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La Ve République I.

1958 : La naissance de la Ve République

1/ La chute de la IVe République La IVe République s’est effondrée à cause de la guerre d’Algérie : les gouvernements sont incapables de mettre fin à la révolte algérienne et sont renversés les uns après les autres par l’Assemblée Nationale. Le 13 mai 1958 à Alger

l’armée prend le pouvoir avec

le soutien des colons, qui ne font plus

confiance aux hommes politiques de la IVe République. Les colons et l’armée réclament le retour au pouvoir du général De Gaulle pour mettre en place un pouvoir fort et sauver l’ « Algérie française ». Sous la pression militaire, le président de la République nomme De Gaulle Premier ministre avec les pleins pouvoirs pour rédiger une nouvelle Constitution : c’est la fin de la IV République.

2/ La naissance de la Ve République La nouvelle Constitution prévoit un renforcement du pouvoir du président de la République, qui est désormais le véritable chef du pouvoir exécutif. L’Assemblée nationale perd sa première place car elle ne peut plus renverser les gouvernements aussi facilement que sous la IVe République. De Gaulle soumet ce projet de Constitution au vote des citoyens par référendum . Malgré l’opposition du parti communiste qui dénonce l’instauration d’une dictature, la nouvelle Constitution est massivement acceptée par les Français (80% de « oui »). C’est la naissance de la Ve République.

II.

La présidence de Charles de Gaulle (1958 – 1969)

1/ La politique gaullienne Le principal objectif de la politique de De Gaulle est l’indépendance de la France : a. dans le domaine militaire pour ne plus dépendre de la protection militaire des Etats-Unis, De Gaulle fait de la France une puissance nucléaire (bombe atomique). b. dans le domaine de la politique extérieure, De Gaulle veut que la France soit plus indépendante des Etats-Unis dans le cadre de la Guerre Froide. Il mène donc une politique indépendante : il critique l’intervention militaire des Etats-Unis contre le Vietnam du Nord communiste et se rend en visite en Chine communiste. Enfin il poursuit la construction de l’Europe pour en faire un continent assez puissant pour compter entre les deux grands.


c. dans le domaine de la politique économique l’Etat soutien les industries de haute technologie comme l’aviation civile et militaire.

Pour s’assurer le soutien des Français, De Gaulle organise régulièrement des référendums sur les choix politiques les plus importants comme l’indépendance de l’Algérie. Cette politique reçoit le soutien des Français et De Gaulle est réélu en 1965 face au candidat de la gauche François Mitterrand.

2/ La crise de mai 68 et le départ de De Gaulle Cependant en mai 68 éclate la plus grave crise sociale depuis la fin de la guerre. Tout commence par une grève des étudiants parisiens qui réclament davantage de liberté pour la jeunesse et manifestent violemment dans Paris (nuits des barricades). Ensuite les étudiants sont rejoints par les ouvriers : 8 millions d’ouvriers sont en grève et occupent leurs usines. Alors que la France est totalement paralysée pendant un mois, De Gaulle ne réagit pas. Son silence transforme la crise sociale en crise politique. Finalement le 31 mai De Gaulle annonce la dissolution de l’Assemblée nationale. Ses partisans remportent largement les élections : la crise est finie. Cependant en 1969 la majorité des Français vote « non » à un référendum qu’il a organisé. Considérant qu’il a perdu la confiance de la nation, De Gaulle démissionne.

III. La Ve République après De Gaulle (1969 – 2012) 1/ Des lois qui s’adaptent à l’évolution de la société Durant son mandat, Georges Pompidou, ancien premier ministre de De Gaulle, poursuis sa politique. Valéry Giscard d’Estaing mène une politique d’adaptation des lois à l’évolution de la société : -

Loi autorisant l’avortement (1975)

-

Majorité abaissée de 21 à 18 ans

L’adaptation des lois à l’évolution de la société continuera ensuite, avec par exemple l’abolition de la peine de mort (1981) ou la création du Pacs (1999). Aujourd’hui, le président actuel a promis la légalisation du mariage et de l’adoption pour les couples homosexuels.


2/ Les alternances : l’exemple de l’élection de François Mitterrand En 1981 a lieu la première alternance : François Mitterrand est le premier président de gauche de la Ve République. Son arrivée au pouvoir marque une volonté de changement de la part de la majorité des électeurs. Et la politique des premières années de son mandat est très différente de celle de ses successeurs de droite : hausse des salaires et des revenus sociaux, diminution du temps de travail, abaissement de l’âge de départ à la retraite, semaine supplémentaire de congés payés, création de l’impôt sur les grandes fortunes (ISF), nationalisations… Mais son échec à empêcher la hausse du chômage et des inégalités entraîne la défaite de la gauche aux élections législatives de 1986 et l’arrivée au pouvoir de la droite (première cohabitation) . Cette nouvelle alternance est marquée à nouveau par un changement de politique puisque le gouvernement de Jacques Chirac supprime l’ISF, facilite les licenciements et vend les entreprises nationalisées. Depuis, l’alternance est devenu un phénomène normal de la vie politique française, la droite et la gauche se succédant au pouvoir.

3/ Les cohabitations : l’exemple du gouvernement Jospin (troisième cohabitation) En 1997 la gauche gagne les élections législatives alors que le président Chirac est de droite. Jacques Chirac doit nommer le chef de la nouvelle majorité Premier ministre. La France a alors un président de la République de droite et un Premier ministre de gauche. Conformément à la Constitution, c’est le Premier ministre Lionel Jospin qui définit et conduit la politique de la nation et met en place son programme (réduction du temps de travail, PACS…). Le président de la République, sans majorité, perd alors l’essentiel de son pouvoir, et ne peut s’opposer aux lois votées par la nouvelle majorité. La cohabitation n’entraîne pas de crise majeure mais pose plusieurs problèmes : -

Elle trahit l’esprit de la constitution qui veut que le président soit le chef de l’exécutif

-

Elle donne lieu à des tensions au sommet de l’Etat, comme lorsque le président critique à la télévision la politique du Premier ministre.

-

Elle pose problème dans le domaine de la politique extérieure, qui relève à la fois du gouvernement et du président.

C’est pourquoi Jacques Chirac organise, avec l’accord de Lionel Jospin, un référendum sur le quinquennat en 2000. Désormais le président et l’Assemblée nationale sont élus en même temps et pour la même durée, et la cohabitation est quasiment impossible.


4/ La crise et la montée de l’extrême-droite Aucun gouvernement, qu’il soit de droite ou de gauche, n’a réussi durablement à stopper la montée du chômage et des inégalités depuis la fin des Trente Glorieuses. Cette longue crise sociale a entraîné une perte de confiance d’une partie de plus en plus importante des citoyens dans les partis de gouvernement de droite et de gauche. Durant la même période le Parti communiste s’est lentement effondré. C’est donc l’extrême-droite qui a « bénéficié » de cette crise politique. Le Front national a connu un essor très rapide à partir du début des années 1980, jusqu’à parvenir au second tour de l’élection présidentielle en 2002.


Ve République