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Philippe Leconte


Philippe Leconte Série … et portrait Série Muybridge, moi et l'ampoule


La série traduit bien la démarche artistique de Philippe Leconte, qui est celle du creusement, du questionnement perpétuel du corps et d’une désacralisation de la matière, l’amenant à épouser des formes étranges qu’elle gardait captives, mais que l’œil ne pouvait entrevoir. Elle constitue aussi la mémorisation de ses métamorphoses. Alain Le Beuze extrait de ''Le corps inquiet''


… et portrait … et ce visage qui nous regarde derrière la grille et que l’on devine à peine … et ce dessin qui décidément marche sur la tête et ...


‌ et portrait, RL et PL


‌ et portrait, MT


‌ et portrait, MT2


‌ et portrait, JL


‌ et portrait, G B


Muybridge, moi et l’ampoule Sur cette ligne de partage entre hier et aujourd’hui, un disparu (RIP) et un être vivant ouvrent à une création commune, flottant entre passé et présent. Muybridge a l’habitude des rencontres, il est si souvent convoqué par les plasticiens contemporains ! Il agence avec moi la recherche d’une image nouvelle, séquencée pour lui, perturbante pour moi. Les vieux clichés sépia, ectoplasmiques, se troublent en présence du trait en double lumineux creusé dans le polypropylène. Mais surtout, n’oublions pas l’ampoule !


putting on a dress


the toilet, dĂŠtail


Il y a le cheval qui saute, le cheval qui court, l’homme qui court, l’homme qui enlève sa chemise ; ici, c’est la femme qui enlève sa chemise. Pour Eadweard Muybridge, le sujet est prétexte à la chronophotographie, premières études du mouvement. Bien sûr, nous ne parlerons pas d’érotisme, car le regard porté est uniquement scientifique. Pour Philippe Leconte, la série s’appelle Muybridge, moi et l’ampoule. Ils sont trois, donc. Trois protagonistes pour une scène de crime. Car il pourrait s’agir de cela. Menons l’enquête. Une femme, mutine, souriante presque, enlève sa chemise. Sa silhouette, renversée, basculée, danse avec elle lorsque la lumière de l’ampoule éclaire les deux corps. Et en pointillé, alors apparaît un dessin de corps au trait blanc, lumineux, comme la trace que le corps du crime laisse au sol une fois retiré de la scène. De quel crime s’agit-il ? Est-ce celui commis par l’homme, il y a plus d’un siècle et demi ? L’homme, en 1839, se prenant pour Dieu, a maîtrisé la lumière. Mais nous venons d'entrer dans le XXIè, l’œuvre n’est plus uniquement photographique, ni plastique. Elle ne se laisse plus enfermer dans les cases et elle est toujours polysémique, car Dieu n’est plus. Ici, du dessin, de la photographie du XIXè, de la lumière pour donner corps à un volume où la perspective est bouleversée : la femme marche, sa silhouette, couchée ou debout ?, devant elle, comme la trace qu’elle laisse dans l’histoire de la photographie qui maintenant enrichit celle de l’art contemporain. Ou comme la présence de l’artiste qui danse avec son modèle, mène le bal à la place du vieux photographe, lui rend hommage tout en révélant un autre corps de femme hors du regard scientifique. Ou comme une disparition annoncée de l’image, car trop d’images aujourd’hui pour savoir encore ce que veut dire voir. Ou comme … La Gradiva avance vers sa disparition, le pied tant aimé retiré de la vue par la chemise qui coule au sol. Le basrelief, grâce à la photographie, se met en mouvement dans nos rêves. L’art contemporain abolit toute narration, toute temporalité. Elle marche à jamais. Tous les artistes nous sauvent de la disparition.   Sylvie Corroler-Talairach Direction Fondation espace écureuil pour l’art contemporain - Toulouse mars 2010 


fencing, dĂŠtail


stone to stone


boxing


lutteurs


Ma démarche artistique est celle d’un questionnement perpétuel du corps souvent en déséquilibre, comme en état d’apesanteur et d’une désacralisation de la matière porteuse de pathos. Ce parti pris m’amène à utiliser le dessin plutôt que la peinture et à abandonner la toile au profit d’autres supports comme la tôle galvanisée le grillage ou le polypropylène. Je présente des corps, le plus souvent seuls, présences individualisées, comme désocialisées dans un « lâché prise » chute de l’Icare d’Odilon Redon. La dimension gémellaire est récurrente dans une double approche à la fois intime et distanciée qui se matérialise par la superposition de deux formes, l’une chargée affectivement dans son traitement et l’autre, son double désincarné, simple contour de la première qui renforce l’impression d’isolement et opère une réelle mise à distance du sujet.


carrousel, extĂŠrieur


carrousel, détail, intérieur


carrousel, détail, intérieur


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Autres interventions Décors pour la pièce "Si c'est un homme" Théâtre Catalyse Dessin animé avec des enfants de maternelle. Prix au festival de Sémur Création de l'atelier Arts Plastiques "La main qui pense" Publication: "Un autre regard" photos et textes du groupe "La Véduta" http://leconte.canalblog.com


conception

mt-galerie - galerie nomade - http://mt-galerie.eu 2010 photographies

Michel Thamin & Philippe Leconte


Philippe Leconte  
Philippe Leconte  

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