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LE JOURNAL Mars 2004 Prenez une équipe de quatre ethnologues, joignez-lui un photographe. Laissez-la sillonner le territoire d'un quartier, arpenter les espaces publics, pénétrer les univers privés et créer les conditions d'un échange confiant. Trouvez un musée qui se plait à explorer l'humanité. De l'observation et de l'analyse, naîtront un ouvrage et une exposition. De l'envie de partager l'aventure, émergeront des passerelles entre les gens et les institutions. C'est bien ce qui est en train de se passer autour de l'exposition Un air de famille réalisée par le Musée dauphinois à Grenoble. Fruit d’une coopération scientifique entre ethnologues français et hongrois, l’exposition est le résultat d’une double recherche anthropologique conduite dans le quartier Berriat à Grenoble et dans celui de Terézváros à Budapest, en 2001 et 2002. Scientifique,

DES EXPOSITIONS NUMÉRO SPÉCIAL

Quand le musée dialogue avec la ville l’étude n’en n’a pas été moins sensible, fondée sur deux outils principaux : l’image (la photographie) et la parole (le témoignage). Vues d’architecture, scènes de rue, portraits d’habitants, histoires de vie ont permis de tracer les contours des deux quartiers ; le but étant moins d’en reconstituer l’histoire que d’en saisir l’essence aujourd’hui. L’exposition et l’ouvrage qui l’accompagnent sont l’expression même de ce travail réalisé sur le terrain. Encore fallait-il susciter le regard des habitants sur ce travail : c’est l’objet des visites de l’exposition proposées par le Musée dauphinois aux habitants de Berriat. Encore fallait-il tenter d’amener

certains à réfléchir et à conduire eux-mêmes, en parallèle, un projet : c’est l’objet de l’exposition préparée par les jeunes du collectif Cap Berriat, de la balade urbaine proposée par Icimême et des interventions de la MJC Parmentier, au sein même du Musée. Encore fallait-il imaginer un mode de restitution plus direct : la présentation de l’exposition dans le quartier au mois de mai prochain, dans trois lieux emblématiques. Puissent ces différents moments permettre les rencontres entre une institution qui revendique autant son rôle social que culturel, et un quartier qui s’exprime dans ses multiples identités. ■


Nous avons accompagné quelques habitants du quartier Berriat lors de la découverte de l’exposition “ Un air de famille ” au Musée dauphinois. Après la surprise et une phase d’identification commune à presque tous, l’adhésion fut totale ou plus réservée... Comment les habitants de Berriat perçoivent-ils cette exposition consacrée à leur quartier ? C’est ce que nous avons demandé à Erwann, collégien, Micheline, retraitée, Guillaume, photographe et Tristan, metteur en scène, en les accompagnant dans cette déambulation. L’entrée dans la première salle est souvent marquée par un petit temps d’arrêt, effet d’une certaine surprise sans doute, devant ces grands panneaux. Au départ, les regards sont d’ailleurs le plus souvent captivés par les photos, tandis que les témoignages sont lus en diagonale. La galerie de portraits du deuxième espace suscite chaque fois beaucoup d’enthou-

Sous leurs yeux siasme. Chacun a pu dire au moins une fois : “ Je le connais lui ! ” souvent accompagné d’un commentaire... “ C’est VaïkYann ” ; “ Il habite près de chez moi ” ; “ Je l’appelle le Sioux ! ” ; “ Ah, ils ont acheté le calendrier des pompiers et celui du facteur ! ”... C’est sans doute ici que la dimension de familiarité est la plus flagrante. A cet endroit, les témoignages commencent souvent à être lus plus attentivement, quitte à retourner sur ceux de la première salle, auxquels on avait porté peu d’attention.

Points de vue Micheline, très vite, dira que “ c’est très vivant, on s’y croirait... ” Le texte “ L’invitation ” l’a touchée, la renvoyant à son propre mode de rencontre dans le quartier : “ Je vais souvent à la laverie, on fait facilement connaissance avec les gens dans ce genre d’endroit, il s’y passe parfois des choses délirantes... ” Erwann, quant à

lui, a surtout cherché à identifier les lieux et les visages : “ C’est comme dans le quartier, je connais les visages et pas forcément les noms ”. Et si tous deux ont trouvé l’exposition très bien faite et se sont surtout montrés sensibles aux photographies, Tristan et Guillaume, eux, ont trouvé que “ les témoignages apportaient plus que les photos, dans la partie consacrée à Berriat ” : “ Vous avez lu l’histoire du chauffeur de tramway à qui sa mère apporte une poire ? C’est incroyable... ” Au final, tous deux auraient préféré que les clichés de Berriat et Terézváros soient présentés ensemble, pour que la mise en parallèle soit plus évidente. Guillaume ajoute : “ Je préfère le traitement de Budapest : avec de larges vues dès le début de l’exposition, je sais immédiatement de quoi on va me parler, ces photos respirent. Dans la partie consacrée à Berriat, les vues sont très serrées : cela peut passionner les habitants du quartier, mais je ne suis pas sûr que cela concerne les autres, parce qu’elles donnent peu d’informations ”. Tristan allait dans le même sens : “ J’aurais préféré un regard plus extérieur sur Berriat. Globalement, dans la première salle, on a une belle ouverture, la série de portraits en intérieur est intéressante et après, je ne sais plus vraiment ce que ça raconte... ” Quant aux autres, ils ont jusqu’au 30 mars pour juger...


Une grande première IL Y A EU UN VÉRITABLE

Franck Philippeaux est chargé du service des publics au sein du Musée dauphinois. Sa mission est de définir l’accompagnement culturel des expositions et les modes de rencontres diversifiés qui peuvent voir le jour autour de celles-ci. Aujourd’hui, il rend compte de la spécificité de la démarche mise en place autour d’Un air de famille , première expérience de ce genre pour le musée...

Y a-t-il une prise de risque pour le musée ? Oui, dans la mesure où c’est une démarche inhabituelle et que c’est la première fois que l’on travaille avec toutes ces structures. Mais petit à petit on minimise cette prise de risque – parce qu’il s’agit avant tout d’une rencontre qui se fait dans le temps. Finalement, c’est presque comme des couples qui s’instaurent : on ne se connaît pas, on sait par des intermédiaires qu’on a des intérêts communs et on essaie de voir ensuite comment orienter le projet pour le rendre réalisable. Après on

Quelle a été la particularité de la démarche d’accompagnement de cette exposition ? C’est une démarche très spécifique. Le musée a l’habitude de proposer des concerts, des conférences, des ateliers jeunes publics, donc généralement des séances courtes avec des intervenants extérieurs. Alors que l’ensemble des actions conduites autour d’un air de famille est beaucoup plus participatif : on amène des habitants du quartier à réfléchir, à produire eux-mêmes et à porter un regard sur une exposition. C’est donc une approche assez exceptionnelle, inédite même pour le musée, intéressante car globale. Qu’est-ce qui s’y prêtait particulièrement dans cette exposition ? En fait, toutes les expositions du musée pourraient s’y prêter. Dans un musée de société, on travaille toujours avec les populations, que l’on associe à la définition de l’offre culturelle. Mais habituellement, cet échange se fait en amont, au sein d’un groupe de travail, réunissant le personnel du musée, des universitaires et des représentants de la population. Pour Un air de famille, on a impliqué les populations d’une manière différente en suscitant leur regard sur l’exposition réalisée. Le quartier Berriat s’y prête particulièrement parce qu’il y a une forte vie de quartier et un monde associatif particulièrement actif et engagé dans des missions culturelles, sociales, artistiques. Mais cette rencontre n’a été possible que par la présence d’une médiatrice, Diana Szanto, qui a fait le lien avec les habitants.

L’équipe de Cap Berriat, autour de Jean-Claude Duclos, directeur du Musée et Franck Philippeaux, chargé du service des publics.

fait confiance, on aide sur le plan technique, mais sans intervenir sur le contenu. On découvre donc les réalisations en même temps que le public ! Quels vont être les temps forts ? Les projets participatifs, sans doute... Les deux rendez-vous importants seront l’inauguration de l’exposition des jeunes de Cap Berriat le 13 mars ainsi que le 20 mars, date de la balade urbaine proposée par Ici-même et des interventions de la MJC Parmentier, qui investira les salles d’exposition avec ses guitares et ses

chants. Ce sont donc les deux rendez-vous à ne pas rater. En tout cas des temps de rencontre véritable pendant lesquels on pourra rendre compte de notre expérience. Mais j’espère que le public sera aussi intéressé par les rencontres plus habituelles, le festival “ Ethnologie et cinéma ”, “ la Nuit nomade ” ou les conférences, qui apparaissent parfois plus difficiles d’accès au premier abord mais qui peuvent intéresser un public très large. Il faut juste oser franchir le pas ! Quelles sont vos impressions sur cette collaboration aujourd’hui ? Ce que l’on a pu constater aujourd’hui, c’est qu’il existe une adéquation des regards. Nous avons finalement les mêmes questions, notamment sur le plan social car le musée, au-delà de sa fonction culturelle, a aussi une mission sociale sans doute moins perçue car moins affichée. Il y a donc eu un véritable terrain d’entente sur les questions posées et la manière de les aborder. D’ailleurs, la première fois que nous nous sommes réunis, nous nous sommes rendus compte de la cohérence et de la pertinence de l’ensemble. Enfin, personnellement, j’ai trouvé très intéressant mon rôle de médiateur entre le musée et les associations. Cela demande un gros investissement mais aujourd’hui je suis très content d’avoir pu le faire. L’exposition sera ensuite présentée dans le quartier... Cette exposition est le fruit du travail des ethnologues, Jacques Barou, Cécile GouyGilbert, Thierry Nahon et Diana Szanto, mais a nécessité une très forte contribution des habitants du quartier, notamment à travers les collectes. L’enjeu est donc le partage avec les habitants. Le musée s’attache depuis bien longtemps à restituer son travail scientifique et culturel in situ, comme avec les expositions Patrimoine en Isère. C’est une manière de rendre aux populations ce qu’elles ont apporté... ■

TERRAIN D’ENTENTE SUR LES QUESTIONS POSÉES ET LA MANIÈRE DE LES ABORDER.


L’art au quotidien C’est pas la

crise Sept jeunes du quartier Berriat, âgés de 12 à 16 ans et encadrés par un collectif rassemblant entre autres les associations “ Cap Berriat ”, “ Histoires de ”, “ Drugi Most ” et Catherine Ladet (urbaniste) ont travaillé pendant plus de trois mois à l’élaboration d’une exposition présentée à partir du 13 mars prochain au sein même du Musée dauphinois. Vidéo, photos, dessins, écrits, témoigneront de leur travail d’appropriation du quartier, axé sur la notion d’identité. Un thème vaste et difficile à appréhender, exploré sous des aspects qu’ils ont eux-mêmes choisis tout au long de leur travail. Alors que signifie pour eux ce mot “ identité ” et qu’ont-ils retenu de cette expérience ? C’est ce que nous leur avons demandé, avant même de découvrir leur exposition...

Bianca, 12 ans

L’identité, c’est qui tu es, comment tu t’appelles, quel âge tu as, d’où tu viens, de quel collège tu es, ce que tu fais... C’est aussi l’intérieur, ce que tu aimes, les qualités et les défauts. Ce que j’ai bien aimé pendant ce travail, c’était “ le jeu de la vie ” et les entretiens avec les habitants de Berriat. Et puis l’histoire des lieux : la chapelle Saint-Bruno, la salle des tickets, la rue de la Nursery, tous les lieux symboliques...

Lucile, 12 ans Pour moi, l’identité c’est l’origine, la façon d’être, les cultures qu’on a. Avant j’avais une idée mais ce travail m’a aidé à mieux comprendre. Ce qui m’a le plus plu, c’est l’histoire des lieux et les entretiens. Savoir comment les gens sont arrivés au quartier, connaître leur vécu ici, je suis curieuse de le savoir. Je suis née à San Francisco mais comme je suis arrivée toute petite, Berriat c’est quand même mon quartier. Anis, 12 ans L’identité c’est qui je suis, ma religion, qui j’étais avant et à qui je veux ressembler. Avant, je m’étais

jamais posé ces questions, et maintenant je m’en pose plus. Ce qui m’a plu c’est l’exposition Un air de famille au Musée. Je reconnais des lieux et il y a des gens que je connais aussi. J’ai lu les témoignages. Il y en a qui m’ont marqué...

Nesrine, 15 ans Chaque personne a quelque chose qui la caractérise, c’est son identité. Tout le monde n’est pas pareil et l’identité c’est quelque chose de nécessaire. Il faut avoir une identité sinon, on n’est rien, c’est comme le caractère ! Ce que j’ai préféré, c’est de faire des photos des lieux du quartier. Au départ je suis venue pour écrire parce que j’adore ça, et en fait j’ai fait des photos et j’ai bien aimé. Emmanuelle, 13 ans L’identité, ouh là là... c’est difficile à expliquer. L’identité d’une personne, c’est d’où elle vient, comment elle vit. Chacun a sa propre identité parce que personne ne fait la même chose. Je crois que je ne me suis jamais vraiment posé cette question de la définition. J’ai bien aimé l’ensemble du travail, surtout les endroits devant lesquels il fallait dire si on les aime ou pas et pourquoi, mais si c’est pas relié au reste c’est moins intéressant. Clément, 14 ans L’identité, c’est le statut de la personne. Le plus intéressant pour moi, c’était d’enregistrer les autres dans le quartier, devant les lieux qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas du tout. Il y a certains lieux que je regarde autrement maintenant que je connais leur histoire. On essaie de s’imaginer comment ils étaient avant, comment ils étaient animés...

Florine, 16 ans L’identité pour moi, ça représente un peu toute notre personnalité. Il y a un côté personnel et un autre plus externe. L’identité, ça englobe un peu tout. Ce projet je l’ai trouvé intéressant parce que j’ai découvert des choses auxquelles je ne fais jamais attention d’habitude. J’ai fait des recherches sur ma famille et ça m’a plu. J’ai appris des choses sur les différents membres et comme certains sont loin et que je ne les vois pas beaucoup, c’est bien. ■

La MJC Parmentier grouille d’idées... Elle investira le Musée dauphinois le 20 mars prochain en présentant le travail de musiciens et de chanteurs, amateurs et professionnels, qui témoigneront de l’éclectisme culturel du quartier. Au 3 de la rue Parmentier, là où Berriat ressemble peut-être le plus à Berriat, où les ruelles sont si étroites qu’on ne peut faire mine de s’ignorer, on trouve la MJC Parmentier. Et les dédales colorés de ce lieu situé au cœur du quartier, mènent jusqu’à ceux qui l’inscrivent au cœur de la vie de quartier. Ici, tout au long de l’année, on fait “ le plein des sens ”. Avec des scènes ouvertes aux pratiques amateurs, des soirées thématiques, des fêtes (“ Faites de la couleur ”, “ Faites de la lumière ”, “ les Jeudis de Marliave... ” ) des manifestations culturelles organisées par et pour les habitants du quartier. Alors le 20 mars, l’exposition Un air de famille servira de scène aux chanteurs et musiciens qui se retrouvent régulièrement à la MJC, ainsi qu’à quelques habitants du quartier qui ont souhaité se joindre à eux. Franck, animateur, précise : “ Pour le musée, nous avons pensé proposer une sorte de « best of » des scènes ouvertes avec des petits groupes et un répertoire qui Suite sur le pavé gris en page 5

Les jeunes de Cap Berriat, en repérage dans le quartier pour une véritable étude de terrain...


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ira de la chanson française traditionnelle à l’expérimentation acoustique. L’idée générale pour nous c’est de démythifier la pratique artistique, de montrer que l’art se pratique quotidiennement et par tous. Au final, on cherche à valoriser l’éclectisme culturel qui existe au niveau du quartier. C’est en cela que notre démarche est liée à celle du musée. ”

Chacun est acteur Pour les animateurs de la MJC, il s’agit avant tout d’amener chacun à s’exprimer, en proposant une alternative aux écoles de musique. Roberto Lozano, nom connu de la scène locale et animateur lui aussi, explique que “ la musique n’est qu’un prétexte pour développer le potentiel artistique de chacun. Tout le monde est capable de créer, ce n’est que le contexte qui permet ensuite de développer ou pas ce potentiel ”. Franck Messeguer ajoute : “ La donnée principale pour nous, c’est de valoriser les habitants du quartier, de leur donner les moyens de s’exprimer en sortant de la logique de jugement. On tente de les amener à reconnaître la performance et dire “ j’aime ” ou “ je n’aime pas ”, plutôt que “ c’est bien ” ou “ ce n’est pas bien ” ”. Une démarche qui trouve aussi son aboutissement lors des spectacles. “ Les participants aux ateliers ne présentent leur travail en scène ouverte que lorsqu’ils sont prêts et qu’ils en ont envie. Lors des spectacles, chacun a sa place, les artistes, qu’ils soient amateurs ou professionnels ainsi que le public, parce qu’on considère que le spectateur fait partie intégrante du spectacle. En venant, en écoutant, en remerciant les artistes, il se place déjà en tant qu’acteur. En langage socioculturel, “ on favorise la mixité sociale ” ”. En langage courant, on instaure la convivialité... ■

Sur le fil du territoire Le Collectif Ici-même présentera trois balades urbaines le 20 mars. Trois itinéraires rassemblés en un projet unique intitulé « A la limite » puisqu’il s’agira d’appréhender différentes frontières du quartier Berriat ( jusqu’aux portes du Musée dauphinois ), qu’elles soient temporelles ou spatiales, fortement visibles ou quasi impalpables. Prévoyez de bonnes chaussures, des vêtements chauds et une bonne ouverture d’esprit... Qu’est-ce que la réalité d’un territoire, d’un quartier, quelles en sont les limites ? La question est si complexe que le collectif Ici-même préfère ne pas entrer dans la problématique en nommant la limite mais en l’explorant. “ Plutôt que de rechercher « l’identité » forcément insaisissable et multiple d’une réalité urbaine, nous avons voulu essayer d’en dessiner les contours « en creux », de voir ce qui se passe « à la limite ». Plutôt que de profiter des évidences au risque de réduire la ville au tracé de ses rues et à l’activité de ses places centrales, aller à la rencontre du quartier là où il naît, là où il disparaît. ” Alors, ils l’avouent, la démarche peut parfois dérouter. “ Ceux qui s’attendent à une visite touristique ordinaire risquent d’être très surpris ” confie Corinne Pontier, artiste et membre du collectif. “ Nos balades sont très peu guidées et si le parcours est défini à l’avance il y a toujours une ambiguïté sur le rôle du guide. Quant au déroulement, il s’adapte en fonction des réactions des spectateurs. ” Samuel Ripault ajoute : “ Nous conservons toujours une possibilité de flottement en essayant de permettre une perception de la ville qui soit en décalage, en dérive. Ce qui compte pour nous, c’est qu’il y ait une ré-appropriation des lieux mais plutôt que de passer par un

média visuel ou autre, nous avons choisi une approche plus immédiate, une expérience co-vécue par les acteurs et les participants. Le but, c’est que le spectateur reste un voyageur étranger même dans un quartier qu’il connaît ".

Impressions du matin et infusion du soir Le 20 mars chacun pourra donc aller voir, ou plutôt ressentir de plus près, ce qu’il en est exactement. Deux balades vous seront proposées. Au petit matin, ce sont plutôt les limites temporelles qui seront explorées. Lever du jour et par là-même des rideaux de fer, extinction des éclairages nocturnes, premiers cris d’oiseaux... Berriat s’éveille et vous êtes conviés à assister à ce basculement dans le jour en rejoignant la petite troupe à 5 h, 7 h ou 9 h sur la place Saint-Bruno pour cette « Five o’clock ». Pendant l’après-midi, de 13 h à 18 h, ce sont les limites géographiques qui seront à tracer. Géographiques mais aussi urbanistiques, architecturales voire sociales. Ce deuxième itinéraire intitulé « Longer la bordure » sera plus sportif et vos baskets pourraient bien arpenter la voie ferrée autant que la voie sur berge. Enfin, une fois que vous serez imprégnés de toutes ces sensations urbaines, il sera temps d’« Infuser la ville » dans les jardins du Musée dauphinois à 18 h. Cette dernière séquence prendra l’allure d’un voyage immobile, au cours duquel le collectif offrira “ un concert de ville en manipulant les casques de chantiers antibruits portés par les spectateurs ”. Tout au long de cette journée, l’appréhension du quartier se fera donc par une démarche artistique, complémentaire à celle du Musée, puisque l’ethnologie ne prétend pas au monopole de la « réalité urbaine ». Soyez les bienvenus, voyageurs étonnés. ■ Prévoir un pique-nique pour ceux qui souhaiteraient assister à l’ensemble de la journée. Renseignements et réservations : 04 76 85 19 34


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Jacques Barou est ethnologue, chercheur au CNRS, CERAT de Grenoble et il a dirigé le travail de recherche autour d’Un air de famille . Il nous livre ici quelques clés sur l’ethnologie urbaine et sur cette étude des quartiers Berriat et Terézváros. Quand l’ethnologie se fait limpide... Quelle est la place, le rôle de l’ethnologue dans la société aujourd’hui ? Sa place aujourd’hui n’est pas extrêmement valorisée, contrairement aux années 60-70, où il avait davantage pignon sur rue. A cette époque, on étudiait surtout des sociétés exotiques en train de changer à toute vitesse, voire de disparaître... Et aujourd’hui que beaucoup d’entre elles ont effectivement disparu, l’ethnologie essaie, avec moins de succès pour l’instant, de conquérir de nouveaux terrains, notamment celui de la ville. Peut-on présenter l’ethnologie comme l’une des seules sciences capables d’appréhender une « qualité de vie » ? Incontestablement. C’est sans doute celle qui apporte le regard le plus pertinent si l’on veut sortir des clichés et des analyses superficielles, pour arriver à une appréhension objective de ce que peut-être la qualité de vie, au-delà du sentiment de qualité de vie. Elle fournit les éléments qui permettent de comprendre le lien entre les habitants, ainsi que le lien au quartier, au paysage urbain, à l’environnement social. L’ethnologie, du fait qu’elle observe et part d’analyse de phénomènes très concrets et très quotidiens, de choses qui peuvent paraître insignifiantes (comme “ qui fréquente-t-on lorsqu’on est sur son palier ? ”, ou “ quel est l’impact des changements d’enseignes ? ”) apporte des choses plus pertinentes et plus fiables que les grandes enquêtes d’opinion où l’on comptabilise des résultats sans comprendre ce qui est à l’origine de tout cela.

Réalisé à partir des remarques sélectionnées dans le livre d’or du Musée

Ethnologie du bonheur Le quartier est-il une entité plus difficile à appréhender que d’autres ? Non, il est plus facile à appréhender parce que l’ethnologie agit toujours sur un espace assez réduit. C’est un peu le défaut de l’ethnologie urbaine d’ailleurs : elle arrive à rendre compte de la vie d’un quartier ou de la vie d’une communauté éparpillée dans une ville, mais elle a du mal à rendre compte de la ville en tant que phénomène global. Alors le quartier tel qu’il est ressenti par les habitants et tel qu’il est défini en terme administratifs sont deux choses qui ne se superposent pas forcément, mais justement ce qui est intéressant, c’est cette dichotomie entre le découpage administratif de l’espace urbain et l’appréhension vécue du quartier. De même sur le plan historique, ce qui nous intéresse, c’est moins l’histoire objective du quartier que la manière dont elle est vécue, ressentie, transmise par les habitants.

chère pour eux, ils ont tendance à s’en aller. Mais ce risque n’est pas immense et peut être limité : avoir des associations d’habitants représentatives de toutes les catégories, assez organisées pour faire savoir ce qu’elles veulent, est certainement l’un des garanties contre le basculement car elles peuvent se faire entendre des décideurs et utiliser leurs voix. Et puis à l’inverse, il y a aussi le risque d’une prolétarisation excessive et c’est un petit peu ce qui menace certains fragments du quartier de Terézváros, qui sont en partie à l’abandon aujourd’hui et qui sont habités par des populations tziganes arrivées récemment. Extrêmement démunis, ils vivent beaucoup dans la rue et contribuent à donner un aspect un peu sinistre au quartier, qui peut faire fuir ce qui reste de classe populaire à peu près stable. Donc un quartier peut aussi dépérir par le bas, quand il se paupérise trop.

En quoi réside la fragilité de Berriat et Terézváros, sont-ils menacés ? Les deux quartiers sont menacés par le changement. Berriat a toujours changé mais à un rythme relativement lent. Et c’est sans doute moins l’urbanisme qui menace ce quartier qu’un changement sociologique, qu’on désigne par le mot « gentryfication », phénomène où l’on voit arriver des gens des classe moyenne, attirés par le côté agréable du quartier mais qui débarquent avec un pouvoir d’achat relativement élevé, ce qui va avoir des effets sur la hausse de l’immobilier et même par la suite, sur celui des services. Et quand les habitants traditionnels trouvent que la vie devient trop

Le côté agréable du côté Berriat était-il un postulat ou une réalité apparue au fur et à mesure de l’étude ? Un peu les deux... Au fur et à mesure de l’étude, le quartier est apparu comme un espace auquel les habitants tenaient. Mais on le subodorait tout de même auparavant, c’est ce qui nous a amenés à nous y intéresser. Donc on n’a pas fait un postulat explicite que les gens vivaient ici mieux qu’ailleurs mais au fil du temps, c’est ce qui s’est avéré : dans l’ensemble, les gens s’y sentent bien et l’on a constaté qu’il y avait un lien entre les habitants et ce quartier, une dimension affective. C’est sans doute ce que l’exposition met en valeur.■

Le courrier ● Il aurait été souhaitable d’afficher deux cartes, Budapest et Grenoble, avec situation des quartiers faisant l’objet de l’exposition. ● Ne connaissant pas Budapest je ne peux juger de la pertinence du parallèle et de la description de

Terézváros. Par contre pour Berriat c’est réussi ! Une approche sensible qui par la multiplicité des facettes donne une image de complexité (surtout les textes). Je n’ai jamais habité Berriat mais y ai souvent “ traîné ” dans les rues et fréquenté pas mal de ses associations et ce

kaléidoscope a trouvé en moi un écho. Bravo ! L’ethnologie urbaine commence à avoir droit de cité, ce n’est pas trop tôt. ● Je suis né cours Berriat en Juin 193... (?) J’ai quitté ce quartier il y a deux ans. L’exposition que je viens de voir ne

des visiteurs me concerne et ne m’a jamais concerné. Votre approche est très particulière et il est impossible de s’y reconnaître. Il est vrai que j’ai vécu “ avant la barrière ”. Ceci explique peut-être cela. ● Thanks a lot for this expo. I arrived from

Terézváros and I am living in this district from 1948 ! ● Très très touchant ce rapprochement entre un quartier de Grenoble et un quartier de Budapest. Très touchant. Très émouvant. Par “ morceaux ” puisque par bribes, on découvre

les lieux, les personnes, et cela fait un tout : c’est, en quelque sorte, des morceaux de vie et – parfois – des vies en morceaux. Je trouve que, par petites touches, les lieux, les personnes surtout, sont rendues très présentes, très vivantes. Tout à fait ce que j’aime. Merci.


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thno logie et

Cine ma Quand le musée 8èmes RENCONTRES

Du 30 mars au 3 avril 2004 à Grenoble

Depuis la naissance du cinéma, les ethnocinéastes rapportent de leurs voyages à travers le monde, images rythmes, paroles et son. Leurs films racontent la vie quotidienne, décrivent des pratiques traditionnelles, des rituels, des aventures ordinaires ou extraordinaires. Cette année pour sa huitième édition, “Ethnologie et cinéma” présente durant une semaine à Grenoble, une série de films et de courts métrages sur la ville, l’Amérique du Sud, l’Asie Centrale, le Caucase et les îles italiennes. Blick filme un quartier qui se transforme en Europôle, Mariso Soto débarque au Brésil, Agnès Varda interroge les commerçants de sa rue, Grégory Lidin passe deux ans dans une oasis de Mongolie, Sergeï Paradjanov met en récit filmographique des légendes caucasiennes et Vittorio de Seta profite des pellicules du gouvernement pour fixer les gestes de ses contemporains insulaires. Autant d’incursions géographiques, de focalisations régionales proposées par la Maison des Sciences de l’Homme et du Musée dauphinois. Un accent particulier est mis en 2004 sur le thème de la ville, à l’occasion de l’exposition Un air de famille. Révélateur des changements perpétuels auxquels sont soumis les sociétés modernes, la ville garde les traces physiques de modes de vie anciens supplantés par d’autres qui excitent notre mémoire ou notre imagination. Le cinéma a su fixer des moments de cette mutation permanente par le biais de regards nostalgiques sur les temps qui meurent, mêlés à des visions idéales que projettent les citadins pour ré-inventer la ville. Derrière le sentiment de routine anonyme et quotidienne qui émaille souvent la vie urbaine, il nous donne à voir ce déséquilibre inexorable. ■

Le programme complet sur www.msh-alpes.prd.fr/ethno-et-cine Renseignements 04 76 82 73 00

dialogue avec la ville Du 13 au 30 mars 2004 • Exposition « Regardez par-là ... c’est notre Berriat » au Musée dauphinois. A l’initiative d’un collectif rassemblant Cap Berriat, Histoires de, Drugi Most et Catherine Ladet, sept jeunes témoignent de leur travail d’appropriation du quartier à travers une exposition réunissant vidéos, photos, dessins et écrits. Tous les jours sauf le mardi, de 10 h à 18 h.

Le samedi 20 mars 2004 • « A la limite ». Balade urbaine avec Ici-même. “ Traverser, passer la frontière, longer la bordure…dire qu’il y a un quartier, c’est déjà évoquer ses limites ”. L’association propose deux balades, deux itinéraires pour appréhender les frontières du quartier Berriat. Pique-nique à prévoir pour ceux qui suivraient toute la journée. Départs : 5 h, 7 h et 9 h sur la place du marché à SaintBruno et 13 h au Musée dauphinois. Réservations : 04 76 85 19 26 • Présentation des travaux conduits par la MJC Parmentier. Quand l’exposition et le musée servent de scène aux pratiques artistiques amateurs ... chansons, musiques, expressions. Au Musée dauphinois, à partir de 14 h.

Du 15 mars au 22 avril 2004 • Exposition « Je vous écris de Saint-Bruno » Photographies de Jean-Pierre Angei, accompagnées de petits écrits, poèmes ou haïkus d’Hervé Bienfait : une mise en lumière d’endroits inattendus constituant ce territoire de « Saint-Bruno » qui reste à définir... entr’arts, 4 rue Max Dormoy. du lundi au jeudi de 14 h à 18 h. Renseignements : 04 76 21 37 03

Du 30 mars au 3 avril 2004 • Ethnologie et cinéma / 8e Rencontres du film ethnologique Proposées par la MSH Alpes et le Musée dauphinois. Quatre thèmes cette année : la ville, les blancs et les sauvages, l’Asie centrale, le “ciné” comme document. Renseignements : 04 76 82 73 00

A partir du 10 mai 2004 • Présentation de l’exposition « Un air de famille » dans le quartier Berriat. En trois lieux : salle des tickets de l’union de quartier SaintBruno, MJC Parmentier, Centre social Chorier-Berriat.

entr’arts D’une exposition à l’autre Indépendamment de l’exposition Un air de famille, d’autres photographies et d’autres textes seront à découvrir dans les locaux de l’association entr’arts. Il s’agit des photographies de Jean-Pierre Angei accompagnées de petits écrits, poèmes ou haïkus d’Hervé Bienfait, pour une exposition intitulée “ Je vous écris de Saint-Bruno ”. Le photographe met en lumière des endroits inattendus et les détails qui constituent ce territoire à définir, celui que recouvre l’appellation “ SaintBruno ”. Les textes quant à eux, ont été élaborés à partir des clichés et fonctionnent comme une correspondance entre deux individus. Cette exposition présente donc, si ce n’est un parallèle, du moins quelques résonances avec le travail présenté au musée.

Du 15 mars au 22 avril Le vernissage aura lieu le 23 mars à 18 h 30.

Samedi 15 et dimanche 16 mai 2004

entr’arts

• Nuit nomade au Musée dauphinois ! Du crépuscule à l’aube… Avec LEsGENsD’EST - Béla Pari dans le cadre du Festival des Musiques nomades des 38e Rugissants. Réservations : 04 76 51 12 92

4 rue Marx Dormoy.


Un air de famille PHOTOGRAPHIES MICHEL GAZARIAN ET LAZLO HAJNAL. EDITIONS LIBRIS / MUSÉE DAUPHINOIS. 120 PAGES, 25 € A TRAVERS LE REGARD D’ETHNOLOGUES ET DE PHOTOGRAPHES, CET OUVRAGE S’ATTACHE À DÉCRIRE ET À METTRE EN PARALLÈLES DEUX QUARTIERS DE DEUX VILLES EUROPÉENNES, BERRIAT À GRENOBLE, ET TERÉZVÁROS À BUDAPEST.

Bouchayer et Viallet Une industrie dans la ville

Une déambulation dans Berriat Les habitants du quartier Berriat qui n’auraient pas eu l’occasion de se rendre au Musée dauphinois pourront, à partir du 10 mai, découvrir l’exposition Un air de famille dans trois lieux du quartier qui leur sont familiers : la MJC Parmentier, le Centre social Chorier-Berriat et la Salle des tickets. Trois lieux qui par leur dimension sociale et culturelle, sont, plus que des lieux de passage, de véritables lieux de vie. La MJC Parmentier, qui accueillera une première partie de l’exposition, se trouve dans la rue du même nom, perpendiculaire à la rue d’Alembert. En revenant ensuite dans la rue d’Alembert, on aperçoit le Centre social Chorier-Berriat, en fin de restructuration, tout nouvellement paré de rouge et de verre. Une deuxième partie de l’exposition sera présentée dans le hall qui se trouve de l’autre côté du bâtiment, dans la rue Henri le Châtellier. Pour s’y rendre, on emprunte la rue MarxDormoy, en direction de la place Saint-

Bruno. Au passage, on aperçoit la brasserie “ Le Saint-Christophe ”, haut lieu de rencontre pour nombre d’habitants du quartier et ce depuis la création d’un Caféépicerie à la fin du XIXe siècle. Pour l’anecdote, au sommet des vitres de cette brasserie, on découvre Guignol... sur fond de Musée dauphinois ! Enfin, on peut rejoindre la place SaintBruno que l’église domine depuis 1879. Face au square, un immeuble ancien abrite la Salle des tickets, dernier endroit à accueillir une partie de l’exposition. Le lieu a conservé le nom qu’il portait lors de la deuxième guerre mondiale, pendant laquelle on distribuait ici les tickets de rationnement alimentaire. Aujourd’hui siège social de l’Union de quartier, il est lui aussi un lieu très fréquenté par les habitants, ne serait-ce que parce qu’il est mitoyen de deux autres lieux importants dans la vie de quartier : La Poste et la Médiathèque. ■

PAR HERVÉ BIENFAIT. EDITIONS LIBRIS. 112 PAGES, 20 € ALORS QUE GRENOBLE VIT À L’HEURE DU DÉBAT ET DE LA CONSULTATION SUR LE DEVENIR DES ANCIENNES USINES BOUCHAYER-VIALLET FERMÉES EN 1970, L’UNION DE QUARTIER TOUTE PROCHE, EN PARTENARIAT AVEC LE MUSÉE DAUPHINOIS, A SOUHAITÉ QUE SOIT RACONTÉE L’HISTOIRE DE CE SITE. AU TRAVERS DE NOMBREUSES PHOTOGRAPHIES D’ARCHIVES, DE TÉMOIGNAGES, L’AUTEUR HERVÉ BIENFAIT, S’EST EMPLOYÉ À RESTITUER LA MÉMOIRE DE CE HAUT-LIEU DE LA MÉTALLURGIE ET DE CEUX QUI L’ONT FAIT VIVRE. UNE FIERTÉ OUVRIÈRE ET UN SENS ÉTONNANT DE L’INNOVATION, AUSSI BIEN SUR LE PLAN TECHNIQUE QUE SOCIAL, ÉCLATENT À LA LECTURE DE CET OUVRAGE.

Aux origines de la préhistoire alpine :

Hippolyte Müller DU 5 JUIN AU 31 OCTOBRE FONDATEUR DU MUSÉE DAUPHINOIS, "INVENTEUR" D’UN GRAND NOMBRE DE SITES ARCHÉOLOGIQUES PRÉHISTORIQUES DE LA VALLÉE DE L’ISÈRE ET DU VERCORS, HIPPOLYTE MÜLLER EST L’UN DES PRÉCURSEURS DE L’ARCHÉOLOGIE EXPÉRIMENTALE. LE MUSÉE LUI REND HOMMAGE DANS LE CADRE DU CENTENAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE PRÉHISTOIRE FRANÇAISE.

Les maîtres du papier (titre provisoire) A PARTIR DE DÉCEMBRE DANS LA LIGNÉE DES GRANDES EXPOSITIONS DU MUSÉE CONSACRÉES AU PATRIMOINE INDUSTRIEL, UNE ÉVOCATION DE L’HISTOIRE TECHNIQUE ET HUMAINE DE LA PAPETERIE ALPINE.

Un air de famille

> 30 MARS

Patrimoine en Roussillon > 30 AVRIL

LE JOURNAL DES EXPOSITIONS Numéro spécial • Mars 2004 Directeur de la publication Jean-Claude Duclos Coordination Marianne Taillibert Rédaction Audrey Passagia Conception graphique Hervé Frumy Réalisation graphique Francis Richard Crédits photographique Pages 2-3 Michel Gasarian et Denis Vincon Pages 4-5 Audrey Passagia Page 8 Cartographie Nora Esperguin.

Imprimerie des Deux-Ponts, Gières • Tirage 14 000 ex. Dépôt légal : 1ème trimestre 2004 • ISSN : en cours

Musée dauphinois

Les lieux d’exposition MJC Parmentier, 3 rue Parmentier (le mercredi de 14 h à 18 h 30, le jeudi de 18 h à 19 h et le samedi de 14 h à 17 h) Salle des tickets / Union de quartier Berriat / Saint-Bruno (du lundi au vendredi de 10 h à 12 h, le samedi de 10 h à 12 h) ; Centre social Chorier-Berriat, 10 rue Henri le Chatelier (du lundi au vendredi de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 17 h 30).

Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h, du 1er octobre au 31 mai et de 10 h à 19 h, du 1er juin au 30 septembre 30 rue Maurice Gignoux 38031 Grenoble cedex 1 Téléphone 04 76 85 19 01 Télécopie 04 76 87 60 22 www.musee-dauphinois.fr L’entrée dans les musées départementaux est gratuite


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