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Brice ThĂŠvenot

plasticien


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parcours

L’Art Comprimé est né d’une délivrance. En 2003, lorsque Manuela Morgaine met en scène Brice Thévenot dans Pathos Mathos, elle l’interroge: "N’y a-t-il rien qui vous anime?" Brice Thévenot lève le bras, instinctivement. C’est quand il peint qu’il se sent libre ! Et quand elle lui demande de réaliser un autoportrait, Brice Thévenot plonge dans sa collection de tablettes de médicament, amassées, et conservées méticuleusement pour leur beauté, leur rareté ou leur mystérieuse réflexion de la lumière. C’est au milieu d’une accumulation de blisters collés sur une toile qu’il va se représenter. Un masque métallique, savamment construit, qui presque le recouvre. Selon Manuela Morgaine : "Écorces métallisées, ces toiles sont des autoportraits venus de l’intime. Brice est là, pudique et flou, derrière ces ramifications nettes et cendrées. Unique en son genre, éclairé, l’Art Comprimé fait exploser sa lumière. Sa surface argentée est une création intime, une cotte de mailles contre la nuit et la mort." Cette recherche de la lumière sera finalement sa thérapie : Cette soudaine guérison fascine l’artiste, qui tel un fétichiste, va entamer une collecte effrénée de blisters. Les premières toiles produites témoignent spontanément des interrogations de l’artiste sur son identité, son environnement, son avenir.

Rapidement, il décèle l’infinité de variations possibles autour de l’Art comprimé et décide d’en revenir aux fondamentaux. Brice Thévenot étudie l’arrangement des plaquettes. Les assemblages sont tantôt réguliers, mathématiques, tantôt chaotiques telles des chutes. La lumière peut suivre sagement le blister ou bien se réfléchir en éclats sur les lignes brisées. La forme nait alors du blister, de sa taille, de son arrangement, de sa découpe. Les pleins et les vides s’alternent sur la toile. La couleur témoigne d’une étude précise des émotions. Les pigments naturels, parfois même broyés avec des médicaments, l’aident à réinterpréter les significations historiques et sociales des couleurs et à en saisir la puissance émotionnelle. Aujourd’hui, la toile est le lieu d’expression des angoisses, craintes, joies du peintre lui-même mais aussi d’une société en proie au doute et à la recherche du vrai, du juste, de la lumière. "Car dans chacune de ces pilules, c’est une vie qui a pu être sauvée!". L’accumulation en prouve les excès. Contrairement aux nouveaux réalistes, Brice Thevenot place l’humain au coeur de son travail d’accumulation : on y découvre des instants de vie, les chemins de guérison ou de perte.


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démarche artistique

Brice Thévenot a mis au point en 2003 une pratique unique en son genre : "L’Art Comprimé". Usant des restes, emballages de ses propres médicaments et de ceux des autres, Brice Thévenot les collecte, les entasse, les pense, les compose, les colle, les assemble selon un puzzle qui ressemble à celui de la pensée quand elle doit faire ses choix. Comment faire tenir dans un cadre ces blisters de médicaments? C’est à cette question fondamentale, celle que nous nous posons tous face à une société qui nous tient toujours trop à l’étroit, que l’Art Comprimé répond. Cet assemblage lui prend des heures et des heures de patience (jamais deux plaquettes identiques ne doivent se suivre) pour arriver à former une toile ou presque une sculpture, une surface pour la peinture, un bouclier de métal contre les lames trop aiguës de la vie. Car pour Brice Thévenot, peindre n’est pas une échappatoire. Au contraire, c’est une prise de conscience des pressions quotidiennes de la réalité. L’artiste s’immerge dans un univers dérangeant et anxiogène. Des morceaux de vie, délimités par les emplacements de ces blisters collés sur la toile. Ces vies, dont le sursis provient de la chimie contenue dans ces pilules, Brice Thévenot a choisi de les immortaliser sur la toile. Parfois dans une recherche scientifique, il veut, à la manière d’un sociologue, quantifier, rapprocher et comprendre

chacune de ses vies. D’autres fois, dans une démarche purement esthétique, ces plaquettes s’ordonnent, se rangent, dans la verticale ou l’horizontale, se mélangent, se brisent pour créer un support à part entière, la matière de sculptures qu’il réalise directement sur les toiles. Car de la surface plane de la toile sur châssis, du papier, du panneau de bois… Brice Thévenot ne pouvait se satisfaire. Il recherche la rugosité et l’authenticité des premières peintures rupestres. La complexité du support, cette surface accidentée dont les ondulations et angles épousent les creux et les bosses des blisters, met en avant la simplicité et l’universalité du propos. Le travail de Brice Thévenot est indissociable du malaise d’une société oppressante, cette société qui tend à faire des parcours de vie des chemins accidentés.


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lumière I 7 identité I 17

névrose I 25


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lumière

L’art comprimé prend sa source dans la lumière, cette lumière à la fois essentielle et impalpable, bienfaisante et néfaste. Une lumière faite de photons qui, à l’ouverture de la rétine de l’œil, pénètrent dans le corps humain comme on entre dans une forteresse assiégée. Et dans ce corps entrainent toute une série de réactions bio-chimiques qui auront des répercussions sourdes mais bien réelles sur le corps humain. C’est ici le point de départ du travail de Brice Thevenot : la fascination de cette chimie qui permet au corps de tenir... ou de courir à sa perte! Brice Thevenot réalise ses premières oeuvres en couvrant des toiles de lin de centaines de blisters de médicaments gris, sans ajout de peinture. Ces surfaces argentées l’éblouissent. Ces reflets induisent des réactions internes. Très vite, Brice Thévenot peint des parties de toile, faisant ainsi disparaître les qualité réflexives des blisters et exacerbant davantage la brillance des surfaces métalliques laissées libres de tout médium (Electrochoc, 2004).Très tôt apparaît

la problématique de l’ordonnement des plaquettes, ainsi que les formes générées par les appositions et les découpes. Dans un premier temps, l’arrangement des plaquettes ne suit pas de logique particulière, si ce n’est celle de faire tenir, dans une surface finie, des moments singuliers de centaines de personnes, sans jamais accoler deux fois le même blister. Dans le chaos d’un monde enclin à la surmédication, Brice Thévenot répond par l’accumulation désordonnée mais « finie » de blisters. Le chao naît de la dispersion entropique issue de la réflexion de la lumière. En effet le blister de médicament n’est pas plan : ce relief montagneux brise les assauts en lignes droites des hordes de photons. Mais alors peut-on parler de toile ? la question se pose dans la mesure où la norme a toujours été de peindre sur des surfaces planes, tantôt lin, coton, bois ou pierre… une norme qui a certainement pour origine le statut d’œuvre contemplative donné à la peinture. Avant la Norme, les peinture rupestres avaient pour

support les surfaces accidentées des parois de grottes obscures et y apportaitent la lumière d’un art naissant : cette surface accidentée, Brice Thévenot la retrouve pour répondre à une question essentielle : pourquoi se contenter de la surface lisse et aseptisée d’une toile lorsque l’on cherche à dépeindre un monde fait de chemins de vies tortueux, accidentés et ... riches ? La lumière au centre du travail de Brice Thévenot. En amont du débat de la création, la lumière est l’objet de nombreux projets futurs, notamment Lux Perpetua, ainsi qu’une exposition globale autour des synesthésies.


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Lux perpetua

« Et lux perpetua luceat eis »

« Et que la lumière perpétuelle brille sur eux » Messe pour les défunts

Lux Perpetua est avant tout un travail de recherche sur la

Lux Perpetua, est une étape structurante dans le travail de

York, cette ville-lumière où l’on ne dort jamais. Des lumières

lumière. Pour Brice Thévenot, c’est le lieu d’une catharsis

Brice Thévenot : la lumière, qui a guidé l’artiste de manière

sont projetées sur chacune des toiles, directement par vidéo

à travers l’art et la lumière.

inconsciente tout au long de sa maturation, est maintenant

ou indirectement, transperçant les interstices des blisters.

le sujet principal de son œuvre. Une lumière complexe,

Ces lumières guident vers une ascension, aident à prendre

« 15 minutes de lumière blanche, tous les jours… La

souterraine, créatrice et dévastatrice, qui impose tôt ou tard

un recul nécessaire à la contemplation et la création. L’art

luminothérapie reste un mystère. La médecine a établi un

le silence.

s’élabore, se construit, s’interroge, comme dans la toile

journées). Une diminution d’exposition à la lumière peut

D’une simple balade dans New-York, d’un arrêt anodin au

Boogie woogie de Mondrian apparaissent progressivement

entraîner un dysfonctionnement de cette hormone, troubler

MOMA, d’une inquiétante fascination pour Broadway, ses

avant de se mettre en mouvement. L’œuvre montre en

le métabolisme, notamment par une carence en sérotonine,

vertigineuses constructions et ses lumières, Brice Thévenot

alternance ces projections lumineuses, de puissance

le neurotransmetteur du plaisir, et entrainer une «

nous propose une ascension : de la terre au ciel, de l‘ombre

croissante, et des moments de méditation. Tout bruit

dépression saisonnière » : fatigue, hypersomnie ou

à la lumière, du vacarme au silence, d’un art contraint à un

disparaît, laissant admirer, au sein de ce retable, la pureté

insomnie, anxiété… C’est ce que j’ai vécu de nombreuses

art libre, de l’anxiété au calme. L’installation est composée

et la sacralité des arrangements de blisters.

années avant qu’un psychiatre ne découvre mon malaise. »,

d’un triptyque de toiles recouvertes de blisters (plaquettes)

nous livre Brice Thévenot.

de médicaments selon un plan précis et rigoureux de New-

centrale, où les formes et couleurs du tableau Broadway

lien entre la mélatonine et le rythme circadien (le cycle des


9 La pièce rompt avec l’unité de lieu et de temps.

Un

rassemble

Lux Perpetua, construction des projections de lumière sur les 3 toiles (4’)

écrin 3

intime

toiles,

et

sombre

suspendues

et

de manie » (surexcitation, confiance en soi et volubilité extrême…).

recouvertes de plaquettes de médicaments.

La deuxième toile, est un monochrome

De formes identiques (2 mètre par 1 mètre),

blanc. Croix salutaire, seules quelques

plaquetées selon le même plan précis de

plaquettes sont peintes en gris, sur la 5ème

New-York, ces toiles ne diffèrent que par

avenue et la 53ème rue. A son croisement,

leur couleur et le traitement de la lumière.

le MOMA, où le peintre s’attarde pour

Cette lumière suit un cycle, comme le

regarder une toile de Mondrian : Broadway

rythme circadien, ou la vie et la mort. Un

Boogie Woogie. C’est alors que la toile se

cycle court, 5 minutes, où alternent

construit. Lignes, couleurs, chères au

construction et destruction. Pendant 4

peintre

minutes, les toiles se construisent. En

l’abstraction. Une construction issue de

néerlandais,

pionnier

de

apparence. Dans la grisaille orageuse de la

l’imaginaire de Brice Thévenot, qui a lui-

ville, des lumières se distinguent petit à

même élaboré une théorie des formes et

petit. La vie, la création, le bien-être, les

couleurs à travers l’Art Comprimé. Fidèle

plaisirs artificiels. En pleine course effrénée

aux lignes de Mondrian, aux couleurs, Brice

dans cette « ville-lumière », l’artiste regarde

Thévenot se trouve rapidement face à une

le ciel, s’envole vers cette lumière ultime,

certaine

frôlant les gigantesques buildings. Quand

mouvement

frustration. libre,

Il

des

imagine voitures,

un des

soudain tout s’arrête : la lumière trouve son

ascenseurs… mais on ne les voit pas. La

point d’équilibre, la nitescence d’une quasi-

vidéo osera alors mettre en mouvement la

méditation pour le spectateur (1 minute).

toile de Mondrian ! Dans une recherche

Les 3 toiles sont les marches d’une ascension progressive vers un ailleurs.

Lux Perpetua, phase de méditation (1’)

peut conduire médicalement à une « crise

volontaire du déséquilibre, Brice Thévenot rompt définitivement avec les théories

La première toile, peinte à l’aérographe,

abstraites du maître : il introduit, tel un

tels certains graphitis urbains, nous montre

sacrilège, la diagonale honnie, Broadway,

un orage. L’artiste livré à lui-même sombre

évoquée par le titre mais terriblement

dans la mystérieuse et tentaculaire ville.

absente. L’irrespectueuse toile semble

L’atmosphère laiteuse et inquiétante est

s’emballer.

exacerbée par la couleur aléatoire sur les

La troisième toile est un monochrome

reliefs accidentés du blister. A l’arrière de la

gris sur lequel est projeté une vidéo

toile, 6 lampes de luminothérapie, réparties

aérienne de New-York. Un plan large et

en

stable de ce survol nocturne pour débuter.

pyramide,

diffusent

une

lumière

d’intensité croissante qui transperce les

Puis on se rapproche de la ville, les

interstices du puzzle de blisters. La toile

buildings défilent sous nos yeux, le rythme

semble nous échapper face à l’aveuglante

s’accélère, le son des palles de l’hélicoptère

lumière. Tout comme l’excès de lumière

devient de plus en plus fort et gênant.


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Formes et Couleur structurantes

blisters sur toile, 97*146cm, 2011


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Formes et Couleur destructurantes

blisters sur toile, 97*146cm, 2010


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Formes et Couleurs en destructuration

blisters sur toile, 114*146cm, 2012


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Monochrome Cuivre

Aerographe sur blisters, 114*146cm, 2009


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identité

« D’où vient-on? En quoi notre parcours, notre histoire, se distinguent-ils de ceux des autres? Plus le temps passe, plus le connaissance de moi-même me paraît lointaine... » Brice Thevenot. Lorsqu’on lui dit qu’on reconnaît facilement ses œuvres du fait de l’utilisation unique et rigoureuse du blister de médicament, Brice Thevenot s’interroge : « Je reconnais que l’œuvre vient de moi, mais je ne me reconnais pas dans l’œuvre. Non pas que je renie l’œuvre. Bien au contraire, elle fait partie de moi. Mais, l’oeuvre me donne un nouveau miroir dans lequel me regarder… Et je me dis qu’il est définitivement difficile de me voir derrière!» C’est donc autour de l’identité que porte une grande partie du travail de l’artiste : Dans la série des « miroirs », Brice Thévenot rassemble, scientifiquement, dans une surface finie, les instants de vie de centaines de personnes, tout en révélant en parallèle l’identité du patient ayant consommé le médicament (nom, photo).

Dans la série des « Placébos », Brice Thévenot étudie l’importance relative du vrai et du faux. Tout comme le placébo, inséré discrètement dans la toile, est un « faux » médicament car un substitut inactif utilisé dans les protocoles de nouvelles molécules, crée-t-il du « faux » en s’inspirant des grands peintres (Yves Klein, Malevitch, Hantaï, Arman, César, Mondrian....) ? Ou au contraire, place-t-il l’humain au centre de sa toile en exacerbant la spécificité de la plaquette ou de la pillule (Particularité et Unicité, 2012) ou en demandant au patient d’intervenir directement sur la toile et d’y laisser sa propre trace, l’artiste intervenant simplement comme le chef d’orchestre de l’arrangement de ces plaquettes (Anthropométries, 2012)?


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ParticularitĂŠ et unicitĂŠ

blisters sur toile sous plexiglas, 60*81cm, 2011


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Compression blanche

blisters comprimĂŠs, 30*30*30cm, 2012


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Placebo, Hommage Ă Simon HantaĂŻ

Pigment sur blisters, 97*146cm, 2009


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Rond blanc sur fond blanc, Placebo, Hommage Ă Malevitch

Pigment sur blisters, 114*146cm, 2008


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Triptyque Mono pink, blue & gold, Placebo hommage à Yves Klein

Feuille d’or et pigments sur blisters, 3*60*81cm, 2012


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AnthropomĂŠtries, empreintes sur blisters

encre sur papier japonais, 2012


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Miroir des doléances

technique mixte sur toile, diptyque, 2*60*120cm (détail)


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névrose

Comment dépasser les névroses qui nuisent à la lucidité et la clairvoyance ? «Les névroses sont nombreuses et ont fait l’objet d’études approfondies depuis le siècle dernier. La médecine dispose aujourd’hui d’un arsenal thérapeutique vaste et mystérieux. Vaste car l’on ne compte plus le nombre de psychotropes / anxiolytiques / neuroleptiques / antidpéresseurs / régulateurs de l’humeur / inducteurs de sommeil… Et mystérieux car la science ne connaît toujours pas très clairement les mécanismes d’action des molécules mises sur le marché... C’est un peu comme une boite noire : on teste en entrée, et on regarde en sortie les effets! Ce qui fait de la science des névroses un univers à la fois passionnant et angoissant.» L’Art Comprimé fait l’objet d’un travail sur le cerveau humain. Dans la série Electrochoc, on peut deviner sur la toile l’effroyable force d’une séance d’electroconvulsivotherapie. La série des Orages relate des scènes de temps

orageux plus ou moins violents, et fait echo à la violence et au chaos dans la tête des patients atteints de maladie neurologiques sévères. Le medium froid et électrique recouvre les blister d’une atmosphère laiteuse et exacerbe la dangerosité du relief de la toile. Dans l’Art Comprimé, les sens sont sollicités pour parer à ces nevroses. La vue, tout d’abord, avec le reflet de la lumière sur les blisters qui vient assaillir l’œil. Le toucher ensuite avec le contact de cette surface accidentée et rugueuse. C’est, placé au rang de médicament pour l’âme, que Brice Thevenot a choisi d’intégrer le sens auditif dans son travail artistique. Ainsi, en clin d’œil aux travaux monumentaux et singuliers de Christo, Brice Thevenot a enrobé de blisters des instruments à corde, à vent, et électroniques. «Leur donner le statut unique d’œuvre d’art contemplative était insuffisant, car sous l’enveloppe, il y a bien des instruments ne demandant qu’à émettre des notes, à jouer et faire vibrer les mélomanes.

Mes installations sont des invitations à jouer avec ces instruments!» Brice thevenot réalise ainsi des «enveloppes psychotropes» pour des concerts de musique dans des lieux divers (galeries d’art, parcs, studio, musée…).


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Electrochoc

technique mixte, 146*114cm, 2004


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Orage

Aerographe sur blisters, 161*130cm, 2007


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Virus / Antivirus

Huile sur blisters, 146*114cm, 2008


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Enveloppe psychotrope

blisters, rĂŠsine et bois


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humeurs quotidiennes

La couleur est fondamentale dans le travail de Brice Thévenot. Elle témoigne de l’étude précise des émotions. Dans la série des Humeurs quotidiennes, chaque monochrome exprime une étape du rythme circadien et ses émotions. Il est composé de pigments, parfois même broyés avec des médicaments, et s’inscrit dans un véritable traité de la couleur et de ses significations historiques et sociales.

Cadmium et Alizarine

pigments sur blisters, 81*60cm, 2011

Le blanc (le commencement, la nuit blanche) Le noir, les angoisses matinales, le moment du passage à l’acte chez les mélancoliques Le gris, un «faux» noir qui se noie dans la couleurs des bureaux anonymes Le bleu, un coin de ciel bleu pour la pause déjeuner Le rouge, l’agressivité, l’opposition, tout comme celle qui opposait les différents teinturiers des rouges au Moyen-Age L’orange, la fin de la journée, ce rouge jauni qui ressemble à un coucher de soleil Le rose fluo, couleur des délirs artificiels Le noir, la redescente apres le plaisir artificiel, la catharsis. ...


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Humeurs quotidiennes

pigments et mĂŠdicaments broyĂŠs sur blisters, suite de 8 monochromes 81*60cm, 2012


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Pathos Mathos, Manuela Morgaine Un documentaire de fiction sur l’idée noire Saison d'hiver du long métrage en quatre saisons Foudre Ecrit et réalisé par Manuela Morgaine, Hiver 2006 Un film produit par Mathieu Bompoint MEZZANINE FILMS musique philippe langlois Vidéo couleur, dvcam, 52’

« Sportif haut niveau en combat de la vie, bien plus difficile que le Kung Fu ou la Capoëira, ce sport de combat est connu de tous. Brice THEVENOT a mis au point en 2003, et sans autre école artistique que la formation continue à l’énergie du vivre, une pratique unique en son genre : L’Art Comprimé. Usant des restes, emballages de ses propres médicaments et de ceux des autres, Brice les collecte et les entasse. Les pense, les compose, les colle, les assemble selon un puzzle qui ressemble à celui de la pensée quand elle doit faire ses choix. Comment, ces blisters de médicaments, comment les faire tenir dans un cadre ? C’est à cette question fondamentale, celle que nous nous posons tous face à une société qui nous tient toujours trop à l’étroit, que l’Art Comprimé répond. Cet assemblage lui prend des heures et des heures de patience pour arriver à former une toile ou presque une sculpture, une surface pour la peinture, un bouclier de métal contre toutes les lames trop aigues de la vie. Urbaines, ces toiles font face aux tours de la Défense où il les a entamées. Carrés de fenêtres, décomptes des jours, calendrier, ces surfaces rythmiques sont des émotions percussives pour nos yeux. Écorces métallisées, ces toiles sont des autoportraits venus de l’intime. Brice est là, pudique et flou, derrière ces ramifications nettes et cendrées. Unique en son genre, éclairé, l’Art Comprimé fait exploser sa lumière. Sa surface argentée est une création intime, une cotte de mailles contre la nuit et la mort. C’est de l’art, comprimé longtemps, né brutalement, venu du fin fond et cela saute aux yeux. »

Manuela Morgaine Envers Compagnie www.enverscompagnie.com


expositions et publications EXPOSITIONS 2012

exCitation, Galerie MAUBERT (Paris 75003), exposition collective sur le thème de la

citation dans l’art Formes et Couleurs, Galerie ARTELIE (Paris 75008), exposition personnelle 2011

Odyssée, Galerie MAUBERT, exposition collective sur le thème de l’origine de la vie

Collection permanente, Galerie LAGALERY ANGE BOVA (Eze Alpes Maritimes) 2010

Contrainte(s), Galerie MAUBERT, exposition collective sur le thème de la

contrainte comme processus créatif Happ’Art, Paris 75008, exposition éphémère lors du premier happening artistique en appartement. FOUDRE, cinéma le Saint-Germain (Paris 75006), exposition personnelle lors de la projection du long métrage FOUDRE réalisé par Manuela Morgaine 2009

Art Comprimé, Arty-Party (Paris 75006), exposition personnelle

Art Comprimé, Galerie Deborah ZAFMAN (Paris 75003), exposition personnelle 2008

PATHOS MATHOS, Ecole des Beaux-Arts de Paris (Paris 75006) et Cinéma des

Cinéastes (Paris 75017), exposition personnelle lors de la projection du long métrage PATHOS MATHOS réalisé par Manuela Morgaine

2005

Acteur dans PATHOS MATHOS, réalisé par Manuela MORGAINE. Brice Thévenot y

dévoile les premières toiles d’Art Comprimé 2001

Lauréat de la fondation Georges BESSE

PRESSE Entretien avec Florent Maubert, Art Croissance, avril 2012 L’Art rend-il heureux? Art Magazine, sept 2011 Wpsyché, France Culture, oct 2005


GALERIE MAUBERT 20 rue Saint-Gilles 75003 Paris www.galeriemaubert.com T/ +33 (0)1 44 78 01 79 galeriemaubert@galeriemaubert.com

Brice Thévenot  

Plasticien Galerie Maubert