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en passant par Ebola, et plus récemment les migrants ou dans une moindre mesure le Yémen. Nous ne sommes jamais aussi bons que lorsque nos opérations parlent pour nous, lorsque nos porte-parole – c’est à dire nos équipes de terrain – sont au rendez-vous, conscientes de leur responsabilité lorsqu’il s’agit de témoigner de leur vécu. Nous avons également développé notre présence sur les réseaux sociaux, y compris sur les terrains, ce qui est une bonne chose. Le Communiqué de presse à l’ancienne vit peutêtre ses dernières heures, hors contexte de prises de parole majeures et dont l’importance justifie une solennité particulière. Nous avons également su être dans le tempo, par des initiatives de communication sur la Centrafrique – nous en parlions déjà l’année dernière –, ainsi que sur Ebola, notamment par l’appel à des renforts militaires pour contenir l’épidémie. Comme précisé précédemment, je regrette malgré tout que nous n’ayons pas su communiquer plus tôt sur nos conditions de travail en Syrie.

2.b - Et les points à améliorer Une année pendant laquelle nous avons pris la décision de nous séparer de Marie-Noëlle Rodrigue, la directrice des opérations, n’est pas ordinaire. Personnellement, elle a été ma première coordinatrice de terrain en 1999 en Sierra Léone, et j’ai pu apprécier ses compétences tout au long de nos longues années de collaboration. Mais j’assume aujourd’hui le choix de la direction générale d’avoir décidé de son départ. L’histoire MSF montre qu’il n’est jamais simple de se séparer d’une direction des opérations pour mettre en place, comme c’est le cas aujourd’hui, une nouvelle organisation des opérations plus ambitieuse et capable de mieux arbitrer pour répondre aux nouveaux enjeux de demain. Comme je le disais, l’année a été exceptionnelle par le nombre d’urgences sur les-

quelles nous sommes intervenus. Mais il est parfois difficile de déterminer au service de quelle politique opérationnelle nos moyens considérables ont été mobilisés. Où sont nos grands chantiers ? C’est à cela que devrait s’atteler la prochaine direction des opérations, ainsi qu’à un travail d’encadrement des Responsables de programmes, un appui régulier à leurs réflexions opérationnelles, en particulier auprès des desks décentralisés qui bénéficient moins des discussions qui ont lieu au sein du siège. Pour poursuivre sur les maladies infectieuses, les activités liées à la prise en charge des patients atteints par le VIH n’ont cette année pas connu de grandes évolutions. Les programmes VIH/SIDA vivent ainsi une période de transition. Considérant les capacités des ministères de la santé à reprendre nos plus anciens projets verticaux, il est prévu fin 2015 la passation de la clinique d’Homa Bay au Kenya, alors que le projet de Chirazulu au Malawi devrait fermer fin 2018. En Ouganda, la passation a été effectuée en 2014 à l’exception du suivi des patients sous deuxième ligne de traitement, et du projet de mesure de la charge virale, projet dit SAMBA. Il est encore difficile d’évaluer si le départ de MSF a provoqué une modification de la qualité des soins prodigués aux malades du SIDA. MSF suit encore, en collaboration avec les ministères de la santé, un total de 56 272 patients. Mais l’intégration du traitement du SIDA est encore loin d’être atteinte et les résultats sont, d’un pays à l’autre, très inégaux. La décision de réinvestir l’hôpital pour le traitement des malades graves, activité que nous avions abandonnée pour nous consacrer essentiellement aux traitements en périphérie, ouvre des perspectives intéressantes en matière de prise en charge individuelle des malades. Elle peut également déboucher sur des thèmes de recherche encore insuffisamment explorés dans une région très infectée.

Médecins Sans Frontières • Rapport annuel de l’année 2014 • Paru suite à l’Assemblée Générale des 6 et 7 juin 2015 à La Plaine Saint-Denis (France)

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Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

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