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Russie

Dans les tsarting-blocks Une deuxième vague d’investisseurs russes déferle sur le marché européen. La place financière avance ses pions  pour bénéficier de cette manne capitalistique, mais aussi pour vendre ses fonds sur un marché résolument protégé. Pierre Sorlut (texte), Julien Becker (photos)

En 2009, le Luxembourg devient le premier investisseur direct en Russie. La statistique laisse perplexe quand on sait la Fédération 6.600 fois plus grande que le Grand-Duché en superficie et 280 fois en population. En réalité, cette donnée, prenant en considération l’ensemble des transactions entre les deux pays, atteint une telle ampleur, du fait des flux entre les structures luxembourgeoises de type société de participations financières (soparfi) et les sociétés cibles basées dans la mère patrie. Mais pour Patrick Goebel, counsel du cabinet d’avocats Allen & Overy, les échanges financiers entre la Russie et l’Union européenne ne font que commencer et vont abonder ces prochaines années. «C’est pourquoi il faut être au rendez-vous.» Servir la clientèle russe via le Luxembourg constitue le premier volet d’une relation conçue comme réciproque. Patrick Goebel, confirme que «les entreprises russes utilisent depuis longtemps les sociétés de droit luxembourgeois pour structurer des transactions sur le plan international». Les clients privilégient la création de sociétés d’investissement en capital à risque (sicar) ou de fonds d’investissement spécialisés (FIS), pour loger, respectivement, des actifs en capital-investissement et en immobilier. Une «demande sophistiquée» donc, comme le souligne François Drazdik, de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi). La place financière entend donc ne pas rater le train et prend acte des nouvelles conditions du

marché et notamment de la pression exercée sur le secret bancaire. Plus question de miser sur la clientèle européenne, mais sur celle des pays BRIC. «Et devant notre porte se tient la Russie», remarque judicieusement M. Goebel. On the road again

L’étendard du gateway to Europe est brandi avec un espoir sincère. Se basant sur les avantages que présente le Grand-Duché en termes de stabilité économique, de souplesse juridique et de (quasi) neutralité fiscale, Marcin Szymarek, director operations chez East-West United Bank à Luxembourg (voir encadré), croit en la crédibilité de la Place en tant que «porte d’accès des investissements russes», à une condition: «que les investisseurs connaissent le Luxembourg». A cette fin, en 2010, la caravane du business luxembourgeois a multiplié les allers-retours entre le boulevard Royal, la perspective Nevski et la place Rouge. Lors de la signature d’un protocole de coopération en avril 2010, Fernand Grulms, CEO de Luxembourg for Finance soulignait alors cet «énorme potentiel de développement entre Luxembourg et Moscou». Un autre roadshow, en mars prochain, accompagnerait la signature de la convention de non-double imposition renégociée entre les autorités des deux Etats et dont on espère, chez Allen & Overy, qu’elle «placera le Luxembourg dans une position similaire à celle des Pays-Bas et de Chypre dans leurs conventions respectives avec la Russie».

Pour l’heure, Marcin Szymarek sert «les clients fortunés et les mass affluent customers en quête de diversification et de sécurité sur les marchés européens. Cela demande du temps de se faire connaître, mais la machine est en marche et bon nombre de sociétés s’établissent au Luxembourg». D’autres sociétés russes se greffent sur le filon découvert par la banque pionnière. En novembre 2010, Renaissance Capital, première banque d’investissement russe, obtenait l’agrément de la CSSF pour ouvrir sa branche de gestion d’actifs au Grand-Duché. De même, la partie bancaire du groupe gazier contrôlé par l’Etat russe, Gazprombank est, elle, présente au Grand-Duché depuis 2007. Selon son executive vice president, Anatoly Miliukov, également directeur de GPB Asset management, le choix de Luxembourg pour la gestion de fonds a paru comme une évidence. «Les filiales de GPB, troisième banque russe, sont installées dans les pays les plus pertinents en fonction de leurs activités.» Quels sont donc les objectifs de la filiale luxembourgeoise? «En plus d’offrir aux clients russes la possibilité d’investir internationalement, la stratégie consiste à développer une gestion d’actifs pour attirer les investisseurs internationaux sur les marchés de capitaux russes.» Tel est le deuxième volet d’intérêt pour la Place. Patrick Goebel analyse: «Dans le contexte actuel, l’Occident nécessite, plus que par le passé, de capitaux en provenance des pays émergents. Parallèlement, une partie des capitaux occidentaux veulent participer au développement de ces économies qui

paperjam  | Février 2011 | économie & finance

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