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Café débat « Accès à la culture » COMPTECOMPTE-RENDU A l’initiative du réseau « Lycéens en Mouvement » du MJS 67, des lycéens se sont retrouvés au Snack Michel dans l’objectif de débattre de l’accès à la culture pour les jeunes. Le début du débat, animé par Léa Prats-Noiriel, responsable de « Lycéens en Mouvement », a tourné autour de la question de la culture que certains appelaient « classique » et d’autres « élitiste ». En bref, l’opéra ou le théâtre, qui n’est pas l’apanage des jeunes, encore moins lorsqu’ils sont issus de milieux modestes. Malgré un coût d’entrée maîtrisé (avec la carte Atout-voir par exemple), il reste la barrière de l’information, de l’habitude. En échangeant, les lycéens ont pu constater que la démarche d’aller vers ces lieux culturels se fait de manière plus évidente pour un jeune d’un lycée du centre-ville et dont l’entourage familial fréquente différents lieux culturels que pour un jeune d’un lycée périphérique, pour ni l’entourage familial ni les moyens de son lycée n’a permis de banaliser cette démarche d’aller au théâtre comme on peut aller au cinéma. Les lycéens ont également remarqué qu’ils n’étaient pas égaux devant l’information quant à leurs droits et possibilités (réductions tarifaires). En résumé, il y a ceux qui savent et qui ont l’habitude, et ceux qui n’ont pas toutes les informations et n’ont pas l’habitude. Les lycéens ont donc conclu qu’en matière d’accès à la culture, au-delà du prix c’est l’information et la « banalisation » de la démarche d’aller vers la culture qui sont importantes. Pour cela, les lycées ont leur rôle à jouer : l’État et les collectivités doivent donner tous les moyens financiers et humains pour qu’un prof, qu’il soit dans un lycée favorisé ou défavorisé, à la ville ou à la campagne, puisse développer des activités culturelles avec les lycéens.

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Le second sujet de débat a été celui de l’internet, du téléchargement, de la loi Hadopi. En se basant sur la réalité, sur leur vécu, les lycéens se sont vite accordé sur le fait que la répression instituée par la loi Hadopi incarne l’archaïsme d’une droite toujours en retard et incapable de comprendre les changements du monde à l’heure du numérique. A l’heure du streaming, l’UMP veut punir le téléchargement… de la répression, sans résoudre le problème de la rémunération des droits d’auteur. Les Jeunes Socialistes ont donc discuté de leur proposition d’une licence globale, et se sont employés à l’expliquer aux lycéens présents qui ne connaissaient pas cette idée. La licence globale permettrait à tout internaute de télécharger en contrepartie d’une sorte de redevance prélevée sur le montant de l’abonnement à internet. Il aussi été rapidement question de la suppression de la clause de compétence générale des collectivités territoriales, qui leur permet de prendre des initiatives dans des domaines dont elles n’ont pas la compétence (la culture en fait partie). Partie intégrante de la réforme territoriale, celle-ci pourrait avoir des conséquences néfastes pour la promotion et le financement de la culture au niveau local. En effet, à l’heure du désengagement de l’État, à l’heure d’Hadopi, ce sont les artistes indépendants, les petites institutions culturelles qui souffrent, et les collectivités territoriales mettent en œuvre de nombreuses politiques pour les soutenir. Le débat revenant à la culture « classique », l’idée de développer l’animation dans les musées, de les ouvrir de manière originale (horaires, programmation…) a été évoquée, dans le but de rendre l’accès à la culture plus ludique, plus « normal ». Certains lycéens ont jugé qu’une partie des collections des musées pourrait parfois être exposée dans la rue, dans les centres commerciaux, etc., pour offrir une première approche et susciter la curiosité, l’envie de franchir la porte d’un musée.

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cafe debat culture  

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