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Édition du 5 au 18 mars 2012 | Volume 7, numéro 13 | 20 pages | Bimensuel gratuit | www.zonecampus.ca

Par Marie-Michèle Caron

ARTS IMPROVISATION : MATCH SPÉCIAL Dans un élan de générosité, la Ligue d’improvisation universitaire de TroisRivières (LUITR) a bien voulu disputer un match contre l’équipe de la délégation des Jeux de la communication afin que ceux-ci puissent parfaire leur jeu. La partie du 22 février a été l’occasion idéale pour les...

GRÈVERA, GRÈVERA PAS

LA DÉCISION SE PRENDRA LE 14 MARS

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Par Maxime Pronovost

SPORTS

LES PATRIOTES ACCÈDENT À LA FINALE Par Claudia Berthiaume

Grève générale illimitée (la fameuse GGI), grève d’une journée, pas de grève du tout : toutes les options sont ouvertes. C’est le 14 mars prochain à 18h30, dans le cadre d’une Assemblée Générale Spéciale (AGS) de grève, demandée par les étudiants, que cela se décidera.

Afin d’accueillir le plus grand nombre de personnes possible, les gymnases du CAPS Léopold-Gagnon (Centre de l’Activité Physique et Sportive) seront utilisés pour cette Assemblée. Surveillez les babillards et les réseaux sociaux pour plus d’informations. Nous avons appris la date de l’AGS de grève par voie de communiqué le 20 février

dernier. Dans ce même communiqué, l’Association Générale des Étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) a tenu à préciser qu’il n’y aurait pas de levée de cours pour l’occasion. En fait, l’AGE devait le demander à l’administration de l’UQTR puisque cela est inscrit dans ses...

Dans un match ultime, les Patriotes ont remporté la série demi-finale de la division est de la SUO face aux Ravens de l’Université Carleton dimanche le 26 février. Après une victoire au troisième match de la série contre les Rams de Ryerson, les Patriotes passaient en...

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5 au 18 mars 2012

ACTUALITÉS

LA DÉCISION SE PRENDRA LE 14 MARS

Grèvera, grèvera pas? Photo : Archives

Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5011 poste 3414 Publicité: (819) 376-5011 poste 3409 Télécopieur: (819) 376-5239

Actualités

Bimensuel distribué à 5 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières.

«La semaine du travailleur a sept jours, la semaine du paresseux a sept demains.» – Proverbe français

Convocation Nous avons appris la date de l’AGS de grève par voie de communiqué le 20 février dernier. Dans ce même communiqué, l’Association Générale des Étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) a tenu à préciser qu’il n’y aurait pas de levée de cours pour l’occasion. En fait, l’AGE devait le demander à l’administration de l’UQTR puisque cela est inscrit dans ses suite de la une statuts et règlements généraux, mais il serait très surprenant que l’AGE obtienne cette faveur pour un vote de grève. Dans ces conditions, l’AGE a donc décidé de tenir le vote en soirée «pour minimiser l’impact sur les activités de cours». Il est également spécifié, dans le communiqué, que le Conseil Exécutif ne fera aucune proposition et que «les étudiants décideront donc par eux-mêmes». Rappelons que l’AGE UQTR est indépendante sur la scène nationale depuis 2009, donc, celle-ci n’obéit à aucun mot d’ordre. Toutefois, l’Association Générale des Étudiants demeure opposée à toute modification faite aux frais de scolarité avant la tenue d’états généraux en éducation, position qui a été prise par ses membres il y a quelques années.

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-6 L’École d’ingénierie élargit ses horizons

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Projet d’intervention communautaire

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Une pionnière de l’UQTR honorée

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Tribune Libre : Amir Khadir

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SOCIÉTÉ 7-9 OPINION 9 10-15

Soirée de danse de l’AGE UQTR

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LUITR

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Soirées cachées CFOU

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Événement à l’Église Ste-Cécile

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UQTR en spectacle

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SPORTS 16-19 Soccer Deux étudiants s’illustrent Hockey

Grève générale illimitée (la fameuse GGI), grève d’une journée, pas de grève du tout : toutes les options sont ouvertes. C’est le 14 mars prochain à 18h30, dans le cadre d’une Assemblée Générale Spéciale (AGS) de grève, demandée par les étudiants, que cela se décidera. Afin d’accueillir le plus grand nombre de personnes possible, les gymnases du CAPS Léopold-Gagnon (Centre de l’Activité Physique et Sportive) seront utilisés pour cette Assemblée. Surveillez les babillards et les réseaux sociaux pour plus d’informations.

François-Olivier Marchand | Directeur général dgcfou@uqtr.ca David Ferron | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Audrey Tremblay | Rédactrice en chef redaction.zc@uqtr.ca Demmi Dolbec | Actualités actualites1@zonecampus.ca Claudia Berthiaume | Actualités actualites2@zonecampus.ca Mélissa Beaupré | Arts et spectacles arts1@zonecampus.ca Marie-Michèle Caron | Arts et spectacles arts2@zonecampus.ca Magalie Chauvin | Sports sports1@zonecampus.ca Maxime Pronovost | Sports sports2@zonecampus.ca Maxime Bilodeau | Chroniqueur maxime.bilodeau1@@uqtr.ca Jean-François Veilleux | Chroniqueur jean-francois.veilleux@uqtr.ca Marie-Andrée Gauthier | Chroniqueuse marie-andree.gauthier1@uqtr.ca Michaël Magny | Chroniqueur michael.magny@uqtr.ca Simon Fitzbay | Chroniqueur simon.fitzbay@uqtr.ca Hubert Samson | Caricaturiste hubert.samson@uqtr.ca Sébastien Dulude | Correcteur sebastien.dulude@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Photographe | Dany Janvier prodcfou@uqtr.ca Photo de la une | D. Janvier

ARTS ET SPECTACLES

Photo : XXXXX

CLAUDIA BERTHIAUME

16-17 17 18-19

Plusieurs étudiants s’étaient déplacés volontairement pour participer à la manifestation nationale du 10 novembre dernier.

Les gens se mobilisent sur Facebook Avant même que l’on connaisse la date exacte de l’Assemblée Générale de grève, les réseaux sociaux pullulaient de commentaires et de groupes pro/anti-grève. C’est qu’il faut tout démêler : certains sont favorables à la hausse, et contre la grève, d’autres s’opposent à la hausse tout comme à la grève, alors qu’enfin, plusieurs s’opposent à la hausse, mais prônent la grève. Afin de pouvoir argumenter et se faire une tête sur le sujet de l’heure (la hausse, et par conséquent, la grève), trois groupes Facebook ont été créés pour l’UQTR principalement. D’abord, un groupe «UQTR – Contre la grève générale illimitée». Le groupe, créé par Hans Phaneuf, étudiant au Département des sciences de la gestion, contient actuellement 466 membres. Beaucoup de critiques ont été émises à l’endroit de l’AGE sur ce forum de discussion. Il est vrai que la majorité des

commentaires vont dans le sens d’une incompréhension du fonctionnement de l’AGE UQTR, mais aussi souvent vers un réel désir de s’informer. Le créateur du groupe n’a malheureusement pas voulu répondre à nos questions. En réaction, le vice-président à la vie associative et à l’environnement (anciennement vp aux affaires internes) de l’AGE, M. Ludovick Nadeau, a créé le groupe «Pour ou contre la grève», qui compte actuellement 324 membres. «Il s’agit d’une plateforme de débat où les gens de toutes les opinions peuvent discuter et partager des informations», selon M. Nadeau. «Nous respectons les opinions de tous les étudiants. Les propos qui nous dérangent sont ceux qui diffament l’AGE ou qui propagent des informations erronées sur l’Association. Nous invitons les gens à venir discuter avec nous», a-t-il ajouté. Finalement, un groupe «UQTR – Pour la grève» a été fondé par Jean-Sébastien Berthelot, étudiant au département de chimie-biologie. Celui-ci regroupe 78 personnes pour le moment. Selon M. Berthelot, «le but visé par la création de ce groupe était simplement de permettre l’enclenchement d’un débat sur la hausse des droits de scolarité et sur les outils qu’il est possible d’utiliser pour pouvoir la contrer». Pour ce qui est de la préparation à l’Assemblée Générale de grève, le plan de match est le suivant : «il faut essayer de mobiliser le plus de gens possible, qu’ils soient pour ou contre la grève. Il faut que les gens réalisent que l’AGE UQTR leur appartient et qu’ensemble ils sont capables de travailler vers un objectif collectif», a ajouté M. Berthelot. Rappelons que le dernier vote de grève, tenu à l’automne 2011, avait été rejeté par les étudiants. À l’hiver 2011, par contre, deux votes avaient confirmé la tenue d’une journée de grève pour participer à une manifestation nationale. De mémoire d’homme, la plus longue grève étudiante de l’UQTR se résume à deux périodes de trois jours non-consécutifs, tenus en 2005.


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ACTUALITÉS

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ACTUALITÉS LA TRANSITION EST PRÉVUE POUR LE PRINTEMPS

Nouveau gérant pour la Chasse-Galerie CLAUDIA BERTHIAUME Actualités

Le Zone Campus vous l’annonçait en décembre dernier, Stéphane Morency quittera prochainement la ChasseGalerie après douze ans de services en tant que gérant du bar universitaire. Son successeur est maintenant connu : il s’agit de M. Jean-François Bourassa. Au niveau de l’assistanat de la gérance, Marie-Christine Déry occupait l’intérim depuis le départ de Belgasime Drame; elle obtient officiellement le poste au terme du processus d’embauche. Rencontre avec les deux candidats. Marie-Christine Déry Vous la voyez derrière le comptoir de la Chasse depuis bientôt deux ans en tant que serveuse. Ce que vous ne saviez peut-être pas, c’est que la jeune femme de 24 ans détenait le poste d’assistante-gérante par intérim depuis le 1er décembre dernier. Mme Déry termine actuellement un baccalauréat en administration des affaires, profil management. Avant de travailler au bar de l’université, elle a passé six années à l’emploi des Restaurants McDonalds, dont quatre en tant que chef de quart. La gestion d’employés lui est donc déjà familière. Mme Déry s’est également impliquée au sein de son association étudiante au cours de son baccalauréat; elle a été la présidente de la défunte AESCA (Association des étudiants en sciences comptables et administratives) en 2009-2010. La nouvelle assistante-gérante voit d’un bon œil l’agrandissement prévu de la ChasseGalerie : «Nous pourrons exploiter plus d’espace pour accueillir plus d’étudiants. Ça risque aussi d’inciter davantage les gens à encourager l’AGE», a-t-elle souligné. «La Chasse, c’est un endroit pour les étudiants, par les

étudiants, et je crois que ça améliore la vie universitaire à l’UQTR», a ajouté Mme Déry.

Photo : A. Tremblay

Jean-François Bourassa Vous ne le connaissez pas encore, mais vous devriez le voir très souvent prochainement car il se dit disponible et ouvert à la discussion avec les étudiants et la clientèle de la Chasse-Galerie. M. Bourassa est âgé de 35 ans et détient un diplôme d’études collégiales en techniques administratives du Cégep de Shawinigan. Par le passé, il a été le gérant du département des fruits et légumes dans une épicerie, puis adjoint-administratif dans une usine de désossage de porc de la région. Il n’a aucune expérience dans la gestion de bar, ni en restauration. Le nouveau gérant ne voit toutefois pas cela comme un défaut : «Je trouve que c’est une bonne chose, au contraire, parce que je n’ai aucun mauvais pli et que je saurai m’entourer des bonnes personnes pour faire mon travail correctement», a-t-il précisé. «Pour ce qui est de l’administration, c’est quelque chose d’assez universel d’un endroit à l’autre», a ajouté M. Bourassa. M. Bourassa se dit également favorable à l’agrandissement de la Chasse-Galerie : «Je crois que ça va garder les gens à l’Université pour étudier, et que ce sera plus facile pour eux de créer des liens. La Chasse est un endroit dynamique et plaisant à fréquenter.» D’ailleurs, un des projets du nouveau gérant serait que la décoration de la nouvelle partie de la ChasseGalerie (qui sera aménagée dans le style lounge) soit faite par des étudiants. «Le talent des étudiants en arts pourrait être mis à profit, par exemple», a-t-il souligné. De son côté, Stéphane Morency n’a pas donné de date officielle pour son départ. Il prévoit quitter lorsque la formation et la transition de son successeur auront été complétées.

Processus d’embauche Lors de la séance du 29 janvier du Conseil d’Administration (C.A.) de l’AGE UQTR, cer-

BOURSE FERNAND-SEGUIN

Pour les journalistes scientifiques en herbe

Amateur de vulgarisation scientifique et passionné des mots? L’édition 2012 de la Bourse Fernand-Seguin est pour vous. Il vous faudra rédiger un dossier sur un sujet de nature scientifique et le tour est joué! La date limite pour poser une candidature est le 3 avril.

Marie-Christine Déry, assistante-gérante et M. Jean-François Bourassa, gérant. tains ont critiqué le processus d’embauche. En effet, à ce moment, aucun étudiant (en dehors des membres du Conseil Exécutif) ne faisait partie du comité d’embauche, ce qui en a choqué certains. Finalement, à force de discussions, les administrateurs ont réussi à obtenir la présence d’un d’entre eux aux entrevues qui débutaient le lendemain. Au final, c’est à la suite de deux entrevues que les candidats ont été retenus, dont une qui s’est déroulée en présence des membres du comité OSSAGE (Comité d’Organisation et de Supervision des Services de l’AGE), dont la majorité sont des étudiants. Les contrats offerts aux deux gestionnaires sont d’une durée d’un an. «Il faut s’assurer que les gens conviennent pour les postes avant d’offrir quelque chose de plus long», a précisé Mme Ariane Cossette, vice-présidente aux finances et développement de l’AGE UQTR. «C’est autant à l’avantage de l’employé que de l’employeur», a-t-elle ajouté.

Depuis plus de trente ans, cette bourse a lancé bien des carrières en journalisme scientifique comme celle d’Isabelle Vaillancourt : «Après avoir réalisé mes stages à Québec Science et à l’Agence Science-presse, j’étais certaine de vouloir continuer en journalisme scientifique. J’ai donc téléphoné aux Débrouillards et grâce à la mention Prix du jury Fernand-Seguin, j’ai obtenu un troisième stage.» Mme Vaillancourt est présentement rédactrice en chef du magazine Les Débrouillards. Deux lauréats seront choisis à la suite de l’évaluation : un premier prix et le prix de la relève. Le premier prix représente un stage de six mois dans différents médias, dont trois mois à l’émission Découverte de Radio-Canada, associé à un montant de 15 000$. Le prix de la relève, quant à lui, est un stage de deux mois pour un total de 5 000$. Parmi les endroits où le stage pourrait avoir lieu, on y retrouve, entre autres, le journal La Presse, l’émission de radio Les années lumières à Radio-Canada et Le Code Chastenay à Télé-Québec. La Bourse Fernand-Seguin a ainsi pour objectif premier d’encourager et de stimuler les carrières en communication scientifique. Le jury de la Bourse Fernand-Seguin est formé de sept membres provenant des milieux de la science et des communications. Le jury se fie sur plusieurs critères pour rendre leur décision comme l’originalité et qualité de la recherche, le souci de vulgarisation, l’exactitude des informations scientifiques et l’intérêt manifeste du candidat pour faire carrière en vulgarisation scientifique. (D.D.)


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ACTUALITÉS

NOUVELLE CONCENTRATION EN GÉNIE MÉCATRONIQUE

L’École d’ingénierie élargit ses horizons M. Sylvain Delisle, vice-recteur aux études de premier cycle et au soutien académique, en avait glissé un mot lors du dévoilement de la nouvelle image de marque de l’École d’ingénierie en octobre 2011 : il y aura une formation en génie mécatronique offerte à l’Université du Québec à Trois-Rivières dès septembre 2012. C’est maintenant le temps de s’inscrire dans cette nouvelle concentration du génie mécanique, inscriptions qui seront exceptionnellement prolongées jusqu’à l’été 2012. L’étudiant en génie mécatronique acquerra, au cours de son baccalauréat, des connaissances en mécanique, en électronique et en informatique. Devenu ingénieur, il aura donc la compétence de concevoir des systèmes automatisés, comprenant une partie mécanisée, qui seront commandés par des interfaces de nature électronique. Un baccalauréat en ingénierie se fait habituellement en quatre ans. Dans le cas qui nous intéresse, une année complète de la forma-

tion sera dévolue à l’étude de la mécatronique. «C’est essentiellement par sa polyvalence et sa formation interdisciplinaire que se caractérise l’ingénieur en mécatronique : ses compétences en mécanique, électronique et informatique lui permettent d’avoir une vision intégrée des systèmes et produits à développer», résume M. Vincent François, directeur de la formation en génie mécatronique. Selon le directeur de l’École d’ingénierie, M. Kodjo Agbossou, il s’agirait d’un atout pour la région : «Les ingénieurs en mécatronique sont très attendus sur le marché du travail, notamment en Mauricie et au Centre-du-Québec, où l’on retrouve bon nombre d’entreprises spécialisées en conception de produits et systèmes. Dans un contexte économique où les produits, systèmes et services sont de plus en plus “intelligents”, l’ingénieur spécialisé en mécatronique représente un apport précieux.» Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site de l’École d’ingénierie au : www.uqtr. ca/ecoleingenierie . (C.B.)

PROJET D’INTERVENTION COMMUNAUTAIRE

Le cirque débarque en ville

Photo : Archives

Le Cabaret Apocalyptique édition 2011.

DEMMI DOLBEC Actualités

Grande prophétesse, Homme-Ordure, Femme-Robot; ne vous inquiétez pas, vous êtes toujours à l’université, mais dans l’univers de Cabaret Apocalyptique, un projet dirigé par des étudiants au baccalauréat en loisir, culture et tourisme de l’UQTR dans le cadre d’un Projet d’intervention communautaire (Picom). Cabaret Apocalyptique est un spectacle qui intègre théâtre, cirque, chant et danse pour parler de la protection de l’environnement à des enfants d’âge primaire. Tout au long de la représentation, des questions sont posées pour tester les connaissances du jeune public et rendre le spectacle interactif. «L’équipe déplorait la redondance dans la manière d’approche des campagnes de sensibilisation. Le but du Cabaret était d’en parler d’une façon plus captivante, ludique et originale», mentionne Benoit Jobin, membre de la troupe et du Picom. On se retrouve donc avec une tribu fantastique venu de l’an 2511 arrivée, par portail temporel, en 2012. Les personnages viennent d’un monde démoli, pollué et profitent de leur passage à notre époque pour alerter les jeunes et les sommer d’arrêter le dépouillement de la planète. «Les réels impacts éco-responsables vont plus se voir sur les jeunes de 6 à 17 ans, c’est pourquoi il a été décidé, à un moment, d’orienter le projet vers un public plus jeune», ajoute M. Jobin. Le Cabaret Apocalyptique est né en octobre 2010 par l’initiative du comité Bacc Vert qui destinait alors le spectacle au Colloque québécois des campus durables de 2011. Des étudiants du baccalauréat en loisir, culture et tourisme ont repris l’idée, l’année suivante, sous forme de Picom et l’ont adaptée au milieu scolaire. M. Jobin tient à souligner le rôle de MarieClaude Roulez dans ce projet : «Elle est vraiment un pilier de ce projet, elle est là depuis le départ. Elle a aussi fait l’École nationale de cirque, elle chorégraphie plusieurs numéros acrobatiques et c’est ce qui donne un caractère plus spectaculaire au Cabaret.»

Quelques représentations ont déjà été faites dans des écoles primaires de la région pour un prix très modique. «La réception du spectacle est vraiment bonne dans les écoles, les jeunes sont captivés du début à la fin. Ils voient des grands faire des pirouettes et ils capotent», ajoute celui qui joue, dans le spectacle, un druide des temps futurs.

«L’équipe déplorait la redondance dans la manière d’approche des campagnes de sensibilisation. Le but du Cabaret était d’en parler d’une façon plus captivante, ludique et originale.» – Benoit Jobin, membre de la troupe et du Picom Pour la session 2012, les textes ont été lus et corrigés par la comédienne Rita Lafontaine. La mise en scène a été commentée et améliorée par Hervé Guay, professeur au Département de lettres et communication social. Deux représentations ont eu lieu et la prochaine se fera dans la municipalité de Rawdon, le 11 mars. L’équipe s’inscrit aussi au concours Forces Avenir qui reconnait les étudiants universitaires qui font preuve d’excellence et d’engagement. Pour ce qui est de l’avenir de Cabaret Apocalyptique, il est encore incertain déplore M. Jobin : «Personne n’a affiché son intention de reprendre le projet. Mais c’est certain qu’on aimerait bien que ça continue. On essaie de voir si on peut avoir des commanditaires, comme ça on pourrait devenir autonome.»

Picom? Un projet d’intervention communautaire est une activité pédagogique qui permet la conception et à la réalisation d’un projet de service communautaire sur la base d’un besoin identifié par un organisme sociocommunautaire, le tout en équipe. Dans le cadre de Cabaret Apocalyptique, le projet a comme mentor Pierre Fardeau, de l’Association québécoise pour la promotion de l’éducation relative à l’environnement (AQPERE).


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ACTUALITÉS

ÉTUDE DE RECHERCHE

La réalité virtuelle pour contrer les troubles du comportement alimentaire DEMMI DOLBEC

EN PLEINE FACE

Débattre avec des imbéciles

Photo : D. Dolbec

SIMON FITZBAY

Actualités

Chroniqueur

Concevoir un univers virtuel qui pourra permettre aux psychologues de traiter les troubles du comportement alimentaire. Voilà le but de l’étude de recherche sur lequel travaille présentement Johana Monthuy-Blanc, professeure au Département des sciences de l’éducation à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). «L’objectif est vraiment de démocratiser une technologie encore méconnue mais très utile!»

Les imbéciles sont partout dans notre société. Ils se retrouvent autant sur la place publique que dans le privé. Ils nous servent au restaurant, il enseignent à nos enfants, ils font de la politique ou écrivent des chroniques dans le Zone Campus (selon certains). Ils sont autant de gauche que de droite et savent parfaitement comment tourner un débat au ridicule.

Comment ça fonctionne? Cette expérience pourra être réalisée grâce à la réalité virtuelle, «une technologie permettant à l’individu d’expérimenter ou d’interagir avec des images dans un environnement simulé en trois dimensions» (Modemspeedtest, 2002). Mme Monthuy-Blanc explique comment elle a appliqué cette technologie à sa recherche : «La création d’environnements virtuels différents a permis d’appliquer la réalité virtuelle à des problématiques variées comme les troubles du comportement alimentaire. Par exemple, la création d’un continuum de silhouettes nous permet présentement de mesurer l’image du corps d’une façon plus authentique.» Le tout donne un environnement virtuel en trois dimensions dans lequel on peut évoluer, donnant l’impression d’une immersion dans un monde réel. Concrètement, la participante doit porter un visiocasque qui lui permet d’entrer dans cet univers virtuel, à l’intérieur d’un «cybercorps». Elle a aussi des senseurs au bout des doigts, ce qui permet à la chercheure de mesurer l’état émotionnel de la participante en temps réel. Le principe de réalité virtuelle a déjà été utilisé par des chercheurs et des psychologues pour traiter d’autres types de problèmes de santé mentale, dont les phobies, les troubles obsessifs compulsifs du nettoyage ou les troubles de jeu pathologique.

Pourquoi s’intéresser aux troubles du comportement alimentaire? En ce moment, les psychologues utilisent des questionnaires pour détecter ou soigner ce type de psychopathologie, ce qui semble insuffisant selon le taux de guérison avancé par

Johana Monthuy-Blanc, professeure au Département des sciences de l’éducation à l’UQTR (à droite) avec une participante. Mme Monthuy-Blanc : «Même si nous avons appris à mieux connaître ces troubles au fil du temps, nous avons toujours de la difficulté à les ‘’appréhender’’. Le taux de guérison se situe entre 30% et 60% et le taux de rechute à 50 %. Inutile de démontrer qu’il est judicieux de prévenir les troubles du comportement alimentaire plutôt que de les guérir.» Ce sont les différentes étapes de la vie de la professeure qui l’ont amené vers cette problématique. Sans jamais en avoir été ellemême victime, elle a fréquenté plusieurs amies ou étudiantes qui présentaient ce type de psychopathologies : «Comme mon intérêt grandissait avec mon impuissance face à ces troubles, j’ai décidé de les étudier. Je dis souvent que je n’ai pas voulu devenir chercheure, c’est la recherche qui m’a donné l’occasion d’étudier un sujet qui me passionnait : les troubles du comportement alimentaire.» Si vous êtes intéressés à participer à cette étude de recherche, l’équipe de la professeure Monthuy-Blanc souhaite recruter de jeunes femmes âgées entre 18 et 25 ans. Trois rencontres sur le campus de l’UQTR seront nécessaires durant lesquelles vous aurez à remplir des questionnaires, un carnet quotidien et, évidemment, à vous glisser dans un «cybercorps».

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Avec les nombreux échanges entourant la hausse des droits de scolarité, nous pouvons constater que de nombreux imbéciles se sont réveillés et tentent de monopoliser la place publique. Ils pullulent sur les réseaux sociaux et s’immiscent dans des débats pour ou contre la hausse ou sur une possible grève. Malheureusement, les imbéciles n’aident pas au débat. Ils y participent, soit, mais sans rien apporter de concret à celui-ci mis à part la défense de leurs position sans renouveler l’eau du moulin. Les imbéciles sont des convaincus. Des gens qui ne changeront pas d’idée ou qui ne laisseront pas de place à la nuance. Ils se basent sur leur propre conception de la réalité en ne laissant pas de place à celle des autres. C’est le festival du «j’ai raison, pis pas toi» et des sophismes à répétition. Le tout, bien sûr, sans s’appuyer sur aucunes preuves, aucuns chiffres ou études à l’appui. Ils passent simplement par le chemin le plus facile pour se rendre à leur destination. Quel est l’intérêt? Nul. Un débat est supposé se baser sur des réflexions mais également des arguments qui sont défendables. Par contre, lorsque l’on observe les conversations qui tapissent les forum concernant la hausse, autant d’un côté que de l’autre, ont peut y lire beaucoup de commentaires et d’«opinions» d’imbéciles, peuplées d’arguments faibles, indéfendables sans aucune évidence de réflexion. Le tout est soutenu par un biais politique évident et des redites propagandistes faibles et sans saveur. On ramène le débat à sa propre perception, usant des «Oui, mais moi je; Je comprends ton point de vue mais...; Essaie de voir ça à ma façon» sans pour autant apporter d’arguments appuyant cette vision intime, sans preuve de ce choix. Les constituants de cette forme de débat, au lieu de discuter, ne font que se mettre sur la défensive, se fermant les yeux, en chantant des «lalala». On se base souvent sur des jugements de valeur et des clichés lorsqu’il est temps d’identifier les parties prenantes de ces conversations. On accuse les étudiants pro-grève de n’avoir que ça à faire alors que ces derniers taxent les étudiants en faveur

de la hausse d’égoïstes. Le tout, bien sûr, sans questionner les raisons de ces prises de positions. Les imbéciles se confortent dans leur opinion qu’ils ont des autres mais refusent de considérer qu’ils ont affaire à leurs semblables qui ont seulement une opinion (fondée ou non) différente de la leur. Les imbéciles sont aussi (et bien malheureusement) moins informés que les autres. Ils questionnent les processus démocratiques que sont les Assemblées Générales ou contestent tout simplement la souveraineté de celles-ci sans toujours offrir de solution à ce qu’ils jugent anti-démocratique. Ils ne s’informent pas non plus sur les raisons qui nous ont poussé à adopter ces procédés à la base et considèrent qu’on peut tout changer du jour au lendemain. C’est sans parler des imbéciles qui usent de menaces de mort ou de la loi Godwin (comme quoi tout le monde est un nazi). Ceux-ci non seulement refusent le débat d’idée, mais y vont de bassesses intellectuelles en assignant des étiquettes de «fascistes» à la droite et de «communistes» à la gauche. Aucune nuance n’est faite et aucune tentative de discussion ne peut être entreprise avec ce type d’imbéciles. Ils ne font que faire mal paraître les étudiants. J’aimerais quand même faire ma procession de foi. J’ai, par le passé, usé de méthodes fallacieuses ou de sophismes lors de débats au sujet de la hausse des droits de scolarité et/ou la possibilité de grève. J’ai pêché par la facilité dans l’intensité du débat. Mais j’ai choisi de laisser tomber ces méthodes et de me consacrer à développer de vrais arguments en m’informant sur le sujet d’un côté comme de l’autre en gardant un esprit ouvert. Dans un même ordre d’idées, je n’ai plus envie de débattre avec des imbéciles. Je ne suis plus intéressé à discuter avec des gens qui me ressortent les mêmes rengaines malhonnêtes basées sur les simples notions de «responsabilité» ou de «solidarité». Pour reprendre les paroles de mon ami Pierre : «Je suis pour un débat intelligent.» En tant qu’étudiant ayant investi autant de temps dans ma formation, j’aimerais vraiment qu’on respecte mon intelligence. En tant qu’universitaires, doit-on vraiment laisser la discussion couler dans la facilité et la bassesse intellectuelle du sophisme? Pouvons-nous nous informer sur ces sujets si importants avant de simplement sortir des arguments vides et redondants qui ne font qu’attaquer et provoquer le camp adverse? Est-il possible de référer à des études ou des travaux de spécialistes lorsqu’il est question d’un sujet si délicat? Peut-être que si nous étions universitaires à l’extérieur des classes, nous serions capables d’être intelligents dans nos débats. Ceux-ci sont essentiels! Après tout, il serait vraiment stupide de passer à côté de cette opportunité.


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SOCIÉTÉ

5 au 18 mars 2012

SŒUR ESTELLE LACOURSIÈRE LAISSERA SA MARQUE

TRIBUNE LIBRE

Une pionnière de l’UQTR honorée Amir Khadir CLAUDIA BERTHIAUME

Photo : C. Berthiaume

Le député de Mercier et co-chef de Québec solidaire, M. Amir Khadir, sera de passage à l’UQTR le 15 mars prochain, c’est maintenant confirmé. Plus précisément, il participera à l’activité Tribune Libre organisée par l’AGE UQTR, à midi, à la Chasse-Galerie.

Actualités

L’Herbier de l’UQTR, qui contient actuellement plus de 20 000 spécimens de plantes à fleurs et environ 2 000 mousses et lichens, a été renommé Herbier Estelle-Lacoursière lors d’une cérémonie officielle le 22 février dernier, dans les locaux du Département de chimie-biologie de l’UQTR. Cette Ursuline, pionnière de l’institution d’enseignement supérieur trifluvienne, est en fait la fondatrice de l’herbier de l’Université, et c’est en guise d’hommage que ce dernier portera désormais son nom. Parcours Sœur Estelle Lacoursière est arrivée à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) lors de sa fondation, c’est-à-dire en 1969. L’École Normale des Ursulines (locaux actuels du Collège Laflèche) venait de fermer ses portes et Mme Lacoursière était dorénavant invitée à enseigner la biologie aux futurs maîtres à l’Université. Elle a donc, par le fait même, participé aux premiers balbutiements du Département de chimie-biologie de l’UQTR. Estelle Lacoursière a fait carrière au sein de l’institution trifluvienne pendant 30 ans. Elle est aujourd’hui officière de l’Ordre National du Québec et membre émérite de l’ACFAS (Association francophone pour le savoir). Sur le campus, nous lui devons la sauvegarde de plusieurs secteurs boisés, de même que la mise en valeur de certains espaces verts. «Soeur Lacoursière est reconnue pour ses qualités indéniables de vulgarisatrice scientifique, alors que ses travaux et ses initiatives visent à sensibiliser et à intéresser la population à la lutte écologique qui l’anime. Ayant signé une quinzaine d’ouvrages de référence sur la botanique, on peut

Sœur Estelle Lacoursière et la rectrice Nadia Ghazzali lors du dévoilement. aisément dire que la pédagogue, la chercheuse et l’écologiste chez elle demeurent indissociables», a indiqué Mme Lucie Guillemette, vice-rectrice aux études de cycles supérieures et à la recherche de l’UQTR.

Pérennité de l’herbier Un herbier est une ressource pédagogique qui reste souvent trop méconnue à l’ère du numérique. Pourtant, cela ne représente rien de moins qu’une partie de la mémoire végétale du Québec qui a été pressée, séchée et collée sur du papier sans acide. Le contenu de l’herbier EstelleLacoursière a été récolté par des étudiants et des professeurs, certes, mais également par des passionnés de la nature qui ont fait don de leurs récoltes à l’UQTR. Ces dernières années, l’herbier s’est également beaucoup enrichi grâce à la collaboration entre l’Université Laval et l’UQTR. En effet, l’herbier de Laval, qui compte près de 800 000 spécimens, regorgeait de doublons qui ont été gracieusement donnés au département de chimie-biologie de l’UQTR. Actuellement, l’herbier Estelle-Lacoursière serait le quatrième en importance au Québec, selon M. Serge Payette, professeur au

À LA DEMANDE DE LA CREPUQ

32,1M $ pour la recherche DEMMI DOLBEC Actualités

Un appui financier totalisant 32,1 M $ à des projets de recherche et d’acquisition d’équipements dans les universités et institutions de recherche du Québec a été officialisé, le 17 février dernier, par le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation (MDEIE) et ministre responsable de la région de la Capitale-Nationale, Sam Hamad. Pour l’UQTR, ça représente un montant de près de 200 000$. Un microscope à force atomique pourra être acheté pour la Chaire de recherche du Canada sur la fabrication des papiers à valeur ajoutée dont le titulaire est Claude Daneault, professeur au Département de chimie-biologie de l’UQTR. De plus, le titulaire de la Chaire de Recherche du Canada en Gynéco-Oncologie

à l’UQTR

Moléculaire, Éric Asselin, lui aussi professeur au Département de chimie-biologie, obtiendra divers équipements nécessaires à ses recherches. Lucie Guillemette, vice-rectrice aux études des cycles supérieurs et recherche se réjouit que le Ministère de Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation ait acquiescé à la demande de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ) : «C’est certain que c’est une bonne nouvelle, mais on aimerait bien avoir plus dans un avenir rapproché.» Quant aux étudiants qui s’offusqueraient de ce montant donné aux universités pour la recherche, alors qu’ils sont dans la rue pour manifester contre la hausse des frais de scolarité, Mme Guillemette répond : «Il ne faut pas oublier que nous sommes du même côté! De l’argent pour la recherche, c’est aussi de l’argent pour les étudiants; les titulaires des chaires de recherche pourront engager plus d’étudiants.» (D.D.)

Département de biologie de l’Université Laval. Au quotidien, l’herbier sert aux étudiants, comme aux professeurs-chercheurs et aux amants de la nature, à identifier les plantes et fleurs diverses qu’ils rencontrent. « Si cet outil joue un rôle fondamental en recherche, l’UQTR peut être fière d’affirmer que le baccalauréat en sciences biologiques et écologiques est l’un des rares, sinon le seul programme à faire du cours de Taxonomie des plantes vasculaires un cours obligatoire», a commenté Sylvain Delisle, vicerecteur aux études de premier cycle et au soutien académique. «En sensibilisant les étudiants à cet exercice proprement empirique qu’est la création d’un herbier, cela permet de comprendre le contexte dans lequel on évolue», a-t-il ajouté. Visiblement, Mme Lacoursière était fébrile et très fière de l’honneur qui lui était accordé. «Pour reprendre une métaphore botanique, j’ai mis en terre une toute petite graine qui est devenue un grand arbre grâce au travail de toute une équipe», a-t-elle souligné lors de son discours. Depuis la retraite de Sœur Lacoursière, c’est Mme Esther Lévesque qui assure la relève. Cette dernière compte bien s’appliquer à garnir encore plus l’herbier au cours des prochaines années.

Ce n’est pas la première visite de M. Khadir à l’Université du Québec à Trois-Rivières. En effet, le co-chef de Québec solidaire était passé lors de la première édition de Tribune Libre en 2010, le 22 novembre exactement. Il avait alors voulu sensibiliser les étudiants présents à l’importance de l’implication politique de la jeunesse, car celle-ci représente l’avenir du Québec. D’autres thèmes, tels que l’éducation, l’actualité et la corruption, avaient également été abordés par le député de Mercier. Amir Khadir a été l’invité de Tribune Libre qui a convié le plus grand public jusqu’à maintenant. Cette fois-ci, l’Iranien d’origine viendra parler de l’actualité (politique principalement, il va sans dire), mais également de la souveraineté du Québec et de la hausse des frais de scolarité. Sa venue risque encore une fois d’attirer beaucoup de gens, vu les nombreux débats que la hausse suscite actuellement sur le campus trifluvien. Rappelons que M. Khadir a proposé dernièrement à l’Assemblée Nationale une motion de censure contre le gouvernement Charest «pour la grave atteinte à l’accessibilité aux études que représente l’augmentation des frais de scolarité».

Prochain rendez-vous Une autre Tribune Libre est actuellement en préparation, en collaboration avec le Comité de Solidarité de Trois-Rivières (CSTR), et devrait avoir lieu à la fin mars ou au début du mois d’avril. Les intervenants présents analyseront alors le dernier budget du gouvernement fédéral. (C.B.)

BOURSE D’INITIATION À LA RECHERCHE AU PREMIER CYCLE

«C’est payant dans un C.V.» Les Fonds de recherche du Québec Santé (FRQS) et les Fonds de recherche du Québec - Société et culture (FRQSC) offrent des bourses aux étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qui souhaiteraient s’initier à la recherche à l’été 2012. Il s’agit de la Bourse d’initiation à la recherche au premier cycle et elle a pour objectif de stimuler l’intérêt des étudiants pour la recherche, que ce soit dans le domaine de la santé ou de la société et la culture. Deux bourses de 5 000$ chacune du FRQSC seront remises à des étudiants. Pour le FRQS, il met à la disposition de l’UQTR environ 15 000$ que l’Université dispose selon la répartition qu’il lui convient. Ces étudiants s’engagent à se consacrer à temps plein à des activités d’initiation à la recherche en milieu universitaire pendant la durée de la bourse. «En plus, c’est payant dans un C.V. de s’initier à la recherche dès le

premier cycle», ajoute Isabelle Dupuis, agente de recherche au Décanat des études de cycles supérieurs et de la recherche de l’UQTR. Pour participer, les étudiants intéressés ont jusqu’au 16 mars pour acheminer leur dossier de candidature au Service des études des cycles supérieurs. «À voir les dossiers que nous avons reçu jusqu’à maintenant, on peut dire que ça suscite beaucoup d’intérêt de la part des étudiants, mais aussi des professeurs», mentionne Mme Dupuis. En effet, chaque participant doit être supervisé d’un professeur. Bien que ces bourses soient destinées aux étudiants du premier cycle, il faut avoir complété deux sessions à l’université pour être admissible. Un étudiant qui a terminé son baccalauréat, mais qui n’a pas débuté d’études supérieures peut aussi participer. Pour faire le choix des candidats retenus, le comité de sélection se basera sur le dossier académique de l’étudiant ainsi que le potentiel du projet recherche qu’il a présenté. (D.D.)


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SOCIÉTÉ SANS MERCI

La relation des femmes avec le pouvoir : tu diriges comme un homme! MARIEANDRÉE GAUTHIER Chroniqueuse

En 2006, la tête du Parti québécois, Pauline Marois, tint les propos suivants : «Les femmes ont peur du pouvoir parce qu’elles pensent qu’il corrompt.» Elle n’avait pas totalement tort. Les femmes doivent combattre avec des contradictions internes pour entrer en relation avec le pouvoir. L’éducation et la socialisation transmises par les membres de notre environnement immédiat et éloigné n’ont fait que renforcer l’idéologie patriarcale qui règne en politique (et dans bien d’autres lieux). Pour que la situation se renverse, au Québec, il faudrait que 25% des sièges à l’Assemblée nationale soient occupés par des femmes. Il reste que faire de la politique, c’est un métier non traditionnel. Une femme en politique doit décider, agir, influencer, mais surtout amener du changement. Au lieu de pénétrer dans le cercle de la compétition, un climat de solidarité serait davantage à développer.

Il faut contrer l’image que le monde est masculin. Donc, il ne faut pas y accéder et s’y mouler. Une fois élue dans un poste de pouvoir, nous devons défaire le discours dominant capitaliste qui relaie aux oubliettes les mesures sociales pour les besoins de chacune et de chacun. Certes l’objectif demeure celui que le plus de femmes prennent le pouvoir, mais pas à n’importe quel prix et surtout pas sous n’importe quelle influence. Car malgré un certain progrès, les stéréotypes demeurent et influencent le leadership féminin. À tort, nous nommons certaines femmes à titre d’exemples pour l’avancée du féminisme. Par exemple, Margaret Thatcher, élue onze années à la tête du Parti conservateur en Grande-Bretagne, fut celle que l’on surnommait la dame de fer et qui est loin de faire l’unanimité au sein des féministes! Réputée pour avoir suivi les traces du président américain Ronald Reagan, elle ne se gêna pas pour redresser l’économie britannique selon des mesures libérales créant ainsi une classe moyenne, mais faisant accroître l’écart entre les riches et les pauvres. Sa méthode intransigeante d’aborder la politique entraîna une hausse incomparable du taux de chômage au Royaume-Uni. Un bel exemple qu’une femme aux idées politiques se situant à la droite de l’échelle politique est loin d’être un avantage pour les citoyennes et ce, même si c’est une femme!

Angela Merkel, chancelière fédérale de l’Allemagne, est également l’une de celle que l’on cite en exemple. Cette politicienne de la droite conservatrice n’y va pas de main morte pour gérer les questions économiques de son pays et même celles de la zone européenne! Son plus récent appui à l’égard du président français Nicolas Sarkozy a de quoi confirmer son allégeance pour une idéologie qui prône la xénophobie et la violence. Et c’est sans parler des positions contestées (et contestables) de Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire internationale (FMI), de Monique Leroux, présidente du mouvement Desjardins, et de Michelle Bachelet, ex-présidente du Chili et directrice exécutive d’ONU-FEMMES. Selon une étude de Danielle Maisonneuve (2004), les femmes seraient motivées à participer à des instances décisionnelles par désir de contribuer au changement dans leur communauté et par la volonté de s’engager socialement afin d’aider la communauté à rehausser la qualité de vie de ses membres. Les femmes désirent également influencer le développement des organismes où elles s’investissent. Dans une perspective d’être utiles, les femmes souhaitent faire bénéficier les organismes de leur expérience, de leurs connaissance, de leurs expertises. Par contre, Maisonneuve mentionne qu’avant 35 ans, les femmes ont trop de responsabilités familiales qui entraî-

nent le stress de la double tâche et les décourage donc à participer politiquement. Qui plus est, les femmes détiennent le plus souvent des tâches exigeantes (préparation des repas, soin des enfants, rôle d’aidante naturelle) qui freinent leur engagement. Toujours selon Maisonneuve, les femmes évaluent souvent qu’elles sont moins compétentes pour la prise de parole lors de réunions en raison des tensions dans les rapports hommes/femmes : plusieurs femmes évaluent qu’elles sont moins prises au sérieux que les hommes lorsqu’elles parlent, comme si elles étaient moins crédibles. Il faut donc que le plafond de verre, ces barrières invisibles et artificielles créées par des préjugés comportementaux et organisationnels, qui empêche les femmes d’accéder aux plus hautes responsabilités soit brisé. Que des femmes comme Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria, soient plus nombreuses. Que la promotion de l’éducation, notamment celles de filles, et l’indépendance économique des femmes constituent les premiers points à l’agenda politique des femmes au pouvoir. Leur présence à la gouvernance de pays représente un symbole pour les femmes, mais elle doit également prendre un sens et une signification concrète dans le quotidien des citoyennes. Si non, à quoi bon voter pour une femme alors si ce n’est que pour reproduire le système patriarcal?

JE ME SOUVIENS… AU POUVOIR, CITOYENS!

10 raisons de se révolter contre Jean Charest JEANFRANÇOIS VEILLEUX Chroniqueur

Depuis quelques semaines, la colère monte dans la population : hausse injustifiée des droits de scolarité, corruption dans l’industrie de la construction, pollution des gaz de schiste, volonté de gaspiller une tonne d’argent dans la désuète Gentilly-2, scandale des garderies aux «ti-namis» libéraux, décrochage scolaire, un million d’analphabètes légers, alouette! Au final, l’insatisfaction de la population envers le gouvernement Charest se maintient dans les 74% depuis plusieurs années. 1. Santé. Au départ d’un règne politique interminable de neuf ans, les libéraux avaient comme priorité, en 2003, la santé. Résultats : la controversée grippe H1N1, à peine 2% des dossiers médicaux ont été numérisés, le temps moyen d’attente dans les urgences des hôpitaux québécois est de 17,5 heures, le CHUM n’est toujours pas construit (alors que le stade olympique l’a été en moins de six mois en 1976!); bref, un échec historique total. 2. Histoire. Je n’insisterai pas, mais lorsqu’une

majorité de la population ne sait pas l’origine de sa devise, le pire est à venir. À quand un cours d’histoire nationale imposé au collégial tel que proposé par la Coalition pour l’histoire qui réunit divers acteurs du milieu? 3. Langue. Comment faut-il interpréter que la ministre responsable de la Charte de la langue française (St-Pierre) qualifie d’«alarmiste» une étude du PQ qui concluait que d’ici 2016, le poids des francophones à Montréal passera de 49,8 à 43% et que dès le lendemain, le ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles abolissait 31 classes de francisation pour les nouveaux arrivants pour sauver à peine 5 millions? Zéro crédibilité. 4. Fierté nationale. Ayant oublié la fête du drapeau (21 janvier) deux fois consécutives en 2011-2012, le gouvernement Charest mérite toute la honte possible qu’un peuple peut et doit avoir à l’égard de son premier ministre, porte-parole officiel de la nation majoritaire du Québec, donc francophone, porteuse d’une riche culture historique. 5. Environnement. Oui bravo, ils ont décidé (sur papier) de protéger 50% du grand nord québécois, mais les libéraux ont oublié le développement des transports en commun dans le sud, c’est-à-dire les zones véritablement habitées… Que doit-on espérer d’un gouvernement qui appuie et défend largement les industries d’énergies polluantes comme le gaz de schiste et

le nucléaire au détriment des énergies vertes et renouvelables? 6. Démocratie véritable. Le gouvernement devrait distribuer des machines dans chaque maison afin d’adopter des lois importantes, après des débats publics animés dans tous les médias. Les lois ne seraient plus votées qu’à l’Assemblée nationale, mais dans chacun des foyers. Je souligne en ce sens les nombreuses pétitions sur le site de l’Assemblée nationale, allez y jeter un coup d’œil! Mais qu’en est-il de la démocratie réelle : à quand les élections à date fixe, le poste de premier ministre au suffrage universel et la réforme vers un scrutin proportionnel? 7. Médias. Évidemment, qui dit démocratie, dit éducation populaire. Quatrième pouvoir après le législatif, l’exécutif et le judiciaire, l’objectivité de l’empire médiatique vacille désormais devant le poids des puissants milliardaires du Québec comme Paul Desmarais de Power Corporation qui détient la majorité des médias québécois… l’autre moitié appartient surtout à Quebecor. La convergence libérale et fédéraliste tue le savoir réel à propos du potentiel authentique de notre jeune et forte nation! 8. Artistes. Les humoristes – parfois mieux rémunérés que nos professeurs! – forment en quelque sorte le cinquième pouvoir grâce à la tribune publique à laquelle ils ont facilement accès. Quant aux artistes en général, dont le salaire annuel moyen est de 24 600 $, ils accusent un retard

de 25% sur le revenu moyen de la population active totale, dépassant à peine le seuil de pauvreté de 20 000 $, alors qu’ils sont les polarisateurs de la langue et de notre culture. 9. Éducation. L’un des pires dossiers des libéraux. Évidemment, la gratuité scolaire défendue par plusieurs, que je partage profondément, est préalable afin de répandre l’éducation populaire qui permettra à tous de prendre parole dans le débat public. À ce sujet, je vous réfère à mon article de novembre dernier, 10 raisons pour appuyer la grève étudiante générale illimitée, au www.zonecampus.ca . 10. L’économie. Sans parler de l’absence de coupables pour le fiasco terrible de la Caisse de dépôt (40 milliards perdus en 2008), nous assistons impuissants au vol de nos ressources naturelles. Les statistiques du vérificateur général sont sans équivoque : entre 2002 et 2008, 14 compagnies minières n’ont pas versé un seul sou de redevances à Québec, malgré une production d’une valeur totale de 4,2 milliards $. Quant aux autres, elles n’ont versé au total que 259 millions $ de droits miniers, durant la même période, au lieu des 2 milliards dus. Pourquoi ne pas faire comme la Norvège qui a accumulé un fonds de 500 milliards pour les prochaines générations grâce à ses redevances de 50% sur ses richesses naturelles? Notre pseudo-augmentation de 12 à 16% est une honte nationale et nous devons maintenant agir avec fermeté et audace, emparons-nous de la rue!


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SOCIÉTÉ

5 au 18 mars 2012

JEUX

Mots croisés

Le Fantasque «On ne voit rien par le trou des cadenas.» – André Duchesne Par Hubert Samson, étudiant à la maîtrise en Études québécoises à l’UQTR

Horizontalement :

Verticalement :

1. Édifices religieux 2. Prière à la Vierge - Pronom indéfini Unités monétaires 3. Plume de couverture - Enlève 4. Envahissements 5. Service du travail obligatoire - Dans la rose des vents - Quatre 6. Petite crevasse - Branche mère de l’Oubangui 7. Blessait sauvagement 8. Nettoya en grattant - Philosophie 9. Symbole du tour - Ouvrage de métal, de bois 10. Née de - Orignal 11. Tentera - Adverbe de lieu - Mèche de cheveux 12. Mélange confus - En les

Sudoku

1. Contentement, plaisir 2. Instruit, prévenu - Ancien État d’Asie et d’Europe 3. Produire de la nécrose - Fils de Noé 4. Pronom personnel - Taille d’une personne 5. Ralentissement général des activités Prénom masculin 6. Joint un à l’autre - Outil de maçon 7. Amateurs de cinéma 8. Partie de l’intestin grêle - Plante potagère Notre Seigneur 9. Du verbe rire - Personne peu dégourdie 10. Dieu de l’Amour - Artiste célèbre 11. Manche au tennis - Pronom personnel - Vêtement 12. Donne les cartes - Ville de Yougoslavie

Dès l’époque héroïque de la Nouvelle-France, la femme canadienne s’illustre par son endurance, sa bravoure et sa détermination. Avec la hache, elle fait ployer les forêts. Avec la charrue, elle éventre la terre nourricière. De cette manière, elle participe à la création du terreau fertile où s’enracine le peuple canadien-français. Et comme un pilier de la nation, la femme canadienne-française porte les enfants du pays, puis assure la pérennité du Canada français. Il est donc primordial de souligner la place de la femme dans l’histoire du Québec. Mais s’il devient impérieux de reconnaître l’équité complète entre les sexes, il faut également revoir la place de la femme dans la société québécoise, et sur une plus large mesure, dans l’histoire nationale.

Mots mystères Thème : Astronomie (11 lettres) Austral Automne Axe Baie Boréal Cancer Cap Céleste Cercle Chevelure Déclinaison Écu Elliptique Éruption Été

Filament Fusée Galaxie Granule Grue Hémisphère Hiver Hydre Indien Latitude Lièvre Lion Longitude Loup Lune

Lyre Mer Nord Orion Pôle Sas Sud Tache Taureau Terre Tête Tropique Uranus Vénus Vide


SOCIÉTÉ

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VA VOIR AILLEURS (J’Y SUIS)

5 secteurs parmi les plus moches de Trois-Rivières SÉBASTIEN DULUDE Chroniqueur

Je suis tanné qu’on se moque toujours des quartiers Ste-Cécile et de la petite Pologne, qui ne sont pas dénués de cachet et de charme architectural, alors que TroisRivières regorge d’endroits moches qui sont pourtant habités sans gêne. Mon top 5 des aberrations esthétiques en matière d’urbanisme trifluvien. 5. Le Ludoplex. Lorsque la fin de l’époque des courses de chevaux à Trois-Rivières a sonné, j’avais espoir de voir le boulevard des Forges transformé, qui offrirait une voie d’accès rajeunie entre le centre-ville et l’université. Imaginez que ce tronçon se soit progressivement peuplé de petits commerces sympas : cafés, restos, une librairie, pourquoi pas? Enfin un quartier universitaire qui rejoindrait le centre-ville, amenant un vent urbain à l’UQTR et un afflux de jeunesse étu-

diante au centre-ville. C’était sans compter le génie de visionnaires qui se sont dits que l’emplacement serait idéal pour un beau gros casino qui plairait aux visiteurs du Grand Prix une fin de semaine par année. Le Ludoplex était né. Opérant rapidement à perte, malgré le fait que Jean-François Bastien s’y produisait régulièrement pour accompagner votre steak patate au four salade césar, on a senti le besoin de se doter d’une clientèle stable qui, dans le meilleur des mondes, demeurerait tout juste de l’autre côté de la rue. Le Gérontoplex était né. Parlez-moi d’une revitalisation. 4. Le Rochon. À côté du Rochon, certaines réserves indiennes ont l’air de resorts 5 étoiles. Un quartier qu’on a volontairement défavorisé, isolé, stigmatisé et condamné à l’aide sociale chronique. On aura beau le rénover dans les prochains mois, ça ne pourra jamais que masquer la grossière erreur d’avoir bâti un quartier de H.L.M. dans un secteur marginal, loin des regards. 3. Le boulevard Jean XXIII. J’en voudrai toujours à la Saucisserie d’avoir déménagé de son local initial situé tout près de l’UQTR (dans

OPINION Enseignement des langues secondes

Cher Monsieur Charest, J’accuse votre gouvernement de vouloir créer une société élitiste basée sur le pouvoir d’achat de ses citoyens. J’accuse votre ministère des Transports de prendre part à des actes de collusion et de corruption avec l’argent des contribuables. J’accuse au passage votre collègue, M. Raymond Bachand de vouloir augmenter les prix des biens et services publics, afin de camoufler les déboires de votre gouvernement. J’accuse également la ministre Christine St-Pierre de fermer les yeux sur la situation du français et la protection de la culture au Québec. Finalement, j’accuse la ministre Beauchamp de vouloir mettre un prix à l’accès à la connaissance. Monsieur Charest, l’accès au savoir est notre plus grande richesse et je considère qu’en tant que futur enseignant, le principe du droit à l’accès aux études va dans ce sens. Votre gouvernement ne cesse de vanter l’impact pécuniaire que les projets du Plan Nord et

possible! Ne savez-vous pas qu’aucune personne cool n’a de tapis sur ses planchers? Si on peut faire la grève et posséder un iPhone, on peut aussi avoir un appartement abordable qui n’est pas situé au demi sous-sol d’un immeuble infect qui sent la cigarette, la sueur et le weed, habité par des geeks, des livreurs de pizza et des pédophiles. 1. Le bas du Cap. Rien ne peut rivaliser la laideur du Cap-de-la-Madeleine lorsqu’on y arrive par le pont Duplessis. Je n’ose imaginer la réaction de Charles de Gaulle aux splendeurs de la rue Fusey lors de son célébrissime parcours du Chemin-du-Roy. Le Roi mauricien des habits, un Canadian Tire, le dynamique Rock & Roll Pizzéria (quand même bon!), une brochetterie, une rôtisserie, le bar billard L’Abasie, le Bijougram (sorte de pawn shop déguisé en bijouterie du genre très louche), des salons de coéffure à la pelletée, un Liquidation Bougon, un Dairy Queen, un McDo : tous les ingrédients d’un environnement qui donne envie de sniffer de la colle à longueur de journée. Ça tombe bien, on en vend au magasin de vitrail pas loin.

J’ai un iPhone, donc je suis? JASMINE RAYMOND-DRAINVILLE

J’accuse... NABIL RAMLA

l’actuel et excellent Marché Al-Farah) pour se relocaliser sur Jean XXIII, en plein cœur de Moronville. Passé l’intersection de la côte Richelieu, l’automobiliste moyen devient en effet un spectaculaire danger public; bienvenue à TRO. Il est ahurissant que l’on tente de préserver la piste cyclable dans ce secteur commercial où des dizaines de stationnements pourtant contigus ne communiquent pas entre eux, ce qui force les voitures à opérer des manœuvres ridiculement périlleuses pour passer du fleuriste au club vidéo, à Espace Bell, à la SAQ, au pet shop, au ti-Coq. Ma seule raison d’aller sur Jean XXIII est le fait que l’unique poissonnier de la ville s’y trouve. Mes merguez, je les prends chez Al-Farah. 2. La rue Louis-Pinard. Un incontournable du loyer étudiant, à une seule question près : pourquoi? Étudiants de l’UQTR, portez bien attention. Saviez-vous que, pour le même prix mensuel, vous pourriez demeurer à la même distance de marche de l’université et vos armoires de cuisine pourraient ne pas être en mélamine jaunie? Un chez-vous abordable où vous ne pourriez jamais deviner ce que mange le voisin, c’est

Bacc en enseignement au secondaire à l’UQTR

l’exploitation des gaz de schiste auront sur notre économie. Toutefois, nos étudiants possèdent un «capital intellectuel» au potentiel considérable et leur donner l’opportunité de l’exploiter aurait des retombées positives autant sur le plan économique que sur le plan social sur le Québec de demain. Or, je constate avec tristesse que le gouvernement libéral actuel ne fait que promouvoir des idées rétrogrades dignes d’un déterminisme social durkheimien. Est-ce nécessaire de vous rappeler, monsieur Charest, que vos prédécesseurs de la même allégeance politique, messieurs Jean Lesage et Daniel Johnson, avaient réussi à instaurer des réformes audacieuses pour leur époque? L’une d’entre elles, la création du réseau des Universités du Québec en 1968, avait pour principale mission d’offrir une formation complète et accessible aux Québécois. Vous avez le pouvoir de redonner les lettres de noblesse à votre gouvernement et je vous invite donc à bien vouloir réfléchir au sens que vous voulez donner à notre société et à l’héritage que vous voulez laisser à nos enfants. Je vous prie, Monsieur, d’agréer l’expression de mes salutations les plus distinguées.

Je suis étudiante à l’université. J’ai un téléphone intelligent et une voiture. Mes parents m’aident financièrement, je n’ai aucun problème d’argent et je suis admissible à l’AFE. Je m’appelle Jasmine Raymond-Drainville et je suis totalement contre la hausse des droits de scolarité prévue entre 2012 et 2017. J’entends déjà des gens me dire que je n’ai pas à me prononcer sur la question de la hausse puisque cette dernière ne me concerne pas. Je vous arrête immédiatement. J’en ai assez de me faire juger par ces personnes qui croient que le fait de posséder un téléphone intelligent m’empêche de voir les choses telles qu’elles sont; que si j’ai assez d’argent pour remplir le réservoir d’essence de ma voiture, je n’ai pas à me plaindre de cette hausse qui ne m’affectera pas. Vous avez raison : les 325$ de plus par année pendant cinq ans ne m’empêcheront pas de manger. Cependant, il est important de comprendre le principe qui guide mes réflexions. Le voici : les personnes anti-hausse se divisent en deux catégories, la première étant composée des étudiants qui ont peur pour leur portefeuille et la seconde, des Québécois qui s’inquiètent de l’avenir de l’éducation dans notre province. Inutile de vous dire que je fais partie de la deuxième catégorie. Même si mes parents étaient multimilliardaires, je serais farouchement opposée à toute augmentation des droits de scolarité, car tout le monde n’a pas la chance que j’ai d’avoir des parents en moyens de payer pour leur éducation ni celle de pouvoir bénéficier de l’aide du gouvernement. À mon avis, la vraie question ne réside pas dans les chiffres. La vraie question en est une de valeurs et de vision de l’éducation. Ma réponse à cette question, peu importe la manière dont elle est formulée : je refuse que l’éducation soit considérée comme un service ou un bien de consommation comme l’est mon abominable téléphone cellulaire qui selon plusieurs m’empêche de réfléchir.

D’ailleurs, je tiens à ouvrir une parenthèse pour mentionner que cet horrible outil technologique me sert de téléphone de maison et que je prends l’autobus pour mes déplacements quotidiens. Vous voyez donc que je ne suis pas aussi irréfléchie qu’il vous semblait au début de cet article et que je suis capable de raisonner logiquement. Oui, j’ai des valeurs et des convictions. Fin de la parenthèse. La hausse ne me touchera qu’en partie puisque dans cinq ans, j’aurai complété mon baccalauréat et j’ose espérer que j’aurai un emploi relié à mon domaine d’études. Sans doute avez-vous envie de me dire de cesser de me plaindre le ventre plein puisque justement, j’ai assez d’argent pour bien manger sans me soucier de ma facture universitaire. Vous vous retenez sans doute de me dire d’arrêter de pleurer puisque mes études ne sont pas en péril. Sachez que je pleure quand même. Je pleure pour vos enfants qui n’auront pas le temps de le faire, trop occupés qu’ils seront à travailler à temps plein pendant leurs études pour essayer de payer leurs droits de scolarité. Je pleure pour mes futurs élèves parce qu’ils auront besoin de bien plus de larmes que celles que leur corps peut produire pour arriver à se consoler de ne pas pouvoir décrocher l’emploi auquel ils aspirent présentement à cause de l’éducation à accessibilité limitée. Mais surtout, je pleure déjà pour mes enfants puisque si la hausse devient bel et bien effective en septembre, je n’aurai pas assez d’une vie pour évacuer toute la frustration que je ressentirai lorsque je les verrai abandonner leurs rêves, faute de ressources financières. Vous pensez que j’exagère? Absolument pas. Je pèse mes mots. Puisqu’il n’existe sur mon iPhone aucune application pour contrer la hausse des droits de scolarité et comme mon économique Toyota Echo ne roule pas assez vite pour que je puisse fuir notre ministre de l’éducation dont j’ai horriblement honte, je me contente de vous demander de réfléchir à vos valeurs, à l’éducation et aux futures générations. S’il-vous-plaît.


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5 au 18 mars 2012

ARTS ET SPECTACLES IMPROVISATION

Photo : M.-M. Caron

Match spécial MARIEMICHÈLE CARON Arts et spectacles

Dans un élan de générosité, la Ligue d’improvisation universitaire de TroisRivières (LUITR) a bien voulu disputer un match contre l’équipe de la délégation des Jeux de la communication afin que ceuxci puissent parfaire leur jeu. La partie du 22 février a été l’occasion idéale pour les délégués de l’épreuve «Improvisation» de développer leur complicité et d’apprivoiser la patinoire. C’est au 1012 du pavillon Nérée-Beauchemin que les deux équipes se sont affrontées. Malgré l’intention de faire «un match de pratique», les improvisateurs ont du se discipliner afin de respecter

les règles de la Ligue Nationale d’Improvisation (LNI). L’arbitre Pascal Cholette-Janson, habituellement joueur de la LUITR, a été courtois à certaines occasions, mais n’a pu s’empêcher de sortir le gazou. Aussi, l’arbitre de la soirée a fait appel à l’imaginaire des joueurs, leur demandant à maintes reprises des improvisations avec catégories : absurde, sans paroles, changement de sens, chantée, etc. Même si cela augmentait le défi d’un cran, de très bonnes improvisations en sont ressorties des deux côtés. Les joueurs de la LUITR se sont adaptés à la nouvelle équipe afin d’offrir un meilleur match au public. «On pensait devoir prendre le lead au début des impros, mais plus la partie avançait, plus leurs joueurs ont pris confiance et ont eu envie d’aller de l’avant avec leurs idées», a expliqué Alexandre Zouéki, joueur pour l’équipe de la LUITR. Malgré qu’aucun pointage ni étoiles n’aient été dévoilés à la fin, tout le monde a beaucoup apprécié cette courte confrontation, le public ayant eu tout autant de plaisir que les joueurs sur la patinoire.

Les quatre membres de l’équipe des Jeux de la communication.

Soirée de danse à la Chasse-Galerie La Chasse-Galerie s’est transformée en salle de danse le 22 février dernier pour la soirée dansante organisée par l’AGE UQTR dans le cadre de la Coupe des associations. Au total, six associations différentes (Maths-Info, Langue et littérature, Psychoéducation, Sciences biologiques et écologiques, Histoire/ Études québécoises, Biologie médicale) ont participé au défi. Les 16 danseurs et danseuses ont présenté des numéros tous plus différents les uns que les autres, passant de la danse traditionnelle au baladi oriental, à la foule présente. L’organisatrice de l’évènement, Ann-Julie Durocher, s’est dite très satisfaite du déroulement de la soirée : «Une fois de plus les associations étaient présentes pour encourager les participants. Les styles de danse étaient variés, certaines associations présentaient des numéros plus professionnels tandis que d’autres nous ont bien fait rire.» Les gagnants ont été couronnés par les juges invités. Il s’agissait de Myriam Ross, une

étudiante à la maitrise en philosophie, MariePier Laforge-Bourret, étudiante à la maitrise en littérature et Philippe Bouliane, étudiant au doctorat en chiropratique et fondateur de la troupe de danse universitaire Millenium. Ce dernier a avoué avoir apprécié l’expérience : «J’ai adoré mon expérience, et j’étais bien content d’être juge, certains des numéros présentés m’ont tout de même impressionné. J’ai passé une très belle soirée!» C’est finalement l’association de Sciences biologiques et écologiques qui a emporté les grands honneurs : «Elles ont présenté un numéro de Gumboots et ont été déclarées gagnantes de la soirée pour leur synchronisme, la fusion dans l’équipe, la perfection du numéro, les costumes, le choix de musique et la cohérence du numéro. Elles ont reçu une bourse de 150 $», explique Ann-Julie Durocher. La deuxième position a quant à elle été remportée par le numéro de baladi présenté par des étudiantes de biologie médicale. Finalement, en troisième position, l’association des étudiants de langue et littérature avec son numéro de baladi oriental. (A.T.)

Photo : Courtoisie

Les gagnantes de la soirée.


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LIGUE UNIVERSITAIRE D’IMPROVISATION DE TROIS-RIVIÈRES

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Photo : Marie-Eve B. Alarie

La LUITR défend sa génération MÉLISSA BEAUPRÉ Arts et spectacles

Le 20 février dernier, la LUITR a donné le coup d’envoi à la Coupe TroisRivières, un tournoi d’improvisation local où s’affrontaient trois générations d’improvisateurs dans le but de mettre la main sur le titre de la meilleure ligue en ville. Répartie sur trois jours, la Coupe TroisRivières a donc débuté à la Chasse-Galerie de l’UQTR. Les improvisateurs qui ont représenté la LUITR ce soir-là étaient Louis-Étienne Villeneuve (c), Jean-René Boutin, Andréanne Simard et Alexandre Zoueki. Lors de la première heure, ceux-ci ont affronté les joueurs de la Ligue d’Improvisation mauricienne, composée de Rémi Francoeur (c), Simon Bellerose Veilleux, Francis Legendre et d’Andréanne Tremblay. C’est dans une alternance d’improvisations

mixtes et comparées que les joueurs ont performé sous l’oeil attentif de l’arbitre Lauréanne Daneau. Celle-ci s’était inspiré de l’actualité récente afin de construire ses thèmes pour cette première soirée de la Coupe TroisRivières. C’est d’ailleurs sous le thème de la mort du joueur de baseball Gary Carter que les joueurs Boutin et Zoueki ont permis à la LUITR d’aller chercher le premier point du match. Cependant, la LIM a été bien efficace, particulièrement en comparée, ce qui a permis à cette équipe de remporter le match, par la marque de 4 à 3. Mention spéciale à Louis-Étienne Villeneuve pour son excellente performance dans une mixte, catégorie procès. C’est en séduisant le public que le capitaine de l’équipe de la LUITR a joué le rôle d’un avocat de la défense et à permis à son équipe d’obtenir un troisième point. Le premier match de la soirée a été bien, dans l’ensemble. Cependant, quelques improvisations étaient dépourvues de fil conducteur et d’écoute de la part des deux équipes. Y avaitil trop de compétition dans l’air ? Quoi qu’il en soit, il était intéressant de voir la LUITR et la LIM s’affronter sur l’improvisoire de la ChasseGalerie.

La LUITR gagne son second match Lors de la seconde partie de la soirée, la LUITR affrontait les Anciens Combattants. Cette équipe était formée de François Laneuville (c), Cindy Rousseau, Simon Potvin, ainsi que de Jean-François Pinard, plus vieux joueur d’improvisation encore actif, avec un total de vingt-neuf années d’expérience. La LUITR était bien réchauffée pour ce second match et les improvisations en ont bénéficié. Cependant, c’était aussi le début du festival de la pénalité. Une première a été décernée aux deux équipes en début de match pour non-respect du thème, lequel était «Incendie d’une prison». Une seconde a été une fois de plus attribuée aux deux équipes pour cabotinage lors d’une mixte sous le thème de «Champagne pour un naufrage». La LUITR en a également reçu une troisième et a donc perdu un point. Le même sort a été réservé aux Anciens Combatttants, lesquels ont également perdu un point pour cabotinage, dans une improvisation où le joueur Laneuville a risqué le tout pour le tout en se déshabillant sur scène, ne laissant que ses sous-vêtements sur lui. Malgré les efforts des anciens, la LUITR a remporté ce second match par la marque de

La LUITR était chargée à bloc pour la Coupe Trois-Rivières. Celle-ci a débuté à la ChasseGalerie de l’UQTR le lundi 20 février dernier. 3 à 2. La Coupe Trois-Rivières s’est poursuivie le mardi et le mercredi sous la même forme d’affrontements, pour enfin se terminer mercredi soir au Zénob. Le pointage final de la Coupe Trois-Rivières (excluant les pénalités) s’est conclu par la marque de 16 points pour les Anciens Combattants et d’une égalité entre la LIM et la LUITR avec 13 points chacune.

«ÊTES-VOUS AUSSI FOU QUE NOUS?»

Les soirées cachées CFOU sont lancées Logo : Soirées cachées CFOU

AUDREY TREMBLAY Rédactrice en chef

Un groupe d’étudiants au baccalauréat en loisir, culture et tourisme de l’Université de Québec à Trois-Rivières vient de mettre au point au tout nouveau projet qui consistera à faire découvrir la beauté et la richesse de la culture d’ici par une expérience unique. Le projet des soirées cachées CFOU est lancé et la première est prévue pour 12 mars prochain.

Le concept est bien simple, il vise à mettre en place une série de spectacles cachés et d’évènements mystères une fois par mois avec de l’aide de la radio étudiante CFOU et de l’UQTR : «Ces évènements se dérouleront à la tombée de la nuit (dès 22h00), lorsque l’Université sera vide et que les cours seront terminés. Les soirées cachées CFOU seront le rendez-vous mensuel privilégié des amoureux de la culture pour de petits spectacles intimes», explique une des participantes au projet. Tous les artistes désirant effectuer une prestation d’environ 1h30 dans le cadre de ce projet sont invités à communiquer avec les organisateurs via leur page Facebook : «Étant une initiative étudiante, nous avons malheureusement peu de moyens financiers. Par contre,

grâce à nos collaborateurs, nous pouvons offrir une bonne vitrine aux artistes. Cette vitrine, selon l’arrangement éventuel qui peut être conclu, peut prendre la forme d’une prestation live à la radio durant la journée, d’une publication dans le journal universitaire Zone Campus et la vente de produits promotionnels sera autorisée», explique le groupe d’étudiant dans son communiqué de presse. Les artistes invités pour cet première soirée seront un guitariste finaliste d’UQTR en spectacle et le band émergent de la région de Montréal On a créé un monstre. Restez à l’affût de la page Facebook (www. facebook.com/soireescacheesCFOU) puisque tous les détails y seront donnés en temps et lieu.


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ARTS ET SPECTACLES

5 au 18 mars 2012

ÉVÉNEMENT À L’ÉGLISE STE-CÉCILE

Un happening intrigant MARIE-MICHÈLE CARON Arts et spectacles

Un grand happening se prépare le 17 mars prochain à l’Église Ste-Cécile de TroisRivières. Artistes et spectateurs sont invités à une soirée où la musique électronique, les percussions, le cirque et les arts de la rue seront à l’honneur. Le Grand Happening fera découvrir la musique électro-baroque de l’artiste Biobazar. Sur ces rythmes, plusieurs artistes venant de différentes sphères du monde des arts viendront présenter le fruit de leur réalisation. Ceux-ci ont été inspirés par les pièces du nouvel album de Biobazar et ont voulu en créer des numéros. Le spectacle, d’une durée approximative d’une heure trente, proposera un univers artistique bien spécial, aux allures foraines. Passant du cirque à la peinture, de la danse aux marionnettes, les genres seront variés et originaux. Rémi Francoeur se chargera de la mise en scène pour coordonner les prestations tout en laissant une part de spontanéité à la soirée. «C’est le but d’un happening, on ne sait pas comment ça va se dérouler, on va certainement avoir plusieurs surprises», explique Dany Janvier (Biobazar). Le spectacle vise également à offrir une plateforme aux artistes pour leur permettre

de faire connaître leur art et d’exercer leur passion avec des gens qui partagent la même. Cette soirée a été organisée dans le but de faire ressortir les meilleurs moments et les artistes les plus prometteurs afin de monter un spectacle pour une éventuelle tournée en Europe. Le projet s’intitule «Motif Exotikôs», un spectacle unique et polyvalent qui sera présenté de l’autre côté de l’Atlantique vers la fin de l’été 2012. L’instigatrice du projet et du Grand Happening, Caroline Allard, a remarqué une rétroaction très positive de la musique de Biobazar de la part des artistes et a voulu créer une opportunité de mettre l’œuvre de l’auteur-compositeur en valeur. La composition de musique électronique est peu connue au Québec. Les artistes qui créent eux-mêmes leur musique sont souvent perçus comme des DJ alors que leur travail est le résultat d’un long processus créatif. En Europe, le compositeur est davantage remarqué et c’est la raison pour laquelle l’organisatrice a voulu aller présenter son projet chez nos voisins. Dany Janvier (Biobazar) a déjà exploré le public européen qui avait beaucoup apprécié son style musical ainsi que ses compositions. Des billets sont disponibles via le www.motifexotikos.com au coût de 17$. Pour les artistes qui aimeraient participer à ce «fusionnement créatif», ils peuvent toujours le faire soit en achetant un billet-artiste sur le site web ou par courriel au absolu@motifexotikos.com.

Photo : Courtoisie

Le projet Motif Exotikôs organise un grand happening le 17 mars.

SPECTACLE D’ADAM COHEN

Sur les traces du père MÉLISSA BEAUPRÉ Arts et spectacles

Le chanteur Adam Cohen s’est produit en spectacle le 17 février dernier au Théâtre du Cégep à Trois-Rivières. L’artiste a présenté les chansons de son dernier album, Like a man, et a définitivement conquis le public par le partage de ses mélodies et de ses textes touchants. Le Théâtre du Cégep de Trois-Rivières était plein à craquer lors de cette soirée. Certes, Adam est le fils du légendaire Leonard Cohen. Mais ce facteur n’est nullement responsable du nombre élevé de spectateurs présents dans la salle ce soir-là. En effet, Adam Cohen attire de plus en plus l’attention depuis octobre 2011, date de parution de son dernier album. L’artiste s’est complètement remis en question lors de l’écriture des chansons qui composent ce disque, changeant ainsi de style musical, ce qui a provoqué une réaction plus que positive de la part du public. Les attentes étaient hautes lors de cette soirée du 17 février dernier et Cohen les a plus que dépassées. La première partie du spectacle a été assurée par l’auteure-compositrice-interprète Rachael Yamagata, originaire des États-Unis. C’est dans une formule simple, s’accompagnant tantôt à la guitare, tantôt au piano, que la jeune artiste nous a fait découvrir quelques-unes de ses compositions qui figurent sur son dernier album Chesapeake. Rachael Yamagata, qui est une amie d’Adam Cohen, a séduit le public par le timbre de sa voix, à la fois rauque et puissante. La jeune femme a d’ailleurs fait beaucoup d’efforts pour parler en français au public, lequel a adoré sa performance. À la suite de cette découverte musicale fort intéressante, c’était au tour d’Adam Cohen de monter sur scène. Celui-ci est arrivé dans la pénombre, un verre à la main et déjà, le public l’applaudissait chaleureusement. Cohen a débuté avec la chanson Lie Alone et a enchaîné

avec les chansons de son dernier album, dont Matchbox, Sweet Dominique, What Other Guy et plusieurs autres. Cohen était accompagné de deux musiciens, Mai Bloomfield (guitare/ violoncelle) et Michael Chaves (multi-instrumentiste) avec qui il manifestait une très grande complicité qui a joué un rôle majeur sur la scène.

Humble et touchant C’est donc dans un style musical qui ressemble beaucoup plus à celui de son paternel qu’Adam Cohen s’inscrit. Adam Cohen démontre une sincérité touchante dans l’interprétation de ses chansons. C’est dans un français impeccable que celui-ci s’est adressé plusieurs fois à la foule lors de la soirée, en racontant anecdotes de vie, de tournée et de famille. Pendant le spectacle, Cohen a interprété de façon sublime une reprise de la chanson What’s Going On? de Marvin Gaye. Moment fort de la soirée également lorsque l’artiste a repris la chanson So Long, Marianne de son paternel. Rachael Yamagata s’est d’ailleurs jointe à Cohen et à ses musiciens pour y interpréter un couplet. Cette soirée aux lanternes à la fois intime et touchante nous a fait voir à quel point Adam Cohen est maintenant tourné vers un style musical qui lui va à merveille. Nul besoin de compter les multiples ovations debout que Cohen a reçues au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières pour conclure que la soirée a été une réussite, du début à la fin.

Photo : Courtoisie

Adam Cohen a interprété les chansons de son dernier album, Like a Man.


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SOCALLED

UQTR EN SPECTACLE

House Party L’artiste multidisciplinaire SoCalled était en spectacle à la salle Anaïs-AllardRousseau de la Maison de la Culture de Trois-Rivières le 23 février dernier. Le spectacle a été précédé par le visionnement de SoCalled le film dans le cadre de la soirée de clôture des Nouveautés de l’ONF. Une soirée incroyable, à l’image de l’artiste. Le visionnement du film a débuté vers 19h à la salle Louis-Philippe-Poisson. Celle-ci était bondée de gens malgré le fait que le film avait déjà été présenté dans le cadre du même événement, l’an dernier. Cindy Rousseau, responsable des Nouveautés de l’ONF à TroisRivières s’est d’ailleurs dite agréablement surprise de voir un tel engouement pour le film. Les spectateurs ont alors pris place, pop-corn à la main, afin de découvrir, ou de redécouvrir, ce film réalisé par le documentariste montréalais Garry Beitel. SoCalled le film est divisé en dix-huit courts métrages d’une durée de deux à dix minutes et dresse un portrait de SoCalled (Josh Dolgin) lui-même. Chaque court-métrage est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur Dolgin, sur sa vision de la musique, son mode de création ainsi que sur plusieurs aspects de sa vie personnelle et professionnelle. On pouvait lire dans le communiqué joint au visionnement que «chaque film révèle une perspective différente et contribue à brosser un portrait nuancé d’un homme que rien n’effraie sur le plan artistique». SoCalled nous transporte dans son univers musical teinté de hip-hop, de funk et de klezmer (musique traditionnelle juive de l’Europe de l’Ouest). Il y présente diverses collaborations, dont celle avec le légendaire Fred Wesley, Katie Moore et David Krakauer. Des moments savoureux qui se sont avérés comme une excellente mise en contexte pour les spectateurs qui connaissaient peu SoCalled et qui allaient se rendre, un peu plus tard, au spectacle.

attroupées près de la scène afin de danser sur les rythmes de l’artiste. Celui-ci était accompagné de trois musiciens et d’une choriste afin de présenter un spectacle d’un peu plus d’une heure. Le public a pu entendre plusieurs excellentes chansons tirées majoritairement de ses deux derniers albums, Sleepover (2011) et Ghetto Blaster (2007).

SoCalled nous transporte dans son univers musical teinté de hip-hop, de funk et de klezmer (musique traditionnelle juive de l’Europe de l’Ouest). SoCalled est un véritable phénomène sur scène. Il joue du piano, de l’accordéon, chante, rappe et joue avec les échantillonnages. Et comme si ce n’était pas assez, SoCalled a même pris plaisir à nous présenter brièvement quelques marionnettes ainsi qu’un tour de magie. Le spectacle de SoCalled a été un franc succès et a véritablement conquis le public. (M.B.)

De l’écran à la scène À la suite de la projection du film, le public était impatient de voir, pour la première fois à Trois-Rivières, SoCalled. Celui-ci s’est présenté sur scène avec une énergie sans borne, prêt à faire danser le public. En effet, dès les premières pièces, plusieurs personnes se sont

Photo : Courtoisie

Le public a eu droit à une soirée 100% SoCalled le 23 février dernier grâce au visionnement du film suivi du spectacle de l’artiste.

La compétition approche… Des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières sont à quelques jours de présenter leur numéro qu’ils préparent depuis plusieurs mois à la 8e édition de la compétition UQTR en spectacle. Les juges auront la tâche d’élire trois gagnants lors de cette soirée où les arts de la scène seront à l’honneur.

Photo : Cathy Simon

C’est un total de huit participants qui seront de la compétition le 15 mars prochain au Cégep de Trois-Rivières. L’entrée en scène est prévue pour 19h, les numéros s’enchaîneront ensuite, exploitant, cette année, le chant et l’humour. Plusieurs juges ayant de l’expérience dans le domaine des arts se baseront sur une multitude de critères afin de déterminer trois gagnants dont un coup de cœur.

L’entrée en scène est prévue pour 19h, les numéros s’enchaîneront ensuite, exploitant, cette année, le chant et l’humour.

Participante de l’édition 2011 dans un numéro de chanson humoristique.

Pour l’édition 2012, le jury est composé de Janick Dufour (chanteuse et comédienne), Annie Gélinas (chanteuse), Mathieu Cyr (humoriste), David Gélinas (directeur artistique) et Joanie Duquette (animatrice à NRJ). La première position aura la chance de faire entendre son talent à l’occasion du Festivoix de TroisRivières, un événement culturel d’envergure en Mauricie. Dans les années ultérieures, le Festivoix a entre autres accueilli Cindy Bédard, Amélie Gagnon et Hugo Boutet Cossette. UQTR en spectacle est une demi-finale locale et s’insère dans la compétition nationale Univers-Cité en spectacle. UniversCité en spectacle a été mis sur pied en 2004 afin d’offrir l’opportunité aux étudiants de niveau universitaire de démontrer leurs talents artistiques par le biais des arts de la scène dans le cadre d’un événement d’envergure et ce, dans l’optique de promouvoir la langue française. Les fondateurs Mathieu St-François et Fanny-Ysa Breton voulaient aussi «donner la chance aux étudiants d’être sous les

projecteurs pour démontrer leurs talents extra-académiques.» La finale nationale, qui aura lieu cette année à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), regroupera les étudiants-artistes ayant remporté les honneurs des demi-finales locales. Un total de onze universités québécoises participe à cet événement qui prend de l’ampleur d’année en année. À la suite des performances, les juges devront s’éclipser pendant un moment. Comme à chaque année, l’organisation d’UQTR en spectacle a invité une artiste qui œuvre dans le monde des arts de la scène. Cette année, c’est l’auteure-compositeure-interprète Fabiola Toupin qui se chargera de la deuxième partie du spectacle. Les spectateurs auront la chance d’entendre l’artiste trifluvienne qui a déjà plus de 1 000 concerts à son actif. Pour ceux qui auront apprécié, Fabiola sera de retour à Trois-Rivières le 5 avril dans le cadre de la Série Découverte de la Maison de la Culture. (M.-M.C.)

Semaine du 27 fév. au 4 mars 2012 Jeudi à 14h, vendredi à 17h et lundi à 13h à CFOU

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10.

Artistes Fanny Bloom David Giguère Les Dales Hawerchuk Marie-Pierre Arthur Sagot Galaxie Mauves Neurone On a créé un monstre Mehdi Cayenne Club

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Pièces Parfait parfait Encore Rhum and Coke Fil de soie Piano Mal Mélodie mécanique Madeleine Chambord 5,0 O Canada

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Artistes The Cat Empire East Road Islands Los Campesinos Band of Skulls Elliott Brood Dr. Dog Jane’s Addiction The Darcys Duchess Says

Pièces Waiting A Long Way to Go Hallways Songs About Your Girlfriend The Devil Takes Care Of His Own If I Get Old That Old Black Hole Curiousity Kills Josie Narcisse


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5 au 18 mars 2012

LANCEMENT D’ALBUM

Photo : M.-M. Caron

Un deuxième album pour Audionaute MARIE-MICHÈLE CARON Arts et spectacles

Le Gambrinus accueillait la formation victoriavilloise Audionaute à l’occasion du lancement de leur deuxième album Le meilleur des mondes. C’est également lors de cette soirée du 21 février que le quatuor a présenté son premier extrait radiophonique. C’est la pièce Métropole qui a été sélectionnée pour la radio, un choix qui s’est fait naturellement selon le chanteur et guitariste Rémi Bergeron. «Cette chanson unifie les styles proposés dans notre album tels que l’électro, le rock et la musique planante», explique-t-il. Le meilleur des mondes se distingue de leur premier album éponyme par un son qui est davantage mis en valeur formant ainsi un tout cohérent. On y retrouve les sonorités propres au groupe avec tout de même des nouveautés qui sauront surprendre l’auditeur. Le titre de l’album est inspiré d’un roman du même nom publié dans les années 30. Sans être une rétrospective du livre, les chansons de ce deuxième disque font un clin d’œil à certaines expressions ou thématiques présentes dans l’histoire. De façon très subtile, le roman sert de fil conducteur entre les pièces, ce qui rend l’écoute encore plus agréable. Audionaute est une formation qui fait sa place

sur la scène musicale depuis ses participations au concours Les mardis de la relève du Gambrinus où elle a remporté les honneurs en 2011. Les membres du groupe, Rémi Bergeron, Yan Chabot, Louis-Philippe Ferron et Guillaume Cyr ont créé une formation qui se démarque, proposant une musique francophone accessible impliquant des textes engagés qui portent à la réflexion. À la suite du point de presse pour le lancement de l’album, le groupe a offert une prestation live afin de faire connaître ses nouvelles pièces. Autant on remarquait le sens de l’humour et l’attitude décontractée des membres devant les médias, autant on a vu sur scène des musiciens en symbiose, absorbés par leur univers musical. La qualité de leur performance reflétait les cinq ans d’expérience qu’ils ont partagés ensemble. Le rappel demandé par le public a permis à la formation de présenter quelques chansons du premier album. Les membres d’Audionaute ont la chance de pouvoir compter sur de précieux collaborateurs, que ce soit pour la réalisation de l’album avec Sébastien Cloutier, la promotion ou les communications; ils avouent apprécier le support des gens du milieu qui leur permettent d’avancer dans le monde musical. Le public pourra découvrir Audionaute avec la pièce Métropole qui jouera sur les ondes de CFOU et NRJ. Il est aussi possible de télécharger l’album intégral sur le site internet du groupe www.audionaute.ca et sur iTunes. Un second lancement aura lieu au Pavillon Arthabaska à Victoriaville le 16 mars.

La formation Audionaute lançait son deuxième album Le meilleur des mondes.

GALERIE D’ART DU PARC

40 ans de passion MÉLISSA BEAUPRÉ Arts et spectacles

«incroyable diversité des formes proposées, l’ampleur des champs explorés et des sujets traités, l’ingéniosité des propositions abordées avec poésie, humour et ironie», selon les mots des responsables.

La Galerie d’Art du Parc de Trois-Rivières célèbre son quarantième anniversaire. Pour l’occasion, elle présente jusqu’au 15 avril prochain une exposition d’envergure sous le thème Carrément inutile – absolument essentiel.

Il s’agit d’une exposition qui permet de questionner l’utilité et la valeur de l’art comme moyen d’expression.

L’exposition regroupe quatorze artistes de la région : Lise Barbeau, Lynda Baril, Carolane Saint-Pierre, Denis Dion, Lorraine Beaulieu, Roger Gaudreau, Frédérique Guichard, Élisabeth Mathieu, Richard Normandin, Louise Paillé, Annie Pelletier, Henri Morrissette, Josette Villeneuve et Winji. Ceux-ci se sont inspirés du thème Carrément inutile – absolument essentiel ainsi que du nombre 40 afin de créer des œuvres très intéressantes. Il s’agit d’une exposition qui permet de questionner l’utilité et la valeur de l’art comme moyen d’expression. Le temps passé est bien présent dans les œuvres créées pour cette exposition qui se distingue par une

Cette exposition a également été une opportunité de mettre en place une chambre des signatures au rez-de-chaussée de la galerie. C’est sous le nom «Ceci n’est pas une chambre» que les visiteurs pourront visiter cette pièce tapissée de blanc qui invite à la signature, aux traces des visiteurs. Outre la visite de l’exposition, les visiteurs sont invités à se rendre sur le site de la Galerie d’art du Parc (www. galeriedartduparc.qc.ca), afin de lire le document qui porte sur les 40 ans de presse écrite de la Galerie. Une importante série d’articles choisis pour l’occasion vous permettra de découvrir les artistes et la programmation de l’endroit. Un joyeux quarantième anniversaire à la galerie! Photo : Galerie d’Art du Parc

La Galerie d’Art du Parc a prévu une chambre toute spéciale afin que les visiteurs puissent laisser une trace de leur passage.


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NOUVELLE EXPOSITION AU CER-L

Répétitions et boucles MÉLISSA BEAUPRÉ Arts et spectacles

Le Centre d’Exposition Raymond-Lasnier de Trois-Rivières présente ce mois-ci deux nouvelles expositions plutôt inusitées. T.O.C. du collectif Les Sept Cabanes et Boucles/Loops de Serge Marchetta regroupent jusqu’au 18 mars 2012 des installations hors du commun qui réjouiront les amateurs d’art contemporain les plus friands d’originalité. L’exposition qui loge dans la plus grande salle du Centre d’Exposition Raymond-Lasnier nous provient de la région de Québec. Les Sept Cabanes, un collectif formé par d’ancien(ne)s étudiant(e)s de la Maison des Métiers d’Art de Québec, présente T.O.C. Cette exposition jette un regard sur les troubles obsessionnels compulsifs, lesquels sont des troubles anxieux caractérisés, notamment, par la répétition. Les sept artistes proposent chacun une œuvre qui explore soit un T.O.C. bien précis qui prend place dans leur vie personnelle, ou une interprétation plus large du trouble en général. La sculpture, le textile et la céramique sont les matériaux qui forment le cœur de cette exposition qui met en scène le travail de Julie Asselin, Guillaume Côté-Roux, Sanny Coulombe, David Dallaire, Anouk Desloges, Émilie Proulx et Loriane Thibodeau. De la quête amoureuse

obsessionnelle aux compulsions du quotidien comme le lavage trop fréquent des mains, la répétition d’un mot ou le dénombrement, ce sont plusieurs troubles qui sont explorés dans cette exposition, en plus de questionner les visiteurs qui, automatiquement, poseront un regard introspectif sur eux-mêmes afin de voir si un T.O.C. quelconque les habite. Bien que cette exposition propose des œuvres fort intéressantes visuellement, il est conseillé de demander une visite guidée ou l’obtention d’un audioguide expliquant les œuvres afin de bien saisir la démarche de chaque artiste ainsi que la signification des œuvres exposées. Ainsi, le visiteur découvrira une tout autre dimension à cette exposition, où la recherche est très bien développée.

Les boucles de Serge Marchetta La seconde exposition présentée est Boucles/Loops de l’artiste montréalais Serge Marchetta. Celui-ci expose une série d’œuvres dans lesquelles est présentée la technique de l’enfilage sur papier. Un travail méticuleux dans lequel la ligne est matérialisée aux yeux du visiteur. À l’intérieur de cette exposition, un mur complet est consacré à une œuvre in situ constituée de plus de 700 fils de différentes couleurs qui reprennent la forme de boucles et qui font écho aux autres œuvres exposées. Une technique inusitée qui permet au visiteur de poser un regard différent sur l’illusion de la ligne, laquelle est créée tant par les boucles, le dessin et l’éclairage sur les œuvres de Serge Marchetta.

Photo : Centre d’exposition Raymond-Lasnier

Les boucles de Serge Marchetta sont construites grâce à la technique de l’enfilage sur papier.

SORTIE D’ALBUM

Sir Pathétik promet un album solide Le rappeur trifluvien Sir Pathétik a sorti, le 28 février dernier, son neuvième album intitulé Soldat de la musique. L’aboutissement de ce projet est très important pour l’artiste puisqu’il vendra bientôt sa 100 000e copie. L’auteur-compositeur-interprète Sir Pathétik se fait connaître au Québec depuis l’an 2000. C’est en 2009 que ses efforts ont été récompensés alors qu’il a remporté le Félix de l’album hip-hop de l’année au gala de l’ADISQ avec Avant k’tu m’oublies. Il y a fort à parier que son nouvel album sera tout aussi apprécié, puisqu’il promet un album solide aux rythmes qui donnent envie de danser. Les fans de Sir Pathétik sont invités au

Photo : Centre d’exposition Raymond-Lasnier

lancement qui aura lieu le 13 mars au théâtre National à Montréal. L’album, Soldat de la musique, propose des pièces qui abordent des thèmes sensibles tels que la séparation des parents, la perte d’un enfant, le suicide et les peines d’amour. On retrouve aussi des paroles plus enjouées sur certaines chansons. Comme avec plusieurs de ses autres disques, Sir Pathétik s’est entouré de nombreux collaborateurs. Il partage donc le micro avec Doug St-Louis ainsi qu’avec Rudy Caya de Vilain Pingouin. Également sur cet album, Sir Pathétik chante, pour une deuxième année, en compagnie de Tommy Boulanger du groupe Sens avec qui il a popularisé la chanson Si tu meurs. (M.-M.C.)

Les broderies de l’artiste Émilie Proulx du Collectif les Sept Cabane derrière lesquelles se cache un trouble obsessionnel compulsif bien spécial...


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5 au 18 mars 2012

SPORTS PLACE AUX SÉRIES ÉLIMINATOIRES

Photo : M. Chauvin

Fin de saison difficile MAGALIE CHAUVIN Sports

Dure défaite pour les filles de Ghyslain Tapsoba qui se sont inclinées 4 à 0 contre les Carabins de l’Université de Montréal le 19 février dernier. De retour à domicile, rien ne laissait présager, en début de match, une issue aussi dramatique. Les Patriotes ont mené une belle bataille lors des 45 premières minutes de jeu et ont eu plusieurs opportunités de marquer sans toutefois les concrétiser. La gardienne de but, Lizanne Castonguay, qui sera la gardienne partante la saison prochaine, a été fortement occupée et a bien répondu aux tirs adverses.

les bras après un but. Elles se mettent de la pression et n’arrivent pas à offrir une performance constante de 90 minutes», explique-t-il. Les Montréalaises ont donc pris les devants à la cinquantième minute de jeu. Dix minutes plus tard, ils déjouaient à nouveau la gardienne de but de l’UQTR et prenaient une avance de deux points. Alors qu’il restait vingt-trois minutes de jeu à la confrontation, l’UdeM a créé un bel écart au pointage en marquant un troisième but et ont achevé les Trifluviennes à la dernière minute de jeu en atteignant le plateau des quatre buts. La défensive de l’UQTR a été très occupée et décontenancée par leurs rivales. Cet affrontement porte le compte à trois défaites consécutives sur la fiche de classement des Pats.

Même scénario contre Concordia Deuxième demie, deuxième partie La pause n’a pas été bénéfique pour les joueuses de l’UQTR. Ce n’est pas la première fois que les Pats relâchent en deuxième demie, selon l’entraineur-chef, Ghyslain Tapsoba. «On essaie de comprendre ce qui se passe en deuxième période. Les filles ont tendance à baisser

Malgré un début de match prometteur pour les joueuses de l’UQTR et une belle échappée de la capitaine Annick Maltais, les Stingers de Concordia ont donné du fil à retordre à la défensive des Patriotes ce dimanche 26 février. Les Montréalaises ont pris les devants après cinq minutes de jeu à la deuxième demie. La

Rencontre difficile pour l’équipe de soccer féminin des Patriotes. mort lente des Patriotes n’a fait que continuer au cours des quarante minutes restantes. Le deuxième but de Concordia a fait mal aux Pats. Alors qu’il restait vingt-trois minutes à la partie, Catherine Bombardier, en voulant remettre le ballon à sa gardienne, a plutôt logé la balle dans son but donnant ainsi un point supplémentaire à l’équipe adverse. Concordia a poursuivi sa lancée cinq minutes plus tard portant la marque à trois buts contre zéro. Entre-temps, l’arrière Audrey-Ann Graceau a dû quitter le terrain après avoir reçu deux cartons jaunes laissant ainsi son équipe à dix joueuses pour le reste de la partie. Les Montréalaises ont continué leur attaque et ont marqué leur quatrième but, alors qu’il ne restait que 15 minutes à la rencontre. Le moral de la troupe de Ghyslain Tapsoba était bas lorsqu’Annick Maltais à déjoué

la gardienne adverse, évitant le blanchissage et donnant l’unique point à son équipe. Selon l’entraîneur-chef de l’équipe : «Les filles ont continué de travailler à l’attaque. On a produit du bon jeu offensivement, mais il va falloir être plus présentes en défensive.» Les joueuses de Concordia ont donné le coup de grâce à la toute fin de la partie avec un cinquième but. Les joueuses de l’UQTR se retrouvent donc au 6e rang du classement. «Il y a de la déception par rapport au début de la saison. On essaie de revenir à la base et aux valeurs qui nous caractérisaient en début de saison afin d’aborder les séries dans une meilleure position», renchérit Tapsoba. Rendez-vous lors des quarts de finale le dimanche 11 mars alors que les Patriotes affronteront à nouveau Concordia au Centre sportif Alphonse-Desjardins.

Le succès d’Alex Gélinas C’est du 23 au 25 février qu’Alex Gélinas, seul représentant masculin de l’UQTR à se qualifier pour le championnat Canadien de natation à Montréal, a réussi à battre ses records personnels au 50 et 100 mètres style libre. Pour participer à cette compétition d’envergure, il s’était préalablement qualifié au dernier championnat provincial, qui se déroulait au CAPS de l’UQTR, en février dernier. Les performances du nageur et étudiant en biologie médicale seront à surveiller de près dans le futur, lui qui a offert des performances enlevantes depuis son adhésion aux Patriotes. Originaire de Trois-Rivières, Alex Gélinas en est à sa 11e année de natation et il traite de ses débuts ainsi: «J’ai commencé ce sport à la fin du primaire. Pour ce qui est de l’apprentissage de la natation, avec le club Mégophias, j’ai appris les bases et les quatre styles de nage (crawl, dos, brasse et papillon) et ensuite, avec les années, j’ai développé une affinité pour le dos et j’ai continué à me perfectionner dans cette voie.» Questionné à propos de son arrivée avec les Patriotes, Gélinas relate le fait qu’il côtoyait déjà certains membres des Pats : «Avant d’aller à l’université, je m’entraînais avec des membres des Patriotes et j’ai réussi à développer une complicité avec certains nageurs du groupe, puis en voyant l’atmosphère qui régnait et le fait que j’aurais le même coach, j’ai décidé d’aller nager dans le circuit universitaire.»

Des résultats qui détonnent Sa meilleure performance au 200 mètres libre cette saison est remarquable. Gélinas a fait un temps de 1 minute 56 secondes et 49 centièmes, alors que le standard établi par la FQSE (Fédération Québécoise du sport étudiant) est de 2 minutes 1 secondes et 72 centièmes. Celui qui en est à sa première saison chez les Patriotes est en mesure d’aborder ses forces en compétition : «J’ai une bonne tolérance au stress et je performe bien sous la pression.»

La passion Au nombre d’heures que Gélinas passe en entraînement et en compétition, rien ne pourrait se faire sans passion : «Tout d’abord, ce qui me passionne dans la natation, c’est que ça se nage tout seul, mais qu’on célèbre les victoires et les défaites en équipe. Plus personnellement, j’adore le feeling que nager me procure, ça te donne l’impression de vivre dans un autre monde. La natation est un sport parfait pour oublier tous les soucis et les stress que l’on a vécus durant la journée.»

À propos de son entraîneur Alex Gélinas décrit son entraîneur Martin Gingras comme un homme qui sait faire ressortir le meilleur de ses nageurs, autant dans la piscine qu’au quotidien : «Même si ses entraînements sont très durs à certains moments, on sait que si on endure on est certain d’avoir des résultats à la fin.» (M.P.)


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RETOUR À DOMICILE POUR LES PATRIOTES

Les Pats se hissent au second rang MAGALIE CHAUVIN Sports

Les partisans du Centre Alphonse-Desjardins ont eu droit à une chaude lutte qui s’est soldée par une victoire de 3 à 2 en soccer masculin. Testostérone, intensité et esprit d’équipe étaient au rendezvous en ce 19 février afin d’affronter les joueurs de l’Université de Montréal.

les Carabins ont, à leur tour, déjoué le gardien de but des Pats, Raphaël Bélanger-Vaillancourt. Les équipes rivales ont donc disputé un match serré jusqu’à la toute fin et la victoire a été bénéfique pour les hommes de Clermont puisque les Carabins étaient les champions de la saison automnale. «La victoire fait du bien. Depuis que l’on a perdu contre Laval, ça l’a changé au sein de l’équipe. On impose notre façon de jouer. On a une approche différente envers l’adversaire. Les gars tiennent le coup, plient, mais ne cassent pas», a déclaré l’entraineur-chef de l’équipe de soccer masculin.

Autre victoire pour les Pats Après 40 minutes de jeu, Guillaume Surot à créé l’avance en tirant profit d’un tir dévié sur le joueur adverse. Le gardien de but des Carabins a été pris à son propre jeu et a laissé filer le ballon dans les cordes. Cinq minutes plus tard, les Pats ont récidivé. Le milieu de terrain Valentin Seger a déjoué le gardien adverse à la suite d’un beau jeu offensif des Verts, menant le pointage de son équipe à 2-0. Les Carabins n’ont pas pour autant relâché et ont répliqué dès le début de la deuxième demie. Après quelques escarmouches, le #17 des Patriotes, Valentin Seger, a, d’un coup de tête, logé le ballon dans le filet adverse. Cette avance de deux points n’a pas été de longue durée puisque

L’équipe de soccer masculin s’est taillé une place au deuxième rang du classement après avoir vaincu les Stingers de l’Université de Concordia 2 à 1. Les Patriotes ont pris plus de quarante minutes avant de prendre une avance dans cet affrontement. L’attaquant Émile Dufour-Gallant, qui était de retour au jeu après une sérieuse blessure à l’automne, a piqué un sprint afin d’aller chercher le ballon en zone offensive et a déjoué le gardien de but adverse. Le ballon et DufourGallant se sont retrouvés dans le filet. Émile a d’ailleurs été nommé joueur du match et a offert une belle performance aux dires de son entraineur Pierre Clermont. Le milieu de ter-

Photo : M. Chauvin

Les Patriotes ont bien fait en défensive. rain, Guillaume Mainville, a inscrit le second but avec l’aide de son coéquipier Francis Labrie. Les Stingers occupaient le dernier rang, mais les hommes de Clermont ont tout de même eu de la difficulté à dominer leurs rivaux. «Contre Concordia, c’est toujours difficile à jouer. Ce sont des matchs pièges contre eux!», avoue le pilote de l’équipe de soccer masculin. Les Montréalais se sont inscrits au pointage à la toute fin de la partie et la victoire était loin d’être acquise chez les Patriotes. Les Pats ont toutefois calmé le jeu lors des 40 dernières

minutes de jeu afin de poser le ballon et ainsi mieux performer. Justin Beausoleil a dû quitter inopinément la surface de jeu après avoir reçu un carton rouge en deuxième période. Ce dernier ne pourra donc pas participer aux quarts de finales prévus le dimanche 11 mars. Les Patriotes seront à domicile afin d’affronter à nouveau l’équipe de Concordia. Ils tenteront d’accéder aux finales et reproduire le même scénario que la saison hivernale passée, soit de gagner les séries!

À QUAND UNE FORMATION UNIVERSITAIRE DE BADMINTON À L’UQTR?

Deux étudiants en kinésiologie s’illustrent Les étudiants Mélissa Léveillé et Bobby Robidas, ce dernier bien connu pour ses performances en cross-country, ont remporté les honneurs en janvier dernier lors d’un tournoi de badminton civil du côté de Québec. Il s’agissait de la première fois qu’ils imposaient leur style de jeu ensemble et cela a porté fruit. Ces futurs kinésiologues démontrent qu’il y a du talent et de la relève en badminton à l’UQTR, mais ces derniers doivent compétitionner au civil étant donné que l’organisation des Patriotes n’offre pas encore cette discipline. Pourtant, les gymnases du CAPS sont souvent occupés par des étudiants qui se réunissent afin de pratiquer le badminton. «Certains étudiants compétitionnent actuellement au civil et il y aurait certainement de l’intérêt à créer une nouvelle formation. Le Cégep de Trois-Rivières offre en plus cette discipline chez les Diablos», explique Bobby. La majorité des universités québécoises ont effectivement une formation en badminton, mais ce n’est pas la priorité des Patriotes. Pierre Clermont, responsable du programme des sports interuniversitaires, ne ferme pas la porte à la création d’une équipe de sport en badminton, mais avoue que l’ajout d’une nouvelle discipline ne fait pas partie des plans à court terme de l’organisation des Patriotes. «Le plan stratégique est de consolider les équipes actuelles et d’avoir une base financière plus stable. Nous ne voulons pas créer des formations sans s’assurer de leur pérennité. Il faut que ce soit des équipes attrayantes et compétitives et

pour l’instant c’est ce sur quoi nous travaillons. L’ajout d’une équipe ne doit pas se faire au détriment des autres formations.» Chaque équipe sportive à l’UQTR doit aussi avoir un entraîneur qui a les qualifications nécessaires. Pierre Clermont rappelle que le badminton est certes populaire, mais la journée où elle devient une discipline d’excellence, il faut de vrais athlètes au sein de la formation et non des étudiants qui aiment simplement s’adonner à la pratique du badminton une à deux fois par semaine.

En attendant… le plaisir avant tout! Le duo sera en mesure de rivaliser à nou-

veau lors des finales qui auront lieu au mois d’avril à Québec. D’un point de vue individuel, Mélissa, qui n’avait pas joué au badminton depuis 10 ans, a renoué avec ce sport cette année et aspire à finir au top 3 de la catégorie C. Bobby ne participe pas à autant de tournois en raison de ses autres occupations, mais il affectionne particulièrement le badminton. Le fait de jouer en compagnie de Mélissa lui facilite la tâche et la magie semble bien opérer au sein de cette équipe. Mélissa avait envie de goûter au défi de la compétition et a convaincu Bobby de se joindre à elle. «On a progressé vite. On s’était pratiqué

seulement une fois en mixte avant le tournoi de Québec, mais on savait comment communiquer donc ça allait bien», explique Mélissa Léveillé. Leur arme fatale : miser sur l’aspect psychologique des adversaires afin de les déstabiliser. «On dit souvent que le badminton mixte est un simple masculin avec obstacle. Le truc est de faire déplacer la fille, qui est habituellement au filet, au fond du terrain et de lui envoyer toujours le volant afin qu’elle finisse par céder», ajoute Bobby. Ils useront peut-être de cette stratégie pour convaincre l’organisation des Patriotes qu’une équipe d’excellence en badminton s’impose. (M.C.)


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5 au 18 mars 2012

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SÉRIES ÉLIMINATOIRES AU HOCKEY D’UNE FOULÉE À L’AUTRE

10%, vraiment? MAXIME BILODEAU Chroniqueur

10%. Ou plutôt 1 sur 10. C’est le nombre d’athlètes à l’échelle internationale qui consommeraient des substances dopantes. Ce n’est pas moi qui le dit mais bien David Howman, le directeur général de l’Agence mondiale antidopage. Il base cette déroutante statistique sur des conclusions de projets de recherche actuellement menés sur cette population. Et, toujours selon les dires de ce monsieur, il nous est permis de croire que ce pourcentage est avéré et ce, malgré qu’il ne s’appuie que sur des données préliminaires (l’intégralité des données seront disponibles, surprise, quelque temps avant les JO de Londres). Malheureusement, les détails relatifs à la méthodologie employée par les chercheurs menant ces travaux nous sont pour l’instant inconnus, tout comme ceux ayant trait à leur identité d’ailleurs. Néanmoins, ce qui est sûr, c’est que ces derniers sont bien loin, pour ne pas dire à des années lumières, des statistiques officielles actuelles voulant qu’il n’y ait que 1 à 2% de tricheurs au calibre international. Autre chose de certaine : je suis tout aussi renversé que vous qui me lisez présentement. À la différence près que les raison expliquant ce désabusement ne sont probablement pas les mêmes que les vôtres. En effet, ce supposé 10% de tricheurs ne me surprend pas plus qu’il ne le faut. Pour dire vrai, je le trouve en fait démesurément éloigné de la réalité. Quelle réalité? Celle que vous ne voulez pas encore vous admettre, c’est-à-dire celle voulant que tous les athlètes de haut niveau et de calibre international aient recours au dopage. Tous, sans exceptions. Je vous entends grincer des dents et vous dire : «Mais sur quoi donc ce petit impétueux se fonde-t-il pour affirmer de telles inepties?» Vous serez plus qu’heureux d’apprendre que mes affirmations ne découlent de rien d’autre que d’un savant mélange de gros bon sens et d’observations (de plus en plus désabusées vous le devinez) du monde sportif et de ses acteurs. Autrement dit, jusqu’à preuve du contraire, elles ne constituent que mon opinion. Et puisque toutes les opinions se valent, vous serez rassuré d’apprendre que votre vision d’un univers sportif propre où la Morale et la Vertu sont maîtresses est tout aussi juste que ma vision quelque peu blasée de ce même univers. Mais en fait, quelle est-elle cette vision? À mon avis, le monde sportif fonctionne un peu comme une mafia avec ses règles tacites, ses lois non-écrites et sa structure caractéristique. Et comme toutes les mafias, elle évolue en vase clos sans que l’on

sache trop ce qui s’y trame. Son but : s’enrichir et prospérer aux dépens de nous, honnêtes citoyens, en ne nous rendant aucun compte et ne laissant aucune trace. C’est en se donnant en spectacle et en tirant profit des talents multiples de ses principaux acteurs, les athlètes, que celle-ci survient à ses besoins. Inutile de vous dire que ces derniers, de par leur position délicate, sont à la fois des bénéficiaires et des victimes dans cette histoire. En effet, autant ils sont grassement rétribués pour leur contribution à l’affaire, autant ils se trouvent dans une position délicate où ils sont constamment placés sur la sellette et menacés d’être jetés et remplacés par un autre plus vite et plus fort, bref plus performant. C’est là tout le dilemme de l’athlète de haut niveau voulant non seulement pratiquer son sport, mais également vivre de celui-ci : il ne doit pas seulement être bon, il doit être extraordinaire, voire même le meilleur. Et si être le meilleur signifie de mettre consciemment sa santé et son intégrité en jeu en se dopant, alors le jeu en vaut la chandelle. C’est de cette situation tout particulièrement délicate que nait la nécessité de recourir au dopage, et non de quelconque choix moral où le bon et le mal se confrontent. Le plus triste dans tout cela, c’est que l’athlète est otage de sa propre situation déjà particulièrement précaire. Non seulement il ne peut parler pour dénoncer la situation et tout dire (vraiment TOUT) sous peine de devenir persona non grata dans un milieu où, je vous le rappelle, l’omerta règne, mais il ne peut pas plus se tourner vers cette soidisant justice sportive puisque celle-ci est, à proprement dire, incapable d’imposer adéquatement et de façon crédible ses diktats.

Un champion dopé reste tout de même un champion s’il est confronté à d’autres tout aussi dopés que lui. Prenez-en à témoin les verdicts rendus récemment par le Tribunal arbitral du sport, digne représentant de cette pâle justice, dans les cas des cyclistes Alberto Contador (triple vainqueur du Tour de France) et Jan Ulrich (éternel rival du plus grand des dopés Lance Armstrong). Deux verdicts, deux blagues d’un ridicule consommé. Alors, que devrions-nous faire face à ce triste constat? La réponse à cette question, je ne la connais pas. Peut-être devrions-nous faire ce que Yannick Noah, cet ex-tennisman français, a proposé récemment, soit de purement et simplement accepter le dopage. Bien que, pour des raisons évidentes, elle ne soit pas sur le point d’être appliquée, sa solution a à tout le moins le mérite de mettre de l’avant un fait que l’on oublie trop souvent : un champion dopé reste tout de même un champion s’il est confronté à d’autres tout aussi dopés que lui. À méditer...

Les Patriotes remportent la série face aux Rams

Photo : M. Pronovost

Billy Lacasse marquait ici son premier but des séries, en infériorité numérique.

Les Patriotes ont remporté la série qui les opposait aux Rams de l’Université Ryerson. Les trois matchs ont été requis pour déterminer qui passerait en ronde supérieure. Ryerson s’est imposé à la première rencontre en infligeant une défaite aux Patriotes, au compte de 9 à 2. Le retour à la maison a par ailleurs été profitable aux hommes de Jacques Laporte qui ont enfilé les victoires par la marque de 7-5 et 5-3. Trop de blessés chez les Pats La première partie des séries de fin de saison des Patriotes a été un festival offensif pour les Rams, la défaite étant attribuable au nombre de joueurs blessés de l’équipe trifluvienne : «L’équipe est décimée par les blessures. Ils [les Ravens] ont attaqué en lion, on était moins sûrs de nous, on a joué du hockey de rattrapage. Il faut être en mesure de tourner la page rapidement pour la prochaine partie. Qu’on ait perdu 9 à 2 ou 2 à 1 en prolongation, c’est la même chose, il faut prendre le taureau par les cornes et on va s’en sortir», a expliqué Jacques Laporte immédiatement après la rencontre. Olivier Ouellet et Maxime Gravel ont été les marqueurs lors de la partie. Le gardien Olivier Nadeau a connu des difficultés lors de la rencontre et a été remplacé par Vincent Lamontagne, qui a terminé tant bien que mal.

Le deuxième match le dos au mur Le premier match en sol trifluvien pour les Rams s’est avéré difficile, puisque les Patriotes ont usé de leur rapidité, et ont fini par s’imposer physiquement pour remporter la partie 7 à 5. À tour de rôle les équipes marquaient, jusqu’en début de troisième période où Maxime Lévesque est venu créer un écart de deux buts pour ainsi compliquer la tâche de l’Université Ryerson. Olivier Donovan et Maxime Gravel ont compté à deux reprises chacun, tandis qu’Olivier Lessard et Félix Petit ont été les autres buteurs dans cette victoire de Trois-Rivières. Bien que la partie ait été décrite comme la plus enlevante de l’année par Jacques Laporte, l’arbitrage a été critiqué par Graham Wise, l’entraîneur des Rams : «Il y a deux excellentes équipes sur la glace et l’intensité est très élevée, quelques coups se donnent, laissez-les jouer au hockey.» Ce dernier a aussi tenu à souligner la qualité de jeu de son équipe : «Je suis fier de mes joueurs, peu importe la façon dont ils ont joué. Même avec une défaite, ils ont été compétitifs.»

Jacques Laporte, quant à lui, était à la fois heureux et soulagé de cette victoire : «Pour la troisième partie, ils vont connaître la même pression qu’on a connu avant la game de ce soir. C’est demain qui est important.» Le gardien Guillaume Nadeau a été mis à l’épreuve tout au long du match : les Rams employaient une stratégie très particulière qui consistait à lancer constamment en direction de Nadeau plutôt que de dégager en fond de territoire, question de le déstabiliser. À ce sujet le gardien recrue des Patriotes s’est dit confiant pour le troisième et dernier affrontement de la série : «Il faut garder la tête froide et avoir confiance. On a gagné celle-là, maintenant on pense à la dernière.»

Match décisif L’enjeu du dernier match de cette série était énorme, et avec cette victoire de 5 à 3, les Patriotes passaient à la deuxième ronde. À peine trois minutes ont suffi à Tommy Tremblay pour ouvrir la marque et imposer le rythme à la rencontre. Après 20 minutes de jeu, les Patriotes avaient pris une avance de 3 à 2.

Travailler sans cesse En deuxième période, à court d’un joueur, les Patriotes sont demeuré opportunistes et Billy Lacasse a réussi à se démarquer dans l’enclave. Lacasse a effectué une feinte et un lancer foudroyant alors que le gardien des Rams était confus, pour ainsi doubler l’avance des Patriotes. Peu avant le troisième vingt, Ryerson a inscrit son dernier but de cette série. Jeff Desjardins a quant à lui marqué le cinquième et dernier but des Patriotes dans les premières secondes de la troisième période. Questionné à propos de sa performance, Desjardins est resté très humble : «Ça a bien été, on était concentré, il fallait suivre le plan de match. Je joue avec d’excellents joueurs, une ligne avec une bonne présence physique. Si je marque des buts, c’est juste un plus, on gagne ou on perd en équipe. Il faut penser à la prochaine partie et tout est à refaire.» Après la victoire de l’UQTR, Jacques Laporte était soulagé et très heureux de la tournure des événements : «Desjardins a un nouveau rôle dans l’équipe, et il a bien répondu ce soir et Guillaume Nadeau a été plus en confiance, c’est l’fun de le voir sortir comme ça. Lacasse a parfois un rôle ingrat, et pourtant ça fonctionne.» La victoire des Patriotes confirmait que l’Université Carleton serait en visite pour la première rencontre de la deuxième ronde. (M.P.)


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PATRIOTES CONTRE RAVENS

Les Patriotes accèdent à la finale MAXIME PRONOVOST Sports

Dans un match ultime, les Patriotes ont remporté la série demi-finale de la division est de la SUO face aux Ravens de l’Université Carleton dimanche le 26 février. Départ en lion Après une victoire au troisième match de la série contre les Rams de Ryerson, les Patriotes passaient en deuxième ronde des éliminatoires et recevaient les Ravens de l’Université Carleton. Lors de l’inauguration de cette série, contre toute attente, les Patriotes ont démoli leurs rivaux d’Ottawa par la marque de 8 à 1. Dans ce match à sens unique, qui a pourtant débuté par le premier et seul but de l’équipe ontarienne, les hommes de Jacques Laporte ont été impeccables en attaque. «C’est toujours le fun quand ça arrive, c’est pour ça que c’est important d’aller chercher l’avantage de la glace. Même après cette victoire-là, c’est important de regarder en avant pour la prochaine game. Il faut garder la même mentalité qu’on avait après notre défaite de 9 à 2 contre Ryerson. On n’était pas en mode playoff et il faut garder le focus», explique le joueur Jean-Sébastien Breton au sujet de la performance de son équipe. Tommy Tremblay a quant à lui commenté l’aspect physique du jeu de Carleton : «Il y a toujours beaucoup de robustesse quand on joue contre eux. Il n’y a personne qui aime se faire frapper, mais quand c’est à notre tour de les brasser, c’est l’fun. On a été calme en attaque toute la partie, on prenait le temps de se préparer, on a réussi à imposer notre tempo, ça donne les résultats qu’on connaît.» Petit, Lacasse (2 buts), Donovan (2 buts), Lévesque et Desjardins (en supériorité) ont été les marqueurs pour cette partie.

À Ottawa Les joueurs de Jacques Laporte se sont déplacés à Ottawa pour le deuxième match de cette demi-finale qui s’est terminé au compte de 5 à 1 pour les Ravens. Par expérience pour les Patriotes, jouer au domicile des Ravens est très éprouvant. Tremblay a commenté l’expérience ainsi : «À Ottawa, ça se passe dans les dix premières minutes. Ils font tout ce qu’ils peuvent pour nous mener la

vie dure. Pour l’arbitrage, rien n’est pénalisé. Ça donne à Carleton un style de jeu très dur, très robuste.» À l’aise à domicile, les Ravens ont obtenu l’avantage psychologique tôt dans le match après avoir marqué en supériorité numérique avant la deuxième minute de jeu. Quatre autres buts ont été enfilés par l’équipe de l’Université Carleton. Ce n’est qu’à la toute fin de la rencontre que Maxime Gravel a pu inscrire l’unique but des Patriotes. Pour Jacques Laporte, toutes les défaites sont comparables : «Qu’on perde 9 à 2 [en référence au match contre Ryerson au début des éliminatoires] ou 5 à 1, c’est la même chose. Il faut tourner la page.»

«Les joueurs de Carleton ont été baveux tout le long du match à Ottawa, ça me fait tellement de bien de leur mettre dans les dents ce soir.» – Pierre-Alexandre Joncas Pour en finir avec Carleton Au lendemain de la défaite, tout était à refaire pour les Patriotes. Au Colisée de TroisRivières, pour le match ultime, l’ambiance était survoltée sur le banc des joueurs en tout début de match. En première période, alors que les deux équipes jouaient de sûreté, alors qu’aucune erreur n’était permise, Maxime Robichaud a déjoué la vigilance du gardien avec un tir frappé de la ligne bleue. Les Patriotes ont conservé leur avance d’un point jusqu’en troisième période. Les deux buts comptés par les Ravens à la huitième et treizième minutes de jeu du troisième tiers ont fait grimper le niveau de stress chez les Patriotes qui devaient à tout prix éliminer l’écart.

Au rythme de Joncas À 4 minutes de la fin, Pierre-Alexandre Joncas a égalé la marque 2 à 2. Joncas a sauvé son équipe de la défaite et a envoyé les deux équipes en prolongation. Les spectateurs ont dû attendre jusqu’en deuxième période de prolongation avant de connaître le dénouement de la rencontre. Pierre-Alexandre Joncas est venu à nouveau jouer les héros dans le match et a profité d’une erreur des Ravens pour battre leur gardien sur un lancer du poignet très précis.

Photo : M. Pronovost

Photo : M. Pronovost

Les Patriotes ont dû aller jusqu’en 2e période de prolongation pour venir à bout des Ravens de l’Université Carleton. Les joueurs célébraient, se sont regroupés au centre de la glace et ont donné la main à leurs opposants. Juste avant de rejoindre ses coéquipiers, Jacques Laporte a regardé Joncas, lui a frappé l’épaule et a dit : «Envoye, va répondre aux questions [des journalistes présents], c’est toi le héros ce soir.» À propos de la série, Pierre-Alexandre Joncas

a dit avec émotion : «Les joueurs de Carleton ont été baveux tout le long du match à Ottawa, ça me fait tellement de bien de leur mettre dans les dents ce soir, je veux plus rien savoir d’euxautres!» Excité et enjoué comme jamais cette saison, Jacques Laporte a dit vouloir employer ces stratégies contre les Redmen de McGill en finale : «Powerplay, discipline, énergie, yes sir!»



Zone Campus 5 mars 2012