Page 29

 artage des ressources, P mutual accountability et croissance Nous sommes parvenus à un accord entre groupes opérationnels sur le partage des ressources, au terme de la renégociation du «  Resource Sharing Agreement  », dit RSA. L’accord sera soumis au vote de l’Assemblée générale internationale le 25 juin prochain. Prévu pour une première application de 4 ans, ses objectifs sont de garantir un financement suffisant pour les ambitions opérationnelles du mouvement, ainsi que d’améliorer la prédictibilité, la visibilité des financements ainsi que d’accroître la flexibilité aux variations de la conjoncture. Avec le RSA 3, le mouvement s’oriente vers davantage de mutualisation. L’accord marque également une volonté d’améliorer nos ratios (« London ratio » et ration mission sociale) et d’optimiser les moyens mis au service de la mission sociale. Tous ces éléments vont dans le bon sens. Malheureusement, MSF se montre mieux capable de mutualiser ses recettes que ses réalisations. Le dossier mutual accountability est à la traîne et les discussions que nous avons eues au sein du mouvement sur Ebola, la Syrie et la Somalie ont montré les limites de l’espace à discuter sérieusement entre nous de nos réussites et de nos échecs. Voilà un mot d’ordre qui est condamné à en rester un, si une impulsion réelle n’est pas donnée par le Conseil International. Celuici donne malheureusement l’impression d’être, sur certains dossiers, soumis aux exigences des directions exécutives repliées sur leur centre opérationnel et jalouses de leurs prérogatives - il doit continuer à jouer un rôle moteur sur le dossier mutual accountability. Il y a quelques progrès, mais ceux-ci sont trop récents pour qu’on puisse en tirer des leçons. J’appelle mes collègues y siégeant à encore plus de résolution dans ce domaine.

S’agissant des ambitions opérationnelles, notre groupe est celui qui dans le cadre des négociations sur le RSA a affiché les objectifs de croissance financière les plus modestes (5 % vs 8 % pour les autres - sur le plus haut volume jamais réalisé). Je souhaiterais partager plusieurs inquiétudes. La première porte sur un phénomène de spirale à collecter toujours plus d’argent auprès de nos donateurs. Une sorte de « corne d’abondance ». L’excédent du mouvement pour 2014 est de 220 millions d’euros, soit 20 % du budget total, 30 % du budget opérationnel - et ce malgré des engagements financiers et opérationnels jamais atteints auparavant. Compte tenu de cette conjoncture, le risque existe que l’argent dicte nos choix. Il faudra rester vigilants sur l’utilisation intelligente, efficiente de ces ressources. Enfin, cette croissance, il faudra l’assumer, trouver les ressources humaines, adapter notre gestion à cet environnement. Je ne considère pas, pour ma part, que toute croissance soit bonne à prendre.

3. Conclusion Avant de terminer ce rapport, je veux remercier nos collègues des antennes françaises de MSF qui réalisent au quotidien un travail de fond pour faire vivre l’association dans toutes les régions. Cette année encore, ils ont démontré la vivacité de notre réseau associatif en France, que ce soit par leur mobilisation lors d’événements ou par leur travail quotidien de visibilité, de sensibilisation et de recrutement. L’exposition « D’un hôpital à l’autre » ou celle dédiée à la situation critique de la RCA, entre autres, en sont autant d’exemples. Un des moments forts de cette année aura été le CA décentralisé à Toulouse lors du séminaire des antennes régionales. Ça faisait plus de 20 ans qu’il n’y en avait pas eu et cela a donné lieu

Médecins Sans Frontières • Rapport annuel de l’année 2014 • Paru suite à l’Assemblée Générale des 6 et 7 juin 2015 à La Plaine Saint-Denis (France)

29

Profile for Médecins Sans Frontières France

Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

Profile for msffr