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29 octobre au 11 novembre 2013 | Volume 9, numéro 5 | 24 pages | Bimensuel gratuit

ARTS

SHOWCASE DE LA LIM Le 15 octobre dernier, la Ligue d’improvisation mauricienne lançait officiellement sa saison avec le traditionnel showcase durant lequel les quatre équipes étaient présentées au public. Après le dévoilement officiel des équipes qui avait eu lieu le 28 septembre, l’étape suivante était de voir ses... ARTICLE COMPLET EN PAGE 13

PYRRHOTITE PYRRHOTITE

L’UQTR PARMI LES VICTIMES

SPORTS

HOCKEY: LA GLACE EST BRISÉE! L’équipe de hockey des Patriotes a fait plaisir à ses partisans lors du match d’ouverture de la saison, le mercredi 16 octobre dernier au Colisée de TroisRivières. Dans un match haut en intensité et en rebondissements, la troupe de Marc-Étienne Hubert l’a emporté en prolongation par la marque de 4-3 sur les... ARTICLE COMPLET EN PAGE 22-23

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) apprenait dernièrement qu’elle comptait parmi les victimes de la pyrrhotite. En effet, le rapport d’analyse de la firme LVM de Trois-Rivières révélait une présence non conforme de pyrrhotite dans le pavillon de la santé et dans le Centre de l’activité physique Par Ann-Julie DuRocher, journaliste

et sportive Léopold-Gagnon (CAPS). Une inspection au début de 2013, par le service de maintenance du CAPS, avait permis de découvrir des bosses sous les planchers de certains gymnases. À la suite de quoi la firme LVM a reçu le mandat, en mai dernier, d’effectuer l’analyse de la concentration en pyrrhotite par carottage du plancher, des bases de colonnes et des fondations du bâti-

ment. Cette analyse a donc permis de révéler que les dalles des trois nouveaux gymnases, construits en 2004-2005, ainsi que le bloc sanitaire, présentaient une concentration de 0,61% en pyrrhotite. Cela représente une concentration deux fois plus élevée que la norme québécoise à 0,30%. Au total, c’est 3240... ARTICLE COMPLET EN PAGE 3


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ACTUALITÉS

29 octobre au 11 novembre 2013

ASSOCIATION NATIONALE

Les régions se retirent de la FEUQ

Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239

ANN-JULIE DUROCHER Journaliste

Bimensuel distribué à 5 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières.

« Toute porte de sortie est une porte d’entrée sur autre chose. » — Tom Stoppard Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Stéphanie Paradis | Rédactrice en chef redaction.zc@uqtr.ca Anne Larose | Actualités actualites1@zonecampus.ca Ann-Julie DuRocher | Actualités actualites2@zonecampus.ca Alexandra Carignan | Arts et spectacles arts1@zonecampus.ca Félix-Antoine Désilets-Rousseau | Arts et spectacles arts2@zonecampus.ca Marie-Philippe Bibeau | Sports sports1@uqtr.ca Hugo St-Pierre Hould | Sports sports2@uqtr.ca Myriam Lortie | Journaliste myriam.lortie@uqtr.ca Lili Brunet St-Pierre | Chroniqueuse lili.brunet.st-pierre@uqtr.ca Laurent Constantin | Chroniqueur laurent.constantin@uqtr.ca Sébastien Dulude | Chroniqueur sebastien.dulude@uqtr.ca Kévin Gaudreault | Chroniqueur kevin.gaudreault@uqtr.ca Marie-Hélène Gauthier | Chroniqueuse marie-helene.gauthier@uqtr.ca Nicolas Gauthier | Chroniqueur nicolas.gauthier@uqtr.ca Stéphanie Gladu | Chroniqueuse stephanie.gladu@uqtr.ca Jean-François Veilleux | Chroniqueur jean-francois.veilleux@uqtr.ca Alexandre Laramée Zouéki | Illustrateur alexandre.laramee.zoueki@uqtr.ca Hubert Samson | Illustrateur hubert.samson@uqtr.ca Valérie Venne | Correctrice valerie.venne@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Virginie Lessard | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Photo de la une : D. Janvier

Depuis la rentrée scolaire, la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a dû faire face à une vague de désaffiliation et à la démission de la présidence assumée jusqu’alors par Antoine Genest-Grégoire. Avec ses désaffiliations successives, la FEUQ a perdu trois de ses associations de région, ce qui représente 11% de ses membres, soit 12 000 étudiants. En septembre, l’Association générale des étudiants du campus de Lévis (AGECAL) ouvrait le bal en votant à 85% son retrait de la FEUQ. S’en est suivi, au début du mois d’octobre, le vote à près de 70% contre le maintien de leur adhésion à la FEUQ par les étudiants du Mouvement des associations générales étudiantes de l’Université du Québec à Chicoutimi (MAGE UQAC). Finalement, les étudiants de l’Association générale des étudiants et des étudiantes du Campus de Rimouski (AGECAR) ont, eux aussi, à la fin octobre, voté à 83% pour la désaffiliation. Les trois associations du réseau de l’Université du Québec font plusieurs reproches à la Fédération. «Le manque de transparence dont a fait preuve l’exécutif de la FEUQ a […] grandement joué dans la détérioration de la confiance qui régnait entre l’AGECAR et la Fédération», mentionnait à cet effet François Lapointe, président de l’AGECAR. Le principal reproche envers la FEUQ reste toutefois le manque de représentativité des régions au sein l’association nationale. Les associations ayant préféré ne pas renouveler leur confiance envers la Fédération lui reprochent en effet de ne pas avoir été à l’écoute des besoins des étudiants en région. «Tout se passe à Montréal, je n’ai jamais vu la FEUQ mettre les pieds à Lévis», affirme la présidence de l’AGECALE, Sébastien Girard.  Avec trois associations de région à quitter

le navire, force est donc de constater que la FEUQ représente de moins en moins l’ensemble du Québec. En effet, celle-ci n’a plus de membres à l’est de Sherbrooke. La Fédération étudiante de l’Université de Sherbrooke (FEUS) et l’Association générale étudiante de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (AGEUQAT) sont les deux seules associations en dehors de la métropole à être encore représentées par la fédération; cela correspond donc à 17 500 étudiants des 108 000 représentés par la FEUQ. Il est a noté que la FEUS avait tenu l’an dernier elle aussi un vote de désaffiliation. Le référendum s’était conclu par une différence de 74 votes, soit 0,6%, contre le retrait de son appui à la FEUQ. À la suite du mouvement de grève de 2005, une vague de désaffiliation semblable avait touché la FEUQ lorsque sept associations ont quitté en sept ans. En 2009, l’AGE UQTR s’est désaffiliée à 62% pour des raisons similaires à celles soulevées aujourd’hui. Pour l’instant, il ne semble pas être question de s’affilier à une autre association nationale pour ce qui est de l’AGECAL et l’AGECAR. Le MAGE UQAC sondera ses membres au cours de l’hiver 2014.

«Le manque de transparence dont a fait preuve l’exécutif de la FEUQ a […] grandement joué dans la détérioration de la confiance qui régnait entre l’AGECAR et la Fédération.» — François Lapointe, présidence de l’AGECAR Une tête en moins Ce manque de confiance envers l’association nationale a entre autres entrainé la démission de Monsieur Genest-Grégoire de la présidence de la FEUQ. «Notre organisation a été victime de nombreuses attaques et critiques», a-t-il affirmé dans sa lettre de

Photo: Courtoisie

Antoine Genest-Grégoire, président démissionnaire de la Fédération étudiante universitaire du Québec. démission. C’est donc à la suite de la désaffiliation de l’AGECAR qu’il a quitté ses fonctions. Dans sa lettre, il ajoute: «Autant je sens le besoin de changement au sein de la Fédération pour permettre cette adaptation, autant je sens que je suis étranger à ces démarches.» Il mentionne aussi aux membres restant qu’ils devraient «se réapproprier la Fédération [et] s’investir dans son développement et dans sa continuité». Malgré tout, l’association assure, via son attaché de presse Yanick Grégoire, que celleci n’est pas en crise. Il explique le tout en affirmant que «c’est normal que des étudiants reconsidèrent leur affiliation». En attendant de nouvelles élections à la présidence, qui n’auront pas lieu avant novembre, le poste est assumé, par intérim, par la vice-présidence Thierry Morel-Laforce.

Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

NOUVEAUX ÉTUDIANTS

L’UQTR ouvre ses portes

SOMMAIRE ACTUALITÉS 2-7 5e Gala des Pythagore

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Nouveau cours à l’UQTR

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Semaine de la réduction des déchets

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SOCIÉTÉ 8-12 ARTS ET SPECTACLES Spectacle de Chantal Archambault

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Coïncidences Productions 18 SPORTS 19-23 Soccer

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Natation

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Hockey

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Le 2 novembre prochain, de 11h à 16h, aura lieu la journée portes ouvertes de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Celle-ci se tiendra au Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) Léopold-Gagnon de l’UQTR. Lors de cette journée, les futurs étudiants et étudiantes de l’UQTR auront la possibilité de rencontrer les responsables de tous les programmes. Certains membres du personnel administratif ainsi que des étudiants, présentement inscrits à l’UQTR dans différents programmes, seront aussi sur place pour répondre aux questions. De son côté, l’Association générale des étudiants de l’UQTR (AGE UQTR) présentera ses services et rendra possible une visite guidée du tout nou-

veau pavillon à la vie étudiante (PaVÉ) et de la Chasse Galerie.

Visite du campus En plus d’obtenir de l’information sur les programmes de cours offerts à l’UQTR, les étudiants et les étudiantes pourront profiter d’une visite guidée des lieux. Cette activité leur permettra de se familiariser avec certains endroits importants du campus. Ils pourront entre autres accéder aux différentes installations du CAPS Léopold-Gagnon, aux résidences, aux salles de classe, aux salles multimédias ainsi qu’aux laboratoires de recherche scientifique et thématique. De plus, certaines activités parascolaires comme le Baja et la formule SAE seront présents.

De plus, en participant à cette journée, les futurs étudiants courent la chance de gagner le paiement de leurs frais de scolarité pour une session.

Journée portes ouvertes Pour représenter l’UQTR lors de la journée portes ouvertes, l’Université a choisi comme porte-parole la nageuse des Patriotes Caroline Lapierre-Lemire. L’athlète s’est mérité de nombreux titres pendant ses trois années au sein de l’équipe. Elle a entre autres remporté la médaille de bronze lors des 27e Universiades d'été qui se sont tenus à Kazan en Russie. Une journée semblable sera aussi organisée lors de la session d’hiver, soit le 1er février 2014 de 10h à 16h. (A.-J.D.)


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ACTUALITÉS PYRRHOTITE

L’UQTR parmi les victimes Photo: D. Janvier

ANN-JULIE DUROCHER Journaliste

L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) apprenait dernièrement qu’elle comptait parmi les victimes de la pyrrhotite. En effet, le rapport d’analyse de la firme LVM de Trois-Rivières révélait une présence non conforme de pyrrhotite dans le pavillon de la santé et dans le Centre de l’activité physique et sportive Léopold-Gagnon (CAPS). Une inspection au début de 2013, par le service de maintenance du CAPS, avait permis de découvrir des bosses sous les planchers de certains gymnases. À la suite de quoi la firme LVM a reçu le mandat, en mai dernier, d’effectuer l’analyse de la concentration en pyrrhotite par carottage du plancher, des bases de colonnes et des fondations du bâtiment. Cette analyse a donc permis de révéler que les dalles des trois nouveaux gymnases, construits en 2004-2005, ainsi que le bloc sanitaire, présentaient une concentration de 0,61% en pyrrhotite. Cela représente une concentration deux fois plus élevée que la norme québécoise à 0,30%. Au total, c’est 3240 suite de la une mètres carrés, au CAPS seulement, qui sont affectés. Quant au pavillon de la santé, construit en 2008 pour 15 millions de dollars, les carottes de béton prélevées révèlent la présence de pyrrhotite à 0,23% par volume de béton. Bien qu’il s’agisse d’une quantité moindre, l’Université devra tout de même effectuer des réparations. En effet, lors du procès sur pyrrhotite, les experts Charles Tremblay et Raymond Juneau

L’Université étudie présentement les actions légales pouvant être entreprises. En effet, Madame Giguère affirme «qu’il ne faut pas se fermer de portes», d’autant plus qu’il s’agit de «l’argent public». L’UQTR a aussi l’intention de se tourner vers le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie afin d’obtenir de l’aide financière. À ce stade, il est difficile d’évaluer le cout des réparations. «Je vais faire le montage financier après avoir pris connaissance des couts de réfection», assure Madame Giguère.

Un sujet loin d’être clos

Une des sections du CAPS touchées par la pyrrhotite. expliquaient que bien qu’il s’agisse d’une faible quantité, des dommages dans les structures atteintes sont à prévoir dès qu’il y a présence de pyrrhotite, bien qu’ils apparaissent plus lentement.

«Ma priorité, bien sûr, c’est le CAPS. Je ne peux pas étirer ce dossier-là.» — Johanne Giguère, vice-rectrice à l’administration et aux finances Une question de sécurité L’Université assure toutefois que la présence en pyrrhotite ne compromet en rien la sécurité des usagers. Afin d’assurer la sécurité, l’UQTR mettra en place toutes les mesures nécessaires à la surveillance des ouvrages du béton.

Des travaux sont à prévoir dans les deux bâtiments. Bien qu’aucune date ne soit précisée, l’UQTR assure que ceux-ci seront réalisés «lors d’une période qui permettra de minimiser les inconvénients pour tous les usagers». La vice-rectrice à l’administration et aux finances, Johanne Giguère, estime qu’il faudra prioritairement amorcer les travaux dans les gymnases du CAPS, où se trouve de la pyrrhotite en plus grande quantité. «Ma priorité, bien sûr, c’est le CAPS. Je ne peux pas étirer ce dossier-là», fait-elle savoir. En ce qui a trait au pavillon de la santé, l’UQTR verra, dans les prochaines semaines et en fonction de l’étendue du problème, les procédures à suivre. Il est à noter que pour le cas du pavillon de la santé, les fondations ont été imperméabilisées lors de la construction, ce qui a pour effet de ralentir la progression des agents oxydants.

La régie du bâtiment du Québec définit la pyrrhotite comme une espèce minérale qui peut provoquer des fissures dans le béton. Le minéral est ajouté au mélange de béton et, avec l’humidité, provoque un gonflement qui entraine des fissures sur les murs et toutes les structures qui comportent du béton. Dans la région, plusieurs maisons et édifices sont touchés par le problème. Jusqu’à présent, on évalue approximativement à 1300 propriétaires résidentiels le nombre de victimes de la pyrrhotite en Mauricie, et ce nombre ne cesse d’augmenter. De nombreux édifices s’ajoutent aussi à ce nombre, dont le palais de justice de Trois-Rivières, le complexe sportif Alphonse-Desjardins, l’École nationale de police de Nicolet ainsi que le pont de la route 138, pour n’en nommer que quelques-uns. L’arrivée de la pyrrhotite dans le béton en Mauricie suscite encore bien des questions quant aux normes et aux contrôles. Les cas de pyrrhotite les plus anciens connus à ce jour remontent à 1996. Un procès s’échelonnant sur une période de près de six mois s’est tenu sur le sujet rassemblant une centaine de victimes. Bien que ce procès soit terminé, le dossier de la pyrrhotite n’est toutefois pas clos, puisque de nouvelles victimes font leur apparition.

SITE INTERNET DE L’AGE UQTR

Encore du retard à prévoir C’est au mois de juin que la vice-présidente aux communications, Roxanne Dulong, a annoncé au Conseil d’administration de l’Association générale des étudiants (AGE UQTR) son intention de refaire le site Internet. Quatre mois plus tard, le nouveau site Internet n’est toujours pas en fonction. L’intention derrière la réalisation d’un nouveau site Internet est d’offrir plus de possibilités aux étudiants en termes de communication que l’ancien site. C’est entre autres en remédiant à certaines lacunes que Madame Dulong espère rendre celui-ci plus attrayant. Les délais concernant la livraison du site sont

attribuables, selon Madame Dulong, aux deux semaines de la construction pendant l’été. En effet, lors de l’attribution du contrat à l’agence de communication Acolyte au mois de juillet, elle ignorait que l’agence prenait vacances durant cette période. Le site, qui devait d’abord être prêt pour la rentrée scolaire puis pour le 1er octobre, a par la suite pris du retard du côté de l’AGE UQTR. En effet, l’association a pris du retard dans l’envoi du matériel et des informations. Toutefois, la version bêta est maintenant prête et il ne reste plus qu’à remplir le site de photos et d’informations. Toujours selon Madame Dulong, le site Internet, qui gardera le même nom de domaine soit www.ageuqtr.org, devrait être mis en ligne d’ici quelques semaines.

Difficultés avec l’ancien site L’ancien site de l’AGE UQTR, toujours en ligne en attendant le nouveau, éprouve certaines difficultés depuis quelques semaines. Après avoir été hors ligne pendant une fin de semaine complète, il est maintenant impossible d’y trouver des informations. Selon l’AGE UQTR, ce problème serait dû à des travaux effectués par l’UQTR dans le filage de l’établissement. Pour éviter de tels problèmes, le nouveau site sera hébergé à l’extérieur, ce qui constitue une solution sécuritaire pour l’AGE UQTR. Le site Internet de l’AGE UQTR avait été refait à neuf il y a trois ans, lors du mandat du conseil exécutif 2009-2010. (A.-J.D.)

Photo: AGE UQTR


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ACTUALITÉS

29 octobre au 11 novembre 2013

L’UQTR RÉCOMPENSE SES DIPLÔMÉS ÉMÉRITES

Succès au 5e Gala des Pythagore 2013 et diplômé en génie électrique en 1983, et Mario Jean, humoriste et diplômé en récréologie en 1988. ANNE LAROSE Journaliste

Sept personnalités ont été honorées par l’Université du Québec à Trois-Rivières le 18 octobre dernier au Gala des Pythagore, un évènement qui vise à présenter des diplômés au parcours exceptionnel. Pour cette 5e édition, la présidence d’honneur a été confiée à Patrick Charlebois, diplômé en administration et gestionnaire de portefeuille à la Financière Banque Nationale. Il a profité de l’occasion pour féliciter les lauréats, source d’inspiration pour les étudiants. Les personnes qui ont été honorées dans diverses catégories sont: Paul Crampton, juge en chef à la Cour fédérale du Canada et diplômé en philosophie en 1981, Yvon Bolduc, présidentdirecteur général du Fonds de solidarité FTQ et diplômé en éducation physique en 1977, Sylvain Toutant, président de GMCR Canada et diplômé en administration en 1985, Francine de Montigny, directrice du CERIF et diplômée en psychologie en 2002, Winston Chan, chiropraticien et diplômé en 2004, Guy Cloutier, directeur du laboratoire de biorhéologie et d’ultrasonographie médicale au Centre hospitalier de l’Université de Montréal

Les lauréats ravis Mario Jean, questionné sur place quant à l’importance de la récréologie en 2013, a partagé cette impression: «Dans les années 80, lorsque j’ai fait mes études, on parlait de l’arrivée de la société des loisirs, aujourd’hui on y est! Apprendre le loisir est important». Monsieur Jean a souligné que sa conjointe avait également étudié en récréologie et qu’elle poursuivait toujours cette carrière. Quant à l’humoriste vedette, il affirme que les notions d’affaires et d’administration apprises dans ses cours lui servent encore. «Lorsque j’ai à trouver mes sujets, j’effectue des recherches un peu de la même façon que celle que j’utilisais pour produire des travaux de niveau universitaire», a-t-il ajouté sur l’aspect créatif de son travail. Le premier lauréat de la nouvelle catégorie de la relève, dont le prix est décerné à une personnalité de 35 ans et moins, a été attribué à Winston Chan qui s’est dit très fier de recevoir ce prix: «J’ai été très surpris, ils sont habituellement remis à des gens au sommet de leur carrière». Questionné sur son parcours, Monsieur Chan s’est rappelé ses débuts: «Alors que j’étudiais au Collège Brébeuf à Montréal, un professeur de l’UQTR est venu faire une présentation sur le programme et j’ai été le seul à y assister! Par la suite, j’ai découvert TroisRivières.» Selon Monsieur Chan, l’implication dans le milieu est l’une des clés du succès dans

Photo: Courtoisie

Le groupe de lauréats 2013 du Gala des Pythagore de l’UQTR. les études, afin de développer la communication, le travail d’équipe et la gestion de projet, notions utiles pour les futurs chiropraticiens qui auront à gérer leur propre clinique. Guy Cloutier a quant à lui poursuivi des études supérieures à l’Université de Montréal après son passage à l’UQTR: «J’ai continué en génie à l’UdeM, et je suis maintenant directeur d’un département clinique en santé.» Monsieur Cloutier est dans une position qui lui permet d’apprécier la notoriété de l’UQTR en matière

de santé. «Mon fils a décidé de venir étudier à Trois-Rivières», a-t-il ajouté avec fierté. «Je ne m’attendais pas à recevoir mon Pythagore, c’est un véritable honneur d’être sélectionné par un comité tout à fait indépendant, ça fait vraiment plaisir.» Le comité organisateur est composé de professeurs et de gestionnaires de l’UQTR ainsi que de membres de la communauté. L’an prochain, sept nouveaux lauréats seront choisis et le Gala se tiendra le 18 octobre 2014.

RECHERCHES

Des plantes résistantes aux maladies Avec la Chaire de recherche UQTR en immunité végétale: génomique fonctionnelle des pathosystèmes, Hugo Germain, titulaire de celle-ci, travaille à la mise sur pied d’une plateforme de recherche visant à découvrir de nouvelles composantes des mécanismes immunitaires des végétaux. Ainsi, il tente d’améliorer la résistance des plantes aux différents agents pathogènes. Dans ses recherches et avec son nouveau laboratoire, le professeur Germain se concentre sur l’immunité végétale et la régulation de l’export nucléocytoplasmique des ARN messagers. De cette manière, il espère, à long terme, être en mesure de permettre aux plantes d’être résistantes aux maladies. Ceci aurait des effets bénéfiques pour les agriculteurs. On estime à environ 25% les pertes de récoltes causées entre autres par des agents pathogènes. En effectuant des recherches qui pourraient mener à la découverte de nouvelles composantes du système immunitaire des végétaux, cela pourrait permettre de venir en aide aux agriculteurs en diminuant le pourcentage de pertes. Le chercheur s’intéresse particulièrement aux maladies fongiques. Celles-ci affectent différentes cultures telles que le riz, le blé et le soya. En travaillant à partir du peuplier et de la rouille foliaire, qui s’attaque aux feuilles et les fait tomber, il espère pouvoir étendre éventuellement ses recherches au soya ou au blé. Étant donné la difficulté à cultiver le peuplier en laboratoire, Monsieur Germain utilise l’Arabidopsis thaliana. «C’est une plante idéale pour les chercheurs. Son génome a déjà été entièrement séquencé, avant même celui de l’humain. Ses quelque 25 000

gènes différents sont donc connus. De plus, elle est de petite taille, arrive à maturité après quatre semaines, produit des graines à six semaines et s’autoféconde et se cultive facilement, car c’est une mauvaise herbe. Elle constitue donc un sujet d’étude idéal que les chercheurs utilisent depuis le milieu du 20e siècle», explique le professeur.

L’homme derrière les recherches Monsieur Germain, professeur au Département de chimie et physique à l’UQTR, a fait ses études de maitrise à l’Université Laval, puis son doctorat à l’Université de Montréal. Il a fait son premier post-doctorat à Vancouver, puis son second stage postdoctoral à l’Université Laval au laboratoire du Dr Armand Séguin. Natif de la région, il se dit «content d’être revenu après 20 ans». «L’une des choses que j’ai trouvée fascinante lorsque j’étais étudiant en microbiologie est notre système immunitaire, plus précisément le processus par lequel nous pouvons produire des anticorps qui reconnaitront un nombre vraisemblablement infini d’épitopes. Ce système m’a semblé tellement parfait que j’imaginais mal comment un organisme pourrait survivre sans. Et pourtant les plantes n’ont pas d’anticorps pour les protéger», explique Monsieur Germain. Le laboratoire prend chaque année des étudiants au baccalauréat comme stagiaire en plus d’accueillir des étudiants à la maitrise et aux doctorats tous inscrits au Département de biochimie et physique. Il espère toutefois attirer aussi des étudiants d’autres départements tels que sciences de l’environnement. «La biologie moléculaire, ça s’apprend. Tout ce qu’il faut c’est l’intérêt», mentionne-t-il. (A.-J.D.)


ACTUALITÉS

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Laurent Constantin

Voyage au centre du campus

NOUVEAU COURS À L’UQTR

Histoire des sports et des loisirs: une première au Canada ALEXANDRA CARIGNAN Journaliste

Dès janvier prochain, les étudiants de l’UQTR pourront s’inscrire au cours d’Histoire des sports et loisirs de l’Antiquité à nos jours. Ce cours se veut un cours d’histoire générale sur le thème des loisirs, une première en Amérique du Nord. Laurent Turcot, professeur au Département des sciences humaines de l’UQTR, a proposé ce projet l’an dernier. Un cours d’histoire de la culture, mais qui ne nécessiterait pas de connaissances prérequises et qui engloberait plusieurs époques. C’est d’ailleurs l’aspect général du cours qui en fait sa particularité. «Lorsqu’on a réformé le programme il y a un an, on s’est dit que ça serait peut-être intéressant de couvrir le facteur humanité à l’UQTR, c’està-dire la formation de la culture en général», poursuit-il.

hockey. Il y avait exactement les mêmes débats dans la Rome antique sur les gladiateurs, sur comment on devrait essayer de limiter les gestes trop violents.» Plusieurs débats sociaux seront ainsi abordés lors des séances, ce qui permettra de se questionner sur la société moderne. Le cours s’appuiera aussi sur une banque iconographique jamais utilisée dans un cours, regroupant des images des plus grands musées d’Europe et des Amériques.

«Il y a tout un débat actuel sur la violence dans le hockey. Il y avait exactement les mêmes débats dans la Rome antique sur les gladiateurs, sur comment on devrait essayer de limiter les gestes trop violents.» — Laurent Turcot, professeur au Département des sciences humaines de l’UQTR

Loisirs, sport et société Présenté sous forme chronologique, le cours s’intéresse plus particulièrement au lien entre les différentes sociétés et les loisirs qui les caractérisent. Les spécialistes de l’histoire du sport, mentionne Laurent Turcot, travaillent souvent sur les pratiques sportives et leurs règles, mais rarement sur leur lien avec le spectateur et sa place dans la société. Du théâtre à la gymnastique, en passant par le tourisme, le hockey et les jeux vidéo, le cours tente de comprendre d’où viennent les sports et comment la culture du loisir s’est développée à travers les époques. C’est donc un cours sur l’histoire de la culture, mais aussi de la vie quotidienne des gens aux différentes époques. Ce ne sont pas les dates ou les évènements politiques qui seront au cœur de l’étude, mais bien la relation entre les civilisations et leurs loisirs. Comme l’histoire permet souvent de mieux comprendre le présent, des problématiques modernes se retrouvent dans le cours. «Il y a tout un débat actuel sur la violence dans le

L’histoire pour tous La plupart des professeurs d’histoire vont enseigner des cours sur des sujets précis et très spécialisés. Cette tendance est normale, mais le Département des sciences humaines de l’UQTR voulait justement offrir une culture plus généralisée, avec une plus grande vue d’ensemble. C’est ce qui fait que le cours Histoire des sports et des loisirs de l’Antiquité à nos jours n’est pas seulement fait pour les gens spécialisés en histoire. Chaque époque historique sera accompagnée d’une mise en contexte et, par la suite, la place des loisirs et des sports dans celle-ci sera abordée. Ainsi, tous les étudiants intéressés à suivre le cours peuvent le sélectionner sans avoir nécessairement suivi des cours spécialisés en histoire auparavant. Un cours d’une telle envergure est une première en Amérique du Nord, puisqu’aucun auparavant n’a couvert une aussi grande période en abordant ce sujet particulier.

Photo: The Trustees of the British Museum

Un nouveau cours sur l’histoire du sport et des loisirs sera offert en janvier prochain à l’UQTR.

L’ÉTUDIANT-CITADIN AUX URNES

Un automne chaud en débats (2e partie) C’est le 3 novembre que s’achèvent les campagnes électorales municipales partout au Québec. À Trois-Rivières, on annonce un nombre record de candidatures. Pour ce qui est du débat qui a eu lieu le 9 octobre dernier à la Chasse Galerie, cinq candidats étaient présents, sur autant de candidats se souciant des étudiants. Il y a six candidats à la mairie. Je le sais très bien. Le maire sortant, Yves Lévesque, était absent. Je ne peux pas dire qu’il ne s’intéresse pas aux étudiants, il était présent à la première pelletée de terre du PaVÉ en tant que donateur. Mais bon, ce n’est pas son argent personnel. Par contre, s’il veut continuer à en avoir de l’argent personnel, il doit aller à la rencontre de ses électeurs. En résumé, il était peut-être en visite dans une résidence pour personnes âgées. Peu importe, il brillait par son absence au débat. Si la joute fut bien sympathique, il est tout de même dommage que peu d’étudiants se soient déplacés pour y assister. Étiez-vous déjà tous bien informés en vue des élections municipales? J’en doute. En fait, il y avait beaucoup de gens présents, mais très peu d’étudiants. Les étudiants représentaient peut-être le quart des gens présents. Qui étaient les autres? Des employés de l’UQTR, la clientèle régulière de la Chasse Galerie et l’équipe entière de Force 3R venue en renfort pour chaudement applaudir leur chef. S’il est triste de constater que si peu d’étudiants soient venus entendre ce que les candidats avaient à nous annoncer, il est tout de même vrai que ce ne sont pas tous les étudiants qui sont des électeurs de Trois-Rivières. Voici donc un aperçu des différents candidats de votre ville-hôte.

Les prétendants Alors, dans l’ordre, vous avez une Sylvie Tardif native de Trois-Rivières, conseillère depuis dix ans, débordante d’initiatives réalistes et de créativité. Elle se targue d’être la seule candidate à avoir déjà créé plusieurs emplois et promet la création de 3100 emplois durant son mandat. Elle s’inquiète de la dette pour les jeunes et propose l’instauration d’une politique jeunesse faite par eux, pour eux. De plus, elle veut continuer à valoriser Trois-Rivières comme une ville d’histoire et de culture, et pas seulement l’été. Elle maitrise très bien ses dossiers. Une Marcelle Girard honnête, pragmatique et qui a beaucoup d’expérience en gestion, mais qui n’a pas été des plus courtoise envers les jeunes. Selon elle, «on ne peut pas demander aux élus ce qu’ils vont faire pour nous, si on n’a pas aussi envie de faire quelque chose pour la communauté.» Pardonnez-nous, madame! Toutefois, elle

aimerait que les jeunes aient la chance d’imaginer la ville dont ils rêvent. Comment contrer le chômage? Le vieillissement de la population apportera beaucoup d’emplois en santé. Un Richard Saint-Germain, seul candidat avec une équipe, Force 3R, bon politicien et comptable qui sait retourner les questions à son interlocuteur. On dirait que le travail de terrain n’a pas été fait avant la campagne électorale. Il est celui qui souhaite incarner le changement. Il précise que son équipe et lui sont vierges en politique et c’est ce qui fait d’eux les meilleurs messagers. Un Pierre-Benoit Fortin, ancien gestionnaire de conflits et entrepreneur en construction impliqué sur plusieurs comités, mais sans réelle crédibilité tant ses déclarations sont loufoques. Il a peu d’idées pour retenir les jeunes à Trois-Rivières, mais plusieurs bourses d’études à distribuer. La dette l’inquiète et la création d’un comité de jeunes et d’ainés est primordiale. Observons ses affiches au centre-ville souhaitant la disparition des parcomètres. Finalement, une Catherine Dufresne ex-nageuse pour les Patriotes, la plus jeune des candidats et surement la plus idéaliste aussi. Elle veut faire de Trois-Rivières une vraie pépinière à PME avec une culture entrepreneuriale en aidant financièrement les jeunes avec leurs différents projets. Peut-être l’avez-vous entendue parler de son monorail? C’est un de ses plus grands souhaits pour la ville. Elle veut voir disparaitre du béton au centre-ville et ailleurs pour faire place à davantage de verdure.

Étiez-vous déjà tous bien informés en vue des élections municipales? J’en doute. En gros, ce qui ressort de ce débat pour les étudiants, c’est que la plupart des candidats sont ouverts au développement d’une ville propre aux étudiants, mais aucune proposition ne semble vraiment claire en ce sens, sinon la valorisation des diplômés. À noter que s’il n’a pratiquement pas été question de transport en commun dans cette chronique, c’est qu’un article complet y sera consacré. Donc, que vous soyez résidents de Trois-Rivières ou non, le 3 novembre, allez voter. C’est important! Le scrutin, c’est une autre façon de manifester nos gouts. Si vous avez manqué le débat, vous pouvez l’écouter via le lien suivant: http://bit.ly/1iiiguV


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ACTUALITÉS

29 octobre au 11 novembre 2013

CONGRÈS ANNUEL DE L’AITQ

DON À LA FONDATION DE L’UQTR

De la recherche pour Un couple des soutenir les intervenants plus généreux ANNE LAROSE Journaliste

Depuis plus de 10 ans, l’Association des intervenants en toxicomanie du Québec (AITQ) choisit Trois-Rivières pour la tenue de son Congrès annuel. Lors de l’édition 2013 qui s’est tenue à l’hôtel Delta, des chercheurs de l’UQTR ont pu y présenter les résultats préliminaires de leurs recherches et travaux. Carmen Trottier, directrice générale de l’AITQ, croit qu’il y a beaucoup d’éducation à faire en matière de toxicomanie: «Nous avons déjà offert des ateliers pour le grand public, mais comme on peut l’observer dans d’autres contextes, les gens semblent mal à l’aise même de venir s’informer sur le sujet. Nous nous concentrons maintenant sur des ateliers pour les chercheurs et les intervenants». Dans le hall d’entrée, une trentaine de kiosques d’organismes représentaient l’éventail des approches dans le domaine. «Le kiosque de la GRC côtoie ici le kiosque de l’Association québécoise pour la promotion de la santé des personnes utilisatrices de drogue (AQPSUD), nous n’aurions pas vu ça il y a dix ans!», a-t-elle fait remarquer. Au total, c’est près de 250 intervenants qui assistent à l’évènement chaque année.

Des chercheurs de l’UQTR présents La professeure et chercheure en psychoéducation à l’UQTR, Chantale Plourde, a présenté les résultats partiels préliminaires d’une recherche effectuée par son équipe auprès de groupes de détenus admis dans le récent programme nommé le Département 21 du Centre de détention de Québec, une aile de la prison aménagée de façon à offrir des services spécialisés en toxicomanie. «Notre rôle est d’agir en partenariat avec le milieu de pratique, directement avec les intervenants, a expliqué

Madame Plourde. Nos actions, en plus de soutenir les praticiens vers de meilleures pratiques, contribuent à démystifier la recherche». L’expérience de l’équipe sera relatée dans un livre qui paraitra en novembre: Sortir des sentiers battus, pratiques prometteuses auprès d’adultes dépendants, dans la collection Toxicomanies, des Presses de l’Université Laval. Les résultats préliminaires, révélés par la professeure et candidate au doctorat en psychoéducation, Catherine Arseneault, soulèvent diverses pistes d’action. Les données quantitatives recueillies et analysées par Madame Arseneault ont entre autres fait ressortir une amélioration significative du niveau d’impulsivité observé chez les participants, après six mois de suivi. Un autre phénomène observé semblait démontrer que la variable «détresse psychologique» se trouvait quant à elle au même niveau que celle d’un groupe test de détenus n’ayant eu recours à aucune thérapie, et ce, après six mois de suivi. «Au final, nous souhaitons que nos recherches servent à mieux aider les détenus», a exprimé Madame Arseneault quant aux motivations qui l’animent. Une analyse qualitative sur le terrain a révélé d’autres données pertinentes: «Un effet collatéral non prévu a été observé, soit l’amélioration de la perception gardiens/gardés dans l’aile 21, chacun prenant conscience des réalités et des rôles de l’autre». Madame Plourde espère que les résultats des travaux pourront permettre de reproduire des initiatives dans d’autres prisons: «Je ne dis pas que rien n’est fait en ce moment pour aider, par exemple le Mouvement AA est présent à certains endroits, mais les besoins sont très grands. L’atelier s’est terminé par des témoignages enregistrés de détenus: «C’est important de faire connaitre le programme du Département 21, parce qu’il y en a plusieurs que s’ils arrêtent la consommation, ils vont arrêter d’être en prison». Joël Tremblay et Natacha Brunelle, tous deux professeurs à l’UQTR, ont également présenté des travaux dans le cadre du Congrès.

Madeleine Roy, professeure retraitée des sciences de l’éducation de l’UQTR, a surpris et enchanté la communauté par un don de plus de 4 millions à la Fondation de l’UQTR. Épouse de Jean-Marc Denommé, décédé le 2 aout 2010 à l’âge de 87 ans, Madame Roy illustre les valeurs du couple qui s’était dédié à l’enseignement et à la recherche dans le domaine de l’apprentissage et des neurosciences cognitives. Monsieur Denommé, qui a été anciennement directeur du Département des sciences de l’éducation de l’UQTR, a également été vice-recteur de l’Université du Québec à Chicoutimi jusqu’à sa retraite. Madame Roy et Monsieur Denommé sont également coauteurs de plusieurs ouvrages sur la pédagogie. Au cours des dix dernières années précédant le décès de Monsieur Denommé, le couple s’était impliqué bénévolement au Vietnam, chaque année, en offrant une orientation au programme d’éducation et un support aux professeurs à Hanoi. La générosité du couple s’est ensuite traduite par un don important à l’université trifluvienne. La Fondation de l’UQTR a exprimé son appréciation: «Par ce geste d’une grande noblesse, le couple Roy-Denommé, ces deux

professeurs de l’UQTR, ont aidé l’établissement à grandir, lui ont fourni les moyens de se développer et ont tenu à assurer son avenir». Les noms des deux membres du couple figurent parmi les membres gouverneurs du Conseil d’administration de la Fondation.

«Par ce geste d’une grande noblesse, le couple RoyDenommé, ces deux professeurs de l’UQTR, ont aidé l’établissement à grandir, lui ont fourni les moyens de se développer et ont tenu à assurer son avenir» — Fondation de l’UQTR Ce don porte à 27 millions de dollars le total des dons recueillis dans la cadre de la campagne de financement 2009-2014, soit quelque 7 millions au-dessus de l’objectif initial. La Fondation de l’UQTR gère les sommes recueillies et investit dans la bonification de bourses d’études, dans le soutien à des Chaires de recherche et d’enseignement, dans l’aménagement d’infrastructures et dans l’amélioration des systèmes informatiques. (A.L.)

Photo: Courtoisie

Jean-Marc Denommé et Madeleine Roy.

BOURSE DE L’IRSST

Les efforts de recherches sur la santé au travail ANNE LAROSE Journaliste

L’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) a octroyé 37 bourses d’étude cette année. La boursière 2013-2014 de l’UQTR est Isabelle Page, étudiante à la maitrise en ergonomie. La boursière a soumis sa recherche sur le rôle des facteurs neuromécaniques dans l’évolution de la lombalgie chronique non spécifique chez les travailleurs de bureau. Son directeur de recherche est Martin Descarreaux, professeur au Département de

chiropratique. C’est avec «confiance dans l’avenir» que la présidente et directrice générale de l’IRSST, Marie Larue, a dévoilé la liste des 37 boursiers. Leurs candidatures ont été retenues après une évaluation scientifique de la pertinence, de la priorité et de la qualité de leur programme de recherche. «Je tiens à féliciter tous les boursiers et les boursières. Je les encourage à persévérer puisqu’il s’agit de la relève de demain en recherche scientifique. Ce sont eux qui, dans quelques années, feront progresser les connaissances en santé et en sécurité du travail afin que les travailleurs et les employeurs du Québec puissent œuvrer dans un environnement où les risques de lésions professionnelles seront mieux contrôlés, voire éliminés», a conclu Madame Larue.

Au total, ce programme de bourse permet de distribuer 400 000$ en bourses pour aider les étudiants à réussir des études dont le

«Ils feront progresser les connaissances en santé et en sécurité du travail afin que les travailleurs et les employeurs du Québec.» — Marie Larue, présidente de l’IRSST programme de recherche porte sur la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles ou sur la réadaptation des travailleurs qui en sont victimes.

Photo: Courtoisie

Marie Larue, présidente de l’IRSST.


ACTUALITÉS

www.zonecampus.ca

SEMAINE QUÉBÉCOISE DE RÉDUCTION DES DÉCHETS

Le comité Bacc Vert mettra de la vie Le comité Bacc Vert organise des activités très variées pour souligner et animer la Semaine de réduction des déchets qui se déroule du 28 octobre au 1er novembre. Émilie Hébert-Houle, coordonnatrice, explique ainsi l’idée derrière cette programmation variée: «Les déchets proviennent de sources diverses dans nos modes de vie et nous avons voulu en cibler plusieurs. L’idée est de pousser la réflexion sur tous les axes que peut prendre la réduction des déchets dans notre quotidien.» Le programme prévoit d’abord un atelier de confection de vermicompostage à la Chasse Galerie. Une distribution gratuite de café équitable sera également offerte, tous les jours à partir de 11h au local 2219 du pavillon AlbertTessier et chacun est invité à apporter sa tasse. Dans ce même local, il sera possible de tester ses connaissances en matière de réduction des déchets grâce à un kiosque d’informations avec des jeux et des questions quiz. Plusieurs cadeaux y seront distribués par le comité. Aussi, la projection du film Waste Land, nominé aux Oscars 2011, est prévue le mercredi 30 novembre à 16h à la Chasse Galerie. De plus, une exposition d’art éco-responsable sera tiendra dans un endroit public du campus. Les œuvres seront confectionnées avec les bouteilles utilisées à l’UQTR. Une récolte de bouteilles se fera du lundi au mercredi dans les bacs de triage. Avec ce qui sera amassé, les artistes confectionneront une structure. Elle sera visible le jeudi 31 octobre et le vendredi 1er novembre. Questionnée sur son avis quant au niveau de sensibilisation de l’UQTR à l’égard de l’éco-responsabilité, Madame Hébert croit que les efforts sont appréciables: «L’université fait de grands efforts depuis plusieurs années déjà via son comité de l’environnement, maintenant devenu

comité du développement durable. Toutefois, tous ces efforts ne sont pas nécessairement connus des étudiants. D’ailleurs, la mobilisation étudiante est plutôt faible depuis un an ou deux, et c’est ce à quoi le Bacc Vert veut s’attaquer cette année», affirme Madame Hébert-Houle.

Un regroupement éco-responsable Le comité du Bacc Vert est un regroupement d’étudiants de l’UQTR de diverses concentrations qui vise la promotion d’un mode de vie éco-responsable comme objectif de société. «Le comité Bacc Vert a une équipe complètement renouvelée cet automne. Une bonne équipe s’est formée depuis les premières réunions et de nouveaux bénévoles se manifestent presque chaque semaine pour participer à nos activités et donner un coup de main. Il est important de comprendre que tous les membres du Bacc Vert sont bénévoles et sans eux, aucune activité ne peut voir le jour. Ils sont le nerf de la guerre!», a exprimé la coordonnatrice avec passion.

«La mobilisation étudiante est plutôt faible depuis un an ou deux, et c’est ce à quoi le Bacc Vert veut s’attaquer cette année.» — Émilie Hébert-Houle La mission du Bacc Vert est de sensibiliser les étudiants ainsi que toute la communauté universitaire par le biais de conférences diverses, d’articles de journaux, d’organisation d’activités, de sacs de coton, de produits équitables ainsi que de distribution d’informations sous forme de dépliants et de site Internet. Les membres sont également impliqués en tant qu’acteurs dans les processus de concertation au sein de l’université. (A.L.)

PATRICIA POWERS, DANS LE FEU DE L’ACTION

La passion des mots MYRIAM LORTIE Journaliste

«Je ne connais même pas l’auteur, je viens pour voir Patricia». C’était un dimanche matin au deuxième étage de la librairie Clément-Morin. Il y avait une entrevue publique avec Francine Ruel pour la sortie de son nouveau livre, mais tout comme son père, je venais plutôt pour voir celle derrière le micro. Monsieur Powers me dit qu’il aime suivre les activités de sa fille pour l’humanité et la chaleur qui s’en dégagent. J’ai eu la chance d’échanger avec l’intervieweuse. On ne s’était encore jamais rencontrées qu’elle m’appelait «ma chérie» au téléphone. Devant son intérêt pour l’autre, son désir de compréhension et son ouverture, je me suis rapidement rendu compte que j’étais en train de devenir l’interviewée. Entrevue avec une femme de cœur et de passion qui possède une vaste expérience en communication à titre de relationniste, d’animatrice et de chroniqueuse à la télé et à la radio et animatrice de différents évènements culturels. Patricia Powers détient une maitrise en littérature québécoise de l’Université Carleton à Ottawa ainsi qu’un baccalauréat en littérature française et un certificat en éducation de l’Université du Québec à Trois-Rivières. C’était un choix naturel pour elle. Son père me confirme que c’est toute petite qu’elle est tombée profondément en amour avec les livres. La psychologie des personnages et les mots la nourrissent énormément: «Je ne pourrais pas vivre sans lecture, c’est ma passion!»

«Enseigner, c’est apprendre»

BOURSES D’ACCUEIL

Un montant de 50 000$ versé aux étudiants STÉPHANIE PARADIS Rédactrice en chef

Le 22 octobre dernier, la Fondation de l’Université du Québec à Trois-Rivières a procédé à la remise officielle de ses bourses d’accueil pour l’année universitaire 2013-2014. Au total, 50 000$ ont été distribués à une quarantaine d’étudiants lors d’une cérémonie présentée à l’atrium C.E.U. de l’UQTR. Les bourses qui ont été offertes étaient d’une valeur de 1250$ chacune. Elles ont été allouées à des étudiants en provenance des collèges et des cégeps de la Mauricie et du Centre-du-Québec ayant été admis à l’UQTR à l’automne 2013.

Pour la première fois de son histoire, la Fondation de l’UQTR a sollicité la collaboration des fondations des établissements collégiaux de la région pour le recrutement des candidats aux bourses d’accueil. Ainsi, la promotion du concours de la Fondation a été assurée au Cégep de Drummondville, au Cégep de Victoriaville, au Collège Laflèche, au Collège Shawinigan et au Cégep de Trois-Rivières. La Fondation a également fait appel à un jury formé de membres de la Fondation du Centre des études universitaires (C.E.U.) pour la sélection finale des 40 étudiants lauréats. Le choix des boursiers s’est effectué sur la base du dossier scolaire et des lettres de motivation des candidats. De plus, la Fondation s’est assurée de récompenser des étudiants qui ne bénéficiaient pas déjà d’une bourse d’excellence de l’Université.

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Patricia enseigne depuis plus de 20 ans à l’UQTR en rédaction professionnelle (communication écrite et médias, écriture journalistique, rédaction publicitaire), en communication orale, en chanson québécoise et en français langue seconde. Elle a aussi offert plusieurs cours de littérature. Patricia Powers offre diverses formations et conférences en relations de presse et en communication orale. Fondamentalement aidante, elle était toute désignée pour enseigner. Sa vie bien remplie lui permet d’être une professeure qui «sait de quoi elle parle». Ses enseignements sont en effet nourris et enrichis par le reste de ses activités.

Entrevues «Quel plaisir de parler avec un auteur dont on vient de lire le livre!» Depuis maintenant 14 ans, Patricia anime des rencontres d’auteurs à la librairie Clément-Morin de Trois-Rivières où elle reçoit, dans le cadre d’entrevues publiques, des auteurs et leurs livres. «Patricia, c’est une spécialiste des relations humaines, elle entoure les autres comme nous on aimerait être entourés», dit Monsieur Powers. À l’été 2013, Patricia a enregistré 24 entrevues avec différentes personnalités publiques dans le cadre

de l’émission Histoires de vie, diffusée au canal MATV. En plus de ses tâches en enseignement, Patricia assume plusieurs chroniques de livres dans les médias depuis plus de 23 ans. On peut entre autres l’entendre tous les jeudis matins, depuis 10 ans, sur les ondes de la radio de Radio-Canada en Mauricie.

Organisation de spectacles: chanson, texte et musique Les mots et leur musicalité font partie intégrante de l’univers de Patricia Powers. Depuis longtemps, elle conçoit et met en scène plusieurs spectacles. C’est une fille d’action et d’équipe qui aime bien s’entourer: «On n’est pas grand-chose sans les autres». C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’elle a rencontré l’homme de sa vie, un musicien de profession. Parmi ses spectacles, notons L’Homme au piano et L’Autre moitié du monde, tous deux récipiendaires du prix des Arts de la scène Louis-Philippe-Poisson des Grands Prix culturels de Trois-Rivières. Ces précédents spectacles proposent des textes de l’écrivain trifluvien Réjean Bonenfant ainsi que des chansons. Elle a conçu aussi d’autres spectacles pour diverses occasions. Guidée par sa passion pour la chanson québécoise, son tout dernier spectacle La Chanson québécoise se raconte et se chante a été présenté en France en 2008 et est présenté dans la région de la Mauricie depuis avril 2009.

«J’aime ma ville!» Quelque chose m’intrigue un peu. Ses collaborations à Montréal ne lui ont-elles jamais donné le gout de la grande ville? «Il faut aussi organiser sa culture régionale, on ne peut pas partir tout le temps.» Trois-Rivières possède une vie culturelle foisonnante à laquelle elle a le gout de travailler. Elle aime savoir qu’elle va organiser des évènements pour sa ville. Il semble y avoir beaucoup de facettes à la vie de Patricia Powers, mais elle se laisse guider par un fil conducteur, soit par les mots, qu’elle utilise dans la parole et dans l’action. À travers l’enseignement et le reste de ses expériences, «tout nourrit tout, tout converge!» «Je ne suis pas carriériste, je suis simplement embarquée dans le train, je n’attends pas». Ce que je retiens? Faire ce qu’on aime, accueillir les opportunités qui nous sont offertes et créer celles qu’on voudrait voir. Ce dont elle est le plus fière est de savoir nourrir et entretenir sa passion. Et rendre les gens heureux. Son père me raconte que sa vie a davantage été axée sur la technologie et les sciences, et que c’est Patricia qui lui a ouvert la porte de la littérature. Il me raconte avec fascination ses découvertes à travers Épictète et Socrate: «La littérature amène à prendre conscience que la nature humaine n’a pas changé». Selon lui, tout le monde devrait nourrir son esprit, pourvu que chacun y trouve une motivation intérieure et «non pas des discours de salons». Ces quelques instants à discuter avec lui ont suffi pour me rendre compte que la pomme n’était pas tombée très loin de l’arbre. C’est aussi une belle démonstration de la facilité avec laquelle Patricia Powers transmet sa passion.


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29 octobre au 11 novembre 2013 Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

SOCIÉTÉ L’APLOMB DANS LA TÊTE

Trois-Rivières, faut qu’on s’parle LILI BRUNET ST-PIERRE Chroniqueuse

Trois-Rivières, Quand je pense à toi, je suis… amère. T’as tellement un nom inspirant, bleu, mouillé. On pourrait croire que tu miroites sous le soleil, quand tu passes sous les ponts et que tu laisses les kayaks t’effleurer le matin. T’as une belle et longue histoire qui date, des monuments, un slogan. T’es une fourmilière d’artistes louches et de poètes, de travailleurs aux pantalons bien pliés, de petites étudiantes en uniformes. Tu accroches des poèmes sur ta corde à linge, comme une grande romantique en automne. T’es le genre qu’à la lecture du cv, on voudrait embaucher tout de suite. Mais voilà, le problème c’est lorsqu’on te croise de plus près. Quand on s’intéresse à ton contenu et qu’on examine ta santé. En marchant dans tes artères principales. En sillonnant ton bitume. On se rend bien compte que ton système immunitaire est défaillant. Ton système, parlons-en, il est plus qu’immunitaire. À trop grandes doses d’immunité, de dérogations et de privilèges, tu es tombée malade. Tu voulais pas manquer un party, un 5 à 7 où te faire voir brièvement. Ton

teint est devenu gris, ton eau, verte, et même en été tu fais de la fièvre dans ton ilot de chaleur. À la longue, t’es devenue auto-immunitaire, TroisRivières. Ta culture et tes histoires, on ne les entend plus. Tu cries tout le temps maintenant, tu fais trop de bruit. Ton langage s’est simplifié, ton vocabulaire s’est appauvri… pis entre toi et moi, c’est pas parce que tu te tatoues des poèmes à tous les coins de rue que ça veut dire que t’es profonde. Tu t’habilles moins aussi, as-tu remarqué? Tu mélanges les couleurs criardes sur ta mini-jupe, et j’ai su entre les lampadaires que t’hésites pas à payer un promoteur pour qu’il t’enlève des couches. C’est quoi ce comportement ? T’es ton propre proxénète maintenant, Trois-Rivières ? T’as les jambes et les mains enflées, on dirait que tu manques de circulation dans les extrémités. Tu aurais besoin de te revigorer un peu. De te revitaliser, qu’on dit. Surtout dans le bas de ton Cap, ça prend pas un médecin pour voir que tu tiens pas la forme. Je veux dire, tu peux bien te mettre cinq couches de maquillage dans’face, t’as les mains et les pieds noirs… franchement, c’est pas charmant. ** Prends-le pas mal, mais tu veux trop flasher. Tu seras jamais comme Las Vegas… et en y réfléchissant, veux-tu vraiment lui ressembler? Tu commences à avoir l’air cheap, surtout depuis que tu trippes sur la formule 1. Le divertissement,

c’est pas de la culture, fille. Je t’entends annoncer à qui veut l’entendre ta grande prestation sur Saint-Laurent, devant ton grand rideau de béton gris. Je comprends que tu sois exaltée par tes nouveaux condos et que tu te sentes comme une princesse en haut de tes escaliers impériaux, mais des fois, faudrait juste que tu prennes une douche. Et pas dans ta fontaine à la Bellagio, une vraie douche. Une princesse pas propre, Trois-Rivières, c’est pas Royale pour deux cents. ** Je vante ton passé à grand coup de nostalgie, mais pour être complètement honnête, je t’ai pas vraiment connue dans ton jeune temps. Je t’ai connue dans ma jeunesse par les Ursulines, celles qui t’ont appris à lire. Ça te dit quelque chose? Je t’ai connue dans ma tunique bleue, émerveillée devant le cadran solaire et la vieille Église Thompson. Émerveillée par cette ruelle au bord de l’eau qui ressemble à la France. Le grand Félix Leclerc t’aurait baptisée, lors de ton premier festival, capitale de la poésie. J’ai l’impression qu’il parle de toi dans Le tour de l’ile. Toi aussi, on veut te mettre en mini jupe and speak English. Mais tu vas finir comment, TroisRivières ? ** Quand je vois ton fleuve au bout du tunnel, tes jeunes, tes vieux, tous tes amis communautaires qui veulent bien te porter un peu sur leurs épaules. Quand je vois les expositions dans tes

musées et tes bars, que j’écoute ta musique, que je lis tes livres… Quand je t’idéalise un peu, je t’imagine t’étendre dans des parcs sur le bord de l’eau. Te promener piétonnière, cachée sous des arcs d’arbres. Visiter ta variété et développer tes gouts dans les marchés publics. J’aimerais qu’on puisse te sentir l’air du fleuve sans trop de Wayagamack et qu’on t’aperçoive fleurissante du Pont Laviolette. J’imagine les touristes arriver de New-York, Toronto et Montréal, par ta vieille gare ferroviaire, pour visiter paisiblement tes vieux quartiers et profiter de la quiétude que tu offres, entre Québec et Montréal. Tu gagnerais à offrir la tranquillité, à mon avis, plutôt que de pathétiquement tenter de faire la compétition aux métropoles. Je t’imagine te nourrir de la créativité de tous, des ambitions de chacun, des idées inspirantes de ta jeunesse. Puiser dans ton passé le meilleur de toi-même.

Toi aussi, on veut te mettre en mini jupe and speak English. Mais tu vas finir comment, Trois-Rivières ? Quand je t’imagine te débarrasser de ton make-up et rire d’un rire franc, Trois-Rivières, je me dis que tu en vaux encore la peine. C’est probablement juste une passe, ma chum. Peut-être que tu vas te réveiller, le lendemain du 3 novembre, devant un avenir différent.

TOUT EST BIZARRE

Le néant et les fins heureuses NICOLAS GAUTHIER Chroniqueur

Ce monde va mal. Il a toujours mal été et ne sera jamais parfait. L’être humain est profondément faillible, et ce qu’il crée l’est tout autant. Il y aura toujours la mort, et la famine et les maladies séviront à jamais sur nous, sur l’espèce. C’est la faim qui justifie les moyens, la guerre qui règle les problèmes et la parole qui corrompt. Bref, l’existence humaine est quelque chose de profondément nihiliste. Pour être heureux, et là je parle de béatitude immuable, il faut reconnaitre le néant du monde. Il faut accepter que de très mauvais individus vivent heureux, vieux et en santé, alors qu’un enfant surdoué débordant de bonne volonté meurt de la leucémie. C’est ça toute la difficulté du bonheur: certains subissent toute leur vie ce néant. Ils portent le poids du monde, craignant la mort ou pleurant le peu qu’ils ont. D’autres, plus fêtards, se cachent derrière l’ignorance volontaire, profitant du moment présent et laissant le monde

aux soins des autres. Est-ce mieux? Au moins, en sont-ils plus heureux? Le vrai bonheur, celui qui résiste au temps et aux défis, réside dans l’équilibre entre les deux choix. Il s’agit en fait d’inverser la réflexion. Plutôt que de pleurer le peu que l’on peut faire, il faut agir au mieux là où on peut et y prendre plaisir. Aussi, plutôt que de souffrir de la forêt qui sera coupée, il faut lui rendre hommage et la visiter aux couleurs de l’automne. Il y a des choses si belles, il y a l’amour, pourquoi souffrir des maux de l’humanité lorsque le temps passe si vite. Spoiler, on meurt tous à la fin. Ce qui compte n’est jamais la fin, mais le moment qu’on met à y parvenir. Et c’est là que réside toute la subtilité d’une fin heureuse, disons réaliste, qui respecte les contraintes sombrement nihilistes de ce monde.

Le syndrome de la fin heureuse Walt Disney nous a menti! Les histoires finissent souvent mal. En fait, c’est toute notre époque qui est hypocrite et qui refuse de voir ce lourd néant qui était si commun à nos ancêtres. Hollywood, cœur battant de la culture mondiale, s’érige sur le cliché de la fin heureuse à l’américaine. Soudain, lorsqu’un brave ose déserter les rangs et offrir une fin terrible, c’est un chef d’œuvre. Le Docteur Folamour de Kubrick en est un bon exemple. C’est ainsi que l’histoire

devient irrésistible. Comme dans Le Trône de fer, tout peut arriver, n’importe quand un personnage principal peut tomber de son cheval et mourir. C’est ça, pour moi, une bonne histoire. Quand on se dit: «C’est comme dans la vraie vie.»

Walt Disney nous a menti! Mais, je réitère, Walt Disney nous a menti! Les histoires qui ont bercé notre enfance finissaient mal à l’origine. Alors voilà ma fin heureuse, je vais briser les piliers de votre enfance. Je vais démystifier ces belles histoires de Disney et partager à quel point elles étaient terribles et vulgaires à l’origine. Il faut pardonner ces vieilles histoires, c’était le Moyen Âge, brûler un homme y était jugé normal. Prenons La Belle au bois dormant: on en retient les versions de Perrault et des frères Grimm, qui sont toutes deux des histoires complètement différentes. Mais cette histoire plonge ses racines bien avant, dans un conte de G. Basile publié en 1634 sous le titre Le Soleil, la lune et Thalie. Dans cette version d’origine, le prince charmant, lorsqu’il trouve la belle endormie, la viole et s’en va. La belle, toujours endormie, met au monde deux enfants qui sont pris en charge par des fées. Ensuite, la belle se réveille, je vous passe les raisons, le prince revient, la reine se fâche, le prince

mange les enfants et la reine est brulée. Finalement, les enfants n’étaient pas vraiment mangés, et ils vécurent heureux. On remarquera une fin heureuse malgré toute la violence du conte. Blanche-Neige, quant à elle, provient d’un conte des frères Grimm puisé dans les mythes germaniques. L’histoire est similaire, mais à la fin, pendant son mariage, la méchante reine est condamnée à danser avec des chaussures de métal chauffées au rouge jusqu’à ce que mort s’ensuive! Cendrillon provient aussi de Perrault et des frères Grimm. D’abord, ses pantoufles n’étaient pas faites de verre, mais de vair, qui signifie de la fourrure d’écureuil gris. De plus, à la fin, les deux méchantes sœurs se font picorer les yeux par des cygnes. Pour ce qui est de La Petite sirène, elle provient d’un conte danois. Elle devait poignarder son ex pour retrouver sa queue de poisson, mais ne put s’y résoudre. Elle se décomposa sur le rivage et devint un être d’air qui s’acharna pendant 300 ans à faire des bonnes actions pour gagner une âme éternelle. Disney nous a bel et bien menti. Peut-être est-ce notre époque qui est plus douce et clairement moins violente que celle des frères Grimm? J’oubliais, Pocahontas a existé, mais elle est morte de la grippe lors de son voyage à Londres. Elle avait 22 ans.


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ANTHROPOLOGIE MODERNE

Histoire de love STÉPHANIE GLADU Chroniqueuse

Ahhh l’amour... Maitre des papillons dans le ventre, des genoux qui flanchent et des petits sourires qui trahissent en lisant son message texte. Si vous voulez mon avis, il n’y a rien de plus malsain que l’amour. Si la Troisième Guerre mondiale venait à éclater, je suis convaincue que nous n’aurions qu’à faire tomber les pays adverses amoureux fou de nous pour être surs de nous assurer la victoire... et de remporter une ou deux murailles en bonus! Je vous entends déjà me traiter de fille frustrée, de mal baisée ou de sable dans la ***. Je ne suis pas contre l’amour. Laissez-moi vous expliquer mon point de vue. Selon moi, bien qu’il soit notre raison de vivre, il n’y a rien qui puisse rendre un être humain plus vulnérable que l’amour. C’est simple, quand on aime, on traite moins l’information... en d’autres mots, on devient con. La preuve: qui n’a jamais eu envie de foutre une baffe à une de ses amies qui sortait avec le pire des losers que la terre ait eu la chance de porter, parce qu’à chaque fois que vous avanciez un argument, les seuls mots qui sortaient de sa bouche étaient: «Oui mais je

l’aimmmmmeeeee!» Ce n’est que dans notre monde qu’on puisse recevoir une rétroaction de la sorte à partir d’une phrase telle: «Tu serais mieux sans lui, il te ment, te manipule et il t’a même trompée avec sa propre cousine». On devient con. L’amour est probablement une des pires autoflagellations qu’un être humain puisse s’infliger. En fait, ce n’est pas l’amour le problème, c’est plutôt l’espèce de dépendance qui se crée entre deux personnes. Ça fait en sorte qu’on est prêt à pardonner n’importe quelle niaiserie juste par peur que l’autre s’en aille. Et là, je ne parle pas de petites histoires de fesses, messieurs! Non non, ça n’a rien à voir avec les amis with benefits, les fuck friends ou les fameux «plan cul», qu’ils soient réguliers ou non. Non, je parle du Love, celui avec un grand «L», qui se prononce avec un faux accent anglo-saxon typiquement 4-5-0. L’amour comme on le voit dans les pubs de Tim Hortons, le vrai! Bien sûr, il y a des histoires d’amour qui fonctionnent magiquement bien. Des histoires dans lesquelles les deux personnes sont épanouies, se font mutuellement confiance et communiquent comme des pros. Et à tous ceux-là, je leur lève mon chapeau, car c’est un travail ardu en tant qu’être humain (particulièrement en 2013) de partager sa vie sainement avec quelqu’un d’autre. Je crois qu’une partie du problème provient

des maudits films de filles qu’on écoute religieusement depuis des années. Peut-être même que le problème vient d’encore plus loin, dans les films de ce cher Monsieur Disney par exemple (ce wannabe distributeur de rêves). Regardez ses princes charmants: un qui affronte un dragon pour sauver sa douce, l’autre qui parcourt la ville entière afin de retrouver celle qui a perdu sa pantoufle de verre, un autre qui amène sa copine faire une ride de tapis volant en plein milieu de la nuit... Pfff, n’importe quoi!

Et ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et gagnèrent chacun une voiture, un condominium de luxe et un crédit voyage avec Air Transat. Dans la vraie vie, un gars ça chiale quand tu l’amènes magasiner, ça pète dans ta tasse à café (petite craque pour mon coloc) et ça ne baisse jamais le putain de siège de toilette... De vrais héros, quoi! Mais je ne veux pas faire leur procès. Non, au contraire, je crois que les films font de la fausse représentation. Ils devraient les présenter tel qu’ils le sont... Dégoutants et immatures, je l’accorde, mais aussi drôles, sé-

curisants et protecteurs. Les films devraient arrêter de faire croire aux jeunes filles qu’un bon gars est un gars qui doit être prêt à faire l’impossible pour elle, un gars qui devra être à ses pieds et qu’elle pourra mener par le bout du nez. Ils devraient arrêter de leur faire croire qu’une histoire d’amour est le résultat d’énormes sacrifices mutuels pour prouver à quel point on aime l’autre. Les petites filles devraient plutôt comprendre que le but n’est pas de ne faire qu’un, mais plutôt d’arriver à faire une bonne paire. De respecter l’autre dans son entièreté et de d’abord se respecter soi-même. Combien d’histoires n’existent que par dépendance en ce moment? Qui n’a jamais négligé des amitiés, perdu des soirées à angoisser, dit «non» à des projets trippants pour une histoire de love? Si les films voulaient vraiment montrer ce qu’est l’amour aux petites puces qui écoutent leurs conneries en boucle, Monsieur Disney et tous les producteurs de films quétaines devraient foutre leurs princes charmants aux poubelles et mettre en scène de vrais gars... De vrais princes, des princes-presque-charmants, et des princesses beaucoup moins... princesses! Et ils vécurent heureux, eurent beaucoup d’enfants et gagnèrent chacun une voiture, un condominium de luxe et un crédit voyage avec Air Transat.

ENTRE LES DEUX PÔLES

Non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux KÉVIN GAUDREAULT Chroniqueur

Comment est-ce possible qu’un individu ayant commis un crime grave puisse sortir de prison après peu de temps de détention? Voilà une question posée régulièrement par la population lors d’histoires criminelles médiatisées au Québec. Différentes raisons peuvent venir expliquer la décision du système de justice québécois, dont tout particulièrement l’irresponsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. Selon la loi du pays, un individu peut ne pas être reconnu coupable de ses gestes lorsque le crime de ce dernier est causé par une maladie mentale. Par exemple, si une personne est atteinte de schizophrénie (maladie touchant 1% de la population) et qu’elle commet un geste criminel lors de la phase active de sa maladie, il est possible que ce geste puisse être expliqué par une perte de contact avec la réalité. Cette perte de contact, nommée psychose, est caractérisée par des hallucinations et des délires. Dans ce cas, il ne serait pas possible d’accuser automatiquement la personne comme étant en-

tièrement responsable de son crime. Prenons le rêve. Lorsque vous rêvez, vous avez l’impression que ce que vous voyez est bien la réalité. Il peut même arriver que certains d’entre vous posent parfois des gestes dans vos rêves que vous n’auriez jamais faits dans la vie réelle. La psychose qui est présente dans certaines maladies mentales se compare à cette perception. Il est difficile pour la personne en phase psychotique de faire la différence entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Prenons l’exemple du cas de l’homme qui a assassiné ses parents et qui a congelé ces derniers en 2007, dans la région de Trois-Rivières. Cet homme était déconnecté de la réalité lors de ses gestes. D’un autre côté, le cas du meurtrier de Jun Lin sera un procès qui risque de marquer l’histoire du système judiciaire. Il est possible qu’en raison de la nature exceptionnelle de son crime, des changements au système puissent se produire en se basant sur ce cas. Malgré un passé de schizophrénie paranoïde datant de 2005 chez l’accusé et la nature bizarre de son crime, il est tout de même trop tôt pour s’avancer à confirmer s’il avait ses moyens lors de ses actes de 2012. Toutefois, là où le titre de ce texte peut susciter les débats les plus controversés, est lorsque le trouble en question n’est pas marqué principalement d’une perte de contact avec la réalité à caractère psychotique. Par exemple le trouble d’adaptation, qui est une réaction émo-

tionnelle face à un facteur de stress. Le médecin qui a assassiné ses deux enfants il y a quelques années a eu ce diagnostic et est maintenant en «liberté», sous certaines conditions. Cette décision de la cour n’est pas partagée par tous les professionnels de la santé mentale et surtout pas par la population. La raison? Le crime semble avoir été une crise de colère, et non une maladie l’empêchant d’avoir pleinement conscience de ce qu’il faisait. Ceci est sujet à débat, car la décision remet en doute toute la question d’irresponsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux. La question à se poser comme société face aux risques liés à l’irresponsabilité criminelle est la suivante: est-ce que la personne accusée sera encore une menace après sa peine? Et si oui, à quel degré? L’idée de permettre une liberté après quelques années aux personnes non criminellement responsables pour cause de troubles mentaux est basée sur la philosophie de réinsertion en société. D’où l’importance de bien traiter le trouble de santé mentale, afin que la personne ne représente plus un risque pour elle-même ou pour les autres. Toutefois, il n’est pas toujours avantageux pour une personne de plaider non criminellement responsable, car il est possible que cela allonge le processus judiciaire. Et contrairement à ce qui est véhiculé dans les médias, ces cas ne sont pas si fréquents que l’on pourrait le croire. Il est nécessaire de bien distinguer la dif-

férence entre la personne non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux et le criminel habituel ayant la nette intention de commettre ses gestes. Les psychopathes ou personnalités antisociales sont des gens ayant une pleine intention derrière leurs gestes, qui n’ont aucun remords et qui ne sont pas touchés par une perte de contact avec la réalité. Ils ont de lourdes peines de prison, allant jusqu’à la prison à vie. La peine de mort est également une possibilité dans certains endroits pour les antisociaux. Celui qui a fait la fusillade dans un cinéma au Colorado en 2012 risque la peine de mort s’il n’est pas reconnu non criminellement responsable de ses gestes pour cause de troubles mentaux. Comme Québécois, si vous êtes en faveur de ce type de décision, à partir de quand seriez-vous prêt à imposer une peine de mort? Où est votre limite? Il peut être difficile pour les victimes, les proches des victimes et un pourcentage de la population d’accepter certaines décisions du système judiciaire. Il y a d’un côté l’argument de la défense qui mentionne l’irresponsabilité criminelle de l’accusé. Du côté de la couronne, les gens comprennent cela, toutefois il peut quand même y avoir de la colère, de l’incompréhension, un désir de vengeance et un sentiment d’injustice. La complexité de l’expérience repose alors sur un conflit entre le système de lois et les valeurs personnelles.


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29 octobre au 11 novembre 2013

VA VOIR AILLEURS (J’Y SUIS)

Quelques trucs trash SÉBASTIEN DULUDE Chroniqueur

Récemment, j’exprimais ma lassitude devant l’usage outrancier du trash, saupoudré à toutes les sauces pour tenter de rendre piquant un banal autrement navrant. Pourtant, je suis loin d’être opposé au trash, esthétique nécessaire, et il m’arrive encore, parfois, de réagir à celui-ci. Voici quelques pistes de trash qui marche. Photo: Annie Pelletier

Laurentie Laurentie (2011) est peut-être le film québécois le plus difficile que j’ai vu de ma vie. Il met en scène un Montréalais de 28 ans, Louis, qui vit une sévère crise d’identité. Celle-ci se manifeste par des comportements erratiques, antisociaux et très agressifs, qui convergent vers une grave obsession que Louis développe à l’endroit de son voisin anglophone. Le personnage est en manque total de repères, désensibilisé dans ses relations et frustré par l’altérité anglophone montréalaise; aliéné, en somme, dans sa condition de mâle blanc francophone québécois. Une scène extrêmement pénible et très explicite montre Louis se masturbant devant de la porno. Longue et aucunement érotisée, la séquence devient insupportable, tant la solitude et l’obstination violente à jouir de Louis sont palpables. Mais l’ensemble va plus loin: ce désespoir de Louis, on nous le cadre comme symptomatique d’un malaise québécois généralisé. Ainsi, il faudrait individuellement se reconnaitre en Louis, citoyen-type de la Laurentie, cette appellation vieillie qui réfère au nationalisme profond du Québec et qui repose sur ses bases francophones et catholiques. Le film, à travers Louis, montre un Québec profondément déphasé entre ses aspirations collectives (par ailleurs rappelées par des poèmes de Gaston Miron qui ponctuent le film) et ses détresses individuelles. Le film est trash parce qu’il passe par une laideur crue pour nous ouvrir les yeux sur une perspective sociale accablante, que nous parta-

geons, forcément, tous. Laurentie propose une lecture très sévère de notre identité, fondée sur l’échec de nos projets collectifs qui aurait engendré un sentiment violent d’aliénation et d’intolérance à l’autre. Pour nous amener à y réfléchir sous cet angle, les réalisateurs ont pris le pari de montrer Louis dans des situations où notre malaise devient si grand qu’il se transforme en empathie. Une fois ce détour emprunté, partageant en quelque sorte la violence que Louis s’inflige, il ne nous reste plus qu’à le regarder passer au next level de ses frustrations… chez le voisin anglophone.

Les tounes trash de Mononc’ Serge J’adore Mononc’ Serge. Une anecdote: lors des Francofolies, il y a 10-12 ans, j’ai vu Mononc’ Serge en show au Spectrum. Pour présenter une de ses chansons bien connues, il nous a raconté qu’il se faisait souvent aborder par des gens qui lui disaient admirer sa capacité à amener ses propos trash au second degré, ce à quoi Mononc’ nous a répondu en hurlant: «Je dis NON! Il n’y a PAS DE DEUXIÈME DEGRÉ! Pis la prochaine chanson s’appelle FOURRER!!!» Pas de 2e degré chez Mononc’ Serge? Peut-être pas, en effet. Vulgaire et baveux, le personnage de Mononc’ Serge est évidemment à l’opposé de Serge Robert, dont on connait la culture, l’intelligence et l’intérêt pour la philosophie. Mais Mononc’ sévit depuis tant d’années avec une telle constance, refusant systématiquement de s’extraire au-dessus des

questions qu’il touche (ou attouche), qu’il est permis de penser que son œuvre se situe, effectivement, au degré zéro du trash, du vulgaire, du con. Mononc’ Serge, c’est celui qui crache «Je chante pour les morons» à une foule effectivement composée d’une bonne part de morons, c’est celui qui mord la main qui le nourrit lorsqu’il insulte les auditeurs de Radio X… à Radio X, c’est celui qui rappelle au Québec que ses héros ne valent pas mieux qu’un lutteur obèse qui se goinfre de poutine sur le ring après avoir remporté un match. Mononc’ Serge, c’est la catharsis impitoyable de ce qui nous fait honte, c’est le cirque romain où l’on va jubiler devant des lions qui charcutent des malheureux qui pourraient être nos voisins, qui pourraient être nous-mêmes.

poétiques déjantées, parfois poignantes, toujours dérangeantes, dont la trame se déroule presque exclusivement dans les confins glauques de la vie sub-ordinaire. Leur album live Correct pour chauffer a été récompensé par le Prix Godro de la relève artistique aux Grands Prix culturels 2013, un choix qui est loin d’avoir fait l’unanimité dans le milieu, surtout considérant que les autres artistes en lice étaient Bears of Legend et les Productions de la 42e rue. Je suis convaincu que Jean-Marc Godro aurait été ravi de cette controverse entourant la première remise du prix qui porte son nom. Du côté des arts visuels, la seule démarche intéressante qui s’apparente au trash serait celle d’Annie Pelletier, qui fait dans la sculpture, l’installation et, depuis récemment, le design mobilier. Faits de matériaux récupérés et incongrus, ses meubles ne laissent pas indifférent. Prenant d’abord le mot trash au pied de la lettre – vidange –, puis le détournant sous l’appellation «néo-trash», Pelletier assemble des pièces aussi insolites que fonctionnelles, questionnant du même coup le concept de beauté et les frontières entre art, design et déco. Sinon, tout est plus blanc que blanc en Trifluvie. Peut-être que si la Commission Charbonneau se penchait éventuellement sur nos affaires municipales, ça inspirerait de plus sales idées à nos artistes? J’en suis presque rendu à le souhaiter, parce qu’à force d’être propre, la culture d’ici a parfois l’air d’un hôpital.

Pas T-Rès trash À Trois-Rivières, le trash ne domine clairement pas l’espace artistique, ce qui, sans être une mauvaise chose, pose des questions intéressantes. Les artistes d’ici seraient-ils trop frileux pour se frotter au trash? Craint-on de froisser le public, les médias? Deux cas font figure d’exceptions. Il faut d’abord mentionner le travail hors-norme du Duo Camaro, un combo de musique/spoken word improvisé, formé de Pierre Brouillette Hamelin (instruments) et d’Alexandre Dostie (textes). En show, sur fond musical de postrock pas propre, Dostie invente des histoires

Photo: Courtoisie

Affiche du film Laurentie.

Semaine du 28 octobre au 3 novembre 2013 Jeudi de 15h à 18h, en rappel dimanche à midi et du lun. au mer. à 17h

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10.

Artistes Les Frères Goyette Klô Pelgag Lila Dit Ça Jimmy Hunt Mimi Vanderglow Bradycardie Jason Bajada Mehdi Cayenne Club Bravofunken El Motor

Pièces Gros Buck La fièvre des fleurs Tennessee Nos corps Accident de char Supernova Armée de montgolfières L’art pour l’art Tant pis pour nous L’homme-éléphant

1. 2. 3. 4. 5. 6. 7. 8. 9. 10.

Artistes Mother Think of You Casual Encounters Hunting Joy Lido Pier Suicide Car The Dreams’ in the Ditch Painful Like Experimental Fiction Sleepsick

Pièces Said The Whale MS MR The Albertans The Darcys Random Recipe Okkervil River Deer Tick Austra The Danks Dinosaur Bones


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LOISIRS Le p’tit Zouéki illustré

Jeux

Mot mystère

Sudoku

Par Alexandre Laramée Zouéki

Thème: Café (5 lettres) Amer Arabica Arôme Boisson Brésil Brun Caféier Caféine Cafetière Cappuccino Chaud Cher Chocolat

Corsé Crème Décoction Dégustation Déjeuner Essence Expresso Filtre Fort Goût Instantané Lait Lavasse

Mouture Noir Parfum Percolateur Récolte Repos Sachet Saveur Sirop Stimulant Sucre Tasse Torréfaction Turc

Mots croisés Horizontalement:

Verticalement:

1. Apothicaire 2. Maladie virale ressemblant à la rougeole. Possèdes 3. Colère. Monarques. Défense contre les aéronefs 4. Habits 5. Armée. Essor 6. Bon vivant. Plaie 7. Du verbe être. Maladie de la peau 8. Se dit d’un hareng qui a frayé et qui n’a plus ni œufs ni laitance. Blizzard 9. C’est-à-dire. Retira. Administrer 10. Trésorier de Dagobert . Mesure linéaire 11. Escamotées. Concret 12. Membranes formées de deux feuillets accolés. Whisky

1. Heureuses 2. Tête coupée de sanglier. Courante 3. Abrutir. Cité antique de la basse Mésopotamie 4. Île de l’océan Atlantique. Qualifie un groupe de peptides exerçant un effet physiologique semblable à celui de la morphine 5. Ils prêchent la doctrine de Smith publié en 1830. Europium 6. Plante purgative. Courbes 7. Obi. Baie des côtes de Honshú 8. Saint. Essuie-tout 9. Divinité sumérienne de l’abîme. Cisaille 10. Logement. Article. Épargne 11. Pêche. Psychiatre français (1900-1977) 12. Agence spatiale européenne. Venus au monde. Personnage


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29 octobre au 11 novembre 2013

JE ME SOUVIENS… AU POUVOIR, CITOYENS!

Philosophie 101 JEANFRANÇOIS VEILLEUX Chroniqueur

Plusieurs savent déjà que je rédige actuellement un mémoire de maitrise sur la catharsis dans le concert de musique métal, mais peu d’entre vous ont un véritable contact avec mon domaine d’étude: la philosophie. Je viens d’entamer ma 6e année d’étude à l’UQTR dans ce programme qui a ouvert en même temps que l’université, en 1969, et qui vient de créer un intéressant partenariat avec le Département des arts. Voici quelques clés pour mieux comprendre la philosophie. Qu’est-ce que la philosophie? Tout d’abord, le mot philosophie vient de philo-sophia, c’est-à-dire «l’amour de la sagesse». Cela n’est pas vraiment élitiste car, à mon avis, à peu près tout le monde fait de la philo sans le savoir. Les Anciens savaient il y a longtemps que l’étonnement est la première attitude du philosophe: celui qui constate les caractéristiques de l’environnement qui l’entoure et qui tente d’expliquer le cours de la vie afin de répondre rationnellement aux plus grandes questions humaines. De nos jours, il existe différentes sortes de philosophie: la logique (analyse de l’argumentation), la rhétorique (l’art de gagner un débat sans nécessairement avoir raison), l’esthétique (philo de l’art, du beau, de la création et de la réception), la métaphysique (réflexion sur les composantes ultimes de la réalité et la structure de l’univers; l’être, le temps, le néant, Dieu), l’épistémologie (étude de la connaissance scientifique), la philo analytique (analyse logique du langage), la philo de la connaissance (sommes-nous des cerveaux dans des cuves?!), la philo de l’esprit (étude du mental et des fondements de la psychologie), l’ontologie (l’étude de l’être en tant qu’être), la phénoménologie (étude des phénomènes tels qu’ils se présentent à nous), la philo politique (étude des systèmes de pouvoir, formes d’autorité légitime, justice), la philo du droit (interrogation sur la cohérence du discours tenu, droits et libertés), l’anthropologie philosophique (étude de l’évolution humaine, sa place dans l’univers, liberté vs détermination), les théories des valeurs comme l’éthique (réflexion sur la morale), la philo de l’éducation, alouette! J’ajouterai ma spécialité, la philosophie de la musique…

La philo est-elle une religion? Une religion est un ensemble de croyances et de dogmes définissant le rapport de l’être humain avec la puissance divine ou avec le surnaturel, bref un système de pratiques et de rites propres à chacune de ces croyances, habituellement gardées par une institution précise. La théologie est la branche philosophique qui se rapproche le plus des religions, car c’est un discours rationnel sur Dieu dans un donné révélé, comme les textes sacrés. La principale distinction est que l’autorité des textes sacrés est centrale en théologie, alors qu’elle n’a aucun poids en philosophie ou même en histoire. Or, la philosophie n’impose aucun dogme,

sauf peut-être l’usage suprême de la raison dans la recherche de vérité et de ses outils (le doute, la pensée critique, l’analyse logique). Il serait donc faux de croire que la philosophie est une religion. Toutefois, il est possible de se ranger dans certains groupes: l’hédonisme, le scepticisme, le stoïcisme (Marc-Aurèle), le rationalisme fondationaliste (Descartes, Spinoza), l’empirisme (Locke, Hume, Berkeley), l’utilitarisme (Mill, Bentham), l’existentialisme (Nietzsche, Sartre, Camus), le positivisme (Auguste Comte), le cohérentisme (Quine, Rawls), l’intuitionnisme, etc.

Par Hubert Samson

«Les tombeaux, parmi les hommes, sont les feuillets de leur histoire» - François-René de Chateaubriand

La philo est-elle une science, alors? D’emblée, la science repose sur un dogme: l’univers est organisé de façon rationnelle et est partout pareil. Toutefois, il est intéressant de noter que la différence fondamentale entre la science et la philosophie, c’est que la première se contente parfois de demander «comment?», alors que l’autre se demande avec fascination «pourquoi?». Même si toutes les deux partagent généralement un souci d’objectivité et de neutralité dans leurs démarches (esprit critique, usage du doute, exigence de la raison), la science ne s’occupe que de faits et d’explications, alors que la philosophie est aussi préoccupée notamment par la question des valeurs éthiques et morales (le bien et le mal, l’utile et l’inutile, le beau et le laid). Attention, la philosophie n’est pas supérieure à la science, mais celle-ci lui est complémentaire. Quoique la science exige la démonstration par l’observation ou l’expérimentation, procédant à partir de données objectives, la philosophie tente surtout de s’affranchir de la tradition en rejetant non seulement les opinions et les dogmes, mais aussi les superstitions comme l’ésotérisme et les sciences occultes (astrologie, cartomancie, sorcellerie, divination, vaudou), afin de privilégier les méthodes de raisonnement et de pensée par lesquelles on peut atteindre la Vérité.

En résumé Au fil des siècles, depuis l’Antiquité, l’ensemble des sciences humaines et sciences de la nature sont issues directement de la philosophie: les mathématiques, l’astronomie, la biologie, la zoologie, la physique, la chimie, la médecine, la psychologie, la psychanalyse, l’éducation, la littérature, l’histoire, la sociologie, la musicologie, etc. Ainsi, la philosophie est la mère de toutes les sciences. Donc, si l’on vous demande à quoi sert la philosophie, vous pourrez dire que c’est réfléchir en suspendant temporairement son adhésion à une croyance ou à un système de valeurs aux fins d’évaluation. C’est aussi un processus qui diffère de l’acquisition de connaissance, car il y a auto-évaluation de notre savoir. De plus, cette réflexion critique est une entreprise rationnelle afin d’éviter les préjugés, d’agir avec cohérence en évitant les contradictions, d’être capable d’analyser des concepts et d’être capable de changer son point de vue en cours de route. En d’autres mots, les philosophes sont habituellement des êtres très sensibles, plutôt ouverts d’esprit, tolérants comme on en rencontre rarement, passionnés par les détails de la vie et ses paradoxes, assoiffés de textes et de littérature (le savoir est la clé du salut disaient les Celtes), bref, de véritables bibliothèques vivantes.

Les historiens sont des nécromanciens. Ennemis des fossoyeurs qui enfouissent les souvenirs sous les décombres de l’oubli, ils retournent la terre des cimetières, déterrent le passé et exhument les vestiges de ce qui a été. Les amoncellements d’archives se dressent autour d’eux comme autant de tombes, comme autant de testaments laissés aux vivants. À la recherche d’incantations d’un autre temps, les historiens scrutent de leurs yeux rougis le papier jauni des grimoires et des parchemins anciens. Ils relèvent les morts en leur offrant une seconde existence, un second souffle de vie. Retrouvant la voix, les spectres expirent leurs murmures d’outre-tombe. Avec la lune et les étoiles comme seules amies, et à la lumière du fanal de la nostalgie, les historiens sacrifient des nuits blanches à accomplir cette tâche monastique. C’est ainsi qu’ils paient leur tribut à la société.


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ARTS ET SPECTACLES LIGUE D’IMPROVISATION MAURICIENNE

Un showcase de toutes les couleurs ALEXANDRA CARIGNAN Journaliste

Le 15 octobre dernier, la Ligue d’improvisation mauricienne lançait officiellement sa saison avec le traditionnel showcase durant lequel les quatre équipes étaient présentées au public. Après le dévoilement officiel des équipes qui avait eu lieu le 28 septembre, l’étape suivante était de voir ses joueurs à l’œuvre. C’est à la salle Louis-Philippe-Poisson que les spectateurs ont pu assister au spectacle d’ouverture durant lequel les quatre équipes étaient à l’œuvre. Sous forme de minis-matchs, nous retrouvions en première partie l’équipe des Blancs qui affrontaient les Verts, et en deuxième, les Oranges qui se confrontaient aux Mauves. Nouveauté cette année, ce sont les membres des équipes qui ne jouent pas qui sont maintenant maitres de jeu. Ce changement permet d’impliquer plus les joueurs dans le processus de création du spectacle. Ainsi, non seulement les membres jouent des improvisations, mais peuvent aussi les diriger. C’est Alex Drouin et Louis-Étienne Villeneuve, respectivement capitaines des Mauves et des Verts, qui ont été les premiers maitres de jeu de la saison.

Premier match: Victoire des Verts Pour la première partie du spectacle, ce sont les Verts et les Blancs qui s’affrontaient. La

première équipe, menée par le capitaine LouisÉtienne Villeneuve, est complétée par la recrue Gabrielle Champagne, Guillaume CholetteJanson ainsi que Simon Potvin. Pour ce qui est des Blancs de Maxime Tanguay, c’est Pascal Cholette-Janson, Jean-René «Cocotte» Boutin en remplacement de Marc-André Fortin ainsi que Camille Tremblay-Lalancette qui complétait la formation.

Sous forme de minis-matchs, nous retrouvions en première partie l’équipe des Blancs qui affrontaient les Verts, et en deuxième, les Oranges qui se confrontaient aux Mauves. Malgré le fait que les Blancs étaient amputés d’un de leurs joueurs principaux, l’équipe s’est bien défendue lors de ce match. D’ailleurs, l’improvisation à la manière d’Ocean’s Eleven durant laquelle le joueur Pascal CholetteJanson avait manigancé une manière de voler un chandail resté chez son ex-copine fut très bien construite. Malgré la compétition, les deux équipes ont réussi à s’harmoniser lors de l’improvisation à la manière d’HBO, très appréciée des spectateurs. C’est finalement les Verts qui ont remporté ce match. Mentionnons le retour du vétéran Simon Potvin qui, maintenant au sein des Verts, a montré qu’il n’avait pas perdu du poil de la bête. Les étoiles ont été Simon Potvin, Pascal Cholette-Janson ainsi que Louis-Étienne Villeneuve.

Photo: Laureanne Daneau

Les Blancs se sont inclinés devant les Verts en première partie.

Deuxième match : Victoire des Oranges En deuxième partie du spectacle, ce sont les Oranges et les Mauves qui se sont rencontrés. Les Oranges, composés de Jocelyn Garneau (c), Alexandra Carignan, Élodie Mongrain et Rémi Francoeur, faisaient face aux Mauves, composés d’Alex Drouin (c), Samantha Bérubé, Alexandre Gauthier et Xavier Bouchard-Paquin en remplacement d’Hélène Martin. Cette deuxième partie a commencé en force avec une improvisation mixte où le joueur Gauthier se questionnait sur le «benchage» du

candidat Francoeur qui passait une entrevue. Une belle complicité s’est créée entre les deux équipes, créant une des grandes blagues de la soirée. Les Oranges ont joué avec la corde sensible des spectateurs en présentant une histoire d’amour à sens inverse où le joueur Garneau regrettait de ne pas avoir avoué son amour à sa bien-aimée de l’époque. Le tout s’est terminé par une victoire des Oranges face aux Mauves. Les étoiles de ce deuxième match sont revenues à Alexandre Gauthier, Jocelyn Garneau ainsi qu’à Élodie Mongrain.

LIGUE UNIVERSITAIRE D’IMPROVISATION DE TROIS-RIVIÈRES

La douceur de la LUITR

Le 24 octobre dernier, la LUITR présentait l’évènement La LUITR feutrée, un spectacle spécial pour la semaine de relâche. Au lieu de son style gravélien habituel, elle a embrassé le côté théâtral de l’improvisation. C’est une formule qui est maintenant présentée depuis quelques années à la LUITR. Quelques soirs par année, hors de la case horaire normale, la ligue range ses bandes et son arbitre pour les remplacer par une scène épurée et un maitre de jeu. Le tout permet d’encourager les joueurs à se diriger vers un style moins cabotin et humoristique. De base, c’est ce qu’inspire la Chasse Galerie avec son ambiance festive et sa bière. Mais avec un éclairage tamisé ainsi que des chandelles sur les tables, l’endroit était prêt à accueillir une LUITR plus posée. Photo: Émilie Papillon

Feutre inoubliable Les joueurs de la LUITR ont donné une solide performance le 24 octobre dernier.

Avec l’ancien arbitre Rémi Francoeur

comme maitre de jeu, la ligue était représentée par Alexandre Laramée-Zouéki, Myriam Lortie, Maxime Tanguay, Peacy Falardeau, Philippe Grenier et Vincent Rainville. Alors que normalement il y a des points et des équipes, le spectacle de la LUITR feutrée présentait seulement une équipe, soit tous les joueurs, et ce, sans aucun vote. C’est tout un spectacle qu’ont donné les joueurs. Même si le style les a déstabilisés au départ, ils se sont rapidement adaptés à l’ambiance. Plusieurs sketchs inoubliables ont vu le jour en cette soirée, tels que la belle dramatique où des enfants faisaient le point sur la relation qu’ils avaient avec leur père maintenant décédé, celle où un patient chez un psychologue fait face à sa peur d’être seul, et particulièrement la dernière improvisation où le public décidait des évènements de l’improvisation par des votes. Ce fut en somme une très belle soirée qui est assurément à refaire. (A.C.)


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ARTS ET SPECTACLES

29 octobre au 11 novembre 2013

MIEUX VAUT EN LIRE

SPECTACLE

Les Chroniques du tueur de roi de Patrick Rothfuss

La belle simplicité de Chantal Archambault Photo: A. Carignan

MARIEHÉLÈNE GAUTHIER Chroniqueuse

Dans une chronique précédente, il y a quelques semaines, je vous avais glissé un mot sur une brique de quelque 800 pages que je venais de commencer. Je pensais que ce serait long à lire, que je le trainerais quelque temps et que je le finirais petit à petit entre mes autres «obligations». C’était mon intention, je vous le jure. À la place, j’ai coupé dans mes heures de sommeil. Je me suis ainsi trouvée pendue aux lèvres d’un aubergiste, d’un ménestrel, d’un musicien, d’un enfant de la rue devenu étudiant universitaire, d’un mage arcaniste, d’un guerrier, d’un tueur de roi, d’une légende (oui, oui, tout ça): Kvothe. Raconté autrement, le personnage aurait pu être insupportable, arrogant, un héros imbu de sa personne et de ses réalisations, convaincu qu’il a toujours agi pour le bien commun. Ne dit-on pas qu’il fut le plus grand magicien de son temps? On dit aussi qu’il est un traitre, un assassin et qu’il a commencé l’horrible guerre qui sévit aux Quatre Coins de la civilisation? Justement, c’est ce qu’on dit. Les rumeurs de taverne se sont transmises comme une trainée de poudre, des récits et des chansons furent composés à son honneur, la tradition orale étant ce qu’elle est, un homme déjà plus grand que nature devient vite une légende. Tout cela aurait pu nous passer dix pieds au-dessus de la tête si ce n’avait été du choix de l’auteur de structurer le récit comme l’autobiographie d’un héros de contes de fées et d’alterner la narration entre la première personne (pour le récit de Kvothe au passé) et la troisième personne (pour les pauses qui nous ramènent au présent). Aujourd’hui, Kvothe est un aubergiste reclus, effacé, caché du monde qui le croit mort. À trente ans, il est déjà vieux et il a perdu la volonté (ou la capacité?) de jouer à l’avant-scène. Il cherche la tranquillité, un havre de paix où il pourra attendre la mort. Mais, même dans la petite communauté rurale et reculée qu’est Newarre, plus personne n’est à l’abri des horreurs que Kvothe espérait laisser derrière lui. Entre en scène Chroniqueur. Sur la piste des rumeurs, l’historien par excellence était parti à la recherche de Kvothe pour obtenir sa version de l’Histoire, pour découvrir le fond de vérité sous les multiples couches de fiction. Peu s’en faut pour que Kvothe accepte. C’est ainsi que commencent les Chroniques du tueur de roi. Il est facile d’oublier que Le Nom du vent est un premier roman, tellement Rothfuss sait jouer avec l’intrigue. Malgré la longueur, le découpage en courts chapitres rythme le récit initiatique d’un homme exceptionnel

qui a sombré dans la déchéance. La prose poétique de Rothfuss s’attarde à certains détails. Sous sa plume superbe, la musique est décrite comme on décrirait la beauté d’une amante. Chez lui, le silence devient un personnage à part entière. Il passe vite sur d’autres moments qu’un autre auteur aurait décrits en profondeur. Le récit de Kvothe contient tout ce qu’on aime de la fantasy: de l’action, de la magie, des luttes sociales, un brin de philosophie, une touche de conspiration historique, et le tout est présenté sur fond de musique de troubadour. Il met la table dès le prologue et, à mi-chemin du second tome, je ne suis toujours pas déçue. Le lecteur tente tant bien que mal de faire la part des choses entre ce qui s’est passé et ce qui fut inventé. Rothfuss, à travers un récit de fiction fantastique plutôt classique, pose une réflexion sur la genèse des histoires et des légendes sur les choix des chroniqueurs et des historiens, sur la création et la recréation constantes de l’histoire, sur la nature de l’héroïsme et de l’ambition, ce qui se reflète dans les nombreuses introspections du héros, dans ses discussions bien arrosées avec d’autres étudiants de l’Université, dans les questions qu’il pose à ses mentors, dans sa soif de savoir et dans ses recherches dans les Archives, dans ses choix. Rothfuss sait rendre ses personnages vivants. Kvothe a une tonne de qualités, il est brillant et charmant, mais il nous arrive plus d’une fois de vouloir lui envoyer une claque derrière la tête tellement il prend des décisions stupides. Et c’est à ces moments qu’on se rappelle que, malgré tous ses talents, Kvothe n’est au début qu’un adolescent. De page en page, Rothfuss démontre son extraordinaire talent de conteur et son érudition pleine d’humanisme. C’est après 14 années de travail et de recherches qu’il trouve enfin un éditeur pour Le Nom du Vent. Donc, même si je suis impatiente de lire la fin de l’histoire de Kvothe, je suis prête à attendre le temps qu’il faudra pour lui permettre de nous concocter un récit à la hauteur des deux premiers services.

Chantal Archambault a offert un merveilleux concert aux Trifluviens le 17 octobre dernier. ALEXANDRA CARIGNAN Journaliste

Le 17 octobre dernier, la chanteuse country folk Chantal Archambault était de passage à Trois-Rivières pour présenter son dernier album, Les Élans. C’est en février dernier que l’auteurecompositrice-interprète a lancé son deuxième album, Les Élans. De prime abord, elle s’était déjà fait connaitre avec son premier album, La Romance des couteaux, qui avait été en lice dans la catégorie Album de l’année à l’ADISQ. Avec son deuxième opus, elle a officiellement pris sa place dans la sphère musicale québécoise. Pour ce deuxième album, elle a collaboré avec un de ses grands amis, soit Dany Placard. Ayant aussi réalisé le premier, c’était une valeur sure que Chantal Archambault prenait dans son équipe. Et assurément, Les Élans est un album qui a tout pour plaire avec ses sons légers et son ambiance équilibrée. En effet, il y en a pour toutes les émotions sur cet album.

Naturel et parfait

Photo: Bragelonne

C’est ce même équilibre que nous retrouvons en spectacle lors des performances de Chantal Archambault. De passage à Trois-Rivières, elle a visité la salle Louis-Philippe-Poisson qui, pour l’occasion, avait revêtu son ambiance bistro. Le look intime allait à merveille avec la chaleur de l’auteure-compositrice-interprète. C’est accompagnée de ses quatre musiciens qu’elle a performé en toute simplicité devant les spectateurs. Notons d’ailleurs parmi ses musiciens Dany Placard à la basse ainsi que MichelOlivier Gasse, son amoureux, à la guitare.

Pour ceux qui aiment écouter une voix aussi belle que sur les albums, Chantal Archambault est parfaite pour eux. Il est parfois difficile maintenant, avec le contrôle des voix et leurs modifications, de retrouver un son aussi parfait que sur un enregistrement. Or, ce n’est pas du tout le cas ici. En parfaite harmonie avec ses choristes-musiciens, elle a su convaincre les plus récalcitrants. Si l’artiste semblait plus gênée au début du spectacle, l’atmosphère simpliste de la salle a su réchauffer le tout.

C’est accompagnée de ses quatre musiciens qu’elle a performé en toute simplicité devant les spectateurs. Ce qui est intéressant avec une artiste telle que Chantal Archambault, c’est que chaque chanson a sa propre histoire et qu’elle n’hésite pas à la partager au public. Il faut dire que l’artiste originaire de l’Abitibi a connu un grand changement récemment: son arrivée à Montréal. Alors que le grand air l’attentait sur sa galerie auparavant, c’est maintenant une ruelle en asphalte qui tapisse ses fenêtres. Ce changement de décor, apprenons-nous dans le spectacle, a influencé beaucoup sa rédaction de chansons, telle que la Chambre 16. Belle surprise pour les spectateurs, elle a joué quelques pièces de son prochain maxi qu’elle lancera au début de l’année 2014. Surtout écrit lors d’une «cure chalet» qu’elle s’est offerte, le mini-album abordera son retour aux sources et sa réunion avec la nature qui lui manque tant. En somme, c’est un spectacle de qualité et réconfortant que Chantal Archambault a su offrir aux Trifluviens qui ont eu la chance d’y assister.


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SIMON WALLS AU ZÉNOB

Voyageur dans l’âme FÉLIXANTOINE DÉSILETSROUSSEAU Journaliste

Après une tournée dans le Canada anglais, de Montréal à Tofino, l’auteurcompositeur-interprète Simon Walls était de passage dans la région trifluvienne le 17 octobre dernier. Il en a profité pour présenter plusieurs chansons tirées de ses deux albums, Don’t Ask Your Eyes What the End Sounds Like et Klein Blues. Simon Walls s’est présenté dans une ambiance intime devant une foule conquise au café bar le Zénob de Trois-Rivières. Jean-Yves André, son bassiste et percussionniste, a accompagné le chanteur dans une prestation qui mélangeait l’acoustique, les guitares électriques et même le reggae. «On a un méchant beau setup», dit-il en parlant de son spectacle avant la prestation. Entre les chansons, ils ont raconté l’historique ainsi que les nombreuses sources d’inspiration de leurs chansons, ce qui a été très intéressant et apprécié du public.

Dépasser les frontières du voyage Les artistes trouvent l’inspiration à plusieurs endroits, comme dans leur vie de tous les jours, mais c’est totalement différent pour Simon Walls. Pour lui, c’est le voyage qui l’allume. Son processus de création est presque aussi intéressant que sa musique, car chaque album a un certain concept qui

gravite autour du voyage. «Pour chaque album, on essaye de faire quelque chose de malade, lance-t-il lorsqu’il a été interrogé sur la question. On se met carrément les deux pieds dans la merde pour voir quel genre de chansons va sortir de ces nombreuses situations.» En effet, son dernier album Klein Blues, sorti en 2011, a été composé sur la route lors de sa traversée à pied du Canada. Il a notamment écrit un livre sur cette longue marche, Troubadour des temps modernes, qui était en vente lors de la soirée du 17 octobre. Depuis son retour, Simon Walls ne chôme pas. En effet, il a fait la tournée du Canada ainsi que la tournée du Québec en première partie du spectacle de Pascal Picard en 2012. «Faire sa première partie nous a ouvert beaucoup de portes, comme le Grand Théâtre de Québec. C’était une super belle gang, avouet-il. Ça a donné un certain poids dans ma carrière, une certaine notoriété.»

L’avenir est rose pour le chanteur Plusieurs projets arrivent en même temps pour le jeune musicien. Après sa tournée au Québec, il a l’Europe dans sa mire. De plus, il se présentera dans l’Ouest canadien au printemps prochain et il reviendra au Québec faire la tournée des festivals durant l’été 2014. En plus de tout cela, il se lancera dans l’écriture d’un troisième album qui sera inspiré de son prochain voyage de quatre mois en Afrique, c’est-à-dire de septembre à décembre 2014. Il fabriquera un studio portable avec lequel il pourra enregistrer ses chansons en direct de ces pays africains. «Le but de ce voyage est d’habiter chez les gens et de s’imprégner de la culture africaine», explique-t-il. Il n’y aura aucun hôtel ni auberge de jeunesse.»

APPEL DE DOSSIER AU CENTRE RAYMOND-LASNIER

En mode recrutement! Le centre d’exposition Raymond-Lasnier, situé à la Maison de la culture de TroisRivières, lance un appel de dossier à tous les artistes professionnels ou de la relève ainsi qu’aux collectifs d’artistes et aux commissaires en art actuel pour la programmation 2015. Ils font appel aux artistes de tous genres d’ici et d’ailleurs. Pour la programmation 2015, les artistes qui désirent répondre à l’appel doivent soumettre un dossier détaillé de l’exposition qu’il souhaite montrer au grand public, au plus tard le 1er février 2014. Si la date limite est dépassée, le dossier est tout de même regardé et analysé, mais il sera considéré pour la programmation de l’année suivante. Ce dossier doit inclure une description du projet soumis, une documentation visuelle, un curriculum vitae, la démarche artistique de l’artiste et un dossier de presse. La formule d’appel de dossier n’en est pas à ses premiers pas. Effectivement, cette formule a fait ses preuves. «Ça fait des années que nous faisons un appel de dossier, et ça marche très bien», lance Marie-Ève Bérubé, responsable

des expositions. Les organisateurs reçoivent une centaine de dossiers par année et en sélectionnent une dizaine dans le lot. Cela permet d’obtenir des expositions de qualité et d’offrir au public des projets singuliers.

«Ça fait des années que nous faisons un appel de dossier, et ça marche très bien.» — Marie-Ève Bérubé Le processus de sélection des projets est ardu et tente de dégager une diversité. «Le comité de sélection tente de varier et d’offrir un beau mélange autant dans les artistes choisis que dans les techniques utilisées», dit Madame Bérubé. Ainsi, le comité tente d’offrir un bel équilibre entre les artistes professionnels et amateurs provenant de la région ou de l’extérieur. Il tente aussi de faire une sélection variée selon les procédés artistiques des projets, c’est-à-dire d’y aller d’une variété dans les dossiers sélectionnés pour les techniques artistiques des projets ne se répètent pas. (F.-A.D.-R.)

Photo: Kelso

Simon Walls était de passage le jeudi 17 octobre dernier au café bar le Zénob.

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ARTS ET SPECTACLES

29 octobre au 11 novembre 2013

JÉRÉMY DEMAY: ÇA FINIT PU D’BIEN ALLER

Le spectacle réconfort MYRIAM LORTIE Journaliste

Les 25 et 26 octobre derniers, l’humoriste français Jérémy Demay a présenté son premier one-man-show Ça arrête pu d’bien aller, mis en scène par Mike Ward. Un spectacle à la hauteur de ses 6 pieds 5 pouces. Même s’il vit au Québec depuis maintenant 8 ans, Jérémy Demay devait immanquablement aborder les différences entre la France et le Québec, lui qui est originaire de Dijon. Toutefois, il amène rapidement sa touche québécoise lorsqu’il parle des «vraies bonnes journées de marde», pour poursuivre avec des thèmes plus universels comme les nouvelles technologies, les hommes et les femmes, le sexe ou encore l’acceptation de soi. Il a aussi

gratté sa guitare pour faire chanter les spectateurs, toujours en humour. Seul sur scène avec son tabouret, il surprend par son aisance. Jérémy Demay interagit de nombreuses fois avec son public, qui fait partie intégrante du spectacle, à travers les nombreux câlins qu’il lui distribue. Au retour de l’entracte, il va même jusqu’à partager son vin avec la foule. Le spectacle se termine sur une note à saveur spirituelle, portant sur le bonheur et l’importance de «dire oui» à la vie telle qu’elle est, juste avant de sortir par la même porte que le public qu’il a remercié maintes fois. Si on connait Mike Ward pour ses textes crus et parfois provoquants, sa collaboration à la mise en scène du premier solo de Jérémy Demay, qui charme le public en douceur, est surprenante. Établi au Québec depuis 2005, Jérémy était venu pour un stage de six mois au Festival Juste pour rire à Montréal, dans le cadre

de ses études en marketing. Bien que son accent français soit encore présent, il n’en demeure pas moins que le jeune homme de 30 ans sait nous aborder dans un langage qu’on comprend et qui nous touche. Accessible aux 8 à 88 ans, le premier one-man-show de ce grand enfant est drôle, parfois touchant, certainement attachant, voire inspirant. La première partie offre un humour plus éclaté et délirant que la deuxième, où l’humoriste est plus posé. Il partage sa quête du bonheur et il montre à tous sa volonté de communiquer sa profonde joie de vivre. C’est somme toute un spectacle qui fait du bien, sans critiques radicales de la société, mais offrant plutôt une perspective optimiste de la vie, à laquelle on a envie d’adhérer. Avec Ça finit pu d’bien aller, l’humoriste au bonheur facile nous offre avec générosité son affection et arrive à nous transmettre son énergie contagieuse.

Photo: M. Lortie

Demay a offert beaucoup d’affection à son public, en lui faisant des câlins à la sortie.

CAFÉ-BAR ZÉNOB

Our Book and the Authors fait des heureux ALEXANDRA CARIGNAN Journaliste

Le 19 octobre dernier, le groupe montréalais Our Book and the Authors était en spectacle au café-bar le Zénob. Son dernier passage au Zénob datait de loin, puisque le groupe était en écriture d’un nouvel album qui sortira l’an prochain. Les membres de la formation ont retrouvé leurs admirateurs de Trois-Rivières le 19 octobre dernier pour montrer leurs nouvelles pièces et raviver les souvenirs avec quelques anciennes. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Our Book and the Authors est un groupe montréalais actif depuis maintenant cinq ans. Son style est difficile à décrire puisqu’il est très

polyvalent. Majoritairement pop-électro, il frôle parfois le indie et l’ambiant, et va même parfois s’aventurer dans un style club. Une constance reste toujours, soit la voix feutrée du chanteur Gabriel D’Amour qui sait se démarquer facilement.

Photo: A. Carignan

Ambiance intime, voix feutrée Dans l’ambiance intime du Zénob, le style du groupe remplissait l’air à merveille. Enfilant plusieurs chansons de son album éponyme sorti en 2009, il a fait des heureux en interprétant Kids, All the Wrong Ways et Everyone Forever. Il est d’ailleurs assez étonnant de voir comment Our Book and the Authors réussi à marier le style avec une telle aisance. Alors que Killing Flies transpire par ses sons popélectro, The Fire fait clairement penser à du Kanye West avec le synthétiseur ajouté. Si certains disaient que son style ressemble beaucoup à Spoon, ils tapent dans le mille. Le

C’est dans une ambiance feutrée que le groupe Our Book and the Authors a visité le Zénob. groupe avoue ouvertement considérer cette formation comme une source d’inspiration. À la fin du spectacle, il a d’ailleurs offert The Way We Get By, un des célèbres simples du

groupe. C’est au final un spectacle efficace que Our Book and the Authors a présenté au Zénob, de quoi nous faire attendre jusqu’à son prochain album.


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DUO CAMARO & LES GARS D’MA SHOP

Improvisation, interaction et abandon Photo: M. Lortie

Après trois ans, Pierre Hamelin Brouillette et Alexandre Dostie arrivent pratiquement à communiquer sans se parler.

C’est à l’étage du Nord-Ouest Café, le jeudi 17 octobre dernier, que Duo Camaro et Les Gars d’ma shop ont livré des prestations teintées d’improvisation et d’interactions avec le public. Duo Camaro Après trois ans d’improvisation musicale et vocale, Pierre Brouillette Hamelin à la basse et Alexandre Dostie au micro arrivent pratiquement à communiquer sans se parler, par un simple ton de voix ou une variation des notes. «C’est vraiment une relation rare et privilégiée», confirme le chanteur du groupe. Ils ont livré une prestation typique, en naviguant dans un registre d’histoires sombres, souvent rurales, de sexe, d’alcool, d’amours impossibles et de mort. L’instinct de survie transmis dans ses textes fascine Alexandre Dostie: «Il y a une beauté dans l’humain poussé dans ses plus profonds retranchements». Le chanteur Alexandre Dostie prend le temps de se laisser imprégner de la musique lourde et planante de son collègue. Dans sa bulle que rien ne semble transpercer, il ne se laisse pas déconcentrer par les spectateurs festifs. Il ajoute même: «Des fois, on dirait que la bulle veut t’avaler et se refermer sur toi». Les deux membres, qui font aussi partie de la sanglante formation FullBlood, assurent que ces deux groupes distincts nécessitent des ressources totalement différentes. Alors que c’est la présence dynamique du public qui insuffle une puissante énergie aux membres de FullBlood, c’est davantage à l’intérieur d’euxmêmes que Duo Camaro puisent cette énergie. Bien qu’ils ne refassent jamais leurs chansons deux fois, les enregistrements des spectacles permettent de faire des compilations de leurs meilleurs moments, comme leur dernier album Presqu’Elvis. Les gars de Duo Camaro se plaisent à dire qu’ils joueront n’importe où, si on paye l’essence et qu’on leur offre une caisse de 12.

musical de Tetris. Dans une ambiance légère et festive, Les Gars d’ma shop ont offert un spectacle qui fait du bien, accessible à tous et où l’esprit familial était bien présent, comme s’ils étaient des grands frères sans prétention qui s’amusaient sur des airs ayant marqué leur jeunesse. Sur Sweet Home Alabama en trame de fond, ils ont entamé un mixte de chansons choisies par le public dans un répertoire tel que Trois petits cochons, Hit the Road Jack et J’ai deux yeux, tant mieux. Ils s’approprient ces chansons, mélangent le tout et «les recrachent à tous vents», explique Éric Ayotte, le chanteur du groupe. Les Gars d’ma shop (mashup) se décrivent comme une gang de clowns qui ne se prennent pas au sérieux, qui remâchent, remixent, mélangent des classiques québécois qu’on connait tous, reconstruits sur des airs originaux de leur cru, à travers l’harmonica et les solos de guitare. Il leur arrive aussi de composer leurs propres pièces. Le groupe est composé de Mathieu Leduc Gosselin, Erik Ayotte, Alexandre Turgeon, Maxime Larouche et Francis Harnois, et œuvre dans un style «faux-folk pop-propre rap pas rap rock and blues». (M.L.) Photo: M. Lortie

Les Gars d’ma shop Le public ne peut que se sentir impliqué quand on lui livre un mélange actualisé de classiques connus de tous tels que Oh Ursule, Chevaliers de la Table ronde ou encore le thème

Éric Ayotte a livré une performance dynamique et interactive avec son public.

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29 octobre au 11 novembre 2013

NOUVEL ALBUM DE BRADYCARDIE

Une musique du monde

COÏNCIDENCES PRODUCTIONS DE RETOUR À TROIS-RIVIÈRES

Du rêve à la réalité FÉLIX-ANTOINE DÉSILETS-ROUSSEAU Journaliste

Photo: Courtoisie

La formation Bradycardie a lancé son deuxième album, intitulé Supernova.

Après un premier album festif paru en 2011, la formation Bradycardie, fortement enracinée en Mauricie, a lancé cet automne son deuxième album intitulé Supernova. Les amateurs de musique dynamique étaient comblés avec ces mélodies imprégnées d’influences qui dépassent les frontières de l’Amérique. Le groupe, composé de six musiciens, livre un album entièrement en français qui sort de l’ordinaire en y allant avec beaucoup de sons provenant du monde entier. Leur son reggae, allié au banjo, à la guitare, à l’accordéon, au xylophone, aux percussions ainsi qu’aux voix féminines puissantes et mélodieuses, donne lieu à une musique unique et métissée qui incite à la fête. Toutefois, c’est le tam-tam et les percussions qui donnent une saveur latine à l’album. En effet, les percussions sont omniprésentes, ce qui fait en sorte que le dernier album de Bradycardie a non seulement des airs qui ressemblent beaucoup à ceux entendus en Amérique latine, mais aussi des airs très entrainants, comme la chanson La caravane. Parfois, les mélodies peuvent ressembler à un tango, la chanson Supernova rappelant ce genre musical. En somme, c’est un album surprenant qui mérite d’avoir des ambitions qui dépassent les frontières de la région mauricienne. Bradycardie ne se limite pas à faire résonner le reggae et le voyage dans leur musique. Effectivement, plusieurs autres choses les inspirent comme «la famille, l’amour, la folie, la liberté, le

rêve et plus encore», lance Marc-Antoine Goulet, guitariste au sein de la formation. Cela transparait dans leur musique, car ces thèmes sont tous au rendez-vous dans le deuxième album.

Bradycardie, une formation enracinée en Mauricie L’amitié est une valeur qui représente bien la formation, car le groupe est né de deux amies, Sarah et Martine, les deux chanteuses du groupe, qui se sont réunies pour faire de la musique. Puis, de fil en aiguille, le reste du groupe s’est greffé de façon naturelle au superbe duo de voix. Leur premier concert s’est fait en 2009. Il s’agissait d’un spectacle-bénéfice pour un voyage d’aide humanitaire auquel Martine, membre fondatrice, a participé. Enfin, un dernier élément s’est rajouté: «Aujourd’hui, on compte un nouveau membre au sein du groupe. Jimba, qui est claviériste, vient apporter une richesse aux arrangements et une super énergie sur scène», dit Goulet. Tous les membres du groupe exercent une profession autre que musicien dans leur quotidien. Toutefois, l’amour de la musique et de la région mauricienne les unit, comme le démontre leur participation active au sein de la région. Le groupe est membre de la Coop émergente ainsi que de l’organisation Culture Mauricie. «Nous avons été très actifs en Mauricie depuis nos débuts et la prochaine étape est d’aller explorer d’autres contrées», lance le guitariste. (F.-A.D.-R.)

Après un succès retentissant dans la grande métropole avec sa pièce de théâtre J’te prendrais take out, Coïncidences Productions revient dans son patelin pour y présenter sa toute dernière création théâtrale Les émigrés à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières, du 14 au 16 et du 21 au 23 novembre prochains. La pièce de théâtre, écrite par Slawozir Mrozek et mise en scène par Michèle Leblanc, met en vedette deux acteurs trifluviens bien connus dans la région, soit Camil Bergeron et Patrick Lacombe, qui joueront deux émigrés vivant ensemble dans un sous-sol lors d’un soir de réveillon. Ces deux émigrés se raconteront, se traqueront et s’affronteront avec humour et désespoir pendant que la fête bat son plein aux étages supérieurs. Ils arriveront tout de même à trouver un terrain d’entente, car l’exil les unit. Entre ces deux personnages déracinés naitra une ébauche d’amitié. C’est une belle possibilité de découvrir ou de redécouvrir ces deux comédiens de la région trifluvienne qui seront à l’œuvre dans une pièce puissante, franche et maitrisée.

Coïncidences Productions, du rêve à la réalité La compagnie de production est née le 30 novembre 2011 d’un rêve que chérissait Kevin Bergeron, directeur artistique et directeur général de la compagnie, et Michèle Leblanc, chargée de projet. «J’ai voulu créer ma propre compagnie afin de mettre mes idéologies de l’avant et de créer mes propres projets», lance Kevin Bergeron. Ces deux complices, originaires de Nicolet, entretiennent une véritable passion pour le théâtre qu’ils ont développée durant leur passage à l’école se-

condaire Jean-Nicolet. Maintenant, leur boite de création a comme mission de produire des pièces accessibles à tous. Elle vise à déplacer ses productions à travers la province de Québec. De plus, encourager la relève artistique occupe une place prépondérante dans la démarche de création de la boite. Elle a donc comme mission de former des équipes de production qui sont composées d’une moitié d’artistes professionnels et d’une autre d’artistes émergents. En plus d’avoir plusieurs collaborateurs, la compagnie de production d’art scénique compte sur deux autres personnes ressources en Paule-Josée Meunier et Jonathan Courchesne.

L’approche familiale L’équipe de Coïncidences Productions a adopté une approche créative familiale. «Une famille remplie d’ambitions, d’ambitieux et de passionnés, raconte le fondateur. C’est tout ce dont j’ai besoin pour créer.» Le but des collaborateurs est de s’entraider et de se questionner afin de créer une œuvre collective qui ressemble à ses créateurs. Or, ce ne sont pas seulement les comédiens et les auteurs qui sont sous les projecteurs, mais bel et bien tous les concepteurs d’un projet. Il est possible d’affirmer que Coïncidences Productions reflète la vision de l’art de la scène qu’ont Kevin et Michèle. Fiers de leurs racines trifluviennes, c’est une vision qu’ils viendront présenter à leur grand plaisir à Trois-Rivières en novembre.

Photo: Jean-Marc Gauthier

Les émigrés.


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SPORTS SOCCER MASCULIN ET FÉMININ

Un week-end plutôt difficile MARIEPHILIPPE BIBEAU Journaliste

Les deux équipes de soccer des Patriotes ont chacun perdu leur match du vendredi 18 octobre. Lors du match local du dimanche 20 octobre, la formation masculine s’est inclinée face à son adversaire, tandis que les filles de Ghislain Tapsoba ont reporté celui-ci. Le vendredi 18 octobre, les Patriotes affrontaient les Stingers de l’Université de Concordia à Montréal au Concordia Stadium. Lors de leur dernier affrontement le 22 septembre, les Patriotes avaient remporté la victoire. Cette fois-ci, les hommes de Pierre Clermont se sont inclinés 1 à 2. De toute évidence, les Stingers voulaient prendre leur revanche face aux Patriotes. La formation masculine a offert une bonne performance malgré sa défaite. Le but des Patriotes a été marqué par Justin Beausoleil. Lors de cette partie, un carton jaune a été émis à Gabriel Lehouillier-Capistran. Le gardien de but des Patriotes, Raphaël Bélanger-Vaillancourt, a connu un bon match en effectuant 7 arrêts. Du côté de la formation féminine, elle a subi une défaite de 2 à 1. Lors de leur dernière rencontre, elle s’était inclinée par la même marque face aux Stingers. Les filles de Ghislain Tapsoba

ont connu un bon match malgré tout. C’est Karianne Chayer qui a marqué le point pour les Patriotes et Roxanne Corbeil a récolté une passe lors de ce but. De plus, un carton jaune a été décerné à Amélie Perron. La gardienne, Gabrielle Lambert, connait de son côté une bonne saison. Lors de cet affrontement, elle a effectué 4 arrêts au dépend des Stingers.

Les hommes de Pierre Clermont devront assurément rebondir s’ils veulent se classer pour les séries. McGill vs Patriotes Le dimanche 20 octobre, les Patriotes recevaient l’Université McGill au stade du CAPS de l’UQTR. La formation masculine et l’équipe adverse sont très près l’un de l’autre au classement, alors il était évident que ce match s’annonçait fort compétitif. Cependant, la troupe de Pierre Clermont a été littéralement dominée par McGill qui a passé beaucoup de temps dans la zone des Patriotes. Par contre, le gardien, Raphaël Bélanger-Vaillancourt, a tout de même effectué10 arrêts. Un carton rouge a été décerné à Geoffrey Jouvin lors de cet affrontement. Les buts de McGill ont été marqués par Alexandre De Santis, Mohammed Kleit, Mawuena Mallett et Valentin Radevich. De plus, aucun joueur des Patriotes n’a été en mesure de déjouer le gardien, Max Leblond. Ainsi, l’équipe masculine a perdu le match 4 à 0

Photo: M.-P. Bibeau

Les Patriotes en zone défensive. vis-à-vis son adversaire. Cette défaite a fait très mal à la formation masculine. Les hommes de Pierre Clermont devront assurément rebondir s’ils veulent se classer pour les séries. Suite à leur défaite du vendredi, les filles de Ghislain Tapsoba ont rebondi face à McGill. La formation féminine s’est montrée dominante, a gagné son duel afin d’avoir la possession du ballon et la défensive a réussi à plusieurs reprises à repousser McGill dans sa zone. Même si parfois l’équipe adverse démontrait du caractère et montait au filet, la gardienne, Gabrielle Lambert, a toujours eu le dernier mot. De plus, Karianne Chayer a connu un excellent match. En effet, elle a réussi à déjouer la gardienne de McGill, Victoria Muccilli, à deux reprises. Le premier but a été marqué à la 37e minute et l’autre à la 66e minute. Margaux Sleckman

a marqué le but de McGill à la 81e minute. La marque finale de cette partie est de 2 à 1. Une belle victoire de l’équipe féminine des Patriotes.

Le classement L’équipe masculine des Patriotes est 5e au classement. Les hommes de Pierre Clermont devaient gagner un match ce week-end afin de garder son avance sur McGill. Par contre, avec aucune victoire, cela classe les Patriotes derrière McGill. Afin de participer aux séries, ils devront absolument gagner leur partie contre Montréal le vendredi 25 octobre et McGill devra perdre ses deux prochains matchs. La formation féminine est présentement 6e au classement. Ayant seulement 10 points, cela sera impossible de récolter assez de points afin de participer aux séries éliminatoires.

SOCCER MASCULIN ET FÉMININ

Une fin de saison pénible Dernier week-end de la saison, les équipes masculine et féminine de soccer des Patriotes se sont inclinées face à leurs adversaires lors de leurs parties à l’extérieur. La formation féminine a cependant connu un bon match local. Le vendredi 25 octobre, les Patriotes étaient à l’extérieur afin de s’opposer aux Carabins de l’Université de Montréal au CEPSUM. Cette équipe est première au classement chez les hommes et c’est celle à battre. Lors de sa dernière rencontre avec la troupe de Pierre Clermont, cette dernière avait subi un blanchissage par la marque de 4 à 0. La formation masculine des Patriotes devait remporter le match du 25 octobre pour garder espoir de faire les séries éliminatoires. De toute évidence, les Carabins demeurent imbattables. En effet, les Patriotes se sont inclinés par la marque de 1 à 0 face à leur adversaire. Le seul but de la partie a été marqué par Maxime Laurey. Durant ce match, Michel Carbonneau et Nouhoum Namaké Samake ont chacun reçu un carton jaune.

Du côté des femmes, les Carabins sont également en première position. Lors de leur dernier affrontement, les Patriotes avaient perdu le match 1 à 0 face à l’UdeM. Cette fois-ci, la formation féminine s’est encore une fois inclinée 3 à 0 face aux Carabins. Les buts de l’Université de Montréal ont été marqués par Catherine Charron-Delage, Laurianne Garant-Saine et Virginie Labossière. Du côté des Patriotes, un carton jaune a été émis à Roxanne Corbeil. La gardienne Gabrielle Lambert a effectué six arrêts aux dépens des Carabins.

Bishop’s vs Patriotes Le dimanche 27 octobre, l’équipe féminine des Patriotes recevait les Gaiters de l’Université Bishop’s au stade du CAPS de l’UQTR pour le dernier match de la saison. En première demie, les filles de Ghislain Tapsoba ont joué avec beaucoup de volonté afin de gagner leur dernier match. Elles ont connu une excellente mi-temps à leur image et ont bien communiqué entre elles. Cela leur a permis de commettre peu de revers, d’être dominantes et de gagner leur duel contre

les Gaiters. En deuxième demie, les Patriotes sont demeurés concentrés. Malgré quelques revirements, les filles de Tapsoba n’ont pas laissé leur adversaire monter au filet et prendre les devants. En effet, elles ont bien récupéré le ballon afin de créer des occasions de marquer. Les Gaiters semblaient désorientés face au jeu des Patriotes. D’ailleurs, l’entraineur de l’Université Bishop’s parlait énormément avec ses joueuses. Il les replaçait pour être certain que les Patriotes ne prennent pas les devants. Lors de cette demie, un carton jaune a été émis à Claudia Languedoc puisqu’elle a eu un contact avec la gardienne, Tiffany Smith. Dans les dernières minutes de jeu, Emma Fingler des Gaiters est restée au sol suite à un contact avec une Patriote, mais elle a tout de même terminé la partie. La marque finale de ce dernier match est de 0 à 0.

Saison terminée La saison de soccer extérieur est officiellement terminée. Les hommes de Pierre Clermont ont passé tout près d’accéder aux séries élimina-

Photo: M.-P. Bibeau

Roxanne Corbeil en duel avec Kelly McInerney. toires. Cependant, l’équipe masculine a terminé la saison au 6e rang. Du coté de la formation féminine, les filles de Ghislain Tapsoba ont aussi terminé à la 6e position du classement. Donc, aucune des deux formations n’accède aux séries éliminatoires. Les Patriotes ont cependant livré de bonnes performances durant la saison. Ils ont acquis beaucoup de maturité et d’expériences qui les mettront sur les rails de la victoire la saison prochaine. (M.-P.B.)


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29 octobre au 11 novembre 2013

SPORTS

COUPE UNIVERSITAIRE DE NATATION

Quelques bonnes performances Photo: Patriotes

MARIE-PHILIPPE BIBEAU Journaliste

La deuxième coupe universitaire de natation s’est tenue à l’Université McGill durant la dernière fin de semaine d’octobre. Même si les supporters sont maintenant habitués aux grandes performances de Caroline Lapierre-Lemire, les relais des équipes des Patriotes ont également bien fait lors de cette compétition.

Alexandra Beaudoin, Kristina Olsen-Allard, Christine Durocher-Tremblay et Caroline Lapierre-Lemire, l’équipe de relais féminin des Patriotes.

L’UQTR a terminé quatrième au classement général derrière l’Université de Montréal, l’Université McGill et l’Université Laval. Les Patriotes ont devancé le Vert et Or de l’Université de Sherbrooke, les deux clubs se bataillant souvent leur place au classement. Au 4 x 100 mètres style libre, l’équipe masculine, formée d’Alex Gélinas, de Benoit Boutet-Martineau, de Cédric Campanelli et d’Anthony Gélinas, a enregistré le sixième meilleur temps avec 3 minutes, 42 secondes et 75 centièmes. Chez les dames, dans la même catégorie, Alexandra Beaudoin, Kristina Olsen-Allard, Christine Durocher-Tremblay et Caroline Lapierre-Lemire ont fait pour leur part le septième chrono avec un temps de 4 minutes, 16 secondes et 34 centièmes. Une bonne performance au 200 mètres dos pour Cédric Campanelli avec une cinquième place. Caroline Lapierre-Lemire a récolté deux médailles, une de bronze au 200 mètres libre avec un temps de moins de une seconde au-dessus du temps de qualification du SIC, et finalement une d’argent au 50 mètres libre, enregistrant cette fois-ci le standard du championnat canadien.

Des compétitions préparatoires «Il ne faut pas s’emballer avec ces coupes universitaires. Pour nous, ce sont surtout des compétitions préparatoires au championnat provincial du RSEQ et au championnat canadien du SIC. Les athlètes se servent de ces compétitions pour enregistrer leurs standards en vue des canadiens. Nous faisons ce que nous pouvons avec la fatigue que nous avons. La vraie compétition, c’est après le temps des Fêtes qu’elle commence!», avoue Caroline LapierreLemire. La prochaine coupe universitaire se tiendra le 9 novembre prochain à l’Université de Montréal. Une Coupe Canada s’en vient également rapidement à la fin novembre pour Caroline.

Photo: Patriotes

PROFIL D’ATHLÈTE – SARAH BERGERON-LAROUCHE

Une carrière impressionnante Sarah Bergeron-Larouche fait partie de l’équipe de cross-country des Patriotes. Cette jeune athlète a été nommée Patriotes de la semaine du 15 octobre. Sarah a un parcours académique aussi impressionnant que sa carrière sportive. En effet, elle a fait son baccalauréat en biologie à l’Université de Calgary en Alberta. Durant une année, elle s’est jointe à l’équipe de cross-country Golden Bears & Panda’s de cette université. Ensuite, elle a commencé une maitrise en biologie à l’Université d’Ottawa, mais ne l’a pas complétée. À Ottawa, elle faisait partie de l’équipe des GeeGees, en cross-country également. Récemment, elle a commencé son doctorat en chiropratique et pourra ainsi évoluer au sein de l’équipe des Patriotes pour les quatre prochaines années. Avant de s’initier à la course, Sarah était passionnée de ski de fond et elle a fait plusieurs compétitions. Depuis maintenant 4 ans, elle a changé ses skis pour la course. «La course en trail m’apporte une certaine détente», a-t-elle confié.

Une performance incroyable Lors de la compétition interconférence au Parc Maisonneuve de Montréal, qui avait lieu le samedi 12 octobre, Sarah a terminé la course de 6 km comme première Québécoise et 5e dans l’est du Canada. Elle a complété la course avec un temps exceptionnel de 21 minutes 45 secondes. Cette performance incroyable lui a alors valu le titre de Patriotes de la semaine.

Sarah a un parcours académique aussi impressionnant que sa carrière sportive. Niveau international Sarah n’a pas seulement fait des compétitions au Canada. Le 8 septembre dernier, elle a représenté le Canada lors du Championnat mondial de course en montage en Pologne. D’ailleurs, elle a réalisé la meilleure performance canadienne. (M.-P.B.)


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SPORTS

PROFIL D’ATHLÈTE

CROSS-COUNTRY – CHAMPIONNAT PROVINCIAL

Philippe Lebreux: de Baie-Comeau à Trois-Rivières

Une recrue des Patriotes au sommet

HUGO ST-PIERRE HOULD Journaliste

Même si la Côte-Nord n’est pas considérée comme une puissance dans le soccer au Québec, il en sort néanmoins de bons athlètes. C’est le cas de Philippe Lebreux, un joueur avec un parcours bien particulier qui a réussi à se tailler une place au sein de l’équipe des Patriotes cette saison. Lebreux ne figurait clairement pas dans les plans de l’équipe durant la saison morte, lui qui n’a pas participé au camp d’entrainement en France en début d’année. Il a fait partie des quelques joueurs invités au camp d’entrainement et a impressionné l’équipe d’entraineurs grâce à son intensité et sa vitesse. «J’ai toujours été un striker dans toutes les équipes pour lesquelles j’ai joué. Je suis arrivé au camp d’entrainement des Patriotes avec rien à perdre, j’ai donné tout ce que j’avais et visiblement ça a porté ses fruits!», commente l’athlète de 22 ans. Philippe Lebreux, surnommé Day-Z par ses compagnons de loisir, culture et tourisme, est généralement un atout de fin de partie lorsque les Patriotes ont besoin de forces fraiches en attaque, lui qui joue toujours avec fougue et émotion. Son entraineur lui a avoué en début de saison qu’il lui manquait une bonne partie tactique. Il est cependant confiant de le voir évoluer à ce niveau, puisqu’il est un excellent athlète et qu’il comprend le jeu rapidement. Lebreux est toujours en attente de son premier but en carrière sur le circuit universitaire.

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Photo: Patriotes

Philippe Lebreux.

Un parcours particulier Toute sa jeunesse, Lebreux a fait partie du club le Manic de Baie-Comeau comme joueur, et ensuite comme entraineur. Il a pris la route de Trois-Rivières à l’été 2011 pour faire partie du FC Trois-Rivières, équipe avec laquelle il a remporté la prestigieuse coupe Saputo AA présentée à Chicoutimi cet été là. Lors de la dernière saison estivale, il s’est encore une fois rendu à ce tournoi avec une équipe de sa région natale, le Chivaz de Sept-Îles. Il était en compagnie de quelques compatriotes de BaieComeau et de joueurs avec qui il a participé à deux Jeux du Québec, soit ceux de Thetford Mines et de Lachine. L’équipe n’a par contre pu faire mieux qu’une sixième position à la classique annuelle. «C’est toujours un plaisir de retrouver ses racines et de rejouer avec les vieux amis!», lance-t-il. Il est passionné de soccer et il aimerait y jouer encore longtemps. Peu importe dans quel calibre, l’important pour lui, c’est d’avoir du plaisir à prendre part aux matchs et de donner tout en son possible pour offrir une performance haute en intensité.

L’équipe de cross-country de l’UQTR était au Club de golf de Sherbrooke, le 26 octobre dernier, afin de participer au championnat provincial RSEQ.

des Patriotes à faire partie de ce championnat et représentera avec fierté l’UQTR.

Lors des dernières semaines, les équipes féminine et masculine se sont bien illustrées lors du Rouge et Or invitation à Québec et de l’interconférence de Montréal. Pour le championnat, l’objectif des Patriotes, autant pour les femmes que pour les hommes, était de terminer la course à la troisième position au classement. Malgré le fait que celui-ci n’a pas été atteint, la troupe de cross-country a livré de bonnes performances.

La vétérane Gabrielle Racine a offert une bonne performance en terminant au 18e rang. Elle a fini la course en 24 minutes et 5 secondes. L’équipe féminine de cross-country a bien performé et a terminé 4e au classement sur les sept équipes participantes. Chez les hommes, l’Université Laval occupe les 13 premiers rangs. Du côté des Patriotes, Étienne Lavoie-Trudeau a accompli le parcours de 10 km en 35 minutes et 23 secondes. Ce temps lui a valu la 23e position. Guillaume Ouellet a terminé au 24e rang avec un temps de 35 minutes et 26 secondes. (M.-P.B.)

Les Patriotes fondent beaucoup d’espoir sur la recrue Sarah Bergeron-Larouche.

De bonnes performances

La recrue Sarah Bergeron-Larouche Les Patriotes fondent beaucoup d’espoir sur la recrue Sarah Bergeron-Larouche. À sa première course dans l’uniforme de l’équipe de l’UQTR (interconférence de Montréal), elle a terminé au 5e rang dans l’est du Canada et première au Québec. Lors du championnat provincial RSEQ, Sarah a terminé première au classement. Ainsi, elle a effectué le parcours de 6 km en 22 minutes et 31 secondes. La jeune recrue est la première Patriotes à terminer dans le top 5. Cette première place lui permet de participer au championnat canadien universitaire qui aura lieu le 9 novembre prochain. Sarah sera la seule de l’équipe

Photo: Patriotes

Sarah Bergeron-Larouche.


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SPORTS

HOCKEY

La glace est brisée! Photo: H. St-Pierre Hould

HUGO ST-PIERRE HOULD Journaliste

L’équipe de hockey des Patriotes a fait plaisir à ses partisans lors du match d’ouverture de la saison, le mercredi 16 octobre dernier au Colisée de Trois-Rivières. Dans un match haut en intensité et en rebondissements, la troupe de Marc-Étienne Hubert l’a emporté en prolongation par la marque de 4-3 sur les Stingers de l’Université Concordia.

Les partisans des Pats en ont eu pour leur argent lors d’un match d’ouverture rempli d’émotions.

Les deux équipes se sont constamment échangé l’avantage du pointage dans ce match. Ce sont les Patriotes qui ont ouvert la marque à 6 minutes 53 secondes de la première période grâce à un but sans aide d’Olivier D’Aoust. Les Stingers ont ensuite ouvert la machine et compté en fin de premier et de deuxième engagement pour porter la marque à 2-1 en leur faveur. Dans une troisième période très intense, le défenseur Mikaël Langlois a d’abord inscrit son premier but de la saison sur des passes d’Anthony Verret et d’Olivier Dallaire à 3 minutes 42 secondes. Un but en avantage numérique qui a porté le pointage à 2-2. La réplique des Stingers est survenue moins de cinq minutes plus tard, mais les joueurs de la formation trifluvienne n’ont pas abandonné et sont arrivés à égaliser encore une fois la marque à 11 minutes 58 secondes par l’entremise d’un but de Billy Lacasse, assisté de Marc-Olivier Mimar et de Tommy Tremblay. Ensuite, à 2 minutes 21 secondes de la période de prolongation, Vincent Marcoux a soulevé le colisée en marquant lui aussi son premier but de la saison sur une passe de Cowan Austrie. Originaire de Victoria-

ville, Marcoux en était à son tout premier match de hockey universitaire, lui qui était blessé en début de saison. Les partisans des Patriotes avaient visiblement hâte que la saison prenne son envol. C’est dans un Colisée de Trois-Rivières rempli d’une frénésie électrisante que le match face aux Stingers s’est déroulé. Parmi les 452 spectateurs présents au match, l’équipe locale pouvait notamment compter sur le support très bruyant des garçons et des filles des équipes de soccer de l’UQTR, venus encourager leurs confrères à coup de cuillères en bois et de casseroles, portant l’ambiance à un haut niveau d’excitation.

C’est dans un Colisée de Trois-Rivières rempli d’une frénésie électrisante que le match face aux Stingers s’est déroulé. Festivités de courte durée Trois jours plus tard, le samedi 19 octobre, la formation de l’UQTR s’est rendue à l’Université McGill pour y affronter les Redmen. La tâche s’annonçait plus ardue face à l’équipe classée cinquième au Canada. Effectivement, les Patriotes ont eu beaucoup moins de chance, n’arrivant pas à marquer malgré les 41 lancés sur le gardien de McGill, Jacob Chouinard. Il faut dire que les Redmen sont littéralement en feu, eux qui n’ont pas connu la défaite lors de leurs trois derniers matchs, séquence durant laquelle ils n’ont d’ailleurs accordé aucun but. Ce qui est positif match après match chez les Patriotes, c’est leur travail acharné et leur fougue. Photo: H. St-Pierre Hould

Hockey (Colisée de Trois-Rivières) Mercredi 30 octobre à 19h vs Carleton Vendredi 8 novembre à 19h vs Waterloo Samedi 9 novembre à 14h vs Laurier

Volleyball féminin (Montréal) Vendredi 1er novembre à 19h vs UQAC Samedi 2 novembre à 12h vs UQAM Samedi 2 novembre à 14h vs UQAR

Cross-country (London) Samedi 9 novembre à 9h Championnat canadien

Natation (Montréal) Samedi 9 novembre à 12h Coupe universitaire Cheerleading (Montréal) Samedi 23 novembre à 15h


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SPORTS

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HOCKEY

Une fin de semaine qui fait du bien Mission accomplie pour les Patriotes alors qu’ils affrontaient deux équipes du bas du classement de la division est de la ligue universitaire du Québec et de l’Ontario. Leur fin de semaine s’est soldée par deux victoires en autant de sorties devant leurs partisans face aux Gee-Gees de l’Université d’Ottawa et au Collège militaire royal. Deux grosses performances qui font du bien aux hommes de Marc-Étienne Hubert. Ces deux victoires replacent l’équipe de l’UQTR sur le chemin de la victoire et lui permet de rejoindre les clubs de Queen’s, McGill et Laurentian avec trois victoires. La saison est encore jeune, mais tous les matchs restent très importants et ces deux gains en disent beaucoup sur le caractère des Patriotes qui se cherchaient un peu depuis le début de la saison.

D’Aoust, sur une passe d’Anthony Verret, avec moins d’une minute de jouée au match. Moins de trois minutes plus tard, c’était le tour du défenseur Olivier Dallaire de profiter d’un avantage numérique et d’augmenter l’avance des Pats sur des passes de Keven Robert et Cowan Austrie. Les deuxième et troisième périodes ont également été l’affaire des Patriotes, marquant un but dans chacune de celles-ci. D’abord, Billy Lacasse a porté la marque à 3-1 sur des passes de Cowan Austrie et Mikael Langlois à 8 minutes, 13 secondes de la deuxième, et Marc-Olivier Mimar est venu clouer le cercueil des Gee-Gees à 16 minutes, 23 secondes de la troisième, un but en avantage numérique sur les deuxièmes passes du match de Mikael Langlois et d’Anthony Verret. La troupe de Marc-Étienne Hubert s’est montrée très combative tout au long de la rencontre, lançant à 47 reprises sur le gardien d’Ottawa.

Patriotes vs Ottawa

Patriotes vs RMC

Les trifluviens ont d’abord affronté les GeeGees de l’Université d’Ottawa le vendredi 25 octobre dernier au Colisée de Trois-Rivières. Les Patriotes ont dominé l’ensemble de la rencontre, affichant leurs couleurs dès le début du premier engagement grâce à un but rapide d’Olivier

C’est dans un Colisée plutôt vide que les Patriotes ont affronté le Collège militaire royal le samedi 26 octobre en après-midi. Grosse ou petite foule, l’UQTR ne pouvait se permettre de perdre cette rencontre et espérait bien venger sa défaite contre cette même équipe en match

Photo: H. St-Pierre Hould

pré-saison. C’est le joueur de centre Billy Lacasse qui a donné le ton à la rencontre, subtilisant la rondelle à la ligne bleue de l’adversaire en désavantage numérique et créant un deux contre zéro. C’est finalement le capitaine Tommy Tremblay qui a marqué sur son retour de lancé. La partie a été serrée durant les deux premières périodes alors qu’à chaque fois que les Patriotes semblaient vouloir prendre une avance confortable, le RMC revenait de l’arrière avec des buts

rapides. La marque était d’ailleurs de 4-3 après deux périodes et promettait une troisième haute en énergie. Ce sont plutôt les trifluviens qui sont sortis forts dans la dernière période, offrant un festival offensif aux quelques partisans présents. Trois buts coup sur coup en milieu d’engagement a porté la marque à 7-3 en faveur des Patriotes et a scié les jambes du RMC. Le gardien du RMC, Even Deviller, a très bien fait dans la défaite alors que le pointage aurait souvent pu dégringoler si ce n’eut été de ses prouesses devant le filet. Bel exemple d’acharnement encore une fois pour les Patriotes, eux qui ont assené 57 lancés sur Deviller dont 24 seulement en deuxième période. Billy Lacasse a amassé trois passes dans la rencontre, deux points chacun pour Tommy Tremblay, Keven Robert, Jason Rajotte, Danick Malouin et Anthony Verret.

Lourde perte chez les Pats Ce dernier match n’a pas été marqué que par les réjouissances. En effet, l’attaquant Cowan Austrie a quitté le match en première période en raison d’une blessure au bas du corps. Le géant ailier gauche, ancien des Boomerangs du Cégep André-Laurendeau, avait récolté cinq points en autant de parties avant la rencontre. (H.S.-P.H.)


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Zone campus 29 octobre 2013 (impression)  

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