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La médecine Sur le plan médical, c’est probablement dans le domaine du laboratoire que nous nous sommes montrés le plus dynamique. Il est vrai que nous partions de loin et qu’un effort était indispensable. Les principales priorités retenues sont l’acquisition d’une expertise dans le domaine de la fièvre à virus Ebola, le développement du support aux programmes sur le VIH et la tuberculose, avec l’extension des systèmes d’évaluation de la charge virale et du Genexpert. Mais l’évolution la plus attendue concerne notre implication dans la résistance aux antibiotiques. A Amman, MSF a ainsi organisé pour son centre de chirurgie réparatrice, très grande consommatrice d’antibiotiques de dernière ligne, un système de pilotage de prescription qui a déjà permis de réduire les dépenses de ces produits de 250 000 euros en 2013, à 150 000 en 2014. Le même processus devrait être appliqué dans les centres de traitement de brûlés en même temps que l’amélioration des procédures d’hygiène hospitalière. Mais cela reste dans le domaine de la chirurgie spécialisée. L’événement qui laisse à penser que l’on va passer à la vitesse supérieure dans le domaine des résistances aux antibiotiques, c’est l’installation d’un laboratoire de microbiologie à Koutiala au Mali qui va nous donner une première image de la résistance dans une région africaine qui reste encore très peu documentée. Le projet de laboratoire de microbiologie mobile va être initié dans les prochains mois. L’idée générale reste très ambitieuse, c’est celle d’enrichir la cartographie de cette résistance dans les missions MSF, pour revoir nos indications, un peu comme lorsque nous avions pratiqué des enquêtes de résistance à la chloroquine pour justifier le passage aux combinaisons avec les dérivés de l’artémisinine. Le soutien de la CAME dans ce type de projet paraît essentiel.

La chirurgie demeure une des forces incontestables de notre groupe. On a compté en 2014 184 départs de chirurgiens expatriés. Cela devient une sorte de rite que d’annoncer une augmentation de cette activité de 9 % chaque année depuis 2006 : plus de 38 000 interventions et anesthésies en 2014, dont 88  % d’urgence, dont la moitié pour le traitement de traumatismes et 18 % à la suite de violences. On a pu constater également cette année une forte augmentation du traitement des brûlures, qui devient une spécialité de l’association en particulier avec les programme de Haïti, la Syrie et (bientôt j’espère) de Gaza. Ce surcroit d’activités dans ce domaine est contemporain d’une amélioration de la prise en charge et de meilleurs résultats. 13 salles d’urgences étaient ainsi fonctionnelles en 2014 ; une unité de soins intensifs devrait être équipée dans chaque structure hospitalière. 1286 malades y ont été traités à Rutshuru en RDC, 1216 à Jahun au Nigéria. L’équipement de ces salles de soins est accompagné de projets de formation selon le modèle « BASIC » mis au point avec l’Université de Hong Kong. La faiblesse de l’activité chirurgicale reste toujours dans le recueil de données qui devrait prochainement s’arranger avec la nouvelle équipe chargée du projet de réforme du système d’information sanitaire. En matière de vaccination – une des priorités du plan stratégique médico opérationnel – les progrès ont été notables, malgré des carences persistantes. Les objectifs principaux sont l’intégration de la vaccination de routine dans les missions de soins curatifs, en pédiatrie avant tout, d’une part, et l’extension du paquet vaccinal proposé à la phase initiale des urgences d’autre part. Le nombre de vaccinations en 2014 est sensiblement inférieur à celui de 2013, mais il coïncide avec une diminution du nombre de projets où la vaccination est concernée

Médecins Sans Frontières • Rapport annuel de l’année 2014 • Paru suite à l’Assemblée Générale des 6 et 7 juin 2015 à La Plaine Saint-Denis (France)

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Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

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