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N°21 Février - Mars 2012

à Toulouse www.toulouse.fr

LE MAGAZINE D’INFORMATIONS DE LA VILLE DE TOULOUSE

Dossier Centre-ville : le projet de Joan Busquets P.10

P.18 BUDGET 2012 Transports Tram Garonne : les travaux démarrent P.21

MAÎTRISER, DÉVELOPPER 2 22%

On en parle Un Centre sur les orientations sexuelles P.28

Cultures Germaine Acogny revient au CDC P.52


Sommaire 4

En bref Retour et coup d’œil sur l’actualité de la Ville

Édito Pierre Cohen député-maire de Toulouse

À LA LOUPE 10 18 21 24

Le dossier du mois Le centre-ville se dessine Finances Le budget 2012 Transports Les travaux du tram Garonne Circulation Place au stationnement

INTERACTIVE 28

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On en parle Un Centre sur les orientations sexuelles C’est votre histoire Gens du voyage

PROXIMITÉ 38 44

Nouvelles des secteurs Ça se passe près de chez vous Occitan Viure al País

CULTURES 46 52 54 56 58 59 62

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Focus Un printemps au cinéma Face shoot Germaine Acogny Décodage L’année Garonne L’envers du décor Une semaine à Alban-Minville Tête-à-tête Laurent Pelly Sortir, bouger, rêver Patrimoine & Histoire Les métiers de la Garonne

Un nouvel élan pour Toulouse LA CRISE S’EST INSTALLÉE ET NUL NE PEUT EN PRÉVOIR L’ISSUE. Alors que le monde est assujetti aux marchés financiers, elle fait apparaître la nécessité de redonner toute sa force au politique et à son pouvoir de régulation. C’est une nouvelle mission pour l’État, c’est un nouvel enjeu pour les collectivités locales. Ces dernières représentent deux tiers des investissements publics. À Toulouse, entre la communauté urbaine, la Ville et les transports, près de 500 millions d’euros seront investis en 2012, tout en maîtrisant les dépenses de fonctionnement. Ces investissements sont à même de soutenir et même de relancer l’économie locale ! À TOULOUSE, nous apportons donc des réponses locales à cette crise mondiale. Des grands chantiers ont été lancés, pour servir le rayonnement de la métropole, pour développer la recherche et l’innovation, pour attirer des investisseurs et, au final, pour créer des emplois. 2012 et 2013 seront les années de la construction : un parc des expositions pour accueillir des manifestations internationales ; un grand campus dédié à l’aéronautique et au spatial, Toulouse Montaudran Aérospace ; le Quai des Savoirs pour développer la culture scientifique ; la mise en valeur du centre-ville, nouvel espace de vie et respiration pour tous les Toulousains ; l’aménagement du quartier Matabiau / Marengo dans la perspective de l’arrivée de la LGV ; la poursuite du GPV… Sans oublier bien sûr un réseau de transports en commun performant, dont le prolongement de la ligne de tramway jusqu’au Palais de justice constitue la première étape. PARALLÈLEMENT à ces grands chantiers qui vont redessiner le paysage urbain de Toulouse et hisser notre ville au rang des métropoles européennes, des équipements publics de proximité sont construits, pour favoriser le lien social dans les quartiers, améliorer la qualité de vie des Toulousains. Après la patinoire et la piscine Alex-Jany, après l’Espace Job, nous inaugurerons cette année la Médiathèque grand M du Mirail, l’espace des diversités et de la laïcité dans le centre-ville, la première maison de la citoyenneté à Niel… Des crèches et des écoles ouvriront leurs portes, comme celles de Pont-Jumeaux ou de Lucie-Aubrac. La salle des musiques actuelles de Borderouge, la maison de l’image de la place Abbal, le jardin public de la ZAC Niel sont lancés.

Expressions politiques ALORS OUI, un nouvel élan a été donné, pour faire de Toulouse une force de rayonnement et d’attractivité, une force de solidarité et de partage.

à Toulouse n°21 · Magazine d’informations de la Ville de Toulouse · 17, rue de Rémusat, 31 000 Toulouse · Courriel infos générales : atoulouse@mairie-toulouse.fr · Courriel infos culturelles : agenda.culturel@mairie-toulouse.fr · Directeur de la publication : Pierre Cohen · Comité éditorial : François Briançon, Vincentella de Comarmond, Martine Croquette, Jean-Michel Fabre, Antoine Maurice, Sonia Ruiz · Jean-François Portarrieu · Ont participé à ce numéro : Christian Delfau (coordination générale) · Rédaction / chefs de rubrique : Audrey Brégou, Ève Lasbats · Interface web / secrétariat de rédaction / correctrices : Christelle Célarié, Pascale Odion · Photothèque : Valérie Ferret · Pigistes : Christophe Abramovsky, Nicolas Belaubre, Laurence Bureau, Julie Duquenne, Juliette Farelli, Nicolas Héry, Sébastien Iwansson, Natacha Scheidhauer-Fradin, Bénédicte Soula · Reportages photos : Patrice Nin, Guillaume Fraysse, Joachim Hocine, Frédéric Lancelot, Frédéric Maligne, Christian Nitard, Didier Taillefer · Infographie / mise en page / prépresse : Valérie Fuster, Véronique Raynal, Pierre-Éric Petit (dont illustration de Une) · Chef studio : Franck Le Callonec · Illustrateurs : Arnaud Bauville, Aurélie Fourrier · Dessinateur de presse : Jiho · Pages patrimoine / histoire : Studio Différemment · Chronique occitane : Pierre Escudé, Magali Blénet · Photogravure : Picto · Impression : Sud Graphie Rotative · Tirage : 287 000 exemplaires · Gestion diffusion : Pascale Pastor · Distribution : Mediapost · Contrôle de distribution : Audit Media Communication · Licences d’entrepreneur de spectacles : n°2-1025107, n°3-1025105 · Dépôt légal à parution · Imprimé sur papier certifié « PEFC TM », issu de la gestion durable des forêts (N° chaîne de contrôle : CTBA/07-0800, N° de certificat : 299/2007) .

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RUOTER UN PAS DE PLUS VERS LA PROPRETÉ Une convention a été signée début janvier par la communauté urbaine, la CCIT et la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de Haute Garonne pour améliorer la propreté dans la ville et l’agglomération. Elle fait partie du Défi propreté lancé en 2010 et porte notamment sur la collecte quotidienne des cartons, le nettoyage des terrasses et des pas de porte, et la mise à disposition de cendriers sur les terrasses. Les équipes de la collectivité, les commerçants et artisans sont mobilisés. Si, de plus, chaque citoyen fait un effort, l’espace public sera encore plus propre, car la propreté reste l’affaire de tous.

LE CENTRE-VILLE COLLECTE SES CARTONS Le nouveau dispositif d’enlèvement des cartons des commerces du centreville porte ses fruits. Sur 30 semaines, 480 tonnes ont été collectées soit en moyenne 16 tonnes par semaine. Les volumes sont en progression constante et ont atteint 20 tonnes en décembre. Le carton collecté est directement conditionné et expédié vers la filière de valorisation.

FAHRENHEIT, PLEIN D’ÉNERGIE La plate forme thermique Fahrenheit, présidée par Bruno Desaunettes, a été sélectionnée par l’État au titre des investissements d’avenir. Elle a aussi reçu le soutien de la communauté urbaine du Grand Toulouse et de la Région. Cette structure ouvre aux industriels et plus particulièrement aux PME, à un coût accessible, des compétences, savoir-faire et équipements mutualisés qu’aucun organisme ou entreprise ne pourrait constituer isolément. Fahrenheit, 5, avenue Didier-Daurat, 05 34 43 97 38

MUSIQUE CLASSIQUE SUR INTERNET La première retransmission gratuite sur Internet d’un concert de l’Orchestre national du Capitole en direct a eu lieu en décembre dernier sur Medici Tv, leader mondial de la musique classique sur le web. Ce partenariat se poursuit en 2012. www.medici.tv

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L’AMITIÉ TOULOUSO-PALESTINIENNE SCELLÉE EN MUSIQUE Pour la première fois, Toulouse a accueilli fin janvier l’Ensemble national de musiques arabes de Palestine (ENMAP), dirigé par Ramzi Aburedwan. Un concert exceptionnel donné par une trentaine de musiciens palestiniens a redonné vie à un héritage musical arabe d’une grande richesse. Ce moment fort démontre la vitalité de la culture palestinienne et de l’amitié entre Toulouse et la Palestine. L’accord signé en 2009 entre Toulouse et Ramallah porte notamment sur des échanges culturels et universitaires. Il concerne le cirque (circassiens du Lido et école de cirque de Ramallah), la musique avec l’intégration d’étudiants palestiniens au conservatoire à rayonnement régional et, prochainement, les arts (Académie des BeauxArts de Ramallah et école des Beaux-Arts de Toulouse).

Faire un plouf dans Castex Après deux mois de trêve grand froid, la piscine extérieure Castex (au Parc des Sports sur l’île du Ramier) rouvre au public chaque dimanche après-midi, du 4 mars au 27 mai, de 13 h 30 à 19 h 30.

MP3, mollo dans le métro ! « Moins fort, moins souvent, mais pour longtemps ! » Voilà le message choc de la première campagne de sensibilisation à l’écoute du MP3 et autres baladeurs dans les transports en commun, destinée en particulier aux adolescents. Cette campagne, décalée et pleine d’humour, a été proposée par Agi-Son, l’association interprofessionnelle sur les questions de gestion sonore du spectacle vivant. Le message est clair : il n’est pas normal d’avoir des problèmes d’audition en étant jeune. D’après une étude chez les jeunes midi-pyrénéens, environ 3 jeunes sur 10 déclarent utiliser un baladeur, assister à des concerts ou aller en discothèque de façon régulière. Près de 56 % d’entre eux ont été exposés à un ou plusieurs facteurs de risques. La campagne se déploie le mois prochain à Toulouse, sur réseau de métro Tisséo, notamment dans le cadre de la journée nationale de l’audition, le 8 mars. Elle est relayée par Avant-Mardi, relais d’Agi-Son en Midi-Pyrénées et soutenue par la mairie de Toulouse. www.ecoute-ton-oreille.com - www.agi-son.org


AVANCE ACCESSIBILITÉ AU PUBLIC La loi Accessibilité de 2005 impose à tous les établissements recevant du public d’être accessibles à tous les types de handicaps dès 2015. Afin de sensibiliser à cette problématique les 10 000 commerçants et artisans de vitrine toulousains, une réunion d’information aura lieu le 24 février à l’Espace Vanel de la Médiathèque. Le comité de pilotage du plan local d’action pour le commerce (Ville, CCI, CMA) diffusera un guide des bonnes pratiques, conçu avec le concours de la direction départementale des territoires (État).

Attention à la qualité de l’air La météo hivernale est parfois propice à la concentration de polluants. Le seuil de concentration en particules en suspension de 50 microgrammes par mètre cube a été dépassé à Toulouse début janvier, entraînant la mise en place d’une procédure d’information du public. À cette occasion, l’Observatoire régional de l’air en Midi-Pyrénées (Oramip) a émis un certain nombre de recommandations : pratiquer le covoiturage, limiter la vitesse, utiliser les transports en commun… Par ailleurs la communauté urbaine du Grand Toulouse a rappelé qu’il était aussi interdit de brûler des déchets verts à l’air libre, dans ces conditions atmosphériques particulières. Air Santé : 05 61 77 94 44 Infos techniques : 05 61 15 42 46 www.oramip.org

Offensive à l’international La marque So Toulouse ! (« Tellement » Toulouse !) est lancée. Elle va promouvoir les atouts touristiques de la métropole et contribuer à son rayonnement « Ce nouveau label concerne à la fois le tourisme d’agrément et le tourisme d’affaires » indique Sonia Ruiz, présidente de l’Office de tourisme. So Toulouse !, propriété de la Ville de Toulouse, sera en effet exploitée également par la SEML créée en 2009 pour développer le tourisme d’affaires. Présentée fin 2011 aux professionnels, puis aux Toulousains lors du salon Mahana début février, So Toulouse ! prendra son envol international lors du salon mondial du tourisme à Paris, à la mi-mars. Son ambition est d’attirer davantage d’évènements et de congrès mondiaux. Il est déjà acquis que Toulouse accueillera en 2013 la Conférence mondiale sur les canaux et les voies navigables (500 congressistes), le Congrès européen ESMRMB de médecine et de biologie (en 2013 également) et le Forum international IFAC (3 500 congressistes) en 2017. So Toulouse ! se décline sur plusieurs thèmes (So Sport, So Technologie, So Culture…). « C’est une décision forte qui vient renforcer notre politique en faveur du tourisme », confirme le député-maire Pierre Cohen.

Jeunes du monde en Israël et Palestine Dans le cadre du jumelage Toulouse - Tel Aviv et de la coopération Toulouse - Ramallah, l’association Jeunes du monde et sa compagnie artistique se déplacent pour trois concerts du 14 au 21 avril à Tel Aviv, Neve Shalom - Wahat as Salam (le village de la paix), et à Ramallah. Des rencontres et ateliers auront lieu avec les jeunes dans chaque ville. L’association, basée à Toulouse, rassemble des jeunes de dizaines de pays différents et autant de cultures à travers un projet qui permet la rencontre. Elle développe le concept de citoyenneté sans frontières. Une étape de plus pour la structure qui avait accueilli des jeunes de Tel Aviv en 2007 dans le cadre de son Forum, puis deux artistes de Tel Aviv et Ramallah pendant un an dans le cadre de la création « Terre d’universel » présenté au TNT en 2011.

PRÉVENTION DES APHASIES L’association Groupe des aphasiques tchatcheurs du toulousain, avec le soutien de France AVC, de l’Alliance du cœur et Boehringer Ingelheim, organise une journée d’information sur la prévention des AVC et sur la fibrillation auriculaire. Elle aura lieu vendredi 30 mars dans la salle Osète, 6, rue du Lieutenant-ColonelPélissier. Entrée gratuite ouverte à tous.

SI L’AVEYRON M’ÉTAIT CONTÉ Amoureux du bon vivre, des grands espaces, des savoir-faire artisanaux de la bonne chère, le salon « Si l’Aveyron m’était conté » revient sur la place du Capitole les 17 et 18 mars. Stands, dégustations, danses et animations sont au programme. http://aveyronnaisdu31.free.fr

POUR L’ÉGALITÉ FILLES-GARÇONS La Ville de Toulouse a créé un prix littéraire jeunesse « Égalité Garçons - Filles » destiné aux jeunes élus du conseil municipal des enfants. Il sera décerné à la médiathèque José-Cabanis le 7 mars, à 15 heures, dans le cadre des manifestations prévues à l’occasion de la Journée internationale de la Femme du 8 mars. Ce prix compte lutter contre les stéréotypes sexués véhiculés par les manuels scolaires, faire travailler les enfants sur ces représentations, participer à l’apprentissage des valeurs de respect de l’autre sexe et enfin sensibiliser les enfants à leur droit pour l’égalité de traitement et à une vie libre de toute discrimination.

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RUOTER L’INNOVATION TOULOUSAINE RÉCOMPENSÉE À la mi-décembre, le Conseil national du bruit a remis à la Ville de Toulouse le Décibel d’Or. L’Office de la Tranquillité, qui contribue efficacement à l’amélioration de l’environnement sonore des Toulousains, voit ainsi son travail récompensé. Tisséo-SMTC a reçu le Pass d’Or du 20e Palmarès des Mobilités organisé par le magazine Ville, Rail et Transports, pour son action en faveur de l’extension du réseau métro-tram-busTAD, sa politique tarifaire, les partenariats avec d’autres collectivités et la création de services et de projets innovants. Ces distinctions portent à 7 le nombre de récompenses obtenues en 2011 en matière d’innovation. La métropole toulousaine a gagné le Palmarès national Écoquartier (avec le projet Vidailhan), obtenu le Territoria d’Or pour ses idées innovantes en matière d’aménagement des espaces publics et le prix de la Capitale française de la biodiversité. Elle s’est vu décerner la mention spéciale du jury du Festival Fimbacte dans la catégorie Innovation. Elle a été aussi désignée lors des Victoires des acteurs publics 2011. De plus, Toulouse a été élue 1ère ville où il fait bon étudier par le magazine l’Étudiant. « Ces distinctions montrent que nous pouvons être innovants dans des domaines aussi variés que l’écologie, la biodiversité, les transports, la lutte contre les nuisances sonores, la propreté, l’éclairage public ou la culture », a commenté Pierre Cohen. Ce 11 février à la Halle aux grains, le sommet de l’innovation Futurapolis, organisé par le magazine Le Point, est venu confirmer l’excellence toulousaine.

L’envol de Toulouse Montaudran Aérospace Le site de Toulouse Montaudran Aérospace est en effervescence. Après la visite, en décembre, de 14 maires et délégations du réseau des villes de l’Aéropostale reçus par Pierre Cohen, le Groupe Air France a officiellement attribué à la Ville de Toulouse une dizaine d’hectares dont il était propriétaire sur le site. L’ensemble de la zone est promis à un grand développement et mêlera logements, commerces, établissements de recherche, de formation et entreprises. Ainsi, la première pierre de

l’Espace Clément-Ader a été posée le 19 janvier dernier. Conçu par l’agence d’architecture Séquences, il sera construit sous maîtrise d’ouvrage du Pres-Université de Toulouse. Cet ensemble de plus de 10 000 m² réunira plusieurs entités de recherche et de transfert de technologies, dont un centre de calcul numérique et l’Institut Clément-Ader qui travaillera sur les nouveaux matériaux dans les domaines de l’espace, de l’aéronautique, des transports et de l’énergie.

En avant la navette

DES MOYENS POUR LA JEUNESSE Le Contrat Enfance Jeunesse (CEJ) 20112014 a été signé entre la Ville de Toulouse et la CAF début janvier. Cet accord a pour but de développer l’accueil des enfants et des jeunes de 0 à 17 ans. Il va permettre notamment de créer un total de 1 056 places de crèche à l’horizon 2014. Il prévoit également la création et le développement de la capacité des accueils de loisirs, des lieux d’accueil jeunes, des séjours vacances adolescents, des CLAE et des ludothèques. Six postes de coordination seront également créés.

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La navette centre-ville, qui sillonne le cœur de Toulouse, a changé son itinéraire depuis fin janvier. Toujours au départ du Cours Dillon, elle rejoint la place du Parlement par le quai de Tounis et la rue de la Dalbade, puis la place Wilson par les rues Croix-Baragnon, Boulbonne, Saint-Antoine du T ; emprunte la rue d’Alsace-Lorraine avant de revenir par

la rue de Rémusat, ces deux arrêts étant en place depuis peu. Désormais elle circule dans les rues Gambetta et Suau pour rejoindre le Pont Neuf et ne dessert plus les rues des Lois, Valade et le quai Lombard. Sur l’itinéraire de la navette, la montée et la descente se font à la demande. www.tisseo.fr.


AVANCE

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Le du mois

les résultats des commissions d’admission en crèche sont publiés mensuellement sur toulouse.fr. À partir de ce jour, les familles peuvent consulter ainsi l’avancée de leur dossier. www.toulouse.fr

“Le Nuage Vert” ou la science inhumaine

Le Prix Laffont à un chercheur américain Le député-maire Pierre Cohen et Hervé Ossard, directeur de l’institut d’économie industrielle (IDEI), ont remis le prix JeanJacques Laffont 2011 à Robert M. Townsend, professeur d’économie au MIT (USA), le 12 janvier dernier, salle des Illustres.

RECHERCHE DE BÉNÉVOLES L’association Les Auxiliaires des Aveugles vient d’ouvrir une nouvelle délégation à Toulouse. Elle recherche des bénévoles qui l’aideraient à remplir sa mission auprès des déficients visuels. www.auxiliaires-toulouse.asso.st

ÉTHIQUE ET SPORTS DE COMBAT Les 11èmes Journées de réflexion et de recherche sur les sports de combat et les arts martiaux (JORRESCAM) se dérouleront à Toulouse UT1, du 15 au 16 mars, en présence des chercheurs, d’étudiants toulousains et de conférenciers de huit nationalités différentes. Ancienne Manufacture des Tabacs de Toulouse, amphi Isaac, 21, allée de Brienne, Toulouse. touboul@cict.fr - 05 61 63 35 59 www.univ-tlse1.fr

PINDER AU ZÉNITH Le cirque Pinder présente jusqu’au 28 février son nouveau spectacle « L’incroyable festival du rire, du frisson et des animaux », sur le parking du Zénith. Deux à trois représentations chaque jour. Visite du zoo de 10 h à 19 h. www.cirquepinder.com

La pièce de théâtre « Le Nuage Vert », écrite par le Toulousain Claude Cohen, est basée sur des faits réels puisqu’elle fait référence au gaz moutarde utilisé lors de la première Guerre Mondiale. Elle a été jouée le 18 janvier à l’université Paul-Sabatier, en présence d’Axel Kahn, qui a ensuite débattu avec le public sur l’ambivalence des découvertes scientifiques. Ce premier rendez-vous inaugure un cycle de culture scientifique pour fêter le centenaire du prix Nobel de Paul Sabatier. www.univ-tlse3.fr

LE CCAC SE RENOUVELLE !

Les chiens ont leur exposition Qu’ils soient courants, d’arrêt, de rapport, d’eau, leveurs de gibier, les chiens sont les stars de l’exposition internationale canine de Toulouse, les 25 et 26 février. La Société canine de la Haute-Garonne organise ce concours pour lequel 30 juges jugeront toutes les races de chiens en fonction de leur beauté, passés au crible sur un ring : chiens de chasse, terriers, chiens dits « primitifs », bergers, molossoïdes ou encore chiens d’agrément ou de compagnie… En parallèle un village présente de nombreux chiots en vente, des défilés de mode, des présentations de meutes. De quoi être incollable en matière de toutous. Les 25 et 26 février au parc des expositions de Toulouse. 05 61 20 31 44 - www.schg.fr

Le Conseil consultatif des Arts et de la Culture (CCAC) a été mis en place en 2009, suite aux Assises de la Culture, pour suivre la mise en application du projet culturel de la Ville. Il est composé de 30 membres, répartis en quatre collèges : établissements culturels municipaux, opérateurs, artistes, société civile. De façon transversale, un groupe de travail sur les « publics de la culture » est complété par un second groupe sur « la pratique amateur ». Deux tiers des membres sont tirés au sort et le tiers restant est désigné par la Ville. Les collèges se réunissent deux fois par semestre et il y a deux réunions plénières par an. Ses 30 membres seront renouvelés en mars, à l’occasion de la séance plénière, après tirage au sort. Les candidatures peuvent se faire avant le 29 février, par mail : ccac@mairie-toulouse.fr en précisant le collège où on postule. Informations : 05 62 27 64 74

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SOUPIRS JARDIN

10 > 15 DOSSIER

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Finances

Transports

Circulation

Urbanisme

Budget 2012, maîtrise et volontarisme

Tram Garonne, début des travaux

Place au stationnement

Le nouveau visage du centre-ville

+ www.toulouse.fr Plus de photos, d’interviews ou d’articles

TRANQUILLITÉ

La brigade équestre entre en scène Vous les avez peut-être croisés au Jardin des Plantes, aux Argoulets ou à Sesquières. Les dernières recrues de la police municipale répondent aux doux noms de Thé vert, Confitero, Empordanes, Onuvenso et Shilling. Hébergés et soignés par l’École vétérinaire de Toulouse, ces cinq purssangs – quatre de pure race espagnole et un selle français – patrouillent depuis janvier aux abords de la ville. Après New-York, Londres ou, plus proches de nous, Tarbes et Blagnac, Toulouse a décidé de s’équiper à son tour d’une police montée et lui dédie un budget de 200 000 euros. Ses missions ? Assurer la tranquillité des Toulousains, privilégier le contact avec les habitants, prévenir la délinquance. En plus de faciliter les échanges avec la population, souvent curieuse et bienveillante à l’égard de l’animal, ce dernier offre à son cavalier une vision en hauteur, panoramique, qui lui permet de détecter aisément un incident dans une foule. Un atout non négligeable pour les huit policiers municipaux qui composent la brigade équestre. Titulaires du galop 7, ces cavaliers chevronnés ont suivi une formation à la Garde républicaine. Pour l’instant, les chevaux limitent leurs galops d’essai aux jardins publics et espaces verts. Une fois accoutumés à la vie urbaine, familiarisés aux voitures et aux piétons, ils viendront frotter leurs sabots au bitume du centre ville.

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DOSSIER Centre-ville

Un nouveau visage DEMAIN URBANISME L’architecte-urbaniste catalan Joan

Busquets redessine le centre-ville de Toulouse pour tous. Des Ponts-Jumeaux au Grand-Rond en passant par Saint-Cyprien à l’ouest et le long du canal du Midi à l’est, 635 hectares sont concernés par ce nouveau schéma directeur. Les travaux des premières actions pilotes démarrent.

U

ne « ÉVOLUTION plutôt qu’une révolution ». L’architecte-urbaniste cata lan Joan Busquets a toujours défendu un projet pragmatique pour le réaménagement du centre-ville : sans grand changement radical, mais avec une vision globale plus aérée et plus cohérente des 635 hectares qui s’étendent des Ponts-Jumeaux au GrandRond en passant par Saint-Cyprien. Pour lui, le patrimoine existant bénéficie déjà d’une « structure assez forte » qui constitue « un formidable potentiel ». « Il suffit juste de trouver des mécanismes souples pour amener des petits changements en améliorant les articulations entre les espaces publics », précise l’auteur du renouveau urbain de Barcelone. Un argument qui a séduit le maire de Toulouse. « Nous n’avons pas voulu révolutionner le centreville qui possède une véritable identité et auquel les Toulousains sont attachés, explique Pierre Cohen. Il s’agit plutôt de mettre en valeur son patrimoine, de mieux utiliser les espaces, de créer de meilleurs partages entre les différents usages, de rendre le centre à la fois plus attractif et plus apaisé. »

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AUJOURD’HUI


pour le centre-ville

Partage de l’espace, fluidité, végétation… Le boulevard Lascrosses bénéficiera d’un renouveau urbain.

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DOSSIER Centre-ville

© BAU-B ARQUITECTURA Y URBANISMO SLP

L’EAU, ÉLÉMENT CENTRAL. Pour ce faire, un « schéma directeur » – autrement dit une feuille de route – sera officiellement acté en cours d’année. Mais ses grandes lignes ont déjà été dévoilées, avec l’eau pour fil rouge. Axe fort du projet ? Placer la Garonne et le canal du Midi au cœur de l’espace urbain. Des actions pilotes vont ainsi être menées dès cette année afin d’améliorer les liaisons vers le fleuve, notamment via les rues Pargaminières et Romiguières (lire page 14). À terme, l’idée est de faire de la Garonne un espace de convivialité : certains pourraient se baigner dans des piscines flottantes pendant que d’autres emprunteraient une navette fluviale, voire même un pont amovible, pour rejoindre l’autre rive.

ENTRETIEN

« Vers une nouvelle culture du centre »

Joan BUSQUETS, architecte-urbaniste en charge du projet de réaménagement du centre-ville

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DES DÉPLACEMENTS PLUS DOUX. Parmi les autres points majeurs du projet, Joan Busquets prévoit une réduction significative de la circulation automobile au profit des transports en commun, des vélos et des piétons. D’après les études menées par son agence, 25 % des voitures ne font aujourd’hui que traverser le centre-ville sans s’y arrêter. Il s’agit donc de proposer un plan de circulation avec un système de « boucles » évitant ainsi le transit, sans pour autant pénaliser les résidants qui y vivent ni les commerçants qui y travaillent. À terme, le nombre de places de stationnement sera également réduit, et la priorité sera donnée aux automobilistes qui vivent dans le centre-ville. Mais si limiter le « robinet à voiture » s’impose à l’urbaniste catalan comme une nécessité, qui plus est dans une ville du XXIe siècle, l’idée n’est pas de l’imposer du jour au lendemain, mais de veiller à ce que ce changement de culture et de mentalité s’opère de manière progressive.

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Vous avez dévoilé votre projet global en octobre dernier. Quelles sont les dernières avancées ? Nous entrons désormais dans la phase active en lançant plusieurs opérations pilotes, depuis la place du Capitole jusqu’à la Garonne. Cela nous permettra de tester quelques idées du projet global tout en faisant comprendre à la population comment le centre-ville va pouvoir s’améliorer.

Quelles améliorations ? Le centre-ville est déjà harmonieux, et ce grâce à la cohérence architecturale des différents espaces. Mais d’après nous, le rapport avec le fleuve est trop faible. Historiquement, la ville a tourné le dos à la Garonne parce que les gens craignaient les inondations. Mais ce n’est plus le cas, et on peut vraiment amener la ville au fleuve. L’eau est un élément central de votre projet. Comment mener les Toulousains vers la Garonne ? Aujourd’hui, on se contente de regarder le fleuve. Il s’agit désormais de le vivre. Comment ? En améliorant notamment le rapport entre les deux rives. Dans un premier temps, nous proposons par

exemple de créer deux petits ports afin que des navettes fassent le passage pendant l’été. Dans le futur, nous envisageons également la création d’un pont amovible. On pourrait même construire des piscines flottantes dans le fleuve, comme à Copenhague, où elles remportent un tel succès qu’ils installent un troisième bassin ! Tous les gens aiment l’eau… La contempler c’est bien, mais il faut aussi pouvoir en profiter. Quels seront les premiers changements visibles ? Parmi les projets pilotes, celui du Capitole vise l’embellissement de la place et la diminution de la circulation tout autour. Les changements seront d’autant


© Joan Busquets - Arquitectura i Urbanisme

UN OCTOGONE STRUCTURANT. Enfin, pour améliorer les liens entre les différents espaces, le projet prévoit de s’appuyer sur un octogone dessiné par les principaux boulevards qui ceinturent le centre-ville (Lascrosses, Strasbourg, allées Jules-Guesde et Charles-de-Fitte). Objectifs ? Fluidifier ces grandes artères, estomper les interruptions, leur apporter une cohérence visuelle… Bref, faire de cet octogone un repère fort, structurant, bien identifié par les Toulousains. La circulation des bus et vélos y serait facilitée, de nouveaux espaces verts y seraient créés. Ces derniers viendraient compléter le volet « végétal » du projet qui a été confié au paysagiste Michel Desvigne. Une fois encore, il n’est pas question d’une révolution verte dans le centre-ville – qui bénéficie déjà de nombreux jardins – mais de l’ajout, ça et là, d’éléments végétaux. De nouvelles plantations viendront égayer certains espaces comme sur la place de la Daurade, et des « épines vertes » seront constituées sur certains axes comme les allées Jean-Jaurès. De quoi alimenter cette « évolution » progressive du centre-ville, dont les premiers embellissements seront visibles dès septembre 2013.

Une première esquisse de Joan Busquets livre sa vision du canal du Midi.

plus marqués que cette place est grande, emblématique, et que ses bâtiments extraordinaires seront valorisés. Par ailleurs, nous améliorerons les aménagements des rues Pargaminières et Romiguières pour établir une première approche du fleuve. La circulation des voitures n’y sera pas interdite mais réduite et principalement réservée aux résidants. La diminution de la place de la voiture semble une de vos priorités… Oui, car ce que nous souhaitons surtout introduire, c’est une nouvelle culture du centre-ville. Une culture du partage de l’espace. Une culture des modes doux où piétons et cyclistes seraient majoritaires. Aujourd’hui, trop de véhi-

cules traversent le centre sans s’y arrêter. Or nous voulons que les automobilistes qui s’y engagent aient quelque chose à y faire : que le centre soit leur destination et non sur leur trajet. La voiture doit être une invitée, pas un protagoniste. Le stationnement risque de devenir un casse-tête. Que proposez-vous pour inciter les automobilistes à se garer en dehors du centre ? En menant nos études, nous nous sommes rendus compte que les parkings existants ne délivraient pas tout leur potentiel et offraient encore pas mal de places. Il suffit de les améliorer et d’assurer leur desserte par un réseau de transports en commun plus confortable.

UNE ÉQUIPE GAGNANTE Joan Busquets, Prix Spécial du jury 2011, et son cabinet BAU-U se sont associés à deux autres pointures de l’urbanisme pour réaliser le projet de réaménagement de l’hyper-centre toulousain.

Michel Desvigne pour les espaces verts Basée à Paris, l’agence Michel Desvigne Paysagiste réalise actuellement des études dans plus de douze pays. Réputée pour sa rigueur et son style contemporain, elle dispose dans son carnet de références des projets tels que le Dallas Center for the Performing Arts, l’ensemble des espaces publics de Lyon Confluence 2, le plan d’aménagement de Bordeaux rive droite ou encore des réalisations à la Keio University de Tokyo. Le Grand Prix de l’Urbanisme lui a été décerné en 2011.

Marc Aurel pour les éclairages Originaire de Marseille, Marc Aurel a fondé son agence, m.a studio, en 1996. Spécialiste du design urbain, il s’est notamment illustré lors de la mise en place du Plan lumière de la Cité phocéenne pour lequel il a reçu un Trophée des lumières en 2009. À Toulouse, son studio sera plus particulièrement en charge de la conception des éclairages publics.


DOSSIER Centre-ville

Les premières concré ACTIONS PILOTES Si le projet de Joan Busquets

dessine la ville de demain, sa réalisation s’amorce aujourd’hui. En attendant la présentation au public du schéma directeur courant 2012, les premières actions pilotes s’engagent dès février. Les rues Pargaminières et Romiguières embellies et mieux partagées Premiers coups de pioche en février, à deux pas du Capitole. Il s’agira sans doute du premier changement visible pour les Toulousains. Les rues Romiguières puis Pargaminières seront entièrement réaménagées à la façon d’une « zone de rencontre », c’est à dire un espace privilégiant la vie locale en donnant la priorité aux piétons. L’objectif ? Favoriser la liaison vers les bords de la Garonne. Le chantier s’effectuera en deux temps. La première tranche, qui devrait démarrer en février pour une durée de six mois, concernera les travaux de mise aux normes des réseaux. Particulièrement vétustes, les canalisations d’eau, électricité et gaz vont devoir être changées en totalité par les concessionnaires. Pendant cette période, l’accès au Capitole sera maintenu par la rue Valade, dont le sens de circulation sera inversé. La deuxième phase du chantier devrait démarrer en septembre prochain et concernera les travaux d’aménagement de voirie et d’éclairage. Plusieurs alternatives sont à l’étude, mais l’option d’une rue semi-piétonne semble être privilégiée. Pour ce faire, les trottoirs et potelets seront supprimés, et des pentes seront créées pour l’évacuation des eaux. Le revêtement du sol sera donc entièrement refait pour donner une unité à ces deux rues, tout comme le système d’éclairage, entièrement repensé par l’agence de Marc Aurel qui propose une luminosité plus apaisante. Côté circulation, les modes doux seront favorisés, mais les voitures pourront rouler à faible vitesse afin de permettre un meilleur partage de l’espace public. Enfin, le projet Busquets prévoit d’ajouter une touche verte aux briquettes roses en distillant ça et là des « archipels » : des arbres seront plantés à l’angle des rues Pargaminières et Antoine-Deville afin de créer une petite place conviviale. D’autres plantations pourraient voir le jour là où les trottoirs seront élargis. Livraison prévue en septembre 2013.

Une place du Cap qui respire Bientôt finis les concerts de klaxons et les files de voitures autour du Capitole ? Presque. L’une des premières opérations pilotes du projet Busquets consiste en effet à piétonniser la place sur trois côtés : au nord, à l’est et à l’ouest. Si l’existence du

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tisations parking souterrain n’est pas remise en question, ses accès vont considérablement changer. D’ici à novembre 2013, l’accès au parking du Capitole se fera par la place Wilson et la rue du Poids-de-l’Huile, et non plus par les rues Lafayette, Pargaminières et Rémusat. La sortie s’effectuera par la rue Gambetta. À terme, le stationnement résidant sera privilégié dans ce parking où les deux-roues motorisées et les vélos bénéficieront par ailleurs d’emplacements spécifiques. Des aménagements ponctuels seront mis en place aux différentes extrémités de la place afin que les automobilistes identifient bien le nouveau plan de circulation. Ce dernier fonctionnera par un système de « petites boucles » dont l’objectif est d’éviter que les voitures ne traversent le centre-ville si elles n’ont pas de raison de s’y rendre. Le sens de certaines rues sera ainsi inversé, notamment rues Lafayette, Lapeyrouse, Mirepoix ou encore Lakanal.

Quand la ville s’ouvre au fleuve… Fer de lance du projet Busquets, les accès à la Garonne seront progressivement améliorés. Aujourd’hui dévolues à la circulation automobile, les parties hautes des places Saint-Pierre et de la Daurade deviendront plus attractives, conviviales, aérées et mieux partagées. Objectifs ? Réduire la circulation automobile au strict nécessaire et accorder plus de place aux piétons et aux vélos. Côté Saint-Pierre, la création d’emmarchements favorisera l’ouverture de la place sur la Garonne, les trottoirs seront élargis, les parkings supprimés et remplacés par des arbres. Les premiers travaux devraient démarrer en 2014. Côté Daurade, les aménagements porteront tout d’abord sur la partie haute qui accueillera de nouvelles plantations, et où les voitures seront limitées. Afin de privilégier les modes doux, et notamment les pistes cyclables à double sens le long de la Garonne, le trottoir sera élargi sur le quai Lucien-Lombard. Côté rues Gambetta / Jean Suau, les premiers travaux d’embellissement partiel sont prévus d’ici à novembre 2013, avec notamment l’aménagement d’une placette conviviale à l’angle des rues Gambetta, Jean-Suau et Peyrolières (voir illustration ci-contre). À terme, les trottoirs et potelets seront supprimés sur le même modèle que les rues Pargaminières et Romiguières.

La rue Gambetta sera l’une des premières à dévoiler son nouveau visage.

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À LA LOUPE

Inventer la rue du futur INNOVATIONS  À l’initiative d’Alexandre Marciel, élu chargé de la

Voirie, la Ville et le Grand Toulouse se sont associés à des chercheurs et à des entreprises locales pour expérimenter plusieurs idées en matière de domotique urbaine. Encore en test ou déjà en place, ces innovations décrochent de nombreux prix*. BORDURES ET PLOTS SOLAIRES Ces plots et bordures de rue fonctionnant à l’énergie solaire permettront demain de baliser lumineusement à moindre coût les trottoirs et les obstacles sur la chaussée. Par le laboratoire Laplace (CNRS/INPT.UPS) et l’entreprise Red Town. CAPTOGEL Capter les eaux de ruissellement des routes à l’entrée des avaloirs avant qu’elles ne parviennent dans la Garonne… Tel est le rôle de ce concentrateur de polluant, un gel à base d’huile de tournesol et dont le brevet est en cours de dépôt. Par le Laboratoire des Interactions Moléculaires et Réactivité Chimique et Photochimique (UPS). DEGOM’ Déjà testé dans les quartiers de Jean-Jaurès et de Saint-Aubin, ce dispositif utilise un produit issu de la chimie verte et se révèle efficace pour nettoyer les chewing-gums et protéger les trottoirs contre les taches. Par le Laboratoire de Chimie Agro-industrielle (INP-ENSIACET) et l’entreprise Dalta. HIBERNATUS Finie la hantise du verglas. Grâce à ce projet innovant, qui devrait être testé cet hiver à Toulouse, des capteurs installés dans les couches de la route pourront être alimentés électriquement à distance par téléphone. Objectif : dépister les plaques de gel en période de grand froid. Par le Laboratoire d’Analyse et d’Architecture des Systèmes (CNRS).

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LIANT VERT Re c y c ler le p apier, fabriquer des routes. Deux problématiques qui semblaient n’avoir rien en commun jusqu’à ce que l’idée germe d’utiliser un liant végétal à base de papier recyclé en lieu et place du bitume. Par le Laboratoire de Chimie Agro-industrielle (INP-ENSIACET) et le groupe Colas. CANICLEAN Ce produit vert, mélange de phéromones et d’odeurs de nourriture, doit attirer nos amis les bêtes vers les espaces dédiés aux déjections canines. Encore à tester grandeur nature. Par le Laboratoire de Chimie Agro-industrielle (INP-ENSIACET) et l’entreprise Agronutrition, en partenariat ave l’École vétérinaire de Paris. SENSITIVE LAMP Éclairer mieux, consommer moins. C’est la mission de cette nouvelle génération de lampadaires de rue à LED (diodes électroluminescentes) équipés d’un système de détection de présence avec une veille constante. Une innovation aujourd’hui commercialisée dans le monde entier et qui équipe peu à peu les rues de la ville. Par le laboratoire Laplace (CNRS/INPT.UPS) et les entreprises comme Éclatec, Philips et Weef.


STATIO LIB Informer les automobilistes en temps réel sur leur téléphone portable des places disponibles pour leur éviter de tourner en rond et de polluer la ville, un rêve ? Non, une réalité reposant sur un système de géolocalisation non satellitaire et déjà testée boulevard Lascrosses et quartier des Chalets. Par le CNES et l’entreprise Lyberta. TROTELEC Des dalles qui produisent de l’électricité au passage des piétons pour alimenter les lampadaires urbains ? Les municipalités du monde entier en rêvaient, des chercheurs les ont inventées ! Après avoir été testé sur les allées Roosevelt, le système fait actuellement l’objet d’ajustements, notamment pour en renforcer le générateur. Par l’INP-ENSEEIHT et l’entreprise Viha Concept. ZAPETTE Grâce à leurs petits ordinateurs de poche – les zapettes –, les 300 agents qui surveillent la propreté du domaine public, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, géolocalisent les zones à nettoyer (dépôts d’ordures sauvages, encom-

brants, tags ou autres dégradations) et, en un temps record, donnent un signalement précis aux techniciens chargés d’intervenir. Par l’entreprise SQLI. ANTI TACHES Les taches incrustées ne sont plus légion sur les trottoirs. Déjà testée à Saint-Aubin, avenue Saint-Michel et allées Jean-Jaurès, une peinture utilisée comme revêtement de sol empêche les nouvelles salissures de traverser la matière. Maintenues en surface, les tâches sont plus faciles nettoyer. Par le Laboratoire Matériaux et Durabilité des Constructions (UPS) et l’entreprise LR Vision. INFO CITY Cet écran communicant, de la taille d’une plaque de rue, offrira en temps réel des informations sur les services publics rendus dans la ville. Par l’INP-ENSEEIHT et l’entreprise SLE. * Prix de l’Observatoire National de l’Innovation Publique Territoria 2011. Mention spéciale au festival Fimbacte 2011. Lauréat des victoires des acteurs publics 2011.

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À LA LOUPE

Budget 2012 : FINANCES  En augmentation de 4,5 %, le budget 2012 voté lors du conseil municipal du

16 décembre dernier confirme l’ambition de la Ville de poursuivre les investissements tout en continuant à maîtriser les dépenses de fonctionnement. Un budget soucieux d’équilibre mais également taillé pour soutenir les Toulousains face à la crise et assurer l’attractivité de la ville.

SERVICES

Ne pas augmenter les impôts Au nombre des priorités, la préservation du pouvoir d’achat des ménages toulousains. Après une baisse des taux des taxes locales en 2011, la Ville s’est engagée à les contenir en 2012, sachant que les bases d’imposition évoluent selon une norme nationale.

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725

millions d’euros, c’est la somme dont dispose la Ville pour mettre en œuvre sa politique publique en 2012. Réparti en frais de fonctionnement (568,3 millions d’euros) et en crédits d’investissement (156,3 millions d’euros, + 10 % par rapport à 2011), cet argent va permettre de faire fonctionner Toulouse au quotidien et de construire la ville de demain. Ces chiffres illustrent le choix de la municipalité de mener une politique volontariste, malgré un contexte d’austérité amplifié par la baisse des dotations gouvernementales. Ainsi, en programmant la construction d’équipements neufs, des opérations de réhabilitation dans l’ancien ou l’acquisition de foncier dans le cadre des ZAC à naître, la Ville poursuit les investissements à un rythme soutenu. Cet effort, mené dans le but de développer des services publics de qualité, a également pour effet de soutenir l’activité des entreprises et donc l’économie locale. Un coup de pouce non négligeable dans une période incertaine et de précarité grandissante. « Face aux incertitudes de la conjoncture économique et à la contrainte de plus en plus forte qui pèse sur les finances publiques, la Ville de Toulouse fait le choix de continuer de développer les services publics pour soutenir les Toulousains confrontés à une précarité grandissante, et d’investir dans des équipements forts pour renforcer l’attractivité de Toulouse et préparer son avenir », précise le député-maire Pierre Cohen.


maîtrise et volontarisme SOLIDARITÉ SE DONNER LES MOYENS. L’ambition affichée est de faire de Toulouse une métropole attractive, solidaire, créative et durable. Pour relever ce défi tout en respectant l’équilibre du budget, la Ville poursuit l’effort de maîtrise de ses coûts de fonctionnement. Animations des bibliothèques, des crèches et des centres de loisirs, éclairage public, entretien des espaces verts, accueil pour les formalités administratives, police municipale, etc. : affectées aux dépenses d’exploitation et de services, ces sommes permettent la rémunération des personnels, l’achat de fournitures et de services, et les subventions aux associations. « Engagée depuis trois ans, la dynamique de maîtrise des dépenses permet d’afficher aujourd’hui le plus faible taux de progression depuis 2005 », précise Joël Carreiras, adjoint au maire chargé des Finances. Son évolution contenue s’inscrit dans une politique municipale soucieuse de privilégier le développement des services publics de proximité, indispensables aux Toulousains. Au montant du budget municipal pour 2012 viennent s’ajouter les 160 millions d’euros versés par la communauté urbaine du Grand Toulouse, soit une hausse de 3 % par rapport à l’exercice précédent. Ce sont ainsi près de 304 millions d’euros au total qui seront investis sur le territoire, au bénéfice direct ou indirect des Toulousains, et qui participent de la riposte à la crise.

Les priorités TOULOUSE, VILLE SOLIDAIRE : 292 MILLIONS D’EUROS s L’éducation, avec la poursuite du plan exceptionnel de remise à niveau du bâti scolaire, soit 20 millions d’euros alloués à la rénovation des écoles, auxquels 1,2 millions d’euros seront rajoutés annuellement pour accentuer l’effort. Sont également prévus la construction de nouveaux groupes scolaires (Ponts-Jumeaux, Lucie-Aubrac) ou le lancement d’études (Borderouge, Reynerie). s Le renforcement du lien social, avec une progression de 2,6 % de la subvention au Centre communal d’action sociale (CCAS), soit 14,9 millions d’euros, et la mise en accessibilité des bâtiments municipaux (1 million d’euros par an sur 3 ans). s Le sport, avec une subvention aux clubs de 6,7 millions d’euros. s La petite enfance, avec l’ouverture de 357 places en crèche dans le cadre de la poursuite du plan « 1 000 places » et 9 millions d’euros de subvention aux crèches associatives. s Le logement, avec 3 millions d’euros pour la poursuite des dispositifs Passlog et 1er logement, et 4,1 millions d’euros de subvention aux bailleurs privés et publics dans le cadre du GPV.

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À LA LOUPE

TOULOUSE, VILLE CRÉATIVE : 168 MILLIONS D’EUROS s Le théâtre, avec 16,9 millions d’euros de subvention pour la part « théâtre » allouée au Théâtre et à l’Orchestre du Capitole. s Le développement des pratiques culturelles, avec 8,3 millions d’euros pour les activités socioculturelles. s La culture scientifique et technique, avec 0,8 million d’euros pour le festival La Novela, 3,8 millions d’euros pour le Muséum d’histoire naturelle et 7,2 millions d’euros inscrits en crédit de paiement – sur un programme total de 33,2 millions d’euros – pour le Quartier des sciences. s La musique, avec 9,4 millions d’euros pour la part « orchestre » allouée au Théâtre et à l’Orchestre du Capitole et 3,3 millions d’euros pour la création de locaux de répétition et la scène de musiques actuelles de Borderouge. s Les arts plastiques et visuels, avec 3,9 millions d’euros de crédits nécessaires au fonctionnement des musées et près de 3 millions d’euros pour la création de nouveaux équipements de diffusion comme la Maison éclusière Nougaro, la Machine toulousaine et la Maison de l’image.

ENVIRONNEMENT

CULTURE

TOULOUSE, VILLE DURABLE : 106 MILLIONS D’EUROS s L’organisation du territoire communal, avec 8 millions d’euros pour l’éclairage public (1,2 millions d’euros pour le jardin de la ZAC Niel), 5,6 millions d’euros pour VélôToulouse et 1,5 millions d’euros au titre des interventions de proximité dans le cadre du Grand Projet de Ville. s La préservation et la valorisation de l’environnement, avec 19,5 millions d’euros pour les espaces verts, 3,4 millions d’euros pour l’usine hydroélectrique de la Calvetade et 4,9 millions d’euros pour des travaux sur les digues de la Garonne. s La promotion de la citoyenneté, avec 2 millions inscrits au crédit annuel des Maisons de la citoyenneté des secteurs 1, 2, 3, 4 et 5 et la mise en place d’enveloppes participatives de secteurs destinées aux interventions de proximité sur les espaces publics municipaux (0,3 million d’euros par secteur pendant trois ans). s La tranquillité et la sécurité publique, avec 1 million d’euros alloué à la Police municipale.

Les transports prennent de la vitesse Comme en 2011, la participation de Toulouse au développement des transports publics de l’agglomération sera de 15 millions d’euros. De 2008 à 2012, 80 millions d’euros auront ainsi été débloqués en faveur de la mobilité.

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TRAMWAY

Ligne Garonne, les travaux commencent MOBILITÉ La ligne Garonne n’est pas encore sur les rails, mais les travaux néces-

saires à sa mise en service au printemps 2014 démarrent le 13 février. Un chantier qui va impacter la circulation sur le secteur, mais aussi contribuer à requalifier le paysage urbain. En 2014, les Toulousains verront le tramway circuler avenue de Muret.

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HASAGE, MAILLAGE, PA RTAGE ...

Ces trois mots clés du Plan de déplacements urbains souhaité par le Grand Toulouse vont être déclinés de façon très opérationnelle par la future Ligne Garonne », estime le président de la SMAT, Joël Carreiras. Cette prolongation de la ligne T1 (Arènes / Aéroconstellation) en service depuis décembre 2010, va en effet contribuer à former un réseau tramway complémentaire au métro, mais

aussi aux futures lignes de bus à haut niveau de service qui mailleront l’agglomération. Le principe retenu, comme sur la ligne T1, permettra en outre un meilleur partage de l’espace entre les différents moyens de locomotion, en favorisant chaque fois que possible les modes doux et en contribuant ainsi à un rééquilibrage de la place de la voiture au profit des vélos et des piétons. UN PARI URBAIN. Le tramway Garonne partira donc du

pôle multimodal des Arènes, obliquera boulevard Koenigs avec une implantation latérale des voies, puis traversera la place Émile-Male réaménagée. Elle empruntera ensuite le boulevard Déodat-de-Séverac, toujours en latéral de façon à assurer une continuité avec le boulevard Koenigs, puis passera sous la voie ferrée. La traversée de la Croix de Pierre s’effectuera à l’extérieur du carrefour dont l’aménagement ne sera pas modifié, la ligne poursuivant

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Le pont Saint-Michel sera desservi par le tramway.

son parcours avenue de Muret, au centre de la chaussée cette fois, le but étant de maintenir le stationnement et les arbres. En raison de l’étroitesse de l’avenue à l’approche du Fer à Cheval, une section de la ligne sera en circulation mixte. Puis au pont SaintMichel, le tram circulera côté aval (Ramier) jusqu’au Palais de Justice. La réorganisation générale de la circulation routière et la forte réduction du trafic automobile attendue à cet endroit sont à l’origine de la décision de combler la trémie située place Lafourcade. Une décision qui permettra d’embellir cet espace urbain afin d’assurer une meil-T leure qualité de vie pour les riverains et les usagers. Sur la place, mais aussi sur les allées Jules-

Guesde sur lesquelles les quatre rangées actuelles d’arbres seront conservées. Déviations de réseaux, confection de la plate-forme et pose des voies, équipement et installation des systèmes électriques et électroniques… mais aussi restructuration des grandes artères de circulation, réaménagement de places, plantation de végétaux… les travaux, lancés le 13 février, vont se dérouler dans un milieu fortement urbanisé. D’où une organisation particulièrement précise et coordonnée du chantier, très réglementé pour en limiter les impacts. C’est d’ailleurs la première fois que les entreprises

seront soumises à des pénalités en cas de non respect des clauses définies. Une équipe constituée de cinq médiateurs est également à la disposition de tous ceux qui pourraient rencontrer des difficultés. Site internet dédié au projet : www.tram-garonne.fr Numéro vert gratuit : 0 800 744 331 (7j/7 – 24h/24) Métro Ligne A Métro Ligne B Tramway Ligne T1 Tramway Ligne Garonne JEANJAURÈS

CARTOUCHERIE VERS BLAGNAC

VERS BALMAGRAMONT

FRANÇOISVERS VERDIER BORDEROUGE

LA LIGNE GARONNE EN CHIFFRES s s s s s s s s s s

3,4 kilomètres 6 stations 32 mètres de rames totalisant 208 places 20 km/h de vitesse 34 000 habitants et 16 000 emplois desservis 30 000 voyages prévus par jour 450 emplois concernés par le chantier 22 millions d’euros de masse salariale 44 000 heures de travail en insertion 115 millions d’euros d’investissement

CARMES

ARÈNES DÉODATDE-SÉVERAC

FERÀ-CHEVAL RAPAS

PALAIS DE JUSTICE PONT ST-MICHEL

ST-MICHEL MARCELLANGER

CROIXDE-PIERRE

VERS ST-AGNE RAMONVILLE SNCF

VERS BASSO-CAMBO

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TRAMWAY

Circulation, ce qui va changer DÉVIATIONS Le chantier va modifier la circulation de part et d’autre du tracé…

et au-delà. Certains automobilistes et utilisateurs des transports en commun vont devoir changer leurs habitudes. Du périphérique au centre-ville Ces changements incitent à dévier le trafic de transit. Pour les personnes qui arrivent du sud de l’agglomération, il est conseillé de sortir du périphérique par l’échangeur de la route de Narbonne (N°23), puis de se diriger vers le cœur de Toulouse via les avenues Jules-Julien, Marcel-Langer, Frizac et les allées Frédéric-Mistral, ou encore de sortir par l’échangeur Barcelone

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avenues Saint-Exupéry ou Jean-Rieux. Le passage par les rives du canal du Midi facilite également l’entrée et la sortie du cœur

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En bus Les lignes 1, 2, 12 et 52 sont maintenues dans leur fonctionnement actuel. Seule la ligne 34 subit une modification dans le sens du retour vers l’université PaulSabatier puisqu’en raison de la mise en sens unique du

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boulevard Déodat-de-Séverac, les bus font désormais une Route de Narbonne

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boucle par la rue des Arcs-Saint-Cyprien, les allées Charlesde-Fitte et l’avenue de Muret, avant de franchir la Garonne sur le pont Pierre-de-Coubertin.

Chantier tramway Garonne

Ramonville

À noter que la navette chantier, gratuite, poursuit son service au départ du métro Saint-Cyprien-République. Une station a même été ajoutée avenue de Muret, à hauteur de l’IUFM entre les arrêts Bénezet et Croix de Pierre.

Dans les quartiers Deux secteurs sont principalement concernés par les

Un dispositif d’indemnisations

changements de circulation.

« Certains commerçants vont être certes impactés négativement par les travaux de la Ligne Garonne, mais aussi positivement et durablement à partir de sa mise en service », a rappelé Joël Carreiras. Un dispositif d’accompagnement a été mis en place afin d’aider tous ceux qui rencontreraient des difficultés financières liées aux travaux du tramway. La procédure d’indemnisations, encadrée par le tribunal administratif auquel le commerçant doit d’abord adresser une requête, est cette fois doublée d’une nouvelle mesure. En amont et en cas de difficultés de trésorerie exceptionnelles, les entreprises pourront en effet demander une provision auprès de la SMAT, provision calculée en fonction du montant prévisible des indemnités.

Sur la partie ouest de la ligne, l’avenue de Muret est désormais à sens unique dans la partie Fer-à-Cheval – Croix de Pierre, ainsi que le boulevard Déodat-de-Séverac dans le sens Croixde-Pierre – Arènes. Sur la partie est, la circulation est réduite à deux fois une voie sur les allées Jules-Guesde, la trémie routière située sous la place Lafourcade est fermée et la circulation réduite à deux fois une voie en double sens sur le pont Saint-Michel. À noter également que l’avenue du Grand Ramier a été mise en sens unique en direction du pont Saint-Michel à titre expérimental.

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À LA LOUPE

Place au stationnement TRANSPORTS  Composante à part entière du Plan de Déplacements Urbains (PDU),

le Plan Local de Stationnement (PLS) s’étend désormais au-delà du centre-ville. En ce début d’année, 1 500 places réglementées payantes ont vu le jour. Une nécessité pour repenser une cité trop longtemps victime de la reine auto.

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NTENDRE LES OISEAUX…

» Bernard Marquié se plaît à évoquer ces rares instants où les moteurs automobiles se mettent en sourdine dans l’hyper-centre toulousain. Pour l’adjoint en charge du Stationnement, tendre vers ce calme contribue à rendre la ville « plus vivable ». Un espace où l’on peut « se déplacer en respirant, tout en le rendant accessible à tous ». Pas question pour autant de bannir à jamais du macadam les quatre roues motorisées. Simplement harmoniser la voirie. « Le centreville ne peut pas contenir toutes les voitures, poursuit l’élu. Cela pose également des problèmes aussi bien écologiques que sanitaires. Pour nous, il s’agit avant tout d’inverser les logiques en proposant des alternatives à la voiture et en n’encou-

Les nouveautés… L’aménagement de la voirie, notamment les travaux de la ligne de tramway Garonne, impacte l’offre de stationnement avec la mise en place de 1 500 places réglementées supplémentaires. Extension du stationnement résidant au sud des allées Jules-Guesde : Depuis le 6 février, les habitants des quartiers Menuisiers, Saint-Michel, Jardin des Plantes, Montplaisir et Soupirs bénéficient du tarif résidant 24h/24. Pour les autres, le tarif s’établit à 1 euro l’heure (maximum 2 heures) du lundi au samedi, de 9 h à 19 h. Des places réglementées au parking Sabatier Depuis février, les 154 places du parking Sabatier sont règlementées (stationnement payant de moyenne durée) : à 0,50 euro l’heure (4 heures maximum) du lundi au samedi, de 9 h à 19 h, ouvert aux résidants à partir de 18 h.

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rageant pas les gens à venir dans l’hyper-centre – du canal à la Garonne – avec leur véhicule. » Pour autant, la municipalité n’entend pas faire du centre-ville « un musée ». « Nous devons permettre à chacun d’y accéder tout en limitant les circulations inutiles », poursuit l’élu. Car, chaque jour, le centre absorbe 400 000 déplacements ! Et avec 21 000 places de stationnement disponibles, on devine aisément que l’immobilisation d’un véhicule sur une longue durée ne va pas sans poser problème. Construire alors de nouveaux parkings souterrains ? C’est incontestablement relancer l’effet « aspirateur à bagnoles ».

20 quartiers résidants au centre-ville : Balance, Bazacle, Belfort, Capitole, Carmes, Compans, Concorde, Dupuy, La Grave, Leclerc, Ozenne, Péri, Raymond IV, Saint-Aubin, Saint-Sernin, Sébastopol, Taur, Teinturiers, Valade, Wilson. 5 quartiers résidants hors centre-ville : Jardin des Plantes, Menuisiers, Monplaisir, Saint-Michel, Soupirs.

AMÉLIORER LE CONFORT DES RÉSIDANTS. D’où l’importance d’utiliser le stationnement comme un outil au service de la politique

Les Zones Bleues se mettent à l’heure européenne… Depuis le 2 janvier 2012, le disque bleu européen est entré en vigueur. Conséquence : la durée forfaitaire de stationnement de 1 h 30 (maximum du disque actuel) disparaît au profit d’une durée modulable fixée par arrêté municipal (de 45 à 90 minutes). Ce nouveau procédé autorise ainsi la modulation des durées de stationnement sur des périmètres délimités et dûment signalés par panneaux et marquage. Ainsi, les Zones Bleues de Croix-Daurade et l’Ormeau ont été mises en conformité avec ces règles européennes. La durée de stationnement à Croix Daurade est désormais fixée à 45 minutes, et à 1 h 30 à l’Ormeau. … et font des petits. Trois nouvelles Zones Bleues ont vu le jour à Lardenne, Lafourguette et Pradettes pour favoriser l’accès aux commerces et services au cœur des quartiers. La durée de stationnement est fixée à 1 h 30 à Lardenne, et à 45 minutes à Lafourguette. Aux Pradettes, la durée de stationnement est fixée à 45 minutes sur la place et à 1 h 30 dans les rues adjacentes.


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L’offre de stationnement (en février 2012)

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CENTRE-VILLE : 10 470 places en voirie dont : s 7 845 payantes s 2 625 gratuites 10 270 places dans les 18 parkings souterrains

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d Rue François Longau

globale des déplacements et de la qualité des espaces publics. Et tordre le cou à l’idée reçue qui voit en chaque horodateur un percepteur ! Le stationnement poursuit trois objectifs : inciter les salariés à venir travailler autrement qu’en voiture, favoriser l’accès aux commerces en offrant le maximum de places de courte durée pour les visiteurs et améliorer le confort des résidants. « Car ces derniers nous interpellent : ils en ont assez de voir leurs rues congestionnées. » L’aménagement urbain et la requalification des boulevards en

Pour les professionnels de l’urgence et de la maintenance à domicile Qui en bénéficie ? s Professionnels médicaux s Professionnels dépannages s Prestataires de services à domicile

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St-

Allé

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vue de la future ligne de tramway Garonne (voir pages 21 à 23) contribuent également à l’évolution de la politique de stationnement. Désormais, le stationnement résidant s’étend au-delà des boulevards et au Sud-Est. Ainsi, Toulouse se met au diapason des grandes métropoles françaises en offrant à tout un chacun les moyens de se déplacer et de stationner sereinement. « Pour les touristes aussi, il est important de découvrir une ville qui respire. » Et où les oiseaux chantent…

Tarifs et horaires en centre-ville : Acquérir une carte Ville de Toulouse pour 30 euros valable un an. Tarifs : 0,70 euro l’heure + 1/2 h offerte. Durée de stationnement illimitée de 9 h à 20 h, mais réduite à 2 h consécutives sur un même emplacement. Plus de renseignements sur : Toulouse.fr, rubrique cadre de vie.

Résidants Il existe deux formules pour bénéficier des tarifs préférentiels appliqués dans les rues concernées à proximité de votre domicile et dans les quartiers limitrophes : s Abonnement annuel permettant un stationnement régulier avec un seul badge pour un ou deux véhicules utilisés alternativement sur la voirie : 135 euros, ou 100 euros pour les titulaires d’un abonnement annuel Tisséo ou d’un forfait annuel « Actif Midi-Pyrénées » de la SNCF. s Carte Ville avec retrait de ticket (bi) hebdomadaire à l’horodateur : 4 euros la semaine ou 7,5 euros la quinzaine. Lieux et horaires pour les abonnés résidants : s 24 h/24 dans les rues « jaunes »résidentielles s De 18 h à 9 h dans les rues « rouges » commerçantes et « vertes » moyenne durée Rappel : la qualité de résidant ne dispense pas de respecter la réglementation en vigueur à Toulouse qui limite le stationnement à un endroit donné à 24 heures consécutives. Visiteurs s En centre-ville : 1,5 euros l’heure (maximum 2 heures) du lundi au samedi, de 9 h à 20 h s Hors centre-ville : 1 euro l’heure (maximum 2 heures) du lundi au samedi, de 9 h à 19 h Tarification particulière : s Parking Sabatier « moyenne durée » : 0,5 euro l’heure (maximum 4 heures) du lundi au samedi de 9 h à 19 h. s Dans les trois faubourgs (avenue des États-Unis, Étienne-Billières et la Grande rue Saint-Michel) : 1 euro l’heure (maximum 2 heures), avec 1/2 heure gratuite, du lundi au samedi, de 9 h à 19 h. s Sur l’îlot Aicard - Bonnefoy et aux abords de la station de métro Sauzelong : 1 euro l’heure (maximum 2 heures), avec 1/2 heure gratuite, du lundi au samedi, de 9 h à 12 h 30 et de 14 h à 18 h.

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INTERACTIVE 28 > 31

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On en parle

C’est votre histoire

Orientations sexuelles : un centre pour lutter contre les discriminations

Nos voisins, les gens du voyage

+ www.toulouse.fr Plus de photos, d’interviews ou d’articles

ÉCONOMIE SOLIDAIRE

Le Recantou, producteur de nourritures spirituelles Sur les étals, une mosaïque de légumes de saison, cardes, blettes, choux, potimarrons… Aux murs, photographies, esquisses ou peintures, selon l’inspiration. Nichés au creux des bibliothèques : du sirop de tilleul et de la gelée d’estragon, des bouteilles de vin bio, une ribambelle de plats faits maison. Sur une table, une sélection de livres des frères Floury. Mais aussi du savon au lait de brebis, du pâté d’ortie, de l’huile de massage au millepertuis… Depuis novembre dernier, quartier JeanJaurès, Le Recantou fait germer un nouvel espace hybride, mi-épicerie paysanne, mi-scène culturelle ouverte aux débats, expositions et concerts. Le lieu réunit une coopérative de paysans locaux, l’association écologique culturelle l’APRES et la librairie Floury. Avantages de ce partenariat ? Pour le consommateur, la garantie d’acheter des produits régionaux de qualité, bio ou non traités, vendus à des prix justes et cultivés dans le respect de la Charte de l’agriculture paysanne. Pour les agriculteurs, la gestion directe des produits de leurs fermes. Pour les acteurs culturels, l’opportunité de vivre leur engagement citoyen. Pour tous, la satisfaction d’échanger autour d’une démarche « socialement équitable, économiquement viable et écologiquement durable ». La rencontre vous tente ? Rendez-vous dans cette drôle d’épicerie paysanne et culturelle au 42, rue des Sept-Troubadours (du mardi au vendredi de 10 h à 13 h 30 et de 16 h à 19 h, le samedi de 10 h à 19 h). Vous pourrez y utiliser vos Sol, la monnaie complémentaire expérimentée à Toulouse qui soutient l’économie sociale et solidaire. Côté culturel, février fera la part belle à l’association Du bout des doigts, un collectif d’artistes qui animent divers ateliers (fabrication de livres, reliure, arts plastiques…). Mais aussi des concerts, des projections de films, des rencontres avec les producteurs. Toute la programmation sur le blog de l’APRES : http://l.apres.over-blog.com

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ON EN PARLE

Orientations sexuelles, un Centre pour combattre DIVERSITÉS  La communauté lesbienne, gay, bi et

trans dispose désormais d’un Centre LGBT. Celui-ci est intégré dans le tout nouvel Espace des diversités et de la laïcité, géré par la municipalité.

L

E RAINBOW FLAG (1)

ne claque pas encore au vent que déjà un parfum d’impatience enivre les futurs locataires. Au mois de mars, la communauté lesbienne, gay, bi et trans (LGBT) emménagera dans son centre, rue d’Aubuisson. « Enfin ! », clament les anciens de la cause homosexuelle. « Voilà 25 ans, un collectif a porté un projet auprès de la mairie », se souvient l’un de ses membres. Sans succès. « À la fin des années 90, j’ai été parmi les créateurs d’un premier centre LGBT de Toulouse, place Wilson.

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Mais faute de moyens financiers et face à certaines pressions de copropriétaires nous avons dû fermer », se remémore Hervé Hirigoyen, aujourd’hui responsable des Oubliés de la mémoire, une association membre d’Arc-en-Ciel et qui œuvre pour la reconnaissance des homosexuels victimes de la déportation nazie. Arc-en-Ciel ? Dix ans de lutte LGBT en Midi-Pyrénées. Une fédération d’environ vingt-cinq associations qui milite pour « le respect des différences liées à l’identité de genre et l’orientation sexuelle, et la lutte contre toutes les discriminations », explique Alexandre Paris, son ancien président. Une entité de « six à huit cents personnes, dont une centaine d’adhérents directs », capable de mobiliser plus de 11 000 manifestants lors de sa 17e marche des fiertés en juin dernier. Enfin, un fer de lance dans le projet d’un centre LBGT.


les discriminations RECONNAISSANCE. « Ce Centre, c’est le respect d’un engagement de Pierre Cohen », rappelle Didier Genty, qui fut le premier président d’Arc-en-Ciel à déposer un dossier en ce sens en mairie. L’entité est partie prenante du tout nouvel Espace des diversités et de la laïcité (lire cicontre). « Un lieu pour accueillir tous les publics victimes de discriminations et dialoguer sur ces problématiques », explique l’adjoint au maire chargé de la Diversité, JeanPaul Makengo. « Un espace où la cohabitation diversitélaïcité nous sied bien, renchérit Jean-François Mignard, président d’honneur de la section Toulouse de la Ligue des droits de l’homme. C’est aussi une démarche de reconnaissance des acteurs de la société civile. À nous de jouer notre rôle pour le faire vivre. » CONTRE LES EXCLUSIONS. Message reçu cinq sur cinq chez Arc-en-Ciel. Et motivation décuplée même : « Se situer dans un bâtiment où nous allons pouvoir aborder la lutte contre les discriminations de façon globale constitue incontestablement un plus pour notre réflexion », analyse Alexandre Paris. Reste à déterminer le programme des actions et, surtout, à démontrer auprès de l’opinion publique la pertinence d’une telle réalisation. Sur ce dernier point, un consensus se dégage facilement dans la communauté : « au-delà de l’aspect convivial, le Centre LGBT est avant tout un centre de ressources, un lieu d’accueil et d’écoute pour les personnes en détresse. » « Car venir en aide, notamment aux jeunes exclus de chez leurs parents parce qu’ils ont révélé leur homosexualité, ne peut se faire que par le biais d’un local adéquat », précise Hervé Hirigoyen. Une tâche qui incombera aux bénévoles formés par les associations, y compris celles non membres d’Arc-en-Ciel et utilisatrices des trois pièces du centre. Dans l’immédiat, la culture LGBT va se décliner sous toutes ses formes : expositions, conférences, cinémas, etc. Les idées foisonnent déjà dans les têtes des animateurs du futur comité d’animation composé de représentants de la Ville et d’associations de la communauté. Et, même si elle s’accommode mal de cette appellation de « communauté », cette galaxie est fière de se rassembler derrière son drapeau arc-en-ciel. Justement, il est prévu d’en hisser un sur le fronton du bâtiment. « C’est un signe important, fort et de respect par rapport aux combats portés par les per-

sonnes LGBT. C’est aussi une reconnaissance par les institutions et un premier pas vers une égalité des droits », s’enthousiasme Alexandre Paris. (1)

Drapeau arc-en-ciel, symbole de

ralliement de la communauté LGBT

Visite guidée Ancienne usine de confection, ce site de 2 200 m2 comprend l’Espace des diversités et de la laïcité - Centre LGBT (1 500 m2), la Mission égalité, une mairie annexe et les ateliers couture du Théâtre du Capitole. L’Espace accueillera les réunions : s de l’Observatoire des discriminations s du Conseil des résidents étrangers (COTRE) s de la Commission extra-municipale Égalité Femmes-Hommes Composition du bâtiment : s Rez-de-chaussée : accueil, auditorium de 150 places et une salle de permanence associative. La mairie annexe se trouvant dans une autre aile. s 1er étage : salle d’exposition et quatre salles de réunion. s 2e étage : Centre LGBT (80 m2, 3 pièces) et l’atelier de couture du Théâtre du Capitole. s 3e et 4e étage : les locaux de la Mission égalité de la Ville. Espace des diversités et de la laïcité Centre LGBT - 38, rue D’Aubuisson

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ON EN PARLE

ENTRETIEN Florence BERTOCCHIO, présidente d’Arc-en-Ciel, la principale association LGBT de la ville qui regroupe environ vingt-cinq associations, soit près de 500 personnes

« Un lieu où les gens trouveront un contact » Que représente à vos yeux l’ouverture du Centre LGBT ? Du symbolique et du concret. Symbolique dans le sens où nous sommes une communauté qui a besoin d’une affirmation positive tranquille. C’est une façon de matérialiser notre présence dans la cité en ayant un lieu qui montre notre existence. C’est un peu à l’image d’une maison : du solide et du tranquille. Et une maison cela permet de regrouper une famille large avec des composantes diverses, mais unie par une communauté de destin. Et l’aspect concret ? Il y a peu, un jeune me faisait remarquer : « À Paris, c’était simple, j’appelais le centre et j’y allais. » Voilà ce que nous espérons avoir : un lieu de sociabilité, un point de ralliement concret et identifié, plutôt qu’un numéro de téléphone ou une adresse mail. Un centre s’identifie mieux qu’une permanence qui peut changer fréquemment de lieux et d’horaires. Là, nous serons chez nous. 30

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Que va vous apporter ce lieu ? Dans un premier temps, nous n’allons plus « galérer » pour trouver des salles pour nos réunions ! Nous travaillerons plus sereinement et efficacement. Il sera aussi plus facile d’assurer nos formations concernant la santé, l’accueil, les permanences, et l’intervention en milieu scolaire. Enfin, les associations membres d’Arc-en-Ciel qui le souhaitent pourront se réunir et assurer des permanences d’accueil. Outre l’aspect pratique pour votre association, quelle est l’utilité d’un tel lieu ? L’accueil du public au sens large : des gens qui veulent se retrouver, s’engager, se renseigner ou qui sont en attente d’un soutien moral. Nous devons parfois faire face à des situations dramatiques avec des jeunes qui, après leur coming out, se retrouvent à la rue.

Que fait-on ? Dans un centre, ils pourront trouver une présence physique et des conseils pour mieux faire face à leur détresse. Et un centre, c’est aussi un lieu où les pratiques culturelles et artistiques peuvent émerger et s’afficher. Comment voyez-vous son intégration dans la ville ? Toulouse était l’une des rares grandes villes à ne pas disposer de centre LGBT, on ne peut donc que se féliciter de l’engagement de la municipalité en ce sens. Pour la ville, c’est aussi la marque d’une ouverture d’esprit et le respect de nos différences. Mais, je le répète, avoir un lieu identifié comme tel où les gens peuvent trouver un contact est essentiel, notamment pour ceux et celles victimes de discriminations. www.aectoulouse.fr


ÉCLAIRAGE Barbara WOLMAN, membre de V.Idéaux, une association féministe qui œuvre par le biais de la vidéo

« Le besoin d’avoir un lieu spécifique et visible » « Il était temps que Toulouse accueille un centre LGBT. Avec les différentes lois qui ont été votées ces dernières années, les gens ont tendance à penser que ces questions sont réglées. Mais les discriminations existent toujours, d’où la nécessité d’avoir un lieu spécifique et visible. Un centre est également un lieu de rencontres où, je l’espère, les jeunes trouveront des réponses à leurs questions. Pour vivre, cet espace dépendra du dynamisme des associations qui le composent. En tout cas, cela doit être un endroit représentatif de toutes les diversités. En ce qui nous concerne, nous comptons animer des rencontres autour de films et accueillir les jeunes filles qui se posent des questions sur leur orientation sexuelle. »

http://teledebout.org/

ÉCLAIRAGE

ÉCLAIRAGE

Jean-Michel PUGNIÈRE,

Philippe ORILLAC,

psychologue et coordinateur des actions éducatives au sein de Contact, association qui aide les familles à comprendre et à accepter l’homosexualité de leurs enfants

président national de l’Autre Cercle, association de lutte contre les discriminations au travail liées à l’orientation sexuelle.

« Un outil supplémentaire dans la lutte contre l’homophobie »

« Ne pas être oubliés et vivre cachés » « Montrer toutes les diversités qui composent

« Ce centre LGBT était réclamé depuis longtemps. Nous

Toulouse est important. La Ville donne une vitrine

apprécions qu’il soit intégré dans l’Espace des diversités. Cela

à l’orientation sexuelle et cela a du sens car ce

signe la reconnaissance d’une réalité sociétale. Avoir un lieu de

qui touche à la vie privée est délicat à traiter. Les

rencontre non commercial est important : un endroit où les gens

associations ont besoin de se regrouper dans

peuvent se sentir à l’aise et se ressourcer sur le plan humain.

un lieu et de se sentir soutenues. Ce centre

En revanche, je ne crois pas qu’un jeune pousse la porte suite

LGBT va aussi interpeller la population sur

à un mal-être. Souvent, il a besoin d’être accompagné pour

des problématiques mal connues, favoriser le

établir un premier contact. Ce centre n’est pas une fin en soi, il

développement culturel et assurer la promotion

constitue cependant un outil supplémentaire dans la lutte contre

d’échanges avec les autres diversités. Enfin, dans

l’homophobie et le suicide des jeunes, car nous avons beaucoup

une société où l’homophobie détruit toujours, il

de retard sur cette question. »

permettra d’apporter un soutien aux personnes en

www.asso-contact.org/31/ Ligne d’écoute confidentielle (numéro vert) : 0805 69 64 64

détresse ou victimes de discriminations. »

www.autrecercle.org

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C’EST VOTRE HISTOIRE

Nos voisins, les

SOLIDARITÉS  À l’occasion de la révision du

schéma départemental d’accueil des gens du voyage, partons à la rencontre de nos voisins, si proches et pourtant méconnus.

O

n les appelle M anouches, Gitans, Tsiganes, Voyageurs… Ils sont français et vivent en caravane, parfois en pavillon. Ils se distinguent des Roms venant d’Europe centrale et des Balkans. Leur estimation reste difficile à appréhender. Un rapport de l’Assemblée nationale évoque le nombre de 240 000 à 300 000 sur le territoire national. Ils sont itinérants ou semi-sédentaires, mais aujourd’hui, beaucoup sont sédentaires. Néanmoins, le sentiment d’appartenance au groupe des gens du voyage reste fort.

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Aussi, une des principales problématiques que rencontrent les communes concerne l’accueil et l’habitat. La loi Besson de 2000 donne obligation aux communes de plus de 5 000 habitants de réaliser des aires de stationnement. Elle inscrit ces mêmes communes dans un schéma départemental. « TROUVER UN PORT D’ATTACHE ». Mais la question reste complexe. Diminution du nomadisme, développement de la sédentarisation… Progressivement, on est passé de la notion de stationnement, plus ou moins provisoire, à celle d’habitat fixe. « Aussi, la vraie question est de savoir comment on accompagne la sédentarisation des gens du voyage », précise Claude Touchefeu, adjointe au maire chargée de la Politique de

la Ville et des Solidarités. Et de rajouter : « être voyageur et toulousain n’est pas incompatible ». Selon Eric Vanderwal, directeur du Sieanat, « aujourd’hui, les gens du voyage ont besoin d’un port d’attache et les terrains familiaux semblent offrir le meilleur compromis ». La question de l’habitat croise d’autres problématiques. L’Institut National de Prévention et d’Éducation pour la Santé (INPÉS) considère que l’espérance de vie des gens du voyage est inférieure de quinze ans à la moyenne de la population. Tous les professionnels qui travaillent avec eux notent la dégradation des conditions de vie et de santé : habitat précaire, manque de confort, inhalation de fumées toxiques, pratiques professionnelles sans protection, hygiène


gens du voyage TÉMOIGNAGE

Gina « Pour se marier, les enfants s’enfuient » « On est des Gitans. Mes parents sont venus d’Espagne, mais moi, je n’ai jamais voyagé, je suis toujours restée sur Toulouse. Aujourd’hui je vis ici, à la Mounède. Nous, les Gitans, avons une tradition pour le mariage : quand deux jeunes se fréquentent et décident de se marier, ils s’enfuient plusieurs jours, voire plusieurs semaines dans une autre ville, sans avertir personne. Les parents ne sont pas au courant. Bien sûr, on s’inquiète de ne pas voir notre enfant rentrer le soir. On interroge les autres jeunes et on comprend qu’ils se sont mariés, sans église ni mairie. Pour vous, les gadjé, ce n’est pas une union légale. Mais pour nous, c’est ça le mariage ! Très vite, les deux familles se rencontrent pour voir s’ils ne s’opposent pas à cette union. S’il n’y a pas d’accord, les jeunes doivent se séparer. C’est comme ça chez nous, les enfants respectent les parents. Ils les écoutent. Quand les jeunes reviennent, ils prennent une caravane et restent proches des parents. » alimentaire déséquilibrée… À cela s’ajoute la difficulté de trouver un emploi. « Je suis inscrit dans les agences d’intérim, mais personne ne m’appelle. Quand les patrons voient La Mounède comme adresse, ils n’ont pas confiance », enrage un jeune Manouche de 23 ans. Alors, « les hommes créent leur micro-entreprise, mais ils n’embauchent jamais comme salariés », insiste Eric Vanderwal. Heureusement, naissent de belles initiatives. L’association LaToileBlanche mise sur la création cinématographique pour ouvrir les possibles. Grâce aux projets « actualités citoyennes » et « beau travail » (voir entretien page 35), le Pôle Emploi s’est déplacé sur Ginestous, des contacts ont été noués avec des entreprises. Une première qui a dépassé toutes les

attentes des réalisateurs Audrey Espinasse et Sami Lorentz. « L’ÉCOLE DES GADJÉ ». L’espoir réside aussi dans l’éducation. Malgré la déscolarisation et un illettrisme encore important, Farid Djemmal, inspecteur de l’Éducation nationale se félicite d’avoir scolarisé cette année sur Toulouse une cinquantaine d’enfants issus des familles nomades (voir article page 34). Une réussite qui tient au partenariat entre l’Inspection académique, la mairie de Toulouse et les gestionnaires d’aires. Bien sûr, le chemin est long pour que les mères laissent sans craintes leurs enfants au monde des gadjé, des non-tsiganes, mais lorsque la rencontre s’opère, les peurs s’estompent. C’est peut-être ainsi que se tricote le vivre ensemble entre voisins.

Les aires d’accueil sur Toulouse Toulouse abrite deux aires de stationnement : s l’aire de Rangueil (pour les voyageurs dont un membre de la famille est hospitalisé) compte 30 emplacements ; s l’aire de la Mounède peut recevoir 30 emplacements. À cela s’ajoute le terrain familial de Picarel qui correspond à 20 emplacements. Le futur schéma départemental doit permettre de créer deux aires de stationnement : une sur la commune de Toulouse et une autre sur le Grand Toulouse. De plus, une aire de grand passage pourra accueillir, pour deux à trois semaines, entre 150 et 200 caravanes sur le Grand Toulouse. À noter : un emplacement reçoit deux caravanes, soit quatre personnes (enfants et adultes).

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C’EST VOTRE HISTOIRE

À l’école des enfants du voyage TÉMOIGNAGE

Francki « Je suis un voyageur » « Nous sommes sur l’aire d’accueil de Rangueil pour accompagner un membre de notre famille hospitalisé. Quand quelqu’un est malade, toute la famille se déplace. On peut venir à plus de dix caravanes. Ce genre d’aire n’existe pas dans toutes les grandes villes. Pourtant, on a besoin d’être ensemble et montrer à celui qui est malade qu’on est près de lui. Moi, je suis un voyageur, je roule, je parcours toute la France pour faire mon métier : rempailleur de chaises. Le vrai problème, pour nous, gens du voyage, c’est le manque d’aires d’accueil. Certains sont obligés d’occuper des aires “sauvages” sans autorisation, parce qu’il faut bien se poser quelque part et mettre les enfants à l’école. De plus en plus de gens du voyage ne bougent plus. Ils occupent des places qui ne peuvent plus tourner. Cela bloque les emplacements. »

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RENCONTRE  Comment scolariser des enfants nomades ? L’in-

cessant mouvement de ces jeunes élèves rend leur scolarisation difficile et soulève des problématiques spécifiques. Problématiques auxquelles l’Éducation nationale tente de répondre via un pôle dédié aux enfants du voyage. Rencontre avec l’équipe…

A

u 5 e étage de l’Inspection académique, Farid Djemmal, inspecteur de l’Éducation nationale en charge du pilotage du pôle pour la scolarisation des enfants du voyage est accompagné de son équipe : Benoît Raffara et Patricia Paradis, conseillers techniques, ainsi qu’Anne Ogier, enseignante référente dans les écoles de secteurs. « Voilà deux ans que nous avons constitué ce pôle sous l’autorité de l’Inspecteur d’Académie. J’ai souhaité donner de la cohérence et définir une réelle politique départementale. Ce travail n’a pu se concrétiser qu’avec la collaboration des collectivités territoriales et des partenaires associatifs et privés ». La parole institutionnelle posée, le ton change, les esprits s’animent et la passion prend le dessus. Travailler auprès de cette population implique toujours un engagement fort. Benoît Raffara entre dans le vif du sujet. « On veille à ce que ces enfants ne se retrouvent pas tous dans les mêmes établis-


sements. À Ginestous, l’école était devenue communautaire : une école ghetto. Il n’y avait aucune mixité sociale, pas de diversité, pas de respiration. » L’éclatement de ce schéma a ouvert les échanges et redonné une bouffée d’oxygène. « Depuis la fermeture de Ginestous et la répartition des enfants dans les écoles du secteur, on note de vraies améliorations au niveau scolaire », précise Patricia Paradis. Farid Djemmal se réjouit que certains enfants aient pu intégrer des classes de 6e « ordinaires ». La plupart du temps, ils arrêtent leur scolarité à la fin du primaire et poursuivent au CNED. Les rares à se rendre au collège intègrent l’enseignement adapté. « On scolarise les derniers enfants français qui n’ont jamais été scolarisés », s’indigne Benoît Raffara. UNE CULTURE ORALE. « Ce sont des élèves très spontanés, en sécurité affective, très aimés chez eux et donc disposés à apprendre, témoigne Anne Ogier, l’institutrice vagabonde. Ils n’ont pas besoin de régler des questions affectives avec l’enseignant. » L’inspecteur n’est pas en reste : « ce sont des enfants intelligents. Ils ont une mémoire extraordinaire, mais ont un rapport à l’écrit problématique. » L’échec scolaire et la déscolarisation s’expliquent aussi par l’absence de livres et l’oralisation de la culture. « Leur relation au monde passe par l’oralité, pas par l’écrit », renchérit l’enseignant au bus école, Benoît Raffara, évoquant même un conflit de loyauté lorsque l’enfant refuse d’apprendre pour ne pas en savoir plus que son père. Le manque d’aires d’accueil entrave bien sûr la scolarisation de ces élèves. Près de 200 caravanes tournent sur l’agglomération toulousaine à la recherche d’emplacements stables. Fixer des enfants dans une école devient alors difficile. « Nous voulons que tous les enfants soient scolarisés », insiste Benoît Raffara. Et pour offrir un projet scolaire à chacun, ces enseignants itinérants proposent un travail d’orfèvre, au cas par cas. « Pour ces gens, leur enfant est leur plus grande richesse. Alors évidemment, bien souvent ils préfèrent les garder auprès d’eux plutôt que de les “rejeter” à l’école des gadjé », ajoute l’instituteur. Pourtant, entre voyageurs et gadjé, la rencontre interculturelle se fabrique chaque jour et le lien se tisse grâce à l’école.

TÉMOIGNAGE

Sandrine

ENTRETIEN Audrey ESPINASSE, Sami LORENTZ, réalisateurs et intervenants à l’association « LaToileBlanche ». Sur le quartier Ginestous, ils travaillent sur la thématique de l’emploi. L’émotion, le sensible et l’intime sont au cœur de leurs projets.

Un film révélateur des savoir-faire En quoi le projet « actualités citoyennes » a inscrit les gens du voyage dans la perspective d’un emploi ? Il y a un paradoxe à Ginestous. Les personnes dites « en situation d’exclusion » manquent de formation et d’expérience en entreprise, mais détiennent un savoir-faire impressionnant dans toutes sortes de domaines. Le système de code, de savoir-être propre au monde de l’entreprise, les empêche de passer la barrière de l’entretien d’embauche. Un atelier-film sur la thématique de l’emploi a permis à une trentaine de personnes de travailler sur ces problématiques par le prisme du cinéma. Les films réalisés ont débouché sur des rencontres entre recruteurs et candidats. Pour certains, des embauches ont été possibles. Avez-vous travaillé avec le Pôle Emploi ? Pour cette action, le Pôle Emploi s’est déplacé sur le quartier et s’est transformé en Pôle Emploi de proximité au service de tous, inscrits et non inscrits… La mise en place d’exercices pratiques permettant de valider les habiletés des candidats a révélé les savoir-faire très étendus des jeunes. Quels sont vos projets pour 2012 ? Courant mars, l’association va présenter les six courts-métrages au cinéma l’ABC. Au-delà, en collaboration avec l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), tout un travail sur la mémoire se prépare à partir des archives audiovisuelles des gens du voyage à Toulouse. Une manière de s’interroger aussi bien sur la fonction des images dans la structuration des mémoires, que leur rôle dans l’interprétation de l’histoire… Contact : contact@latoileblanche.org Site : http://latoileblanche.org

« Quand quelqu’un meurt on ne prononce plus son nom » « Le mois dernier, mon mari a perdu sa mère. On s’est rassemblés avec toute la famille. Pour nous, le deuil est très important. Pendant cette période, de deux mois à trois ans, on ne regarde plus la télévision, on n’écoute plus de musique, on ne fait plus la fête. C’est pour le respect du mort. De même,

on ne revient plus à l’endroit où quelqu’un est mort, on ne prononce plus son nom… Et si quelqu’un porte le même nom, on le change. Mais surtout, rien n’est pire que de médire d’un disparu. Les morts sont sacrés. On les respecte de génération en génération. »

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PROXIMITÉ 40 > 45

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Les nouvelles des secteurs

Occitan

Du Nord au Sud, d’Est en Ouest, retrouvez l’actualité des six secteurs : Toulouse Centre, Rive Gauche, Toulouse Nord, Toulouse Est, Toulouse Sud-Est et Toulouse Ouest

Viure al país

+ www.toulouse.fr Plus de photos, d’interviews ou d’articles

RUGBY

Toulouse, planète rugby La 4e édition du Tournoi des petits pionniers organisée fin 2011 par le club de rugby de Montaudran a coïncidé avec l’annonce officielle déclarant Toulouse ville accueil des demi-finales du Top 14 en 2012. Les retombées économiques de ce grand événement sont estimées à plusieurs millions d’euros. Plus modestement, pour les 120 poussins représentant l’ensemble des écoles de rugby de Toulouse et mêlés selon la formule des « Barbarians », il s’agissait de faire vibrer les valeurs du rugby, aussi bien que leurs aînés. Venus des clubs de Montaudran, FCTT, Stade Toulousain, TAC, TEC et TUC, les jeunes pionniers se sont affrontés amicalement au stade Struxiano. « L’esprit de ce tournoi est toujours le même, avec ce clin d’œil aux pionniers de l’Aéropostale, témoigne Denis Bonzon, responsable de l’école de rugby de Montaudran. Les enfants viennent à la rencontre d’autres jeunes joueurs, issus d’autres quartiers et de clubs différents, dans un esprit convivial. » Ouverture sur les autres, sur tous les territoires qui composent la ville, passeport pour l’aventure : l’état d’esprit des pionniers de l’Aéropostale revit dans le rugby. Pour les petits et les grands, rendez-vous les 2, 3 et 4 juin prochain au Stadium pour les demi-finales du Top 14.

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PROXIMITÉ

1

Secteur Toulouse Centre Contact : 05 67 73 83 50 secteur.centre@mairie-toulouse.fr 1.1 : Capitole 1.2 : Amidonniers / Caffarelli 1.3 : Les Chalets / Saint-Aubin / Saint-Étienne

La concertation est désormais bien ancrée dans la vie locale. Ici, une réunion de présentation aux Toulousains du projet de l’urbaniste catalan Joan Busquets, fin 2011 (lire aussi p. 10-15).

Les quartiers changent de bureaux CENTRE-VILLE Désignés pour deux ans, les bureaux des

1re Biennale d’aquarelle à Toulouse L’association Mieux Vivre au quartier des Chalets est proche de nombreux peintres aquarellistes. Elle est à l’origine de la première Biennale d’aquarelle à Toulouse organisée par Aquarelle en Midi-Pyrénées. Jusqu’au 24 février, la Maison des Associations accueille les œuvres de 56 artistes connus ou encore inconnus : Daniel Estrade, qui expose pour la première fois à Toulouse, ainsi que Marie Line Montécot, Eugen Chisnicean, Dolores Bolanos ou encore Sonia Privat, Didier Brot, Janick Vergé, Joëlle KrupaAstruc et bien d’autres. Quatre invités d’honneur ont également été conviés : Christian Graniou, Henri Tranier, Yann Lesacher et David Chauvin. Stages et démonstrations jalonneront cette première édition reflet d’une tradition de l’aquarelle vivante à Toulouse où elle est largement représentée. Expo ouverte tous les jours sauf le dimanche, de 9 h à 19 h 81, rue Saint-Roch (métro ligne B, station St-Agne/SNCF) http://aquarelle.en.midi. pyrenees.over-blog.com

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commissions de quartier « deuxième génération » entrent cette année en fonction. DES INTERLOCUTEURS PRIVILÉGIÉS. Ils préparent, avec les élus et la direction de la démocratie locale, les commissions de quartier organisées plusieurs fois par an. Les associations membres de chaque bureau constituent ainsi des interlocuteurs privilégiés, capables d’alerter les élus sur les problématiques quotidiennes de leur quartier. Des hommes et des femmes qui participent à la politique de la ville dans cette démarche de démocratie participitative impulsée par l’équipe de Pierre Cohen. UN ESPACE DE DIALOGUE. Dans le secteur Centre, en plus des nouveaux membres, certains ont souhaité poursuivre le dialogue avec les élus. C’est le cas par exemple de l’association de la rue du Canon d’Arcole. « Chaque quartier a une vie et des difficultés propres, or tout l’intérêt des commissions de quartier est de pouvoir les prendre en considération, mais aussi de les mettre en perspective

avec des problématiques plus larges », estime sa présidente, Nicole Pflüger. « Chacun apporte sa petite pierre à l’édifice, observe Nathalie Pardailhe-Dragne, présidente de l’association des parents d’élèves du Conservatoire de Toulouse. Cela nous donne également l’opportunité de dialoguer entre nous et donc de pouvoir désamorcer parfois très simplement certaines difficultés. » « Renouveler notre candidature est une façon de poursuivre aussi le travail qui a été engagé ces deux dernières années, estime pour sa part Zouina Laplace, présidente de l’Étoile de Belfort, association à l’origine de la création du premier marché de nuit de Toulouse. Dans notre cas, cela nous paraît d’autant plus important que notre quartier devrait beaucoup évoluer avec l’arrivée du TGV. Or, être membre du bureau des commissions de quartier permet d’être au fait des projets, de faire entendre la voix des habitants et parfois même, de peser sur les décisions qui sont prises. »


La rue qui ouvre la ville

Secteur Rive Gauche

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Contact : 05 67 73 83 55 secteur.rive-gauche@mairie-toulouse.fr 2.1 : Saint-Cyprien 2.2 : Croix-de-Pierre / Route d’Espagne

BAGATELLE Le prolongement de la rue du Lot ouvre

tout le quartier sur la ville. Ses aménagements résultent de la concertation menée avec les riverains. OUVERTURE. On l’attendait depuis le début du Grand Projet de Ville (GPV) à Bagatelle. La rue du Lot est désormais totalement ouverte à la circulation, avec plusieurs semaines d’avance sur le calendrier. Imaginé depuis des années, revisité dans sa forme avec le concours des habitants selon de nouveaux principes de concertation, ce projet a été finalisé avec des paysagistes de l’équipe de Paul Landauer, urbaniste conseil de la Ville, pour une meilleure intégration au quartier. Le prolongement de la rue du Lot jusqu’à la route de Saint-Simon, avec l’ouverture d’un des plus grands ronds-points de la ville, marque une étape véritablement importante du projet urbain. « Avant d’habiter le quartier, j’en parlais sans le connaître, sans n’être jamais venu, car il n’y avait aucune voie de circulation permettant d’y accéder naturellement. Le quartier n’était fréquenté que par ses habitants », explique Bernard Lara, musicien bien connu à Toulouse, installé depuis plus de vingt ans rue Joachim-du-Bellay, en précisant : « il faut absolument éviter les

effets de communautarisme, par le mélange des cultures et le désenclavement du quartier ». UNE NOUVELLE ENTRÉE MAJEURE. Pensée pour les voitures, les vélos et les piétons, la rue du Lot constitue aujourd’hui bien plus qu’une simple rue. Cette nouvelle connexion à la route de Saint-Simon donne une bouffée d’oxygène à l’axe Desbals – centre-ville, impacté par l’arrivée prochaine de la ligne Garonne du tramway. Autour de cet axe, vont se greffer dans les mois et années à venir de nouveaux espaces publics et de nouveaux services. En effet dans quelques semaines, les travaux de la place Ronsard vont débuter devant l’école ; elle sera aménagée dans la continuité paysagère de la rue Joachim-du-Bellay, en prolongement de la rue du Lot. On pourra y flâner, aller chercher les enfants à l’école ou à la crèche Pause Câlin qui y aura ses nouveaux locaux. Enfin, un nouveau

2.3 : Fontaine-Lestang / Bagatelle / Papus 2.4 : Fontaines-Bayonne / Cartoucherie

centre commercial devrait voir le jour dans les prochaines années sur le terrain Myriam, le permis de construire étant en cours d’instruction. Jean-Claude Walrawens, vice-président du conseil syndical de Ronsard II, résidence de 300 logements, se réjouit de l’ouverture de la rue du Lot et du retour des services publics : « De nombreux efforts ont été réalisés pour que le quartier respire enfin et soit visible de l’extérieur. Les habitants ont été concertés tout au long du projet de rénovation. J’espère que cela continuera, notamment pour l’aménagement piétonnier et urbain ».

LES CHIFFRES CLÉS 6,8 millions d’euros de budget pour les travaux de la rue du Lot, cofinancés par la communauté urbaine du Grand Toulouse et l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU). 1021 heures de travail réalisées dans le cadre des clauses d’insertion favorisant la reprise d’activité pour les personnes les plus éloignées de l’emploi (à fin novembre 2011).

Commissions de quartier, comment participer ? Vous souhaitez participer à la prochaine commission de votre quartier ? Rien de plus simple, il suffit pour cela de vous inscrire auprès du secrétariat de l’équipe du secteur Rive Gauche et vous serez alors invité à participer aux rencontres organisées en ce mois de février, mais également aux suivantes. secteur.rive-gauche@mairie–toulouse.fr 05 67 73 83 55

Une nouvel axe d’échanges, qui désenclave tout le quartier.

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PROXIMITÉ 3

Secteur Toulouse Nord Contact : 05 67 73 83 52 secteur.nord@mairie-toulouse.fr 3.1 : Minimes / Barrière-de-Paris 3.2 : Sept-Deniers / Ginestous

Habitat et équipements se renouvellent

3.3 : Lalande / Grand-Selve 3.4 : Trois Cocus / Borderouge / Croix-Daurade / Paléficat

Grand Prix d’architecture pour Job Nouveau pôle socioculturel et sportif des Sept-Deniers, le bâtiment amiral Job a su conserver la mémoire ouvrière du quartier, tout en offrant de nouveaux équipements aux riverains et aux Toulousains : piscine Jean-Boiteux, école de musique, salle de spectacles. Sa rénovation, respectueuse de son histoire industrielle, a su conjuguer passé et modernité. Elle est due au talent de l’agence toulousaine PPA (Puig, Pujol, Companyo et Séquier) qui a reçu, en décembre dernier, le Grand Prix décerné tous les deux ans par la Maison de l’Architecture Midi-Pyrénées en collaboration avec l’Ordre régional des architectes. À noter que l’agence PPA est aussi co-lauréate du concours du futur parc des expositions de la métropole à Aussonne, aux côtés du grand architecte Néerlandais Rem Koolhas.

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IZARDS - TROIS COCUS  Jusqu’alors exclus des projets de re-

nouvellement urbain, les habitants du quartier verront leur environnement évoluer dès cette année 2012. RÉUNIONS D’INFORMATION. Organisées par secteur au cours de ces dernières semaines, des réunions de préparation au projet de renouvellement et de développement du quartier des Izards - Trois Cocus ont initié une nouvelle étape. Celle de la concertation qui précède le démarrage de chacune des actions. Les habitants, associations et commerçants ont été informés des axes retenus, du planning envisagé à court, moyen et long terme, et surtout, chacun a eu l’opportunité d’exprimer ses attentes et préoccupations sur l’évolution du quartier, en matière de logements, d’espaces publics ou de liaisons. Un préalable au lancement du projet même, plusieurs opérations étant aujourd’hui dans les starting-blocks. DÉBUT DES TRAVAUX. Dès cette année, opérateurs publics et privés démarreront les chantiers. Habitat Toulouse poursuivra la réhabilitation des résidences Micoulaud et Chamois, lancera des travaux d’urgence à la Cité des Violettes et commencera à procéder au relogement des résidants de la Cité des Izards.

La livraison d’une première opération immobilière du Nouveau logis méridional sur la Cité Blanche, de même que des opportunités de relogement dans le bâti ancien, permettront à ceux qui le souhaitent de rester dans le quartier. L’aménagement de la place Micoulaud, centre emblématique du quartier, va également démarrer. Dès à présent, une concertation s’engage afin de définir son organisation, ses usages, son caractère… dans le but de renforcer le commerce de proximité et d’en faire un lieu d’animation et de convivialité. Les équipements programmés au 95, rue Renan, seront, eux aussi, lancés cette année par la mairie de Toulouse qui débuteront avec la création d’une crèche.

Demain, quelle place Micoulaud ? Réunions publiques ouvertes à tous : Le 17 février, 20 h-22 h, atelier d’ouverture, puis le 18 février, 10 h-13 h, atelier « en marchant », au centre d’animation des Chamois, 11, rue des Chamois. Le 5 mars, 20 h-22 h, analyse du projet, puis le 4 avril, 20 h-22 h, approfondissement du projet, à la salle ErnestRenan, 5, chemin d’Audibert. Infos : 05 61 57 92 66

La plupart des réalisations à venir découlent de la concertation avec les habitants du secteur.


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Secteur Toulouse Est Contact : 05 67 73 83 54 secteur.est@mairie-toulouse.fr 4.1 : Bonnefoy / Roseraie / Gramont 4.2 : Jolimont / Soupetard / Bonhoure 4.3 : Côte-Pavée / Château-de-l’Hers / Limayrac

Une ambiance qui se transmet à tout le secteur.

Que la fête commence ! BONNEFOY  L’association Exotic Concept est l’ambassadrice, sur le secteur

et dans Toulouse, des cultures caribéennes et d’outre-mer. CULTURES EN PARTAGE. La Caraïbe, ou espace caraïbe, est parfois qualifiée de « Méditerranée du Nouveau Monde ». Le soleil, la mer, la gastronomie, les couleurs, la musique, la culture du bassin versant de la mer des Caraïbes…en font une région du globe très prisée des voyageurs. Depuis sa création, il y a près de douze ans, l’association Exotic Concept, installée aujourd’hui dans le quartier Bonnefoy, souhaite promouvoir les cultures caribéennes et d’outremer à Toulouse. Les sociétés caribéennes connaissent depuis leur création des chocs de cultures, qui n’échappent pas au regard des créateurs, des artistes, premiers témoins de ces évolutions. L’association est née d’une rencontre entre copains férus de musique et d’ambiance caribéenne. Aujourd’hui, ils sont quinze bénévoles à imaginer,

construire et mettre en place des événements autour de cet environnement. « Partager des moments de convivialité, échanger, découvrir d’autres atmosphères, c’est ce que nous nous voulons développer par le biais de toujours plus d’animations », explique Victor Emmanuel, président de l’association. « La culture et les ambiances caribéennes sont toujours des moments forts. Arts visuels, conte, danse, littérature, musique, théâtre, gastronomie… sont autant de disciplines et de thèmes que nous souhaitons partager avec le plus grand nombre ». LE QUARTIER EN FÊTE. Chaque année, le carnaval est le moment phare des animations proposées par l’association. Une équipe de bénévoles constitue le noyau dur de l’association. Et cette année encore, ce seront trois jours de fête. Du 17 au 19 février se succè-

deront des animations la journée et des spectacles le soir. Au programme musique, danse, char, une soirée à thème…le tout à consommer sans modération. Plus d’informations : Exotic Concept 07 60 11 31 31 exoticprod31@gmail.com

Bonhoure fête carnaval Le Cercle laïque Jean-Chaubet organise, en partenariat avec l’association de Loisirs Bonhoure et les CLAE Jean-Chaubet primaire et maternelle, le carnaval du quartier Bonhoure-Guilhemery le mercredi 14 mars. Rendez-vous devant la maison de quartier Jean-Chaubet située 7, place Pinel à 14 h 15. Au rythme des musiciens de Rési Rézeau, le défilé partira vers 14 h 30 pour une déambulation dans les rues du quartier. Venez nombreux… Plus d’informations : Cercle Laïque Jean-Chaubet - 05 61 34 85 88

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PROXIMITÉ

Secteur Toulouse Sud Est

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Contact : 05 67 73 83 53 secteur.sud-est@mairie-toulouse.fr 5.1: Pont-des-Demoiselles / Montaudran / La Terrasse 5.2 : Rangueil / Sauzelong / Pech-David / Pouvourville 5.3 : Saint-Michel / Le Busca / Empalot / Saint-Agne

Nouveaux horaires pour trois mairies annexes À compter du 5 mars, avec l’ouverture de la Maison de la Citoyenneté du secteur sud-est sur le site de Niel (81, rue Saint Roch), les horaires de trois mairies annexes changent. La mairie annexe au sein de la Maison de la Citoyenneté aura des horaires élargis, du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 18 h et le samedi de 8 h 45 à 11 h 45. Désormais, Empalot vous accueille du lundi au vendredi de 8 h 30 à 11 h 45 et Sauzelong de 13 h 45 à 17 h 00. De même, à compter du 10 mars, la mairie annexe de l’Ormeau sera fermée le samedi matin, et le public sera reçu à la Maison de la Citoyenneté sud-est, de 8 h 45 à 11 h 45.

Mieux stationner à l’Ormeau Le quartier de l’Ormeau comprend une zone de stationnement réglementée « zone bleue » de 67 places. Depuis le 1er janvier et suite à une concertation avec les associations d’habitants, commerçants et élus, les modalités de la réglementation ont évolué. L’utilisation du disque de contrôle européen est désormais obligatoire, de 9 h à 12 h et de 14 h à 19 h, du lundi au samedi (hors jours fériés). La durée maximale de stationnement est de 1 h 30. Sont concernées : la place de l’Ormeau, l’avenue Jean-Rieux et l’avenue Saint-Exupéry. Une plaquette d’information est disponible chez les commerces partenaires et équipements publics de proximité (lire aussi pages 24-25).

Rangueil : grand carnaval pour les enfants Le traditionnel carnaval de Rangueil se déroulera le samedi 24 mars. Rendez-vous place du marché, avenue Albert-Bedouce dès 14 h. Puis le défilé empruntera l’avenue du Lauragais. Il rassemblera les Clae (primaire et maternelle) des écoles de Pouvourville, Pech-David, Jules-Julien Rangueil, Sauzelong, La Prairie, le foyer jeunes et le centre social de la maison de quartier. Venez nombreux les applaudir, profiter des batucadas, de l’apéritif et du goûter offert aux enfants par le comité des fêtes de Sauzelong-Rangueil fortement mobilisé.

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Autour du camion, la rencontre stimule les échanges.

La culture itinérante RANGUEIL  Le Camion vient à la rencontre des habitants des

quartiers du secteur et de Toulouse. Enfants, adolescents, amateurs de spectacles vivants s’y donnent rendez-vous. DANS L’ESPACE PUBLIC. Elles sont cinq jeunes femmes, étudiantes ou salariées ; elles ont entre 18 et 30 ans. Passionnées d’animation, de lecture et d’événementiel, elles veulent établir un échange direct avec le public, un dialogue autour de l’art et des préoccupations des habitants, et utiliser l’espace public comme espace de jeu et d’enjeu. En 2010, elles ont fondé l’association Le Camion. Pourquoi Le Camion ? Tout simplement parce que tout se passe dans un petit camion aménagé et itinérant. « Notre souhait, explique Maïlys, étudiante en sociologie et initiatrice du projet, était d’aller à la rencontre des gens et de développer l’accès aux pratiques culturelles, directement sur l’espace public ». CRÉER DU LIEN SOCIAL. Se réapproprier les rues et les places, partager des idées, proposer aux enfants de découvrir des livres,

des ateliers en tout genre comme les arts plastiques, permettre aux jeunes et aux moins jeunes d’assister à des spectacles… c’est tout le projet du Camion… sans oublier la possibilité de grignoter de bonnes choses ensemble. En effet, une petite restauration est proposée dans ce camion avec des produits bio et locaux. Le Camion vous attend chaque premier samedi du mois à Rangueil (à côté de la station de métro) et le 3e samedi de chaque mois à Empalot (place commerciale). Et Maïlys de conclure : « là ou ailleurs, on ne fait que passer. Ici on peut rester, prendre le temps de discuter, de s’ouvrir, de communiquer. Pour moi, la pratique artistique et la découverte culturelle partout et pour tous sont essentielles pour créer du lien social ». Le Camion - 15 bis, rue Jean-Gayral Appeler Maïlys au 05 31 98 80 27 ou Emeline au 06 28 96 55 18


Nouveau local associatif aux Tibaous

Secteur Toulouse Ouest

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Contact : 05 67 73 83 51 secteur.ouest@mairie-toulouse.fr 6.1 : Arènes Romaines / Saint-Martin-du-Touch 6.2 : Lardenne / Pradettes / Basso-Cambo 6.3 : Mirail / Reynerie / Bellefontaine

SAINT-SIMON  Situé dans la ZAC des Tibaous, un

6.4 : Saint-Simon

nouveau local associatif s’apprête à voir le jour. De façon provisoire puis permanente, dans un bâtiment dédié.

6.5 : Lafourguette

UNE RÉPONSE AUX BESOINS. Il s’agissait d’un engagement de la municipalité, pris lors d’une visite du quartier. La création d’un local associatif était en effet une attente forte des habitants du quartier de Saint-Simon. Ce sera bientôt chose faite, la livraison d’un espace implanté au rez-de-chaussée de l’immeuble Monné-Decroix situé sur la place centrale de la ZAC des Tibaous étant programmée pour le second trimestre 2012. Le local de 80 m 2 fonctionnera pour une durée de trois ans, soit le temps nécessaire à la construction d’un local définitif, prévu cette fois au Nord du groupe scolaire « Les Tibaous ».

Le local associatif provisoire sera très facilement accessible.

MODE D’EMPLOI. Cet équipement provisoire sera situé au cœur du quartier, composé notamment d’une quinzaine de boutiques et d’un supermarché. Des aménagements sont en cours afin de proposer plusieurs salles de réunions qui seront mises à la disposition des associations de quartier. Cette salle permettra aux nouveaux habitants du quartier des Tibaous de mettre en place des dynamiques citoyennes. Elle faciVue de synthèse de l’aménagement de la place des Tibaous. litera la rencontre entre le quartier ancien de Saint-Simon et les nouveaux résidants de la ZAC Tibaous. La salle sera mise à disposition de Les bureaux des commissions de quartier renouvelés toutes les associations qui en feLes membres des bureaux des commissions de quartier proposent l’ordre du jour et préparent les dossiers de chacune des commissions organisées plusieurs fois par an. Fin 2011, des représentants ront la demande au service des d’associations de quartier élus pour deux ans ont vu leur mandat arriver à terme. Le renouvellement mairies annexes sous réserve de des bureaux a donc été réalisé récemment sur l’ensemble des quartiers toulousains. Le travail a déjà disponibilité. commencé en amont des commissions organisées sur tout le secteur Toulouse Ouest, comme celle des quartiers Mirail - Reynerie - Bellefontaine qui se déroulera le 27 février prochain à 18 h 30, salle Pour toute demande de réservation de spectacle Alban-Minville, ou encore celle des quartiers Arènes Romaines - Saint-Martin-du-Touch, du local, contacter la responsable prévue le 1er mars à 20 h à la Maison de quartier Arènes Romaines. des mairies annexes : Maryse Darnes Plus d’infos sur www.toulouse.fr au 05 62 27 68 41

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VIURE AL PAÍS

L’Occitan, carrefour des arts L’ORIENT ET L’OCCIDENT  ont nourri la créa-

tion occitane. Voyage initiatique dans l’esthétique toulousaine avec l’auteur Alèm Surre-Garcia. OCCITÀNIA E AL-ANDALUS Son darrièr libre dubèrt sus d’illustracions subrebèlas, es totjorn afogat que l’Alem SurreGarcia parla d’art. Perque l’art es politic : es demostracion d’un fait de civilizacion. Aicí, l’autor, diplomat de l’EHESS, longtemps en carga dels afars occitans al Conselh Regional (1990-2006) e ara president de l’Institut Occitània-al-Andalus, fa la demostracion que Tolosa es al crusòl de las interaccions entre art oriental e occidental, al còr d’una representacion estetica e culturala autonòma. CLOQUIÈRS E MINARETS L’epòca romanica que fa de Tolosa una capitala de la Renaissença medievala se tanca aprèp la longa crotzada « contra los Catars ». Lo gotic pòt començar. Mas pas lo que França coneis : lo gotic occitan se bastís longtemps d’una nau unica, tant nauta coma ampla, e se reconeis per son aspècte fortificat, « per s’aparar de las agressions tant del defòra (conquistas) coma del dedins (afars religioses) ». Sèm aicí sus una frontièra, una talvèra. Pas de gargolhas, per de rasons tecnicas - las tèulas de tèrra son mai longas a cò nòstre. Pas d’exaltacion figurativa dins lo bastiment gotic perque lo cristianisme oficial, lo dels Dominicans, dels Franciscans, se noirís de l’estetica e de la teologia catara coma de l’austeritat de la glèisa occitana : lo gotic occitan cèrca pas la nautor, la recèrca de lum, mas l’escurina, lo mistèri. Es un luòc de pregària, pas d’afortiment d’una fòrça temporala. FRONTIÈRAS MENTALAS E ART DE LA TALVERA L’istòria de l’art oficiala se noirís de prejutjats. Vist del luòc oficial del Saber (que longtemps serà pas pus Tolosa, provincializada), existís pas un gotic occitan. Las Pirenèias son una 44

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frontièra fòrta. Darrièr ? Lo non-res, pardi ! Mentre que las Pirenèias coneisson dos penjals, de pòrts, e que son pas qu’un laboratòri d’escambi e d’interaccions entre, al Sud, l’estetica mudejar, espelida per exemple a Cordoa e al Nòrd, aqueste gotic geometric. Alèm somia d’una reconeissança d’aquela istòria, d’aquela estetica, qu’auriá d’interés per, per exemple, las construccions dels nòstres bastiments religioses actuals, glèisas coma mosquèas… Un art de la sintèsi, un art occitan. * Clochers et minarets, Edicions Privat, 32 euros.

Maurici, 1933-2011, votz de la lenga nòstra Lo Maurici Andrieu es mòrt, fin de novembre. Avaironés passat per Niça e París ont serà mètge, quita tot per tornar sus Tolosa en 1973. Òme d’una lenga blosa, digna, anima a Ràdio-Tolosa l’Ora occitana, puèi las Passejadas occitanas. Al finestron de FR3 ont crea Viure al País de 1981 a 1998… De generacions d’artistas, musicians, autors, seràn coneguts dins tota la França del Sud mercés a el. De generacions de personas i aprenon que la « lenga nòstra » es lenga de creacion e d’actualitat.

Lo teatre per viure mai d’una vida Amb la Comèdia Occitàna Tolzana fondada en 1978 amb lo Laurent Terzieff coma pairin, revira e jòga lo Mètge per fòrça del Molière o encara Godolin! Godolin! Participa de l’aventura inacabada de Mix’art ont liga totas las creacions actualas a l’occitan. Ara sebelit dins lo sèu Avairon, aurà donat vida a la lenga per de milierats de personas.


CULTURES 46 > 49

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Focus

+ que culture

Face Shoot

Le printemps du cinéma toulousain

Le retour du carnaval

Germaine Acogny : va, danse et reviens

L’envers du décor

Patrimoine et histoire

Une semaine Les petits métiers à Alban-Minville de la Garonne

+ www.toulouse.fr Plus de photos, d’interviews ou d’articles

DÉCROCHE LE SON !

Les demi-finales et la finale C’est la troisième édition du tremplin musical organisé par la mairie de Toulouse. Ouvert aux musiciens amateurs de 16 à 23 ans pratiquant tous styles musicaux, il réunit sept centres culturels et fait appel à un jury de professionnels de la musique. Après la victoire de Dancers in red et de MP 1.2 en 2010 et 2011, où se sont aussi révélés les finalistes Black Hills et BigFlo et Oli ; on attend de pied ferme les talents 2012 qui remporteront un appui professionnel et des dates de concerts. Six soirées de sélection sont organisées en public : - 23 mars, à l’espace Saint-Cyprien/ Chapeau Rouge. Cette année, avec l’association Progrès-Son, l’ouverture du tremplin se fera à l’espace Saint-Cyprien à 20 h 30 puis à 22 h 30, la Semaine du Rock se clôturera au Cri de la Mouette. - 28 mars, au centre culturel Alban-Minville - 29 mars, au centre culturel Bellegarde - 30 mars, à la salle Ernest-Renan - 31 mars, au centre culturel Henri-Desbals - 3 avril, à l’espace Bonnefoy Ces soirées permettront de sélectionner les six groupes pour la finale, le 6 avril au théâtre des Mazades.

© Fabien Ferrer

www.toulouse.fr

BlackHills, finaliste 2011 de Décroche le son !

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FOCUS Cinéma

Un printemps au cinéma  ÉCRANS Salles, festivals, créateurs, associations… la

marmite du cinéma et des arts visuels bouillonne dans la ville. Intensément en mars, Toulouse fait son cinéma, avec le soutien de la mairie. Coup de projecteur sur trois rendezvous singuliers, témoins des cinémas d’ici et d’ailleurs, d’hier et d’aujourd’hui : Zoom Arrière, Cinélatino et Traverse Vidéo.

À

Toulouse, le monde du cinéma, d’art et essai, d’animation, expérimental, étranger, protéiforme et pluriel, témoigne d’une sacrée vitalité du secteur. Par ses producteurs, d’abord, et notamment dans le domaine du cinéma d’animation (TAT productions ou la Ménagerie), qui génèrent l’organisation du Cartoon Forum en septembre prochain. Par l’action, discrète et fondamentale, ensuite, de ceux dont la vocation est de montrer, expliquer, diffuser, soutenir, voire restaurer. La Ville soutient le cinéma dans toutes ses dimensions : les salles de projections (Cinémathèque, ABC), les acteurs travaillant à la médiation et à l’éducation à l’image, les productions artistiques et les collectifs de professionnels ; et enfin, ses festivals. L’aide au cinéma représente globalement près d’un million d’euros, soit 8 % des subventions culturelles de la Ville. 46

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Au feu les pompiers de Milos Forman (1967) Zoom Arrière.

Le bureau d’accueil Toulouse tournages œuvre aussi à la bonne marche des réalisations et joue les facilitateurs en matière de pré-repérages, d’aide à la préparation, de coordination des autorisations de tournage, de soutien logistique… Courts ou longs-métrages, reportages, documentaires, publicités…au total 168 tournages ont été accueillis dans la ville en 2011, un chiffre en constante augmentation (+ 20 % depuis 2010). DES ACTEURS et des rendez-vous prennent à bras le corps la révolution numérique et son impact sur la manière de penser les films et de diffuser ces techniques dont s’emparent les amateurs. Des films élevés au rang d’objet d’art se mêlent à la danse, à la peinture, à l’installation. L’École supérieure d’audiovisuel (Esav) accompagne cette métamorphose. LES NOMBREUX FESTIVALS de l’agglomération s’ouvrent sur l’ailleurs, réveillent la corne latine de la ville comme Cinélatino et Cinespaña, explorent la Pologne ou l’Italie. Il font des arrêts sur image sur la mouvance expérimentale (Traverse Vidéo), proposent la réflexion (Empreintes Numériques), portent des regards singuliers à l’image des Vidéophages avec leurs courts-métrages et leur cinéma convivial version Faites de l’Image. Si les rendez-vous s’égrènent au fil des mois, ils fleurissent au printemps. Zoom sur trois d’entre eux qui ont en commun l’exigence de qualité et sont reconnus dans leur domaine. Zoom Arrière, Cinélatino, Traverse Vidéo. Ils partagent l’envie de donner à voir et à ressentir.


Les interdits dévoilés  ZOOM ARRIÈRE Pour cette nou-

velle édition du festival consacré au patrimoine cinématographique, la cinémathèque de Toulouse s’ouvre aux films interdits. Interdits par le pouvoir, par la morale, coupés, exploités clandestinement… Une trentaine de films censurés hier et aujourd’hui se dévoilent.

L

e thème de cette 6e édition est une illustration de la mission principale de la cinémathèque, la conservation : « Sans ce travail, explique Natacha Laurent, déléguée générale de la cinémathèque, beaucoup des films que nous proposons ne seraient plus visibles. » La censure des films est née avec le cinéma. Et on retrouve cette atteinte arbitraire à la liberté d’expression tout au long de l’histoire du 7e art, même si elle a pu prendre des formes et des noms différents selon les pays et évoluer avec les années. Le festival s’attache à montrer des œuvres qui ont été touchées non par la censure, mais par les censures, chaque film ayant été, à un moment de sa propre histoire, interdit. « Nous n’avons pas voulu illustrer la censure, insiste Natacha Laurent, mais permettre au public d’en comprendre les mécanismes. » C’est ainsi que la programmation se focalise sur des moments particuliers de l’histoire du cinéma avec des œuvres majeures comme l’Âge d’or de Buñuel, coécrit par Dali, réalisé en 1930 et interdit jusqu’en 1980 ou le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein, coupé et recoupé pour servir la propagande soviétique. À côté de cette sélection de films emblématiques, les « films lapins », produits par le régime est-allemand dans les années 60/70 et aussitôt

interdits, dits, font l’objet d’un zoom. En France, ce, les ciseaux de la censure sont iintervenus de nombreuses t àd b reprises, pesant notamment sur les films réalisés autour de la guerre d’Algérie, dont certains ne sont pas connus. Cinquante ans après, la cinémathèque se souvient, avec en plus des films diffusés, une journée d’étude sur ce thème. Elle propose également une sélection de films ayant été les plus touchés par la censure. C’est le Clandé et ses films pornographiques de toutes les époques, ce genre ayant commencé avec le cinéma. CINÉMA IRANIEN. Aujourd’hui, le pouvoir, qu’il soit politique ou religieux, cherche toujours à faire taire des auteurs. Aussi un hommage estil rendu cette année au cinéma iranien, dont des réalisateurs, Jafar Pahani en tête, et des acteurs sont emprisonnés. Parallèlement à cette programmation audacieuse, des ciné-concerts, rencontres et journées professionnelles, expositions sont proposées. Les spectateurs peuvent ainsi visiter la cité futuriste du Metropolis de Fritz Lang, aller à la rencontre de Charlie Chaplin ou retrouver l’œuvre de Jean Renoir. Coupez ! « Films interdits » 6e édition de Zoom Arrière Du 9 au 17 mars - Cinémathèque de Toulouse et divers lieux www.lacinemathequedetoulouse.com

Salo ou les 120 journées de Sodome de Pasolini.

Britannia Hospital de Lindsay Anderson.

Je vous salue Marie de Godard.

L’âge d’or de Buñuel.

Quatre immanquables Le Pré de Bejine, de Sergueï Eisenstein (1937) Avoir 20 ans dans les Aurès, de René Vautier (1972), en présence du réalisateur La Ruée vers l’or, de Charlie Chaplin (1925) La Grande Illusion, de Jean Renoir (1937), copie restaurée en numérique par la cinémathèque de Toulouse Un chant d’amour de Genet. FÉVRIER 2012 à Toulouse

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FOCUS Cinéma

Pépites latines © Ronald Curchod

 CINÉLATINO Les Rencontres cinémas

d’Amérique Latine de Toulouse se muent en Cinélatino. En dehors d’une programmation foisonnante de films de tous poils, elles poursuivent leur travail d’accompagnement des bobines latines. Itinéraire d’un film-pépite mis en lumière par l’Arcalt.

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ous êtes-vous demandé comment un film arrivait sur votre écran de ciné ? Le rapport avec Cinélatino ? La mission du volet professionnel des rencontres (voir encadré) est justement de tout faire pour qu’il y arrive ! Et pourtant… aucun film ne se ressemble, du point de vue de la distribution. Le nerf de la guerre ? Le nombre de copies. Lorsqu’une copie de l’un des (rares) réalisateurs guatémaltèques crève l’écran d’une salle de la région MidiPyrénées, elle vient de vivre un parcours aventureux, accompagné par l’Association des rencontres cinéma d’Amérique latine de Toulouse (Arcalt). Prenons l’exemple de Las Marimbas del infierno, de Julio Hernández Cordón, film qui a reçu le grand prix « coup de cœur » l’an dernier. Le réalisateur avait été épaulé pour la finalisation de son premier film, Gasolina, à « Cinéma en construction » en 2010. Outre la reconnaissance, c’est pour lui l’ouverture des

Cinema sin fronteras : la plateforme professionnelle Cinéma en construction : aide à la postproduction, à la circulation internationale (29 et 30 mars) Ciné en développement : espace de rencontres entre les réalisateurs et professionnels (28 mars) Cinémalab : formation autour de la circulation des films latino-américains en Europe et européens en Amérique latine (26-31 mars)

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salles françaises avec un prix d’aide à la distribution d’une valeur de 6 500 euros (distributeur, aide au sous-titrage d’une copie et aide à sa traduction). Depuis, l’Arcalt l’accompagne à travers toute une palette de dispositifs. D’abord, en négociant sa sortie nationale au moment du festival. En travaillant en amont avec les exploitants de salles de la région, une copie circulera en mars à travers dix cinémas « art et essai », qui mutualisent aussi le coût de la venue du cinéaste d’Amérique centrale. « Nous mettons à profit l’impulsion donnée par les Rencontres » précise Eva Morsh Kihn, responsable du volet professionnel. L’autre point essentiel est la sensibilisation du jeune public et du public scolaire avec un dossier pédagogique donné avant de venir voir le film, mais aussi des formations destinées aux enseignants, pour aborder son contexte économique, culturel, social. « Que veut dire un film du Guatemala, pays sans indus-

trie du cinéma ? Quelles sont les représentations et à quoi ressemble la société concrètement ? » questionne Eva Morsh Kihn. SOLIDARITÉ. La vie de ce film serait fragile sans ce coup de pouce à des fins non lucratives. La communication faite autour du festival bénéficie directement ou indirectement au film, permettant d’atteindre le but recherché : être vu. Et c’est crucial, sachant que l’accès de créations singulières dans les salles européennes fait figure de défi lorsque elles ne sont ni nationales, ni européennes. Las Marimbas del infierno aura enfin tout à jouer auprès des professionnels européens réunis à Toulouse pour quelques jours, et notamment des distributeurs. Finalement, l’Arcalt n’a fait que structurer et professionnaliser ses missions premières, nées il y a 24 ans : amener le ciné latino à Toulouse, soutenir la création et un certain regard engagé, travailler à sa diffusion. Le tout porté par une valeur essentielle de solidarité.

200 regards CINÉLATINO donne à voir et à comprendre la culture latino-américaine à travers quelques 200 films en région. Des inédits dans trois compétitions, des panoramas et des sections thématiques, à l’image de celle consacrée au regard singulier des femmes à Cuba, un hommage au cinéma brésilien à travers le regard de l’un des plus grands chefs opérateurs, Walter Carvalho… Les rencontres, c’est aussi le partage et la convivialité : rencontres, ateliers et les mythiques apéros concerts dans la cour de la cinémathèque. Une semaine latino soufflant un air de printemps dans la ville. Du 23 mars au 1er avril - 05 61 32 98 83 www.cinelatino.com.fr


« Faut voir » le ciné expérimental Mute. Installation d’Éric Mutel à Bellegarde.

 TRAVERSE VIDÉO Les 15e rencontres de cinéma expérimental invitent à sillonner la ville,

du 7 au 24 mars, dans des expéditions artistiques peu banales.

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rofitant du retour des beaux jours, Traverse Vidéo fait le pari d’attirer les amateurs du 7e art hors des salles obscures, pour les entraîner dans des lieux souvent aussi insolites que les œuvres qui y sont présentées. La programmation, foisonnante et hétéroclite, propose une centaine de projections, ainsi que des dizaines d’installations, de performances et autres expositions. À mi-chemin entre le cinéma traditionnel et les arts plastiques, les auteurs expérimentaux ont pour point commun de se placer où l’on ne les attend pas. La cinquantaine d’artistes vient du monde entier pour se confronter au public et aux travaux des autres Corrida audiovisuelle avec un réel esprit de l’Esav e de convivialité et La 26 édition de la Corrida de l’Esav d’émulation. « Faut prend pour thème les cinématographies du nord de l’Europe. Ces rencontres voir », la thématique internationales ouvrent aussi une de cette année, refenêtre sur les écoles de cinéma des flète la volonté de lutpays à l’origine du « printemps arabe ». ter contre la passivité Du 19 au 23 mars 2012 à l’Esav du spectateur. 56, rue du Taur - 05 61 50 44 46 DES FILMS QUI NE FONT PAS DE CIFaites de l’image : NÉMA. L’art expéril’appel à projets Pour la 11e édition de Faites de l’image, mental ? Il reste, pour les Vidéophages s’installeront dans le sa directrice Simone jardin Michelet, à l’espace Bonnefoy Dompeyre « avant et dans la rue Saint-Laurent, les tout inénarrable. 6 et 7 juillet. Ils lancent leur appel à Quand on vient voir projets liés à l’image, sur le thème un film expérimental, « Côte à côte ». À vos caméras ! on ne peut pas rentrer Candidature : association chez soi et seulement les Vidéophages - 9, rue de l’Étoile en résumer l’histoire. pepa.videophages@free.fr C’est avant tout la proposition plastique qui

fonde le sens, même si celle-ci n’exclut pas forcément la narration. Il faut que quelque chose se passe, sur la pellicule et dans l’esprit des gens. Je dis souvent qu’on fait du film sans faire de cinéma. » À VOIR. « Faut voir », le thème des rencontres est ouvertement conceptuel, pour laisser une plus grande liberté créatrice. Né a n moi n s, les artistes présents ont été soigneusement sélectionnés sur la pertinence de leur travail. Entre autres, Éric Mutel nous révèle l’impermanence de l’image en exposant, au centre culturel Bellegarde, une série de portraits tirés sur des matériaux qui se décomposent à vue. En plus d’être engagés pour les victimes japonaises du tsunami, les vidéastes de Kinema Nippon proposent une projection de courts métrages interrogeant radicalement notre rapport au réel. Enfin, la toulousaine Émilie Franceschin n’hésitera pas à prendre de la hauteur et à se surpasser dans la performance qu’elle réalisera à l’espace Jean-Jaurès Tisséo. Émilie Franceschin.

Info

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Du 7 au 11 mars, les rencontres proposent un trajet différent chaque jour. Projections l’après-midi dans un lieu, vernissage le soir dans un autre, les participants se promènent en ville et sont témoins, toute la journée, de nombreuses performances. Par ailleurs, du 1er au 24 mars il sera possible, suivant le programme, d’aller découvrir les expositions. www.traverse-video.org

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BRIC À BRAC

Jupiter sous le ciel de Toulouse

Le festival Rio Loco a eu du flair en invitant Calle 13 sur la prairie des Filtres en juin 2011 pour leur premier concert en France ! Les deux portoricains, maîtres du reggaeton, ont remporté neuf trophées aux derniers Latin Grammy Awards à Las Vegas. Carton plein.

La statue « Jupiter à l’aigle » est sur le point de rejoindre la collection permanente du Musée SaintRaymond, musée des Antiques de Toulouse. Le musée l’a acquis en décembre 2011 en vente publique chez Sotheby’s à New York, qui après des recherches sur l’œuvre a alerté le musée toulousain. Une belle nouvelle pour la Ville et pour cette statue en calcaire du roi des dieux, représenté debout, accompagné de son symbole l’aigle royal et sur le socle les lettres IOM, Iovis Optimum Maximus, « Jupiter le plus grand ». Car la statue en calcaire d’un mètre de haut a été découverte en 1902 au bord du canal du Midi à Avignonet-Lauraguais, en plein cœur de la civitas de Tolosa, le territoire de la ville antique de Toulouse. Puis un antiquaire américain acheta l’œuvre en 1988 et la laissa à l’abandon dans une boutique jusqu’à sa vente en décembre dernier. Elle revient donc enfin, plus de 100 ans plus tard, sur ses terres natales, et plus précisément dans la section consacrée à la cité des Tolosani au second étage du musée. http://saintraymond.toulouse.fr/

CD

Calle 13, groupe latino de l’année

Wondermood Les Métropolitains

Livre-CD

Didier Lockwood, virtuose du violon, leur aurait dit : « Sur scène, vous transmettez une vraie joie qui est l’essence même du jazz ! ». Multipliant les faits d’armes, le quintet toulousain monte en flèche, de Toulouse à la capitale (Au Petit Journal Montparnasse) et même au delà. Trois fois primés au concours européen du centre de Musiques Jazz (meilleur groupe, meilleur soliste, prix du public), à l’affiche de Jazz sur son 31 l’an passé, Les Métropolitains démarrent en trombe leur carrière. Leur premier album vient de sortir, on y retrouve tout ce qui fait le délice de leurs shows : jazz minimaliste mêlé de hip-hop, avec des touches de bossa, et toujours une bonne humeur caractéristique, pour sept titres dynamiques et savoureux entre saxo, piano, flûte, contrebasse et percussions. En concert au CIAM de l’Université du Mirail le 28 février - www.lesmetropolitains.eu

Sang neuf

Les Comptines de la Récré Auteur-compositeur : Claude Sicre Interprètes : Géraldine Lopez et Flore Sicre Les Fabulous Trobadors signent un album de reprises de comptines de l’enfance, apprises et chantées aujourd’hui à l’école, parues dans le magazine Pomme d’Api et interprétées par les 2Zélectriques. Nourri d’indications pédagogiques et truffé d’humour, le livre-cd démontre que ces comptines « servent aussi aux enfants pour s’amuser et s’éduquer entre eux. » Elles s’inspirent des folklores languedocien et nordestin, et inventent de nouvelles formes. Une traduction est d’ailleurs prévue en occitan et en anglais. Des comptines qui se dansent, se miment, se chantent et un album qui donne des clés pour les poursuivre, pour en inventer de nouvelles et pour s’essayer au tambourin. Éditions Bayard Jeunesse Co-produit par l’association Escambiar

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Olivier Michelon.

OLIVIER MICHELON, directeur général des Abattoirs. En mars 2012, il succèdera à Alain Mousseigne, fondateur de l’établissement, à la tête des Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de la Ville et Frac de la région Midi-Pyrénées. Conservateur du patrimoine et directeur du musée départemental d’art contemporain de Rochechouart, il a été notamment commissaire adjoint de l’exposition « Le Mouvement des Images »

au Centre Pompidou (2006). Ce diplômé de l’Institut National du Patrimoine a été journaliste (chef de rubrique art moderne et contemporain au Journal des arts jusqu’en 2004) et enseignant à l’École du Louvre. HÉLÈNE VIGNAL, à l’Espace Job. Elle était, à Gentilly (94), responsable du développement culturel et chargée du jeune public. Elle est aussi membre de Scène(s) d’ici et d’ailleurs (association nationale de professionnels des arts de la scène pour une politique culturelle et artistique en direction de l’enfance et de la jeunesse). Elle coordonne désormais l’Espace Job, qui a ouvert ses portes en octobre 2011. Un équipement d’un nouveau genre, alliant culture et sport regroupant une salle de spectacle, la MJC des Sept-Deniers, l’école Music’Halle et la piscine Jean-Boiteux.


+ QUE CULTURE

Carnaval, le retour ! COCU Le Carnaval de Toulouse re-

naît mercredi 21 mars. Outre un défilé déluré menant Monsieur Carnaval au bûcher, ce mercredi gras comptera avec un bal pour enfants et un bal masqué, après s’être réchauffé avec une soupe populaire et avoir traversé la ville déguisée elle aussi.

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opulaire, traditionnel, festif, le Carnaval de Toulouse revient, renaît, se réinvente version 2012. Il pourrait, bien plus que jamais, permettre de troquer masque de crise contre parures loufoques. Le COCU (Comité d’organisation du carnaval unifié), présidé par Julien Laffont, s’est ranimé en 2011, rejoint par des associations et étudiants qui cogitent dans l’ombre de leur QG et bricolent les chars dans leurs ateliers. Soutenu par la Ville et invitant les différents carnavals à s’associer à l’événement, il a pour mascotte un super héros maladroit aux cornes aiguisées, qui sévit autant dans la ville que sur le net : Super Cocu.

UN BAL MASQUÉ, OH YES ! Puis on se rendra au complexe du Ramier pour un bal masqué géant, autour de deux scènes. De la musique festive et carnavalesque en clin d’œil à Rio de Janeiro, des musiques traditionnelles, ou aux accents métissés sont au menu.

BAL ET AVIONS. Le carnaval des enfants c’est “the place to be” de l’après-midi. Pour des milliers de petits carnavaliers, un concert et un bal façon trad, avec déhanchement assuré. Dans la capitale de l’aéronautique, ils participeront à un magistral lâcher d’avions en papier qui retrouvent la fonction d’antan de l’Aéropostale, en l’occurrence véhiculer des mots… Pierre Cohen leur remettra les clés de la Ville.

Le mercredi 21 mars - À 14 h place du Capitole puis à 18 h 30 sur les allées Jean-Jaurès et défilé par le boulevard Carnot, la rue de Metz puis crémation de Monsieur Carnaval au Pont-Neuf - Soirée à partir de 21 h 30 au complexe du Ramier www.carnavaldetoulouse.fr

STREET TRICOT. En mars, surveillez bien votre place, votre rue, leurs statues et leurs arbres. Plusieurs dizaines de commandos de seniors et de couturières ont décidé de customiser nos petits trésors du patrimoine et de les habiller à l’aide de matériaux recyclés et créations textiles. L’opération est baptisée « Si on déguisait la ville ? ».

Soupe populaire et collective LE DÉFILÉ. Il s’élance en fin d’après-midi de Jean-Jaurès autour d’une vingtaine de chars. Défilé évidemment, bruyant, coloré et déglingué. Y prennent part des dizaines de structures : associations de quartiers, d’étudiants, culturelles, citoyennes, centres sociaux, clubs seniors… Et tous ceux qui le souhaitent ! Sur le cortège, il faut s’attendre à tout, batucadas, fanfares et autres réjouissances musicales pour donner du rythme à cette marche endiablée jusqu’à la crémation joyeuse de Monsieur Carnaval.

L’idée – folle – de départ était simple : offrir une soupe populaire géante pour réchauffer collectivement 10 000 personnes ! En cherchant des partenaires, Sophie Pourcel, du Cocu, a dégoté un don d’une tonne de légumes. Assez pour quelques 2 500 litres de soupe ! Il restait un petit détail : trouver les cuisiniers. L’Union des métiers de l’industrie hôtelière a convaincu une quarantaine de chefs toulousains de participer à ce défi fou. Avec l’aide de quatre lycées hôteliers de la région, ils vont mettre la main à l’économe pour confectionner le potage monstrueux, à partager à la fin du défilé.

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FACE SHOOT

 GERMAINE ACOGNY

Danseuse, chorégraphe et pédagogue, celle qui aime à se définir comme la « fille noire » de Maurice Béjart est une figure incontournable de la danse contemporaine africaine. La voilà de retour à Toulouse, l’une de ses terres d’accueil, pour présenter sa dernière création, Songook Yaakar. Programmé en ouverture du festival CDC, ce solo tant auto biographique que politique introduit sans détours le thème de l’exil, associé à l’édition 2012.

Va, danse

Entre Toulouse et le Sénégal Jusqu’au mois de juin dernier, Germaine Acogny, bout de femme au regard intense et fumant parfois la pipe, habitait encore tout près d’Arnaud-Bernard. Pourtant, le centre international qu’elle a fondé en 1998, l’école des Sables, est basé à Toubab Dialaw, près de Dakar au Sénégal. Un constat assez symbolique de la nature profonde de cette habituée du grand écart entre les cultures et les continents, qui répète inlassablement : « je suis de passage ». À Toulouse, Germaine Acogny collabore avec James Carlès, le fondateur du festival Danses et Continents Noirs, dont elle est la marraine. « Je garde avec lui des liens très étroits. Nous organisons régulièrement des échanges entre son centre de formation et le mien. »

L’idée qui ne meurt jamais Avant d’arriver à Toulouse, cette petite-fille de Yoruba dirigeait le centre Mudra Afrique, créé en 1977 par Maurice Béjart et Léopold Sédar Senghor. Après sa fermeture en 1985, Germaine Acogny a multiplié les projets de centres. Malgré les difficultés, elle n’a jamais baissé les bras : « je suis profondément pédagogue. Je suis convaincue qu’il faut une véritable formation professionnelle pour les danseurs contemporains, en Afrique comme ailleurs. Je dis toujours qu’une idée ne meurt jamais. Aujourd’hui, avec l’école des Sables, le Sénégal nous donne les moyens de concrétiser ce projet qui m’a toujours tenu à cœur. »

Actualiser la tradition Convaincue de la richesse des danses traditionnelles, Germaine Acogny a développé une technique qui porte son nom et qu’elle résume ainsi : « c’est une façon de bouger la colonne vertébrale. On appelle ça le Serpent de vie ou l’Arbre de vie. » C’est cette technique, inspirée des danses patrimoniales, qu’elle transmet aujourd’hui à la nouvelle génération de danseurs noirs. Mais cette reconnaissance, elle l’a acquise par le travail. « Je suis devenue chorégraphe presque par obligation. Je voulais montrer que la danse africaine était un art, que cela pouvait être mis sur scène. C’est à nous, danseurs africains de faire changer le regard des autres. »

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et reviens Affronter l’espoir Dans sa dernière création, la danseuse et chorégraphe porte un regard sans concession sur le monde. Cette critique lucide ne lui interdit pas l’humour qu’elle considère, avec la danse, comme l’un des traits fondamentaux de la culture africaine : « sur le mode de la plaisanterie, on dit des choses vraies sur la rue, soi-même et les autres. Je me moque beaucoup de moi-même. » Cette forme légère ne saurait toutefois cacher l’engagement politique de cette femme aux multiples décorations (1) considérée aussi comme l’une des « 100 personnalités qui font l’Afrique » (2). En effet, si le titre Songook Yaakar se traduit par « affronter l’espoir », on doit en réalité entendre un véritable appel à l’autodétermination africaine.

(1) Chevalier de l’Ordre du Mérite, Officier des Arts et des Lettres, Chevalier de l’Ordre de la Légion d’Honneur puis Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres par la République Française. (2) classement du magazine Jeune Afrique

Songook Yaakar, de et avec Germaine Acogny, les 16 et 17 mars à 21 h, au théâtre Sorano. Réservation : 05 81 917 917 (Sorano) / 05 61 59 98 78 (CDC)

Festival CDC : danseurs sans frontières Pour sa huitième édition, le festival international CDC, Des migrations, s’est tourné vers le sud. C’est de la programmation qu’a surgi la thématique du voyage, point commun à tous les invités, et son corollaire : l’exil. Dans le spectacle Sakinan Göze Çöp Batar*, le danseur turc Kerem Gelebek interroge le prolongement de l’exil géographique dans un exil intérieur. La majestueuse Nelisiwe Xaba, chorégraphe sud africaine, rend hommage à la célèbre Vénus Hottentote dont les médecins colons exhibaient la féminité démesurée au XIXe siècle. Enfin, comme on ne saurait célébrer l’exil dans Toulouse l’Espagnole sans esquisser un fandango, Israel Galván, maître du flamenco actuel, vient faire dialoguer tradition et modernité à la mode sévillane. *C’est l’œil que tu protèges qui sera perforé.

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© Hyun Kim

Du 16 au 30 mars - dans divers lieux de la ville - 05 61 59 98 78 www.cdctoulouse.com

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DÉCODAGE

Eau d’ici et eau de là ANNÉE GARONNE Tous les trois ans se tient le Forum mondial de

l’Eau. Les décideurs du monde se réunissent cette année à Marseille pour se pencher sur l’eau et ses enjeux. La ville de Toulouse, traversée par un des fleuves les plus fascinants d’Europe, a décidé d’y consacrer une année de rendez-vous culturels, c’est l’Année Garonne. Elle démarre par un événement incontournable, une exposition fleuve simplement intitulée « Eau » proposée à tous les curieux par le Muséum d’histoire naturelle à partir du 17 février.

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otre vision de l’eau, que l’on croit bien connaître, se limite souvent à quelques poncifs. Sa composition chimique, son cycle basique, ses bienfaits et les enjeux élémentaires de sa raréfaction. Mais derrière chacun de ces thèmes se cache un univers incroyable, plein de beauté et d’étrangeté. La fascinante exposition, présentée par le Muséum avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne, entend précisément dépasser cette vision superficielle en nous emportant dans un véritable voyage initiatique au fil d’un fleuve artificiel. La nature nous démontre une fois de plus sa supériorité dans l’art d’imaginer des solutions extravagantes et harmonieuses dans la course à l’adaptation. Pendant un an, toute une équipe d’experts scientifiques, de graphistes et de scénographes se sont attelés à la besogne pour livrer une exposition ludique et interactive qui ne sacrifie rien à la vulgarisation. L’exposition s’organise autour de trois grandes thématiques : l’eau et la vie, l’eau et les hommes et l’eau et les sociétés. CHOC. Dès l’entrée, nous posons nos pieds sur un sol tactile où chacun de nos pas provoque une onde circulaire, donnant ainsi la

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sensation de réitérer le miracle du Christ et de marcher sur l’eau. De part et d’autre du circuit s’élèvent des berges artificielles sur lesquelles se dressent des panneaux pédagogiques regorgeant d’écrans et de dispositifs virtuels et ludiques. Immédiatement, c’est le choc : l’eau serait d’origine extra-terrestre et n’aurait été que le passager clandestin d’une météorite hasardeuse ! Mais le parcours nous réserve encore bien des surprises. On pourra par exemple écouter la symphonie cacophonique exécutée par les occupants du monde du silence, contempler une monumentale araignée des mers, ou enfin se laisser aller à la perplexité devant la déroutante éco-sphère élaborée par la NASA : un aquarium clos, où quelques minuscules crevettes vivent en complète autarcie. À ne pas manquer ! Même si

les plus petits risquent de perdre un peu de la richesse documentaire, les innombrables curiosités ne manqueront pas de les fasciner, surtout si les plus grands se font les relais d’une exposition foisonnante et accessible. Du 17 février au 31 décembre Muséum d’histoire naturelle de Toulouse 35, allées Jules-Guesde 05 67 75 84 84 www.museum.toulouse.fr

Plonger en profondeur dans « l’or bleu » En marge de l’exposition, un programme complet de colloques, conférences et expositions a été élaboré pour approfondir, tout au long de l’année, les problématiques liées à l’eau, au Muséum et dans la ville. Entre autres, Gwenaël Prié et Lionel Goujon exposeront les photos de leur voyage autour du monde sur le thème « Les voyageurs de l’eau ». On pourra également assister à un colloque sur les monstres marins, ou encore découvrir le film Océan, au mois de juin, lors des journées de la mer. La Journée mondiale de la femme et la semaine du développement durable seront également l’occasion d’interventions en lien avec « l’or bleu ».


LES DÉCOUVERTES DE TALENTS Le repérage de nouveaux talents du rire, voilà qui n’est pas une mince affaire. « Cela représente 70 % du boulot, mais personne ne s’en rend compte, lance Christian Savy, coordinateur du festival, car ce sont les têtes d’affiche qui monopolisent toute l’attention. Bien sûr, sans eux, le festival n’existerait pas ». Les découvertes de talents s’effectuent sur trois volets : les Trophées du Rire, les duels pour rire, et la Nuit du printemps (le 31 mars au Zénith) qui met en scène une douzaine de nouveaux talents.

L’ACCOMPAGNEMENT Une fois dénichés, les artistes sont pris en main. « On apporte une aide à la création, à la coréalisation, explique Jean-Paul Hiélard, on accompagne les découvertes en leur trouvant des

Comte de Bouderbala.

En mars, on se déride

LES DUELS POUR RIRE Plus important volet des découvertes, ils requièrent un gros travail de défrichage en amont. L’équipe se rend dans 7 villes de France pour les repérages. « Nous faisons environ 150 auditions par an de jeunes, parfois débutants » explique Jean-Paul Hiélard, président du festival. Et seuls huit artistes sont choisis pour les épreuves finales à Toulouse (éliminatoires à partir du 21 mars et finale le 24 mars au Casino Barrière). COMMENT REPÈRE-T-ON UN HUMORISTE ? Il ne suffit pas d’en avoir toujours une bonne à raconter pour espérer pouvoir squatter les planches

Christophe Alévêque.

contrats et des spectacles ». C’est ainsi que des humoristes comme Florence Foresti ou Frank Dubosc ont été accompagnés 4 ou 5 ans par le festival. « Bien sûr nous ne sommes pas les artisans de leurs carrières, lance Christian Savy, mais on leur a fait confiance. » CAFÉS DE L’HUMOUR Jamais avare d’idées saugrenues, le festival s’est mis en tête de faire faire la tournée des bars à certains de ses artistes. Le président s’explique : « Pourquoi cantonner les humoristes aux salles ? On a eu envie d’amener les jeunes dans les bars toulousains pour des petits événements d’humour dans toute la ville. Ces cafés de l’humour sont aussi une manière originale d’animer la ville. » Le printemps du rire - du 19 au 31 mars - dans 21 salles associées Infos : 05 62 21 23 24 et sur www.printempsdurire.com

Éric Antoine.

© William Let © Renaud Corlouer

Olivier de Benoist.

© François Caillon

dans le paysage humoristique français, le festival dégaine tous les champs de l’humour, de la pièce de théâtre déjantée au stand-up pince sans rire, pour satisfaire les zygomatiques les plus sceptiques. Si les poids lourds sont là, le festival les prend aussi au berceau, avec de nombreux rideaux levés sur les valeurs montantes et des actions pour dénicher et soutenir les jeunes talents. Tour d’horizon.

du festival. Jean-Paul Hiélard avoue qu’il n’y a pas d’objectivité tant le talent humoristique tient de l’alchimie : « c’est comme l’amour, on ne peut pas mettre de critères sur la femme de sa vie. On fait la sélection à plusieurs, mais il nous arrive encore de nous tromper. J’ai vu par exemple Florence Foresti en 95 et à l’époque personne n’aurait parié sur elle, car son spectacle n’était pas du tout rodé ».

© Jean Tholance

 LE PRINTEMPS DU RIRE Reconnu

De la campagne d’Alévêque au Comte de Bouderbala 52 spectacles, dont 28 one man show, 19 pièces de théâtre, 5 spectacles musicaux… Voici quelques morceaux choisis. Outre les pointures que sont Pascal Légitimus, Virginie Hocq et Stéphane Rousseau, pourquoi ne pas jeter un œil à la campagne électorale de Christophe Alévêque qui se balade en ville, aller (re)voir les fanfarons locaux que sont les Chevaliers du Fiel ou applaudir les premiers pas du chroniqueur Guy Carlier sur scène. Pour ce qui est des petits nouveaux, il serait dommage de rater Nicole Ferroni et Jérémy Ferrari révélés dans l’émission « On ne demande qu’à en rire », ou encore David Buniak et le Comte de Bouderbala, découvertes de l’an dernier.

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L’ENVERS DU DÉCOR

Une semaine avec  VU DE DEDANS Centre culturel au programme dense,

centre de loisirs, QG d’ados et salon d’aînés, piscine et gymnase… Alban-Minville devient un équipement culturel qui compte dans la ville. À Bellefontaine, il est avant tout un lieu de vie, dans lequel les journées animées ne se ressemblent jamais. Que se passe-t-il vraiment dans un centre culturel ? Reportage hebdomadaire.

«P

ROCHAINE STATION, BELLEFONTAINE, BELLEFONT… ».

Sortez du métro, traversez la placette animée, cafés en terrasse et palabres masculines. Il est là, au bout de l’allée, éclairé, vivant à toute heure, c’est « Alban ». Au cœur d’un quartier que l’on dit « sensible », il est connu pour sa piscine, son gymnase, sa salle de spectacles. Le plus gros des six centres culturels de la Ville de Toulouse s’agite et fourmille du matin jusqu’au soir très tard. Et à l’ombre des propositions culturelles, la maison a bien des facettes. Animateurs et éducateurs y mènent un travail de fond, dans trois secteurs : enfants, ados et aînés (centre de loisirs pour les 6-12 ans, accueil jeunes pour les 11 à 17 ans, secteur seniors-famille). En ligne de mire : la parentalité, le projet de centre tourné vers les familles du quartier. Catherine Fontaine, la responsable, voit d’ailleurs dans le centre un « gros outil pour faire vivre le projet. L’objectif au final, reste vivre ensemble, découvrir et partager des moments ».

Fabrication de lampions.

LUNDI Dans le hall vaste et coloré, les sourires sont francs et chaleureux. L’exposition Mise en espace… capte l’œil des nageurs pressés. Ces œuvres sur supports variés viennent du musée des Abattoirs, qui organise ici chaque année une exposition « Hors les murs ». Sur les murs justement, est épinglé le programme ciné du mois. Oui, Alban-Minville abrite un cinéma, le Métro, en partenariat avec Cinéfol 31, et projette des films récents (l’indéboulonnable Intouchables cette semaine) et d’animation. Il organise chaque mois un Ciné goûter et un Thé au ciné. Dans le hall est affiché le planning surchargé de l’utilisation du gymnase et de la piscine. Clubs, public et scolaires se partagent des créneaux convoités. Pour l’école de natation, la priorité est donnée aux habitants du quartier : apprendre à nager est important. À l’étage, les va-et-vient sont incessants vers les ateliers de pratique amateur proposés aux enfants, jeunes et adultes dans plus de 25 disciplines artistiques : reliure, photo, sérigraphie, guitare, danse… et une dizaine de domaines sportifs.

Café littéraire dans le patio.

56

FÉVRIER 2012 à Toulouse

MARDI Cyril Quinchon, en charge de la programmation tous publics, règle la logistique des spectacles de la semaine. Cette saison, il l’a bouclée dès mai 2011 en imagi-


Alban-Minville

MERCREDI 9 h 30, une chenille de petits hauts comme trois pommes monte sur le parvis. L’école maternelle Bastide est à l’heure pour Noun (Cie Caracol), spectacle de la programmation 1, 2, 3… en scène ! Valérie Hortet-Meunier, la responsable de la programmation jeune public, installe les poids plume. Elle explique : « On est en adéquation avec le rythme de vie des gens, c’est notre mission. Ainsi, ils ne font pas que consommer la culture, il faut du sens et un esprit de fête. » Dans le hall, c’est l’heure de pointe. Autour des poussettes qui attendent le second spectacle, un flux incessant de nageurs et quelques « habitués » à l’espace cafétéria. Dehors, les 6e du collège Reynerie se mettent en rang avant l’entrée à la piscine. L’après-midi, centres de loisirs et jeunes répètent la flashmob pour la marche aux lampions, moment fort de l’année dans le quartier. David Dupuy, responsable du secteur « seniors-familles », y est attaché pour mobiliser les riverains et développer le « vivre ensemble » avec son équipe. Pendant ce temps, Entre chiots et louveteaux a démarré. C’est une proposition pour les jeunes, gratuite, dans le hall à la nuit tombée. Gabriel, le magicien, dévoile ses tours et fait face au brouhaha des sorties de la piscine (qui ferme à 23 h !) et à l’arrivée des ateliers de musique. Quand il extirpe de sa bouche un as de pique, une petite voix s’élève : « tu as fais des photocopies ! » JEUDI Ce soir, le spectacle est particulier. La mezzo-soprano Enkeledja Shkosa, spécialiste du répertoire italien donne un récital, grâce à un partenariat « Osons l’opéra » avec le théâtre du Capitole, qui a donné naissance à l’atelier À Corps Voix. Valérie Mazarguil, responsable des activités éducatives du théâtre, présente la soirée. « Car on a décidé d’emmener les gens à l’opéra, avec visite du théâtre du Capitole, des coulisses, des décors » explique Valérie Hor-

tet-Maunier, de l’animation socioculturelle de la Ville. Le ballet Gisèle, présenté au gymnase en 2009 et l’exposition « Tutus et pointes » ont fait des émules et des ateliers de danse classique sont désormais proposés. Le récital est magique. Patricia ressort ravie : « Je sais le travail qu’il y a derrière ! ». Elle a découvert le monde de l’opéra l’an dernier en participant à l’atelier d’écoute. « Il m’a montré que l’on peut tous chanter, sortir ses émotions. Je suis contente que ça se passe dans le quartier, parce qu’on en parle toujours en mal ». Catherine Fontaine insiste : « C’est un vrai service public, nous ne sommes pas guidés par la rentabilité pour remplir des salles sans nous poser de questions. Les choses prennent du temps, il y a un travail de fond, nous travaillons dans la durée ». VENDREDI Imaginés avec le Marathon des mots, les Cafés littéraires sont les nouveaux rendez-vous de l’année. Une fois par mois, rencontre d’auteurs et présentation de livres, aujourd’hui avec la librairie de la Renaissance. Le 9 mars, Daniel Pennac sera l’invité. Le Café se délocalisera en centre-ville en juin. L’ouverture de la médiathèque Grand M, à quelques pas, laisse aussi présager un intéressant travail main dans la main. Ce tandem culture/socioculture de la Ville de Toulouse (voir à Toulouse n° 20) est le fruit d’un des nomNoun de la Compagnie Caracol. breux partenariats qu’a tissé le centre, comme avec Rio Loco et son Barrio Loco, le Printemps de septembre, Marionnettissimo, Origines Contrôlées… Le centre est aussi force de proposition et parfois coproducteur, comme pour le spectacle de danse Le syndrome de l’exilé, avec le CDC le 30 mars prochain. Parmi la quarantaine d’associations hébergées, une dizaine de structures du quartier travaillent aussi avec le centre. Pour Catherine Fontaine, Alban, l’« outil » pour vivre ensemble « traduit aussi concrètement l’idée de “culture pour tous” ». Centre culturel Alban-Minville, 1, place Martin-Luther-King 05 61 43 60 20 - Métro ligne A - Bus n° 13 : arrêt Bellefontaine Le centre a désormais son site internet : http://albanminville.toulouse.fr

Crédits photos : Pierre Viaud-Murat

nant un menu éclectique (concerts, théâtre, danse, expositions) pour la salle de 147 places, le hall et parfois l’extérieur avec un critère : « la qualité ». Sa mission, plus large que l’achat de spectacles, suit le fil conducteur de la parentalité. « La programmation est un outil pour la médiation culturelle, sans elle cela n’a aucun sens ». La médiation – inciter, expliquer, accompagner, désacraliser – se traduit par des ateliers, des discussions autour des spectacles, des résidences. « Avec elle, nous créons la rencontre ». C’est aussi le contact et l’accueil. Catherine Fontaine reste intransigeante sur ce point. « C’est ici notre maison, nous devons accueillir comme chez nous, c’est essentiel ».

FÉVRIER 2012 à Toulouse

57


MACBETH « L’ivresse du pouvoir »… Program-

mée au TNT, voilà une thématique percutant l’actualité d’une année électorale chargée. Au-delà, c’est l’obsession, à la fois dangereuse et grotesque, de l’homme par sa propre puissance qui est portée au devant de la scène dans ce cycle. En tête de la cohorte des fous furieux : Macbeth, l’homme de tous les excès. La mise en scène est signée Laurent Pelly, codirecteur du TNT.

© Polo Garat

TÊTE-À-TÊTE

ENTRETIEN

« J’aimerais que le public ait peur comme un enfant… » Pour illustrer la folie des hommes face à la question du pouvoir, celle de Macbeth vous semblait-elle la plus exemplaire ? Laurent Pelly : Certainement l’une des plus exemplaires. En tout cas, pour ce que je voulais montrer, à savoir la dimension tragicomique, ubuesque même, de ces personnages assoiffés de puissance. Pour moi, le caractère « absurde » prédomine, au-delà même de la violence ou de la cruauté. Quand on y songe, Macbeth, c’est l’histoire d’un homme qui, encouragé par sa femme, décide de tuer le roi d’Écosse pour faciliter sa propre accession au pouvoir, et qui, ensuite, pense devoir tuer tous ceux qui pourraient se révéler gênants pour lui. C’est injustifiable rationnellement… Et pourtant, cela se passe encore de nos jours… L.P. : Évidemment, et c’est ce qui fait le génie de Shakespeare. Les questions qu’il traite dans ses pièces continuent d’agiter le monde aujourd’hui. Comment ne pas penser à Macbeth en voyant le destin du colonel Kadhafi en Libye. Sa vie, mais aussi sa mort, entre pouvoir absolu et impuissance quand l’Histoire dérape, ressemblent étrangement à celle du tyran écossais. C’est pourquoi, malgré la gravité du sujet, vous proposez un théâtre enlevé, drôle, populaire au sens noble du terme ? L.P. : Oui, car encore une fois, il ne s’agit pas de faire la morale, mais bien de s’amuser de ces hommes et de nous-mêmes, car il y a beaucoup de chacun de nous dans les personnages de 58

FÉVRIER 2012 à Toulouse

Shakespeare… S’amuser – car ici ce n’est que du jeu – de l’absurdité de la guerre, des massacres gratuits et des peurs du couple… La dimension surnaturelle, caractéristique de cette pièce, est aussi l’occasion de « faire du théâtre ». J’aimerais que le public ait peur à la manière d’un enfant et à la manière de Macbeth, lui-même totalement immature. Peur des sorcières, d’un danger diffus, d’un bruit peu familier… À quoi peut-on s’attendre du point de vue de vos décors ? L.P. : En cohérence avec la dimension universelle et intemporelle de la pièce, j’imagine l’histoire dans un ailleurs indéterminé. Ce peut être l’Écosse mais également ici et maintenant. Les références historiques ont été un peu évacuées, même si les scènes de guerre conservent leur place essentielle dans la pièce. Pour ce qui est de la scénographie, j’ai mis en place un objet narratif en forme de labyrinthe modulable, L’IVRESSE DU POUVOIR aux murs élevés, qui permet différents Macbeth est programmé du 29 février au 24 mars. tableaux scéniques. Pour aller plus loin dans la thématique, le TNT propose de découvrir un autre Shakespeare, Othello, par le Les personnages sont grand metteur en scène allemand Thomas Ostermeier donc enfermés dans (3-4 février), deux œuvres cultes du boutefeu Jean un espace angoisGenet : Les Bonnes, pièce mise en scène par Jacques sant, mystérieux… Vincey (7-10 février) et Les Nègres, création de qui peut évoquer les l’artiste invité, Emmanuel Dumas. Last but not least, jeux vidéo actuels ou les délirants Pippo Delbono reviennent avec Dopo La même l’esprit, perbattaglia, du 28 au 31 mars. www.tnt-cite.com turbé, de notre personnage principal.


SORTIR, BOUGER, RÊVER

agenda

d’infos + www.toulouse.fr

Jusqu’au 24 février re

1 Biennale d’aquarelle de Toulouse

carnaval, danses et scènes

17 - 19 février

22 février à 21 h

musicales ouvertes.

Melting-pot-au-feu

Maison de l’Occitanie

Cuisine et spectacle

The Tiptons Sax Quartet and Drums

11, rue Malcousinat

Théâtre Garonne

Jazz/Soul/Funk

Exposition

Quartet féminin (New York)

Organisée par Aquarelle

13 - 18 février à 11 h et 15 h 30

17 février à 21 h

en Midi-Pyrénées avec

Las Simplas cosas

56 artistes et quelque

Les Histoires d’un Grain de Sel

Musique du monde

23 février à 12 h 30

130 tableaux, et quatre invités

3 contes joués,

Guillaume Lopez et Morgan

Kiko Ruiz

d’honneur : Christian Graniou,

mimés et dansés

Astruc adaptent de vieilles

Flamenco

Henri Tranier, Yann Lesacher

Spectacle familial dès 6 ans

chansons espagnoles.

La Pause musicale

et David Chauvin.

Compagnie Grain de sel

Centre d’animation

Salle du Sénéchal

Animations, stages et

Théâtre du Chien Banc

des Chamois

démonstrations.

15/02

Le Mandala

24 février à 21 h 30

15 - 17 février

Musique

Mikkel Ploug Simon Jermyn International 4tet

à 10 h et 15 h

Nordeste traditionnel

Musique - New-York Jazz

Jusqu’au 29 février

Orée du dehors

Le Mandala

Le Mandala

Una jirafa

Théâtre à partir de 3 ans

Exposition

Compagnie Balistique

20/02

24 février à 15 h

Poème de Luis Buñuel vu par

du corps naïf

21 artistes aragonais

Saison 1, 2, 3… en scène !

21 - 25 février à 15 h 00

Conte, théâtre d’ombres

Cycle d’hommage à Luis Buñuel

Espace Saint-Cyprien /

L’homme sans tête

et d’objets

Institut Cervantès

Le Chapeau Rouge

Théâtre jeune public

Compagnie Bachibouzouk

Compagnie La Volière

Production

16 février et 7 mars

Mise en scène

Saison 1, 2, 3… en scène !

à 10 h 30, 15 h et 17 h

Catherine Vaniscotte

Salle Ernest-Renan

Du 11 au 26 février

Miam

Avec Agnès Buffet (chant, jeu)

Carnaval des Petassou’s et des Pailhassou’s

Spectacle musical

et Maxime Dupuis (violoncelle)

24 février à 20 h

Compagnie Créa

D’après l’album de

1, 2, 3… en scène !

Lionel Le Neouanic

Ces personnages traditionnels

Centre culturel des Minimes

Théâtre du Pont Neuf

L’Arbre des songes et La Symphonie Pathétique

Maison des associations

Banda de Pifanos

http://aquarelle.en.midi. pyrenees.over-blog.com

10/02

18 février à 18 h 30

Attention salades !

de Carnaval d’Occitanie sont

Concerto pour violon de

exposés avec des costumes

16 février à 12 h 30

21 février à 19 h 30

Dutilleux et œuvre de

traditionnels, marionnettes à Du 25 au 26 février :

Musique et

Bruno Ruiz lit « Petits poèmes en prose » de Charles Baudelaire

Tchaïkovski, interprétées par

gaine, masques.

Jiang Nana et François Picard

fabrication des statuettes

conférence d’Asie

Cycle Les 40 rugissants

Sokhiev, avec Renaud Capuçon,

vernissées.

La Pause musicale

La Cave Poésie

premier prix de musique de

Le 21 février à partir de midi :

Salle du Sénéchal

René-Gouzenne

chambre et premier prix de

l’Orchestre national du Capitole de Toulouse dirigé par Tugan

violon du Conservatoire national Franck Lepage.

supérieur de musique de Paris.

Conférences gesticulées Rencontre théâtralisées Compagnie du Vent debout / Scop Le Pavé

Halle aux Grains

25/02

© Daniel Jourdanet

Les conférences gesticulées proposent de « confisquer la parole aux experts pour la rendre… à qui veut la prendre ».

27 février à 20 h

Le 22 : Inculture 1 par Franck Lepage

Soirée Ladies First

Le 23 : Mes identités nationales par P. Seban et Éducation

Musique

populaire : et si on s’engageait ? conférence collective

Connexion Café

Le 24 : Fantasma par V. Martinez et L’Afrique n’a pas besoin d’aide… par A. Souef

28 février - 1er mars

22, 23 et 24 mars à 19 h - Théâtre Jules-Julien

à 21 h 30

Giedre FÉVRIER 2012 à Toulouse

59


SORTIR, BOUGER, RÊVER

agenda

d’infos + www.toulouse.fr

Chanson

29 février à 18 h 30

Compagnie K bal K

Le Bijou

Entre chien et loup

Centre culturel /

Un Dernier Cri

Danse contemporaine

théâtre des Mazades

Théâtre

28 février à 20 h

Avec Laia Autonell

Nathalie Dessay, soprano

Centre culturel

2 mars

est la création 2012 de la Compagnie des

Alban-Minville

L’Autre bal

Vagabonds sur une mise en scène de Francis

Musique et danse

Azéma. L’œuvre est presque exclusivement

avec le public

constituée du monologue pathétique d’un

Compagnie La Baraque

« précurseur », Georg Klercker – réalisateur de

Musique Œuvres de Debussy, Duparc,

1/03

Chausson, Chabrier et Fauré er

Pièce d’Ingmar Bergman, Un Dernier Cri

Les Grands Interprètes

1 mars à 12 h 30

14 h 30 (scolaire) et

L’Espion d’Œsterland en 1910 – qui déplorera,

Halle aux Grains

Radiophonies déconcertantes

21 h (tout public)

jusqu’à son dernier jour, d’avoir été rejeté dans

Espace Bonnefoy

l’ombre des grands cinéastes suédois. Du 1er au 17 mars - Théâtre du Pavé

28 février - 10 mars à 21 h

Concert radiophonique

La Ferme

La Pause musicale

2 mars à 21 h

Théâtre

Salle du Sénéchal

Après moi le déluge

Compagnie Les z’OMNI

Création cirque

Théâtre - improvisation

Conférence clownesque sur

1er mars à 21 h

Compagnie Sans gravité

Mosaïque des sens

« l’utopig et la poulitix ».

L’Autre bal

Dans le cadre du Carnaval Circus

Centre culturel Henri-Desbals

Théâtre du Grand Rond

Compagnie La Baraque

Centre culturel Henri-Desbals

Salle du Cap - Université

8 et 9 mars à 20 h 30

29 février

Paul-Sabatier

5/03

Interventions de la compagnie La Baraque

1er mars à 21 h

5 mars

Musique

Danse

Yaa et Le Prince Miaou

Faust

Concert consacré à Robert

14 h 30 : « Pas à Pas, Le Bal »

Pop-rock

Ciné-concert

Schumann, Johannes Brahms

(jeune public)

Centre culturel Léonard-

Le pianiste Jean-François

et Felix Mendelssohn

18 h : « Le Bal de La

de-Vinci - Théâtre de Poche

Zygel accompagne le film

Auditorium Saint-Pierre-

Baraque » (tout public)

de l’Énac

de Friedrich Wilhelm-

des-Cuisines

Chapelle de Carmélites

Murnau maître du cinéma er

1 - 31 mars

expressionniste allemand du

Pourquoi pas moi ?

début du XXe siècle.

Humour

TNT

Orchestre de chambre de Toulouse

10/03 10 mars à 20 h

Moonlight Benjamin

Philippe Souverville Cabaret comique

Du 6 au 27 mars

Chants haïtiens

le Citron Bleu

Miroirs ô miroirs

Centre d’animation

Exposition

Soupetard

er

1 et 2 mars à 20 h

Ghislaine Villaroya

Le cri d’Antigone

Centre d’animation Lalande

10 - 17 mars à 21 h

Jean et Béatrice

Théâtre Géraldine Bénichou adapte et

8 mars à 12 h 30

Théâtre

met en scène le roman d’Henri

Dalèle Muller

Compagnie du Périscope

Bauchau, une lecture actuelle

Chansons au comptoir

De Carole Fréchette

Figure vivace

sur les traces de la tragédie

La Pause musicale

Mise en scène Anne Bourgès

Art contemporain

de Sophocle.

Salle du Sénéchal

Théâtre Le Fil à Plomb

La représentation humaine est à l’honneur cet hiver à travers

Théâtre Sorano 9 mars à 20 h 30

11 mars à 17 h

le travail de sept artistes contemporains (Emmanuel Bornstein, Murielle Maudet, Laurent Marguliew, Hippolyte Hentgen, Denis

1 et 2 mars à 20 h 30

Opéra Pastille

Cantate sans filet

Bernard, Anatoly Byelov, Daniel Dejean). L’exposition entend

Soapéra

Humour en chanson

Musique

montrer la « vitalité de la peinture », dixit Françoise Lacoste,

Danse contemporaine

Compagnie Acide Lyrique

Ensemble baroque et Chœur

conseillère artistique du lieu, qui a choisi de saturer l’espace

Mathilde Monnier

Centre culturel /

baroque de Toulouse, dirigé

Croix-Baragnon, façon de « respecter la liberté intérieure

Théâtre Garonne

théâtre des Mazades

par Michel Brun

er

du visiteur qui saura emprunter, l’une ou l’autre des entrées

Répétition sans filet puis

proposées, cérébrale ou viscérale ».

2 mars à 20 h 30

9 mars à 21 h

concert d’une cantate

Jusqu’au 25 février - Espace Croix-Baragnon

Kollision

Improvi’z ta vie dans un autre monde

de Bach à 18 h 30

Danse - cirque - sculpture

60

FÉVRIER 2012 à Toulouse

Église Saint-Exupère


14 mars à 10 h

16 - 17 mars à 18 h

Benoît Chapeaux, violoncelle

Ciné-goûter

-A-

Les Clefs de Saint-Pierre

Rencontres cinémas

Danse contemporaine

Auditorium Saint-Pierre-

d’Amérique Latine

Création chorégraphique

des-Cuisines

Centre d’animation Lalande

et musicale Betty Tchomanga (danse) -

15/03

20/03

Romain Mercier (musique) Festival C’est de la Danse

20 - 31 mars à 20 h 30

15 - 17 mars à 21 h

Contemporaine

Festival poésie performance

Théâtre le Vent des Signes

You need a coach my friend

Compagnie Lohengrin et La Cédille et la librairie

Théâtre

Festival Hip-Hop ways

19 - 23 mars

D’Anne Lefèvre

Danse

Création Groupe TSH

Après plus de 10 ans d’existence, le festival poursuit la diffusion des formes de

Oh ! les beaux jours, dans le

Corrida audiovisuelle de l’ESAV

Poème vivant en brûlant

hip-hop et la promotion de ses découvertes de talents, sous le thème « La vie nous

cadre la manifestation

Cinéma

écho avec le monde

appartient » inspiré de l’œuvre de l’architecte Fernand Pouillon. Des sélections

Le Printemps des Poètes.

Rencontres internationales

d’aujourd’hui.

d’amateurs, organisées en amont, permettront aux finalistes de trouver une scène

Théâtre Le Hangar

des écoles de cinéma et

Théâtre Le Vent des Signes

pendant le festival et de tourner à travers la région Midi-Pyrénées, (Toulouse, Luchon, Luz Saint-Sauveur) mais aussi en Espagne et en Île de France.

d’audiovisuel. e

16 mars à 21 h

La 26 édition prend pour

21 mars à 21 h

Du 25 février au 31 mars - www.hiphopways.com

J’aimais un homme à tête de squelette

thème les cinématographies

Nowrouz

À ne pas rater notamment, à Toulouse :

du nord de l’Europe. Les

Musique du monde

Samedi 3 mars à 14 h 30, place du Capitole : révélations Île de France 2012

Performance

pays invités sont la Norvège,

Célébration

et Midi-Pyrénées 2012, Kidzzil,Botzy, Cédrick Allait, Run, Jackson Danse,

D’après Le bain

la Suède, la Finlande ou le

du nouvel An persan

Monkey crew, Show dart, Diabolo team.

de Jean-Luc Lagarce

Danemark. La manifestation

Centre d’animation

Dimanche 4 mars à 15 h, place du Capitole : Cie Kham (Laos, Birmanie,

Compagnie Grœnland Paradise

proposera également,

des Chamois

Thaïlande), révélations Midi-Pyrénées 2012, Funky crew, Cédrick Allait,

Espace Bonnefoy

dans le prolongement de

Monkey Crew, Team zig, Jamais 203, X’prim et United Monkey. Avant la grande soirée à la Halle aux Grains le 29 avril.

l’édition 2010 consacrée au

22 mars à 21 h

17 mars à partir de 19 h

pourtour méditerranéen,

John Cage Project

une fenêtre sur les écoles de

Trash croutes et les Zoufris Maracas

Musique

cinéma des pays à l’origine du

Concert de tube kitsch

22 mars à 14 h 30 et

« C’est quoi ce cirque »

Hommage à John Cage

« printemps arabe ».

En VF et Ska Zouk Rumba

23 mars à 10 h et 14 h 30

Humour

Cycle Présences Vocales

ESAV - 05 61 50 44 46

Centre culturel Léonard-

Festival Printemps du rire

de-Vinci - Théâtre de poche

En attendant Petit Poucet

de l’Énac

Lecture marionnettique

Théâtre du Capitole 19 mars à 20 h 16 mars à 21 h

Portraits avec mandoline

Salle Nougaro

Compagnie Rouge les Anges

24 mars à 19 h

22 mars à 12 h 30

Saison 1, 2, 3… en scène !

Musique

Un pied dans le vide

Espace Bonnefoy

Fiesta cinélatino de l’Arcalt avec Rio Loco

Chanson française

Julien Martineau, mandoline

Duo violon-batterie

Espace Saint-Cyprien /

Mary Randles, violon

La Pause musicale

22 mars à 20 h 30

Marcelinho da Lua, dj-

Le Chapeau Rouge

Domingo Mujica, alto

Salle du Sénéchal

Les Acrostiches

producteur et phénomène de

Bordelune « La Guinguette »

Musique

© J. Kirchner

la scène brésilienne et électro

La spectatrice de la vitesse

Cour de l’Esav 27 mars à 19 h 30

Conception et interprétation Catherine Froment

Muriel Darras lit « Mystère Bouffe » de Dario Fo

Actrice, auteure, musicienne et performeuse, Catherine Froment,

Cycle Les 40 rugissants

dont le beau parcours a croisé Oskar Gomez Mata, Jacques

La Cave Poésie

Doillon, Solange Oswald ou encore Michel Mathieu au théâtre de

René-Gouzenne

Théâtre

l’Acte. Dans cette création, telle une scientifique, elle réinvente les règles des rapports entre les hommes et les éléments en y

27 mars à 20 h 30

confrontant directement son corps.

Le Peuple de l’Herbe

29 et 30 mars à 20 h - Théâtre Sorano

Musique hip-hop/électro Le Bikini

FÉVRIER 2012 à Toulouse

61


PATRIMOINE

Les petits métiers de la Garonne  LE FLEUVE ET CEUX QUI EN VIVENT Meuniers, forgerons, pêcheurs de poisson, de sable, bateliers,

tanneurs, bouchers, lavandières… Au milieu de la Toulouse d’ancien régime, la Garonne était d’abord un moyen et un lieu de travail.

I

l y avait deux Toulouse. Celle du Parlement, des Capitouls, des gens de pouvoir et de robe, qui se tenait prudemment à quelque distance du fleuve et de ses débor-

varier l’eau saumâtre des puits par un peu d’eau courante venue des Pyrénées. On vient la puiser depuis des bateaux amarrés à la rive, à côté des lavandières

vont chercher truites, « sièges » (vandoises), « soffies », brochets et anguilles qui se vendent tôt le matin à la halle 3 entre le Pont-Neuf et le pont de Tounis. Mais Toulouse a aussi ses « pêcheurs de sable » qui raclent le lit du fleuve et dont les tas

9 10 7 11

5

Ci-dessous le port Garaud, en bas du faubourg Saint-Michel, où les bateliers et les « carassaires » déchargeaient leur marchandise descendue des Pyrénées. À gauche l’île du Ramier, au fond l’île de Tounis avec le moulin du château et le clocher de la Dalbade.

dements. Et puis la Toulouse des gens de Garonne, une Toulouse les pieds dans l’eau, miséreuse et industrieuse, qui ne connaissait ni le droit ni le français et travaillait jour après jour pour que l’autre Toulouse ait du blé, du bois, de l’eau, de la pierre, du fer, de la viande ou du poisson… L’EAU D’ABORD, pour boire ou nettoyer car, dans une ville avec si peu de fontaines, il faut bien

qui occuperont les quais jusqu’au début du XXe siècle avec leurs bateaux-lavoirs et leurs milliers de draps qui sèchent. L’eau qui évacue aussi le sang qui coule des « afachadors » 1 (abattoirs en occitan) de l’île de Tounis et les liquides malodorants des tanneries, teintureries et amidonneries alors nombreuses autour de la Garonnette 2 . Dans l’eau, les ancêtres des « pescofis »

12


de sable mouillé et de cailloux vont alimenter les chantiers de la ville. Par l’eau n’arrive pas que le sable mais tout ce que les Pyrénées et les plaines d’amont peuvent faire descendre jusqu’au port Garaud 4 : par « raís », des convois de « carassons » ou radeaux assemblés au bas des torrents de montagne et dont les longs bois iront faire les charpentes des maisons. Les « carassaires » chargent le radeau du milieu de pierres à chaux et à bâtir, de tissus, de sacs de blé que des charrois spécialisés viennent chercher au port et transporter en ville ou jusqu’au port

de l’Embouchure 5 , d’où ils continueront la descente vers Agen ou Bordeaux. Car les chaussées des moulins du château 6 et du Bazacle 7 empêchent toute navigation dans Toulouse depuis le milieu du Moyen-Âge. Les moulins, on le sait, sont la fierté de la ville, sa principale attraction (l’établissement « le plus beau que l’on puisse voir, je crois, au monde entier », dit du Bazacle un expert allemand de passage au XVIe siècle) et une rente appréciée de ses actionnaires. Blé, tabacs, fer, faux, outils, canons… l’eau qui actionne les roues est aussi à l’origine de l’industrie toulousaine et de sa spécialisation militaire, déjà affirmée au XIXe siècle. Comme ce moulin

à poudre 8 qui nous rappelle de bien mauvais souvenirs. Installé par l’État en 1675 au nord de l’île du Ramier, il explose le 16 avril 1816 avec tous ses ouvriers, non sans incendier les maisons de Tounis et du faubourg Saint-Michel. La municipalité n’aura alors de cesse de demander son transfert loin des habitations. En vain : ni l’armée ni l’État ne bougent… jusqu’à une nouvelle et sanglante explosion le 17 août 1840 qui convainc enfin Paris de transférer quelques années plus tard la poudrerie à l’autre bout du Ramier.

La Garonnette, canal de fuite du moulin du Château aujourd’hui comblé. On y voyait puiseurs d’eau, lavandières, moulins et bateaux-moulins. Au fond, le Pont-Neuf, et, juste à sa droite, la halle où l’on vendait les poissons.

À lire :

La Garonne au début des travaux du « nouveau canal » 9 (futur canal de Brienne) qui permettra bientôt aux bateaux d’éviter la chaussée du moulin du Bazacle 7 . Du port de l’Embouchure au port Garaud 4 (et ses « chantiers de bois »), en passant par les ports Vidou 10 (ancien port Saint-Pierre) et de la Daurade 11 le fleuve est bordé de maisons. Directement menacé, le quartier de Saint-Cyprien vient d’être bordé par une première digue, le cours Dillon 12 . L’autre grand moulin, celui du Château 6 , relie l’île de Tounis 13 à la rive droite.

« La Garonne », Jean-Loup Marfaing, Charles Daney, Jean-Ramière. Nouvelles

3

Éditions Loubatières, novembre 2011 « Le Bazacle - les noces de Toulouse et de la Garonne », Robert Marconis, Santiago Mendieta. Éditions Privat,

1

septembre 2010

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2 Texte : Jean de Saint Blanquat Illustrations : Jean-François Binet, Jean-François Péneau.

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EXPRESSION POLITIQUE

GROUPE SOCIALISTE, RADICAL ET RÉPUBLICAIN

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La loi de février 2002 concernant la démocratie de proximité prévoit les expressions politiques dans le journal municipal. Les textes et illustrations publiés dans ces trois pages n’engagent que leurs auteurs.

GROUPE DES ÉLUS EUROPE ÉCOLOGIE LES VERTS

GROUPE COMMUNISTE, RÉPUBLICAIN ET CITOYEN

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EXPRESSION POLITIQUE

La loi de février 2002 concernant la démocratie de proximité prévoit les expressions politiques dans le journal municipal. Les textes et illustrations publiés dans ces trois pages n’engagent que leurs auteurs.

GROUPE TOULOUSE POUR TOUS

GROUPE TOULOUSE MÉTROPOLE

AU CŒUR DE L’ÉCONOMIE DE LA CONNAISSANCE Forte de ses 95 000 étudiants, 7 000 chercheurs, 4 universités, 6 instituts, 11 écoles d’ingénieurs et 3 pôles de compétitivité, Toulouse est le cœur d’un écosystème de l’innovation organisé autour de l’aéronautique, de la santé et de l’agroalimentaire. Grâce à ce potentiel scientifique exceptionnel, notre Ville occupe une place majeure dans l’économie de la connaissance. Dans le cadre des Investissements d’Avenir lancés par l’État, le pôle de recherche et d’enseignement supérieur a candidaté au label Initiative d’Excellence avec le soutien du monde académique, des milieux économiques et des collectivités.

et les crédits qui l’accompagnent et ainsi de rivaliser avec les universités anglo-saxonnes. De cette labellisation naîtra une Université unique réorganisée en collèges, capable de former les ingénieurs et techniciens dont le tissu économique a besoin et d’assurer à notre Métropole le rayonnement international que nous appelons de nos vœux. Marie DEQUE (prés.), René BOUSCATEL, François CHOLLET, Serge DIDIER et Chantal DOUNOT

L’Université de Toulouse, pôle de rayonnement La qualité du dossier présenté doit permettre à l’Université de Toulouse de décrocher le précieux label catalyseur d’excellence

GROUPE ÉLUS NON-INSCRITS

ET SI EN 2012… Quel bilan pour l’action 2011 de l’équipe municipale ? En demi-teinte ! À coup sûr une mauvaise gestion de son personnel. Nous avons connu plusieurs conflits sociaux : grève des policiers municipaux, grève des personnels des piscines municipales. Sans oublier la grève des éboueurs, que l’on a retrouvée aux premiers jours de 2012. Quelques avancées toutefois : nous sommes heureux de voir que la Mairie a fait le choix d’ouvrir la ville sur la Garonne. Nous avons aussi salué et participé à la Table Ronde sur les Transports. Et nous intervenons à la commission chargée d’étudier les projets de vidéosurveillance… aussitôt qu’elle sera effectivement saisie. 2012 débute, les galères continuent ! Poursuite du chantier de la rue Alsace, début des travaux des tramways « Garonne » et « Envol », réaménagement du centre ville… Au programme pour les Toulousains : bouchons et pertes de repères !

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A l’heure des vœux pour 2012, on se met à souhaiter un autre possible : Et si en 2012, le tramway adoptait un autre tracé et desservait le Cancéropôle ? Si les travaux se faisaient en toute sécurité ? Si les décisions concernant la vidéosurveillance étaient partagées ? Si on passait de la communication à l’action ? Et si en 2012, le Maire de Toulouse écoutait, s’il entendait les Toulousains, s’il entendait les Élus, y compris ceux de sa majorité. Si le Maire de Toulouse devenait le Maire des Toulousains… Jean-Luc LAGLEIZE (Président), Malika ARADJ, Yvette BENAYOUNNAKACHE, Jean-Luc FORGET, Marie-Françoise MENDEZ. 4, avenue du Château d’eau, 31 300 Toulouse Non-Inscrits.Groupe@mairie-toulouse.fr Tél. : 05 67 73 83 42 www.noninscrits-toulouse.org/


LA MAIRIE DE TOULOUSE VOUS ACCUEILLE Les services municipaux sont à votre

disposition pour faciliter vos démarches administratives, du lundi au vendredi et, pour certains, le week-end. Quelques-unes de vos demandes peuvent être traitées directement à partir du site web : www.toulouse.fr

STANDARD TOUS SERVICES 7j/7 et 24 h/24 05 61 22 29 22 ACCUEIL & RENSEIGNEMENTS Au Capitole de 8 h 30 à 17 h 30 05 61 22 21 43 ÉTAT CIVIL Déclarations de naissance et de décès, reconnaissances, dossiers de mariage, livrets de famille, délivrance des actes de l’état civil. s6, r du LieutenantColonel-Pélissier du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 45 permanence le samedi, de 8 h 30 à 16 h 45 (uniquement pour les déclarations de naissance) 05 61 22 30 26 ou 05 61 22 32 41 s2, r de l’Abbé-JulesLemire (uniquement déclarations de décès) du lundi au dimanche et jours fériés, de 8 h 30 à 18 h 05 61 49 90 69 FORMALITÉS ADMINISTRATIVES Capitole, cour Henri IV cartes nationales d’identité, passeports, autorisations de sortie du territoire, inscription sur les listes électorales, recensement militaire, certificats divers (hérédité, vie en commun, résidence…), légalisations de signature, attestations d’accueil… du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 45 05 61 22 32 30 ou 05 61 22 32 07 ENFANCE ET PARENTS UNITÉ ACCUEIL 1, r de Sébastopol Information/inscription, accueil de loisirs 3/15 ans et séjours vacances 05 61 22 23 68

POINT INFO FAMILLE Capitole, cour Henri IV Accueil du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 45 0800 740 745 (N° gratuit)

OFFICE DU TOURISME Donjon du Capitole 08 92 18 01 80 www.ot-toulouse.fr

Sept-Deniers 4, ch de Garric Tounis 88, quai de Tounis Varsovie 3, r Varsovie

SOCIAL POINT INFO SENIORS Capitole, cour Henri IV Accueil du lundi au vendredi, de 8 h 30 à 16 h 45 0800 042 444 (N° gratuit) SPORT : PÔLE ACCUEIL INSCRIPTION 7, all Gabriel-Biénès Information/inscription activités sportives de la mairie lundi, mercredi, vendredi, de 8 h 30 à 17 h, mardi et jeudi, de 12 h à 17 h petites vacances : de 8 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 17 h 05 61 22 32 64 POMPES FUNÈBRES 2, r de l’Abbé-Jules-Lemire Accueil standard 7 j/7 de 8 h 30 à 19 h 05 61 16 12 12 SERVICE D’HYGIÈNE ET DE SANTÉ 17, pl de la Daurade 05 61 22 23 32 Pôle santé publique sService médical (vaccinations) 05 61 22 23 46 sCommunauté municipale de santé 2, r Malbec 05 61 22 60 32 Pôle santé/ environnement sHygiène urbaine 05 61 22 23 32 sHygiène du milieu (qualité des eaux, nuisances animales…) 05 61 22 23 43 Fourrière animale et chiens dangereux du lundi au vendredi 05 62 27 40 82 week-end, jours fériés 05 61 22 29 22

CENTRE COMMUNAL D’ACTION SOCIALE (CCAS) 2 bis, r de Belfort 05 61 58 85 85 RESTAURANTS DE QUARTIER (Renseignements et réservations auprès de chacun d’eux) Ancely 23, all d’Ancely 05 61 49 19 79 Château de l’Hers 59, ch du Châteaude-l’Hers 05 61 34 83 76 Daurade 8, pl de la Daurade 05 61 23 54 77 Empalot - Daste 30, av Jean-Moulin 05 61 52 94 28 Izard 1, r Van-Dick 05 61 47 31 02 Providence Bonhoure 18 bis, pl Pinel 05 61 34 85 83 Saint-Cyprien 5, r des Feuillants 05 61 59 24 51 Soupetard Serveyrolles 44, r Louis-Plana 05 61 34 24 02 FOYERS RESTAURANTS (à midi) Bellefontaine 59, all de Bellefontaine Bonnefoy 229, r du Fbg-Bonnefoy Colombette 25, r de la Colombette Docteur-Marie 7, r Ozenne Le Repos 20, r des Bûchers Les Minimes 5, r Bobillot

SOCIOCULTUREL DIRECTION ANIMATION SOCIOCULTURELLE 12, r du Fbg-Bonnefoy 05 61 22 28 64 SCÈNES ET SALLES MUNICIPALES Espace Bonnefoy 4, r du Fbg-Bonnefoy 05 67 73 83 60 Espace Saint-Cyprien 56, all Charles-de-Fitte 05 61 22 27 77 Centre culturel Alban-Minville 1, pl M. Luther-King 05 61 43 60 20 Centre culturel Bellegarde 17, r Bellegarde 05 62 27 44 88 Centre culturel Henri-Desbals 128, r Henri-Desbals 05 34 46 83 25 Centre culturel des Mazades 10, av des Mazades 05 34 40 40 10 Centre animation Bagatelle 11, imp Bachaga-Boualem 05 61 44 82 61 Centre animation des Chamois 11, r des Chamois 05 61 57 99 28 Centre animation Lalande 239, av de Fronton 05 61 47 37 55 Centre culturel des Minimes 6, r du Caillou-Gris Centre animation Montaudran 3, imp Gaston-Genin 05 61 54 25 19 Centre animation Reynerie pl André-Abbal 05 61 41 56 80

Centre animation Saint-Simon 10, ch de Liffard 05 61 06 71 36 Centre animation Soupetard 63, ch de Hérédia 05 61 58 35 54 Centre animation de la Terrasse 15, imp Schrader 05 61 54 23 60 Centre des arts du cirque Le Lido 14, r de Gaillac 05 61 11 16 10 CONSEILS SOUTIENS SIDA Dépistage anonyme gratuit Hôpital La Grave, pl Lange (pav. Nanta) du lundi au jeudi, de 9 h à 17 h 30, et le vendredi, de 9 h à 15 h 05 61 77 78 59 Sida info service Numéro Vert 24 h/24 0 800 840 800 AIDE AUX VICTIMES Service d’aide aux victimes d’information et de médiation (SAVIM) accueil gratuit des victimes d’infractions pénales, réparations, soutien psychologique 0 800 56 57 58 (N° gratuit) PERMANENCES HÔPITAL RANGUEIL consultations pour coups et blessures 05 61 32 29 70 DROGUES/ALCOOL/ TABAC Drogues Infos Service 0 800 23 13 13 Écoute Cannabis 0 811 91 20 20 Écoute Alcool 0 811 91 30 30

DIVERS ALLÔ TISSÉO 05 61 41 70 70 ALLÔ TRAFIC 08 91 67 31 01 EAU/ASSAINISSEMENT Urgences 24 h/24 et 7 j/7 0 811 902 903 DÉCHÈTERIES Déchèterie d’Atlanta (Toulouse-Est) 23, ch de Gramont du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h Déchèterie de Monlong (Toulouse Ouest) 15, r Paul-Rocaché du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le dimanche, de 9 h à 12 h Déchèterie de Turlu (Toulouse Nord) 23, ch de Turlu du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le dimanche, de 9 h à 12 h Dépôt-relais des Cosmonautes (Toulouse Sud-Est) ZI Montaudran r des Cosmonautes du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h Dépôt-relais du Ramier (Centre-ville) 6, av du Grand-Ramier du mardi au samedi, de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h Station de recyclage de Daturas (payante) Déchets « hors normes » 4, ch de Daturas le lundi de 7 h à 14 h et de 17 h à 19 h 30 du mardi au vendredi de 7 h à 14 h CENTRE TOULOUSAIN DU BÉNÉVOLAT 95, grde rue St-Michel 05 61 25 94 90

infos pratiques

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Demandez à l’accueil du Capitole et dans les mairies annexes les fiches pratiques Vivre à Toulouse


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