième partie

Armand Couaillet et Saint-Nicolas d’Aliermont Un projet de Cité-jardin Très impliqué dans la gestion et l’animation de la ville, le patronat aliermontais a encadré très tôt la vie professionnelle et quotidienne des ouvriers à travers la mise en place de logements, d’équipes sportives et en supervisant les très populaires fanfares et harmonies. Préoccupé, comme de nombreux industriels de l’époque, par le maintien de son personnel formé au sein de l’entreprise, Armand Couaillet souhaite que ces hommes et femmes puissent être logés dignement sur la commune. Au total près d’une cinquantaine de maisons vont être restaurées ou construites sous ses ordres entre 1900 et 1918. Une fois la guerre terminée, Armand Couaillet se lance dans un nouveau projet d’envergure et commande à l’architecte Georges Thurin8 les plans d’une cité ouvrière. La construction était prévue face au château communal sur une parcelle triangulaire. Au centre, une place principale est occupée par un « stand sportif et de préparation militaire ». 8

1892-1958, architecte installé à Arques-la-Bataille.

33


Autour de cet espace central, le plan prévoit un projet d’une trentaine de maisons pour les ouvriers et les contremaîtres. Chaque pavillon possède un jardin individuel mais une hiérarchie très nette, qui reproduit celle de l’usine, est visible dans les dimensions et les dénominations des maisons. Finalement, sans doute à cause de difficultés financières d’après-guerre, ce projet n’aboutira pas.

Le Paternalisme ou le Patronage « Conception selon laquelle les rapports entre patrons et ouvriers doivent être régis par les règles de la vie familiale, caractérisées par l’affection réciproque, l’autorité et le respect.» Dictionnaire Larousse 2013

Cette idée a été théorisée par Fréderic Le Play et par François de la Tour du Pin au XIXe siècle. Le but était d’introduire un engagement moral du patronat, de prendre soin des ouvriers, de lutter contre leur absentéisme et leur évasion vers d’autres usines, de les encadrer sur le lieu de travail mais également de leur fournir un logement et des loisirs, d’aider les familles nombreuses et d’organiser une caisse de retraite. Il était important de rendre fier les ouvriers de leur entreprise, des produits qu’ils fabriquaient et de leurs dirigeants.

L’essor industriel de la commune de Saint-Nicolas d’Aliermont a favorisé le développement de projets relatifs à l’habitat ouvrier. Par exemple : • L’usine Bayard commande un projet de plans d’une cité ouvrière en 1917 à Le Corbusier. Une maison est construite en 1918, mais le projet est définitivement enterré le 7 juin 1919. 34


• L’usine Vaucanson lance une nouvelle campagne de construction d’une trentaine de pavillons avec jardin en 1963. • Les Établissements Denis font construire des pavillons pour leur personnel. D’après les plans de l’architecte rouennais Arnoult.

Chef de la Fanfare Dans le dernier quart du XIXe siècle, deux sociétés musicales, « La Fanfare de Saint-Nicolas » et « L’Union des Communes  », cohabitent. Cette dernière a été créée en 1874 par Albert Villon, fondateur des futurs réveils Bayard, et est uniquement composée d’horlogers. Les lourdes pertes de la Première Guerre conduisent les fanfares à fusionner.

Casquette de la Fanfare d’Ernest Couaillet Collection du musée, Inv. 2013.0.3 et 2013.0.4 © Yann Pelcat, Dieppe

Vers 1881, Armand apprend la musique avec son oncle, Marc Antoine Couaillet, professeur de solfège à la fanfare de Saint-Nicolas d’Aliermont. Il joue du trombone à coulisse et du violon. Jeune homme, il jouait dans les mariages pour arrondir ses fins de mois. Dans ce domaine son ascension est également fulgurante et Armand Couillet devient chef d’orchestre de la fanfare à la fin du XIXe siècle et ce jusqu’à la Guerre de 1914-1918, où faute de temps, il abandonne son poste. Il est alors nommé Président d’Honneur tandis que son frère, Ernest, reprend la direction.

35

Broche de la Fanfare de Saint-Nicolas d’Aliermont, début du XXe siècle,

Collection du musée, inv. 2013.0.2


Broche de la Fanfare de Saint-Nicolas d’Aliermont, début du XXe siècle, Collection du musée, inv. 2013.0.2

En 1948, la Fanfare devient l’Harmonie sous la présidence de Raphaël Hennion, directeur de Bayard. En 1952, l’Harmonie a fêté ses 100 ans, Armand Couaillet qui souhaitait ardemment voir cet anniversaire, a pu participer aux cérémonies. Vue dessinée de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dieppe, Plans de M. Lefort, architecte rouennais, 1906,

Extrait de «Monographie de Bâtiments Modernes» d’A. Raguenet.

Armand Couaillet est élu membre de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Dieppe en 1913. Il démissionne de son poste en 1925 après la faillite de son entreprise.

36


Portrait de la famille Couaillet lors du mariage de Marie Thérèse Jeanne avec Camille Nivromont le 11 mai 1912, Archives du Musée.

La Famille Couaillet, une dynastie En créant sa société, Armand Couaillet a aussi initié une dynastie d’entrepreneurs dont le nom a perduré jusqu’à nos jours. Il s’associe d’abord avec ses trois frères puis marie sa fille aînée, Jeanne, avec un horloger, Camille Nivromont. Après la faillite de l’entreprise originelle, les frères se séparent pour monter chacun leur propre atelier. Dans les années 1930 Ernest (Alfred Alphonse) monte sa propre fabrique d’horlogerie avec ses trois fils : René, Jean et André. Ils poursuivent la production d’habitacles de marine. Rapidement Ernest cède ses parts à ses fils, mais seul René décide de continuer. Il dirige l’entreprise jusqu’en 1955. Le fils de René Couaillet, Claude et ses beaux-frères MAURANNE et QUESNEL, fondent l’entreprise qui porte leurs patronymes. 37


Leur atelier se trouvait derrière le château Le Bréjal, ils n’y produisaient presque plus d’horlogerie et se concentraient sur la mécanique générale, c’est-à-dire de l’usinage. Vers 1980, ils s’installent dans les anciens locaux de la Société Industrielle de Décolletage Automatique (S.I.D.A). Aujourd’hui, 120 ans après le « Père Armand  », les enfants de Claude Couaillet sont à la tête de l’entreprise COUAILLET USINAGE, située depuis 2005 sur la zone industrielle de Rouxmesnil-Bouteilles.

Carte Postale vue des ateliers Couaillet Frères,

Collection privée

L’intérieur des ateliers Couaillet Frères en 1908, Collection privée.

38


Bibliographie ALLIX, Charles et BONNERT, Peter, Carriage Clocks. Their history and development, Antique Collector's club, 1974 BAUDOUIN Denis, Charles Baudouin, Une histoire d’instruments scientifiques, EDP Sciences, Sciences et Histoire, 2005. BECKER Jean-Jacques, La Première Guerre mondiale, Belin sup, histoire, Capes Agrégation, Paris, 2003. BEÏRET-MONTAGNE Jean-Claude, Transmissions, Histoire des moyens de communication à distance. Première époque : de l’antiquité au milieu du XXe siècle, 2008. BELTRAN Alain, Un siècle d’histoire industrielle en France, Industrialisation et sociétés 1880-1970, Sedes, Regards sur l’histoire, Condé-sur-Noireau, 1998. COURNARIE Emmanuelle, La mécanique du geste, Edition des Falaises, 2011. FREY J.-P, Le rôle social du patronat, Habitat et société, l’Harmanttan, 1995. LECHATELIER Henri, Science et Industrie, les débuts du taylorisme en France, CTHS, Paris, 2001. LILEN Henri, Une brève histoire de l’électronique, Editions Vuibert, 2003. POUGERT Michel, Taylor et le Taylorisme, Que sais-je ?, PUF, Paris, 1998. ROUSSEAU, La grande guerre en tant qu’expériences sociales, Ellipses, 2006. 39


Armand Couaillet, Collection privĂŠe.

40


Musée de l’horlogerie 48 rue Edouard Cannevel 76 510 Saint-Nicolas d’Aliermont www.musee-horlogerie-aliermont.fr Téléphone : 02 35 04 53 98 Impression : Juin 2013


Armand Couaillet (1865-1954), horloger et inventeur de génie, était un autodidacte qui a marqué le monde industriel par ses inventions.

Catalogue de l'exposition "Couaillet, horloger et inventeur de génie"  

Armand Couaillet (1865-1954) était un horloger et industriel aliermontais. Autodidacte, cet horloger de génie a marqué le monde industriel...

Read more
Read more
Similar to
Popular now
Just for you