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Collaboration: Anne-Marie Gagnon Club Multivoile 4 saisons Coalition Eau Secours David Collin Daniel Jalette David Auc Emilie Lepage Évelyne P. Fardoche Francis Gauthier Fred (le pêcheur) Gilbert Cabana J de coeur Jean Chamberland Jean-François Veilleux Jean-Marc Lemire Jimmy Siles Joanie Otis Johanne Chevanel Kath Korbo Le zélote L’indien Lyse Panneton Mag Marcel Binet Mariannick Mercure Marie-Danielle Trottier Martin Gagnon Blanchette Michel Duguay Micheline Plourde Momo Nicholas McCallum Nicolas Sourdif Patrice Lafond Philippe Giroul Pushino Réjean Bonenfant Richard Lair Rita Dupont Stéphane Doucet

Couverture arrière : Anne-Marie Gagnon

Équipe de Production : Rédacteur en « chef » : Sébastien Bois Infographie : Francis Gauthier Correction : Maya, Diane Vermette Distribution : Point de rue

Le journal La Galère a pour mission première d’améliorer les conditions des hommes et des femmes et de favoriser à la fois le développement de l’autonomie et le sentiment d’appartenance à la communauté. Parution mensuelle (à l’exception de 2#) Volume 7, no. 7, novembre-décembre 2009 Tirage : 2200 exemplaires Fiduciaire du projet : Point de Rue Financement : Service Canada Imprimeur : Les impressions Stampa Dépôt légal, bibliothèque nationale du Québec et du Canada

3 Éditorial - Sébastien Bois

Le fleuve Saint-Laurent et le Lac St-Pierre 4 6 7 7 8 9 10 11 12 13 13 14 15 16 17 18 18 19 19 20

Une réserve de la biosphère - Joanie Otis et Emilie Lepage Le St-Laurent : un joyau menacé - Gilbert Cabana De La Galère à la voile - David Collin Le Club Multivoile 4 saisons Les chemins d’eau - Réjean Bonenfant Philippe Giroul du G.A.R. répond aux questions “explosives” de La Galère Un projet éco-touristique pour l’île Moras - Richard Lair Le problème de la fluoration de l’eau au Québec - Jimmy Siles « Incompatibilité avec l’équipe » - Mariannick Mercure Beauté Lyrique - Micheline Plourde Ma soeur - Nicolas Sourdif Pour remettre le fleuve au monde - Stéphane Doucet Un laboratoire écologique à ciel ouvert - Marcel Binet Les émissions du tritium et leurs effets négatifs sur l’exportation des produits agricoles - Michel Duguay L’histoire de la Commune de Baie-du-Febvre - Francis Gauthier Le fleuve Saint-Laurent : entrée sur la terre promise - Rita Dupont Le Lac Saint-Pierre - Lyse Panneton Comment une goutte d’eau peut rafraîchir et plusieurs peuvent tuer? - Mag Lettre écrite par un enfant de 10 ans - Jean-Fr ançois Veilleux Vox Pop - Momo

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Article Power - Marie-Danielle Correspondance de la prison : Si j’étais roi - Jean-Marc Lemire L’alcool, un vrai couteau sur la gorge! - L’indien Rage - Korbo À nous le monde - J de coeur Ma plaie - Le Zélote Je veux tourner la page - Johanne Chevanel Merci de m’avoir ouvert les yeux - Fred De fil en aiguille - Fardoche Courrier du lectorat Lettre ouverte à monsieur Jean Charest - Michel Marie On ne fait pas la fête quand ça brûle chez lesvoisins Tomber pile et face contre terre - Nicholas McCallum Monsieur le maire - Dan Jalette Pour la réfection du réacteur nucléaire Gentilly-2 - Yvon Irradier Le Barreau appuie la politique en itinérance En Mémoire de Marie-Joëlle Hénaire

À chaque fois que vous achetez un exemplaire de La Galère, l’entièreté du montant revient directement au camelot. Le journal est le seul produit que La Galère. Vous désirez réagir à un article, des questions, des plaintes à formuler? N’hésitez pas! : Courriel : lagalerecourrier@gmail.com Téléphone : (819) 373-1018 Toute reproduction est fortement encouragée (faites-le nous savoir et mentionnez la source)

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Éditorial l

, , Declaration d un coeur d enfant par : Sébastien Bois

Cher Fleuve; La première fois que je t’ai rencontré, j’étais haut comme trois pommes et j’avais les yeux grands comme la terre. Quelle immensité et quelle beauté ! Je marchais nu sur tes rives, mon père m’enlevant ma couche pour que je puisse me baigner en toi. C’était au Port Saint-François, à l’embouchure du lac Saint-Pierre. Puis, à Nicolet, je me suis émerveillé devant le spectacle grandiose des oies blanches et des bernaches de ton ciel. Sur toi j’ai ensuite vogué et me suis nourri de tes dorés. En vieillissant, tu demeures toujours présent malgré mes absences et fidèle malgré mes tromperies. Lors de moments plus tumultueux, ta présence me calme et me réconforte. Aujourd’hui je sais être reconnaissant de ton importance à ma vie et à ma survie. Je m’inquiète pour toi. Je m’inquiète de notre folie humaine qui, après s’être abreuvée à satiété, a soif de contrôle et se croit supérieure à ta nature. Plusieurs ont divorcé de toi et exige le double de ta pension alimentaire dans le but de nourrir leur propre avarice. Cette année, c’est le 50e anniversaire de la voie maritime du Saint-Laurent. Des mégalomanes veulent encore te creuser pour étouffer ton lac et affaiblir à nouveau ton écosystème. On appelle cette technique le dragage… drôle de mot pour exprimer le creusage d’un fossé entre l’humain et la nature. Pourtant, des alternatives existent telles que le transport de marchandises sur des barges. On pense à court terme pour séduire notre portefeuille au détriment de nos enfants et de leur environnement futur.

L’industrialisation effrénée des cent dernières années et le développement durable des déversements chimiques continuent toujours d’accélérer le progrès de notre extinction. Des pollueurs de tout acabit continuent de déverser leurs merdes résidentielles et agricoles pour faire du lac Saint-Pierre l’une des plus grosses fosses sceptiques au monde. Déjà en 1996, le vérificateur général du Québec dénonçait l’épandage de déjections animales, qui selon lui, ne se faisait pas en fonction des besoins des cultures mais bien en fonction des excédents des fermes porcines. Phosphate, nitrate, atrazine, dicamba, mercure, tritium, coliformes fécaux et combien d’autres substances toxiques se retrouvent dans notre organisme. Les amateurs de gazons verts et de légumes « parfaits », utilisent les pesticides à grand déploiement puis accusent les autres de tous les torts, à savoir le gouvernement et l’industrie, alors qu’ils sont eux-mêmes complices de leurs maladies modernes. Aux nucléomanes désirant reconstruire la vieille centrale Gentilly-2 sur le bord des berges du Saint-Laurent, je vous lève un verre d’eau hautement tritié et vous propose un buffet de légumes irradiés, malheureusement à vie et bien au-delà! Continuez d’accumuler vos arguments démagogiques pendant que nous, nous accumulons quotidiennement de plus en plus de radiations. Sachez qu’aucun procédé technique n’existe pour extraire le tritium de l’eau. Aux Trifluviens désireux de poursuivre la fluoration de l’eau, sachez que plusieurs pays européens l’interdisent formellement par souci de santé et de sécurité pour la population. La santé dentaire ne passe pas -3-

par une accumulation de médicaments et d’effets secondaires, mais par un bon brossage quotidien. Se soucier de l’environnement et de notre santé peut aussi s’avérer économique! Au-delà des gaffes commises, je ne crois pas qu’il est trop tard. Les phares éclairent encore, à nous de suivre un chemin plus sensé. Pour plusieurs citoyens, l’histoire d’amour avec les eaux du fleuve n’est toujours pas rompue et encore moins consommée pour d’autres en éveil. En effet, on assiste depuis quelques années au retour du Respect de cet hôte qui nous héberge et nous nourrit : la terre. Le lac Saint-Pierre est désormais intronisé à la biosphère de l’UNESCO; l’armée Canadienne basée à Nicolet a finalement cessé ses tirs d’obus dans cette zone et on doit procéder au déminage sous peu; le flottage du bois sur le Saint-Maurice est terminé et les plaisanciers sont de retour; le mercure contenu dans les poissons semble avoir diminué et des lois protègent et revalorisent de plus en plus les rives du St-Laurent et son précieux contenu. Certains promettent de rendre enfin accessible l’île Saint-Quentin gratuitement, particulièrement à de nombreux voisins qui n’en ont pas les moyens ! Je crois généralement à l’homme et cette fois-ci, j’ai vraiment envie d’y croire. Ais-je des algues bleues dans les yeux ? J’espère que non. Je remercie le fleuve et le lac Saint-Pierre de leur hospitalité sur leurs berges, pour l’inspiration de cet éditorial. Merci à l’eau pour ma vie. Aquatiquement vôtre.


UNE RÉSERVE DE LA BIOSPHÈRE, UN OUTIL EXCEPTIONNEL POUR LA RÉGION par : Joanie Otis et Emilie Lepage Réserve écologique, réserve amérindienne, réserve de la biosphère… Trop souvent, on ne sait plus où se retrouver dans toutes ses appellations. C’est pourquoi nous tâcherons de vous éclairer sur la question entourant le mystère des réserves de la biosphère.

Une réserve de la biosphère Les réserves de la biosphère ne sont pas des aires protégées, mais en comprennent au sein de leur territoire. Elles sont des parties d’écosystèmes terrestres ou côtiers où citoyens, entreprises et gouvernements se sont engagés à vivre et à travailler davantage en harmonie avec la nature. C’est une reconnaissance, décernée par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), soulignant qu’un territoire s’investit dans des principes de développement durable. Les réserves de la biosphère sont caractérisées par leur zonage et leurs fonctions.

biodiversité; · d’encourager un développement économique et humain durable; · de fournir des moyens pour des projets de démonstration et des activités d’éducation et de formation, de recherche et de surveillance continue sur des problèmes locaux, régionaux, nationaux et mondiaux de conservation et de développement durable. Plusieurs organisations, tant publiques que privées (municipalités, agriculteurs, entre-

forme l’association arborescente dominante. On y retrouve également la plus importante plaine d’inondation en eau douce au Québec. Au printemps, les eaux submergent plus de 7 000 ha de prairies naturelles, d’arbustes, de forêts riveraines et 4 000 ha de terres cultivées qui sont utilisées par plus de 800 000 oiseaux en période de migration printanière. C’est ce qui fait du lac Saint-Pierre la plus importante halte migratoire de la sauvagine dans tout l’Est du Canada.

Le zonage d’un grand territoire Chaque territoire reconnu comprend trois types de zones. Il y a une ou plusieurs aires centrales, qui sont n’y plus n’y moins que des aires protégées vouées à la conservation de la nature où l’intervention humaine est interdite, mis à part pour la recherche (zones en rouge). Ensuite, il y a les zones tampons, qui peuvent être des aires protégées dans lesquelles il est possible de faire des activités de recherche, des aménagements fauniques ou encore de l’écotourisme (zones en orange). Enfin, il y a l’aire d’influence qui est l’espace dans lequel les êtres humains vivent et travaillent (ensemble des MRC). Au Lac-SaintPierre, le territoire reconnu se situe dans les limites des MRC entourant le lac, soit celles de D’Autray, de Maskinongé, de Bécancour, de Nicolet-Yamaska, de Pierre-De Saurel et de la ville de Trois-Rivières.

Des fonctions claires! Les trois fonctions d’une réserve de la biosphère sont : · de contribuer à la conservation des paysages, des écosystèmes, des espèces et de la

prises touristiques, industries, citoyens, etc.) participent à l’application de ces fonctions. C’est dans un esprit de gouvernance participative que l’ensemble des membres, partenaires et collaborateurs s’unissent pour appliquer les principes du développement durable sur le territoire.

Pourquoi le lac Saint-Pierre? La région du Lac-Saint-Pierre constitue l’une des composantes majeures de l’écosystème du Saint-Laurent. Son environnement exceptionnel recèle de trésors inestimables. L’érablière argentée, de plus en plus rare au Québec, est omniprésente dans la région et -4-

Au cours des cinquante dernières années, 70 % des marais ont disparu le long du Saint-Laurent. Vingt (20) % des marais restants se retrouvent au lac Saint-Pierre, soit une superficie de 8 000 ha. Les herbiers aquatiques occupent 6 200 ha et la faune y est très présente. Ils servent entre autres de support aux invertébrés, à l’alimentation et à la reproduction du poisson. On y trouve également la plus importante héronnière en Amérique du Nord, avec plus de 1 300 nids dénombrés, au milieu des habitats protégés et reconnus comme site RAMSAR.


Qui plus est, cet environnement exceptionnel côtoie chaque jour une foule d’activités humaines : l’agriculture, la chasse, la pêche, la villégiature, la plaisance, la navigation marchande, le commerce et l’industrie légère. Au cours de la dernière décennie, la région du Lac-Saint-Pierre est l’endroit au Québec qui a le plus bénéficié de gestes de conservation des habitats fauniques. Ainsi, ce sont des millions de dollars qui y ont été investis en faveur de la conservation, et ce, principalement via l’acquisition et l’aménagement de terrains privés par les différents gouvernements et les organisations de conservation.

avec 103 îles; · 50 % des milieux humides du SaintLaurent; · 27 espèces de plantes rares; · 79 espèces de poissons, dont 2 figurant sur la liste des espèces menacées; · 288 espèces d’oiseaux observées, dont 116 considérées comme nicheuses; · 12 espèces d’oiseaux faisant partie de la liste des oiseaux menacés du Québec; · La première halte migratoire printanière de l’Oie des Neiges sur le Saint-Laurent; · Le dernier bassin d’eau douce du SaintLaurent.

La Réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre comprend également deux réserves autochtones abénaquises, soit Wôlinak et Odanak. Par leur implication, ils

Le lac est d’une superficie totale de 480 km2 et plus de 50 % des habitats de la faune y sont protégés par le biais d’acquisition à des fins de conservation.

grand nombre de professionnels travaillent pour contrer ces problématiques.

Vous aussi pouvez participer Vous, citoyens et citoyennes, pouvez contribuer à la sauvegarde et au développement durable du Lac-Saint-Pierre par une foule de gestes quotidiens ou par de simples implications. Par exemple, en adoptant des comportements plus écoresponsables, notamment par l’application des 3RV dans la gestion de vos matières résiduelles (réduction à la source, réemploi, recyclage et valorisation), en préconisant l’achat de produits équitables (café, thé, sucre, cacao, chocolat, riz, cassonade, quinoa, coton, épices, banane, etc.), de produits biologiques (fruits, légumes, etc.) et de produits biodégradables (savons, détergents, produits nettoyants, sacs de poubelles). Il existe également plusieurs organisations sur le territoire qui œuvrent dans le domaine de l’environnement, du développement durable, de l’économie sociale et dans les organismes communautaires qui ont besoin de bénévoles pour développer et mettre en œuvre des projets ayant des retombées économiques, sociales et environnementales significatives pour le territoire du Lac-Saint-Pierre. Il suffit de vous impliquer dans le sens de vos intérêts sans perdre de vue que le dialogue entre les humains, puis la cohabitation harmonieuse entre les individus et la nature, permettent une utilisation responsable du territoire et en assurent sa pérennité.

Exprimez-vous! Photo : Normand Gariépy

contribuent à la sauvegarde du patrimoine culturel autochtone, notamment avec l’existence du Musée des Abénakis, situé dans la Réserve d’Odanak. Ainsi, en raison de toutes ses fortes particularités culturelles et naturelles, le lac Saint-Pierre fut reconnu par l’UNESCO en tant que réserve de la biosphère dès novembre 2000.

Un territoire à sauvegarder Outre les caractéristiques énoncées précédemment, on retrouve une foule de particularités procurant un caractère unique à la région du Lac-Saint-Pierre : · Un territoire demeuré à 90 % naturel; · Le plus important archipel du Saint-Laurent

Le lac Saint-Pierre en péril? Dès les années 1980, la région du lac SaintPierre fut un lieu privilégié pour la recherche scientifique, la conservation et l’aménagement de son territoire. Les différents paliers de gouvernement et plusieurs organisations ont fait du lac Saint-Pierre l’un des endroits les mieux conservés et protégés au Québec. À la fois le poumon et le rein d’un fleuve intoxiqué par les rejets industriels et urbains depuis les Grands Lacs, le lac Saint-Pierre se doit d’être protégé. Il existe certaines problématiques, notamment les problèmes d’érosion des berges, de persistance des conflits d’usages, de pollution de l’eau ou encore de présence d’obus. Toutefois, un -5-

La Réserve de la biosphère du Lac-SaintPierre tient son forum bisannuel le samedi 14 novembre 2009, dans la ville de Sorel, à l’Auberge de la Rive. Ce forum est l’occasion pour tous les citoyen(ne)s, organisations et partenaires, de connaître l’avancement des projets de la Réserve mondiale, de participer aux discussions et de recommander des actions ou des projets prometteurs. Pour vous inscrire ou avoir des informations supplémentaires sur la Réserve mondiale de la biosphère du Lac-Saint-Pierre, visitez notre site Internet au www.biospherelacst-pierre.qc.ca.


par : Gilbert Cabana*, professeur au Département de Chimie-Biologie Comment est la santé du fleuve Saint- encouragé d’entendre tout récemment lors toutes les semaines serait Laurent? Quels poissons pouvons-nous du congrès des maires des villes riveraines à déconseiller, spécialemanger? Combien de fois par semaine? Voilà du Saint-Laurent que la ville de Montréal, à ment pour les enfants des questions qui nous préoccupent tous l’instar de Laval, allait installer un système et les femmes enceintes. Comme un vieux et qui me sont souvent posées en tant que de traitement des eaux usées aux rayons sage a sûrement dit quelque part : dans la chercheur en écologie aquatique. Le fleuve ultraviolets. Ce système permet d’accélérer vie, tout est question de dosage et beaucoup est un énorme écosystème avec un débit de grandement la dégradation de ces substan- de substances, et même de plats, lorsque 450 kilomètres cubes par ces pharmaceutiques et consommés trop fréquemment peuvent année et un bassin versant ainsi minimiser leur impact aussi avoir des effets néfastes… de plus d’un million de potentiel sur les organismes Il faut donc être vigilant en ce qui concerne kilomètres carrés. Malgré aquatiques. Si les grandes la santé du Saint-Laurent et c’est une des sa taille, sa « santé » est en villes, de par leurs rejets, motivations qui nous soutiennent dans nos rapport direct avec l’utilisont un stress certain pour efforts de recherche sur le fleuve. Nous avons sation que nous en faisons le fleuve, les problèmes ne la chance d’avoir un navire de recherche et à ce niveau notre grand s’arrêtent pas là. Les basnon seulement magnifique, mais aussi très fleuve n’a pas la vie facile. sins versants, dominés par performant à Trois-Rivières, le Lampsilis. Ce Historiquement presque l’agriculture, exportent aussi navire, qui est essentiellement un laboratoire toutes les grandes villes se plusieurs matières et subsmobile flottant, nous permet de capturer sont développées sur ses tances vers le fleuve. Des traau chalut des spécimens aussi gros que des berges et ce n’est pas un vaux récents on démontré esturgeons de plus de 25 Kg et de prendre secret que ces aggloméraque le lac Saint-Pierre était des mesures physiologiques délicates sur tions, notamment Montréal, littéralement étouffé par ces poissons dans les laboratoires situés déversent leur eaux usées les sédiments provenant à l’arrière du navire. C’est donc un outil de Photo d’Andréa Bertolo dans le fleuve avec seulement prise sur le Lampsilis en grande partie des terres pointe qui rallie les chercheurs non seulement un traitement minimal. Tout agricoles. Cette sédimentade l’UQTR, mais aussi ceux des universités y passe : matière organique (pour être poli), tion est exacerbée par le contrôle du débit du d’Ottawa, Montréal, et Rimouski, ces collanutriments dissouts, polluants industriels fleuve. Les crues devenues beaucoup et pharmaceutiques. Le fleuve est agressé, moins imposantes que dans le passé c’est certain. Mais tout n’est pas sombre. ne contribuent plus à « nettoyer » Plusieurs contaminants mesurés dans la le fleuve. Les activités agricoles ont chair des poissons tel le mercure et les BPC donc un impact direct sur le fleuve sont clairement en baisse depuis vingt ans. et là aussi il faudra mettre la main à En contrôlant les émissions de ces substan- la pâte dans les prochaines années. ces à leur source, on a pu ainsi améliorer la Revenons à nos premières questions : qualité de l’écosystème à ce niveau. Donc mangerais-je un beau doré capturé avec une volonté politique, on peut chan- dans la lac Saint-Pierre? Oui, certaiger les choses. Les défis sont nombreux car nement! En mangerais-je plusieurs d’autres substances dont on connaît moins fois par semaine pendant des mois? les effets sur l’être humain ou encore sur les Non! Et c’est ce que recommandent poissons ont été détectées dans le fleuve ces les agences gouvernementales. Les Photo de Marc Mingelbier prise sur le Lampsilis dernières années. Par exemple, des subs- gros spécimens, spécialement ceux tances pharmaceutiques associées à notre d’espèces prédatrices de poissons comme le borateurs et étudiants ayant participé aux utilisation quotidienne sont rejetées dans le doré ou le brochet, tendent à bioamplifier dernières missions de cet été visant à élucifleuve. Plusieurs de ces substances peuvent beaucoup plus les contaminants tels le mer- der la répartition de différents contaminants avoir des effets sur le développement et la cure et les BPC que les plus petits poissons dans les poissons du fleuve. détermination sexuelle des poissons, perturbant leur système hormonal. Des poissons mâles qui deviennent femelles, comme on a observé en aval de Montréal, c’est sûrement inquiétant et j’étais personnellement

comme la perchaude. Les concentrations de ces substances sont donc plus élevées chez ces poissons. D’autres contaminants moins connus pourraient naturellement suivre la même route, et manger de ces gros poissons -6-

*Le Dr Gilbert Cabana est professeur au Département de Chimie-Biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières. Il est membre du Centre de Recherche sur les Interactions Bassins Versants-Écosystèmes Aquatiques (RIVE). Ses recherches portent sur l’écologie des lacs, rivières, et du fleuve.

photo : Andréa Bertolo

Le Saint-Laurent : un joyau menacé


De La Galère à la voile par : David Collin

Chers lecteurs et lectrices du journal La Galère, Je voudrais vous parler de mon expérience sur le Lac Saint-Pierre, plus précisément au Club Multivoiles 4 Saisons. À cet endroit, j’ai appris comment barrer un voilier avec l’aide de moniteurs qualifiés et ce, tout en sécurité. J’ai eu l’occasion de pratiquer du Mistral 404, un petit voilier à 2 places; du Laser, un minuscule voilier qui vogue très rapidement; du Quillard, un plus gros. J’ai aussi vécu une expérience des plus incroyables en fai-

sant du rappel en catamaran. La voile est un très, très beau loisir car, premièrement tu es sur l’impressionnant Lac Saint-Pierre.

Les vents sont favorables à ce passe-temps. Il n’y a pas de mot pour dire comment on se sent sur cette immensité d’eau. Il faut le vivre pleinement! De plus, à cet endroit, on y offre des camps de voiles pour les jeunes et vous pouvez louer des embarcations nautiques pour toute la famille. Suite à mon expérience, j’ai vécu des sensations fortes et plusieurs poussées d’adrénaline. Avis aux amateurs des sensations fortes!!! Je vous le recommande.

Le Club Multivoile 4 saisons Le Club a été fondé en 1983 sous le nom Centre Nautique de Francheville, il change d’appellation en 2004 pour devenir le Club Multivoile 4 Saisons. Ce changement fait place à de nouveaux défis soit l’ouverture officielle de l’école à l’année où il est possible de pratiquer le kitewing, le cerf volant de traction et plusieurs autres sports d’hiver.

Lors de la saison estivale plusieurs formations de voile sont inscrites au calendrier à la fin desquelles, il est possible d’obtenir une accréditation de la Fédération de Voile du Québec. La location d’équipement (catamaran, dériveurs, planche à voile, Kayak, etc.) permet d’exercer des sports nautiques tout en préservant la nature. Comme son nom

possible de patiner et de faire des randonnées pédestres.

Le Club a une renommée enviable dans le domaine de la voile. Il est l’hôte des finales régionales pour les Jeux du Québec et reçoit en 2005 le Championnat canadien.

l’indique, le Club Multivoile 4 Saisons offre également des cours et des initiations de Kitewing, de kitesnow (cerf-volant de traction). Il est également

de 6 à 17 ans où ils découvrent les notions de gréement, de matelotage et l’initiation à la régate. Ils acquièrent des connaissances en météorologie, font des expéditions, des

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Le Club offre aussi le service de location de salle pour des réceptions, la location de chalets de style condo entièrement équipés, de dortoir et de camping. Des camps de voile sont offerts aux jeunes

(suite p.8)


Club Multivoile 4 saisons

feux de camp, des jeux d’adresse tout en apprenant le respect de l’environnement. Les instructeurs sont dynamiques, responsables et passionnés de la voile. De plus, ils sont tous accrédités par la Fédération de Voile du Québec et certifiés en premiers soins.

12751 Notre-Dame Ouest C.P 4055 succ. a Trois-Rivières G9B 7Y6 819.377.5454 photo par : Jean Chamberland

Le Club Multivoile est situé en bordure du chemin du Roy sur le majestueux lac St-Pierre, classé Réserve Mondiale de la Biosphère par l’UNESCO.

www.multivoile.com

par : Réjean Bonenfant

Autour de mes vingt ans, la rive sud, l’autre rive, avait de quoi faire rêver. Les traversiers Laviolette ou Radisson tenaient lieu de pont. Gérald Godin nous dit que « Trois-Rivières jouait à avoir sa flotte nationale, le fleuve jouait le rôle de l’océan, et Sainte-Angèlede-Laval jouait le rôle de Liverpool ou du Havre ». Trois-Rivières est une ville d’eau, comme en témoignent nos perles de sueur durant les canicules de juillet. Enchâssée entre les branches de la Saint-Maurice, que le poète Alphonse Piché a célébrée dans son inoubliable poème Métabéroutin, - tes eaux lourdes font bouger en moi la race austère de mes pères - l’île SaintQuentin est notre Lido à nous qui se baigne

dans le magnifique fleuve Saint-Laurent qui s’écoule comme un long film tranquille et qui a trouvé son poète en Gatien Lapointe qui l’a chanté en une Ode au Saint-Laurent qui baigne et nomme le pays du Québec. Il nous confie : « C’est le fleuve qui revient d’océan chaque soir / et c’est l’océan qui tremble dans chaque regard / c’est le plus beau paysage du monde. »

Quand on harnacha la rivière Batiscan et que l’on construisit un barrage à StNarcisse en 1897, on était bien loin de penser que c’est cette première ligne de transmission de l’Amérique du Nord, allant de Saint-Narcisse à Trois-Rivières, qui fournirait l’électricité de la cité, alimentant nos premières industries qui feraient de Trois-Rivières la ville du papier, premier pas pour devenir une Capitale de la Poésie.

En plus d’annoncer le pays à venir, le fleuve me donne accès au Tous les jours, je me rends pays de mes ancêtres, folâtrer près du fleuve, à cet cette Vendée idyllique endroit précis où une momie qu’un André de mon Tous les jours, je me rends folâtrer près de traversier, un bateau de du fleuve, à cet endroit précis où une patronyme quitta métal s’est échoué, au haut momie de traversier, un bateau de métal en 1732 pour venir s’est échoué, au haut bout de la rue des bout de la rue des Forges, planter ses racines Forges, et qui semble avoir le goût de et qui semble avoir le goût à Deschambault, se relancer dans le Saint-Laurent. de se relancer dans le Saintdes racines qui sont Laurent. Cette place anonyme devenues les miennes. Une fois en terre est une pure merveille. J’y pense toujours à du Québec, le plus loin qu’il se rendit ce fut Gatien-Lapointe, à son Ode au Saint-Laurent, les îles de Sorel où il devint meunier en ce aux Écrits des Forges qu’il a fondées, et je me pays du Survenant et de la gibelote. Puis, demande pourquoi cette place, confluent le temps passant, il revint sur ses pas d’eau, des Forges et du Saint-Laurent, ne se nomretraversa le village de petites maisonnettes merait-t-elle pas la place Gatien-Lapointe. fumantes du lac Saint-Pierre pour s’établir Il a déjà une bibliothèque de ciment qui cette fois dans la Batiscanie, et cela pour porte son nom, mais Gatien Lapointe était les dix générations qui suivraient. un homme d’éléments. Il conviendrait de lui faire prendre l’air du large. -8-

photo par : Martin Gagnon Blanchette

Si l’on excepte les lacs et les mers intérieures, tous les cours d’eau constituent des chemins d’eau aptes à nous conduire à l’île du Lido à Venise ou à St-Malo-beau-port-de-mer où j’aimerais bien escalader les fortifications et aller rêvasser un peu, dans le jour qui se meurt, assis en costume de bain rouge, sur le mausolée du poète Chateaubriand qui passe son éternité à regarder la mer. Ces chemins-là, aptes à accueillir les voitures d’eau du cinéaste Pierre Perreault et les bouteilles à la mer des naufragés, me font rêver aux hivers enneigés de mon enfance quand les clôtures et autres frontières savaient se cacher pour de longs mois. Tout devenait possible. Je ne savais plus où se terminait la terre de mon père, où commençait celle des voisins. L’eau, cette liberté suprême dont nous sommes faits, ne sait pas tracer ses territoires.


Philippe Giroul du G.A.R. répond aux questions « explosives » de La Galère Qu’est-ce que le GAR? Le Groupe d’Action pour la Restauration du lac St-Pierre s’est formé en 1991 en regroupant une douzaine de citoyens de Pointe-du-lac dérangés par les nombreuses explosions d’obus provenant du Centre d’essais et d’expérimentation en munitions (CEEM) de Nicolet. Ces riverains du lac St-Pierre étaient affectés par les vibrations et les bruits des explosions depuis 1952, date de l’installation de la Défense nationale sur de très belles terres agricoles réquisitionnées par le gouvernement de l’époque. Les objectifs du GAR sont de mettre fin à ces opérations de destruction durable, de nettoyer le lac des obus qui y ont été tirés et, ni plus ni moins, d’expulser éventuellement l’armée pour permettre la rétrocession des terres aux citoyens. Et d’ainsi retrouver la paix sur cette réserve mondiale de la biosphère.

Quels sont les problèmes associés aux tirs d’obus dans le lac Saint-Pierre et sur les terres à Nicolet? De 1952 à 2000, selon les données du ministère de la Défense nationale, 500 000 projectiles ont été tirés au CEEM, à partir des îles Moras, Lozeau, Bougainville et du Domaine situées à l’embouchure de la rivière Nicolet. Parmi ceux-ci 300 000 ont été tirés sur la moitié sud du lac St-Pierre, dont 10 729 UXO - vivants par l’amorce et/ou la charge - selon l‘évaluation du CEEM. Les déchets contaminés de ses obus sont éparpillés sur une zone aquatique de 240 km2 au sud du chenal commercial. De plus, il y a un sanctuaire d’oiseaux qui est situé entre la base militaire et la Longue Pointe de Baie-duFèbvre. Quand les conditions atmosphériques sont favorables, on entend les tirs. Les maisons vibrent, les chiens jappent et notre environnement est perturbé. C’est alors qu’il faut téléphoner pour leur demander d’arrêter de tirer.

Avez-vous atteint vos objectifs? Après 9 ans d’interventions médiatiques, par des lettres d’opinion, par des articles de presse et l’interpellation des politiciens, nous avons réussi à faire arrêter les tirs sur le lac le 1er janvier 2000. Par contre, on tire toujours des projectiles sur des buttes d’arrêt sur les terrains du CEEM. Ainsi, on continue à enten-

dre et à ressentir les explosions. Combien? 10 000 tirs par an. Cela se traduit par une production de munitions de 5 millions par an fabriquées à Le Gardeur par la compagnie américaine General Dynamic qui a remplacé SNC TEC Lavalin depuis 2008. Pour qui? Pour l’armée de paix canadienne et pour l’exportation diffuse à travers le monde.

Quelles sont les principales résistances rencontrées dans ce dossier? Le gouvernement du Québec demeure assez impuissant dans ce dossier. Cependant, le ministère de l’environnement et du développement durable a imposé des normes de bruits, trop laxistes pour le citoyen, trop favorables à l’industrie militaire. Nous n’avons eu aucun appui des citoyens de Nicolet qui, pourtant, sont aussi dérangés. On comprend cependant que les nombreux emplois locaux des années antérieures les fassent hésiter à s’impliquer dans nos revendications.

Le deuxième objectif est en train de se réaliser : le nettoyage du lac. Après 8 ans de tractations, de comités, de tataouinages… la volonté politique et les budgets sont au rendez-vous pour commencer les opérations complexes de restauration du lac. La rivière Nicolet et le chenal tardif de Notre Dame de Pierreville ont été inspectés et l’on n’y a trouvé aucune anomalie.

Comment avez-vous atteint ces objectifs? Durant 18 ans, par l’action militante citoyenne, on a dû interpeller une quinzaine de ministres différents de la défense nationale et une douzaine de ministres différents de l’environnement. Il y a là une sacrée permanence! C’est par des lettres d’opinion, des articles, des lettres personnalisées, des courriels et des appels téléphoniques que l’on a pu sensibiliser ces dirigeants à notre cause. De plus, en cours de route, on a imposé au CEEM l’obligation de composer un message téléphonique quotidien (819 293 2004) pour connaître l’horaire des activités de tirs. Quand c’est trop fort, les citoyens peuvent appeler pour se plaindre. Cette implication est plus ou moins efficace, car les opérateurs des canons du CEEM doivent respecter des normes de bruit qui favorisent plus l’industrie que le bien-être des citoyens. On peut aussi avoir accès aux rapports mensuels des tirs qui sont devenus obligatoires en 2002, imposés par le ministère de l’environnement. -9-

Par contre, il y a deux ans, un nouveau groupe environnemental Nature à l’œil a fait des démarches pour obtenir l’utilisation de l’île Moras à des fins récréatives. Ils n’ont pas eu de succès dans leur projet.

Comment espérez-vous surmonter ces résistances? Par la patience, la détermination et la foi en notre juste cause. Et aussi par la solidarité militante des membres de notre groupe.

Quels sont vos rêves à long terme concernant ce dossier? Notre troisième objectif est l’éviction à moyen terme du CEEM de Nicolet. Est-ce un rêve en couleur? Cela dépendra de la volonté politique locale. La coopération solidaire des nombreux organismes locaux et régionaux sera indispensable pour arriver à faire rapatrier la défense nationale sur l’autre rive de l’Outaouais. Quand cela sera fait, il faudra décontaminer tous les terrains avant de pouvoir en redonner l’accès à la population. Je rêve que toute cette zone devienne protégée un jour et accessible pacifiquement aux visiteurs dans le cadre des activités de la Réserve mondiale de la biosphère.

Avez-vous un dernier mot pour le grand public? Il faut continuer de faire des plaintes par téléphone au 819 293 2004 Au téléphone, le # 5 explique tous les jours l’horaire des tirs. Cela vaut la peine d’être écouté! En appuyant ensuite sur le # 8, vous pouvez vous plaindre du bruit, des vibrations, et exprimer vos valeurs morales bafouées par l’industrie de destruction durable.


UN PROJET ÉCO-TOURISTIQUE POUR L’ÎLE MORAS par : Richard Lair, vice-président de Nature-à-l’oeil

Actuellement, cette propriété est très peu utilisée. La Défense Nationale y est quasiment absente, puisqu’elle loue le site à une compagnie américaine d’armement, General Dynamics. Les activités de cette dernière sont très réduites, surtout si nous les comparons aux périodes les plus fortes du CEEM où plus de deux cents nicolétains y travaillaient à temps plein. C’est pour cette raison que nous croyons que le moment est propice pour créer un projet qui relancerait ce site exceptionnel dans une direction totalement différente, une direction à la fois plus verte et plus intéressante économiquement. L’intérêt pour ce site se fonde sur plusieurs aspects dont aucun n’est négligeable. Situé à l’embouchure de la rivière Nicolet et donc à la limite sud-ouest du lac Saint-Pierre, il contient une richesse naturelle et une diversité écologique remarquables. Par exemple, plus

de cent cinquante espèces d’oiseaux sont répertoriées, un véritable paradis pour les ornithologues. En faisant partie de la Réserve de la biosphère du Lac Saint-Pierre, le site de l’île Moras est classé dans les « aires centrales », soit les plus importantes en termes de protection et de biodiversité. Sur le plan historique, l’île Moras est le lieu de la première

seigneurie fondée en 1668 par Pierre Mouet de Moras. C’est donc un lieu qui représente aussi un patrimoine historique important. L’accès à ce site représenterait d’abord pour les nicolétains un projet de développement éco-touristique qui mettrait en valeur sa beauté naturelle dans le but de le protéger, respectant ainsi les trois éléments du développement durable, soit l’économie, l’environnement et la communauté humaine. Sur le plan économique, il s’agit de créer un parc public dont l’entrée serait payante. Plusieurs activités pourraient être pratiquées pouvant générer des profits appréciables : canot, kayak, kitesurf, camping sauvage, randonnée pédestre, ski de fond, raquette et bien d’autres. La venue de visiteurs pour ces activités ne peut donc

que favoriser la création d’emplois directs et indirects. Sur le plan environnemental, nous avons l’intention d’en faire un site où les visiteurs pourraient découvrir les différentes espèces végétales et animales dans un climat de respect. Seules les activités empreintes de ce respect seront d’ailleurs acceptées. Sur le plan humain, ce site permettrait aux nicolétains d’avoir un accès direct au lac Saint-Pierre tout en valorisant cet espace naturel à des fins éducatives et de recherches. Il ne peut y avoir que des résistances de nature politique ou bureaucratique pour empêcher ce projet de se réaliser. Actuellement, plusieurs nicolétains vont sur l’île Moras sans permission pour des activités de pêche ou simplement pour le plaisir de se promener sur ce lieu enchanteur. Bien que ce soit illégal, l’état d’abandon et de délabrement des bâtiments inutilisés démontre clairement le peu d’intérêt que porte la Défense Nationale à l’égard de cette propriété. Mais cela démontre aussi clairement comment les nicolétains sont attachés à ce lieu, attachement qu’ils ont bien manifesté lors d’une pétition que nous avons fait circuler en 2007 et qui a recueilli plus de 1500 signatures. Ce qui est une autre source de motivation pour notre organisme, puisque nous pouvons imaginer comment il serait plus plaisant de se promener sur ce site en toute sécurité, dans des sentiers balisés et avec la possibilité d’y séjourner. Donc, n’hésitez pas à nous démontrer votre intérêt à l’égard de ce projet éco-touristique en communiquant avec nous par le biais de notre site internet.

(1) Nature-à-l’oeil est un organisme environnemental dont la mission est de préserver et de valoriser les espaces verts de Nicolet (www.naturealoeil.org). - 10 -

Photo : Jacques Pleau

Depuis 2007, Nature-à-l’oeil(1) s’est donné comme mandat de créer un parc public sur le site actuel appartenant au CEEM (Centre d’essais et d’expérimentations des munitions). Ce site inclut l’île Moras ainsi qu’un vaste terrain à l’ouest de l’Île (1810 hectares) où se trouvent justement les bâtiments du CEEM. C’est depuis 1952 que cette propriété appartient à la Défense Nationale. Après plus de cinquante ans d’essais d’obus, nous avons récolté 500 000 obus explosés, dont 300 000 qui ont été tirés directement dans le lac Saint-Pierre. Si ces éclats d’obus peuvent inquiéter sur le plan environnemental de par les métaux lourds qu’ils contiennent, cela est sans compter les 8000 obus non explosés qui eux représentent un danger réel. Nous n’avons qu’à nous souvenir le triste événement de la Saint-Jean-Baptiste de 1982 où M. Pierre Gentes a trouvé la mort suite à l’explosion accidentel d’un de ces obus.


Le problème de la �uoration de l’eau au Québec par : Jimmy Siles, Front commun pour une eau saine Même si la fluoration de l’eau soulève des questions éthiques, notamment celles du principe de précaution et du libre choix, et même si elle contrevient à la Charte des droits et libertés, la Direction de santé publique (DSP) fait actuellement pression sur les villes du Québec pour fluorer au moins 50% de la province d’ici cinq ans. Ces pressions sont faites en dépit des protestations de nombreux citoyens informés ou tout simplement inquiets et qui défendent le droit à une eau saine pour tous.

À l’issue d’un long débat, Québec a mis fin à la fluoration de l’eau en avril 2008. Depuis, la proportion de Québécois buvant de l’eau fluorée est passée de 6% à seulement 3%. Au début de 2009, Longueuil a dit non à la fluoration et des citoyens ont commencé à poser des questions à Beaupré, Gatineau, Ste-Marie de Beauce et Lévis. Trois-Rivières venait alors tout juste de cesser de fluorer, en attendant de remplacer son système de fluoration rendu désuet. Le temps est donc arrivé pour les trifluviens de remettre en question cette mesure insensée et controversée. À travers le monde, il n’y a aucun consensus sur la fluoration. Montréal, Vancouver et 98% de l’Europe ont rejeté la fluoration et contrairement à ce qu’affirme la direction de la santé publique (DSP), l’Allemagne, les Pays-Bas et la Suède l’ont interdit! L’efficacité de la fluoration à prévenir la carie dentaire, tout comme la science sur laquelle elle se base, sont douteuses, car les données de l’OMS montrent que la carie a diminué pareillement dans l’ensemble des pays industrialisés, fluorés ou non. Au Canada, une étude

De son côté, la DSP affirme que la fluoration réduit la carie de jusqu’à 60%. L’OMS dit 15%, le CDC dit 18% et le rapport ontarien Locker (1999) et l’étude italienne de Pizzo (2007) disent près de 0%. Qui a raison? La fluoration est également associée à une longue liste de problèmes de santé. Le rapport du Conseil national de recherche (NRC, 2006), l’autorité scientifique suprême aux États-Unis, établit la liste de divers troubles de santé causés par la fluoration: augmentation du taux de fracture des os, de dommages aux dents et aux articulations (arthrite). Le

ministre Couillard affirme qu’« il n’est pas exact de dire qu’il existe des risques associés ». Tous deux évitent soigneusement de discuter des conclusions du rapport du NRC. Qui a raison? La Loi canadienne sur la protection de l’environnement classe le fluorure comme produit chimique « persistant », « biocumulatif » (50% s’accumule dans l’organisme) et « toxique ». Environnement Canada le classe comme « déchet dangereux » et Transport Canada, en tant que « marchandise dangereuse »! C’est pourquoi, avant même de débattre des pour et des contre de cette mesure, il importe de souligner que fluorer l’eau implique de forcer les gens à ingérer une substance toxique sans leur consentement éclairé. C’est un précédent inquiétant qui nie les droits humains fondamentaux, notamment le libre choix d’être médicamenté ou non.

Illustration : Kath

Actuellement, le gouvernement du Québec n’impose pas la fluoration aux municipalités, mais la DSP s’efforce de convaincre les élus d’adopter la fluoration, tout en s’engageant à défrayer les coûts rattachés. Toutefois, la DSP évite soigneusement d’engager un débat public sur la question et reste intentionnellement muette sur les effets néfastes éventuels du fluor. Sans débat, leur démarche manque de transparence. Et lorsqu’une ville commence à fluorer l’eau, les citoyens se trouvent devant un fait accompli.

de l’Association dentaire canadienne montre que la Colombie-britannique, la province la moins fluorée, affiche le plus faible taux de carie au pays. (Gray 1987, Fluoridation: Time for a New Base Line? Journal of the Canadian Dental Association. 10: 763-765.)

NRC indique également que l’eau fluorée est possiblement liée à des troubles neurologiques (QI réduit chez les enfants, démence, syndrome de Down, maladie d’Alzheimer), du système endocrinien (glandes thyroïde et pituitaire), du système immunitaire (moelle des os, où sont produites les cellules immunitaires), du système digestif, de l’appareil génital, des organes internes (foie et reins), et qu’elle pourrait exacerber les effets combinés de l’aluminium et du fluorure, de même que le diabète et le cancer.

C’est dans cette optique que des citoyen-nes, des experts, ainsi que des groupes sociaux et environnementaux ont formé en 2006 Le Front commun pour une eau saine (FCES) afin de prévenir et bannir la fluoration de l’eau potable au Québec. Une telle démarche s’inscrit au coeur d’un effort collectif visant à obtenir une eau de consommation saine pour tous. Pour en savoir plus, veuillez consulter le site web d’information Action Fluor Québec, associé au FCES: www.qvq.ca/afq

D’autre part, selon l’expert de la DSP, le Dr Lévy, les risques pour la santé « concernent plutôt les très jeunes enfants de trois ans et moins, qui peuvent développer de la fluorose. Ce sont des taches blanches qui apparaissent sur les dents, par exemple lorsque ces enfants avalent du dentifrice ». Or, le

Action Fluor Québec : info@qvq.ca

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Contact : Monsieur Gilles Parent, expert du FCES : (514) 747-2259 Les AmiEs de la Terre de Québec : (418) 524-2744, info@atquebec.org Coalition Eau Secours! : www.eausecours.org


« Incompatibilité avec l’équipe » Une histoire de qualité de l eau à l Île Saint-Quentin par : Mariannick Mercure, biologiste et étudiante en sciences politiques à l’UQÀM mercurem@uqtr.ca Le huit juin dernier, j’entrais en fonction à l’Île Saint-Quentin dans le cadre d’un poste de biologiste subventionné par emploi-Québec. Le lendemain après-midi, j’étais congédiée. La pomme de discorde : la qualité de l’eau de la plage.

de l’usine de traitement des eaux usées et non pas de l’usine de filtration. Il faut savoir que la première rejette des effluents pollués alors que la seconde tire l’eau de la rivière et la traite au chlore avant de l’injecter dans le réseau d’eau potable.

Avant de présenter les détails de cette joute de pouvoir où se sont affrontées science et politique, il faut savoir qu’il existe à l’Île SaintQuentin une problématique concernant les coliformes fécaux dans l’eau de baignade. Été après été, les taux de coliformes varient pendant la saison selon des facteurs encore mal compris des biologistes.

Sans vraiment répondre à mon interrogation, il a semblé vouloir clore le sujet en invoquant que, de toutes façons, la question des eaux usées ne faisait pas partie de mon mandat. Je lui ai répondu que je considérais que cette question était cruciale pour comprendre la dynamique des pics de coliformes à l’Île, d’autant qu’aucun biologiste ne l’avait encore abordée dans les années antérieures. Il a rétorqué qu’au contraire, le thème avait été discuté dans les anciens rapports. Ayant déjà revu ces rapports, j’ai mentionné que je n’avais rien lu sur les rejets.

Nouvellement engagée, une de mes tâches était justement de produire un rapport sur la quantité de coliformes fécaux dans l’eau de la plage. Après avoir consulté les rapports des années passées, j’ai constaté que, parmi les facteurs étudiés à ce jour, ni la température, ni la pluie, ni la conductivité de l’eau, ni les installations sanitaires de l’Île ne pouvaient expliquer la situation observée. Sans succès, les biologistes des années antérieures avaient même étudié les fientes de goélands pour vérifier si celles-ci pouvaient être incriminées! Pour moi, une cause probable n’avait pas encore été évaluée : les eaux usées de TroisRivières – ou même celles de Montréal. Pour vérifier cette hypothèse, il me fallait d’abord identifier la source de ces eaux usées. J’ai donc demandé à un collègue s’il savait où se déversaient les rejets d’effluents municipaux de la ville de Trois-Rivières. Ne pouvant me répondre, il a acheminé ma question au directeur général. J’ai eu avec lui la conversation qui suit. D’emblée, le directeur m’affirma qu’il ne savait pas où se situaient les rejets. Ma réponse, simple : « Je m’en informerai ». Il s’est alors souvenu que les rejets se trouvaient près d’un club de golf, rue des Forges. Intriguée, je lui ai demandé de préciser qu’il s’agissait bien

Il a alors affirmé que cette question avait été réglée dans le passé. Précisant que ça avait levé pas mal de m… avec la ville à l’époque, il ne voulait pas qu’on rejoue là-dedans. Il a ajouté qu’il s’agissait d’enjeux d’ordre politique complexes. J’ai alors souligné que mon mandat n’était pas politique, mais bien scientifique. J’ai expliqué que, dans un mandat à caractère scientifique, il est inapproprié d’ignorer une variable d’importance pour des raisons politiques. J’ai donc suggéré d’inclure dans mon rapport les éléments que je jugeais pertinents, pour lui laisser ensuite la latitude d’en faire l’usage qu’il considérerait opportun. Poursuivant l’argumentation, il a d’abord répliqué que je devrais plutôt me concentrer sur mes autres mandats. Ma riposte : « J’ai suffisamment d’énergie pour m’occuper de plusieurs projets ». Non content de cette répartie, il me rappela ensuite que le projet plage ne comportait pas d’éléments éducatifs, qu’il fallait donc éviter d’effrayer les gens avec un mot tel que pollué. Avec fierté, il soulignait qu’il avait travaillé fort

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pour faire enlever ce genre de mots des affiches de la plage. Pour répondre à cette nouvelle salve d’arguments, j’ai réitéré que ce n’était pas à titre éducatif, mais bien dans une optique scientifique que je voulais obtenir de l’information sur les eaux usées. Une part de mon mandat était de mieux comprendre la dynamique de la pollution de l’eau. Il a insisté pour que je m’abstienne de contacter la ville à ce propos, qu’autrement, j’allais encore lever de la m… Tenace, j’ai proposé de creuser la question à titre personnel s’il considérait que la démarche que j’envisageais pouvait mettre l’Île dans l’embarras. J’ai ajouté que j’avais récemment enseigné le cours Environnement et pollution à l’UQTR et que, dans ce cadre, j’avais déjà fait des recherches sur le sujet. Je précisais qu’à mon étonnement, je n’avais rien trouvé et que j’allais donc continuer à explorer la problématique, nonobstant le fait qu’il s’oppose à ce que je le fasse pour le compte de l’Île. J’ai expliqué que ma curiosité scientifique était trop grande pour que j’ignore une telle question. Il a finalement conclu qu’on en reparlerait le lendemain. Je quitte alors son bureau et retourne à mon poste de travail. Environ trente minutes plus tard, le responsable des ressources humaines me convoque. « Ça se termine ici », m’annonce-t-il. Je m’enquiers : « À cause de tantôt, des histoires de rejets municipaux? ». Il me répond par l’affirmative. J’ajoute : « J’ai touché à quelque chose de très chaud? ». « Oui ». C’est ensuite un collègue très mal à l’aise qui reçoit ma prochaine remarque : « Si je comprends bien, la décision ne vient pas de toi ». Avec un sourire embarrassé, il acquiesce d’un hochement de tête. Un peu ébranlée, je demande : « Qu’est-ce que tu vas raconter à emploi-Québec? ». Sa réponse : « Incompatibilité avec l’équipe ». « L’équipe… », que je me dis (mes rares contacts avec les autres employés s’étaient bien


déroulés pendant mes deux jours de travail – il faut dire que j’avais passé l’essentiel de mon temps seule dans mon bureau à lire des rapports). Suite à cette confrontation entre le politique et le scientifique, je me questionne et je pense à des pistes de solutions. Est-ce que, par la multiplicité de leurs mandats, des organismes comme la Corporation de l’Île Saint-Quentin sont inévitablement placés dans des situations de conflit d’intérêt? Qu’advient-il quand une même équipe doit attirer des visiteurs afin de combler ses mandats touristique et d’auto-financement tout en s’assurant du même souffle de la sécurité des usagers? Et surtout, dans l’éventualité d’intérêts conflictuels, quel mandat

aura préséance si l’un et l’autre mènent à des décisions discordantes? Dans le cas de la Corporation, la question n’est pas triviale : il serait sans contredit très coûteux pour l’Île de perdre l’attrait de la baignade. Cette plage demeure un des rares endroits au Québec où il est encore possible de se baigner dans le fleuve. Certes, à l’heure actuelle, une collaboration existe avec le ministère de l’Environnement dans l’échantillonnage et l’analyse des coliformes. Je crois toutefois que le Ministère devrait s’impliquer davantage dans la rédaction du rapport annuel. Cela pourrait notamment se réaliser par l’intermédiaire d’un service de consultation par un biologiste externe. Une seconde avenue pour la Corporation

pourrait être de créer une division environnementale distincte et indépendante de la division récréotouristique. Dans une certaine mesure, on minimiserait ainsi l’ingérence de l’une dans les processus décisionnels de l’autre. D’un point de vue plus large, il me semble par ailleurs que la ville de Trois-Rivières devrait afficher plus de transparence quant à la gestion de ses eaux usées. Des informations concernant la localisation des usines de traitement des eaux, les points de rejets des effluents ainsi que les procédés utilisés devraient être facilement accessibles sur le site Internet de la ville. Ces renseignements devraient être connus du grand public. Cela se fait ailleurs, notamment à Montréal. À bon entendeur, salut!

Beauté Lyrique par : Micheline Plourde

Ma soeur par : Nicolas Sourdif

Au loin, la rive. Le bleu, doré.

Douce est la vie, et pure. Droit, les droits, Tais-toi, Nicolas

Photo : J.Pleau

Bleue, la rive, bleue. Tu marchais, ma soeur Passé le cap de l’oubli, Et tu souriais... Doré est l’horizon, bleuets. Souvent!

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Pour remettre le fleuve au monde... par : Stéphane Doucet, Directeur du Comité de Zones d’Interventions Prioritaires (ZIP) Les Deux Rives www.zip2r.org REMETTRE LE FLEUVE AU MONDE : J’adore cet adage! Ce n’est pas seulement une phrase à laquelle on peut affubler plusieurs sens… C’est en fait le mantra des organismes répartis le long du Saint-Laurent qui ont pour mission la protection, la conservation et la mise en valeur du fleuve Saint-Laurent. De plus, tous ces mandats doivent se faire en « concertation et en partenariat » avec le milieu. Ouf! C’est quoi cette gang d’utopistes là? Ce sont en fait les Comités de Zones d’Interventions Prioritaires que l’on appelle ZIP! Il existe 14 comités ZIP répartis le long du fleuve qui sont mandatés par les gouvernements fédéral et provincial pour atteindre des objectifs définis démocratiquement par la population locale. Les régions de la

Photo : Jean Chamberland

Mauricie et du Centre-du-Québec, bénéficient de la présence du comité ZIP Les Deux Rives et du comité ZIP du lac Saint-Pierre. Ces deux organismes communautaires, gérés par la population locale, s’acharnent à transformer leurs objectifs utopistes en projets concrets. Le fleuve Saint-Laurent est un joyau du patrimoine mondial rempli de contradictions : Ainsi, le FLEUVE SAINT-LAURENT : - C’est la force incontrôlable de la nature; indomptable par la force et par la puissance de ses eaux mais fragile par les

cicatrices que l’homme impose sur sa faune et sa flore. - C’est la place qu’il occupe dans l’histoire des sociétés depuis le début de l’occupation humaine et du développement de la richesse des peuples qui le côtoient. - C’est un territoire défini comme un bien commun mais difficilement accessible : c’est-àdire : personne n’est propriétaire du fleuve et de ses rivières qui Nettoyage des berges de la rive-sud s’y jettent et conséquemment, ans. Ce projet nous a permis d’obtenir la tout le monde peut profiter de ce patri- reconnaissance de tous les milieux par moine mais ses accès sont rares car ils notre efficacité à remettre en état les rives sont jalousement gardés par certains du fleuve. Grâce à l’aide du financement des propriétaires riverains. instances gouvernementales, nous avons Donc remettre le fleuve au monde implique qu’on doit ressusciter la richesse de ces milieux naturels tout en permettant de rendre son accessibilité à tous les citoyens afin d’apprivoiser cette richesse.

engagé plus d’une dizaine de personnes par année, âgées entre 18 et 30 ans qui avait besoin de se trouver une passion dans la vie. Pour la majorité des participants, leur expérience environnementale et sociale à la ZIP leur a permis de se trouver un emploi ou de retourner aux études : un succès de développement durable!

Depuis 10 ans, le comité ZIP Les Deux Rives s’efforce à réaliser divers projets de développement durable bénéfiques à la communauté. On peut citer les études permettant de connaître le territoire de plusieurs rivières qui se jettent dans le fleuve ainsi que la qualité de ses eaux. Des rapports ont aussi été réalisés pour mettre en valeur des milieux humides exceptionnels par sa diversité biologique. Nous avons distribué gratuitement des milliers d’arbres indigènes, souvent rares, afin que la population les plante sur leur terrain. Ces arbres deviendront des semenciers bénéfiques pour recréer la nature originelle régionale.

Donc, depuis 10 ans, tout ce travail n’aurait pu être réalisé sans les membres bénévoles, les jeunes en réinsertion à l’emploi, les étudiants, nos employés, les professionnels des instances publique, privé et communautaire et surtout, notre conseil d’administration bénévole. Les objectifs seront atteints car le plus important est que l’ensemble des communautés riveraines s’impliquent. Que nous réserve l’avenir pour les ZIP? Le carnet de projet est rempli : le développement touristique du sentier maritime (Route bleue), la protection et la mise en valeur des écosystèmes fluviaux, les problèmes d’érosion… Notre plan d’action le confirme, il reste tellement à faire…

Mais le projet majeur de notre organisme est le nettoyage des berges qui a duré 5

Impliquez-vous pour remettre le fleuve au monde!

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Un laboratoire écologique à ciel ouvert par : Marcel Binet, président des Productions l’Envol du Grand Héron Bleu Il est rare de nos jours de pouvoir réaliser des expériences scientifiques avec des élèves dans un milieu naturel conçu à cet effet. Il est encore plus rare d’avoir accès à ce type de milieu sans avoir à débourser un montant d’argent. Montant qui sera utilisé pour défrayer le transport et l’accès au site. Hé bien, les jeunes de la région de Trois-Rivières auront maintenant accès à ce qu’on pourrait qualifier de “laboratoire à ciel ouvert” qui a été conçu justement pour permettre ce type d’activité. C’est en janvier 2008 que le projet d’un milieu humide éducatif est présenté par les Productions l’Envol du Grand Héron Bleu et retenu par la division développement durable du territoire de la Ville de Trois-Rivières. Reste à trouver le financement, les permis et tout le tralala. C’est durant ces recherches que se joint un troisième partenaire essentiel à la réalisation de ce projet soit le Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune. Ces trois premiers partenaires travailleront ensemble pour la réalisation du projet. Il ne manque plus qu’un partenaire provenant d’une institution éducative. L’École secondaire Chavigny remplira cette mission en prêtant ses laboratoires de sciences et technologies pour produire des nichoirs à oiseaux et chauve-souris. Notons que ce sont des élèves de troisième secondaire de l’école qui ont fabriqué ces nichoirs. On se doit aussi de souligner la participation financière du Jour de la Terre et du Fonds Écomunicipalité IGA.

Les travaux d’aménagement du milieu ont débuté au printemps 2009. Ce magnifique projet écologique unique au Québec se

Site sans aménagement à l’automne 2008

retrouve à Trois-Rivières aux abords du Pont Laviolette. Il est facilement accessible à partir de la rue du Pont ou par le parc Laviolette. La suite des travaux s’est poursuivie petit à petit tout au cours de l’été 2009. Entre autres, différents aménagements pour la fraye qui permettront, nous l’espérons, d’augmenter les populations de perchaude. Très bientôt, il y aura la mise en place de différentes infrastructures (banc de parc et table) afin de permettre aux visiteurs de faire une petite pause dans ce site enchanteur qui devrait attirer des mésanges, des sittelles ou des pics. Le visiteur pourra même en apprendre davantage sur les milieux humides grâce à la présence de panneaux d’interprétation. Les différentes institutions éducatives de la région pourront profiter de ce site en présentant des projets à caractère écologi- 15 -

que. Les établissements intéressés à présenter un projet devront le faire en remplissant le document disponible sur le site de PEGHB au www.peghb.com. Les Productions l’Envol du Grand Héron Bleu (PEGHB) voient dans ce projet un bel espoir d’initiation à l’éducation des milieux humides et à la protection du Lac Saint-Pierre, ce magnifique plan d’eau d’une richesse insoupçonnée s’est mérité le titre de “Réserve mondiale de la Biosphère” par l’UNESCO en novembre 2000. PEGHB s’implique aussi dans un événement unique au Québec. Cet événement qui ne cesse de gagner en popularité est l’Éco-Salon du Lac Saint-Pierre. C’est un événement pluriculturel, à caractère éducatif et qui a pour but de faire connaître le Lac Saint-Pierre et les saines pratiques du développement durable. Ce Salon est présenté annuellement à la bâtisse industrielle de Trois-Rivières en automne. Il réunit sous un même toit des artistes peintres, sculpteurs, taxidermistes et kiosques environnementaux. Notons la participation depuis 2 ans du Zoo de Granby qui vient présenter 4 oiseaux de proies vivants pouvant être rencontré aux abords du Lac Saint-Pierre. L’École d’agriculture de Nicolet en profite aussi pour réaliser un marais artificiel avec ses élèves à l’intérieur de la bâtisse. À tout cela s’ajoute des conférenciers, reportages et photos concernant le Lac Saint-Pierre. Pour de plus amples renseignements, n’hésitez pas à consulter le site web de PEGHB au www.peghb.com.


Les émissions du tritium et leurs effets négatifs sur l exportation des produits agricoles par : Michel Duguay, Ph.D. en physique nucléaire, Université Laval Le réacteur nucléaire Gentilly-2 émet de grandes quantités de tritium radioactif dans l’air et dans l’eau. Le tritium est une forme d’atome d’hydrogène dénoté par T qui constitue un rejet radioactif des réacteurs nucléaires. La demi-vie du tritium est de 12,3 années. Cela signifie qu’après 12,3 années, la radioactivité a diminué de moitié; après 24,6 années elle a diminué au quart de son niveau original. La formule chimique de l’eau normale est HHO, celle de l’eau dite « tritiée » est HTO.

Illustration : Pushino

L’eau autour de la centrale Gentilly-2 contient beaucoup de tritium qui a été émis au cours de 25 années d’opération et qui s’est accumulé dans le sol et dans les eaux souterraines. Ce n’est qu’après un siècle que sa radioactivité sera négligeable. Après l’ingestion d’eau tritiée, le tritium se propage partout dans le corps. En se désintégrant, le tritium émet un électron rapide qui possède assez d’énergie pour briser une cinquantaine de liens moléculaires dans le corps humain; ceci peut causer un dommage permanent à notre ADN. On peut dire que le tritium est un « pistolet microscopique » chargé d’une seule « balle ». Par un processus aléatoire, ce pistolet va tirer une balle, c’est-à-dire un électron rapide, dans une direction aléatoire à un moment imprévisible. Une cellule biologique dont l’ADN est endommagé peut devenir cancéreuse ou mourir. Si l’ADN est celui d’une cellule reproductrice (ovule ou sperme) une malformation congénitale pourrait avoir lieu. La radioactivité du tritium se mesure en becquerels par litre (Bq/L). L’unité becquerel, ainsi nommée en l’honneur du physicien français Henri Becquerel qui découvrit la radioactivité en 1896, signifie une désintégration par seconde. Un document d’Hydro-Québec (voir www.hydroquebec.com/gentilly-2/popup/ carac_sols.html) mentionne qu’en décembre 2002 les eaux souterraines à la centrale Gentilly2 avaient un niveau moyen de radioactivité de 1200 Bq/L. Chaque seconde, jour après jour, 1200 électrons rapides sont émis par

le tritium d’un litre de cette eau souterraine; après une journée 103 millions de « coups de pistolet » auront été tirés dans chaque litre. Le sommaire exécutif du document souligne que les concentrations mesurées « respectent amplement » la norme canadienne et québécoise de 7000 Bq/L pour l’eau potable. Nous observons cependant que les normes de radioactivité du tritium dans l’eau sont plus strictes aux États-Unis et dans l’Union Européenne. Aux USA la Environmental Protection Agency met en vigueur une norme de 740 Bq/L. L’Union Européenne recommande une norme de 100 Bq/L. Au printemps 2009, le comité ontarien ODWAC (Ontario Drinking Water Advisory Committee) a recommandé au gouvernement ontarien une norme de 20 Bq/L. L’agence de santé de la Californie recommande une norme de 15 Bq/L. Historiquement les normes sur la radioactivité sont toujours devenues de plus en plus strictes. Étant donné ces normes allant de 15 à 740 Bq/L, on peut maintenant se demander comment se comparent les mesures de radioactivité du tritium autour des centrales nucléaires de type CANDU. Du point de vue de l’exportation de produits agricoles en Ontario et aux USA, il faut regarder d’un œil critique les données fournies par la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN), organisme fédéral. Dans le document CMD 07-M34 intitulé « Tritium, Presentation to the Canadian Nuclear Safety Commission, September 2007 », les auteurs Kevin Bundy et Steve Mihok donnent les chiffres suivants pour la radioactivité mesurée dans le voisinage de la centrale nucléaire Pickering : dans - 16 -

la pluie de 18 à 98 Bq/L, dans le lait de 18 à 27 Bq/L, et dans les fruits et légumes de 13 à 695 Bq/L. Ce dernier chiffre est dangereusement proche de la norme américaine de 740 Bq/L. En fait, la norme américaine a été largement dépassée dans les mesures autour de Gentilly-2 concernant les eaux de surface. Le site d’Hydro-Québec (voir http://www. hydroquebec.com/gentilly-2/etudes.html) montre des concentrations de tritium allant jusqu’à 3000 Bq/L sur le site de la centrale. Avec l’accident de Tchernobyl en avril 1986, du césium-137 radioactif avait été transporté par les vents partout dans l’hémisphère nord. Il y a encore des régions en Angleterre où la vente de viande de mouton n’est pas permise sans des mesures préalables du niveau de radioactivité. La centrale Gentilly-2 émet environ 200 trillions de becquerels par année sous forme de vapeur d’eau tritiée, ce qui est énorme. Les vents transportent un peu partout cette vapeur d’eau tritiée. La pluie et la neige déposent par la suite la radioactivité dans le sol, dans les eaux de surface et souterraines. Pour savoir avec précision où vont ces trillions de becquerels de tritium, il faudrait faire des mesures partout au Québec afin de suivre le trajet du tritium. Ces mesures serviront à protéger la population et les exportations de produits agricoles en Ontario et aux USA. Une raison de plus pour ces mesures est qu’en cas d’accident nucléaire majeur en Ontario ou aux USA, il faudrait être en mesure d’informer la population de se tenir loin de certaines régions. Plus tard, ces mesures précises de radioactivité permettraient au Québec de revendiquer des compensations financières pour les pertes causées par le déversement de radioactivité sur nos terres et terrains.


L’histoire tricentenaire de la Commune de Baie-du-Febvre par : Francis Gauthier

La terre, source de tout bien est à la base de notre subsistance. Elle est notre mère nourricière; sans elle toute vie est perdue, sans elle nos grandioses réalisations ne seraient rien. La manière dont on la partage devient la manière dont les rapports économiques sont menés. Actuellement, la terre est possédée par une infime minorité de gros producteurs détachés d’elle et qui la mettent au service de leur seul profit, moyennant augmentation de la misère des autres, qui ont tous subi le vol de leur patrimoine. Tous? Non, un petit groupe d’habitants des environs du lac St-Pierre résistent encore et toujours à l’envahisseur capitaliste. C’est la Commune de Baie-du-Febvre, un regroupement d’environ 300 personnes qui partagent ensemble une terre d’environ 2 000 arpents. D’abord une terre partagée par les censitaires du régime seigneurial pour faire paître leurs troupeaux et ensuite utilisée pour diverses cultures agricoles, elle est devenue aujourd’hui un aménagement faunique géré par Canards Illimités Canada. Voici donc un résumé de l’aventure de la Commune. Les traces les plus anciennes datent de 1706, mais la Commune est peut-être encore plus ancienne. À cette époque, 144 censitaires se partagent 9 300 arpents (chiffre de 1924) pour faire paître leurs animaux. Les droits sont légués par l’héritage et, fait curieux, divisibles, c’est-à-dire que les héritiers pourront recevoir un demi-droit, un quart de droit, ou même un trente-deuxième de droit! Cette situation complexe compliquant excessivement les tâches administratives, le roi Georges V ordonne en 1822 la création d’une loi entérinant les droits sur cette terre à chaque détenteur. Cette loi contient aussi les modalités des processus de décision la concernant : à chaque année, au mois de mai, tous les détenteurs se rassemblent et élisent un conseil d’administration formé de 4 syndics et un président. C’est la naissance de la Corporation de la Commune, une organisation qui se perpétue jusqu’à ce jour sous une forme presque intouchée. Le syndic est le seul organe de décision, il décide de l’évolution de la Commune, et particulièrement du nombre d’animaux pouvant y être envoyés par un détenteur à

chaque année. Mais en 1954, son pouvoir est bien faible face la Défense nationale qui exproprie 3 000 arpents de terre, soit 67,5% de toute la superficie de la Commune. Petit à petit, cette amputation territoriale oblige les agriculteurs à garder leurs jeunes animaux sur leurs terres. En 1970, il ne reste plus que 250 bêtes. Puis, on décide finalement de louer la terre à des personnes ou des organisations sans lien avec les détenteurs qui, souvent, délaissent le métier d’agriculteur mais continuent de garder leurs droits afin de perpétuer l’héritage de leurs ancêtres.

autre demeurera cultivée pour encore une quinzaine d’années.

Comment la Commune de Baie-du-Febvre a-t-elle pu ainsi traverser les âges, des régimes seigneuriaux au système d’État-nation capitaliste en passant par des périodes aussi joyeuses que l’ère Duplessis et les deux guerres mondiales? À-t-on laissé tranquille en paix les trois cent quelques détenteurs de la Commune de Baie-du-Febvre? Eh bien non! En fait, les premières traces historiques que nous avons de la Commune, datant de 1706 nous relatent un conflit entre le seigneur et les censitaires. C’est là le deuxième héritage de la Commune : encore aujourd’hui, des conflits naissent de temps à autre, notamment à cause de propositions d’achat alléchantes de la part de gros entrepreneurs, pour lesquelles quelques détenteurs seraient prêts à céder La Commune est située dans la plaine inondée du lac St-Pierre un héritage rare. Puis, la transformation des modes de production fait en sorte que les agriculteurs, Selon madame Huguette Caya, actuelle préprogressivement, cessent d’utiliser la terre sidente de la Corporation de la Commune, de la Commune comme lieu de pâturage. la force de cette organisation tient dans la En outre, ce n’est là rien de dramatique étant vocation que les détenteurs reconnaissent à donné que ces terres inondées annuellement ce territoire : un précieux héritage défendu présentent des caractéristiques tout à fait par nos ancêtres pour leur léguer un bien particulières qui leur confèrent une valeur commun, un territoire aux bénéfices colpour d’autres domaines d’application. Ainsi, lectifs, une chose unique au Québec avec après des essais de culture maraîchère infruc- la Commune de Berthier et celle de l’île tueux, on décida de mettre les terres, non Dupont. En effet, avec leurs syndics élus cultivées pour la plupart, en location. Alors, chaque année, les détenteurs de droits de de nombreux chalets furent construits aux la Commune disposent d’une voix concerabords du lac St-Pierre ainsi qu’une rampe nant les affaires de cette dernière, contrairement à la majorité des travailleurs agricoles de mise à l’eau pour les plaisanciers. qui peuvent voir leur destin changer sans Mais la plus grande partie de la Commune fut avertissement. louée à la Fondation héritage faune afin d’y établir un aménagement faunique, c’est-à- À l’heure où la loi de la compétition oblige dire redonner à la terre son état naturel, celui les gros producteurs à déchaîner sur nous d’avant la colonisation. Ce contrat de loca- des événements aussi horribles qu’une crise tion venant tout juste d’être échu, le syndic alimentaire mondiale en plein XXIe siècle, est présentement en processus de décision une possession commune de la terre à quant à l’utilisation qui sera faite de la terre. l’image de la Commune de Baie-du-Febvre Ce qui est certain, c’est qu’une grande partie ne représente-t-elle pas un impératif pour restera gérée par Canards Illimités et qu’une nous prémunir contre l’assujettissement de la terre au simple profit? - 17 -


LE FLEUVE ST-LAURENT : ENTRÉE SUR LA TERRE PROMISE par : Rita Dupont

Bien sûr, il y avait bien quelques indigènes, pas très malins, d’ailleurs. Les amadouer serait un jeu d’enfant. Ces derniers semblaient heureux de recevoir des invités, de nouveaux amis. Partager leur espace? Il y en avait tellement! Quant aux Européens, ils avaient décidé de s’imposer, de livrer bataille; de prendre les plus belles terres au bord du fleuve et de s’installer et, enfin, d’exploiter les Amérindiens, de même que les autres nouveaux arrivants. Depuis ce temps, il en a coulé de l’eau sous

Nous avons grandi ensemble et nos destins sont liés.

les ponts. Des arbres gigantesques aux forêts naturelles d’une ressource apparemment inépuisable, on a défriché jusqu’à l’épuisement. Les eaux de nos rivières, alors limpides, sont devenues si polluées qu’on ne s’y baigne pas sans risque. De ces Amérindiens si accueillants au départ, on a presque réussi à éteindre la race. Actuellement, ils sont trop peu nombreux pour que nos gouvernements les considèrent comme une réelle menace. Ceux qui restent sont néanmoins les derniers témoins d’une civilisation dont nous devons absolument nous souvenir. Leur culture et leurs coutumes font partie de nos origines.

C’est dommage pour les gens qui ne prennent pas le temps d’aller le voir, de visiter ses berges et de constater de leurs propres yeux comme il est grandiose, émerveillant! Mais il est bien plus dommage encore de constater à quel point plusieurs d’entre nous lui manquent de respect en ne faisant pas attention à son écosystème. Enfin! Profitons-en, pendant qu’il est encore là! Non, mais, qui aurait dit, qu’un jour, l’eau potable deviendrait une denrée rare? Notre pays ressemble vraiment à la terre promise. De partout ailleurs dans le monde, nous sommes enviés pour nos richesses et notre générosité. Il est heureux de savoir que nous sommes devenus ce que nous sommes, et que notre histoire y est pour quelque chose. Soyons fiers de notre patrimoine. Prenons-en bien soin.

Le Lac St-Pierre par : Lyse Panneton

Connaissez-vous cette halte routière où les passants, voyageurs, gens en randonnée s’arrêtent pour la contemplation du magnifique paysage scénique offert à la vue de tous? Il y a des bancs, un abri et des lunettes d’approche à notre disposition pour l’observation. Bien des bateaux défilent devant nous, laissant des vagues déferler sur les rochers des berges. Vaisseaux de tout acabit sont portés par les eaux : pétroliers, cargos, voiliers, bateaux de plaisance, petites embarcations à moteur et même des adeptes de planche à voile jouissent de ce grand pouvoir naturel qu’est le Lac St-Pierre. Le clapotis des vagues évoque pour moi une musique douce. Le ressac continue jusqu’à ce que s’éteigne la dernière vague provoquant la fin de la magie de cette mélodie naturelle. C’est un spectacle sans fin se renouvelant à chaque visite effectuée à ce lieu. L’eau, énergie essentielle puissante, nous transmet le message musical divin. Cette force agissante est un cadeau précieux de vie de l’Éternel. L’imaginaire est là. Le ciel à l’horizon se marie aux flots et tout se fond à notre œil, ne faisant plus qu’un. L’infini est à notre portée… - 18 -

photo : Jean Chamberland

Quand les premiers Européens ont vu pour la première fois ce grand fleuve majestueux, ils durent être frappés par sa beauté, son immensité et autant d’espace. Vues du fleuve, trois embouchures laissaient présumer le déversement de trois rivières. De là vient le nom de notre ville. Là-bas, en Europe, c’était la surpopulation, la pauvreté. Ici, on aurait cru à la terre promise, au paradis sur terre, quoi!


COMMENT UNE GOUTTE D’EAU PEUT RAFRAICHIR ET PLUSIEURS PEUVENT TUER?

DÉDIÉ À MA SŒUR KEATTE CHAMPOUX, EMPORTÉE PAR LE FLEUVE. 1982-2002

Par : Mag

Lettre ecrite par un enfant de 10 ans par : Jean-François Veilleux écrit en 1994 à l’école primaire Vents et Marées Cher fleuve, je t’écris car j’ai su que tu avais des problèmes. Je crois que j’ai quelques solutions. Je vais t’en faire part :

Je m’inquiète sérieusement sur la vie marine, si elle tient encore bon. Plusieurs de nos usines rejettent des produits toxiques tels de l’huile, du pétrole, des pneus, des bas, des bot-

Tu me donnes beaucoup de joie quand tu illumines le ciel avec tes couchers de soleil. Pour te dire vrai, Cacouna est fier de toi! Tu es si sympathique quand tu démontres tes nombreux couchers de soleil. Ils font reluire toute la terre. J’aimerais tant voir ton monde marin. Tu sais, tu n’es pas si mal que ça après tout. Je vais te confier un secret; je crois que tu es plus grand et plus majestueux que moi! Je suis le plus petit de taille dans la classe. Alors, tous mes grands hommages à toi! - 19 -

Illustration : Éric Barthe

Pour que tu ne sois plus rempli de pollution, nous pourrions d’abord arrêter de jeter des sacs de plastique quand on va pique-niquer. Chacun de nous pourrait faire le ménage chaque mois à leur chalet, proche de tes berges.

tines et de l’essence. C’est vraiment décevant pour toi!


La pollution de l’eau peut se manifester de plusieurs façons. Sur cette photographie, on observe une bonne illustration de ce qui se produit lorsqu’un plan d’eau est pollué par un apport excessif de nutriments. Ici, des algues filamenteuses s’étendent à perte de vue dans le lac Saint-Pierre. La prolifération de ces algues coloniales participe au phénomène d’eutrophisation (“étouffement” d’un lac) suite à des rejets d’origine agricole. Les floraisons de cyanobactéries (algues bleues), très médiatisées au Québec, sont une autre manifestation de ce type de pollution. Photos et texte : Mariannick Mercure

Vox Pop

Pourquoi trouvez-vous important le lac Saint-Pierre et le fleuve St-Laurent?

Tous les fleuves et les lacs ce sont tous des cours d’eau qui nous permettent de vivre. Ils sont aussi importants pour la faune aquatique. Judith C.

Pierre

Le monde ne voit pas que la planète est en train de nous bouffer, tabarnac, arrêtez vos ostis de niaiseries. Zaboui B.

Peace

Oui le fleuve est important et le lac StPierre aussi. La majorité des gens croit que l’eau est une source inépuisable. Arrêtons de prendre le fleuve et le lac comme des poubelles à ciel ouvert. Si nous n’arrêtons pas de se servir de la nature, comme acquise, un jour elle se retournera contre nous.

Janot B.

Ce sont des écosystèmes et c’est très important de ne pas les polluer. Daniel Chillas C’est une bonne place, pour remiser nos déchets.

Mario

Quiconque David

Pour moi toute rivière est un moyen de méditation. Quand je vois de l’eau se fracasser sur la roche et vois la puissance du courant, je vois que ce n’est pas nécessairement, l’être humain qui dirige. L’homme appartient à la terre et non la terre à l’homme. Ils sont des richesses naturelles qui attirent le tourisme.

Quand nous avons quelque chose comme la nature, on dirait que le monde cherche à détruire ces beautés, comme le maire de Trois-Rivières, Yves Lambert, en voilà un exemple qui veut faire disparaître St-Christophe. Il pense diriger la ville de Trois-Rivières, il devrait faire un examen de conscience, parce que je crois qui fait juste d’la marde.

Rejean

un passant

Le fleuve et le lac St-Pierre sont des moyens bien importants pour faire de l’importation

Ce sont des fresques naturelles.

Anonyme

L’ eau est un élépar : Momo ment naturel. On n’en prend pas assez soin. L’être humain est un parasite sur cette terre, sans défense. Comment fait-on pour se respecter, si on ne respecte pas cette belle nature.

Ils sont importants car il y a de l’eau. Nous sommes fait en grande partie de ce liquide, ne pas en prendre soin, c’est causer notre perte. Anonyme

Avez-vous déjà vu un lever ou un coucher de soleil ou la lune qui se reflète dans l’eau? C’est un spectacle merveilleux et gratuit qui un jour ne sera plus là. Estelle

A bientôt, j’men va bouère un verre d’eau!

Azure - 20 -

MOMO

Illustration : Évelyne P.

Ils sont des lieux d’amusement et aussi de repos. On peut se baigner, faire de la planche à voile et regarder les belles filles en costumes de bain. Ça nous rappelle de prendre son temps.

et de l’exportation.


Le fleuve Saint-Laurent et le Lac Saint-Pierre vus par Jean Chamberland

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Ces immenses champs étendus Sous le soleil miroitant D’un réveil entreprenant Qui s’amuse à les gonfler De jeunes blés et de toutes ces fleurs Pourpres comme le sang L’allongeant dans mes veines À te ‘’pensée’’ (Penser)

Article Power

Ô ! Vie !

par : Marie-Danielle, Belle Baboune Moment de vie : plénitude de l’espace Monde intérieur : finement doré Je rêve à toi dans tous mes instants Qu’il m’est donné de vivre et de mûrir Ô! Vie! Grande dame toute convoitée Peu importe ton âge, peu importe le temps Tu répands ton voile drapé Sur les pâles songes de nos nuits.

Je cueille ces fleurs et te les offre Ô! Vie ton jour qui pointe Me rassure et me laboure D’ardeur et d’amour À coup sûr, je te réjouis …bientôt Je vous ai présenté ici mon hymne à la vie que je me suis dédiée en 1989. Année de ma sortie d’un 10 ans de vie retenue à l’ombre, à la suite d’une tentative de suicide. À ma sortie, quel bonheur m’en fut rendu de respirer librement ma vie au complet. On me l’a enfin remise après une mise de côté aux arrêts.

Viens et secoue-moi Apprends-moi la ferveur De me fondre en toi À toutes les heures Qui ne font Que se succéder L’une après l’autre Et l’autre en lune…

Dorénavant, ma vie et moi, fusionnées serrées, marchons ensemble et ce, pour longtemps. La vie me cimente par en dedans et s’exulte par l’expression de plus en plus articulée et pénétrante de mon corps, du dehors, du dedans, jamais l’un sans l’autre. “Je suis la vie” cette phrase rendue biblique a été cousue solidement dans les écrits anciens et étrangement édulcorée dans l’application au quotidien de chacun, chacune. “Je” c’est moi, et la vie est moi, donc, je suis la vie (syllogisme logique mais peu utilisé).

Je n’ai que le regret de ton oubli Chaste et pur comme l’est la folie Mais aussitôt je revois

Je regarde toujours la vie à travers l’autre, et même s’il m’est étranger, je ne peux que l’aimer sans le juger. Il est si grand puisqu’il est la vie. Je vous aime!

Si j’étais roi

Correspondance de la prison

par : Jean-Marc Lemire

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Illustration : Évelyne P.

L’alcool, un vrai couteau sur la gorge! Par : L’Indien

Bonjour! Je suis un jeune Métis amérindien Atikamek (ce qui veut dire « poisson blanc »). Je désire vous faire part d’une situation qui m’a réveillé sur mon alcoolisme. Depuis l’âge de 18 ans, la boisson est devenue un problème pour moi. La boisson m’a conduit en prison. J’ai commencé par 3 jours de prison et deux mois et demi. J’ai enfin fait une thérapie, une « détox volontaire ». Entre « guillemets », parce que je ne voulais pas perdre mon loyer supervisé où j’habitais à ce moment-là en 2007, à Montréal; j’étais rendu violent et agressif avec mon voisin. En été 2009, je suis retourné en thérapie pour la septième fois. Je me dis que je vais faire d’une pierre deux coups, je vais sauver du temps (prison) et me donner une autre chance de travailler sur moi. Mes bibittes intérieures qui m’emmènent à vouloir fuir dans la boisson. Mais non! Je voulais encore tout contrôler selon mes vieilles habitudes. Ma grosse tête qui pensait avoir le contrôle de moi-même. Un soir, j’ai pété ma coche, c’était ma troisième journée de rechute, j’ai retourné ma colère sur mon partenaire de

brosse. Je lui aurais donné deux, trois coups dans la face, je ne m’en rappelle plus, j’étais trop saoul, c’est les policiers qui me l’ont dit. Quand on dit que la colère engendre la colère, bien c’est ça! J’ai eu droit au traitement d’un coup de lame sur la gorge, j’ai perdu 2 litres de sang. Dans ma chambre d’hôpital, je me réveillais de temps en temps et je me disais que c’était un cauchemar; en tout cas, j’aurais voulu que ce le soit. Avant d’être égorgé, j’en étais à 5 mois d’abstinence. J’ai déjà fait treize mois auparavant, il y a deux ans. Je n’ai pas su vivre avec ma solitude. Encore une fois, l’ennui envers les autres et l’apitoiement ont pris le dessus. Tous ces comportements me donnent le goût de consommer. Ça fait un mois depuis cet inci-

dent qui a failli me coûter la vie et depuis, je n’ai pas retouché une goutte. Le fameux son de cloche dont parlent les fraternités A.A. et N.A. me disait : « arrête de boire, tu perds le contrôle, la boisson t’emmène à la prison, à la folie ou à la morgue ». Un jour où je passais à la cour, le procureur a dit au juge que j’étais pris avec le démon de l’alcool. S’il y a un démon auquel je crois, c’est bien celui-là. Il y a des jours où j’ai eu du plaisir, les premières fois. L’habitude est devenue du déplaisir. Plus jeune, je voulais mourir à 27 ans comme les rock stars, Jim Morrison, Jimmy Hendrix, Janis Joplin, Kurt Cobain. Et là, j’ai 27 ans, je ne suis pas une rock star, mais mes abus et déboires d’alcool ont fini par me donner une claque sur la gueule, ce qui m’a saisi. Dire que j’ai failli y rester comme je le rêvais plus jeune; là, il faut croire que ce n’était pas mon heure. Je prends ça comme un signe que j’ai droit à une deuxième vie. J’ai embarqué dans le programme 24 heures à la fois, 10 minutes s’il le faut; c’est peutêtre le bon essai cette fois; de plus, j’ai un suivi à Dollard Cormier. J’ai réalisé qu’il est beaucoup plus facile d’aller au bout de ses rêves, ses ambitions en étant sobre plutôt que sur la brosse. Aujourd’hui, je planifie de terminer mes équivalences à l’école et de m’inscrire en maçonnerie. À ceux qui se retrouvent dans ce texte, bon rétablissement ! Ton ami, l’Indien

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Ra g e

À nous le monde par : J de cœur

par : Korbo

Je fais du sur place sur une surface de glace. J’avance plus, en train de perdre mes buts, Comme un chien pris en cage J’m’en vais vers un naufrage. La distance que j’ai parcourue, j’la perds de vue; J’ai beau me chercher une bouée, j’fais que dériver; Je dérive vers une île, perdu dans un orage Une tempête dans ma tête, Le naufrage est assuré. Si je ne peux me libérer de mes chaînes de haine Qui m’emprisonnent dans cette société.

Viens! Viens vers moi, comme tu aimerais que je vienne vers toi. Toi et moi faisons un, car nous ne sommes qu’un! Le viol en moi n’y est plus, plongé dans le vide vers toi! Apaisant, loin de la crainte, dévoilant la dignité et la vérité telle que t’es. Vrai, tu es vrai! Méprisants sont ceux qui méprisent, car sous l’emprise du dédain, la crainte de la différence, insaisissable, dont les peurs de toutes sortes se sont formées. Brise! Brisons la vis du mépris, méprisante des méprisants qui nous serre dans ses serres à sa guise et à sa merci. Libre! Vole. Prends l’envol. Vole comme un oiseau au vent, va vers l’avant au devant! Homme libre, libre tu l’es! Franchis les murs dans le parcours qui est tien et mûris! N’oublie surtout pas : « Des fois tout nous semble long, si long, à vrai dire le temps nous est compté. Vis bien ta vie avec la vie, car nous avons une seule vie à vivre!! »

Ma plaie par : Le Zélote

Les lueurs immobiles d’un jour s’achèvent La plaie douloureuse d’un chien qui aboie Le silence inquiétant qui précède mes rêves Quand le monde est disparu On est face à soi Tous ces refus que je n’ai pas à engloutir Ces choses au fond de moi qui me font vieillir tard Toutes ces paroles que je n’ai pas comprises Ces choses au fond de moi qui me font vieillir tard. - 24 -


Je veux tourner la page Je trouve ça dur d’arrêter la drogue aujourd’hui. J’ai déjà arrêté deux ans, sans consommer. J’ai eu une grosse rechute et je veux encore m’en sortir parce que je sais que la drogue tue le monde. Voilà deux mois j’ai vu venir la mort parce que je me suis injectée de la drogue très forte. J’ai eu très peur. Je me suis dit que je mérite mieux que la drogue. Mon fils Stevens m’a dit de tout arrêter parce que j’allais mourir, je ne veux pas me détruire, je veux vivre! Lors de ma surdose, j’ai vu des morts vivants et des fantômes qui venaient me chercher. Je réalise que c’est mieux que j’arrête tout, ainsi je pourrais conserver mon logement et mon bonheur. Je ne veux pas toucher à la méthadone, j’ai peur car la méthadone c’est aussi une drogue qui tue. Je pense que c’est mieux de combattre sans cette merde, seule. Je sais que je suis capable car j’ai déjà arrêté. Sans drogue je vois mieux devant moi, je vois la vie plus belle. Je suis capable de vivre sans drogue, je veux tourner la page.

Merci de m’avoir ouvert les yeux par : Fred (le pêcheur)

De fil en aiguille par : Fardoche

Faudrait ben que ce jour Sois une mise à jour Ou bien bonjour mon cher amour Je t’offre un calinours Ça prend un peu d’mine dans l’crayon Bon matin tit quotidien Oublie pas d’avancer le pion Pour toé mon tit chien Faudrait pas que tu fuis D’mande-moé pas rien Empêche surtout pas l’oubli Ch’tun gaspésien Oubli qui oublie quoi Un mélange d’Hippie Oublie n’importe quoi Pis de punk ben sali Surtout pas moi Surtout pas du riz Je me noie dans tes émois Ou ben du curry ben frit Au bout du ciel à l’envers Faudrait ben prendre un verre À l’aut bout d’la mer J’pense que c’tencore hier

Réveillez-vous chiens mous J’aime bien mieux être fou Qu’un osti d’screw Pogné dans tes remous Plein d’$ou$

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Illustration : Évelyne P.

Du cannabis au speed, à la morphine, ma vie était basée sur des plaisirs éphémères et artificiels. À l’âge de quinze ans le mouvement punk (de rue) commença à m’intéresser, après une chicane avec mes parents, j’ai pris la rue comme refuge. La drogue m’est apparue comme un remède rêvé pour oublier que personne ne me donnait le respect que je méritais (mes supposés chums). Pour m’évader je vivais la nuit, la cocaïne, le speed, le pcp, voilà une prescription assez excessive pour un jeune homme grisé et frustré. Durant mon périple dans le monde nocturne j’ai rencontré un très bon ami (Raf) qui m’a dit : tu sais Fred c’est sûr qu’en te disant ces paroles je vais sûrement te perdre comme ami, mais si j’avais la chance d’avoir une maison avec des parents qui s’aiment, un toit où dormir, un repas à tous les jours, j’irais à la messe tous les dimanches et je me coucherais à 8 heures même. Merci Raf de m’avoir ouvert les yeux, je ne sais pas où je serais rendu aujourd’hui. Mais présentement, je suis en thérapie et la vie m’apparaît de plus en plus belle, encore une fois merci de m’avoir montré ce qu’était vraiment la rue, si je peux faire quoi que ce soit pour t’aider, gêne toi pas.

par : Johanne Chevanel


Courrier du lectorat Ce matin je me lève tôt, mieux vaut être de bonne heure pour commencer à chiâler, ainsi vers 15 h je me dis que ma journée est faite. J’ai ouvert le journal ce matin, La Galère avec le thème « culture urbaine ». Quelle belle page couverture. Vos publications sont une collection à conserver. J’adore les thèmes que vous abordez, nous avons une autre image, plus réelle de la métropole mauricienne, autre que celle du Nouvelliste. Sans compter les nombreux participantEs qui vivent dans le réel, avec courage, poésie, critique sinon révolutionnaires; punk, anti-militaire, anarchiste, écologiste, théâtre de rue, anti-nucléaire, sans-abri, métis, prisonniers, etc. Nous avons à vous envier, ici à Shawinigan, pour vos initiatives. À Shawi, la réalité est un peu différente. C’est vers 9 h que je commence vraiment à sacrer car je passe sur le grand boulevard St-Sacrement avec le privilège de la fumée toxique de notre aluminerie, qui vous prend à la gorge. Deux quartiers (défavorisés) ChristRoi et St-Marc, vivent dans cette vapeur toxique avec les maladies associées : cancer

de la vessie, parkinson, Alzheimer, schizo, déficience intellectuelle, etc. Arrivé au Chic-Club de l’Auto-Psy du Centre Roland-Bertrand, je commence vraiment à devenir un peu humain et rigole parmi les rejets humains, les psychiatriséEs, les itinérantEs, etc. De chez nous au chic club j’ai vu une centaine de chars (des normauxpathes ou extra-terrestres) et seulement 2 à 3 humains à pieds, des vieillards, des B.S. ou des psychiatriséEs. On n’ose se parler ou se dire bonjour comme dans les grandes villes. Cela est un peu triste et décrochant. Et je ne parle pas du pire tel que la jeune fille gelée (sur le crack), faisant la rue pour un vingt dollars sur le coin St-Paul. Le pire ce sont les commentaires des normauxpathes ou intervenantEs du système de santé psy. qui en font leurs choux gras. Payant, l’économie des services sociaux. Une petite médicamentation pour son trouble bi-polaire et ses angoisses et ainsi soulager les symptômes de cette terrible maladie pour qu’elle s’intègre et s’adapte à son milieu... la rue! Bon, j’ai assez chiâlé là.

Je ne perds pas courage, à lire votre revue, je me dis que l’intelligence humaine critique du bon sens finit toujours par s’exprimer, par des associations, des entreprises, des mouvements, des actions-initiatives individuelles, de la résistance, de la débrouilliardise, de la solidarité. Et nous finissons par trouver écho un peu partout, leaders, intellectuelLEs, politiciensNEs, intervenantEs, activistes, qui s’indignent et cherchent des alternatives; bel espoir. Cela ne se ferait sans vos prises de parole. Quelle aventure, je suis convaincu que le monde de demain ne sera pas le reflet de celui d’aujourd’hui, plus humain, plus solidaire, plus viable, plus exaltant, plus près du vivant, plus spirituel et plus créatif, donc plus Jazz. Inch-Allah. Merci beaucoup pour votre beau travail de publication Solidairement Alain Charest, Shawinigan

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Illustration : Mag

Le�re ouverte à Monsieur Jean Charest par : Michel Marie, animateur du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs, France Pour accompagner l’excellente initiative de la campagne Avecénergie.org proposée par la Fondation Rivières et Nature-Québec, le 1er septembre dernier, je me permets, au nom du Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs, de vous soumettre nos réactions venant de France. “Championne” mondiale du nucléaire, la France, notre pays, a mis le doigt dans un engrenage infernal, tel l’apprenti sorcier. Les déchets de cette industrie pas comme les autres seront une épée de Damoclès pour des centaines de milliers de générations. Qui ose le reconnaître? Qui a le courage, parmi les pays nucléarisés, de reconnaître la faillite de la gestion de ces poisons? Les États-Unis du président Obama viennent d’avoir l’intelligence de stopper la folie de Yucca Mountain (site alors programmé

pour l’enfouissement-abandon des rebuts radioactifs). L’Allemagne vit actuellement un énorme scandale : le gouvernement des années 80 a manipulé le rapport de sûreté du site de Gorleben (enfouissement). Et en ce qui concerne notre “champion” nucléaire international, la France, la “gestion” des déchets radioactifs est là aussi catastrophique. Le site d’enfouissement de Bure cumule les tares géologiques (occultées par l’État); le site de Soulaines (dit “référence internationale”) arrose les riverains de gaz radioactifs; les populations se rebellent à présent et refusent ces dépotoirs. Voilà les dégâts collatéraux que va produire la seule centrale nucléaire GENTILLY-2 : des risques incommensurables et des poisons que personne au monde ne sait gérer sérieusement.

Est-ce là, Monsieur Charest, avec votre projet d’accepter la poursuivre de l’aventure nucléaire de Gentilly-2, ce que vous voulez laisser à la postérité ? Détrompez-nous s’il vous plaît. Nous demeurons à votre disposition pour, ici, vous faire découvrir la réalité des coulisses des déchets du nucléaire. CEDRA Collectif contre l’enfouissement des déchets radioactifs BP 17 - 52101 SAINT DIZIER Cedex - FRANCE Téléphone-répondeur-fax : 33 (0)3 25 04 91 41 / 33 (0)6 66 959 777 cedra.org@orange.fr/www.burestop.org - www.villesurterre.com

« On ne fait pas la fête quand ça brûle chez les voisins »

Au Sud-Kivu, une province à l’est du pays, il y a eu 14 200 viols enregistrés en deux ans. Suite à ces viols, la moitié des femmes sont devenues enceintes et le quart d’entre elles ont contracté le VIH. Le viol est une arme de guerre répandue et l’impunité est quasi-totale. Ces agressions, en plus de détruire physiquement et psychologiquement les femmes, engendrent

un désarroi total dans ces communautés dont elles sont les piliers. Le tissu social se désagrège peu à peu pour laisser la place au chaos. Dans ce climat de guerre, la population est constamment aux aguets. La souffrance et la peur font partie du quotidien, au même titre que la faim engendrée par la pauvreté extrême. En effet, le Congo est un des pays les plus pauvres au monde, malgré le fait qu’il regorge de nombreuses richesses naturelles. Les gouvernements et les médias gardent sous silence les injustices et surtout les intérêts des entreprises et des grandes puissances dans ces conflits. Comment peut-on, en tant qu’êtres humains, cautionner une telle situation? Car c’est ce que nous faisons par notre inaction. - 27 -

Heureusement, des gens agissent! Des groupes de femmes congolaises se mobilisent; elles sont prêtes à mettre leur vie en danger pour supporter leurs sœurs dans la douleur. Elles poursuivent avec ardeur la lutte contre les injustices et le déshonneur de la femme. C’est pourquoi nous nous devons, en tant que femmes du Québec, de souligner la gravité de leur situation, afin de lutter à leurs côtés. C’est grâce au partage de l’information que dorénavant, leur souffrance sera connue dans le monde. Pour en savoir plus sur le Congo, nous vous invitons à consulter le www.cs3r.org. Denise Caron, Maude Goudreault, Diane Archambault, Anick Michaud, Nicole O’Bomsawin, Chantal Chicoine, Sylvie Poirier, Nancy Baril, Myriam Roy, Christelle Dejoie, Annie Lafontaine, Mariette Milot, Louise Létourneau et Élisabeth Cloutier.

Illustration : Évelyne P.

La République démocratique du Congo est marquée depuis les 15 dernières années de conflits qui perdurent et ses habitants sont victimes de violences atroces qui laissent pourtant de glace la communauté internationale. L’ONU estime que depuis 1996, les guerres au Congo ont causé 5.4 millions de morts, soit presque sept fois plus de morts au total que le génocide rwandais.


par : Nicholas McCallum

J’ai eu la foi jaunie par l’odieux de l’alcool et de la nicotine. J’ai passé mon corps à tabac, en verres de bière et contre tous, pour plus d’un foie. Mon alcool à friction m’embaumait plus qu’il ne pansait mes mots. J’étais une momie qui s’ennuyait de la sienne.

Maintenant je le sais, assis à ses cotés. Aujourd’hui, mes frères et sœurs de larmes, j’ai recouvert mon corps de bière pour mon dernier foie. Je ne bois plus et je ne boirai plus. On a scellé le goulot de mon corps brûlé d’un sacrament. J’ai vaincu l’alcool, je me suis caché dans un cendrier. Que mes vers, mes verres, et de me lire de là-haut en bas, servent de last-call parce qu’il n’y en a pas toujours deux. Au diable le vain de mess!

Illustration : Patrice Bergeron

J’ai mal aux arias; j’ai la malaria occidentale. J’ai eu la piqûre à un jeûnage de naissance, foudroyé du bout des orteils à la tétanos. J’ai transformé ma vie d’ange en benne à or dur, en vendanges, pawn shop de toutes sortes. Pis, pour ululer comme un fou dans mes nuits allumées, et pleurer l’aube pour éteindre les premières lueurs du manque.

par : Dan Jalette Je tiens à vous féliciter pour votre beau travail, monsieur le maire. Non mais c’est vrai, il faut rendre à Néron ce qui appartient à Néron. Malgré quelques bourdes à la démocratie, vous semblez avoir de la vision pour votre ville, tout comme Ti-Jean Drapeau en a eu pour la sienne. Remarquez qu’à l’époque tout le monde le critiquait, on disait qu’il coûtait cher à la ville. Je suis sûr que l’avenir vous réserve le patronyme de Ti-Yves le maire visionnaire. C’est bien le terminus d’autobus au centre-ville, puis l’aéroport, ça devrait créer de l’emploi un de ces jours. Le contrat de la côte Plouffe, alors là vous avez manqué une belle opportunité de sauver de l’argent. S’il avait été peinturé tout blanc, la ville aurait sauvé de l’argent, puis pour plus de couleur tu laisses faire le temps, les artistes de la peinture en aérosol l’aurait colorié et ça n’aurait pas coûté une cenne à la ville. Votre développement urbain le long du St-Maurice, la rue des Draveurs et la rue du Technoparc, les travaux n’en sont qu’au début et déjà on sent que ce sera cossu, puis

pas pour les trous de cul. Si les propriétaires du quartier adjacent se mettent à rénover leurs loyers, ils vont créer un quartier comme le plateau Mont-Royal (ce quartier se trouve dans la ville de Ti-Jean), et louer un logement te coûtera la peau des fesses. Je me désole d’avance pour les familles à revenus modestes. En discutant de vous avec divers Trifluviens(nes), je recueille diverses opinions à votre sujet. Certaines sont loufoques et certaines semblent sortir d’un roman de science-fiction. Il y en a même qui vont jusqu’à dire, que vous vous foutez carrément de la population et que vous n’en faites qu’à votre tête, alors qu’on sait très bien que c’est faux. On peut aisément vous rencontrer pour vous serrer la pince. Mais quand vous faites la “une” et que vous êtes dans le pétrin, alors là c’est plus pétillant, c’est le fun rire d’un maire, il n’y en a pas un qui y échappe. Dans votre cas c’est plus le fun. Les élections municipales s’en viennent, et je prédis votre réélection. Que voulez-vous on remplace difficilement un Ti-Yves. Comme - 28 -

tout les visionnaires vous vous attardez à la vision finale et vous ne voyez pas sur les côtés, puis c’est là que ça vous tombe sur le nez. Une réalité que vous avez de la difficulté à saisir, les moins bien nantis, les gens de la rue ont le droit d’exister tout comme vous, alors à quoi vous sert la gentrification (embourgeoisement d’un quartier) et le profilage social? Je vous invite à rencontrer ces gens que vous n’osez voir : venez donc prendre un café à l’organisme Point de Rue sur la rue Laurier, les gens seront contents de vous rencontrer et si ça ne vous plaît pas, vous ferez comme tout bon politicien, vous ferez semblant d’écouter et vous sourirez à pleine dents. Il serait bon de voir une partie de la réalité que vous semblez méconnaître, ne serait-ce que pour avoir une vision plus juste. Vous savez, il y a aussi de bonnes gens parmi la populace, parmi les moins bien nantis. Alors vous pourrez être vraiment sincère quand vous direz « Trois-Rivières est une ville où il fait bon vivre ».


« Pour la réfection de la centrale Nucléaire Gentilly-2 » Communiqué de Yvon Irradier, Membre en règle du parti libéral et futur premier ministre du Québec (numéro de membre : 0891441-8)

Moi, Yvon Irradier, fier membre libéral du compté de Saint-Maurice, me porte candidat à la chefferie du parti libéral pour devenir le prochain premier ministre du Québec. J’ai un rêve et une vision à très court terme : irradier davantage notre belle province et la voir rayonner sur le globe. Enfin un projet de société où la crainte de l’endettement et des maladies reliées au nucléaire n’existe pas… car au lieu de mentir, mon gouvernement n’en parlerait tout simplement pas.

mutations génétiques en établissant une école universi-taire et un hôpital près de Gentilly-2 : l’Institut Tritium. Je propose ensuite à la population d’exporter l’eau du St-Laurent à Tchernobyl. Notre eau contaminée par plus d’une quarantaine de radionucléides saura satisfaire les plus fins palais irradiés de cette région. Le tritium avec ses particularités tératogène, mutagène et can-

De la centrale nucléaire Gentilly-2 à Sherbrooke-1 Yvon Irradier appuie néanmoins notre premier sinistre Jean Charest dans l’aventure de la réfection de la centrale nucléaire Gentilly-2. Grâce aux milliard$ nécessaires, Jean a eu la brillante idée de refiler la facture aux citoyens pour la rénovation d’un dinosaure radioactif périmé au niveau des normes internationales! Dans cette perspective, moi Yvon Irradier, considère que Jean Charest et Claude Béchard n’en font pas assez au niveau de la pollution radioactive. Imaginez, après Gentilly-1 et 2, étendre le développement au reste de la province : Sherbrooke-1, Montréal-1, Baie-St-Paul-1, etc.

Pour un Québec vert… Fluorescent Dans un contexte de crise économique, je propose donc d’implanter des centrales nucléaires à Sherbrooke, Westmount, Baie-St-Paul ainsi qu’une à l’intérieur du rocher Percé pour améliorer l’image de l’énergie nucléaire. Pourquoi ne pas transformer le stade olympique en gros dépotoir nucléaire, nous pourrions ainsi démontrer la solidité, la sécurité et la logique de notre gestion des déchets radioactifs. Je financerai la recherche sur le cancer et les

cérigène offre une valeur ajoutée au produit. Le Dr Ian Farley nous a fortement déconseillé de consommer les légumes poussant dans un rayon de 5 km autour de la centrale… pourquoi ne pas les exporter eux aussi? Et tous les médecins s’opposant à la réfection : les exporter eux aussi pour de bon. En terminant, le seul point positif qui ressort des réacteurs nucléaires Candu, c’est la facilité de produire du plutonium. Ils ont d’ailleurs la meilleure réputation dans le domaine. L’Inde et le Pakistan savourent déjà les fruits de la bombe atomique que nous avons semée chez eux. Donner des centrales Candus et du plutonium à tous, c’est une question d’égalité d’accès… à l’armement nucléaire!

Gagner ses élections, gagner la réfection de G-2; Yvon Irradier entre dans l’action Parmi les détracteurs de l’énergie nucléaire, - 29 -

nous retrouvons l’Institut économique Fraser qui considère « le nucléaire, comme un trou sans fond » ou encore l’association des gros consommateurs d’énergie de l’Ontario affirmant que « rénover les centrales c’est mettre un pansement sur une hémorragie de dépenses ». Je leur dirai que si nous creusons un trou sans fond et bien nous pourrons nous retrouver en Australie et créer de nouveaux partenariats économiques. « Nationaliser les déficits et privatiser les bénéfices » : telle est ma devise. Pour faire taire les citoyens, je brandirai la menace de la récession et des pertes d’emplois sans jamais parler de réorienter les milliards ailleurs dans la région. Enfin, pour esquiver un référendum ou un moratoire sur le nucléaire au Québec, je demanderai un rapport ministériel sur le sujet durant mes vacances estivales. Nous sommes une société distincte : nous allons investir un minimum de 4 à 5 milliards de l’argent des contribuables pour la réfection de notre vieille centrale Gentilly-2. Étant moimême irradié; pourquoi me soucier de la dégradation physique de la population? Ensemble, crachons sur la démocratie et notre santé. Avec Yvon Irradier, le Québec sera Vert… Fluorescent VOTEZ LIBÉRAL, c’est voter nucléaire! Yvon Irradier est financé par : Power Korporation (Des marais), SNC L’avalée, l’industrie nucléaire, Énergie Atomique Canada Illimitée, la Commission Canadienne de Sureté pro-Nucléaire, Terry Vandal-de-la-démocratie (pdg d’Hydro-Québec), FTQ, l’Iran, l’Inde, le Pakistan, la Chine et Al Quaïda.


Le Barreau appuie la politique en itinĂŠrance

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En mémoire de Marie-Joëlle Hénaire Marie-Joëlle, camelot pour le journal La Galère est décédée à l’âge de 19 ans. Elle laisse dans le deuil plusieurs proches. Marie-Joëlle, ta mort fut toute une surprise qui nous réveille sur la fragilité de nos vies et sur la souffrance qui pave parfois nos chemins. En espérant que tu puisses ouvrir nos yeux sur les fleurs et l’amour qui bordent aussi nos chemins. La rédaction

Lettre pour Marie-Joëlle L’âge avait peu d’importance Mais le choix que j’ai fait D’un côté comme de l’autre J’ai fait le bon! Parce que tu disais que tu m’aimais Et pour moi c’est ça l’important Moi c’est pour toujours Marie-Joëlle je t’aime, jt’m toé Pour le reste c’est pour moi Reste là montre-moi comment « Mon chemin » « ma voie » Mon ange, pardonne-moi de ne pas avoir été plus fort Un jour nous serons encore deux Je t’aime peanut mon amour Sois bien je t’adore Jt’m toé David Auc xxx

Bonjour, Marie-Joëlle, Quand on a su la nouvelle que tu étais partie dans un autre monde, nous étions tristes. On te parlait et on te demandait souvent comment tu allais. Tu nous faisais souvent de très beaux sourires et on parlait. Tu étais une petite sœur pour nous. Maintenant tu es au paradis, prends soin de toi et veille sur nous tous. Johanne Chevanel

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En mémoire de Marie-Joëlle par Patrice Lafond


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