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OLIVIER MARIN LES ENQUÊTES AUTO DE MARGOT

Scénario & dessin > Olivier Marin Couleur > Callixte


Salut à vous, lecteurs et lectrices d’Issuu.com. Tout d’abord, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site  Sambabd.be​. J’y publie régulièrement des chroniques sous le  pseudonyme “Mister Med”.   Ensuite, à l’heure où j’écris ceci, mes publications ont été lues  8594 fois alors que cela ne fait même pas un an que je suis  inscrit sur Issuu.com (ce sera le cas le 23 avril) !   Tout ça, bien évidemment, c’est grâce à vous et je ne peux que  vous en remercier ! Cependant, il existe des ouvrages  particulièrement intéressants,​ mais assez coûteux, que  j’aimerais publier.  Donc, pour celles et ceux qui le désirent, ces personnes ont  l’entière liberté de me soutenir en faisant un don (quel que  soit le montant) via ​Paypal.me/Med01​. Sachez aussi que  mes publications peuvent être obtenues au format audio.   C’est possible en m’envoyant un mail à l’adresse  mab.login01@gmail.com​.   Je compte, d’ailleurs, en publier des extraits sur ma chaîne  Dailymotion (​Dailymotion.com/abidmehdi01​).  Une dernière chose : si vous voulez me suivre sur Twitter,  cliquez sur ​Twitter.com/med00001​.  Pour Facebook, cliquez sur  facebook.com/profile.php?id=100011720380344​.  Sur ce, je vous souhaite, bien sûr, d’excellentes lectures, tout  le bonheur du monde et encore merci !    Méhdi.   


D’Olivier Marin : Automne 1962.

Aux éditions Paquet

·  Les Enquêtes auto de Margot Tomes 1 et 2 par Olivier Marin & Emilio Van der Zuiden. Tomes 3 et 4 par Olivier Marin & Callixte Tome 5 par Olivier Marin

·  Les Aventures de Betsy

Tomes 1 & 2 par Olivier Marin & Jérome Phalippou.

Michelle

One-shot. par Olivier Marin & Marine.

Retrouvez Margot & Betsy dans : Les Enquêtes auto de Margot Le Mystère de la Traction 22 Les Déesses de la route 2CV pour une égérie Le Pilote aux deux visages Coccinelles et Scarabées

Tout est dans cette malle d’après mon père. Quels trésors nous réserve-t-elle ? Ah, ça fait plaisir de te revoir toi !

Les Aventures de Betsy Le Sortilège de l’Atalante Le Fantôme d’argent

Je ne l’ai jamais vu comme ça, ce grenier… Il aura fallu que mes parents déménagent pour qu’il ne soit plus un immense bric-à-brac…

À mon père, encore et toujours… À Géraldine et Griotte. Margot se joint à moi pour remercier tout particulièrement Betsy et Jérome pour leur arrivée rafraîchissante ainsi que Damien pour avoir rendu cet album meilleur. Merci également à tous ceux qui m’ont donné un coup de main, une information, un conseil, un encouragement pendant la réalisation de cet album. Parce qu’il y des promesses qu’il faut tenir… O.M.

Et celle-ci qui semble me faire de l’œil…

Que de souvenirs… J’en ai fait des tours avec cette auto. Le début d’une passion !

www.collection-calandre.com © Editions Paquet 2018 Tous droits de reproduction, de traduction et d’adaptation réservés pour tous pays.

www.editionspaquet.com Première édition · PAO : StoneBundle.ch

ISBN : 978-2-88890-748-0 · Dépôt légal : février 2018 Print arranged by WeBundle Group in EU

www.groupepaquet.net

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C’était un jour de Noël. Impatiente, je m’étais levée avant tout le monde…


Là n’est pas le problème.. Tu l’avais trouvé chez Monsieur Clément ?

C’était le Noël de quelle année déjà ?

VROUUUM !!!

On ne dirait pas un jouet, mais une vraie en modèle réduit.

T ! MARGO Margot, qu’est-ce que tu fais ? Tu rêves ?

Alors, on descend tout ça à la poubelle ?

Ah tu trouves ? Tu sais, c’est un simple cadeau de Noël acheté au magasin de jouets.

Oui, oui…

Je ne sais plus… mais quel interrogatoire !

Eh bien non, je garde tout !

Non, non, papa. J’ai fini de trier.

Tu m’enquiquines avec cette bagnole ! C’est ton boulot de journaliste qui te fait poser autant de questions ?

Comme tu le prends ! J’ai juste un trou de mémoire… On ne va pas se disputer pour si peu.

Te voilà bien encombrée par ces reliques. Merci pour ton aide et vraiment désolée. Je ne croyais pas te froisser en te parlant de cette vieille auto.

Justement, pourquoi en faire tout un plat ?

Quoi ? Mais que vas-tu faire de ces vieilleries ? Tu n’as plus cinq ans…

Allez, tu prends la malle et moi la Cox. Nous chargeons tout dans ma voiture !

Dis-donc, je ne me souvenais pas que cette auto était d’une aussi belle qualité. C’est incroyable comme elle est bien conçue…

Laisse les fantômes du passé où ils sont Margot…

Ce n’est rien, je ne sais pas ce qui m’a pris. Bon retour et passe nous voir à notre nouvelle adresse.

Je ne sais pas ce qui lui a pris. Il est si calme habituellement, ça cache quelque chose…

C’est mon problème ! Et c’est justement parce que je n’ai plus cinq ans que je fais ce que je veux et n’écoute plus mon petit papa chéri…

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Non, non Monsieur Clément… Je venais juste vous poser une question.

Bonjour Margot, tu n’as plus l’âge de venir me voir dis-donc… À moins que tu viennes m’annoncer l’arrivée d’un futur client ?

Et vous étiez obligée de le monter ici, vous ne pouviez pas le laisser à la cave ?

Le soir.

Non, c’est celui de mes débuts… Je l’ai ramené du grenier de mes parents.

Bonsoir Margot chérie. C’est votre nouveau véhicule de fonction ?

Vas-y, mon enfant, je suis tout ouïe !

Tu dois faire erreur Margot. J’ai vendu toutes sortes d’automobiles à pédales, mais pas de Volkswagen… En plus ton père a rarement acheté pour toi des jouets de garçons, je m’en souviendrais…

Je t’assure Margot, je n’ai jamais vendu cet article… Qui plus est, une voiture allemande à l’époque !

Cette voiture a quelque chose d’énigmatique, on ne dirait pas un jouet, mais un prototype. Elle possède la même plaque de moteur que les vraies.

Vous êtes sûr ? Elle est dans ma voiture devant le magasin. Venez la voir.

Où voulez-vous en venir Darling ?

Demandez à votre père, c’est sûrement lui qui vous l’a offerte.

Vous vous rappelez de la Coccinelle à pédales que mon père vous a achetée pour moi un Noël ? C’était en quelle année ? Si ce n’est pas un jouet, qu’est-ce que c’est ?

Belle fabrication, superbe qualité.

On dirait une véritable plaque d’identification. Regarde !

Je ne m’en souvenais pas. Étrange tout ça…

Pour en revenir à mon père, il semblait embarrassé quand je l’ai questionné sur cette voiture… Il y a quelque chose de pas net, j’en suis sûre ! Vous voyez le mal partout… Il ne se rappelait plus voilà tout !

Je sens qu’on va tout droit vers des problèmes…

Allez ! Une petite chanson pour détendre l’atmosphère.

Ah oui c’est vrai, je ne me rappelais plus de cette plaque. Il faut que je regarde sur une réelle Cox pour comparer…

Et là, gravé à la main, un numéro et le nom d’une ville allemande : Hambourg !

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Loulou, si vous croyez que je vais laisser tomber juste pour votre tranquillité, c’est que vous ne me connaissez pas encore… Je trouverai ce qui gêne tant mon père…

Only you uuuu uu u , can make all this word seem right…

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Le lendemain.

Et cette plaque d’identification, est-ce une vraie ? Ce qui prouverait qu’elle vient de Wolfsburg. Par où commencer pour percer le mystère de cette voiture à pédales sans contrarier mon père ?

Oh là… La réponse à une de mes questions est en vue !

Bonjour chef, je peux vous voir deux minutes ?

Comment cette plaque a-t-elle pu se retrouver sur ce jouet ? Il faut que je mène l’enquête.

Tiens, une place se libère là-bas. Vite !

Puisque ma Cox possède une plaque identique, ça signifie qu’elle provient de l’usine de Wolfsburg.

TOC !

TOC !

Monsieur s’il vous plaît ! Je suis journaliste et j’écris actuellement un article sur la marque Volkswagen.

Depuis l’installation de Volkswagen en France nous n’avons quasiment jamais parlé de cette marque dans notre journal. La construction de leur site de Villers-Cotterêts – la création de leur entrepôt de pièces détachées – l’évolution de leur implantation en France mériteraient un dossier complet.

Mais bien sûr ma petite. Quel bon vent vous amène ?

Mouais… Pourquoi pas.

Pourriez-vous m’indiquer où se trouve la plaque d’identification sur votre voiture ? J’aurais besoin d’en voir une pour une précision technique.

Vous avez de la chance que je m’y connaisse un peu en bagnole. On peut vite passer du temps à trouver ce genre de chose…

Exactement la même plaque que sur ma Cox à pédales…

Sachez également que des rumeurs circulent sur l’arrivée d’un moteur plus puissant sur la Cox. Il est vrai que leur vieux 1 200 commence à être obsolète… Je tiens là un scoop !

Le rapprochement franco-allemand initié par de Gaulle et Adenauer, on parle même de la signature d’un traité l’année prochaine, rend d’actualité un sujet sur une marque allemande.

Si je vous enquiquine, il faut me le dire !

Ouah super ! Un grand merci à vous monsieur !

Pas de problème, ma petite dame, je vais vous montrer tout ça… Il faut avant tout que j’enlève la roue de secours, la plaque est juste derrière !

Quel tempérament ! Quelle ténacité ! Quelle emm…

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C’est bon, vous m’avez convaincu. Je vous donne le feu vert !

Bonjour madame, je voudrais la société Volkswagen à Villers-Cotterêts.


Pour arriver à mes fins, je dois persuader Volkswagen de la pertinence de réaliser mon reportage au siège de Wolfsburg.

Le surlendemain.

Voyons ça.

Je crois savoir d’où ça vient.

Une panne sèche !

Oh, je suis parfois une vraie tête en l’air.

Je me présente. Herr Tappert, directeur-adjoint de Volkswagen France. C’est avec moi que vous avez rendez-vous.

Comment l’avezvous deviné ?

Je sais encore lire sur les portières de voitures. Qu’est-ce qui arrive encore ?

Satanée bagnole. Ah non, pas aujourd’hui !

Je suis bien Madame Foilleret, journaliste à Auto Revue. Enchantée, Monsieur Tappert.

Oh ! Mon sauveur ! Me voilà bien…

Montez avec moi ! Je vous ramènerai après l’entretien avec un jerrican d’essence.

Quelle magnifique auto, j’ai toujours adoré ce modèle. Quel design, quelles belles finitions…

Nous avons quelque chose de très intéressant à vous proposer. Vous aimeriez faire un reportage complet plutôt qu’un simple article ?

Dans ce cas, nous mettons à votre disposition une Coccinelle pour rejoindre l’usine de Wolfsburg.

Ravi d’intéresser un journal français.

Vous avez un problème Mademoiselle ? Oui, ma voiture est en panne et un rendez-vous important m’attend.

L’heure étant au rapprochement entre nos deux pays, j’avais très envie de faire un article sur votre marque.

Bien évidemment…

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Banco, Herr Tappert !


Mais qu’est-ce qu’elle fiche ?

Une semaine plus tard, tôt le matin.

En route pour l’Allemagne…

Comme tu es dure avec Louis. Voilà notre « colis » déposé à la gare !

En tout cas, c’est génial que ta rédactrice en chef t’ait laissée partir avec moi pour rédiger un article sur la mode berlinoise.

Ça n’a pas été facile ! Mais la gratuité des frais de route m’a permis d’emporter le morceau !

J’espère qu’elle ne va pas tarder. Je vais louper mon train si ça continue !

C’est quoi cet harnachement ? Nous ne partons pas six mois !

Je te rappelle que je travaille dans la mode et que j’ai besoin de changer souvent de tenue.

Tu as sans doute raison, mais j’ai besoin de prendre l’air. Cette petite escapade germanique tombe à pic !

Je rends la Cox dans huit jours à Villers-Cotterêts. Si nous sommes rapides, nous pourrons visiter et faire quelques emplettes.

Je vous fais le plein mes p’tites dames ?

Si vous pouviez parler chiffons plus tard, vous savez que mon train part de la gare de Lyon d’ici 10 minutes ?

Pfffff, j’ai bien cru que je n’y arriverais pas…

Pas de souci pour le passage de la frontière belge, pourvu que l’arrivée en Allemagne soit également une formalité.

Tu comprends mieux ma question sur le nombre de tes valises…

Loulou, c’est gentil de monter à l’arrière avec les bagages, ainsi Jeanne ne froissera pas son tailleur.

Après plusieurs centaines de kilomètres.

Wolfsburg, me voilà !

Ne vous inquiétez pas Monsieur Foilleret, vous avez au volant l’équipage qui a gagné la coupe des Demoiselles il y a deux ans. Vous l’aurez, votre train !

J’espère que je vais trouver ce que je cherche à Wolfsburg. Rien n’est moins sûr.

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Le lendemain matin…

Bon, Jeanne est dans le train pour Berlin, à nous deux Monsieur Tappert !

Je l’appelle. Vous pouvez l’attendre ici.

Guten tag, j’ai rendezvous avec Herr Tappert.

Nous allons immédiatement visiter les chaînes de montage, puis le bureau d’études. Ensuite, je vous présenterai notre archiviste. Demain, nous resterons dans les bureaux et répondrons, avec le directeur, à vos questions.

Madame Foilleret, bienvenue à Wolfsburg !

Ce programme me convient parfaitement.

Une française ici ? Ça fait bien longtemps…

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Depuis plus de quinze ans, aucun français n’a mis les pieds dans cette usine.

Herr Schott, notre archiviste !

Bonjour Madame ! Quand j’ai su qu’une journaliste française venait faire un reportage sur notre usine, j’ai été ravi !

Enchantée, Herr Schott, mais pourquoi un tel enthousiasme ?

Pas spécialement, mais j’aimerais évoquer leur présence dans mon article.

Vous vous intéressez aux français qui ont travaillé dans l’usine ?

J’ai de très bons souvenirs professionnels avec des français venus travailler pendant la guerre…

La majeure partie de l’usine était affectée à la production de munitions et de véhicules militaires pour l’armée allemande.

À l’heure du rapprochement franco-allemand, c’est une bonne idée d’évoquer cette page d’histoire. Je vais vous raconter tout ça, vous verrez que tous les allemands n’étaient pas des nazis !

à partir de la fin de l’année 1940, Wolfsburg fut un immense camp de travail qui compta jusqu’à 11 000 ouvriers. Principalement des prisonniers de guerre et des déportés : Polonais, Français, Belges, Danois, Yougoslaves…

Ah oui ? Votre bonne pratique du français, c’est grâce à eux ?

Les conditions étaient dures pour eux, ils travaillaient 12 heures par jour, 7 jours sur 7. Ils étaient mal nourris et mal soignés par leurs geôliers.

Madame Foilleret, je vais vous laisser discuter avec Herr Schott. Une visite de nos archives était de toute façon prévue…

Particulièrement à l’un d’entre eux.

Heureusement, une partie des habitants de la ville, pourtant durement touchés par les restrictions liées au conflit, venaient en aide aux prisonniers.

Que pouvezvous me dire sur ces français ?

Ils étaient nombreux dans l’usine pendant la guerre. La plupart travaillaient sur les chaînes de production d’armement.

Allez-y, entrez Madame… Mademoiselle ?

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Madame Foilleret.

hum… Pour une fois que je donne mon nom de femme mariée et non Palissandre, mon nom de jeune fille, j’ai sans doute bien fait.

Avez-vous des documents d’époque ? Des photos par exemple ?

Très peu pendant la guerre… Mais j’ai quand même un dossier !

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Un problème Mademoiselle ?

Un souci Emma ?

Non. Je me demandais juste si c’étaient les ingénieurs du bureau d’études sur la photo ?

C’est papa !

Nein, Herr Schott.

Et ce Monsieur à sa table de dessin, il travaillait sur quoi ? texte manquant

Vous avez du nez Mademoiselle… Euh, Mademoiselle ou Madame ?

Palissandre, Édouard Palissandre était dessinateur industriel. C’est grâce à ce bon copain que je parle aussi bien votre langue chère Madame.

Hum… Où en étions-nous ?

Ce sont ses compétences qui lui ont permis d’échapper au travail d’usine ?

Quelle surprise lorsque j’ai vu au loin un militaire français crier mon nom ! Je l’ai de suite reconnu et nous sommes tombés dans les bras l’un de l’autre. Une forte amitié nous liait.

Madame Foilleret ! Vous me parliez du statut particulier d’Édouard Palissandre.

Excusez-moi, Madame Foilleret… C’est un des rares Français qui n’œuvrait pas sur les chaînes de montage.

Exactement ! C’était un dessinateur hors pair ! Son parcours à Wolfsburg est complètement atypique.

Ah, oui.

Guten Tag Herr Schott, voici votre courrier du jour.

Montrez-moi à nouveau cette photo.

TOC !

Ah, oui… Arrivé comme prisonnier français en 1940, il s’est évadé en 1942. À la fin de la guerre, il est revenu en Allemagne avec l’armée de libération. Une fois démobilisé, il est passé à Wolfsburg.

? Ensuite, Édouard a proposé ses services au major Hirst. Jusqu’au printemps 1946, il a donné un coup de main à l’usine Volkswagen.

TOC !

Pour le remercier de son aide, Hirst avait fait fabriquer, par des ouvriers spécialisés dans l’élaboration des prototypes, une Coccinelle à pédales pour sa fille.

Oui, entrez !

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Édouard est rentré en France avec ce cadeau…


Le soir.

Mon père a donc fait le S.T.O.* Tant d’années après, pourquoi le cache-t-il avec autant de force ?

Vite, pas une seconde à perdre !

Demi-tour et à fond ! Zut, il a filé…

Il y a quelque chose qui ne colle pas…

Pendant ce temps.

Quelle est cette voiture qui arrive à toute allure ? Mais c’est elle ! C’est pas vrai, elle est infernale !

Le voilà ! J’en étais sûr, il ne pensait pas que je le poursuivrais et il roule tranquillement.

Tu es sûr que tu n’as rien dit ?

Tant mieux, je compte sur toi pour garder ce secret. Mais tenace comme elle est, tu peux être certain qu’elle va revenir à la charge.

Non, je t’assure, je n’ai rien dévoilé.

Je vais le surprendre !

Je te promets que je serai une tombe. Je vais me débrouiller pour l’accompagner pendant la visite de l’usine afin de l’empêcher de fouiner.

Il vient de réaliser que j’étais à ses trousses.

Le 1 200 de la Cox ne peut pas rivaliser avec la Mercedes. C’est peine perdue ! Vite, un coup d’accélérateur ! Je vais facilement semer la Cox avec la puissance de ma Merco.

Bon sang ! Vite à la fenêtre, il ne peut pas s’être volatilisé.

Peu après.

TOC !

TOC !

Mince, la priorité à droite !

Là ! L’homme qui monte dans la Mercedes, c’est sûrement lui !

Oui ? Il y a quelqu’un ?

* Service du travail obligatoire, institué par le gouvernement de Vichy durant la seconde Guerre mondiale, qui fournissait de la main-d’œuvre aux usines allemandes.

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Ahhh !


Le lendemain.

Voilà notre chère journaliste de Paris. Espérons que les péripéties de la nuit et cet épouvantable cauchemar ne soient pas prémonitoires…

Mon Dieu, le sapin !

Ça fait des années que je ne m’étais pas pris un arbre de Noël en Cox…

Une heure après.

En tout cas, je vois que vous êtes intacte. C’est l’essentiel !

Un petit accident en rentrant à l’hôtel hier au soir…

Oh là ! Que vous est-il arrivé ? Belle soirée ! Des menaces, un accident, une amende, un sapin à rembourser et c’est sans compter la réaction de Tappert lorsqu’il verra l’état de la Cox.

En effet, je suis sortie indemne.

Allez, au dodo. Demain sera un autre jour…

C’est grâce à la robustesse de nos véhicules. Vous pourrez le noter dans votre article.

Plus de peur que de mal ! Allons faire le tour de la voiture.

Pas d’inquiétude ! Dans un premier temps, je vais faire le nécessaire pour que le pare-chocs soit réparé.

Papa, c’est toi ? Tu es revenu pour Noël.

Un grand merci à vous, Herr Tappert.

Je n’y manquerai pas.

Aujourd’hui, vous avez carte blanche pour vous promener dans l’usine et prendre toutes les photos que vous souhaitez. Je vous retrouverai, tout à l’heure pour l’interview avec Herr Nordhoff, notre directeur.

C’est quoi le secret de ton séjour en Allemagne ?

Tu as compris maintenant ?

Madame Foilleret !

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Je peux vous guider pour votre reportage. Je connais l’usine dans ses moindres recoins.

Avec plaisir. Comme vous êtes la mémoire du lieu, vous allez me trouver plein de choses intéressantes à photographier.

Je vous laisse Madame Foilleret, vous êtes entre de bonnes mains. Je vous préviendrai quand Herr Nordhoff sera disponible.

Ouah ! Ce n’est pas passé loin…

Merci, Herr Schott, je crois bien que sans vous…

Merci Herr Tappert, j’ai hâte de rencontrer votre célèbre patron !

Je préfère ne pas y penser… Allons tranquillement jusqu’à mon bureau afin que vous vous remettiez de vos émotions.

Madame, Herr Nordhoff, notre directeur, vous attend dans son bureau.

Je vous suis Mademoiselle, nous n’allons pas le faire patienter trop longtemps.

Vous êtes sûre que ça va aller ?

Non merci, ça va aller. Continuons plutôt notre visite…

Si vous le voulez bien, nous allon s pours uivre cette séanc e photo à l’intérieur des bâtime nts.

Margot ! Achtung !

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Nous approchons, c’est juste au bout du couloir.

Cette fille semble vraiment me détester, il faut que j’en trouve la raison.

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Bienvenue à Wolfsburg chère Madame. Entrez, je vous prie.


Une heure plus tard.

Tiens, sa porte est ouverte ?

Un nouveau moteur plus puissant d’ici quelques années. Me voilà bien avec ça…

Pfff… Rien de bien terrible. Pas un seul scoop.

Mon Dieu, il y a une deuxième Coccinelle à pédales !

Si l’une m’était destinée, qui a reçu l’autre ? Il s’est bien gardé de me le dire… Pourquoi ?

Mais que faites-vous ? Vous fouillez dans mon bureau ?

Je file au bureau de Schott. J’espère qu’avec lui, j’en apprendrai davantage sur les véritables raisons de ma venue ici.

Herr Schott, vous êtes là ?

Tiens, c’est le dossier qu’il a ouvert hier, celui où il y avait la photo de mon père.

Il m’a dit qu’on se retrouverait ici. Et bien, je vais l’attendre…

Jetons un petit coup d’œil avant que Schott arrive, personne n’en saura rien…

Je pense que Schott en sait beaucoup plus qu’il l’affirme…

?

Rien, rien… Euh… Je ramassais juste ce dossier qui était tombé.

Ah oui ? Vous en êtes certaine ?

Bon, continuons la visite !

Ce n’est rien, euh… Je vais ranger ce dossier…

Non merci, c’est terminé pour ce matin. Je vais déjeuner tranquillement en ville après cette visite riche en émotions !

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Aussi sûre que vous m’avez appelée Margot alors que vous n’aviez aucun moyen de connaître mon prénom !

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L’homme au chapeau a disparu. J’ai dû rêver…

Schott m’a appelée Margot lorsque la poulie m’est tombée dessus. Comment a-t-il pu deviner mon prénom ?

Vite ! Vite !

Madame Foilleret, quelle bonne surprise ?

Je vais me garer là, juste à côté du restaurant.

Nous feriez-vous le plaisir de vous joindre à nous pour le déjeuner ?

Un problème Madame Foilleret ?

Monsieur D’Ieteren, notre importateur belge, nous accompagne également.

Guten Tag Hans, nous comptons un convive de plus.

Désolée, j’ai cru voir une silhouette connue, mais c’est une méprise.

Vous connaissez du monde à Wolfsburg ? Non, personne. C’est bien ça qui m’étonne…

Pas de souci Herr Tappert, merci de patienter, je fais ajouter un couvert.

Navrée, mais je ne vais pas participer au déjeuner. Je rentre à l’hôtel me reposer.

Pas de problème, nous nous retrouverons demain matin à mon bureau. Apparemment, il nous faut attendre. C’est l’occasion de faire connaissance.

Oh !

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Oh, je commence à être fatiguée. Cette histoire me monte à la tête.

Oh ! Non !

Parfait, je serai là dès 9 heures.

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Décidément, après l’accident d’hier au soir…

Ouh… à cet endroit-là et aussi proprement fait, ça ne peut être qu’un coup de couteau.

Trente minutes plus tard

Avant de rentrer à l’hôtel, je vais faire un crochet pour prendre quelques photos de l’usine Volkswagen. J’ai repéré un point de vue sympa avec de la verdure au premier plan.

Mais ???

Malgré ces événements déstabilisants, je dois rester professionnelle. Pas question que mon article pâtisse de ces aléas.

La loi des séries, je suppose…

Je vous remercie Herr Tappert, mais je tiens à me débrouiller seule.

Je n’en doute pas. Allez vous mettre au chaud au restaurant avec Herr Nordhoff et notre invité pendant que je répare.

Je ne vais pas vous laisser changer la roue et aller tranquillement manger au restaurant ?

Je vais appeler l’usine pour qu’un mécanicien vienne récupérer la Cox.

Il essaye de me pousser au fossé ou je rêve ? Merci, Herr Tappert, mais je sais changer un pneu !

Tu vas voir mon gaillard.

Et pourquoi pas, Herr Tappert ? Les temps changent : les français et les allemands se parlent à nouveau, les femmes remplacent les pneus crevés…

Tu ne sais pas à qui tu as à faire !

Quel tempérament !

Finalement, vous l’avez laissée se débrouiller seule avec son pneu crevé ?

Essayez de lui proposer votre aide, Herr Nordhoff, vous allez voir comment elle va vous recevoir ! Chauffard ! Vous avez tenté de m’envoyer dans le décor !

J’espère que son article sur nos voitures aura autant de caractère…

J’aurais quand même dû lui demander où est le cric sur la Cox… Oh ! Ben ça alors !

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Papa ! Je n’avais donc pas rêvé !

Mais ? Que faites-vous ? Raahh…

Mais ? Qu’a-t’elle vu ?

C’est la voiture à pédales de mon fils que je viens de déposer à l’école. Je ne vois pas en quoi ce véhicule a un lien avec le fait que je vous ai doublé.

Osez me dire que vous êtes là par hasard ? Et, ce jouet, que fait-il ici ?

Cessez de vous énerver, tout est de ma faute…

Moi, je ne comprends rien à vos histoires. D’abord, qui êtes-vous ? Et surtout, que me voulez-vous ?

En fin d’après-midi…

Il est vrai qu’il va falloir que tu nous éclaires !

Évacuons déjà la chaussée. Ensuite, je vous raconterai tout.

Ah, j’entends la porte d’entrée, elle arrive…

Doublé, doublé… Poussé au fossé !

Cessez de raconter des balivernes ? C’est vous qui avez crevé mon pneu ?

Vous affabulez ! Je ne vous connais même pas ! Foutez-moi la paix !

Calmez-vous, je vais tout vous expliquer…

Euh… Ils vont t’expliquer…

Benjamin, peux-tu me dire ce que font ces gens ici ?

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Bonjour Emma. Je dois t’avouer que… je suis ton père.

Je suis désolé… pour mon absence, pour ce secret.

Je le savais. Je t’ai reconnu immédiatement grâce aux photos conservées par maman.

Je me disais bien qu’il y avait quelque chose de louche, lorsque j’ai vu cette journaliste s’intéresser à une vieille photo de toi dans le bureau de l’archiviste.

Ni une, ni deux, je suis parti outre-Rhin chez mon ami Schott qui t’a aiguillée sur moi presque innocemment.

J’avais senti tes soupçons et compris que tu n’allais pas en rester là. Quelques jours après, je t’ai appelée au journal pour te parler, en tête à tête, à la sortie du boulot. La secrétaire m’a passé ton rédac’chef.

Ça m’étonnait bien qu’à peine arrivée à Wolfsburg, je trouve, aussi facilement, des traces de ton parcours ici… Tout s’explique !

Édouard ! Vieille canaille, je suis heureux de te revoir. Entre vite, mon ami.

Monsieur Palissandre, quelle bonne surprise ! Et non, je lui ai donné congé pour qu’elle prépare ses valises.

Elle part en Allemagne lundi pour effectuer un reportage sur Volkswagen.

À Wolfsburg, bien sûr… Vous ne le saviez pas ?

Cette journaliste est en réalité ta sœur Margot.

Schott devait rapidement te donner les informations que tu souhaitais afin que tu ne t’éternises pas à Wolfsburg.

Elle aussi ignorait tout de mon passé pendant la guerre, de mes activités et de ma liaison avec ta mère. Un événement récent l’a poussée à me questionner et face à mes réponses confuses, elle a mené l’enquête jusqu’ici.

Nous l’avions achetée pour Noël, mais vu les événements, ça sera un plaisir de la boire avec quelques jours d’avance.

À nos retrouvailles !

Je dirai plutôt, à notre rencontre !

Ce dossier comporte des documents et des photos personnels de la guerre et des mois qui suivirent.

Tu es donc ma sœur ! L’autre jour, dans le bureau de Schott, je me demandais qui était cette femme qui remuait le passé…

Les secrets ne valent rien. Un jour ou l’autre, il faut se mettre à table.

Quand je pense que j’ai demandé à Benjamin de t’effrayer pour que tu partes d’ici… Je suis confuse.

Depuis la redécouverte de ma Coccinelle à pédales, je sentais que tu me cachais quelque chose.

Tiens, en parlant de sœur, voici la jumelle de ma Coccinelle.

Elle lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Seule la couleur diffère.

Le crochet qui a failli t’assommer dans l’usine : c’est moi… Vraiment, je suis navré.

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Oh ! Regardez ça !


Que se passe-t-il Margot ?

Et où est le problème ?

Là, sous la Cox sont écrits un numéro et un nom de rue.

Le lendemain matin

Jeanne, tu es rentrée pile-poil de Berlin pour nous accompagner.

Pour rien au monde, je n’aurai manqué cette enquête familiale ! Sur mon modèle, un code postal et le nom de la ville d’Hambourg sont indiqués. En associant, les informations des deux plaques, ça nous donne une adresse.

Retourne à nouveau la voiture pour que je vois cette inscription. Ah oui, je me souviens. J’avoue ne pas y avoir prêté attention car aucune rue ne porte ce nom à Wolsfburg.

Une enquête, c’est beaucoup dire. Nous ignorons ce qu’on va découvrir sur place…

Peut-être rien !

Ces coordonnées n’ont pas été gravées par hasard.

Je crois surtout qu’il souhaitait vous laisser entre vous et rester avec son ami Schott pour évoquer le bon vieux temps.

Je suis étonnée qu’il n’ait pas voulu venir avec nous.

Top-là sœurette ! Nous partons demain matin.

C’est sûr ! Rendons-nous à cette adresse à Hambourg.

C’est l’avis de papa qui entendait nous dissuader d’y aller mais je suis persuadée que nous trouverons des indices.

Ah, non ! J’en avais déjà une comme ça, mais deux…

Nous arrivons au numéro 61. C’est donc, cette maison. Je sonne, nous verrons bien. Stop !

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Que veux-tu demander aux propriétaires alors que nous ne savons même pas ce que l’on cherche.

Alors, comment procédons-nous ?

Dans un premier temps, faites le tour de la maison. Si vous ne trouvez rien, nous aviserons. Moi, je fais le guet.

Je me demande ce qu’on fait là… Comment veux-tu que nous mettions la main sur un indice après autant d’années, qui plus est en restant dans la cour ?

Soyons méthodiques. Commençons de ce côté-ci et gardons le garage pour la fin.

Jette un œil sur le côté gauche de la maison. Pendant ce temps, je regarde à travers le soupirail.

Génial, nous pourrons même voir à l’intérieur !

Allons encore regarder autour du garage. Si nous ne trouvons rien, nous sonnerons.

Juste une voiture sous bâche. La forme s’apparente à une Käfer*.

Nous ne trouverons rien ici !

Il y a une autre fenêtre plus loin, je vais voir.

Emma !

C’est incroyable !

* Coccinelle en allemand

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Margot, je crois que nous allons avoir des problèmes…


Que faites-vous là ? Je vais appeler la police !

Non ! Je vais vous expliquer.

Haut les mains !

Quelques minutes plus tard, l’atmosphère s’est apaisée.

Je travaille chez Volkswagen à Wolfsburg. L’enquête automobile que nous diligentons nous a menées jusqu’à votre domicile sans que l’on sache pourquoi.

Je ne comprends pas grand chose, mais sachez que notre fils travaillait chez Volkswagen.

Juste avant que vous nous surpreniez, j’ai aperçu dans votre garage une Coccinelle à pédales. Elle ressemble fortement à celle que nous possédons avec Emma.

C’était il y a fort longtemps… En décembre 1945, il est décédé dans un accident de la route.

Bravo ! Nous sommes dans de beaux draps avec tes idées…

Mon Dieu, que faire ?

Il s’appelait Otto Schulz et faisait partie du bureau d’études.

J’ai entendu Herr Schott parler d’Otto Schulz. Ils ont œuvré ensemble pendant la guerre. C’est d’ailleurs lui qui a eu l’idée de fabriquer des Coccinelles à pédales.

Pourquoi a-t-il voulu nous envoyer chez ses parents ?

La clé de cette énigme est sans doute la troisième voiture à pédales que tu as vue dans le garage.

Olga, je t’avais dit que j’avais vu des rôdeurs. La situation est maîtrisée. Ouvre-moi la porte, maintenant !

TOC ! TOC !

Jörg, mais qui sont ces petites dames ?

Je l’ignore. Téléphonons à la police afin qu’elles se justifient.

Attendez ! Laissez-nous une chance, nous allons tout vous raconter. Ensuite, vous ferez ce que vous voudrez.

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Écoute, Jörg, ces demoiselles n’ont pas l’air de cambrioleuses. Montons au salon, vous allez nous raconter tout ça…

Eh bien, plus nous discutons et moins je comprends cette histoire !

Comme toujours… Jörg emmène donc ces demoiselles jusqu’à cette fameuse Coccinelle.

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Mais oui, c’est évident !


C’est notre amie Jeanne, elle doit s’inquiéter. Vite, descendons.

Margot ! Emma ! J’étais tellement en souci que je ne savais plus quoi faire. Et tout ce que tu as trouvé, c’est de sonner…

Il semble avoir imaginé un jeu de piste qui vous a mené jusqu’à nous et j’ai peut être une petite idée sur son dénouement…

A mon avis, ce n’est pas un hasard si ce jouet a été placé là. Notre fils a construit ce garage juste après guerre, tout ce qui est ici est à lui. Rien n’a bougé depuis sa mort. À chaque date anniversaire de son décès, nous venons avec ma femme nous y recueillir.

Mesdemoiselles, retournez-vous et regardez.

Moqueuse ! Je me disais qu’en voyant quelqu’un au portail, il n’oserait pas vous tirer dessus.

C’est du passé, l’avenir est au garage ! Suivons Herr Schulz.

Fräuleins, la porte est ouverte, à vous de jouer… De l’extérieur, le garage semble plus grand. J’en ai déduit qu’il existait une double cloison. En toute logique, il faut abattre ce mur.

Et vous n’avez jamais été voir ? C’est incroyable…

Oh, non. Nous ne nous sommes jamais remis de la mort d’Otto, notre fils unique. Par respect, nous n’avons touché à rien… J’ai toujours eu l’intime conviction qu’un évènement inattendu éclaircirait ce mystère.

Je crois qu’il est temps de casser ce mur. À vous l’honneur mademoiselle ! Mes rhumatismes ne me le permettent pas…

D’ailleurs je ne vois plus le fusil.

Bingo ! C’est juste son nom. Cela complète l’adresse, mais…

Il n’a pu nous faire venir ici pour rien !

Allez ! Un bon coup de masse et nous en aurons le cœur net.

Pas très épaisse cette cloison. Je suis entrée comme dans du beurre…

Pas de doute, elle provient de la même série que les nôtres. Mais cette fois, elle est grise. Voyons si une inscription est gravée en dessous.

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Il y a un énorme bazar. Alors ?

Il y a une lettre posée en évidence…

Si vous lisez aujourd’hui ce courrier, c’est que je ne suis plus de ce monde et que les trois voitures à pédales ont été réunies. J’ai toujours pensé qu’un jour l’Automobile, avec un grand A, arriverait à maturité et que les marques partiraient à la recherche de leur passé.

Oh la la… Ça ressemble à des archives. Elles datent sûrement de la création de Volkswagen.

C’est pourquoi j’ai sauvé de la destruction ces archives et tout ce que vous avez sous les yeux. J’espère que vous en prendrez bien soin. Ces documents et ces objets racontent l’épopée de cette Voiture du Peuple. Une formidable aventure technique à dissocier de la mauvaise passe idéologique que vivait l’Allemagne à cette époque. Otto Schulz

Heu… Si vous voulez… C’est la Käfer de notre fils, un des premiers modèles construit lors de la remise en service de l’usine en 1945.

Mais ? C’est impossible… Ce n’est pas sa voiture…

C’est un prototype de la Coccinelle qui date des années 30. Herr Schott m’a montré des photos ! C’est incroyable !

Étrange automobile, on dirait un gros scarabée !

Sacré Otto, il avait pensé à tout. À l’arrivée des alliés, il craignait que l’usine ne redémarre pas et qu’elle soit démantelée.

Là sous nos yeux, je n’arrive pas à y croire…

Emma si tu peux traduire. C’est en allemand.

Nous voilà en possession d’un témoignage historique sur la fabuleuse aventure de la Coccinelle.

J’imaginais revenir avec un scoop. Me voilà avec un vulgaire tas de paperasses… Heureusement qu’au niveau personnel mes investigations ont été plus fructueuses.

C’est sûrement pour ça qu’il avait caché ce qu’il avait pu ici. Il attendait sans doute que la relance de l’usine soit assurée pour tout ramener à Wolfsburg.

Au cas où il lui arriverait malheur, il avait distillé des indices dans les voitures à pédales. Il savait que seule la réconciliation franco-allemande permettrait de les réunir et de vous conduire jusqu’ici.

Herr Schott viendra récupérer le tout pour « ses » archives. De notre côté, nous rentrons à Wolfsburg.

Et si nous passions la soirée à Hambourg ? En traversant la ville, j’ai vu une affiche d’un événement que je ne voudrais manquer pour rien au monde…

Herr Schulz, serait-il possible de soulever la bâche ?

Il faut prévenir Herr Schott, il sera ravi ! Pouvonsnous téléphoner à Wolfsburg ?

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LES CHRONIQUES AUTO Jeanne, pourrais-tu nous dire où nous allons ?

Voir les Beatles en concert au Star Club.

C’est le groupe qui monte en Angleterre ! De futurs numéros 1 !

Beetle… ça signifie scarabée ! Comme la Coccinelle en allemand : die Käfer.

Bonsoir Monsieur, nous cherchons le Star Club, s’il vous plaît.

DE MARGOT

Ah, vous, vous allez voir les Beatles… Vous tombez bien, j’y vais aussi, suivez-moi !

LA SAGA DE LA COCCINELLE Avec ses lignes rondes, la Coccinelle suscite la sympathie. Première voiture produite par le constructeur allemand Volkswagen*, elle a conquis le cœur de près de 22 millions de conducteurs à travers le monde. Né sous de sombres auspices, ce best-seller de l’histoire automobile doit son existence à la volonté d’Adolf Hitler de doter l’Allemagne d’une voiture populaire, fiable, économe en carburant… et ne coûtant pas plus de 1 000  reichsmark. Conçue par l’ingénieur Ferdinand Porsche, la KdF-Wagen** est dévoilée publiquement le 26 mai 1938 lors de la pose de la première pierre de l’usine de Wolfsburg. Le début de la guerre stoppe la fabrication de la Voiture du peuple, au profit de sa version militaire : la Kubelwagen. Après-guerre, l’usine de Wolfsburg est un amas de ruines. Grâce au major anglais Ivan Hirts, la voiture est sauvée et sa production relancée. Robuste et endurante, la Coccinelle débute une nouvelle vie et part à la conquête du monde, mais, cette fois, pacifiquement… Son épopée s’achève en 2003, lorsque la dernière voiture tombe des chaînes de l’usine de Puebla au Mexique. Le « mythe » renaîtra de ses cendres en 1998, sous la forme de New Beetle. * Signifie voiture du peuple. ** Kraft durch Freude, la force et par la joie.

KARMANN-GHIA : UNE COX HAUTE COUTURE À l’aube des années 50, Volkswagen cherche à diversifier sa production en créant le pendant « sportif » de la Coccinelle. De la collaboration fructueuse entre Mario Felice Boano et Luigi Segre, de la carrosserie italienne Ghia, naît en 1953 un splendide coupé aux ailes bulbeuses, aux courbes sensuelles, au pavillon surbaissé mais au moteur peu porté sur la vitesse. Baptisé Karmann-Ghia, le nouveau modèle est construit dans les ateliers du carrossier allemand Karmann. De 1955 à 1974, près de 400 000 exemplaires seront livrés. Sa version cabriolet va même conquérir l’Amérique du nord ! 46

WOLFSBURG, BERCEAU DE VOLKSWAGEN Siège historique de Volkswagen, mais aussi la plus importante usine du groupe, Wolfsburg en impose. Ce gigantesque site industriel, dont la construction a débuté en 1938, a été imaginé par Hitler pour produire la voiture du peuple. Située à proximité du canal du Mitteland, reliant le Rhin à l’Elbe, l’usine jouxte l’autoroute reliant Hanovre à Berlin : l’idéal pour acheminer les matières premières. Détruite à 65% par les bombardements alliés, l’usine est placée, après-guerre, sous l’autorité de l’armée britannique qui relance la production. En janvier 1948, Heinrich Nordhoff prend la tête de Volkswagen. Cet ancien cadre d’Opel développe un réseau de vente et de service après-vente, lance un nouveau modèle de Coccinelle plus qualitatif : le début d’une succes-story !


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Les enquêtes auto de Margot t. 5 - Coccinelles et Scarabées.  

Les enquêtes auto de Margot t. 5 - Coccinelles et Scarabées.  

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