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Cristina GAGGINI Directrice romande d’economiesuisse

« Un entrepreneur à succès n’ayant pas pris de risque n'existe pas » No 03 — Septembre-Novembre 2013


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ÉDITO

Le prix de la proximité

Milo Bozic, Rédacteur en chef Photo: Lara Vehovar

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MILO BOŽIĆ

Obtenir un logement locatif à Fribourg n’est pas forcément une sinécure, particulièrement en cette période de rentrée universitaire. Certes, ces dernières années, de nouveaux immeubles sont sortis de terre, permettant ainsi de satisfaire une demande croissante, mais les places se monnaient cher. Comptez environ 750 francs pour un studio neuf de 18m2 ou près de 2’000 francs pour un appartement de 3.5 pièces tout équipé en face de la chocolaterie Villars : des tarifs qui ont de quoi « vous laisser en plan » ! Prenons le cas du plateau de Pérolles qui s’est littéralement métamorphosé en deux ou trois années seulement. En effet, certains promoteurs immobiliers, flairant le bon coup, ont édifié de nouveaux lotissements dans cette zone dense en facultés universitaires, hautes écoles et autres instituts de formation. De surcroît, cette demande estudiantine est en constante augmentation chaque année et permettra donc aux propriétaires fonciers de dégager des profits substantiels. Il est vrai que le marché de l’immo-

bilier fribourgeois affiche une excellente santé – à l’image d’ailleurs du canton (finances saines, fiscalité modérée, faible taux de chômage et accroissement démographique) – comparativement à la situation de surchauffe qui prévaut dans la région zurichoise, de l’arc lémanique et plus récemment dans les régions périphériques telles que Neuchâtel, Yverdon ou encore La Chaux-de-Fonds. D’ailleurs, les étudiants de Lausanne et de Berne sont de plus en plus nombreux à venir habiter à Fribourg ; d’une part pour des raisons pratiques car la disponibilité des logements y est plus élevée et, d’autre part, en raison du coût moins onéreux que ces derniers représentent. Ce nonobstant, à mon avis, il est primordial que les acteurs clés de ce marché (promoteurs, régies et, dans une moindre mesure, les pouvoirs publics par l’octroi de logements subventionnés) restent vigilents sur la situation immobilière du canton afin de garantir la bonne pérennité de celui-ci, car comme le stipule si bien la « loi de la demande », même en considérant la faible élasticité : ceteris paribus, lorsque le prix d’un bien augmente, la quantité demandée de ce bien diminue…

SOMMAIRE Éditorial

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Interview

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Professeurs

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Étudiants

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Le prix de la proximité. Milo Božić

Une Swissness des pratiques RH ? Éric Davoine et Oliver Schröter

La patente qui divise. Junior Entreprise Fribourg (Jérôme Castella et Marc Vincent)

◀ Photo de couverture : Agathe Seppey

Bao Chau Nguyen et Lauranne Guillod Les enjeux relatifs à l’initiative populaire 1:12. Thomas Bato

De l’utilité des normes comptables. Franck Missonier-Piera

Sur le terrain

Cristina Gaggini, directrice romande d’economiesuisse. Thomas Bato et Léa Ruppen

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Pour conclure

La caricature économique. Simon Beuret

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PROFESSEURS

ÉRIC DAVOINE1 / OLIVER SCHRÖTER2 Éric Davoine Professeur ordinaire à l’Université de Fribourg. Titulaire de la Chaire Ressources Humaines et Organisation.

UNE SWISSNESS DES PRATIQUES RH3 ? Quelles sont les influences de l’environnement national sur les pratiques de gestion des ressources humaines (GRH) des entreprises multinationales installées en Suisse ? La Chaire Ressources Humaines et Organisation (RHO) de l’Université de Fribourg s’intéresse depuis plusieurs années à cette question4. La Suisse, et plus particulièrement la région de l’arc des relations industrielles et des relations d’emploi lémanique, attire un grand nombre d’entreprises de la France et de l’Allemagne, la Suisse apparaît multinationales qui y installent des unités d’affaires comme un pays au marché de l’emploi relativeinternationales, des centres de recherche et déve- ment fluide, peu régulé et aux pratiques d’emploi loppement, des sites de production spécialisés ainsi très flexibles. Toutefois, si le cadre légal est peu que des unités de coordination des activités Europe/ contraignant, une situation de marché de l’emploi Afrique/Moyen-Orient. Ces entreprises sont l’objet souvent favorable aux employés et un fort contrôle de nombreux débats récents dans la presse : régimes social de la population font que la réalité des prafiscaux préférentiels, intégration en Suisse d’expa- tiques RH (par exemple les politiques salariales ou triés à hauts niveaux de qualification et de revenu ; les pratiques de licenciement) va souvent au-delà mais aussi retombées économiques et source d’em- des exigences strictes de la loi. Un second mécaplois qualifiés pour la population suisse. Nous nous nisme de l’effet du pays hôte est celui du système intéressons depuis quelques années aux pratiques éducatif qui structure les qualifications de l’offre de de Gestion des Ressources Humaines observables travail présente sur le marché de l’emploi local. La dans ces entreprises. Dans le cadre d’une thèse de formation par apprentissage produit par exemple doctorat et de nombreux travaux de master, nous des qualifications spécifiques qui parfois rendent avons réalisé et fait réaliser plus d’une soixantaine perplexes les responsables RH étrangers de muld’entretiens avec des responsables RH et des ma- tinationales nouvellement installées qui ne savent nagers d’entreprises américaines, allemandes, fran- pas toujours sur quelle catégorie de poste placer un çaises, japonaises et suisses installées Par rapport aux cadres relativement contraignants des reen Suisse. Les pralations industrielles et des relations d’emploi de la France tiques de management et de GRH et de l’Allemagne, la Suisse apparaît comme un pays au dans les multinamarché de l’emploi relativement fluide, peu régulé et aux tionales sont soupratiques d’emploi très flexibles. vent des pratiques hybrides, en partie adaptées à l’environnement du pays hôte mais aus- « employé de commerce ». De même, les brevets si liées au pays d’origine de la multinationale et à et diplômes fédéraux correspondent à des qualificaplusieurs effets de contexte. tions validées par les associations professionnelles qui n’ont pas d’équivalent dans les pays d’origine des multinationales américaines ou françaises. Il INFLUENCES DU PAYS HÔTE n’est pas rare de voir des entreprises multinatioL’influence du pays de la filiale se fait habituelle- nales qui s’adaptent dans leurs recrutements ; qui ment par différents types de mécanismes ; le plus adaptent également leur organisation et leurs praévident et le plus visible est celui du cadre légal. tiques de formation au système local, jugé en géPar rapport aux cadres relativement contraignants néral performant. Enfin, le troisième mécanisme

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Oliver Schröter Assistant diplômé à la Chaire RHO de l’Université de Fribourg.

d’influence sera celui de l’institutionnalisation des normes sociales sous la forme de « bonnes pratiques RH » via des réseaux sociaux ainsi que par l’influence de consultants, de prestataires de services et de leaders d’opinion. Dans un contexte national, voir régional comme celui de la Suisse romande, il existe des associations de praticiens RH, des clubs, des revues professionnelles, des séminaires et des programmes de formation continue dans lesquels des normes (de « bonnes pratiques » RH) se diffusent et se discutent pour le meilleur (par exemple l’abandon progressif des tests de graphologie dans le recrutement) ou pour le pire (par exemple la diffusion de programmes d’intégration spécifiques Génération Y).

INFLUENCES DU PAYS D’ORIGINE Les praticiens RH rencontrés soulignent aussi les influences du pays d’origine de la maison-mère des entreprises multinationales. Si la plupart des entreprises multinationales cherchent à diffuser dans leurs filiales des pratiques et des processus re-

lativement standardisés, c’est dans les entreprises américaines que les processus RH sont les plus standardisés et les plus formalisés : du processus de sélection à celui de l’évaluation des performances, de la gestion des rétributions et des carrières jusqu’à la diffusion de codes de conduite correspondant à l’environnement légal de travail nord-américain. Ces pratiques se retrouvent d’ailleurs de plus en plus souvent dans toutes les multinationales, quels que soient les pays d’origine, car il existe des effets de standardisation et d’institutionnalisation globaux des pratiques RH (certains auteurs parlent d’ « anglo-saxonization »), liés à l’existence de leaders d’opinion globaux (certaines grandes entreprises mondiales), de consultants internationaux et de formations mondialement reconnues qui facilitent la diffusion de « bonnes pratiques ». Ces « bonnes pratiques » peuvent varier en fonction du pays d’origine de la multinationale. Ainsi, les multinationales d’origine française auront par exemple davantage une conception finement hiérarchisée de l’encadrement et de la gestion des talents ainsi qu’une approche plus flexible dans le transfert des processus alors que les multinationales d’origine allemande seront généralement plus flexibles pour négocier leur politique d’emploi sur chaque site. Ces « effets du pays d’origine » varient aussi en fonction d’autres facteurs, comme le secteur, la taille ou l’importance stratégique de la filiale au sein du groupe.►

Tableau : Analyse SWOT de l’environnement suisse pour la GRH (basé sur 25 entretiens avec des responsables RH de filiales)

Forces l

Régime fiscal

l

Qualité de vie

l

Position géographique centrale

l

Infrastructures de qualité

l

Cadre légal favorable aux employeurs

l

Syndicats coopératifs au pouvoir relativement faible

l

Niveau de qualification de la main-d’œuvre

l

Recherche de pointe dans des domaines stratégiques

Faiblesses l

Coût de la vie élevé

l Coût

de la main-d’œuvre élevé

Organisation étatique décentralisée et complexe => différences importantes entre cantons (langue, régimes fiscaux, systèmes scolaires, procédures administratives, etc.) => mobilité réduite entre cantons et problèmes de coordination/standardisation à l’intérieur du pays l

l Image de qualité

Opportunités

Menaces

Environnement coopératif d’économie de marché coordonnée

l Non membre UE => difficultés accrues avec les permis

Relations coopératives avec les administrations locales (développement de solutions négociées)

l Transformation

l

l

Associations professionnelles et réseaux locaux forts et coopératifs (échange d’informations) y compris entre les entreprises multinationales l

de travail et la mobilité de la main-d’œuvre internationale des régimes fiscaux

l Marché

de l’emploi tendu, ressources locales limitées pour les hauts niveaux de qualification et d’expertise, coûts du travail croissant et problèmes de rétention dus à la présence de nombreux concurrents

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06

SWISSNESS DES PRATIQUES RH ? Dans toutes les entreprises, quel que soit leur s’installer en Suisse. Ainsi, les consÊquences pays d’origine, les praticiens interviewÊs ar- du franc fort et la menace sur les rÊgimes fisrivent à dÊfinir les ÊlÊments communs d’une caux actuels, attractifs pour les capitaux autant Swissness des pratiques RH. Ces ÊlÊments sont que pour certaines catÊgories de personnel, souvent culturels, par exemple une manière de risquent d’avoir un impact fort sur les orientaprendre des dÊcisions de manière C’est dans les entreprises amÊricaines que les processus consensuelle et RH sont les plus standardisÊs et les plus formalisÊs. incrÊmentale ou de communiquer en adoptant une attitude personnelle et res- tions des politiques RH (expansion, consolidapectueuse vis-à-vis de la personne. Certains tion, restructuration ou rÊduction) des filiales ÊlÊments sont plus liÊs au cadre institutionnel de multinationales dans les prochaines annÊes d’Êconomie de marchÊ coordonnÊe dans lequel en Suisse. ■ les conditions cadres peuvent être nÊgociÊes de Publications rÊcentes manière constructive avec les autoritÊs locales Éric Davoine a rÊalisÊ plusieurs ou les employÊs. Ces ÊlÊments ainsi que la publications ces dernières anprÊsence d’une main-d’œuvre hautement qua- nÊes dans le domaine de la GRH lifiÊe, nationale et internationale, sont perçus internationale. Il a notamment comme des facteurs favorables dans l’analyse co-ÊditÊ l’ouvrage GRH et monSWOT que nous prÊsentons dans le tableau. dialisation: Nouveaux contextes, nouveaux enjeux avec trois colLa dimension des coÝts ne doit cependant pas lègues français et coordonnÊ un être nÊgligÊe dans les pratiques RH ; elle reste dossier de la Revue Internationale souvent prioritaire pour les grandes orienta- de Gestion (HEC MontrÊal) sur la tions comme le choix de rester ou de ne pas gestion des expatriÊs.

Éric Davoine est professeur à l’UniversitÊ de Fribourg et titulaire de la Chaire Ressources Humaines et Organisation (RHO) depuis 2003. 2 Oliver SchrÜter est assistant diplômÊ à la Chaire RHO et vient de terminer son doctorat sur le thème  Swissness in foreign multinationals ? . 3 RH est l’abrÊviation de  ressources humaines . 4 Cet article reprend partiellement le contenu de la confÊrence du 6ème Congrès HR sections romandes sur le thème  Globalisation : Quel rôle pour les Ressoucres Humaines ?  du 12 septembre 2013 et de l’article du numÊro spÊcial de Persorama associÊ à cet ÊvÊnement. 1

 

   

    

                

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PROFESSEURS

FRANCK MISSONIER-PIERA

07 Professeur ordinaire à l’Université de Fribourg. Titulaire de la Chaire de Comptabilité et Analyse Financières.

DE L’UTILITÉ DES NORMES COMPTABLES Les normes comptables IFRS1 sont devenues un référentiel comptable mondialement reconnu. Bien des utilisateurs les considèrent pourtant parfois trop exigeantes et complexes. En quelques années seulement, les normes comptables internationales IFRS se sont imposées dans nombre de pays. C’est le cas pour plus d’une centaine de pays, comme ceux de l’Union Européenne, mais aussi l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Hong Kong2, l’Afrique du Sud et plus récemment le Canada. La Suisse n’échappe pas à cette internationalisation, avec une particularité puisqu’en plus du Code des Obligations, les entreprises doivent – selon les situations – se conformer aux normes locales Swiss GAAP RPC3, aux IFRS ou aux normes comptables américaines (US GAAP4). Les organisations du secteur public comme par exemple, l’ONU, l’OMC, l’OTAN, l’OCDE ainsi que la Confédération et certains cantons (par exemple Genève) se conforment à des normes comptables internationales proches des IFRS sur de nombreux points, mais dédiées au secteur public (IPSAS5). Bien qu’elles ne soient généralement obligatoires que pour les entreprises cotées, les IFRS concernent dans les faits un très grand nombre d’entreprises par le truchement des filiales qui, à leur tour, doivent préparer des états financiers en IFRS pour leur maison-mère.

L’ÉVOLUTION DES NORMES INTERNATIONALES La volonté de recourir à un seul référentiel (IFRS) a permis d’harmoniser les pratiques comptables et de faciliter la comparaison des performances financières entre sociétés cotées sur différentes places boursières. Toutefois, il est souvent reproché une complexité croissante des normes reconnues internationalement (i.e. IFRS, IPSAS ou US GAAP), ce qui peut en rendre la compréhension plus ardue. Par ailleurs, les exigences accrues

d’information des IFRS ne sont pas sans coût pour les entreprises. La collecte et le traitement des informations nécessaires à la préparation des états financiers demandent du temps, du personnel qualifié et peut même entraîner la réorganisation d’une partie de l’entreprise. Des entreprises peuvent être tentées de quitter le segment principal de leur bourse respective afin de ne plus être contraintes de publier en IFRS. Pour autant, l’évolution des normes IFRS ne fait que suivre la complexité des activités des entreprises. Par exemple, les sociétés ont souvent recours à des instruments financiers complexes pour couvrir un certain nombre de risques liés à leurs activités. Dans certains secteurs, comme le transport aérien ou le transport maritime, la location à long terme plutôt que l’achat des actifs de production est une pratique courante.►

La location du capital productif dans l’industrie maritime doit être prise en compte dans les états financiers. source: sludgegulper sur Flickr.com.


08 Or, ce type de location est un moyen de financement rale. Comment juger de la performance financière que la comptabilité doit être en mesure de prendre de l’équipe dirigeante ? En servant de référence, les en compte et de retranscrire dans les états financiers recommandations et les prévisions de résultat des puisque les normes comptables sont faites pour sa- analystes financiers peuvent aider les divers utilisatisfaire les besoins d’information de l’ensemble teurs dans leur prise de décision. Les prévisions de des utilisateurs des états financiers. L’actionnaire résultat des analystes sont d’ailleurs utilisées par de ou l’obligataire individuel n’a pas le même accès nombreux acteurs des marchés. Ainsi, on peut obaux informations que le responsable d’entreprise, server que le cours d’une entreprise peut être signisur la vie de la société. Il convient donc que L’actionnaire/utilisateur individuel doit non seulement posles états financiers reséder de solides connaissances comptables pour être en flètent l’ensemble de ses activités, même mesure de comprendre les états financiers de son entresi celles-ci sont prise et sa centaine de pages annexes, mais en plus, avoir complexes. Ce prole temps d’analyser ces informations avant d’exprimer un blème ne se pose pas vote « éclairé » lors de l’assemblée générale. pour les entreprises où l’actionnaire est lui-même le dirigeant, puisqu’il a un accès interne direct à la réalité de l’en- ficativement affecté par des « earnings surprises » semble des transactions de l’entreprise. Le recours à (i.e. la différence entre les prévisions des analystes des normes moins exigeantes peut alors être justifié, et le résultat finalement publié). Une mauvaise surcar il/elle sera le/la seul(e), à tout le moins, le princi- prise, comme par exemple un résultat bénéficiaire pal utilisateur des informations comptables. mais inférieur aux attentes des analystes, se traduit souvent par une baisse de la valeur de l’action. L’imLE RÔLE DES ANALYSTES portance du phénomène est telle, qu’afin d’aider FINANCIERS les analystes dans leurs prévisions pour limiter les « surprises », certaines entreprises publient ellesIl n’en demeure pas moins que l’actionnaire/utilisa- mêmes des prévisions de leur propre résultat compteur individuel doit non seulement posséder de so- table à venir. La situation devient paradoxale quand, lides connaissances comptables pour être en mesure bien que mettant en avant l’importance des données ▼ de comprendre les états financiers de son entreprise comptables, les analystes comme les entreprises se La comptabilité doit également compte de la location à long et sa centaine de pages annexes, mais en plus, avoir concentrent sur un résultat qui ne correspond pas tenir terme des moyens de production le temps d’analyser ces informations avant d’expri- au « résultat net » tel que définit par les IFRS (ou dans le secteur du transport aérien. mer un vote « éclairé » lors de l’assemblée géné- autre référentiel). Les uns comme les autres se fo- source : BriYYZ sur Flickr.com.


calisent sur une mesure du résultat qui s’efforce de et charges, notamment financiers. Enfin, après la tenir compte des éléments (a) récurrents et (b) liés publication du résultat net de l’entreprise, les anaaux activités principales de l’entreprise. De nombreuses charges et produits dont le calcul est exigé Ainsi, de nombreuses par les IFRS, ne sont pas pris en compte dans les prévicharges et produits sions. dont le calcul est exigé par les IFRS, ne sont pas pris en compte dans les prévisions. On peut lystes corrigent leur dernière prévision. En effet, ils citer par exemple le cas de certaines dépréciations disposent alors de l’ensemble des états financiers d’actifs, comme le goodwill. (annexes comprises) pour ajuster leur analyse et Il y a plusieurs raisons permettant d’expliquer pour- leur dernière prévision. Ce travail de correction quoi les analystes financiers et les utilisateurs profes- permet d’affiner leur modèle de prévision pour les sionnels des états financiers n’utilisent pas a priori prochains exercices comptables. La qualité – et l’ensemble des données exigées par les référentiels la quantité – d’information exigée par les normes comptables. Tout d’abord, les analystes ne font pas comptables internationales montre alors toute son les mêmes prévisions de résultat, c’est-à-dire qu’ils utilité.■ n’ont pas les mêmes modèles de prévisions et ne retiennent/n’éliminent donc pas systématiquement les mêmes éléments des états financiers ; des états Comptabilité en IFRS financiers exhaustifs permettent cette sélection. Ouvrage d’introduction, ce livre fournit au lecteur une Ensuite, selon leur spécialité, les analystes n’ont compréhension des prinpas les mêmes objectifs ; certains tentent de pré- cipes fondamentaux de la voir les résultats à venir, alors que d’autres tentent comptabilité financière. En d’estimer les difficultés de paiement de l’entreprise. s’affranchissant des spéDans ce dernier cas, les données comptables re- cificités nationales et en quises prennent alors en compte d’autres produits s’appuyant sur les normes

IFRS est l’abréviation du terme anglais « International Financial Reporting Standards ». 2 Officiellement, Hong Kong est une région administrative spéciale appartenant à la République populaire de Chine. 3 Les Swiss GAAP RPC sont les recommandations suisses relatives à la présentation des comptes. 4 GAAP est l’abréviation du terme anglais « Generally Accepted Accounting Principles ». 5 IPSAS est l’abréviation du terme anglais « International Public Sector Accounting Standards ». 1

comptables internationales, les normes IFRS, il offre au lecteur une perspective globale. L’étudiant pourra ainsi lire, utiliser et déchiffrer tous les principaux états comptables et financiers (bilan, compte de résultat, tableau de flux de trésorerie), quelle que soit la règle comptable nationale utilisée lors de la production de ces documents. Il pourra ainsi en toutes circonstances décrypter et analyser la performance économique de l’entreprise étudiée, et apprécier l’impact des principales transactions sur ses différents états.

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Régis Chevalley Responsable Secteur 3 Tél. 079 474 80 78

Yasmine Aug Vente Secteur 2/3

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SUR LE TERRAIN

JUNIOR ENTREPRISE FRIBOURG

LA PATENTE QUI DIVISE La région fribourgeoise a déjà connu son lot d’événements symboliques en 2013. Le départ d’Isabelle Chassot pour l’Office fédéral de la culture, l’arrivée de la Gay Pride et maintenant la mise en place de la patente B+ qui s’inscrit dans une politique visant à mieux encadrer la vie nocturne en ville de Fribourg. Point sur ce débat opposant enjeux culturels et santé publique. L’heure est grave.1 La population s’inquiète. Les mesures diverses et récentes des autorités fribourgesoises (réglementation outrancière des girons de jeunesse, réduction de l’heure de fermeture de certains bars, mise à mort des fameux « Mardi XXème ») ne sont pas des phénomènes isolés, mais bel et bien des présages annonciateurs d’une lutte préfectorale contre la vie nocturne fribourgeoise. À en croire les multiples réactions, jamais un tel événement n’aura fait autant frissonner la cité des Zaehringen depuis les tentatives d’incursion bernoises du XIVème siècle. La patente B+ est pourtant bel et bien entrée en vigueur le 31 janvier 2013 ! Toutes ces nouvelles mesures ne sont bien évidemment pas passées inaperçues au sein de la communauté locale qui s’est très tôt offusquée face à cette déferlante restrictive. « Déjà que le choix n’est pas large à Fribourg, il faut encore qu’on empêche les tenanciers de faire leur boulot », peut-on entendre de la bouche d’une cliente de L’Appart. « C’est n’importe quoi, il n’y a pas vraiment de problème de sécurité à Fribourg ; les bagarres se passent ailleurs », s’étonne un étudiant en droit devant le café Le XXème. Que ce soit par ces réactions à chaud ou par les pétitions qui circulent en ce moment sur Internet pour annuler les quotas de fréquentation dudit café, il n’est pas difficile d’être témoin d’un certain ras-le-bol ambiant.

LES ENJEUX DE LA NOUVELLE PATENTE Aussi, comme dans tout débat qui déchaîne les passions lors de discussions de bistrot, il convient de faire la part des choses pour en concevoir les réels enjeux. Complémentaire à la patente ordinaire pour établissement avec alcool (ou B), la patente B+ « autorise une ouverture prolongée le samedi

et le dimanche et donne le droit de proposer de manière régulière des animations de nature musicale ou des retransmissions sportives ou culturelles sur écran [...]. Elle est réservée aux établissements qui, par leur emplacement et leur concept d’exploitation, garantissent une exploitation compatible avec le voisinage ».2 Véritable tacle à l’animation culturelle de la ville, il s’agit en fait, selon la préfecture de la Sarine, d’une lutte contre « les déprédations et actes de violence » ainsi que des « horaires de sortie de plus en plus tardifs » de la jeunesse.3 Si

▼ Un match de football encourage-t-il vraiment les supporters à sortir jusqu’aux aurores ? source : Cmic Blog sur Flickr.com.

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les autorités compétentes se veulent rassurantes, restaurateurs verront aussi leur clientèle dimiil est craint par le milieu professionnel que seuls nuer. De plus, les sociétés de taxi, pour lesquelles des établissements situés hors de la zone urbaine les demandes sont très fortes les soirs de fête, puissent en « bénéficier ». Plusieurs Véritable tacle à l’animation culturelle de la ville, il s’agit questions se posent dès lors à ce sujet. en fait, selon la préfecture de la Sarine, d’une lutte contre Un match de foot« les déprédations et actes de violence » ainsi que des ball encourage-t-il « horaires de sortie de plus en plus tardifs » de la jeunesse vraiment les spectateurs à sortir jusqu’aux aurores, alors qu’il prend générale- risquent également d’être pénalisées à leur tour. ment fin aux environs de 22h30 ? Un concert dé- De surcroît, on ne doit pas oublier que Fribourg clenche-t-il réellement chez le spectateur, une en- est une ville étudiante ; un quart de sa population vie irrépressible de barbarie et de déprédation ? Et fréquente notre université. Aussi, les étudiants enfin, quid de la question économique qui se pose n’ont pas choisi les sites de Miséricorde et de vis-à-vis de ce problème de santé publique ? Si les Pérolles pour y terminer leur formation sans rairéponses aux premières questions demeurent en- son. Et, parole d’étudiants – au risque de briser core aujourd’hui un mystère aux yeux du peuple, un tabou et de révéler un –, il serait naïf de penser il reste toutefois possible d’apporter des bases de que l’ambiance d’un campus ne pèse pas dans réflexion à la dernière d’entre elles. la balance au moment de ce choix. De ce fait, endiguer la vie nocturne fribourgeoise qui jouit d’une bonne réputation au sein de la communauLES ASPECTS ÉCONOMIQUES té étudiante nationale, signifie, par ailleurs, diET SOCIAUX minuer l’attractivité de l’université. Considérant l’importance de la tranche de population touchée, D’un point de vue économique, une restriction c’est tout une quantité de commerces (régies imappliquée aux bars de Fribourg peut réduire les mobilières, bars, restaurants, etc.) en dépendant opportunités de profit pour ces derniers. Certains qui pourraient en payer le prix à moyen ou à long terme. Sur le plan social, le jeu en vaut-il vraiment la chandelle si l’on prend conscience du contrecoup que cela risquerait d’occasionner ? « Oui ! », c’est du moins ce qu’a affirmé la préfecture ces dernières années. Ces mesures se justifieraient, si l’on en croit l’évolution des chiffres sur la criminalité, où Fribourg suivrait la tendance haussière observée en Suisse. Seulement voilà, si le problème social semble discutable dans la méthode employée, c’est bien « là où le bât blesse ». Ainsi, de l’avis de tenanciers concernés, ce n’est pas à l’intérieur des bars que se déroulent la plupart des rixes en question, mais plutôt à la sortie, une fois la fête terminée. Cette intervention étatique est donc généralement ressentie comme une injustice et ne fait, selon certains, qu’alimenter une paranoïa qui n’a pas lieu d’être. Si l’on se penche sur les villes pionnières qui ont cherché à mieux encadrer le milieu de la nuit par des horaires de fermeture avancés à deux heures du matin, voire minuit, à savoir Lausanne et Genève, ces dernières sont aussi respectivement première et deuxième au classement des cités criminogènes de Suisse. Si le fait de s’inspirer des « derniers de la classe » pour régler le problème peut laisser sceptique, le message qui en ressort est clair : il semble qu’aux yeux de la préfecture de la Sarine, ►

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la tranquille bourgade de Fribourg se transforme en zone dangereuse où règnent violence, alcool et déprédations volontaires. Cependant, dans les faits, il apparaît que la ville de Fribourg se situe simplement dans la moyenne d’un phénomène d’ampleur nationale.

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Si l’on se penche sur les villes pionnières qui ont cherché à mieux encadrer le milieu de la nuit par des horaires de fermeture avancés à deux heures du matin, voire minuit, à savoir Lausanne et Genève, ces dernières sont aussi respectivement première et deuxième au classement des cités criminogènes de Suisse.

LA MORALE DE L’HISTOIRE ? Finalement, cet exemple démontre une certaine incapacité des pouvoirs publics à se mettre à l’écoute d’un marché. Bien sûr, les réactions générales dénoncent un interventionnisme « à l’aveugle » et il conviendra par la suite de vérifier si les retombées sont autant néfastes qu’elles ne l’ont été annoncées par les autorités fribourgeoises. Il est toutefois possible de constater qu’à défaut de devoir choisir entre vie culturelle, impératifs économiques et santé publique, en se penchant de manière plus ouverte sur le problème, nos autorités eurent peutêtre pu concilier les trois. ■ Jérôme Castella et Marc Vincent Les vues exprimées dans cet article n’engagent que leur auteur. 2 Loi sur les établissements publics (LEPu), art. 16, al. 2. 3 http://www.fr.ch/spoco/fr/pub/actualites.cfm?fusea ction_pre=Detail&NewsID=39466. 1

LA JUNIOR ENTREPRISE FRIBOURG La Junior Entreprise Fribourg (JEF, prononcé « Djef ») présente une problématique économique de la région fribourgeoise sur un ton décalé. Active depuis plus de 25 ans, il s’agit d’une association universitaire qui fonctionne comme une vraie petite entreprise de conseil. Le but de la manœuvre ? Donner aux étudiants, qui en sont membres, l'opportunité de vivre leur première expérience professionnelle en appliquant les théories académiques à des problématiques bien réelles d'entreprises de la région. Par ces prestations offertes à des prix défiant toute concurrence – et à l'heure où l'expérience est une composante clé d'un bon CV – elle est ainsi l'occasion pour les économistes en herbe de se confronter au monde du travail en situation réelle tout en fournissant des prestations de qualité à leurs clients. Bénéficiant d’une structure solide soutenue par l'université et les professeurs, la JEF est l'association idéale pour les étudiants qui souhaitent lier les théories acquises durant les cours, à la pratique. Infos complémentaires sur www.jef.ch

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INTERVIEW

THOMAS BATO ET LÉA RUPPEN

Cristina GAGGINI Directrice romande d’economiesuisse

BIO RAPIDE 1989-1992 Université de Lausanne Licence en sciences politiques 1992-1993 Institut de hautes études en administration publique Postgrade en administration internationale 1993-1997 Osec Business Network Switzerland Assistante en Marketing & Communication 1999-2002 Vaudoise Assurances Cheffe de projet 2002-2004 Institut Suisse de Relations Publiques (ISRP) Diplôme fédéral supérieur de Conseillère en relations publiques 2002-2007 Vaudoise Assurances Secrétaire générale et responsable de la communication institutionnelle Depuis 2007 economiesuisse Directrice romande

INTRODUCTION Cristina Gaggini, 42 ans, nous reçoit entre deux rendez-vous, dans son bureau cosy de Genève. Native de Lugano, c’est pourtant à Lausanne qu’elle posera ses premières valises pour y étudier les sciences politiques. La raison ? Mieux comprendre les systèmes de pensée des décideurs politiques. Diplômée en 1992, Cristina Gaggini débute son parcours professionnel au sein de l’Osec, véritable organisation référente en matière de commerce extérieur. Une stratégie gagnante, confie-t-elle, avec pour devise : « mettre le pied à l’étrier ». Par la suite, la quadragénaire

change d’orientation et entame une carrière dans le secteur privé, au sein de la Vaudoise Assurances. Actuellement directrice romande chez economiesuisse, Cristina Gaggini ne cache pas ses convictions en faveur de l’économie de marché. Interview. ►

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Quel est le rôle d’economiesuisse ? Economiesuisse est la principale organisation faîtière de l’économie suisse. C’est un groupe qui défend les intérêts des entreprises suisses dans le processus politique par l’instauration de conditions-cadres optimales. Au total, cela représente plus de 100'000 entreprises et près de 2 millions d’emplois, toutes branches et secteurs d’activités confondus. Une partie de notre travail consiste à identifier les sujets qui posent problèmes, puis à mettre en place une stratégie dite de lobbying. Par exemple, lors d’une session parlementaire, nous essayons de convaincre certains acteurs politiques, faits et chiffres à l’appui, que telle mesure est meilleure que telle autre.

Comment définiriez-vous vos tâches en tant que directrice d’economiesuisse ?

Est-ce un problème d’être une femme dirigeante ?

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C’est un long débat ! Selon moi, les femmes suisses ont autant de chance d’accéder à des postes de responsabilité que leurs homologues masculins. Bien évidemment, cela devient délicat lorsque la femme souhaite avoir des enfants. En effet, elle doit se retirer du milieu professionnel tandis que leurs collègues hommes, quant à eux, pourront continuer à avancer dans leur carrière.

Quels sont les entrepreneurs qui vous inspirent le plus ? Beaucoup d’entre eux ! Je ne veux pas en citer un en particulier car après les autres vont être déçus. De façon générale, j’admire les chefs d’entreprise qui ont un sens de l’anticipation, mais également ceux dotés d’une certaine vi-

Mes tâches sont héCertains managers vous le diront, le temps de la réflexion téroclites. Durant la ne débute bien souvent qu’après vingt heures. même journée, je peux, par exemple, m’entretenir avec un chef d’entreprise qui me fait part de ses sion. Dans bien de PME suisses, il y a une ca▼ difficultés ou tout aussi bien répondre aux pacité d’innovation extraordinaire qui est le fruit Cristina Gaggini a déjà une expérience profesquestions d’une journaliste sur un thème d’ac- d’un travail constant. De plus, cela m’a toujours solide sionnelle dans les secteurs fasciné d’observer le comportement des entrepublic et privé. tualité. Ainsi, je « saute régulièrement du coq Photos de l’interview: preneurs en temps de crise et la façon qu’ils ont à l’âne ». Du reste, le fait d’avoir travaillé Agathe Seppey. 10 ans dans le secteur privé – au sein de la Vaudoise Assurances – m’a permis de développer des compétences très utiles à ce jour. En revanche, le plus compliqué reste encore à trouver du temps pour réfléchir. Certains managers vous le diront, le temps de la réflexion ne débute bien souvent qu’après vingt heures.

Comment définiriez-vous un bon entrepreneur ? Un bon entrepreneur gère le côté opérationnel au quotidien tout en gardant de l’énergie pour penser au lendemain. Il faut donc savoir constamment anticiper, c’est-à-dire garder les yeux ouverts et déceler les tendances « lourdes ». Par ailleurs, certains gouvernements « bétonnent » tout avec des lois. La réglementation excessive est typiquement une réponse que je considère comme mauvaise dans le milieu des affaires. Les règles sont utiles mais lorsqu’elles ne vont pas « trop loin ». Enfin, la libre concurrence, l’innovation et le goût du risque sont bien trop souvent entravés. Une marge d’insécurité est généralement nécessaire pour stimuler l’entrepreneur.


d’endosser le rôle de « capitaine du navire ». l’implantation d’entreprises internationales et Suivre parfois sa propre intuition – au risque au développement de diverses start-up. Cela d’aller contre courant – est aussi un élément es- s’explique notamment par une politique d’imsentiel pour « sortir des sentiers battus ». Ainsi, position attrayante mais également par la préon peut dire qu’un entrepreneur à succès n’ayant pas pris Une marge d’insécurité est généralement de risque n’existe pas. Néansaire pour stimuler l’entrepreneur. moins, ce risque doit être réfléchi et mesuré.

Comment economiesuisse s'est retrouvé en conflit avec l'industrie horlogère au sujet du projet « Swissness », alors même que vous défendiez un renforcement de la « marque Suisse » ? Le problème concernait une mésentente au sein même d’economiesuisse par rapport au niveau souhaité de taux de fabrication en Suisse. Au sein de notre organisation faîtière, les firmes horlogères étaient favorables à un taux minimal de 60 %, tandis qu’une autre partie de l’industrie (non horlogère) défendait un taux de 50 %. Nous avons donc élaboré, dans notre proposition de loi pour l’Assemblée fédérale, une volonté allant dans ce sens. Au final, un taux unique de 60 % a été retenu par les parlementaires pour tous les produits industriels.

Quels sont les points forts de la Suisse romande en termes de compétitivité ? D’abord, l’économie romande est forte et diversifiée. On trouve tout aussi bien des banques et des assurances que des entreprises horlogères ou pharmaceutiques. Par ailleurs, la Suisse romande – et plus particulièrement l’arc lémanique – dispose d’un environnement propice à

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néces-

sence de hautes écoles aux formations pointues, à l’instar de l’EPFL.

Et les points forts de Fribourg ? Fribourg a un magnifique potentiel. Premièrement, le canton est bien géré puisque ses finances sont saines. Deuxièmement, la région dispose de logements et de terrains à des prix abordables ainsi que des infrastructures de qualité. Enfin, la situation géographique de Fribourg, à cheval entre la région romande et alémanique, est stratégiquement intéressante.

Pour conclure, que conseilleriez-vous à un étudiant actuel en économie ? Il est très important d’avoir déjà une expérience dans le monde du travail, comme par exemple, en effectuant un stage durant les vacances. En outre, la maîtrise de plusieurs langues est aussi indispensable, en particulier dans un pays muliculturel comme la Suisse. Il serait illusoire de croire que l’anglais suffise. Finalement, il ne faut pas négliger l’importance des connexions. En effet, commencer à créer très tôt son propre réseau peut s’avérer être très utile par la suite.

Vous êtes assuré dʼun séjour tranquille et confortable Hôtel A lʼentrée de Marly, lʼhôtel du Grand-Pré offre 22 chambres spacieuses tout confort, équipées de téléphone, mini-bar, TV, salle de bains/WC et Wi-Fi gratuit. Restaurant Restaurant « La Cena » avec spécialités italiennes et de saison.

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ÉTUDIANTS

THOMAS BATO

Que pensez-vous de l’initiative populaire 1:12 visant à limiter l’écart des salaires dans les entreprises suisses dans un rapport maximum de 1 pour 12 ?

Bao Chau Nguyen

Lauranne Guillod

Master en Économie politique.

Master en Gestion d’entreprise.

Première année.

Première année.

D’abord, l’initiative 1:12 risque d’impacter des multinationales qui contribuent activement et efficacement à la croissance de l’économie suisse. Ces dernières pourraient donc être amenées à quitter la Suisse pour un pays où le système de rémunération y est plus souple. Par ailleurs, sur le plan de la motivation, le fait de plafonner les hauts revenus risquerait de provoquer une diminution de la productivité des cadres supérieurs. Enfin, si l’on se réfère à l’Office fédéral de la statistique (OFS), ces dix dernières années, la part des travailleurs gagnant le plus et celle des travailleurs gagnant le moins est restée, dans les deux cas, proches de 10%. On peut donc affirmer qu’il n’y a pas eu récemment de grandes disparités parmi les rémunérations en Suisse. L’initiative 1:12 n’est donc pas une excellente mesure pour notre économie, car elle aurait, selon moi, des conséquences négatives sur l’emploi et les finances publiques. ■

Cette initiative est un réel danger pour l’économie suisse. Pourquoi limiter des salaires qui contribuent fortement aux rentrées fiscales alors que ces dernières permettent justement de financer des prestations sociales ? Au final, ce sont les personnes avec de bas revenus qui en subiraient les conséquences du fait d’une diminution des transferts sociaux de la part des pouvoirs publics. De surcroît, il est illusoire de penser qu’une telle initiative sera respectée. Les multinationales étrangères (du moins celles qui voudraient bien rester dans notre pays), ainsi que les grandes firmes suisses, auraient simplement recours à divers stratagèmes, comme « déplacer » les working poor dans d’autres entités afin de niveler le salaire minimum à la hausse et ainsi limiter les effets contraignants sur les hauts revenus. Il suffit de regarder chez certains proches voisins européens pour se rendre compte qu’un marché du travail trop et surtout mal réglementé engendre des conséquences néfastes sur l’économie d’un pays ; en comparaison, la Suisse s’en sort très bien. Dès lors, pourquoi accepter cette initiative ? ■

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POUR CONCLURE

SIMON BEURET

LA CARICATURE

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IMPRESSUM

UNIÉCO

Magazine Uniéco Route Wilhelm-Kaiser 10 CH-1700 Fribourg unieco@gmx.ch

Jean-Marc Sylvestre. Journaliste français. source: jeanmarc-sylvestre.com

Notre président d’honneur est M. Jean-Marc Sylvestre, journaliste français de la presse économique et également écrivain. Il a été de nombreuses années le spécialiste de l’économie pour les chaînes de télévision TF1, LCI (filiale du groupe TF1) et iTélé (filiale du groupe Canal+). En 2004, il a été décoré de l’ordre national de la Légion d’honneur. Pour l’anecdote, le journaliste avait officiellement interviewé Nicolas Sarkozy, alors Président de la République française. Aujourd’hui, Jean-Marc Sylvestre gère un blog économique influent (JeanMarc-Sylvestre.com) qui est visité par plus de 100'000 internautes par mois.

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Milo Božić Thomas Bato, Léa Ruppen Romain Collaud Aurélie Monnier Fiona Endres Thomas Bato, Milo Božić, Jérôme Castella, Éric Davoine, Lauranne Guillod, Franck Missonier-Piera, Bao Chau Nguyen, Oliver Schröter, Marc Vincent Agathe Seppey, Lara Vehovar Simon Beuret Mila Božić Crausaz & Partenaires SA Jean-Marc Sylvestre Philippe Gugler Europ’Imprim Swiss 1 numéros (1 an) - Fr. 40.T: +41 79 295 24 66 unieco@gmx.ch

Créée en juin 2012 par Milo Bozic et Matthieu Seydoux (respectivement étudiants en management et en droit), l’association Uniéco a pour but de promouvoir l’information économique à travers un magazine trimestriel du même nom. Uniéco est distribué gratuitement sur le campus de l’Université de Fribourg et à la Haute école de gestion de Fribourg. (tirage: 2000 exemplaires)


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