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ETRANGE  DÉCOUVERTE. Tentative de préface  .    Etrange découverte, écrite il y a plus de 25 ans est, toutes proportions gardées, dans le  droit fil des contes orientaux. C’est une tentative prémonitoire de dénonciation de la  barbarie de la guerre qui, sous le couvert d’une situation chaotique, dans un paysage mi‐  urbain, mi‐ balnéaire, fait avancer des personnages réels et fantomatiques dans une  intrigue policière.   Le décor n’est pas précis et l’on peut très bien imaginer un village, une ville,  une grande  maison,  des ruines, des barbelés, tout un environnement peu propice à la rêverie, où  vont se mouvoir les protagonistes de cette histoire.  L’enquête sur un crime ou une disparition commence mais tout de suite l’interrogatoire  trébuche car les réponses ne sont pas celles auxquelles on s’attendait. Seules les photos  disent la vérité. Le temps change les individus, les dédouble en quelque sorte, en fait des  marionnettes et leurs sentiments avec. La pellicule est là comme un sérum de vérité.  Nous sommes dans une grande villa qui a résisté à la guerre. Retrouvailles de ceux qui  ont fui et de ceux qui sont restés. Le cauchemar s’installe en même temps que la nuit en  plein jour dans cet endroit impossible qui ne possède ni entrée ni sortie.   Une fée apparaît qui est une sorte d’armistice. L’enfant, lui, est une bénédiction, la  rémission des pêchés et le pardon accordé aux coupables. Les serres de l’aigle sont le  doigt de Dieu. La fée par sa transparence,  l’aigle par sa puissance, l’enfant par son  obstination, nous entrainent dans ce songe où la vie et la mort vont bras dessus bras  dessous.   Vous ne comprenez pas tout, votre logique butte sur les mots, ce récit  abracadabrantesque vous désarçonne, ce chaos vous donne le tournis, continuez encore  un peu, vous êtes au bord de la poésie. Nous sommes aspirés dans l’incompréhensible  espace‐temps qui ondule et qui peut durer un jour ou des siècles, nous arrivons dans ce  Moyen‐Orient millénaire, nous sommes au cœur du miracle quotidien.   L’enfant et la fée marchent le long de l’abîme que le récit a creusé. La fée a la force  invisible et protectrice de l’ange gardien, l’enfant représente l’humanité menacée qui  sent la montée des périls.  L’enfant environné de la mort qui rôde ne croit plus les grandes personnes et doute de  plus en plus que l’aigle soit un ange, même s’il s’envole avec lui.   Il faut que l’homme aux yeux noirs accepte son destin. Il vient de sauver l’enfant mais ne  cherche plus à se sauver. La puissance lui fait horreur et il accepte le rien contre le tout.  Le rien, c’est cette femme amnésique qu’il retrouve. Ainsi que l’enfant. Les temps  nouveaux seront sans mémoire et nombreux les affamés.   La dernière soirée rassemble  les combattants et les émigrés  et l’aigle nous débarrasse  de l’homme aux yeux noirs. L’enfant définitivement sauvé découvre un monde nouveau,  neuf  et irréel où tous les coupables ont été arrêtés. 


/preface