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N° 32 - Juin 2011

SPÉCIAL ORT F I D N A H D I A R

Zoom

A la découverte de la langue des signes

Coup de projecteur

Raid Handi’Forts : Le sport ensemble, égaux et différents


EDITO

Tribune

LINDA MARGUET Linda est une grande athlète. Elle a déjà obtenu des titres prestigieux : triple championne de France du 800 m, 4e au championnat d’Europe d’athlétisme en salle... En outre, elle est l’ambassadrice de la Ville de Besançon et fait la fierté des Bisontins.

Sensibilisée depuis toute jeune au monde du handicap, c’est avec plaisir que j’ai accepté de “marrainer” l’édition du raid handi’fort 2011. Durant ces deux jours, l’esprit d’équipe, de cohésion, d’entraide et surtout, de plaisir lié à la mixité des équipes m’ont particulièrement marquée. En tant que sportive de haut niveau, l’accessibilité à la pratique du sport pour tous me semble être très importante. Offrir la possibilité aux personnes porteuses d’un handicap de s’investir dans un club sportif me paraît essentiel. Cependant, le manque d’informations et de formations des dirigeants de clubs limite cette pratique. C’est pourquoi je tiens à féliciter la Ville de Besançon pour l’organisation d’un tel événement. Il permet de mieux connaître et d’appréhender le monde du handicap. Le succès grandissant de cette manifestation prouve, une fois de plus, que des efforts sont encore à produire dans ce sens.

De gauche à droite : Teddy Beneteau de la Prairie en compagnie de Linda Marguet et de Jean-Jacques Démonet.

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Sommaire

p. 6

Zoom

A la découverte de la langue des signes p. 8

Des personnalités

Un point de vue sur le handicap p. 10

Coup de projecteur

Le Raid vécu de l’intérieur... p. 18

Bon à savoir

Infos, adresses, nouveautés...

www.besancon.fr/handicap 3


Le comité de rédaction d’hANDI-Actu Acteurs à part entière de votre magazine, tous les deux mois, ils ont pour mission de garantir la qualité et la validité des informations données.

HANDI-Actu N° 32 - Juin 2011 HANDI-Actu est un magazine disponible tous les deux mois sur le site internet de la Ville de Besançon, www.besancon.fr/handicap. Abonnement gratuit directement sur votre boite mail en format PDF ou TXT en vous connectant dans l’espace personnalisé. Internet : www.besancon.fr/handicap Direction de la publication et de la rédaction : Jean-Louis Fousseret Co-directeur : Jean-Jacques Demonet Rédaction et reportages : Florence Batoz, Rémy Salomon - Mission Handicap / Direction du Handicap - CCAS Ville de Besançon ; Jean-Luc Gantner - journaliste à France Télévision Relecture et validation : Direction de la Communication / Ville de Besançon ; Amelle Migeon ; Alain Bevalot, Dominique Mausservey, Anne Peretz, Valéry Garcia, Liliane Jeanneret, Yves Germain, Jean Marchese, Evelyne Louis, Liliane Mateos, Christian Pieralli, Françoise Jallon membres du comité de rédaction Mise en page sur Internet : Véronique Lihoreau, Florence Batoz, Rémy Salomon Mission Handicap / Direction du Handicap CCAS de la Ville de Besançon Photographies : David Greset, Fredéric Lamboley, Sylvia Andréoli, Emile Joly, photographes indépendants ; Jean-Charles Sexe, Christine Pidancet Direction de la Communication / Ville de Besançon Maquette originale et mise en page : Anne-Sophie Rehn - Françoise Fedi - Direction de la Communication / Ville de Besançon Impression : Imprimerie municipale - 500 exemplaires Juillet 2011 Contact : HANDI-Actu - Mission Handicap Direction du Handicap - CCAS de Besançon Espace Ampère - 26, rue Ampère 25000 Besançon Tél : 03 81 41 22 80 - Fax: 03 81 41 22 89 handiactu@besancon.fr Remerciements à : Danièle Vieille, Josiane de Monmahou, Hervé Boillon, Françoise Jallon, Denis Poncet, Jean-Georges Alix, Alain Barberon, Laurent Fauter, Linda Marguet, Sophie Vouzelaud, Philippe Charrier, Thomas Vanier, Marie-Jo Gonzales, Laurent Pitoy, Mélissa Singh.

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Le mot de Jean-Jacques Démonet Conseiller municipal délégué aux Personnes handicapées Vice-Président à la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon

Pourquoi aime-t-on le Raid Handi’forts ? C’était la 4ème édition et toujours ce même engouement. Comment expliquer cette alchimie ? Comment expliquer qu’une manifestation sportive et culturelle associant des co-équipiers en situation de handicap et des personnes valides soit aussi fédératrice ? Comment expliquer que les participants du début veuillent à chaque fois renouveler l’expérience ? Parce qu’elle est généreuse me dira un caméraman de France Télévision venu couvrir l’événement... Oui, en effet, c’est une manifestation généreuse qui rassemble. Un peu comme le Téléthon ou les Restos du cœur, mais à l’échelle de la Ville de Besançon, résolument tournée vers le handicap et le mieux vivre ensemble. Le temps d’un week-end et durant 40 km, des co-équipiers se rencontrent, échangent, font un bout de chemin ensemble. Le raid c’est l’expérience d’un monde plus beau, plus solidaire où même des dénivelés et des marches escarpées sont franchies avec force et courage par tous... La joelette permet de tels exploits, mais rien ne serait possible sans cette force humaine qui s’additionne pour dépasser l’obstacle. Le raid, c’est aussi le pari de nouer des relations durables entre co-équipiers dans l’après raid. C’est souvent le cas, me dira Teddy Beneteau de la Prairie, mon homologue à la direction des Sports. Les co-équipiers se revoient après le raid, s’inscrivent à d’autres rencontres sportives, les prétextes ne manquent pas, il suffit de s’organiser. Le raid, c’est en tous cas la réussite d’un but commun porté par toute une équipe, celle de la direction des Sports et du COPC (Centre Omnisport Pierre Croppet) qui organise cette manifestation depuis 4 ans déjà. Lorsque le coup d’envoi est donné, chacun sait quelle sera sa mission ; c’est avec le sourire et la bonne humeur que tout s’accomplit. Aussi, comment dire... le raid, c’est une parenthèse, un rendez-vous que l’on se fixe dans l’année et que l’on ne veut surtout pas manquer. Alors, aux co-équipiers participants du raid, aux partenaires et sponsors, à tous les bénévoles et organisateurs des différents services municipaux et y compris la mission Handicap du CCAS de Besançon, au nom de tous ceux que vous avez aidés et que vous aiderez encore, et sans grandiloquence aucune, je vous dis merci et vous félicite pour votre humanisme et votre générosité. Jean-Jacques DÉMONET

www.besancon.fr/handicap 5


Zoom

A la découverte de la langue des signes...

C’est un entraînement un peu particulier qui a été proposé pour la première fois cette année aux participants du raid Handi’Forts : apprendre quelques mots de la langue des signes ! Une autre manière de renforcer les liens entre les participants au raid Handi’Forts et de partir à la découverte de l’autre... Les langues des signes sont des langues naturelles que les personnes sourdes ont développées pour communiquer entre elles. Comme toute langue, il est possible de l’apprendre en seconde langue. Il n’est pas nécessaire d’avoir une surdité pour communiquer en langue des signes, plusieurs entendants parviennent à développer un degré de bilinguisme solide. Ainsi, une dizaine de participants se sont prêtés à l’exercice, avant le raid, durant 5 séances d’environ une heure chacune. C’est Laurent Pitoy, lui-même atteint de surdité, qui dispense les rudiments de l’apprentissage. Ici, on apprend des signes qui pourront être utiles durant le raid : stade, gymnase, soleil, départ, merci... 6

Le jeu de l’oie imaginé par Laurent et le groupe réuni autour d’une table à la Direction des sports.

De la théorie des premières séances, le groupe est très vite passé à la pratique. Pour ce faire, Laurent a imaginé un jeu de l’oie un peu particulier, puisque chaque case reprend un mot appris lors des précédents cours. Comme pour le jeu traditionnel, chaque participant doit lancer le dé et faire le signe qui correspond au mot écrit dans la case.


ZOOm

A la découverte de la langue des signes... « Il faut savoir que la langue des signes n’est pas une langue universelle » explique Laurent. « Il y a des différences entre les langues des signes dans les différents pays du monde. Il existe des centaines de langues des signes dans le monde, dont quelques-unes ont obtenu une reconnaissance légale (c’est le cas en France), tandis que d’autres n’en ont aucune ». Une des participantes me confiera que l’ambiance a changé au cours des séances : « Au début, nous parlions entre nous ou plaisantions sans nous rendre forcément compte que les personnes sourdes qui étaient avec nous ne pouvaient pas participer. Au fil des séances, nous nous sommes disciplinés. Nous faisons attention à ne pas mâcher de stylo lorsqu’on parle pour ne pas gêner la lecture labiale de ceux qui la pratique... ». Enfin, preuve en est, si il en fallait une, que la langue des signes est accessible à tous : une personne en situation de handicap mental et une autre handicapée visuelle ont pris part à l’apprentissage et savent désormais parler quelques mots de la langue des signes. RS

Le groupe signe les mots que Laurent Pitoy leur enseigne.

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des personnalités

Un point de vue sur le handicap

Cette année, à l’occasion du raid Handi’Forts, plusieurs directeurs de services municipaux ont pris part à l’événement. Pour HANDI-Actu, ils ont accepté de répondre à l’habituelle question du magazine :

Le handicap, ça évoque quoi pour vous ? Et pour commencer, honneur aux dames...

Amelle Migeon Amelle Migeon est directrice du Handicap au Centre Communal d’Action Sociale de Besançon. C’est elle qui permet aux professionnels de son service de s’intégrer aux préparatifs du raid et d’y jouer un rôle actif.

Le courage... la capacité à surmonter... l’envie de vivre. Cela évoque chez moi des choses positives. Je suis en premier lieu admirative du courage et de la force de caractère des personnes handicapées et aussi des personnes qui les entourent. A chaque fois c’est fort. Et même si on travaille dans le champ du handicap - ce qui est mon cas - je demeure surprise par la volonté qui les anime et les fait avancer.

Roland Billot Roland Billot est directeur du service des Sports à la Ville de Besançon. C’est lui qui mobilise son équipe à la préparation du raid et en confie l’organisation à Hervé Boillon.

Ça m’évoque la notion d’effort. Effort tout d’abord pour les personnes en situation de handicap afin de permettre la rencontre avec autrui et réussir à vivre dans la société telle qu’elle est. C’est aussi un effort à fournir pour les personnes valides, afin d’accepter le contact avec les personnes handicapées. Mais au final, cet effort est récompensé par un apport... Je suis convaincu qu’à condition de fournir l’effort nécessaire, la relation personne handicapée/personne valide est gagnante. Sinon, à titre personnel, le handicap, c’est aussi une peur...

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des personnalités

Un point de vue sur le handicap

Régis DEmoly Régis Demoly est directeur du service des Eaux et Assainissement à la Ville de Besançon. Il est donc le garant de la qualité de la “Bisontine”. Une responsabilité importante. Aussi, pour ce grand sportif, pratiquer un sport est un formidable moyen pour décompresser.

Cela m’évoque la différence et la prise en compte de cette différence par une adaptation. Si je prends l’exemple de Gérard qui est malvoyant et qui fait partie de notre équipe, il est nécessaire pour lui de travailler avec des outils adaptés. Il travaille au standard de la Ville de Besançon. Il m’a expliqué le fonctionnement de son appareil chemin faisant. Il bénéficie d’un équipement qu’il est seul à pouvoir utiliser. Dans mon service, nous avons une démarche d’adaptation un peu différente. Il est plutôt fréquent de devoir adapter des postes à des personnes qui deviennent handicapées. C’est souvent dans ce sens et ce n’est pas toujours une démarche évidente, notamment sur certains métiers car cela peut s’avérer impossible. C’est fâcheux car l’envie de travailler est intacte, voire renforcée par la survenance du handicap... Je m’aperçois qu’il est primordial d’adapter les agents à l’outil informatique lors de formations continues car les reclassements passent souvent par là... Or la fracture numérique existe encore. Moralité, nous sommes tous susceptibles à un moment ou à un autre d’être handicapés. Alors tentons d’être solidaires.

jean-marie baverel Jean-Marie Baverel est responsable du service études et Développement informatique à la Ville de Besançon. Il est aux commandes du projet de portail citoyen et au carrefour technologique entre besoins exprimés par les services municipaux et réponses techniques à leur apporter. En outre, il est l’organisateur du trail des forts. Autant dire que l’organisation de manifestations alliant sport et nature, c’est aussi son rayon ! Le handicap, c’est une déficience. Soit intellectuelle, soit physique, mais dans les deux cas, le fait de vivre en société peut provoquer des difficultés et la cité n’est pas encore assez accessible pour y pallier. Je m’en suis bien rendu compte tout au long de ces deux jours de raid. Le moindre trottoir, le moindre dénivelé constituent des obstacles parfois infranchissables et qui se répètent très souvent... Nous étions régulièrement contraints à de grands détours pour continuer à avancer. Lorsqu’il a plu sur le parcours, Gérard qui est non voyant et qui faisait partie de mon équipe, a eu besoin d’aide pour se guider et aussi pour être averti des risques de glissades. Il faut penser à tout. J’ai été impressionné par la force qu’il a manifestée avec beaucoup de naturel par rapport à sa déficience. C’était une aventure enrichissante car les personnes handicapées font progresser les personnes valides sur des domaines très divers et parfois inattendus. Je pense notamment à l’informatique. Il me semble que les personnes handicapées sont très pointues sur ce sujet... et bien d’autres !

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Coup de projecteur

Le Raid vécu de l’intérieur par Jean-Luc Gantner, journaliste à France Télévision

Aucun d’entre nous ne s’était jamais rencontré. Daniel, cadre EDF, Olivier, militaire de carrière, et puis Angélique travailleuse sociale spécialisée dans le handicap. Trois sportifs auxquels j’avais décidé de me joindre avec une caméra de télévision, pour accompagner Océanie et Fabrice tout au long d’un weekend un peu particulier autour de Besançon… L’idée de réunir dans une même équipe soudée quoiqu’il arrive… des personnes présentant un handicap important et ceux qu’on appelle pour la circonstance : des valides…. Deux jours d’effort. Des dizaines de kilomètres à parcourir à pied en s’aidant mutuellement… Un effort significatif pour tout le monde, mais surtout, le prétexte pour faire tomber quelques préjugés en cours de route ; profiter du temps passé ensemble pour essayer de se parler vraiment… Une course d’endurance, et surtout  ces épreuves techniques disposées tout au long du parcours qui comptent pour le classement final. Des ateliers où chacun peut exprimer sa spécialité, un domaine de connaissance ou une aptitude particulière… Comme pour une épreuve de mémorisation où seule notre équipière Océanie - non voyante - sera capable de venir à bout… Une performance d’Océanie, qui permet à l’équipe de marquer des points importants, et un parcours sans faute de Fabrice au concours équestre. Une passion pour les animaux que Fabrice cultive depuis son enfance. Un équipier pré-

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L’équipe de Jean-Luc qui terminera sur le podium en troisième position.

cieux, incollable lorsqu’il s’agit de répondre à des questions sur la nature… Deux jours… pour comprendre que pas grandchose ne nous sépare vraiment… Deux jours pour gommer nos différences dans l’épreuve. Les kilomètres qui s’étirent… Une fatigue commune, nos histoires intimes que l’on finit forcément par se raconter en route, et ce désir le plus fort malgré les inévitables petits bobos, de tenir jusqu’au bout. L’entraide au sein de l’équipe, et des bénévoles. Une centaine de gens dévoués, répartis tout au long des 40 kilomètres du parcours. Cette bonne humeur aussi, malgré l’orage qui s’était invité en plein milieu de la fête. Mais pas de quoi gâcher les sourires de la centaine de concurrents engagés. Les derniers kilomètres… sur tapis rouge en forme d’une route entièrement réservée pour les héros du week-end. L’asphalte flambant neuf d’une piste d’atterrissage, comme une voie royale pour exalter le courage de Fabrice et Océanie… Cette descente enfin, vertigineuse depuis les remparts de la Citadelle… Un souvenir inoubliable avant l’annonce du verdict sur la ligne d’arrivée. Une troisième marche sur le podium pour toute l’équipe ; des coupes et des médailles sous les applaudissements… mais surtout la récompense d’une belle histoire entre nous qui ne fait, j’espère, que commencer.


Coup de projecteur

Le Raid 2011 en images

Le Raid Handi’Forts s’est déroulé samedi 14 et dimanche 15 mai, dans une ambiance conviviale et chaleureuse 11


Coup de projecteur

Le Raid 2011 en images

UNE AVENTURE SPORTIVE...

21 équipes de 6 personnes valides et non valides ont partagé le temps d’un week-end des moments exceptionnels faits d’efforts, d’entraide et d’amitié.

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Coup de projecteur

Le Raid 2011 en images

... MAIS AVANT TOUT HUMAINE

Le raid s’est déroulé sur un itinéraire naturel favorisant des passages dans les installations sportives de la Ville de Besançon et de son agglomération : Gymnase des Montboucons et une arrivée sur le Stade Léo Lagrange, au SNB, sur la voie des Mercureaux et à la Citadelle. Pour clore ce grand raid sportif, l’arrivée a eu lieu Parc de la Gare d’Eau où se trouvait un village d’animations (promenade à poneys, tir à l’arc, aïkibudo... mais aussi informations, jeux...) rassemblant de nombreuses associations et clubs sensibilisés au handicap.

Le raid Handi’Forts en chiffres 220 organisateurs/bénévoles. 125 participants. 75 partenaires privés ou publics dont 19 sponsors et 27 clubs sportifs. 37 kilomètres parcourus. 1 000 mètres de dénivelé positif cumulé. 1 130 mètres de dénivelé négatif. 9 activités sportives. 4 activités culturelles/sensibilisation au handicap. 39 véhicules pour déplacer équipements et organisateurs. 600 casse-croûte préparés pour les 2 jours. 500 litres de boissons. 7 ravitaillements dont 1 repas chaud assuré par l’équipe ravito. 600 tasses de café par jour ! 80 kg de pain d’épice, 35 kg de pains spéciaux, 500 baguettes, 300 plaques de chocolat, 160 kg de fruits frais et tomates. 110 camemberts, 10 kg de Comté/Morbier… 13


Coup de projecteur

Raid Handi’Forts : le sport ensemble, égaux et différents

Un rapide briefing et l’équipe BRA/DJEL.K Restauration rapide “reconstituée” est au départ du 2éme jour.

Ce n’était pas prévu, il y a eu deux désistements dans une équipe, alors Hervé Boillon, co-organisateur, me demande si je veux intégrer, pour la dernière journée du raid, l’équipe BRA/DJEL.K Restauration rapide. Je trouve l’idée géniale, ainsi, je vais pouvoir vivre l’aventure de l’intérieur ! Depuis le temps que j’ai envie de le faire ce raid Handi’Forts... Très vite tout s’organise, je fais connaissance avec l’équipe de 4 garçons, deux boxeurs Christophe et Nadir qui se connaissent de longue date, Sébastien un cycliste surentraîné et Sylvain, 24 ans le benjamin de l’équipe, en situation de handicap moteur. Christophe et Nadir sont boxeurs dans les faits et dans l’âme. Ce qu’ils veulent, c’est gagner le raid car, me disent-ils en prenant appui sur les épaules de Sylvain, « il mérite de gagner » ! L’an passé ils étaient dans le peloton de tête avec Khédafi Djelkhir (Champion olympique de boxe, résidant bisontin), alors cette année, et même sans Khédafi, il faut gagner !

Top départ en joelette ! Boooon, soit, je n’ai pas une âme de compétitrice, mais au départ de la seconde journée, inutile de discuter les enjeux ou d’émettre un doute. Je ferai de mon mieux. Et j’ai vite compris qu’il fallait que je suive le rythme car ils n’auraient pas de pitié pour ma piètre condition de sportive. Le départ sur le site des Salins de Bregille débute par une épreuve de parcours en aveugle. Sylvain et Nadir doivent se déplacer les yeux bandés et atteindre une cible. Vient ensuite le moment du transfert de Sylvain du fauteuil vers une joelette, direction la zone d’embarquement du SNB. Sur le dernier kilomètre je prends la position de tête à la joelette. Je ne le ferai plus par la suite car, je m’en aperçois vite, c’est difficile de retenir cet équipage, d’assurer à la fois l’équilibre, de maintenir le rythme, de passer ou de contourner les trottoirs. Je précise qu’être grand, fort et musclé est un atout lorsqu’il est question de conduire une joelette... Ce n’est pas vraiment mon cas... 14

La joelette tractée par deux équipiers.


Coup de projecteur

Raid Handi’Forts : le sport ensemble, égaux et différents

Embarquement sur un dragon boat

Au ponton du SNB.

Au SNB, nous embarquons sur le dragon boat. Encore un transfert pour Sylvain. Les bénévoles du SNB ont tout prévu pour les personnes handicapées moteurs : des sièges avec mini dossier fixés sur les rangs du bateau. Il y a même une ceinture de sécurité ! D’ailleurs en cas de chavirement me prévient Nadir - qui a assisté aux entrainements - c’est à la personne à l’arrière des fauteuils de libérer les ceintures. Humm, autrement dit, à moi... Le départ est donné, nous quittons le ponton ! Thomas, 15 ans, rythme la traversée car avec cet équipage, les équipiers sont censés ramer au son du tambour... Nous n’y parviendrons pas vraiment, mais la puissance du nombre fait que nous réussirons à dépasser deux autres petits bateaux créant ainsi de l’émulation. Deux km plus haut (car nous remontions le courant), je ne suis pas fâchée de débarquer. Sylvain est lui aussi satisfait de retrouver la joelette. L’équipe tout entière ne cachera pas sa joie de trouver, 1 km plus loin, le premier ravito ! Et il en faut des forces, car c’est maintenant le moment de grimper le, très en pente et très escarpé, “chemin du traîne bâton”. La joelette, avec Sylvain à son bord et tracté par les garçons, s’élance dans la montée. L’aide de Jean-Georges, un organisateur, s’avèrera précieuse car il me remplacera tout simplement à l’équilibrage/tractage de la joelette. Malgré Sylvain dans la joelette, ces 4 garçons

ont été plus rapides que moi, des vraies fusées ! Je n’ai même pas eu le temps de les photographier dans les virages en épingles. Cela dit, retrouver le plat de la route convient à tout le monde. Nous arrivons au terrain de jeux de Morre pour l’épreuve de football américain et c’est là que la météo se gâte. Nous aurons à peine le temps de viser la silhouette du joueur de foot américain et de gagner quelques points que le soleil a cédé la place aux nuages et au vent. La pluie, puis la grêle, s’invitent ! Pas facile de se mettre à l’abri quand, autour de nous, il n’y a qu’un abribus, tout minus, pris d’assaut par les équipes... Les propriétaires de maisons alentour, nous ouvriront leurs garages. Sympas. Sylvain est néanmoins trempé... et, coincé dans sa joelette, il lui est difficile de se réchauffer sans un bon rayon de soleil. A la première accalmie, nous repartons. Pourtant, tous les nuages ne sont pas dissipés et aux pieds des escaliers “du chemin sous roche”, un rideau de pluie s’abat sur nous ! Cela n’effraie pas les garçons, au contraire... Plus c’est difficile, plus c’est glissant, plus ils retrouvent des forces. Moi, l’orage combiné à la grêle sous les arbres m’incitait plutôt à trouver un abri... Eux, quand les éléments se déchainent, leur énergie se décuple et c’est donc sans hésitation qu’ils s’engagent dans le chemin sous roche. Et ce maudit chemin est tellement escarpé qu’il est, par endroit, jalonné de marches d’escaliers rendues très glissantes par la pluie. Une situation un peu cauchemardesque en quelque sorte. Les coéquipiers derrière nous se précipitent pour nous aider à grimper le dénivelé... Au final, je ne sais pas s’il faut être admiratif pour la solidarité déployée ou pour avoir réalisé cette grimpette en quatrième vitesse...

Course d’orientation.

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Coup de projecteur

Raid Handi’Forts : le sport ensemble, égaux et différents

Trempé jusqu’aux os et toujours souriant, Sylvain poursuivra l’aventure en fauteuil tout terrain A l’arrivée à la ferme du “Trou aux Loups”, je pars à la recherche d’une couverture de survie pour Sylvain (photo ci-contre). Il est frigorifié, ses jambes et ses pieds sont trempés. Angélique, une co-équipière d’une autre équipe nous vient en aide. Prévoyante et organisée, elle a un pantalon et des chaussettes de rechange dans son sac. Elle m’aide à remettre des habits secs à Sylvain. « Je me sens bien mieux ainsi » concèdera-t-il. C’est bien la moindre des choses de lui apporter cette aide, lui qui m’a prêté son poncho afin de supporter toute cette pluie. La solidarité est une force et ce raid ne manque pas d’occasions d’en témoigner. Cette fois, c’est en fauteuil tout terrain que nous repartons, direction les “Mercureaux”. Les organisateurs ont prévu la pause déjeuner sur la future voie, au niveau du tunnel. En juin, ce nouveau tronçon de route sera ouvert à la circulation et permettra aux habitants du premier plateau de gagner au moins 10 minutes sur le trajet en direction de Besançon. En tous cas, en foulant cette route, je me dis que cet asphalte flambant neuf ferait le bonheur des amateurs de roller blade... Le soleil refait son apparition et nous réchauffe.

Certains en profiteront même pour faire une sieste à même le bitume. Il faut dire que la veille, le rythme était déjà soutenu et qu’un spectacle “aérien” proposé par la compagnie Z’èle d’Anges a conclu la journée des participants. La nuit de repos était donc courte pour un weekend qui n’est pas vraiment reposant... Mais pas de temps à perdre. Christophe, le meneur de l’équipe est impatient de repartir. Nous installons Sylvain dans le FTT (fauteuil tout terrain). « C’est ce que je préfère comme moyen de déplacement » commentera Sylvain. J’ai l’impression que Christophe est de son avis car il en profite pour s’accrocher à l’arrière. Ainsi attelés, ils forment un drôle de duo. Sylvain qui tient le guidon et Christophe qui s’accroche à l’arceau arrière, poussant l’ensemble du pied pour lui donner de la vitesse. Avec le FTT on peut passer par toutes sortes de chemin : une piste en pente douce, voire forte, où le co-équipier s’arrime à l’arrière. En revanche, dans le sens de la montée, il faut tirer le FTT à l’aide d’un cordage placé à l’avant. Christophe s’en acquitte avec dynamisme et courage sans marquer de signes de faiblesse. Nadir et Sébastien devront même insister pour l’aider. C’est ainsi que nous arriverons à la “Chapelle des Buis”. Le panorama y est fantastique. Une course d’orientation constitue l’épreuve suivante. Nadir n’aura pas besoin de notre aide pour y exceller. Ensuite, après une forte pente à travers les bois, nous atteindrons la citadelle par l’entrée “Front de Secours”. Dans l’enceinte de l’édifice les promeneurs du dimanche regardent notre équipage avec curiosité. Certains ont peutêtre envie de poser des questions, mais nos T-shirts les renseignent assez vite sur la raison de notre présence sur le site... Le panorama depuis le Fort de la Dame Blanche.

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Coup de projecteur

Raid Handi’Forts : le sport ensemble, égaux et différents

La descente en rappel, avant-dernier transfert pour Sylvain

Système adapté de descente en rappel installé sur les remparts du “Front St-Etienne”.

Nous retrouvons les organisateurs près des remparts du “Front St-Etienne”. Une descente en rappel est prévue avant la dernière ligne droite vers la Gare d’Eau. Pour Nadir et Sébastien, hors de question de faire cette descente en rappel ! Ils ont le vertige et tant pis si cela coûte des points à l’équipe et nous pénalise. Nous serons donc 3 sur 5 à relever le défi de se laisser glisser le long d’une corde contre les remparts.

Rétroactivement je me dis que ce n’était pas si terrible cette descente, tout au plus un léger frisson... Pour les personnes handicapées physiques, les organisateurs avaient tout prévu. L’embarquement se faisait sur le plat et une potence qui dépassait des remparts avait été aménagée pour sécuriser les personnes. Accrochés à la poulie ils ont plongé dans le vide tout en douceur avec une vue imprenable sur la ville. Et voilà, finies les épreuves sport et culture, la dernière ligne droite nous attend. Déterminés et combatifs, nous nous élançons vers l’arrivée où nous devrions recevoir les félicitations des élus et marraines du raid. Cette année, Sophie Vouzelaud et Linda Marguet, nous ont honorées de leur présence prodiguant messages d’encouragement et sourires très appréciés des participants et du public. Christophe, Nadir, Sébastien et Sylvain, bien que je n’aie fait qu’une journée sur les deux en leur compagnie, ont tenu à ce que je les accompagne sur le podium. Je ne me suis pas laissée priée. Après tout, je pouvais dire que, moi aussi, je l’avais fait ce raid et pour une non sportive c’était une vraie prouesse ! FMB 17


Bon à savoir

Infos et autres adresses... @ Loi du 11 février 2005, où en est-on ?

Le dernier rapport du Conseil national consultatif des personnes handicapées évalue l’état d’avancement de la mise en œuvre de la loi Handicap. Bien que les textes réglementaires soient presque tous sortis, beaucoup reste à faire : 30 % des communes et intercommunalités n’ont toujours pas créé de commission de l’accessibilité et les 70 % de commissions existantes ne sont pas forcément très actives ; 95 % des communes n’ont toujours pas élaboré leur plan de mise en accessibilité de la voirie et des aménagements des espaces publics (PAVE) pourtant obligatoire depuis le 23 décembre 2009 ; 47 % des autorités organisatrices de transports (AOT) n’ont pas finalisé leur schéma directeur d’accessibilité... Lire le rapport complet : http://www.solidarite.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_du_CNCPH_2010__2_.pdf

@ 1 salarié sur 3 a changé de regard sur le handicap

Un salarié sur trois déclare avoir changé de regard sur le handicap au cours des 3 dernières années. L’expérience, le vécu, personnel ou professionnel, demeurent les raisons principales à ce changement. Ainsi ceux qui travaillent avec une personne en situation de handicap déclarent, à 40 %, avoir modifié leur regard. Lorsque l’on demande les raisons pour lesquelles leur regard sur le handicap a changé positivement, 53 % des salariés répondent qu’il fait suite à leur vécu dans leur vie personnelle et 37 % dans leur vie professionnelle. Seuls 10 % ont changé de regard suite aux campagnes de communication nationales. En 2011, des chiffres positifs laissent entrevoir l’avenir avec optimisme. 60 % des salariés déclarent être plutôt à l’aise avec le handicap. A noter, une baisse de 6 points par rapport à 2008 des salariés se sentant mal à l’aise lors d’une relation avec une personne handicapée. 59 % des salariés souhaitent améliorer leur capacité de contact avec une personne handicapée.

@ Interview d’Ádám Kósa

Quatre-vingt millions d’Européens sont, d’une façon ou d’une autre, atteints de handicap. Leurs chances d’intégration sur le marché de l’emploi sont très faibles. Le Hongrois Ádám Kósa (Parti populaire), seul député européen à être sourd, représente un contre-exemple qu’il aimerait voir suivi : diplômé du supérieur, il a travaillé comme avocat avant d’être élu. Il a préparé la position du Parlement sur la stratégie lancée par la Commission européenne pour lutter contre le handicap.

@ Recherche accompagnateurs de séjours

L’association Idoine, qui a pour mission première le loisir et le tourisme pour adulte en situation de handicap mental, recherche des responsables de séjours, des animateurs-accompagnateurs. Son objectif : encadrer les séjours thématiques prévus du 31 juillet au 13 ou 20 août. Les candidats doivent être âgés de plus de 20 ans et posséder le permis de conduire. Un week-end de formation se tiendra en juin. Contact : 03 81 53 00 36 ou associdoine@wanadoo.fr

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Bon à savoir

Infos et autres adresses...

@ ACCESSIBILITE : RECUEIL DES BELLES PRATIQUES ET DES BONS USAGES

La Ministre de l’écologie, du développement durable, des transports et du logement, les Secrétaires d’Etat aux transports et au logement souhaitent avoir communication de réalisations exemplaires, qui dans l’esprit de la loi du 11 février 2005, améliorent la qualité d’usage et de vie de nos concitoyens dans les secteurs du logement, des établissements recevant du public (ERP), des transports et de la voirie. A cet effet, ils initient la constitution d’un «Recueil 2011 des Belles pratiques et des Bons usages en matière d’accessibilité de la Cité». Celui-ci regroupera les réalisations dont l’exemplarité justifie une capitalisation, un retour d’expérience et une large diffusion auprès de la communauté des acteurs de l’accessibilité. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Une-operation-nationale.html

@ PROMOUVOIR LA SANTE DES PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP

Les personnes en situation de handicap présentent une vulnérabilité supérieure à celle des personnes valides. Leurs problèmes de santé, qu’ils soient ou non liés au handicap, se traduisent par un cumul de pathologies et de fragilités. De plus, un manque d’accès à la prévention, aux soins et plus largement à la vie sociale, s’ajoutent à ces difficultés au point de conduire parfois à des “sur handicaps”. On s’attend donc à ce que les politiques sanitaires et sociales portent une attention particulière à la santé de ces publics et l’INPES vient de rendre un rapport en ce sens. Jusqu’à présent, l’accès aux soins et la prise en charge médicale des personnes en situation de handicap ont, à juste titre, focalisé l’attention au détriment d’une vision plus large et globale, qui s’inscrirait davantage dans une optique de promotion de la santé… http://www.inpes.sante.fr/SLH/pdf/sante-homme-412.pdf

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La Ville de Besançon et le Centre Omnisport Pierre Croppet remercient les partenaires du Raid 2011 Les entreprises partenaires des équipes : Adréa mutuelle Association les Salins de Bregille Boulangerie Courtois Caisse d’Epargne de Bourgogne Franche-Comté Conseil général du Doubs Conseil Régional de Franche-Comté Don du Souffle EDF Collectivités Franche-Comté Assainissement Géant du foot Ginko HECA Handicap et Emploi au Crédit Agricole Habitat 25 INEXIA KD MAIF Manpower Mutuelle Nationale Territoriale Orange UFCV Les clubs partenaires des équipes : Aïkibudo PSB ASCCB ASGB ASPOHB ASTB Balise 25 BBC Besançon Bisons Besançon curling Besançon Ring Athlétique Lutte C.P. Besançon Centre Omnisport Pierre Croppet DSA E.S.B. F Handball E.S.B.M Handball Franche-Comté Judo Karaté Velotte La Décoche Bisontine Olympique de Besancon O’Team Besançon Sport Nautique Bisontin Aviron Partenaires organisation : 19ème régiment du génie Adapei de Besançon AFM téléthon AFSEP (association française des sclérosés en plaques) APEDA de Franche-Comté APF ASEP Association des Familles de Traumatisés Crâniens de Franche-Comté Besancon Racing Club Escrime Besançon volley-ball CCAS de Besançon Citadelle de Besançon Club Alpin français de Besançon Comité Départemental Handisport du Doubs Comité régional Handisport de Franche-Comté Creesdev Direction régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement Entre Temps Escalade Association départementale de la protection civile France 3 Bourgogne Franche-Comté Fromagerie Milleret-Paysange La Communauté d’Agglomération du Grand Besançon Le Conseil général du Doubs Le Conseil Régional de Franche-Comté Les infos du sport Les Salins de Bregille Ministère des sports SNB Canoë kayak Traiteur le Champagney Unité de promotion formation recherche des sports USEP du Doubs Vitabri Zèle d’Anges

HANDI Actu 32  

journal électronique de la mission handicap du CCAS de Besançon

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