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21 avril au 4 mai 2015 Volume 10, numéro 16 28 pages Bimensuel gratuit

BOTAN?

ACTUALITÉS

LOCAUX: ENTENTE ENTRE L’AGE ET L’UQTR Depuis maintenant trois ans, Mathieu Roy, président sortant de l’Association générale des étudiants (AGE), espère remporter le processus de négociations avec la gestion de l’Université... ARTICLE COMPLET EN PAGE 2

ARTS ET SPECTACLES

COLLOQUE MELANCHOLIA C’est le jeudi 9 avril dernier que l’ouverture officielle du Colloque Melancholia s’est déroulée à la Galerie r3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La Biennale internationale... ARTICLE COMPLET EN PAGE 14

43E MÉRITE SPORTIF DES PATRIOTES

UNE ANNÉE RICHE EN ÉMOTIONS ET EN TALENTS Gabrielle Lambert et Billy Lacasse nommés Patriotes de l’année

SPORTS

DIFFUSION DES AIGLES SUR CFOU 89,1 FM La radio du campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), CFOU 89,1 FM, a annoncé une excellente nouvelle le mercredi 15 avril dernier, alors qu’elle sera le diffuseur officiel des... ARTICLE COMPLET EN PAGE 24

Par Chloé Labreveux et Louis-Philippe Carbonneau, journalistes

Le jeudi 9 avril 2015 a eu lieu le 43e Mérite Sportif des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Il s’agit d’une cérémonie annuelle de remise de prix ayant pour but de récompenser les efforts fournis par les étudiants-athlètes des Patriotes au cours de l’année.

Cette 43e cérémonie s’est déroulée sous la présidence d’honneur de Jean-Guy Paré, président du conseil d’administration de la Fondation de l’UQTR. Après une période de remise d’une centaine de bourses, pour un montant total de 164 000$, cinq distinctions ont été attribuées aux meilleurs Patriotes.

Des athlètes hors-normes La distinction de recrue de l’année, qui

souligne les performances sportives, l’adaptation à l’équipe et l’attitude, a été attribuée à Francis Desrosiers, joueur de hockey de haut niveau. Le titre d’étudiant-athlète de l’année, soulignant une moyenne scolaire supérieure à 3,3/4,3 et des performances sportives supérieures à la moyenne, a été remis à Caroline... COUVERTURE COMPLÈTE EN PAGES 26-27


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21 avril au 4 mai 2015

LOCAUX DU PAVILLON À LA VIE ÉTUDIANTE

Bimensuel distribué à 3 000 exemplaires sur le campus de l’UQTR et dans la région de Trois-Rivières.

Un accord qui bonifiera la collaboration entre l’AGE et l’UQTR

Pavillon Nérée-Beauchemin 3351, boulevard des Forges, Trois-Rivières (Québec), G9A 5H7 Téléphone: (819) 376-5184 poste 3 Publicité: (819) 376-5184 poste 1 Télécopieur: (819) 376-5239 Jean-Philippe Charbonneau | Directeur général dgcfou@uqtr.ca Myriam Lortie | Rédactrice en chef redaction.zc@uqtr.ca Alice Baudry | Actualités actualites1@zonecampus.ca Chloé Cano | Actualités actualites2@zonecampus.ca Lysanne Marseille | Actualités lysanne.marseille@uqtr.ca Caroline Filion | Arts et spectacles arts1@zonecampus.ca Nadia Tranchemontagne | Arts et spectacles arts2@zonecampus.ca Marie-Christine Perras | Arts et spectacles marie-christine.perras@uqtr.ca Louis-Philippe Carbonneau | Sports sports1@zonecampus.ca Étienne Dubois | Sports sports2@zonecampus.ca Chloé Labreveux | Sports chloe.labreveux@uqtr.ca Élise Lefrançois | Journaliste elise.lefrancois@uqtr.ca Sébastien F. Guertin | Éditorialiste sebastien.fguertin@uqtr.ca Jocelyn Aubut et Sheila Gaudreau | Chroniqueurs sheila.gaudreau@uqtr.ca Félix-Antoine Désilets-Rousseau | Chroniqueur felix-antoine.desilets-rousseau@uqtr.ca Camille Durand-Plourde | Chroniqueuse camille.durand-plourde@uqtr.ca Kévin Gaudreault | Chroniqueur kevin.gaudreault@uqtr.ca Alexandre Laramée Zouéki | Illustrateur alexandre.laramee.zoueki@uqtr.ca Normand Leclerc | Chroniqueur normand_leclerc@hotmail.com Kristina Monfette-Fortin | Chroniqueur kristina.monfette-fortin@uqtr.ca Simon Murphy-Gauthier | Collaborateur simon.murphy-gauthier@uqtr.ca@uqtr.ca Marie-Odile Richard | Chroniqueuse marie-odile.richard@uqtr.ca Michèle Robitaille | Chroniqueuse michele.robitaille@uqtr.ca Jean-François Veilleux | Chroniqueur et correcteur jean-francois.veilleux@uqtr.ca Louis-Étienne Villeneuve | Chroniqueur louis-etienne.villeneuve@uqtr.ca Virginie Lessard | Partenariats dpcfou@uqtr.ca Mathieu Plante | Infographe et webmestre montagezc@gmail.com Laurence Gélinas | Correctrice laurence.gelinas@uqtr.ca Photo de la une | Terry Charland Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

ACTUALITÉS 2-9 SOCIÉTÉ 10-12 ARTS ET SPECTACLES 14-21 LOISIRS 22 SPORTS 23-27

Quatrième de six! Le jeudi 16 avril, au Salon Alexis-Klimov de la bibliothèque de l’Université du Québec à Trois-Rivières, avait lieu le Lancement collectif d’ouvrages de 25 auteurs. Sous la forme d’un 5 à 7, les participants ont pu profiter de l’occasion pour participer à plusieurs activités à caractère scolaire. Dans le cadre des six semaines de ce Lancement collectif 2015, cet évènement, ouvert à tous, a permis à la population universitaire de découvrir une trentaine de nouvelles publications auxquelles ont contribué plus de 60 auteurs de la communauté universitaire. Cet évènement était le quatrième d’une série de six. D’ailleurs, les ouvrages proviennent de plusieurs champs expérientiels différents.

PHOTO: M. LORTIE

L’entente signée entre l’AGE UQTR et l’UQTR offre une stabilité d’au moins cinq ans quant aux locaux et aux services proposés par l’AGE.

Depuis maintenant trois ans, Mathieu Roy, président sortant de l’Association générale des étudiants (AGE), espère remporter le processus de négociations avec la gestion de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) concernant la location de certains locaux du pavillon à la Vie étudiante. C’est le 23 mars pour le conseil d’administration de l’UQTR et le 29 mars pour le conseil d’administration de l’AGE que l’entente fut entérinée. D’abord, cette entente volumineuse lie l’AGE UQTR sous les principes de bail et de location des locaux «commerciaux» se retrouvant dans le pavillon à la Vie étudiante (PaVÉ) tels que le 1012, la Chasse Galerie et la Halte-garderie. L’université n’avait pas l’obligation de fournir des locaux aux services proposés par l’AGE, mais une telle entente assure leur réservation aux activités de l’AGE UQTR, et ce, pour les cinq prochaines années à prix fixe, sachant que l’université est présentement en pénurie de locaux. L’AGE UQTR, bien qu’elle ait déboursé une grande partie des frais liés à la construction du pavillon, se doit de payer un tarif lié aux locaux

LE MOT DE LA RÉDACTRICE

MYRIAM LORTIE Rédactrice en chef

SOMMAIRE

LANCEMENT COLLECTIF 2015

Je rédige ce dernier mot plutôt que de terminer un travail de session. Le dernier numéro d’une série de 16, étalés sur huit mois, est déjà arrivé. «Déjà»? C’est relatif par moments. Je n’ai pas très envie de me lancer dans une envolée lyrique de ce que je retiens de cette année derrière moi, mais en même temps, c’est ce qui se prête le mieux aux mots de la fin.

utilisés à des fins d’exploitation commerciale, au sens où un revenu y est généré. Puisqu’il a été entendu que l’AGE UQTR louait ces locaux appartenant à l’UQTR, cette entente est accompagnée d’un transfert de frais liés notamment à la sécurité. «L’association s’assure dans cette entente d’une enveloppe substantielle qui servira à couvrir les frais de sécurité reliés aux agents du Service de la protection publique et qui assure la sécurité lors des soirées achalandées à la Chasse Galerie ou au 1012», mentionne Mathieu Roy.

Une entente aux retombées à court et à long terme Cette entente permet d’une part la certitude de détenir des locaux pendant les cinq prochaines années pour les activités proposées par l’association. Ceci permet à l’AGE de planifier son budget à plus long terme, s’assurant d’une stabilité en ce qui a trait à la location de locaux. D’autre part, à moyen et à long terme, une telle entente assure la collaboration entre l’université et l’association étudiante sous plusieurs aspects. Par exemple, le processus de réservation du 1012 pour la période estivale a été allégé. (L.M.)

Cet évènement, ouvert à tous, a permis à la population universitaire de découvrir une trentaine de nouvelles publications auxquelles ont contribué plus de 60 auteurs. Des ouvrages variés Les ouvrages présentés lors de ce lancement abordaient des sujets très différents. En effet, on parlait notamment d’inclusion scolaire, de persévérance professionnelle dans l’enseignement, de femmes et de sciences, de troubles du comportement alimentaire, de l’histoire médicale du Québec, de fiscalité, de comptabilité, de PME et de développement durable, de marketing, de l’avenir du Québec, de litige en matière de garde d’enfant, de théâtre québécois, d’examen clinique du nouveau-né, et plus encore. Le public a d’ailleurs pu faire la connaissance des auteurs et de leurs ouvrages au cours de la soirée. Par ailleurs, l’auditoire a également pu visionner des capsules vidéo qui avaient pour but de présenter des entrevues ayant été réalisées avec différents auteurs. C’est la chargée de cours du Département de lettres et communication sociale, Patricia Powers, qui animait ces entrevues. (L.M.)

À bon port Tribune d’expression, vitrine privilégiée de la scène artistique émergente, espace d’information... le Zone Campus, c’est une expérience enrichissante que j’ai vécue différemment cette année en conduisant le bateau. J’ai beaucoup ri, mais j’ai pleuré aussi. J’ai trouvé ça difficile par moments, mais j’ai appris énormément. Être à la tête d’un journal étudiant, c’est faire beaucoup avec peu de ressources, en maximisant celles que nous possédons. C’est arriver à conjuguer des étudiants au bagage différent, tous impliqués un peu partout et au temps limité. C’est aussi encaisser la critique et accepter de devoir la porter pour le journal. C’est vivre de belles joies quand viennent les rétroactions positives, comme ce fut le cas la majorité du temps

cette année. C’est jongler avec l’actualité du moment, dans les limites qu’impose un bimensuel. C’est également l’occasion de rassembler des étudiants curieux et ambitieux. En effet, si on arrive à faire tant avec peu, c’est grâce à une solide équipe. Je m’y suis fait de réels amis et j’ai eu la chance d’être entourée de gens talentueux. Merci à eux. Merci également aux lecteurs et aux collaborateurs, qui permettent au journal de faire sa marque dans le paysage trifluvien et sans qui il n’aurait pas lieu d’être. J’ai le doux sentiment que le bateau s’est rendu à bon port. Nous nous retrouverons à l’automne, qui marquera le dixième anniversaire du journal, pour reprendre du service. Bonnes vacances, bon été, bonne lecture!


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ACTUALITÉS ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS

L’heure du bilan 2014-2015 ALICE BAUDRY Journaliste

La fin de la session d’hiver approchant à grands pas, l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR) dresse son bilan de fin d’année. Retour sur les projets, les améliorations au niveau des services ou encore les défis que l’AGE UQTR s’est lancés durant l’année. De façon globale, Mathieu Roy, le président sortant de l’AGE UQTR, explique qu’une quantité de travail assez volumineuse a été effectuée malgré les nombreux changements dans le conseil exécutif, dont plusieurs démissions en cours de route. L’année a débuté par une grande nouveauté avec le spectacle de la rentrée à l’extérieur qui a été, selon le président de l’AGE, un bel ajout. Autre grand défi pour l’association, mais plus particulièrement pour la vice-présidence aux affaires sociopolitiques: la tenue de l’Assemblée générale (A.G.) spéciale de grève en mars dernier qui a rassemblé quelque 1100 étudiants. La forte mobilisation découlant de cette A.G. spéciale a, d’après l’AGE UQTR, «exposé la conscience d’agir au sein de la population de l’UQTR».

En ce qui concerne la vice-présidence aux affaires socioculturelles, tous les évènements se sont bien déroulés et, pour la première fois, la cérémonie des bourses d’implication a été organisée de façon conjointe par les Services aux étudiants (SAE), le Groupe des médias étudiants (GME) et l’AGE UQTR. «C’est une évolution dans le sens de savoir vivre ensemble», expliquait Mathieu Roy à propos de la cérémonie tenue le jeudi 16 avril dernier, à laquelle le GME n’a toutefois pu assister. Du côté de la vice-présidente aux communications, elle s’est affairée à la mise à jour du site internet de l’AGE UQTR. De plus, des mises à jour des politiques de l’association ont été effectuées par le secrétariat général, mais malheureusement certains dossiers n’ont pas suffisamment avancé à cause des nombreuses démissions sur le poste, comme la restructuration des instances. Enfin, la présidence nous explique que son propre plan d’action a été réalisé en majeure partie. En effet, l’entente entre l’université et l’AGE UQTR (voir en page 2) est sur le point d’être signée et M. Roy souligne également les rénovations faites à la Chasse Galerie l’été dernier.

Objectif déficit zéro Enfin, le gros défi de l’AGE UQTR pour l’année 2014-2015 visait le redressement financier des services (Chasse Galerie et Halte-garderie) avec l’objectif du déficit zéro. C’est chose faite puisque d’après la présidence de l’AGE UQTR, c’est une année qui a été paritaire, c’est-à-dire où il n’y a pas

ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS

Beaucoup de désaccord autour de la création d’une association nationale La fin de semaine du 18 et 19 avril dernier se tenait une nouvelle réunion concernant la création d’une association nationale. Une quarantaine de personnes réparties entre 18 associations étudiantes du Québec se sont réunies autour de la table avec au programme l’aspect légal et les détails techniques concernant la création de l’association. La rencontre qui se tenait le weekend dernier n’était pas aussi ensoleillée que le ciel de Trois-Rivières. Durant cette rencontre sur l’avancement de la création d’une nouvelle association étudiante nationale, l’AGE UQTR a quitté la table, le samedi soir, à la suite d’un désaccord concernant la rédaction du contrat d’association. Ce contrat doit permettre la création de l’association et prévoit également la création d’un comité qui travaillerait sur ladite association durant l’été. Néanmoins, le vice-président aux affaires sociopolitique, Jean-René Leblanc explique qu’il ne peut pas parler des détails de ce contrat

puisqu’il n’avait pas encore été présenté devant le conseil d’administration (C.A.) de l’AGE UQTR. Bien que le contrat d’association ait été adopté lors de la réunion, il n’a pas pu être signé, car le C.A. de l’AGE UQTR n’avait pas donné de mandat de signature à ses représentants.

Jean-René Leblanc explique qu’il ne peut pas parler des détails de ce contrat puisqu’il n’avait pas encore été présenté devant le conseil d’administration (C.A.) de l’AGE UQTR. De plus, Jean-René Leblanc explique que l’AGE UQTR, en accord avec ses statuts et règlements s’était opposée à l’élection de représentants puisque d’une part, le C.A. de l’AGE n’avait pas été consultée et que d’autre part, la politique de l’AGE prévoit une période de dix jours ouvrables pour l’affichage des postes à pourvoir. (A.B.)

PHOTO: COURTOISIE

Pour la première fois, la cérémonie des bourses d’implication a été organisée de façon conjointe par les Services aux étudiants (SAE), le Groupe des médias étudiants (GME) et l’AGE UQTR. Le comité COMPLICE y a d’ailleurs été récompensé le 16 avril dernier. de déficit ni d’accumulation dans les revenus. En effet, la gérance de la Chasse Galerie, l’éducatrice principale de la Halte-garderie et le vice-président aux finances et développement, Christian Jr. Bourdon, ont travaillé à réduire les couts administratifs, notamment dans la gestion des ressources humaines. Il y a donc eu une réorganisation du travail des employés de la Chasse Galerie pour qu’il y ait un peu moins d’employés pendant les périodes creuses. De plus, en ce qui concerne l’approvisionnement des stocks, une grande réorganisation a été effectuée dans le but de faire des commandes plus globales pour éviter les petites dépenses répétitives. Ainsi, il y a désormais deux

commandes annuelles au lieu de quatre, comme par le passé. Enfin, le changement de fournisseur pour les sandwichs (désormais le Buck traiteur) a été fait pour supprimer la vente à perte comme c’était le cas et apporter un meilleur rapport qualité/prix. Le conseil exécutif pour la prochaine année, élu le 27 mars dernier, entrera officiellement en fonction le 1er mai prochain. La période de vote en ligne pour les postes de président et de vice-président aux affaires sociopolitiques, toujours vacants, se déroulera du 20 au 23 avril. Les résultats seront dévoilés le vendredi 24 avril, à midi, à la Chasse Galerie.


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ACTUALITÉS

21 avril au 4 mai 2015

ASSOCIATION GÉNÉRALE DES ÉTUDIANTS

Au revoir président Après trois années passées à l’Association générale des étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (AGE UQTR), Mathieu Roy quitte ses fonctions de président. Président omniprésent, il explique qu’il s’est donné deux règles: d’une part, être toujours le premier arrivé et le dernier à partir et d’autre part, manger les pots et pas les fleurs, «car on n’est pas président pour le mérite». Retour sur son implication à l’AGE UQTR.

côté-là. «J’ai appris à avoir une notion du sacrifice et rien n’est meilleur que de faire face à ce sacrifice pour se rappeler qu’on est humain et que le sacrifice est fait pour un ensemble, pour une collectivité. Oui, ça attaque ta vie privée, mais il n’y a rien de plus beau que ce sacrifice qui te montre que tu as fait progresser les choses. Mathieu Roy l’étudiant n’existe plus. Depuis deux ans, c’est Mathieu Roy, le président de l’AGE UQTR. Mais l’AGE m’a apporté la connaissance de moi-même et la conscience du pouvoir du changement.»

C’est en février 2012 qu’il a pris la décision de se présenter au poste de vice-président à la vie associative et à l’environnement, après avoir été président de l’Association des étudiants en histoire. Après une première année au sein du conseil exécutif de l’AGE UQTR, il se sentait prêt à devenir président mais, surtout il voulait s’assurer du suivi des dossiers et de la pérennité de l’association. C’est aussi l’une des raisons de son second mandat. Il dit d’ailleurs qu’il aime aller au-devant des gens, prendre contact, aller les voir, connaître leurs inquiétudes. Pour lui, un président n’est pas le meilleur, il est là pour faire progresser les choses. Néanmoins, dans sa vie personnelle, il explique que l’AGE UQTR a été un producteur d’échec continuel, mais il n’a aucun regret de ce

Lorsqu’on lui demande quels conseils il pourrait donner au prochain président, il explique qu’il faut avant tout être soimême et le faire à sa manière. Éternel insatisfait Mathieu Roy explique qu’il aurait pu mieux faire sur plusieurs dossiers. Parmi ces insatisfactions, il y a la Halte-garderie qui aurait mérité une meilleure communication selon lui. Il y a aussi le fait de ne pas avoir réussi à rassembler les 10 500 étudiants de l’université. «Je crois qu’on est là pour un ensemble et qu’il y a toujours moyen de rejoindre cet ensemble, ça doit être l’objectif à long terme», explique-t-il.

Mais lorsqu’on lui demande quelles ont été ses plus grandes satisfactions, la première qui lui vient en tête est la Halte Garderie sur laquelle il a longtemps travaillé et qu’il a réussi à concrétiser. Il y a aussi l’entente avec l’université pour les locaux qui devrait se concrétiser prochainement. Enfin, l’inauguration du pavillon à la Vie étudiante reste également un grand projet dont il est fier. «C’était un grand moment, je savais tout le travail qui avait été fait. Le mérite ne me revenait pas mais j’éprouvais une grande joie pour toutes les personnes qui ont travaillé sur ce dossier.» Préférant les petits instants de bonheur par rapport aux grands, qu’il juge trop dans l’émotion, la victoire sur les frais de stage remportée en décembre dernier reste l’un de ses meilleurs souvenirs. Réussir à mobiliser les étudiants pour obtenir gain de cause est une chose dont il est fier et qui a rendu ce moment unique.

Ne pas se mettre à genoux Lorsqu’on lui demande quels conseils il pourrait donner à la prochaine personne à la présidence, il explique qu’il faut avant tout être soi-même et le faire à sa manière. «Ils doivent le faire pour eux, pour la collectivité, mais ne doive pas se travestir pour les idées et se trahir et ne jamais se mettre à genoux. Être honnête envers

PHOTO: M. LORTIE

Mathieu Roy cèdera sa place en mai prochain. toi-même et ne pas être là pour le prestige que le poste procure.» Maintenant que son mandat s’achève, Mathieu Roy ne souhaite plus s’impliquer dans la vie universitaire, il laisse la place à d’autres qui en ont envie même si cette vie va lui manquer et que son départ se situe entre la nostalgie, l’accomplissement et le besoin d’un nouveau départ. Il a d’ailleurs postulé au MBA en management pour la rentrée de septembre 2015, avec l’intention de finir ses études le plus rapidement possible pour arriver sur le marché du travail, mais aussi se destiner à une carrière politique. (A.B.) Mathieu Roy s’est adressé à la communauté universitaire dans une lettre ouverte en page 13.

RÉOUVERTURE DU CLUB D’ENTREPRENEURS ÉTUDIANTS DE L’UQTR

Un départ sur les chapeaux de roue! Le 18 mars dernier, le Club d’entrepreneurs étudiants de l’Université du Québec à Trois-Rivières (CEEUQTR) annonçait sa réouverture. À sa tête, un comité organisateur composé d’étudiants passionnés et très dynamiques: Enzo Carasso (président), Sarah Bruyninx (vice-présidente à la programmation), Marie-Philippe Durand (vice-présidente aux communications) et Joey Hébert (vice-président aux finances). Ils partagent tous le même objectif, celui de stimuler la fibre entrepreneuriale des étudiants, par le biais de multiples activités. C’est lors du Startup Weekend de Trois-Rivières à la fin février que les membres du comité organisateur se sont rencontrés et ont ainsi tissé de solides liens pendant l’évènement. «On a vécu une expérience formidable qui a duré 54 heures, mais on ne voulait pas que ça s’arrête et que ça ne se reproduise qu’une fois par an», explique Enzo Carasso. Aussi, sur les conseils d’Etienne St-Jean, titulaire de la Chaire de recherche UQTR sur la carrière entrepreneuriale, les quatre jeunes gens ont décidé de poursuivre leur aventure en

relançant le Club d’entrepreneurs étudiants de l’UQTR.

Transmettre un savoir-faire Le CEEUQTR souhaite développer les compétences et stimuler l’intérêt des étudiants de l’UQTR et de la région pour l’entrepreneuriat. Il s’agit d’«aider les étudiants à se lancer parce qu’on a réalisé à quel point c’était génial lorsqu’on a commencé à participer aux Startup Weekend. On est là pour leur donner des pistes, leur montrer ce qu’ils ont à leur disposition. Par exemple, la Chaire d’entrepreneuriat va ouvrir un Centre d’entrepreneuriat et d’innovation universitaire à l’automne 2015. Il y a beaucoup de choses qui se mettent en place pour accompagner les étudiants et jeunes entrepreneurs dans leur démarche», indique Carasso.

Conférences mensuelles Started From The Bottom «Concrètement, on organise une rencontre chaque mois, toujours avec un angle différent dans la manière d’aborder l’entrepreneuriat», souligne Enzo Carasso. Il y aura ainsi des conférences d’étudiants, de professeurs,

d’entrepreneurs et d’investisseurs. La première s’est d’ailleurs tenue le 7 avril, et avait pour thème «L’idée entrepreneuriale et les fondateurs». À cette occasion, Stéphane Turcot, P.D.G de Letmebee, est revenu sur ses expériences et sur le cheminement de l’idée au projet. «L’évènement s’est très bien passé, une trentaine de personnes étaient présentes», poursuit-il. Les vacances arrivant à grands pas, la prochaine rencontre se tiendra en septembre. De plus, «nous savons d’ores et déjà que celle d’octobre se tiendra au Centre d’entrepreneuriat Alphonse-Desjardins à Shawinigan, la première semaine du mois», précise-t-il. Il est à noter que ces conférences sont gratuites et ouvertes à tous.

Un beau projet en perspective Le CEEUQTR organise une mission entrepreneuriale d’environ dix jours, à l’été 2016. «Le concept consisterait à rallier Trois-Rivières à la Silicon Valley, en bus, avec des équipes de designers, de gestionnaires et de développeurs Web. Il s’agirait de travailler, pendant les 50 heures de l’aller et les 50 heures du retour, à l’élaboration d’une solution visant à répondre au problème de la compagnie qui serait notre

principal commanditaire. Plusieurs arrêts et visites pédagogiques seraient prévus: Harvard, Yale, Princeton, Facebook, Google, Apple, Dropbox, etc.», explique le président. Pour ce faire, le Comité organisateur va bientôt lancer une campagne de financement participatif (crowdfunding), dans l’espoir de lever environ 50 000 dollars. Par ailleurs, les étudiants désirant intégrer l’équipe seront passés en entrevue. Une vingtaine d’entre eux seront retenus. «Leurs compétences sont importantes, mais leur personnalité l’est bien plus», insiste Enzo Carasso. À terme, le CEEUQTR souhaite devenir la référence en matière d’entrepreneuriat étudiant dans la région. (C.C.) PHOTO:COURTOISIE

Marie-Philippe Durand, Joey Hébert, Sarah Bruyninx et Enzo Carasso.


ACTUALITÉS

www.zonecampus.ca

5@7 SAVOIR PARTAGÉ

La population universitaire au rendez-vous Le jeudi 9 avril dernier avait lieu le 5@7 Savoir Partagé. Cet évènement, présenté pour la troisième fois par l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), permettait aux visiteurs d’aller à la rencontre d’une soixantaine de professeurs-chercheurs et de discuter avec eux de leurs travaux. Organisé pour la troisième fois, ce 5@7 Savoir Partagé avait lieu au quatrième étage du pavillon Ringuet. L’activité comprenait quelque 30 kiosques, sur lesquels les professeurs de l’UQTR présentaient leurs travaux de recherche, ainsi qu’une vingtaine de miniconférences de neuf minutes chacune. Les sujets présentés par les professeurs durant cette fin d’après-midi étaient variés puisqu’ils touchaient notamment les énergies renouvelables, la nanotechnologie, le véhicule électrique, l’organisation du travail, la santé et la sécurité, la relance de l’économie régionale, le cerveau en action, les femmes et les sciences, la génétique et la mutation, l’obésité et la posture, la santé des travailleurs, les tissus malades, le thème autour de «donner son corps à la science», les jeunes de la rue, les PME, la collaboration interentreprises, l’enfance et la famille, la prévention de la criminalité, le loisir et la mémoire.

Un grand nombre de visiteurs Nadia Ghazzali, rectrice de l’UQTR, expliquait à propos de cet évènement que « [l]e 5@7 Savoir Partagé vise la mise en commun du savoir scientifique des professeurs de l’UQTR et du savoir pratique des membres de la communauté régionale. Cette activité favorise ainsi le transfert des connaissances universitaires vers la population, tout en permettant aux gens du milieu de faire part de leur réalité et de leurs besoins aux professeurs participants. Nous souhaitons aussi que cet évènement puisse contribuer à l’émergence de nouvelles collaborations entre les professeurs de diverses disciplines».

«Le 5@7 Savoir Partagé vise la mise en commun du savoir scientifique des professeurs de l’UQTR et du savoir pratique des membres de la communauté régionale.» — Nadia Ghazzali, rectrice de l’UQTR L’évènement, ouvert gratuitement, a remporté un franc succès vu le nombre de visiteurs autour des différents kiosques, mais aussi ceux venus assister aux différentes conférences. (A.B.)

PHOTO: ENTÊTE UQTR

Au total, l’activité présentait 30 kiosques, où les professeurs de l’UQTR présentaient leurs travaux, ainsi qu’une vingtaine de miniconférences.

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Sébastien F. Guertin

Éditorial FIN DE SESSION

Lettre d’adieux à Mathieu Roy La session se termine; c’est donc maintenant le moment des rétrospections et regards en arrière. Même si, tout l’hiver, il a été question d’austérité libérale et de «grèvage», l’ultime éditorial de la session ne portera pas (directement) sur ces sujets... Les grandes questions qui ont publiquement secoué le milieu universitaire québécois se rapportent toutes à la notion même de ce qu’est un étudiant. Par exemple, les opposants à la reconnaissance du droit de grève étudiant arguent en premier lieu que la grève est, par définition, l’apanage des travailleurs. Cet argument sous-entend évidemment que les étudiants ne sont pas des travailleurs. Mais qu’en est-il vraiment? Les tenants de cette thèse ont généralement tendance à considérer les universitaires comme de simples bénéficiaires des services de l›État, au même titre que n›importe qui d›autre recevant des soins à l›hôpital, par exemple. Or, c’est là considérer que le fait d’étudier ne rapporte des bénéfices directs qu’à la personne qui étudie. Entendons-nous, ces bénéfices existent bel et bien: meilleures opportunités d’emploi, acquisition de connaissances, statut social particulier, etc. C’est là faire abstraction des bienfaits pour la société en général d’une population cultivée. En premier lieu, divers professionnels nécessaires au fonctionnement de la société sont formés à l’université: enseignants, médecins, infirmiers, psychologues, avocats, etc. De la même manière, les diplômés des humanités contribuent à un certain retour réflexif et critique sur la société elle-même. Par exemple, les philosophes contribuent à préciser les termes des enjeux de société, les artistes représentent le monde dans lequel ils vivent, les sociologues travaillent à une meilleure compréhension de divers phénomènes, etc. Les diplômés contribuent donc directement à la société par leur profession elle-même. Mais, en second lieu, le fait même de leur éducation rend service à la société. En effet, il est reconnu qu’une société généralement plus éduquée a moins de problèmes sociaux et que la propension des gens à développer des maladies liées au style de vie (obésité, problèmes cardiovasculaires, diabète de type 2, etc.) est inversement proportionnelle au niveau de diplômation. Autrement dit, plus les gens sont généralement éduqués, moins les services sociaux coutent cher. Il s’ensuit qu’il est bien difficile de dire que les étudiants ne sont que les bénéficiaires de privilèges gracieusement offerts par l’État: ils contribuent activement au bon fonctionnement de celui-ci par leur volonté à s’éduquer.

Les étudiants comme travailleurs Doivent-ils être considérés purement et simplement comme des travailleurs pour autant? Il y a là un terrain de football que nous ne franchirons pas. Entendons-nous tout d’abord pour dire qu’un travailleur, par définition, est quelqu’un qui fournit sa capacité de travail (qu’elle soit de nature physique ou intellectuelle) à un employeur. Ce dernier réalise un profit grâce au travail de l’employé et rémunère celui-ci en fonction d’une entente commune. On ne peut donc dire qu’un étudiant en général est un employé de l’université, contrairement au personnel de soutien et aux enseignants. En effet, ceux-ci ne travaillent pas directement au profit de l’université (l’université n’étant de toute façon pas une entreprise devant réaliser un profit). Un bémol évident est le cas des étudiants gradués: leurs travaux constituent une contribution directe au fonctionnement de l’université. Au même titre que les enseignants-chercheurs, leurs recherches deviennent la propriété de l’établissement, qui peut ensuite s’en servir pour réaliser un certain profit (qui, étant donné la nature de l’université, sert à en financer le fonctionnement). Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit là d’une contribution très ponctuelle, qui ne touche qu’une fraction des étudiants du Québec. Bref, les étudiants ne sont ni de simples bénéficiaires, ni des travailleurs au sens strict du terme. Que sont-ils donc? Bien simplement: des étudiants. Il s’agit ici d’un troisième statut, distingué des deux autres. Quand on parle de «grève étudiante», il faut donc prendre l’expression dans son ensemble. Il s’agit d’un concept différent d’une grève au sens strict (qui est effectivement l’apanage des travailleurs au sens strict), mais aussi d’un boycott des bénéficiaires/clients d’un service/ produit qu’ils reçoivent. Qu’est-ce donc précisément qu’une grève étudiante? Il s’agit d’une tout autre question. Limitons-nous, pour l’instant, à dire que c’est un moyen de pression qui ne vise clairement pas un rapport de force économique comme les grèves de travailleurs et les boycotts. Pour de plus amples discussions, revenez-nous l’an prochain.

Le mot de la fin À ceux qui m’accusent ici de couper les cheveux en quatre, je m’excuserai en disant que je ne les ai tranchés qu’en trois. J’ai cru bon de terminer l’année sur ce sujet parce que les évènements de l’actualité, autant sur le campus qu’au niveau provincial, bénéficieraient d’une discussion sur le sujet. Il ne faut jamais oublier le pouvoir des mots.


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21 avril au 4 mai 2015

TRIBUNE LIBRE DE L’AGE UQTR: FRÉDÉRIC CASTEL ET HAROUN BOUAZZI

«Islamophobie, intégrisme et laïcité: quels enjeux?» LYSANNE MARSEILLE Journaliste

Le mardi 14 avril au 4020 Ringuet de l’Université du Québec à Trois-Rivières avait lieu une conférence qui concernait les mythes et les réalités entourant les musulmans québécois. Les conférenciers, Frédéric Castel, chargé de cours au Département de sciences des religions de l’UQÀM, et Haroun Bouazzi, coprésident de l’Association des Musulmans et des Arabes pour la laïcité au Québec, ont notamment discuté de la mauvaise presse faite au Québec envers la religion musulmane en raison de certains mouvements islamistes. L’activité, divisée en trois blocs de 20 minutes, proposait deux conférences de personnalités connues dans le mouvement intégrationniste et une période de questions. Castel a notamment

participé à l’émission Enquête, à Radio-Canada, s’intéressant à la possible montée de l’intégrisme au Québec.

La réalité musulmane La première conférence, animée par Frédéric Castel, avait pour but de présenter la réalité des musulmans au Québec. Pour ce faire, le conférencier a fait état des divers mythes et faits saillants sur ce sujet «afin de dresser un portrait réaliste et clair qu’occupent les musulmans dans notre société». Ces informations permettent en outre de déconstruire les stéréotypes tels que véhiculés dans les médias. Notamment, Castel a profité de l’occasion pour montrer plusieurs données démographiques concernant les musulmans. En ce sens, plusieurs personnes se représentent les musulmans comme un peuple peu scolarisé et inactif, qui ne parle pas le français. Les données présentées par le conférencier démontrent toutefois le contraire. 83% des musulmans au Québec comprennent et parlent le français. Les musulmans qui immigrent le font pour des raisons essentiellement économiques. En comparant les musulmans québécois aux

Québécois «de souche», on peut constater qu’un peu plus que le double des musulmans, en termes de pourcentage, possèdent des études universitaires en immigrant au Québec (23% Québécois versus 48% musulmans).

L’islamophobie se caractérise comme l’hostilité systémique envers l’Islam. En considérant ces données, il ne devrait pas y exister de discrimination à l’embauche. Toutefois, tout porte à croire qu’il en existe. À cet effet, M. Castel a exposé le taux de chômage des musulmans, qui est près du double de celui des autres Québécois.

et toutes les populations dites immigrantes. La présentation de M. Bouazzi s’est terminée par un survol des enjeux de l’islamophobie et de l’importance de la contrer en société. Le but de la présentation était en fait de montrer aux participants les effets de l’islamophobie sur la population musulmane québécoise. Il est à noter que l’islamophobie se caractérise comme l’hostilité systémique envers l’Islam. La période de questions qui s’en est suivie était forte en émotions. Plusieurs tours de parole ont été attribués, donnant lieu à une discussion animée. PHOTO: L. MARSEILLE

L’islamophobie, l’intégration et la laïcité Haroun Bouazzi, le second conférencier, s’est chargé de faire un bref retour concernant la laïcité. Son but était de clarifier ses objectifs, ses principes et ses applications. Comme il le mentionne, cet outil démocratique permettrait en fait de favoriser l’intégration entre les Québécois

La conférence donnée à l’UQTR le 14 avril dernier portait sur l’islamophobie.

TRIBUNE LIBRE DE L’AGE UQTR

Discussion avec le député fédéral Robert Aubin Le jeudi 8 avril, à l’occasion des Tribunes libres de l’AGE UQTR, Robert Aubin, député fédéral du Nouveau Parti démocratique (NPD) représentant la circonscription de Trois-Rivières, a échangé avec la communauté universitaire sur divers enjeux politiques. C’est dans un cadre intimiste que les étudiants ont abordé des sujets d’ordre local, national et international. La discussion s’est entamée autour du projet de loi antiterroriste C-51 visant à renforcer les mesures de sécurité dans le pays, et faisant suite aux attentats de SaintJean-sur-Richelieu et d’Ottawa. Selon Robert Aubin, «cette mesure accorde trop de pouvoirs à la SCRS, au détriment de la GRC qui revendique pourtant pouvoir assumer les responsabilités de la première. De plus, rien n’indique comment contrer la radicalisation des individus ou soutenir leur déradicalisation», explique-t-il.

«Le déni de démocratie de ce gouvernement, c’est du jamais vu.» — Robert Aubin

beaucoup de pouvoirs à des organismes, mais l’argent ne suit jamais», continue-t-il.

Malaise démocratique Selon lui, les stratégies de communication du gouvernement actuel sont très discutables. En effet, «leurs annonces se font soit le vendredi après-midi, soit les semaines lors desquelles la Chambre ne siège pas. Le déni de démocratie de ce gouvernement, c’est du jamais vu», souligne-t-il. Robert Aubin poursuit en expliquant que le système électoral est à revoir, car «on a un système politique conçu pour le bipartisme». Selon lui, un mode de scrutin proportionnel serait beaucoup plus adapté.

Et l’immigration? «L’acceptation se fera par l’éducation. On est pris avec un problème de société. Il faut éduquer les gens à cette culture d’ouverture d’esprit», souligne Robert Aubin. De nombreux autres sujets ont été abordés, tels que le projet d’oléoduc de TransCanada, l’envoi de l’armée canadienne pour combattre l’État islamique, le projet de loi S-7, etc. (C.C.) PHOTO: C. CANO

Système pénal brinquebalant Selon Aubin, on assiste à une certaine américanisation du système judiciaire canadien «et on refile la facture aux provinces». En effet, «les projets de lois à teneur criminelle ne contiennent que des peines minimales, qui se purgent dans des pénitenciers provinciaux. Donc, on coupe le travail des juges qui deviennent de simples exécutants», déplore-t-il. «Avec les conservateurs, tout est toujours dans le détail. Ils donnent

Le député du NPD a rencontré les étudiants.


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GALA DES CINQ CONTINENTS

Une soirée riche en diversité Le samedi 11 avril dernier était l’occasion de se transporter aux quatre coins du globe. C’est au Centre de l’activité physique et sportive (CAPS) de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) qu’avait lieu le Gala annuel des cinq continents. Organisée par le Comité multiculturel pour l’intégration et la coopération entre étudiants (COMPLICE), cette soirée très diversifiée avait comme thème: «Zénith des cultures, lumière sur le monde». Au programme de la soirée: buffet à volonté, 29 spectacles préparés par des étudiants de 27 pays différents et, pour terminer, une soirée dansante au local 1012.

PHOTO: DAVID FERRON

La communauté d’étudiants étrangers à l’UQTR représente plus de 10% du total des étudiants.

La communauté d’étudiants étrangers à l’UQTR représente plus de 10% du total des étudiants. Considérant ces données importantes, le Gala des cinq continents, qui a comme but de célébrer le multiculturalisme à l’UQTR, a plus que raison d’être. Ainsi, le thème «Zénith des cultures, lumière sur le monde» était une façon de promouvoir la valorisation de l’identité culturelle et, dans la même lancée, la complémentarité culturelle, telle que vécue au sein de l’UQTR.

Le thème «Zénith des cultures, lumière sur le monde» était une façon de promouvoir la valorisation de l’identité culturelle et, dans la même lancée, la complémentarité culturelle, telle qu’on la vit au sein de l’UQTR. On a laissé place aux prestations artistiques après une succession de discours protocolaires et de la remise de prix en liens avec le Tournoi des continents (soccer) qui avait lieu la semaine précédente. En amont de cela, deux personnes venues tout droit d’Ottawa, Valérie Assélé, conseillère chargée des affaires consulaires de l’Ambassade du Gabon au Canada, et Jean Bosco

Etoa Etoa, conseiller culturel au haut-commissariat du Cameroun au Canada, faisaient partie des invités de renom du gala.

PHOTO: L. MARSEILLE

Fenêtre sur la créativité Le gala était d’ailleurs une occasion pour tous les étudiants de l’UQTR de faire valoir leurs talents artistiques lors de la soirée. Les numéros étaient aussi diversifiés que la soirée. Ainsi, le public a pu profiter de spectacles de danse, de comédie musicale, de chant, de danse traditionnelle et même d’un défilé de mode. De plus, les vainqueurs d’UQTR en spectacle, le groupe La montagne est blanche, ont offert une prestation. Malgré un léger retard dans le déroulement de la soirée, toutes les prestations ont eu lieu. PHOTO: DAVID FERRON

Le gala était une occasion pour les étudiants de faire valoir leurs talents artistiques.

Le Gala des cinq continents était organisé au CAPS de l’UQTR. Plus de 400 personnes se sont présentées à cet évènement ouvert à tous. «L’aspect visuel est très classieuse et la présentation de la salle est bien pensée», s’est exprimé Léonard Laurent-Castan, étudiant français au baccalauréat en éducation physique et à la santé. Par ailleurs, le président du COMPLICE et membre de la coordination pour le Gala, Guy Ayissi, se disait extrêmement satisfait de l’organisation de cette année. Comme il l’explique, le taux de participation de la présente édition surpasse environ de moitié celui de l’année dernière et deux pays se sont ajoutés aux festivités, soit l’Iran et le Bénin. La soirée s’est terminée sur une note tout aussi festive. C’est au 1012 du pavillon à la Vie étudiante que s’est achevée la soirée. Plus de 200 des personnes présentes au Gala ont pu danser sous la musique du DJ Polla. (L.M.)


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21 avril au 4 mai 2015

LA RECHERCHE À L’UQTR

Un sujet plus que d’actualité CHLOÉ CANO Journaliste

Marik Grégoire, étudiante à la maitrise en communication sociale, s’intéresse au discours du gouvernement libéral durant la crise sociale de 2012. Dirigée par la professeure France Aubin, elle revient sur son cheminement intellectuel dans l’avancée de sa recherche et sur ce qu’il lui reste à accomplir. Parallèlement à ses études, la

jeune femme est agente de communication pour le Salon du livre de Trois-Rivières, et ce, depuis l’automne 2011. «J’ai commencé à l’automne 2013. Je suis à temps partiel, donc c’est un peu plus long, car je n’ai pris qu’un cours par session, en général. Je termine les cours cette session et après je tombe officiellement en rédaction. Mon devis de recherche a été déposé et validé cet automne. Si tout va bien, je finis l’année prochaine, peut-être à l’hiver 2016. Mais comme je travaille à temps plein, je ne me mets pas vraiment de barrière en me disant qu’il faut que ce soit absolument terminé à cette date», indique-t-elle.

Sa réflexion «En fait, je cherche à comprendre les processus de légitimation des acteurs dans le discours du gouvernement. Pour cela, je fais une analyse de discours critique en prenant pour cadre théorique le «carré idéologique» de Van Dijk. Il s’agit de voir comment on accentue nos points positifs et comment on atténue les négatifs, et, à l’inverse, la manière dont on souligne les défauts de nos opposants et dont on passe sous silence leurs qualités», explique-t-elle.

«Je pense que l’efficacité d’un discours et son pouvoir de conviction ont un lien direct avec la personne qui le prononce.» «Pour l’instant, j’ai ciblé les discours officiels émis par voie de communiqué de presse et émanant du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport», précise Marik. Son corpus s’étend ainsi de février 2012, période à laquelle les premiers établissements sont tombés en grève, jusqu’en septembre 2012, moment où la hausse a été abolie et le Parti Québécois élu.

PHOTO: COURTOISIE

Marik étudie le discours du gouvernement libéral pendant la grève étudiante de 2012. questionner sur le choix des mots employés par le gouvernement durant la crise sociale de 2012, et la manière dont il légitimait certains acteurs et délégitimait certains autres», insiste Marik. «Cet été, je vais établir ma grille d’analyse et commencer à coder, puis après ça va être amené à se développer et à se préciser. Mais je trouve ça d’autant plus pertinent, car ce sujet-là revient un peu d’actualité avec les politiques d’austérité du nouveau gouvernement libéral de Couillard. Il y a de plus en plus de mobilisation citoyenne, donc c’est intéressant aussi de voir la façon dont ils vont légitimer les acteurs et comment ils vont établir leurs discours», souligne-t-elle.

Pourquoi une telle recherche ?

Le choix du (de la) directeur(trice) de recherche

«Je crois que les mots ont un pouvoir important autant dans notre vie de tous les jours que dans un discours. Je crois aussi que le choix des mots utilisés a un impact sur la façon dont le message peut être reçu ou perçu, et ce, peut-être encore plus durant des mouvements sociaux, lorsqu’il y a un débat. Je pense également que l’efficacité d’un discours et son pouvoir de conviction ont un lien direct avec la personne qui le prononce. Tout ça m’amène donc à me

«France Aubin travaille beaucoup sur les mouvements sociaux, donc je trouvais que c’était la personne la plus adéquate. Et puis elle vient des lettres, elle a un bon bagage expérientiel dans l’analyse de discours. Ça se passe très bien, elle est stricte, mais juste ce qu’il faut pour m’encadrer, étant donné que je suis à temps partiel.» Marik a décidé de faire une maitrise «par défi personnel parce qu[’elle] aime étudier, mais aussi pour voir si [elle] étai[t] capable de le faire».

ÉCOLE INTERNATIONALE DE FRANÇAIS DE L’UQTR

Une fois de plus, le campus restera actif cet été Les programmations printanières et estivales de l’École internationale de français (ÉIF) à l’UQTR débuteront prochainement et permettront au campus universitaire d’accueillir en ses lieux, pour une 41e édition, plus de 1000 individus désirant vivre une immersion française. Des étudiants anglophones de tous âges pourront être formés par des enseignants de français en plus d’avoir l’opportunité de participer à des activités socioculturelles.

Des programmes pour une clientèle variée Pour le programme Explore, Ghislain Tapsoba, conseiller aux activités étudiantes, explique qu’il y aura «350 étudiants, pour la session de printemps, majoritairement boursiers d’universités canadiennes, ils ont 18 ans et plus et ceux-ci reçoivent une bourse pour venir apprendre le français». «Il y a également d’autres programmes, comme le Road Scholar pour les 45 ans et plus, il y a des programmes jeunesse et puis il y a l’Université des enfants (UDE), ce qui fait que durant

l’été on a environ 1000 participants qui vont être présents sur le campus durant cinq semaines», poursuit-il. Pour la session du printemps, l’ÉIF accueillera donc trois programmes, soit le programme Explore, Intensif et Road Scholar. Les programmes Enseignant, UDE, Ado et Destination Clic s’ajouteront pour la session d’été.

Des activités socioculturelles enrichissantes «Le matin, ils ont des cours qui sont donnés par des enseignants, puis l’après-midi ils ont des activités, des sorties et des soirées thématiques», mentionne Ghislain Tapsoba. Plusieurs activités et ateliers sont en effet organisés pour les étudiants de l’ÉIF que ce soit «des ateliers de diction, de conversation, de radio – qui est une nouveauté cette année –, des ateliers de chant, de théâtre, d’art», explique M. Tapsoba. Les étudiants pourront également jouer au touriste grâce aux «sorties à Trois-Rivières, comme au centre-ville par exemple, puis il y a des sorties à Montréal, à Québec, au parc national de la Mauricie», ajoute-t-il. (É.L.)


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ANCIENS ÉTUDIANTS: QUE SONT-ILS DEVENUS?

Une passion pour la finance

L’ACTUALITÉ DÉMYSTIFIÉE

Le syndrome de l’ongle incarné MARIEODILE RICHARD

PHOTO: COURTOISIE

Chroniqueuse

La fin du périple trimestriel à Zone Campus achève. Si je n’étais pas aussi débordée, j’imagine que je prendrais le temps d’être un peu nostalgique. D’un autre côté, vous savez bien comme moi que ce n’est qu’un au revoir. Comme chaque fin de session, la procrastination s’empare de moi et je parviens difficilement à quitter les méandres d’Internet pour plonger le nez dans mes travaux de fin de session. L’avantage, du moins, c’est que ce sont ces mêmes méandres qui m’ont inspiré le sujet de la présente chronique. Entre un Vox pop de Guy Nantel et une ribambelle d’opinions prémâchées et recrachées, je ne peux empêcher le cynisme de monter en moi. Une vieille théorie qu’un vieux sage m’a racontée me vient soudainement à l’esprit. Marie-Christine Michaud Caya est aujourd’hui une femme accomplie qui est déterminée à faire sa marque dans son domaine d’études.

ÉLISE LEFRANÇOIS Journaliste

Aujourd’hui directrice au développement hypothécaire dans une institution bancaire, Marie-Christine Michaud Caya est une femme brillante et accomplie qui n’a jamais baissé les bras malgré son début de parcours houleux. Originaire de Mascouche, une banlieue de la Couronne Nord de Montréal, Marie-Christine a d’abord commencé un diplôme d’études collégiales en sciences humaines au Collège Ahuntsic, qu’elle a abandonné après deux sessions. «J’ai littéralement détruit ma cote», explique-t-elle. Elle a ensuite commencé une technique en comptabilité et gestion au Cégep de Terrebonne. «Après avoir connu des échecs à Ahuntsic, je me suis reprise en main et j’ai terminé en trois ans ma technique», poursuit-elle.

L’éveil d’une passion Après avoir longuement hésité entre la comptabilité et la finance, Marie-Christine a finalement opté pour le baccalauréat en administration des affaires, profil finance, à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). «Je voulais m’éloigner de la maison pour pouvoir me concentrer sur mes études», mentionne-t-elle en expliquant son choix d’étudier à Trois-Rivières. C’est lors de son cours de finance, avec le chargé de cours en gestion financière Guillaume Morrissette, que la jeune étudiante se découvre une véritable passion pour la finance. «Je suis tombée en amour avec cette matière. Ce n’était

même pas une corvée pour moi de tout faire les exercices puis mes lectures», explique-t-elle. Elle a ensuite eu l’opportunité de travailler à la Banque Nationale après avoir complété son stage dans cette institution bancaire. Elle envisageait alors de poursuivre ses études en complétant un certificat en planification financière. «Le vent a toutefois tourné, mes bons résultats m’ont lancée dans le crédit au lieu de l’épargne et j’ai obtenu le titre de directrice du développement hypothécaire. J’adore mon travail!», poursuit-elle. Déterminée, Marie-Christine est aujourd’hui une professionnelle accomplie qui fait sa marque dans le domaine du développement hypothécaire.

Une formation inoubliable L’ambitieuse femme garde des souvenirs inoubliables de son passage à l’UQTR. En plus d’étudier à plein temps, elle devait jongler à l’époque avec un emploi afin de subvenir à ses besoins. «La surcharge d’étude et de travaux tout en travaillant 35 heures par semaine m’a appris à optimiser mon temps dans les grandes périodes de stress comme lors des mi-sessions et des fins de session», souligne-t-elle. Occupant aujourd’hui un emploi qui implique des horaires variables et une rémunération à la commission, elle est amenée à gérer à la fois son agenda, le stress et les dossiers de ses clients. «Mon baccalauréat m’a appris à me surpasser. Quand on travaille fort, on peut tout atteindre», insiste-t-elle. Le réseau de contacts qu’elle s’est créé ainsi que les liens qu’elle a faits avec plusieurs étudiants lui ont également été utiles dans son approche avec le service à la clientèle ainsi que dans sa vie personnelle. «Je suis fière de la femme que je suis devenue», annonce-t-elle fièrement.

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La théorie de l’ongle incarné Bon, je l’avoue, c’est une théorie que j’ai inventée et je n’ai jamais eu de discussion avec un vieux sage. Il n’en demeure pas moins, toutefois, que l’analogie arrive à point, alors que l’agressivité semble monter en flèche dans les pseudos débats sociaux sur Facebook. Trêve de suspense, je sais que vous ne pouvez plus contrôler votre curiosité. D’abord, comble de la modernité, le nom de la théorie s’adapte à chaque individu. Vous pouvez choisir de l’appeler «le syndrome de l’abcès dans la bouche» ou «le syndrome de l’orgelet» à votre guise. Revenons-en toutefois au fameux ongle incarné. Honnêtement, je ne crois pas qu’il existe quelque chose de plus irritant qu’un ongle incarné. Il apparait sournoisement, quelques jours après une étourderie de quelques secondes qui s’est soldée par un ongle coupé trop court. On se réveille un matin et l’ongle s’enfonce dans la chair, provoquant une douleur agaçante chaque fois que quelque chose touche ledit orteil. On y pense tout le temps. On en vient à se dire que la journée serait probablement plus belle si on n’avait pas d’ongle incarné. L’ongle incarné en vient à gâcher notre journée. Vient toujours un matin, pourtant, où l’ongle a suffisamment poussé pour ne plus être douloureux. Toutefois, la pensée que la douleur a disparu ne nous traverse même pas l’esprit. On s’habitue à notre état de non-douleur. L’état de non-douleur devient le quotidien. On s’imagine que l’état de bienêtre nous est dû et qu’on n’a pas à en être reconnaissant. Pourquoi ne pourrait-on pas se réveiller le matin en étant heureux de ne pas avoir d’ongle incarné? En étant heureux parce que ce qu’on sait qu’on va manger un délicieux déjeuner? En étant heureux parce que des gens tiennent à nous?

Pourquoi devons-nous constamment ne penser qu’à ce qui nous irrite, à ce qui rend notre journée moins belle?

Une société atteinte du syndrome de l’ongle incarné C’est vrai, la société québécoise est malade. J’en ai parlé plus souvent qu’à mon tour et l’actualité ne se gêne pas non plus pour le faire. Pourtant, on pense rarement à être reconnaissant pour tout ce qui va bien. Le Québec est un des endroits au monde où les crimes violents sont les moins nombreux. Avons-nous déjà été reconnaissants de ne pas avoir à craindre pour notre propre sécurité lorsqu’on sort de chez soi la nuit tombée? Le Québec est un endroit où le racisme et la misogynie ne sont que des cas isolés. Où il est illégal de refuser de donner un emploi à un individu pour son sexe, son origine ou son orientation sexuelle.

Peut-être est-il temps de commencer à voir ce qui fait du Québec un lieu où il fait bon vivre et d’arrêter de ne voir que ce qui nous arrache le cœur. Le Québec demeure une société ouverte d’esprit où peuvent se côtoyer diverses opinions et idéaux. Le Québec est un endroit où chacun peut donner son opinion sans risquer sa vie ou la prison. Plus simplement, le Québec produit de la bière délicieuse et originale. Il est producteur de fromages gouteux et audacieux. Il est l’endroit où poussent un nombre impressionnant d’érables desquels on peut obtenir un sirop de qualité.

Renversons la vapeur Peut-être est-il temps d’arrêter de souffrir du syndrome de l’ongle incarné et de commencer à apprécier tout ce qui n’est ni blessant ni irritant. Peut-être est-il temps de se trouver chanceux de ne pas souffrir d’un cancer ou d’une maladie dégénérative. Peut-être est-il temps de constater que les seuls cancers dont le Québec est atteint sont un pessimisme et une désinformation généralisée. Peut-être est-il temps de commencer à voir ce qui fait du Québec un lieu où il fait bon vivre et d’arrêter de ne voir que ce qui nous arrache le cœur. Je ne dis pas non plus qu’il faut croire que notre société est idéale. Toutefois, rien de bon n’émergera des débats stériles qui ont présentement cours sur les réseaux sociaux. Commençons donc par apprécier ce que nous avons, pour une fois. La prochaine fois que vous aurez envie de vous plaindre de la société ou de ses acteurs, vous pourriez peut-être commencer par trouver une bonne chose à en dire. Après tout, nous vivons tous au Québec par choix. Si le Québec est devenu un ongle incarné perpétuel pour vous, je vous le jure, il est temps de partir.


10 Les textes publiés n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs.

SOCIÉTÉ ENTRE LES DEUX PÔLES

L’influence de l’entourage et la désapprobation sociale KEVIN GAUDREAULT Chroniqueur

L’humain est continuellement influencé par autrui: les regards, les paroles, les comportements, les réactions, etc. Tenter de se couper de l’importance de l’impact que les autres peuvent avoir sur soi est très risqué dans un monde où les gens vivent ensemble. Il existe quelques points essentiels et incontournables à ce sujet. Par exemple, il est intéressant de commencer avec la piste des fausses croyances. Les commentaires d’autrui à propos d’un individu, d’un endroit, d’un objet ou de quelque chose en particulier peuvent venir colorer l’opinion de différentes personnes. Il est délicat de se positionner sur quelque chose, sans l’avoir vu de ses propres yeux ou sans l’avoir expérimenté personnellement. Cependant, il peut arriver que des situations désagréables se produisent en raison d’une influence extérieure à la personne. Par exemple, des problèmes de communication dans un groupe ou dans un milieu de travail. Une personne peut parler d’un autre individu avec qui il a vécu des problèmes, à une autre,

et influencer sa propre impression qu’elle aura de cette dernière. Et cela, sans même l’avoir rencontrée. Pensez aussi au «bitchage», qui est un phénomène présent en milieu de travail, pouvant s’apparenter au sujet et ayant une influence importante sur autrui. Cela peut causer une création de fausses croyances, de préjugés et de non-dits qui s’installent dans les relations. Prenez un exemple banal de quelqu’un disant la phrase: «tu vas voir, cette femme est bizarre… elle est bien gênée et étrange». Cela peut dans certains cas porter l’individu à croire l’affirmation et à avoir une image déjà établie à propos de cette personne. Dans certains cas, des situations semblables peuvent entrainer l’isolement ou le rejet. Il appartient à chacun et chacune de décider s’il va croire ce que l’autre lui raconte, ou s’il va faire ses propres expériences pour constater à partir de son initiative. Par surprise, il se pourrait que la rencontre de l’homme ou de la femme donnée en exemple précédemment, soit, au contraire, quelque chose d’agréable et que les propos d’autrui étaient bien différents que ce qui a été expérimenté. D’où la pertinence de la phrase «il ne faut pas toujours se fier aux apparences avant d’en arriver à des conclusions». Toujours dans le même thème, il y a «l’Effet Pygmalion», en psychologie sociale. Cette expression, surtout utilisée dans le domaine de l’éducation, concerne l’influence d’hypothèses à propos des capacités et aptitudes d’un élève

vis-à-vis de ses résultats scolaires. Prenez l’exemple de deux enseignant(e)s qui parlent d’un élève. Si l’enseignant(e) A dit à l’enseignant(e) B que tel enfant est problématique, ce dernier risque déjà d’être catégorisé dans cette case avant même d’avoir été vu par l’enseignant(e) B. Il peut arriver que certains individus soient moins bien traités par autrui, en raison de la manière dont ils sont décrits préalablement. Ils recevront moins d’attention positive ou de sympathie, ce qui influencera négativement leur relation avec les autres et l’environnement.

Il est possible de comparer ce cas en milieu scolaire avec différents autres milieux de vie où cela peut se produire de manière similaire. Par exemple, les commentaires négatifs à propos d’un joueur d’une équipe sportive, les choses dites à propos d’un(e) collègue de travail en milieu professionnel lorsqu’il ou elle n’est pas présent(e) pour répondre ou se défendre, ainsi que le cercle amical, sont des domaines où ce type de relation néfaste peut se produire. Dans un autre sens, il y a aussi «l’Effet Golem», où les capacités d’autrui sont minimisées et où

il lui est dit qu’il ou elle n’a pas les capacités de réussir quelque chose. Prenez l’exemple d’un parent travaillant dans un emploi manuel et peu scolarisé. Ce denier peut dire à son enfant: «faire de telles études, c’est difficile et cela demande beaucoup, tu pourrais t’épuiser». Il est possible que ce type de propos puisse en effet décourager l’enfant et l’influencer à renoncer à ses projets. Ce type de propos peut toucher de manière importante une personne ayant des fragilités par rapport à son estime d’elle-même, car elle risque de finir par croire que ce que les autres disent est bel et bien réel. La désapprobation sociale de l’entourage est l’un des moyens de faire face à des situations semblables. Par exemple, face à une attitude, à un comportement ou à une réaction négative d’autrui sur une autre personne, la possibilité de démontrer son désaccord avec ce qui se produit en tant que témoin d’un évènement, peut avoir l’effet de contrebalancer l’impact défavorable. Toutefois, la prudence est de mise, car parfois l’implication d’une tierce personne peut avoir un effet indésirable sur une situation. Par exemple, il peut être aidant d’avoir un regard, l’expression d’une opinion, ou bien un geste significatif pour témoigner son appui, etc. Cependant, le jugement reste toujours important face à des situations qui sont toutes différentes les unes des autres et qui impliquent divers enjeux. Ce sujet de la désapprobation sociale sera abordé plus en détails lors d’un prochain article.

raison de nous méfier d’une religion fondée sur la peur, ayant pour objectif de contrôler un peuple abruti par un endoctrinement irrationnel. Mais je crois vraiment qu’on gagne à reconsidérer plusieurs idées qu’on a jetées aux poubelles, pour voir si, après tout, elles n’allaient pas plutôt au recyclage (soyons verts!). Peut-être que, dans les idées qu’on a rejetées en bloc, il se trouvait des éléments de réponse qu’on cherche encore, en vain, parce qu’on se refuse à reconsidérer ces idées, même en dehors du cadre fallacieux ou aliénant dans lequel elles ont été emprisonnées dans le passé. En fait, pour être honnête, je trouve ça dur de savoir, dans un paysage québécois comme le nôtre, ce qu’on a droit de dire ou non. Par exemple, j’ai l’impression qu’on peut proclamer haut et fort que les chrétiens ont des croyances infantiles, sans même justifier son point de vue. Mais si on suggère qu’il se pourrait que Dieu existe et qu’on ait à lui rendre des comptes à la fin de notre vie, on s’expose à recevoir des claques – des claques polies, certes, mais non moins vigoureuses. (D’ailleurs, même en écrivant cette dernière ligne, je sais que je marche sur des œufs.) Pourquoi?

On ne peut pas accueillir avec une curiosité saine une idée que l’on perçoit comme une menace. Et je crois que l’idée de Dieu, et surtout d’un Dieu qui ne serait pas simplement un père Noël cosmique, fait peur. Pourtant, je crois qu’on gagnerait tous à baisser nos barricades et à reconsidérer le pourquoi de nos sentiments, de nos malaises et de nos craintes. Ce que je sais, c’est qu’il y a des questions qui planent. Et je suis persuadé qu’on ne s’aide pas en les ignorant. Et on ne s’aide pas non plus en censurant certaines opinions et croyances. Bernard Werber a très bien exprimé la difficulté inhérente à la communication humaine: «Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d’entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu’on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même…» Et c’est ce que je propose. Oui, nous aurons des malentendus, ainsi que des blessures et des peurs qui nous empêcheront d’entendre clairement ce que l’autre a à dire. Mais essayons quand même.

Cela peut dans certains cas porter l’individu à croire l’affirmation et à avoir une image déjà établie à propos de cette personne.

LE MONDE EN QUESTIONS

Marcher sur des œufs JOCELYN AUBUT ET SHEILA GAUDREAU Chroniqueurs

Religion. Vérité. Dieu. Moralité. Jésus. Ce sont les mots-clés que j’ai relevés, en parcourant les articles que nous avons écrits cette année. Non, mais on aimes-tu pas ça la polémique juste un peu? En fait, oui et non. J’ai l’impression qu’en abordant ces thèmes dans un journal étudiant universitaire, c’est un peu comme si on avait essayé d’introduire en douceur un éléphant de huit tonnes dans un magasin de porcelaine. Heureusement, c’était un éléphant bien dressé. En tout cas, on essayait de le diriger avec délicatesse entre les allées bordées de tasses déjà fragiles, desquelles le moindre coup de trompe aurait eu raison. Les regards des clients du magasin mettaient en évidence notre audace (voire notre effronterie). Et peut-être que, à notre insu, un coup de queue a envoyé valser une porcelaine ou deux.

Pourtant, notre but n’était pas de choquer inutilement. Néanmoins, choquer n’est pas toujours inutile. Nous avons tous des réticences face à certains sujets. Et, bien sûr, il faut être compréhensif face aux réticences des autres – à défaut d’être en accord avec leur bienfondé, on doit accepter ces réticences et les respecter.

J’ai l’impression qu’en abordant ces thèmes dans un journal étudiant universitaire, c’est un peu comme si on avait essayé d’introduire en douceur un éléphant de huit tonnes dans un magasin de porcelaine. Ainsi, on ne prend pas plaisir à éveiller des sentiments négatifs associés à des tabous. Certains sujets sont très délicats, et parfois, il semble qu’il vaudrait mieux les taire, parce qu’ils nous mettent mal à l’aise ou qu’ils nous semblent menaçants. Je sais aussi que nous avons amplement


SOCIÉTÉ

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L’ART DE MONTER UNE MAYONNAISE ET AUTRES PROPOS COMESTIBLES

De la rue à l’assiette KRISTINA MONFETTEFORTIN Chroniqueuse

On attirait récemment mon attention sur le menu proposé par la cafétéria et sur l’insatisfaction qu’il provoque chez les étudiants qui tentent de conjuguer choix alimentaire santé et budget limité. On remarque certaines faiblesses notamment en ce qui a trait à l’option végétarienne. Des exemples? Le fameux sandwich à la tomate et à la mozzarella offert pour environ 6$ alors que la boite à lunch à la dinde, qui comprend sandwich, crudités, salade et dessert, en coute à peine plus cher. En ce qui concerne les non-végétariens qui optent pour une alimentation réfléchie, sachez que vous débourserez pratiquement le même prix pour une poutine et un burger que pour des bâtonnets de fromage et une coupe de crudités. Manger santé pour un prix modique semble restreindre de beaucoup les choix des consommateurs. Quant à la provenance des produits, je doute que la cafétéria soit novatrice au point de s’engager dans des partenariats d’affaire avec des producteurs locaux comme c’est le cas dans

d’autres établissements universitaires telle l’Université McGill. Ce constat m’a justement rappelé une conférence TED Talks vraiment très amusante, mais surtout inspirante, qui abordait la question de la souveraineté alimentaire. Ron Finley habite Los Angeles. Après avoir observé qu’il est plus abordable et simple de manger dans l’une des innombrables chaines de fast-food peuplant les environs de son quartier que de trouver des produits frais et à bon prix (fruits, légumes), il a choisi de remédier à la situation. En réaction à cette problématique, il a opté pour le jardinage urbain. Ainsi, en prenant possession des espaces vacants à sa disposition (parterre de maison, bordure gazonnée des trottoirs), il a littéralement transformé le paysage de son quartier. Ce jardin alternatif est devenu un projet rassembleur au sein de sa communauté. Ainsi, la réalisation d’un potager apparait possible même en milieu urbain moyennant quelques ajustements et représente une option intéressante pour ceux qui désirent revamper leur menu avec de bons gros légumes. Pas besoin d’aller si loin que les États-Unis pour découvrir des exemples d’initiatives citoyennes de ce genre. À Trois-Rivières, les Incroyables comestibles sévissent depuis 2013. Leur mandat est simple: valoriser l’agriculture urbaine en se réappropriant des espaces inutilisés. Ce projet se base essentiellement sur l’entraide entre les bénévoles qui se divisent les tâches d’entretien des divers jardins répartis un peu partout

dans la ville. La coopération est donc le mot d’ordre des membres. Chez les Incroyables comestibles, les jardiniers se partagent les outils, s’échangent des pousses en trop et se donnent des trucs. Audelà de la récolte des produits du potager, cette initiative a la beauté de rapprocher les participants, créant un sentiment d’appartenance à un quartier.

Dans un campus où il est la plupart du temps question d’évènements festifs ou de chicanes administratives, il fait bon d’entendre des passionnés nous exposer des idées innovatrices qui prônent des valeurs vertes. Les espaces gazonnés ne sont pas à l’abri de ces jardiniers puisque l’été dernier un potager a vu le jour sur le campus de l’UQTR. Situé entre le pavillon de la Vie étudiante et le pavillon Benjamin-Sulte, cet espace jardin refleurira cette année. Je me suis entretenue avec Audrey Cloutier, principale coordonnatrice du projet, afin de connaitre l’état de la préparation pour la belle saison. Initialement, si cette charmante idée a pu se concrétiser, c’est par l’action concertée de plusieurs acteurs de l’UQTR. Des bénévoles, l’AGE, le Bacc Vert, le Service de l’équipement,

l’horticultrice de l’UQTR et le comité de Développement Durable se sont mobilisés pour offrir soutien et appui à ce projet. La générosité de ces partenaires aura contribué à faire de la première édition du potager une expérience enrichissante, rendant compte de la viabilité de ce projet. Pour la saison qui vient, les participants mettront à profit l’expertise développée pour faire du jardin un lieu attrayant pour la population étudiante. Déjà, les organisateurs envisagent l’avenir et désirent qu’à long terme le potager devienne une plateforme d’échanges par l’adoption d’un volet plus scolaire en s’associant notamment avec l’École internationale de français de l’UQTR ou encore en offrant des conférences au sujet de l’agriculture alternative. Dans un campus où il est la plupart du temps question d’évènements festifs ou de chicanes administratives, il fait bon d’entendre des passionnés nous exposer des idées innovatrices qui prônent des valeurs vertes. Il est impératif de se doter de projets comme le potager qui change l’UQTR en un lieu plein de vitalité et en fait un modèle à suivre. Évidemment, la pérennité du potager passe par l’engagement de ses membres. Aussi, il est nécessaire que des bénévoles se joignent à l’équipe de manière à ce que le jardin puisse continuer à prendre de l’ampleur. Vous pouvez donc contacter Audrey Cloutier pour prêter mainforte ou pour lui faire don de semis. (audrey.cloutier@uqtr.ca)

CHANGER LA VIE

Guérir de l’homophobie? 17 mai: Journée mondiale de lutte contre l’homophobie NORMAND LECLERC Chroniqueur, Université du troisième âge

Est-il possible d’imaginer que l’homosexualité a fait partie de la liste des maladies mentales, et qu’elle était reconnue comme telle par l’Organisation mondiale de la santé? Et pourtant, believe it or not, c’est bien le cas! L’initiative de cette journée revient au Français LouisGeorges Tin. La première Journée mondiale de lutte contre l’homophobie a eu lieu le 17 mai 2005. Son but? Promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention pour lutter contre l’homophobie et la lesbophobie.

Tapette! Dans l’histoire humaine, on a souvent vu utiliser certains mots pour arrêter la pensée, arrêter certains comportements, stigmatiser certaines personnes: le mot «homosexuel» est de ceux-là. N’est-ce pas une tactique du «diviser pour régner» qui permet au pouvoir d’agir en toute impunité pendant que ses victimes s’entredéchirent? À qui l’homophobie nuit-elle: aux 3% d’homos «purs et durs»? À tous les hommes? Pourquoi, dans aucun autre aspect de leur vie, les hommes ne seront-ils jamais aussi prudents? Pourquoi auront-ils peur de paraitre «efféminés» ou d’être traités de «tapettes»?

Homosexualité et religion Quelle est la principale caractéristique de notre civilisation? C’est la civilisation du Livre. Que dit la Bible à ce propos? «Tu ne coucheras pas avec un

homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination.» (Lévitique 18,22) L’homosexualité est donc un péché parce qu’elle déplait à Yahvé. Yahvé étant une invention de Moïse, pouvons-nous continuer à la considérer comme un vice dégoutant?

Homosexualité et homophobie Qu’est-ce que l’homosexualité? C’est le fait d’éprouver une attirance sexuelle pour les personnes du même sexe. Et qu’est-ce que l’homophobie? C’est un mot, avec une charge émotive de peur, pour éviter tel comportement. En d’autres mots, l’homophobie est une condamnation arbitraire d’un autre comme inférieur pour exclure certaines personnes de la communauté des humains... et angoisser tous les hommes.

Conséquences de l’homophobie? Quels sont les effets de l’homophobie? Selon une enquête (2004), menée auprès de 2881 homosexuels américains, la dépression touche trois fois plus souvent les homos que les hétéros. Le taux de suicide est six fois plus élevé chez ces personnes. Un homo sur deux fera une tentative de suicide dans sa vie. Pourquoi? Probablement que vient un temps où ils en ont assez des insultes, des propos haineux, d’être discriminés à l’embauche, des comportements hostiles allant jusqu’au tabassage, etc. Personne ne peut vivre dans le rejet quotidien.

Homophobie et identité masculine Quels sont les principaux inconvénients de l’homophobie sur l’identité masculine? L’homophobie

est un élément constitutif de l’identité masculine et elle creuse un abime entre les hommes. a) L’homophobie, un élément constitutif de l’identité masculine? L’homophobie vise non seulement les gays, mais aussi tout individu qui ne se conforme pas aux modèles que la société impose aux hommes. Selon Tognali, la haine des homosexuels apparait comme le plus puissant élément dans la construction de la virilité. Autrement dit, la peur d’être considéré comme un homosexuel constitue un élément crucial de la construction du rôle masculin traditionnel. Est-ce que l’homophobie contribuera à la survie de l’homme? À son bonheur? b) L’homophobie constitue-t-elle un abime entre les hommes? L’homophobie dresse une barrière entre les hommes. Une étude effectuée auprès d’hommes hétérosexuels, par une équipe de psychiatres, a démontré le lien existant entre l’homophobie et l’impossibilité d’établir des rapports d’intimité entre hommes. En effet, comment les hommes peuvent-ils se toucher psychologiquement si le moindre toucher physique est entaché de soupçon? Exemple? Avez-vous remarqué comment les athlètes professionnels se félicitent après un but? Leurs gestes d’encouragement sont presque aussi violents que les coups qu’ils assènent à leurs adversaires. Pourquoi? Pour qu’aucun spectateur ne les prenne pour des pédés? Est-ce une façon d’entrer en relation?

Accepter l’homosexuel en moi pour l’accueillir chez autrui Kinsey a publié, en 1948, sa première grande

enquête: «La sexualité des hommes». Sur le sujet de l’homosexualité, il en est arrivé à cette conclusion: «Les gens exclusivement homosexuels ou hétérosexuels sont rares. Il y a un peu d’homosexualité en chacun de nous. Et souvent, avant d’en avoir pris conscience, c’est cette partie homosexuelle en nous que nous rejetterons en l’autre». Le meilleur exemple de cela n’est-il pas Edgar Hoover, ex-directeur du FBI, persécutant les homosexuels... tout en étant un homosexuel notoire? Et si nous acceptions cette partie d’homosexualité en nous de façon à accepter celle présente en autrui?

Homophobie: le but? L’hostilité envers les homosexuels trouve sa source dans la tradition judéo-chrétienne. En affirmant que les relations homosexuelles déplaisent à Dieu, le judéo-christianisme a édifié une homophobie qu’aucune autre civilisation n’avait connue... à tel point qu’on a pu dire qu’il y a un homophobe qui s’ignore en chacun de nous. Quel en est le but? N’est-ce pas de «diviser pour régner»? D’empêcher les hommes de se rapprocher (physiquement et psychologiquement), de façon à interdire la solidarité qui devrait être la nôtre? Et si nous décidions de respecter le droit des homosexuels de choisir leur orientation sexuelle? Si nous apprenions à accepter la parcelle d’homosexualité que nous portons tous en nous-mêmes? Si nous décidions de changer l’idée que l’homosexualité est contre nature... pour l’idée que l’homosexualité est tout à fait naturelle? N’est-ce pas un poids appréciable qui serait retranché des épaules de tous les hommes?


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SOCIÉTÉ

21 avril au 4 mai 2015

JE ME SOUVIENS… AU POUVOIR, CITOYENS!

Pour une République libre du Québec JEANFRANÇOIS VEILLEUX Chroniqueur

Depuis quelques temps, par l’entremise d’auteurs tels que Marc Chevrier (La République québécoise: hommages à une idée suspecte) ou Danic Parenteau (Précis républicain à l’usage des Québécois), on voit réapparaitre la notion de république, une philosophie politique millénaire qui préconise entre autres la primauté du peuple et la valorisation du bien commun. Arrêtons-nous quelques instants pour mieux en comprendre les enjeux. Considérée comme «l’ensemble des biens, des droits, des prérogatives de la puissance publique et des services propres à un État» (Wikipédia), la République (Res Publica) est surtout la représentation globale de tous ses citoyens, et signifie au sens propre la chose publique, c’està-dire l’intérêt général, puis le gouvernement, la politique et enfin l’État. Dès l’Antiquité, plusieurs philosophes tels que Platon, Aristote et Cicéron ont défendu et expliqué, chacun à leur manière, une vision élaborée de cette forme de gouvernement, quoique la vision qu’ils en avaient ne reflétait pas la conception populaire ou plébéienne. Plus tard, Blaise Pascal parlera d’une «République Chrétienne», puis Montesquieu, d’une «République des Lettres». Rousseau, dans son ouvrage Du contrat social (1762), la définit comme «tout État régi par des lois, sous quelque forme d’administration que ce puisse être; car alors seulement l’intérêt public gouverne et la chose publique est quelque chose. Tout gouvernement légitime est républicain». C’est alors un synonyme de bonne gouvernance, dans le sens de la recherche du bien commun dans plusieurs domaines, ou encore qu’il faut toujours agir selon l’intérêt général. Par la suite, basé sur l’idéal romain, le mot s’est opposé au monarchisme puis au despotisme. Depuis l’indépendance des États-Unis (1776-1783) et la Révolution française (1789), les républiques ont fleuri un peu partout dans

le monde, s’inscrivant dans un mouvement mondial de libération et dans l’émergence du sentiment national (printemps des peuples) tout au long du 19e siècle. Pendant cette période, nos élites patriotes ont également tenté d’instaurer une République du Bas-Canada en février 1838. Or, l’ingérence de Londres et la brutalité des troupes de soldats britanniques et des Volontaires loyaux ont tout changé. De nos jours, l’idée de république n’est pas du tout moribonde, car environ 86% des pays dans le monde sont des républiques. Lorsqu’un(e) Québécois(e) voyage ou prend des vacances, il ou elle le fait dans une République: États-Unis, Cuba, Mexique, Chine, Pérou, Philippines, Pologne, Pakistan, Rwanda, Sénégal, Turquie, Vietnam, France, etc.

Qu’est-ce que ça mange en hiver? Dans son livre, Danic Parenteau explique bien en quoi la république concerne tout ce qui touche la laïcité, la citoyenneté, l’identité nationale et la souveraineté populaire. À mon avis, la meilleure citation permettant d’expliquer la république serait «[l]e gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple» prononcée par Abraham Lincoln dans son célèbre discours de Gettysburg en 1863. Cette phrase, souvent associée avec justesse à la démocratie ou à la république, fut notamment intégrée par notre mère patrie, la France, dans sa Constitution de la cinquième république le 4 octobre 1958. Selon Stéphane Kelly, un autre penseur d’ici qui s’est intéressé exhaustivement à ce concept politique de gestion collective, le républicanisme valorise l’action citoyenne et le devoir civique. Dans ce modèle, on fait aussi appel à la vertu (chaque citoyen doit faire de son mieux), car l’on croit que l’individu est un animal politique (qui a des privilèges et des droits mais, proportionnellement, des devoirs). Selon Montesquieu, le républicain est mû par l’amour de la patrie, le courage, la bravoure, la persévérance, la détermination, la confiance, la passion, la volonté… une pensée qui repose sur l’impératif de considérer et de songer d’abord à la communauté. Il faut toujours garder le bien commun à l’esprit. La république, c’est la conception d’une société plus juste où l’engagement a une plus grande valeur que l’opportunisme. Chaque individu possède un talent et doit prendre sa place

dans la société plutôt que de s’adonner exclusivement à ses propres intérêts égoïstes. Le philosophe normand Michel Onfray précise quant à lui que «la république est chose publique, non confiscation privée», dénonçant le poids des compagnies et des banques. La mondialisation fait en sorte que les cultures nationales redécouvrent leur légitimité face aux limites du marché et du système judiciaire. On assiste aussi à un retour au rôle du citoyen qui devrait avoir le maximum d’informations sur son gouvernement, mais jamais le contraire! «Du point de vue républicain, la souveraineté populaire précède celle de l’État. La seconde prend sa source dans la première et en est indissociable. Or, derrière l’idée de souveraineté populaire réside le pouvoir constituant», écrit Parenteau. Il serait donc temps d’avoir une réflexion participative sur l’organisation sociale non autoritaire.

86% des pays dans le monde sont des républiques. La souveraineté véritable réside dans la population, non seulement parce que «le peuple est la seule autorité légitime», comme le disaient déjà nos Patriotes de 1837-38, mais surtout parce que le pouvoir est faillible. Il incombe donc aux représentants du peuple d’être imputables et de prendre la responsabilité totale de leurs actes. En d’autres mots, la république est d’abord la suprématie de la population. Cet esprit anticolonialiste fait en sorte que le gouvernement doit être redevable au peuple. Autrement, si le bien commun et la paix sociale sont menacés, la population devrait posséder un pouvoir de destitution.

Toujours d’actualité Au moment où la confiance des citoyens envers leurs élu(e)s se fragilise et fond comme neige au printemps, où la société civile se mobilise contre un gouvernement libéral «austéritaire» qui démantèle l’État québécois et nos acquis sociaux – mais aussi contre un gouvernement conservateur anti-écologique qui, s’appuyant sur des gens non élus (Sénat, Juges), bafoue nos revendications, signe des traités internationaux ou s’en retire sans notre consentement et désire

nous imposer un oléoduc monstrueux; l’heure est grave. En attendant la révolution tant attendue et la mort du capitalisme sauvage, préparons tous ensemble le développement intelligent de nos ressources matérielles, intellectuelles et morales. Comme disait Gérald Larose, l’éducation, c’est la base: «Les professeurs sont les bâtisseurs du pays. Il faut réinvestir dans les écoles!» Il faut ainsi continuer de développer chez tous les citoyens et les citoyennes la maximisation de leur potentiel intellectuel et artistique, et leur inculquer les valeurs républicaines dont le sens du devoir civique. Il faut maintenant, et ce, plus que jamais, renverser le terrible rouleau compresseur libéral afin d’utiliser l’État au profit du peuple, et enfin pousser la nation vers sa pleine autonomie. À quand un retour aux grands rêves collectifs? Il est urgent de renouer avec un corpus d’idées qui traverse nos institutions et les divers partis politiques (19 seulement au Québec, rappelons-le) en faveur d’un véritable projet social porteur d’avenir et de mettre de l’avant la doctrine de l’intérêt général, au détriment de la partisannerie et du lobbying. Se libérer des entraves du carcan fédéral serait notamment une alternative envisageable à court terme, mais dont le bénéfice serait, lui, de très longue durée. Saviez-vous que dans le seul domaine de la gestion de l’eau, sept ministères fédéraux s’ingèrent dans nos affaires? Quant à la présence archaïque de la reine d’Angleterre, sur notre monnaie et dans le serment de nos élus, c’est un autre symbole de notre colonisation et de la domination d’une autorité étrangère sur notre propre sol. Il semble aussi que le «vivre-ensemble» du Québec demeure étranger au «laisser-vivre» du Canada multiculturaliste. Le projet inspirant de République libre du Québec, défendu par plusieurs mouvements et différentes organisations, entend bien défendre au nom de la population la justice sociale et l’écoresponsabilité, puis détruire tout lien de subordination du peuple québécois. Il serait enfin temps que le Québec choisisse lui-même son régime et son statut politique, puis instaure sa propre Constitution, colonne vertébrale de toute société. Québécoises et Québécois, relevons-nous, le temps de l’aplaventrisme et de la soumission est terminé.

Semaine du 20 au 26 avril 2015 Mercredi de 15 h à 18 h, vendredi à 17 h et dimanche à midi

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Artistes Galaxie Les Incendiaires La Bronze Ponctuation Deux Pouilles en Cavale Athena Someurland Les Marinellis Salomé Leclerc Lita

Pièces Dragon Pink Venus Explose-moi Météo Grille-pain Pour un tour dans les draps Juste un peu trop On dit Vers le sud La mélancolie nous sort du nez

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Artistes Purity Ring Milk & Bone Elle King Death Cab for Cutie Danko Jones Humans Two Gallants Twin River Viet Cong Modest Mouse

Pièces Push Pull Coconut Water Ex’s and Oh’s Black Sun Do You Wanna Rock? Follow Fools Like Us Bend to Break Newspaper Spoons Of Course We Know


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OPINION Le Roy est mort, vive le roi! MATHIEU ROY Étudiant libre et président sortant de l’AGE UQTR

Cher(es) membres de la communauté universitaire, C’est la première fois que je m’adresse directement à vous dans une parution du Zone Campus. En effet, la plupart du temps, ce sont mes propos qu’on y retrouve transcrits sous la plume des journalistes, que j’ai d’ailleurs appris à côtoyer au cours de ces années. Aujourd’hui, j’écris ces lignes pour vous livrer, en quelques mots, les raisons de mon implication dans cette association étudiante que j’aime tant. La fin de mon mandat arrivant à grands pas, je souhaiterais également vous faire part de mes impressions et vous partager les sentiments personnels qu’ont pu susciter ces trois années à la présidence de l’AGE UQTR. Petit retour en arrière. Je me suis inscrit à l’UQTR en 2009 dans le programme de baccalauréat en histoire. Lors de mes deux premières années sur le campus, je n’étais aucunement impliqué, si ce n’est que dans les sorties à la Chasse Galerie et les soirées au 1012, à essayer de frencher. Ça n’a pas toujours été couronné de succès, mais certains restent mémorables. Bref, la routine de tout nouvel étudiant célibataire. En dehors de cela, je ne manquais jamais un lundi pour aller voir un match d’impro, et je participais également aux ventes de hotdogs pour l’AEH. Voilà donc mes humbles débuts à l’université. À cette époque, j’avais déjà les cheveux longs. C’est en troisième année que je décide de postuler comme animateur de la LUITR, poste que j’ai occupé pendant deux ans. Pour ceux qui s’en rappellent, je prenais un malin plaisir à produire le plus de malaises possible en un court laps de temps. Ceux qui connaissent et reconnaissent mon sens de l’humour – loin de faire l’unanimité –, savent qu’il peut parfois être dérangeant, voire à la limite du tolérable. Puis, la même semaine, je me présentais au poste de présidence pour l’Association des étudiants en histoire. Toutes élections confondues, ce sont les seules où mon adversaire n’était pas la chaise. Cette année-là, l’AEH s’est hissée au sommet de la Coupe des associations et s’est classée au cinquième rang lors du Carnaval. En 2012, lors des premiers balbutiements du printemps érable, je prenais la décision de me présenter comme vice-président à la vie associative et à l’environnement. L’année précédente, j’avais animé la plupart des activités présentées par la vice-présidence aux affaires socioculturelles de l’époque. Je combinais donc l’animation à la LUITR et mon poste à l’AGE. Et c’est à ce moment-là que mes études sont devenues secondaires et qu’elles le seront jusqu’à la fin de mon règne. La première fois que j’ai candidaté à la présidence de l’AGE, je l’ai fait sans me poser de grandes questions. Mon mandat de vice-président à la vie associative et à l’environnement m’avait permis de toucher à divers domaines:

vie associative et socioculturelle, communications et finances. De là, est né le désir de me présenter à la présidence. J’ai toujours été un meilleur généraliste que spécialiste. Selon moi, un bon président n’est pas le meilleur partout et dans tous les domaines, mais moyen dans toutes les catégories afin de bien se débrouiller dans toutes les situations qui peuvent survenir en cours de mandat. Postuler pour une deuxième année à la présidence s’est fait naturellement, car j’étais convaincu que je devais rester afin de compléter les grands dossiers débutés. Petite anecdote. Il y a trois personnes que j’ai toujours consultées avant de me présenter à n’importe quel poste: Frederik Farid Borel, Louis-Étienne Villeneuve et Ann-Julie Durocher. Les deux premiers m’ont toujours appuyé sans aucune hésitation. Cependant, Ann-Julie était bien plus exigeante avec moi. À chaque fois, elle prenait la peine de me questionner longuement pour connaitre mes motivations. D’ailleurs, elle a soutenu ma première candidature, mais pas les deux suivantes. Notre relation est très particulière, car les fois où nous sommes d’accord sont plutôt rares. Malgré cela, elle a toujours su me pousser à donner le meilleur de moi-même pour que les dossiers progressent. En fait, elle a été ma Némésis politique, c’est l’une des personnes pour laquelle j’ai le plus d’admiration. De plus, en tant qu’officière, je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi préparé et professionnel. Ce n’est qu’une infime partie des raisons de mon admiration envers elle. Alors, Ann-Julie, même si je n’en ai fait qu’à ma tête et que je n’ai pas toujours suivi tes conseils – comme toujours diront certains – j’espère ne pas t’avoir déçue lors de mes deux derniers mandats. Les ressources humaines de l’association sont un aspect souvent négligé et difficile à comprendre pour la plupart des gens. Pourtant, les employés sont d’une importance capitale et je ne les ai pas toujours considérés à leur juste valeur. À force de partager notre temps, ces personnes sont devenues des amis très chers. Vous n’avez aucune idée de la charge de

travail qui leur incombe. Sans eux, l’association ne pourrait être aussi présente sur le campus. Ajoutez à cela que leurs conditions de travail ne sont pas les meilleures, ils n’ont pas toujours le salaire qu’ils méritent, mais ils sont là parce qu’ils aiment la cause et les étudiants. À ceux qui ont quitté, je vous souhaite bonne chance et à ceux qui restent, conservez cette flamme qui vous habite.

Je veux remercier aussi les membres de la communauté universitaire pour la confiance qu’ils m’ont accordée à trois reprises. Pour ceux et celles qui ne me l’ont pas donnée, j’espère ne pas vous avoir déçus tout de même. Concernant les officiers, j’en ai côtoyé 38 au total, dans le cadre de mes différentes fonctions. Ils ont toujours été un facteur de stimulation pour moi. Je les ai toujours appréciés, même si cette appréciation pouvait varier à certains moments. Le travail des officiers est essentiel à la pérennité des associations. Je pense que deux conditions sont nécessaires pour être un bon officier: la première concerne le temps consacré aux divers dossiers, et la seconde, l’ouverture aux membres, mieux connue sous le nom de la politique ouverte. Aussi, je tiens à souligner le dévouement dont vous avez fait preuve envers l’association. J’aimerais saluer et remercier plus particulièrement certains officiers, aujourd’hui devenus de grands amis: Christian Jr Bourdon, Mathilde Loiselle Davidson, Marie-Laurence Audet, Mansour Fall, Myriam Beauchamp, Jérémie Gosselin, William Lamontagne et Alex Brisebois-Proulx. Pour les autres, ce n’est pas que je ne vous ai pas appréciés, mais plutôt que je ne pouvais pas tous vous nommer. À première vue, l’art d’être un bon membre

de l’AGE consisterait à s’informer et à ne pas hésiter à venir voir les officiers. C’est difficile à admettre, mais même un conseil exécutif complet pendant toute une année et ayant pour seul objectif de rencontrer les membres ne pourrait y parvenir. Néanmoins, je crois que ce processus doit être fait des deux côtés. Pour créer un sentiment d’appartenance entre une institution et un membre, il faut que ces deux entités désirent en apprendre sur l’autre. Pour le rectorat, les directeurs et l’ensemble des membres du personnel, je tiens à vous remercier personnellement tous et chacun pour la confiance que vous m’avez accordée, il est difficile de comprendre parfaitement le fonctionnement de l’association pour une personne externe et parfois même pour les membres. Je tiens à accentuer mes remerciements envers deux personnes, Martin Lambert et François-René Lord ont toujours été là pour moi en me donnant conseils et en m’informant de différents dossiers. Votre aide et votre soutien sont un bénéfice énorme pour tout membre de la communauté étudiante universitaire. Pour conclure, j’ai adoré mon expérience à l’association et je conseille à quiconque de s’y intéresser et de tenter de prendre sa place dans la vie universitaire. Il y a une multitude de postes dans de nombreuses associations qui n’attendent que vous. Je veux remercier aussi les membres de la communauté universitaire pour la confiance qu’ils m’ont accordée à trois reprises. Pour ceux et celles qui ne me l’ont pas donnée, j’espère ne pas vous avoir déçus tout de même. Tout ce que j’ai fait, je l’ai tout de même fait pour vous. Pour moi, le plus important n’est pas de voter, mais de le faire en toute connaissance de cause. Merci à mes trois meilleurs amis externes à l’université, Robert Croteau, Jason Coulombe et Charles Bourget, vous avez toujours été là pour moi quand j’avais besoin de voir ou de faire quelque chose d’autre que l’AGE, vous êtes des personnes exceptionnelles qui me permettent de me sentir choyé par la vie que de vous compter parmi mes amis.


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ARTS ET SPECTACLES COLLOQUE MELANCHOLIA: COUP D’ENVOI

La mélancolie sous toutes ses formes MARIECHRISTINE PERRAS Journaliste

C’est le jeudi 9 avril dernier que l’ouverture officielle du Colloque Melancholia s’est déroulée à la Galerie r3 de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR) présente ce colloque pour la deuxième fois en partenariat avec le Département de philosophie et des arts de l’UQTR. Pour donner le coup d’envoi à la neuvième biennale, dix artistes visuels ont été jumelés avec dix poètes afin de donner vie à l’exposition Empreinte mélancolique. Lors du vernissage, le poète et slameur David Goudreault était présent en performance. Dans cette même exposition cohabitaient des

impressions numériques conçues de pair par des étudiants de la Faculté des arts de Belgrade et des étudiants du Département de philosophie et des arts de l’UQTR. Cet échange a été chapeauté par le professeur Vladimir Milanovic et le chargé de cours Slobodan Radosavljevic. L’exposition Inconnue, elle était ma forme préférée est un projet d’estampes numériques réalisé en duo par cyberinterventions. Lors de cette soirée, les organisateurs en ont profité pour faire les lancements du livre Empreinte mélancolique, publié aux Écrits des Forges, ainsi que des Actes du colloque Imaginarium. Parmi les œuvres, se retrouve celle de Guillaume Massicotte. L’artiste a réalisé une sérigraphie sur tissu imprimé, ce qui donne une texture et une impression chaotique. C’est David Goudreault qui a signé le texte qui accompagne l’estampe. L’effet embrouillé de l’œuvre de Massicotte est en parfaite corrélation avec le souvenir mélancolique devenu flou. L’effet impressionniste rappelle la vue légèrement obstruée par la larme qui perle au fond de l’œil, cette larme mélancolique qui embrume la rétine. Le travail en concert entre les deux artistes, visuel et littéraire, est une grande réussite.

PHOTO: M.-C. PERRAS

Les étudiants du Département de philosophie et des arts ont occupé une place importante tout au long du colloque. Vladimir Milanovic propose une impression journées sans fin de l’enfance. Claude Beausoleil numérique qui frappe le regard par sa violence. arrive en très peu de mots à rendre cette mélanLe caractère apocalyptique se lit par les débris, colie heureuse. les déchirures. C’est une œuvre mystérieuse qui Pour Patrick Boulanger, la mélancolie se réfère dévoile une mélancolie douloureuse. C’est la chute à une société absente d’esprit dans des corps de l’ange, les rêves brisés. Le texte offre une lecture amorphes. Prendre le temps d’exister, prendre profonde de l’œuvre, ce qui témoigne une fois de le temps de regarder, d’humer. Voir et entendre. plus d’un travail rigoureux entre les deux artistes. Isabelle Dumais illustre ce désir de vivre par son Catherine Lapointe, membre de l’Atelier Presse amour du Saint-Laurent. Voir et entendre l’autre, Papier, partageait sa création avec l’écrivain Claude voir et entendre le fleuve. Beausoleil. Son hybridation entre la sérigraphie et Le Colloque Melancholia s’est déroulé du l’estampe numérique est une mélancolie joyeuse: 9 au 12 avril 2015 et a accueilli sept conférenles souvenirs d’enfance, les bonnes odeurs qui ciers du Mexique, de la France et du Québec. rappellent des moments fascinants. Les couleurs De nombreuses activités se sont déroulées sur pâles accentuent le souvenir lointain, emporté par le campus de l’UQTR et ont permis de laisser le temps. La superposition en transparence des une grande place aux étudiants notamment lors arbres et de la maison entremêle les souvenirs et d’expositions et de performances dans le pavillon altère la mémoire de l’adulte qui rêve parfois à ces Benjamin-Sulte.

EXPOSITION DES FINISSANTS EN ARTS

Arriver au bout de la course Du 23 avril au 8 mai 2015, les finissants en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) présentent le fruit de leur travail. Les 11 finissants se partagent trois lieux de diffusion artistique de la ville, à savoir la Galerie r3 de l’UQTR, le Musée québécois de culture populaire (MQCP) ainsi que la Galerie d’art du Parc. Un autobus assure la navette et quitte le pavillon Benjamin-Sulte à 15h45. Tout au long de leur parcours, les étudiants expérimentent différentes techniques et médiums. Tout en peaufinant leur démarche artistique, ils privilégient avec le temps un moyen d’expression. C’est pourquoi le choix de leur travail de fin d’études est assez révélateur des tendances actuelles dans la région. Cette année, les finissants proposent de la photographie numérique, de l’estampe, de la peinture, de la sculpture, de l’installation et de l’art vidéo. La cuvée 2015 est composée de Sébastien Cossette, Gabrielle St-Onge, Philippe Lafontaine, Gabriel Fugère-Buisson, Éric Lauzon, Marie-Julie Blouin, Catherine Hamelin, Annie Brien, Louis-Guillaume Brodeur-Rivard, Rodolphe

Calciné et Marielle Lachance. Plusieurs prix seront décernés aux étudiants se démarquant le plus. Chaque année, le Syndicat du personnel professionnel de l’UQTR remet les bourses Gilles-Verville. Le syndicat fait l’acquisition d’une œuvre en offrant une bourse de 1000$ ainsi que deux plus petits montants. L’œuvre achetée est ajoutée à la Collection d’œuvres d’art de l’UQTR.

Cette année, les finissants proposent de la photographie numérique, de l’estampe, de la peinture, de la sculpture, de l’installation et de l’art vidéo. L’exposition All you can eat est une occasion unique de présenter, en français, la maturation des cheminements des étudiants dans des lieux professionnels. L’organisation tient à remercier ses partenaires du milieu culturel trifluvien pour les espaces et les prix de mérite. La série de vernissages débutera à 16h au MQCP, se continuera à la Galerie d’art du Parc vers 17h et se finira à la Galerie d’art r3 vers 18h où seront servis rafraichissements et bouchées. (M.-C.P.)


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COLLOQUE MELANCHOLIA À L’ATELIER SILEX

L’art sous toutes ses formes NADIA TRANCHE MONTAGNE Journaliste

Le samedi 11 avril dernier, dans le cadre du colloque Melancholia, l’Atelier Silex, en collaboration avec la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières, présentait le vernissage de deux projets: (Dé)jouer le son/(Un)graving Sound et Marcher avec le vent. L’Atelier Silex a reçu la visite de nombreux curieux pour assister au dévoilement des deux projets. Séparées en deux espaces distincts, les deux présentations invitaient à la découverte d’un univers particulier, grouillant de vie par la présence massive des spectateurs.

(Dé)jouer le son/(Un)graving Sound (Dé)jouer le son/(Un)graving Sound est un projet créé par Karine Bouchard et Marlon Schumacher. Ensemble, ils cherchent notamment à revisiter la conception de l’estampe traditionnelle. Karine Bouchard rédige sa thèse de doctorat à l’Université de Montréal, s’intéressant à la mouvance et à l’importance de la place de l’observateur vis-à-vis l’œuvre. Elle enseigne actuellement l’histoire de l’art au Département de philosophie et des arts de l’UQTR. Marlon Schumacher est quant à lui doctorant en technologie de la musique à l’Université McGill. Il s’intéresse particulièrement à l’apport

et au développement d’outils technologiques pour créer de la musique. Dans ses projets, il cherche surtout à s’assurer de l’immersion et de la synthèse sonore de ses créations. Les deux artistes avaient donc pour ce projet un bagage de connaissances et d’atouts assez chargé qui leur a permis de créer une installation unique. Plus qu’une simple création de sons et d’images, leur installation accorde aussi une grande importance à l’espace. «L’œuvre devient l’espace et l’espace devient l’œuvre», expliquait Marlon Schumacher.

Que ce soit dans la douce simplicité de l’art ou dans sa complexité ardente, l’inventivité et la découverte étaient à l’honneur dans cette double présentation des plus intéressante. Au centre de la pièce et de l’installation se trouvent quatre tables tournantes, utilisant le disque vinyle comme objet matériel avec lequel les visiteurs peuvent expérimenter et vivre l’œuvre de l’intérieur. Autour d’elles se trouvent quatre panneaux «holoscreen», sur lesquels sont projetées les œuvres d’estampe, celles-ci bougeant sur le matériel qui capte la lumière tout en laissant la projection passer au travers. Par ce procédé, les artistes s’amusent à jouer avec la multiplication, mais aussi avec la démultiplication de l’estampe. Les sons comme les images ont une cohérence, offrant une sorte de matérialisation du son. Avec les tables

THÉÂTRE D’INTERVENTION AVEC PARMINOU

Contrer la stigmatisation et aider à prévenir le suicide Dans le but de contrer la stigmatisation, les pensées négatives ainsi que pour aider prévenir le suicide, deux étudiantes en travail social au Cégep de Trois-Rivières ont invité la troupe de théâtre Parminou. Cette troupe présentait la pièce Un regard qui dérange le mercredi 15 avril au Théâtre du Cégep de Trois-Rivières. Ce sont les comédiens Hélène Desperrier, Alexandre Dubois Bousquet et Anne Sylvie Gosselin qui jouaient la pièce d’intervention d’une durée de 60 minutes. Il s’agissait de théâtre interactif qui demandait une participation du public. Après avoir expliqué comment la soirée se déroulerait et avoir relaté quelques faits divers au sujet du suicide, l’auteure de la pièce et comédienne, Hélène Desperrier, s’est adressé au public. «Fermez vos yeux et levez vos mains, ceux qui n’avez jamais eu de pensées suicidaires de vos vies.» Elle a aussi expliqué la raison d’être du titre de la pièce. Le regard qui dérange, c’est celui que les autres portent et qui amène les pensées négatives. Annabelle Naud et Amélie Houde ont fait leur stage au Regroupement des organismes de base en santé mentale (ROBSM) et ont pris l’initiative d’organiser la présentation de cette pièce

interactive pour compléter leur internat. Un regard qui dérange était organisée en collaboration avec cet organisme communautaire à but non lucratif qui existe depuis bientôt 30 ans. Il regroupe plus de 35 organismes de la Mauricie et du Centre-duQuébec. Une fois la pièce terminée, en deuxième partie, Gisèle Duhamel est venue faire un témoignage. Cette dame, endeuillée par sa fille qui a commis le suicide il y a plusieurs années, a écrit un livre pour passer au travers. Ton âme, ma compagne est un message d’espoir pour les gens qui vivent la même situation qu’elle. (C.F.) PHOTO: C. FILION

La pièce Un regard qui dérange présentée au Théâtre du cégep de Trois-Rivières met en vedette Hélène Desperrier, Alexandre Dubois Bousquet et Anne Sylvie Gosselin.

tournantes, le public a une pratique d’écoute différente, fort intéressante, qui se veut en soi par les artistes une critique des musées traditionnels.

Marcher avec le vent C’est dans la pièce adjacente à celle de la première installation que se trouvait l’œuvre collective Marcher avec le vent, intégrant les estampes de plusieurs étudiants en arts visuels de l’UQTR. Idée originale de Philippe Lafontaine, l’œuvre représentait la mélancolie liée aux souvenirs de voyage et à l’instabilité de la liberté. Comme un mat trônant fièrement au centre de la pièce, l’œuvre comportait cinq voiles déployées représentant les estampes des étudiants sélectionnés. De ces cinq mats, l’un d’entre eux était plié, réalisé par Philippe Lafontaine lui-même, rendant un hommage symbolique à Olivier Chevrette, étudiant décédé en février dernier. Installée sur une base en bois, les spectateurs avaient la possibilité de manipuler l’œuvre, faisant tourner le mat et les voiles. Chaque voile raconte sa propre petite histoire, avec le thème récurrent de l’océan et du vent, le tout majoritairement en noir sur des voiles couleur crème. Les deux œuvres menaient à deux univers bien différents. D’un côté la technologie et

PHOTO: N. TRANCHEMONTAGNE

Pour Marcher avec le vent, le mat et ses voiles trônaient au centre de la pièce, mat éclairé par un projecteur au-dessus de lui, offrant un effet de convergence dans sa direction. l’expérience multiple des sens et de l’autre, une œuvre d’une simplicité apaisante. Que ce soit dans la douce simplicité de l’art ou dans sa vivante complexité, l’inventivité et la découverte étaient à l’honneur dans cette double présentation des plus intéressante.


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arts et spectacles

21 avril au 4 mai 2015

DANS LES LUNETTES DU FRISÉ

Le blues de la fin FÉLIXANTOINE DÉSILETSROUSSEAU Chroniqueur

Tout au long de l’année, j’ai voulu que ces chroniques du frisé soient un lieu commun pour la culture, où pouvaient se côtoyer l’actualité et l’art. Une sorte de fenêtre sur le monde par l’entremise de la littérature, de la musique, de la peinture et des arts en général. J’ai voulu qu’elles soient de simples constats sur la vie. Mon but était donc de partager ma vision de l’acte culturel et des performances scéniques. Pour cette dernière chronique, je vous annonce leur fin. Et oui, j’ai fait ce que Foglia n’a pas fait, une chronique d’adieu. En effet, je me suis comparé à Foglia, à vous d’ignorer ce petit dérapage de chroniqueur. J’ai tout de même les blues. Je disais. Je déclare cette chronique officiellement terminée. Mais juste avant, il me faut vous parler de mes coups de cœur culturels depuis le début de la session, et des choses à prévoir pour cet été. Cette année, le spectacle de Patrice Michaud m’a vraiment fait vibrer. Par moments, j’avais l’impression d’assister à un spectacle d’Elvis, de Fred Pellerin et de Vincent Vallières, et ce, tout en même temps. Le Gaspésien est un véritable showman qui s’adonne dans le populaire et dans l’underground à la fois. Entre toutes les chansons, il fait un monologue à la Fred, parlant souvent de son petit village de CapChat sur la côte gaspésienne. Très belle découverte en spectacle. Côté cinéma, le film Les nouveaux sauvages, ou en espagnol Relatos Salvajes, réalisé par Damìan Szifròn et produit par Pedro Almodóvar m’a réellement surpris. Il s’agit d’un film à sketches où l’humour noir et insolite se partage l’espace avec la douceur et la simplicité. Un film saisissant tout en restant comique. À voir! Si on se tourne maintenant vers le monde littéraire, je dois avouer que le roman de Robert Lalonde, À l’état sauvage, m’a plu grandement. Ce roman, qui aurait bien pu être associé au genre du recueil, présente un écrivain qui revisite des gens qui ont marqué l’essence même de son identité, soit l’instant d’une promenade en train ou encore le temps de faire des travaux ménagers avec un voisin plutôt âgé. Il s’agit d’un beau panorama sur la présence et l’absence de l’autre dans nos vies à nous tous. De plus, Lalonde manie habilement la plume, oscillant entre littérature, poésie et philosophie. Par la bouche de ses personnages, il peut la profondeur de l’humanité: «Pour dire vrai, j’ai voulu beaucoup de choses dans la vie, mais je n’ai jamais possédé rien d’autre que des désirs.» Quelle phrase terrible! En arts visuels, j’ai vraiment craqué pour

Expotypo: l’ABC des arts du texte qui s’organisait autour des projets de recherche de Sébastien Dulude en typographie. À la fois exploratoire et universitaire, cette exposition rassemblait plusieurs artistes et était réellement un incontournable à la vie culturelle de Trois-Rivières. Mention spéciale à la toile de l’illustrateur Pascal Blanchet et au collage de Marc-Antoine K. Phaneuf qui étaient tous deux très impressionnants. Blanchet a su faire rayonner Trois-Rivières par la couleur qui habitait sa toile et K. Phaneuf, en superposant des petites annonces dans lesquelles tout le monde se reconnait, a pu nous faire voir la fragmentation de notre époque, et ce, par l’entremise du texte. * Pour plusieurs, l’été est une période morte pour la culture. Aucun artiste ne lance de nouveaux projets, les tournées des artistes prennent parfois une pause, et les lieux pour les arts undergrounds laissent leur place à la culture populaire et de masse, comme c’est le cas avec la Salle J.-Antonio-Thompson qui accueille un spectacle grand public avec la revue American story show ou encore Shrek, la comédie musicale.

Je ne juge pas ce transfert de la culture subversive vers cette culture populaire. Au contraire, je ne fais que le constater, et vous aidez à combler ce petit vide culturel qui se crée bien malgré nous. Je ne juge pas ce transfert de la culture subversive vers cette culture populaire. Au contraire, je ne fais que le constater, et vous aidez à combler ce petit vide culturel qui se crée bien malgré nous. Il faut d’abord choisir des œuvres plus légères afin qu’on puisse garder notre cerveau actif. Par exemple, ce n’est peut-être pas le meilleur temps de lire Guerre et paix de Léon Tolstoï ou encore de s’attaquer à la sixième symphonie de Tchaïkovski surnommée La pathétique. Il est encore moins le temps d’entrer dans La reprise de Kierkegaard par exemple. Pour ma part, durant la saison estivale, j’aime bien lire pour le simple plaisir. Je ne tente donc pas d’approfondir une œuvre cinématographique, littéraire ou musicale afin d’y puiser toute son essence. J’opte plutôt pour la simplicité. Je termine les lectures que j’avais commencées durant l’année. Je termine aussi d’écouter les albums dont je n’ai pas pu entendre toutes les pièces qui les composaient, faute de temps. Et comme tout le monde, j’en profite pour prendre une petite pause, ayant toujours cette petite nostalgie de la vie intellectuelle qui règne durant l’année. Voilà, j’ai les blues. C’est dit. C’est toujours comme ça quand la fin de la session approche. Les blues, trifluviens.

EXPOSITION DÉPLACEMENTS – LA SUITE À LA GALERIE D’ART DU PARC

L’avenir de l’humanité et un souci écologique PHOTO: COURTOISIE

La thématique d’un monde post-apocalyptique est ici représentée dans la corde à linge soutenant des vêtements disparus.

ÉLISE LEFRANÇOIS Journaliste

Le dimanche 12 avril dernier avait lieu le vernissage de l’artiste québécoise Diane T. Tremblay dévoilant son exposition Déplacements – La suite présentée à la Galerie d’art du Parc à Trois-Rivières. Verres de vin à la main, les passionnés d’art et les curieux de nature pouvaient déambuler à travers la galerie en admirant les œuvres de l’artiste. L’exposition sera présentée jusqu’au 31 mai prochain. Diane T. Tremblay, originaire de Saint-Ambroise-de-Chicoutimi au Saguenay, est une artiste professionnelle maintes et maintes fois reconnue dans son milieu. Enseignante depuis 1992 en arts visuels au Cégep André-Laurendeau à Montréal, elle a obtenu une maitrise en arts plastiques à l’Université du Québec à Montréal. Au cours de sa carrière, elle a participé à de nombreuses expositions collectives et solos, dont certaines font partie de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec.

Une vision postapocalyptique Diane T. Tremblay explique que son exposition La suite est inspirée d’un «univers rêvé» où elle présente sa vision d’une «post fin du monde» après que l’humain eut détruit tout sur son passage. Elle dénonce ainsi la finalité d’une société orientée uniquement sur la consommation et l’accroissement économique alors que la biodiversité de la planète est en péril. «Ma démarche s’inscrit dans un regard critique sur ce qui arrive autour de moi: la pollution, les phénomènes météorologiques, l’espèce humaine qui semble menacée. J’évoque la nature et son influence sur l’humanité, la transformation, l’éphémère, la fragilité», souligne-t-elle. Cette vision se transpose dans une œuvre présentée dans les tons de noir et blanc où l’artiste joue avec les superpositions de matériaux et les couches d’encre. Sur certaines toiles, il est possible d’apercevoir des vêtements translucides accrochés à une corde à linge flottant au vent. «Le vêtement y apparait comme la trace du corps absent, disparu», mentionne l’artiste

lorsqu’elle explique cette vision postapocalyptique.

Un souci écologique Bien que Diane T. Tremblay demeure dans la métropole, elle accorde une grande importance au respect de l’environnement et à ses habitudes écologiques telles que le compost et l’entretien d’un jardin de ville. «Dans ma démarche j’utilise des matériaux recyclés, donc il y a un souci écologique. Ça fait partie de ma vie, de ma façon de vivre», explique Diane T. Tremblay. «J’aime manipuler les choses et renouveler l’utilité des matériaux. Questionner le matériau m’amène en dehors du cadre», poursuit-elle.

Inspirée par la nature «Mes sources d’inspiration viennent de la nature, de ce qui m’entoure», mentionne l’artiste. Cette inspiration s’illustre d’ailleurs dans son œuvre où il est possible d’observer des feuilles, des insectes et d’autres matières organiques. «Ce travail graphique en deux et trois dimensions est inspiré par le mouvement: celui de l’eau qui court, des nuages qui passent, des feuilles qui bruissent, des insectes volants, toutes ces choses qui nous entourent, bougeant avec nous», souligne-t-elle. L’exposition, présentée de façon minimaliste et épurée, avec des œuvres toutes en relief, parfois accrochées au mur et d’autres fois occupant l’espace au sol, est donc des plus inspirante pour les amoureux de nature curieux de pénétrer dans l’univers de cette artiste intrigante et engagée. PHOTO: COURTOISIE

Une oeuvre où la signature de l’artiste de juxtaposition d’encre et de papier est bien représentée.


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THÉÂTRE DES NOUVEAUX COMPAGNONS

MANGE, LIS, AIME

Une trouble-fête chez le dentiste

«Aux petites crisses» PHOTO: MARIO GROLEAU

CAMILLE DURANDPLOURDE Chroniqueuse

Geneviève Pettersen est une jeune maman, ex-blogueuse, qui a déjà travaillé dans le monde de l’édition et de la publicité, en plus d’avoir été une attachante chroniqueuse à La Presse sous le pseudonyme de Madame Chose. Mais, avant d’être cette belle femme accomplie, Pettersen était une adolescente «petite crisse» de Chicoutimi, et c’est avec elle qu’elle renoue dans son tout premier roman La déesse des mouches à feu.

Catherine, la déesse des mouches à feu La mise en scène d’Annie Trudel est sobre et efficace.

Pour clôturer leur 94e saison, le Théâtre des Nouveaux Compagnons a présenté la comédie française Sale attente. Annie Trudel signe sa deuxième mise en scène au sein de la troupe en proposant un théâtre léger et sans prétention. C’est le jeudi 9 avril dernier que les comédiens ont joué la première devant le public de la Maison de la Culture de Trois-Rivières, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. Écrite par Frank Didier, cette pièce de théâtre raconte les tribulations d’une vieille dame aux prises avec un mal de dents. Madame Ramo prend d’assaut le cabinet de dentiste sous le regard exaspéré de la pauvre réceptionniste. La dame veut à tout prix un rendez-vous d’urgence avec le docteur, mais, pour ce faire, un client doit se désister. Elle use alors de ruses plus ou moins efficaces pour arriver à ses fins. C’est un texte prévisible, mais qui demeure drôle. La pauvre dame s’engage dans une escalade d’entourloupettes et va jusqu’à appeler les pompiers. Elle laisse planer le doute et la panique chez les autres patients, ce qui donne lieu à un moment amusant du spectacle, lorsque tous se solidarisent en mettant en place des stratégies pour survivre à ce feu imaginaire. La mise en scène d’Annie Trudel est sobre et efficace. Son choix d’adapter légèrement le texte et de le faire jouer en québécois est judicieux, ce qui facilite grandement la compréhension des expressions qui auraient pu faire décrocher le spectateur. Le rythme était soutenu, le ton un brin caricatural. Même si les comédiens jouaient parfois «gros» et effleuraient le cliché, l’ambiance joviale demeurait agréable. Cette esthétique de comédie de situation se prête bien à ce genre de texte. La production a frappé dans le mille en confiant le rôle de Madame Ramo à Rollande Lambert. Cette comédienne a une énergie et une présence sur scène hors du commun. Elle soutient une cadence solide tout au long de la pièce, et contribue largement au rythme général du spectacle. Il est à souligner le retour sur les planches de Nicole Poisson. Elle a été d’une honnête générosité, elle s’est visiblement amusée

sur scène et elle a su communiquer ce plaisir. Sous la direction de Patrice Martin, l’équipe des décors a conçu une véritable salle d’attente. Des pans de mur entiers ont été montés pour l’occasion. C’est un décor très réussi qui plonge immédiatement le spectateur là où il faut. Le détail va jusqu’au mur de brique visible par la fausse fenêtre. Ils ont mis le paquet pour rendre le lieu réaliste. Le dispositif rappelle les décors de sitcom, ce qui colle bien au choix de mise en scène.

Rollande Lambert soutient une cadence solide tout au long de la pièce, et contribue largement au rythme général du spectacle. Le jeu des comédiens était dans l’ensemble assez équilibré, mais le naturel de Myriam Lortie ressortait du lot. Fraichement débarquée à Trois-Rivières, la jeune femme cumule déjà une bonne expérience sur la scène du théâtre amateur trifluvien. Ses petits rôles çà et là lui ont permis de s’approprier la scène. Le rôle de soutien de Myriam Lortie tempère la pièce qui déborde parfois un peu trop de vigueur. (M.-C.P.) PHOTO: MARIO GROLEAU

Si l’œuvre n’est pas entièrement autobiographique, l’auteure puise dans ses souvenirs de jeunesse saguenéenne pour mettre en scène Catherine, une petite rebelle de 14 ans qui carbure aux expériences nouvelles et qui tente de pimenter son quotidien dans le fin fond de Chicoutimi-Nord. L’auteure fait revivre la belle époque des walkmans et des films loués en vidéocassettes. Avec sa coupe à la Mia Wallace, ses jeans troués et son look punk rock, Catherine suit les tendances de 1996. La jeune fille jusqu’alors sans histoire vivra «l’année noire de toutes les premières fois»: le divorce de ses parents, les premières amours, les nouvelles amitiés, les expériences sexuelles, le deuil d’un proche, et surtout la découverte de la drogue – de la mess comme l’appelle l’héroïne - qui deviendra rapidement un carburant quotidien.

Le tragi-comique La déesse des mouches à feu peut être lu comme l’histoire noire d’une jeune droguée qui grandit trop vite: overdose, intimidation, crises parentales, suicide sont quelques-unes des épreuves que rencontreront Catherine ou son entourage. Malgré tout, la jeune adolescente, narratrice du roman, arrive à nous faire sourire avec son franc-parler et sa désinvolture. On entre dans les pensées insouciantes de cette adolescente qui banalise certains évènements – comme sa consommation excessive de drogue – mais qui, à l’inverse, dramatise des situations tout à fait banales, comme lorsqu’une fille de l’école lui lance une remarque sur son look: «J’avais l’air folle avec ça. Y a plus personne qui portait des souliers de même depuis la sixième année. Fallait que je m’achète des Airwalk pis que je les porte avec des bas brodés Jacob. Les Airwalk, je trouvais ça crissement laitte sur une fille. Pis les bas Jacob, c’était pour les pisseuses. Je lui disais-tu, moi, ostie, que son chandail lui faisait des grosses boules slotcheuses?».

La parole saguenéenne

Rollande Lambert soutient une cadence solide tout au long de la pièce, et contribue largement au rythme général du spectacle.

Geneviève Pettersen a reproduit brillamment l’expression d’une adolescente saguenéenne. Catherine narre les évènements de sa vie dans un style coloré, singulier, intrigant, qui rend son personnage encore plus attachant. Il faut parfois

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arrêter sa lecture pour comprendre le sens de certaines expressions, qui sont typiques à la région saguenéenne. Par exemple, Catherine remplace le terme «intelligente» par «quotiente»: «Je la trouvais quotiente d’avoir pensé à ça». «Se douner» veut dire «se masturber», «astucer» signifie «avoir une bonne idée» alors que «pleutasser» se dit d’une pluie qui tombe en bruine. La narration orale qui traverse La déesse des mouches à feu est tout à fait charmante. Parfois les histoires de Catherine s’allongent inutilement ou sont remplies de détails superflus, mais puisqu’elles sont racontées dans un style aussi dynamique, le lecteur ne perd pas l’intérêt.

L’adolescence sans censure Toute adolescente de 14 ans ne se reconnaitra peut-être pas dans le personnage de Catherine, petite fille qui a vécu plus qu’il n’est permis pour son âge. D’ailleurs, l’auteure a fait parler d’elle pour avoir décrit sans pudeur les ébats sexuels de sa jeune héroïne avec son premier flirt, Pascal, son grand amour Kevin et même sa meilleure amie Marie-Ève. Si l’auteure a été critiquée, elle a tout mon mérite pour avoir voulu recréer fidèlement la réalité de certaines adolescentes, sans faire dans la dentelle. D’autant plus que La déesse des mouches à feu n’est pas un livre d’apprentissage conçu pour l’adolescente, mais bien un roman pour adultes. On peut voir un engouement chez les jeunes écrivaines québécoises à vouloir tracer un fidèle portrait des adolescent(e)s, sans enjoliver ou assagir leur quotidien. Je pense entre autres à Sarah-Maude Beauchesne qui a signé dernièrement Cœur de slush aux Éditions Hurtubise, un livre pour adolescents qui met en scène Billie, une charmante fille de 16-17 ans, qui désire faire l’amour avec Pierre, un garçon du même âge qui fait battre son cœur. Tout comme Geneviève Pettersen, Sarah-Maude Beauchesne voulait écrire une œuvre qui ne censure pas les véritables pulsions de toute adolescente.

Lecture et cocktails Si La déesse des mouches à feu est dédié «aux petites crisses», il saura plaire à tout lecteur, sage ou moins sage. La désinvolture de Catherine apporte une vague de fraicheur pour la fin de session et le début des temps chauds. Après avoir lu le roman de Pettersen, allez faire un tour sur le blogue de l’écrivaine, Guide du bien-vivre à l’usage de la jeune femme moderne, qui offre entre autres des recettes de cocktails absolument divines pour savourer l’été à pleine gorgée. Bonne lecture! PHOTO: ÉD. LE QUARTANIER

Auteure: Geneviève Pettersen Titre: La déesse des mouches à feu Prix: 23,95$ Éditions: Le Quartanier, mars 2014, 208 p.


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21 avril au 4 mai 2015

17E ÉDITION DU DÉFI THÉÂTRAL DOMINO

LA PETITE TÉNÉBREUSE

Adolf Hitler Vie et mort d’un dictateur MICHÈLE ROBITAILLE Chroniqueuse

Pour cette dernière chronique, j’ai décidé de me gâter un peu et de vous parler, non sans controverse probablement, d’un des personnages historiques que je trouve extrêmement fascinant. Je parle ici d’Adolf Hitler, l’homme derrière le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et des horreurs nazies, discutées un peu plus tôt dans la session lors de ma chronique sur le camp de concentration d’Auschwitz. Adolf Hitler est né le 20 avril 1889, en Autriche. Eh oui, il n’était pas Allemand d’origine. Fait cocasse, Hitler est né la même semaine que Charlie Chaplin, ayant vu le jour le 16 avril 1889. La rumeur veut que la célèbre moustache du dictateur fût inspirée directement par Charlot, Hitler souhaitant devenir aussi populaire et aimé du public.

Première Guerre mondiale Adolf Hitler n’est pas né avec l’idée d’un jour diriger l’Allemagne, au contraire. Il se destinait à une carrière d’artiste peintre. Malheureusement pour lui, il fut refusé à l’école des Beaux-arts de Vienne. Après ce refus, et complètement sans le sou, Hitler sombra dans la déchéance et fut itinérant pendant un certain temps, dans les rues de Vienne, jusqu’à ce que la Première Guerre mondiale éclate. Il devint soldat volontairement. Peu doué pour le tir et les combats, Hitler était messager au front. Lors d’une mission, il est victime d’une attaque au gaz et est gravement blessé aux yeux. À la suite de cette attaque, il recevra la Croix de fer, la plus haute distinction militaire allemande, pour service rendu à l’Allemagne. Malheureusement pour lui, la guerre est perdue par l’Allemagne alors qu’il sera encore en convalescence. Complètement furieux, il se jura qu’il vengerait l’Allemagne de ce «coup de poignard dans le dos».

Le Parti National-Socialiste Dès 1919, Adolf Hitler se démarque au sein du Parti ouvrier allemand. Parti qui allait devenir le Parti National-Socialiste. Pour rejoindre ses auditeurs, il emploie un langage simple et parle avec conviction d’antisémitisme. Oui, déjà. En 1923, Hitler tentera de prendre le pouvoir du parti, aidé de ses plus fidèles admirateurs, lors du fameux Putsch de la brasserie. Le putsch tournera mal et Adolf se retrouvera en prison. C’est pendant son séjour à l’ombre qu’il rédigera Mein Kampf (Mon combat), livre qui deviendra une véritable bible lors du Troisième Reich, alors que tous les jeunes mariés s’en verront remettre un exemplaire. En prison, Hitler développe de plus en plus ses idées antisémites et prépare sa sortie. Le Krach économique de 1929 sera catastrophique pour l’Allemagne, mais étonnamment

bénéfique pour Hitler et le parti Nazi. De 1929 à 1933, le parti tentera d’entrer à la Chancellerie allemande, l’équivalent de l’Assemblée nationale au Québec, en promettant des emplois, des secours, des coupons de nourriture, bref tout ce que le peuple a besoin d’entendre. Le Führer sera même en nomination pour le prix Nobel de la paix en 1933! Pendant cette même année, le parti Nazi entrera à la Chancellerie démocratiquement, avec environ 43% des votes. Dès lors, la porte sera grande ouverte pour la mise en place des projets machiavéliques d’Hitler et de ses collaborateurs, notamment le ministre de la Propagande, Josef Goebbels.

La Seconde Guerre mondiale Je vous épargne les détails de la Seconde Guerre mondiale. De toute façon, elle est généralement bien connue. En gros, l’armée allemande fera des percées partout en Europe, en Afrique du Nord et même dans le fleuve Saint-Laurent! Tout allait pour le mieux jusqu’en 1942. Que s’est-il passé? Hitler rêvait d’envahir la Russie. Géopolitiquement parlant, la plaine germano-polonaise est un élément extrêmement important à détenir si on veut envahir la Russie. Comme Hitler possédait la Pologne depuis 1939, il tenta d’entrer en Russie en 1942. Cependant, les soldats n’étaient pas équipés pour affronter l’hiver russe et plusieurs moururent de froid et de faim pendant ce même hiver. Ironiquement, l’idole d’Adolf Hitler était Napoléon qui s’était aussi fait avoir en Russie faute de manteaux et de bottes d’hiver… comme quoi l’Histoire n’est qu’un éternel recommencement.

Vie et mort au bunker La santé d’Adolf Hitler est précaire. Il souffre de la maladie de Parkinson, est en proie à des sautes d’humeur et ne s’entend plus très bien avec ses hauts dirigeants. Son pouvoir sera remis en question et il sera même victime d’attentats pour le tuer. Dès janvier 1945, Hitler n’apparait peu ou plus du tout en public et ne s’adressera plus à la radio. Alors que la guerre est presque perdue, Hitler s’enferme dans son bunker à Berlin et n’en ressortira jamais. Il se suicide en avalant une capsule de cyanure et en se tirant une balle dans la tête, accompagné de son épouse, Eva Braun, qui se suicidera aussi. Leurs corps n’ont officiellement jamais été retrouvés… Pour en savoir plus: Hitler: La naissance du mal (Hitler: The rise of evil), téléfilm de Christian Duguay, 2003. La Chute (Der Untergang), film d’Olivier Hirschbiegel, 2004.

L’humour théâtral à son meilleur Le 12 avril dernier se tenait au Café-bar Zénob la 17e édition du défi théâtral Domino, la 16e ayant non officiellement eu lieu le 3 avril lors d’une soirée bénéfice. Le défi théâtral Domino comprend trois équipes ayant une fin de semaine seulement pour créer une pièce d’une dizaine de minutes, et cela de A à Z. Comme toujours, les participants avaient certaines contraintes à respecter. C’est autour du thème «Gros, c’est beau» que les pièces devaient graviter. Les auteurs devaient quant à eux intégrer la phrase suivante: «Il y en a à qui je fais la cour, d’autres à qui je fais le jardin.»

Éternelle jeunesse Avec Marie-Christine Perras (metteure en scène), Pierre Corbeille (auteur), Gabriel Godbout, Jolianne Dufresne et Phébée Paquette (comédiens), la première équipe a présenté Éternelle jeunesse, une pièce comique racontant avec audace l’histoire d’un cabinet de médecins et des désirs ardents s’y déroulant. C’est à l’aide d’ombres chinoises, reflet des fantasmes cachés, que la pièce a pu «montrer» des passages osés tout en gardant humour et bon gout.

Pour la troisième équipe, ce sont Stéphane Bélanger (auteur), Pierre McLeod Tremblay (metteur en scène) en compagnie de Rémi Francoeur, Carole Lafrance et Sarah Demers (comédiens) qui ont clôturé cette soirée avec Les révoltés. Cette dernière pièce exposait un grand jeu de mise en abyme où les comédiens se jouaient eux-mêmes, pratiquant un texte où ils allaient encore se jouer, bien que ce texte raconte ce qu’ils jouaient à l’instant. Complexe, mais merveilleusement réalisé! Metteur en scène et auteur se sont amusés en finissant la pièce en beauté, y incluant l’entièreté des contraires parmi lesquels ils devaient choisir. À la suite des présentations, c’est Stéphane Bélanger qui s’est vu décerner avec mérite le Coup de cœur du public. Cette 17e édition du défi Domino a été une réussite phénoménale, offrant dans son ensemble une réalisation d’une grande justesse et un humour savoureux du début à la fin. (N.T.) PHOTO: N. TRANCHEMONTAGNE

Gros poupon La deuxième équipe, composée de Gilles Devault (auteur), d’Éric Ahern (metteur en scène) ainsi que d’Ève Lisée, d’Éric Ayotte et de Geneviève Lafleur (comédiens), présentait Gros poupon. La pièce faisait le récit d’un couple en plein milieu d’une dispute nocturne alors qu’une jeune voyageuse (Geneviève Lafleur) logeait pour une nuit dans leur petit appartement. Ce qui commençait comme un drame conjugal s’avéra n’être finalement qu’un subterfuge ingénieux pour amener la jeune femme à quitter leur appartement et aussi à tromper le public.

Rémi Francoeur et Carole Lafrance, comédiens et aussi personnages dans Les révoltés, en pleine lecture du texte de leurs personnages… mais aussi d’eux-mêmes.

PROJET HUMANITAIRE D’UNE ÉTUDIANTE EN ARTS VISUELS

L’art pour la bonne cause Du 1er au 22 juillet, une étudiante de deuxième année en arts visuels de l’Université du Québec à Trois-Rivières entamera un séjour en Haïti. Cindy Gagné, mieux connue sous le nom de Cindy Loup, effectuera ce voyage en pays étranger pour offrir de son temps et de son talent à de jeunes Haïtiennes.

PHOTO: HEINRICH HOFFMAN, 1933

Adolf Hitler, Chancelier du Reich, 1933

Les révoltés

Pendant un peu moins d’un mois, Cindy Loup logera à l’orphelinat La Villa des Tournesols à Cavaillon, un petit village à environ quatre heures de bus de Port-au-Prince. Durant ces trois semaines, elle sera en compagnie d’une trentaine de jeunes filles âgées entre 3 et 15 ans. C’est avec l’assistance des membres de l’orphelinat que Cindy Loup offrira à ces jeunes filles des ateliers basés sur l’estime de soi, sur l’entreprenariat ainsi que sur le développement créatif. Grâce aux ressources qui leur seront

offertes, elles apprendront à se servir de l’art pour subvenir à certains de leurs besoins. Elles assisteront à des blocs de quatre ateliers chaque jour de la semaine, durant lesquels Cindy Loup animera des ateliers de jonglerie, de fabrication de bijoux, de théâtre, mais aussi de sensibilisation à l’environnement. C’est en collaboration avec la corporation des Ouvriers de paix que Cindy Loup organise ce projet. En plus de leur aide, elle effectue aussi le financement par ses propres moyens. «C’est une très belle opportunité de partager l’art et d’encourager cette belle pratique qui me tient à cœur», confiait Cindy Loup, visiblement excitée par cette opportunité. L’implication de Cindy Loup dans un tel voyage est majeure. Il s’agit d’un important projet pour une cause touchante qui aidera de jeunes Haïtiennes, démontrant que l’art est plus qu’un moyen d’expression, dans certains cas, c’est un outil de vie. (N.T.)


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FANNY BLOOM À LA SALLE LOUIS-PHILIPPE-POISSON

Un son électro-pop exotique Le 16 avril dernier, Fanny Bloom était en spectacle à la salle Louis-Philippe Poisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières. Un bon nombre de personnes s’étaient déplacées pour entendre les mélodies pop-électro de la jeune auteure-compositrice-interprète. Elle sera en spectacle également cet été, le 2 juillet 2015, au FestiVoix de Trois-Rivières. Le spectacle a débuté sans première partie et Fanny Bloom, de son vrai nom Fanny Grosjean, était très en forme. Énergique derrière son piano, elle a enchainé quelques pièces avant de dire bonjour au public. Ce n’est pas la première fois qu’elle était en spectacle dans la ville, et ce n’est certainement pas la dernière. Le public avait l’air conquis dès la première pièce. Il faut dire que la jeune femme possède un charisme indéniable et qu’elle semble totalement sur un nuage lorsqu’elle chante de sa voix cristalline. Elle peut chanter des pièces pop-électro dansantes avec autant d’aisance que les chansons plus douces et remplies d’émotions, ce qui n’est pas donné à tout le monde. On perçoit également le plaisir qu’elle a d’être sur scène. Elle remercie le public entre chaque chanson et développe une complicité avec l’assistance dès les premières notes. Dernièrement, la jeune artiste a rendu disponible en ligne un EP de quelques chansons qui se nomme Constellations. Il est composé en majorité de pièces musicales qu’elle a réalisées en collaboration avec Thomas Hébert (Misteur Valaire). Avant de démarrer sa carrière solo, Fanny faisait partie du groupe La patère rose avec Thomas ainsi que Julien Harbec. C’est pendant l’été 2011 que leur chemin professionnel se sépare. En mars 2012, elle sort son premier album solo, Apprentie guerrière, qui obtient un beau succès et qui lui vaut le Félix de l’album alternatif de l’année à l’ADISQ en 2012. Elle accompagne Cœur de pirate ainsi qu’Ariane Moffat, et

PHOTO: C. FILION

c’est seulement en septembre 2014 que le public aura droit à son deuxième album, Pan. Elle frappe dans le mille avec ce disque qui comprend plusieurs titres accrocheurs tels que Piscine, Danse et plus récemment Sammy Sammy. Elle vient justement de sortir le vidéoclip de cette chanson mettant en vedette le comédien et joueur d’improvisation de la Ligue d’improvisation montréalaise (LIM), Arnaud Soly. Lors de sa visite à Trois-Rivières, elle a présenté quelques nouveaux titres, dont la pièce Diachilon empreinte d’une mélancolie et d’une douceur qui lui sont propres. Elle a aussi raconté l’histoire derrière la vulnérable chanson Drama queens. «Quelques jours avant son décès, j’ai pu assister à la lecture du dernier livre de Vickie Gendreau et ça m’a complètement transformée et bouleversée. J’avais écrit cette chanson et je trouvais que ça ressemblait à son livre, je lui ai donc envoyé un message pour lui demander la permission de nommer ma chanson Drama queens, et elle a accepté», racontait Fanny Bloom. Il sera possible de la voir cet été aux Francofolies de Montréal en première partie de Dumas le 12 juin 2015. Elle sera également en prestation au Jardin botanique de Montréal le 9 aout, en plus de sa présence au FestiVoix le 2 juillet 2015. (C.F.)

Un vif sentiment de fraternité

Des numéros surprenants Bien repu après avoir dégusté les plats que chaque invité avait apportés, le public était convié à assister à un atelier d’initiation au tango argentin. Dirigée par un professeur de tango invité, la professeure en enseignement des arts plastiques et également coordonnatrice de la soirée, France Joyal, a démontré ses talents de danseuse et a invité les membres de l’assistance à en faire autant. Ceux-ci ont ensuite eu droit à une performance des plus énergique de danse tribale fusion présentée par Laurence Gauthier. Avec son regard pénétrant, l’étudiante du Département de philosophie et des arts en a surpris plus d’un avec sa chorégraphie d’inspiration égyptienne.

Coups de cœur des années 2010 Chroniqueur

2E ÉDITION DU JAM THÉRAPEUTIQUE Le 14 avril dernier avait lieu, pour une deuxième édition, le Jam thérapeutique, organisé par le comité des programmes en arts de l’UQTR, au pavillon Benjamin-Sulte. Avec la trentaine d’invités présents, un fort sentiment de fraternité et d’enthousiasme s’est fait ressentir tout au long des festivités. Professeurs, étudiants, familles et amis étaient conviés à ouvrir leur esprit et à se laisser imprégner des différentes découvertes qu’avaient à leur offrir les étudiants des programmes en arts au cours de la soirée.

CINÉMA D’AUJOURD’HUI

LOUISÉTIENNE VILLENEUVE

Fanny Bloom en prestation à la salle Louis-Philippe-Poisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières.

Un moment fort de la soirée a sans doute été la lecture de l’étudiant Simon Murphy-Gauthier où il a dévoilé différents vers et calembours inspirés de la vie courante qui ont bien fait rire l’assistance. «C’est un gars avec de multiples talents et un gros trippeux de Félix Leclerc», explique un ami de longue date.

Un moment touchant Simon a également fait un clin d’œil touchant au regretté Olivier Chevrette qui laisse un grand vide derrière lui depuis son départ qui a profondément marqué tout le département des arts en février dernier. «C’est vraiment la première fois que tout le monde est réuni depuis les funérailles et ça fait du bien de pouvoir partager notre bonheur tous ensemble», souligne Jean-François Veilleux coorganisateur de la soirée en collaboration avec Audrey Cloutier, présidente de l’Association des étudiant(e)s des programmes d’arts (APARTS). Après un discours patriotique brillamment présenté par Jean-François, le jam thérapeutique a finalement débuté et s’est poursuivi jusqu’aux petites heures du matin. Un réel sentiment de bonheur pouvait se lire sur chacun des visages lors de cette activité de création collective, où le cœur était à la fête. (É.L.)

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Pour ce dernier tirage du Zone Campus avant la prochaine année scolaire, j’ai choisi de présenter deux films qui ne sont pas de la dernière année, mais qui méritent absolument d’être vus. Bon cinéma.

Her «How do you share your life with somebody?» Réalisée et écrite par Spike Jonze, Her (2013) est une histoire d’amour profondément touchante de laquelle on ressort le cœur gros et les idées un peu embrouillées. En remaniant plusieurs présupposés de la relation à l’aide d’un exemple singulier (un homme qui tombe amoureux d’une femme virtuelle), Jonze invite à retourner aux bases mêmes du sentiment amoureux et à questionner les balises trop souvent limitantes placées autour de lui. D’un scénario simple, mais méticuleux (ce qui s’observe dans l’évolution patiente du récit), l’œuvre offre en réponse aux questionnements amoureux d’aujourd’hui un message frappant de simplicité, qui est d’aimer sans réserve ce qui doit être aimé sans réserve. Ainsi, tout en faisant réfléchir sur les principes un peu figés du «couple» et de la «relation», le film lance un appel criant à l’amour sincère vécu au-delà des conventions et du jugement des autres. On ne saurait en ce sens tarir d’éloges cette œuvre qui parvient avec beaucoup de chaleur à ramener l’homme au véritable sens de son expérience sociale, c’est-à-dire sa volonté de rencontrer et d’aimer l’autre pour ce qu’il est vraiment. Pour mettre en forme ce message, Jonze a pu compter à la fois sur une musique riche en émotions (orchestrée par Arcade Fire) et sur une distribution qui excelle en tous points. Joaquin Phoenix, dans le rôle de Theodore, est tout simplement remarquable par sa capacité à transmettre la vulnérabilité de son personnage lors de scènes de grande intimité, lui qui doit composer seul avec la voix de Scarlett Johansson (Samantha dans le film). Alors que l’œuvre accumule les dialogues «taie d’oreiller», la mobilité du jeu de Phoenix et de Johansson parvient sans mal à créer l’intérêt nécessaire pour éviter les longueurs, tout en fournissant une tendresse et une complicité dont on ne peut que rester jaloux. C’est donc un film aux nombreuses réussites que ce Her, film dont on conserve immanquablement la marque plusieurs jours (voire plusieurs mois) après son visionnement. Que l’on soit célibataire endurci, en couple ou en plein milieu d’une peine d’amour, pas d’excuses, il faut le voir au plus tôt.

Life of Pi «Go on home I’ll leave you alone. I’ll respect that, I promess.» Adaptation du bestseller de Yann Martel, Life of Pi (2012) est un film d’une beauté visuelle rarement atteinte au cinéma. Présentant l’odyssée d’un adolescent pris en pleine mer avec un tigre, le film offre un rite initiatique empreint de réflexions sur la spiritualité et sur l’épreuve de la foi. Il faut le dire, si l’histoire et les réflexions soulevées dans l’œuvre ont leur intérêt (surtout en ce qui concerne la complémentarité des religions), ces dernières s’avèrent plutôt accessoires à côté des bombardements de lumière, des panoramas sublimes et des effets visuels célébrant les forces de la nature tout au long du film. Tirant parti de chaque scène comme s’il s’agissait de tableaux vivants, la direction photo multiplie les coups d’éclat tout en sachant continuellement renouveler son exploitation esthétique de la mer, du ciel et de la vie sauvage. Alliant ainsi ingéniosité et technologie de pointe, le film engendre une expérience d’exception que l’on voudrait deux fois plus longue, si les moyens avaient pu le permettre. Centrée sur les interactions et la cohabitation difficile entre Piscine et Richard Parker (le tigre), l’œuvre ouvre qui plus est une fenêtre privilégiée sur la vie naturelle, offrant au spectateur une sorte de transe lui permettant de prendre contact avec sa propre nature perdue. Ce type de voyage, dosé habilement par la réalisation et le scénario pour ne pas verser dans un message clinquant et sans saveur, encourage au contraire à rouvrir de façon plus profonde et plus personnelle les considérations que l’on peut avoir sur la vie et sur la foi, au-delà des dogmes et de la dénonciation des dogmes. Le film offre ainsi une réflexion des plus pertinente autant pour les croyants affirmés que pour les athées convaincus. Si le passage du roman au grand écran entraine souvent le pire, Life of Pi est au contraire une preuve que le film peut à l’occasion ajouter à la valeur du livre, si le tout est fait intelligemment et avec beaucoup de soins. À en frissonner encore au moment d’écrire ces lignes, je ne peux que vous enjoindre à ajouter immédiatement cette œuvre sur votre liste de visionnements obligés.

D’autres coups de cœur des années 2010: Beasts of the Southern Wild de Benh Zeitlin (2012; Introduction prodigieuse et personnages vivants) Lincoln de Steven Spielberg (2012; Interprétation puissante de Daniel Day-Lewis) Whiplash de Damien Chazelle (2014 – Film au rythme soutenu et jeu parfait pour J.K. Simmons) Et pour des films de répertoire sur grand écran ici même à Trois-Rivières, visitez le Cinéma le Tapis Rouge (www.cinemaletapisrouge.com).


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21 avril au 4 mai 2015

LE VAISSEAU D’OR ET THE AURAS AU CAFÉ-BAR ZÉNOB

À la découverte d’univers musicaux Le Café-bar Zénob poursuit sa série de spectacles pour le mois d’avril. C’est encore dans une formule double qu’il invitait deux groupes à se produire le 10 avril dernier: Le vaisseau d’or et The Auras. Les deux groupes au style particulier ont tous les deux performé dans la langue de Shakespeare, offrant un spectacle intéressant par sa diversité musicale. La soirée s’est inscrite dans une belle progression musicale, commençant avec une musique plus atmosphérique avec Le vaisseau d’or pour ensuite glisser doucement vers le rythme et l’énergie de The Auras.

Le vaisseau d’or Groupe émergent de Montréal, Le vaisseau d’or offre plus qu’une simple musique, amenant avec lui un univers entier. Dans un style qu’il qualifie de pop transcendantal, il offre des chansons lentes et atmosphériques, enfermant le public dans une bulle musicale.

Performant parfois en duo, le groupe était cette fois complet pour leur prestation au Zénob. Jouant de la guitare, du clavier, de la basse, de la batterie et même de l’accordéon, le groupe s’inscrit dans une multiplicité des instruments qui lui sert bien. L’accordéon offrait une touche intéressante à cet amalgame, ajoutant un effet supplémentaire à cette musique vaporeuse et vibrante. Le groupe utilise plusieurs effets sonores amplifiant l’aspect immersif de sa musique. Il se démarque notamment par sa capacité à mettre de l’avant le son des instruments, les voix semblant les soutenir en douceur, comme un écho permanent. La voix du chanteur et de la claviériste se joignent dans un bel agencement. Le public s’est rapidement laissé immerger par cette musique, se montrant fort réceptif. Les corps se balançaient doucement au rythme de la musique, s’abandonnant à cette accalmie musicale. Le groupe a offert une performance riche par son univers, mais aussi par ses jeux sonores.

PHOTO: N. TRANCHEMONTAGNE

The Auras performait autant au niveau sonore que visuel avec leur style énergique et leurs nombreux éclairages.

PHOTO: N. TRANCHEMONTAGNE

Le vaisseau d’or offrait une performance immersive dans leur univers avec une musique atmosphérique et enveloppante.

The Auras En provenance de Toronto, The Auras a enchainé avec un style bien différent et pourtant, tout aussi fascinant. En plus de sa musique, le groupe offrait une ambiance visuelle haute en couleurs en installant de nombreux stroboscopes. Ces éclairages colorés accompagnant les chansons ont rapidement créé une ambiance énergisante. The Auras ne donne pas envie de rester en place. Mélangeant le pop psychédélique, le shoegaze et le garage rock, le groupe déborde d’énergie, offrant une musique qui déménage. Avec le rythme dans le sang, les membres du groupe ont offert une performance survoltée. À l’inverse de Le vaisseau d’or, The Auras fait ressortir avec force la voix, tout autant que les instruments. Amusants, les musiciens du groupe sont investis et d’une belle

intensité. Les deux guitaristes et le bassiste se relayaient pour chanter, n’étant pas dans une recherche de la justesse ou de la fluidité vocale, mais plus dans une conquête du rythme et de l’énergie. La diversité des genres n’a pas été un problème dans cette soirée qui permettait au contraire de découvrir deux groupes différents, mais fascinants. Les deux groupes ont été généreux de leur temps, mais aussi de leur musique, offrant des albums gratuitement, au plus grand plaisir des spectateurs. Le spectacle a attiré une belle foule aux proportions raisonnables, permettant à ceux qui le désiraient de bouger et de danser. Une soirée plaisante avec un public attentif et réceptif qui aurait aimé profiter du spectacle plus longtemps encore, celui-ci s’étant même terminé trop tôt au gout de certains. (N.T.)

DÉPARTEMENT DE LETTRES ET COMMUNICATION SOCIALE

«Avril en nous», un hommage au beau temps tardif Le Département de lettres et communication sociale de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) conviait le 9 avril dernier toute la communauté universitaire à un 5 à 7 au café-bistro la Chasse Galerie. La soirée, sous forme de spectacle intitulé «Avril en nous», se voulait en textes et en chansons une célébration de la langue et du printemps. Existant depuis plus d’une dizaine d’années, l’évènement invitait un grand nombre de personnes à se produire sur scène. Plusieurs étudiants des programmes de lettres et communication sociale ont participé, en plus des artistes et autres invités qui ont aussi fait partie de la fête. Animée par l’organisatrice de l’évènement, Patricia Powers, la soirée a débuté avec un mot de bienvenue plein d’humour de la directrice du Département de lettres et communication sociale, Hélène Marcotte. Pour le volet musical, la Chasse Galerie a accueilli de nombreux artistes dont Trop loin l’Irlande, Fabiola Toupin, Philippe Powers, Sylvie Tremblay, Frédérique Beaulieu et Christiane Asselin. Parmi les performances remarquées, Olivier Lessard et Jean-François Chapdelaine, étudiants de l’UQTR et membres du groupe La

montagne est blanche, ont interprété «Comme des flyers au vent», une de leurs chansons, dédiée aux étudiants de l’UQAM. Jeune talent de la Mauricie, Catherine Laurin s’est aussi démarquée par une performance à la voix surprenante. Faisant partie du groupe Cosmophone, elle était pour l’occasion en formule duo avec son copain l’accompagnant au piano. Découverte de la soirée, la jeune femme a interprété une de ses compositions «Insomnie». Outre l’aspect musical, la soirée a aussi été riche par la lecture de nombreux textes variés. Arielle Vautour-Bhérer, Cynthia Paris, France Sherman Sezibera, Camille Montreuil, Thierry Bilodeau, Rock Généreux et Frédéric Simon ont représenté le corps étudiant en faisant la lecture de divers textes, parfois de leur composition et d’autres fois choisis par gout personnel. Autre étudiante présente à l’évènement, Chloé Cano a fait une lecture pleine d’humour et de légèreté, lisant des vers issus de différentes œuvres de Jacques Prévert comme Fatras, Histoires, Paroles, Spectacle et Soleil de nuit. Sa lecture s’est terminée avec une sélection de quelques mots-valises extraits du Petit Fictionnaire illustré d’Alain Finkielkraut. Plusieurs chargés de cours et professeurs ont aussi participé à l’évènement. Parmi eux,

Carole Neil, chargée de cours, a fait une lecture très touchante d’un texte de Patricia Powers que même celle-ci avouait avoir oublié. Johanne Prudhomme, professeure de littérature jeunesse, s’est aussi livrée à l’exercice en faisant l’interprétation d’un texte de Gilles Vigneault. Patricia Powers, chargée de cours à l’UQTR, s’avouait fière de cet évènement qu’elle prend plaisir à organiser chaque année, étant l’occasion pour elle de réunir collègues, amis et étudiants. À chaque nouvelle édition, elle tente de trouver un nouveau thème, essayant toujours de relier le mois d’avril à une thématique inspirante. Ayant autrefois été «Les chants d’avril», «Enfin avril», «Le fil d’avril» et plusieurs autres, elle s’est finalement arrêtée pour cette année à «Avril en nous». «Je trouvais que ça donnait de l’espace. Avril en nous, c’est porter le printemps en soi», expliquait-elle concernant cette nouvelle thématique. Les artistes avaient, grâce à ce titre, une belle liberté de création et d’interprétation. La soirée, qui a accueilli une vingtaine de participants, a été l’occasion pour plusieurs de se réunir et de retrouver un peu de chaleur en ce printemps encore frisquet. L’évènement qui se déroule en toute intimité permet de passer un bon moment et de faire de belles découvertes. (N.T.)

PHOTO: N. TRANCHEMONTAGNE

Chloé Cano, étudiante à l’UQTR et nouvelle élue au poste de vice-présidente aux communications de l’AGE UQTR, a séduit le public avec une lecture de vers de Prévert fort divertissants.


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EMILIE & OGDEN ET ELLIOT MAGINOT AU CENTRE CULTUREL PAULINE-JULIEN

Une empreinte de douceur, de mélancolie et d’intensité Pour le dernier spectacle de sa programmation officielle d’hiver, le Centre culturel Pauline-Julien (CCPJ) accueillait Emilie & Ogden ainsi qu’Elliot Maginot. Ces derniers ont joué devant une salle pratiquement comble le vendredi 17 avril 2015. Ces deux artistes, qui avaient déjà partagé la scène ensemble, étaient très heureux de se retrouver à Trois-Rivières. PHOTO: C. FILION

C’est Emilie & Ogden (nom de la harpe de la jeune fille) qui a commencé la soirée, accompagnée des musiciens Jesse Mac Cormack au piano, à la basse, à la guitare et aux voix ainsi que Francis Ledoux aux percussions. Ce n’était pas sa première visite à Trois-Rivières en 2015. En effet, la jeune femme a fait la première partie de The Franklin Electric le 5 février dernier à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières. Elle revient également au FestiVoix de Trois-Rivières cet été, pour la deuxième année consécutive. Comme à son habitude, elle a amené un vent

Depuis le lancement de son album le 10 février 2015, le nom d’Elliot Maginot est sur toutes les lèvres. de douceur sur la scène avec sa harpe. «J’ai déjà fait un spectacle avec Elliot. Après le spectacle, j’avais perdu une patte de ma harpe, et il m’a appelée quelques jours plus tard pour me dire qu’il l’avait trouvée. Je pense qu’il veut saboter ma carrière», racontait Émilie, au sujet de leur dernier spectacle ensemble. Quand elle joue, Émilie est très concentrée sur son instrument qui prend une grande place

LA LIGUE D’IMPROVISATION MAURICIENNE RENCONTRE LA LIGUE D’IMPROVISATION MONTRÉALAISE

Une communion pleine de folie Avant de commencer les séries éliminatoires de la Ligue d’improvisation mauricienne (LIM), un match spécial était organisé. Le mardi 7 avril, la Ligue d’improvisation montréalaise (LIM) était invitée en sol trifluvien pour un match d’exhibition à l’ancienne. En effet, la patinoire d’improvisation était de retour au centre de la salle Louis-PhilippePoisson de la Maison de la culture de Trois-Rivières, ainsi que le décorum des premières années de ce loisir. Pour l’occasion, ce sont Guillaume Cholette-Janson, Luc Massicotte, Jocelyn Garneau, Élodie Mongrain et Samantha Bérubé qui composaient l’équipe mauricienne. De l’autre côté, Arnaud Soly-Letartre, Mathieu Lepage, Jean-Michel Girouard, Delphine Bienvenu ainsi que Nicolas Michon représentaient la montréalaise. Le match était spécialement divisé en trois périodes, mais la durée totale était la même qu’à l’habitude. L’arbitre pour l’occasion était le capitaine des Rouges trifluviens, Maxime Tanguay, et les animateurs étaient Louis-Étienne Villeneuve et Alex Drouin, accompagnés de Guillaume Rivard à la musique. Le public a eu droit à une excellente diversité d’improvisation. Passant du discours épique à une comédie musicale, la complicité entre les joueurs était très bonne. Le match a débuté avec quelques improvisations d’assez longues durées, mais les joueurs des deux ligues n’ont pas semblé pas déstabilisés. La moitié de la partie a été marquée par le renvoi d’un joueur de la ligue montréalaise, Mathieu Lepage, qui avait accumulé deux pénalités personnelles. Tout au long de la partie, la compétition

était assez semblable chez les deux équipes qui s’échangeaient les points. L’arbitre Tanguay avait l’air d’apprécier le spectacle des joueurs autant que le public présent à la salle Louis-PhilippePoisson. Quelques joueurs y sont mêmes allés de baisers langoureux pour tenter d’obtenir le vote, ce qui a été fructueux la majorité du temps. À l’issue de toutes ces improvisations, c’est la ligue montréalaise qui est repartie avec la victoire, malgré le point accordé à la ligue mauricienne pour les quelques pénalités qu’ils ont eu lors des trois périodes du match. La LIM de la Mauricie commençait ses demi-finales le 14 avril où les Pêches l’ont emporté sur les Rouges, leur assurant une place en finale le mardi 28 avril 2015, à 20h, à la salle Anaïs-Allard-Rousseau. Les Bleus affronteront les Verts le mardi 21 avril. (C.F.) PHOTO: LAUREANNE DANEAU

Les joueurs de la Ligue d’improvisation mauricienne en pleine improvisation dans la patinoire de la salle Louis-Philippe-Poisson.

dans son interprétation. On sent que sa voix accompagne l’instrument, et non l’inverse. C’est en septembre qu’il sera possible d’entendre son premier disque, mais il est toujours possible d’écouter son EP sur son site Bandcamp. Depuis le lancement de son album le 10 février 2015, le nom d’Elliot Maginot est sur toutes les lèvres. Ce nom n’est qu’un pseudonyme, car il se prénomme Gabriel Hélie-Harvey en réalité, mais sur scène, c’est Elliot Maginot. En juin 2013, il sort un premier EP, pour ensuite sortir quelques temps plus tard, en novembre 2014, une partie des chansons qui se retrouvent sur son disque Young/Old/Everything.in.between. Il était accompagné de Jean-Philippe Hébert à la basse, de Mathieu Leguerrier aux percussions ainsi que de Jesse Mac Cormack au piano, qui a également joué avec Émilie Kahn. Lors de sa prestation du 17 avril, il était très reconnaissant de jouer devant autant de gens. «Ça veut dire beaucoup pour moi, et je vous remercie de défier la tendance populaire et de venir voir un spectacle de musique émergente ce soir», s’est-il exclamé. Tous s’entendent pour dire qu’il est très intense sur scène, et qu’il entre en transe lorsqu’il chante. Entre chaque chanson, il prenait toujours un moment pour s’accorder, et il plaisantait beaucoup à ce sujet tout au long de sa prestation. Ils

ont même oublié quelques accords, ce qui n’a pas eu l’air de les déstabiliser. «Ça fait deux semaines que l’on n’a pas joué ensemble, et c’est une éternité pour des musiciens aussi matures que nous, donc on est dans la spontanéité ce soir», a-t-il expliqué, en riant. Il sera de retour à Trois-Rivières lors du FestiVoix en première partie de Bobby Bazini le 27 juin 2015. Le CCPJ a offert une multitude de spectacles découvertes tout au long de sa programmation hivernale, même qu’Alexandre Poulin sera en supplémentaire le 30 avril dû à la forte demande du spectacle du 5 décembre 2014. (C.F.) PHOTO: C. FILION

La jeune femme a fait la première partie de The Franklin Electric le 5 février dernier à la salle Anaïs-Allard-Rousseau de la Maison de la culture de Trois-Rivières.


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LOISIRS À la confesse -qui-veut ALEXANDRE LARAMÉE ZOUÉKI Illustrateur

Jeux

Mot mystère

Sudoku

Derrière le rideau cette semaine: Alexandre Laramée Zouéki

Thème: Bourse (5 lettres) Abandon Achat Action Agrément Augmentation Baisse Boum Boursicotage Bulletin Cambisme

Commission Compensation Démarcheur Fermeté Inscription Limite Liquidation Marchandise Opérations OPV

Pair Panachage Participation Préemption Prime Report Secondaire Souscription Spéculateur Spéculation Transaction

Mots croisés Horizontalement:

Verticalement:

1. Examen endoscopique de la cavité abdominale 2. Obvier - Bagatelles 3. Débit de boissons en Suisse - Prostituées 4. Déplacerai - Trinquette Dans la rose des vents 5. Chambrée - Néon 6. Formes sinueuses des cheveux qui frisent 7. Organisation paramilitaire et policière nazie Commencement - Condiment 8. Règle de dessinateur - Acier - Six 9. Genre littéraire et musical arabe - Réunion 10. Fumier - Tas 11. Dévêtu - Succès - Petits de l’âne 12. Centrifuger - Retraite

1. Poisson des marais du bassin de l’Amazone 2. Rames - Orifice extérieur du rectum 3. Médecin français - Travail d’intérêt général 4. Manière de tenir son corps - Dix-septième lettre de l’alphabet grec 5. Bramé - S’emploie pour encourager, en partic. dans les corridas - Égal 6. Au - Crédibilité 7. Richesses 8. Bruit sec - Affl. de l’Eure 9. Anc. forme de oui - Drame japonais - Dialecte chinois 10. Présentent la même structure volcanique que la montagne Pelée - Agitation 11. Prénom féminin - Privant 12. Comté d’Angleterre, sur l’estuaire de la Tamise - Joie

«Le reporter de guerre est à l’article de la mort.»

La maxSim par Simonak Murphy-Gauthier


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SPORTS CHEERLEADING: CANADIAN NATIONAL CHEER & DANCE CHAMPIONSHIPS

Une troisième position pour terminer l’année CHLOÉ LABREVEUX Journaliste

Du 10 au 12 avril derniers, la formation des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières s’est rendue à Niagara Falls afin de disputer le Canadian National Cheer & Dance Championships. Pour leur dernière compétition de l’année, les Patriotes ont terminé en troisième position, derrière les Sharks, qui ont remporté la compétition dans leur catégorie, et le Rouge et Or de l’Université Laval, qui est arrivé deuxième. Il s’agissait d’une compétition dont l’accès était libre à toutes les équipes souhaitant y participer, qu’elles viennent du Canada ou des États-Unis, qu’elles soient issues de formations

scolaires ou civiles. Cet évènement ne faisait donc pas partie du RSEQ.

Un dernier partage Les Patriotes ont décidé de participer à cette compétition afin de partager un dernier moment en équipe, qui plus est, à Niagara Falls. Il s’agissait donc de leur dernière compétition de l’année. D’après Audrey Deschênes, la capitaine de la formation de cheerleading, au moins une cinquantaine d’équipes étaient présentes.

Des débuts difficiles La journée du samedi ne s’est pas très bien déroulée. En effet, lors de leur passage, les Pats ont écroulé deux pyramides. Ils ont cependant su se ressaisir puisque le dimanche a été accompagné d’une excellente performance. Cependant, d’autres difficultés se sont également présentées: deux des athlètes n’ayant pas pu

RETOUR DU FOOTBALL À L’UQTR EN 2017

Les choses se concrétisent peu à peu Plusieurs chapitres sont survenus depuis l’annonce du retour d’une équipe de football universitaire à Trois-Rivières en décembre dernier. Après une étude de faisabilité du projet, qui s’est avérée positive au mois de mars, voici qu’on faisait l’annonce le 3 avril dernier du plan d’affaires qui sera utilisé pour relancer le programme. C’est une corporation de 25 hommes d’affaires, dont des anciens joueurs des Patriotes dans les années 70, qui est en partenariat pour démarrer le bon fonctionnement de la franchise afin qu’il puisse y avoir un botté d’envoi à l’automne 2017. L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) aura un rôle très effacé dans le financement de la future concession. L’établissement versera la modique somme de 125 000$ annuellement lorsque la formation trifluvienne sera à l’œuvre, ce qui représente seulement 15% du budget annuel qui fera vivre l’équipe. La balance du montant sera assurée par les différents investisseurs qui forment la corporation. Ceux-ci, qui deviendront donc propriétaires, ont accepté de verser 10 000$ chacun et une personne a notamment remis un chèque de 100 000$. C’est d’ailleurs ce montant qui a permis aux autres personnes d’emboiter le pas et ainsi d’amasser 800 000$ jusqu’à présent. C’est près du tiers de l’objectif des trois millions que l’on voulait atteindre lorsque le projet a été lancé. «Nous n’attendons que l’approbation du conseil d’administration de l’UQTR. Aussitôt que nous l’avons, en mai nous l’espérons, nous serons en mesure d’aller de l’avant», a affirmé Jean-Guy Paré, un des principaux artisans du

PHOTO: COURTOISIE

projet, au quotidien Le Nouvelliste. Si les membres de la corporation obtiennent l’accord du conseil d’administration de l’UQTR afin de démarrer la campagne de financement en juin 2015, ceux-ci se mériteront probablement l’aide de la Ville de Trois-Rivières afin de voir aux couts pour la sécurité et le stationnement au stade des Diablos. Avec 5000 sièges supplémentaires qui seront rajoutés, il faut prévoir un plus grand espace pour accueillir les gens. Selon Paré, lorsque ces points seront réglés, il ne restera plus qu’à se concentrer sur l’encadrement des joueurs.

Une icône de la boxe québécoise investit dans le projet Parmi le groupe d’hommes d’affaires, il y a un visage bien connu des amateurs de boxe au Québec qui a décidé d’investir afin de ramener le ballon ovale en Mauricie. Ancien secondeur des Patriotes de 1975 à 1978 et entraineur pendant deux saisons, le réputé promoteur du groupe Gym, Yvon Michel, n’a pas hésité à verser la somme de 50 000$ afin de faire avancer les choses. Selon ce que le principal intéressé a mentionné à TVA Sports, une association entre lui et ses anciennes amours s’avérait des plus naturelle. «J’ai joué trois ans avec les Patriotes et j’ai été entraineur sur l’équipe durant deux saisons. Si la formation avait survécu, je ne me serais probablement jamais dirigé vers la boxe. À la base, le football, c’était mon sport numéro un.» À noter qu’un entraineur devrait également être engagé d’ici la fin de 2015 pour le recrutement ainsi que des employés pour amorcer la promotion de tout ce qui entoure l’aspect marketing de la future équipe des Patriotes. (L.-P.C.)

L’équipe de cheerleading de l’UQTR, heureuse à l’issue de cette compétition à Niagara Falls. se libérer pour cette compétition, l’équipe a dû trouver deux remplaçants. Ce championnat était une belle manière pour

la formation de cheerleading des Patriotes de terminer cette année, qui aura marqué la formation de cheerleading, en beauté.


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21 avril au 4 mai 2015

SPORTS

RADIODIFFUSION DES PARTIES DES AIGLES CAN-AM

La radio CFOU 89,1 FM signe un coup de circuit ÉTIENNE DUBOIS Journaliste

La radio du campus de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), CFOU 89,1 FM, a annoncé une excellente nouvelle le mercredi 15 avril dernier, alors qu’elle sera le diffuseur officiel des matchs des Aigles de Trois-Rivières de la Ligue Can-Am pour les trois prochaines saisons. Grâce à cette entente, d’une durée de trois ans, la radio CFOU succède au 106,9 FM, qui agissait en tant que diffuseur officiel depuis deux ans. «Les Aigles sont fiers de s’associer à CFOU 89,1 [FM], une radio émergente dont la popularité grandit sans cesse depuis quelques années. Nous poursuivons ainsi notre objectif de nous rapprocher de nos partisans en leur transportant notre produit à l’extérieur du stade, où qu’ils soient dans la région de Trois-Rivières», a fait valoir le directeur général des Aigles, René Martin. De son côté, le directeur général chez CFOU, Jean-Philippe Charbonneau, se disait également très heureux de l’entente. «Lorsque nous avons été approchés pour être diffuseur officiel des matchs, nous avons vu une opportunité de joindre deux organisations qui ont à cœur la communauté, le développement et la relève. Cet été, les Aigles souffleront leur troisième bougie, et de pouvoir arriver à ce moment-clé d’une organisation qui a su démontrer qu’elle était

bien implantée dans la communauté de Trois-Rivières, il s’agit d’un réel privilège.» L’antenne de 3500 watts de CFOU permettra de diffuser les rencontres des Aigles sur une surface d’environ 35 kilomètres à la ronde. Il est également possible pour les partisans de télécharger l’application mobile CFOU, disponible pour iPhone, en plus de pouvoir suivre les rencontres en baladodiffusion sur le site Web de la Ligue Can-Am via celui de CFOU.

«Lorsque nous avons été approchés pour être diffuseur officiel des matchs, nous avons vu une opportunité de joindre deux organisations qui ont à cœur la communauté, le développement et la relève.» — Jean-Philippe Charbonneau Après que 45 et 55 parties eurent respectivement été diffusées sur les ondes radiophoniques trifluviennes lors des deux premières saisons de l’organisation, ce sera cette année un total de 68 rencontres de saison régulière qui seront radiodiffusées sur CFOU 89,1 FM (55 parties à Trois-Rivières, dix à Québec face aux Capitales, en plus d’une série de trois matchs à l’étranger à déterminer ultérieurement).

Simon Laliberté, la voix des Aigles Pour une deuxième année consécutive, c’est Simon Laliberté qui agira comme descripteur des parties des Aigles de Trois-Rivières. «C’est un immense privilège pour moi de demeurer la

PHOTO: LES AIGLES

CFOU 89,1 FM sera le diffuseur officiel des matchs des Aigles de Trois-Rivières à la radio pour les trois prochaines saisons. De gauche à droite, nous retrouvons Simon Laliberté, descripteur des parties des Aigles, Jean-Philippe Charbonneau, directeur général chez CFOU, ainsi que René Martin, directeur général des Aigles de Trois-Rivières. voix de la seule équipe de sport professionnel en Mauricie», avoue celui qui agit également en tant que directeur des communications des Aigles de Trois-Rivières. Laliberté sera accompagné, à l’analyse, de deux journalistes du quotidien Le Nouvelliste, soit Louis-Simon Gauthier, pour les matchs en semaine, ainsi que Nicolas Ducharme, pour les rencontres de fin de semaine. Il s’agira d’une première expérience pour Gauthier à l’analyse des parties des Aigles, lui qui se dit excité par ce nouveau projet. De son côté, Ducharme sera de retour pour une troisième année, après avoir été présent depuis la toute première année de radiodiffusion des Aigles au 106,9 FM en compagnie de Claude Boucher. Il est également à noter que les parties à Québec et à l’étranger seront décrites uniquement par Simon Laliberté.

Un autre beau projet sportif pour CFOU 89,1 FM Même s’il s’agit d’une grosse nouvelle pour la station de radio de l’UQTR, les parties des Aigles ne seront pas la première expérience d’évènements à caractère sportif dans laquelle s’embarque CFOU 89,1 FM. Ça fait maintenant trois ans que la radio CFOU est présente lors du Grand Prix de Trois-Rivières, et d’autres projets pourraient se concrétiser dans les prochaines années. Justement, selon Jean-Philippe Charbonneau, la porte serait ouverte afin que les matchs de la formation de hockey des Patriotes de l’UQTR soient diffusés sur les ondes de CFOU, et ce, peut-être même dès la saison prochaine. Rappelons que depuis 2012, les parties des formations universitaires de soccer et de hockey sont webdiffusées sur les ondes de Patriotes.TV.

LA VIE DE HOCKEYEUR APRÈS LES ÉTUDES

D’anciens Patriotes en Europe Plusieurs options s’offrent aux joueurs de hockey des Patriotes qui terminent leur parcours universitaire. Certains rentrent directement sur le marché du travail, mais d’autres poursuivent leur carrière de hockeyeur, soit dans la Ligue de la Côte Est, soit en Europe. C’est le cas de Félix Petit et de Pierre-Luc Lessard, qui ont tous les deux pris la décision de joindre les rangs des Brûleurs de Loups de Grenoble afin de prolonger leur carrière de joueur de hockey de l’autre côté de l’océan Atlantique. Les deux anciens Patriotes étaient d’ailleurs coéquipiers lors de la saison 2012-2013, où la formation de l’UQTR a soulevé sa plus récente Coupe Queen. En plus de garder un très beau souvenir de cette conquête, Petit et Lessard se souviendront également longtemps du match suicide de 2010 qui permettait au vainqueur de participer au Championnat canadien. Tirant de l’arrière 4-2 avec un peu plus de 90 secondes à jouer face aux Mustangs de Western, les Patriotes y étaient allés d’une poussée de trois buts en 31 secondes pour se sauver avec une victoire de 5-4. Pour Lessard, plusieurs facteurs ont fait en sorte

que son adaptation en Europe n’a pas vraiment été difficile. «Je connaissais déjà trois joueurs de l’équipe avant même de donner mes premiers coups de patin pour l’équipe de Grenoble (Félix Petit, Francis Charland et Toby Lafrance). Le fait qu’il n’y ait pas de barrière de langue car on y parle français a d’autant plus facilité mon adaptation, ce qui n’aurait pas nécessairement été le cas dans un autre pays d’Europe», confie celui qui a porté les couleurs des Olympiques de Gatineau, du Rocket de l’Île du Prince Édouard et du Drakkar de Baie-Comeau lors de son passage dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Pourtant, le hockeyeur originaire de Thetford Mines avoue que l’Europe ne représentait pas son premier choix au terme de son passage avec les Patriotes. «Je n’avais jamais vraiment pensé jouer en Europe avant de recevoir des offres de certaines équipes en France. À cette époque, j’envisageais de poursuivre ma carrière vers la East Coast ou la Ligue américaine. Cependant, j’aimais beaucoup plus le type de jeu joué en Europe puisque celui-ci est davantage axé sur la vitesse et les habiletés avec la rondelle, ce qui me convenait plus. Je ne regrette pas le choix que j’ai fait», fait valoir Lessard.

Après une première saison pendant laquelle il a récolté un but et sept mentions d’aide en 25 rencontres, en plus d’un différentiel de +2, l’ancien choix de quatrième ronde des Sénateurs d’Ottawa en 2006 s’est vu confier un rôle plus défensif pour sa deuxième campagne en Europe. «À ma première année, j’avais davantage un rôle offensif contrairement à la deuxième année où le coach a décidé de me donner des responsabilités plus défensives, chose qui n’est pas mauvaise même si je me vois davantage comme un défenseur offensif que défensif», avoue Lessard, qui a amassé un total de 11 points et affiché un différentiel de +20 en 26 matchs cette saison. Il avoue d’ailleurs être présentement en négociation pour son prochain contrat, à Grenoble ou ailleurs. De son côté, le produit des Remparts de Québec et du Drakkar de Baie-Comeau, Félix Petit, avoue qu’il a dû s’adapter à sa nouvelle vie. «Il y a eu une certaine adaptation par rapport au pays et au mode de vie qui est un peu différent du nôtre, c’est certain. Les gens de l’organisation font en sorte que l’on s’acclimate vite et le fait que la langue soit le français a également beaucoup simplifié les choses», indique l’athlète de 26 ans, qui ajoute que de partir avec Pierre-Luc Lessard a

contribué à son adaptation. «C’était soit l’Europe ou la East Coast, à l’époque. Rendu à 25 ans je ne voulais pas jouer pour les ligues mineures aux États-Unis où les conditions sont assez difficiles. Il y a 80 matchs par année, et les voyages sont très longs et les salaires très bas. Donc au niveau de la qualité de vie et du salaire je trouvais que l’Europe était la meilleure option. La saison dernière, le petit attaquant de 5’08’’ natif de Jonquière a trouvé le fond du filet à 11 reprises et s’est fait complice de 16 buts en 26 matchs. Petit a connu une campagne encore meilleure cette année, alors qu’il a marqué neuf buts et amassé 29 passes. «Ça fait deux ans que je suis le premier centre à Grenoble. Je dois créer de l’offensive et produire à l’attaque. Je dois aussi bien faire autant sur l’avantage numérique que sur le désavantage numérique», relate celui qui a amassé 126 points en 95 rencontres dans l’uniforme des Patriotes de l’UQTR. Après avoir conclu la saison au premier rang de la Ligue Magnus grâce à un dossier de 18-4-3-1, les Brûleurs de Loups de Grenoble se sont faits éliminés contre les Ducs de Dijon en quart de finale des séries éliminatoires. (É.D.)


www.zonecampus.ca

SPORTS

UNIVERSIADES D’ÉTÉ DU 3 AU 14 JUILLET

DÉPART DU DIRECTEUR DU CAPS

L’UQTR sera bien représentée en Corée

Lafond quittera en août

Comme chaque golfeur qui attend avec impatience l’arrivée du Masters en avril, Caroline Lapierre-Lemire attend la compétition pour laquelle elle s’entraine depuis des mois avec fébrilité. Après une belle saison avec les Patriotes et un week-end impressionnant aux championnats canadiens, au cours duquel elle a raflé l’argent au 100m libre, la nageuse originaire de Rouyn-Noranda sera à Gwangju en Corée du 3 au 14 juillet à l’occasion des 28e Universiades d’été.

Le Service de l’activité physique et sportive (SAPS) à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a appris une bien mauvaise nouvelle dans les derniers jours. Son actuel directeur, André-François Lafond, a annoncé qu’il ne serait pas de retour dans ses fonctions pour l’année prochaine. La nouvelle a été annoncée la semaine dernière par le quotidien Le Nouvelliste.

C’est donc en Asie que l’étudiante de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) se frottera aux meilleurs nageurs des quatre coins du globe, pour clôturer une belle première saison universitaire. L’Universiade est un festival sportif et culturel au niveau international qui se tient aux deux ans. Il ne s’agit pas des championnats du monde puisqu’il faut fréquenter une institution de niveau supérieur afin de pouvoir participer à ce grand rendez-vous mondial. Cette compétition en est une d’envergure, car, au total, ce sont environ 9000 étudiants-athlètes provenant de 170 pays qui se réunissent pour cet évènement qui a pris beaucoup d’ampleur au cours des dernières années. L’étudiante à la maitrise en sciences de l’activité physique ne s’en cache pas, ça fait un bon bout de temps qu’elle pense à cette compétition et qu’elle s’entraine en conséquence. «Au début de la saison, on se prépare toujours pour une ou deux compétitions, les autres servent à garder la forme. Disons que les Universiades sont dans ma mire depuis quelques mois déjà.» Lapierre-Lemire sera donc du groupe de nageurs formé de 18 Canadiens (huit gars et huit

filles) qui s’envoleront vers le continent asiatique au début juillet. Considérée comme l’une des meilleurs de son sport au Canada, la jeune fille de Rouyn-Noranda sera encore à surveiller à Gwangju. La principale intéressée participera aux 50 et 100m libres, deux épreuves dans lesquelles elle a excellé cette saison, et au relai 4x 100m style libre. Lapierre-Lemire ne sait pas du tout ce dont aura l’air le calibre qu’il y aura en Corée, mais elle souhaite tout de même vendre chèrement sa peau.

«Les Universiades sont dans ma mire depuis plusieurs mois déjà.» — Caroline Lapierre-Lemire «Certains nageurs se concentrent sur les championnats mondiaux, alors certains pays peuvent avoir une équipe B sur place, ce qui change la donne. Mais peu importe le calibre, j’aime bien mes chances de bien paraitre là-bas.»

Étudiante-athlète par excellence Caroline Lapierre-Lemire a reçu un bel honneur lors du 43e gala mérite sportif des Patriotes alors qu’elle a été nommée étudiante-athlète par excellence chez les filles. Il s’agit d’une belle façon de souligner une très belle première année avec les Patriotes et d’une source de motivation supérieure pour sa dernière compétition du calendrier. «C’est spécial de recevoir un tel prix, il y a tellement de bons athlètes qui évoluent avec les Patriotes et d’avoir remporté cet honneur me donne beaucoup de confiance pour les Universiades!» (L.-P.C.)

PHOTO: OLIVIER CROTEAU

Caroline Lapierre-Lemire représentera l’UQTR en natation aux Universiades à Gwangju en Corée du 3 au 14 juillet prochain.

Il s’agit d’une nouvelle étonnante, puisque Lafond s’impliquait présentement dans le retour d’une équipe de football à l’UQTR. Grâce à ses démarches, les Patriotes devraient pouvoir mettre une équipe sur un terrain de football en 2017. Justement, le directeur du SAPS n’était pas présent lors du 43e Mérite sportif des Patriotes. Selon ce que Le Nouvelliste a été en mesure d’apprendre, Lafond est en arrêt de travail jusqu’au 27 avril. «Il s’agit d’un choix personnel», a indiqué le président du conseil d’administration de la Fondation de l’UQTR, Jean-Guy Paré, au quotidien régional. «André-François est l’un de nos leaders. Il est reconnu par toute la communauté du football et plusieurs l’avaient en haute estime. C’est dommage, parce que nous sommes actuellement en planification stratégique du côté du sport d’excellence et il était un allié de taille. Nous aurons la confirmation du retour du football universitaire à Trois-Rivières d’ici le

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mois de mai et c’est en grande partie grâce à son travail.» Après avoir occupé le poste de directeur général de Sports Québec, André-François Lafond avait succédé à Michel Morin (en poste de 1997 à 2010) en tant que directeur du SAPS le 15 novembre 2010.

«C’est dommage, parce que nous sommes actuellement en planification stratégique du côté du sport d’excellence et il était un allié de taille.» — Jean-Guy Paré, président de la Fondation de l’UQTR Il était alors devenu le cinquième directeur du SAPS après Yvon Lamarche (1970-1979), Raymond Tellier (1979-1989), Jean-François Grenier (1989-1997) et Michel Morin. (É.D.) PHOTO: DANY JANVIER

GRAND DÉFI PIERRE LAVOIE: RELIER QUÉBEC À MONTRÉAL

Des étudiants se mobilisent L’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) a décidé cette année de participer au Grand défi Pierre Lavoie qui se déroulera les 9 et 10 mai 2015. C’est le 9 mai prochain, entre 19h30 et 23h, que les étudiants du campus trifluvien prendront part à cette course à relai sur la route 138. L’UQTR participera donc à «La Course au secondaire du Grand défi Pierre Lavoie». Il s’agit d’un évènement de course à pied où les coureurs doivent courir à relai les 250 kilomètres qui séparent Québec de Montréal, de jour comme de nuit. Le coup d’envoi se fera à Québec le 9 mai à 8h30 et une grande fête aura lieu à Montréal à l’arrivée des coureurs le 10 mai au soir. Pas moins de 120 écoles participeront au défi cette année. Le Grand défi Pierre Lavoie est un évènement sportif s’étant donné pour mission d’encourager

les jeunes à adopter de saines habitudes de vie. Pour atteindre cet objectif, les organisateurs s’emploient à mobiliser le milieu scolaire québécois afin d’amener les jeunes à choisir un mode de vie plus sain, sur une base régulière, de façon

Le Grand défi Pierre Lavoie est un évènement sportif s’étant donné pour mission d’encourager les jeunes à adopter de saines habitudes de vie. à ce que ces habitudes deviennent la norme pour les générations de demain. Le Grand défi Pierre Lavoie, dont le coup d’envoi a été donné en novembre 2008, est le plus important évènement santé jamais organisé dans la province. (C.L.)


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21 avril au 4 mai 2015

SPORTS

43E MÉRITE SPORTIF DES PATRIOTES

Une année riche en émotions et en talents PHOTO: TERRY CHARLAND

PHOTO: TERRY CHARLAND

CHLOÉ LABREVEUX Journaliste

Le jeudi 9 avril 2015 a eu lieu le 43e Mérite Sportif des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Il s’agit d’une cérémonie annuelle de remise de prix ayant pour but de récompenser les efforts fournis par les étudiants-athlètes des Patriotes au cours de l’année.

Francis Desrosiers était heureux de se distinguer en tant que «recrue de l’année» lors du 43e Mérite Sportif des Patriotes.

Cette 43e cérémonie s’est déroulée sous la présidence d’honneur de Jean-Guy Paré, président du conseil d’administration de la Fondation de l’UQTR. Après une période de remise d’une centaine de bourses, pour un montant total de 164 000$, cinq distinctions ont été attribuées aux meilleurs Patriotes.

Des athlètes hors-normes La distinction de recrue de l’année, qui souligne les performances sportives, l’adaptation à l’équipe et l’attitude, a été attribuée à Francis Desrosiers, joueur de hockey de haut niveau.

Caroline Lapierre-Lemire a tenu à s’exprimer et à remercier le «personnel académique vraiment compréhensif» qui lui a permis de vivre sa passion parallèlement à ses études. Le titre d’étudiant-athlète de l’année, soulignant une moyenne scolaire supérieure à 3,3/4,3 et des performances sportives supérieures à la moyenne, a été remis à Caroline suite de la une Lapierre-Lemire, avec une moyenne de 4/4,3 à la maitrise en sciences de l’activité physique ainsi que d’innombrables distinctions dans son sport, la natation. Cette dernière a alors tenu à s’exprimer et à remercier le «personnel académique vraiment compréhensif» qui lui a permis de vivre sa passion parallèlement à ses études. Félix Plouffe, joueur dans l’équipe de hockey, s’est vu attribuer la bourse Raymond Champagne. Cette bourse récompense l’étudiant-athlète ayant

Félix Plouffe, joueur de hockey, était très surpris, mais pas peu fier, de se voir attribuer la bourse Raymond Champagne. maintenu la moyenne cumulative la plus haute durant la saison 2014-2015. C’est sa cote de 4,14/4,3 au baccalauréat en kinésiologie qui lui aura permis de recevoir cette distinction par Raymond Champagne, professeur retraité de l’UQTR, qui contribue depuis plus de 20 ans à l’excellence académique et sportive. Le titre d’athlète féminine de l’année, soulignant les performances sportives, le leadership et le rayonnement à l’extérieur de l’équipe a été quant à lui remis à Gabrielle Lambert. Cette joueuse de soccer est la gardienne de but ainsi que la capitaine de l’équipe depuis deux saisons déjà. Concernant la dernière distinction individuelle, celle d’athlète masculin de l’année, elle a été attribuée à Billy Lacasse, joueur de hockey, pour son attitude et son dévouement exceptionnel tant sur la glace qu’à l’extérieur. Enfin, l’équipe ayant obtenu le titre d’équipe de l’année, soulignant celle s’étant le plus distinguée dans le réseau universitaire québécois et canadien, est l’équipe de hockey des Patriotes de l’UQTR qui, dirigée par Marc-Étienne Hubert, a connu une autre saison exceptionnelle. À la suite de ces récompenses, plusieurs souvenirs ont été remis par les entraineurs aux différents étudiants de leur formation.

Une ambiance Cette soirée a été animée par la diffusion de plusieurs vidéos, relatant les exploits et les moments forts des Patriotes durant l’année, une belle façon de leur remémorer leur aventure exceptionnelle. Ces diffusions ont suscité beaucoup d’effervescence et un clair sentiment de patriotisme et de fierté d’appartenance à l’Université du Québec à Trois-Rivières. PHOTO: TERRY CHARLAND

Caroline Lapierre-Lemire, nageuse dans l’équipe des Patriotes, termine son passage universitaire en beauté en se voyant remettre le titre d’étudiante-athlète de l’année.


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SPORTS

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43E MÉRITE SPORTIF DES PATRIOTES

Lacasse et Lambert élus athlètes de l’année LOUISPHILIPPE CARBONNEAU Journaliste

Les sports sont nombreux à l’UQTR et le campus regorge d’athlètes bourrés de talent. Ceux-ci étaient à l’honneur de 9 avril dernier alors que se tenait le 43e gala Mérite sportif des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). C’est le vétéran attaquant de la formation des Patriotes Billy Lacasse et la gardienne de but de l’équipe de soccer féminine Gabri-

elle Lambert qui ont remporté le prix le plus convoité de tous, celui d’athlète de l’année. Lacasse a connu toute une année avec les Patriotes récoltant 31 points en 26 rencontres. Le vétéran de quatre saisons a également affiché ses couleurs en séries éliminatoires en marquant de gros buts pour la troupe de MarcÉtienne Hubert. Le numéro 22 des Trifluviens a aussi fait preuve de beaucoup de leadership envers ses coéquipiers et s’est grandement impliqué à l’extérieur de la patinoire, ce qui lui a valu ce titre de Patriote de l’année du côté masculin. «Je n’aurais pas pu demander mieux afin

PHOTO: TERRY CHARLAND

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Gabrielle Lambert, figure emblématique de l’équipe de soccer féminine, a reçu le titre de Patriote de l’année à l’occasion du 43e Mérite Sportif des Patriotes. de boucler la boucle. J’ai passé quatre belles saisons avec l’UQTR et je suis extrêmement reconnaissant d’avoir été choisi dans cette catégorie», affirme celui qui a amassé 98 points en 108 matchs de saison régulière au cours de son passage avec les Pats.

«Je n’aurais pas pu demander mieux afin de boucler la boucle.» — Billy Lacasse Billy Lacasse, vétéran et joueur-clé dans la formation de hockey, s’est vu attribuer le titre de Patriote de l’année.

L’équipe de hockey nommée équipe de l’année L’année exceptionnelle de la formation de hockey des Patriotes de l’UQTR s’est poursuivie le jeudi 9 avril dernier dans le cadre du 43e Mérite sportif de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). La troupe de Marc-Étienne Hubert s’est vu décerner le titre d’équipe de l’année pour la saison 2014-2015, succédant ainsi à la formation de volleyball féminin division 2 qui avait mis la main sur cet honneur l’an dernier.

Même si les Pats ont dû se contenter d’une quatrième position au pays, on ne peut toutefois passer sous silence la remontée incroyable des Patriotes lors du match quart de finale du Championnat canadien qui les opposait aux Axemen de l’Université Acadia. Alors qu’elle tirait de l’arrière par trois filets en début de troisième période, la formation de l’UQTR a amorcé toute une remontée pour finalement remporter la partie par la marque de 6-5 en prolongation.

Il faut dire que l’honneur est pleinement mérité pour l’équipe de hockey trifluvienne. Après avoir conclu la saison régulière au troisième échelon de la conférence Est des Sports Universitaires de l’Ontario (SUO), les Patriotes ont été invaincus au cours des séries éliminatoires, avant de s’incliner face aux Gryphons de Guelph dans le cadre du match de la Coupe Queen. Il s’agissait d’une 16e participation de l’histoire de l’équipe pour l’obtention de ce trophée. Ce beau parcours en séries aura d’ailleurs permis aux Trifluviens de participer à un troisième Championnat canadien en quatre saisons.

Avec cinq marqueurs de plus de 30 points et quatre marqueurs parmi le top dix des SUO, les Patriotes ont terminé au premier rang au Canada en ce qui concerne la moyenne de buts par match. Ils ont aussi très bien performé sur les unités spéciales, terminant deuxième au pays en désavantage numérique et troisième en avantage numérique. Rappelons que les attaquants Tommy Tremblay, Billy Lacasse, Jason Rajotte, ainsi que le défenseur Olivier Hotte et le portier Guillaume Nadeau ne seront pas de retour avec les Patriotes la saison prochaine. (É.D.)

Des statistiques intéressantes

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L’équipe de hockey, ici réunie au complet et accompagnée de la rectrice, Nadia Ghazzali, après avoir remporté le titre d’«équipe de l’année».

Lambert a elle aussi su concilier performance et leadership cette année. Celle qui a agi à titre de capitaine du onze trifluvien pour une deuxième campagne de suite a bien fait en 2014-2015 en donnant des solides prestations à son équipe. Reconnue comme une leader naturelle, elle a été sélectionnée sur la deuxième

équipe d’étoiles de la ligue lors de la saison extérieure et sur la première équipe d’étoile à l’hiver 2015. La gardienne de but a réussi quatre blanchissages en plus d’avoir été nommée joueuse par excellence de la rencontre à quatre reprises. La portière de la formation de soccer affirme avoir été très surprise d’avoir remporté ce titre et que beaucoup de crédit revient à ses partenaires de jeu.

Lambert a su concilier performance et leadership cette année. «Je ne m’attendais pas du tout à recevoir ce prix-là, donc c’est certain que je suis très heureuse. Cependant le soccer ça se joue à onze et sans l’appui de mes coéquipières je n’aurais pas pu remporter cet honneur.»


Zone campus 21 avril 2015 (impression)  
Zone campus 21 avril 2015 (impression)  
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