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peuplées. Face à l’indifférence de la communauté internationale, MSF prend à nouveau la parole en juin et en juillet 2014 en décrivant une épidémie désormais “hors de contrôle“ et en appelant à déployer une réponse massive et coordonnée. Débordées par le nombre de patients et devant assurer seules les activités de prise en charge et de contrôle infectieux, les équipes MSF se tournent le 2 septembre vers les Etats membres des Nations Unies, en dénonçant une « coalition mondiale de l’inaction » et en appelant à mobiliser en urgence les ressources civiles et militaires de réponse aux catastrophes biologiques. Le 18 septembre, un membre du personnel libérien de MSF s’adresse au Conseil de sécurité des Nations Unies, et demande de déployer urgemment l’aide internationale dans les trois pays touchés. A l’issue de cette réunion, l’épidémie d’Ebola est qualifiée de « menace à la paix et à la sécurité internationales », fait inédit dans l’histoire du Conseil de sécurité.

Gaza Seule ONG internationale présente au moment du lancement de l’opération Bordure Protectrice à Gaza en juillet 2014, MSF se positionne comme témoin direct de l’escalade et de l’impact de cette violence tout au long de l’offensive, notamment à travers plus d’une centaine d’interviews de son personnel sur place dans les médias, de mijuillet à fin août et de nombreux témoignages de nos équipes sur les réseaux sociaux. Constatant la violence de l’offensive et ses conséquences sur la population de Gaza (déplacements de population, destructions de quartiers résidentiels, bombardements intenses provoquant des milliers de blessés, y compris parmi les femmes et les enfants), MSF a interpellé publiquement Israël en demandant qu’elle « cesse de bombarder les civils pris au piège dans la bande de Gaza » (communiqué de presse du 21 juillet), et condamnant l’attaque de l’hôpital de Shifa le 29 juillet. Le 12 août, alors que l’offensive

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Bordure Protectrice laisse derrière elle un champ de ruines, le président de MSF signe une tribune dans le Monde demandant la levée du blocus de Gaza, dont l’association constate ces dernières années les effets de plus en plus délétères.

7. Ressources Humaines Les ressources humaines constituant un élément clef de la mise en œuvre des opérations médicales de MSF, il est nécessaire de construire dans la durée des équipes de terrain compétentes et expérimentées. En 2014, une collaboration accrue s’est initiée entre les départements des Opérations et des Ressources Humaines pour coordonner un investissement de long terme dans le développement et le renforcement des cadres de terrain.

Parcours : postes et profils En 2014, il y a eu 1787 départs d’expatriés sur le terrain pour 582 postes internationaux de terrain qui viennent s’ajouter aux 6591 postes occupés par nos collègues nationaux. Dans le cadre de la gestion de parcours, des prévisions de besoins sont établies par pool et par projet. L’un des paramètres clef de la construction des cadres de demain est la proportion de premières missions qui était en nette progression en 2014 avec 27%. La planification pour 2015 est de 40% de postes dédiés aux premières missions, cet objectif ambitieux et partagé permettra de répondre en partie aux enjeux de nos missions dans le futur. En 2014, 29 salariés nationaux sont partis en tant que salariés expatriés ; la procédure d’expatriation est en cours de révision afin d’être intégrée au process de recrutement global. Une enveloppe de 2 M€ a été validée à partir du prévisionnel de postes pour 2015 et sera consacrée spécifiquement à la création de postes dits de parcours, c’est-à-dire des

Médecins Sans Frontières • Rapport annuel de l’année 2014 • Paru suite à l’Assemblée Générale des 6 et 7 juin 2015 à La Plaine Saint-Denis (France)

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Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

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