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Geert goiris


Geert Goiris The ultimate Monograph

Photo rĂŠvĂŠlateur / Photo sensitive /


À

l’insu des objets et des paysages, le photographe belge Geert Goiris capte la part inapprivoisée du monde. Des clichés mélancoliques et étranges, pris à la lisière des choses, qui donnent à entrevoir une intense expérience de la réalité.

W

ithout the object and landscapes knowing it, the Belgian photographer Geert Goiris captures the untamed part of the world with strange melancholic shots taken on the edge of hings, giving a glimpse of an intense view of reality.


Par RÉGIS DURAND.

Geert Goiris dit parfois de ses photographies qu’elles sont « rencontrées » ou « découvertes », comme si elles préexistaient en quelque sorte dans la réalité, et qu’il suffisait d’aller à leur rencontre. On se doute que les choses ne sont pas aussi simples. Car pour les découvrir, encore faut-il savoir les chercher au bon endroit et être dans la disposition qui permet de les percevoir. Où sont ces lieux, et que sontils ? Ils ne sont pas strictement localisables sur le plan géographique, même si l’artiste a des paysages de prédilection, l’Antarctique, les déserts, des lieux abandonnés, « sauvages ». Mais la « sauvagerie » peut aussi bien surgir dans un jardin européen, une architecture moderniste, une ville américaine : elle est affaire de regard et de posture. Comme Geert Goiris le dit on ne peut plus clairement, « c’est la raison pour laquelle j’ai choisi la posture de l’étranger, et qu’en toute chose, je m’efforce de préserver l’ambiguïté. La raison pour laquelle également je recours à la métaphore du “sauvage” : je voyage non par goût de l’exotisme (mes photos ne sont pas des trophées), mais pour me libérer des contingences propres à chaque lieu et ouvrir à une compréhension plus large du “sauvage”, de ‘‘l’inapprivoisé” ». Geert Goiris sometimes says that his photographs are what he “meets” or “discovers”, as if they already existed in some way in reality, and that all that is needed is to go out and find them. We imagine that things aren’t as simple as all that, since to discover them, you need to know to look for them in the right place and to be in the mood that enables you see them. Where are these places and what are they? They are not strictly locatable from a geographic point of view, even if the artist has his favourite landscapes, such as the Antarctic, deserts, and abandoned “wild” sites. However, the “wildness” can also spring up in a European garden, modernist architecture or an American villa. It is a question of position and the manner in which it is seen. As Geert Goiris says most clearly, “this is the why I chose the position of the stranger, why in everything I try to preserve my ambiguity, and why I also resort to the metaphor of “wild”. I do not travel through a taste for the exotic (my photos are not trophies), but to free myself from the routines specific to each place and to open up to a wider understanding of the “wild” and the “untamed’».


Le paradoxe

L

e paradoxe est que l’étrangeté et l’ambiguïté d’un monde dont nous sommes absents, d’un

motif principal se trouve le plus souvent au centre

monde tel qu’il est quand personne ne le regarde,

de l’image. Mais elle peut

n’apparaissent que si le photographe parvient à

aussi être liée à un procédé technique, une vue

faire comme s’il n’était pas vraiment là, à se décaler

aux rayons X, ou bien un temps de pose très long,

jusqu’à la périphérie. Cette lisière des choses est

jusqu’à plusieurs heures, qui donne naissance

parfois spatiale, et se traduit alors par des vues

à une nouvelle matérialité du paysage, révélant

panoramiques ou en plongée. Toutefois, l’artiste

ainsi les failles du monde des apparences, ses

ne cultive aucunement les angles compliqués et le

fractures, et l’étrangeté qu’il recèle.


T

he paradox is that the strangeness and ambiguity of a world in which we are absent;

and the main subject is most frequently located

a world as it is when no one is looking, is only

at the image centre. However, it can also be linked

visible if the photographer manages to act as if he

to a technical procedure, an X-ray view, or a long

is not there, and to move to the edge. This edge of

exposure, for up to several hours, which gives rise

things is sometimes spatial, and can be translated

to a new materiality of the landscape, revealing in

by panoramic views or high-angle shots. However,

this way the faults of the world of appearances, its

the artist does not cultivate complicated angles

fractures and the strangeness it conceals.


L

T

se chargent à leur tour de la

with transmitting it in turn to

transmettre

spectateur.

the spectator. It is sometimes a

Expérience parfois inquiétante,

worrying experience, as though

comme si le monde semblait

the world seemed animated with

s’animer d’une vie propre, une

its own life, a slow and menacing

vie lente et menaçante comme

life, like that of a primitive

celle d’un animal primitif –

animal – but also an extremely

mais expérience profondément

melancholic

mélancolique

strong is the feeling of loss,

es photographies naissent de cette expérience dans

Le temps et l’espace

le temps et dans l’espace, et au

aussi,

tant

le

he photos are created from this experience in time

and space, and are charged

similar

intense, comme chez les Maîtres

Flemish painting, whose work

de la peinture flamande dont

Geert Goiris has immersed

le travail de Geert Goiris est

himself in, without nostalgia,

imprégné, sans nostalgie mais

but with a keen awareness of the

avec une conscience aiguë de

catastrophe of the

la

présent.

present. For example, in the

C’est, par exemple, dans la série

Whiteout series, it is the view

Whiteout, cette vue d’une

of a housing block that seems to

barre d’immeubles à l’assaut

be attacked by the rising weeds

de laquelle semblent monter

of the adjoining wasteland. In

les herbes du terrain vague

CCTS, it is the desert plant that

attenant. Dans CCTS, c’est la

spreads its arms over the ground

plante du désert qui déploie

like a giant spider. In Mud

ses bras au sol comme une

Volcanoes, a tongue of ice

araignée géante. Dans Mud

seems to emanate from a hidden

Vulcanoes, une langue de glace

source and bear witness to a

semble émaner d’une source

subdued threat. LAIR, an x-ray

cachée

d’une

view of Los Angeles, transforms

sourde menace. LAIR, une vue

the city into a sort of spectral

de Los Angeles aux rayons X

savannah, prefiguring the return

transforme la ville en une sorte

of this city to the desert, its initial

de savane spectrale, préfigurant

condition. Everything occurs

le retour de cette cité du désert

as though a slight quavering

à sa condition première. Tout se

animated the sites and objects.

passe comme si un léger tremblé

In Slowfast, the long exposure

animait les lieux et les choses.

gives the sea a milky consistency,

Dans Slowfast, la pose longue

and the cliff the paradoxical

donne à la mer une consistance

lightness of a watercolour.

et

du

témoigner

laiteuse, et à la falaise la légèreté paradoxale d’une aquarelle.

the

Masters

so

sentiment de la perte y est

catastrophe

to

experience,

of


N

ous sommes devant non pas une réalité, et instituer un espace atypique, presque un nonmais des images d’une réalité. Quelque espace fait de structures répétitives. L’artiste

chose déjà a eu lieu dans le regard et la conscience a d’ailleurs un intérêt marqué pour de telles du photographe. Sans doute le terme d’épiphanie constructions en quelque sorte « célibataires », ne convient-il pas précisément, par ce qu’il échouées hors de la typologie et des fonctionnalités suggère de révélation intense et quasi-mystique. habituelles. Mais là où les « folies » architecturales Et il y a chez Geert Goiris quelque chose de plus du passé témoignaient de la plaisante excentricité réfléchi, de plus maîtrisé, ou tout simplement de leurs commanditaires, les objets architecturaux une sorte de pudeur qui voile légèrement et met de Geert Goiris sont d’un autre ordre : des utopies à distance l’intensité de l’expérience. Une simple mortnées, des défis insensés à la raison et à la vie, salle de réunion, avec des chaises en cercle autour comme pour imposer leur propre loi à un monde d’une table, se charge d’un lourd insu, passé ou à qui n’en a que faire, et dont l’obstination têtue finit venir. Dans l’intérieur d’une église moderne, c’est toujours par triompher. l’architecture elle-même qui semble proliférer

W

e are faced not with a reality, but images established in an unusual space; almost a nonof a reality. Something has already space made of repetitive structures. Moreover,

happened in the eye and the consciousness of the the artist has a marked interest for constructions photographer. Probably the word epiphany is not that are in a way “celibate”, beached outside usual exactly suitable, because it suggests an intense and almost mystical revelation. With Geert Goiris there is something more thought out, more controlled, or simply a sort of modesty which lightly veils and distances the intensity of the experience. A simple

functions and typology. However, where the architectural “madness” of the past showed the pleasant eccentricity of its commissioners, the architectural objects by Geert Goiris are of another

meeting room, with chairs around a table, takes nature: stillborn utopias, senseless challenges to reasoning and life, as if imposing their own law on a heavy meaning, past or to come. Within a modern church, it is the architecture on a world which could not care less, and whose itself that seems to proliferate and become obstinacy always ends up triumphant.


Geert Goiris (né eN 1971) vit à Anvers. Il est représenté par les galeries Art:Concept (Paris) et Catherine Bastide (Bruxelles), où il a exposé de Février A avril 2011.

Geert Goiris (born in 1971) lives in Antwerp. He is represented by the following art galleries: Concept (Paris) and Catherine Bastide (Brussels), where he exhibited from February to April 2011.


Entretien avec Geert Goiris / juin 2011


L

Geert Goiris montrent des lieux insolites, des scènes fortes, étranges. Elles sont une sorte de condensation de l’expérience1. La main de l’homme est pour une grande part dans l’étrangeté des lieux et des situations photographiés par l’artiste, qu’il s’agisse des utopies architecturales des années 1970, de paysages aux confins de la civilisation, d’un kangourou albinos ou d’un arbre à voeux… es photographies de


Frédéric Oyharçabal : Voici ma description de Pools at dawn (1999). Qu’en pensez-vous ? « Pools at dawn montre deux fin de l’automne ou le début de piscines bordées sur deux côtés l’hiver. » par des arbustes agités par le « Il y a un contraste entre la vent. Derrière les arbustes, une netteté quasi sculpturale des bande de couleur verte suit la bassins avec leurs échelles en du dallage et des feuilles mortes, perspective des deux bassins. inox reflétant la lumière blanche, la

composition

Elle évoque la présence d’un la fixité de l’eau semblable à une de

ces

différents

rigoureuse éléments.

vaste pré ou d’un mur. Le paroi de verre poli, et l’agitation Par ailleurs, rien n’indique regard glisse du premier bassin des arbres. Cette agitation les limites de ce paysage et partiellement visible vers le n’évoque bizarrement aucun sa

situation

second bassin pour buter sur le son. Tout mouvement, tout S’agit-il

d’un

géographique. sanatorium

plongeoir. Des feuilles mortes son, semble absorbé, atténué, ? d’une propriété privée ? jonchent le dallage imprégné étouffé par la fixité de l’eau, la d’un espace à l’abandon ? d’humidité. Elles indiquent la netteté des bassins, les détails combien de bassins ? »

Geert Goiris : Je pense que c’est une description assez féconde. Tous les éléments visuels sont bien observés. Les remarques sur l’absence de son et le mouvement figé sont tout temps de l’exposition et l’espace à fait pertinentes. Les raisons se rétrécissait à mesure que la principales qui m’ont conduit lumière déclinait. Au début, de la pellicule. Pour moi, le à prendre cette photo sont je pouvais voir tout l’espace caractère rituel de ce processus une recherche d’abstraction et avec tous ses détails. Puis, était presque aussi important l’utilisation de l’appareil photo progressivement,

la

lumière que l’espace réel représenté.

pour montrer quelque chose que diminuait et à la fin, je pouvais La photographie a été prise à l’oeil humain n’est pas capable de à peine voir mes pieds. Dans le Bornholm, une île danoise. Cela percevoir. Je voulais condenser même temps, l’image latente sur m’intéresse beaucoup de faire une période d’une heure et le film devenait de plus en plus des photos dans des îles parce demi en une image. Chaque visible, à mesure que passait le que la lumière y est extrêmement mouvement des arbres, et toute temps de l’exposition. L’appareil bizarre, singulière. Les mers la séquence du changement pouvait être comparé à un ou océans qui entourent les de lumière sont enregistrés sablier où une certaine quantité îles agissent souvent comme sur la pellicule. J’étais près de de lumière était transférée de d’immenses miroirs qui reflètent l’appareil photo durant tout le l’espace réel vers la surface le soleil et le clair de lune.


F. O. : Il est possible de montrer Trajectory G.G. : J’ai présenté pour la première fois une (1999) et Palanga (2000) sous deux formes : une image sous forme d’affiche en 2004 à la galerie photo encadrée ou une affiche. Les dimensions de Art:Concept à Paris. Il y avait plusieurs raisons l’affiche varient en fonction du lieu d’exposition. à cela. À la galerie, l’espace n’était pas très grand Quand avez-vous commencé à montrer certaines et en couvrant un mur avec Trajectory, celuide vos images sous forme d’affiche et pourquoi ?

ci devenait une sorte de fenêtre panoramique qui ouvrait l’espace. L’image en elle-même est clairement graphique dans les tons, et les lignes tracées par les motos évoquent un dessin. En imprimant la photo en très grand et en mat, elle se situe quelque part entre le dessin intimiste et


le traditionnel paysage en trompe regardeur devienne très conscient de recours à l’échelle monumentale pour l’oeil. Comme le lieu représenté son propre corps, et finalement de sa une transformation délibérée du sujet. n’était pas vraiment spectaculaire et position face à quelque chose. L’artifice Fools Gold (2007) montre un objet qui plutôt désert, l’affiche ne pouvait pas de la photo est légèrement suspendu mesure en réalité autour de 15 cm de tomber dans le décoratif. On oscille et le sentiment de la propre présence hauteur. Je l’ai agrandi en une sorte entre l’observation attentive et la vue physique du spectateur s’étend dès de sculpture d’environ trois mètres d’ensemble détachée et distancée. lors à toute l’exposition.

de haut. L’impression sur affiche a

L’autre élément, c’est l’échelle. Le petit Ces dernières années, j’ai montré un d’autres propriétés intéressantes. C’est buisson au premier plan de la photo grand nombre de photos sous forme fin comme une peau. Alors qu’une est quasiment à échelle 1. Le recours d’affiche. Chaque occasion est liée à photographie encadrée reste toujours à cette échelle réaliste permet que le différentes raisons et intentions. J’ai eu un objet introduit à l’intérieur d’un espace, l’affiche est davantage partie intégrante de l’espace. Lors d’une exposition à Ostende 2, j’ai construit une pièce sans angles. L’espace était entouré d’un mur courbe sans interruptions. Une seule ouverture faisait office d’entrée et de sortie. Les images épousaient et accentuaient les courbes. Cette présentation plus dynamique donnait le sentiment qu’elles tournaient en continu dans la tête du regardeur.


‘‘ Ces lieux m’intéressent également car ils résistent à l’évidence de l’implantation et de l’organisation humaine ’’

F.O. : Pourrions-nous dire que le recours à l’affiche, dans le cas de Trajectory et Palanga, accentue la dimension « conceptuelle » de votre travail,

G.G. : Au Palais de Tokyo,

qui serait de l’ordre du «

Liepaja était imprimée à une

paysage mental »? J’ai vu la

très grande taille, presque

présentation de Liepaja (2004)

trois mètres sur cinq. On voit

au Palais de Tokyo .

rarement une image avec de

J’ai trouvé que la présence

telles dimensions en dehors

du mur sous le poster était

du cinéma et des panneaux

très sensible. Il devenait dès

d’affichage publicitaires.

lors difficile de se projeter

J’ai utilisé une technique

physiquement dans l’image. On

expérimentale pour montrer

restait dans une sorte d’entre-

cette image : au lieu de

deux permanent, quelque chose

l’imprimer sur un papier et

d’impossible à résoudre. Êtes-

la coller sur le mur, j’ai utilisé

vous d’accord avec cela ?

une technique de transfert,

3

où en fait le pigment pénètre directement dans la peinture blanche du mur. L’épreuve n’a plus de support : le mur lui-même devient le support. Ceci, combiné au format cinématographique, évoque une projection en arrêt, une sorte de post-image oubliée

sur le mur, l’apparence d’un vieux panneau publicitaire battu par les intempéries. Je suis donc d’accord avec cette idée d’un entre-deux à laquelle vous faites référence. Pour moi, cette présentation était ambivalente. J’espérais (et visais) une installation intense et soignée, et en fin de compte, cela ressemblait à une image quasi en ruine qui s’est avérée juste puisque Liepaja représente une ruine. Au bout du compte, l’image en tant que projection mentale était parfois très présente, et à d’autres moments, éclipsée par la structure du mur.


F.O.: Trajectory montre un partis, il n’y a plus ce sentiment que telle. Ces sites sont souvent terrain de motocross. Le choix de vitesse, et les seules choses isolés et difficiles d’accès, d’où du noir et blanc souligne les restantes sont les traces qui leur aspect sauvage. J’aime m’y tracés, les trajectoires. Lorsque disparaissent lentement dans le promener car il s’en dégage je regarde cette image, je pense sol. Deux forces apparemment quelque chose de classique et comme vous à un dessin. Vous opposées – une rapide et une d’ahistorique. avez beaucoup parlé de la Spiral lente – sont ici thématisées. L’autre

intérêt

que

je

Jetty de Robert Smithson avec Vincent Lamouroux 4. Trajectory

effrayé par cela. Mais pour

m’évoque

moi, l’effacement des choses

dans

l’esprit,

les

dessins de Smithson. Est-ce que

existantes

son travail et en particulier ses

humaine a quelque chose de

dessins ont une influence sur vos

mélancolique. Je

photos ?

suppose que c’est une différence

et

de

l’espèce

très claire entre le point de vue

G.G. : Je n’ai jamais vu de

de Smithson et le mien. Enfin, il

dessins de Robert Smithson,

y a évidemment une différence

seulement

générationnelle. Il est étrange de

quelques

reproductions sur des livres. Je

constater que Smithson

ne peux donc pas affirmer qu’ils

a été très critique par rapport au

me sont familiers. Quelques-

concept de recyclage des déchets.

unes de mes photos montrent Les traces sont donc le résultat partage

avec

cependant une sensibilité pour visuel d’un processus plutôt d’effectivement les traces, les interventions lent.

L’incessante

Smithson

est Il en parlait dans les années

regarder

le 1970, quand on en était plus ou

poursuite monde à une échelle temporelle moins à la phase expérimentale.

dans le paysage. Elles sont donc d’un même chemin. Par ailleurs non-anthropologique, à l’échelle Aujourd’hui, c’est devenu assez proches des earthworks Robert

Smithson

s’intéresse des temps géologiques plutôt complètement mainstream et

de Robert Smithson. Le concept aux lieux où l’entropie devient que du temps humain. C’est faire je ne peux pas imaginer vivre d’entropie est très palpable visible que sont les puits de un effort d’abstraction (et cela dans le monde sans cela. J’ai dans un lieu tel qu’un terrain mine, les lacs salés, les déserts, incite à rester humble) que de été conditionné par la société de motocross où les lignes etc. Ces lieux m’intéressent considérer la quasiinsignifiance à comprendre la nécessité du surgissent à la fois de la logique également car ils résistent à de la présence humaine dans recyclage. Aussi, la position de et du hasard : les motards l’évidence de l’implantation et le large contexte du cosmos. Smithson consistant à douter recherchent les pentes les plus de l’organisation humaine. C’est Smithson accepte le raides, les chemins les plus présenter une idée de la société caractère

irréversible

publiquement de sa validité de a quelque chose de frais et de

aventureux. Une fois les motards plutôt que la société en tant l’entropie, et n’a jamais été nouveau pour moi.


F.O. : Palanga se situe entre le dessin et l’apparition/disparition. Avez-vous retouché cette photo ?

G.G.: Palanga n’a pas été modifiée ou numériquement retravaillée. L’épreuve ressemble vraiment à l’image originale. Durant le voyage où j’ai pris cette erreur technique, cette photo, j’ai dû passer par quelque chose émerge qui quelques petits aéroports dont ajoute une forme de clarté à les postes de contrôle étaient cette photo. L’erreur en améliore équipés d’antiques machines à l’expression.

À

un

niveau

rayons x. Quelques pellicules plus conceptuel, le fait qu’une furent endommagées par la machine à rayons x ait laissé radiation. Au début, je n’ai pas une trace sur le cliché lui confère voulu utiliser Palanga en l’état : le plus de temps , plus d’ histoire coin de la photo en bas à gauche . Pendant la Guerre froide, était complètement voilé. J’ai Palanga (Lithuanie) était une quand même décidé de garder station balnéaire où les cadres l’image

car

cette

altération du parti communiste venaient se

faisait sens et semblait lui « reposer. Aujourd’hui, tout cela appartenir ». La perte des détails est derrière nous et ce pavillon sur la pellicule soulignait encore apparaît comme un monument plus la structure métallique de cette époque révolue. Cette du pavillon. La réduction et la image, avec l’empreinte des simplicité des tons évoquaient rayons x, sonne comme un écho un projet d’architecture. Grâce à ralenti de cette histoire.


Traduit de l’anglais par Frédéric Oyharçabal. 1. Régis Durand, « Entretien avec Geert Goiris », in cat. Croiser des mondes. Emmanuelle Antille, Geert Goiris, Stanley Greene, Guillaume Herbaut, Janaina Tschäpe, Jeu de Paume, Paris, 2005, pp. 20-30. 2. Freestate, exposition collective, Ostende, Belgique, 2006. 3. Fresh Hell, exposition collective, Palais de Tokyo, site de création contemporaine, Paris, 20/10/2010 – 16/01/2011. 4. « Fragments d’une conversation. Geert Goiris/Vincent Lamouroux », in Vincent Lamouroux, coll Art contemporain – monographies, Les presses du réel, Dijon, 2010, pp. 29-35.


GEERT GOIRIS Born 1971 in Bornem lives and works in Antwerp (BE) contact@geertgoiris.info www.geertgoiris.info


SELECTED SOLO EXHIBITIONS


2012 Darkcloud, Galerie art:Concept, Paris (FR) Walk and Dissolve, Stadtgalerie Backnang (DE) 2011 The Unreliable Narrator, Galerie Catherine Bastide, Brussels (BE) 2010 Czar Bomba, CAB, Burgos (ES) 2010 Turbulence, Geert Goiris / Vincent Lamouroux, KIOSK, Ghent (BE) 2010 Whiteout and Other Stories, Hamburger Kunsthalle, Hamburg (DE) 2009 Confabulation, Kunstforum Baloise, Basel (CH) 2009 Imagine There’s No Countries, Le Crédac, Ivry-sur-Seine (FR) 2009 Whiteout #02, Statements Art Basel, Basel (CH) 2008 Whiteout #01, Images 08 festival, Vevey (CH) 2007 Frontier, Galerie Catherine Bastide, Brussels (BE) 2006 Le Grand Café, Centre d’art contemporain Saint Nazaire (FR) 2005 LFL gallery, New York (USA) 2004 Art: Concept, Paris (FR) 2004 The world as we know it (with Ville Lenkkeri), Prospekto, Vilnius (LIT) 2003 Lost in Space, Roger Vandaele Edition, Antwerp (BE) 2002 Possibilities, Netwerk Gallery, Aalst (BE) 2001 Van Wijngaarden Gallery, Amsterdam (NL) 2001 Surrounded, Gallery Vaclav Spaly, Prague (CZ) 2001 Kontor in Der Schneiderei, Cologne (DE) 2000 Reconstruction, Museum for Photography, Antwerp (BE)


SELECTED GROUP EXHIBITIONS

2012 Junctions (curator: Lara D’Hondt), Bozar, Brussels (BE) 2012 Pop-Up, Liens artistiques, Musée d’Ixelles (BE) 2012 Sculpture is everything, Gallery of Modern Art, Brisbane (AU) 2012 Arcadian Boxes, Siakos Hanappe Gallery, Athens (GR) 2012 Be here now, Deutsche Börse AG, Frankfurt am Main (DE) 2012 Le Silence, une fiction, Nouveau Musée National de Monaco (MC) curator Simone Menegoi 2011 Transformed Land, Gulbenkian foundation, Paris (FR) curator Sergio Mah 2011 The Eye is a Lonely Hunter, photofestival Heidelberg-Mannheim-Ludwigshafen (DE) curators Katerina Gregos & Solvej Helweg Ovesen 2011 The second Act, de Brakke Grond, Amsterdam (NL) curator Chris Clarke 2011 Weiss und andere farben, Galerie der Gegenwart, Hamburger kunsthalle (DE) curators Brigitte Kölle, Gonçalo Sousa Pinto, Petra Roettig 2011 Mirages and Fountains, Galerie Catherine Bastide, Brussels (BE) curator Catherine Sullivan 2011 De Stad 3D, Hilversum Museum (NL). curator Imke Ruigrok 2010 CLIMAX REDVX, Bac – Bâtiment d’art contemporain, Geneva (CH). curator Eveline Notter 2010 Le Carillon de Big Ben, Le Crédac, Ivry-sur-Seine (FR) curator Claire Le Restif 2010 Out of Control, BIP, Liege (BE) 2010 Structures du temps, FRAC, Bourgogne (FR) 2010 America Deserta, Parc Saint- Léger, Pougues – les – Eaux (FR), curator Etienne Bernard 2010 Fresh Hell, Palais de Tokyo, Paris (FR). curator Adam McEwen 2009 The State of Things, Bozar, Brussels (BE) / NAMOC, Bejing (CN) curators Luc Tuymans, Ai Weiwei, Fan Di’an & Philippe Pirotte, 2009 Beyond the Picturesque, S.M.A.K., Gent (BE) / MARTA, Herford (DE) 2008 Un-Scene, Wiels centre for Contemporary Art, Brussels (BE) 2008 A meeting between the tragic and the funny , Hessenhuis, Antwerp (BE) / De Brakke Grond, Amsterdam (NL) 2008 Images’08- Festival des arts visuels- Vevey (CH) 2008 Lugares comprometidos, topography and actuality. Fundación ICO Madrid (ES) 2008 P2P – casino Luxembourg (LU) 2008 The Unwanted Self, University of Brighton Gallery, Brighton (UK)


2008 Le travail de rivière Le Crédac centre d’art contemporain, Ivry-sur-Seine (FR) 2007 Private/Public, Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam (NL) 2007 Spectacular City – Photographing the Future, NRW-Forum Kultur und Wirtschaft, Düsseldorf (DE) 2007 Proposals for an art integration project, Netwerk, Aalst (BE) 2007 El Hilo Conductor, Centro de Arte Contemporaneo de Burgos, Burgos (ES) 2006 Spectacular City – Photographing the Future, Architecture Institute, Rotterdam (NL) 2006 Tunnel Vision, Fotomuseum, Antwerp (BE) 2006 Les rencontres d’Arles Photographie, Arles (FR) 2006 Freestate, Ostend (BE) 2006 Galerie Edward Mitterrand, Geneva (CH) 2006 Right on Write Off, Chapman Fine ARTS, London (GB) 2006 Traces, Biennale #1, photographie et architecture, Espace Architecture La Cambre, Brussels, (BE) 2006 Buenos dias Santiago – an exhibition as an expedition, Museum of contemporary Art, Santiago de Chile (CL) 2005 Belgian photographers 1840 – 2005, FotoMuseum Antwerp (BE) 2005 Croiser des mondes, Jeu de Paume, Paris (FR) 2004 A temporary monument for David Mc Comb, STUK, Leuven (BE) 2004 Undercurrent, Platform Garanti Contemporary Art Center, Istanbul (TR) 2004 Manifesta 5, European Biennal for Contemporary Art, San Sebastian (ES) 2003 At least begin to make an end, W 139, Amsterdam (NL) 2003 Kaap Helder, Den Helder (NL) 2003 Prijs Jonge Belgische Schilderkunst, Palais des Beaux Arts, Brussels (BE) 2003 Happiness Land, Plovdiv (BUL) 2003 Contemporary Photography from Flanders, Karavanserai, Tbilisi (GE) 2002 Overgangslocaties, Sint-Lukas Gallery, Brussels (BE) 2002 Paramount Basics, Richard Venlet, MUHKA, Antwerp (BE) 2000 Introduction à une philosophie du presque, De ladder van Pontormo, Ghent (BE) 2000 Short-circuits, Contemporary photography from Flanders, Tallinn (EST) 2000 We’re always on the edge of wilderness, W 139, Amsterdam (NL) 2000 Ici et Maintenant, Tours et taxis, Brussels (BE) TRAINING / PROFESSIONAL EXPERIENCE from 2012 Tutor at Royal Academy of Fine Arts, Antwerp (BE) 2003-2012 Tutor at Sint Lukas Higher College for Art and Design, Brussels (BE) 2002 Master’s Degree in photography, Academy of Fine Arts, Antwerp (BE) 1997-2000 Post-graduate, Higher Institute for Fine Arts (HISK), Antwerp (BE) 1995-1997 Living and working in Copenhagen (DK) 1993-1995 Department of still photography, FAMU Academy, Prague (CZ) 1989-1993 Photography department Sint Lukas Higher College for Art and Design,Brussels (BE)


PUBLIC COLLECTIONS

Centre National des Arts Plastiques – CNAP, Paris (FR) Fonds National d’Art Contemporain (FR) Centro de Arte Contemporaneo de Burgos (ES) La Salle Bank Photography Collection, Chicago (USA) ING, Brussels (BE) Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (FR) Fotomuseum, Antwerp (BE) University Hospital, Jette (BE) Williams College Museum of Art (USA) Flemish Parliament, Brussels (BE) Seattle Art Museum (USA) Frac Languedoc-Roussillon, Montpellier (FR) Frac Bourgogne, Dijon (FR) Province of Antwerp (BE) Queensland Art Gallery, South Brisbane (AU) Lhoist Collection, Brussels (BE) Deutsche Börse, Frankfurt (DE) Hamburger Kunsthalle (DE) Baloise holding, Basel (CH) MUDAM, Luxemburg (LU) Musée d’Ixelles (BE)


Geert goiris / The ultimate Monograph


Monographie de Geer Goiris