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Un million de tonnes de marchandises­transitent par les hangars du Cargo Centre annuellement. Agrandir cet espace de stockage fait partie des objectifs des parties prenantes.

Indice de performance logistique

Dans la deuxième édition de son rapport «Connecting to compete», la Banque mondiale a classé 155 pays en fonction de leur indice de performance logistique. Selon ses auteurs, «depuis quelques années, améliorer l’indice de performance logistique est devenu un objectif politique de première importance. La logistique influence l’activité économique dans son ensemble (…), dans le contexte actuel, et stimule la reprise». L’initiative gouvernementale n’a donc pas tardé à porter ses fruits. Entre 2007 et 2010 donc, le Luxembourg est passé de la 23e position du classement à la 5e. Au ministère de l’Economie, on se félicite. Daniel Liebermann complète le satisfecit: «En plus, l’indicateur mesure la capacité à traiter de manière efficiente, l’import et l’export des biens, pas seulement les infrastructures.» Analyse critère par critère: Douanes: Efficacité du dédouanement (vitesse, simplicité et prédictibilité des formalités) par les agences de contrôle aux frontières, douanes y incluses. Infrastructures: Qualité des infrastructures liées au commerce et au transport (ports, voies ferrées, routes et technologies de l’information). Chargements internationaux: Facilité pour assurer les chargements à un prix compétitif. Compétences logistiques: Compétence et qualité des services logistiques (opéra­teurs de transport, transitaires). Suivi et traçage: Capacité à suivre et tracer les livraisons. Rapidité de prise en charge: Aptitude à effectuer les livraisons à destination et à temps. P. S.

Photo: Andrés Lejona

Un bond spectaculaire

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 { irrégulier et son président, Pierre Gramegna, a

manifestement déjà un emploi du temps trop chargé. A l’inverse, comme le souligne Fraenz Benoy, administrateur délégué de CFL Multimodal, le Cluster maritime, dont il est également membre du conseil d’administration, bénéficie d’un nombre de membres significatif et représentatif de toute la branche logistique: «Notre délégation au port de Zeebrugge, en novembre, a facilement réuni une cinquantaine de participants du cluster.» Jeannot Krecké n’ignore pas cette disparité. «Nous avons plusieurs clusters, il y en a qui fonctionnent très bien, d’autres essaient encore de trouver leur voie.» Une réunion fin janvier devait permettre de redéfinir les objectifs. Cette anicroche ne doit cependant pas jeter l’anathème sur la logistique au Grand-Duché. Bien au contraire. L’indice de performance logistique, calculé par la Banque mondiale, donne raison aux initiatives gouvernementales puisqu’entre 2007 et 2010, le Luxembourg a progressé de la 23e à la 5e place sur 155 pays considérés. Ce classement offre ainsi une visibilité et une crédibilité à la logistique luxembourgeoise lorsque ses ambassadeurs se présentent face aux prospects lors d’événements commerciaux, comme lors de l’Exposition universelle de Shanghai. Le Luxembourg doit néanmoins se battre pour rester à cette position dans cet index. Des mesures très concrètes permettraient un gain de temps. C’est le cas de l’implémentation de

procédures «paperless» et la numérisation du commerce. Le projet eFreight de l’agence internationale de l’aviation (IATA), a pour but de supprimer la «paperasse incroyable», stigmatisée par David Arendt dans le fret aérien. Adapter la stratégie

Ensuite, de nouveaux leviers stratégiques doivent être identifiés. Gabriel Catania (GC Partners) abonde dans ce sens. «Il faut une stratégie bien précise pour allouer les terrains (en nombre limité autour des eurohubs, ndlr.) à une activité de valeur ajoutée en analysant toute la supply chain. La rapidité de réaction peut être bien plus importante que le coût du terrain au niveau global.» La stratégie de niches, telle que pratiquée par LuxairCargo avec le biomédical ou les animaux (voir interview page 88), paraît pertinente à ce titre. D’autres privilégient des modèles de développement logistique hybrides en promouvant une coopération entre le Luxembourg et la Belgique. M. Catania propose une solution d’entreposage à la frontière belge où il coûte «2 à 3 fois moins cher» et un headquartering au Grand-Duché pour profiter des avantages fiscaux. Exxon Mobil ou Amazon ont d’ailleurs adopté ce principe en y installant leur centre de facturation et la logistique. Une vraie fausse rencontre impromptue entre le ministre wallon de l’Economie, JeanClaude Marcourt, et Jeannot Krecké dans les } 102

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paperJam Economie et finances - février 2011  

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