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INDUSTRIE ÉLECTRIQUE ET ÉLECTRONIQUE

L’impression 3D, couche après couche La technologie qui permet d’imprimer, en trois dimensions, des pièces complexes à partir d’un fichier informatique ou d’un scanner perce, plus ou moins rapidement, dans certaines industries. Les usines et les magasins ont encore de beaux jours devant eux. Car l’impression 3D continue à présenter trop d’inconvénients (lenteur, coût, choix du matériel...) pour remplacer les productions de masse. L’ouverture aux particuliers tentent certains visionnaires (tel l’Orléanais Raphaël Ortiz, qui a ouvert, récemment, son magasin Model 3D), mais le marché n’est pas mûr. En revanche, cette technologie prend de l’importance dans certains secteurs industriels, sans parler du prototypage et des « fablabs ». Quick Prod, à Meung-sur-Loire, profite de ce développement. L’entreprise de cinq personnes affiche un chiffre d’affaires d’un million d’euros, en 2016, en hausse de 63 %. Jean-Michel Larrivé a, en six ans, bâti un local où il réunit dix grosses machines industrielles qui impriment de la cire, sur 50x50x50 cm. Le dirigeant espère aussi se développer dans d’autres villes.

> Raphaël Ortiz, à Orléans, a ouvert une petite entreprise d’impression 3D destinée aux particuliers et aux entreprises.

Bijouterie, aéronautique... Quick Prod a d’abord commencé à travailler pour la joaillerie. La société compte des clients place Vendôme, à Paris. La conception par ordinateur autorise des créations complexes, irréalisables à la main. L’impression en cire permet, ensuite, de fondre l’objet dans la matière souhaitée. Aujourd’hui, la petite entreprise, qui se considère comme l’un des deux plus grands centres de prototypage 3D de France, se tourne vers d’autres secteurs industriels, tels que l’aéronautique, qui représente 40 % de son chiffre d’affaires (contre 35 % pour la bijouterie et 10 % pour le médical). « Nous fabriquons des pièces de test en vol pour des moteurs de Safran. Ce ne sont pas des pièces de série, car la cire coûte cher, mais ce serait envisageable ! » D’ailleurs, sept industriels régionaux de l’aéronautique et de la Défense profitent, depuis cette année, d’une plateforme partagée de fabrication additive métallique, au Cetim-Certec, à Bourges (Cher), dans le but de produire des pièces très complexes qui iront dans les avions ou les armes.

Hitachi victime des changements de technologie Le groupe japonais d’électronique Hitachi va fermer son usine d’Ardon, près d’Orléans. Le site, immense, fabrique des baies de stockage de données informatiques et emploie 170 salariés. Le groupe avait tenté, l’an dernier, de pallier la baisse d’activité (270 millions d’euros de chiffre d’affaires contre 290 millions en 2013) en stockant les données informatiques de plusieurs clients dans un data center flambant neuf... en vain. « Le marché des produits, logiciels et services liés au stockage de données connaît de profonds bouleversements. (...) La fabrication des mémoires flash et les solutions logicielles requière moins - 50 -

de charge de travail, ce qui entraîne une surcapacité de production», a expliqué l’entreprise pour justifier la fermeture, au printemps 2017, de l’usine ouverte en 1992. En octobre, Akira Shimizu, vice-président mondial, de passage à Orléans, a annoncé qu’Hitachi œuvrera « dans les mois qui viennent afin de créer les conditions qui permettraient l’arrivée dans l’agglomération d’Orléans d’une nouvelle activité du groupe ( sur un autre site que celui d’Ardon) ». « Hitachi a dépêché un cabinet spécialisé afin de trouver une entreprise qui pourrait prendre sa suite, à Ardon, ce qui permettrait de reclasser un maximum de salariés ».


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