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BANQUES ET ASSURANCES

Des compagnies submergées par les inondations Que ce soit Thélem, Groupama, Pacifica, ou les autres, les compagnies d’assurances ont dû mettre sur pied plusieurs plans de crises, en juin dernier. Les compagnies d’assurances du territoire se souviendront longtemps de la fin mai 2016. Selon les responsables, la catastrophe ne devrait cependant pas mettre leur activité trop à mal : la note sera délayée entre les réassureurs et les autres implantations régionales.

Exceptionnel. Stéphane Bezard, responsable du département règlement, chez Thélem, estime que « cela a représenté six mois de sinistres en trois jours ! » « C’est pire que la tempête de 1999 », s’exclame Eric Gelpe, directeur général de Groupama Paris Val de Loire. 269 communes loirétaines ont été classées en état de catastrophe naturelle. 330 entreprises ont contacté la cellule de crise de la CCI 45, dont 98 ont reçu une aide exceptionnelle au redémarrage.

> Des experts sont venus de la France entière, et ont travaillé jusqu’à sept jours sur sept.

Touchés en interne. Thélem, dont le

siège se trouve à Chécy, est particulièrement présent dans le Loiret, le Loir-etCher et la Seine-et-Marne, trois départements sinistrés. « Des collaborateurs ont été inondés. Nous avons eu des agences sinistrées, au moins quatre étaient inaccessibles ; notamment à Montargis, Fayaux-Loges et Vennecy », ce qui compliquait les réponses à donner aux assurés. Une quinzaine d’agences (sur 160) du Crédit agricole Centre-Loire (Loiret, Cher, Nièvre) ont également été touchées : « 36 agences ont été privées de courrier et de cartes bancaires. Le poids-lourd était bloqué », explique Isabelle Limousin, directrice des ressources humaines. La salle des coffres du Crédit agricole, à Montargis, a également été inondée, ce qui a nécessité un gros chantier.

Un grand nombre de sinistrés. Thélem

a comptabilisé 4.500 sinistrés (sur un total habituel de 100.000 par an), dont 3.800 pour des habitations. Groupama Paris

Val de Loire a recensé, dans le Loiret, 487 exploitations agricoles touchées et 1.298 bâtiments inondés. La compagnie avait pu prévenir ses sociétaires : seuls 115 véhicules ont été sinistrés. Pacifica, la compagnie du Crédit agricole Centre Loire, a dénombré 2.000 sinistres climatiques entre mai et juin, dont 1.700 dans le Loiret (1.400 habitations, 120 automobiles, 100 récoltes).

Coût. Pour Thélem, en septembre, la note était de 40 millions d’euros. Le plus gros sinistre s’est élevé à 400.000 €, pour un commerce de Nemours (Seine-et-Marne). Pour Groupama, le coût moyen s’est élevé à 32.000 € pour les récoltes sinistrées dans le Loiret. Sur la totalité du territoire couvert par la caisse régionale (14 départements), Eric Gelpe estime le coût à un peu plus de 100 millions d’euros pour les sinistres agricoles sur les récoltes (mais environ 60 % des agriculteurs n’assurent - 64 -

pas leurs récoltes), et à près de 39 millions d’euros pour les bâtiments.

Plans de crise. Deux réunions par jour, création d’un numéro de téléphone et d’une boîte mail pour les demandes d’acompte, recrutement de cinq collaborateurs, ouverture du siège, à Chécy, deux samedis de suite : les équipes de Thélem ont fait face à l’urgence. Toutes les plates-formes téléphoniques de Pacifica ont été réquisitionnées pour répondre aux nombreux appels.

Relogement. Groupama a fait jouer

l’assistance relogement dans 150 cas. Le relogement est possible jusqu’à un an, puis reconductible de mois en mois.

À améliorer. Si les experts de Groupama

ont pu dématérialiser leur constat grâce à leur tablette, la compagnie s’est rendu compte de l’importance de posséder le portable de tous ses sociétaires.

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