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BOOK Mounir Allaoui


EXPOSITIONS-FESTIVALS : • 2013/ (janvier) exposition VIDEO GAMES, Institut français Analakely (Madagascar)/ (juin) création vidéo du spectacle mis en scène par Soeuf Elbadawi «Un Dhikri pour nos morts», Théâtre le Tarmac (Paris, France)/ (octobre) Self-discipline and Speculation, The third Beijing Film Academy New Media arts triennal exhibition (Beijing, Chine) • 2012/ «Un Dhikri pour nos morts» : exposition et création vidéo du spectacle mis en scène par Soeuf Elbadawi à l’espace artistique Confluences (Paris, France)/ (mars) Cinéma 61, projection de la vidéo Moroni, présentation et programmation de Jean-Michel Frodon (Paris, France)/ (juin) Le grand mariage/documentaire d’une fiction (co-réalisation avec Myriam Omar Awadi) projeté lors du FACC (premier Festival d’Art Contemporain des Comores)/ (octobre) Cinéma 61, projection de la vidéo Mhaza Kungumanga, présentation et programmation de Jean-Michel Frodon (Paris, France), participation au CIFF (Comoros International Film Festival à Moroni, Comores) • 2011/ (décembre) Exposition «croisée» lors du festival Liberté Métisse à St Denis (La Réunion)/ (novembre) Création vidéo pour la pièce de thèatre «Un Dhikri pour nos mort», mise en scène par Soeuf Elbadawi : St Leu, le séchoir (La Réunion), Le Port, thèatre sous les arbres (La Réunion), Saint-André, salle guy alphonsine (La Réunion) • 2010/ (décembre) Exposition «Et le sexe bordel?», à la galerie Béatrice Binoche (St Denis, La Réunion) • 2009/ Biennale ADCNI (Le Port, La Réunion)/Exposition d’art contemporain «Latitudes - Terres du Monde», Pavillon de la Ville de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe), Musée d’art contemporain de Panama City (Panama), Xe Biennale de La Havane (Cuba) • 2008/ Exposition d’art contemporain «Latitudes - Terres du Monde», Centre culturel Tjibaou (Nouméa, Nouvelle-Calédonie) • 2007/ Exposition d’art contemporain «Latitudes - Terres du Monde», Hôtel de Ville de Paris (France) • 2006/ Exposition «Esprit de corps», Artothèque de Saint-Denis (La Réunion)/Projection de la vidéo Hors/Diego Garcia, Festival international du Film insulaire (île de Groix, France)/ Festival Kisisa Kreol (Marseille, France)/Projection de la vidéo Mhaza Kungumanga, Festival International du Film d’Afrique et des îles (Le Port, La Réunion), • 2005/ Projection de la vidéo Hors/Diego Garcia, autour du thème des réfugiés des îles Chagos, Festival International du Film d’Afrique et des îles (Le Port, La Réunion)/Exposition «Terres volées» sur les réfugiés des îles Chagos, à la Médiathèque Benoîte Boulard (Le Port, La Réunion) • 2004/ Vidéos projetées dans le cadre du programme Boucles d’Or (transat vidéo), au Fonds Régional d’Art Contemporain (FRAC) de Basse-Normandie, (Caen, France) • 2003/ Exposition d’Art contemporain ‘Latitudes 2003-Terres de l’océan Indien», Hôtel de Ville de Paris (France)

adresse : Mounir Allaoui 50 rue des Anémones, Appt 1 97490 St Clotilde (Ile de la Réunion)

contact : mounir.allaoui@voila.fr tel : 00262 692 53 84 03


RESIDENCES : • 2011/ (septembre) Lauréat d’une résidence d’artiste dans un des centres culturels de rencontre européen (ACCR), le château de La Borie, dans le cadre du commissariat pour l’année à l’outremer (Limousin, France)/ (décembre) Résidence «croisée», FRAC Réunion (île de La Réunion) ACQUISITIONS D’OEUVRES : • 2010/ Hors/Diego Garcia, collection de la ville de Saint Pierre (La Réunion)

PUBLICATIONS-REVUES-JOURNAUX-DVD : • 2013/ Publication du recueil de textes : Incidences de l’image ( ISBN-10: 2919070274), chez l’éditeur LettMotif • 2013/ Article pour le second numéro papier de la revue Spectres du cinéma ISBN-13: 9782919070817 • 2012-2013/ Coordinateur de l’édition papier des numéros 1, 2, 3 et 4 de la revue Mondes du cinéma, éditions LettMotif. http://www.editions-lettmotif.com/collection/7/Mondes%20 du%20cinema (ISBN : 978-2-919070-97-8, EAN : 9782919070978, ISSN 2260-1783) • 2012/ Deux réalisations vidéo (Hors/Diego Garcia; Moroni) éditées dans le DVD Tribune vidéo http:// tribunevideo.net/ • 2010/ Fondateur et coordinateur de la rédaction de la revue internet «Mondes du cinéma» en partenariat avec la plateforme de recherche «Science et Art» de l’Ecole Supérieure d’Art de la Réunion • 2008/ participation à la création d’une revue de cinéma en ligne et papier –Spectres du cinéma. http://spectresducinema.org/ (ISSN 1968-357X ), édition papier (numéro 1) : ISBN-10: 2919070282; Membre de la rédaction depuis 2008/écriture de critiques de cinéma dans le quotidien réunionnais Témoignages. • 2007/ traduction de contes comoriens en français, pour le recueil de contes de Madagascar et des Comores de Natsuki Kawasaki, Madagascar no Minwa (マダガスカルの民話  # ISBN-10: 4846004392# ISBN-13: 978-4846004392) • 2000 à 2005/ écriture de critiques de cinéma pour La Gazette des Comores. JURY/COMMISSION : • 2013/ (avril, août et novembre) Participation à la commission technique de sélection artistique (CNC, Région Réunion) de projets de films, Agence Film Réunion (http://www.agencefilmreunion.com/agence.html)


COMMUNICATIONS (SEMINAIRES-COLLOQUES-CONFERENCES) : • 2012/(novembre) Colloque international : Culture(s), création, identités et représentations : un regard anthropologique pluriel, dans le cadre du partenariat Ecole Supérieure d’Art de La Réunion, Institut de Recherche sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique (ILCAA) de l’Université Nationale des études étrangères de Tokyo, Université de La Réunion (La Réunion)/ (octobre) Conférence hommage à l’artiste/cinéaste Chris Marker, Ecole Supérieure d’Art de la Réunion/ Festival International du Film d’Afrique et des îles (Le Port, La Réunion) • 2010/ (décembre) Colloque international sur La tradition des textes des Mille et une Nuits「アラビ アンナイトのテクスト伝承」au Musée National d’ethnologie「国立民族学博物館」, (Osaka, Japon). Communication portant «Sur les relations entre les contes comoriens et Les Mille et une Nuits» et projection, présentation d’une vidéo réalisée aux Comores, sans titre, autour de la narration, de la voix et du visage d’enfants conteurs. • 2010/ (mars) workshop/séminaire pour présenter les résultats de plusieurs missions à l’Institut de Recherche sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique (ILCAA) sur le thème des contes comoriens, Université nationale des études Étrangères de Tokyo (Japon). • 2009/ (mars) workshop/séminaire autour du thème des «Mille et une Nuits» 「アラビアンナイトの形成過程とオリエンタリズム的文学空間創出メカニズムの解明」 Projection et communication autour de la vidéo «Mhaza Kungumanga» dans le cadre de l’Institut de Recherche sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique (ILCAA) à l’Université nationale des études Étrangères de Tokyo (Japon). COORDINATION d’expositions et événements artistiques : • 2013/(Décembre) «Form of quality and media space», exposition solo au Palais du peuple à Moroni (Comores) du Professeur Liu Xuguang, vice-directeur du département fine art de la Beijing Film Academy (partenariat Université des Comores/Beijing Film Academy).


propos sur

quelques uns de mes travaux Moroni musique de Richard George

(2002, 3 min environ)

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Jusqu’à présent, j’ai tenté d’apprendre à procéder sans idée prédéfinie, sans chercher à trouver un sens hors de l’événement, du phénomène que je filme. Aux Comores, pour la vidéo « Moroni », je désirais prendre les choses comme si elles apparaissaient, je n’attendais rien de particulier de la réalité. Je tentais juste d’être plus présent, faire l’image avant son idée. Une citation de Hou-Hsiao-Hsien retranscrite par Philippe Tesson pour le catalogue du festival de La Rochelle (1988) pourrait peutêtre illustrer mes intentions : « Filmer ce n’est pas remettre en scène, reproduire une image, c’est attendre le moment, trouver le lieu (cadre, angle, prise de vue) où le monde, le réel, toujours déjà là, donne le sentiment de s’offrir à vous pour la première fois. Filmer, ce n’est pas jeter un œil sur les choses, mais l’inverse, c’est-à-dire répondre à la demande de regard du monde et la satisfaire en lui faisant le cadeau d’un plan. » Pour « Moroni », qui dure trois minutes, j’ai passé trois mois aux Comores. Et durant ces trois mois, j’ai filmé quasi constamment. En tenant compte du hasard, je m’éloignais, au fil des jours, de mes idées prédéfinies. J’errais, et pendant que je prenais mes images, des tensions d’ordre politique emplissaient l’atmosphère, occupant mes états d’âme : de jeunes habitants de Moroni manifestaient contre le pouvoir en place. Je n’ai pas voulu traiter de sujet politique. Je ne crois pas être capable de penser en termes de sujets à traiter, je n’ai pas cette rigueur. J’ai filmé des affrontements entre des jeunes de Moroni et l’armée du colonel, alors dictateur, Azali Atoumani. Cependant, je n’ai pas gardé ces images, car leur aspect renvoyait à des images dominantes et elles ne reflétaient pas ma perception intime des événements. Ces images d’affrontements étaient d’ordre spectaculaire. Et au moment où je les prenais, je les ai réellement perçues comme étant spectaculaires. Elles convenaient davantage à une diffusion télévisuelle, j’ai d’ailleurs failli les diffuser à la télévision locale. La seule image de ces troubles sociaux que j’ai gardée au montage est un feu de barricade qui apparaît comme un contrepoint à l’immobilité du reste de la vidéo. L’ensemble de la vidéo se déroule face au port de Moroni. Je ne me souviens pas avoir filmé toutes les images retenues au montage le même jour. Mais l’essentiel de ces images se situe à proximité ou au moment des manifestations. L’apparition en fondu enchaîné de la fumée et des flammes de la barricade en milieu de film divisent la vidéo en deux parties. Durant le film, un visage de femme sert de point d’ancrage.

»


Au travers de Diego (2004, 13 min environ)

Ville de Diego suarez, au nord de Madagascar. Errance et rencontres.


Mhaza Kungumanga musique de Richard George (2006, 16 min environ)

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Pareil ou presque pour Mounir Allaoui, un jeune vidéaste diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de la Réunion. Son écriture seulement portée par les corps, les voix et leur rapport à l'espace, déroute l'œil compatriote. Parfois programmé dans des installations, son travail le situe de facto dans une vision décalée du réel. "On a souvent une idée prédéfinie de ce à quoi ressemblent réellement les choses, confie-t-il. J'emploie ici le mot réel dans son usage commun. Le réel, dans le langage commun, c'est ce qu'il y' a de moins abstrait, de plus vrai, de plus concret. Il me semble pourtant évident que ce que l'on soumet souvent à ce terme n'est qu'une réalité dominante". Son film présenté au FIFAI 06, Mhaza Kungumanga, est un conte filmé à rebours, où il confronte le récit d'une conteuse, gardienne de la mémoire, avec la parole d'un homme politique, à la veille d'une élection présidentielle d'une manière totalement subjective, voire insoumise aux codes : "Ce qui se prétend œuvre d'art veut montrer un aspect du monde qui n'est pas évident […] Le regard que propose un travail à prétention artistique se veut hors norme, car il tente de proposer une vision. Montrer la norme, la dominante, revient à ne rien montrer, c'est ajouter un signe déjà parfaitement assimilé, et l'ajout d'un signe déjà parfaitement assimilé est nul". Un débat qui interpelle peu le public comorien, pris qu'il est dans l'étau des images de série B de ces années DVD. Résident à la Réunion, Mounir Allaoui reste un quasi inconnu aux yeux de ses compatriotes dont il se réclame à peine, n'étant pas lui-même très porté sur les discours d'appartenance communautaire.

»

Soeuf Elbadawi (Africultures)

http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&no=8080


Rêves errants co-réalisation et musique de Richard George (2003, 10 min environ)

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Pour un regard au plus près, être le plus proche possible du monde, c’est déterminer une temporalité qui est autre. Réévaluer l’espace au travers du temps (quelle que soit sa durée) est l’acte le plus fondamental de l’homme. Puisque l’histoire, ou événement, est le principe constitutif du cinéma, puisqu’il crée un espace-temps différent, il dois constamment l’interroger dans sa dimension temporelle. En effet le montage, qui est le seul élément propre au cinéma selon Jean-Luc Godard, n’est il pas rythme au sens musical? Ainsi, l’objet cinématographique est capable de plusieurs temporalités en même temps qu’il est capable de plusieurs significations.

»

Richard George (in, catalogue de l’exposition «Esprit de corps, rencontre du visible et de l’invisible» à l’Artothèque de st denis, île de la Réunion).


Nuit co-réalisation et musique de Richard George (2003, 20 min environ)

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Dans ce film vidéo (Nuit), Mathilde (le modèle, le personnage), est la seule présence humaine. Elle n’est pas un motif dominant. Sa position est centrale, tout s’organise autour d’elle, mais en termes quantitatifs, d’autres motifs appartenant au paysage urbain (lampadaires, voitures, immeubles) ont plus d’importance. Choisir des motifs et des couleurs est mon premier parti pris, la narration ne se constitue réellement qu’après, souvent durant le tournage, ou même au montage. Il s’agit généralement d’une narration intemporelle, comme des changements climatiques : il pleut, la nuit tombe. Pour « Nuit », en plus de la narration de base : la nuit tombe et s’écoule, on trouve un autre élément : une fille attend. On ne sait pas ce qu’elle attend. Ses états d’âme semblent noyés dans l’atmosphère de la nuit. Il est question de sensations, d’où l’importance de l’habillage sonore et du travail musical de Richard George. Mathilde qui s’est beaucoup ennuyée sur le tournage en se contentant d’une posture, celle d’attendre assise au pied d’un lampadaire, n’aime pas vraiment le résultat. Elle se demande pourquoi son personnage apparaît et réapparaît sans que cela ait un sens. L’idée que Richard George et moi avions du théâtre nô fût en fait le point de départ du projet. Nous avions une structure narrative calquée sur la structure des pièces de Zéami : un personnage rencontre un esprit (Mathilde) qui lui conte les événements qui l’ont conduit à la mort. Mais très vite durant le tournage, la dimension fantastique et l’importance du récit furent amoindris, seul le temps dilaté peut rappeler la référence originelle du projet. Cependant, j’ai tenté de faire en sorte que le personnage féminin garde un aspect fantomatique. L’échec de l’idée d’origine est dû à des décisions prises en fonction des lieux et des moyens. Il m’a très vite semblé difficile de joindre l’idée du théâtre nô à l’espace, aux motifs urbains que j’avais choisis. Ce qui déterminait mon projet était le choix du lieu : assez rapidement, le désir de garder mes idées de base m’a semblé vain. Mon envie d’utiliser un élément de folklore japonais s’est vite dissoue dans la consistance que je tentais d’apporter à mes motifs. Dans mon approche de la vidéo, c’est l’espace qui accueille le sujet et non le sujet qui initie le projet. Les motifs ne sont pas verbaux, mais matériels, car je travaille en prise de vue. Cette manière de percevoir le médium vidéo, au-delà des thèmes, est à l’origine de mes gestes, la raison de mes productions.

»


Hors/Diego Garcia musique de Dju’z (2006, 6 min environ)

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Davantage intéressé par la présence des corps, le son de la voix, l’inscription du personnage dans l’espace que par le témoignage lui-même, Mounir ALLAOUI réalise un travail vidéographique décalé du sujet documentaire. Il en va ainsi dans Mhaza Kungumanga, où l’artiste confronte le récit d’une conteuse comorienne avec la parole politique, à la veille des élections présidentielles aux Comores et dans Hors/Diego Garcia où il filme de manière subjective le discours, rôdé pour les médias, des réfugiés politiques des îles Chagos à l’île Maurice.

»

Régine Cuzin (in catalogue de l’exposition «Latitudes - Terres du Monde», éditions Ocea - www.latitudes-ocea.org) http://www.paris.fr/portail/politiques/Portal.lut?page_id=6942&document_type_ id=4&document_id=36218&portlet_id=15856&multileveldocument_sheet_id=8549


Sans titre musique de Richard George (2009, série, épisode 1, 12 min environ)

Cédric Mong-Hy : Est-ce que tu peux nous parler du film que tu es en train de préparer pour la Biennale ? Mounir Allaoui : J’ai toujours été intéressé par le fait de filmer quelqu’un au quotidien. Filmer une personne, sans chercher à créer une esthétique… Ce que j’ai tenté de faire, c’est de réduire l’intention artistique au minimum. J’ai demandé à une étudiante de l’École des Beaux-Arts de la Réunion, Mélanie Francœur, si je pouvais la filmer en train de travailler, de prendre des photos. Elle m’a donné son accord et nous avons commencé à nous donner des rendez-vous. Petit à petit, nous nous sommes vus en dehors des séances de photos qu’elle programmait : nous nous sommes rencontrés en ville, au musée, chez des amis… et je la filmais. Nous fixons nos rendez-vous sur Facebook, et pour davantage construire mon film, j’ai décidé d’intégrer, entre les différentes séquences du film, ces conversations électroniques qui mènent à la rencontre. Je laisse ainsi transparaître nos discussions. Par exemple, lorsque mon modèle m’interpelle, je lui réponds de derrière la caméra et cela fait partie du film. J’ai voulu travailler de manière à ne pas créer de situation. Forcément, il y a une esthétique, puisque je cadre, je monte. Mais je tente de rester très brut et de garder le rythme de vie, sans donner l’impression que je cherche à créer un dispositif. On rentre un peu dans le documentaire, mais ce qui ressort, c’est la relation entre le modèle et celui qui la filme. C. M. : Est-ce que ce n’est pas une forme savante de voyeurisme ? M. A. : Ce n’est pas du tout du voyeurisme, ou du moins, ce n’est pas plus voyeuriste que n’importe quelle autre scène filmée, et je casse le thème du voyeurisme à la base en faisant de mon personnage quelqu’un qui participe et qui prend des photos. Au départ, on voit Mélanie prendre des images, mais généralement, je ne filme pas ce qu’elle photographie, même si dans certaines situations, on la voit en train de regarder ses prises de vues dans le petit écran digital de son appareil photo. Je ne suis donc pas vraiment dans le voyeurisme, en tout cas ce n’est pas mon thème, puisque je suis en train de filmer une personne qui est dans le même acte que le mien. Il arrive aussi que mon modèle se tourne vers moi et me prenne en photo. Il y a donc un échange. Du fait que je fasse de mon personnage quelqu’un qui regarde, je n’en fais pas qu’un sujet de voyeurisme. Il est clair cependant que cela peut se rapprocher d’une esthétique assez récente qui est née avec la télé-réalité : ce désir de saisir les choses d’une manière brute. D’autant plus qu’avec les nouvelles caméras, le cinéma s’est démocratisé, ce n’est plus vraiment coûteux de réaliser un documentaire par exemple. Pour moi, l’important est de complètement désacraliser l’image et de faire apparaître au minimum le geste, l’intention artistique. Même si c’est assez illusoire…


tervieweurs. C. M. : Est-ce que ce film a un rapport avec le travail que tu as fait récemment sur les récoltes de contes comoriens, où précisément nous avons à faire à une parole sacrée ? M. A. : J’ai souvent évité de créer des situations. Quand je suis arrivé pour filmer ces récits de contes qui allaient mener à la réalisation d’une vidéo que j’ai intitulée « Mhaza Kungumanga », j’étais avec une amie japonaise. Nous étions donc sur le même lieu, mais pour deux projets différents. J’ai fait en sorte que l’attention des conteurs ne soit pas dirigée vers la caméra. Natsuki Kawasaki, mon amie, était là pour récolter ces contes qu’elle a publiés chez un éditeur japonais. C’est elle qui attirait l’attention, qui enregistrait le son et qui récoltait la parole. Et moi j’étais là, désaxé, et je filmais cette situation où Natsuki récoltait les contes. C. M. : Tu es un tiers, c’est comme si tu n’étais pas là. M. A. : Je fonctionne essentiellement comme cela. Dans beaucoup de mes travaux, je tente de me faire oublier. Par exemple, quand je suis allé filmer les réfugiés de l’archipel des Chagos, pour une vidéo intitulée « Hors/Diego Garcia », la situation était déjà là, elle avait été générée par l’École des Beaux-Arts de la Réunion et par le collectif des habitants des Chagos, qui avaient décidé de travailler ensemble. J’ai alors filmé, en retrait, des gens qui parlaient et racontaient leurs vies aux in-

C. M. : Tu es d’origine comorienne, tu es un admirateur du cinéma de Jean-Luc Godard, tu es fortement attiré par l’Asie, particulièrement par la Chine et le Japon, et tu vis et travailles à la Réunion. D’où vient ta façon de travailler ? De toutes ces influences en même temps ? M. A. : Quand j’étais étudiant aux Beaux-Arts de la Réunion, j’avais déjà un objectif assez fixe : je voulais faire de la vidéo comme on fait du cinéma, c’est-à-dire que je ne voulais pas tout à fait faire de la vidéo, mais produire des images vidéos qui ressemblent à des images cinématographiques. J’ai donc rarement été dans l’installation, j’ai rarement pensé mon travail comme adapté à un espace d’exposition d’art contemporain : je l’ai toujours pensé au travers d’un dispositif de projection cinématographique. Mon travail se regarde du début à la fin, c’est une narration. C’est très important pour moi, parce que dans un espace d’exposition classique, comme une galerie d’art, les vidéos passent généralement en boucle et il est rare qu’alors le spectateur arrive au début et parte à la fin du film. A mon avis, dans ce type d’espace, mes vidéos sont regardées très superficiellement, d’autant plus que l’obscurité de la salle de cinéma est absente, ce qui empêche l’immersion. Quand je suis arrivé aux Beaux-Arts, j’étais déjà très intéressé par le cinéma et j’avais des idées assez établies. Je me suis tout de suite dirigé vers la vidéo, mais j’ai aussi découvert beaucoup de


choses et cela m’a permis d’enrichir mon esthé- japonais, de la littérature à la peinture. On peut tique. dire que le mononoaware, c’est la rencontre d’un moment, d’un paysage souvent éphémère, et de C. M. : D’où vient cette esthétique pour sa plus l’esprit humain. L’exemple le plus populaire, c’est grande part ? Car, dans tes films, on sent diverses l’esthétisation à l’extrême de la chute des sakura, influences, celle des gros plans d’Eisenstein, celle les fleurs de cerisiers. Ce que j’ai tenté d’atteinde Godard, celle des estampes d’Hokusaï… dre, c’est cet esprit très traditionnel, traditionnel en Asie, traditionnel dans des arts autres que le M. A. : Je dirais qu’en dehors du cinéma, il y a cinéma. Généralement, on ne classe pas mes des formes qui m’ont beaucoup marqué et que films dans une forme traditionnelle de vidéo ou de j’ai utilisées très consciemment. Dans mes pre- cinéma, mais pour ma part, lorsque je pense mon mières vidéos, je pensais beaucoup aux haïkus et travail, je me place dans la lignée d’une longue aux compositions des estampes japonaises… tradition plutôt que dans celle de l’avant-garde. Je n’ai jamais eu l’impression d’être en rupture avec C. M. : …tu voulais faire des haïkus visuels… quoi que ce soit. Et la tradition qui m’a ainsi le plus marqué, c’est la tradition extrême-orientale, qu’elM. A. : …voilà, des haïkus visuels, et des images le soit chinoise ou japonaise, la seconde étant liée composées à la manière des estampes. à la première… C. M. : C’est un métissage que tu as intégré très C. M. : …et la tradition chinoise étant liée à la travolontairement. dition indienne… M. A. : Au fur et à mesure, je m’en suis éloigné, M. A. : …oui, à partir des pensées bouddhistes… mais à mes débuts, cette influence de la poésie Mon ambition serait de m’inscrire dans cette trajaponaise était directe. dition plusieurs fois millénaire. Ensuite, j’ai découvert un concept japonais, le mononoaware, qui traverse toute l’histoire de l’art Propos recueillis par Cédric Mong-Hy. http://www.artsactuelsreunion.com/Portrait-de-Mounir-Allaoui


«

Vu le triptyque « Mélanie ». Sur grand écran, dans le confort de mon salon.

Tout d’abord. Avant tout : Mélanie est belle. Elle fait de belles photos. Elle a une belle photographie. Et en joue, sciemment, même si elle refuse le regard photographique, même si elle avoue ne pas vouloir être filmée. De toute manière, elle ne peut éluder la concurrence. Elle ne peut que se faire valoir, faire valoir son art, sa pratique face à celle de l’objectif qui la scrute, qui la saisit aux réverbérations blafardes de l’écran LCD de son appareil photographique. Elle sait que tout se déroule dans un rapport de force avec la caméra : elle zoome, dézoome, fait montre de sa puissance en sortant et en rentrant son téléobjectif. T’en as pas un aussi grand? Et toi, tu le sais que les dés sont pipés. C’est Mélanie qui dirige la danse, une chorégraphie que tu ne saisis qu’à travers elle, qu’à la condition de sa présence en ton cadre, son amorce en premier plan. Ou alors, en présumant ce qu’elle voit ; en montrant ce qu’elle te montre, ce qui, par ces inserts sur son petit écran, correspond à voir ce qu’elle a vu. Ce n’est pas pour rien qu’elle te traite, rigolarde, braquant son objectif sur toi, d’esclavagiste, d’exploiteur. Mais c’est une duperie. Mélanie a le pouvoir, elle a l’image. A soi, en soi et pour soi, comme dirait l’autre. Et c’est toi, l’exploité. Comme tu le pressens, comme tu te l’avoues. Ce que j’aime bien dans ton film, c’est le vertige et ce hasard que tu t’ingénies à si bien maîtriser. Un vertige de se perdre dans une confusion imagière. On ne sait plus quoi regarder : Mélanie ? Ce qu’elle voit ? Ce que tu en montres ? Ce qu’il est contingent de voir dans ce que ton appareil capture ? J’aime beaucoup cette perte de soi, de la vue, de ce qu’il faut voir. Toujours dans une contextualité qui s’échappe (on est où ? Sur un toit, dans une salle de danse…) mais qui ne laisse pas s’échapper le petit oiseau. Mélanie est servie par une belle photographie. La concordance est intéressante. Tu réalises un tel travail de photographie sur une photographe. De plus d’imaginer ce qui nous échappe, c’est-à-dire un œil dans un viseur qui filme un œil dans un viseur qui…, on pressent que cette mise en abyme structure l’évolution du court-métrage, détermine les rapports entre ce qui est filmé et cette force qui filme. Moi, ça m’a beaucoup plu. J’ai trouvé de nombreuses perspectives à découvrir et à explorer à partir de cette expérience.

»

Lorin Louis, (in, le forum des spectres du cinéma) http://spectresducinema.1fr1.net/forum.htm


Achikochi musique de Richard George (2010, 30 min environ)

Marches et rencontres dans Tokyo. Première partie : Errance dans le quartier des plaisirs de Tokyo (Kabukicho), avec une cinéphile fréquentant le milieu de la prostitution, Mariya, et son ami acteur d’AV (aldult video), Taito Tsukino. Deuxième partie : Pélérinage cinéphilique avec Miyuki Kobayashi, visites de cinémas diffusant des films érotiques (roman gekijo, cineroman ikebukuro), et prières devant les tombes de deux grands réalisateurs, Tomu Uchida et Yasujiro Ozu.


Tissage de la main/optique volume de Jean Claude Jolet installation vidĂŠo/volume (2011)


Il se trouve que je serai aux Comores du 3 au 14 novembre. On a pensé avec Jean Claude, faire un parallèle entre des pratiques de tissage aux Comores et le tissage du vacoa à la Réunion. Le territoire comorien intéresse Jean Claude depuis quelques temps apparemment. Je vais travailler sur un parallèle (produit par le montage) entre des gestes de tissage aux comores, et celui des tisseuses ici. Ce n'est qu'une partie du projet, cette histoire de gestes. Avec Jean Claude nous allons déterminer les formes des objets que nous allons faire tisser, et aussi la mise en espace du travail de tissage. Je penserai ensuite de mon côté aux éléments produisant un écart entre ce monde traditionnel, du geste artisanal, et autre chose... un produit de la culture populaire mondiale, l'imaginaire technologique, ou manga, kitsch, qui arrive, parasite, crée une rupture.


Deux contes comoriens (2010) musique de Richard George (6 min environ)


L'anthropologie n'étant pas mon domaine, je peux peut-être me permettre de dire des généralités. Du moins je peux peut être me permettre de vous donner des impressions qui me sont venues récemment à propos du travail dit d'anthropologie. Il y a trois jours je regardais, dans la chambre de mon hôtel, une émission à propos du succès de "Okuribito" aux Oscars. En regardant les images montrant le principal protagoniste du film embaumant des défunts, une idée m'est venu, l'idée qu'il s'agissait là par certains aspects d'un travail proche de celui d'un anthropologue ou ethnologue. Il arrive peut-être souvent dans le travail d'anthropologie, d'ethnologie de se trouver face à des traditions culturelles en déclins, dont on fixe la mémoire en embellissant, en rendant plus claires les lignes de leur corps parfois mourant, ou déjà mort, afin que les membres de la société puisse encore les contempler. C'est peut-être particulièrement le cas en ce qui concerne les aspects de la culture orale sur lesquelles je me suis penché. L'idée qui m'est venu par "Okuribito" me mena à une autre analogie qui me parut plus juste. Je pensais, pour en rester à des référents japonais, mais cette fois dans un domaine plus proche de celui qui nous intéresse ici… Je pensais à ce conte moyenâgeux à propos d'une princesse qui aimait les chenilles, je pensais aux pôles qui composent ce conte. En effet dans ce conte la princesse qui aimait les chenilles est opposée à celle qui collectionne les papillons. Tandis que la princesse qui aime les papillons fixe pour l'éternité la beauté éphémère de nombreux papillons dans une collection mortuaire, la princesse qui aimait les chenilles a contrario s'intéresse bien plus à la beauté à travers l'idée de métamorphose : la beauté du “devenir chrysalide puis papillon de la chenille.” La beauté qui plaît à la princesse qui aimait les chenilles n'est pas fixée dans le temps, elle est une forme insaisissable, une forme changeante.  Je m'attarde sur cette idée car il me semble que le conte oral fonctionne essentiellement sur ce mode, il est une forme en constant changement, la culture orale fonctionne sur la variation à l'infini d'histoires archétypales, il n’y a pas de référents fixés dont la beauté ferait autorité. Le conte est soumis à la psychologie et à la culture du conteur et aussi à l'évolution de sa société. Le conte à l'oral est en constant devenir. C'est là ce qui fait sa qualité, mais aussi sa fragilité face aux cultures modernes dominantes qui sont des cultures qui fixent les formes littéraires.    La volonté de conserver les contes oraux aux Comores est assez récente, cette politique est même réellement lisible  que depuis la création du CNDRS (centre national de documentation et de recherche scientifique) après l'indépendance, en 1979. Il s'agit donc plus d'une volonté scientifique, anthropologique que littéraire qui s'est penché en premier lieu sur le cas du conte oral. Aujourd’hui dans les grandes villes comoriennes en prise à la modernité certains craignent que ce ne soit sur le corps d'un mourant que se penche cette volonté de conservation. La chenille vivante devient-elle une collection de papillons morts? Je n'ai pas le désir, ni le pouvoir de répondre à cette question qui me semble exagérément alarmiste. Mais la formule me plaît.  Il sera souvent question dans cette communication, de "folklore" des Mille et Une Nuits. En effet la forme des contes change constamment à l'oral. Souvent selon l'humeur ou la culture du conteur, le conte subit de nombreuses transformations. On assiste souvent à des fusions entre diverses histoires ou alors à des changement de structure de la trame du récit. Les éléments les plus persistants restent alors les personnages ou motifs qui peuplent les contes des Mille et Une Nuits.

Ce texte est repris de l’introduction de la communication faite au séminaire « Autour du cycle des Mille et Une Nuits dans l'Océan indien » organisé à l’ILCAA le 6 mars 2009 sous le patronage du Centre de Resources Informatiques à l’ILCAA (l’Institut de Recherche sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique à l’Université Nationale des études Étrangères de Tokyo).


La Borie (2011) (durée 17 minutes,)

I. Mes cinq premiers jours dans le domaine La Borie-en-limousin m'ont fait écrire ceci : "Il est bien certain que les trois principaux personnages sont Moi, le Japon, et l'effet que ce pays me produit." Cette phrase de Pierre Loti est à appliquer à mon projet/séjour à La Borie. Choix d'un ton proche du journal intime. Images, propos recueillis sur la vie à La Borie au moment où j'y suis. Ce qui ressortira normalement c'est le projet en cours : la mise en chantier du "jardin de sons et lumières." Mais cette rencontre avec le projet qui canalise le plus l'énergie du site doit faire émerger,"naturellement", une histoire sous forme audio/visuelle. La vie, et le sens qui la gère à La borie doit sembler apparaître sans mise en place scénaristique trop visible. C'est le rythme de vie, le lieu où se place ma subjectivité, mon point de vue, qui doit diriger le sens et l'image, il ne s'agit donc pas de créer un rythme préprogrammé par un canevas, un scénario. Le système de l'interview pour faire poser les thèmes du projet, par exemple, est donc à éviter. La vidéo aura sans doute une structure déterminée par une forme proche du journal, de notes de séjour.

Mais qu'est ce qu'on entend et voit dans ce chantier?

1.Planification orale des maîtres d'oeuvre du projet (1er exemple, discussion de la paysagiste à table, le 31/08/2011. Cette discussion est à polir, rendre plus lisible, en soustrayant les informations qui semblent inutiles, où évoquent des éléments de la vie privé.) (Discussion entre les jardiniers dans le château, discussion à polir, rendre plus lisible)

2.Chantier en cours, machines, ouvriers/ cacophonie.

3. Visite du jardin après la conférence du 30/08/2011, la centaine d'invités parcoure le paysage, le coupe et le redessine par les lignes que forme leur nombre en mouvement dans l'espace du jardin. 4.Plan historique, le château, ce qu'il représente de son époque (filmer l'intérieur du château), + la politique culturelle de l'association qui occupe, fait vivre le château. Cette politique culturelle est lisible bien entendu dans le chantier, mais aussi par la musique qu'enregistre le label "la borie", la vidéo devra être baignée de cet univers classique/baroque... Et ce, par une rigueur formelle des plans, notamment.


II. Mes deux premières semaines à La Borie m’ont fait continuer ainsi : Je saisi les plans et les informations de manière éparse, cet éparpillement sera sans doute lisible dans le premier montage test que j’ai commencé le Vendredi 9. Une grande majorité des plans ont été tourné à l’intérieur du domaine. Il n y a pas de personnage qui puisse permettre une identification du spectateur pour le moment. Ce qui domine c’est la caméra comme regard subjectif du filmeur. L’envie, lors du montage d’une première version du film, me prend d’intégrer une voix off. Un exercice auquel je me suis rarement pris lors de mes productions précédentes. Je décide donc d’intégrer quelques haïku du moine ryokan. L’influence de la culture du paysage au japon semble évidemment influencer les choix des concepteurs du jardin. Il m’a suffit d’écouter Louis Dandrel, l’un des concepteurs du jardin, parler de ce pays, de ses jardins, aux effets esthétiques minimalistes, pour m’en convaincre. La goutte d’eau qui tombe et rythme l’univers sonore d’un jardin de Kyoto par exemple... Cet attention à l’espace microcosmique du jardin, ici en chantier, je tente aussi de le restituer dans ma vidéo. Des changements d’échelle, notamment du passage du monde d’un insecte sur une plante aux machines bruyantes du chantier. Plusieurs niveaux de réalité se superposent, la parole conceptuel des créateurs du projet de jardin, l’errance de mon oeil dans l’espace de La Borie. Mais entre mes premières intentions et l’état actuel du montage un fosset se creuse. Les paroles donnant à voir clairement le projet de jardin, passent au second plan, laissant place à la musique jazz, classique et aux sons du jardin. Ces paroles étant saisies «au vol» lors de contextes, de réunions spécifiques, ne permettent que de donner une idée flou de leurs liens avec l’espace que je filme et restitu au montage. D’ailleurs elles sont souvent «montées» en voix-off sur des images n’ayant pas de lien direct, «technique», avec elles. Bien qu’il s’agisse bien «de jardin» dont il est question en mots et à l’image. Les «personnages parlant» apparaissent sans être caractérisés, on ne connaît rien de leurs fonctions et ils ne sont pas filmés de face, de manière à faire comprendre que lorsqu’ils apparaissent dans le cadre c’est beaucoup plus leur présence «physique» que leurs mots au moment où ils les disent qui intéressent à l’image. La fonction d’un personnage n’est lisible que lorsqu’il agit dans le cadre, soit comme «ouvrier» ou comme jardinier.


Ainsi la partie historique, «château», du projet, tel que je l’avais formulé à mon arrivée à La Borie est inexistante dans ce montage. L’essentiel du travail se concentre sur le jardin. Un jardin qui sans le titre de la vidéo, serait difficile à identifier. On ne le voit jamais dans sa globalité, ni dans sa spécificité. A l’image seuls les travaux en cours lui donne une spécificité, un contexte particulier, «temporel». Les paroles de ses concepteurs tout en donnant des indices sur une possible spécificité, sont trop floues telles que je les fait apparaître, entendre dans l’image, pour qu’on puisse donner un contexte historique, social, clair à cet espace. Ce choix «esthétique» permet peut-être de faire gagner à l’espace que je restitue une forme d’intemporalité.


Quel est le nom de cet arbre? (2013)

musique Richard George, chanson interprétée par Sophie Bègue. (durée 20 minutes) Sophie est modèle et aussi chanteuse du groupe réunnionais Intense. Lors du filmage de cette vidéo consacrée à son visage, nous travaillions ensemble à la composition d’une chanson en japonais.


M’Pambé (2013)

musique Richard George (durée 4 minutes) Une fillette de 7 ans. Elle regarde la mer, mange dans la cuisine d’une vieille maison de la médina de Moroni. Elle ne vit pas chez sa famille, vient d’une autre île, mais a été «adoptée» en échange de son engagement dans des travaux ménagers.


cĂŠline, 28 ans, je danse (2013) musique Richard George (durĂŠe 13 minutes)


KOIF (2013) (durée 3 minutes) Une femme, Farida M’roivili, ou plusieurs, sur le premier, le deuxième ou/et le troisième plan de l’image, se coiffe.


REVUE DE PRESSE (journaux, web)


http://www.temoignages.re/spip.php?page=imprimer&id_article=16462 UNE EXPOSITION-RENCONTRE ENTRE 3 JEUNES ARTISTES Esprit de corps

mercredi 26 juillet 2006 Quand 3 jeunes artistes d’origines diverses, qui ont obtenu ensemble leur DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Études Plastiques) à l’École des Beaux-Arts de La Réunion où ils se sont rencontrés, unissent leur art pour un même projet, cela donne une exposition unique en son genre, où la vidéo, la photo, les compositions graphiques ou simplement les images se heurtent, se complètent ou se séduisent... Avec un sous-titre : “Rencontre du visible et de l’invisible”. Si le visible est... apparent, c’est au visiteur de s’emparer de l’invisible. Et les artistes Mounir Allaoui, Rohanne Gourouvin et Saïdi Mohamed invitent à cette découverte dans leur première recherche plastique. Première mais déjà complètement maîtrisée, tant les propositions sont des plongées dans l’imaginaire aussi bien des créateurs qu’un appel à celui des visiteurs. Un espace dédié aux jeunes créateurs Depuis 2001, au mois de juin de chaque année, l’Artothèque du Département accueille dans ses salles la “première” exposition d’un jeune créateur qui présente pour la première fois sa recherche plastique. Pour cette nouvelle édition, ce sont 3 jeunes artistes qui ont souhaité présenter ensemble leur toute première création. Tous trois se sont liés d’amitié, et bien que leur recherche formelle soit différente, une communion d’esprit les rassemble qui fait de cette exposition un ensemble cohérent et profond. Cet esprit de corps qui existe entre ces 3 jeunes artistes se double d’une unité dans le caractère essentiel qui préside à chacune de leur création aussi différente soit-elle. Leur démarche semble une quête spirituelle qui en fait les anime dans cette volonté de lier des couples opposés, le visible et l’invisible, le présent et l’absent. C’est dans ces contraires, dans ces intervalles, dans ces écarts que s’insinuent leurs créations. Et notre regard pour une révélation personnelle à découvrir. Dans les installations évanescentes de Saïdi, on perçoit très parfaitement cette volonté de donner un corps aux disparus, aux esprits, mais aussi à la parole et à l’histoire ; leur présence à peine palpable est rendue perceptible. De même, à travers sa vidéo, Mounir embrasse le temporel et l’intemporel en confrontant le discours d’un homme politique actuel à la voix d’une conteuse comorienne qui fait revivre une légende éternelle où s’unissent un monstre et son aimée. La parole donne ainsi corps à l’histoire et aux mythes ancestraux qui se trouvent associés aux promesses électorales très concrètes d’aujourd’hui. Enfin, Rohanne, sa rencontre sacralisée avec des objets de rebus le place dans une relation émotionnelle très forte qui redonne vie à ces choses perdues ou abandonnées en leur conférant une âme. Ces 3 propositions marquent une même volonté d’expression plastique qui évoquent en quelque sorte un mariage mystique, l’union du corps et de l’esprit, du matériel et du spirituel.


(...)


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5 jeux, une seule boĂŽte.

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http://www.cl2000.cn/photo_list.php?action_show/aid_591.html


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http://www.evene.fr/culture/agenda/festival-du-film-insulaire-11161.php?programme

http://www.evene.fr/culture/agenda/latitudes-20653.php


CITATIONS, ARTICLES, SYMPOSIUMS ET WORKSHOPS SCIENTIFIQUES Quelques uns de mes travaux vidéo sur les Comores, notamment Mhaza Kungumanga et Deux contes, m’ont amené à m’intérroger sur les cultures dites traditionnelles et l’oralité, puis la rencontre entre ces traditions et des formes «d’expressions modernes» dans le champ des arts visuels. La place de ces formes dans mon travail vidéo n’est pas fortuite, elle est le fruit d’un héritage culturel. Ma rencontre avec des chercheurs japonais de l’Institut de recherche sur les langues et cultures d’Asie et d’Afrique (ILCAA) à l’Université Nationale des études étrangères de Tokyo, m’a permis de développer ces questionnements, à l’origine plastiques, en les transférant dans un cadre scientifique lors de séminaires et colloques à Tokyo (ILCAA à l’Université des études étrangères de Tokyo), Osaka (Musée National d’ethnologie) et à la Réunion (Ecole Supérieure d’Art de la Réunion). Les voyages au Japon réalisés dans ce cadre m’ont aussi permis de développer mes recherches sur la culture visuelle de ce pays.

Dans l’article, ci-dessus, du Professeur Jun’ichi Oda (ILCAA) il est question de El Maarouf (un saint soufi) et de sa descendance, côté famille Allaoui. Le Professeur Oda que j’ai guidé sur le terrain comorien en plus de notre travail de recherche en commun y fait aussi mention de mon statut de vidéaste et de mon travail spécialisé sur le Japon, avec la revue Mondes du cinéma. Ces informations soulignent la nature interculturelle de nos échanges. Tout en étant tourné vers des connaissances et des esthétiques très imprégnées du Japon, mon travail reste très lié à mes origines comoriennes. Le Professeur Oda de son côté, bien que déscendant d’une famille de peintres classiques originaires de la ville de Kyoto ayant pratiqué le style dit du nihonga (style japonais), s’est tourné vers l’étude des cultures islamiques. Il m’a aussi aidé dans mes recherches sur le Japon, notamment en me permettant une rencontre qui a été décisif pour la création de la revue Mondes du cinéma, celle du cinéaste Toshio Matsumoto (entretien traduit en français par le Professeur Oda et dossier pour le numéro 2 de la revue). L’article page suivante est aussi signé Oda Jun’ichi, il y cite à plusieurs reprises le travail de recherche que j’ai effectué et présenté lors de séminaires à l’ILCAA. Il a été publié dans le cadre de la Japanese Society for Artificial Intelligence.


(...)

(...)

https://kaigi.org/jsai/webprogram/2013/pdf/86.pdf


Le Quotidien de la RĂŠunion 21/11/12


Ci-dessus animation du workshop sous le patronage du Centre de Ressources Informatiques à l’ILCAA (l’Institut de Recherche sur les Langues et Cultures d’Asie et d’Afrique à l’Université Nationale des études Étrangères de Tokyo). http://irc.aa.tufs.ac.jp/workshops/workshop_list.html Ci-dessous Colloque International au Musée National d’ethnologie (Osaka) (ma communication est intitulée : Sur les relations entre les contes comoriens et les Mille et une Nuits)


(...)

Colonne de droite : partie du groupe de recherche sur les Mille et une Nuits, Musée National d’ethnologie (Osaka). Sous la direction du Professeur Nishio Testuo (Directeur culturel du Musée National d’ethnologie.


http://research-er.jp/projects/kaken/view/18102001/

http://research-er.jp/projects/kaken/view/18102001/collaborators

traduction de la ligne ci-dessus : Mounir Allaoui, école des beaux-arts de la réunion, enseignant (2010) chercheur associé


Coordinations : expositions, revue de cinéma Je coordonne depuis 2010, la revue Mondes du cinéma. Cette revue très axée cinéma japonais et plus récemment cinéma du Maghreb est née sur internet dans un format webzine, elle est depuis avril 2012 publié au format papier et numérique par la maison d’édition Lettmotif, basée à Lille (France). J’ai aussi eu l’honneur de pratiquer la coordinnation d’exposition d’art contemporain avec la première exposition en Afrique de l’artiste chinois Liu Xuguang, professeur et vice-directeur du département fine art de la Beijing Film Academy


LISTE DES PRINCIPALES RÉALISATIONS 2000/ Au-delà de ma fenêtre 2001/ Itsandra 2002/ Rêves errants (co-réalisation Richard George) 2002/ Moroni 2003/ Nuit (co-réalisation Richard George) 2003/ Venise, carnet de voyage 2004/ Au travers de Diego 2005/ Hors/Diego Garcia 2005/ Mer et papier (ébauche) 2006/ Mhaza Kungumanga 2009/ Héritage (avec la classe de troisième E du collège Juliette Dodu) 2009/ Sans titre (série avec Mélanie Francoeur) 2010/ Achikochi 2010/ Sans titre (deux contes comoriens) 2011/ La Borie, jardin de sons et lumières 2011/ Tissage de la main/optique (installation vidéo et volume, co-réalisé avec Jean Claude Jolet) 2011/Création vidéo pour la pièce de théâtre de Soeuf Elbadawi Un dhikri pour nos morts 2012/ Le grand mariage/documentaire d’une fiction (co-réalisé avec Myriam Omar-Awadi) 2013/Quel est le nom de cet arbre? 2013/M’Pambé 2013/céline, 28 ans, je danse 2013/KOIF


catalogues : /Latitudes 2003, Terres de l’Océan Indien /Terres volées : exposition, École des beaux-arts, Le Port, île de La Réunion 2005 /Esprit de Corps, exposition artothèque de la Réunion, 2006 /FIFAI (Festival International du film d’Afrique et des îles), 2006 /Latitudes 2007 /Dixième biennale de la Havane, 2009 /Arts actuels La Réunion, Biennale ADCNI (catalogue édité en 2013)

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