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élinquence uvénile

en couverture Le Conseil national de la vie lycéenne, exercice de démocratie à l’école

“Vous êtes les premiers élus issus du vote de tous les lycéens de France. Nous avions fait le pari du suffrage direct : près d’un lycéen sur deux, soit plus de 1 million de jeunes, a voté aux élections en octobre” s’est félicité le ministre de l’Education, Jack Lang, qui les a reçus. Selon les statistiques précises du ministère, le taux de participation s’est élevé à 47 % sur les quelques 2,5 millions de lycéens appelés à voter pour élire leurs délégués dans les conseils (CVL) installés dans chaque établissement scolaire, lesquels élisent un délégué académique qui siège au Conseil national de la vie lycéenne (CNVL). Ces instances, où siègent à parité des lycéens et des adultes (personnels et parents d’élèves) répondent à une grande revendication des jeunes dans les dernières manifestations lycéennes. Ils ont un rôle consultatif auprès de l’administration. Seuls les lycéens, élus pour deux ans, y ont un droit de vote. Le tableau n’est pas encore totalement idyllique. Une élue

souligne qu’il reste “encore des progrès à faire” sur le chemin de la démocratie. “Les élections dépendent du bon vouloir du proviseur” ditelle en soulignant que dans certains lycées, ils se sont contentés de désigner des élèves volontaires pour être les délégués. Elle ajoute que beaucoup d’élèves n’ont pas été informés à temps de ces élections et qu’il faudra encore du temps pour faire entrer l’exercice dans les moeurs. Néanmoins, assure-t-elle “le principe de l’élection au suffrage direct est une grande avancée”. Auparavant, le système prévoyait un vote des délégués de classe uniquement. Au ministère, où l’on assure que ces conseils n’ont pas la vocation d’être des contre-pouvoirs pour les proviseurs au sein des établissements, on se félicite du taux de participation, qui “montre que les jeunes sont intéressés” à la vie autour d’eux. Par comparaison, la participation aux élections étudiantes dans l’enseignement supérieur est de l’ordre de 5 %. “Les lycéens ont besoin d’un lieu où parler”, dit-on au ministère. Les

conseils d’administration des grands établissements ne sont que des champs de bataille entre profs, parents et administration, où la voix des élèves. est souvent très diluée. Tous les sujets peuvent être abordés, des problèmes d’emploi du temps à la violence en passant par l’intégration des handicapés. “On veut être pris au sérieux, nous ne sommes pas des enfants” dit Charlotte Le Provost, élue de Paris. Elle se déclare “étonnée” de voir que les préoccupations des lycéens de province sont assez différentes des siennes. “Ils ont moins de problèmes matériels à l’intérieur des établissements que nous pour l’organisation des travaux personnels encadrés”, dit-elle. “En revanche, ils ont des problèmes de transport très importants, que nous n’avons pas à Paris”. L’un des grands sujets qui préoccupe tout le monde c’est la violence scolaire. “Cela devient un fait divers, un prof agressé on n’en parle même plus”, regrette Charlotte. Isabel MALSANG

La violence à l’école

Bibliographie - Eric Debarbieux, La violence en milieu scolaire. 1 et 2 - ESF Editeur, 1996 - B. Charlot et J.-C. Emin (coord), Violence à l’école : l’état des savoirs, A. Colin, 1997 - Caroline Mangez, La cité qui fait peur, Albin Michel, 1999 (98F) - Christian Bachmann et Nicole le Guennec, Violences urbaines, Albin Michel, 1999, (160F) - Michel Wievorka, Violence en France, Seuil, coll. “L’épreuve des faits”, 1999 - Maîtriser la violence à l’école, Lucien Piloz, De Boeck et Belin - Violence par temps de paix, Esprit - Mission sur les violences urbaines, Sophie Body-Gendrot , Nicole Le Guennec, La documentation française - La violence, l’école, l’EPS, dossier n°42

Sites Internet

Une balle traverse la fenêtre d’une salle de classe à Narbonne NARBONNE (Aude), 19 jan (AFP) - Une balle a traversé vendredi en fin d’aprèsmidi la fenêtre d’une salle de classe d’une école primaire de Narbonne, dans laquelle ne se trouvait heureusement aucun élève, a-t-on appris de source policère. Les élèves, qui ont habituellement cours à cet endroit le vendredi après-midi, étaient dans une autre salle, a indiqué le directeur de l’école du Bourg, René Frémy. L’alerte a été donnée par une femme de ménage qui travaillait alors dans la salle et qui s’est jetée à terre au moment de l’impact. Le projectile, tiré de l’extérieur de l’établissement scolaire, mais dont l’origine exacte n’a pas encore été déterminée, s’est fiché dans le rideau de plastique de la fenêtre, a-t-on précisé.

Bibliographie sur la violence en milieu scolaire: www2.ac-lyon.fr/enseigne/ses/grandeborne/bib-violence.html#ancre418765 Les chiffres de la violence par l’INSEE: www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/IP760.pdf Violence dans la ville - Site du Gouvernement: www.urbanisme.equipement.gouv.fr/cdu/ accueil/bibliographies/villeetviolence/ dans.htm Analyse de l’enquete INSEE sur la violence et la delinquence en milieu scolaire: www.ena.fr/F/pm/pdf/qs99/ trafics2.pdf Site de l’INSEE : www.insee.fr/

AFP-Georges Gobet

Violence à l’école, orientation, transports : le nouveau Conseil national de la vie lycéenne, qui rassemble 30 lycéens élus par leurs pairs, représentant chaque académie, a planché pour la première fois à Paris sur les grands problèmes de la vie des lycées.

Chirac “préoccupé” par l’évolution de la sécurité en France

Le président Jacques Chirac a jugé “préoccupante” l’évolution de la sécurité en France et estimé, samedi à Tulle, qu’il était “temps de prendre toute la mesure de ce phénomène” et de “trouver des solutions concrètes”. “Une France forte et douce à ceux qui y vivent, c’est une France rassurée”, a-t-il déclaré, en présentant comme chaque année ses voeux aux Corréziens. Pour Jacques Chirac, la sécurité, “c’est tout simplement le droit de vivre en paix dans sa ville, dans son quartier, dans son village, dans sa cité”. “Or, de plus en plus souvent, ce droit est remis en question, quand se multiplient les incivilités et les agressions, quand les agents du secteur public, conducteurs d’autobus, contrôleurs du secteur privé, convoyeurs de fonds et bien sûr les policiers et gendarmes, sont menacés, quand tout est prétexte à des explosions de violence ou de vandalisme, quand l’école n’est plus un sanctuaire mais le prolongement de la rue où règne souvent la loi des clans”, a dit le chef de l’Etat. “Il y a là une évolution préoccupante, surtout quand on sait que la plupart des délits ne sont même plus signalés, soit par crainte de représailles, soit parce que les victimes n’espèrent plus rien des pouvoirs publics”, a-t-il ajouté. “C’est dire que la violence dans ses formes les plus extrêmes peut se banaliser, que le nondroit peut devenir un droit, revendiqué en tant que tel”. “Il n’est pas acceptable qu’une partie de la population se sente abandonnée, que les maires et leurs équipes tentent de mettre en place, dans un grand sentiment de solitude, des solutions ponctuelles ou partielles, que les chefs d’établissements et les enseignants aient de plus en plus de mal à accomplir un métier qui est presque toujours une vocation, que ceux qui se dévouent pour le bien-être de la communauté, médecins, infirmières, pompiers, n’osent souvent plus se déplacer et apporter les secours attendus”. “Il est temps de prendre toute la mesure de ce phénomène. Il est temps de trouver des solutions concrètes, portées par la volonté et surtout la mobilisation de tous”, a-t-il ajouté. Ces solutions “exigent le dialogue, la concertation et, les décisions ayant été arrêtées sans démagogie, de la détermination et de l’autorité”. Jacques Chirac a souhaité que les maires “soient dotés de compétences leur permettant de répondre” aux attentes en matière de sécurité.

Semaine du 2 avril 2001

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168h  

Maquette de 168h (Cent soixante huit heures), le premier hebdo d'info gratuit cree en 2001 en France et en Belgique par David Benaym.

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Maquette de 168h (Cent soixante huit heures), le premier hebdo d'info gratuit cree en 2001 en France et en Belgique par David Benaym.

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