Page 1


2

Archibat 29 / 6 - 2013


Archibat 29 / 6 - 2013

3


SOMMAIRE Archibat N°29

Revue maghrébine d'aménagement de l'espace et de la construction

14 09

Editorial Opinion libre Apprendre l’architecture, dix ans d’enseignement à l’Ecole d’Architecture de Tunis

10

Publi-reportage : Maison de star le design d’intérieur by

12

Chateau d’Ax

Actualité Le Prix Pritzker 2013 décerné à Toyo Ito Patrimoine, un siècle d’architecture à Mégrine

14 16

22

News Nationale Les ports puniques de Carthage, un patrimoine en danger de mort…

20

News Internationales

22

Architecture et lieux d’enseignement 42

L’enseignement en Tunisie au fil du temps

28

Normes et réglementation autour de la construction des établissements scolaires en Tunisie

32

Entretien avec Mohamed Bouraoui, architecte principal au Ministère de l’Enseignement Supérieur 33 La carte universitaire, un système complexe

34

Le lycée de Carthage, une référence d’ambiance

38

L’enfant dans l’espace, influence des facteurs environnementaux sur l’apprentissage

42

Quelques exemples de lieux d’enseignement en Tunisie - Lycée Dar Fadhal, La Soukra

46

- Ecole Internationale de Tunis

50

- ISET de Sidi Bouzid

54

- FSEG de Sousse

58

Archibat 29 / 6 - 2013

5


6

Archibat 29 / 6 - 2013


SOMMAIRE Quelques exemples du secteur privé - Lycée français Pierre Mendès France, Mutuelleville - Université Tunis Carthage, La Soukra

70 62 66

Quelques exemples à l’international - Université OCAD, Toronto - Lycée français Jean Mermoz, Dakar

DIPLÔME Une nouvelle vision du patrimoine, la Casbah de Sousse

CONCOURS

Lycée aux Berges du Lac II

70 72 78

80

PATRIMOINE

Palais de Skanès, un joyau du patrimoine tunisien

84

URBANISME

Stratégies de développement des villes, quels enseignements des expériences pilotes ?

92

INVITéE

Entretien avec Sémia Akrout Yaïche

TECHNIQUES & CONSTRUCTIONS

Le béton préfabriqué précontraint, évolution et performances

AILLEURS

Le nouveau visage de la Chine

MAISON

Quand l’habitat fait peau neuve

94

96

98

102

ART

Samir Makhlouf, se décaler pour se repositionner dans la réalité !

Photo

108

Abderrazak Khechine, zoom sur l’éternité

112

Livres et livraisons

116

84

Archibat 29 / 6 - 2013

7


8

Archibat 29 / 6 - 2013


ARCHIBAT Revue maghrébine à parution semestrielle, publiée par : ABC Architecture Bâtiment et Communcation, S A 19 Rue Abou Bakr Bekri, Imm. Luxor I, Br. M/2 - Montplaisir 1073 Tunis Tél. : 216 71 904 467 - 71 907 952 Fax : 216 71 902 485 E-mail : archibat.com@planet.tn

www.archibat.tn

Directrice de publication Amel SOUISSI TALBI Rédactrice en chef Alia ALLAL Adjointe rédaction Zeineb ENNEIFER BEN AYED

ÉDITORIAL Au début du XIX siècle et après des décennies de stagnation économique et sociale, les relations que la Tunisie a toujours entretenues avec l’Occident favorisent l’émergence des premiers réformateurs. Ils s’appellent Kabadou, Bayram, Bouhajeb, Kheireddine et prônent l’ouverture sur le monde, notamment par la création de nouvelles institutions d’enseignement où on inculquerait aux jeunes les langues étrangères et les sciences exactes. En 1840, est inaugurée l’Ecole militaire polytechnique du Bardo, suivra l’ouverture du Collège Sadiki, du lycée de la Rue du Pacha, du Lycée Alaoui, du Lycée de Carthage…Et même si médersas, kouttabs et universités religieuses continueront à dispenser leurs cours, les nouvelles structures détrônent quelque part par leur prestigieuse réputation d’ « écoles de l’élite », les vieilles institutions. Les modèles pédagogiques, inédits en terre

Ont collaboré à ce numéro : Adel Hidar Leila Sebai Mohamed Bouraoui Ismail Haddad Alia Sellami Bénédicte Genart Nesrine Awichawi Soumaya Gharsallah Sami Yassine Turki Olfa Belhassine Raouia Khedher

d’Islam, sont par ailleurs portés par des architectures modernes privilégiant le mouvement de leurs

Membres fondateurs Leïla AMMAR Ali DJERBI Amel SOUISSI TALBI Achraf BAHRI MEDDEB Morched CHABBI Denis LESAGE

de bâtir comme finalité absolue de ce métier », s’interroge Adel Hidar, architecte et ex enseignant

Responsable commerciale Nawel AYADI ALLANI

ticulière ayant été prêtée aux critères de la construction durable : économie d’énergie, isolation

Publicité Zouhaira TALBI REBAI Sabra DABOUSSI

usagers, leur bien être et l’hygiène des lieux. Des architectures, qui très vite deviennent, y compris dans l’Etat tunisien fraichement indépendant où l’éducation incarne un enjeu politique de taille, des repères dans la ville. Ce dossier sur « Architecture des lieux d’enseignement », que nous ouvrons pour la seconde fois dans l’itinéraire de notre revue veut évoquer une thématique, qui revient à l’ordre du jour en cette période de bouillonnement et de reconstruction survenue après la révolution du 14 janvier. Le moment se prête également à une évaluation. Avec une vingtaine de campus universitaires, qui couvrent tout le territoire tunisien du nord au sud, jusqu’où cette option privilégiant le quantitatif s’avère-t-elle efficiente ? Les architectes tunisiens réduisent-ils leur mission de « passion » à « l’acte à l’ENAU. Le long des trente dernières années, les disparités régionales n’ont pas été estompées par l’édification de pôles universitaires, qui loin de créer des synergies entre l’institution et son environnement ont au contraire révélé à quel point les économies locales étaient incapables d’intégrer les nouveaux diplômés. Certes, les concours ont dans plusieurs cas rehaussé la qualité des bâtiments. Une attention parthermique, utilisation de matériaux locaux. Mais c’est le développement d’universités et de lycées privés, ces dernières années, qui fait réellement évoluer les lieux d’enseignement vers des bâtiments qui intègrent des espaces de vie et d’épanouissement pour les usagers et qui répondent aux normes de luminosité, d’acoustique, de confort et de fonctionnalité adaptés à l’acte pédagogique.

Conception graphique Nadia CHIHAOUI JAZIRI

Encore une fois, le patrimoine nous livre les plus belles leçons d’architecture. D’où notre choix de

Abonnement Lobna MCHIRGUI BELHAJ

Signé par l’architecte O.C. Cacoub, l’édifice, saisi par la caméra de notre photographe Samia Cha-

Impression FINZI USINES GRAPHIQUES

est en voie de reconversion en musée dédié à la vie et à la mémoire du leader Habib Bourguiba.

Site web Mouna MATTOUSSI TRABELSI Les articles publiés dans cette revue, et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction, réservés pour tous pays. Les textes et photos reçus et leurs envois impliquent l’accord de l’auteur pour leur libre publication. VISA N° 2796 Autre publication de ABC

consacrer la couverture de ce dernier numéro au Palais présidentiel de Skanés inauguré en 1963. gour, garde aujourd’hui le génie de sa pureté formelle ainsi que toute la force de sa modernité. Il Comme Cacoub, qui est parti du site magnifique de Skanès, un balcon sur la Méditerranée, les équipes pluridisciplinaires de l’Association de sauvegarde de la médina de Tunis, ont fondé leur stratégie de réhabilitation et de mise en valeur du tissu historique sur les spécificités de la ville ancienne, densifiée par des populations issues de l’exode et fragilisée par l’ « oukalisation » de ses beaux palais et l’appauvrissement de ses fonctions traditionnelles. C’est une réflexion sur l’agglomération tunisoise dans sa globalité, du transport, à l’habitat et à l’économie, qui a engendré des projets intégrés, couronnés à trois reprises par le prestigieux Prix Agha Khan d’architecture. Puissent d’autres projets urbains s’inspirer de cette belle expérience !

Amel Souissi Talbi

Archibat 29 / 6 - 2013

9


APPRENDRE L'ARCHITECTURE

OPINION LIBRE

Dix ans d'enseignement à l'école d'architecture de Tunis Exercice d'adaptation et de synthèse, l'enseignement de l'architecture est une forme d'introspection dans le quotidien d'un métier. Le rôle de l'enseignant dans le processus complexe de l'apprentissage émane d'une autoévaluation de la méthode face à l'enseigné qui s'interroge lui-même en fin de cursus sur l'utilisation efficiente de ses acquis durant sa formation. L'apprentissage et l'enseignement de l'architecture ont donc en commun l'identification de la méthode ; ainsi étaient mes premiers rapports avec l'atelier de 5ème année que j'ai eu le privilège d'animer durant dix ans. Cette interaction stimulatrice de créativité, de défis et aussi d'égo supposait une implication consensuelle des deux parties, qui se mit très vite en place...

A

u début des années 2000, l'école Nationale d'Architecture de Tunis était encore très marquée par les enseignants issus du monde professionnel qui animaient principalement les ateliers des deux derniers niveaux d'études et avaient à leur charge la direction des mémoires de fin d'études. Un débat permanent nous animait quant aux objectifs de formation pour un métier toujours en cours de construction dans notre pays... Vaste problématique dans un environnement somme toute très conventionnel où l'architecture vacillait entre les besoins légitimes de construire et le rôle conditionnel de l'architecte dans ce processus. Nos étudiants devraient-ils prioritairement apprendre à construire ou à faire de l'architecture ? Le débat était ouvert et resurgissait très souvent durant la dernière année, celle du bilan, ainsi qu'au cours des soutenances des mémoires de fin d'études. Les arguments des uns et des autres avaient l'immense avantage d'exposer clairement des différentes méthodes de l'enseignement de l'architecture ou du projet d'architecture selon les situations et aussi en fonction de la réalité de nos étudiants face au prérequis à cette formation si particulière. Avec un peu de recul, je tente d'analyser, de comprendre et de partager un certain nombre de réflexions par rapport à notre école, son enseignement, ses étudiants, son système administratif et aussi sa révolution manquée...

Enseigner un métier ou inculquer une attitude ? L'architecture peut s'enseigner comme toute discipline artistique pouvant l'être dans une approche alliant le dogmatique et le sensible. Cependant, les métiers de l'architecture sont aujourd'hui bien plus divers que la majorité des enseignants n'osent le croire ou l'enseigner... La connotation de l'architecte bâtisseur directement rattaché au secteur de la construction, persiste à juste titre mais n'est-ce pas un raccourcis terriblement réducteur que d'assigner la formation d'un architecte exclusivement au secteur de la maîtrise d'œuvre ? Cette formation conduit pourtant vers une panoplie de métiers dont les compétences prérequises, parfois complémentaires sont la gestion, la communication, la programmation, l'aménagement du territoire... Ces dernières gagneraient à être mieux dispensées dans notre école nationale. La situation d'aujourd'hui persiste à vouloir donner aux futurs architectes une formation technique essentiellement orientée vers la construction sur la base d'une certaine maîtrise de la "composition" (souvent strictement formelle) qu'on enseigne dans les premières années de formation, servant de support pour un approfondisse-

ment de connaissances techniques... L'attitude d'être architecte est négligée faute d'aptitudes à transmettre une passion, au-delà de la simple vision très personnelle que chacun d'entre nous peut avoir de son métier... Pourtant, dans toute stratégie de formation, particulièrement les métiers d'art, l'apprentissage passe forcément par un processus d'identification. Un architecte formé avec passion a plus de chances d'être polyvalent et de se doter au cours de ses années d'école d'une capacité d'adaptation plus grande dans un contexte où les métiers de l'architecture connaîtront encore certainement plusieurs mutations...

Entre le rationnel et la métaphore La philosophie qui devrait occuper une place prépondérante dans un esprit scientifique et rationnel pour prétendre à l'architecture est quasiment absente de la formation en Tunisie. Les disciplines connexes comme la sociologie, l'urbanisme et son histoire font partie des matières dites "théoriques" qui souffrent d'un dénigrement absolu aussi bien de la part des enseignants des autres matières que par les élèves eux-mêmes qui n'y voient qu'une forme de culture générale faisant partie du "système de l'enseignement"... Et pourtant, la saisie et la manipulation de la métaphore, essentielle dans la genèse de toute forme d'art et d'architecture, ne peut pas s'acquérir uniquement dans les ateliers d'architecture qui fonctionnent jusqu'à présent en autarcie totale par rapport aux autres disciplines enseignées dans les murs de l'école. L'étudiant en architecture n'est-il pas celui qui crée des parallèles dans le monde des choses ? N'est-il pas celui dont la vision, le regard, sur le monde est emprunt de spiritualité et de poésie ?

Le rôle social et la responsabilité de l'architecte Le rôle social de l'architecte gagnerait à être mis en évidence par l'institution d'enseignement qui ne devrait plus considérer l'acte de bâtir comme une finalité absolue de ce métier dont les ramifications et les diversifications doivent s'amorcer à l'école. Les architectes tunisiens participeront à la promotion de l'architecture en Tunisie aussi bien dans la maîtrise d'œuvre que du côté de la maîtrise d'ouvrage, du journalisme, de la critique, de l'enseignement, des entreprises, des promoteurs, des décideurs, des aménageurs, des spécialistes en patrimoine, en archéologie... Notre école doit œuvrer à devenir plurielle et cesser de s'asphyxier sous prétexte qu'apprendre l'architecture sert uniquement à commettre de l'architecture...


Le parier calque et l'écran d'ordinateur La formation a évolué et la pratique quotidienne du métier de maître d'œuvre a elle aussi intégré toute la panoplie de programmes d'assistance au dessin issus de la microinformatique. Aujourd'hui les architectes ont recours à des solutions stéréotypées qui proposent des typologies de traits et de graphismes plus ou moins standard pour l'assistance à la production de dessins d'architecture et d'ingénierie... Polémiquer sur le danger de ces méthodes "d'assistance à la conception" n'est pas mon but ; cependant, il est de plus en plus évident de constater que nos architectes ne savent plus dessiner sans être assistés par ces machines qui relèguent souvent l'architecture à des lignes uniformes et statiques dont l'échelle leur échappe complètement... La cognition peut intégrer la technologie dans son processus évolutif, d'ailleurs, l'encre, le papier et l'impression, en sont des illustres exemples. Mais l'apprentissage de l'architecture sans recourir au dessin académique conventionnel en tolérant que nos étudiants recourent à l'ordinateur dès les premiers traits de leur conception, est une erreur pédagogique inadmissible que nous ne cesseront de condamner encore très longtemps... L'architecture peut être une histoire, un collage, une maquette, une association ou une soustraction de matière, une constatation ou une prise de position par rapport à une situation donnée.

Le phénomène grandissant de la "sous-traitance" Avec l'avènement de l'informatique à outrance et la mystification du "rendu" considéré à tort comme étant la finalité absolue de tout exercice d'architecture, l'anonymat s'est progressivement installé dans les ateliers à partir des années 2007-2008. L'enseignant devint incapable de reconnaître ses élèves par leurs dessins dans la mesure où la production se faisant ex nihilo en dehors de l'enceinte de l'école et la séance d'atelier était une correction collective de travaux d'étudiants... Nous étions quelques uns à résister et exiger un travail "fait en atelier" mais nous fûmes très rapidement rattrapés par la profusion d'ordinateurs portables dont les couvercles écrans étaient tellement immenses que nous ne parvenions presque plus à voir nos sujets... Durant les quelques années qui précédèrent la Révolution tunisienne, le phénomène de la sous-traitance de travaux d'architecture était devenu tellement flagrant que de nombreux étudiants ne savaient plus manier ni le crayon ni la souris... Les travaux d'ateliers se sous-traitaient désormais dans les ruelles sinueuses de Sidi Bou Said qui jouxtent l'école d'architecture ; de la conception jusqu'au rendu final, certains étudiants utilisent l'infâme expression "clé en main" pour signifier que le sous-traitant s'engage au forfait à garantir à son commanditaire un résultant en l'assistant de la première correction jusqu'au jury... Il est difficile d'estimer l'ampleur de ce phénomène au sein de notre école, bien que la majorité des étudiants le dénoncent comme une véritable plaie dont la surenchère de l'imagerie et de l'affichage destinés à "aveugler" le jury reste décrié par beaucoup qui y voient à juste titre l'absence de conception architecturale. Trop souvent, la profusion d'images artificielles et sophistiquées permet à de nombreux candidats de franchir la barrière et quitter anonymement l'école avec un diplôme et une mention en poche...

L'autarcie des enseignants et l'absence totale de concertation L'administration et le monde estudiantin ont bien consommé leur indifférence mutuelle tant bien que certains élèves se font généralement le relais entre les deux parties en s'auto proclamant conseillers péda-

gogiques, orientant les jeunes recrues vers les ateliers correspondants à leurs aptitudes et leurs aspirations à devenir plus ou moins vite, et facilement, "architectes"... Les enseignants ne se connaissent que très peu et restent, du fait d'une administration statique et de "conseils scientifiques" très peu communicatifs, cloitrés entre les niveaux et les spécialités. La Révolution aurait été l'occasion rêvée pour reconstruire une école plus ouverte sur elle-même et plus communicante avec l'extérieur ; hélas, les quelques mobilisations ont très vite été doublées par des tentatives de réformes pédagogiques quasiment unilatérales... L'année universitaire 2012-2013, qui fut ma dernière en tant qu'enseignant vacataire, avait commencé par la mise à l'écart d'un certain nombre de professionnels, marquant une tendance complètement inverse à la logique d'ouverture de l'école. Les "permanents" semblaient se disputer les ultimes "grades" d'une école autodidacte ! Chacun comparait ses médailles à celles de son voisin et les réformes élaborées en temps réel fusaient de tous bords...

Quel avenir pour l'enseignement de l'architecture en Tunisie ? L'école nationale d'architecte que nous connaissons actuellement à Sidi Bou Saïd n'a pas beaucoup de chances de perdurer face au nombre disproportionné d'élèves et face à l'inadaptation de son système de sélection des nouveaux entrants. L'enseignement est à réformer dans sa globalité à commencer par ceux-là mêmes qui prétendent depuis des années qu'ils détiennent les solutions et qui agissent à l'ombre des textes sans oser dire que leurs fondements sont dépassés. Notre école doit revendiquer une certaine indépendance par rapport à l'université du fait de la spécificité de sa matière de base. Elle doit éclater, se décentraliser et faire admettre au ministère de tutelle, que l'orientation des bacheliers doit se faire non seulement par le "score" mais aussi par la motivation et l'aptitude à intégrer une discipline aussi particulière que l'architecture. Des premiers cycles en architecture pourraient être dispensés dans les régions et les étudiants viendraient achever leur cursus à Tunis... Actuellement, les écoles privées se développent malgré leurs rapports très conflictuels avec l'école nationale et l'ambigüité de leur reconnaissance par l'Ordre des Architectes. Plutôt que de faire barrage, comme nous avons tenté de le faire en vain il y'a une dizaine d'années face au nombre d'inscrits en première année, l'école nationale d'architecture est encore une fois en train de rater sa chance d'encadrer les structures privées pour les aider à réussir leurs premiers pas vers un enseignement de qualité qui pourrait se diversifier d'une institution à une autre... Si nous parvenions à faire éclater ce système, nous pourrions assister, non seulement à la renaissance de notre première école, mais surtout à l'émergence d'une nouvelle génération d'architectes plus opérationnels, plus polyvalents, plus facilement employables et mieux à même de soulever les défis architecturaux et urbains des prochaines décennies... ■

Adel Hidar Achitecte & urbaniste IUP Ex-enseignant de l'atelier Architecture du Lieu ENAU - 5ème année (2003-2013)

Archibat 29 / 6 - 2013

11


12 Archibat 29 / 6 - 2013


PUBLI-REPORTAGE

Archibat 29 / 6 - 2013

13


ACTUALITÉ Le prix Pritzker 2013 décerné à Toyo Ito Après la Chine, voici le Japon lauréat du très prestigieux prix d’architecture Pritzker 2013, décerné au Japonais Toyo Ito, âgé de 71 ans en guise de consécration suprême pour ses plus de 40 années de carrière, au Japon et à travers le monde. Il a recu une récompense de 100.000 Dollars et une médaille de bronze à la cérémonie de la remise des prix, le 29 mai 2013 dernier à Boston.

C

e Nobel de l'architecture a été créé par Jay A. Pritzker et sa femme Cindy, en 1979, aujourd’hui sous l’égide de la fondation Hyatt. Chaque année est honoré un architecte vivant qui apporte une vision humaniste et écologique, et dont le travail reflète un certain talent artistique. Trois ans seulement après le duo Kazuyo Sejima et Ryue Nishizawa de l'agence Sanaa, c'est à nouveau un Japonais qui remporte la mise. L'architecte Toyo Ito est, en effet, le sixième Japonais à décrocher le fameux prix. Il succède, dans l'ordre chronologique, à Kenzo Tange (1987), Fumihiko Maki (1993), Tadao Ando (1995) et le duo Sejima-Nishizawa (2010). Né en 1941 à Séoul de parents japonais, Toyo Ito ne se découvre un réel intérêt pour l'architecture qu'une fois entré à l'université de Tokyo, où il obtient son diplôme en 1965. Il entre alors dans l'agence de Kiyonori Kikutake, l'un des patrons du mouvement métaboliste, célèbre pour l'originalité "futuriste" de ses réalisations. Lorsque Ito ouvre sa propre Deux tours à Barcelone

Sendai médiatèque au Japon


Le stade de base ball, de Taïchong, sur l'île de Taïwan

agence, il lui donne d'abord pour enseigne Urbot (Urban Robot), une indication sur ses choix initiaux, mais huit ans plus tard son atelier reprend son propre nom (Toyo Ito & Associés), signe peut-être d'une plus grande sûreté. En 1984, il réalise sa propre maison, Silver Hut. En 1991, le Musée municipal de Yatsushiro lui passe sa première commande publique, qui sera suivie de nombreuses autres, dont la médiathèque de Sendai (2001). Cet édifice tout en verre est techniquement infaillible et résiste aux pires catastrophes naturelles. L'image de ses colonnes d'acier et de verre qui transpercent et supportent les sept niveaux du bâtiment fera le tour du monde des revues d'architecture. Dix ans plus tard, ses occupants ont filmé de l'intérieur les mouvements de sa charpente métallique lors du tremblement de terre du 11 mars 2011. La création du Pavillon japonais de l’Exposition universelle de Hanovre, en 2000, lui ouvre la voie vers une carrière internationale. En Europe, la Serpentine Gallery à Londres, en 2002, puis en France, Toyo Ito livra en 2006 l’hôpital Cognacq-Jay (Paris XVe). En 2004, il signe la boutique du maroquinier italien Tod’s à Tokyo, sur laquelle il superpose des silhouettes d’arbres. La structure externe en béton armé, parasismique, innovait par son dessin en forme d'arbre. Un édifice entre architecture et nature qui a inspiré bien d'autres concepteurs depuis. A noter également que la construction de l'hôpital Cognacq-Jay à Paris est une opération nominée au prix d'architecture de l'Equerre d'argent en 2006. Un palmarès très fourni de prix relatant son talent : Lions d'or à Venise en 2002 et 2012, Royal Gold Medal au Royaume-Uni en 2006, Praemium Imperiale au Japon en 2010... ■

Nouveau siège pour l'enseigne TOD'S à Tokyo

Alia Allal Architecte

Archibat 29 / 6 - 2013

15


ACTUALITÉ

« pARTimoine, un siècle d’architecture à Mégrine » L’Association de Mégrine pour l’Innovation et la Sauvegarde (AMIS) a vu le jour en juillet 2011, avec pour président Monsieur Bassem Ariguib, architecte enseignant à l’ENAU. Composée aussi bien de professionnels que d’amateurs en architecture, tous issus de Mégrine, se sont réunis autour d’un même combat, à savoir valoriser et sauvegarder les bâtiments phares ayant à leurs yeux une valeur patrimoniale et historique, dénotant du vécu de cette ville.

P

artageant cet intérêt en cercle restreint, les membres de l’association ont voulu révéler au grand public ce que Mégrine recèle comme petits trésors architecturaux, méconnus jusqu’alors par la plupart d’entre nous. Ainsi, les membres de l’AMIS se sont attelés à la scrupuleuse tâche de recenser la majorité des bâtisses portant une empreinte particulière d’un style et d’une époque donnée. Grâce à ce relevé du patrimoine architectural, l’AMIS a pu organiser une exposition sous le titre de « partimoine : un siècle d’architecture à Mégrine », ouverte au public du 31/03/13 au 31/05/13 à la maison des jeunes de Mégrine Coteaux. L’équipe d’Archibat, étant elle-même soucieuse de valoriser le patrimoine architectural de nos villes, s’est rendue sur place pour partager avec vous ses coups de cœur de l’exposition.

LE CHATEAU DU COMTE FOY Avec son style arabo-mauresque unique en son genre à Megrine, le château du Comte Foy est l’un des principaux et des plus anciens monuments de la ville. Il se trouve sur ce qui fut « le domaine de Mégrine », une vaste exploitation agricole de 800 hectares. Situé sur un des premiers coteaux de la ville, le château possède une imprenable vue sur le lac de Tunis, les collines de Carthage, la médina de Tunis, le mausolée de Sidi Belhassen, et plus au sud, la médina de Radès et le majestueux Boukornine. Le domaine avait appartenu jusqu’en 1886 à M. Mifsud, le premier immigré maltais en Tunisie (vers 1830) et sera vendu à « la société anonyme du domaine de Mégrine » qui en assura l’exploitation jusqu’en 1924.

16 Archibat 29 / 6 - 2013


Le Comte Foy a pu garder jusqu’en 1926, le château et son parc. Cédé en 1930, à la direction de l’instruction publique, elle en fit en 1931 l’actuelle école primaire de Mégrine-Coteaux. L’école jouit actuellement d’une partie du château, laissant une autre partie pour un éventuel espace culturel, à l’image du palais Ennajma El Zahra du Baron D’Erlanger de Sidi Bou Said.

Ecole de Megrine Riadh L’école de Mégrine Lescure fut construite en 1908 au sud du domaine de Mégrine sur un terrain cédé par le Comte Foy. Son préau fait d’une charpente en « nid d’abeille », très rare en Tunisie, est un véritable trésor architectural.

Les charmantes villas avec les toits en tuile de Marseille Villa Val-Suzon Du nom d’un village de Bourgogne, elle fut construite en 1939, d’après les plans de M. Courbis, père de Suzanne Courbis qui a habité la « Val-Suzon » jusqu’à l’indépendance avec son époux. M.Courbis était l’architecte de la résidence de France, actuelle ambassade de France. La villa fut améliorée en 1947. L’Amiral Esleva, résident général de France sous le gouvernement de Vichy, y passa secrètement les nuits entre la fin de 1942 et le début de 1943. Il avait une large vue sur la banlieue Nord de Tunis d’où il observait les bombardements des alliés sur La Goulette, à la jumelle.

Archibat 29 / 6 - 2013

17


LES RESTAURATIONS

Cette imposante batisse abrite une école primaire, dirigée par M. El Medfai.

Cette maison fut habitée par le talentueux acteur et metteur en scène tunisien Ali Ben Ayed (1930-1972).

Les toits en pentes typiques de Mégrine, ont été heureusement sauvegardés et restaurés par certains propriétaires. Une rénovation, une extension, une reconstruction, mais toujours un style authentiquement mégrinois.

Zeineb Enneifer Ben Ayed Architecte

18 Archibat 29 / 6 - 2013


Archibat 29 / 6 - 2013

19


NEWS

NATIONALES

Les ports puniques de Carthage

Un patrimoine en danger de mort… Non delenda est Karthago ! « Carthage ne doit pas être détruite ! »

R

etrouver notre passé, soustraire Carthage à l’avidité de certains et à l’indifférence du plus grand nombre, voilà ce que nous espérions de notre révolution ! Les Associations « Les Amis de Carthage » et « Les Riverains de Carthage », ont organisé conjointement une rencontre autour de la situation des deux ports puniques de Carthage. Cette rencontre qui a eu lieu les 26 et 27 avril 2013 au Musée de Carthage a eu un très vif succès témoignant ainsi de l’intérêt et de la préoccupation des citoyens de Carthage et de la plupart des citoyens tunisiens. Cette rencontre a été précédée de trois beaux articles parus dans les journaux (Essabah - La Presse - Réalités) qui ont su attirer l’attention du public sur la gravité de la situation. En effet, et comme chacun a pu s’en rendre compte, les ports puniques sont aujourd’hui l’objet de très graves dégradations qui mettent en péril l’intégrité d’un site prestigieux classé depuis 1979 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Rien ne laissait présager une telle évolution ! Largement reconnus comme faisant partie d’un patrimoine inestimable, plusieurs fois mil20 Archibat 29 / 6 - 2013

lénaire, ces ports, témoins de l’histoire glorieuse de la ville, tant à l’époque punique que romaine, témoins aussi de sa chute, ont fait l’objet d’études savantes qui en ont révélé tous les secrets. Ces études ont permis d’en mesurer l’importance, et d’en comprendre les mécanismes et le fonctionnement. Elles ont permis de rendre à la mémoire des Tunisiens un pan important de leur histoire. Toutes ces données auraient dû permettre une réhabilitation, une revalorisation de la zone, et des projets de sauvegarde et de mise en valeur avaient d’ailleurs été menés dans ce sens. Nous invitons aujourd’hui la société civile et tous nos concitoyens à prendre conscience de la perte irrémédiable de ce patrimoine si nous devions, par mégarde ou par faiblesse, ne pas y prêter attention. Nous invitons aussi les autorités, dans le cadre de leurs fonctions, à prendre le plus rapidement possible les mesures nécessaires pour éviter le pire. Tels ont été l’objet et le but de la rencontre qui a débouché sur l’établissement d’une liste de recommandations. De ce fait, elles adressent, à qui de droit, les recommandations suivantes.


Recommandations I- Retrouver l’intégrité du site 1. Rappeler, exhorter et obtenir l’engagement formel de l’Etat et de tous les responsables concernés (Ministère de la Culture, Ministère de l’Intérieur, Ministère de l’Equipement, Gouvernorat de Tunis, Office des Ports, police maritime etc.), qu’ils doivent de toute urgence œuvrer au maintien de l’intégrité de ce site, mémoire de l’histoire de la Tunisie et de l’histoire universelle. Le port est actuellement envahi de manière tout à fait illégale par des bateaux de plaisance et des barques de pêcheurs. Si ces dernières peuvent, à la rigueur, être maintenues (après étude au cas par cas, et soumises à un cahier des charges car ce port, rappelons le, n’est pas un port de pêche), les bateaux de plaisance qui polluent fortement le lieu doivent être, impérativement et rapidement, évacués. 2. Se réserver le droit de mener une action en justice pour faire appliquer la Loi. 3. Engager au plus tôt une grande campagne médiatique, à l’échelle nationale et internationale pour attirer l’attention des différents publics, nationaux et étrangers. 4. A l’échelle internationale, saisir l’Unesco et entrer en contact avec toutes les villes du monde ayant pour nom Carthage, afin de les impliquer dans cette démarche de sauvetage et de sauvegarde de la Ville mère. II- Sauvegarder et mettre en valeur le site 1. Mettre en marche, dès à présent, les moyens nécessaires à la sauvegarde et à la mise en valeur du site. Ceci est du ressort de l’Etat et des organismes concernés et peut se faire par étapes. Plusieurs propositions ont été émises à ce sujet : - Terrassement et nettoyage de la zone centrale et des berges pour la présentation des vestiges archéologiques uniques du port de guerre antique. L’actuel antiquarium ainsi que les maquettes du port devront être restaurés. - Assainissement du plan d’eau pour une meilleure circulation de l’eau ; notamment en supprimant le pan de terre qui relie l’îlot central au musée « Dar el Hout ». Cet assainissement permettra de retrouver le profil du port antique d’une part, et d’autre part, aux chercheurs de l’Institut océanogra-

phique de poursuivre leurs travaux interrompus en raison de la pollution actuelle. 2. Installation d’un pont reliant l’îlot central à la terre ferme. - Le site rendu à son intégrité, envisager de manière urgente sa mise en valeur par des moyens innovants. - Etablir un programme d’éducation citoyenne (auprès des écoles et du grand public). - Aider à la réalisation d’un programme culturel (par ex. mise en place d’un atelier pour la fabrication de bateaux antiques, et autres…). - Envisager une véritable action économique et d’animation culturelle intégrée, liée à l’exploitation du site, sans porter préjudice à son intégrité. La vraie protection de Carthage consiste aujourd’hui à l’adoption au plus vite du Plan de protection et de mise en valeur (Ppmv), inclus dans le Code du patrimoine tunisien, que l’ancien régime avait bloqué pour faire main basse sur Carthage. Cet instrument juridique détermine la limite entre les zones archéologiques et celles constructibles et préserve des dizaines d’hectares non-aedificandi, selon les principes du Ppmv, dans un parc archéologique, à la fois réserve pour les chercheurs et espace de détente et de promenade pour les Tunisiens. L’application de ce plan élaboré depuis 1999 par une équipe d’historiens, d’urbanistes et d’architectes tarde à voir le jour.

Bonne nouvelle L’alerte donnée par la société civile, l’Association des Amis de Carthage et l’Association des Riverains de Carthage, a fini par sensibiliser la municipalité et l’Institut National du Patrimoine quant à l’évolution catastrophique de la situation et la grave dégradation permanente des ports. Une séance de travail et de concertation a réuni au palais de Carthage Adnen Manser, porteparole de la présidence de la République, avec Leïla Ladjimi Sebai, présidente des Amis de Carthage, et Tahar Ben Mustapha, président des riverains de Carthage. Accompagné des ministres du Tourisme, de la Culture et de l’Equipement, le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, a même effectué une visite de terrain aux Thermes d’Antonin et aux ports puniques, suite à laquelle décision a été prise pour former une commission mixte, cadres ministériels et société civile, afin d’étudier les divers problèmes de la gestion anarchique de l’ancienne cité punique. L’objectif étant d’appliquer la loi pour protéger l’environnement et l’intégrité de la ville ■

Les ports de Carthage à l'époque punique. Dessin de J.Cl. Golvain

Leila Sebai Archéologue historienne Archibat 29 / 6 - 2013

21


NEWS

INTERNATIONALES

GRANDIOSE…

Le futur stade de Doha !

P

our accueillir la coupe du monde de football en 2022, le Qatar s’équipe d’un nouveau stade à la hauteur de l’évènement. Le projet dirigé par Mouzhan Majidi de l’agence Foster and Partners se développe sur une surface quasi-circulaire et se localise sur la ligne directrice du quartier. Avec sa capacité de 86.250 spectateurs, le stade se veut être un des meilleurs équipements pour la réception de match de football. Reflétant la culture et le patrimoine de Doha, le stade se veut économe en énergie, également en été, où les températures peuvent s’élever fortement. La toiture du terrain pourra se rétracter selon les besoins offrant ainsi la possibilité d’avoir soit un terrain couvert, soit un terrain ouvert. Le stade sera entouré d’eau, l’accès au stade se fera grâce à six passerelles. Les accès au stade s’intègreront dans la distribution de petits bâtiments adjacents et de l’hôtel en périphérie. La toiture semble flotter au-dessus de l’édifice, elle repose en fait sur des poteaux en voûte en béton. La forme extérieure concave fait référence aux voiles des bateaux. Les espaces VIP et autres hospitalités seront placés dans la longueur du terrain afin de laisser l’arrière des buts aux supporters. Localisé au Nord de Doha, le stade sera desservi par une nouvelle ligne de métro et une sortie d’autoroute. Les parkings seront couverts par des auvents équipés de capteurs solaires qui produiront de l’énergie pour le stade et les bâtiments voisins. Les travaux devront débuter en 2015 pour une date de livraison prévue en 2019.

22 Archibat 29 / 6 - 2013


Tour Odéon à Monaco

Archibat 29 / 6 - 2013

23


NEWS

INTERNATIONALES

La nouvelle ambassade de france

à Pékin

24 Archibat 29 / 6 - 2013


The Blade Tour de Séoul

L

e talentueux architecte français, Dominique Perrault a été choisi pour construire une tour de 300 mètres de haut, la « lame » qui s’élèvera au sein de la future plate-forme du quartier des affaires international Yongsan, à Séoul en Corée du Sud. Le Yongsan International Business Center, programme ambitieux de près de 3 millions de mètres carrés, est organisé comme un archipel de bâtiments verticaux reliés entre eux par un grand parc. Par sa silhouette et son allure dynamique, la tour établit dans la région comme un point de repère géographique. Sa forme mystérieuse apparaît comme un totem, une figure emblématique. Ce n'est pas un carré ou un édifice circulaire, mais un prisme rhomboïdal, agencé d'une manière qui rend un aspect différent en fonction de l'angle d'approche. Inspiré par sa forme élancée et des arêtes vives, la tour a été nommée The Blade. Dans l'effervescence des styles architecturaux émergents, The Blade contraste en étant ancré dans la réalité urbaine, dans un dialogue de lumière et de reflets avec les tours voisines. Cette vibration de la peau du bâtiment apparaît et disparaît selon l'angle de vue, la création d'une architecture vivante et dynamique, se transformant selon les mouvements du soleil et les variations de la lumière. La nuit, la silhouette de la tour, apparaît comme une pierre précieuse taillée. Les travaux ont commencé en janvier 2013 pour être finalisés en décembre 2016.

Archibat 29 / 6 - 2013

25

Archibat29 issu  
Archibat29 issu  

Archibat29

Advertisement