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LE JOURNAL DES EXPOSITIONS OCTOBRE 2008 Musée dauphinois • Grenoble N u m é r o 1 4 L’actualité

Être ouvrier

en Isère XVIIIe

XXIe

siècle

Le rapport de l’humanité au travail débute avec la création des premiers outils, il y a plus de 1 500 000 ans. Dès cette époque et jusqu’à aujourd’hui, cette relation s’est transformée en fonction des cultures, des pays et des époques. Mais dans cette longue histoire, une identité particulière se constitue à partir du XVIIIe siècle, se développe au siècle suivant, dans le fracas des bruits d’usine, et connaît un véritable épanouissement dans les années 1950 : être ouvrier.

Etre ouvrier, être ouvrière, c’est se reconnaître dans des métiers et des savoir-faire techniques, mais aussi dans des valeurs, en particulier de solidarité. L’exposition du Musée dauphinois propose au visiteur de partir à la découverte de cet

univers qui nous est familier et pourtant mal connu, aussi bien dans ses aspects historiques que contemporains. Dès le XVIIIe siècle, sous l’impulsion d’une industrie aux besoins croissants, une main d’œuvre paysanne est sollicitée sur le territoire isérois. Le textile, la métallurgie ou la papeterie sont alors des secteurs qui occupent pendant quelques mois de l’année des hommes et des femmes qui travaillent également à leur domicile, comme dans le cas du tissage du chanvre dans le Voironnais. Cette polyvalence leur permet de compléter leurs revenus et de maintenir leur activité de paysans. La révolution des transports, des techniques, la

Édito Expérimenter, préfigurer… Faisant de l’exposition temporaire le mode d’expression privilégié du Musée dauphinois, Jean-Pierre Laurent, qui le dirige de 1971 à 1986, ouvre le champs de l’expérimentation. Quantités de modes de présentation vont ainsi être testés. Parcours, éclairages, textes, techniques audiovisuelles, ambiances sonores ou olfactives…, de l’infinité des combinaisons de ces composantes, nombre d’entre elles vont être tentées depuis, tant au service de la thématique de l’exposition que du plaisir du visiteur. Dès lors qu’il est temporaire en effet et que les conséquences d’une erreur toujours possible sont limitées, l’essai peut être tenté avec plus de liberté et d’audace que dans une présentation conçue pour durer. Suite en page 2


EN COUVERTURE : APPRENTIS DE L’ÉCOLE TECHNIQUE MERLIN-GERIN GRENOBLE, ANNÉES 1960 COLL. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE L’ISÈRE

CI-DESSUS : TISSERAND AU TRAVAIL GRAVURE AU TRAIT DE J.L. CHARVET. SECONDE MOITIÉ DU XVIII E SIÈCLE REPRODUCTION, COLL. BIBLIOTHÈQUE DES ARTS DÉCORATIFS, PARIS

IMPRIMEUR À LA PLANCHE USINE D’IMPRESSION SUR ÉTOFFES BRUNETLECOMTE, BOURGOINJALLIEU, AVANT 1950 PHOTO MARCEL LOMBARD, COLL. MUSÉE DE BOURGOINJALLIEU

••• Mais une exposition n’est pas qu’un assemblage d’objets et d’effets scénographiques, elle est aussi le résultat d’une négociation longuement mûrie, entre l’équipe du musée, des experts scientifiques et très souvent d’autres partenaires. C’est ainsi que des habitants de tel village ou de telle vallée, des éleveurs, des gantiers, des moines chartreux, des guides de montagne, des potiers, des immigrés de l'Italie du sud, de la Grèce ou du Maghreb, des agriculteurs, des skieurs, des métallurgistes, des résistants et des déportés, des papetiers ou des militants des Droits de l’Homme, pour ne citer qu’eux, furent tour à tour associés à la réalisation de l’exposition qui les concernait. A chacune de ces occasions, de nouveaux types de contacts étaient ainsi noués et adaptés à la spécificité du groupe concerné. C’est ainsi que l’expérimentation sociale fait aussi partie de ces négociations préalables à la réalisation d’une exposition. Ses succès, qui ne sont pas tous aussi éclatants que nous le souhaiterions, sont cependant de nature, pour le public du musée qui en voit les résultats, à nourrir la perception d’une relation en développement constant avec le territoire et ceux qui l’habitent. Si le Musée dauphinois y est considéré aujourd’hui comme un lieu majeur de ressources patrimoniales, ce n’est pas tant pour la richesse de ses collections et de sa documentation que pour le dialogue qu’il renouvelle, d’exposition en exposition, avec la population locale, autour des multiples composantes de son identité. C’est ainsi que dès qu’un projet de musée s’annonce et qu’il

s’avère nécessaire de le tester et de le partager, l’ensemble de ces facultés sont mises au service de sa préfiguration. Ce fut notamment le cas du Musée de la Résistance et de Déportation dont l’exposition de préfiguration (Les années noires – La répression à Grenoble durant l’Occupation, avril 1993 à janvier 1994) permit de préparer utilement l’ouverture du musée en juillet 1994 mais aussi de Premiers chevaliers de l’an mil, qui déboucha sur le projet de créer le Musée archéologique de Paladru, de Trésors d’Egypte qui annonçait le futur Musée Champollion ou encore de Rester libres ! qui de 2006 à 2008, nourrit le projet de Maison des Droits de l’Homme, que le Conseil général de l’Isère demandait d’instruire depuis 2001. Ainsi était-il logique, dès l’annonce de la création d’un Musée de la mémoire ouvrière, qu’une exposition en devance et prépare la réalisation, dans le contexte du Musée dauphinois. Tel est l’objectif de Être ouvrier en Isère qui, d’octobre 2008 à janvier 2010, présente le projet culturel et scientifique du futur musée, à travers une première évocation de l’histoire de la condition ouvrière, en Isère, du XVIIIe siècle à nos jours. Autant dire que l’intérêt avec lequel nous suivront, durant cette période, les réactions des visiteurs, sera soutenu et que tous leurs enseignements seront mis à profit. Jean-Claude Duclos Conservateur en chef, directeur du Musée dauphinois

concentration des capitaux et l’ouverture de nouveaux marchés suscitent, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’avènement de la grande industrie et avec elle, la constitution du monde ouvrier. En Isère, les ouvriers sont 40 000 en 1860 et 120 000 en 1930. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, plus de la moitié de la population iséroise est ouvrière : Valisère, La Viscose, Rhodiaceta, Merlin-Gerin, autant de noms fameux, qui sont alors ceux des principaux employeurs de la région. L’usine est un monde marqué par la hiérarchie. L’ouvrier, le contremaître, le chef d’atelier, l’ingénieur et le patron occupent chacun un degré de la pyramide, au sein de laquelle il est difficile d’évoluer. On est bien souvent ouvrier de père en fils. Ainsi chacun porte une tenue vestimentaire qui le distingue des autres sur le lieu de travail : à l’ouvrier, le bleu, au contremaître, la blouse grise, aux ingénieurs la blanche, quand au patron, il circule généralement en complet veston. À l’heure de la pause, tout le monde se détend autour d’un casse-croûte et se regroupe par affinités. Il n’y a plus, comme sur la ligne, de places imposées. Les ouvriers peuvent, durant ce court moment, se


délasser du travail de la première partie de la journée. Car le corps est mis à l’épreuve par des conditions de travail très pénibles, comme la manipulation de produits toxiques, les fortes chaleurs, le travail sous terre ou en extérieur, le chronométrage des tâches et le port de lourdes charges. À la fin de leur carrière, bien des individus ont le corps brisé par la maladie, les accidents ou la fatigue. Cette main d’œuvre est pourtant bien souvent qualifiée, le savoir-faire étant une composante majeure de la condition d’ouvrier. Il existe une véritable émulation entre camarades de travail et certains deviennent des modèles au sein de leur équipe. Ainsi de celui qui trouvera la solution à un problème technique ou saura comment améliorer, en le modifiant, son outil de travail, réalisera des objets d’une haute technicité, fruit de son savoir et de son expérience, ou enfin, celui qui sera le plus rapide et finira en avance, même de dix minutes : un signe de sa liberté par rapport aux cadences imposées. Ce savoir-faire technique, qui favorise la productivité, participe de la fierté de travailler dans une usine. Rapport ambivalent, car cette usine, c’est aussi parfois “la boîte”, “la taule” contre laquelle les ouvriers entrent en lutte. C’est un grand risque de se mettre en grève, de manifester ou de bloquer les chaînes de production. Les tracts et banderoles sont alors les

supports des slogans et des textes qui visent à diffuser les idées et obtenir des soutiens, en particulier dans la population. Derrière ces salariés, hommes ou femmes, se dessinent des familles au destin lié à l’entreprise. Dès la fin du XIXe siècle, des cités ouvrières sont édifiées sur de nombreuses communes. Elles permettent le logement des familles ouvrières et conditionnent bien des aspects de la vie quotidienne, tels que les jeux des enfants ou la célébration des jours fériés et des fêtes de quartier. Car la vie ouvrière comporte aussi des temps de loisirs. Leur souvenir éveille en nous les mélodies chantées à l’époque, le rythme des pas de danse sur le plancher de la salle de bal ou l’acre poussière soulevée par les passants aux stands des kermesses. Les boules de pétanque roulent sur le sol et s’entrechoquent sous les commentaires des joueurs. Cyclisme, haltérophilie, rugby et football sont les sports préférés des ouvriers, auxquels ils s’adonnent avec plaisir, parfois même en champions de leurs entreprises. Dans les années 1980, l’apparition de l’automatisation des tâches bouleverse le monde ouvrier en remettant en question son savoirfaire. Le monde ouvrier se sent dévalorisé ; rares sont les jeunes qui rêvent de travailler à l’usine, à qui l’on propose d’ailleurs des contrats d’intérimaires ou des temps partiels. Est-ce pour autant la fin du monde ouvrier ? Cela est discutable, car la créativité

humaine, le savoirfaire technique et la faculté de progresser et de travailler ensemble ne semblent pas avoir disparu pour autant. Les ouvriers existent encore, mais n’ont peut-être plus conscience d’appartenir à une classe à part. Cette exposition, qui préfigure le futur Musée de la mémoire ouvrière, montre qu’il s’agit bien d’une mémoire vivante. Il ne faudrait donc pas « enterrer » trop vite les ouvriers ; ce qui ne dispense pas notre société d’une réflexion sur la place du travail.

GRÈVE À L’USINE DE DRAPERIE VAGANAY VIENNE, ENTRE 1945 ET 1952 COLL. PARTICULIÈRE

La muséographie de l’exposition a été conçue pour faire référence à son sujet. Les vitrines et panneaux sont réalisés dans les matériaux bruts utilisés dans l’industrie et les différentes salles font référence aux espaces caractéristiques d’une usine, mis en valeur par un heureux jeu de couleurs. Quant aux individus qui ont fait cette histoire, simples ouvriers et ouvrières, immigrés ou natifs d’Isère, ils sont au cœur de l’exposition, afin de répondre à cette question : comment se sent-on ouvrier ? ■

Le groupe de travail • Georges Boulloud, CFDT, Neyrpic • Serge Chassagne, Université Lyon II • Oivier Cogne, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère • Anne Dalmasso, Université Grenoble II • Robert Faure, Merlin-Gerin, Institut CGT d’Histoire sociale, Saint-Martin-d’Hères • Jean Genelot, Institut CGT d’Histoire sociale, Saint-Martin-d’Hères • Jean Giard, CGT • Roger Mariaux, papeterie de Pont-de-Claix • Cécile Gouy-Gilbert, Musée de la Houille blanche, Lancey • Anne-Marie Granet, Université Grenoble II • Pierre Judet, Université Grenoble II • Pierre Lami, CGT, Neyrpic • Jean Le Chatelier, Etablissement Bouchayer-Viallet, Grenoble • Claude Luzy, Institut CGT d’Histoire sociale, Saint-Martind’Hères • Roger Millier, FO, Neyrpic/Sogreah • Jacques Nemoz, Diederichs, Bourgoin-Jallieu • Hubert Pol, Musée de la Mine Image, La-Motte-d’Aveillans • Brigitte Riboreau, Musée de Bourgoin-Jallieu • Simone Robert, papeterie de Pont-deClaix • Michel Silhol, Musée de la Viscose, Echirolles • Chantal Spillemaecker, Musée dauphinois, Grenoble • Elise Turon, Musée de la Viscose, Echirolles • Dominique Zancanaro, Musée de la Mine Image, La-Motte-d’Aveillans •


Entretien

Trois questions à Claude Bertrand

*

L’exposition Être ouvrier en Isère préfigure la présentation longue durée du futur Musée de la Mémoire ouvrière à Echirolles. Claude Bertrand nous livre son attachement à cette mémoire et son analyse des enjeux patrimoniaux. OUVRIÈRE SUR UNE PRESSE À L’USINE LOU GRENOBLE, 1960 PHOTOPRESS, COLL. MUSÉE DAUPHINOIS

AFFICHE “GRANDE RÉUNION AU GYMNASE MUNICIPAL” EDITÉE PAR L’UNION LOCALE DES SYNDICATS DE GRENOBLE GRENOBLE, 1 er MAI 1919 COLL. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE L’ISÈRE

Le Conseil général assure déjà le fonctionnement de treize musées en Isère, était-il nécessaire d’en créer un de plus ? Précisément, ce n’est pas de créer un musée de plus qu’il s’agit, car je suis bien placé pour savoir combien cela coûte à la collectivité, mais de mettre à profit l’évolution nécessaire d’un musée existant, celui de la Viscose en l’occurrence, pour sauvegarder, défendre et mettre en valeur un patrimoine à peu près ignoré jusqu’ici. J’en avais déjà émis le projet en proposant que ce musée soit départementalisé – ce qui est le cas depuis janvier 2006 – car il allait de soi, pour moi, que le Musée de la Viscose devienne un jour le berceau d’un musée départemental de la mémoire ouvrière. Il faut, pour partager cette évidence, se rappeler quelle magnifique expérience représente la création de ce musée, en 1992. Qu’un membre du personnel d’une usine en voie de fermeture, à la fin des années 1980, mon ami Michel Silhol, et d’autres avec lui, entreprennent, avec l’aide de leur direction, de conserver la connaissance de leur outil de travail, à travers du matériel et des archives, est exemplaire et, je crois, unique. D’autant qu’autour des productions de cette grande usine, l’une des cinq ou six plus importantes de la région grenobloise, était aussi rassemblée

la mémoire de ceux qui y travaillaient et, à travers elle, un vrai patrimoine de savoirs et de valeurs. La façon dont ce musée fonctionne, en étroite relation avec l’association des anciens Viscosiers, n’a fait que le démontrer depuis. Cette belle expérience méritait d’être partagée, bien au-delà de la commune d’Echirolles qui l’a vu naître. Encore fallait-il lui donner une nouvelle envergure et un projet culturel susceptible de convaincre notre assemblée départementale de la nécessité d’engager de nouveaux moyens pour développer ce musée et l’aménager dans de nouveaux locaux.

Pourquoi dédier ce musée à la mémoire ouvrière ? Quand on crée un musée, généralement, c’est qu’une partie de ce qui fait notre histoire et notre identité est en train de se transformer, voire de disparaître, et qu’il faut pourtant en garder la trace, sous peine de ne plus savoir ni d’où nous venons, ni qui nous sommes. Or ce qui fait la fierté de la condition ouvrière, ses savoirs, l’acquis de ses luttes, sa capacité à créer du lien social, à intégrer et résister à la domination du seul pouvoir capitaliste, tout cela mérite aujourd’hui d’être connu, gardé en mémoire, débattu et transmis. Du Pays viennois au Grésivaudan, de la


JEUNE GARÇON AUX MINES DE L’HERPIE HUEZ, 1907 PHOTO HIPPOLYTE MÜLLER, COLL. MUSÉE DAUPHINOIS

vallée de la Fure à celle de la Romanche et de la Matheysine au bassin grenoblois, c’est par ailleurs du travail et de la vie d’un nombre considérable d’Isérois et d’Iséroises, qu’il s’agit. Nos successeurs nous jugeraient coupables de laisser un tel patrimoine s’éteindre avec ses derniers témoins. Mettre la mémoire ouvrière au musée n’équivaut-il pas à signer sa fin et lui ériger un mausolée ? C’est souvent, je l’ai dit, lorsqu’une mémoire est menacée que l’on recourt au musée, mais pas pour l’enfermer dans l’obscurité d’une réserve ou les tiroirs d’une salle d’archives ! Le musée et particulièrement les nôtres, en Isère, ne sont heureusement pas

que des lieux de conservation. Ils ont aussi pour mission de réaliser des expositions, de publier et d’initier des événements propres à susciter le débat, provoquer la réflexion et renforcer la cohésion sociale autour d’un sentiment commun d’appartenance. Si la mémoire ouvrière mérite cela, je dois ajouter qu’elle est aussi le moyen de prendre conscience, par différences et comparaisons, de ce que devient le monde du travail, aujourd’hui. C’était, il y a peu encore, le fait d’exercer un travail manuel sous l’autorité d’une hiérarchie qui donnait à la classe ouvrière une existence et une capacité d’action. La mécanisation et l’informatique tendent, il est vrai, à limiter considérablement le travail manuel mais la soumission à

la hiérarchie demeure. Ce qui tend à disparaître, par contre, c’est la conscience collective que sait manifester le monde ouvrier dès qu’il a à se défendre et le pouvoir qu’il en retire. Ce sont de tels sujets auxquels je voudrais que le Musée de la mémoire ouvrière invite à débattre. Un musée n’est pas le lieu de commémoration d’un passé disparu, il y a des monuments et des cérémonies pour cela. Non, c’est l’espace de rassemblement, de conservation et de mise à disposition d’un patrimoine, pour alimenter notre compréhension du présent et stimuler notre réflexion sur l’avenir. En Isère, la mémoire ouvrière y contribuera. ■ *Claude Bertrand, conseiller général d’Échirolles, est vice-président du Conseil général de l’Isère, chargé de la Culture et du Patrimoine.


À découvrir

Isère rive gauche BAL DE SOUTIEN AUX RÉPUBLICAINS ESPAGNOLS QUARTIER DE CROIX-ROUGE, SAINT-MARTIND’HÈRES, 1954 ANONYME, COLL. ASSOCIATION SMH HISTOIREMÉMOIRE VIVE, SAINT-MARTIND’HÈRES

Cécile Gouy-Gilbert, ethnologue en charge de la direction du Musée de la Houille blanche à Lancey, s’est intéressée aux loisirs du monde ouvrier de la vallée du Grésivaudan. Cette vallée qui relie Grenoble à Montmélian, abrite, entre Froges et Domène, sur la rive gauche de l’Isère, une communauté ouvrière qui a vécu durant cent cinquante ans au rythme des industries. Connaissant les mêmes conditions de travail, cette population sut aussi partager, de manière conviviale, ses moments de congés et de détente.

Il apparaît d’abord à travers les témoignages, que la vie sociale se déroulait surtout dans la rue avec les cafés comme points de rassemblement. « Rien que sur le secteur de Lancey, ils se touchaient tous les bistrots. Tout le long sur la nationale c’était ou bistrot ou commerce, y’avait que ça. Les gens se rencontraient beaucoup dans les cafés. Oh c’était pas tellement pour boire mais beaucoup plus pour voir les amis, parler d’une chose et d’autre, de la vie, tout ce qui se passe autour. »

Divers événements ponctuaient aussi le quotidien, tels les bals et réunions de quartiers, rythmés par les fanfares des usines ou des différents hameaux. « Y’avait le bal annuel au stade Bergès, tout le temps… y’avait des bals à l'Hôtel des Alpes. On allait au bal, y’avait que ça, et le cinéma, qui a démarré en 1947. Je regrette l’ambiance des petits bals parce que ça permettait aux gens qui ne dansaient pas de sortir, de s’asseoir. » Les étrangers, à propos desquels l’auteur souligne qu’ils partageaient avec les Français un même héritage culturel rural, semblent avoir rapidement trouvé leur place et ont même maintenu la célébration de fêtes traditionnelles. Ainsi des SaintMarinais qui avaient pris l’habitude de se retrouver le dimanche pour une réunion conviviale ou des Espagnols, dont certaines traditions ont été progressivement adoptées par l’ensemble des habitants. C’est le cas notamment de la piñata ou de la fête des rubans (cintas). « C’était sympa parce qu’ils (les Espagnols) se réunissaient tous en

famille, tout le monde venait, quand c’était au mois de décembre, ils tuaient le cochon. Donc ils venaient le tuer et ils faisaient les saucissons, les jambons… Et après, ils faisaient un repas tous ensemble, les gens du quartier se réunissaient et ça faisait de sacrées tablées, et ça chantait, ça rigolait, ça buvait. » Le sport enfin, activité souvent soutenue par la direction des usines, qu’il s’agisse du football, du rugby, des boules ou de l’athlétisme, a contribué à consolider les liens de solidarité et d’amitié entre les communautés. « Dans la vallée, y’avait un monde, je sais pas, quand on jouait au foot au stade Bergès y’avait 1200 personnes qui venaient nous voir, y’avait du monde puisqu’on était la seule équipe qui jouait à ce niveaulà, en division d’honneur. » Cécile Gouy-Gilbert montre ainsi très bien comment ce sentiment d’appartenance à la classe ouvrière, fondé sur le travail, a touché progressivement tous les aspects de la vie quotidienne jusqu’à former une véritable culture. ■ Cet article s’appuie sur un ensemble d’entretiens réalisés en 2007 par Clémentine Billet auprès des habitants de la rive gauche de l’Isère, pour la plupart ouvriers ou anciens ouvriers des papeteries de Lancey.


Salaise- sur-Sanne Dans l’ouvrage Être ouvrier en Isère, François Duchêne* analyse les conditions de vie sur le site industriel de Salaise-sur-Sanne. Cette usine a accueilli entre les années 1915 et jusqu’au début des années 1960, des cités, lotissements et cantonnements qui servaient de logements aux employés de la Société chimique des usines du Rhône (SCUR), future Rhône-Poulenc.

Mis à la disposition des salariés par la direction, sous couvert de paternalisme, ces espaces se révèlent être de véritables zones de ségrégation sociale. En effet, les villas du lotissement situé au nord de l’usine sont prévues pour les ingénieurs, la cité, à l’est, est prioritairement destinée aux ouvriers français, tandis que les cantonnements du sud et de l’ouest sont réservés aux ouvriers étrangers. Les étrangers euxmêmes sont séparés en fonction de leur origine : Espagnols, Portugais ou Nord-Africains. L’auteur met en évidence l’aspect rudimentaire de ces logements et leur localisation sur le site à proximité des déchets industriels. S’intéressant à « l’entre-soi ouvrier », il observe une profonde ambiguïté entre ces conditions de vie difficiles et surtout imposées par la direction

de l’entreprise et le fait que les individus se sont appropriés les lieux de manière positive. Les habitants, interrogés sur leurs anciennes conditions de vie, insistent sur les dimensions familiale et solidaire des cantonnements : mariages, culture

du jardin, convivialité partagée, services rendus entre voisins ou simples moments agréables de dialogue. Ainsi, même « assignées à résidence », ces personnes ont su reconquérir la part de liberté qui fonde toute humanité. ■

MARIAGE AU CANTONNEMENT “ESPAGNOL” ROUSSILLON, APRÈS 1945 ANONYME, COLL. INSTITUT CGT D’HISTOIRE SOCIALE

*Laboratoire RIVES, CNRS

DE L’ISÈRE RHODANIENNE, ROUSSILLON

OUVRIER CÉLIBATAIRE S’INSTALLANT DANS L’UN DES CANTONNEMENTS DE L’USINE TRÉFILERIE GRAMMONT, PONT-DE-CHÉRUY, VERS 1920 ANONYME, COLL. MUSÉE DE BOURGOINJALLIEU, FONDS ECOMUSÉE NORD-DAUPHINÉ


“ OUVRIER TRAVAILLANT SUR UNE PRESSE À EMBOUTIR ET À DÉCOUPER USINE DE

MATÉRIEL

D’ÉQUIPEMENT INDUSTRIEL BOUCHAYER ET VIALLET, GRENOBLE, 1950-1958 ANONYME,

COLL. ARCHIVES DÉPARTEMENTALES DE L’ISÈRE

Paroles


Ségrégation spatiale

Danger de mort

« Moi j’habitais au camp Pruney, y’avait les cités de Pruney, c’était des cités en dur, donc ça c’était fait pour les gens aisés : tous les contremaîtres, les ingénieurs étaient là, dans cette cité. Et nous, les émigrés on était dans des baraques en bois. »

« Y’a un directeur, pour essayer de sensibiliser les gens, il a fait installer des grands panneaux avec des trous et des boules. Alors une boule noire c’était un mort, la boule rouge c’était un accident très grave qui mutilait le gars et les boules bleues c’était les accidents avec arrêt de travail mais moins graves. Et ben au début, des boules noires c’était quand même souvent qu’y en avait. »

d’ouvriers

Paternalisme « Les bains-douches, j’y allais parce que bon, comme on n’avait pas d’eau on allait aux bainsdouches à Lancey. On avait un ticket, on prenait sa douche et on repartait. On payait pas, c’était gratuit, c’était offert par les papeteries. Mais bon après ça a été payant, mais plus tard, beaucoup plus tard. »

Citations extraites de l’article de Cécile Gouy-Gilbert, « Être ouvrier sur la rive gauche de l’Isère (1920-1970) », publié dans Être ouvrier en Isère : XVIIIe - XXIe siècle. Elles sont issues d’entretiens réalisés en 2007 par Clémentine Billet auprès des habitants de la rive gauche de l’Isère.

Apprentissage Conditions de travail « En 1964, [les ouvriers de la papeterie] avaient des avantages mais ils travaillaient quand même douze heures par jour, ils faisaient deux factions et ils avaient de férié que les dimanches et Noël. »

« Aux papeteries j’ai un peu tout fait. J’ai commencé en 1949, j’avais pas 16 ans quand je suis rentré et pendant quinze jours j’ai travaillé à la salle d’apprêt comme balayeur. On rentrait tous comme ça. Dès que j’ai eu 16 ans ils m’ont mis à la faction, j’ai fait les 3/8, ils m’ont mis gamin de machine. Et puis je suis toujours resté aux machines. »

Double activité « Y’avait quelques fermes aussi sur Villard-Bonnot et ailleurs. Les doubles actifs, comme on les appelait, de la Combe ou de Saint-Mury, au début ils faisaient le trajet à pied. Ils faisaient douze heures à cette époque. Et ils se faisaient pas trop vieux non plus, à 45, 50 ans, 55 ans en général ils passaient l’arme à gauche, sauf exception. »


En grève « Des grèves y’en avait eu en 1904, c’était les premières grèves qu’il y avait eu ici [à la papeterie]. Mais en 36, au moment du Front populaire on a demandé les quarante heures, et avec ma mère on allait porter à manger à mon père et ça m’avait impressionné parce que l’usine était fermée. »

Ouvrières « À la salle de triage, y’avait beaucoup de femmes. Elles sortaient à 11 heures 30 et c’était une foule qui descendait. Elles se dépêchaient vite parce qu’une femme qui travaille, à 11 heures 30 il faut encore faire le repas. Quelques-unes faisaient la faction mais la plupart faisaient la journée au triage. »

BANQUET OFFERT AU PERSONNEL PAR LE PATRON À L’OCCASION DE SON MARIAGE USINE BOUVIER, VIENNE, 6 JANVIER 1891 PHOTO TERRIER JEUNE, COLL. PARTICULIÈRE

FERMETURE Ce vendredi 19 septembre 2008, la dernière papeterie de la vallée du Grésivaudan a fermé. L’ensemble du personnel s’est réuni sur le site de Lancey, avec un profond sentiment de dépossession : « Ils nous ont tout pris. ». Pour tenir dans cette épreuve, beaucoup d’entre eux mènent des actions afin de témoigner chaque jour auprès de la population de la disparition de leur activité. Maigre compensation par rapport au but qu’ils visaient tous : maintenir et développer leur activité. Pendant ce temps, le bruit des marteaux piqueurs résonnent à la Maison Bergès où les travaux de restauration battent leur plein. Dans le futur Musée de la Houille blanche, l’équipe, très touchée par cette fermeture, est solidaire des papetiers. Comment relier le musée avec son environnement social ? Quel est l’avenir des papetiers ? Quel devenir économique pour la commune et plus largement pour la rive gauche de l’Isère ?

Intégration « Vous savez, y’avait beaucoup d’Arméniens par ici. Et alors les Arméniens, attention hein, fallait qu’ils se marient entre eux. »


Portrait

Louis Mauberret, debout dans ce siècle anthracite

à la découver

D’un musée à l’autre

La baraque du chef mineur L’une des salles de l’exposition abrite une baraque que d’anciens mineurs et bénévoles de La Mine-Image attachés à la mémoire minière, sont venus construire au musée. Cela relevait du défi. Car il fallait adapter une construction conçue pour trouver place dans une galerie de mine, en une baraque de plein air. Voici l’histoire de cette baraque, contée par ses bâtisseurs.

La construction reproduit, à une moindre échelle, la baraque du chef mineur où ce dernier rédige le rapport de chaque cycle de travail : le pointage des mineurs présents, la composition des équipes au travail, les différents chantiers et les éventuels incidents. Ce poste important permet notamment de faire le lien entre les trois équipes qui se relaient tout au long des

A découvrir Le Musée de la Mine Image Route des Quatre Galeries, 38770 La Motte d’Aveillans. Téléphone : 04 76 30 68 74 www.mine-image.com

24 heures de la journée. Le chef mineur est aussi celui qui mesure, tous les quinze jours, l’avancement de la galerie ; ce qui détermine le montant de la paie, car les mineurs sont rémunérés au mètre. Au fond de la mine, cette baraque est construite dans une courte galerie située perpendiculairement à la galerie principale où se concentre l’exploitation du charbon. Cette galerie secondaire, profonde de cinq mètres environ, est alors étayée afin que ces soutènements constituent les parois et le toit de la cabane. Elle est donc totalement solidaire de la galerie. L’accès en est fermé par une série de planches percée d’une porte : c’est l’entrée de la baraque. Le mobilier est très simple et constitué pour l’essentiel d’un bureau et d’une chaise. A mesure de l’avancement du chantier, la structure est abandonnée et une nouvelle construite plus près, afin de rester au cœur de l’action. Au quotidien, les mineurs peuvent s’y retrouver le temps de leurs casse-croûte en début et en fin de poste. Mais, le jour de Noël ou de la SaintSylvestre, elle devient un lieu festif où les mineurs en poste partagent la caillette ou la pogne. ■

Le samedi 23 mai 2009, le musée accueille Christiane Rorato, auteur d’un livre et d’un film intitulés Debout dans ce siècle anthracite. C’est l’occasion de découvrir le témoignage riche, engagé et documenté de Louis Mauberret, ancien délégué-mineur de La Mure et, à travers lui, de mieux connaître l’histoire de cette communauté jusqu’à la fermeture de la mine en 1997. Louis Mauberret nous fait partager son enfance, ses années d’apprentissage, son parcours de délégué-mineur, de leader syndicaliste, de président-ouvrier des Houillères du bassin du Dauphiné, et aussi son temps de guerre. Il nous emmène à travers les grandes luttes ouvrières : 1936, 1948… jusqu’en 1956, date à laquelle il prend sa retraite, mais bien au-delà Louis Mauberret continuera à se battre pour de meilleures conditions d’exploitation et la sécurité dans les mines.

Ouvrier, quel

à propos du f Quand on est

Le monde ouvr

Histoire de b

savoir-faire


Quand on est cantonné Le monde ouvrier côté loisirs Histoire de bâtisseurs

Coup de projecteur

La perruque

savoir-faire ouvrier

Aux coiffeurs qui auraient récupéré les cheveux coupés de leurs clients afin de confectionner des perruques, correspond dans le milieu industriel, une pratique discrète mais répandue, celle de la perruque.

Il s’agit, pour l’ouvrier, d’utiliser des matériaux de l’entreprise pour fabriquer des objets à des fins personnelles, une fois son travail terminé. Il peut s’agir d’un outil réalisé pour améliorer son travail, mais aussi de mobilier pour l’entreprise ou plus encore d’un objet utilitaire ou artistique ramené ensuite au domicile. Cette pratique, courante dans le monde ouvrier, est connue et tolérée de tous et se fait le plus souvent avec l’accord du contremaître. Elle peut donner lieu à de véritables œuvres qui montrent le savoir-faire ouvrier. Certaines perruques, comme les outils bricolés, peuvent même faire l’objet d’une transmission d’un ouvrier qui part à la retraite à un plus jeune qui continue à travailler dans l’entreprise. Ces objets sont donc intrinsèquement liés à la production de l’usine, même s’ils se situent à la marge et constituent une expression ouvrière originale. ■

BATEAU DE GUERRE EN RHODOÏD ROUSSILLON, 1960 COLL. PARTICULIÈRE OBJET FABRIQUÉ EN “PERRUQUE” PAR UN AGENT DE MAÎTRISE EN SOUVENIR DE SON PÈRE, OFFICIER DE MARINE

Publications Être ouvrier en Isère XVIIIe – XXIe siècle Ouvrage collectif coordonné par Sylvie Vincent 168 pages, illustré, N&B, Éditions Musée dauphinois, 21 €

Les formes du travail ouvrier, comme sa nature, ont varié, selon les époques et les secteurs. On pourrait toutefois le définir comme un travail productif de biens matériels et une situation de subordination hiérarchique dans un cadre salarial. Des très jeunes filles qui peuplent les ateliers de tissage des usines-pensionnats de la fin du XIXe siècle aux ouvriers qualifiés de la métallurgie des années 1930, puis aux « opérateurs » et « opératrices » de STMicroélectronics, en passant par les mineurs des Houillères du Bassin du Dauphiné à La Mure, demeurent les questions de l’identité ouvrière et de sa place dans la société. Ainsi, dans le cadre de la préfiguration du Musée de la Mémoire ouvrière à Echirolles, cet ouvrage et l’exposition qu’il prolonge proposent des réponses à cette question essentielle : qu’est-ce qu’être ouvrier ?

Atlas du patrimoine industriel Un état des lieux au début du XXIe siècle Collectif sous la direction de Cécile Gouy-Gilbert et Jean-François Parent, 2007, 144 pages, illustré, couleurs, Éd. Patrimoine en Isère, 32 €

Cet atlas dresse un état des lieux des sites industriels du département isérois. La recherche correspond à ce qui relève de la grande industrie, du XIXe siècle à aujourd’hui, le patrimoine industriel ne se situant pas uniquement dans le passé, puisqu’il continue à s’élaborer et se construire sous nos yeux. Ces mémoires industrielles en incluent donc les aspects les plus contemporains. Si les bâtiments, aménagements et machines sont les traces patrimoniales les plus évidentes, il en est d’autres, immatérielles, tout aussi riches. Cette dimension relative aux savoirs et aux modes de vie est étudiée à travers divers exemples d’habitat, ou les mouvements sociaux les plus significatifs de chaque époque. Résultat d’un travail collectif mené par des historiens, ethnologues, ingénieurs, architectes,

conservateurs ou animateurs du patrimoine, le présent ouvrage bénéficie de la richesse de multiples regards et compétences sur ce savoir patrimonial.

À l’atelier / à l’usine L’Isère au travail (1870-1970) Sous la direction de Sylvie Vincent, 2007, 194 pages, illustré, N&B, Éditions du Musée de la Viscose / Musée de la mémoire ouvrière, Échirolles, 25 €

Plus de deux cents photographies issues de fonds publics et privés, la plupart inédites, sont réunies dans cet ouvrage qui offre l’opportunité de découvrir sous différentes facettes, les ouvriers et ouvrières d’Isère. Dans leur environnement, à l’atelier notamment, où chacun occupe sa place et met en œuvre un savoirfaire spécifique qui fait sa fierté, mais aussi dans la défense des droits, avec l’organisation des luttes et de l’entraide à travers l’action mutualiste, syndicale et politique, enfin dans la vie sociale, particulièrement riche dans les cités ou les quartiers.


Entretien

Les 4 saisons de DD sont une ode à la joie Au gré des quatre saisons de 2007/2008, le chorégrapheplasticien Eric Alfieri a développé un dialogue au corps à corps avec le bâtiment de Sainte-Marie-d’en-Haut : en automne la chapelle, en hiver le cloître, au printemps les terrasses et la cour en été. Pour les Journées du Patrimoine, DD a dansé ses 4 saisons.

Qui est DD et que représente-t-il pour vous ? DD est le nom de mon alter ego artistique. C’est le personnage avec lequel je joue dans mes spectacles et qui me permet de garder une certaine distance avec le travail. Il se décline comme un être humain normal et, à ce titre, peut se retrouver dans n’importe quelle situation. DD, ce sont les initiales de Danse Dessin, deux activités qui caractérisent mon approche artistique. Je me sens d’ailleurs autant danseur que dessinateur. Je danse dans mes dessins. Mes créations plastiques et chorégraphiques ne sont pas pour autant « hors sol », mais prennent place dans des architectures que je perçois comme autant d’espaces / temps façonnés par l’homme et l’histoire. Que vous inspire le couvent de Sainte-Marie-d’en-Haut ? Le site de Sainte-Marie-d’en-Haut est fascinant. Il a une grande histoire qui lui donne une grande force. Sa position, appuyé sur la colline et ouvert sur la ville est assez rare, car bien souvent, les couvents sont des lieux retirés et fermés. Pour les spectacles Les 4 saisons, l’architecture du bâtiment m’a beaucoup inspiré. La saison 1 se déroule dans la chapelle qui me semble être le cœur du bâtiment. Je me suis intéressé aux chiffres

1 et 2 qui correspondent à l’axe unique et ses deux extrémités. Ici l’axe est-ouest correspond à l’orientation de la chapelle mais aussi de tout le site. La saison 2, dans le cloître, a été l’occasion d’explorer les trois dimensions : terrestre, humaine et céleste. La terre est symbolisée par le carré, le plan du cloître et la végétation qui y est cultivée ; l’humain, c’est le point, celui qui circule dans le cloître et enfin, le ciel sur lequel s’ouvre cet espace et qui est représenté par le cercle, comme une voûte céleste. La saison 3 a lieu sur les terrasses. C’est l’ouverture sur le monde, naturel ou urbain. Je voulais représenté cela par les jeux avec le vent, justement, cet air qui relie tous les éléments entre eux ; soit la montagne, la ville, les hommes… Pour la saison 4, j’ai exploré la notion d’élévation, la verticalité comme on peut l’observer sur une façade. J’ai ainsi utilisé les six fenêtres de la cour d’entrée comme les cadres de portraits qui présentent six visages doubles tel la tête à deux faces de Janus, soit douze portraits, douze apôtres.

Voulez-vous nous évoquer votre prochain spectacle en résidence au musée : « Sacré DD ! » ? C’est un spectacle sur le sacré et le profane à partir du Triptyque de La Tour du Pin. Car justement, ici nous sommes dans un lieu qui est entre les deux : sacré par son passé religieux, profane parce qu’il est public aujourd’hui et qu’il héberge le Musée dauphinois. J’aimerais inviter le public à avoir un chemin poétique dans tout le bâtiment. C’est une des raisons pour lesquelles j’associe le public à mes chorégraphies. Pour ce projet, je souhaiterais poursuivre l’exploration des lieux et présenter des spectacles en nocturne afin de travailler sur la lumière et les couleurs. ■

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En bref Visites de La Grande Rivoire En complément de la visite de l’exposition Premiers bergers des Alpes au Musée dauphinois, le public a pu découvrir pendant tout l’été – visites le mercredi sur réservation – le travail des archéologues Pierre-Yves Nicod et Régis Picavet sur le site de la Grande-Rivoire à Sassenage. Cet exceptionnel abri sous roche qui surplombe l’entrée du Furon dans le Vercors a, entre autres, livré les vestiges d’une bergerie de l’époque néolithique, entre 5000 et 2 500 ans avant notre ère.

Une journée à Besse-en-Oisans Pendant tout l’été, la Maison des Alpages de Besse-en-Oisans a proposé des journées de rencontre avec des bergers. Le 28 août dernier, dix agents du Musée dauphinois ont tenté l’expérience sous la conduite attentive de trois accompagnateurs (photo). Après quatre heures d’une randonnée ponctuée de lectures du paysage, ils ont rejoint le gite du plateau d’Emparis où un berger les attendait pour un apéritif sous le soleil de l’Oisans. Un beau moment de convivialité et d’échange qui a contribué à renforcer les liens déjà anciens entre ce village et le Musée dauphinois. La journée s’est terminée avec la visite de la maison des alpages et un solide ravitaillement en pain frais et fromage de brebis.

Cheminements muséographiques de Jean-Pierre Laurent Des années 1970 à 1980, le Musée dauphinois est devenu le lieu d’expression d’une muséographie innovante. Si cette période restera marquante, tant dans l’histoire centenaire de ce musée que pour la belle image qu’il conserve aujourd’hui, c’est parce que la Municipalité de Grenoble, au début des années 1970, sut confier la direction de cette institution à un conservateur particulièrement créatif : Jean-Pierre Laurent. Ce simple constat

Le courrier Une exposition (Rester libres !) très réussie en un thème qui peut parfois être difficile à aborder. Un bémol sur les écriteaux jaunes qui détruisent l’argumentation par un discours peu construit. Merci pour cette exposition intéressante et qui, je l’espère, augurera de la création de la Maison des droits de l’homme. ■ M.P. La nécessité est vite apparue, au cours de la préparation de cette exposition, de marquer la différence entre ce que dit l’Histoire, à propos de chacun des événements évoqués, et ce qu’en a conservé la mémoire. Ainsi, par exemple, des Allobroges à qui la mémoire collective prête la réputation d’avoir été de farouches résistants alors que leur assimilation au monde romain s’avère plutôt rapide ; d’où la présence de deux textes, l’un sur fond gris qui résume l’Histoire et l’autre, sur fond jaune, qui commente et critique ce

que la mémoire en a retenu. Nous prenons acte de la critique de ce visiteur mais notons qu’il a pourtant observé que la mémoire est parfois en contradiction avec l’histoire, c.q.f.d. Quel bol d’air que cette exposition « Rester libres ! ». Belle idée de relier toutes ces résistances et de montrer l’actualité de ce combat. Restons citoyens. Merci pour cette expo. ■ S. Merci pour ces commentaires et bien d’autres, majoritairement élogieux, suscités par cette exposition. Elle n’était pourtant ni simple à réaliser, ni facile à visiter, tant les informations y foisonnent. Très belle et intéressante exposition sur la liberté mais pour quelles raisons avoir escamoté la période 1952–1962, toutes les luttes contre la guerre d’Algérie et notamment les manifestations des rappelés en gare de Grenoble et les

innombrables manifestations contre cette guerre coloniale ? ■ C.P. La période citée et, plus largement, les réactions suscitées par la décolonisation sont abordées dans l’exposition. Une séquence présente en effet l’action des nombreuses associations qui, dénonçant, les conditions de vie faites aux travailleurs immigrés comme une suite de la colonisation, œuvrent pour l’amélioration de leurs conditions de vie, de travail et de logement. Tout ne pouvant être dit dans l’exposition, un chapitre d’une des publications qui la prolongent, « Résister, militer », traite notamment du FLN à Grenoble et de l’aide que des Grenoblois ont décidé de lui apporter. Beau jardin ! Et les fleurs sont magnifiques et si bien agencées, le jardinier est un artiste. ■ Des fans. Belle remarque, aussitôt transmise au jardinier du Musée dauphinois qui

suffit à justifier la raison d’être de l’ouvrage : permettre à Jean-Pierre Laurent, en rassemblant ses souvenirs, de parler de sa démarche et de ce qui l’a déterminée, dès l’enfance, pour évoquer, à partir de ses « territoires d’inspiration », ses expériences muséographiques les plus notables. ... et l’homme se retrouve – Cheminements muséographiques Jean-Pierre Laurent – Entretiens avec Mireille Gansel. Edition du Musée dauphinois, 150 pages illustrées

des visiteurs apprécie ! Malgré ses soins attentifs et son talent, toutefois, ces jardins méritent d’être réaménagés. Installés entre 1967 et 1970, ils n’ont jusqu’ici rien connu d’autre que des travaux d’entretien. Or ils sont un écrin pour le site classé de Sainte-Marie-d’en-Haut et, outre un lieu de délassement et de flânerie pour les visiteurs du Musée dauphinois, un espace pour quantités de manifestations publiques. Aussi sommes-nous prêts à reconcevoir leur aménagement. Mais un prochain numéro du Journal des Expositions l’évoquera prochainement. (…) Mais comme il est bon de se sentir chez nous à Sainte-Marie d’enHaut ! ■ Une sœur de la Visitation du monastère de Notre Dame du May, à Voiron Préserver l’esprit des lieux, qui furent en effet conçus, au début du XVIIe siècle, pour héberger la quatrième maison de l’Ordre de la Visitation, a

toujours été une préoccupation pour l’équipe du Musée dauphinois. Aussi reçoitelle avec reconnaissance le témoignage de cette religieuse. En 2010, l’Ordre de la Visitation célèbrera le quatrecentième anniversaire de sa fondation et le Musée dauphinois, bien sûr, y participera. Magnifique musée, très, très intéressant. Il faudrait pourtant un peu plus d’indications pour vous trouver en venant du bas. ■ Jean-Luc et MarieRose, Strasbourg Merci de rappeler les défauts de la signalisation d’approche du Musée dauphinois. Nous y travaillons, en relation avec les Services de la Ville de Grenoble, mais reconnaissons qu’il n’est pas toujours facile, pour ceux qui ne sont pas Grenoblois, de trouver le chemin du musée, surtout quand des panneaux sont masqués par la végétation, déplacés ou même arrachés … (…) Je tiens à signaler

l’absence totale de signalisation. D’abord des sens interdits, puis une très vieille pancarte qui fait croire qu’on peut y aller en voiture. Puis il faut demander au passant pour y aller à pied. Des marches, à un endroit à droite et à gauche, deux escaliers sans indication. Celui qui prend le mauvais se tape des marches pour rien ! ■ C.S. Quand aller au Musée dauphinois prend des allures de chemin du combattant… L’accès est difficile, c’est vrai, et rien ne permet de penser que des mesures efficaces pourront être prises à court terme si ce n’est améliorer la signalétique et équiper la Montée Chalemont d’une rampe centrale. La Ville de Grenoble se prépare en effet à réaliser cet équipement. Il ne réduira cependant pas le nombre des quelque 270 marches à gravir mais facilitera la montée.


Exposition itinérante

Publication des Actes du colloque Le musée doit changer. L’explosion des pratiques numériques, le règne de « la raison gestionnaire » ou la dégradation du lien social, pour n’évoquer que ces faits, l’y conduisent, inévitablement. Cependant, comment dispenser plaisir, désir et connaissance, dans un contexte social et économique de plus en plus difficile ? Et comment adapter et synchroniser l’action culturelle du musée à l’évolution de la société, face à la science dont la caution reste indispensable, au politique en recherche de cohésion sociale ou au territoire de la population à laquelle il s’adresse ? Tels sont les défis qui firent l’objet, les 24 et 25 mai 2007 à Grenoble, au Musée dauphinois, d’un colloque et de débats passionnés. Cet ouvrage en rassemble les actes, au profit d’une réflexion dont l’actualité reste vive, tant pour les professionnels que pour les usagers du musée. Musées et société, aujourd’hui Edition du Musée dauphinois, 200 pages environ

Terre de Vanoise Grâce à l’observation minutieuse des pratiques culturales, organisées en petits systèmes, l’étude montre que la population montagnarde a longtemps réussi à occuper et ordonner l’espace montagnard, parvenant à déployer des cultures riches et diverses et s’adaptant aux aléas climatiques et aux nouveautés sans dégrader son environnement. Terres de Vanoise Agriculture en montagne savoyarde Brien A. Meilleur, juin 2008 Edition du Musée dauphinois, collection “Le Monde alpin et rhodanien”, 151 pages illustrées

La voix est libre ! Dernier temps fort de l’exposition Rester libres ! les 7 et 8 juin derniers. Au programme : visite de l’exposition, projection de Résister, militer et création slam par le groupe Mots Paumés. Une fois encore, de nombreux militants des associations locales de défense des Droits de l’Homme s’étaient rassemblés au musée pour fêter l’engagement de l’humanité iséroise dans une démocratie participative, réactive et combative, souvent prête à agir dès que les libertés sont menacées. À noter : L’édition sous DVD du film est prévue en décembre 2008, dans le cadre du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme.

Rompre le silence Mémoires de chômeurs et précaires en Isère

Alors qu’est présentée au Musée dauphinois l’exposition Etre ouvrier en Isère, l’équipe du musée accueille également la version itinérante de Rompre le silence : mémoires de chômeurs et précaires en Isère, 19752007 , réalisée en 2007 par le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère et l’association Gallo.

Le projet d’en donner une version itinérante s’est rapidement imposé afin de diffuser auprès du plus grand nombre les témoignages réunis de ce combat mené contre le silence qui entoure les chômeurs et la volonté de briser leur solitude. Ainsi, une version mobile et légère a été constituée qui reprend les principaux thèmes de l’exposition en 12 panneaux 80 x 100. Le monde du travail est en pleine recomposition, liée en partie à la désindustrialisation, la mécanisation des tâches et un taux de chômage préoccupant. D’après les statistiques, un actif sur dix est concerné par la recherche d’un emploi. Faut-il pour autant se résigner à cet état de fait, se sentir coupable, baisser les bras et déprimer ? Non, et cette volonté de se battre anime toute l’exposition. La première partie est consacrée à la vie quotidienne des précaires quand ils passent d’actifs à chômeurs : licenciements, démarches administratives, justifications à fournir et jours de découragement. La seconde partie dresse un historique du traitement du chômage en France depuis 1975, année qui marque son augmentation dans la population. La troisième partie réunit des témoignages de chômeurs qui permettent de reconstituer l’histoire commune de leurs vécus où angoisses et espoirs se télescopent. La dernière partie « Comment construire une société sans chômage ? » en forme

d’interrogation, constitue en fait un appel à l’action. L’exposition est rythmée par les portraits photographiques de Michel Gasarian qui rendent visible le chômage, sur des visages emprunts tout à la fois de force, de fragilité et de dignité. Hervé Bienfait, écrivain social, a transféré à l’écrit les entretiens oraux réalisés par l’association Gallo, en accord avec les intéressés, en a choisis des passages et les a organisés avec des éléments de commentaire afin de les situer et de les lier. L’exposition est ainsi accompagnée d’une publication qui réunit ces portraits et témoignages. Un film enfin est le troisième moyen d’expression de ce collectif, réalisé par Alain Massonneau et Catherine Page, La rue est dans la nuit comme une déchirure. Prenant pour fil conducteur les ateliers d’écriture de l’association Gallo, il évoque les parcours croisés de chômeurs, livre leurs paroles pleine de colère, de poésie ou d’humour et permet de les replacer dans un contexte de combats politiques. Destinée à tous les lieux de l’Isère (bibliothèques, lycées, collèges, mairies…), cette exposition itinérante a vocation à favoriser l’expression du mal-être social lié au chômage et à et à provoquer la discussion. ■

Exposition itinérante Samedi 29 novembre 2008 à 16 h au Musée dauphinois Présentation de la version itinérante de l’exposition Rompre le silence, avec les membres de l’association Gallo et la chorale Les Barricades. Pour emprunter cette exposition Association Gallo au 06 15 68 37

PORTRAITS DE MICHEL GASARIAN, 2007


La prochaine exposition

Premiers bergers des Alpes

Habiter

Jusqu’au 29 juin 2009

Rester libres ! DERNIERS

JOURS

Les expressions de la liberté des Allobroges à nos jours Jusqu’au 17 novembre 2008

Comparer les réponses dont témoigne l’habitat, du monde aux Alpes et d’hier à aujourd’hui, pour réévaluer les liens qui unissent l’humain à l’univers : tel est l’objectif de cette nouvelle exposition. SAINT-VÉRAN : LE CHATELET, QUEYRAS DÉBUT DU XX E SIÈCLE, FONDS B.M.G.

Grâce au concours de l’École d’architecture de Grenoble, du Conseil en architecture, environnement et urbanisme de l’Isère et de nombreux correspondants de l’arc alpin, du Dauphiné et de la Savoie à l’Autriche en passant par le Piémont, le Val d’Aoste, Genève et l’Oberland Bernois, des choix ont été faits, non pour tout dire sur l’habitat dans les Alpes, mais pour jouer sur les ressemblances et les différences d’un nombre précis de situations, passées et présentes, pour déboucher sur la question de savoir quel habitat nous voudrions aujourd’hui. C’est par la mise en relation du tipi, de la cabane d’alpage, et du refuge d’altitude que commence le parcours de l’exposition. Suivent l’exposé, par la photographie, de quelques situations d’aujourd’hui, au Voralberg (Autriche), Trièves

Gens de l’alpe La Grande histoire du ski (France), Verbier (Suisse), Champagny (France) ou au Ballenberg (Suisse), pour témoigner de tentatives d’habiter et de vivre avec son temps dans les Alpes. Ce n’est qu’ensuite qu’il sera répondu à la curiosité de savoir quelles furent les solutions d’hier, au temps des sociétés pastorales, au Queyras (France), Val Varaita (Italie), Val d’Aoste (Italie), Lammertal (Autriche), Oberland Bernois (Suisse) ou dans les communautés Walser qui ont essaimé dans tout l’arc alpin. Une architecture alpine existe-t-elle, se demandera-t-on, avant de voir, à l’aune de nos besoins de tous ordres et des impératifs du moment, quel habitat nous concevoir ? ■

LE JOURNAL DES EXPOSITIONS Numéro 14 • Octobre 2008 Directeur de la publication Jean-Claude Duclos Conception, coordination Tassadite Favrie, Hélène Piguet Rédaction Jean-Claude Duclos, SylvieVincent, Tassadite Favrie, Franck Philippeaux, Jean-Pascal Jospin,Valérie Huss Conception graphique Hervé Frumy Réalisation graphique Francis Richard Crédit photographique : Michel Gasarian, Eric Alfieri, Denis Vinçon, Milena Piton, Franck Philippeaux. Imprimerie des Deux-Ponts, Bresson / Tirage 10000 ex. Dépôt légal : 4e trimestre 2008 • ISSN en cours.

Musée dauphinois Ouvert tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h, à partir du 1er octobre et de 10 h à 19 h, à partir du 1er juin Fermetures exceptionnelles le 25 décembre, le 1er janvier et le 1er mai 30 rue Maurice Gignoux 38031 Grenoble cedex 1 Téléphone 04 57 58 89 01

w w w. m u s e e - d a u p h i n o i s . f r

L’entrée est gratuite dans les musées départementaux.

Quelques rendez - vous ... DIMANCHES 30 NOVEMBRE, 7 DÉCEMBRE 2008, 18 JANVIER, 15 FÉVRIER, 29 MARS 2009 - 15 H 30

SAMEDI 13 DÉCEMBRE 2008 - 20 H DIMANCHE 14 DÉCEMBRE 2008 - 17 H

VISITES GUIDÉES

Le Corps à l’œuvre

Suivez le guide !

Compagnie Pascoli Une création in situ déambulatoire. Les danseurs interrogent le rapport du corps au travail et investissent l’ancien couvent, en tant que lieu de mémoire des corps.

par l’association Le Fil d’Ariane Visites guidées de l’exposition. Tarif : 3,80€, gratuit pour les moins de 12 ans. Renseignements : 04 57 58 89 01 JEUDI 6 NOVEMBRE 2008 - 20 H

THÉÂTRE Les contes de la rue rouge Compagnie L’Atelier du Possible Un spectacle en hommage à la mémoire ouvrière dans lequel les artistes nous proposent de remettre en question les modèles de notre époque afin de mieux nous recentrer sur des valeurs d’humanité. Spectacle gratuit dans la limite des places disponibles. Renseignements et inscriptions au 04 57 58 89 26

DANSE

Spectacle gratuit dans la limite des places disponibles. Renseignements et inscriptions au 04 57 58 89 26

DIMANCHE 1er MARS 2009 - 17 H

SAMEDI 25 AVRIL - 15 H 30

CONTE

PROJECTION

Fil de soie fils de vie

Calor, une usine en perspective

Élisabeth Calandry et Dominic Toutain Accompagnées de chansons de canuts et de magnanarelles, des histoires vraies, trouvent leurs sources dans les souvenirs d’anciens éducateurs de vers à soie, d’ouvriers et d’ouvrières de la soierie.

Martine Arnaud-Goddet Calor : une usine emblématique du monde industriel contemporain. Film et débat en présence de la réalisatrice et de Nadine Chavin, ancienne secrétaire du CE. Gratuit dans la limite des places disponibles

Spectacle tout public à partir de 12 ans, gratuit dans la limite des places disponibles. Rens./inscriptions au 04 57 58 89 26

SAMEDI 23 MAI 2009 - 15 H 30

CONCERT

DIMANCHE 15 MARS 2009 - 19 H 30

Debout dans ce siècle anthracite

Chorale populaire de Paris La Chorale Populaire de Paris propose depuis 1935 des chants de lutte et des œuvres de compositeurs classiques. Les choristes présentent pour ce concert un programme en lien avec le passé industriel de la région grenobloise.

SOIRÉE ÉTUDIANTE

DIMANCHE 25 JANVIER 2008 - 17 H

Concert gratuit dans la limite des places disponibles. Retrait des billets à 16h, entrée dans la chapelle à 16h30

En partenariat avec Un Tramway nommé culture – Grenoble Universités Pour célébrer les 20 ans d’Un Tramway nommé culture, Grenoble Universités et le Musée dauphinois invitent les étudiants à une soirée sur le thème Avoir 20 ans et être ouvrier. Rens./inscriptions auprès d’Un Tramway nommé culture 04 56 52 85 22

PROJECTION Christiane Rorato Projection du film, présentation du livre et visite de l’exposition par les auteurs et partenaires de l’exposition afin de découvrir le témoignage riche, engagé et documenté de Louis Mauberret, ancien mineur de La Mure. Gratuit dans la limite des places disponibles

Le journal des expositions - Numéro 14  

Exposition temporaire Etre ouvrier en Isère

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