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édito

Raconter le modèle marocain au monde africain Majid YADINY Directeur de la publication

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■ À

l’heure du voyage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, une réflexion émerge. Les Etats-Unis d’Amérique au lendemain de la seconde guerre mondiale ont raconté au monde entier leur histoire pour assurer leur leadership : le storytelling américain était né pour faire rêver le monde entier aux valeurs de cette Amérique. C’est sans doute à présent le moment stratégique où le Maroc doit raconter son histoire à l’Afrique et au Monde, pour mobiliser les énergies africaines considérables, pour leur donner une perspective, un espoir et, de cette manière, ancrer son leadership dans les démocraties africaines. Le Maroc peut donc offrir une solution globale au règlement des conflits religieux, à la consolidation des systèmes démocratiques africains et au développement économique du continent. La réalité que nous constatons chaque jour à travers notre continent confirme que beaucoup de peuples et nations actuels manquent de points de repère. L’intolérance, la violence, les conflits et les guerres sont omniprésents. Et malheureusement, de part et d’autres, leaders politiques, tribaux, religieux et hommes d’affaires instrumentalisent la religion à des fins socio-politiques, économiques et personnelles. Aujourd’hui, on se pose les questions sont de savoir quel est le rôle des religions ? Sont-elles des facteurs de paix ou de division ? Il semble que dans le contexte actuel, les religions sont le baromètre de nos sociétés africaines, s’opposant comme un contre-flux à des formes de matérialismes. Les religions apparaissent ainsi instrumentalisées par des groupes extrémistes, des pouvoirs, alors qu’elles doivent permettre de guérir le monde et l’Afrique en particulier. Ainsi les religions devraient servir de passerelles et d’ouverture entre les femmes et les hommes de différentes confessions. C’est ainsi la nécessite de dialogue inter-religieux et la place de la religion dans les systèmes politiques africains qui est soulignée. Un dialogue entre religions ayant la capacité de s’insérer dans des dynamiques politiques démocratiques se fondant sur des accommodements entre elles, et entre elles et une société fondée sur des droits constitutionnels humains, n’est possible que si les adeptes respectifs soient soucieux de bien connaître leur propre identité religieuse. Et qu’ensuite les responsables politiques et religieux en soient convaincus et qu’ils donnent l’exemple par une plus grande cohérence dans leur vie d’humain et de citoyen responsable… tout simplement. Car il y a dans les hommes qui dirigent certains pays africains beaucoup d’ignorance et d’intolérance vis à vis des gens qu’ils gouvernent. Oui, l’ignorance est la mère de la méfiance et du mépris. Face à la mondialisation ambiante et le pluralisme religieux, où adeptes de différentes confessions religieuses se côtoient, la cohabitation pacifique s’impose de plus en plus comme un besoin fondamental et un devoir pour chacun de nous. Oui, le Christianisme et l’islam cohabitent tant bien que mal pacifiquement dans de nombreux pays à travers le continent africain. De quoi contredire certaines idées reçues et une actualité parfois violente, notamment en Centrafrique. L’Afrique, berceau de l’humanité et de la tolérance religieuse ? Si le continent est l’un des plus religieux au monde – il accueille désormais autant de musulmans que de chrétiens, les deux religions s’équilibrant avec 400 à 500 millions de fidèles chacune. Ni le christianisme, ni l’islam ne progressent en Afrique subsaharienne aux dépends de l’une ou l’autre religion. Et la religion ne justifie pas les violences actuelles contre certaines populations civiles, même si une minorité assez représentative et ce dans plusieurs pays, estime en revanche que la violence peut «souvent» être justifiée par la religion. C’est son concept d’islam tolérant et modéré issu de la tradition malékite, et de dialogue inter-religieux que prône le Royaume du Maroc, pays de tolérance, sous la conduite éclairée de Sa Majesté Mohammed VI Amir El Mouminine, s’appuyant sur les valeurs sociales, morales et culturelles des populations, qui est présenté comme l’attrait fondamental du modèle marocain. Cependant, à l’analyse, celui-ci se révèle être un modèle particulièrement sophistiqué où, à côté de cet islam modéré, d’autres piliers d’intégration de la société multiculturelle et multiethnique, la constitution avec la consécration des droits humains fondamentaux, de nouveaux modes de gouvernance, interagissent avec lui via des jeux d’accommodements raisonnables. Une caractéristique fondamentale de ce modèle est justement la mesure et la tempérance qui est insufflée à l’ensemble des composantes de ce système démocratique, par le Roi-Commandeur des croyants lui-même. De cette manière, la démocratie marocaine ambitionne de réaliser l’alliance de la sécurité spirituelle des croyants et de la confiance des citoyens en un système constitutionnel démocratique. Le storytelling évoqué ci-dessus doit donc raconter l’intelligence de ce modèle pour que les sociétés africaines se l’approprient Mais le succès de ce leadership, va dépendre de manière ultime de la capacité du Maroc à réussir son développement économique. Le XXIème siècle a démontré que liberté politique et liberté économique étaient indissociables pour le succès du développement socio-économique. C’est le défi du Maroc en tant que puissance régionale en Afrique. Conflits, Religions, Économie, Politique et Société sont toutes facettes d’une même évolution interagissant de manière systémique. La portée du modèle marocain et la variété des axes d’action de la stratégie diplomatique et internationale, qui sont présentés dans ce numéro, ne peuvent se comprendre qu’à partir de cette approche complexe et systémique. Pour comprendre ces phénomènes, ce numéro de AFRICANEWS donnent différents éclairages à partir desquels vous pourrez élaborer votre propre vision globale. Enfin terminons cet article par une proposition générale. Le leadership marocain est par nature trilatérale : ce leadership assoie sa puissance en se plaçant à la charnière entre l’Afrique et le Monde. Cette position trilatérale est non seulement essentielle pour renforcer le leadership vis-à-vis des pays africains, mais, également pour le Maroc lui-même, pour apprendre de ses partenaires démocratiques internationaux pour être en mesure de gérer les prochaines évolutions que sa démocratie connaîtra à n’en pas douter dans les prochaines années. Par conséquent, le Maroc doit être capable de tirer de grands bénéfices de toute opportunité de dialogue stratégique d’égal à égal, respectueux des partenaires autour de la table, avec les démocraties occidentales. En particulier, les démocraties en partie francophones comme le Canada et la Belgique sont de très bon exemple de systèmes constitutionnels qui intègre la pratique des accommodements. Pourquoi dés lors ne pas mettre en place des dialogues stratégiques pour échanger avec ces démocraties. ■


Jackpot africain Diplomatie, Sécurité & Business Le Royaume du Maroc et son souverain viennent de marquer un grand coup géostratégique en Afrique, digne des grandes nations du Monde. Comme pour se réapproprier sa dimension de pays fondateur de l’OUA aujourd’hui UA qui fête les 24 et 25 mai prochains son cinquantenaire. Le dernier périple Royal au Sénégal, Mali, Côte d’Ivoire et au Gabon, confirme la volonté politique du Maroc de contribuer activement à un meilleur devenir socio-économique des pays frères africains qui ont toujours été solidaires à travers les siècles formant une communauté de destin politique et économique sur l’ensemble du continent.

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ujourd’hui plus que jamais le Royaume du Maroc, après une trentaine d’années d’absence, n’entend pas réintégrer l’Union Africaine qu’il a quitté voilà près de trente ans… tant qu’un “Etat fantoche” y sera représenté. En attendant «des jours plus sages» comme le disait si bien le Conseiller Royal Feu Ahmed Réda Guédira qui claqua la porte à Addis Abeba le 12 novembre 1984 lors du 20e sommet de l’Organisation de l’unité africaine (OUA). Le Maroc s’active avec une diplomatie tri-céphalée basée sur une politique africaine sincère reposant réellement sur une volonté réelle de partage, de mutualisation, de coresponsabilité et de co-développement d’égal à égal prônant le développement pour les tous les partenaires impliqués dans la coopération et ce avec un Islam tolérant. Depuis l’avènement de l’intronisation de Mohammed VI, le Royaume a entrepris une véritable révolution socioéconomique avec de profondes mutations sociétales, s’acheminant vers un modèle Arabo-africain démocratique unique. Un

modèle est africain en étant ancré dans l’africanité et pouvant être une référence pour toutes les sociétés africaines qui sont multiethnique et multiculturelle et multireligieuse comme le Maroc. Sur les pas de son père Feu Hassan II que Dieu le garde en sa Miséricorde, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a pris, sans complexe ni culpabilité son bâton de pèlerin, pour partager avec ses frères africains les fruits d’une nouvelle voie de codéveloppement plus juste, équitable, et durable. Sa Majesté Amir el Mouminine, a placé l’Islam en terre d’Afrique sur les mêmes pieds d’estal que celui des autres pays musulmans de la Umma à travers le monde. À l’occasion de ses visites d’État ou d’Amitié, Mohammed VI a confirmé son leadership auprès de tous les Africains dans les nombreux pays visités comme le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, le Congo, la Côte d’Ivoire, le Gabon, la Guinée équatoriale, le Niger, RD Congo, et le Sénégal. Cette proximité avec les peuples a réactivé les liens historiques, culturels profonds qui unissent le Maroc et le reste de l’Afrique. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


L’ÉVÈNEMENT

Jackpot africain Diplomatie, Sécurité & Business Au cœur du périple royal la gestion de la chose religieuse fût au centre des préoccupation. D’ailleurs, c’est son succès dans la gestion du champ religieux, tant au niveau des lieux de culte que sur le plan de l’enseignement authentique et de la formation des imams, qui a permis au Royaume du Maroc de contribuer à la mise en place d’une carte religieuse au niveau international, de lutter efficacement contre l’extrémisme et les mouvements terroristes, particulièrement dans la région sahélo-saharienne, et de renforcer l’islam modéré dans le Continent.

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insi, la diplomatie de la foi fondée sur la promotion de la paix et de la sécurité spirituelle des croyants se conjugue avec une diplomatie économique axée sur la réalisation du développement durable au sein de la Politique Étrangère marocaine en Afrique dont l’objectif est de faire face à la montée de l’extrémisme et la violence dans cette région. Si le Royaume dispose de par son africanité et sa tradition religieuse malékite d’un capital de confiance et d’amitié indéniable, la question de la marocanité des provinces Sahariennes est sacrée cependant ! De ce fait, le temps des illusions est révolu car, depuis plus d’un quart de siècles, des pseudos révolutionnaires avec le concours actif de chefs d’États irresponsables, ont dupé l’opinion publique africaine et internationale quant à la marocanité du Sahara et des provinces du sud.

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Aujourd’hui, ils sont trente deux pays africains à avoir lâcher l’Etat fantoche, seulement une petite minorité de pays qui appartiennent à l’Afrique Australe et de l’Est maintiennent une reconnaissance de façade de peur de représailles de la par de l’Afrique du Sud et de l’Algérie. Il faut reconnaître que la nouvelle diplomatie basée sur une approche bilatérale et le lobbying à l’américaine, ont aggravé l’isolement de la pseudo entité. La vision et le discours Royal en Afrique lance également un message clair : celui que l’Afrique et ses richesses appartiennent aux africains. Avec ce nouveau périple africain du Roi du Maroc, il est acquis que rien ne pourra altérer les racines africaines du Royaume du Maroc et il confirme l’engagement constant du Souverain marocain pour une Afrique unie et prospère où les peuples vivent en paix et en sécurité. ■

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Jackpot africain Diplomatie, Sécurité & Business Lors de son périple africain, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a tenu à réitérer la disposition du Royaume du Maroc à partager son savoir-faire dans nombre de domaines, au service des autres pays africains, en vue de les aider dans leurs efforts visant l’éradication de la pauvreté.

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’est pourquoi, cette nouvelle tournée Royale en Afrique, porteuse de promesses pour un continent en plein essor, fait la démonstration que l’Afrique est en mesure d’apporter et concevoir ses propres solutions aux différentes problématiques de développement. Une véritable task force pluridisciplinaire était présente constituée des champions nationaux de l’économie marocaine de plusieurs secteurs dont l’Agro-alimentaire, les Banques, les Assurances ou le BTP, etc. Ce sont plus d’une centaine d’accords de coopération qui ont été conclus, ainsi qu’un partenariat stratégique dans le domaine des engrais via la création d’une co-entreprise de dimension stratégique. Celle-ci a pour ambition de consolider la sécurité alimentaire en Afrique. Aussi, ce méga projet représente le réel leadership dans le domaine de la valorisation agricole sur un continent où plus de 80% des terres agricoles sont inexploitées. il vise en sus à valoriser le potentiel agricole au profit du développement durable. Cette dynamique régionale enclenchée par l’odyssée royale ces dernières semaines en Afrique de l’Ouest ne réussira que si le secteur privé s’inscrit dans la nouvelle mouture de coopération

entre Rabat et ses voisins africains, mouture que le Roi Mohammed VI a balisée. Le secteur privé est appelé à passer à un rôle de réel acteur de la diplomatie économique. ■

Le Groupe Palmeraie Développement investit l’Afrique E

Hicham Berrada Sounni Président du Groupe Palmeraie Développement

n marge du Forum économique Marocco-ivoirien, le groupe Palmeraie Développement a signé le mardi 25 février, en présence de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avec le gouvernement ivoirien un protocole d’accord pour la réalisation d’un projet touristique à Abidjan et une convention cadre portant sur la réalisation de 10 000 logements sociaux et économiques en Côte d’Ivoire. C’est la première fois qu’un groupe marocain dans le tourisme s’implante en Afrique. Dans le cadre la stratégie de développement à l’International et notamment en Afrique, le groupe Palmeraie investit le logement social et économique et le Tourisme à Abidjan. Cette stratégie de développement en Afrique et notamment en Côte d’ivoire vise à soutenir l’essor des marchés des pays de la région dans le secteur du tourisme et de la promotion immobilière et à accompagner la volonté du Maroc dans le renforcement des relations économiques des deux pays. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


DOSSIER

La guerre des religions, aura-t-elle lieu en Afrique ? L’Afrique, en matière de religions, c’est beaucoup plus que le christianisme dans un axe géographique circonscrit et l’islam dans l’autre. Ces deux grandes confessions évoluent sur le même terrain en maints endroits et il y a aussi les diverses factions concurrentielles qui se retrouvent au sein de ces deux grands pôles religieux. Il y a, de surcroît, les religions traditionnelles qui perdurent, dont l’existence est menacée, mais qui donnent naissance à d’autres.

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e continent Africain est sans aucun doute le plus intéressant à l’heure actuelle, du point de vue de la géographie des religions, parce que c’est l’endroit où ça bouge le plus dans le monde. Ailleurs sur la planète, cette géographie présente une stabilité presque totale. Il y a plus de pentecôtistes en Amérique, mais, ceux-ci restant des chrétiens, la situation demeure stable de ce côté; on connaît aussi celle de l’Europe et de l’Asie, qui est similaire. En Afrique, il y a du mouvement, parce que c’est là qu’on retrouve le plus grand nombre de gens qui pratiquent encore des religions traditionnelles.

La triangulaire Religions chrétienne, musulmane et traditionnelle cohabitent donc en Afrique, C’est l’un des rares endroits dans le monde où il y a trois acteurs religieux. Dans presque Janvier-Février 2014 - AFRICA news

tous les pays de l’Afrique du Nord, l’islam est présent à plus de 90%. Ça ne bouge plus parce qu’il n’y a plus grand monde à convertir, même s’il reste une poche de coptes et de chrétiens en Égypte. Du côté du Maghreb subsistent quelques petites missions chrétiennes qui sont en progression, mais c’est plutôt minime. Il se produit tout de même un brassage idéologique en ces lieux. On assiste à un débat de société, à savoir si on va mettre la charia dans la Constitution ou si, au contraire, on va aller du côté de la laïcité; c’est un enjeu politique qui fait l’objet d’échanges qui durent depuis plusieurs années. Ce phénomène s’est cristallisé et est devenu connu en Occident avec le printemps arabe. Plus on avance dans le temps, plus ce débat-là est exacerbé au moment où les extrêmes se rencontrent. Il est politique et ne relève pas des conversions religieuses.

L’islam est également présent ailleurs, on le rencontre surtout en Afrique de l’Ouest, soit au Sénégal, au Mali, au Sahel, dans la corne de l’Afrique et sur la côte longeant l’océan Indien. En fait, dans l’Afrique qu’on appelle subsaharienne, il y a autour de 50% de chrétiens, 35% de musulmans et 15% de gens adhérant à des religions traditionnelles. Il y a là une nette croissance du christianisme depuis une centaine d’années. Dans le contexte de l’élection du nouveau pape, on se rend compte que l’Église catholique n’est pas très forte en Occident mais, en Afrique, en l’espace de 20 ans, elle a vu ses effectifs croître de 150%, ce qui représente sa meilleure performance à travers le monde; il y a des conversions en progression de mois en mois, on assiste à l’ouverture de nouvelles paroisses et des vocations de prêtre se manifestent. Les autres églises chrétiennes ne sont pas en reste, de telle

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sorte qu’il y avait seulement un faible pourcentage de chrétiens en Afrique subsaharienne il y a un siècle et que maintenant on en est rendu à 60%, ce qui illustre une progression hyper rapide.

Concurrence interne L’observation du paysage religieux africain apporte une image caractérisée par une très forte concurrence entre courants au sein même d’une religion. Ainsi, les quatre branches du christianisme en présence, catholique, protestante traditionnelle, évangélique et africaine se livrent une concurrence effrénée entre elles en allant vers le nord du continent. À la longue, elles se nuisent. Observation identique du côté musulman : l’islam traditionnel, les confréries soufies, les chiites et les wahhabites forment des groupes incompatibles qui se font la guerre entre eux. Les missionnaires chrétiens s’affrontent entre eux. Et il en va de même chez les musulmans.

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Une harmonie relative

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La coexistence pacifique entre les religions dans cet ensemble africain est-elle un mythe ou une réalité… même fragile ? Une chose est certaine : Soit la mixité religieuse produit une cohésion très sereine des trois groupes religieux, en vertu de laquelle les gens n’éprouvent pas trop de problèmes à vivre dans la pluralité, soit il s’est produit un effet contraire et préoccupant. Dans les pays qui connaissent la première situation, comme dans l’ouest, le climat est plutôt serein. Par contre, dans d’autres pays connaissant la seconde situation, comme le Nigeria, le Soudan et la Centrafrique aujourd’hui, cette mixité a produit un effet négatif, sous l’influence de groupes islamistes militants; il en a résulté des sociétés qui se sont fracturées, de sorte qu’on peut parler d’un Nigeria du nord musulman et d’un Nigeria du sud chrétien. Il en va de même au Soudan, où le clivage a pris des proportions tellement grandes qu’il a donné naissance, il y a environ un an, à un nouveau pays, qui est le Soudan du Sud. Une conclusion majeure peut être tirée : dans la mesure où les religions se sont africanisées aussi bien du côté de l’islam que du christianisme, les forces locales font en sorte que ça se passe bien. En d’autres termes, la pluralité va très bien, à condition qu’il n’y ait pas trop d’ingérence internationale et que les politiciens locaux n’instrumentalisent pas les religions.

La mixité religieuse produit une cohésion très sereine des trois groupes religieux

La guerre des religions en Afrique est-elle inéluctable au fanatisme ? Au contraire, si on dresse un paysage global, la pluralité religieuse laissée à elle-même se porte très bien en général. S’il y a une dégradation de la situation, comme on l’a vu au Nigeria, au Soudan, en Centrafrique, ces derniers temps, au Mali. On assiste à l’effet de l’international et de groupes qui veulent gagner des conversions à tout prix. Une récente enquête offre une vision globale de ce paysage religieux, comme relaté dans l’article suivant. Une chose est cependant réelle, tant l’Islam et que le Christianisme font l’objet d’une africanisation plutôt que le contraire. Les religions ne sont pas des réalités statiques. Les systèmes de croyance et les applications pratiques des préceptes religieux dans la vie quotidienne qu’elles proposent s’insèrent dans des interactions sociales complexes. Les pratiques religieuses sont donc soumises à des processus de socialisation qui peuvent les impacter profondément en retour. Ces processus de socialisation peuvent être resituées au cœur des dynamiques constitutionnelles qui connaissent le Maroc et la Tunisie avec le concept de l’Islam modéré et tolérant. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


DOSSIER

Islam tolérant et démocratie marocaine L’islam modéré et tolérant est présenté comme le rempart à l’extrémisme et la violence religieuse et, donc, un élément de stabilité. Il offre en effet aux croyants la perspective d’une pratique non erronée des lois coraniques. Ainsi, il apparaît comme un pivot central de ce système, consacré dans le préambule de la constitution elle-même. Dans le cadre du système constitutionnel marocain à présent en place, il permet de combiner des principes qui peuvent apparaître contradictoires à priori : d’une part, la réaffirmation d’un Etat musulman et, d’autre part, la consécration des droits fondamentaux humains.

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’est donc dans ces interactions concrètes entre applications des lois coraniques et exécution pleine et entière des droits fondamentaux humains que le concept d’islam modéré et tolérant impulse des évolutions fondamentales au système politique. Ce concept n’est pas du tout statique, il est lui-même soumis à des évolutions. C’est dans ces évolutions dynamiques que se situent réellement le modèle marocain. Pour mieux comprendre ce dernier, comment peut se déployer le leadership marocain et comment celui-ci peut amener des réponses aux problématiques du développement du continent et, en particulier, aux conflits à dimension religieuse, comment les réseaux de communautés Tijanies peuvent

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jouer un rôle stratégique, il est donc intéressant d’aller plus loin dans l’analyse de la place de l’islam modéré et tolérant dans les processus constitutionnels et sociaux.

Les accommodements offerts par l’islam modéré et tolérant Au-delà de son influence sur le système de croyance et d’interprétation des principes coraniques des musulmans, la pratique de l’islam modéré et tolérant «marocain» interagit avec et au sein même de la démocratie marocaine actuelle née de l’adoption de la constitution : les pratiques religieuses interagissent avec d’autres pratiques sociales fondées sur les droits humains. Et un islam d’Etat ne peut imposer des comportements

dans l’espace public à quelqu’un incroyant en la foi musulmane. Par conséquent, l’islam tolérant ne peut agir qu’en accommodant de manière raisonnable l’application des lois coraniques pour intégrer des groupes humains ayant d’autres systèmes de croyances religieuses et de convictions philosophiques. De fait, la notion même d’islam modéré recèle en son sein un des mécanismes fondamentaux par lesquels un espace public respectueux de toutes les différences et singularités, notamment religieuses et philosophiques peut s’instaurer : l’accommodement raisonnable.

Processus constitutionnel et activisme de la société civile Les accommodements raisonnables seront

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d’autant plus importants qu’ils seront «portés» par une société civile s’appropriant les principes et valeurs des chartes fondamentales. Ici, on retrouve l’importance fondamentale des modes de gouvernance participative à travers lesquels la société civile s’érige en interlocuteur crédible de l’État. À ce niveau, les progrès du Maroc sont reconnus internationalement; une véritable gouvernance participative marocaine est en train de se déployer. La stratégie de régionalisation en est un très bon exemple, comme le dialogue social pris en main par l’ensemble des acteurs socio-économiques en synergie étroite avec le gouvernement. Cette appropriation de la gouvernance participative est une caractéristique essentiel du modèle marocain. Un autre impact de cette appropriation peut être la démultiplication des litiges portés devant la justice. La jurisprudence a déjà été appelée à arbitrer entre pratiques sociales traditionnelles dictées par des principes religieux notamment et une application pleine et entière des principes contenus dans la constitution, en faveur de ces derniers. Ainsi, le code la famille vient en opposition à des pratiques sociales s’appuyant sur les lois coraniques. Une opinion de plus en plus forte exigeant une application pleine et entière des principes fondamentaux des droits humains contenus dans la charte fondamentale va démultiplier ces cas d’arbitrage. Autrement dit, les démarches constitutionnelles consacrent un jeu d’accommodement entre lois islamiques sous tendant l’identité musulmane de l’Etat et droits humains fondamentaux. Mais l’accommodement raisonnable n’est pas neutre; il imprime des évolutions de comportements. Sous l’effet d’une opinion s’appropriant de plus en plus les droits fondamentaux de la constitution et exigeant de plus en plus énergiquement leur application pleine et entière va entraîner une accélération des accommodements raisonnables de la pratique sociale des lois coraniques et, donc, consolider l’émergence d’un espace public d’Etat neutre. L’islam modéré n’est donc pas un concept statique mais représente un processus dynamique qui, combiné avec l’émergence d’une société civile active, va sous-tendre les processus transitoires des systèmes politiques, sociaux et juridictionnels. D’autant plus que les accommodements raisonnables concernent les lois coraniques elles-mêmes et non plus une minorité mais une majorité. Et conduire à confiner la religion à la sphère privée et favoriser la consolidation d’un Etat neutre comme dans les démocraties occidentales. Le concept même d’islam tolérant et modéré dans sa rencontre avec une opinion publique s’appropriant de plus en plus les principes constitutionnels contient cette dynamique d’évolution. Les pays maghrébins n’échapperont pas à cette règle : il est fort à parier que la dimension neutre de l’Etat marocain fera l’objet de nombreux débats et subira de profondes évolutions. Jusqu’où ira cette évolution ? Est ce que le système marocain évoluera in fine vers un système démocratique comme en Europe ou aux Etats-Unis avec un espace public d’Etat laïque ? Quid alors des constitutions maghrébines qui consacrent le caractère musulman de l’Etat ? Cette analyse ne se focalise pas sur ces questions de l’aboutissement et de la configuration vers laquelle nous allons. Ce qui nous semble le plus intéressant à noter c’est tout le processus d’interaction en lui-même, entre islam ouvert et appropriation des droits humains par l’opinion et la société civile.

Rôle fédérateur de l’islam modéré malékite L’islam modéré et tolérant a pour ambition de jouer un rôle fédérateur de la société multiculturelle, multicultuelle et multiethnique du Maroc. Cependant, l’analyse faite ci-dessus conduit à penser que cette faculté du système démocratique marocain à fédérer est multipolaire avec l’islam modéré et tolérant, les droits humains fondamentaux et le prestige de la personne du Roi-Commandeur. Le terme raisonnable revient comme un leitmotiv, comme un paradigme de ce système : la ou les pratiques religieuses, comme la manière d’exercer les droits humains fondamentaux fondamentaux ou les modalités d’implémentation des principes de la gouvernance participative se doivent d’être «raisonnables». Toute la conduite du processus transitionnel du système constitutionnel marocain est en fait basé sur une approche très rationnelle insufflant de la tempérance à tous les niveaux, pour créer la confiance, apaiser les risques de tensions et, ainsi, créer les meilleures conditions du développement économique. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


DOSSIER

L’Afrique, plus monothéiste que jamais L’Afrique est l’une des parties du monde les plus religieuses. 90% de ses habitants déclarent appartenir à l’islam ou au christianisme et le pratiquer assidûment selon une récente enquête du Pew Research Center, qui a vu la participation de 25 000 Africains dans 60 langues et 19 pays. Contrairement aux idées reçues, musulmans et chrétiens vivent dans un climat de tolérance religieuse.

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’Afrique subsaharienne est une des régions les «plus religieuses» de la planète, selon une étude publiée par Pew Research Center, le centre de recherche indépendant américain. Le nombre de musulmans comme de chrétiens s’est multiplié par plus de 20 au cours du XXe siècle. En Afrique subsaharienne, le nombre de musulmans est ainsi passé de 11 millions en 1900 à 234 millions en 2010. Le nombre de chrétiens, quant à lui, a progressé encore plus rapidement, passant de 7 à 470 millions. Un chrétien sur cinq dans le monde et un musulman sur sept vivent dans cette région.Sur le continent africain, «les deux religions s’équilibrent», indique le rapport puisqu’on y compte entre 400 et 500 millions de chrétiens comme de musulmans. Les croyances traditionnelles africaines n’ont pas disparu pour autant, souligne l’étude. Certaines des pratiques traditionnelles telles que la sorcellerie, la croyance aux mauvais esprits, les sacrifices destinés aux ancêtres, le recours aux guérisseurs traditionnels ou encore la croyance en la réincarnation continuent même d’être adoptées par un Janvier-Février 2014 - AFRICA news

grand nombre de musulmans et de chrétiens dans leurs vies quotidiennes. Bien que le Coran et la Bible n’en fassent pas mention, l’excision des filles est largement pratiquée dans les pays musulmans comme le Mali, Djibouti et l’Egypte mais l’est aussi davantage parmi les chrétiens au Nigeria, au Ghana et en Ouganda que parmi les musulmans de ces pays. «Dans presque tous les pays, une majorité pense que la télévision, la musique et le cinéma occidentaux ont porté atteinte à la moralité de leur nation», dit le rapport. Toutefois, une majorité reconnaît également aimer les divertissements occidentaux.

La tolérance religieuse ébranlée par des tensions Alors que le nord de l’Afrique est majoritairement musulman et le sud massivement chrétien, «la zone de rencontre se situe au milieu du continent, sur une ligne qui va de la Somalie au Sénégal». «Aux yeux de certains experts, cette zone est une faille religieuse sensible, où sont intervenues les premières attaques d’AlQaïda comme l’explosion des ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie,

en 1998, et plus récemment les conflits ethniques du Nigeria», note Pew Research Center. Cependant, une majorité des 25 000 Africains interrogés pense que la religion ne justifie pas les violences contre des civils. Contrairement aux idées reçues, «de nombreux musulmans et de chrétiens ont une opinion favorable l’un envers l’autre». Les chrétiens décrivent leurs concitoyens musulmans de «tolérants, honnêtes et (de) respectueux envers les femmes» et vice-versa. Les Africains désignent généralement le chômage, la criminalité et la corruption comme des problèmes plus graves que les conflits interreligieux. Toutefois, 28% des personnes interrogées, 6 Nigérians et 6 Rwandais sur 10 estiment que ces derniers constituent un grave problème pour leur pays. 20% soutiennent que les actes de violence commis pour défendre une religion sont «parfois», voire «souvent» justifiés. Enfin, l’extrémisme religieux, qu’il soit chrétien ou musulman, préoccupe plus de 40% des personnes interrogées, y compris celui qui s’exprime au sein de leur propre communauté. ■

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AÉRIEN BRÈVES BRÈVES

TRANSPORTEUR DU MASA

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ET DU DAK’ART

BRÈVES

Royal Air Maroc a signé ce jeudi 16 janvier 2014 à Abidjan une convention de partenariat avec l’Agence de Coopération Culturelle et Technique (ACCT) de la Côte d’Ivoire pour la promotion du MASA (Marché des Arts du Spectacle africains). Aux termes de cet accord signé par le président de la compagnie nationale Driss Benhima et le Directeur Général du MASA Yacouba Conate et en présence du Ministre ivoirien de la Culture, Royal Air Maroc devient Transporteur officiel des deux prochaines éditions (2014 et 2016) de cette prestigieuse manifestation artistique et culturelle qui se déroule à Abidjan. Cette manifestation est un point de ralliement des festivals et autres événements culturels d’Afrique et du monde a vu la participation de quelque 1000 professionnels dont 400 artistes. La signature de cette convention intervient une semaine après la conclusion du partenariat entre Royal Air Maroc et la Biennale de Dakar. Ce qui traduit les efforts que ne cesse de déployer Royal Air Maroc pour défendre et valoriser l’image du continent africain à travers le monde par l’accompagnement des grandes manifestations artistiques et culturelles à l’échelle internationale.

BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES BRÈVES

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BRÈVES

La Biennale de l’art africain contemporain de Dakar (Dak’Art) et la compagnie aérienne ROYAL AIR MAROC (RAM) ont signé une convention de partenariat aux termes de laquelle la compagnie aérienne devient le Transporteur officiel de cette manifestation culturelle et artistique pour les trois prochaines éditions (Dak’Art 2014-2016-2018). La cérémonie de signature a été conclue dans la salle de conférence du Grand Théâtre à Dakar, sous la présidence du Secrétaire Général de la Biennale Boubacar Diop et du Président Directeur Général de Royal Air Maroc, Driss Benhima; et en présence de l’Ambassadeur du Maroc au Sénégal. La compagnie marocaine sera en effet le transporteur officiel de la Biennale qui est une manifestation de grande envergure pour la promotion de l’art dans le continent africain, pour les éditions de 2014, 2016 et 2018. La conclusion de ce partenariat est la première dans du genre entre une compagnie aérienne et les promoteurs de la Biennale de Dakar.

Les Tijanes, cœur de cible du tourisme religieux Une Convention de partenariat a été signée entre la RAM et la Tariqa Tijaniya en Côte d’Ivoire. Les tijanes bénéficient désormais de facilités sur les tarifs.

■ C

ette convention offre aux adeptes et mourides de la Tariqa Tijaniya en Côte d’Ivoire des facilités sur le plan des tarifs et de l’accès au transport entre Fès et Abidjan. Les adeptes de la Tariqa Tijaniya en Côte d’Ivoire peuvent bénéficier désormais de facilités sur les tarifs en vertu d’une convention de partenariat, signée vendredi à Abidjan, entre la Royal Air Maroc (RAM) et les tijanes de ce pays subsaharien. Signée par le Président Directeur Général de la RAM, Driss Benhima, et le khalife général de la Tijaniya en Côte d’Ivoire, Cheikh El Hadj Moustapha Sonta, cette convention, qui revêt un caractère symbolique plus qu’économique, offre aux adeptes et mourides de la Tariqa Tijaniya en Côte d’Ivoire des facilités sur le plan des tarifs et de l’accès au transport entre la ville de Fès et Abidjan, a expliqué M. Benhima, notant qu’elle permettra aussi aux membres de la Confenat de rencontrer les autres communautés Tijanes du monde entier. Et d’affirmer que la RAM est au service de l’identité africaine du Maroc, notant qu’il s’agit là d’un nouveau pas et d’une illustration parfaite de la solidarité entre les peuples marocain et ivoirien, sous l’égide de SM le Roi Mohammed VI et le Président de la République de Côte Alassane Ouattara. «Le transport aérien se met à la disposition de la tariqa tijaniya pour faciliter ses activités à travers le monde», a-t-il dit. De son côté, le khalife général de la Tijaniya en Côte d’Ivoire a souligné que cette convention «était très attendue» dans la mesure où elle permettra aux adeptes de la Tariqa Tijania en Côte d’Ivoire d’entrer en contact avec leurs frères qui se trouvent en Europe et en Amérique. Il a tenu à cette occasion à exprimer, au nom de tous les Tijanes de Côte d’Ivoire, ses remerciements et sa gratitude à S.M. le Roi pour cette initiative à forte signification et qui traduit l’intérêt qu’accorde le Souverain à cette communauté. La convention a été signée en marge de la visite d’amitié et de travail qu’effectue Sa Majesté le Roi Mohammed VI en Côte d’Ivoire. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


PROMOTION TOURISTIQUE

Fès capitale africaine du tourisme religieux On estime que le tourisme pourrait créer 3,8 millions d’emplois (dont 2,4 millions d’emplois indirects) en Afrique subsaharienne au cours des 10 prochaines années. L’Afrique, nouvel eldorado du tourisme international et plus particulièrement pour le Maroc dans les segments du tourisme religieux et du shopping. Il existe un fort potentiel au sein de la communauté des Tijanes qui est estimée à pas moins de 7 millions en Afrique subsaharienne.

■ L

a diplomatie religieuse éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed IV est venue à point nommée pour insuffler une ouverture pour le secteur du tourisme national. En effet le tourisme religieux représente une nouvelle niche pour l’ONMT d’où l’enthousiasme de son DG Abderrafie Zouiten, qui de par son expérience au sein de la RAM, connaît parfaitement le marché Ouest-Africain. Présents à Abidjan à l’occasion du SITA, le Ministère de Tutelle et l’ONMT ont confirmé leur volonté politique et touristique de dynamiser la coopération Sud-Sud et le business avec l’Afrique subsaharienne. Selon le DG de l’office des accords signés entre la Côte d’Ivoire et le Mali qui vont asseoir le positionnement de la destination Maroc et particulièrement de la ville de Fès qui est un lieu saint de pèlerinage pour les Tijanes. En effet, la capitale spirituelle du Royaume accueille un grand nombres de touristes musulmans qui effectuent le pèlerinage chaque année à la Zaouïa Tijania de Fès. Ainsi pour mieux répondre aux attentes de cette clientèle exigeante, l’ONMT va ouvrir sa première représentation africaine à Dakar au Sénégal. Aussi, les orientations stratégiques du plan triennal de Fès ont d’ailleurs dans leur viseur

Janvier-Février 2014 - AFRICA news

les marchés tijanes à travers plusieurs pays de la sous-région. Trois volets sont prévus pour développer ce marché. Il s’agit d’abord de l’axe aérien. Car il faut rendre la destination plus accessible à ce potentiel par le renforcement du vol Casa-Fès, et la programmation de nouvelles dessertes. La région Fès-Boulemane et l’ONMT travaillent actuellement avec RAM et Air Arabia pour la mise en place du vol Dakar-Fès. Le 2e axe est celui de la communication. Des actions de relations publiques avec un effort soutenu de proximité ciblant personnalités influentes, leaders et prescripteurs sont ainsi prévues. Des semaines marocaines sont programmées en Afrique selon un calendrier bien défini. Lequel ciblera le Sénégal (mars/avril 2014, 2015 et 2016), le Mali (mars/avril 2014), la Côte d’Ivoire & Nigeria (2015), et le Niger & Ghana (2016). Afin de développer une plus grande notoriété, l’ONMT envisage de renforcer la visibilité de la ville de Fès par le biais de grands événements, à l’instar de la convention Maroc-Afrique sur le tourisme qui se tiendra en mai prochain à Fès et dont le but est d’instituer des relations économiques pérennes avec les différents pays du continent africain, ou encore le congrès annuel des Tijanes. ■

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La Global Growth Conference Emerging Africa - Rabat, 24 & 25 avril 2014 Présenté depuis moins d’une décennie comme le nouvel eldorado de l’investissement mondial, l’Afrique est désormais objet de toutes les convoitises. Loin des préjugés fortement teintés d’afropessimisme du siècle dernier, le continent est aujourd’hui le théâtre de performances économiques positives et tangibles. Diminution de l’inflation, réduction des déficits budgétaires ou encore meilleure maîtrise de la dette extérieure; autant d’indicateurs de perspectives rassurantes voire encourageantes. Résistantes à la crise, les économies africaines ont montré une capacité de résilience indéniable, à défaut d’une maturité pas encore définitivement affirmée.

TÉLÉCOMMUNICATIONS

DIPLOMATIE

ENVIRONNEMENT

TRANSPORT

THINK TANK

POLITIQUE

ÉCONOMIE

SOCIÉTÉ

ÉDUCATION

SANTÉ

URBANISATION

Brahim Fassi-Fihri

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Président Fondateur Institut Amadeus

■ E

▲ Vue de la session plénière sur l’intégration régionale lors de la Global Growth Conference 2013.

n 2014, 106 millions d’africains devraient disposer d’un revenu annuel de plus de 5 000 $, un seuil au-delà duquel ils consacreront selon les experts, la moitié de leurs revenus à des biens non-alimentaires. Cette nouvelle classe moyenne africaine influera sur la demande locale et permettra d’impulser un cercle vertueux de production. Le Maroc, en sa qualité de champion du dialogue Sud-Sud, qui, d’autant plus, partage avec le continent une longue tradition d’échanges, de coopération et d’amitié, se positionne sous la conduite éclairée de Sa Majesté Le Roi Mohammed VI, comme un acteur économique majeur en Afrique. Aujourd’hui, en effet, la majorité des grandes entreprises marocaines de différents secteurs (télécoms, bancaire, mines, construction, eau et électricité, gestion des ports, etc.) est présente dans plus d’une vingtaine de pays sub-sahariens, essentiellement en Afrique de l’Ouest. L’Institut Amadeus, premier Think Tank du Maghreb, fort du succès des six éditions du Forum MEDays de Tanger et d’une expertise de créateur de débats reconnue à l’échelle internationale, est désireux d’insuffler une dynamique nouvelle à ses activités en portant l’esprit de la Global Growth Conference sur le continent africain. En amont de la première édition tenue en Mars 2013, il était établi que cette conférence avait vocation à être itinérante. Via ce prisme africain, elle le sera dès l’an prochain avec une édition prévue à Abidjan et une autre à Dakar l’année suivante. Attractivité économique, financement des infrastructures, bancarisation et inclusion financière, énergies renouvelables et croissance verte, sécurité alimentaire, autant de thématiques clés qui seront au cœur de ce cycle africain de conférences que nous ambitionnons de mener à Rabat, en avril prochain puis au-delà du Sahara à partir de 2015. ■

Ils sont venus parler d’économie africaine aux événements de l’institut Amadeus

Dioncounda TRAORÉ Ancien Président du Mali (2013)

Yves LETERME

Zhong JINHUA

Sanussi LAMIDO

Secrétaire Général Adjoint de l’OCDE (2013)

Envoyé Spécial de la Chine pour l’Afrique (2012)

Gouverneur de la Banque Central du Nigéria (2011)

Martin ZIGUELE

Valentine RUGWABIZA

Lionel ZINSOU

Ancien Premier Ministre de la Centrafrique (2013)

Directrice Général du Rwanda Development Fund (2012)

Président de PAI Partners (2012)

José Luis ZAPATERO

Morgan TSVANGIRAI

Cheikh Modibo DIARRA

Ancien Chef du Gouvernement d’Espagne (2012)

Ancien Premier ministre du Zimbabwé (2011)

Ancien Premier Ministre du Mali (2012)

AFRICA news - Janvier-Février 2014


AFRICAnews Supplément sectoriel sur le Tourisme

UNE NOUVELLE STRATÉGIE DE CROISSANCE POUR UNE CRÉATION DE VALEUR DURABLE La redéfinition du modèle économique du Groupe ACCOR s’articule autour de ses deux pôles stratégiques, et ce pour une meilleure efficacité opérationnelle, et une croissance durable : HotelServices : un opérateur hôtelier et franchiseur, avec un modèle économique centre sur la génération de redevances et sur l’optimisation du compte de résultat. HotelInvest : propriétaire et investisseur hôtelier, avec un modèle économique visant l’amélioration du rendement des actifs et l’optimisation du bilan.

T

out cela sera appuyé par ne stratégie immobilière hôtelière disciplinée, tournée vers la création de valeur, se traduisant notamment par l’arrêt du développement en location, et la fin des cessions d’hôtels en propriété, a l’exception des actifs structurellement sous-performant. ● Une nouvelle organisation construite par zone géographique, cohérente sur tous les marchés, à des couts de gestion réduits. Les marques du Groupe sont regroupées par segment. ● Un Comité Exécutif renouvelé, composé de 10 membres, dont les 5 responsables opérationnels des régions

Sébastien Bazin Président Directeur Général Accor Janvier-Février 2014 - AFRICA news

unique dans son secteur, dotée d’atouts essentiels pour tirer profit de nombreuses opportunités. La réussite du Groupe nécessite aujourd’hui un projet nettement plus ambitieux pour une création de valeur durable. Ceci implique une transformation profonde a la fois de son modèle économique et de son organisation, avec une mise en œuvre rapide, et le maintien du cap sur la durée. Avec cette nouvelle stratégie, notre objectif est de révéler tout le potentiel de Accor a travers ses deux métiers historiques, au service de la création de valeur pour les actionnaires».

Un nouveau modèle à complémentarités Sébastien Bazin, Président-Directeur Général de Accor, a commenté : «Accor est une entreprise

Avec cette nouvelle organisation, Accor réaffirme le caractère stratégique de ses deux savoir-faire

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historiques, la gestion des actifs et les services aux propriétaires, en séparant les fonctions, les missions et les objectifs, pour bâtir un modèle économique plus performant. Les 1 400 hôtels d’HotelInvest seront exploités par HotelServices au travers de contrats de gestion. Chaque pôle sera dote de son propre reporting, sur la base d’un compte de résultat, d’un tableau de financement et d’un bilan distincts. Ils sont dirigés par un Comité Exécutif unique. Les fonctions supports stratégiques, incluant notamment la Finance, les Ressources humaines, le Juridique et la Communication resteront au niveau central du Groupe.

HotelServices Le pôle HotelServices, opérateur hôtelier et franchiseur, s’appuie sur des marques fortes, une distribution puissante, et un développement rapide. Son modèle économique est exclusivement tourne vers la génération de redevances. HotelServices regroupera les activités de Management et de Franchise, ainsi que les fonctions marketing, ventes, distribution et informatique. Ce pôle rassemblera près de 3 600 hôtels et 460 000 chambres sous 14 enseignes, sur l’ensemble des segments hôteliers : l’Economique (ibis, ibis Styles, ibis budget, Adagio Access, hotelF1 -46% des chambres), le milieu de gamme (Novotel, Mercure, Adagio -40%), et le Luxe / Haut de gamme (Sofitel, Pullman, MGallery, Grand Mercure, The Sebel -14%). Cette activité a forte marge et génératrice de cash-flows élevés sera pilotée selon trois priorités : ● La maximisation des redevances, avec l’ajustement de notre offre de services pour mieux répondre aux attentes de nos partenaires, avec une attention accrue portée sur la rentabilité des contrats et la gestion des couts, pour optimiser la performance au profit de Accor et de ses partenaires. ● L’accélération en matière de CRM, de fidélisation et de digitalisation. Les ressources seront allouées en priorité au développement de programmes et systèmes afin d’accroitre la contribution du programme de fidélité. Le Club Accorhotels au chiffre d’affaires et l’agilité du Revenue Management pour maximiser le chiffre

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d’affaires tout en s’appuyant sur les OTA pour générer des revenus additionnels. ● La mise en œuvre d’une stratégie par segments pour renforcer nos marques - Luxe/Haut de gamme : amélioration continue de l’excellence de service et développement d’hôtels flagships dans les villes clés afin d’augmenter la valeur des marques. - Milieu de gamme : développement de l’innovation pour renforcer l’offre et la différenciation des marques. - Economique : capitaliser sur le succès de la famille de marques ibis pour renforcer son leadership. Le pôle HotelServices communiquera sur des indicateurs de performance spécifiques reflétant son profil 100% asset-light : croissance du parc d’hôtels, évolution du Rempare et du volume d’activité, EBITDAR et taux de transformation, Net Promoter Score (Mesure de la satisfaction client), montant des redevances, marges d’EBITDA et d’EBIT, Free Cash-Flow. En 2012 (pro-forma), le chiffre d’affaires d’HotelServices aurait atteint 1 119 M€ et l’EBITDA 387 M€.

location non-performants au regard de 3 critères (marge d’EBITDAR avant redevances, Net Operating Income et emplacement). ● Optimiser la stratégie d’allocation de Capex avec une gestion des actifs disciplinée et orientée vers la création de valeur. ● Soutenir le développement de Accor en investissant, en propriété, de façon sélective, dans des actifs rentables et en mettant fin au développement en contrats de location (sauf ceux déjà engagés). La stratégie d’HotelInvest sera mise en place sur la base de l’étude individuelle de chaque hôtel en fonction de son mode de détention. HotelInvest communiquera sur des indicateurs de performance spécifiques afin de refléter son profil de propriétaire hôtelier : rotation du portefeuille, allocation des Capex, Net Operating Income, Capex de développement, Net Asset Value (valeur d’actif net), ROCE et TRI (Taux de rendement interne) pour les nouveaux projets et ratios de dette. En 2012 (pro-forma), le chiffre d’affaires d’HotelInvest aurait atteint 5 122 M€ et l’EBITDA 531 M€.

HotelInvest

Une organisation simplifiée et plus efficace

Le pôle HotelInvest, propriétaire et investisseur hôtelier, comprend les 1 400 hôtels en propriété et location du Groupe, dont 300 en pleine propriété. Plus de 85% de ce portefeuille est situe en Europe avec plus de 95% sur les segments économique et milieu de gamme. Le parc hôtelier détenu en pleine propriété représente aujourd’hui 50% du NOI (Net Operating Incombe = EBITDA – Cape de maintenance). L’objectif est de porter ce chiffre a plus de 75%. La politique d’allocation d’actifs d’HotelInvest a pour objectif la création de valeur sur le long terme. Elle s’appuie sur 4 piliers : ● Créer le premier investisseur hôtelier dans les segments économique et milieu de gamme en Europe avec des positions stratégiques dans les marches émergents. Consolider la base d’hôtels en propriété avec la fin des cessions d’hôtels en propriété, a l’exception des actifs structurellement sous-performant. ● Privilégier la génération de cash-flow et réduire la volatilité des résultats, notamment via la réduction du nombre de contrats de

L’organisation du Groupe sera désormais construite par zone géographique selon une logique identique sur tous les marchés. Cette organisation permettra une prise de décision au plus près du terrain et la réduction des couts de gestion. Les marques seront regroupées au sein de 3 segments, «Luxe et haut de Gamme», «Milieu de Gamme» et «Economique» qui permettront de partager les fonctions supports des marques. Sofitel pourra désormais pleinement partager son expertise au sein du segment «Luxe/Haut de gamme», dont les fonctions marketing seront localisées en Asie. Le Groupe sera dirige par un Comité Exécutif renouvelé compose de 10 membres dont les 5 patrons opérationnels de zone, et Sven Boinet, qui rejoint Accor en tant que Directeur Général Délégué, en charge de la Transformation du Groupe, des Ressources Humaines et du Juridique. La nouvelle équipe de Direction aura pour mission d’insuffler un changement de mode de fonctionnement au sein du Groupe pour favoriser la clarté, l’agilité et la responsabilisation dans la prise de décision. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


UNE NOUVELLE ORGANISATION POUR CONQUÉRIR L’AFRIQUE C’est donc chose faite, non sans douleur, une organisation a été mise en place du groupe Accor au niveau mondial et plus particulièrement pour la région Afrique et Océan Indien. Des nouveaux visages et des responsables ont investi le champ du groupe des bureaux à Casablanca qui est devenu le hub opérationnel du géant français de l’hôtellerie.

Antoine Guego D. G. Hotelservices Afrique et AGM

U

n nouveau management basé, certes, mais surtout basé sur une politique d’Asset light, des compétences nouvelles et une complémentarité entre elles qui vont permettre à AGM, HotelServices Afrique de se redéployer sur le continent Africain. Ce nouvel Eldorado, le groupe Accor y croit depuis le début des années 70, en ayant développer une certaine expertise avec une méconnaissance du terrain et une réelle capacité de maîtriser le risque. Il est de notoriété publique que ces trois dernières années furent une période de transition, bien menée par Marc Thépot et Christian Rousseau, dont l’objectif fût de donner plus de transparence et une meilleure répartition des tâches entre les différents acteurs dont Risma. Aujourd’hui ce fonds d’investisseur et propriétaires d’hôtels, grâce au binôme Echchercki-Thépot, continue de maintenir les passerelles nécessaires entre AGM, les Institutionnels, les professionnels des hôtels et le monde marocain des Finances en pleine mutation. Une chose plutôt délicate !! Par rapport à d’autres investisseurs Risma est reconnu comme le leader dans le secteur touristique, et sans aucun doute un modèle exportable sur le continent Africain. Cette nouvelle organisation ne constitue par seulement la relance d’AGM mais une véritable consolidation du nouveau business model groupe et ses ambitions pour l’avenir. Janvier-Février 2014 - AFRICA news

Pour réussir ce nouveau défi, il a fallu trouver un homme capable de fédérer et de gérer les managers confirmer comme Hamid Bentahar et bien d’autres femmes et hommes qui travaillent dans l’ombre. Le choix s’est donc porté sur Antoine Guego avec une expérience de prés d’un quart de siècle au sein du groupe au niveau de l’international loin des bureaux parisiens. Très discret et déterminé, Guego a rapidement compris ce que l’on attendait de lui et s’est attelé à rencontrer tout le monde et poser sans brutalité la nouvelle Organisation. Au niveau Opérationnel, trois nouvelles têtes piloteront les opérations : ● Hamid Bentahar : en charge de l’Hôtellerie de luxe pour l’Afrique et l’Océan Indien incluant le haut de gamme pour l’Afrique du Nord. M Gallery Rabat, Essaouira et Pullman Marrakech et El Jadida seront donc désormais supervisés par lui. Parallèlement, il reste en charge des Opérations de l’Hôtellerie de luxe et du haut de gamme pour Accor Gestion Maroc (AGM). Il reste basé à Marrakech. ● Sébastien Mary : en charge de l’Hôtellerie milieu de gamme et économique pour l’Afrique du Nord. Parallèlement, il est en charge des Opérations de l’Hôtellerie milieu de gamme et économique pour AGM. Il sera basé à Casablanca. ● Jean Marc Schnell : en charge de l’Hôtellerie

haut de gamme, milieu de gamme et économique pour l’Afrique Subsaharienne et l’Océan Indien. Il reste basé à Dakar. Au niveau des fonctions supports, quatre nouvelles têtes prennent également le relais : ● Philippe Baretaud : en charge du Développement pour l’Afrique et l’Océan Indien. Il sera basé à Casablanca. ● Makram Chatti : en charge du Reporting pour l’Afrique et l’Océan Indien. Il sera basé à Casablanca. ● Hadja Ba : en charge du Contrôle de Gestion et des Projets pour l’Afrique et l’Océan Indien. Elle sera basée à Casablanca. ● Salim Ennaji : en charge des Ressources Humaines pour l’Afrique et l’Océan Indien. Parallèlement, il reste en charge des Ressources Humaines pour AGM. L’Académie Accor Afrique lui sera directement rattachée. Il reste basé à Casablanca. ● Manoel Parrent : en charge du Marketing Opérationnel, de la Communication, Relations Presse et du Développement Durable pour l’Afrique et l’Océan Indien. Il sera basé à Casablanca. On notera donc que dans cette nouvelle organisation Afrique et Océan Indien, les nouveaux responsables sont basés à Casablanca. Comme cela a souvent été évoqué, Accor Maroc devient donc un hub pour l’Afrique. ■

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UNE NOUVELLE ORGANISATION POUR SOFITEL Symbole de l’élégance à la française sur le secteur mondial de l’hôtellerie de luxe, Sofitel intègre le nouveau segment luxe & haut de gamme du groupe Accor.

Hamid Bentahar, Hôtellerie de Luxe Afrique et Océan Indien, Haut de gamme Afrique du Nord

S

ofitel Luxury Hotels annonce aujourd’hui son passage à une nouvelle organisation, basée sur cinq grandes régions dans le monde. Marque du groupe Accor, gérée anciennement en filiale indépendante, Sofitel intègre le tout nouveau segment luxe et haut de gamme qui regroupe les marques du groupe : Pullman, MGallery, Grand Mercure et The Sebel. Ces changements d’organisation confirment la stratégie de Sofitel, qui met l’accent sur une approche spécifique au luxe et permet à Accor de bénéficier du savoir faire et des bonnes pratiques de Sofitel. Dans le cadre de ce réalignement, les fonctions marketing et design du segment luxe et haut de gamme d’Accor s’implanteront à Singapour à partir du premier trimestre 2014. Cette réorganisation fait suite à l’annonce, fin 2013, par Sébastien Bazin, PDG de Accor, d’une nouvelle stratégie pour le Groupe, axée sur une croissance renforcée et une création de valeur ajoutée accrue. Sa vision consiste à faire en sorte que Accor devienne le groupe hôtelier le plus reconnu et le plus performant à l’échelle mondiale. «Sofitel fête cette année son cinquantième anniversaire et se tourne vers l’avenir, avec une nouvelle organisation qui lui permettra

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Hassan Bargach

Daniel Karbownik

Directeur Délégué de la région Sofitel Maroc Nord

DG de la région Sofitel Maroc Sud

de mieux partager l’excellence et le savoirfaire en matière de luxe qui ont fait la réputation de Sofitel, explique Rick Harvey Lam, Senior Vice-Président Marketing Monde pour le pôle luxe et haut de gamme de Accor. Avec nos divisions marketing et design basées à Singapour, nous tirons parti du dynamisme de cette région où la demande Luxe est forte, pour apporter une touche d’élégance à la française comme seul Sofitel peut le faire». Cette nouvelle organisation renforce le cœur de mission de Sofitel : être le symbole de l’élégance à la française en matière d’hospitalité dans le monde. Robert GaymerJones, PDG de Sofitel Monde, quittera Sofitel après avoir œuvré à faire de la marque un acteur clé du segment hôtelier de luxe, comme en attestent la reconnaissance et les nombreuses récompenses obtenues à l’échelle mondiale au cours de ces dernières années.

des hôtels et des resorts contemporains adaptés aux attentes des différents clients de l’hôtellerie de luxe d’aujourd’hui en quête d’esthétique, de qualité et d’excellence. Qu’il s’inscrive au cœur d’une grande métropole comme Paris, Londres, New York, Shanghai ou Pékin, ou qu’il se niche dans un paysage du Maroc, d’Égypte, de la Polynésie française ou de Thaïlande, chaque Sofitel offre une véritable expérience de l’art de vivre à la française.

Sofitel, l’élégance française déclinée à l’international Sofitel est la seule marque d’hôtellerie de luxe française implantée sur les 5 continents avec 120 adresses, dans près de 40 pays (plus de 30 000 chambres). Sofitel propose

Sofitel Legend et Sofitel SO sont deux labels qui nourrissent la marque Les hôtels Sofitel Legend sont à eux seuls des destinations, des joyaux uniques et très souvent des bâtiments classés mythiques et centenaires : Sofitel Legend Metropole Hanoï, Sofitel Legend The Grand Amsterdam, Sofitel Legend Old Cataract Aswan, Sofitel Legend Santa Clara Cartagena. Les hôtels Sofitel SO sont de nouveaux «boutiques hôtels» centrés sur le design contemporain. Ils sont conçus par des architectes de renom ou leur stylisme est confié à une signature internationale issue de la mode, des arts ou du design : Sofitel So Mauritius Bel Ombre, Sofitel So Bangkok et Sofitel So Singapore (2014). ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


SOFITEL INCUBE LE PRIX LITTÉRATURE FEMME AU MAROC Ambassadrice de la culture à travers le monde, Sofitel annonce la création du Prix Littérature Femme, dont la deuxième édition s’est déroulé au Sofitel Casablanca Tour Blanche, la dernière adresse de la marque au Maroc. Présidé par les célèbres auteurs Catherine Enjolet et Tahar Benjelloun, le Prix Littérature Femme a réuni un prestigieux jury composé de : Driss Jaydane, Fouad Larouï, Olivier Weber, Emmanuelle De Boysson, Olivier de Larue Dargère, Catherine Ceylac.

L

’objectif de ce prix est de promouvoir des écrivaines marocaines, confirmées ou jeunes talents qui se démarquent par leur sensibilité intellectuelle, célébrer l’art d’écrire, participer à l’enrichissement culturel de Casablanca et faire rayonner la littérature francophone marocaine à travers le monde. Deux lauréates ont été distinguées : Naïma Lahbil Tagemouati l’auteure de son premier roman intitulé «La liste» a reçu Le Prix Découverte, et Bouthaïna Azami qui a remporté le prix auteure confirmée pour son roman «Au café des faits divers». Lors de cette deuxième édition, un hommage a été rendu à Aicha Ech-Chenna. Le groupe Accor Afrique a annoncé l’achat de 2800 exemplaires de son livre «À haute voix». Ceux-ci seront revendus dans tous les hôtels du groupe au Maroc. Cet événement a eu lieu le 7 mars 2014, au Sofitel Casablanca, un sublime édifice de verre récemment inauguré, symbole du souffle de modernité que connaît aujourd’hui Janvier-Février 2014 - AFRICA news

la capitale économique du Royaume. Séduit par la grande variété des styles architecturaux qu’elle dissimule, l’architecte belge Patrick Génard a voulu rendre un hommage à la Ville Blanche. Ornées de zelliges stylisés, les charismatiques façades en verre de l’hôtel abritent un lieu à la fois transparent et protecteur, fluide et intime, luxueux et chaleureux dont la décoration intérieure a été mise en scène par les talentueux Marc Hertrich et Nicolas Adnet. Le Prix Littérature Femme est une initiative qui s’inscrit en parfaite cohérence avec la volonté de Sofitel de lier la passion de l’excellence à l’ambition de la culture, comme c’est le cas avec Les Escales littéraires, une idée née de la collaboration de Sofitel avec Catherine Enjolet et Denis Labayle. Ces Escales consistent à accueillir pour un séjour dans les hôtels Sofitel, des écrivains invités à s’inspirer des destinations d’exceptions pour écrire une Nouvelle publiée dans Le Figaro de nombreux talents ont déjà répondu présents et les nouvelles. ■

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La naissance du capitalisme dans l’Islam

ENVIRONNEMENT

TRANSPORT

REFLEXION

POLITIQUE

ÉCONOMIE

SOCIÉTÉ

ÉDUCATION

SANTÉ

URBANISATION

TÉLÉCOMMUNICATIONS

DIPLOMATIE

Benedikt Koehler a publié des ouvrages

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Benedikt Koehler Université de Yale, membre de la Société du Mont-Pèlerin

■ À

sur la crise financière et l’économie en général. Diplômé de l’Université de Yale, il est un Fulbright Scholar et un membre de la Société du Mont-Pèlerin.

première vue, il semble contraire à l’intuition de soutenir qu’il y a un lien entre l’islam, une religion née au septième siècle en Arabie, et le capitalisme, une approche de la production et de la distribution des biens qui s’est développée en Europe plusieurs siècles plus tard. Les économies de marché sont un phénomène relativement récent, et l’explication d’Adam Smith de la façon dont les incitations de marché conduisent à la création de richesses est apparue au XVIIIe siècle. Cependant, les économies de marché ont évolué au fil des siècles, commençant il y a bien longtemps avec les républiques mercantiles de l’Italie au Moyen Âge. De même, l’analyse des forces économiques du marché a germé bien longtemps avant qu’Adam Smith ne publie La Richesse des Nations. L’approche qui a engendré nos économies de marché trouve ses racines profondes dans l’histoire et il est légitime de les rechercher. Les remarques qui suivent ne suggèrent pas que l’Islam a fourni un modèle pour les pratiques de marché qui ont évolué (et évoluent encore) de nombreux siècles plus tard. Toutefois, ces remarques font valoir que l’avènement de l’Islam est le plus ancien exemple d’une approche typiquement économique de la régulation de la société, et une approche absente des sociétés antérieures. Par conséquent, le fondateur de l’Islam, Mahomet, mérite d’être considéré comme le premier réformateur politique et social dont l’approche de l’organisation sociale a posé les incitations économiques pour accroître le bien-être et créer de la richesse. Mahomet était conscient de l’effet des incitations de marché sur le bien être social, et ce, d’une manière qui brille par son

absence dans les époques pré islamiques. Comparer l’approche de l’analyse économique de Mahomet avec ce qu’il y avait eu auparavant éclaire la nouveauté de son approche. Aristote, par exemple, avait peu à dire sur le but de l’argent; pour lui, l’argent trouve son utilisation en tant que moyen d’échange, mais pas pour générer un intérêt. De toute évidence, l’approche d’Aristote était peu propice à l’avancement d’une société générant une richesse fondée sur l’investissement. En ce qui concerne les points de vue économiques de Jésus, nous voyons un homme qui a grandi dans la maison d’un charpentier d’une petite ville et n’a jamais été exposé dans sa jeunesse aux difficultés pratiques de l’investissement et de la prise de risque. Et en effet dans ses prédications, Jésus n’a offert à ses disciples aucune indication sur comment acquérir des richesses, parce que Jésus ne se souciait pas de l’investissement. Le milieu dans lequel Mahomet a évolué ainsi que sa vision différait nettement de ceux d’Aristote et Jésus. Mahomet avait une trentaine d’années d’expérience en affaires derrière lui avant qu’il ait eu ses premières visions vers l’âge de quarante ans et trouvé sa vocation en tant que réformateur religieux. Mahomet avait été un marchand et entrepreneur à succès, élevé dans les

La taille des caravanes pouvait compter jusqu’à deux mille cinq cent chameaux

traditions et les pratiques d’une culture commerciale qui avaient évolué sur plusieurs siècles. Il fit usage de cette expérience lorsqu’il jeta les lignes directrices pour la première communauté islamique, l’Oumma à Médine, avec des règles détaillées sur comment structurer les marchés, le commerce et la concurrence. Ce cadre reflète les traditions qui nourrissaient son point de vue. Une brève revue du milieu et du contexte dans lequel Mahomet a émergé paraît donc nécessaire.

Le monde de Mahomet Les tribus itinérantes de la péninsule arabique, le Hedjaz, avait été d’entreprenants commerçants depuis les temps bibliques. Les archéologues datent les mines d’or arabes de l’époque du roi Salomon, et le livre d’Ézéchiel rapporte que les marchands d’Arabie exportaient des épices et de l’or. Les volumes d’échanges à l’ère de Mahomet devaient avoir été très substantiels, à en juger par la taille des caravanes qui pouvaient compter jusqu’à deux mille cinq cent chameaux. Les tribus qui habitent le Hedjaz n’avait jamais été soumises à aucune autorité politique dominante. Cependant, bien que le Hedjaz n’ait pas connu d’autorité centrale ou de capitale, au cours des générations. Bien qu’il n’y ait pas eu d’identité panarabe en termes politiques, les tribus arabes partageaient une identité globale commune AFRICA news - Janvier-Février 2014


qui tournait autour de la religion et, surtout, du commerce. La Mecque était le point focal de cette identité, sa position prééminente s’expliquant en grande partie par une gestion habile de son atout distinctif, la Kaâba un rocher noir qui, selon la légende, avait été érigé en autel par Abraham. Les tribus de tous les recoins du Hedjaz descendaient vers La Mecque pour honorer ce site, chacune adhérant à ses propres rites et vénérant sa propre divinité. Pendant leur séjour à La Mecque, les tribus rencontraient les pèlerins d’autres tribus et les opportunités pour le commerce émergeraient ainsi. La réputation de la Mecque en tant que centre religieux et commercial dépendait du fait d’attirer un maximum de pèlerins ainsi que de la protection de ces derniers contre le risque de conflit avec les disciples d’autres religions. Au début du cinquième siècle, Kosai, un marchand de La Mecque créa un cadre institutionnel pour les congrégations de passage à La Mecque, qui combinait la tolérance religieuse avec une plate-forme pour le commerce. Kosai atteignit cet objectif en cantonnant la Kaâba dans le haram, une zone où les pèlerins décidaient d’un commun accord de s’abstenir de toute violence et de tolérer les autres croyances. Kosai (qui prétendait descendre d’Abraham) prit la responsabilité de faire garder le haram. L’afflux récurrent de pèlerins soutenait la Janvier-Février 2014 - AFRICA news

croissance de La Mecque en tant que centre commercial. En accord avec la coutume arabe, Kosai ne désigna pas de successeur, mais ses familles descendantes suivirent ses traces en tant que gardiens du Haram. Les descendants de Kosai se séparèrent en deux familles, les Omeyyades et les Hachémites. Les Hachémites prirent leur nom de Hashim, le petit-fils de Kosai et arrière grand-père de Mahomet. Pendant de nombreux siècles, les califes allaient venir de ces deux familles. Hashim fut un diplomate commercial aussi habile que son grand père. Le Coran fait l’éloge de la réalisation majeure de Hashim, le ilaf, qui créa un nouveau cadre pour le commerce dans le Hedjaz. Les routes commerciales entre la Mecque et la Méditerranée n’étaient pas protégées et exposaient les caravanes aux embuscades. Selon les termes de l’ilaf de Hashim, les marchands en caravanes acceptaient des marchandises en dépôt vente de la part des Bédouins, en échange d’une garantie de passage en toute sécurité, et s’engageaient à verser les bénéfices de la vente à leur voyage de retour. Hashim élargit en fait la zone de libre-échange autour du haram de la Mecque et créa une solution mutuellement bénéfique pour toutes les parties concernées. Les bédouins et les commerçants en caravanes gagnaient tous à consentir au ilaf. Si Hashim avait gagné le respect de ses

compatriotes par des réalisations commerciales, son fils Abd al Mutallib renforça encore la renommée de la famille grâce à une gestion ferme lors d’une crise politique et militaire. En 570, La Mecque fut menacée par une invasion militaire. Abd al Mutallib conseilla à ses compatriotes de rester ferme et s’éleva contre la reddition. L’invasion fut repoussée et les envahisseurs réduits, et ce résultat éleva d’autant le statut des Hachémites au sein du peuple de La Mecque. Le Coran commémore expressément la performance de Abd al Mutallib, afin que les lecteurs du Coran soient conscients que Mahomet descendait d’une famille d’élite. Le petit fils et l’arrière petit fils des leaders politiques et commerciaux distingués de La Mecque, Mahomet ibn Abdullah, n’hérita pas d’une fortune considérable. Le père de Mahomet mourut avant que sa femme Amina n’ait donné naissance à son bébé, et Amina décéda alors que Mahomet était âgé de six ans. Bien que Mahomet fut né dans une famille d’élite mecquoise, il sut à un âge précoce qu’il aurait à travailler dur pour faire son chemin dans la vie. Le jeune orphelin fut élevé dans les différents ménages de sa grande famille, d’abord dans celui de son grand père Abd al Mutallib puis dans celui de son oncle Abu Talib. Mahomet accompagna son oncle Abou Talib lors de sa première mission

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commerciale, sans doute au jeune âge de dix ans. Mahomet, dont le père avait connu la mort lors d’une mission commerciale à travers le désert, avait déjà, enfant, était exposé aux risques et aux dangers du commerce à longue distance. Les Arabes avaient un mot pour ces risques, azar, un terme qui a migré vers la langue anglaise (hazard) dans laquelle il signifie «danger». Mahomet réussit dans les affaires, ayant attiré l’attention d’un investisseur mecquois à la recherche d’un gestionnaire compétent pour ses investissements. Khadija était une veuve ayant des moyens et elle fournit le capital de risque alimentant les entreprises commerciales dirigées par Mahomet. Plus tard, Khadija et Mahomet se marièrent. Le mariage de Mahomet à un entrepreneur femme suivait en fait des précédents dans la famille : la femme de son grand père Hashim, Selma, avait également été commerçante indépendante. Nous ne appesantirons pas sur les événements qui ont conduit à l’exil de Mahomet de la Mecque à Médine. Très brièvement donc, le monothéisme de Mahomet était incompatible avec le culte des divinités différentes dans le haram. Khadija, ainsi que d’autres membres de la famille soutinrent Mahomet quand il trouva sa vocation en tant que réformateur religieux. Mais d’autres membres de l’élite commerciale de La Mecque ne comprenaient que trop bien que la prédication de Mahomet pourrait saper le modèle d’affaires de La Mecque en tant lieu de confessions diverses permettant de se rassembler pour la prière et pour le commerce. Mahomet contraria l’élite dirigeante et dut choisir entre d’un côté la loyauté à la tradition établie de faire des affaires de sa communauté et d’un autre côté les exigences de sa foi. Comme nous le savons, Mahomet s’enfuit de La Mecque; il partit pour Médine, où il créa la première communauté musulmane, l’Oumma. De nombreux récits rapportent les actions politiques et militaires de Mahomet à Médine. Les remarques suivantes, cependant, visent à illustrer la façon dont Mahomet à Médine appliqua et modifia les traditions commerciales avec lesquelles il avait grandi.

sous le nom ihtikar par laquelle les marchands stockaient des approvisionnements alimentaires pour manipuler les prix. Les règles concernant la conduite sur le marché furent mises en œuvre par des moyens concrets. Ainsi, tout client ayant une plainte concernant un traitement injuste pouvait aller se rendre devant le muhtasib, un superviseur de marché autorisé à inspecter les poids et mesures des commerçants et avec le pouvoir de révoquer, si nécessaire, un permis de commerçant. En fait, le muhtasib est un précurseur de la réglementation du marché et des agences de protection des consommateurs. L’interdiction par Mahomet de l’intérêt, le ribâ, a fait l’objet d’une analyse approfondie et ne sera pas développée ici de manière approfondie. Toutefois, on néglige souvent le fait que l’interdiction de l’usure par Mahomet établit une distinction entre l’usure d’une part et le juste commerce de l’autre. Par voie de conséquence, Mahomet considérait comme légitimes certaines pratiques financières à condition qu’elles se conforment à la nécessité d’une part de l’équité et d’autre part du profit provenant de la prise de risques et de l’investissement. Cela n’était pas en contradiction avec son interdiction de l’usure. Mahomet, après tout, devait sa première fortune à l’investissement de son épouse Khadija, et il ne mit pas fin à sa propre carrière d’investisseur risque après avoir épousé l’Islam. Les premiers historiens arabes rapportent que Mahomet emprunta des fonds pour financer sa dernière campagne militaire conduisant à la bataille de Hunayn, et qu’il remboursa ses investisseurs avec des parts de son butin. Mahomet approuvait les droits de propriété des femmes, qui avaient droit à des biens personnels (du jamais vu dans l’Europe de l’époque) et à commercer pour leur propre compte. Les historiens rapportent que les femmes apparurent en tant que plaignantes dans des litiges juridiques. Par exemple, Fatima la fille de Mahomet, entama l’un des premiers procès de l’histoire musulmane quand elle alla en justice pour obtenir une plus grande part dans la succession de son père.

La réforme monétaire Régulation du marché et juste échange Une des premières actions de Mahomet à Médine fut de désigner une zone dédiée au marché. Il conçut le marché de Médine comme une zone libre d’impôt, créant ainsi une «concurrence fiscale» avec le marché mis en place à La Mecque. Mahomet créa non seulement une infrastructure physique pour le marché (il fut dimensionné de telle sorte qu’une selle de chameau puisse être vue de chacune de ses limites), il donna aussi des dispositions détaillées sur la manière dont le commerce devrait être mené. Par exemple, Mahomet interdit aux commerçants de rencontrer en dehors des limites de la ville les caravanes arrivantes et d’acheter leur cargaison. En insistant pour que tous les accords soient passés sur un marché, il empêcha les commerçants locaux disposant d’informations d’insider sur les conditions locales d’accaparer le marché. En outre, il interdit les prix abusifs, une pratique connue

Tout comme Mahomet avait continué et adapté de nombreuses traditions préislamiques, ses successeurs, les califes résidant à Médine et, plus tard à Damas, se montrèrent également souples pour adapter et préserver les pratiques commerciales sans compromettre l’orthodoxie religieuse. Un facteur clé pour la création de richesses au sein des premières sociétés islamiques fut la création d’une monnaie unique. La nécessité d’une réforme monétaire surgit parce que les califes régnant à partir de Médine et Damas levaient des impôts sur les sujets dans les anciens territoires byzantins et perses. L’élite musulmane fut largement dépassée en nombre par ses sujets et n’avait ni les équipes ni les connaissances institutionnelles pour administrer un empire de cette envergure. Cependant, ils surent très bien exploiter les savoirs institutionnels pratiques de leurs sujets. Le calife Umar recruta des fonctionnaires anciennement en service dans l’administration AFRICA news - Janvier-Février 2014


circulation dans les années 660 échouèrent, de manière ironique, parce que ses sujets ne n’avaient pas confiance en une monnaie qui ne représentait pas d’iconographie chrétienne. Son successeur Abd al Malik en 695 mit en circulation une nouvelle monnaie trimétallique, c’est-à-dire une monnaie avec des dénominations en or, argent, et en cuivre. L’or était utilisé pour frapper les dinars, l’argent pour les dirhams. Abd al Malik basa la frappe de l’or à sa résidence à Damas, mais permit la frappe des pièces en argent et en cuivre dans les différentes régions. Les réformes d’Abd al Malik illustrent les caractéristiques de capacité de la finance islamique à modifier les institutions préexistantes et de les investir avec un nouvel objectif. Le nouveau système monétaire musulman combinait des anciennes pièces romaines et grecques : le dinar et le dirham rappelaient le denier romain et la drachme grecque. Les utilisateurs de la monnaie ont été encouragés à arbitrer entre le besant byzantin et le dinar d’or islamique (le besant pesait 4,5 grammes, le nouveau dinar islamique 4,25 grammes, encourageant ainsi les titulaires de besants à gagner à convertir en dinars).

La gouvernance d’entreprise Une des caractéristiques de l’économie de marché est la prolifération d’organisations byzantine à Médine pour administrer les recettes fiscales. Ils démontrèrent l’utilité d’un livre de comptes, appelé le diwan, qui donna son nom au bâtiment abritant généralement l’administration fiscale, un terme qu’on retrouve en français dans le terme de «douane». Durant de son règne à Médine, Mahomet sépara le budget pour son compte personnel et le budget de l’Oumma. Ses successeurs respectèrent la différence entre les deux. Le calife Umar reprocha à ses fils d’avoir utilisé les recettes fiscales pour investir à profit dans les entreprises commerciales. Son successeur Osman provoqua l’ire de ses sujets quand il traita les recettes fiscales comme une source de revenu personnel et les distribua à ses parents proches et ses favoris. Beaucoup de fonctionnaires recrutés pour le service civil musulman étaient des chrétiens. Saint Jean de Damas, par exemple, venait d’une famille de fonctionnaires byzantins, et il travailla pour le calife comme ses ancêtres avaient servi l’empereur. Ce contingent de fonctionnaires mit en œuvre le lancement d’une monnaie unique à travers le Dar al Islam. Les califes avaient besoin d’une monnaie unique pour plusieurs raisons. La monnaie dans les anciennes régions byzantines était le dinar, une ancienne devise remontant au Janvier-Février 2014 - AFRICA news

Il conçut Médine comme une zone libre d’impôt, créant ainsi une concurrence fiscale avec la place de la Mecque denier romain. D’anciennes régions perses utilisaient les drahms, une dérivation de la drachme grecque. Il y avait ainsi un problème urgent de comptabilité à réconcilier les impôts et les dépenses publiques lorsque les régions individuelles utilisaient des monnaies différentes. Une autre motivation à l’introduction d’une nouvelle monnaie, était que la monnaie internationale de prédilection était le besant, une pièce d’or frappée sous les auspices de l’empereur byzantin. Les dirigeants musulmans (qui venait d’une région qui avait des mines d’or depuis les temps bibliques) durent avoir été embarrassés de voir leurs sujets utiliser une dénomination étrangère comme monnaie de prédilection. En outre, leur estime fut sans doute froissée par le fait que des pièces frappées à Constantinople représentaient des symboles chrétiens. L’introduction d’une nouvelle monnaie d’or se déroula sur une période de plusieurs décennies. Les efforts déployés par le calife Muawiya pour mettre une nouvelle pièce en

volontaires impliquant des droits et des devoirs définis pour les différents agents de l’organisation. Deux entités juridiques distinctes existantes durant le règne de Mahomet étaient la société pour les entreprises commerciales, ou qirâd, et la création d’organismes de bienfaisance, ou waqf. L’accumulation du capital entre les mains des élites musulmanes s’enrichissant au sein d’un plus grand empire, avec les possibilités accrues pour le commerce alors que les frontières de la Dar al Islam étaient repoussées, a donné lieu à de nouvelles formes d’entreprise. Les juristes musulmans ont du être confrontés à de nombreuses requêtes sur la façon de concevoir des entreprises conformes aux préceptes de Mahomet en matière de partage des risques et des bénéfices. Le fondateur de la plus ancienne des écoles juridiques de l’islam, Malik ibn Anas, fournit une définition de la forme la plus répandue d’entreprises commerciales, la qirâd : «La forme coutumière d’un qirâd admissible,

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c’est quand un homme prend l’argent de son collègue afin de travailler avec, sans aucune responsabilité pour lui-même». La limitation de la responsabilité de gestion et la part des profits appropriée entre les investisseurs et de leurs agents faisait l’objet d’une négociation entre les parties. Les juristes islamiques rédigeaient des directives sur le traitement de la responsabilité pour les dépenses personnelles (les managers avaient droit à une dépense raisonnable pour leur confort personnel, mais devaient rendre des comptes aux investisseurs de leurs dépenses). L’attention que Malik Ibn Anas portait aux questions de gouvernance d’entreprise était en avance sur la jurisprudence européenne contemporaine, et lui et d’autres juristes islamiques régulèrent la responsabilité limitée des managers en cas de pertes commerciales ainsi que la façon dont les bénéfices devaient être partagés entre les investisseurs et les managers. Une autre innovation de la loi islamique fut la création de personnes morales commerciales qui, comme le qirâd, avaient une identité juridique et un but défini. Ces institutions furent créées dans le but de dons de bienfaisance, ce qu’on appelle le waqf. Mahomet avait encouragé ses disciples à donner l’aumône, sans doute inspiré par l’exemple de la sadaka, pratiquée par ses voisins de Médine, dans la communauté juive. Mahomet lui même avait laissé la plupart de ses biens à des fins caritatives. La version musulmane de l’aumône, que l’on appelle la zakat, a conduit à un élément clé de partenariats public / privé dans la fourniture de biens publics dans les nations islamiques. Il devint une pratique établie de la vie islamique que de doter les organismes de bienfaisance et que ceux-ci soutiennent une large gamme d’activités. Bien que les dons de bienfaisance aient été connus dans l’Arabie préislamique, les waqfs étaient une innovation institutionnelle. La reconnaissance d’un legs de bienfaisance comme un waqf requérait la conformité à certains critères, à savoir que le legs soit irrévocable et perpétuel. En outre, un waqf devait disposer de freins et de contrepouvoirs pour éviter les abus de gestion. Tout d’abord, le waqf était devait être géré par un manager nommé, le mutawalli. Deuxièmement, les demandes de réparation

en cas de malversations de gestion pouvaient être traduites devant un cadi, un juge indépendant.

Dérivés en Europe Les commerçants européens étaient libres de voyager dans le Dar al Islam et gagnèrent à faire l’expérience des pratiques commerciales locales. Et bien davantage d’Européens apprirent des institutions islamiques quand ils s’installèrent dans les États des croisades, des territoires majoritairement habités par des musulmans. Les Frères Franciscains et les Templiers sont deux organisations ayant eu une présence significative dans les états des croisades et qui gagnèrent une connaissance approfondie des coutumes islamiques. En Sicile, l’empereur Frédéric II au treizième siècle, employa de nombreux savants et conseillers musulmans à sa cour de Palerme. De tels contacts ont représenté des vecteurs pour le transfert de connaissances en Europe. Les historiens du droit ont fait remarquer que les premiers trusts établis en Angleterre au XIIe siècle copièrent les caractéristiques essentielles de conception des waqfs islamiques. Les cités États commerçantes de l’Italie médiévale initièrent des entités commerciales dans lesquelles les commanditaires pourrait investir dans des entreprises maritimes. Le terme italien pour ces entreprises était commenda, et elles furent structurées selon des lignes analogues aux qirâds. Bien sûr, ces institutions auraient pu voir le jour en théorie sans exposition préalable à leurs versions islamiques qui avaient existé pendant des siècles. Toutefois, les institutions islamiques préfigurent les trusts et les commendas d’une manière que les institutions de l’Antiquité ne font pas. Les réussites commerciales de Florence, Venise et Gêne au Moyen Âge et de leurs princes marchands, montrent de nombreuses analogies avec la montée en puissance des Omeyyades et des Hachémites de La Mecque et de Médine : des communautés civiques dans les centres urbains avec un réseau international d’alliances commerciales informelles, devenant de plus en plus riches grâce à des entreprises commerciales risquées. Les similitudes entre les patriciens italiens et des ploutocrates arabes sont assez évidentes.

Conclusion Le capitalisme a évolué sur une longue période historique et a proliféré sous diverses formes. Ainsi nous ne pouvons pas projeter dans les réalités économiques du Hedjaz du VIIe siècle Hedjaz le noyau de fonctions entièrement formées des économies de marché que nous appelons aujourd’hui «capitalistes». Toutefois cet étude soutient que tandis qu’on a souvent fait remonter les origines des économies capitalistes à des précurseurs dans l’Italie médiévale, il est possible de regarder plus loin en arrière et de détecter dans ces antécédents islamiques le noyau de l’approche économique qui a formé les sociétés mercantiles italiennes d’une manière que l’on ne trouve pas lorsqu’on essaie de lier leurs pratiques à celles de l’Antiquité romaine ou grecque. Ces remarques n’entendent pas renverser l’idée d’une genèse autonome de l’analyse et de l’approche économiques en Europe. Toutefois, elles soumettent l’idée que le travail et l’impact de l’économiste arabe Mahomet ibn Abdullah ont développé une approche nettement économique pour encadrer les relations sociales, et que celleci a ouvert un nouveau chapitre dans l’histoire de la pensée économique. Pour terminer, la citation suivante démontre les points de vue «pro-marché» du fondateur de l’Islam : «Celui qui désire le monde et ses richesses d’une manière légale, afin de se prévenir de la mendicité, ou d’assurer la subsistance de sa famille, ou d’être bon avec les voisins, comparaîtra devant Dieu au Dernier Jour et son visage sera aussi lumineux que la pleine lune». Cet article a été présenté à la Société du Mont-Pèlerin à Fès au Maroc en avril 2012. Il repose sur d’autres publications dans le magazine Economic Affairs : «Islamic Finance as a progenitor of venture capital», vol. 29, no. 4, December 2009 «Early Islamic charities as catalysts of institutional innovation», vol. 30, no. 3, October 2010 «The seventh-century Islamic gold standard», vol. 30, no. 3, October 2010 «The economist Mohammed ibn Abdullah (570-632)», vol. 31, no. 1, March 2011 «Female entrepreneurship in early Islam», vol. 31, no. 2, June 2011. www.UnMondeLibre.org. Juin 2012. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


DIPLOMATIE

États-Unis-Afrique un sommet pour Obama Barack Obama a invité 47 dirigeants africains à se rendre à Washington les 5 et 6 août prochains pour un sommet. La rencontre vise, selon la Maison Blanche, à renforcer les liens des États-Unis avec «l’une des régions les plus dynamiques» du monde.

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e chef de l’État américain, Barack Obama, a invité les dirigeants de 47 pays africains à participer à un sommet à la Maison Blanche les 5 et 6 août prochains, a annoncé, mardi 21 janvier, la présidence américaine. Cette rencontre, que le chef de l’exécutif américain avait appelé de ses vœux au terme de sa tournée africaine en juin dernier, visera à «renforcer les liens avec l’une des régions les plus dynamiques» du monde, a déclaré le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney. Le but sera également de faire «progresser les objectifs de l’administration en matière de commerce et d’investissement en Afrique [et] mettre en évidence l’engagement des États-Unis envers la sécurité de l’Afrique, le développement de la démocratie et de ses habitants». La Maison Blanche a précisé avoir convié les dirigeants de tous les pays africains, «sauf ceux qui n’ont pas de bonnes relations avec les États-Unis ou sont suspendus de l’Union

Janvier-Février 2014 - AFRICA news

africaine [UA]». Parmi les pays qui nous pas été invités au sommet figurent ainsi le Zimbabwe, le Soudan, la Guinée-Bissau, mais aussi l’Égypte et Madagascar. La présidente de la commission de l’UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, sera également reçue à Washington pour l’occasion.

«Opportunités» Face à la percée de la Chine et d’autres puissances émergentes, les conseillers économiques de Barack Obama l’exhortent régulièrement à renforcer la présence diplomatique américaine sur le continent. Au début de sa tournée africaine, le président avait cependant cherché à minimiser les rivalités entre investisseurs étrangers en Afrique, estimant qu’il n’y avait pas de «guerre froide» en cours sur le continent. «C’est une bonne chose que la Chine, l’Inde, la Turquie et d’autres pays, comme le Brésil, prêtent de plus en plus attention à l’Afrique», avait-il assuré. «Il y a un marché mondial et, si

les pays qui sont en train de devenir des pays à revenus moyens considèrent qu’il y a des opportunités pour eux en Afrique, cela peut potentiellement aider l’Afrique». Toujours lors de cette tournée, il avait tout de même invité les Africains à poser davantage de questions aux investisseurs étrangers, estimant «important que les Africains s’assurent que ces interactions sont bonnes pour l’Afrique». Barack Obama n’avait visité l’Afrique subsaharienne qu’en coup de vent au début de son premier mandat, avec un arrêt au Ghana. Mais il avait ensuite accueilli à la Maison Blanche plus d’une centaine de jeunes Africains lors d’un sommet informel en 2010, pour le 50e anniversaire de l’accession à l’indépendance de 17 pays d’Afrique. Lors de cette rencontre, le président avait exhorté ces jeunes à enraciner les principes démocratiques dans leurs pays, et à ne pas suivre les pas de la génération des indépendances qui s’est, selon lui, accrochée au pouvoir. ■

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STRATÉGIE

La nouvelle diplomatie marocaine Conscient de l’enracinement profond de son appartenance africaine, le Maroc s’est engagé, depuis son indépendance, dans la voie du raffermissement de ses relations historiques, culturelles et de coopération avec les pays africains.

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a politique étrangère marocaine fut marquée, dès le début, par l’appui résolu et solidaire du Maroc à la lutte de libération des pays africains du joug colonial, et par la consolidation de l’unité africaine qui s’est particulièrement illustrée par la création de l’Organisation de l’Unité Africaine, dont le Maroc figure parmi les fondateurs. L’action diplomatique marocaine s’est assignée comme objectif stratégique de hisser la coopération avec les pays africains au niveau d’un véritable partenariat agissant et solidaire. C’est dans cette perspective que les multiples visites Royales effectuées par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, depuis son intronisation, à de nombreux pays africains, ont créé une nouvelle dynamique dans les relations avec ces pays frères, et ont donné une forte impulsion à la coopération SudSud du Maroc avec le reste de l’Afrique. Ces visites Royales ont ponctué une série d’accords de coopération dans les domaines du développement économique, technique, social, culturel et humain, tels que la lutte contre la pauvreté et les maladies, l’agriculture et l’agro-alimentaire, les pêches, l’éducation et la formation, la gestion de l’eau et l’irrigation, les infrastructures de base et l’aménagement urbain, les technologies de l’information, et la gestion financière et les banques. Conscient que l’être humain devrait être au centre de toute stratégie de développement, le Maroc a fait de la formation une composante importante et indispensable dans les programmes de coopération avec les pays africains. Cette politique, relayée par l’Agence Marocaine de la Coopération Internationale (AMCI), consiste à diffuser auprès des cadres et des institutions des pays partenaires en Afrique le savoir faire marocain. Le partage des expériences dans les secteurs à forte utilisation de technologies, a toujours été une valeur importante dans les relations de coopération du Maroc avec les pays africains. Dans cette optique et en plus de la coopération purement bilatérale, la coopération tripartite se présente comme un outil innovant et porteur pour le

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transfert de l’expertise et du savoir faire aux pays africains. En matière de paix et de sécurité, le Maroc fournit tous les efforts nécessaires pour contribuer à la consolidation de la paix et de la stabilité dans le continent africain. Il a toujours manifesté son soutien aux initiatives des Nations Unies pour la restauration de la paix et de la stabilité en Afrique, et met des contingents militaires à la disposition des opérations de maintien de la paix des Nations Unies dans la région. De même, le Maroc exprime sa constante disponibilité pour contribuer aux efforts de réconciliation pour ramener, de par sa médiation, la stabilité à travers le dialogue et la confiance. La vision stratégique du Maroc donne une importance croissante au volet économique dans la coopération du Maroc avec les pays africains. A cet effet, le Gouvernement marocain associe de plus en plus le secteur privé en vue de renforcer les échanges

Agence Marocaine de la Coopération Internationale, un outil opérationnel et efficace

commerciaux et d’augmenter les flux d’investissement du Maroc avec l’espace africain. Parallèlement aux actions bilatérales, le Maroc demeure très actif au niveau des organisations régionales africaines, notamment auprès des communautés économiques régionales (CER) avec lesquelles il ambitionne de resserrer les liens pour augmenter et diversifier les échanges commerciaux, techniques et d’investissement, et renforcer la coopération avec les ensembles régionaux africains. Le Maroc ne cesse de mettre en avant les questions de développement de l’Afrique, en particulier des pays africains les moins avancés, par l’organisation au Maroc de

▲ Mezouar s’est approprié un ministère avec succès.

rencontres sur des questions prioritaires pour l’Afrique. Par ailleurs, le Maroc s’investit pour défendre les intérêts continentals auprès des autres pays et groupements régionaux, notamment dans le cadre des dialogues entre le Continent et le reste du monde, et au sein des organisations internationales. La diplomatie marocaine a toujours œuvré dans le but de placer la question du développement du continent africain au centre des préoccupations de la communauté internationale, notamment au sein des instances de l’ONU et de ses agences spécialisées.

Coopération Sud-Sud Le Maroc a eu, de tout temps, des liens étroits et profonds avec les pays du Sud, notamment ceux d’Afrique subsaharienne. Au gré de son ouverture sur le monde, le Maroc a établi des relations de coopération avec les pays du Continent. L’engagement du Maroc en faveur de la coopération SudSud a été exprimé au sommet de l’Etat. Il est traduit par les actions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, depuis son intronisation, pour plaider une solidarité agissante en faveur de l’Afrique subsaharienne. Sa Majesté le Roi Mohammed VI a ainsi multiplié les déplacements dans plusieurs AFRICA news - Janvier-Février 2014


cette Conférence, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a réaffirmé la position du Maroc de placer le développement de la coopération Sud-Sud en tête des priorités de sa politique étrangère, notamment en Afrique. La Déclaration de Rabat, adoptée à l’issue des travaux de cette conférence, a fait état de l’engagement des responsables africains à promouvoir la coopération dans le domaine du développement humain à travers leurs stratégies et plans d’action aux niveaux régional et sous-régional. Les efforts du Maroc pour donner à la coopération Sud-Sud un visage humain et empreint de solidarité, se traduisent par son engagement constant en faveur des causes nobles de la paix et du développement, ainsi que par ses positions solidaires toujours manifestées à l’égard des préoccupations des pays du Sud, et de leurs aspirations au progrès et au bien-être.

Une coopération pour le Développement L’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) a été créée en 1986. Elle représente un outil souple et efficace d’exécution de la politique de coopération tracée par le gouvernement marocain dans le cadre de la coopération Sud-Sud. L’AMCI est chargée de la mise en œuvre de pays africains, en introduisant à la coopération du Maroc avec les pays africains, un nouvel aspect, celui de la coopération en matière de développement humain, en plus de la coopération sectorielle visant plusieurs domaines. Le Maroc a pris une série de mesures concrètes en matière d’assistance financière. C’est ainsi que Sa Majesté le Roi Mohammed VI, avait décidé, lors du Sommet Afrique-Europe de 2000, d’annuler l’ensemble des dettes du Maroc envers les Pays africains les Moins Avancés (PMA), et d’offrir un accès en franchise, de droits et hors contingents, à l’essentiel de produits d’exportation en provenance de ces pays. Cette mesure s’est traduite par une augmentation des exportations de ces pays vers le Maroc. C’est donc convaincu de son intérêt stratégique, que le Maroc a érigé la coopération Sud-Sud, en tant qu’axe principal de sa politique extérieure et s’emploie, par divers moyens, à renforcer cette coopération aux niveaux régional et interrégional. C’est dans cet esprit que le Maroc a adhéré, en 2001, à la Communauté des États Sahélo Sahariens (CEN-SAD). Le Maroc, également mobilisé pour promouvoir le développement de l’Afrique en plaidant pour un partenariat rénové, a manifesté son soutien au Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD) dans tous les forums internationaux, ainsi que pour la promotion Janvier-Février 2014 - AFRICA news

Le Maroc mobilisé pour promouvoir le développement en Afrique grâce à des partenariats gagnants des échanges commerciaux dans le cadre de l’Union Economique et Monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA). Sur le plan international, le Maroc ne cesse de plaider et de soutenir la question du développement dans les pays du Sud. C’est ainsi que lors de sa Présidence du Groupe des 77 et la Chine, en 2003, le Maroc a réaffirmé son engagement en faveur de la coopération Sud-Sud, notamment en direction des pays d’Afrique subsaharienne. Dans ce sens, le Maroc a organisé, en 2007, à Rabat, en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), la Première Conférence Africaine sur le Développement Humain. Cette Conférence a eu pour objectif de répondre à l’ambition du Maroc de promouvoir un développement humain global équilibré et harmonieux, à travers le renforcement de la coopération Sud-Sud et la mise en œuvre des engagements pris dans divers forums internationaux, notamment ceux liés aux Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Dans un discours adressé aux participants à

cette politique sous ses formes bilatérales et tripartites tout en plaçant le facteur humain au cœur de sa stratégie de développement. L’intervention de l’Agence s’articule autour des axes prioritaires suivants : Formation des cadres, coopération technique, coopération économique et financière et action humanitaire.

Formation des cadres Les nouvelles orientations de la politique étrangère du Royaume ont donné une impulsion nouvelle et forte à la coopération bilatérale en matière de formation des cadres africains dans les établissements publics d’enseignement supérieur, technique et professionnel. Cette activité, menée par l’AMCI, est celle qui a donné les résultats les plus tangibles et les plus durables de l’action du Maroc envers ses partenaires africains. Il convient de signaler que le Royaume est devenu une destination de prédilection pour un nombre croissant d’étudiants étrangers, notamment africains, désireux d’y poursuivre leurs études supérieures et dans

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diverses spécialités. Au titre de l’année académique 2008-2009, les établissements publics marocains de formation ont accueilli 7046 étudiants originaires de 41 pays africains, dont 6668 boursiers. D’autre part, l’Agence accorde un intérêt particulier aux activités parauniversitaires et organise plusieurs manifestations à caractère culturel, sportif et social. L’Agence apporte son soutien à la réalisation de plus de quarante actions initiées par les associations des étudiants africains. Cependant, l’événement phare demeure la semaine culturelle et sportive et l’opération d’hébergement d’été organisée annuellement à Rabat, à l’occasion des vacances printanières et d’été, par la Confédération des Étudiants et Stagiaires Africains au Maroc (CESAM), sous le parrainage de l’Agence.

Coopération technique La coopération technique se décline en version bilatérale, dans le cadre des accords signés avec certains pays, ou en version tripartite associant le Maroc à des pays donateurs, à des Organisations Internationales ou bailleurs de fonds multilatéraux. En effet, la coopération tripartite présente de nombreux avantages et permet, à travers la participation de bailleurs de fonds internationaux, de faire profiter les pays du sud du savoir-faire et de l’expertise marocaine appréciée en Afrique. L’offre de coopération du Maroc peut prendre différentes formes : formation de longue, moyenne et courte durée, formation, sur place, dans les pays bénéficiaires, sessions de formation au Maroc, stages de perfectionnement, voyages d’études, envoi d’experts, réalisation de programmes conjoints, etc. L’assistance technique qu’apporte le Maroc est un moyen de promotion du savoir-faire et des potentialités marocaines dans une multitude de domaines où le Maroc est crédité d’une expertise reconnue et appréciée aux niveaux régional, continental et international. Aujourd’hui, le Maroc enregistre une forte demande étrangère, surtout africaine, sollicitant l’expertise acquise par les professionnels marocains dans les domaines de la santé, de l’agriculture, de l’eau potable, des pêches maritime, des infrastructures, de la justice, etc. Ainsi, plus de 600 stages et visites d’information ont été organisés depuis 2001 sous forme de cycles de formation de courte et moyenne durée dans une vingtaine de domaines administratifs, techniques et professionnels. Par ailleurs, depuis de nombreuses années, le Maroc enregistre un intérêt particulier des pays africains pour les missions d’expertise marocaines, notamment en matière de réalisation d’études techniques, de conception d’infrastructures ainsi que pour les domaines productifs, sociaux et des services. Plus de 250 missions d’experts ont ainsi été effectuées depuis 2001. Cependant, au vu des demandes enregistrées de grandes potentialités sont encore ouvertes au Maroc dans ce domaine. En matière de coopération tripartite, plus de 900 cadres africains ont suivi depuis l’année 2000 des stages au Maroc dans des secteurs prioritaires notamment ceux de l’eau potable, des pêches maritimes, de la marine marchande, des technologies de l’espace, des douanes et de l’entretien routier et de la santé associant le Maroc à des pays bailleurs de fonds et/ou des organisations internationales.

Coopération économique et financière La coopération économique et financière occupe une part grandissante des activités de l’Agence Marocaine de Coopération Internationale (AMCI) du fait de la multiplicité et de la diversité des actions qui lui sont confiées. L’intervention de l’AMCI ambitionne d’appuyer les projets de développement des pays d’Afrique subsaharienne. Dans cette perspective, l’AMCI donne la priorité aux projets générateurs de revenus ayant un impact direct sur le développement socioéconomique. Une attention particulière est également accordée à des domaines ciblés qui s’insèrent dans le cadre de programmes nationaux de développement établis par les pays partenaires. L’AMCI est de plus en plus sollicitée pour la réalisation de projets de développement au profit notamment des pays du continent africain. Ce type d’activité présente une plus-value indéniable dans le développement socio- économique des pays partenaires. Il constitue de ce fait l’objectif principal visé par les programmes de coopération financière établis par l’Agence. ■

▲ M’barka Bouaida La dynamo du Ministère des Affaires Étrangères.

The best hub for Africa

À

l’occasion de la conférence d’affaires Maroc-Etats-Unis actuellement à Rabat, le royaume a avancé ses arguments pour attirer davantage d’investissements américains et convaincre que le Maroc est la meilleure base pour se développer sur le continent. La 2ème édition de la «Morocco-US Business Development Conference» s’est tenue à Rabat, organisée conjointement par le Ministère des Affaires Étrangères et de la Coopération et la CGEM, en étroite coopération avec le Département d’Etat Américain et la Chambre de Commerce Américaine. Parmi les thèmes de réflexion évoqués dans cette conférence, le partenariat entre les Etats-Unis et le Maroc pour l’investissement et le commerce en Afrique fait échos à la récente tournée du Roi Mohammed VI en Afrique de l’Ouest. Selon les experts du FMI, l’Afrique sera le prochain continent de la croissance. En 2013, parmi les 30 pays qui ont la plus forte croissance, 16 sont africains. Parallèlement, les besoins de ce continent sont énormes. Le FMI estime ainsi que 540 milliards de dollars devraient être consacrés à l’investissement dans les infrastructures en Afrique d’ici 2020. Les retours sur investissement pour les premiers investisseurs sont donc très prometteurs et le Maroc est le second pays africain à investir en Afrique. L’ambition du Maroc est de devenir une plate-forme d’entrée pour les investissements en Afrique. ■ AFRICA news - Janvier-Février 2014


COMMUNICATION

Les médias africains, en pleine mutation Le paysage médiatique africain a connu des changements spectaculaires au cours de la dernière décennie. Le monopole d’Etat des médias a été brisé. La radio et la télévision s’améliorent et deviennent progressivement des outils puissants d’éducation et d’information publique. Malgré ces progrès, le développement des médias en Afrique est freiné par de sérieux obstacles, notamment un manque de ressources humaines, financières et matérielles.

■ À

l’exception de pays qui traversent de graves crises sociales et politiques (Sierra Leone, Libéria, CongoKinshasa, Congo-Brazzaville, Somalie), le paysage médiatique africain a connu des changements spectaculaires au cours de la dernière décennie. Le monopole d’Etat des médias a été brisé sous la pression des mouvements de démocratisation du début de la décennie. Dans la quasi-totalité des pays africains, la situation se caractérise par un foisonnement de journaux privés. Il y a dix ans, dans la plupart des pays francophones d’Afrique de l’Ouest, il n’y avait qu’un quotidien national gouvernemental et quelques journaux privés, hebdomadaires, bimensuels ou mensuels qui avaient du mal à survivre. Aujourd’hui, une ville comme Cotonou, au Bénin, dispose de huit quotidiens - tous privés, sauf un - et il suffit de s’absenter quelques semaines pour constater que de nouveaux titres sont en vente dans les rues. La situation est à peu près la même dans l’ensemble du continent. Toutefois, le plus puissant monopole d’Etat démantelé au cours de cette décennie a été celui de la radio : en effet, l’Etat a toujours considéré la radio et la télévision comme une chasse gardée interdite aux opérateurs privés. Aujourd’hui, la presque totalité des pays africains possèdent des stations de radio privées FM de faible puissance émettant sur des zones de couverture relativement restreintes. On note des évolutions semblables dans le domaine de la télévision - bien qu’à une échelle plus limitée - avec la privatisation de nombre de chaînes et la prolifération de la télévision par câble, par satellite ou par stations de retransmission. Cependant, la question qui se pose est de savoir si cette croissance quantitative s’est accompagnée d’améliorations qualitatives, non seulement en ce qui concerne la production mais aussi en termes de services rendus à la société et au développement. Les

Janvier-Février 2014 - AFRICA news

réponses positives restent des cas isolés; dans la majorité des cas, elles sont négatives. Malgré leur développement indiscutable, les médias en Afrique demeurent confrontés à des problèmes anciens : inadéquation du mode de propriété; faiblesse de la base financière; faible niveau de qualification du personnel, en général, et des journalistes en particulier; difficultés d’accès à l’information; conflits avec les autorités. De tous les médias, la presse écrite reste la plus combative, la plus déterminée à acquérir une indépendance éditoriale et à ouvrir la société grâce à sa pertinence. Ainsi, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, en Ouganda, au Cameroun et au Nigéria, sous le

régime du Général Abacha, la presse a affronté les autorités afin d’élargir le débat sur des questions d’intérêt national. Malgré ces évolutions positives, force est de reconnaître que trop de journaux gardent à ce jour une orientation politique, privilégient la vie des personnalités politiques au détriment des questions de développement. Et le traitement des nouvelles et de l’information reste superficiel.

La radio, supplante les médias traditionnels La radio est, incontestablement, l’instrument le plus puissant de construction nationale en Afrique. Elle permet en effet, dans un contexte marqué par une tradition orale,

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TRANSPORT ENVIRONNEMENT DIPLOMATIE TÉLÉCOMMUNICATIONS URBANISATION SANTÉ ÉDUCATION SOCIÉTÉ ÉCONOMIE POLITIQUE

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d’atteindre tous les africains. La radio, de plus en plus écoutée, est en passe de supplanter les médias traditionnels. Mais, comme c’est souvent le cas en Afrique, tradition et modernité continuent de coexister. On a souvent tendance à oublier que l’Afrique a un riche patrimoine médiatique. Les systèmes de communication traditionnels ont toujours existé pour dialoguer, informer, éduquer et résoudre les conflits sociaux…. Sans aucun doute, les systèmes de communication traditionnels sont riches en idées et en compétences. Mais le développement de la radio, particulièrement rurale et communautaire, réduit peu à peu l’influence des systèmes traditionnels. Malheureusement, la radio est handicapée par de nombreuses faiblesses structurelles. La mise en place de radios privées a étendu la couverture et l’accès à l’information à de nombreux segments de la population, particulièrement les populations pauvres, urbaines et péri-urbaines. Mais l’orientation commerciale des radios et leur domination par les cultures étrangères (exercée notamment à travers la musique étrangère) font partie des effets négatifs. Il y a cependant des exceptions et des raisons d’espérer. Les radios rurales et communautaires se développent dans de nombreux pays africains; elles sont des supports susceptibles de diffuser des informations publiques liées au développement et à l’éducation. Leur longévité dépendra de leur aptitude à donner aux auditeurs des informations de fond sur les questions qui les intéressent : santé, éducation des enfants, économie, etc.

Les chaînes de télévision privées La télévision s’améliore et devient progressivement un outil puissant d’éducation du public, d’information et de divertissement. Elle illustre ce qu’avait énoncé le sociologue canadien Marshal Mc Luhan : «Si vous voulez changer le monde, allez à la télévision». Les gouvernements africains ont abandonné leur contrôle monopolistique des médias. Des chaînes privées se créent, poussant les chaînes publiques à se réveiller, à changer d’orientation et à proposer autre chose que des comptes rendus d’activités ou des communiqués du président et des ministres. Malgré ces changements, les nouvelles chaînes privées sont confrontées à des problèmes majeurs. La plupart sont sousfinancées, sous-commercialisées et sont devenues des canaux de retransmission de programmes de puissantes chaînes de télévision occidentales. Cette invasion de la télévision africaine par des programmes étrangers est essentiellement imputable à

une base financière insuffisante et au manque de capacités locales de production.

Les agences de presse Les agences de presse sont les piliers du système médiatique dans la plupart des pays. Elles sont, en effet, la source des nouvelles nationales et les re-distributrices des nouvelles internationales à toutes les entreprises de presse. C’est particulièrement vrai en Afrique où les agences de presse nationales jouissent du quasi monopole de la collecte et de la distribution des nouvelles nationales et internationales. Toutefois, force est de constater, que, à de rares exceptions près, les agences de presse ne se donnent pas les moyens de jouer correctement leur rôle. Elles connaissent de graves problèmes de ressources humaines, matérielles et financières. Et elles fonctionnent généralement comme des départements ministériels et ont les mêmes problèmes que les autres institutions publiques en Afrique. En outre, elles doivent faire face au nouveau défi, voire à la menace, que constitue l’Internet.

L’Internet est plus qu’une menace. L’Internet représente une menace pour les agences de presse pour deux raisons majeures : la première tient à la démocratisation de la production, de la diffusion de l’information et de l’accès à l’information. Cette évolution prive les agences de presse du monopole de collecte, de traitement et de distribution de l’information dont elles jouissaient : les individus et les organismes peuvent désormais recevoir des informations disséminées dans le monde entier par les autoroutes de l’information sans passer par les agences de presse. La deuxième menace vient des capacités multimédias d’Internet. Il est possible aujourd’hui de traiter les nouvelles et les informations sous forme de mots, de sons, d’images fixes ou en mouvement. Ces possibilités sont à des années lumière du processus unidimensionnel de circulation de l’information offert par les agences de presse. L’Afrique a les plus bas taux d’utilisation d’Internet et des technologies de l’information. Pourtant, ces nouvelles technologies offrent beaucoup d’espoir pour l’avenir. La matière la plus importante au 21ème siècle sera l’information; l’information au service du savoir, de l’éducation et du savoir-faire.

Le rôle des médias dans le développement Le journalisme a subi en Afrique un changement considérable et, en général, très AFRICA news - Janvier-Février 2014


positif au cours de ces dernières années. Coïncidant avec l’accroissement général du niveau d’éducation de la population dans son ensemble, et en particulier des cadres professionnels, le niveau d’éducation de la nouvelle génération de journalistes africains s’est amélioré. Dans de nombreux pays aujourd’hui, les reporters de la nouvelle génération ont au moins un diplôme universitaire ou un diplôme professionnel. Mais, dans la plupart des cas, l’amélioration du niveau d’éducation formelle de base du journaliste africain ne s’est pas traduite en compétences professionnelles. Ce paradoxe s’explique en partie par le

manque de spécialisation parmi les journalistes africains. Contrairement à ce qui se passe dans les autres régions du monde, les bureaux des rédactions regorgent de généralistes. Les reporters reçoivent l’ordre d’aller couvrir quotidiennement des événements dans n’importe quel secteur, parfois très complexe. Résultat : le plus souvent, les articles sont peu recherchés, mal rédigés et superficiels.

Briser le cercle vicieux Une des conséquences directes de cette situation est un phénomène que je décrirai comme un cercle vicieux liant journalistes et

autorités. Le manque de connaissance et de savoir-faire des journalistes entraîne des reportages de qualité médiocre qui expliquent le manque de respect des hommes politiques pour les journalistes. Ils considèrent que les journalistes sont mal informés et qu’ils déforment les faits. Mais, sans accès à l’information, le journaliste est condamné à produire des articles stéréotypés et approximatifs. Afin de faciliter l’accès des médias à l’information, tous les ministères, institutions et départements gouvernementaux doivent se doter d’unités d’information et de communication, de la même manière que le secteur privé. ■

ÉMERGENCE

Hit Radio le pari Africain

près la République centrafricaine, le Gabon, le A Congo, le Sénégal et le Burundi, la radio internationale Hit Radio, dont le siège est implanté à Rabat, la capitale du Maroc, vient de décrocher deux nouvelles licences de diffusion au Burkina Faso et au Togo. Chaque fois, c’est le même scénario qui se reproduit : offrir un programme varié aux jeunes. L’ascension de la radio internationale Hit Radio ne fait que commencer, à en croire son président Younes Boumehdi. La radio libre 100% hits, dont le siège se trouve dans la capitale du Maroc, à Rabat, vient de décrocher deux nouvelles licences de diffusion : au Burkina Faso et au Togo. Une nouvelle avancée pour cette radio qui a entrepris, depuis quelques temps, son développement en Afrique subsaharienne. «Chaque licence décrochée équivaut à une nouvelle naissance de Hit Radio», confie son président Younes Boumehdi. L’idée d’offrir un programme radiophonique à un nouveau public lui Janvier-Février 2014 - AFRICA news

radios intéressantes en Afrique, mais peu d’entre elles s’intéressent aux jeunes», déplore-t-il. Une situation qui s’explique notamment par le fait que «beaucoup de radios conventionnelles existent sur le marchés, contre très peu de radios privées». C’est donc vers des pays africains où la «diversité manque dans le paysage radiophonique que l’on se dirige», complète-t-il. A ce propos, combien d’auditeurs comptent au total Hit Radio ? Younes Boumehdi assure qu’il n’est «malheureusement pas encore possible de mesurer l’audience comme c’est le cas au Maroc» qui compte quotidiennement 1 400 000 auditeurs (+400 000 via le web). Toutefois, «on a beaucoup de retour via les réseaux sociaux. Les auditeurs sont nombreux à réagir et à exprimer leur joie à l’idée de pouvoir écouter une radio jeune», assure le président de Hit Radio. procure une «montée d’adrénaline». Décrocher une licence n’est que la première étape d’une implantation dans un nouveau pays. Reste encore à attendre la fréquence disponible, négocier avec les opérateurs locaux et identifier un site de diffusion. Tant d’étapes qui peuvent durer en moyenne six mois. Mais ce n’est, semble-t-il, pas ce qui peut décourager le fondateur de la première radio libre au Maroc. «Le fait de pouvoir mettre en avant la culture locale d’un pays nous encourage à s’armer de patience. Et puis, il faut bien l’avouer, on aime se compliquer la tâche dans l’espoir d’être encore plus proches des auditeurs de chaque pays», lance-t-il.

L’Afrique en manque de radios privées La jeunesse reste le fer de lance de cette radio. Younes Boumehdi le rappelle d’ailleurs en affirmant que c’est «la jeunesse qui nous pousse à nous développer davantage». «Il existe de nombreuses

Un développement à 0 communication Younes Boumehdi tient à préserver son côté «humble», comme il dit, en refusant d’organiser des campagnes de communication dans les pays où sa radio est implantée. «On préfère laisser le bouche à oreille faire le job». Présent par ailleurs en Belgique et à Monaco, Hit Radio entend continuer son développement en Afrique subsaharienne. Et ce n’est pas les conflits qui empêcheront ce patron et son équipe de continuer leur aventure. Alors que plusieurs radios ont cessé d’émettre en Centrafrique, suite au coup d’Etat contre François Bozizé et au conflit ethnico-religieux qui a suivi, Hit Radio avait décidé de continuer à y diffuser. «On se devait d’être présent au côté de la jeunesse centrafricaine. Seul point d’honneur que nous nous sommes engagés à respecter : la neutralité», conclut Younes Boumehdi. ■

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Le modèle de l’incubateur, APUI de Douai-France au Maroc L’innovation et la création d’entreprises jouent un rôle fondamental dans la création de richesses et, donc, dans le développement socio-économique dans l’économie mondialisée. Celle-ci est entrée avec le développement des réseaux informatisés dans l’ère des systèmes d’innovation ouverte.

■ L

’innovation ouverte est un modèle de coopération par lequel différents partenaires se mettent en réseau pour faire de la R&D, de l’innovation ensemble et, donc, pour créer de la valeur collectivement. Dans une économie mondialisée, ces processus d’innovation collaboratifs sont par essence internationaux, «transfrontaliers». Pour des économies émergentes comme le Maroc, ces systèmes d’innovation ouverte représentent une opportunité considérable de développement et d’innovation. Les centres de recherche et les universités marocaines, ainsi que les grands groupes industriels l’ont déjà très bien compris. Ils participent

POLITIQUE

ÉCONOMIE

SOCIÉTÉ

ÉDUCATION

SANTÉ

URBANISATION

TÉLÉCOMMUNICATIONS

DIPLOMATIE

ENVIRONNEMENT

TRANSPORT

COOPÉRATION INTERNATIONALE

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PUI est l’incubateur technologique de l’Ecole A des Mines de Douai qui est une des premières écoles d’ingénieurs française. L’Ecole des Mines de DOUAI est une école d’ingénieur sous tutelle du Ministère de l’industrie. Ses principales missions sont la formation initiale et la formation continue diplômante d’ingénieurs généralistes et d’ingénieurs spécialistes (250 ingénieurs diplômés chaque année), la recherche finalisée (3 unités de recherche regroupant, 5 départements d’enseignement et de recherche, quelques 158 chercheurs) et la diffusion des connaissances scientifiques et techniques, la création d’activités. Avec son incubateur APUI et sa filière entrepreneur, l’Ecole accueille des porteurs de projet dans le but de structurer leur idée vers une valorisation. L’incubateur accompagne principalement des projets dans le domaine des écoindustries. Depuis 2003, 83 projets ont été admis en incubation et 48 entreprises créées. Avec son incubateur, l’Ecole des Mines de Douai participe activement au développement économique régional. ■

activement à de tels réseaux, notamment via les programmes européens. Les politiques et les programmes de l’Union Européenne en matière de R&D et d’innovation sont l’illustration parfaite de la philosophie de la coopération en réseau et des stratégies de recherche et d’innovation ouverte. Il est donc essentiel que les organisations marocaines y participent, comme au programme-cadre «HORIZON 2020». Et cela ne doit pas concerner uniquement les universités et les grands industriels. Les PME et les créateurs de nouveaux concepts et entreprises doivent y participer pleinement. Plus avant encore, un effet attendu de l’insertion du Maroc dans ses grands réseaux mondiaux d’innovation ouverte est justement la stimulation et le soutien à une montée en puissance de la création d’entreprises nouvelles dans des secteurs en forte croissance et dans des domaines technologiques clés. L’objectif est donc de faciliter la participation de créateurs d’entreprises marocaines dans les systèmes d’innovation mondialisés. L’intégration de la valeur ajoutée de l’ouverture et de la coopération internationale dans les processus de création d’entreprises devient par conséquent incontournable, pour étendre les marchés, développer de nouveaux produits et services, etc. Mais elle représente également des défis importants et particulièrement complexes. En effet, elle implique des inter-médiations interculturelles, des interfaces organisationnelles particulièrement complexes et de nouvelles capacités managériales pour le créateur et ses collaborateurs. Développer des partenariats et des alliances internationales requièrent du temps et des processus d’apprentissage par essais-erreurs consommateurs d’énergie et de ressources. Dans les pays européens, les incubateurs ont développé des stratégies spécifiques pour permettre à leurs entrepreneurs incubés d’intégrer cette valeur ajoutée essentielle à présent. Pour ce faire, ils ont créés entre eux des réseaux internationaux. Par exemple, le réseau EBN – European Business Network met en réseau les incubateurs européens et les interconnectent avec les autres continents. Ce réseau développe une stratégie spécifique AFRICA news - Janvier-Février 2014


dans l’aire euro-méditerranéenne. Et, ensuite, les incubateurs européens développent à leur échelle des stratégies propres pour que leurs incubés puissent développer des alliances, des partenariats stratégiques internationaux et concrétiser leurs ancrages sur des marchés étrangers. Les créateurs ou start-ups

Métha Europe 2014 à EVER 2014 Monaco

e réseau des incubateurs des Écoles des Mines organise un concours d’appel à projets, doté L d’une valeur de plus de 85 000 euros, le concours Métha Europe 2014. Une pré-sélection sera effectuée par un jury composé des membres organisateurs. Les finalistes sélectionnés présenteront leurs projets devant un jury d’experts et d’investisseurs le 26 mars à Monaco. La finale et la remise des prix des lauréats auront lieu pendant le Forum d’EVER MONACO 2014 au Grimaldi Forum du 25 au 27 mars 2014. Le concours portera sur les catégories suivantes : • une catégorie «créativité» : destinée à récompenser une idée ou un concept innovant; • une catégorie «création par domaine» (ENR et transport) : pour les projets dont les premières preuves du concept ont été réalisées, existence d’un premier Business Plan; • une catégorie «développement par domaine» (ENR et transport) : pour les entreprises de moins de 3 ans. L’événement EVER 2014 sur les Énergies Renouvelables & les Véhicules Écologiques permettra aux dirigeants de grands groupes, aux scientifiques, aux décideurs, aux associations, aux universitaires venus de nombreux pays et aux étudiants des grandes écoles françaises, d’intervenir et de débattre dans le centre de congrès de Monaco, propice aux échanges internationaux, du 25 au 27 mars 2014. Les débats porteront sur la transition énergétique et son impact, les enjeux de l’efficacité énergétique, les solutions d’avenir pour le stockage de l’électricité, les villes intelligentes (smart cities) et leurs énergies. Du côté de la mobilité seront évoqués l’essor et l’avenir des véhicules propres. ■ Janvier-Février 2014 - AFRICA news

marocaines peuvent-ils bénéficier de ces stratégies d’alliances internationales avec leurs équivalents européens ? Comment le Maroc peut-il bénéficier de manière globale de telles stratégies ? Les exemples sont encore très limités; cependant, des premières expériences ont pu déjà être lancées. Ainsi, un exemple remarquable est celui de l’incubateur APUI de l’Ecole des Mines de Douai. APUI est un incubateur technologique spécialisé dans les technologies du développement durable, de l’environnement et des énergies renouvelables. Patrick Tiberghien, son Directeur, est clair sur les objectifs de sa stratégie internationale : «Par le développement de partenariats internationaux, notre but est d’offrir à nos incubés des voies d’accès privilégiées aux marchés mondiaux. Dans ce contexte, pour nous, le Maroc est un élément essentiel car il représente un hub vers l’Afrique. En aidant nos incubés à y développer des partenariats, c’est l’accès au continent africain qui est visé». APUI s’est toujours intéressé au Maroc, mais c’est depuis 2010 que l’incubateur a développé des actions concrètes de grande envergure sur le marché marocain. Il est ainsi entré en partenariat avec l’Université Hassan 1er de Settat. Ce partenariat a conduit à la création d’un incubateur à Khouribga, Marobtikar, avec d’autres partenaires comme la Fondation OCP ou l’AFEM entre autres. Patrick Tiberghien avertit : «Même si nous avons réussi cette première opération, il faut être réaliste. Ces opérations demandent beaucoup de temps, d’énergie et de ressources. Ensuite, créer de nouvelles structures de coopération ne suffit pas. Il faut animer les partenariats et apporter des services de soutien concrets aux entrepreneurs qui veulent entrer en coopération internationale». Ainsi, APUI a développé un système global d’intervention qui s’appuie sur des ressources internes formées à la coopération internationale, des points d’appui au Maroc, et des expertises spécialisées externes. Et Patrick Tiberghien d’ajouter : «C’est pour ces raisons que le soutien de fonds nationaux et internationaux est indispensable. A ce niveau, nous avons pu avoir des premiers succès, avec des projets acceptés par le Fonds FARO pour le financement de démarches d’exploration de start-ups françaises dans les pays du sud de la Méditerranée». APUI est donc au début de son processus d’internationalisation des processus d’accompagnement de ses incubés. Cependant, les premiers succès arrivent. Ainsi de la société STATION ENERGY qui offre une solution innovante d’accès à l’énergie et aux services de base pour les populations rurales d’Afrique subsaharienne : énergie, communication, chaîne du froid, services financiers. STATION ENERGY est présent d’ores et déjà au Sénégal, aux Comores, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. ■

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Une mise sous la tutelle nécessaire La plus part des musées du Maroc ont été créés sous le protectorat français. Le Maréchal Lyautey, y était pour beaucoup. Dans le contexte de l’époque, le souci des fondateurs de ces musée était l’urgence de trouver des lieux, souvent d’anciens riads ou Kasbah de la noblesse marocaine, pour y est exposer des collections d’objets représentatifs des arts décoratifs (Dar Si Saïd à Marrakech, Palais Batha à Fès ou les Oudaya à Rabat).

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FONDATION NATIONALE DES MUSÉES

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■ A

près l’indépendance du Maroc, la culture est restée longtemps le parent pauvre de l’administration marocaine. Il y avait certes par ailleurs d’autres priorités. Mais la création de nouveaux musées était restée, domaine négligé. Posséder des musées n’est ni un luxe, ni une histoire de riches. C’est de la question de l’identité culturelle qu’il s’agit. Aussi, la création de la Fondation Nationale des Musées marque une nouvelle étape dans l’ordre naturel des choses. Il fallait doter le Maroc d’un organisme qui aurait une stature et force juridique, scientifique et financière, lui permettant de mettre en application une feuille de route qui rehausserait le niveau des musées existants et qui en créerait de nouveaux et ce au bénéfice du rayonnement du patrimoine marocain. Il y a tant de collections d’objets d’art marocain qui n’attendent que d’être mises en valeur. Il est inadmissible que de tels joyaux de l’art marocain périssent dans les caves. Avec la création de la fondation nationale des Musées du Maroc, Le Roi Mohammed VI

lance une nouvelle dynamique pour une meilleure sauvegarde et rayonnement du patrimoine du royaume. Ainsi le ministère marocain de la Culture vient de confier l’administration, la gestion et la préservation de 14 musées à la Fondation nationale des musées, créée en 2011 et présidée par l’artiste peintre Mehdi Qotbi. La décision du ministère porte essentiellement sur le transfert des collections muséales. Si la fondation manque d’expérience et de compétences dans le domaine des musées, son directeur général rassure que des accords ont déjà été signés avec des partenaires, pour la formation des muséologues, des restaurateurs, des experts et des gestionnaires d’œuvres d’art. Mehdi Qotbi précise que «l’autre chantier crucial dans l’action de la fondation est celui de l’appropriation par les Marocains de ces lieux d’histoire et d’apprentissage que sont les musées». Rendre les musées accessibles à tout le monde reste le principal challenge de la fondation. ■

Musées Musée ethnographique de Chefchaouen Musée Dar Si Saïd de Marrakech Musée archéologique de Tétouan Musée ethnographique Bab Okla de Tétouan Musée de la Kasbah de Tanger Musée national des arts sahariens de Laâyoune Musée Batha de Fès Musée Dar Jamaï de Meknès Musée Borj Belqari de Meknès Musée national de la poterie de Safi Musée Dar El Bacha de Marrakech Musée des Oudayas de Rabat Musée archéologique de Rabat Musée national des arts modernes de Rabat AFRICA news - Janvier-Février 2014


Africa news jan fév 2014 web  

Magazine de l'Afrique, du Tourisme et de la Diplomatie Titres : - La guerre des religions aura-t'elle lieu en Afrique ?

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