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Le programme du musée des arts asiatiques N° 1 - septembre/DÉCEMBRE 2012 Expositions

événements

activités culturelles

auditorium

L’exposition de la rentrée dévoile tous les secrets de la boisson la plus populaire au monde.

Universellement consommé aujourd’hui, le thé est vieux de plus de deux millénaires et a parcouru bien des chemins depuis sa naissance en Chine, à travers l’Asie orientale, le Moyen-Orient, l’Europe et l’Amérique. Au cours de sa longue histoire, sa consommation a connu trois phases : l’âge du thé bouilli sous les Tang (618-907), l’âge du thé battu sous les Song (9601279), l’âge du thé infusé sous les Ming (1368-1644). Le thé bouilli est aujourd’hui un mode de préparation pratiqué au Tibet et en Mongolie : un bouillon mêlant du lait, du beurre et relevé avec des épices. Le thé battu, d’aspect mousseux, demeure l’apanage du Japon. Le thé infusé s’est généralisé quant à lui à travers le monde, devenant un enjeu commercial important en même temps qu’un vecteur incontournable à qui veut appréhender l’Asie. Si l’exposition s’attache à présenter tous les aspects de cette boisson essentielle dans les traditions asiatiques, elle s’ouvre également à l’esprit moderne du thé, à la globalisation de son commerce et de sa consommation ainsi qu’à son impact dans l’histoire universelle. L’exposition du musée Guimet propose ainsi de retracer les moments forts de cette histoire, associant plusieurs institutions qui contribuent à enrichir le propos, parmi lesquelles le musée national du Palais à Taipei, le musée du quai Branly, le musée des Arts Décoratifs, la Bibliothèque nationale de France, le musée des beaux-arts de Rennes, le musée Dobrée de Nantes ainsi que de nombreux collectionneurs privés. Avec le généreux soutien de nos mécènes : la Fondation AREVA, mécène historique du musée Guimet et Mandarin Oriental Hotel Group. En partenariat avec Le Palais des Thés. Exposition « Le Thé », du 3 octobre 2012 au 7 janvier 2013 L’ENTRETIEN avec le commissaire de l’exposition Jean-Paul Desroches p.2

COLLECTIONS

Avec La Lettre de Guimet, j’ai souhaité que le musée présente en un même document, non seulement la programmation des activités culturelles et celle de l’auditorium, mais aussi la vie du musée lui-même, celle des collections permanentes, de même qu’elle annoncera les expositions temporaires. Le cahier central reste, à l’instar des livrets qui étaient familiers aux fidèles du musée - dont le contenu demeure entièrement accessible sur le site internet du musée (guimet.fr) - le vade me cum des habitués et des familles. Cette rentrée verra, à l’auditorium du musée Guimet, la 9e édition de l’Été Indien (p.6) dans une programmation toujours aussi riche et inspirée. Les poètes en herbe, les adeptes des arts orientaux et les familles trouveront, quant à eux, une inspiration nouvelle grâce au renouveau des activités culturelles (p.4-5). L’automne sera marqué par une grande exposition sur « Le Thé » (p.1) qui sera l’occasion de retracer l’histoire de ce breuvage universel. La programmation de l’auditorium permettra de redécouvrir plusieurs chefs-d’œuvre du cinéma asiatique tel La Maison de thé de Xie Tian (p.6). L’occasion sera belle de retrouver, grâce au programme des activités culturelles du musée, les délicats rituels qui accompagnent le thé depuis des siècles et les secrets de la cérémonie du thé japonaise (p.5). Le musée d’Ennery, 59 avenue Foch, réveillé comme la Belle au Bois Dormant après des années de sommeil, sera désormais ouvert au public le week-end. D’un seul pas, le visiteur sera transporté à l’époque du japonisme et des premiers collectionneurs d’art asiatique (p.3). Enfin, le musée Guimet sera au rendez-vous pour La Nuit Blanche au cours de laquelle le visiteur deviendra l’auteur d’une œuvre présentée dans l’exposition temporaire I Went (p.1), réalisée en collaboration avec le CNAP. Bonnes visites ! Olivier de Bernon Président du musée

Déplacement # 2

le second rendez-vous du CNAP* à Guimet.

Déplacement #2 I went prolonge le partenariat entre les deux institutions après la première édition en 2010 autour de l’Œuvre de Chen Zhen. Des personnalités artistiques de renommée internationale et aussi différentes que Werner Bischof, Christian Boltanski, Jean Clareboudt, Marie-Ange Guilleminot, Hans Hartung, On Kawara ou Rei Naito - pour ne citer qu’eux - ont en commun de partager une expérience de l’Asie. Traditions, arts ou quotidien de ce continent sont questionnés, assimilés et interprétés par ces artistes au travers de multiples supports (photo, design, vidéo, installation…). Leur présentation en regard des collections chinoises et japonaises du musée, au cœur desquelles le visiteur est invité à une déambulation méditative, donne à voir cette intense circulation des pensées et des arts au-delà de toute frontière (géographique, intellectuelle, esthétique, etc.). * Centre national des arts plastiques Exposition « Déplacement #2 – I went » du 3 octobre 2012 au 28 janvier 2013 / « Question à …. » : Marie-Ange Guilleminot p.2

Rénovation !

Rattaché depuis son origine au musée Guimet, le musée d’Ennery n’avait pu bénéficier jusqu’à une date récente des adaptations nécessaires à l’accueil régulier d’un large public. C’est grâce au Plan musées en régions 2011-2013, lancé par Frédéric Mitterrand en 2010, que ce musée discret et précieux de l’avenue Foch fut intégré à la liste des huit musées d’Ile-de-France retenus dans ce plan d’investissement. Au terme d’un transfert de collections et de six mois de travaux, le musée d’Ennery apparaît de nouveau accessible, pour des visites sur rendez-vous, constituant un témoignage - dont l’esprit originel est parfaitement protégé - de la rencontre entre un certain goût pour l’Extrême-Orient et l’histoire du collectionnisme européen. Lire la suite p.3

Danses et musiques De l’inDe Du 7 septembre au 31 octobre, l’été indien sera consacré aux danses et musiques du sous-continent. Au programme : 16 films rares dont 12 inédits, spectacles, conférences …

Tout le programme p.6

© Karthik Venkatraman


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expositions

Voir toute la programmation sur www.guimet.fr

avec Jean-Paul Desroches, commissaire de l’exposition « le thé » - Le thé est une boisson dont l’appréciation passe par les sens du goût et de l’odorat. Comment avez-vous choisi d’aborder et de présenter ce sujet ? Il est évident qu’il y a là une certaine difficulté car il s’agit d’une sorte de transfert : en effet, dans une exposition, on vit dans un monde visuel et il va falloir passer dans le monde de l’odorat, du goût, etc. Mais cette difficulté peut être vaincue du fait que le thé est bien connu de tout un chacun et demeure encore aujourd’hui la boisson la plus partagée dans le monde. Ce qui m’intéresse, c’est, à travers cette connaissance banale finalement, d’approfondir ce langage du thé, d’en marquer les points forts : cette boisson transparente, ambrée n’est pas née ex nihilo, elle s’est transformée, elle a traversé le monde, elle a transformé le monde et c’est un peu tout cela que j’essaie de dire, très simplement.

- De quelle manière ? On le dit à travers des œuvres, des objets assez fabuleux, d’Asie mais également du monde entier puisqu’à partir du XVIIe siècle le thé investit l’Occident, mais aussi à travers des témoignages, à travers des expériences. Par exemple, dès le début de l’exposition, la première façon d’appréhender le thé passe par une œuvre d’un artiste chinois contemporain, Ai Weiwei, qui est présent par une tonne de thé compressé ! Ce qui signifie que le thé est quelque chose de solide, d’important dans l’histoire de l’humanité, un mystère qui s’impose magistralement et dans lequel il faut entrer. Pour cela, on a le témoignage filmé d’un maître de thé, qui est né à Taïwan, Maître Tseng. C’est une femme extraordinaire, qui est internationalement connue pour être une goûteuse d’eau, l’un des métiers les plus rares. Elle explicite merveilleusement l’essence même du thé et de ses saveurs. Au fur et à mesure de la dégustation, elle évoque le parfum : parfum d’orchidée, parfum d’anémone, parfum de chrysanthème, et avec elle, avec son langage extraordinaire, à la fois précis comme un scalpel et complètement poétique qui sourd comme des fleurs, on pénètre ce mystère du thé. Puis vient ensuite la

Pliages de Tsuru réalisés à partir du livre « Danser ou mourir (version origami) » présentation au Kyoto art center en 2005 © Marie-Ange Guilleminot

... Marie-Ange Guilleminot Comment définiriez-vous votre rapport à l’Asie ?

Portrait de Naniwaya Okita d’après Utamaro Kitagawa (1753-1806) Estampe nishike-e 1793, époque Edo (1603-1868), Japon © RMN (musée Guimet, Paris) / Harry Bréjat 1793

vocation proprement dite d’un musée, celle d’expliciter le thé par son évolution. Mais je tiens à ce que cette exposition s’inscrive dans la vie, pas seulement dans l’histoire, parce que le but de cet événement, c’est d’introduire la vie, c’est d’introduire le partage. Je souhaite que le visiteur se sente chez lui, et également transporté au-delà de ce qu’il connaît, qu’on l’engage dans l’admiration, l’émerveillement, l’étonnement, l’imagination aussi. Extrait de l’entretien à retrouver sur www.guimet.fr

Pour ce qui est du rapport que j’ai pu entrevoir, dans la profondeur, avec les êtres qui ont bien voulu m’accueillir au Japon et face à la sensibilité artistique qui m’anime : l’Amitié est plus une destination (qui oriente la destinée) qu’un point origine (qui aimante le devenir) l’amitié comme l’amour, épreuve de la vérité & de la rencontre. C’est à Venise, point de contact entre Orient & Occident, que tout a commencé pour ce qui me concerne. J’ai été remarquée à la Biennale, lors d’une performance au cœur de Venise, par une Dame japonaise, voire collectionneuse ou mécène, et qui a été mon ambassadrice, capable d’éveiller en moi les expériences les plus intenses et extraordinaires dans mes premiers pas vers cette civilisation du plus grand raffinement où l’attention à l’Autre est souveraine et indépassable. Il en a été ainsi pour moi de Paris à Tokyo, Hiroshima, Kyoto… de l’approche à la découverte (du « Chapeau-Vie » aux « Vêtements blancs », à « La Montre blanche », du « Salon de transformation blanc* » lieu où le livre « Danser ou mourir - version origami » se transforme en Tsuru, du Kyoto Art Center en passant par les Kimonos réalisés dans l’antre ancestral de l’artisan, trésor national japonais). Le Japon ne m’a pas été donné - je ne l’ai en rien conquis seul le droit d’y exister, cela me fût offert donc : offrande. J’en suis humblement reconnaissante.

Documentaires : La route légendaire du thé © Tous droits réservés

i went Nuit Blanche 2012 (nuit du 6 au 7 octobre) : présentation du « Salon de transformation blanc » en présence de l’artiste Marie-Ange Guilleminot (rotonde du 4e étage). Les visiteurs sont invités à réaliser des Tsuru (pliages origami en forme d’oiseaux), qui, selon la coutume, seront assemblés en guirlandes. Celles-ci seront ensuite envoyées à Hiroshima pour être déposées sur le Monument à la Paix des enfants.

le thé

Saveurs du thé : les films à l’auditorium

Mais, c’est aux confins de l’Inde et du Népal que nous découvrirons un producteur de thé charismatique : Le seigneur de Darjeeling, qui vit son activité comme une véritable quête spirituelle. Au musée Guimet, nous ne pouvions ignorer cette Chambre de thé, construite dans les jardins du Panthéon bouddhique par un grand maître du genre. Un documentaire nous raconte cette aventure hors du commun. Nous évoquerons enfin la vie de Sen no Rikyû, maître de thé qui porta la cérémonie de thé cha no yu au plus haut degré de son raffinement. Le thé dans tous ses états … Voir aussi la programmation « Saveurs du thé, saveurs d’Asie » p.6

Goûter, savourer, partager… Au service culturel et pédagogique

* Le « Salon de transformation blanc » sera exposé au sein de I went. Marie-Ange Guilleminot a obtenu la mention d’honneur à la Biennale de Venise en 1997. En savoir plus sur le travail artistique de Marie-Ange Guilleminot : www.guimet.fr et www.ma-g.net (blog de l’artiste).

Mécène de l’exposition Le Thé

Visites commentées de l’exposition, table ronde, ateliers, rencontres, démonstrations et … dégustations !

La maison de thé ; Yixing, la reine des théières © Tous droits réservés

Tandis que l’exposition convie à la découverte de la boisson la plus populaire au monde, l’auditorium propose dès novembre un voyage sur La route légendaire du thé. Trois documentaires de Michel Noll et Weiping Zhou nous conduiront Au royaume de l’or vert, Au cœur de Shangri La et Sur le toit du monde. En écho aux conférences sur le thé, c’est le réalisateur Pierre Barboni qui nous décrira le thé dans toute sa diversité et sa richesse, sa légende, ses couleurs et son usage (Un monde de thé). Le célèbre et trop rare film de Xie Tian, La maison de thé, fera le lien entre cette boisson incontournable et l’histoire de la Chine contemporaine. En Chine, comment évoquer le thé, sans parler de Yixing, la reine des théières ?

À l’aube de son 50e anniversaire qui sera célébré en 2013, le groupe hôtelier international de luxe, d’origine Hongkongaise, a choisi de participer financièrement au transport des œuvres venant spécialement de Taipei pour l’exposition Le Thé qui débutera au musée Guimet à l’automne 2012. Cérémonie du thé © Jean-Paul Pinon, musée Guimet

Tout le programme p.5

www.mandarinoriental.com


événements

Voir toute la programmation sur www.guimet.fr

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La découverte de la collection d’Ennery, fascinante dans sa profusion, sa diversité, sa qualité intrinsèque, est intimement liée à celle des lieux d’exposition. Construit en 1875 (pour ce qui est du corps principal, les deux galeries suivantes étant adjointes au début des années 1890), l’hôtel particulier de l’avenue du Bois de Boulogne (aujourd’hui avenue Foch), lieu de promenade mondaine des Parisiens à la fin du XIXe siècle, est d’emblée l’écrin conçu pour abriter des objets de Chine et du Japon, chinés passionnément à Paris au fil des années et disposés avec art en ce lieu à l’atmosphère proustienne ; parsemant ainsi le cadre de vie privé de Clémence et Philippe-Adolphe d’Ennery, couple dont la personnalité éclaire tant la conception des lieux que celle de la collection. Si Adolphe d’Ennery est un auteur dramatique prolifique et de renom, Clémence, moins célèbre, est l’artisan inlassable, minutieux, inspiré, de cette collection qui compte à sa mort, en 1898, près de 7000 objets. Porcelaines de la Chine et du Japon, laques, objets du lettré, sculptures, insignes netsuke, c’est un pan entier du goût et de la connaissance des arts d’Extrême-Orient qui est ici mis en scène ; l’architecture intérieure de style Napoléon III ou plus franchement orientaliste selon les galeries, le mobilier et les vitrines, commandés aux ébénistes japonisants du dernier quart du XIXe siècle (notamment Gabriel Viardot), constituent un cadre harmonieusement préservé au fil des décennies, grâce aux termes précis du legs consenti à l’état. Le respect de ces principes a guidé l’esprit entier de la rénovation, qui outre des travaux de réparations et mise aux normes (menuiserie et électricité), a consisté en une restitution aussi fidèle que possible des tonalités et des textures d’origine (peintures, tapisserie, lustrerie). L’ensemble de la collection a pu bénéficier par ailleurs d’une campagne de restauration conduite dans le même esprit, permettant aux œuvres de réintégrer leur écrin originel en toute harmonie. Hélène Bayou Conservateur en chef de la section Japon du musée Guimet et des collections du musée d’Ennery.

Les travaux de rénovation, menés sous la maîtrise d’ouvrage déléguée de l’OPPIC, ont été financés par l’État dans le cadre du Plan Musées 2011-2013.

Netsuke © Musée Guimet/Dist.RMN/R. Chipault/B. Soligny

Musée d’Ennery © RMN (musée Guimet, Paris) Thierry Ollivier

Partenaire de la rénovation : La Manufacture PRELLE. Dépositaire depuis 1752 des riches traditions de la soierie lyonnaise, associée aux restaurations patrimoniales les plus prestigieuses, la Manufacture Prelle a su retisser la tenture rouge vermillon de la grande galerie du musée ; elle a fait généreusement don de métrages de velours de soie pour parfaire la restauration de certaines vitrines. Les visites commentées du musée d’Ennery : voir p.4

Depuis le début de l’année 2012, le musée Guimet vous propose un nouveau site internet. Repensé dans sa globalité, il offre davantage de clarté et d’informations à ses visiteurs. Muriel Mussard, responsable internet & multimédia

Musée Guimet © Raphaël Chipault et Benjamin Soligny

Twitter et Google +. Les internautes peuvent ainsi partager sur les réseaux sociaux les pages et contenus du site qui les intéressent. De cette manière, nous sommes à l’écoute de vos remarques et de vos suggestions ! Enfin, autres nouveautés, le blog et le magazine numérique ajoutent un autre point de vue sur la vie du musée, au plus près de son actualité, une manière de partager avec vous les coulisses … Musée Guimet © Muriel Mussard

Pour répondre au mieux aux attentes de nos internautes, nous avons engagé la transformation du site internet. Nouveau graphisme et nouvelle ergonomie pour sa deuxième refonte depuis sa création, réalisée grâce au mécénat de Nomura. Le site a été divisé en plusieurs niveaux de lecture apparents dès la page d’accueil. Expositions, événements, spectacles, activités … la programmation est davantage mise en valeur, dès la page d’accueil, pour permettre à chacun de découvrir et de choisir l’activité qui correspond à ses attentes. Les contenus ont été réactualisés et seront complétés régulièrement. Les visiteurs auront ainsi accès à de nouveaux médias, vidéo ou audio, pour préparer ou poursuivre leur visite dans les collections permanentes et expositions du musée Guimet. Disponible dans un premier temps en français, le site sera progressivement traduit en quatre langues étrangères (anglais, chinois, japonais et coréen). Pour rester en lien permanent avec ses visiteurs, le musée Guimet est inscrit sur plusieurs plateformes comme Facebook,

Vous l’aurez compris, guimet.fr est un espace qui vous est dédié, source d’informations et de découvertes, amené à évoluer en permanence. Afin de partager au mieux les connaissances sur les arts et civilisations asiatiques, comme le souhaitait son fondateur émile Guimet, nous préparons son prolongement futur au travers des nouveaux supports numériques. Nous espérons que ces outils vous inciteront à visiter ou à redécouvrir autrement le musée Guimet !

© Musée Guimet/Dist.RMN/Raphaël Chipault/Benjamin Soligny


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activités culturelles

Explorations et expérimentations photographiques… Carnets de dessins… Le regard clair : promenade haïku… Sensation-soustraction… Cent pics dans la paume de la main… Yog’arts… être en présence d’une œuvre d’art est une expérience dont l’empreinte agit parfois sur celui qui regarde de façon secrète ou mystérieuse. De façon inattendue, bouleversante, plaisante - ou déplaisante parfois - elle convoque nos sens, nos émotions, notre mémoire. Elle stimule nos questionnements, nos réflexions, notre créativité. Certains penseurs de l’Inde ont nommé celui qui goûte pleinement le plaisir d’une œuvre d’art le rasika (celui qui savoure) ou le sahridaya (celui qui est de cœur avec). Si certaines craintes ou habitudes peuvent limiter la richesse de cette expérience, il est possible d’en redécouvrir toutes les promesses par une nouvelle confiance accordée aux perceptions de chacun. Se dégager de la crainte de ne pas savoir ou de l’impératif de tout voir est pour cela essentiel. C’est en se réjouissant de la valeur de cette confiance et pour entrer progressivement en résonance avec les œuvres du musée que les ateliers et les Exercices du regard ont été créés. Qu’il s’agisse de voir, de sentir (ou d’entendre !) les nuances infinies de la couleur, de redécouvrir les collections par des explorations photographiques, qu’il s’agisse d’ancrer sa présence dans l’instant et l’espace grâce au yoga, au dessin ou à l’écriture d’un haïku, tous visent à une conscience et une autonomie nouvelle de sensation et de réflexion.

Ils constituent une collection d’accompagnements qui privilégient l’expérience sensible et subjective ainsi que l’échange actif ou créatif comme rapport essentiel aux œuvres des collections permanentes. Ils considèrent les œuvres, avant tout, comme objets de perceptions sensorielles et invitent chacun à trouver les chemins d’un lien singulier avec leur réalité, dans le respect de ce pour quoi elles ont été initialement créées et du contexte culturel dont elles sont issues. Les Exercices du regard procèdent de la rencontre avec la singularité d’une expertise propre aux savoir-faire d’un intervenant, qu’il soit artiste, artisan, collectionneur… Ils procèdent de la bienveillance de son accueil, de son accompagnement, de son habileté à partager et à révéler à chacun de nouvelles capacités de perception et d’expression via des exercices simples et concrets. Ils procèdent enfin de la richesse des échanges spontanés qui s’établissent simplement entre les participants. Brahma Cambodge, deuxième quart du Xe siècle, style de Koh Ker (925-950), grès (pierre) © RMN (musée Guimet, Paris) / Michel Urtado

Les livrets famille * Vos enfants vous font découvrir les collections du musée Guimet

ATELIER

Un atelier pour les 5-7 ans

* Disponibles à l’accueil du musée sur demande

Une offre enrichie, des rendez-vous fréquents et réguliers : les collections se découvrent à vous en toute facilité ! Comment les collections du musée Guimet ont-elles été constituées ? Quelles sont parmi elles les pièces les plus remarquables ? Comment les situer dans un contexte culturel et esthétique ? C’est pour répondre à toutes ces questions et face à la demande croissante des visiteurs que les visites guidées des collections permanentes sont renouvelées et prennent un nouveau rythme.

Au musée Guimet Photographies © Eric Threinen

6 place d’Iéna, Paris 16e / durée : 1h30 Pour une approche générale des collections du musée Guimet Les conférenciers vous accueillent : tous les jeudis à 11h00 et 14h00 et tous les samedis à 16h00 en français ; et tous les samedis à 14h00 en anglais.

Découvrir les collections permanentes du musée Guimet, comprendre les enjeux d’une exposition temporaire, préparer un voyage, aborder un sujet spécifique, pratiquer la calligraphie… Le musée Guimet propose un très vaste éventail de visites conférences et d’ateliers qui peuvent être conduits dans le musée tous les jours sauf le mardi et le dimanche. Nous élaborons avec vous les visites les mieux adaptées à votre projet : visite découverte des collections ou de l’un des grands domaines culturels du musée (l’Inde, l’Asie du Sud-Est, la Chine, le monde himalayen, le Pakistan et l’Afghanistan, l’Asie centrale, la Corée et le Japon), ou visite thématique (civilisations et religions, technique artistique…).

Pour une approche plus précise de l’une des sections du musée Guimet (Inde, Chine, Japon … ) Les conférenciers vous accueillent : tous les jeudis à 16h00 et tous les samedis à 11h00 en français. Pour les visiteurs handicapés, des parcours adaptés sont proposés. Les visiteurs sourds ou malentendants pourront découvrir les collections en langue des signes. Les personnes aveugles ou malvoyantes pourront découvrir une sélection d’œuvres originales par le toucher et la parole.

des histoires au bout des doigts légende : Quare hoc quidem praeceptum, cuiuscumque estad tol

Au musée d’Ennery

59 avenue Foch, Paris 16e / durée : 1h00 Les conférenciers vous accueillent : tous les samedis et les dimanches à 15h00 et 16h30 (en français) :à partir d’octobre 2012. musée Guimet © Raphaël Chipault et Benjamin Soligny


activités culturelles

Voir toute la programmation sur www.guimet.fr

Autour de l’exposition Le Thé

Du 3 octobre 2012 au 7 janvier 2013 Visites commentées de l’exposition à partir du 10 octobre : lundi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi à 14h00 (durée 1h30)

Ateliers, rencontres, démonstrations et… dégustations ! Les ustensiles de la cérémonie du thé et leur utilisation (atelier) Qu’ils soient en bois, en terre, laqués… les objets utiles à la cérémonie du thé sont choisis avec soin pour la beauté de leur forme, le grain de leur texture, pour les nuances poétiques de leurs couleurs. Ils sont aussi appréciés pour leur histoire car certains se transmettent de maître en maître. Apprendre à les estimer, savoir les utiliser pour déguster sereinement le thé, c’est à cela que vous invite Yuko Takaoka, enseignante de la voie du thé, lors de cet atelier. Le mercredi 24 octobre à 14h30 Le mercredi 14 novembre à 14h30

Les douceurs de la cérémonie du thé (conférence) par Sylvie Guichard Anguis « Rosée du matin », « matin d’hiver » ou encore « montagne automnale » voici quelques-uns des noms poétiques qui accompagnent les douceurs de la cérémonie du thé au Japon. Leur place dans cet univers culturel s’est élaborée progressivement au cours des siècles. Nous verrons quelles sont les règles qui de nos jours président à leur consommation au cours des différents types de réunions de thé. Sylvie Guichard-Anguis, chargée de recherche au CNRS, est membre associé au CREOPS, géographe et japonologue. Le samedi 20 octobre à 14h30

Deux programmes pour Bénéficier de nouveaux savoirs, comprendre comment évoluent nos connaissances, valoriser une approche pluridisciplinaire des religions en Asie et des collections permanentes du musée Guimet C’est avec pour objectif de renouveler les regards portés sur les collections permanentes et de se tenir au courant des évolutions des connaissances sur les religions d’Asie que le musée Guimet nourrit un lien privilégié avec de jeunes chercheurs et des chercheurs confirmés dans le cadre de deux programmes. Le premier, intitulé Premiers passeports, est conduit par de jeunes chercheurs en sciences sociales, en histoire des civilisations ou des religions le plus souvent. Il propose un éclairage thématique sur les collections permanentes qui non seulement replace les objets dans leur contexte culturel mais s’attache également à établir un lien avec les réalités d’aujourd’hui. Les Premiers passeports s’adressent à tous ceux qui souhaitent voyager ou à tous ceux qui ont déjà voyagé et qui ont à cœur d’articuler l’histoire dont témoignent les objets du musée aux réalités humaines de l’Asie contemporaine. Les jeunes chercheurs qui conduisent ces parcours ont de fait une connaissance intime des pays concernés par les séjours qu’ils y font régulièrement et par leur connaissance des langues locales. Ils sont animés par la passion de leur sujet et par le souhait de le partager avec simplicité et générosité avec les visiteurs du musée. Dès le mois de septembre, le nouveau Premier passeport sera consacré à la Chine, tandis que les passeports sur l’Inde, le Japon et le monde himalayen continuent d’être régulièrement proposés. Le second programme, conduit par des chercheurs confirmés, est plus strictement consacré à la connaissance des religions d’Asie. Intitulé Les religions d’Asie aujourd’hui : histoires et perspectives, il permet de comprendre comment, en Asie, les évolutions sociales, les relations internationales et la géopolitique sont animées par de nombreuses questions religieuses. Crispations identitaires, renouveaux doctrinaux, droits des minorités, dynamisme des diasporas… Ces sujets d’actualité s’enracinent dans un passé qu’il convient d’éclairer, de décrypter, d’analyser. Ce programme offre pour cela des cycles thématiques de cinq conférences, consacrées chacune à une question ou un point

Mandala de Vairocana, sous son aspect Sarvavid Tibet, XVIIIe siècle, détrempe, peinture sur toile © RMN (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier

de vue spécifique. Elles sont conduites par des spécialistes des sciences sociales ou des historiens qui proposent un éclairage historique sur des questions d’actualité. Les cycles s’attachent le plus souvent à remonter le cours de l’histoire pour mieux comprendre les mouvements de notre temps. Trois cycles sont proposés d’octobre à juin et se déroulent le samedi à 14h30 pour permettre au plus grand nombre d’y assister. Ils sont proposés grâce au soutien et au partenariat de la Société des Amis du Musée Guimet.

Un autre thé : le sencha (démonstration-dégustation)

par Sylvie Guichard Anguis Le sencha est un thé vert infusé qui se prépare d’une manière assez différente du chanoyu, le thé fouetté de la cérémonie du thé japonaise. Avec le sencha, s’est élaboré un second type de cérémonie moins connu mais tout aussi vivant. Le samedi 3 novembre à 11h00, 14h00 et 15h30

L’encre et le thé, poèmes calligraphiés (lecture-performance) par Yuuko Suzuki C’est en installant dans le pavillon de thé une œuvre ancienne ou contemporaine réalisée par un grand moine ou par un artiste lettré que l’on donne au partage du thé une intention poétique ou spirituelle particulière. Son thème peut s’accorder à la saison ou à un événement. Il peut aussi renvoyer aux thèmes de l’harmonie, du respect de la pureté ou de la sérénité qui constituent les quatre règles du thé. à l’occasion de cette lecture-performance, Yuuko Suzuki, peintre et calligraphe, réalisera quelques œuvres à l’encre liées aux thèmes essentiels de la voie du thé. Le samedi 1er décembre à 14h30

La route du thé et des temples en Corée (rencontre) par Claire Xuan Claire Xuan a parcouru les plantations de thé et les jardins des temples bouddhistes nichés dans les montagnes des provinces du sud du pays du matin calme. Elle a pu assister au partage du thé dans la vie monastique et s’initier aux rituels de cette cérémonie du thé à la gestualité précise et paisible. Ce sont les singularités de l’univers du thé en Corée que présentera la plasticienne Claire Xuan au travers de son regard et d’un parcours photographique unique et inédit. Le samedi 8 décembre 14h30

Les mots des parfums et des saveurs (table ronde) Une table ronde exceptionnelle réunira un parfumeur, un sommelier, et un grand maître de thé, tous éminemment reconnus dans leur domaine. Une invitation inhabituelle pour découvrir l’habileté sensorielle partagée par ces connaisseurs et la sémantique précise mise en œuvre pour parler des parfums, des saveurs et des univers poétiques qu’ils appellent. Le jeudi 15 novembre à 18h30

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Vos enfants, de vrais poètes ! Vous l’ignoriez ? Du noir sur du blanc Tranquille Calligraphie japonaise

Je me sens toute petite J’entends le bruit du vide Se frotter contre mes oreilles

Laura

Louise, May et Fabienne

Au musée Guimet Je croise le regard immobile D’un roi au pied ferme

Eyan

Le croirez-vous ? Ces poèmes brefs sont de la main de jeunes visiteurs du musée âgés de 8 à 12 ans ! à tous les parents un peu hésitants quant aux élans poétiques de leurs enfants, un seul mot : confiance ! Les enfants jouent très naturellement avec les mots et les œuvres du musée, sans inhibition aucune ! C’est vrai… Claire est là. Auteur et conteuse, Claire Landais explique à l’occasion de ses promenades que la pratique du haïku - cette forme poétique brève originaire du Japon est avant tout « une ��cole d’écoute, d’attention à ce qui est, à nous-même et à ce qui nous entoure, à ce qui nous touche, nous traverse ». Qu’elle est aussi « une salutation à la présence cachée dans l’instant ». Elle propose aux enfants de partager les chemins parfois malicieux des grands poètes du Japon en racontant leurs aventures. Puis, tout simplement, elle invite chacun à accueillir en silence les sensations que suscitent les bruits, les lumières, la présence des œuvres du musée. Peu à peu, chacun laisse s’éloigner la petite musique de ses pensées et accueille toutes ces sensations. Certaines sont amusantes, plaisantes, d’autres déconcertantes. Toutes portent en elles la valeur d’un instant pleinement ressenti. à deux, à trois, ou tout seul, l’expérience de cet instant est traduite en quelques mots. Le poème se doit d’être le plus juste témoin du petit moment éprouvé. Il se partage, fait rire, trouble, ou veut faire peur… Il surprend toujours ! Vous retrouverez Claire Landais pour une Promenade haïku en famille : samedi 26 janvier à 15h00 ; pour les 16-25 ans Le regard clair : promenade haïku : samedi 17 novembre à 14h30 et pour le public adulte : les dimanches 21 octobre et 27 janvier à 11h00. Petit assistant bouddhique XVIIIe siècle, Corée, bois (matière), peint, sculpture (technique) © RMN (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier


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auditorium

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danses classiques de l’Inde : Bharata natyam, Kathak, Mohini attam, Kathakali…

Du 7 septembre au 31 octobre 2012, la 9e édition de l’été indien vous entraînera au rythme des musiques et danses du cinéma populaire indien, et vous plongera au cœur de la culture du sous-continent où les grandes traditions classiques se sont transmises de siècle en siècle. Réunis par Martine Armand, 16 films rares seront à découvrir parmi lesquels 12 inédits grâce au soutien de l’Ambassade de l’Inde. Le tout illustré sur scène par un concert de sarod, mais aussi deux conférences sur les danses Mohini attam et Odissi qui seront suivies de représentations exceptionnelles (voir « Scènes » p.7).

Vanaprastham - Kalpana © Tous droits réservés

Le salon de musique de Satyajit Ray - Moner Manush © Tous droits réservés

Si l’on excepte quelques films cultes tels Le salon de musique de Satyajit Ray (1958) ou le mythique Umrao Jaan de Muzaffar Ali (1981, inédit), le public ira de découverte en découverte, depuis 1948 avec Chandralekha de S.S. Vasan, jusqu’au Moner Manush de Goutam Ghose (2010) consacré au légendaire Fakir Lalan Shah. De magnifiques fictions de Shaji Karun (Vanaprastham), V. Shantaraman, K. Vishwanath, Subhash Ghai et Rajan Khosa nous feront vibrer aux sons des musiques carnatiques et hindoustanies, et redécouvrir la beauté des

Danses et musiques de l’Inde Du 7 septembre au 31 octobre 2012

C’est sans nul doute le surprenant Kalpana réalisé en 1948 par le danseur Uday Shankar, frère aîné de Ravi Shankar et surnommé le « Nijinski indien », qui constituera le point d’orgue de cette programmation. De plus, cette année, l’été indien fait la part belle aux documentaires des plus grands réalisateurs. à ne surtout pas manquer : l’émouvant Bamboo Flute de K. Shahani sur une musique originale de H.P. Chaurasia, La danse de l’enchanteresse de B. Chataignier et A. Gopalakrishnan, le merveilleux danseur Kelucharan Mohapatra dans Bhavantarana, ni les deux œuvres de Mani Kaul, Dhrupad et Siddeshwari…

Nous remercions chaleureusement pour leur précieux soutien et participation : l’Ambassade de l’Inde à Paris, MEA, DFF et NFAI en Inde ; ainsi que pour leur fidèle partenariat : Air India et l’Office du Tourisme Indien à Paris. Nous remercions également pour leur aimable contribution : Magic Lantern Foundation de New Delhi, Cercle de Pondichéry de Paris et M. Gobalakichenane.

les films à l’auditorium Commençons donc par les aventures rocambolesques d’un grand cuisinier coréen au cours d’une compétition gastronomique internationale : Le grand chef (Shikgaek) et consultons ce très ancien livre de recettes coréennes : Su wun jab bang. Puis, direction la Chine où quelques documentaires vont nous livrer certains secrets gastronomiques : Secrets de cuisine de la Cité Interdite, Saveurs et servitudes, mais aussi Le secret du pigeon laqué, un savoir-faire jalousement gardé par Monsieur Jiu car il fait sa renommée. Sa recette miracle le sauvera-t-elle d’un chiffre d’affaires en baisse ? Saluons Monsieur Liang qui tente de convertir sa famille aux vertus de l’agriculture et de la cuisine bio : Du bio envers et contre tous…. Une pause à Hong-Kong pour revoir avec bonheur l’inoubliable In the mood for love de Wong Kar-wai et la belle Maggie Cheung dans sa quête quotidienne et répétitive de nourriture. A Taïwan, Salé sucré (Yin shi nan nu) est une comédie senti-

mentale d’Ang Lee dont le premier rôle est tenu par la cuisine. L’odeur de la papaye verte de Tran Anh Hung nous entraîne dans le Saïgon des années 50. Au Cambodge, dans les années 60, la culture du riz rythme la vie d’une famille. Une très émouvante fiction de Rithy Panh, Les gens de la rizière (Neak srê), un film fort, la mémoire de tout un peuple. Dans Le Temple d’Or d’Amritsar, la plus grande cuisine de l’Inde, préparée par des fidèles de la communauté sikh, nourrit 100 000 personnes tous les jours gratuitement (Himself He Cooks). Dernière escale au Japon avec 4 films de Yazujiro Ozu où les hommes confient leur intimité dans Le goût du saké (Sanma no aji). Deux films rares des années 30, Chœur de Tokyo (Tokyo no kôrasu) et Une auberge à Tokyo (Tokyo no yado), évoqueront un Japon affamé, en pleine crise économique. Le goût du riz au

thé vert (Ochazuke no aji) nous montrera le pouvoir émotionnel de ce plat, point de départ d’un rapprochement amoureux. Une comédie truculente, un « eastern-nouille » qui vous fera vivre des moments inoubliables dans le petit restaurant de « ramen » tenu par une jeune veuve du nom de Tampopo. Partout dans le monde on s’arrache ses talents, elle s’appelle Fumiko Kono. Tokyo blues & sushis confits est un documentaire sur la création, la quête de la perfection et la solitude de l’artiste dans sa cuisine. Et pour le dessert : Gâteaux japonais, merveilles de poésie, d’harmonie avec la nature et les saisons, mais aussi offrandes rituelles dans les temples.

Bon appétit !

Le goût du riz au thé vert - Chœur de Tokyo © Tous droits réservés

Le grand chef © Tous droits réservés

In the mood for love © Tous droits réservés

Gâteaux japonais © Tous droits réservés


auditorium

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Danse ODissi (inDe)

C’est à l’âge de cinq ans qu’Arushi Mudgal a commencé à apprendre l’Odissi auprès de sa tante, la célèbre Padmashree Madhavi Mudgal, elle-même disciple du légendaire Kelucharan Mohapatra. Une étoile montante de l’Odissi, fascinante de jeunesse et de virtuosité.

Danses et musiques à l’auditorium

shaKuhachi Musiques Du jaPOn

BahMan Panahi, sanDrine POurailly et MaDjiD KhalaDj tar, harPe et PercussiOns (iran – France)

Caresse du ciel de Bahman Panahi est avant tout un duo entre le tar et la harpe, mis en relief par les percussions persanes. Construite comme la rencontre de deux langages, le langage tonal et le langage modal, cette œuvre est aussi la rencontre entre la musique classique persane et la musique classique occidentale.

© Max-yves Brandily

(Iran – Inde – France) PadmaShree Kalamandalam KShemavathy et brIgItte chataIgnIer (Inde)

Un fascinant spectacle de danse, en costume traditionnel blanc orné d’or et de jasmin, en hommage à l’enchanteresse Mohini. Kalamandalam Kshemavathy et sa disciple Brigitte Chataignier vous emporteront jusqu’aux sources de la mythologie indienne, au son des chants dévotionnels et amoureux.

Créé par Bastien Lagatta, ethnomusicologue et percussionniste, influencé tant par le souffle indien que par les respirations yéménites, Badila est né de la rencontre de quatre musiciens et d’une danseuse dans une même aspiration au syncrétisme. Ils sont venus, de France, d’Inde et d’Iran, jouant, chantant et dansant, afin de célébrer l’union nouvelle du maqâm et du raga. La danseuse et chorégraphe Ava Farhang flotte dans l’air, tourbillon hypnotique...

XInXIn nanguan enSemble (taïwan) lavanya ananth - Danse Bharata natyaM (inDe)

Wang Xinxin est l’une des plus grandes interprètes de Nanguan, cette musique née au cœur culturel de la Chine ancienne, qui deviendra à partir du Ve siècle la musique des cours de Chine. Avec ses musiciens, elle nous transportera plusieurs millénaires en arrière sur le souffle de sa voix incomparable et sa maîtrise des instruments traditionnels. Concert organisé par le Centre Culturel de Taïwan et le musée Guimet.

Sarod et tabla (Inde)

Si l’on en croit les experts, il n’existerait actuellement que trois joueuses de sarod internationalement reconnues… la maîtrise du genre ayant été traditionnellement réservée aux hommes. Sudeshna Bhattacharya, disciple d’Amjad Ali Khan, est donc l’une de ces trois étoiles filantes et insaisissables de la musique hindoustanie.

Talent reconnu et acclamé de la nouvelle génération, Lavanya Ananth incarne avec grâce le style Vazhuvoor, l’un des styles originaux du Bharata natyam, la danse classique de l’Inde du Sud. Dans son récital Nrithya Samarchita, rassemblant des chorégraphies de sa composition, Lavanya Ananth puise son inspiration dans la diversité de la poésie indienne (chantée en tamoul, urdu et sanskrit).

Musiques De MOngOlie


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collections

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La collection est le cœur du musée : par de nouvelles acquisitions et par la restauration des œuvres, elle vit, évolue et s’enrichit au fil des années. « Regard sur… » vous invite à découvrir ces coulisses du musée Guimet.

Statue d’Amida-nyorai assis formant le « sceau de la Concentration » Très harmonieuse représentation du Buddha Amida assis en posture de recueillement, cette sculpture de bois laqué est un don de Monsieur Jacques Polain au musée Guimet, ce collectionneur témoignant ainsi une nouvelle fois d’une exceptionnelle générosité et connaissance des arts du Japon. L’œuvre, révélatrice de l’intensité du courant amidiste dans le Japon médiéval, décrit Amidanyorai les deux mains posées dans le giron, les pouces se rejoignant, selon le « sceau de la Concentration » (Jôin) ; plus précisément le geste représenté ici est, selon la classification des « Neuf classes d’accueil » formée au Japon, celui qui correspond au degré le plus élevé de la classe supérieure (Jôbon jôshô). Ainsi le Buddha Amida accueille-t-il en sa Terre Pure de l’Ouest la catégorie la plus élevée, dite de la contemplation des bodhisattva, des âmes renaissantes des fidèles qui ont en perfection l’intensité de la foi, la sincérité et le ferme désir de renaître en son paradis. La sculpture d’Amida-nyorai réalisée en 1053 par le sculpteur Jôchô pour le Hôôdô du Byôdô-in constitue un archétype célèbre de cette iconographie, certains temples tels le Jôruriji,

allant jusqu’à représenter la totalité des neuf classes d’accueil. C’est aussi sous cette forme spécifique qu’Amida-nyorai est représenté dans le contexte ésotérique, notamment lié à la secte Tendai, incarnant « la sagesse de vision pénétrante ». L’œuvre de la collection Polain est également remarquable par la qualité plastique de son modelé ; la rondeur des volumes, le réalisme et la souplesse du plissé sur le devant, l’intériorité néanmoins lumineuse de l’expression du visage (dont l’intensité est sous-tendue par le regard, incrusté en cristal de roche), évoquent le style charnel de Muromachi, et l’œuvre est attribuable à la deuxième partie de cette époque. Hélène Bayou Conservateur en chef de la section Japon Bois laqué et doré, technique yosegi-zukuri - H. 41 cm - époque de Muromachi, fin XVe - XVIe siècle - Donation Jacques Polain, Bruxelles, 2011 - MA 12443 © RMN (musée Guimet, Paris) Thierry Ollivier

de monture ont disparu, la calligraphie sur papier ciré a été conservée roulée librement à part, et la peinture sur soie a été tendue sur un carton, ce qui l’a considérablement acidifiée, a développé un foxing (taches rousses) et a provoqué de nombreuses cassures (ill. 1) et lacunes. Les deux œuvres nécessitaient une restauration en profondeur (désacidification, remise à plat et pose de renforts) et un remontage selon les normes traditionnelles du rouleau horizontal : la couverture a été confectionnée dans un brocart de soie, le fermoir et les embouts choisis en jade blanc. Des bandes en soie damassée séparent l’en-tête, l’œuvre et la calligraphie, et le rouleau se termine par une longue feuille vierge qui forme le bâton d’enroulement, le tout étant renforcé par un doublage en papier Xuan. Après plusieurs mois de séchage, le rouleau a ainsi retrouvé son intégrité (ill. 2). Camille Schmitt Restauratrice d’arts graphiques d’Extrême-Orient / www.silkandpaperrestoration.com Ill. 1 : Avant restauration. Vue de la peinture en lumière rasante Ill. 2 : Après restauration. La peinture a retrouvé le format de rouleau initial. Rouleau horizontal. Peinture attribuée traditionnellement à Zhao Boju (11201162), encre et couleurs sur soie. Calligraphie attribuée traditionnellement à Li Kan (1245-1320), encre sur papier enduit de blanc et ciré, MG 26524

Illustration 1

© Camille Schmitt

Paysage bleu et vert Le rouleau, offert par l’Impératrice Cixi à émile Guimet probablement en 1873, était en mauvais état à double titre : initialement composé d’une peinture et d’une calligraphie, il a été amputé de sa monture à son arrivée en France. Les soies

Illustration 2

© Camille Schmitt

Le programme des expositions 2013 sur : En raison de leur sensibilité à la lumière et de la fragilité de leurs matériaux, certaines œuvres doivent être exposées par roulement. Ainsi, tous les 3 à 6 mois, des galeries du musée présentent un nouvel accrochage d’œuvres rarement exposées. Une occasion de renouveler le regard sur les collections permanentes. de Krishna) avec un textile figuratif. Un groupe de fragments assamais représentant pour la plupart des scènes des épisodes de la vie de Vishnu, de ses avatars et en particulier de la vie de Krishna ont été retrouvés au Tibet, principalement dans des monastères, au début du XXe siècle et semblent appartenir à cette tradition. Certaines de ces pièces, réalisées selon la technique du lampas, sont présentées dans la galerie Riboud. Un panneau de salle présente le contexte de création de ces œuvres, les techniques de réalisation et leur iconographie. Aurélie Samuel

30 siècles d’ivoires du musée des arts asiatiques Guimet 70 ivoires des collections du musée Guimet sont exposés au Château-Musée de Dieppe du 16 juin au 30 septembre 2012. Cette manifestation est l’occasion de présenter pour la première fois dans leur ensemble ces pièces de grande rareté. Ce prêt exceptionnel s’inscrit dans la politique de partenariat menée activement avec les musées de régions. Pour plus de renseignements : www.mairie-dieppe.fr

chargée d’études documentaires, en charge des collections textiles

PEINTUREs CHINOISEs Fragment de tissu à décor vishnuite Inde (trouvé au Tibet), Lampas de soie - Fin XVIe- début XVIIIe siècle Legs verbal Krisnâ Riboud, 2003 - MA 11099 © Musée Guimet, Paris, Dist. RMN/ Raphaël Chipault/Benjamin Soligny

TEXTILES

Rotonde Riboud, 1er étage Les lampas d’Assam (jusqu’à fin novembre) Au XVe siècle, l’île de Majuli (Assam, Inde) devint le foyer d’un mouvement religieux unique en Inde, développé par Shankaradeva (1449-1568), maître spirituel hindou qui érigea les premiers sattras (monastères hindous dédiés à Vishnu et à son principal avatar Krishna). Shankaradeva initia la coutume, dans les monastères, de couvrir l’autel d’un tissu ou d’envelopper les textes sacrés tel le Bhagavata-purâna (relatant l’histoire de la vie

galerie des peintures, 2e étage Une sélection d’œuvres représentatives du développement de la peinture lettrée de paysage (jusqu’à mi novembre)

PEINTUREs JAPONAISEs

galerie d’art bouddhique, 2e étage Peintures bouddhiques : portraits des patriarches de la secte Shingon (jusqu’à mi octobre)

estampes JAPONAISEs, Rotonde, 2e étage Estampes et dessins de l’époque Meiji (jusqu’à mi septembre)

Estampes, dessins et peintures d’Hokusai (à partir de la mi septembre)

Publication quadrimestrielle de l’établissement public du musée des arts asiatiques Guimet 6 place d’Iéna - 75116 Paris. Tél : 01 56 52 53 00 www.guimet.fr

Directeur de la publication : Olivier de Bernon - Direction éditoriale : Anne Leclercq - Comité de rédaction : Cécile Becker, Anaïs Del Bono, Hubert Laot, Agnès Legueul, Muriel Mussard, Pauline Roy, Marc Saint-Sevin - Ont aussi participé à ce numéro : Caroline Arhuero, Nathalie Bazin, Yu-ju Chen, Dominique Fayolle-Reninger, Pierre de Saint-Martin, Valérie Zaleski - Direction artistique et maquette : Pauline Roy assistée de Mandarine Gervaise - Impression : Bergame Print - 77164 Ferrières-en-Brie - Dépôt légal : juillet 2012 – ISSN : en cours – © musée Guimet, Paris, 2012 P.1 : Bol impérial à décor floral © RMN (musée Guimet, Paris) / Thierry Ollivier - Tsuru © Marie-Ange Guilleminot - Petit cheval © Musée Guimet/Dist.RMN/Raphaël Chipault/Benjamin Soligny

Le Palais des Thés, partenaire de l’exposition Le Thé, accompagnera le visiteur dans sa découverte de cette boisson aux mille facettes afin de lui faire vivre une expérience sensorielle unique et l’initier à l’art de vivre le thé.


La Lettre de Guimet #01