Page 1

été 2016

Le magazine SIG du développement durable

ÉCO-RESPONSABLE HUG/EPI, un partenariat gagnant

COULISSES L’abaissement partiel du Rhône

PAROLE DE CLIENT Un horticulteur engagé

Votre confiance mérite des solutions durables

Le tri malin

de trois jeunes

Carougeois


ÉDITO

Un abaissement qui fera date Christian Brunier Directeur général SIG

L’abaissement du Rhône est nécessaire à la sécurité des Genevoises et des Genevois, principalement pour éviter les inondations en cas de crues de l’Arve. Mais la pratique d’auparavant avait des conséquences environnementales importantes sur la faune. C’est dans le but de minimiser ces dernières, que l’abaissement de 2016 a fait l’objet d’un protocole adapté.

S’il est trop tôt pour connaître le volume de sédiments évacués, nous pouvons d’ores et déjà souligner que les matières en suspension dans l’eau n’ont jamais dépassé les normes fixées. La faune piscicole a ainsi moins souffert que lors des abaissements précédents et ce, tant dans les lagunes que dans le fil du Rhône.

Toute l’opération a nécessité une préparation minutieuse et l’engagement de nombreux intervenants. Il convient de souligner la coordination étroite avec nos amis français situés en aval du fleuve, mais également avec les autorités suisses et les associations environnementales.

C’est uniquement dans cette volonté d’exemplarité et dans un large esprit de concertation, que nous envisageons les abaissements du Rhône dans le futur.

Sommaire 3

17

EN BREF

VIVRE

Nouvelles du développement durable et actualités SIG

Rencontre Le tri malin de trois jeunes Carougeois Saveurs Gastronomie au bord de l’Allondon

6

10

Innovation Ramasser et valoriser les algues de nos ports

Coulisses L’abaissement partiel du Rhône

IDÉES DURABLES

Eco-responsable HUG/EPI, un partenariat gagnant

SIG ET VOUS

Nature La musaraigne aquatique, animal de l’année 2016 Agenda

Partenaires SIG soutient les initiatives locales Parole de client Jacques-Olivier Elmer, horticulteur engagé

Impressum VIVE LA VIE Le magazine SIG du développement durable Numéro été 2016 TIRAGE 200 000 exemplaires Vive la vie paraît trois fois par an

2

Vive la vie I été 2016

ÉDITEUR SIG – Communication Case postale 2777 1211 Genève 2 0844 800 808 – www.sig-ge.ch

RÉALISATION Inédit SA Avenue de Rumine 37 1005 Lausanne 021 695 95 95 www.inedit.ch

IMPRESSION Papier Refutura, 100% recyclé Moléson Impressions PHOTO DE COUVERTURE Vanina Moreillon (l’équipe de TriMalin: Flavio Rocha, Valérie Hächler et Benjamin Lopes)

ERRATUM Dans le dernier numéro de Vive la Vie, l’article intitulé «Des mets italiens sans gluten à Genève» (page 19) a été rédigé par Alba Queijo et non Leïla Hussein. Toutes nos excuses pour cette erreur.


L’étonnante diversité végétale des murs genevois

PETER CHARAF KOROR

Transformer le plastique en électricité La Fondation Race for Water œuvre pour stopper la pollution plastique des mers et des océans. Plusieurs projets pilotes vont être menés, notamment sur l’île de Pâques, afin de collecter ces déchets avant qu’ils n’atteignent les voies d’eau. Il s’agira ensuite de les utiliser pour produire de l’électricité grâce à l’hydrolyse à haute température, un procédé qui permet de transformer les déchets en gaz, converti à son tour en électricité grâce à une turbine. L’électricité sera fournie à la population locale et les bénéfices réinvestis dans une coopérative, notamment pour rémunérer les personnes ayant participé à la collecte.

Les Conservatoire et Jardin botaniques de la Ville de Genève (CJBG) ont inventorié les espèces végétales des murs de la Cité de Calvin. Huit d’entre eux ont été classifiés en tant que «murs sanctuaires» pour leur richesse floristique particulière. Ces travaux ont donné naissance au fascicule «Murs Sanctuaires – A la découverte des murs de la Ville de Genève», téléchargeable gratuitement sur www.ville-ge.ch. Il peut aussi s’obtenir à la réception des CJBG et au Botanic Shop. CJBG, chemin de l’Impératrice 1 Chambésy-Genève Tél. 022 418 51 00

DR

www.raceforwater.org

100 000 C’est le nombre de signatures recueillies en faveur de l’initiative «Pour des aliments équitables». Le projet de loi exige une production alimentaire équitable et issue d’une agriculture respectueuse de l’environnement et des animaux et s’accompagne de l’interdiction de recourir à la culture d’organismes génétiquement modifiés. L’initiative a été largement acceptée par le Grand Conseil.

SIG innove dans la gestion des RH Avec son projet EquiLibre, SIG a remporté le 1er Prix de l’Excellence publique 2015 dans la catégorie «Innovation dans la gestion des ressources humaines». Certains collaborateurs SIG n’ont ainsi plus de bureaux attribués et bénéficient d’espaces de travail libres qu’ils choisissent en fonction de leurs besoins. Ils ont aussi la possibilité de travailler à distance et les équipements technologiques permettent d’économiser le papier tout en favorisant la mobilité.

été 2016 I Vive la vie

3


EN BREF

Une date, une invention

1879

DR

On attribue généralement l’invention de l’ampoule à incandescence à Thomas Edison, scientifique et industriel américain. Il a surtout amélioré les travaux du Britannique Joseph Swan. Le courant électrique passe dans un filament en tungstène qu’il porte à une température élevée par effet joule. Le filament devient alors incandescent et émet de la lumière ainsi que de la chaleur. Les ampoules à incandescence perfectionnées par Thomas Edison ont été largement utilisées lors des prémices du déploiement du réseau électrique new-yorkais. Peu efficientes, elles sont interdites à la vente en Suisse depuis 2012.

Infos à relever sur les releveurs SIG!

DR

Chargés de vérifier la consommation annuelle d’électricité, de gaz et d’eau, la vingtaine de releveurs d’index gèrent environ 30 000 compteurs par an. • La date du relevé de compteurs figure toujours sur la facture SIG, • L’avis du jour des relevés est affiché dans les immeubles, • Les releveurs sont identifiables par leurs vêtements marqués SIG et doivent montrer leur carte SIG sur demande du client.

Bilan prometteur pour «Bike to work 2016»

www.biketowork.ch

DR

50 000 personnes en Suisse se sont rendues tous les jours au travail à la force des mollets au cours des mois de mai et de juin dans le cadre de Bike to work, une initiative de Pro Vélo Suisse qui vise à promouvoir la mobilité verte et la santé. «Nous organisons cet événement depuis 2005, indique Mai Poffet, de Pro Vélo Suisse. A la suite de l’édition 2015, 50% des participants ont déclaré être plus décidés à utiliser leur vélo pour se rendre au travail.»

GeniLac

Le lac, source de chaleur et de froid Visionnez notre film spectaculaire sur la solution GeniLac, une innovation énergétique majeure et durable pour Genève. Cette solution thermique permet de chauffer ou refroidir certaines entreprises genevoises grâce à l’eau du Léman, une ressource énergétique 100 % renouvelable et locale. http://bit.ly/GeniLac

4

Vive la vie I été 2016


2016 t durable loppemen e v é effe d h c u d e n isse à la jeu is m Le Prix su re té é orteur eco.ch a atégorie «p c la du Forum s n a d isine Clopath, ath, qui cu Re b e c c a ecca Clop b e tt (LU), R a ». m ir lz o d’esp à Es c h o e h c tion ü -K egio e la Fonda à la Nova-R air trade d F e tant c n ri e d a e s a mba s marqué é d t s ’e s e st au s s i r. Elle articulière x Havelaa ttention p a e n u r suisse Ma a re» p é à la qualit inière natu que «cuis e n a n c e et v ro p la à . utilise portée its qu’elle des produ

DR

Cuisine ée m i r p e l b a dur

SIG et moi, une appli mobile gratuite pour se simplifier la vie Ma dernière facture est arrivée ? Je suis averti(e) directement sur mon smartphone. Où trouver mon historique de factures? Où en sont mes paiements? J’accède aux informations en un seul coup d’œil. Suivre l’évolution de mes consommations et de mes économies (nouvelle interface simplifiée), effectuer moi-même mes relevés pour être facturé(e) au réel*... Je retrouve tous mes services Activéco habitat. * Pour cela il faut que vous ayez accès à vos compteurs

DR

Pour télécharger l’application, tapez «SIG et moi» dans votre store (disponible sur iPhone et Android).

Des tables pour économiser de l’énergie Economiser de l’énergie grâce au mobilier? C’est le pari de l’ingénieur et architecte Raphaël Ménard et du designer industriel Jean-Sébastien Lagrange. Afin de réaliser la première table climatique, ils ont intégré des capsules de paraffine entre le plateau boisé de la table et la fine plaque ondulée d’aluminium collée en-dessous. Très bon conducteur de chaleur, l’aluminium optimise les échanges thermiques entre la pièce et

ces capsules. Le mobilier se comporte ainsi comme une sorte d’éponge thermique: il absorbe la chaleur de la pièce lorsque la température augmente pour la restituer ensuite lorsqu’elle baisse. Un régulateur thermique qui permettrait de se passer en partie de la climatisation et d’économiser près de 60% de chauffage. www.jslagrange.com

été 2016 I Vive la vie

5


IDÉES DURABLES

Innovation

Ramasser et valoriser les algues de nos ports A l’heure où chaque déchet est considéré et analysé en vue d’une éventuelle valorisation, une start-up romande a imaginé un robot aspirateur pour couper efficacement les algues proliférant en été. Avec plusieurs options de réexploitation de cette biomasse à la clé. Texte et photos: Sophie Kellenberger

D

iminuer le coût d’extraction des algues qui s’amassent dans les ports de nos régions? Voilà ce sur quoi travaillent les ingénieurs de la start-up romande Avalgo Sàrl. Baptisé Pléco, leur AspiRobot à tête manœuvrable permet de faucher, aspirer et compresser la biomasse lacustre. Et pour la recycler, son directeur André Corthay fourmille d’idées. Rencontre. Comment se débarrasse-t-on actuellement des plantes aquatiques qui encombrent les ports de nos lacs? Les gardes-ports font appel à des entreprises spécialisées utilisant des moissonneuses-batteuses flottantes, appelées faucardeuses, pour faucher les algues. Peu nombreuses, ces entreprises manquent souvent de disponibilités et le coût de leurs prestations est très élevé. D’autant qu’il faut notamment ajouter le prix du transport de ces algues, dont le poids atteint 600 kg par m3. Cette biomasse est-elle valorisée à l’heure actuelle? Elles sont envoyées vers des déchetteries où elles sont compostées. Elles peuvent également être épandues pour fertiliser les champs. Mais on pourrait faire quelque chose de mieux avec ces déchets algueux plutôt que simplement s’en débarrasser.

Bio express André Corthay, 62 ans Né à Genève, André Corthay a obtenu son diplôme d’ingénieur thermicien à la HES d’Yverdon-les-Bains. Après avoir dirigé l’association Energie-bois Suisse, il est devenu cofondateur et vice-président du tout premier Institut technique européen du Bois-Energie. Il a conduit durant trois ans une formation de création de centrales de chauffage au bois pour des ingénieurs belges. Il s’occupe aujourd’hui de divers

6

Vive la vie I été 2016

projets utilisant du combustible biomasse pour distribuer de la chaleur et de l’électricité. Récemment, il a développé, en tant que directeur technologique, une unité de traitement de la biomasse destinée à produire des pellets (Proxipel). Ce premier exemplaire, en cours de fabrication, sera commercialisé cet été. Il a été soutenu par le Fonds à l’innovation de SIG . Plus d’infos sur www.enerego.com


L’AspiRobot permettra-t-il aussi de gagner du temps? Une faucardeuse traditionnelle doit s’arrêter tous les 4 m3 pour décharger son contenu, ce qui n’est pas le cas de notre robot. Il fauche, aspire les algues et les envoie en continu vers une broyeuse où elles sont également essorées, ce qui permet de soustraire 90 % d’eau et d’en réduire ainsi le poids et le volume de façon substantielle. Ces algues peuvent alors être immédiatement emballées comme des bottes de foin. L’AspiRobot permettrait en outre d’évacuer 60 m3 d’algues par heure à l’aspiration, au lieu des 5 m3 par heure pour les faucardeuses actuelles – sans compter le temps nécessaire à l’évacuation, au broyage et au compactage. L’avantage pour les communes serait considérable: trois fois plus rapides, nous serions aussi plus précis et nous nous chargerions d’évacuer et de reprendre sans frais la matière première. Comment valoriser ensuite cette biomasse? Les algues peuvent être transformées en pellets ou en granulés. D’après les résultats de laboratoire, leur pouvoir calorifique est trois fois inférieur à celui du bois parce qu’elles contiennent du calcium et du potassium. Il faudrait donc les mélanger avec du ligneux, feuillus et résineux. Pour rester sur une revalorisation énergétique, on pourrait également envisager d’en tirer de l’alcool ou du gaz. Elles pourraient encore être revalorisées comme matière ignifuge d’isolation thermique et phonique. Mais on pourrait tout aussi bien en faire des parfums, car elles sentent bon, ou s’en servir en thalassothérapie. Après avoir été traitées et lavées, ces algues peuvent également être mangées sous forme de poudre, dans le yaourt par exemple, ou encore ajoutées à de la nourriture pour les animaux.

DR

Quels avantages votre AspiRobot présente-t-il par rapport aux faucardeuses traditionnellement utilisées? Les faucardeuses sont encombrantes et ne peuvent couper les algues que dans les travées principales des ports. Les bateaux amarrés font en effet obstacle et elles ne peuvent pas passer en dessous. Notre AspiRobot est au contraire un engin petit et souple permettant un nettoyage précis. L’opérateur peut déplacer la tête du robot dans tous les recoins du port grâce à une caméra ou à travers une vitre. L’objectif est aussi d’être respectueux de l’environnement et de ne pas couper les algues en période de fraie des poissons. De plus, pour ne pas perturber la faune, les algues ne devraient être coupées qu’à deux mètres sous la surface plutôt que d’être arrachées, quitte à passer plusieurs fois en cas de repousse rapide.

Le robot aspirateur (en haut) permet aussi de broyer les algues. Débarrassées de leur eau, elles peuvent notamment être transformées en pellets, utilisées en thalassothérapie ou mangées.

Votre innovation a encore besoin de soutiens financiers. Où en êtes-vous? Les études sont payées et l’AspiRobot devrait être construit par une entreprise d’Yvonand (VD). L’Association pour le développement du Nord vaudois et le SPECO (Service de la promotion économique et commerciale du canton de Vaud) soutiennent notre projet. Il manque encore 150 000 francs. Les communes ont malheureusement peu de moyens à investir dans une nouvelle solution, même si les faucardeuses traditionnelles sont peu satisfaisantes. Je compte maintenant sur la plateforme de financement participatif «we make it» (www.wemakeit.com) pour obtenir le solde nécessaire à sa fabrication.

été 2016 I Vive la vie

7


IDÉES DURABLES

Eco-responsable

Lumineuse association Les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et SIG ont signé un contrat pour remplacer plus de 3000 luminaires dans les bâtiments hospitaliers. Les Etablissements publics pour l’intégration (EPI) sont chargés de l’évacuation et du recyclage des anciennes ampoules. Un partenariat gagnant. Texte: Michaël Perruchoud Photos: Vanina Moreillon

E

ric Daghé apprécie la notion de partenariat. Responsable des projets électriques au sein des HUG, il a participé en première ligne à la mise en œuvre du remplacement des luminaires des bâtiments hospitaliers. Un projet qui a pu être réalisé grâce à un retour sur investissement assez court. «La mission première des HUG est de soigner, souligne-t-il. Nous travaillons d’abord au confort et à la qualité des soins de nos patients. Nous n’allons pas nous lancer dans des investissements inconsidérés ou incontrôlés dans un domaine qui n’est pas directement le nôtre.» VERS UNE SOCIÉTÉ À 2000 WATTS Dès lors, comme pour toutes les entreprises, cette question du retour sur investissement est cruciale. Même si d’autres considérations entrent en jeu. «Les HUG sont sensibilisés à la problématique des économies d’énergie et des énergies propres. La vision d’une société à 2000 watts est bien présente dans nos réflexions. De plus, même si c’est plus difficile à mesurer, ce type d’actions a également un impact positif en termes d’image.» Le changement de luminaires a-t-il été bien accueilli? «Pour l’heure, nous n’avons pas constaté de réactions particulières venant des patients ou des visiteurs. Mais certains collaborateurs nous ont fait part de réticences, ce qui est naturel. On s’habitue à une lumière, elle fait partie de notre cadre de travail. Les changements ont pu être perturbants les premiers temps, mais nous avons constaté qu’ils ont été rapidement intégrés.»

8

Vive la vie I été 2016

L’IMPORTANCE DES LUMIÈRES Le choix des nouvelles ampoules a ainsi été crucial. Si les performances énergétiques de la technologie LED sont très largement reconnues, certains craignent l’intensité de la luminosité. «Nous n’avons sélectionné que des produits à source LED conforme classe 0, c’est-à-dire une lumière que l’on peut fixer sans cligner des yeux.» La couleur «blanc neutre» a également été privilégiée. La réflexion n’avait rien de superflu. Dans le monde hospitalier, les lumières comme l’approvisionnement électrique font partie de la sécurité due au patient. «Les luminaires que nous remplaçons sont d’ailleurs situés dans des lieux

Le Contrat de performance énergétique (CPE), une incitation aux investissements Sans le CPE, les HUG ne seraient peut-être pas entrés en matière: Eric Daghé est très clair sur l’importance du contrat signé avec SIG sur le renouvellement des luminaires. Avec le CPE, une entreprise désireuse de s’engager dans la voie des économies d’énergie peut le faire sans que la somme à investir soit trop importante. En effet, SIG «avance» une partie de l’enveloppe nécessaire aux travaux et se rembourse sur le différentiel de consommation électrique. Cette manière de procéder ingénieuse a déjà séduit nombre d’entreprises souhaitant réduire leur consommation d’énergie, mais hésitantes au vu des sommes à engager. Le CPE a récemment gagné le Prix Cleantech pour l’innovation. Les projets mis en œuvre par ce biais sont financés par le plan d’action Ambition Négawatt du programme éco21 de SIG.


AVANT: des tubes néons peu efficients sur le plan énergétique.

APRÈS: des LED moins énergivores et plus confortables pour les yeux.

de passage, des couloirs, des souterrains c’està-dire des lieux où les lumières sont allumées quasiment en permanence, et où les remplacements peuvent être effectués sans déranger patients et personnel soignant.» LE RÔLE DES EPI Frédéric Métral est chef de secteur aux EPI. Il s’occupe des questions logistiques et de recyclage. Les EPI offrent des places de travail ou de vie à des personnes en situation de handicap ou en difficulté d’insertion. Ce sont les employés de ses ateliers qui s’occupent du transport et du démontage, en vue du recyclage des anciens luminaires. Pour ce faire, une nouvelle filière de récolte aux HUG, sur le chantier et au stockage, a dû être créée. Lors de notre visite à l’atelier, les luminaires sont démontés pièce par pièce, pour finir dans des caisses de récupération, avec une précision et une abnégation déconcertante. Chacun, ici, travaille à son rythme selon ses possibilités. Néanmoins,

la performance n’est pas absente de la réflexion, loin de là. Les EPI se doivent aussi de développer des activités rémunératrices. Les relations avec les clients externes sont également très bénéfiques pour des personnes handicapées. «Nous entretenons d’étroits rapports tant avec SIG qu’avec les HUG, le travail a pu être planifié en amont et réalisé à la satisfaction de tous.»

Les anciens néons sont évacués et recyclés par le personnel des Etablissements publics pour l’intégration.

BEL EXEMPLE DE DÉVELOPPEMENT DURABLE A la logique environnementale qui préside au remplacement des sources lumineuses et à la dimension économique représentée par le CPE, s’ajoute donc le versant social et d’intégration. Lorsque les quelque 3000 luminaires concernés auront été remplacés, et si les économies sont probantes, il est probable que l’opération se poursuive dans les souterrains de l’hôpital. «Sur l’ensemble des sites des HUG, on compte quelque 70 000 luminaires», relève Eric Daghé. Encore du travail en perspective!

été 2016 I Vive la vie

9


SIG ET VOUS

Coulisses

Le Rhône à marée basse Du 21 mai au 1er juin derniers, le Rhône a connu une opération d’abaissement sans précédent. Une méthode douce censée permettre l’évacuation des sédiments vers l’aval, tout en préservant la faune piscicole. Texte: Michaël Perruchoud Photos: Guillaume Mégevand et SIG

10

Vive la vie I été 2016


«L’abaissement partiel et contrôlé marie au mieux les impératifs de sécurité et de préservation de la faune» Le service de la pêche du Département de l’environnement, des transports et de l’agriculture effectue des pêches de sauvetage.

L’

Arve est une rivière capricieuse. Du pont de la Jonction, on peut observer ses courants agités et sa couleur brunâtre lorsqu’elle vient se jeter dans le Rhône. Cette couleur, ce sont les tonnes de sédiments charriés par l’Arve et qui viennent se déposer au fond du Rhône, de la Jonction à la retenue de Verbois. Ces sédiments, il est nécessaire de les évacuer pour éviter que les Genevois ne se retrouvent les pieds dans l’eau à la première crue. Depuis la construction du barrage de Verbois, le Rhône a été abaissé (on disait vidangé) trois fois par décennie environ. L’opération, nécessaire pour la sécurité, n’était pas sans conséquences pour l’environnement. SIG et ses partenaires travaillent depuis des années à une solution qui permet de réduire l’impact sur la faune. En septembre 2015, la Préfecture de l’Ain et la République et Canton de Genève ont signé ainsi un accord visant à «assurer la sécurité des riverains du Rhône, en tenant compte des intérêts socio-économiques et en minimisant les impacts sur l’environnement». Cet accord a ouvert la voie à cette nouvelle méthode de gestion des sédiments de l’Arve. Nous avons rencontré Seydina Diouf, chef de projet de l’opération de ce printemps. Une opération de cette envergure nécessite une préparation minutieuse... Un abaissement du Rhône est une opération complexe qui doit être bien préparée et parfaitement coordonnée. La Compagnie nationale du Rhône, qui gère le fleuve en aval de la frontière, est un partenaire essentiel, l’objectif étant de faire transiter les sédiments jusqu’aux environs de Lyon. L’opération nécessite bien entendu l’accord des autorités genevoises, suisses et françaises,

Seydina Diouf, chef de projet de l’opération à SIG.

lesquelles se sont basées sur des rapports d’impact particulièrement détaillés. Les parties prenantes (industriels pompant l’eau du Rhône, associations environnementales et de pêche, entre autres) ont également été consultées. Comment en êtes-vous arrivé à cette solution d’abaissement partiel du Rhône? Il n’y a pas de solution idéale. Après la dernière vidange complète de 2012, où des concentrations de sédiments dans l’eau très dommageables pour les poissons avaient été atteints, nous avons analysé les différents scenarii possibles. Dont l’abandon pur et simple des abaissements? Oui. Il faut rappeler que SIG n’a aucun intérêt direct à effectuer ces opérations; la production des centrales hydrauliques n’est pas affectée en cas d’accumulation sédimentaire importante. Le scénario que vous évoquez augmenterait cependant le risque d’inondation en ville de Genève. Nous avons vécu en 2015 une crue exceptionnelle de l’Arve qui n’a pas eu d’incidence majeure… On peut penser que les conséquences auraient été bien différentes si des évacuations fréquentes de sédiments n’avaient pas eu lieu. Un tel scénario nécessiterait donc préalablement de mettre en œuvre des mesures de protection en ville de Genève. Si des solutions assez simples existent pour éviter des débordements de cours d’eau (endiguements), la faisabilité technique pour maîtriser l’exhaussement des nappes phréatiques ou assurer le fonctionnement du réseau d’assainissement n’est pas garantie. Ce scénario n’a donc pas été retenu. été 2016 I Vive la vie

11


SIG ET VOUS

1,8 million de m3

de sédiments accumulé en quatre ans.

Les nichoirs à sternes, aux Cheneviers.

Finalement, pourquoi avoir retenu l’abaissement partiel et contrôlé? Parce qu’il s’agit de la solution mariant au mieux les impératifs de sécurité et de préservation de la faune. Nous visons un équilibre entre les contraintes socio-économiques, environnementales, et les aspects de sécurité. Et avec cette variante, nous pensons nous en approcher autant que possible. Quelles sont les principales différences avec les «vidanges» classiques? L’abaissement de la retenue de Verbois s’effectue d’une manière plus lente que par le passé. Il est en outre soumis à des règles strictes. Précédemment, on effectuait l’opération d’abaissement, et nous en gérions au mieux les conséquences. L’objectif est à présent de réaliser l’abaissement en contrôlant la concentration de matières en suspension dans l’eau, afin de préserver la faune piscicole. L’abaissement est ainsi rythmé par les contraintes de qualité de l’eau que nous nous sommes fixées. Comment dès lors est piloté l’abaissement? Des prélèvements d’eau du Rhône ont été effectués sur trois sites, toutes les trente minutes, de jour comme de nuit, puis analysés dans les laboratoires mobiles, installés spécialement pour l’occasion. Et l’abaissement peut être freiné ou mis en pause si nous approchons de la valeur limite de taux de matières en suspension. En procédant comme cela, la durée de l’opération est logiquement plus longue que par le passé.

12

Vive la vie I été 2016

Suivi télémétrique des poissons marqués.

Les pompiers de SIG posent des tuyaux pour les apports en eau fraîche dans la lagune. Arnaud Ziegenhagen (médaillon), technicien à SIG au laboratoire d’analyses des eaux usées, analyse un prélèvement d’eau.


Barrage

Questions à… Barrage

Barrage

Pourquoi abaisser le niveau du Rhône?

CAROLE NAWRATIL DE BONO Responsable de projets chez SIG

Abaissement du niveau du Rhône et transfert des sédiments. Une partie du limon et autres sédiments accumulés dans le lit du fleuve transite ainsi vers l’aval.

Le niveau des sédiments et de l’eau revient à la normale, permettant d’assurer la sécurité des riverains.

Quelle fut l’ambiance autour du fleuve entre les différents intervenants? La coordination s’est très bien passée. Lorsqu’il s’agit d’effectuer des pêches préventives, des pêcheurs bénévoles sont là en nombre. Le Rhône et son milieu nous tiennent tous à cœur. Nous avons des rôles, des fonctions différentes, et des avis divergents sur la nécessité de telles opérations, mais devant les urgences, telles les pêches de sauvetage des deux étangs de la retenue de Chancy, tous les acteurs sont présents. Comment pouvez-vous évaluer les impacts sur la faune piscicole? Nous avons marqué une centaine de poissons avec des émetteurs afin de les suivre dans leurs déplacements quotidiens. Des regroupements de poissons étaient localisables dans les zones à l’aval des barrages, ce qui signifie qu’ils ont pu se maintenir dans le fleuve sans être «rejetés» loin en aval. Ce qui est un bon signe, car cela montre que l’eau du Rhône était encore «vivable». Quelques poissons ont été surpris par la baisse des eaux, et se sont retrouvés coupés du fleuve. Mais il s’agit de cas de mortalité individuels. Le sentiment général est que ce mode de gestion est plus respectueux du fleuve que les vidanges complètes. Bien entendu, il reste la question des alevins qui n’ont pas tous la force de rester dans leur zone de grossissement et qui sont, eux,

transférés en aval. Une femelle castor s’est retrouvée piégée dans des branchages et malheureusement, elle est morte peu de temps après avoir été sortie de l’eau. Mais les castors suivis quotidiennement durant la durée des opérations n’ont pas montré de comportement inhabituel. Pourquoi cette attention particulière sur les lagunes? Les lagunes sont des zones refuges pour la faune le long de la retenue de Verbois. Elles restent en eau durant les opérations ce qui permet aux oiseaux aquatiques de s’y maintenir. Des familles de cygnes, de foulques et même des aigrettes – un oiseau migrateur blanc – y étaient observées. De nombreuses traces de castors étaient visibles, témoignant de leur présence tout au long de l’abaissement. Ces lagunes abritent également des poissons, ce qui nous impose de suivre l’évolution de la température de l’eau afin d’intervenir si nécessaire. Nos équipes étaient prêtes à consolider les seuils naturels pour éviter que l’eau ne s’en échappe et des tuyaux à incendie étaient en place pour ajouter de l’eau froide si nécessaire.

Barrage

Barrage

Que peut-on dire sur le bilan environnemental de l’abaissement? Nous devons être prudents. Les impacts environnementaux d’une telle opération ne peuvent être mesurés sur l’instant. On peut simplement souligner que le scénario a ressemblé à ce que nous avions prévu et que les premiers résultats sont plutôt encourageants.

Barrage

Barrage Barrage Barrage Barrage

Les sédiments s’accumulent avec le temps. En cas de crue, le niveau de l’eau monte, ce qui augmente le risque d’innondations.

Barrage

Barrage Barrage

Barrage

Niveau normal.

On peut souligner le nombre de mesures prises pour préserver la faune. Nous avons essayé de nous montrer exemplaires, tant dans la préparation de ce nouveau mode opératoire que sa gestion au quotidien. En plus des actions en faveur des poissons, nous avons cette année fait une tentative de nourrissage des sternes pierregarins nichant sur les radeaux devant les Cheneviers et avons distribué des pommes aux castors dans leurs zones d’habitat, car ils en raffolent!

été 2016 I Vive la vie

13


SIG ET VOUS

Partenaires

SIG soutient les initiatives locales

DR

SIG s’implique tout au long de l’année dans la vie de la cité et de la région. Soutenir les initiatives locales est une manière d’exprimer son rôle et sa mission de service public, de montrer sa proximité avec les Genevois au-delà de ses prestations habituelles. Plus d’infos sur www.sig-ge.ch/nous-connaitre/ nos-engagements/soutiens/sponsoring

SIG et Harmony Genève Marathon for Unicef, un partenariat durable Depuis 2012, SIG est fière de soutenir le Marathon de Genève avec lequel elle partage des valeurs communes autour du sport, de la santé et du développement durable. A cette occasion, SIG poursuit sa campagne de sensibilisation pour valoriser l’eau du robinet auprès des sportifs et du public. Pour la cinquième année consécutive, les équipes Eau potable de SIG ont ainsi relevé le défi de fournir l’eau du réseau aux 16 000 coureurs sur l’ensemble des courses organisées tout le week-end. Unique en Suisse, cette initiative permet d’éviter le transport et la gestion des déchets de milliers de bouteilles en PET. Le Harmony Genève Marathon a également choisi Electricité Vitale Vert, 100% écologique et 100% locale, pour alimenter toutes ses installations électriques. www.harmonygenevemarathon.com

14

Vive la vie I été 2016


PETER GALLINELLI

L’habitat de demain se prépare dans le Grand-Nord Soutenu par SIG, le «passive igloo» est un module expérimental d’habitation autosuffisant faisant partie d’un voilier d’exploration polaire. Pour Peter Gallinelli, initiateur du projet, «il paraissait logique que le principal fournisseur d’énergie de Genève s’intéresse à un projet qui explore les énergies du futur». L’habitacle du voilier baptisé Nanuq est si bien isolé qu’aucun système de chauffage n’est nécessaire, la chaleur dégagée par les occupants suffisant à assurer une température agréable.

On y prépare aussi l’autonomie de l’habitat de demain, grâce à trois vecteurs énergétiques (solaire, éolien, chaleur d’environnement) associés à un stockage de dimension modeste et une gestion énergétique optimisée. Six personnes traversent ainsi un hiver arctique en autarcie et sans aucun recours à une énergie non renouvelable. igloo.sailworks.net

Marcher pour l’enfance La Marche de l’espoir de Terre des hommes fête ses 25 ans. Le principe est simple: chaque marcheur trouve à l’avance des parrains et marraines qui s’engagent à récompenser par un don en espèces chaque kilomètre parcouru. 5000 participants sont attendus. Ils s’élanceront sur le quai du Mont-Blanc le dimanche 16 octobre pour soutenir cette année les enfants défavorisés de Colombie. Un centre adapté – géré par Cecucol, le partenaire de Terre des hommes – leur offre des activités éducatives et créatives comme la danse, le bricolage, la musique ou encore la cuisine. Partenaire de l’événement, SIG désaltère les marcheurs avec sa fontaine Eau de Genève. Un stand SIG accueille également les marcheurs au kilomètre bonus. Enfin, la manifestation a choisi Electricité Vitale Vert.

SIG a rugi avec les Lions de Genève Le Green Game de SIG a eu lieu lors du premier match des play-off de l’équipe genevoise de basket, le 16 avril dernier. L’occasion pour les Lions et SIG de partager des valeurs communes telles que l’esprit d’équipe, l’ancrage genevois, mais aussi le développement durable. Car c’est une première, l’Eau de Genève devient la boisson officielle du club; les joueurs ne se séparent plus de leur gourde estampillée! Se réjouissant de compter SIG comme sponsor, Imad Fattal, le président des Lions évoque l’entreprise «comme étant essentielle au bien-être quotidien des Genevois, leur fournissant l’eau, le gaz, l’électricité et la chaleur, tout en favorisant les énergies renouvelables, locales et non polluantes». Les Lions sont sortis vainqueurs face au BC Boncourt, tandis que les barbes à papa vertes comme les t-shirts offerts aux spectateurs s’accordaient avec les maillots portés par les joueurs à l’occasion de ce match haut en couleur.

www.marchedelespoir.ch

DR

www.lionsdegeneve.ch

été 2016 I Vive la vie

15


SIG ET VOUS

Parole de client

Jacques-Olivier Elmer, horticulteur engagé L’entreprise familiale Elmer Production Horticole cultive des fleurs en terre genevoise depuis près d’un siècle. Locales, ses plantations se veulent particulièrement écologiques.

que celles proposées par les producteurs hollandais, précise Jacques-Olivier Elmer, qui dirige l’entreprise familiale. Nous chauffons nos serres au bois et nous sommes alimentés en électricité 100% hydraulique depuis cette année.» PRÉSERVER L’ENVIRONNEMENT Ces efforts environnementaux permettent à la société genevoise de se démarquer de la forte concurrence qui règne dans le secteur. Car l’horticulture, encore plus que l’agriculture, souffre d’un manque de protection et d’encadrement qui permet aux revendeurs d’importer n’importe quelle variété de plantes à tout moment de l’année. «Et les producteurs majeurs, établis principalement en Hollande, chauffent leurs serres au gaz. A cela s’ajoutent les transports par camion pour acheminer leur marchandise partout en Europe. Comme l’orchidée constitue déjà une culture déraisonnable, vu qu’elle nécessite beaucoup d’énergie, nous tenons à la cultiver le mieux possible, afin de préserver l’environnement.»

Texte: Thomas Pfefferlé

E

n Europe, le marché horticole est très majoritairement maîtrisé par la Hollande, qui fournit notamment 95% des orchidées au Vieux-Continent. Si cette fleur figure parmi les plus demandées des consommateurs européens, elle n’en demeure pas moins une plante aux origines tropicales. Sa culture sous nos latitudes demande donc beaucoup d’énergie. A l’achat d’une orchidée, opter pour une variété cultivée localement et de manière écologique permet de réduire significativement son impact environnemental. «En termes d’émissions carbone, nos fleurs sont 24 fois plus écologiques

UN LABEL COMME UNE PLUS-VALUE Avec 800 000 plantes en pots produites chaque année, dont 100 000 orchidées, Elmer Production Horticole s’implique activement en faveur du développement durable. Outre son passage à l’Electricité Vitale Bleu cette année – soit un courant d’origine hydraulique uniquement – l’entreprise n’utilise aucun pesticide pour la culture de ses orchidées. La fleur, peu gourmande en nutriments, ne demande par ailleurs que très peu d’engrais. «Et, quand nous en avons suffisamment, nous utilisons de l’eau de pluie pour l’arrosage.» Les plantes proposées par la société Elmer sont toutes certifiées par le label Genève Région – Terre Avenir (GRTA), qui garantit la dimension locale des produits. «Nous souhaiterions aussi bénéficier d’un label plus précis et quantitatif, évoque le directeur. Ce qui permettrait d’informer davantage les consommateurs sur la plusvalue écologique de nos produits.»

Jaques-Olivier et Chloé Elmer.

DR

16

Vive la vie I été 2016

Elmer Production Horticole 50, chemin du Chambet 1252 Meinier


VIVRE

Flavio Rocha, 26 ans, Valérie Hächler, 24 ans, et Benjamin Lopes, 24 ans, fondateurs de TriMalin.

A

VANINA MOREILLON

ssise à une terrasse à Carouge, Valérie Hächler se lance dans un discours-fleuve sur le recyclage. Des réflexions pleines de bon sens qui sont peu à peu mises en pratique au quotidien par les Genevois. C’est pour faciliter le geste citoyen du tri que TriMalin propose un service d’aide au recyclage. Avec Flavio Rocha et Benjamin Lopes, le jeune trio a eu cette idée, alors qu’il voyait s’amasser sur son balcon des quantités de déchets qu’il n’imaginait pas jeter sans possibilité de les recycler.

Rencontre

Le tri malin de trois jeunes Carougeois Il y a près d’un an, un trio de jeunes entrepreneurs a lancé une entreprise de ramassage des déchets recyclables à domicile. Baptisée TriMalin, elle fait désormais la tournée de quelque 50 foyers tous les jeudis matin. Texte: Kate Berger

TRIER, C’EST TENDANCE Le principe? Chaque semaine, un sac à tri est remis aux abonnés de l’entreprise qui n’ont qu’à le déposer le jeudi matin devant leur porte pour le ramassage. «Nos tarifs bas – 5 francs pour un sac par semaine – permettent aussi aux étudiants de s’offrir nos services. Certains nous ont assuré qu’ils s’étaient mis à recycler tous leurs déchets depuis que nous passons les chercher chez eux», remarque Valérie Hächler. Contrairement aux habitants d’autres cantons, les Genevois ne sont pas habitués à payer pour leurs déchets et chacun surfe entre sa propre conscience écologique et son devoir civique. L’offre de TriMalin leur simplifie la tâche et permet d’éviter de mettre à la poubelle des déchets recyclables. «Notre défi est de nous faire connaître. Actuellement, nous rencontrons souvent nos futurs clients dans les ascenseurs», relève Benjamin Lopes. UNE ENVIE DE DURER Les tournées sont physiques. Tous les jeudis, à tour de rôle, Flavio ou Benjamin parcourent 20 km avec leur récolte. Le triporteur contient parfois jusqu’à 70 kg de déchets. «Sur la montée de Champel, cela fait la différence, même avec un vélo électrique, sourit Benjamin. Mais je suis bien mieux dehors à pédaler qu’enfermé dans un bureau. Et puis, nous jouons aussi un rôle social. Les personnes âgées préfèrent nous donner leur sac en mains propres; c’est toujours une occasion de discuter quelques instants. Nous sommes parfois leur seule visite de la journée. Certains ne pourraient simplement pas apporter eux-mêmes leurs déchets dans les bennes de recyclage.» C’est Valérie, étudiante en biologie, qui s’occupe des questions administratives. Pour l’instant, ils ne font aucun bénéfice, chaque centime étant réinvesti dans l’entreprise. Ils se sont donné deux ans pour se verser un salaire. Pour assumer leurs tournées, ils ont investi 14 000 francs dans un triporteur. Ce vélo électrique est bientôt totalement payé, mais il va falloir rapidement investir dans une deuxième batterie. Le reste financera la publicité. Après Carouge, l’entreprise vise le quartier de la JonctionPlainpalais. «A nous trois, nous pourrions répondre à 500 clients avant de devoir engager des étudiants», anticipe Benjamin. Lui, qui, aujourd’hui, enchaîne les petits boulots, ajoute: «Si on arrivait ne serait-ce qu’à créer notre propre plein-emploi, nous serions les plus heureux du monde».

www.trimalin.ch

été 2016 I Vive la vie

17


VIVRE

Saveurs

Gastronomie au bord de l’Allondon Ouvert depuis quelques mois, le Restaurant Les Granges, à Dardagny, s’est déjà taillé une belle réputation. Pour profiter de la cuisine inventive du chef Erwan Le Cadet et de la charmante terrasse, mieux vaut réserver! Texte et photos: Clément Grandjean

Tartare de féra fumée sur lentilles aux herbes fraîches

(pour 4 personnes)

en y incluant un restaurant à but non lucratif. Et quel restaurant! A l’ombre des platanes ou dans la salle élégamment rénovée, on déguste les suggestions du chef cuisinier Erwan Le Cadet.

Bio express Erwan Le Cadet, chef cuisinier (à gauche, en compagnie de sa sœur Gaëlle et d’Alexis Lejeune, chef pâtissier)

C’est à Paris que le chef a fait ses armes en cuisine. Son diplôme en poche, il exerce son talent dans plusieurs établissements étoilés de la capitale française, du Georges V au Park Hyatt Vendôme en passant par le Jules Verne. Et c’est aux côtés du chef Jean-François Renard qu’il forge son goût pour la cuisine bistronomique. A l’automne dernier, il rejoint l’équipe du Restaurant des Granges, géré avec brio par sa sœur Gaëlle.

B

ien connues des Genevois, les rives de l’Allondon sont depuis toujours une destination prisée, lors des week-ends ensoleillés. Mais ce vallon sauvage est aussi devenu un paradis pour les épicuriens. Lorsque la section cantonale de Pro Natura a installé son nouveau centre dans ce coin de nature exceptionnel, elle avait à cœur d’étoffer son offre pour le public,

18

Vive la vie I été 2016

PRODUITS RÉGIONAUX ET DE SAISON Soucieux de privilégier une cuisine locale, il mise presque exclusivement sur des produits régionaux et de saison. «Je connais personnellement tous mes fournisseurs. Ce rapport humain est fondamental. Légumes, viandes ou vins, leurs produits ont tous une histoire.» Souvent, c’est de ces échanges avec les producteurs autour d’un café que naissent les idées. Des produits qui se rencontrent, des saveurs qui se complètent… «J’aime jouer sur les associations entre terre et mer. Et sur des textures surprenantes.» Aux Granges, pas de carte, mais une ardoise qui évolue au gré des saisons et des arrivages. L’autre atout du restaurant, c’est son chef pâtissier, Alexis Lejeune. Bardé de récompenses, familier des grandes tables de France et de Suisse, le jeune chef n’aime rien tant que déstructurer ses desserts pour revenir à l’essentiel: des saveurs pleines de punch. Et s’il fallait encore un argument pour convaincre les timides, sachez qu’il fait une croix sur le sucre ajouté, en exploitant le sucre naturellement présent dans les fruits. Le brunch du dimanche matin, accompagné d’une balade gratuite à la découverte du biotope pour les plus curieux, est déjà devenu incontournable. Cet été, ne manquez pas le brunch champêtre du 1er Août, il s’annonce grandiose!

Restaurant Les Granges Centre Nature du Vallon de l’Allondon Route de l’Allondon 150 – 1283 Dardagny 022 753 16 00 – www.restaurantlesgranges.ch

g de filets de féra • 350 fumée sans arêtes • 1120endive • vertesg de lentilles échalotes, • 3ciboulette, coriandre • 11 pamplemousse, orange sanguine et 1 citron vert sel, poivre, • Beurre, huile d’olive et vinaigre de xérès

Rincer les lentilles à l’eau froide et les cuire dans 3 fois leur volume d’eau pendant 20 à 30 minutes. Faire revenir une échalote dans le beurre, ajouter les lentilles égouttées et laisser refroidir. Tailler la féra en petits cubes, assaisonner le tartare avec sel, poivre, vinaigre et huile d’olive. Lever les suprêmes des agrumes, les couper en petits cubes et les ajouter à la féra. Ajouter les deux échalotes hachées, la ciboulette et la coriandre ciselées. Dresser les lentilles dans un emportepièce ou une verrine, poser le tartare de féra sur les lentilles. Décorer avec le reste des herbes et quelques feuilles d’endive.

• • • •


Nature

FOTOLIA

La musaraigne aquatique, animal de l’année 2016 C’est pour défendre nos cours d’eau que l’association Pro Natura a confié cette année le premier rôle à la musaraigne aquatique. Une vedette de petite taille, mais témoin d’une grande cause. Texte: Sophie Kellenberger

L

PRÉSERVER SON HABITAT NATUREL Afin de freiner cette pollution qui l’affame, Pro Natura milite pour un plan d’action tendant à la réduction des pesticides dont plus de 2000 t sont épandus chaque année par les agriculteurs, les employés municipaux, les entreprises ferroviaires et les jardiniers amateurs. «Il faut absolument préserver son habitat et favoriser une agriculture biologique qui évite l’utilisation des pesticides et des engrais chimiques, souligne Layne Meinich. Chacun peut aussi, dans son propre jardin, favoriser des méthodes de production respectueuses de la nature.» L’association s’engage également pour davantage de rivières et de fleuves proches de l’état naturel. Elle lance et accompagne des projets de revitalisation et s’investit pour une exploitation hydroélectrique respectueuse de l’environnement. «Trop souvent, les cours d’eau sont canalisés, alors que la musaraigne a besoin de berges recouvertes d’une végétation dense, de racines d’arbres où creuser son nid», ajoute-t-elle.

Une petite bête taillée pour la chasse sous-marine! Neomys fodiens est la plus grande des onze espèces de musaraignes vivant en Suisse au bord des cours et plans d’eau. Elle mesure 6 à 10 cm (sans la queue) et pèse entre 10 et 20 g. Son pelage est bicolore, avec un ventre clair et un dos gris ardoise à noir. Les musaraignes appartiennent à l’ordre des insectivores. Ses plus proches parents sont les taupes et les hérissons. La musaraigne aquatique est formidablement équipée pour chasser sous l’eau et paralyse ses proies par sa morsure venimeuse. Les franges de poils raides ornant ses pattes font office de palmes et une rangée de poils natatoires, disposée sur sa queue, l’aide à garder le cap. Son pelage retient les bulles d’air lorsque l’animal est sous l’eau, lui évitant ainsi de souffrir de l’humidité ou du froid. Il entraîne aussi une forte flottabilité, contre laquelle la musaraigne doit lutter de toute la force de ses petites pattes. Plus d’infos sur www.pronatura.ch/animal-de-l-annee-2016 PRISMA

«

a musaraigne aquatique est un indicateur de la qualité des cours d’eau. En la choisissant pour ambassadrice, c’est la thématique de la pollution de ces derniers que nous souhaitions mettre en avant cette année», explique Layne Meinich, directrice adjointe du Centre Pro Natura de Champ-Pittet. Aujourd’hui protégée, la musaraigne aquatique est classée comme menacée sur la liste rouge des espèces en danger en Suisse. Hormis ses prédateurs naturels – chouettes effraies, hérons ou encore couleuvres –, les activités humaines sont la principale menace pesant fortement sur ces petits mammifères. En effet, si le taux de pollution de nos lacs tend à baisser, celle des cours d’eau est toujours d’actualité, en raison de l’agriculture trop intensive. «Les ruisseaux situés aux abords des champs sont directement menacés par les engrais, les métaux lourds et les pesticides épandus qui se retrouvent inévitablement dans l’eau, détruisant la petite faune et compromettant ainsi l’offre en nourriture pour les musaraignes aquatiques», explique ainsi la spécialiste. Car cette petite bête, aussi mignonne soit-elle, est du genre vorace! Du haut de ses 20 g, il lui faut chaque jour son équivalent en poids pour obtenir l’énergie nécessaire à ses plongeons (lire l’encadré). Elle se nourrit principalement de larves d’insectes, de microcrustacés, d’escargots, de mollusques et parfois de petits poissons.

été 2016 I Vive la vie

19


VIVRE

Agenda ÉCOUTES AU VERT Un événement gratuit pour assister à des aventures sonores en plein air. Du Bateau de Genève à la Pointe de la Jonction en passant par les Bains des Pâquis, profitez de nombreux concerts de qualité et rencontrez des collectionneurs de disques ou des DJ talentueux d’ici et d’ailleurs. Sont notamment attendus pour cette 11e édition: Idris Ackamoor & The Pyramids (USA) et Orchestre Les Mangelepa (EAK).

Du 31 mai au 21 août Muséum d’histoire naturelle

Pendant tout le mois de juillet dans divers lieux genevois

www.ville-ge.ch/mhng

www.ecoutesauvert.ch

PICTURE YOURSELF, PORTRAITS ET AUTOPORTRAITS MAGNUM PHOTOS Inspirez-vous des plus beaux portraits et autoportraits de six photographes de l’agence Magnum! Après avoir admiré les images mythiques des maîtres contemporains du genre, vous pourrez en effet passer aux exercices pratiques. Un photomaton est à la disposition des visiteurs, chacun pouvant s’y révéler lui-même, à la fois modèle et artiste. Du 15 juin au 11 décembre Quartier Libre SIG Pont de la Machine 1 www.sig-quartierlibre.ch

CINÉ TRANSAT Au programme de ce moment de cinéma gratuit sous les étoiles: des projections en plein air dans un des plus beaux lieux de Genève, avec des karaokés géants, des soirées à thème et des courts-métrages en avant-programme. Ne manquez pas notamment Les cerfs-volants de Kaboul, le vendredi 29 juillet ou Big Fish le vendredi 12 août. Du 14 juillet au 21 août Parc de la Perle du lac www.cinetransat.ch/2016

PICTURE

Harold Lloyd, 1953 © Philippe Halsman / Magnum Photos | graphisme : forchic.ch

YOURSELF PORTRAITS ET AUTOPORTRAITS MAGNUM PHOTOS 15 JUIN – 11 DÉCEMBRE 2016 PONT DE LA MACHINE ENTRÉE LIBRE

PARTENAIRES

c

P

R

GENEVA LAKE FESTIVAL Rebaptisées Geneva Lake Festival, les Fêtes de Genève animeront l’été. Un concept innovant, un

spectacle époustouflant sur l’eau, des mondes nouveaux, à chaque coin du lac, et bien d’autres choses encore… SIG est partenaire de l’événement.

Festival Alternatiba Léman.

Du 4 au 14 août, sur les quais www.genevalakefestival.ch

20 e NUIT DES CHAUVES-SOURIS Comme chaque année, le Centre de coordination suisse pour l’étude et la protection des chauvessouris et son réseau invitent le public à observer ces mammifères nocturnes. Pour une prise de conscience de leur rôle dans les écosystèmes et des enjeux de leur protection.

CARLOS SERRA

CORRIDORS BIOLOGIQUES: LA NATURE SE DÉPLACE AU MUSÉUM Réveillez l’animal qui sommeille en vous à travers deux expositions interactives sur les enjeux des déplacements de la faune. Les corridors de l’amour invitent les visiteurs à se glisser dans la peau d’une chauve-souris ou d’un lynx à la recherche de l’âme sœur. Et avec Sacré cerf!, vous pourrez percer les mystères de l’étonnant retour de ce cervidé dans la région.

PORTES OUVERTES AUX BERGES DE VESSY Le 1er octobre, le site des Berges de Vessy sera entièrement accessible, avec des animations pour petits et grands. Venez découvrir sa nature, ses bâtiments, ses ouvrages d’art et ses anciennes machines qui, depuis plus d’un siècle, en ont fait un lieu d’exception.

Fin août 2016 (programme disponible début août), Muséum d’histoire naturelle

Le 1er octobre, aux Berges de Vessy

www.ville-ge.ch/mhng

www.lesbergesdevessy.ch

FESTIVAL ALTERNATIBA LÉMAN Les «Alternatiba» sont des villages éphémères de transition vers le monde de demain. Grande fête populaire et espace de réflexion, cet événement propose forums, conférences, ainsi qu’un salon des alternatives concrètes. Les associations du réseau Alternatiba partageront la plaine de Plainpalais avec The Meal, Monnaie Léman et APRES-GE. SIG soutient la manifestation.

LA REVUE GENEVOISE

Le 24 septembre Plaine de Plainpalais

Du 3 octobre au 31 décembre Casino-Théâtre

alternatiba.eu/leman

www.larevue.ch

La Revue inspecte méthodiquement et avec humour les faits marquants de l’année écoulée. L’occasion de faire le point sur les temps forts de la région. SIG est partenaire de l’événement.

Vive la Vie - Eté 2016  

Le magazine SIG du développement durable