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Julie Sévilla-Fraysse, violoncelle Jeune violoncelliste de 20 ans, Julie Sévilla-Fraysse étudie actuellement sous la direction de Roland Pidoux et Xavier Philips au Conservatoire de Paris (cnsmdp). Après avoir débuté le violoncelle à 6 ans au Conservatoire de Nice, et travaillé avec Roland Audibert, Frédéric Audibert et Guillermo Lefever, elle y achève son parcours en 2005 avec un DEM. L’année suivante elle obtient son Prix de perfectionnement à l’Académie Rainier III de Monaco. En 2004 elle reçoit le Prix Révélations Muses de l’Opéra de Nice et est distinguée en 2007 par le Prix Jeune Talent du Conseil général de la Ville de Nice qui lui octroie une bourse. Egalement passionnée par la musique de chambre, elle fonde le Trio Werther avec lequel elle vient de remporter une médaille au prestigieux concours Maria Canals de Barcelone. Julie se produit régulièrement en concert en tant que soliste ou en formation de chambre. On a pu l’entendre à l’Opéra de Nice, aux Festivals de Menton et de Musique sacrée de Nice, au Musée de la musique à Paris, ou au Palais de l’Elysée avec le Trio Werther lors de la Fête de la musique 2008. Elle s’est également produite à l’étranger, en Allemagne, en Espagne ou en Israël à l’occasion d’échanges ou de tournées. Dernièrement, elle a été à l’affiche du festival de la Roque d’Anthéron avec le Trio Werther ainsi qu’au Festival Cello Fan dans le sud de la France, autant d’étapes et d’expériences dans un parcours musical en pleine évolution.

Nathanaël Gouin, piano Nathanaël Gouin-Mossé commence l'étude du piano et du violon à l'âge de 4 ans. Il continue au Conservatoire de Rouen avec François Chaplin, puis au CNR de Toulouse, où il poursuivra sa formation pendant 9 ans. C'est à l'âge de 10 ans qu’il aura le privilège de vivre sa première véritable expérience scénique en soliste, avec l'Orchestre de chambre de Toulouse sous la direction d'Alain Moglia .Ses professeurs sont Frédéric Vaysse-Knitter, Thierry Huillet puis Irène

Blondel pour le piano, et Klaus Mulhberger pour le violon qu'il arrêtera en 2001 au profit du piano. Il est fréquemment invité par L'Orchestre national du Capitole de Toulouse à venir se produire sous la baguette de Tugan Sokhiev, ou plus récemment par l'Orchestre national d'Île de France sous la direction de Jean Deroyer ou Lalo Shifrin. Au terme d'un parcours sans faute, il obtient un Premier prix à l'unanimité avec les félicitations du jury en Piano et en Accompagnement (dans la classe d'Eloïse Urbain et de Nino Pavlenichvili) au CNR de Toulouse. Troisième prix au Concours international d'Arcachon en 2006, il est reçu à l'unanimité au Conservatoire de Paris (cnsmdp) dans la classe de Michel Béroff et Denis Pascal en 2007. Son travail d'Ecriture dans cet établissement l'amène par ailleurs à la composition. Il est amené à travailler avec de grandes personnalités de la musique telles que Brigitte Engerer, Bruno Rigutto, Jean Koerner, Claire Désert, ou les chanteurs Alain Fondary, Leontina Vaduva, Pierre Espiaut... Lors d'un concert hommage à un ami disparu, Nathanaël se produit dans le 23ème Concerto K.488 de Mozart avec l'Orchestre du Conservatoire de Toulouse dans un concert porté par Georges Prêtre. Très régulièrement, il se produit avec les jeunes de sa génération comme Fabrice Millischer (trombone) , Guillaume Chilemme (violon), etc. Avec le Trio Werther, qu’il a fondé, il obtient en 2009 une médaille a l'unanimité au 55ème Concours Maria Canals de Barcelone. Le Trio Werther est invité la même année comme "ensemble en résidence" du Festival international de la Roque d'Anthéron. 4

Concert Jeunes Talents le lundi 7 février 2011 à 19 h au musée national de la Marine Programme Wolfgang Amadeus Mozart (1756 -1791) Trio en ut majeur K. 548 Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809 – 1847) Trio n°1 pour piano, violon et violoncelle, en ré mineur, op. 49

Notes sur le programme Wolfgang Amadeus Mozart (1756 – 1791) Trio en ut majeur K. 548 Allegro - Andante cantabile - Allegro L’histoire du trio avec clavier suit l’évolution du pianoforte : la montée en puissance de cet instrument capable de nuances suscite en effet l’imagination des compositeurs de la Vienne des années 1790. Le plaisir de jouer des œuvres de musique de chambre entre amis, dans les salons, impose toutefois des contraintes : la partie de piano ne doit pas être trop difficile, le violoncelle renforcer la basse. Les éditeurs comme Artaria ou Hoffmeister sont tout à fait conscients de ces nécessités : les trios qu’ils publient doivent être à la portée de tout bon instrumentiste, sous peine d’être invendus. Le genre peine, dans ses premières décennies, à marier trois instruments aux modes de jeu et aux tessitures spécifiques. Le violoncelliste se contente bien souvent de doubler la main gauche du piano, et ne concerte en aucun cas. Au contraire, le quatuor à cordes classique atteint rapidement l’homogénéité. On tarde même à se faire appeler « trio » : on parle d’abord de « divertimento », « partita », voire « sonates pour le pianoforte avec accompagnement de violon et de violoncelle ». Les trios avec piano, bien souvent écrits pour des amis, ne font pas partie des « œuvres sérieuses » de Mozart. En effet, ce sont les Concertos et Quatuors avec piano, réellement concertants, qui concentrent des pages dédiées aux Erkenner (« connaisseurs »). Les trios, d’esthétique plus galante, n’en sont pas pour autant négligeables. Mozart compose deux cycles de trios en 1786 et 1788 : le Trio en ut majeur K. 548 (1788) est donc achevé deux ans après les premiers trios d’envergure du compositeur. A la même époque, les trios de Haydn font figures de références, notamment dans la modernité de l’écriture des cordes. Le trio pourrait faire office de manifeste du classicisme, tant il témoigne de la maîtrise des codes formels et du sens de la proportion mozartiens. Bâti en trois mouvements, avec le mouvement lent en seconde position, le trio s’ancre dans le moule de la « sonate » classique. 1


L’Allegro initial est articulé selon la tripartite forme-sonate. Entrée en matière presque théâtrale, un unisson énonce un arpège de do majeur, moyen d’affirmer d’emblée la tonalité. Le rythme apparaîtra comme paramètre privilégié par sa vigueur et sa variété. L’art de la dramaturgie mozartienne n’est en outre pas absent, de par les échanges récurrents entre piano et violon. Dans l’Andante cantabile, la primeur est donnée à la ligne mélodique, de type vocal. L’instrumentation subtile manifeste en outre l’art de la variation mozartienne. Le rondo final, Allegro, renoue avec la clarté du premier mouvement. Basé sur une alternance de couplets et d’un refrain jovial, il se caractérise par des thèmes aux contours dessinés, aisément mémorisables. Le trio repose donc tout entier sur une esthétique de la transparence : Mozart respecte en cela l’esthétique d’un code jugé universel par le cercle des amateurs éclairés.

Félix Mendelssohn Bartholdy (1809 – 1847) Trio n°1 op. 49 (1839) Molto allegro agitato - Andante con molto tranquillo - Scherzo: leggiero e vivace - Finale : Allegro assai appassionato

Après la romance sans parole Andante con molto tranquillo, le bondissant Scherzo joue sur la furtivité des apparitions, des élans inaboutis, et de brèves incursions dans les registres extrêmes. L’imagination visuelle se conjugue à la curiosité sonore pour qui se laisse entraîner dans ce monde fantastique, peuplé de fées et d’elfes. Mendelssohn fait donc mentir un lieu commun : celui de la musique de chambre comme « musique pure », inapte à l’évocation extramusicale. Le Finale est donné à entendre dans la tonalité de ré majeur : Mendelssohn conclut ainsi sur une couleur optimiste. Il hérite la forme rondo-sonate de Mozart et Schubert. Fi des fées à présent : la ronde qui ouvre ce dernier mouvement « un poco tranquillo » est bien terrestre, voire populaire. Le discours musical évolue par le ressassement des cellules : notes répétées, accents irréguliers et rythme dactylique envahissent le discours musical de chacun des instruments, générant un effet de pesanteur. Toute lourdeur est toutefois bannie grâce aux traits brillants du piano et au jeu malicieux d’échange entre les trois instruments. Par ses rappels du classicisme, de la musique de Berlioz, de Liszt, voire de Grieg, le Trio op. 49 témoigne ainsi de la générosité d’un Mendelssohn à l’écoute de ses prédécesseurs et de ses contemporains.

« C’est le maître trio de notre époque, comme ceux de Beethoven en si bémol et en ré, celui de Franz Schubert en mi-bémol l’étaient de leur temps ». Robert Schumann dans la Neue Zeitschrift für Musik Génie précoce, Félix Mendelssohn n’incarne pas comme ses contemporains le « mal de siècle » romantique. Doué pour la peinture et le dessin, esprit curieux et grand voyageur, l’homme paraît immunisé contre toute morbidité, toute mélancolie exacerbée. Le Trio op. 49 (1839) parvient à condenser tous les visages de la musique mendelssohnienne. La rigueur classique qu’il hérite d’Haendel, Bach, Mozart et Schubert transparaît dans la forme choisie : celle de la sonate en quatre mouvements. Le souffle lyrique et l’art de la mélodie sont omniprésents d’un mouvement à l’autre : le premier thème du Molto Allegro agitato en témoigne. Rappelons à cet égard que Mendelssohn est l’auteur de nombreuses œuvres vocales. Troisième facette mendelssohnienne : le fantastique et le féerique. Véritable écho au Scherzo du Songe d’une Nuit d’été, le troisième mouvement rappelle ainsi un univers récurrent à l’orchestre et au piano – Rondo capriccioso opus 14. Tout aussi représentatif est l’art de la « romance sans parole », éminent dans le second mouvement. Mendelssohn n’est-il pas l’initiateur de « Lieder ohne Wort » ? Il y va donc du pouvoir de la musique à se faire à la fois « son » et « verbe », véritable credo romantique. Le Molto Allegro agitato initial, de forme-sonate, oppose deux thèmes fort contrastés. Tous deux sont d’abord confiés au violoncelle : ce premier rôle marque la modernité du trio mendelssohnien. Le premier thème véhicule classicisme et sensibilité romantique : bâti sur quatre carrures de quatre mesures, il est porté par de tempétueuses syncopes au piano. Notons que l’écriture instrumentale requiert ici une réelle virtuosité, presque lisztienne. Le second thème ramène de la douceur : dans une palette instrumentale aérée, il donne à entendre une courbe mélodique plus ronde, sur des harmonies moins tourmentées. 2

© Marie-Anne Le Roy Étudiante au Conservatoire de Paris

Trio Werther - Biographies Matthieu Handtschoewercker, violon Matthieu Handtschoewercker commence le violon à l'âge de 4 ans puis entre deux ans plus tard au Conservatoire de Chambéry dans la classe de Jean-Paul Gariglio. Il y étudiera le violon, le piano ainsi que la trompette et obtiendra un DEM en formation musicale. En 2000, il entre au Conservatoire Maurice Ravel du XIIIème arrondissement de Paris, où il étudie avec Igor Volochine. En mars 2005, il obtient son DEM en Musique de chambre et en violon avec la mention "très bien à l'unanimité" et intègre la même année à l'unanimité le Conservatoire de Paris (cnsmdp) dans la classe de Boris Garlitsky. Il obtient une bourse pour jeunes talents par Savoiexpo après avoir été finaliste au concours international de Violon « Andréa Postacchini » en Italie. Il a participé à plusieurs séries de l’Orchestre national de France dont une dirigée par Danielle Gatti au Théâtre des Champs-Élysées et joue régulièrement à la Sorbonne pour divers événements. Il se produit en juin 2008 avec le trio Werther, dont il est membre fondateur, notamment au palais de l’Elysée lors de la première Fête de la musique donnée en ce lieu. En août 2008, il participe à l’Académie d’orchestre de Lucerne sous la direction de Pierre Boulez. Parallèlement, il perfectionne son jeu lors de nombreuses Académies d'été auprès de grands pédagogues tels que Régis Pasquier, Tédi Papavrami, David Grimmal, Renaud Capuçon, Pavel Vernikov ou encore Max Rizzi et Zakar Bron lors de l’Académie de Santander en 2009. Dernièrement, avec le Trio Werther, il a été médaillé à l’unanimité lors du Concours international Maria Canals à Barcelone. 3

Programme detaille concert 7 février 2011  

Porgramme détaillé concert Jeunes Talents lundi 7 février 2011