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SOMMAIRE Archibat N°26

Revue maghrébine d'aménagement de l'espace et de la construction

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ÉDITORIAL OPINION LIBRE 19

Monsieur Le Promoteur, je vous fais une lettre que vous lirez peut-être

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ACTUALITÉ Les marocains s'illustrent au young arabs architects

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Le World Architecture Festival investit Singapour

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NEWS INTERNATIONALES

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NEWS NATIONALES

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RÉALISATION 14

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Le B'chira Art Center

La PROMOTION IMMOBILIère

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Le grand défi que doit relever la promotion immobilière

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Les gisements fonciers étatiques sont quasi épuisés

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Conjoncture et défis de la promotion immobilière en Tunisie

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Coût de la construction, jusqu’où ?

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L’Audit Energétique sur Plan dans les Secteurs Résidentiel et Tertiaire

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a propos du projets de construction des 30.000 logements sociaux

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La S.N.I.T. : Fournisseur d’habitations sociales ou générateur de ségrégation socio-spatiale

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Quelques exemples de projets de promotion immobilière - Immeuble Thalassa

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- Laguna Square

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- Diar Didon

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SOMMAIRE DIPLÔME

Les arcs de triomphe de Dougga dans leur contexte urbain

CONCOURS 72

Concours ENIB ( École Nationale d'Ingénieurs de Bizerte ) Village des langues à Mahdia

PATRIMOINE

2012 : Métamorphose muséale en Tunisie

TECHNIQUES ET CONSTRUCTIONS Le béton ciré, Un revêtement passe-partout !

AILLEURS

Le projet euroméditerrannée

MAISON

Rencontre de luxe aux senteurs d'été...

ARTS ET DÉCO

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Nicène Kossentini. Regard d'artiste Sadika Keskes. Symboles et lumières

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LIVRES ET LIVRAISONS

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ARCHIBAT Revue maghrébine à parution semestrielle, publiée par : ABC Architecture Bâtiment et Communication, S A 19 Rue Abou Bakr Bekri, Imm. Luxor I, Br. M/2 - Montplaisir 1073 Tunis Tél. : 216 71 904 467 - 71 907 952 Fax : 216 71 902 485 E-mail : archibat.com@planet.tn www.archibat.tn

ÉDITORIAL Le rythme de densification de nos villes, s’accélère, s’étend, se défait et se dénature. Que ce soit dans les

Directrice de publication Amel SOUISSI TALBI

villes de l’intérieur ou dans les nouvelles zones urbaines dites « huppées » de la capitale, du Lac, d’Ennasr,

Rédactrice en chef Alia ALLAL

urbain, manque de repères, manque de cohérence et d’harmonie architecturale, manque d’esthétique,

Ont collaboré à ce numéro : Rabiaa Mghaieth ENCKELL Ali Djerbi Alia Allal Fadhila Bargaoui Taha Belkhodja Walid Bel Haj Amor Med Zied Gannar Rym Ben Daamech El Manaa Salma Hamza Olfa Meziou Alia Sellami BEN AYED Denis Lesage Khaled Karoui Leila Souissi Jalel Abdelkéfi Membres fondateurs Leïla AMMAR Ali DJERBI Amel SOUISSI TALBI Achraf BAHRI MEDDEB Morched CHABBI Denis LESAGE Publicité ABC : Architecture Bâtiment et Communication : Zouhaira TALBI REBAI Sabra DABOUSSI Conception graphique Nadia CHIHAOUI JAZIRI Abonnement Lobna MCHIRGUI BELHAJ Impression FINZI USINES GRAPHIQUES Site web Mouna MATTOUSSI TRABELSI Les articles publiés dans cette revue, et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction, réservés pour tous pays. Les textes et photos reçus et leurs envois impliquent l’accord de l’auteur pour leur libre publication. VISA N° 2796 Autre publication de ABC

de Ain Zaghouan, des jardins d’El Menzah aux jardins de Carthage, le constat est amer : disfonctionnement manque d’équipements collectifs, de loisir et de végétal, encombrement des routes, transformations de fonctions des bâtiments d’une manière anarchique, manque de prise en compte des spécificités régionales… Mais de qui relève la responsabilité d’humaniser nos villes sans âmes ? Les instruments d’urbanisme et les modes de gestion des villes sont-ils adaptés aux réalités territoriales actuelles ? Quel est le rôle du secteur public et celui du privé dans la gestion et la planification de la ville ? Certes, l'Etat n’est pas le seul responsable de l'évolution des villes, les habitants, les concepteurs et les acteurs fonciers et immobiliers contribuent aussi à imprimer aux villes leur physionomie en fonction d'enjeux multiples. Aussi la complexité, des mécanismes de production urbaine a engendré une crise des valeurs de l’aménagement et de la planification sur nos villes. A l’exemple du projet urbain Euroméditerranée de la ville de Marseille que nous présentons dans la rubrique "Ailleurs", aujourd’hui dans les pays développés, la notion de planification urbaine, révolue a cédé la place au concept de projet urbain, lequel impose une action concertée de tous les acteurs et implique un partenariat public/privé. Un concept qui ne se limite pas à un aménagement de l’espace mais englobe une mission de gestion locale et communale, la prise en compte de la mixité fonctionnelle et sociale, de l’accessibilité, des transports en commun, des équipements de base… Le Maroc, pays voisin s’est engagé récemment dans la mise en place d’une stratégie nationale de la politique de la ville basée sur les principes de la bonne gouvernance de la ville à travers une concertation collective de l’ensemble des citoyens et des parties prenantes institutionnelles pour asseoir un développement cohérent des villes. La promotion immobilière, thème de notre dossier, pourrait occuper une place de choix dans la stratégie de développement urbain de nos villes, cependant l’aménagement fragmentaire dans une logique sectorielle, livre la ville entre les mains de plusieurs intervenants qui tireraient profit chacun de son côté sous l’effet de la spéculation et du mercantilisme. L’immobilier façonne le visage de nos villes, de nos quartiers, dans lequel se reflètent les espoirs des uns et la fierté des autres : c’est aussi la ville, la vie, notre quotidien. Les mutations en cours dans la société tunisienne exigent une réflexion prospective de l’évolution de la demande immobilière et une remise en cause de la gouvernance urbaine et du modèle politique urbain traditionnel. Cette nouvelle gouvernance devrait intégrer la coresponsabilité des projets dans un cadre collectif de réflexion stratégique en fédérant les principaux acteurs autour des décisions politiques sur le développement de la qualité de vie de nos villes. Face aux défis de maîtrise du développement économique et social, la réforme des outils et des instruments d’aménagement urbain de la ville que nous allons léguer aux générations est une question cruciale. Dans ce numéro d’Archibat, un dossier est aussi consacré à la présentation des projets, récemment inaugurés de rénovation et d’extension du Musée Archéologique de Sousse et du Musée National du Bardo, qui font maintenant partie des grands Musées de standard international et méritent plusieurs visites.

Amel Souissi Talbi Archibat 26 / 08 - 2012

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Monsieur Le Promoteur,

OPINION LIBRE

je vous fais une lettre que vous lirez peut-être

C

’est avec détachement de toutes les divinations spéculatives sur le futur de l’immobilier en Tunisie que je vous destine ouvertement cette réflexion. Un sujet me tient à cœur : l’habitat. Au delà d'un simple toit, le logement doit satisfaire d’autres besoins : garantir la dignité de son ménage et échapper, par l’« adresse », au déclassement social. En Tunisie, comme presque partout ailleurs, cette aspiration se retrouve souvent reléguée, pour cause, des ménages de moins en moins solvables face à un marché immobilier de plus en plus onéreux. Parce que vous en êtes conscients, vous multipliez les passerelles vers les organismes financeurs et vous dénoncez une pénurie de l’offre induite par le système actuel d’accès aux parcelles constructibles. N’y a t-il pas là les indicateurs d’une démarche purement quantitative vouée à s’essouffler faute d’une redéfinition plus « courtoise » de nos espaces à vivre ? Les standard actuels ne peuvent, à mon sens, constituer la seule réponse aux aspirations des ménages tunisiens. Nous ne pourrons plus, désormais, continuer à réfléchir le logement comme « une voiture » : le logement se suréquipe techniquement pour des fonctions sans réels usages. Sans possibilité de bricolage, le logement se sécurise et renseigne au passage sur la catégorie sociale à laquelle nous appartenons. Des masses bâties rébarbatives surgissent dans nos paysages urbains sans aucune accroche ou gradation depuis la rue. Elles sont murées et gardées dans les quartiers résidentiels, flottantes, voire perdues, dans les quartiers plus ordinaires. La configuration du logement, qui se comprime, se déconnecte des aspirations culturelles et sociétales locales. Le logement multiplie les pièces humides ventilées mécaniquement ; le coin nuit l’emporte sur le coin jour. Des terrasses gigantesques courent le long de façades impactées par de forts vis-à-vis. Y voyez-vous une réponse pertinente pour accompagner les nouveaux modes d’habiter des familles tunisiennes ? Figé, le logement ne permet aucune modularité et aucune évolution dans le temps. C’est pourtant cette évolution spontanée qui régule aujourd’hui les parcours résidentiels. La prise en compte de ces spécificités ouvrirait la voie d'un regain d’attractivité de la promotion immobilière privée auprès de nos concitoyens. Celle-ci ne consitue à ce jour que 20 % du marché de l'immobilier. Monsieur le promoteur, cher confrère, si je m’invite aujourd’hui dans votre « Logement » c’est pour rappeler que la maîtrise d’ouvrage est une affaire de courtoisie et que le maître d’ouvrage fait l’architecte. Libérons nos concepteurs de tout standard et permettons-leur d’expérimenter de nouveaux modes d’habiter et de nouvelles densités. Lançons, dans la Tunisie d’aujourd’hui, le chantier de « L’habitat digne à Prix Maîtrisé» : un habitat accessible au plus grand nombre, non stigmatisant, sain, pérenne et économe, pensé comme une entité intégrée à un quartier et à un support d’interactions sociales, ciment naturel de notre société. Enfin, plusieurs manifestations professionnelles annoncent une préoccupation environnementale et énergétique dans la construction de nos bâtiments, ce qui est louable. Mais, de grâce, ne vous lancez pas dans le suréquipement de vos logements au nom de la performance énergétique. La clémence de notre climat, en comparaison avec celui des pays d’Europe, laisse la place belle à la conception bioclimatique pour éviter de penser le logement comme un « objet technique ». Imposons la voie de l’approche passive et votre culture du « coût global », propre à la profession, afin de ne pas induire de nouveaux surcoûts et de pénaliser davantage les ménages tunisiens ■

Rabia MGHAIETH ENCKELL Agitateur des choses urbaines 10 Archibat 26 / 08- 2012


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ACTUALITÉ

« Volubilis Musée Archéologique » de Tarik Oualalou, Rabat, Maroc

Les marocains s'illustrent au

young arabs architect La CA’ASI association, fondée par AS.Architecture-Studio et l’Institut du Monde Arabe (IMA) organise un concours d’architecture pour mettre en avant la vitalité de la jeune architecture arabe. Travaillant dans de nombreux pays, notamment dans les pays arabes et en Chine, sur des projets architecturaux et urbains, AS.Architecture Studio a fondé l’Association CA’ASI pour promouvoir le dialogue entre architecture, art contemporain et le public cosmopolite de la biennale de Venise. Avec l’agrément de cette dernière, l’exposition « Young Arab Architects » montre une image riche et unique de l’architecture arabe au public de la biennale à Venise puis durant l’exposition de l’IMA à Paris. Les meilleurs projets de ce concours international ouvert aux jeunes architectes arabes, seront exposés en 2012 à la CA’ASI durant la Biennale d’Architecture à Venise et à l’Institut du Monde Arabe à Paris.

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« Mémorial, histoire d’une ville détruite » de Chamss Oulkadi et Khalid Ait El Madani, Agadir, Maroc

Ce concours représente une occasion unique de mettre en valeur le rôle important joué par le monde arabe aujourd’hui et dont l’architecture est porteuse d’un renouveau. Le lancement du concours a eu lieu en janvier 2012. Un jury international, s’est réunit à Paris à la fin du mois de mai dernier pour sélectionner les lauréats et les projets exposés. Trois projets primés, « Volubilis Musée Archéologique » de Tarik Oualalou du Maroc (Rabat) ; « Mémorial, histoire d’une ville détruite » de Chamss Oulkadi, en équipe avec Khalid Ait El Madani du Maroc (Agadir) et « Campus de l’innovation, de l’économie et du sport » de Youssef Tohme du Liban. Des mentionnés ont été attribués à des architectes de Jordanie, du Maroc, de Syrie des Emirats Arabes Unies, du Koweit et du Liban. Enfin une mention spéciale du jury a été décernée à Meriem Gherba et Wydad Tedjini Bailiche, Yamina Esma Tebib et Fatima Benmenni pour leurs projets d’étude respectifs réalisés sous la direction de Mohamed Adel Souami, professeur à l’Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme d’Alger ■ Alia Allal « Campus de l’innovation, de l’économie 26 / 08 - 2012 et du sport » de Youssef Tohme,Archibat Beyrouth, Liban

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ACTUALITÉ

Le World Architecture Festival

investit Singapour La ville de Singapour s’apprète à accueillir l’une des plus grandes manifestations dans le monde de l’architecture, le World Architecture Festival. Ce rendez-vous annuel aura lieu pour sa cinquième édition à Singapour à la Marina Bay Stands Resorts, et ce du 3 au 5 Octobre 2012. Doté d'un mélange éclectique de styles architecturaux, de bâtiments coloniaux britanniques et de blocs de bureau Art déco, Singapour dispose d'un riche patrimoine architectural. Singapour a fait preuve d'une véritable croyance en la puissance de la conception. Paul Finch, Directeur du Programme a déclaré que depuis la première édition en 2008, le W.A.F. a évolué pour devenir un événement véritablement mondial, attirant annuellement des milliers d'architectes et designers du monde entier. Après quatre années à Barcelone, le moment est venu pour le W.A.F. pour changer de cap, et quoi de mieux pour célébrer le cinquième anniversaire que d’opter pour la Marina Bay Sands à Singapour, réalisée par Moshe Safdie, gagnant du W.A.F. en 2010. Cet évènement incontournable, est le plus grand festival du monde de l’architecture, il met à l’honneur les plus belles et les plus innovantes réalisations construites à travers la planète. Un festival qui promet un spectacle grandiose et en mettra pleins les yeux aux architectes du monde entier, ces derniers ont pu soumettre leurs candidatures du 1er mai au 30 juin 2012. Participer à ce festival, c’est décrocher son ticket d’entrée dans la cour des grands, c’est jouir d’une visibilité unique, c’est l’opportunité d’une vie ! Participer au World Architecture Festival peut faire basculer une carrière ! Le Festival comprendra cette année un programme complet de présentations, de séminaires, d’expositions, et des discours d'ouverture des participants internationaux. Le Prix W.A.F., le plus grand programme architectural des prix dans le monde, sera de nouveau un point focal du festival. Tous les participants présenteront leurs

conceptions sur la scène mondiale et devant un jury ainsi que les délégués du Festival. Ce dernier organisera un forum exclusif pour la communauté architecturale afin de présenter les projets, de débattre et de discuter des tendances actuelles ■ Alia Allal

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NEWS

INTERNATIONALES

Le « cross Towers » fait polémique à Séoul Dans la capitale coréenne, la construction du nouveau projet des tours jumelles qui verra bientôt le jour, fait déjà parler de lui. Deux tours jumelles reliées par un « nuage de pixels », l’image semble anodine, mais la conception fait polémique outre Atlantique. C’est sous voie de concours que ce projet de l’agence danoise « Bjarke Ingels », a été retenu. Une compétition à laquelle ont participé 19 équipes du monde entier, dont l’agence de l’architecte français Dominique Perrault. Le projet des tours jumelles version coréenne, se décompose en deux tours liées par deux ponts de sept niveaux chacun à 70 et 140 mètres de hauteur. La première tour culmine à 214 mètres de hauteur et abrite 52 niveaux, la seconde fait 204 mètres de hauteur et est composée de 48 niveaux. L’ensemble totalise 96.534 m². Les deux terrasses des ponts sont traitées en jardins privés pour les résidents de l’immeuble, elles offrent également des vues panoramiques sur le quartier. Cette résidence ne comptera pas moins de 627 appartements et sera équipée d’une salle d’exposition, d’une bibliothèque et d’un jardin d’enfants. Dans ce quartier qui se dessine à grande vitesse, colonisé par les tours les unes plus hautes que les autres, chaque architecte répond avec son artifice technique pour impressionner le jury. Les préoccupations sont loin de celles des clients européens, où la conscience environnementale est prédominance ■

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NEWS

INTERNATIONALES

Le futur Parc Olympique de Rio de Janeiro Le brésil commence à se préparer pour accueillir comme il se doit les jeux olympiques de 2016, durant ces quatre années avant le coup d’envoi, Rio de Janeiro, doit veiller au bon déroulement des travaux d’édification de son nouveau Parc Olympique. Un aménagement de grande envergure qui a été confié à l’agence britannique AECOM dirigée par le binôme d’architectes américano-brésilien, Bill Hanway et Daniel Gusmão. En effet, lauréat du concours international lancé par la municipalité de Rio de Janeiro, en collaboration avec l’Insti-


Calatrava

imagine le Musée de Demain à rio de Janeiro

tut des Architectes Brésiliens (IAB), ce couple d’architectes s’est démarqué des autres participants. Leur projet a été choisi par le jury pour les systèmes de circulation et de transport ainsi que pour son aménagement respectueux de l’environnement. Selon Bill Hanway : « le parc sera à la hauteur des plus grandes réalisations urbaines du monde, non seulement en terme de design, de technologie, d’accès au sport et à la culture, mais aussi en terme de cohérence avec les besoins de ses futurs habitants, des entreprises et de l’environnement ». D’une superficie de 1,18 million de mètres carrés, le parc accueillera, durant les Jeux Olympiques de 2016, les équipements requis pour 15 disciplines sportives. Après les Olympiades, de nouveaux programmes seront édifiés à proximité des équipements sportifs afin de développer un secteur de référence en termes d’aménagement urbain et de durabilité. Le concours a totalisé 60 candidatures issues de 18 pays différents. Le second prix revient au groupe américain "Aquele Abraço" conduit par Ron Turner ; le troisième à Tomás Almeida Fernandes Salgado, du Portugal. Trois mentions ont également été décernées ■

En marge des préparatifs pour la Coupe du Monde de 2014 ainsi que pour les jeux Olympiques de 2016, la ville de Rio de Janeiro s’équipe de grands projets en vue de sa modernisation. La mairie ne se contente pas de construire des équipements sportifs, elle compte aussi s’offrir un musée scientifique baptisé : le Museu de Amanhã ou Musée de Demain. Une conception de l’architecte espagnol Santiago Calatrava. Un bâtiment écologique, le premier à traiter des possibilités de construction de l’avenir, conduira le public à réfléchir sur l’impact de ses actions sur la planète et sur la manière dont nous vivrons en 2050 quand nous serons environ 9 milliards d’habitants sur Terre. L’édification du musée nécessite la bagatelle de près de 100 millions d’euros selon les estimations. Construit sur une jetée artificielle, initialement prévue pour un musée Guggenheim, le futur musée de 15.000 m² sera implanté au milieu d’un parc arboré de 30.000 m² muni de bassins, de pistes cyclables et d’une aire de loisirs. L’eau de la baie de Rio de Janeiro sera utilisée entre autre pour climatiser le bâtiment, tandis que de grandes structures mobiles en acier installées sur le toit, bougeront comme des ailes et serviront à capter l’énergie solaire. Selon les propos de l’architecte, qui a pensé un bâtiment de seulement deux étages, il fallait que le bâtiment soit horizontal pour que le monastère de Sao Bento, bâti au 17e siècle et situé à proximité, reste visible. L’inauguration de ce futur symbole de Rio de Janeiro est prévue pour 2014 ■

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NEWS

INTERNATIONALES

OPUS, première réalisation de Franck Gehry en Chine Pour son premier projet sur les terres chinoises, le grand architecte américain Franck Gehry, conçoit pour la ville de Hong Kong une résidence de luxe baptisée, Opus. Ce bâtiment constitue une première à tous les niveaux, d’abord pour l’architecte mais également en termes d’innovation architecturale sur le continent asiatique mais également en termes de prix. Un projet qui symbolise une nouvelle architecture domestique et pour lequel ont dû être déployés de grands moyens financiers. Une tour de 12 étages nichée sur le versant de la colline The Paek, une colline luxuriante qui surplombe toute de la ville de Hong Kong. Le bâtiment avec sa structure hélicoïdale, adopte un style organique, propre à Franck Gehry qui pour dessiner son projet s’est beaucoup inspiré du paysage et du cadre urbain et végétal environnant. Hong kong a beaucoup influencé l’architecte dans sa conception. Celui-ci conçoit un bâtiment qui s’inscrit parfaitement dans son site, le style transparait autant dans la structure que dans le volume. Gehry opte pour la transparence pour faire dialoguer autant que possible les intérieurs avec la nature qui les entoure. Les façades, aux formes sinueuses, sont presque entièrement vitrées. L’architecte a veillé à ce que chaque unité d’habitation dispose d’une configuration intérieure différente et une vue panoramique individuelle. Chaque appartement spacieux et lumineux, est rempli de lumière naturelle et est naturellement ventilé. Il conçoit des appartements d’environ 600 m² chacun qui s’étendent sur l’ensemble d’un étage, ceux qui se situent aux niveaux inférieurs sont dotés de jardins à double niveau. Enfin, pour couronner ce temple du luxe, des piscines sont disposées sur le toit et sont accessibles à partir de chaque appartement ■

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Renzo piano signe le Futur palais de justice DE Paris La ville de Paris projette de se faire construire d’ici l’horizon 2016 un nouveau palais de justice dans le quartier des Batignolles au Nordouest de la ville. Pour ce faire, c’est à l’architecte de renommée internationale Renzo Piano qu’elle a confié la conception de ce projet emblématique. L’architecte n’a pas voulu d’un bâtiment ordinaire en tour ou en cube avec un volume compact mais une typologie différente. Il est parti du principe qu’un palais de justice était généralement composé de quatre zones différentes, à savoir, les audiences, l’instruction, le siège et la présidence. Ce sont ces quatre entités que Renzo Piano a voulu matérialiser dans son bâtiment. Il a donc pensé à disposer les quatre fonctions les unes au-dessus des autres mais en les séparant avec des jardins suspendus qui seront des lieux de rencontres pour les usagers de cette « ville verticale ». Le projet compte près d’un hectare de toiture jardin qui surplombe la capitale française. Placé dans l’axe Nord-sud de la ville de manière à ne pas obstruer la vue et le paysage urbain de Paris, le futur palais de justice est posé comme un trait d’union entre Paris et sa banlieue. L’ensemble du bâtiment est revêtu d’une fine lame de verre qui reflète les couleurs du ciel et de la ville, celle-ci capte et redistribue l’énergie solaire, la bioclimatique du projet permet de consommer deux fois moins d’énergie que les bâtiments les plus innovants du quartier de la Défense. La grande transparence des façades permet l’omniprésence de la lumière naturelle dans toute son enceinte. Un nouveau symbole parisien qui culminera à près de 160 mètres de hauteur et qui abritera pas moins de 90 salles d’audiences. Le début des travaux est prévu pour l’été 2013 ■

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NEWS nationales

Le Conseil de l’ordre des architectes tunisiens

le problème épineux de l’octroi des permis de bâtir En marge du séminaire organisé par le Conseil de l’ordre des architectes tunisiens, le 22 mai dernier, la revue Archibat est allée à la rencontre de Aymen Zriba, Président de l’OAT.

Le conseil de l’ordre des architectes tunisiens vient de souffler ses 38 bougies relatant une épopée d’autant d’années d’existence avec pour « cadeau », on l’espère, un nouveau « jeune »président (promotion 2007), du sang neuf et de nouvelles perspectives. Le tableau semble optimiste sauf que les difficultés et les préoccupations sont toujours les mêmes et sont connues par tous. Pour Aymen Zriba le temps n’est plus à la parole, mais à l’action, et il compte bien profiter de toutes les célébrations, L’objectif est aujourd’hui de actions et baliser le terrain avant d’ac- occasions pour faire céder à la classe politique avancer les choses. C'est ce qu’il n’a pas manqué de faire lors du séminaire organisé en marge du 38ème anniversaire de l’OAT. Un séminaire axé principalement sur un problème de fond que connait la profession : l’octroi des permis de bâtir. En effet, c’est sous le signe : « le permis de bâtir et la bonne gouvernance » qu’a été régie la journée. Une journée qui a drainé un grand nombre d’architectes, d’ingénieurs, de responsables des communes et de hauts cadres des divers services du Ministère de l’équipement. L’objectif est aujourd’hui de baliser le terrain avant d’accéder à la classe

politique. En dehors des bâtiments civils, l’Ordre qui délivre les permis de bâtir, au Maroc, il existe un dossier toutes les autres D’après Aymen Zriba, 60 % de de récolement pour les travaux construc- la surface bâtie en Tunisie n’est d’architecture, en Allemagne, pas issue des permis de bâtir chaque région a son système et tions ses honoraires… Autant de noudoivent nécessairement passer par un permis de velles solutions adaptées à chaque société, bâtir, or d’après Aymen Zriba, 60 % de certaines déjà en vigueur d’autres le seront la surface bâtie en Tunisie n’est pas issue bientôt. Enfin, le séminaire a mis en exerdes permis de bâtir et les 40 % restant sont gue essentiellement trois axes de priodes refus. Un constat qui laisse perplexe et rité : d’abord, la révision de la législation rend compte de l’urgence de réformer la concernant l’octroi du permis de bâtir qui législation en vigueur. La modeste commu- matérialise la relation entre l’architecture nauté d’architectes que compte notre pays et le citoyen, l’inclusion de l’OAT pour les (seulement 2.500 architectes), parfaite- marchés publics et les appels d’offres (bâment consciente de l’ampleur des dégâts, timents civils) aux côtés du Ministère de réclame le recours obligatoire au permis l’équipement et ainsi renforcer la relation de bâtir. Ce dernier représentant le trait entre l’architecture et l’administration, et d’union entre les citoyens et le dévelop- enfin, une totale restructuration de l’OAT pement urbain du pays. La journée du 22 est nécessaire pour mettre en place les Mai dernier a été l’occasion pour l’OAT de nouvelles dispositions. mettre le doigt sur les disfonctionnements Aymen Zriba est optimiste et compte bien en essayant d’apporter des solutions au faire évoluer les conditions de la pratique problème en se basant sur le côté culturel, du métier en se faisant aider par ses prédécesseurs social, politique, urbain, etc., étant et avec donné que c’est foncièrement un pro- Au Liban, c’est le conseil les petits blème de mentalités ! Le programme de l’ordre qui délivre les moyens du séminaire a été enrichi par les in- permis de bâtir dont disterventions de participants étrangers qui ont livré leurs expériences respectives, pose le conseil de l’ordre des architectes au Liban par exemple c’est le Conseil de tunisiens ■ Alia Allal

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