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SOMMAIRE Archibat N°24

Revue maghrébine d'aménagement de l'espace et de la construction

ÉDITORIAL

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OPINION LIBRE

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Pour un moratoire urgent contre la densification

ACTUALITÉ

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DÉBAT

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NEWS INTERNATIONALES

20

RÉALISATION

26

Siège de NIDA

CONSTRUIRE DURABLE

28

L’éco-construction dans les projets de bâtiments civils

30

À quand une stratégie nationale concertée d’éco-construction ?

36

L’architecture au naturel…

38

Futur siège du Ministère de l’Industrie et de la Technologie

42

Nouveau siège de STUDI

46

Futur siège de l’UGTT, un projet pilote en économie d’énergie

48

Projet d’éco-quartier médicalisé à La Soukra

52

Éco-centre Sidi Amor

56

Labels et normes internationaux d’approche environnementale dans le bâtiment

58

Architecture = Durable, paroles d’architectes

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SOMMAIRE DIPLÔME

66

Bazar urbain : Place du marché à Jebel Lahmar

CONCOURS Siège de l’ordre des avocats de Tunisie Euri Centre à Monastir Solar Decathlon

68 72 76

PATRIMOINE

78

Naissance de l’Association Patrimoine 19/20

URBANISME L’infrastructure verte comme nouvel outil pour réinventer nos villes

82

TECHNIQUES ET CONSTRUCTIONS

86

La brique de terre comprimée SOIB

AILLEURS

88

Masdar City, entre mirages et réalités au cœur du désert

MAISON

92

Une transformation réussie, transparence et grand volume

ARTS ET DÉCO Sana Tamzini, artiste contemporaine La lumière, le temps et l’espace

98

PHOTOS/EXPO La biennale africaine à Bamako

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LIVRES ET LIVRAISONS 106

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ARCHIBAT Revue maghrébine à parution semestrielle, publiée par : ABC Architecture Bâtiment et Communication, S A 19 Rue Abou Bakr Bekri, Imm. Luxor I, Br. M/2 - Montplaisir 1073 Tunis Tél. : 216 71 904 467 - 71 907 952 Fax : 216 71 902 485 E-mail : archibat.com@planet.tn www.archibat.tn Directrice de publication Amel SOUISSI TALBI Rédactrice en chef Alia ALLAL Ont collaboré à ce numéro : Sadok KALLEL Rabiaa MGHAIETH ENKELL Zeineb ENNAIFER Raoudha JEBARI LARBI Mohamed KHAMES LABIDI Mounir BAHRI Lotfi REJEB Ali BEN HMID Yosser DARGHOUTH Chiraz BARHOUMI Jamila BINOUS Anouck BARCAT Karim JEDDI GONZALEZ Olfa BEN HASSINE Membres fondateurs Leïla AMMAR Ali DJERBI Amel SOUISSI TALBI Achraf BAHRI MEDDEB Morched CHABBI Denis LESAGE Publicité ABC : Architecture Bâtiment et Communication : Zouhaira TALBI REBAI Hanen BLAGUI Conception graphique Nadia CHIHAOUI-JAZIRI Abonnement Lobna MCHIRGUI BELHAJ Impression FINZI USINES GRAPHIQUES Site web Mouna MATTOUSSI TRABELSI Les articles publiés dans cette revue, et les idées qui peuvent s’y exprimer n’engagent que la responsabilité de leurs auteurs. Tous droits de reproduction, réservés pour tous pays. Les textes et photos reçus et leurs envois impliquent l’accord de l’auteur pour leur libre publication. VISA N° 2796 Autre publication de ABC

ÉDITORIAL Construire durable L’épuisement des ressources de la planète, fait que l’environnement est un sujet qui suscite l’inquiétude. Le secteur du bâtiment, sans compter l’industrie liée, est responsable pour environ un tiers de la dégradation de l’environnement et a un rôle de premier plan dans la consommation d’énergie et l’émission des gaz à effet de serre. Dans un monde où plus de la moitié de la population vit dans les villes, de nouveaux questionnements urbains et architecturaux émergent. Comment lutter contre l’étalement urbain ? Quelle approche nouvelle vis-à-vis de la ville dense ? Quelle architecture pour une société durable ? Quelle vision pour une architecture durable ? Comment une architecture plus économe en matière, mieux enracinée dans le contexte et la culture locale, peut-elle être la source d’un développement social et économique harmonieux ? La qualité environnementale ne devrait-elle pas devenir une qualité intrinsèque de l’Architecture ? Penser une architecture durable, c’est réconcilier l’architecture avec son environnement en mettant en avant l’idée de la contextualité. Pour atteindre cet objectif, une réflexion sur de nouveaux dispositifs urbains et architecturaux, qui permettraient naturellement, de tendre vers plus de confort, d’accueillir de multiples usages et où l’homme est l’objet de toutes les attentions, restent à inventer. Les choix les plus judicieux seront guidés par le dialogue avec le site, le paysage, le climat, les ressources disponibles, les savoir-faire existants et les usages. Il ne s’agit pas de transposer des solutions universelles mais de réfléchir à de nouveaux modèles, de remettre en cause des habitudes constructives et d’inciter à de nouvelles pratiques. Loin de toute nostalgie par rapport à un patrimoine riche en solutions bioclimatiques, la construction durable questionne le rapport entre projet et technique. Sans pour autant limiter la création en se conformant aux normalisations galopantes des façons de construire et aux réglementations thermiques, de plus en plus complexes malgré leurs bonnes intentions, l’évolution vers plus de transversalités dans la manière de concevoir les projets et la réflexion sur l’architecture durable, offrent aux architectes de nouvelles opportunités d’innovation. Aujourd’hui en Tunisie, depuis la promulgation de la loi sur la maîtrise de l’énergie en 2004, on constate que dans les règlements des concours d’architecture, lancés par le Ministère de l’Equipement et de l’Habitat, la question environnementale et d’économie d’énergie, est mentionnée comme critère d’évaluation. Aussi, quelques opérations immobilières économes en énergie, avec le soutien financier de l’Agence Nationale de Maîtrise de l’Energie, ont été réalisées. Encore peu maîtrisée, la durabilité de la construction se limite à la question de la manière de construire des bâtiments économes en énergie, en greffant des panneaux solaires ou autres dispotifs. Espérant qu’avec le démarrage en janvier 2012, du projet de coopération entre le Ministère de l’Equipement et de l’Habitat et l’Union Européenne, visant le renforcement institutionnel permettant d’accélérer l’adoption de l’éco-construction, de nouveaux jalons d’une culture du développement durable dans le secteur de la construction, seront mis en place. Reste à savoir si un effet d'entraînement sera généré sur l'habitat, étant donné que 77 % de la production de logements en Tunisie est réalisée par les particuliers. Archibat suit de près les acteurs qui ouvrent de nouvelles voies possibles vers une démarche durable, tel le projet d’écoquartier à La Soukra qu’envisage de réaliser l’architecte Lotfi Rejeb ou l’Ecocentre Sidi Amor qui propose des formations en construction écologique. La maquette d’Archibat se transforme, nous espérons qu’elle vous plaira !

Amel Souissi Talbi

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OPINION LIBRE

POUR UN MORATOIRE URGENT CONTRE LA DENSIFICATION Arrêtons de couler notre patrimoine dans le béton

La densification urbaine, fruit d’une politique volontariste, a pris ces dernières années une inquiétante ampleur et s’attaque au patrimoine urbanistique et historique de notre pays. La course effrénée aux constructions verticales est en passe de défigurer nos villes et de transformer le panorama urbain en un paysage en « dents de scie » des moins esthétiques. Entre-temps, nos quartiers sont au bord de l’asphyxie, nos routes constamment congestionnées, les garages se transforment en commerces et les villas en petits immeubles. On aurait pu penser qu’une densification intelligemment conçue serait ciblée, qu’elle tiendrait compte de l’harmonie architecturale de nos villes, et appliquerait les règles les plus élémentaires de l’urbanisme en prévoyant de larges boulevards, des parkings, un transport en commun efficient, des terrains de sport... Or, à bien regarder ce qui s’est construit dans nos villes, on se rend compte de l’indigence de nos décideurs.

UN CONSTAT AMER Les dégâts de la densification et de la mauvaise gestion urbaine en Tunisie, sont aujourd’hui visibles dans toutes les villes du pays (1). La ville de Nabeul au Cap-Bon est un cas d’école. Dans son centreville, au riche passé, et le long des rues principales, des immeubles surdimensionnés, sans harmonisation, sans retrait suffisant ni parking, offrent aux regards la laideur de leurs murs aveugles et de leur porte-à-faux « nouvelle tendance ». La surélévation des villas d’un étage ou deux, déséquilibrent les anciens quartiers résidentiels. Encore plus grave, on a autorisé des R+8 le long de la plus belle avenue qui a fait la réputation de la ville. Verdure, villas et espaces aérés ont été anéantis. La « belle ville des potiers » est devenue méconnaissable et son avenir touristique est réellement compromis. Le cas de La Marsa est d’une autre ampleur. Cette petite ville balnéaire que tant ont chanté, coqueluche des Tunisiens, se transforme aujourd’hui en un centre-ville densifié et quelconque. Le regard, qui auparavant embrassait verdure et bleu de la mer, bute aujourd’hui contre des façades de plus en plus envahissantes et de plus en plus imposantes. L’avenue principale Taieb Mehiri vient de voir pousser ses nouveaux R+3, deux étages au-delà de ce qui aurait dû être réglementaire. La beauté, la simplicité et l’harmonie de cette ville ont abdiqué face à une promotion immobilière de plus en plus vorace et une population de moins en moins disciplinée. La Marsa et toute la côte nord de Tunis dépérissent, rattrapées par cette insoutenable médiocrité qui a envahi tout le pays. 12 Archibat 24 / 12 - 2011

LES RAISONS D’UNE DENSIFICATION OUTRANCIÈRE La densification urbaine en Tunisie, aussi louables que puissent être ses objectifs, a été hypothéquée par la manière avec laquelle elle a été réalisée et par les abus dans sa mise en œuvre. Par la manière qui consiste à distribuer des permis de construire sans aucune harmonisation préalable, au mépris des normes urbanistiques (trafic routier, zoning adéquat…), et sans tenir compte des spécificités locales ou régionales (cachet, patrimoine architectural...). Que gagnet-on à rajouter des étages à Sidi-Bou-Saïd ou à La Marsa, si ce n’est que tout perdre ? Cette politique floue de densification a par ailleurs, attisé la spéculation et l’affairisme d’une minorité grandissante qui a fait de la promotion immobilière, un moyen d’enrichissement rapide. Cette caste d’affairistes a imposé aux autorités et aux citoyens ses cahiers de charges et a fait fi des plans d’aménagement. Cette même caste qui a transformé de nombreuses artères de Sousse en de quasi-murailles en béton. Notre patrimoine n’est, pour elle, qu’un fonds de commerce. Observons enfin que le bâtiment dans notre pays est devenu un placement beaucoup plus qu’une réponse à un réel besoin de logement. Ce déséquilibre porte préjudice à notre économie et alimente une bulle immobilière qui contribue à la densification urbaine, sans pour autant répondre véritablement aux besoins du pays. Preuve en est, que la Tunisie d’aujourd’hui souffre d’un énorme déficit en logements sociaux, alors même que les statistiques officielles indiquent que 10 % des 2,9 millions de logements du pays sont vacants(2).


Hôtel de ville de Sfax, avant/après

LA SOLUTION ? Il est nécessaire et urgent aujourd’hui d’imposer un moratoire sur la densification urbaine dans notre pays. Les pouvoirs publics, en particulier nos maires, doivent rapidement mettre un frein à cette course incontrôlée aux étages, et prendre le temps de réfléchir à une politique de densification beaucoup moins envahissante. La densification a ses règles et paramètres et ne peut s’appliquer de la même manière à tous les quartiers. Elle doit s’intégrer dès le départ, dans un plan d’urbanisme global bien réfléchi, qui tient compte des capacités de l’infrastructure existante, de l’équilibre et de l’harmonie urbaines des zones à aménager. Pour cela j’appelle à la création de véritables task force d’urbanistes-paysagistes pour les villes tunisiennes et à une révision des plans d’aménagements adoptés durant le règne du déchu. Une bonne politique urbaine doit être nécessairement accompagnée de moyens de coercition et de sanctions. Les plans d’aménagement resteront caducs si les citoyens, promoteurs et administrateurs, n’œuvrent pas à les faire respecter. Il est impératif dans ce cadre de donner à notre police municipale tous les moyens pour une intervention rapide et dissuasive. Par ailleurs, l’Etat à travers ses différentes institutions doit s’investir davantage dans la construction et l’aménagement de l’habitat social pour, d’une part, répondre à un besoin pressant que le privé ne satisfait pas, et d’autre part pour mieux organiser la répartition de la population et endiguer la pression démographique sur les anciens quartiers. J’appelle finalement les partis politiques, les composantes de la société civile et les médias, à inscrire la question de l’urbanisme et sa relation directe avec l’état actuel de nos villes et villages sur leur agenda. Vu son impact direct sur la qualité de la vie de nos citoyens, sur notre tourisme et sur notre économie, je les invite à considérer l’urbanisme comme faisant partie des priorités nationales. Faisons tous en sorte pour que ce pays demeure un beau pays, accueillant et où il fait bon vivre. De grâce, arrêtons de couler notre patrimoine dans le béton ■

(1) «Nos villes sont-elles des camisoles en béton?», par Chokri GHARBI, La Presse de Tunisie 03-07-2011. (2) Nou-R nouvelle république.

Sadok Kallel Enseignant-Chercheur, Université de Lille I Ph. D. Stanford. Archibat 24 / 12 - 2011

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ACTUALITÉ

Projet de jumelage

APPUI À L’ADMINISTRATION TUNISIENNE POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’ECO-CONSTRUCTION Dans le cadre d’un programme d’appui à l’accord d’association et au plan d’action voisinage « P3AII » qui est un programme convenu entre le Gouvernement tunisien et l’Union Européenne visant à promouvoir la convergence économique, sociale et institutionnelle, un projet de jumelage traditionnel portant « Appui à l’administration tunisienne pour le développement de l’éco-construction » a été mis en place. Il s’agit d’un renforcement institutionnel permettant d’accélérer l’adoption des principes, politiques, pratiques, normes et outils de l’éco-construction en Tunisie, en cohérence avec ceux de l’Union Européenne. La Direction générale des Bâtiments Civils (DGBC) relevant du Ministère de l’Equipement, (ME) est le bénéficiaire direct du présent projet de jumelage. Dans le cadre de ce projet de jumelage, outre les directions générales du ministère, d’autres ministères, institutions et organismes concernés, ayant un impact sur les objectifs de ce jumelage, pourront être éventuellement associés et ou bénéficier des activités, nous citerons quelques uns tels que le Ministère de la Planification et de la Coopération Internationale (MPCI), le Ministère de l’Industrie et de la Technologie (MIT), le Ministère de l’Agriculture et de l’Environnement (MAE), le Ministère de l’Enseignement Supérieur (MES), l’Agence Nationale de la Maîtrise de l’Energie (ANME), le Centre d’Essai et des Techniques de Construction (CETEC), l’Institut National de Normalisation et de Propriété Intellectuelle (INNORPI), l’Ecole Nationale d’Architecture

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et d’Urbanisation (ENAU), l’Ecole Nationale d’Ingénieurs, la Fédération Nationale du Bâtiment et des matériaux de construction, etc.

Objectifs spécifiques Cette étude se développera selon les quatre axes stratégiques d’intervention suivants : 1. La législation et la réglementation intégrant les aspects liés à l’éco-construction développés et harmonisés dans les perspectives des principes, politiques, pratiques, normes et outils dans l’Union Européenne et les tendances mondiales, pour inscrire la construction durable dans les textes législatifs et réglementaires tunisiens. 2. Un renforcement de la communication sur l’éco-construction pour sensibiliser les centres d’influence et les populations cibles aux bien-fondés de l’éco-construction. Il s’agit d’une communication de fond sur l’existant, le savoir, le savoir-faire, les réalisations aux niveaux national et international. La stratégie de communication/sensibilisation facilitera l’adoption des bâtiments durables et de l’écoconstruction, fournira les compléments de connaissances essentielles, favorisera la R&D/I pour y pallier et communiquer les messages pertinents s’adressant aux différents centres d’influence. 3. Un développement des capacités managériales de la DGBC, nécessaires à la diffusion des pratiques de l’éco-construction dans la construction des bâtiments civils. Ce renforce-

ment de capacités a pour objectif de renforcer la maîtrise actuelle permettant l’ancrage de l’éco-construction dans les bâtiments civils, en réponse à l’évolution des attentes de la société. 4. Le renforcement des capacités d’intervention de la DGBC en éco-construction, développe les capacités techniques des principaux intervenants dans l’éco-conception par une montée en compétences au travers d’ateliers et de séminaires d’information et de formation ainsi qu’au travers d’un cas pratique grandeur nature (projet de construction).

Etats membres partenaires du projet de jumelage Un consortium France, Allemagne et Portugal soit : Le Ministère Français de l’Écologie, du Développement Durable, des Transports et du Logement (MEDDTL), en consortium avec le Ministère Fédéral Allemand des Transports, de la Construction et du Développement Urbain (BMVBS) et le Laboratoire National de Génie Civil (LNEC) du Portugal. Le calendrier de mise en œuvre du projet prévoit : - Date de contractualisation : Décembre 2011. - Début des activités du projet : Janvier 2012. - Achèvement du projet : Décembre 2014. - Durée de la période d’exécution : 24 mois. - Budget : 1.200.000 €


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DÉBAT

L’éco-construction en Tunisie

OBJET D’UNE COOPÉRATION AVEC L’UNION EUROPÉENNE, SON APPLICATION AU LOGEMENT ATTENDRA

Cette coopération directe avec le Ministère la Direction Générale des Bâtiments Civils. tion). Le ménage familial est également celui le de l’Equipement, de l’Habitat et de l’Aména- Cette dernière aura en charge la proposition plus impacté par la hausse du coût de l’énergie gement du Territoire, vise un « renforcement de textes règlementaires relatifs aux bâtiments et trouvera, dans un habitat économe et sain, un institutionnel permettant d’accélérer l’adop- civils, le suivi des concepteurs et des entre- levier pour augmenter sa solvabilité. prises de travaux, puis La normalisation de l’éco-construction peut tion des principes, politiques, pratiques, « Le projet de coopération aspire à la mise en place d’une passer par un cadre règlementaire avec des normes et outils de la définition d’un cadre réglementaire stratégie de communi- normes en vigueur et une obligation de faire, c’est le cas de la France suite au Grenelle de l’éco-construction en pour l’éco-construction et à générer un cation. l’Environnement en 2007. Que l’organe construcTunisie ». effet d’entrainement via un projet teur de l’Etat montre Et/ou une démarche volontaire, cas des pays L’éco-construction, pilote et démonstrateur ». l’exemple dans l’édi- scandinaves et germanophones où l’éco-consrappelons le, consiste fication des bâtiments truction, portée individuellement, découle à édifier un bâtiment : 1. inscrit dans une démarche d’éco-conception : publics, est une très bonne initiative. Je reste, d’une demande sociale et ce depuis les anen revanche, dubitative quant au degré d’en- nées soixante-dix. implantation et orientation optimales ; 2. utilisant des matériaux locaux, très peu traînement et de duplication qui pourrait dé- Dans le cas de la Tunisie, l’éco-construction existe, se bricole et se confond avec la notion couler du mode opératoire retenu. transformés ; d’habitat traditionnel. Quelbâtiment 3. répondant à des dispositifs constructifs pour Le « En 2009, 77 % de la production de ques principes de « bons dans une haute performance énergétique et un consomme, logements s’est faite par les particusens constructifs » se transsa globalité, 27 % chantier à faible empreinte écologique ; liers, une spécificité tunisienne d’orimettent entre générations ; 4. dont l’exploitation valorise les énergies re- du besoin énergégine économico-culturelle. Seulement des matériaux sains et à faitique de la Tunisie, nouvelables. 22 % des logements sont produits par ble taux d’énergie grise Le projet de coopération aspire à la définition presque autant que les promoteurs privés ». se perpétuent ; tels que la d’un cadre réglementaire pour l’éco-construc- le secteur du transpierre, la brique de terre, tion et à générer un effet d’entraînement via un port, mais 17 % de projet pilote et démonstrateur. L’ensemble de la consommation revient à l’habitat. Le secteur la chaux. La récupération des eaux pluviales ces objectifs sera conduit exclusivement par résidentiel représente, de facto, le plus grand continue à être d’usage dans certains milieux gisement d’économies d’énergie. 60.000 loge- socio-culturels. ments sont produits annuellement, en moyen- La coopération bilatérale, en cours, aspire à une action efficace d’ampleur nationale et ne en Tunisie. En 2009, 77 % de la production de logements se donne les moyens techniques et économis’est faite par les particuliers, une spécificité ques pour y arriver. Celle-ci ne devrait elle pas tunisienne d’origine économico-culturelle. s’étendre à des projets pilotes conduits par des Seulement 22 % des logements sont produits particuliers, auto-constructeurs ou entreprepar les promoteurs privés. Le ménage familial, neurs afin que l’effet d’entraînement soit asprivilégiant la forme « habitat individuel » ou « suré et éviter que la standardisation de l’écoindividuel groupé », est le producteur le plus ac- construction ne devienne un vœu pieux ? tif du secteur résidentiel, bien avant le promoteur privé ou celui institutionnel (1 % de la producRabiaa Mghaieth Enckell Bloc : http://agitateurdes chosesurbaines.htetfort.com 16 Archibat 24 / 12 - 2011


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NAISSANCE DE TUNISIA GREEN BUILDING COUNCIL Tunisia Green Building Council (TGBC), une ONG destinée à soutenir la construction et l’aménagement durables, à porter la position tunisienne à l’international et à renforcer l’offre des entreprises nationales dans le domaine, est en train de voir le jour.

TGBC compte rassembler les acteurs publics et privés intéressés par la conception et la construction des bâtiments verts et l’aménagement durable des communautés et des villes. L’association est le maillon tunisien de l’organisation World Green Building Council (World GBC), un réseau international fondé en 2002 pour accélérer la transformation du bâtiment vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Il s’appuie sur des conseils nationaux visant la création des conditions favorables au développement du marché du bâtiment vert. TGBC a été fondé par un groupe de professionnels Tunisiens motivés, résidant en Tunisie et à l’étranger, œuvrant dans différents domaines liés au secteur de la construction. Le bureau fondateur comprend les membres suivants : - Dr. Walid Ghannouchi, PhD Banking & Finance, Consultant pour le secteur financier Tunisie. - Hend Ben Othman Bacha, Architecte - Urbaniste, Enseignante - Chercheure en urbanisme et aménagement à l’Institut des technologies de l’environnement, de l’urbanisme et du bâtiment - Tunisie. - Hedi Slama, Architecte, LEED AP BD+C USA. - Afef Ellouze, Architecte, LEED AP BD+C USA. - Amel Souissi Talbi, Architecte, Directrice et fondatrice de la revue maghrébine d’aménagement de l’espace, Archibat - Tunisie. - Ali Ben Hmid, Ingénieur, Expert en audit energétique - Tunisie. - Mounir Majdoub, économiste, spécialiste en

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politiques énergétiques, de l’environnement et du développement, consultant auprès d’organisations internationales (UNDP; USAID, GTZ …). Expert senior en politiques de l’environnement auprès de la GIZ à Tunis. - Mongi Bida, Ingenieur en Genie Civil, Ingénieur Conseil en Fluides / Expert en énergétique du bâtiment, Efficacité Énergétique et Énergies Renouvelables (B.E. CEESEN) - Tunisie. - Mounir Bahri, Directeur Général du CTMCCV (Centre Technique des Matériaux de Construction de la Céramique et du Verre) - Expert dans le domaine de la maîtrise de l’énergie dans le secteur du bâtiment et à l’origine de la mise en place de la première réglementation thermique des bâtiments neufs en Tunisie. - Dr. Dorra Ismail, Architecte, HDR en architecture - France. - Rym Baouendi, Consultante en Développement Durable, LEEP AP, Estidama PQP, BREEAM Assessor - Emirats Arabes Unis. TGBC vise à mobiliser l’ensemble du secteur tunisien de la construction, grâce à la diversité et la complémentarité de ses membres, et souhaite rassembler au travers d’une structure associative les acteurs représentants l’ensemble des disciplines professionnelles – architectes, bureaux d’études, maîtrise d’ouvrage, entreprises et fabricants, acteurs du secteur de l’énergie (producteurs, gestionnaires et services énergétiques), collectivités, banques et assurances, maîtrise d’œuvre publique et privée, propriétaires et utilisateurs, centres techniques et certificateurs, centres de ressources, associations et ONG, organismes de recherche – et tous les niveaux d’intervention : locaux, nationaux et internationaux. Le programme d’activités du TGBC comportera des actions nationales et internationales, en matière de partage de retours d’expérience,

de communication, de clarification de l’offre de certifications et labels, de la sensibilisation du public et des milieux professionnels et de formation. Trois membres fondateurs de TGBC ont participé au Congrès International du WorldGBC et au Green Build Expo 2011 à Toronto - Canada, du 4 au 7 octobre. A propos du World Green Building Council : Le WorldGBC est un réseau international fondé en 2002, ayant pour mission d’accélérer la transformation du cadre bâti vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. Le WorldGBC s’appuie sur des conseils nationaux visant la création des conditions favorables au développement mondial du marché « bâtiment vert ». Le WorldGBC est une coalition internationale qui représente l’industrie globale du bâtiment, dont les nations membres du réseau représentent 50 % du chiffre d’affaires du secteur. Le WorldGBC fournit un forum international, et soutient les outils qui accélèrent de manière significative la transformation du marché vers des bâtiments plus durables et efficaces. Favoriser une communication et une collaboration efficaces entre les conseils, les pays et les leaders de l’industrie, partager les meilleurs pratiques et outils, fait partie des objectifs du WorldGBC. Les Conseils GBC sont des organismes à but non lucratif, qui assurent une représentation variée et intégrée de tous les secteurs de la construction. Basée à Toronto (au Canada), le WorldGBC compte aujourd’hui 66 conseils nationaux (Australie, Brésil, Canada, EtatsUnis, Royaume-Uni, entre autres…) Pour plus d’informations sur le World GBC : www. worldgbc.org


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