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Parmi les investigations d’épidémies, outre la fièvre Ebola en Afrique de l’Ouest, nous pouvons souligner notre réactivité face aux cas de fièvre de Marburg à Kampala. Nous avons dépêché rapidement une équipe sur place ce qui a permis à une de nos épidémiologistes de mieux connaitre et apprendre le contexte et les contraintes qu’impose ce type de maladie. Cette expérience lui a permis de s’investir par la suite dans la réponse à l’épidémie de fièvre Ebola. Parmi les objectifs non atteints nous avons encore du retard dans le rendu de certains rapports, dans la publication de certains articles. Il nous faut mieux gérer nos priorités. Nous n’avons pas non plus été dans les temps pour le rendu de certains résultats de laboratoire (PCR pour le Niger). Nous devons encore travailler sur la séniorité de notre pool d’investigateurs. En effet l’afflux de demandes d’enquête nous a amenés à recourir, comme c’est régulièrement le cas, à des ressources extérieures dont l’incorporation exige souvent du temps d’encadrement. C’est un argument de plus pour mobiliser plus spontanément nos propres ressources de façon plus transversale.

Recherche sur les programmes Notre approche de la recherche dans le VIH est toujours beaucoup liée à ce type d’étude descriptive. Au-delà des projets propres à l’activité de MSF, comme le suivi de patients anciens au Malawi ou de patients hospitalisés au Kenya, nous avons rejoint avec MSF le programme de collaboration internationale CIPHER sur les analyses de données de suivi d’enfants admis dans les programmes. Nous étudions également l’effet de l’introduction de nouveaux schémas thérapeutiques tels que ceux induits par le Scientific Advisory Committee de MSF sur la tuberculose résistante (bédaquiline en Arménie), ou le sofosbuvir chez les patients co-infectés par le virus de l’hépatite C et le

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VIH. La description clinique est aussi un sujet de travail avec par exemple l’étude des plaies chirurgicales sur deux programmes de RDC et RCA. Dans ce domaine nous souhaitons développer les études étiologiques telle que celle conduite chez les enfants hospitalisés pour syndrome neuro-méningé fébrile.

Diagnostic Cette activité est toujours bien établie dans notre portefeuille d’activité. Elle a consisté à évaluer la qualité intrinsèque de certains tests (syphilis), leur place dans l’organisation des soins (test de charge virale VIH en périphérie des structures de soins de référence) ou dans un algorithme de prise en charge clinique (tuberculose chez l’enfant). C’est dans ce secteur d’étude que l’on trouve un exemple intéressant d’investissement en amont des besoins de terrain. Le projet de développement d’un test d’identification au lit du malade des principaux pathogènes responsables d’états infectieux sévères chez l’enfant mené en collaboration avec l’institut Pasteur avance à bon rythme. Sur le terrain nous en sommes à l’étape de collection des échantillons en Ouganda et au Mali. La tuberculose reste un dossier qui illustre bien l’ensemble des points d’accroche d’un dossier médical avec de fortes composantes opérationnelles et politiques. Sur ce dossier nous menons plusieurs travaux à plusieurs niveaux. Tout d’abord sur le diagnostic. Si la méthode de Small Membrane Filtration ne s’est pas révélée si intéressante c’est vers le GeneXpert que notre attention se porte. Son utilisation se révèle facile et efficace sur le terrain comme nous l’avons montré à Homa Bay au Kenya. Nous cherchons encore des moyens de simplifier son utilisation en pratique. Chez l’enfant le problème reste entier. La technique du string test s’est révélée difficile d’usage chez l’enfant. Nous lancerons cette année une étude dite « LAM », technique potentiellement

Médecins Sans Frontières • Rapport annuel de l’année 2014 • Paru suite à l’Assemblée Générale des 6 et 7 juin 2015 à La Plaine Saint-Denis (France)

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Rapport annuel de Médecins Sans Frontières 2014-2015  

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