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VENTE DIRECTE

EMPLOI

Les fruits et légumes entrent en gare grâce à l’opération « paniers fraîcheurs » mise en place début mai. PAGE 4

Expérimentation d’un nouveau dispositif d’accompagnement vers l’emploi à destination des 18 - 30 ans. PAGE 5

TGV Pour-Plyerénées, en Midi signez ! on la péstudiotuiest.com

www.tgv

www.midipyrenees.fr N 38 o

Lire page 5

info JUILLET/AOÛT 2010

L’été,

DÉVELOPPEMENT DURABLE

Les efforts du Parc Naturel des Pyrénées ariègeoises récompensés. PAGE 12

c’est Midi-Pyrénées Bons plans, festivals, musées à découvrir, tourisme, chacun son plaisir !

OCCITANIE

Ouverture à Crespin en Aveyron de l’ostal Joan Bodon, musée et centre culturel destiné à valoriser la culture occitane. PAGE 15

LYCÉES

Des efforts importants consentis par la Région pour améliorer l’apprentissage des langues étrangères. PAGE 18

SANTÉ

La Région s’engage pour la revalorisation des diplômes en soins infirmiers. PAGE 19

IL ÉTAIT UNE FOIS…

La campagne oui, le désert non ! Banal pour un citadin, les actions du quotidien peuvent s’avérer un parcours du combattant pour ceux qui vivent en zone rurale. Pour lutter contre la désertification des services au public à la campagne, la Région met en place depuis plusieurs années différents dispositifs qui contribuent à améliorer la vie de milliers de Midi-Pyrénéens. Lire pages 7 à 11

…LES MUSÉES DE MIDIPYRÉNÉES

Près de quatre-vingts musées sur le territoire de Midi-Pyrénées ! De quoi voyager dans le temps et dans l’espace, sans modération, avec autant d’étapes souhaitées. PAGES 22 à 25


Martin Malvy

ancien Ministre, Président de la Région Midi-Pyrénées

« Recentralisation et récession » Pourquoi la Région finance-t-elle la création de services au public en milieu rural ? C’est une question de solidarité mais aussi d’efficacité économique. Sans la solidarité régionale, de nombreux Midi-Pyrénéens ne bénéficieraient pas de trains régionaux -ils auraient pratiquement disparu- de la téléphonie mobile -là où les « zones blanches » ont été résorbées - d’accueil pour la petite enfance, de maisons pluridisciplinaires de santé, de l’accès à la formation, par exemple. Cela vaut aussi en ville pour des quartiers périphériques où nous créons des cyberbases, des Maisons communes emploi-formation, où nous soutenons les associations. La Région ne fait pas tout, mais elle fait beaucoup. J’espère que nous pourrons continuer. Ce n’est pas évident aujourd’hui : la réforme des finances locales et de l’organisation territoriale constituent deux vraies menaces. En quoi la réduction du nombre d’élus locaux conduit-elle à cela ? Ce n’est pas la réduction qui pose problème. C’est la fusion entre conseillers généraux et régionaux. Le conseiller général est d’abord orienté – c’est normal – vers les intérêts de son canton. Le conseiller territorial sera élu sur un « territoire » du même type que les cantons. Le conseiller régional, lui, doit avoir une perspective régionale. On nous annonçait des économies : « il y en aura moins, cela coûtera moins cher ». C’est entièrement faux ! Il y a aujourd’hui, 91 élus régionaux en Midi-Pyrénées. Il y aura 255 élus territoriaux. Je vous laisse imaginer les problèmes de bureaux, de salles de commissions, d’hémicycle, de frais de déplacements. C’est un retour en arrière sur la décentralisation. Mais ce sera surtout un système ingérable. Avant que les 15 conseillers territoriaux du Lot connaissent les 91 élus de la Haute-Garonne, il faudra plusieurs mandats… Les collectivités locales ne devraient-elles pas participer à réduire les déficits ? Nous sommes tous inquiets de l’état des finances de la France. Mais la solution ne passe pas par la mise au régime sec des collectivités qui réalisent 75 % des investissements publics. Les étouffer, c’est asphyxier un peu plus l’économie nationale. L’enjeu est à ce niveau. Si la réforme n’est pas modifiée, les Régions ne pourront plus accompagner ni l’État, ni le développement, ni les communes. Qu’il faille réduire la dette, c’est évident. Mais aucune collectivité n’est en déficit et quand la dette d’une Région est de 100 euros par habitant, elle est de 21 000 par habitant pour l’État. Les conséquences des deux réformes sur l’économie et donc sur l’emploi et sur les services au public seront beaucoup plus pesantes qu’enrichissantes pour l’État.

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Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Actualités Des ordis pour les élèves

de seconde

© Patrick Galibert

© Emmanuel Grimault

Interview

Si votre enfant entre au lycée à la rentrée prochaine, attendez-vous à apprendre que la Région vous proposera l’acquisition d’un ordinateur portable à conditions préférentielles. Pour lutter contre l’inégalité d’accès des jeunes à cet outil devenu indispensable dans leurs études comme dans leur nouvelle vie sociale, la Région va subventionner cet achat, sous conditions de ressources. Dit plus simplement, « l’ordinateur Région » vous coûtera d’autant moins cher que les revenus de

votre ménage sont modestes. Mais inutile de vous lancer dès aujourd’hui dans la chasse à l’ordi : les bons de commandes seront remis aux jeunes à la rentrée, dans leur lycée. En même temps que ceux, entre autres, du chéquier-lecture pour financer les achats de livres scolaires, de la Bourse régionale de premier équipement pour les jeunes qui suivent des filières techniques : la Région n’a pas fini d’accompagner votre ado dans sa nouvelle vie lycéenne ! + d’infos : www.midipyrenees.fr

Prix des Pyrénées jeunesse La Communauté de Travail des Pyré- Il est encore possible de participer à son volet jeunesse jusqu’au nées (CTP), qui regroul’objectif est de 31 décembre. Doté de pe les Régions françaises et permettre à un 10 000 euros, le Prix des Pyespagnoles frontalières du massif, ainsi que la Prin- projet de coopéra- rénées s’adresse aux établiscipauté d’Andorre, vient tion transfrontalière sements secondaires ou de de voir le jour. formation professionnelle de lancer la deuxième édition du Prix des Pyrénées, dont l’objec- du territoire de la CTP. Pour connaître tif est de permettre à un projet de coo- les modalités, rendez-vous sur le site de pération transfrontalière de voir le jour. la CTP www.ctp.org.

n°38 - Juillet / Août 2010.

ISSN 1955-0146 - Dépôt légal. Tirage : 1 300 000 ex. Pour nous écrire ou pour vous abonner gratuitement : Hôtel de Région, Service des publications, 22, boulevard du Maréchal-Juin 31406 Toulouse Cedex 9 - Fax 05 61 33 50 16 - courriel : midipy.press@cr-mip.fr Directeur de la publication Martin Malvy, Président de la Région Midi-Pyrénées Directeur du Cabinet Philippe Joachim Directrice de communication Marie-Christine de Zeeuw Responsable du service presse et publications Thierry Charmasson Responsable des publications Leïla Halhouli Rédaction T. Charmasson, J. Duquenne, L. Halhouli, M. Hugues, V. Huet, B. Mialhe, E. Shaeffer, Recherche iconographique Nina Camberoque Couverture Phovoir (Une), Emmanuel Grimault (vente directe), Dominique Viet (PNR et campagne), Marie Delagnes (santé) Charte graphique et maquette LesZines - Sandrine Arribeux, Céline Colombo Impression : Occitane d’imprimerie.


Actualités Tour de France : 100 ans

dans les Pyrénées

info

Ne ratez pas… …l’émission consacrée au centenaire du passage du Tour de France dans les Pyrénées qui sera diffusée sur France 3 le dimanche 18 juillet en 2e partie de soirée. Pendant plus d’une heure, des sportifs, des artistes... se succèderont sur le plateau installé pour l’occasion à l’Observatoire du Pic du Midi.

Témoignez... sur le site de la Région, raconter vos souvenirs des étapes des Pyrénées et découvrez les témoignages de grands cyclistes (www.midipyrenees.fr).

il y a la distance à parcourir : 326 kilomètres ! On comprend mieux le commentaire de Lapize, lâché avec ses dernières forces au bout de 14 heures d’effort. D’autant qu’à l’époque, les vélos pèsent près de 15 kg, contre moins de 7 aujourd’hui, et surtout, n’ont pas de vitesses pour s’adapter à la pente. Grâce à sa victoire dans cette étape dantesque, Lapize remportera l’édition 1 910 qui fera également rentrer les Pyrénées dans l’histoire du Tour. Pour célébrer ce centenaire, le tracé du Tour 2 010 fera la part belle aux Pyrénées puisqu’avec trois étapes de montagne placées à quelques jours de l’arrivée sur les Champs-Élysées, elles décideront probablement du vainqueur de l’épreuve. Avec les cols d’Aspin, du Soulor, de l’Aubisque… les grands classiques des étapes pyrénéennes sont au programme. Mais c’est bien le col du Tourmalet, ce sommet du Tour, au propre comme au figuré, qui sera au centre de toutes les attentions. Les coureurs auront à le gravir deux fois avec en prime une arrivée au sommet, la deuxième seulement en cent ans de Tour. •Samedi 17 juillet Rodez/Revel •Dimanche 18 juillet : Revel/Ax-3-Domaines •Lundi 19 juillet : Pamiers/Bagnères- de-Luchon •Mardi 20 juillet : Bagnères de Luchon/Pau •Jeudi 22 juillet : Pau/Col du Tourmalet

© LAGET/PRESSE SPORTS

Bayonne, 21 juillet 1910, en fin d’aprèsmidi. Octave Lapize, dit le frisé, vient de remporter la première étape pyrénéenne de l’histoire du Tour de France reliant Luchon à Bayonne. À un des organisateurs présents sur la ligne, il lance, excédé : « vous êtes des criminels. On ne demande pas à des hommes de faire un effort pareil ». Il est vrai que pour une première en haute montagne (les Alpes seront gravies l’année suivante), les organisateurs ont vu grand, voire immense. Pas moins de sept cols jalonnent cette étape dont le départ a été donné à 3 h 30 du matin ! Parmi ces grands inconnus qui se dressent devant les coureurs on compte entre autres les cols de Peyresourde, d’Aspin, de l’Aubisque et surtout, le Tourmalet et ses 2 115 mètres. En plus d’un dénivelé effrayant,

Octave Lapize vainqueur du Tour 1910 grâce notamment à sa victoire dans la première étape pyrénéenne de l’histoire.

Trophées du développement durable 2010 Quatre projets récompensés

Des actions très diverses

Le 2 juin dernier, Françoise Dedieu-Casties, vice-présidente du Conseil régional chargée du Développement durable, remettait le trophée du développement durable dans la catégorie association à Gilbert Sourbadère, vice-président de Circuits et maire adjoint d’Auch et à Laurent Solignac, directeur adjoint de Circuits.

© Emmanuel Grimault

Une association culturelle, une commune, un centre de formation et une coopérative fromagère ont à première vue peu de points communs. Pourtant chacun d’eux vient de se voir attribuer un trophée par la Région Midi-Pyrénées pour ses actions en faveur du développement durable. C’était le 2 juin dernier à l’Hôtel de Région à Toulouse. Les lauréats ont tous dans leur domaine d’activité spécifique, avec le concours de la Région, mis en place des projets intégrant une démarche forte de développement durable.

« Circuits », scène conventionnée d’Auch, lauréate dans la catégorie « Association », fait notamment participer les élèves d’un institut médical et éducatif à l’organisation de son festival Circa. La commune

de Graulhet est lauréate pour son « Programme de redynamisation du bassin graulhétois ». La coopérative fromagère des bergers du Larzac en Aveyron, lauréate dans la catégorie « Petites ou moyennes

entreprises » a mis en place une unité de fabrication de méthane qui va contribuer à réduire la part de CO2 rejetée dans l’atmosphère (lire p. 21). Enfin le centre de formation des maisons familiales et rurales de Brens dans le Tarn est récompensé dans la catégorie « Etablissements publics ou privés de formation et d’enseignements » pour sa démarche Agenda 21. Il a permis à une classe du BTS de se rendre au Maroc pour participer à la formation de responsables d’associations de femmes sur le thème de l’économie sociale et familiale. Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Actualités Chez vous

Prix d’écriture Claude-Nougaro

avec l’aide de la Région

La Région récompense les jeunes talents de Midi-Pyrénées 31

Écrivain, slameur, rappeur et comédien, Insa Sané était le parrain de la 4e édition du Prix d’écriture Claude Nougaro, organisé par la Région et

l’association Claude Nougaro avec le concours de l’association Prix du jeune écrivain. Lors d’une cérémonie organisée à Tournefeuille le 19 mai,

L’ancienne gendarmerie de Nailloux, située en centre-bourg, sera bientôt transformée en une maison des services et de l’entreprise. Ce projet, porté par la communauté de communes des Coteaux Lauragais Sud et soutenu financièrement par la Région, permettra de regrouper dans un même lieu des services liés à l’emploi, à la formation, à l’insertion et à l’appui à l’économie locale.

© Philippe Grollier

Une maison des services et de l’entreprise à Nailloux

Un point information jeunesse à Grenade

Opération « paniers fraîcheurs »

L’ancienne gare de Grenade accueillera bientôt un Point information jeunesse. Ce nouvel équipement voulu par la commune et dont la Région a pris en charge 20 % du coût total, sera situé en centre-ville, à proximité de la bibliothèque, du cinéma, et du futur espace associatif.

Fruits et légumes débarquent dans votre gare ! Soutenir l’agriculture locale en consommant des produits de qualité, tout cela devient facile avec l’opération « paniers fraîcheurs », déjà mise en place dans cinq gares par la SNCF, la Chambre d’Agriculture de la HauteGaronne et la Région.

De nouveaux équipements pour les lycées

4 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Depuis le début du mois de mai, des producteurs de fruits et légumes s’installent dans les gares de Colomiers, Muret, Portet-sur-Garonne, Saint-Sul-

pice et Auterive. Ils proposent chaque semaine des « paniers fraîcheur » composés de 4 à 6 kg de fruits et légumes de saison. Disponibles au prix de 13 euros pour un achat ponctuel, les paniers sont vendus 11 euros dans le cadre d’abonnements. Se fournir directement auprès du producteur n’est pas seulement une façon de savoir ce que l’on met dans son assiette, c’est également participer au développement des circuits courts. Les acheteurs de « paniers fraîcheur » contribuent ainsi à limiter les dépenses énergétiques liées au transport et au stockage des aliments. Ils offrent également un débouché régulier à des productions locales. Le succès rencontré dans les gares dès le premier jour de l’opération a suffi à démontrer qu’il est possible de concilier achat pratique, exigence de qualité, développement local et protection de l’environnement. Site : www.ter-sncf.com rubrique se déplacer en ter

© Emmanuel Grimault

L’aide régionale en faveur des lycées de Midi-Pyrénées votée en juin dernier (8,5 millions d’euros) permettra notamment de mener à bien l’extension des locaux de l’école allemande à la cité scolaire Victor Hugo de Colomiers, de poursuivre la restructuration des blocs de sciences au lycée Jolimont de Toulouse, d’équiper la laverie du service restauration du lycée Fermat de Toulouse, et enfin d’acheter du matériel de découpage et de poinçonnage pour le lycée professionnel Eugène Montel de Colomiers.

De gauche à droite : L’artiste pluridisciplinaire Insa Sané, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées, Tristan Francia (1er prix scénario), Julie Rivière (2e prix scénario), François Simon, vice-président de la Région Midi-Pyrénées chargé des solidarités, de la jeunesse, Joëlle Guillot (3e prix scénario), Simone Dompeyre (Directrice du festival Traverses Vidéo).

La diversité au rendez-vous à Saint Sulpice : pommes de terre, carottes, poireaux, choux-fleurs, salade, confiture, petits pois, aillets… et tout ça, produit dans la région !

trois prix ont été remis dans chacune des quatre catégories à savoir écriture de fiction, scénario de court-métrage, bande dessinée et chanson. Cette année, ce sont 400 jeunes âgés de 15 à 25 ans qui ont soumis leurs créations à un jury de professionnels. Pour l’écriture de fiction, le 1er prix revient à Marion Depaul, en BD à Valentin Boudet, pour le scénario à Tristan Francia, et pour la chanson au groupe Play Mobiles. La qualité des projets présentés lors de cette édition a été unanimement saluée par un jury qui, faute de pouvoir attribuer plus de trois prix par catégorie, a même créé des mentions complémentaires pour deux candidats. Le 1er prix de chaque catégorie permettra au lauréat de partir au Canada. Les autres lauréats sont récompensés par du matériel informatique et audiovisuel, ou des stages et ateliers d’écritures. Vidéos et palmarès : www.midipyrenees.fr

Ballons rond et ovale : deux finales sinon rien !

Chaque année, un tournoi organisé par l’ANDSA (association nationale pour le développement des sports dans l’apprentissage) oppose, dans différentes disciplines, les équipes sportives de l’ensemble des centres de formation et d’apprentissage (CFA) de France. Cette année, mention spéciale pour un établissement régional, le CFA Bâtiments et Travaux Publics PierrePaul Riquet de Toulouse, qui a décroché la première place du tournoi de foot en battant en finale le 7 mai à Reims le CFA BTP de Clermont-Ferrand ! Un succès pouvant en cacher un autre, le CFA BTP de Toulouse était également parvenu en finale du tournoi de rugby, le 30 avril à Cahors. Les apprentis toulousains ne s’étaient alors inclinés qu’au cours des prolongations par « mort subite », contre l’équipe, précisons-le, d’un CFA parisien spécialisé… dans les métiers du sport ! Une belle défaite donc, ainsi qu’une belle victoire, à mettre au crédit des apprentis du CFA BTP Pierre-Paul Riquet et de leurs formateurs de sport, Messieurs Ropagnol (rugby) et Caussé (foot). À la main ou au pied, de la belle ouvrage !


Actualités Chez vous

Optimiser l’effet TGV C’est une évidence : l’arrivée du TGV, annoncée pour 2018, permettra d’abord de désenclaver Midi-Pyrénées en mettant Toulouse à 3 heures de Paris. Mais une autre urgence s’impose aujourd’hui : s’y préparer pour ne pas se contenter de prendre… le train en marche. C’est dans ce but qu’a été créée l’association TGV Sud-Ouest, à l’initiative des présidents de la Région, Martin Malvy, de la Haute-Garonne, Pierre Izard et du Grand Toulouse, Pierre Cohen. Parce que nous

© Jean-Marc Fabbro - SNCF

Concrètement, cela implique d’intégrer le futur TGV dans les stratégies de développement des entreprises, des hôteliers, des hauts lieux de tourisme et de culture, d’enseignement supérieur et de recherche, etc.

avec l’aide de la Région 46

devons maintenir la pression pour obtenir dans les délais les plus brefs la réalisation des Lignes à Grande Vitesse Paris-Toulouse et Toulouse Narbonne-Barcelone/Marseille. Et parce que les territoires qui profitent le mieux de l’ « effet TGV » sont ceux qui savent l’anticiper. Trois groupes de travail ont donc été constitués : « tourisme et culture » autour de Martine Offroy, présidente de la Cinémathèque ; « développement économique » autour de Didier gardinal, président de la Chambre régionale de Commerce et d’Industrie ; et « enseignement supérieur, recherche & innovation » autour de Christian Desmoulins, président de l’INSA-Toulouse. Le 14 juin, ils rendaient leurs conclusions. Et surtout formulaient leurs préconisations. On peut les retrouver sur le site : www.tgvsudouest.com Signez la pétition « le TGV et Vite ! » sur www.tgvsudouest.com : toute la région se mobilise.

tion, la Région étudie la possibilité de valider cette nouvelle formule d’accompagnement afin de déployer le Pass Emploi dans l’ensemble des Maisons Communes Emploi Formation d’ici à 2012.

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Un nouveau parking à la gare d’Ax-les-Thermes La gare d’Ax-les-Thermes ne dispose actuellement que d’un parking très dégradé d’une vingtaine de places. Pour remédier aux problèmes de stationnement récurrents aux abords de la gare, 126 places supplémentaires vont être créées sur des terrains appartenant à la SNCF dans le prolongement du parking actuel. La Région va financer la moitié des travaux estimés à environ 400 000 €. Le chantier devrait démarrer en octobre et durer environ un an.

Des travaux de sécurisation des installations et d’extension de la piste sont en cours sur l’aérodrome d’Auch. Compte tenu des enjeux pour l’emploi local, la Région a décidé d’accorder une subvention de 591 000 € à ces aménagements qui devraient être terminés d’ici la fin de l’année.

Produire davantage de lait en montagne

© Nina Camberoque

chaque jeune et son coach, les coups de pouce pour lever les freins financiers à l’accès à l’emploi, la poursuite de l’accompagnement jusque dans l’entreprise, pendant la période d’essai. » À l’issue de la période d’expérimenta-

RODEZ

MONTAUBAN

Extension de l’aérodrome d’Auch

Lancement du Pass Emploi Les difficultés d’accès des jeunes à l’emploi restent une préoccupation majeure en France. Le suivi individuel de l’accompagnement à l’emploi a fait ses preuves. Six mois d’expérimentation à la Maison Commune Emploi Formation (MCEF) de Toulouse ont abouti à la création d’un nouvel outil d’accompagnement vers l’emploi à destination des 18-30 ans, qui concernera 150 jeunes sur un an. Entre octobre et avril, près de 80 jeunes issus de quartiers toulousains et éloignés de l’emploi ont bénéficié de l’expérimentation de ce dispositif créé par la Région. Pour Monique Iborra, présidente de la MCEF de Bellefontaine et vice-présidente du Conseil régional chargée de la formation professionnelle, « Pass Emploi est exemplaire parce qu’il réunit tout ce qui fonctionne : l’implication des associations de quartiers au plus près du terrain, la mobilisation des entreprises, le suivi individualisé et les contacts réguliers et fréquents entre

CAHORS

Une centaine d’exploitations d’élevage situées en zone de montagne viennent de bénéficier d’une subvention régionale d’un total de 379 600 € dans le cadre d’un dispositif régional spécifique, dont le but est de permettre aux éleveurs d’acquérir du cheptel et ainsi d’augmenter leur production de lait.

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Remarqués Chez vous avec l’aide de la Région

À vos livres, prêts ? Lisez ! Que lire pendant les vacances ? Voici un florilège d’auteurs régionaux, certains connus plus que d’autres, pour vous accompagner cet été et qui vous donneront l’envie d’en découvrir encore et encore. Roman noir, roman d’aventure, polar historique, fable pour la jeunesse, nouvelles à picorer … À vos pages !

Bientôt un restaurant universitaire pour l’IUT de Figeac Une salle des conseils, une infirmerie, un laboratoire de langues et de nouveaux bureaux…en plus de ces opérations déjà programmées, le campus de l’IUT de Figeac disposera d’ici 2013 d’un restaurant universitaire d’une capacité de 200 couverts. La Région participe au financement de l’ensemble des travaux à hauteur de 1,3 M€.

Un atelier d’abattage de volailles à Labruguières La SAS les fermiers occitans qui dispose aujourd’hui d’un atelier d’abattage et de transformation de lapins à Castres et d’un autre à Albi pour la transformation de canards gras, a décidé d’investir dans un bâtiment unique de transformation et d’abattage de 6500 m2 implanté sur la zone d’activité du Causse à Labruguières. Une vingtaine d’emplois devraient être créés d’ici 2014. Le coût du projet s’élève à 8,2 M€, la Région soutient cette opération à hauteur de 600 000 €. 6

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Hélène Duffau Hélène Duffau nous offre avec A Marama (TME) un roman policier historique qui se déroule au XIXe siècle sur ses terres natales. À travers l’épopée à cheval de deux hommes partant à la recherche d’une jeune femme disparue, l’auteure dessine une fresque étonnante d’une région face à la question du progrès et de l’industrialisation. www.heleneduffau.unblog.net

Le parc d’activités de Millau-Lévezou s’agrandit

Des plumes poids lourd

© EKlouchka-Anoki

Pour répondre aux demandes des entreprises, la Communauté de Communes Millau Grands Causses a décidé d’aménager 13 hectares supplémentaires sur le parc d’activités de Millau-Lévezou qui s’étend déjà sur une zone de 30 hectares. L’opération est estimée à plus d’1 M€, dont une aide de la Région de 223 301 €.

part en Série noire, chez Gallimard, des romans jeunesse, des nouvelles… Il écrit également des pièces radiophoniques pour France Inter. Son dernier polar pour la jeunesse Le silence des géants, (Archipel), à l’intrigue habile, comble aussi les adultes.

Laurent Mauvignier

Les jeunes plumes Tristan Garcia Originaire de Toulouse, son très remarqué 1er roman, La Meilleure part des hommes (Gallimard) a reçu le Prix de Flore en 2008. Son nouveau roman, Mémoires de la jungle (Gallimard), est une expérience littéraire audacieuse. Le narrateur est un singe qui cherche à retrouver la famille humaine qui l’a éduqué. L’accueil est cependant beaucoup plus mitigé que La Meilleure part des hommes à découvrir si ce n’est pas déjà fait.

Jean-Baptiste del Amo Son 1er roman, Une éducation libertine (Gallimard) était nominé en 2008 dans la dernière sélection du prix Goncourt. En mars 2009, il a obtenu la bourse Goncourt du premier roman. En juin 2009, l’Académie Française lui décerne le prix François Mauriac. Autant dire que son nouveau roman, prévu pour l’automne chez Gallimard, Le Sel, est très attendu. Il se situe dans le port de Sète.

Fabienne Ferrère Ceux et celles qui avaient été emballés par Un chien du diable (Denoël), attendaient avec impatience la suite des aventures de Gilles Bayonne. Ils ne sont pas déçus. Le second opus Car voici que le jour vient est de la même veine. Un polar historique épique, une plume de haute tenue et une connaissance approfondie de la Renaissance font, de ce roman, un grand roman d’aventure. Après sa premiè-

re enquête, sur fond de guerres de religion du XVIe siècle, Gilles Bayonne est de retour, les morts aussi.

Fabien Pichon Installé depuis le début des années 90 à Toulouse, Les Grands Espaces (Harmattan) est son premier recueil de nouvelles publiées. Les personnages qui peuplent ces seize nouvelles sont des gens ordinaires en recherche d’équilibre. L’auteur pose sur eux un regard tendre et les accompagne jusqu’à l’instant fragile où se dessinent les nouveaux horizons.

Des plumes confirmées peu connues Mouloud Akkouche Une œuvre originale et sincère à l’image du personnage tout en modestie. Il a publié des romans noirs (Avis d’échéance, La Sirène rousse, Rue des absents, Les Ardoises de la mémoire) pour la plu-

Florence Thinard

Son dernier roman, Des hommes (Minuit), qui a marqué l’année littéraire 2009, a obtenu le prix des Libraires Initiales 2010 et va être adapté au cinéma par Patrice Chéreau. L’auteur du Prix Livre Inter 2001 pour Apprendre à finir, explore les silences sur la guerre d’Algérie avec cet art d’emboîter les narrations qu’on lui connaît. Il met en scène les anciens appelés de ce que l’on appelait les événements, traumatisés par les non-dits de l’Histoire. www.laurent-mauvignier.net

Pascal Dessaint Le Toulousain d’adoption avait déjà fait un retour remarqué et noir sur ses terres natales avec Cruelles natures. Il revient dans sa région du Nord avec Les derniers jours d’un homme inspiré du scandale de Métaleurop, à travers l’histoire d’une famille décimée. Le grand roman de Pascal Dessaint ? L’accueil à sa sortie fut élogieux : noir, très noir avec une écriture simple arrivée à maturité. Un livre choc et engagé. www.pascaldessaint.fr

LITTERATURE JEUNESSE

Auteur jeunesse (romans, nouvelles, documentaires) publiée en grande partie chez Gallimard, elle a obtenu le prix Terre en vue du Salon du livre de Montreuil en 2009 pour le documentaire Une seule Terre pour nourrir les hommes (Gallimard). Un beau livre engagé pour les enfants préfacé par Pierre Rabhi. http://www.florencethinard.fr/

Thierry Dedieu

Auteur illustrateur en littérature jeunesse publié au Seuil. Sa dernière parution, Le roi des sables est une jolie fable illustrée de montages photos évoquant la sagesse des hommes qui acceptent leur place dans le respect de la nature. Les deux personnages en sable et en bois sont d’une beauté époustouflante. Thierry Dedieu a reçu en 2010 pour l’ensemble de son œuvre un prix Sorcières spécial (décerné par l’association des Librairies spécialisées jeunesse et l’Association des Bibliothécaires français) http://www.thierrydedieu.com/


Dossier

La campagne oui, le désert non !

La campagne oui,

© Viet Dominique/CRT Midi-Pyrénées

le désert non !

Région la plus vaste de France, Midi-Pyrénées compte 3021 communes dont 2245 de moins de 500 habitants.

Poster un courrier, acheter une baguette, soigner un rhume ou déposer son enfant à la crèche… Banales pour un citadin, ces actions du quotidien peuvent s’avérer un parcours du combattant pour ceux qui vivent en zone rurale. Pour lutter contre la désertification des services au public à la campagne, la Région met en place depuis plusieurs années différentes actions qui contribuent à améliorer la vie de milliers de Midi-Pyrénéens. Tour d’horizon. Entre la suppression annoncée de bureaux de Poste, de blocs opératoires ou encore de juridictions, l’accès aux services publics dans les communes rurales est de moins en moins assuré, faute de rentabilité. Face à ce constat, la Région a engagé depuis plusieurs années un vaste programme de réaménagement de son territoire, plus juste et plus équilibré. Une volonté de Martin Malvy, président de la Région, qui s’est d’ailleurs traduite par la création d’une vice-présidence à la ruralité lors de la mise en place de la nouvelle assemblée régionale en mars dernier. « Un signal fort », selon l’élue en charge du dossier, Carole Delga, qui souhaite « faire de nos campagnes des lieux de vie et pas que de tourisme ».

gens retournent vivre dans les cam- des aides à la création de structures pagnes », témoigne Carole Delga, d’accueil pour la petite enfance. Mais également maire de la petite com- aussi pour l’emploi et la revitalisation mune de Martres-Tolosane. « Ces des centre-bourgs et des villages, en néoruraux viennent y chercher une favorisant l’ouverture de commerces de proximité dans les commeilleure qualité de vie, mais munes de moins de 2000 aussi du lien social et une cerSoutenir habitants. Enfin, elle vient taine convivialité ». les services d’initier le déploiement de Mais pour effectivement ga- au public Points Visio-Public permettant de rapprocher les rantir cette fameuse « qualité « Notre objectif est de soutenir le de vie », il y a encore fort à faire en services publics tels que le Pôle emmaintien de services dans les zones matière d’accessibilité des services, ploi, la Caf ou la Cram des habitants rurales afin que les habitants puissent et notamment en ce qui concerne la vivant en zone rurale via des bornes santé. La densité médi- interactives. continuer à bénéficier cale devrait par exem- Mais les élus régionaux craignent que de bonnes conditions Faire ple chuter de 22 % la réforme territoriale en cours de disde vie en termes d’accès des campagnes à la santé, à l’emploi, à des lieux de vie d’ici à 2030 selon une cussion au Parlement ne mette un étude de la Direction coup d’arrêt à ces actions en limitant l’éducation ou encore à et pas que de la recherche, des les possibilités d’intervention des Déla culture », explique la de tourisme études de l’évaluation partements et des Régions hors de vice-présidente à la ruralité, aux services au public et aux et des statistiques. Aussi, depuis 2006, leurs compétences strictes. Sans comptechnologies de l’information et de la le Conseil régional a mis en place un ter que la suppression de la taxe profescommunication. Car si les zones ru- Plan en faveur des zones sous-mé- sionnelle prive les Régions de l’essentiel rales sont souvent considérées à tort dicalisées identifiées en Midi-Pyré- de leurs recettes fiscales. D’autant plus comme un peu « endormies », la Ré- nées afin de lutter contre les inéga- préoccupant que, mises bout à bout, gion souhaite montrer au contraire lités territoriales d’accès aux soins. l’ensemble de ces mesures contribuent qu’elles sont en activité et en déve- Mais outre la santé, la Région partici- largement à améliorer le quotidien de loppement. « On a longtemps assisté pe aussi à tout un panel d’actions vi- milliers de Midi-Pyrénéens. au tout urbain, mais aujourd’hui, la sant à soutenir les services au public. www.midipyrenees.fr courbe a tendance à s’inverser et les Pour les familles, par exemple, via Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Dossier Halte à la désertification médicale ! La campagne oui, le désert non !

© Framboise Esteban

Pour inciter les professionnels de santé à s’installer dans nos campagnes, la Région a mis en place tout un panel de mesures.

25 zones sous-médicalisées en Midi-Pyrénées.

Tomber malade quand on habite à la campagne peut vite virer au cauchemar… « Face à la baisse du nombre de médecins diplômés et au vieillissement des professionnels de santé, il y a aujourd’hui une vraie difficulté d’accessibilité aux soins », analyse François Simon, viceprésident en charge des Solidarités et de la Santé. Pour lutter contre cette tendance, la Région a lancé un programme de soutien à la démographie médicale dans 25 zones rurales sous-médicalisées regroupant 338 communes. Elle a ainsi créé 15 Maisons de santé pluridisciplinaires qui regroupent dans un même lieu des professionnels de santé (lire ci-dessous). « Ce sont des structures bien dimensionnées avec des modes de

gestion souples et adaptés à un service de proximité », explique François Simon. « Ces centres sont un des outils de mutualisation des moyens pour assurer les premiers soins de qualité accessibles aux populations rurales ». Autre dispositif : pour inciter les jeunes, a priori peu enclins à s’installer à la campagne, la Région a mis en place un système d’aide aux étudiants en médecine générale qui font leur stage en milieu rural. Ces indemnités d’études varient en fonction des cycles d’enseignement et de la durée d’engagement, mais oscillent entre 300 et 400 euros par mois. Les médecins diplômés, quant à eux, bénéficient d’une prime de 8 000 euros pour toute installation durable en zone déficitaire. Enfin, parce que ruralité doit pouvoir rimer avec soins de qualité, la Région a décidé de financer deux postes de chefs de cliniqueassistants de médecine générale en zone sous-médicalisée. Une mesure dont le coût est estimé à 88 000 euros et qui permet de valoriser la méde­ cine générale en milieu rural.

« Maison de santé cherche un généraliste… » En chiffres Au total, ce sont quinze maisons de santé pluridisciplinaires qui ont bénéficié d’un soutien financier de la Région. Plusieurs sont ouvertes comme à Catus (Lot), à CastelnauMagnoac (Hautes-Pyrénées) ou Saint-Laurent-d’Olt (Aveyron). Les travaux viennent de s’achever pour d’autres comme à Brassac (Tarn). En 2010, le dossier technique du projet de Vicdessos (Ariège) est entré dans la phase de finalisation. À Villecomtal (Aveyron) les travaux viennent quant à eux de commencer. Le coût global d’investissement s’élève à près de 10 millions d’euros dont 1,4 million est pris en charge par la Région. 8

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

de Salles-Curan. Cette commune proche du lac de Pareloup, en Aveyron, est devenue une référence pour les professionnels de santé en milieu rural. La Maison regroupe deux généralistes, un dentiste, un kinésithérapeute et 7 infirmières libérales, réunis dans une « société civile de moyens » autour d’un secrétariat commun. Un podologue et un psychologue y pratiquent des vacations. « Aujourd’hui, la Maison recherche activement un 3e médecin généraliste et plus tard un autre dentiste », détaille le docteur Ducamp. La salle d’urgence assure la « bobologie » et évite nombre de transferts à Rodez.

tenu de la Fac de Médecine de Toulouse l’agrément de maître de stage. « La Région a donné le bon coup de pouce », confiet-il. De ce fait, la Maison pousse son projet de logement

pour accueillir des étudiants stagiaires. Histoire de donner envie à des jeunes d’aller ailleurs vivre les difficultés et les bonheurs de la médecine rurale.

Maison de santé pluridisciplinaire de Salles-Curan (12)

Des stages pour les étudiants en médecine Un bureau de la MSA gère l’assurance maladie des agriculteurs. Plusieurs projets sont avancés ou à l’étude : expérimentation du dossier médical partagé, autodialyse, installation de matériels de télémédecine. Le docteur Ducamp, très investi dans la marche de la maison de santé, a ob-

© Marie Delagnes

« Les patients viennent de plus en plus loin », constate le docteur Ducamp, coordonnateur de la Maison de santé pluridisciplinaire


Dossier

La campagne oui, le désert non !

Le bonheur est dans la crèche

Trouver une solution de garde pour ses enfants, un impératif aussi à la campagne.

Rencontre avec Sarah Bonel, jeune n’est pourtant pas de tout repos. « Il faut médecin, qui a choisi d’exercer dans être disponible, accepter de se déplacer la petite commune de Montesquieusouvent, notamment chez des personVolvestre, en Haute-Garonne. nes âgées, et parfois consulter jusqu’à Contrairement à la majorité des 21 heures, témoigne-t-elle. Il faut surtout jeunes diplômés être polyvalent en médecine de la car on ne peut faculté de Toulouse, pas systématiqueSarah Bonel a choisi ment envoyer les d’exercer son mépatients chez un tier en zone rurale, spécialiste comme dans la commune on pourrait le faire de Montesquieuen zone urbaine ». Volvestre, au sud Des problématiques du Carbone. C’est qui ne lui sont là qu’elle a grandi, pas inconnues, Docteur Sarah Bonel là aussi qu’elle a puisqu’elle a trouvé sa vocation en observant son effectué l’an dernier son stage de fin père soigner des patients dans son cabi- d’études au Fossat, une commune ariénet. « J’ai toujours eu envie de travailler geoise située en zone sous-médicalisée, à la campagne, pour l’environnement, bénéficiant de ce fait du soutien de la la qualité de vie, mais aussi pour les Région. Une expérience enrichissante qui relations de proximité que l’on a avec les ne l’a visiblement pas freinée à s’installer gens », explique cette jeune trentenaire. durablement à la campagne… dans le Si l’expérience est enrichissante, elle cabinet de son père.

Il a dit… Jean-Louis Guilhaumon

La fin d’un casse-tête. Jusqu’à présent, lorsqu’elle avait besoin de faire garder ses deux enfants, Émilie Bousquet demandait un coup de main « aux grands-parents ». Mais quand ils n’étaient pas disponibles, elle n’avait pas de solution. Depuis début avril, cette jeune maman tarnaise peut désormais les laisser quelques heures, voire la journée, à la toute nouvelle micro crèche de la commune d’Alban où travaillent cinq professionnels de la petite enfance. Un vrai soulagement pour Émilie Bousquet, comme pour une vingtaine d’autres parents du secteur.

info

L’amélioration des services aux familles est un axe majeur du développement des territoires. Pour ce faire, la Région soutient la création de structures d’accueil de la petite enfance. Ainsi, depuis 2004, le Conseil régional a participé au financement de 71 pôles de services allant de la crèche à la halte-garderie en passant par des points d’accueil itinérant. Le montant total de ces aides s’élève à plus de 4,8 millions d’euros.

« S’il y a un bon réseau d’assistantes maternelles autour de chez nous, il n’y avait rien pour accueillir nos enfants occasionnellement », explique-t-elle. Désormais, du lundi au vendredi, cette nouvelle structure aménagée « développement durable » dans une ancienne maison en ruines peut accueillir jusqu’à neuf enfants en même temps. « Nous avons déjà une vingtaine d’inscrits qui tournent sur la semaine, ça marche très bien, d’autant plus que le système de micro crèche permet de conserver une ambiance conviviale », ajoute Émilie Bousquet, également présidente de l’association Famille rurale, gestionnaire des lieux. Porté par la Communauté de communes des Monts d’Alban, le projet a notamment pu voir le jour grâce à la politique de soutien aux structures d’accueil de la petite enfance de la Région. « Il y avait de fortes attentes, alors nous avons engagé un travail de concertation avec les familles, ce qui nous a permis de monter un bon dossier », se réjouit Damien Chamayou, président de ce regroupement de communes. Une seconde antenne pourrait même ouvrir dans les prochaines années.

Vice-président en charge des politiques territoriales, de l’économie touristique et du thermalisme

© Dominique Delpoux

© Philippe Grollier

À Alban, dans le Tarn, une micro crèche vient d’ouvrir avec l’aide de la Région. Un véritable bonus pour les familles.

« A la campagne, on a des relations de proximité avec les patients »

« Oui, nous sommes face à un phénomène de métropolisation, mais si nous voulons que notre région puisse continuer à vivre dans son ensemble, il est nécessaire de développer l’attractivité des territoires ruraux. L’objectif de nos politiques territoriales est justement de favoriser des initiatives dans les domaines de l’éducation, la formation, l’habitat, la santé, la culture ou encore le numérique, afin de leur apporter une nouvelle économie et consolider leur offre de services. Alors que l’Etat se désintéresse de nos campagnes, notre volonté est au contraire de rééquilibrer le territoire, être au plus près des populations rurales, afin d’y maintenir une qualité de vie et un tissu social. Un maillage équitable du territoire en équipements et en services est pour nous fondamental car cela permet de limiter les risques de déprise  et de désertification. Enfin, si nos territoires ruraux font peu de bruit, ils n’en sont pas moins capables de prendre des initiatives majeures et de lutter contre toutes les prévisions catastrophiques dont ils font l’objet… Mais sous réserve d’être entendus ». Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Dossier

La campagne oui, le désert non !

Objectif : booster les commerces de proximité La Région soutient la création de petits commerces dans les communes rurales.

© Viet Dominique/CRT Midi-Pyrénées

À la campagne, prendre un café au Distillés à travers le territoire mibar, acheter du pain, un steak ha- di-pyrénéen, ces différents projets ché et le journal peut rapidement ont ainsi permis l’ouverture de 60 se transformer en un chemin de commerces multiservices, 8 cacroix. Pour remédier à la destruc- binets médicaux, 25 cafés restaution progressive de ces commer- rants, 25 boulangeries pâtisserie, 9 et 9 staces de proximiEntre 2004 et 2009, boucheries tions services. L’obté qui répondent 136 nouvelles jectif est de permetpourtant à un réel enseignes ont pu tre à ce qu’il y ait un besoin de la part de la population, la voir ou revoir le jour minimum de serviRégion a décidé de grâce aux coups de ces de première népouce du Conseil cessité quel que soit lancer un dispositif régional. l’endroit où l’on se d’aide à la création ou à la reprise d’activités com- trouve en Midi-Pyrénées, explimerciales, artisanales ou de servi- que-t-on à la Région. Aussi, en ces dans les communes de moins plus de ce dispositif, des aides sont également apportées pour des de 2000 habitants. Ainsi, entre 2004 et 2009, ce ne communes plus importantes qui sont pas moins de 136 nouvel- souhaitent moderniser leurs pôles les enseignes qui ont pu voir ou commerciaux en apportant une revoir le jour grâce aux coups de démarche qualité. Ces cinq dernières années, le pouce du Conseil régional. Conseil régional a ainsi participé au financement de 110 opéraPetits commerces du quotidien tions, majoritairement situées en mais aussi restaurants : autant de services indispensables pour mainte- zone rurale. nir l’attractivité de nos territoires.

Internet à un clic « Réduire la fracture numérique ». Cette volonté politique affichée par la Région s’est traduite dès 2002 par la création du réseau Cyber-base MidiPyrénées. En partenariat avec la Caisse des dépôts, 52 espaces permettant un accès libre et ouvert à tous à Internet ont ouvert sur l’ensemble du territoire, dont plus de moitié sont situés en zone rurale. Installées dans des locaux publics, dans les mairies, médiathèques ou centres culturels, ces cyber-bases disposent d’au minimum cinq ordinateurs connectés en haut débit sur la toile mais aussi et surtout d’animateurs qualifiés. Le temps de consultation étant libre, 10

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

les utilisations sont diverses et variées, lecture de mails pour certains, recherche de renseignements pour d’autres. Pour de nombreux seniors, c’est aussi l’occasion de participer à des ateliers de découverte d’Internet, de familiarisation avec l’usage d’une souris et d’un clavier, ou encore d’apprentissage de logiciels de bureautique comme Word ou Excel. En cas de besoin, les animateurs sont également disponibles pour donner

© Framboise Esteban

de chez vous

tous types de coup de main de la rédaction d’un CV à une télé déclaration d’impôts en passant par le traitement de photos numériques. Fort de

son succès, le réseau devrait s’agrandir dans les six prochains mois avec l’ouverture d’au moins trois nouvelles bases.


Dossier

La campagne oui, le désert non !

Un boulanger créateur de lien social Transports Frédéric Jaugey a choisi d’installer son fournil en pleine campagne aveyronnaise. Rencontre.

© Grimault Emmanuel

Depuis le mois de mars dernier, les habitants des alentours de Puy-l’Evêque ont à leur disposition dans les locaux de la Communauté de communes de la Vallée du Lot et du Vignoble une borne interactive qui leur permet d’avoir accès à différents services publics

Les services publics à portée de main …du Pôle emploi, à la CAF en passant par la Chambre des métiers et de l’artisanat, la Banque de France ou encore la Cram… Baptisé « Point-visio public », ce dispositif innovant a été lancé par la Région en partenariat avec les collectivités locales afin de faciliter l’accès aux services via la mise en relation

entre la population rurale et quelque 17 fournisseurs de services publics. Grâce à un système de visioconférence et d’écran tactile élaboré par Orange, les administrés peuvent dialoguer en direct avec un agent, sur rendezvous, et ainsi gérer leur dossier de demandeur d’emploi, de retraite ou encore d’allocations familiales. Le tout

sans parcourir des kilomètres en voiture. Alors qu’un second guichet vient d’ouvrir à Trie-sur-Baïse, dans les Hautes-Pyrénées, le Conseil régional prévoit la mise en place de 80 PVP sur l’ensemble de son territoire d’ici à quatre ans, pour un coût évalué à 2,4 millions d’euros.

© Emmanuel Grimault

© Nina Camberoque

S’il a grandi en banlieue parisienne, c’est lors de ses études en Corrèze qu’il s’est rendu à l’évidence qu’il était « fait » pour la vie rurale. « Pour la qualité de vie incomparable », témoigne Frédéric Jaugey. Après avoir « bourlingué » et travaillé dans l’agriculture biologique, ce papa de 35 ans a finalement choisi de se reconvertir professionnellement pour devenir boulanger dans la campagne aveyronnaise. Installé depuis quatre ans à Nuces dans une ferme bio, il prévoit de s’agrandir et déménager son fournil à pain à Comps-la-Grand-Ville. Lancé en collaboration avec le maire de cette petite commune de 600 habitants, le projet devrait voir le jour d’ici à la fin de l’été, notamment grâce à des aides de la Région. « Il ne s’agira pas seulement d’une simple boulangerie, mais plutôt d’un lieu de rencontres où se tissent des liens sociaux et où l’on fabrique du pain et de la brioche bio à l’ancienne, explique Frédéric Jaugey. L’idée est d’apporter un nouveau moteur pour la vie de la commune ». Éthique, sa démarche se veut néanmoins économiquement viable. « À la campagne, on est obligé d’aller chercher le client, alors je vends aussi mon pain sur des marchés à Rodez, et je travaille avec des restaurants et une cuisine centrale », ajoute-t-il. Une stratégie qui marche puisqu’il songe même à développer une activité de pâtisserie. Avec des recettes de grand-mère, et des produits bio, évidemment !

La parole à Charles Marziani, Vice-président en charge des transports

Que fait concrètement la Région pour améliorer les transports dans les zones rurales ? L’idée majeure, c’est de favoriser l’accès à un réseau routier et ferroviaire performant partout sur le territoire. Pour ce faire, nous accompagnons l’État dans la modernisation de ses routes nationales et nous développons le TER. La Région a ainsi rénové les gares rurales et multiplié les dessertes. Il circule en Midi-Pyrénées 356 trains quotidiens, contre 150 il y a dix ans, ce qui a permis de créer 1 474 arrêts quotidiens supplémentaires, alors que l’État supprime au contraire des arrêts « Grandes lignes ». Que faire pour réduire les retards et suppressions de trains ? Ils sont en grande partie dus à l’usure du réseau régional, qui est très ancien et qui était mal entretenu par l’État. Des lignes comme celle de l’Ariège, du Gers, de l’Aveyron, allaient fermer d’ici 5 à 10 ans. Nous avons pris l’initiative du Plan rail pour rénover et moderniser 500 km de voies. Il garantit l’avenir du TER, et son développement. Par exemple, grâce au doublement de la ligne entre Saint-Sulpice et Toulouse, nous pourrons augmenter en 2013 le nombre de TER dans le Tarn et l’Aveyron. Et là où le train ne va pas ? Nous entretenons un réseau important de cars TER, qui desservent les principaux axes ruraux. Nous participons également au financement du TAD, le transport à la demande, qui est très apprécié des habitants des zones rurales, notamment. Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Ma planète La ferme bio ?

PNR des Pyrénées Ariégeoises

Vous verrez, c’est indiqué !

labellisé agenda 21

Après celui des Grands Causses, c’est au tour du Parc Naturel Régional des Pyrénées Ariégeoises de voir sa charte reconnue « Agenda 21 » par L’État. Outre son contenu, c’est la façon dont elle a été élaborée qui lui a valu cette labellisation. Pendant trois ans, une centaine de réunions ont été organisées sur le territoire du PNR, des enquêtes ont été lancées auprès des élus, des associations, des institutionnels… Un travail de longue haleine mais indispensable puisque ce document fera office de

feuille de route au PNR pour les 12 ans à venir. À la différence d’un Parc National dont l’unique raison d’être est de protéger un espace naturel fragile, un Parc Naturel Régional est davantage une structure rassemblant des communes, 142 dans le cas des Pyrénées Ariégeoises qui regroupe 43 500 habitants, auxquelles s’ajoutent le Conseil général

de l’Ariège et le Conseil régional MidiPyrénées. Protéger le patrimoine naturel est un des objectifs des PNR, mais il s’agit également de promouvoir le développement durable d’un territoire. Ainsi, la petite équipe d’une douzaine de personnes employée par le Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises compte dans ses rangs des ingénieurs, des experts en énergies renouvelables, en urbanisme, qui se tiennent à la disposi­tion des communes et les accompagnent dans leurs projets.

© Patrice Thébault

© Dominique Viet/CRT Midi-Pyrénées

Première région de France en surface de culture certifiée Agriculture Biologique, Midi-Pyrénées se classe également en deuxième position en ce qui concerne le nombre d’exploitations labellisées AB, près de 1 300. Pour mieux mettre en valeur ces agriculteurs Bio, la Région propose à ces derniers d’installer sur leur

propriété des panneaux indiquant que leur exploitation est certifiée agriculture biologique. Un premier lot de 500 panneaux a déjà été distribué aux agriculteurs ayant bénéficié de l’aide à la certification dans le cadre du plan Bio lancé par la Région en 2007 et renforcé l’année dernière.

58 chantiers de jeunes bénévoles dans la région cet été

© Rempart

Cet été, vous croiserez peut-être en vous promenant dans un village de Midi­Pyrénées, un groupe d’une vingtaine de jeunes qui s’affairent autour d’un lavoir (Puy l’Évêque, 46), restaure des maisons anciennes (Camarés, 12) ou une église (Maleville, 12). Si votre curiosité vous pousse à les aborder, choisissez plutôt la langue de Shakespeare, car ces adolescents ou ces jeunes adultes, viennent de toute l’Europe voire au-delà. Ces chantiers internationaux de jeunes volontaires, lancés aprèsguerre dans un esprit de réconciliation entre les peuples, fleurissent chaque année dans toute la France. En Midi-Pyrénées, cinq associations, coordonnées par une sixième, sont à l’œuvre pour encadrer plusieurs centaines de jeunes. « Les communes trouvent dans ces chantiers

12 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Utilisation de techniques tradition­nelles de mortier à la chaux pour le rejointoiement d’un mur tombé en ruine.

internationaux de jeunes volontaires l’opportunité de sauver un petit monument du village et du même coup un peu de leur identité, mais aussi d’insuffler un peu de vie dans le village, » explique Jean-Claude Traval, vice-président du Conseil régional chargé des sports et de la vie associative. Pendant la durée des travaux, les jeunes sont en effet le plus souvent hébergés dans des bâtiments mis à leur disposition par la commune et participent à la vie du village. Cet été, une cinquantaine de chantiers seront menés dans tous les départements de la région grâce au financement des communes principalement, mais aussi avec l’aide de l’État et des collectivités locales, dont la Région qui verse un forfait de 900 euros par chantier. Comme chaque été, Jean-Claude Traval et Frédéric Rame, directeur régional de la Jeunesse et des sports iront à la rencontre de ces jeunes. ils se rendront notamment à Calmont d’Olt dans l’Aveyron où un chantier de restauration de château est en cours.


© Jurgen Schadeberg

GUIDE GRATUIT DU CONSEIL RÉGIONAL

2010 . 2011

FESTIVALS EN MIDI-PYRÉNÉES

Disponible en librairies, offices de tourisme, boulangeries, supérettes, sites culturels et de loisirs, Maison Midi-Pyrénées à Toulouse

www.midipyrenees.fr 5DGLFL$LQGG




Vivre al Païs Le monde en photos à Lectoure Guide des

Festivals

© Centre de photographie de Lectoure / B. Segonzac

Pour mettre entre vos 2 mains, en 1 seul volume, toute la programmation des 185 festivals soutenus par la Région, celle-ci diffuse depuis le 8 juin les 450 000 exemplaires de son 12e Guide des Festivals. Disponible dans 3 200 points de distribution (Offices du tourisme, hôtels, campings, cinémas…) le guide réunit en 222 pages et 21 rubriques, l’ensemble des manifestations programmées dans les 12 prochains mois et les 8 départements. Les informations sont accessibles selon 3 entrées : thèmes, date ou localisation. Son prix ? 0 euro ! Pour sa vingtième édition, l’Été photographique de Lectoure, dans le Gers, réunira photos et œuvres d’une dizaine d’artistes du monde entier ainsi que des conférences, des projections de films, le tout dans une dizaine de lieux de la commune.

Avec un léger accent japonais tout de même, puisque deux artistes originaires du pays du soleil levant seront présents ainsi qu’Emmanuelle Riva,

l’actrice du film culte d’Alain Resnais Hiroshima mon amour qui exposera les clichés réalisés en 1958 quelques jours avant le tournage. « En vingt

Escapades, les arts vivants

en festival à Condom

© Kim-Lin Bailly

Du 5 au 8 août, pour sa deuxième édition, le festival Escapades réunit dans le Gers 14 compagnies ou artistes en solo, pour autant de spectacles parfois gratuits, mêlant chorégraphie, théâtre, mime, contes, acrobaties, performances, installations, vidéos et toutes leurs formes combinées. Escapades, c’est aussi une occasion de redécouvrir le coeur de la cité de Condom, ses hôtels particuliers, ses chais, ses ruelles, son histoire. «Solos» de Kaori Ito, un univers fantastique imprégné de magie.

Tout le programme sur : www.festival-escapades.fr 14

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

ans, l’été photographique de Lectoure a acquis une renommée internationale par la qualité de sa programmation tout en sachant rester accessible

Le guide est également disponible en ligne sur www.midipyrenees.fr

au grand public, se félicite Dominique Salomon, vice-présidente du Conseil régional Midi-Pyrénées chargée de la Culture et du Patrimoine. L’été photographique de Lectoure, du 17 juillet au 22 août, tous les jours, de 14 heures à 19 heures, renseignements au 05 62 68 83 72 ou sur internet : www.centre-photo-lectoure.fr

L’opéra de Zola sur l’Ariège redécouvert Créé pour la première fois en 1897, l’opéra Messidor dont le livret a été écrit par Émile Zola (musique de Bruneau) n’avait pas été joué depuis près de cent ans. Il est enfin ressorti de l’oubli dans lequel il était tombé au travers de deux représentations données en septembre dernier au Carla-Bayle, en Ariège. C’est dans le cadre d’un programme de coopération transfrontalière intitulé « la Culture en héritage » mené entre les communes du Carla-Bayle, de Pailhès et d’Artigat, de la communauté de communes de l’Arize, ainsi que de la commune espagnole de Barbastro (Aragon) qu’un tel projet a pu aboutir. Dans cette pièce lyrique, Zola décrit la misère paysanne en Ariège durant le XIXe siècle. Pour garder une trace de l’événement et le partager avec les partenaires espagnols du projet, un DVD a vu le jour, sous-titré en français et en espagnol. À noter qu’un spectacle son et lumière retraçant un épisode de l’histoire de la commune de Barbastro (la bataille pour son territoire entre les chrétiens et les musulmans au XIIe siècle) sera donné le 24 juillet à Pailhès. Messidor, l’or de l’Ariège en DVD, disponible à la mairie du CarlaBayle, 20 euros Le siège de Barbastro, le samedi 24 juillet à 22h30, derrière l’église de Pailhès. Entrée libre


Vivre al Païs Ostal Joan Bodon a Crespinh dins Avairon

A l’encòp musèu e centre cultural, a per tòca de valorizar la cultura occitana a l’entorn de l’òbra d’un de sos escrivans mai famoses. Per sa situacion geografica, Crespinh se tròba al còr d’Occitània. Es aquí ont nasquèt Joan Bodon en 1920. La comuna crompèt lo vaissèl de la bòrda de l’ostal natal e l’adobèt en partenariat ambe la Region, la comunautat de comunas del Naucelés e lo Conselh General. Botat en scèna per B. Cauhapé, aquò’s una escorreguda ludica e susprenenta dins l’òbra de Joan Bodon prepausada al visitaire. Una passejada de doblidar pas entre bòrnas interactivas, vidèos, mariòtas, creacions de plasticians, fòtos, musica, efèits sonòres… a la descobèrta d’una creacion literària remirabla. Per Guilhèm Latrubesse, conselhièr regional delegat a la cultura occitana : « L’Ostal Joan Bodon capita de

© Georges Maignal

Installée dans la maison du romancier Jean Boudou disparu en 1975, cette structure vient d’ouvrir ses portes au public.

desvelar l’autor en lo plaçant dins son environa e balha un imatge modèrne, positiu, contemporanèu de l’occitan. Nos fa descobrir tota la diversitat qu’èra Joan Bodon. Escriviá en occitan, tot simplament pr’amor qu’èra la lenga de la siá maire, e es per aquela lenga que se pensava lo mond. « Aquel jorn, sabi que vendrà » çò escriviá, l’Ostal Joan Bodon i nos convida. La region tanben ». Al programa  de las animacions

Inauguration de l’Ostal Joan Bodon en mai 2010.

d’aqueste estiu : Eric Fraj lo 26 de julhet, Fial de Lana lo 5 d’agost, conferéncia d’Alem Surre Garcia lo 26 d’agost, nuèits « cinemà al canton » los 18 e 19 de setembre ambe Crestian Pèire Bedel) Plus d’infos : ojb12@laposte.net Tél. : 05 65 42 16 53

Des talents régionaux au festival

© Matthieu Mailhé

international du film d’animation d’Annecy

Sur le tournage du film d’animation «Happiness»

« Les Controverses de Marciac » : Venez débattre ! Il n’y a pas que les amateurs de musique que l’on retrouve chaque été dans le Gers lors du très côté festival Jazz in Marciac. Il y a aussi, depuis plus de quinze ans, des historiens, des économistes, des élus, des chercheurs en tous genres et de simples citoyens venus de toute l’Europe mais aussi d’ailleurs pour débattre durant trois jours dans le cadre des « Controverses de Marciac » de l’évolution de notre alimentation, du monde agricole et rural. La 16e édition de cette manifestation internationale unique en France est organisée par la Communauté de communes « Bastides et Vallons du Gers » et par la Mission Agrobiosciences. Elle se déroulera cette année du 30 juillet au 1er août sur le thème inépuisable de « La Méditerranée au cœur de l’Europe » en présence de très nombreux intervenants provenant du pourtour méditerranéen. Déjà associées à « Magyar Agrarakadémia » - l’Académie agricole hongroise -, les Controverses de Marciac officialiseront, pour cette édition, leur jumelage avec « Les forums de Cordoue », lesquels organiseront en 2011 de nouveaux débats à partir des réflexions conduites à Marciac. Ces rencontres sont ouvertes à tous. Renseignements et inscriptions

au 05 62 88 14 55 Le plus grand événeou lucie@agrobiosciences.com ment mondial entièrement consacré au cinéma d’animation s’est tenu à Annecy début juin. Plusieurs productions midi-­pyrénéennes soutenues par la Région ont été présentées aux professionnels qui avaient fait le déplacement à la recherche de nouveaux talents. Alors qu’il soufflait cette année ses 50 bougies, le Festival du film d’animation aura tenu ses promesses en permettant la découverte des derniers chefs d’œuvre animés, la présentation de grands noms et de jeunes talents, la détection des nouvelles tendances et la rencontre de partenaires potentiels. Deux productions régionales, « Happiness, on veille sur vous », pilote d’une série d’animation réalisée par Mathieu Mailhé et « Toile de front », projet de long métrage réalisé par Marc Ménager ont fait partie de la sélection officielle du festival tandis que la société toulousaine TAT productions présentait au marché du film d’animation « Des nouvelles de la jungle », nouvelle série en 3D de David Alaux et Jean-François Tosti. Ce programme a été préacheté par France Télévisions et sera diffusé en décembre 2011. Par ailleurs, TAT, Cyrus Production et Xbo Films-La ménagerie étaient également présents sur un stand du marché du film. Tous ces professionnels du film d’animation – auteurs et producteurs - ont bénéficié d’une aide financière de la Région pour mener à bien leurs projets. Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Décodage Tourisme en Midi-Pyrénées

Tourisme en Midi-Pyrénées : l’économie de tous les plaisirs !

© Brigitte Bordes

La belle saison est pour la plupart d’entre nous synonyme de vacances et de plaisirs. Mais pour les milliers de Midi-Pyrénéens qui vivent du tourisme, elle annonce surtout une montée en régime de l’activité ! Gros plan sur la face cachée de l’été dans notre région…

45 000 emplois « Dans notre région, le tourisme représente plus de 45 000 emplois, dont 35 900 dans le secteur privé. On considère par exemple que le tou16 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

risme pèse pour 56 % dans l’activité café et restauration de notre région » explique Jean-Louis Guilhaumon vi-

ce-président de la Région chargé du tourisme. Concernant l’hébergement professionnel, notre région possède

Midi-Pyrénées : destination préservée, familiale… et tendance ! Concernant l’accueil de la clientèle française, la région MidiPyrénées occupe la huitième place au classement des régions françaises, et toujours la troisième au palmarès des régions noncôtières. 30 % de nos visiteurs nationaux habitent le sud-ouest (Midi-Pyrénées et Aquitaine), 17 % viennent d’Ile-de-France, 15 % des régions méditerranéennes (Languedoc-Roussillon et Provence-Alpes-Côte d’Azur)… autant de régions qui possèdent elles-mêmes un fort potentiel touristique ! Alors, Midi-Pyrénées, destination préservée, familiale et tendance ?

Une destination abordable financièrement

© Eric Medous

Avec plus de 80 millions de visiteurs accueillis chaque année, la France est le pays le plus touristique au monde ! Le tourisme international génère annuellement en France quelque 35 milliards d’euros de recettes, plaçant notre pays au 3e rang mondial derrière les États-Unis et l’Espagne, mais devant l’Italie. Et encore ces chiffres ne tiennent-ils pas compte des voyages effectués dans notre pays par les Français eux-mêmes ! Toutes nationalités confondues, la consommation touristique s’élève en réalité à plus de 100 milliards d’euros, soit plus de 6 % du PIB ! En 2009, Midi-Pyrénées comptabilisait quant à elle plus de 86 millions de nuitées, dont 43 % pour les seuls mois de juillet et août. Ce chiffre, calculé notamment à l’aide de comptages routiers, comprend aussi bien les hébergements marchands que non marchand (séjours dans la famille, chez des amis ou en résidences secondaires…).

un parc de près de 350 000 lits dont 38 % dans les campings, 24,5 % dans les hôtels, 17 % dans les locations meublées, 11 % en hébergement collectif, 5 % dans les résidences de tourisme, 2,5 % en chambre d’hôte et 2 % en gîte et refuge. En 2009, les hôtels midi-pyrénéens ont enregistré pour leur part près de 9 millions de nuitées, dont un quart réalisées à Toulouse… et un tiers dans la seule ville de Lourdes ! Précision : ce tourisme lié aux pèlerinages catholiques fait des Italiens la première clientèle étrangère de notre région ! Ainsi, sur vingt Italiens réservant une chambre dans un hôtel midi-pyrénéen, un seul ne se rend pas dans la ville de Bernadette Soubirous ! Au total, les étrangers représentent un tiers de la clientèle hôtelière de la région.

Des études ont aussi estimé le budget vacances moyen par jour et par personne sur notre région à 25 euros. Sachant que la durée d’un séjour avoisine 6 jours, l’enveloppe vacances moyenne pour une famille de 4 personnes est donc de 600 euros. Pour Jean-Louis Guilhaumon, vice-président de la Région chargé du tourisme : «  Ce chiffre, qui totalise l’ensemble des visiteurs

quel que soit le mode d’hébergement, vacances chez la famille ou chez les amis inclues, situe notre région comme une destination relativement accessible ». Au palmarès des monuments et sites midi-pyrénéens les plus visités, c’est un « petit jeune », le Viaduc de Millau qui occupe la première place, suivi de la Cathédrale Sainte-Cécile d’Albi (ces deux sites affichant plus de 500 000 visites par an). Viennent ensuite le Gouffre de Padirac (46), le Muséum d’Histoire Naturelle de Toulouse, le musée Bernadette Soubirous (Lourdes), la Cité de l’Espace (Toulouse) et les Grottes de Bétharram à Saint-Pé-de-Bigorre (65). Avec plus de 150 000 visiteurs chaque année, Les Jacobins de Toulouse, la Coutellerie de Laguiole (12) et les Caves Société à Roquefort (12) complètent ce « Top 10 ». À noter la belle représentation du tourisme industriel avec une quinzième place décrochée par l’usine Airbus de Colomiers.


Décodage

Tourisme en Midi-Pyrénées

Opération premier départ : pas de vacances pour l’égalité des chances

Au-delà des photos souvenirs et des belles couleurs que l’on arbore à la rentrée des classes, les vacances sont aussi l’occasion pour les plus jeunes de quitter quelques jours durant leur cellule familiale et de découvrir de nouvelles activités, de nouveaux camarades, de nouveaux horizons. Il s’agit donc autant de divertissement que de découverte et d’initiation. D’ailleurs, quel adulte ne se souvient pas des vacances de ses tendres années ?

2000 enfants chaque année Afin qu’aucun enfant ne puisse être privé, pour des raisons économiques notamment, de cette expérien-

ce, l’opération « premier départ » a vu le jour il y a quinze ans. Comme son nom l’indique, cette initiative permet à des enfants de 6 à 14 ans qui ne sont jamais partis en vacances (un sur quatre d’après certaines études) de vivre leur premier départ. Chaque année, près de 2000 jeunes sont ainsi inscrits pour des séjours de 8 à 14 jours dans l’un des 50 centres de vacances midi-pyrénéens partenaires de l’opération.

© Viet Dominique/CRT Midi-Pyrénées

Histoire d’amour et d’air pur L’hôtellerie de plein air, alias le camping, affichait en 2009 près de 4,4 millions de nuitées. Phénomène peu connu du grand public : avec une part de 62 % de la clientèle étrangère, on peut en effet parler d’une vraie histoire d’amour entre les Néerlandais et les campings de MidiPyrénées. Cette idylle est dûment entretenue par la Région par des campagnes de communication organisées aux Pays-Bas (présence d’un stand Midi-Pyrénées dans les salons locaux, actions à destination de la presse, des voyagistes…). D’une façon plus générale, Midi-Pyrénées se place, tous modes d’hébergement confondus, au septième rang des régions françaises pour l’accueil de touristes étrangers. Un classement plus qu’honorable quand on connaît le tropisme qu’exercent les zones côtières sur les vacanciers. D’ailleurs, Midi-Pyrénées passe en 3e position au palmarès des régions intérieures, après Rhône-Alpes et l’Ile-deFrance. Outre les Italiens (23 % de la clientèle étrangère du fait des pèlerinages à Lourdes), les étrangers séjournant en Midi-Pyrénées sont le plus souvent néerlandais (21 %), anglais (12 %), espagnols (10 %), belges (9 %) ou allemands (7 %).

© Patrice Thébault

Parce que les vacances, c’est bien plus que des vacances, la Région et les CAF de Midi-­Pyrénées sont à l’initiative de l’opération « premier départ » des 6-14 ans. 2010 sera la 15e édition de cette opération qui revêt un caractère exemplaire.

Les familles versent une participation modeste quand elles le peuvent, ou sont supplées par les centres communaux d’action sociale. Dans un souci de mixité, chaque jeune bénéficiaire de l’opération rejoint un centre de vacances accueillant des enfants de toutes conditions. Une attention particulière est portée sur la qualité de l’encadrement, des activités et thématiques proposées (équitation, randonnée, VTT, canoë-kayak…). Le succès de cette initiative qui est le fruit d’un solide partenariat

entre la Région Midi-Pyrénées et les 8 CAF départementales supportant la presque totalité du financement, s’appuie sur le concours de la SNCF pour le transport des enfants, et de l’UNAT Midi-Pyrénées, organisateur des séjours et coordinateur auprès des centres de vacances. Des liens ont également été noués avec le Secours Catholique et le Secours Populaire Français. Pour tout renseignement sur les « premiers départs », contactez la CAF de votre département.

Tourisme « à domicile » ! Point n’est besoin de changer d’hémisphère ou débourser fortune pour être dépaysé… notamment lorsqu’on a la chance d’habiter une région au climat accueillant, dont la variété des sites et des paysages ne laisse que l’embarras du choix. Avec un avantage : pas de trajets interminables ou de mauvaises surprises à l’arrivée ! Organisme associatif financé par le Conseil régional, le Comité régional du tourisme de Midi-Pyrénées est là pour vous aider à concocter des vacances inoubliables « à domicile ». Outre la mise à disposition de guides thématiques actualisés chaque année, le site internet tourisme-midi-pyrenees.com vous informe sur l’ensemble des séjours et activités possibles dans la région : une mine inimaginable ! Une recherche par thème vous permet de choisir efficacement vos vacances en fonction de votre budget, de vos attentes et de vos centres d’intérêt. Mieux encore, la centrale de réservation régionale Midi-Pyrénées Vacances Loisirs a retenu pour vous une sélection d’offres sur les huit départements que compte Midi-Pyrénées. Plus d’infos sur www.reservationmidipyrenees.com ou par téléphone au 05 34 25 05 00 (prix d’un appel normal).

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 -

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Développement

Des efforts pour l’apprentissage des langues étrangères La Région débloque des fonds pour équiper les lycées publics de laboratoires de langues.

© Valérie Quéméner

En 2009 une étude conduite par L’Europe est venue confirmer la faible qualité du système français d’apprentissage des langues étrangères en le classant au 6e rang des plus mauvais systèmes européens. À la suite de ce constat alarmant, la Région a pris la décision de débloquer un million d’euros en faveur d’un programme d’équipements supplémentaires en laboratoires de langues de l’ensemble des lycées publics de Midi-Pyrénées. Pour mettre en place ce programme ambitieux qui vient compléter les équipements déjà existants, les services de la Région ont travaillé en étroite collaboration avec des chefs d’établissement, des enseignants de langues étrangères, des gestionnaires de lycées et des inspecteurs pédagogiques. Ce programme d’équipements prévoit l’aménagement de salles spécifiques disposant des tout derniers outils informatiques disponibles : ordinateurs, vidéo projecteur associé à un système audio voire

tableau blanc interactif. En plus de ces salles réservées à l’enseignement en classe entière, des « espaces langues » ont été conçus pour permettre le travail en petit groupe. Ces « espaces langues » permettent l’accès à une unité de projection ainsi qu’à un ensemble de postes informatiques équipés de casques et de micros favorisant le travail individuel, un pôle de travail collectif privilégiant les échanges oraux et, dans certains cas, un point documentaire. L’objectif à court terme est d’installer 30 espaces langues et d’équiper chaque lycée public d’au moins deux salles de langues, trois pour les lycées de plus de 600 élèves et 4 pour ceux de plus de 1 200 élèves. Apprentissage et maîtrise des langues étrangères par les Européens Si 100% des lycéens français reçoivent des cours de langues vivantes, les adultes déclarent à plus de 41% ne savoir parler aucune langue étrangère. C’est l’anglais qui est à la fois la langue la plus étudiée et la plus parlée par les Européens non britanniques, le français arrivant premier pour les langues étudiées par les Anglais et les irlandais.

Reprise d’entreprises : l’option coopérative

Depuis que la reprise partielle par sept de ses salariés a été approuvée, elle a également changé de forme pour devenir une Société Coopérative de Production (SCOP), tout en sauvegardant un savoir-faire qui lui permet de tricoter aussi bien du coton pour de grandes marques de l’habillement que du kevlar pour l’industrie automobile et aéronautique. « Nous étions une petite équipe très soudée et motivée pour reprendre l’entreprise », explique Magali Bèges, ancienne directri18

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ce administrative de TAT et gérante de la Maille au Personnel. « Après quelques recherches, nous avons contacté l’Union Régionale des Scop (URSCOP) qui nous a aidés à monter le projet. Pour racheter l’entreprise, on a tous ouvert notre portefeuille. » Principal changement dû au passage sous forme de SCOP, les bénéfices de l’entreprise sont désormais répartis en trois parts : une pour les salariés-associés qui ont investi dans l’entreprise, une pour les autres salariés, et la dernière pour renforcer les fonds propres de l’en© Philippe Grollier

En devenant la Maille au Personnel, l’entreprise Textile Aero Tarn (TAT), basée à Montredon-Labessonnié (81) n’a pas fait que changer de nom.

treprise et lui permettre d’investir. « Dans les années à venir, de nom-

breux chefs d’entreprise vont partir à la retraite, et la transmissionreprise d’entreprise sous cette forme coopérative est une des options à développer, » explique Bernard Raynaud, viceprésident du Conseil régional chargé de l’emploi, de l’innovation et du développement économique. « C’est dans ce but que nous avons mis en place le plan Entreprendre Midi-Pyrénées, pour accompagner la création, la transmission et la reprise d’entreprises y compris sous cette forme coopérative. » Ateliers de la Maille au Personnel


Développement

Un repas midi-pyrénéen par semaine Depuis le début de l’année, les lycéens de Midi-Pyrénées profitent d’un repas par semaine cuisiné à partir de produits régionaux sous signe d’identification de la qualité ou de l’origine (SIQO), en particulier issus de l’agriculture biologique. Pour l’année 2010, cela représentera un total de 2 600 000 repas et un surcoût d’1 euro par repas intégralement pris en charge par le Conseil régional qui souhaite ainsi valoriser la production régionale agricole de qualité, aider la filière bio à se structurer mais aussi sensibiliser les élèves des lycées à l’importance de bien se nourrir.

Restaurant scolaire du lycée de Pins-Justaret

15 nouveaux produits SIQO

© Patrick Galibert

Le nombre de produits sous Signes d’Identification de la Qualité et de l’Origine (SIQO) en Midi-Pyrénées est passé à 120 récemment. Cela s’explique par l’entrée en vigueur le 1er août 2009 de la nouvelle réglementation européenne sur le vin qui a entraîné la requalification des « vins de Pays » en vins bénéficiant d’une Indication Géographique Protégée (IGP).

le plus gros chantier ferroviaire de France

De Capdenac, dans le Lot, partent quatre lignes de chemin de fer : vers Toulouse, Rodez, Brive et enfin vers la carrière de Bagnac. D’où le nom d’étoile de Capdenac donné à ce carrefour ferroviaire. Dans le cadre du Plan Rail lancé par la Région Midi-Pyrénées en 2008, l’ensemble des voies qui constituent l’étoile de Capdenac sera bientôt entièrement remis à neuf pour permettre aux trains de rouler à nouveau à pleine vitesse et améliorer le confort des En chiffres passagers. Ce chantier, •210 kilomètres de voies le plus important de •384 000 tonnes de ballast France sur des lignes ré•289 000 traverses gionales puisqu’il repré•340 kilomètres de rail •plus de 400 personnes sente à lui seul 15 % des travaillent chaque jour, uniapprovisionnements en quement sur le chantier de la matériaux (rails, ballast, ligne Tessonnières-Capdenac traverses…) à l’échelle • 161,9 millions d’euros : le nationale, se déroule coût total réparti entre la Région (1/3), Réseau ferré de en trois phases : depuis mars et jusqu’à fin juillet France (1/3) et l’Etat (1/3). sur la ligne Tessonnières/Capdenac, du 17 mai et jusqu’au 20 août sur la ligne Capdenac/ Rodez et de début août à fin novembre sur la ligne Capdenac/ Brive. Pendant les périodes concernées, des cars de substitution assurent la continuité du service. À noter : la Région et la SNCF ont décidé d’accorder une réduction de 20 % sur les abonnements TER (actifs et étudiants) des usagers de ces lignes pendant la durée des travaux. Plus d’info : www.ter-sncf.com/Regions/Midi_Pyrenees/Fr/

Soins infirmiers : la Région s’engage pour la revalorisation des diplômes Un baccalauréat, trois ans d’études en institut et à la fin un diplôme d’État : voilà quel était le schéma classique de formation des élèves en soins infirmiers jusqu’en septembre 2009. Depuis cette date la formation au métier d’infirmier a intégré officiellement l’architecture européenne des études supérieures universitaires dite Licence-Master-Doctorat. Résultat ? Les étudiants qui sont entrés en 1er année en 2009 se verront remettre conjointement à la fin de leur cursus un diplôme d’État et une licence. Cette réforme qui participe à la revalorisation des études d’infirmières prévoit entre autres de nouveaux enseignements dispensés par des enseignantschercheurs habilités par l’université. Elle nécessite la mobilisation de nouveaux moyens humains, parmi lesquels des formateurs plus nombreux plus diplômés, mais aussi ma-

© Marie Delagnes

Plan Rail : L’étoile de Capdenac :  

tériels comme la mise à disposition de locaux supplémentaires pour les travaux dirigés en groupes restreints. Une mise à disposition des outils de formation à distance de la Région est également au programme. Cette réforme qui implique donc la mise en œuvre d’une nouvelle coopération entre la Région, les instituts de formation et l’Université Paul Sabatier coordinatrice des enseignements s’est traduite par la signature fin juin d’une convention entre ces derniers.

Carte étudiant, aides relevant du CROUS : grâce à cette convention les étudiants en soins infirmiers pourront par ailleurs désormais bénéficier des mêmes avantages que l’ensemble des étudiants de l’université. En Midi-Pyrénées neuf cent soixante-sept personnes sont concernées par cette réforme pour laquelle la Région qui assure le financement des formations sanitaires et sociales va débloquer 500 000 euros supplémentaires. Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août -

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Développement Le centre de Bien-Être de Capvernles-Bains complète ses équipements

Connue pour les vertus thérapeutique des ses eaux, Capvern les Bains poursuit le développement de son offre de séjours « minceur  ». Depuis trois ans, la

Région accompagne cette station thermale des Hautes-Pyrénées pour la création d’un centre de Bien-Être. La restructuration et l’extension des Thermes « Haount Caount  » per-

mettent désormais aux curistes de bénéficier de nouveaux équipements, répartis sur plus de 1100 m2. Esthétique, diététique, massage, aquagym et hammam sont au programme depuis le début de l’été, dans un esprit « Viking ». Midi-Pyrénées, riche de ses 18 stations, a fait du thermalisme un des axes forts de sa politique touristique. Elle encourage la modernisation des équipements liés aux aspects thérapeutiques du thermalisme, mais incite également à la diversification de l’activité des stations, notamment par le thermoludisme. Elle soutient aussi les thermes dans leurs efforts concernant la qualité de la ressource en eau, ou sur des projets de valorisation énergétique des eaux thermales. Les calories des eaux naturellement chaudes peuvent ainsi

Former les salariés en chômage partiel En réponse au danger que la crise économique fait peser sur l’emploi et à la multiplication des menaces de licenciement, la Région a mis en place en juin 2009 le dispositif « Qualification plus », qui permet de financer des formations qualifiantes pour des salariés en chômage partiel, contre l’engagement de leur employeur de ne pas recourir à des licenciements. En un an, ce sont 943 salariés de 87 entreprises qui ont bénéficié de formations. Les menaces qui continuent de peser sur l’emploi, ainsi que les bons résultats de l’opération, ont conduit Midi-Pyrénées à prolonger « Qualification Plus » jusqu’à la fin de l’année.

être utilisées pour chauffer locaux, eau sanitaire, ou même le sol d’espaces non couverts pour les préserver de l’enneigement.

Microcrédit : un coup de pouce qui fait la différence

« Aller voir les banques, pour nous, c’était une perte de temps, on ne les intéresse pas ». Ce constat sans appel, Philippe Lacroix l’a fait il y a quelques années quand il a voulu monter son propre petit commerce de vente ambulante, après que la petite entreprise qu’il dirigeait a mis la clé sous la porte. « J’étais artisan, monteur offset (imprimerie) sous-traitant pour les grosses imprimeries de maisons d’édition. En 2001, avec l’apparition d’une nouvelle technique au laser, le métier que j’exerçais a tout bonnement disparu. J’avais 48 ans à l’époque, et retrouver un boulot à cet âge-là… ». Heureusement, des alternatives au système bancaire classique existent, comme le microcrédit, qui permet aux personnes en grande difficulté d’insertion d’obtenir les 20

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© Alain Baschenis

L’été, c’est la saison des marchés et celle des vendeurs ambulants en général. Un secteur dans lequel, pour monter son petit commerce, le microcrédit apparaît comme une solution toute indiquée, souvent la seule aussi…

Philippe Lacroix et son épouse vendent des épices sur le marché de la région.

quelques centaines d’euros nécessaires à la création de leur entreprise et par là même de leur propre emploi. C’est cette solution qu’a trouvée Philippe Lacroix, en contactant l’ADIE*, premier opérateur de microcrédit en France. Grâce à cette structure nationale soutenue en Midi-Pyrénées par la Région, il a par exemple pu acheter un véhicule utilitaire, constituer

un stock de marchandise, et louer du matériel… il a aussi fallu se reconvertir. « On a galéré pendant un ou deux ans », concède-t-il, « il a fallu apprendre le métier sur le tas, seuls ». Cela fait maintenant sept ans que Philipe Lacroix et sa femme écument les marchés, d’abord en vendant des vêtements et des bijoux, puis des épices, depuis deux ans sur les marchés

des environs de Tarascon-sur-Ariège. Depuis sa création en 1989, L’ADIE a déjà permis la création de 65 000 entreprises et de 78 000 emplois, dont 15 000 dans la vente ambulante. Plus d’infos au : 0800 800 566 (gratuit à partir d’un poste fixe).

*Association pour le Droit à l’Initiative Économique


Développement Nouveaux équipements pour la Coopérative du Haricot Tarbais

Menacé de disparition au tournant des années 80, le haricot Tarbais doit sa renaissance à la création, en 1988, d’une coopérative réunissant une douzaine de producteurs. Aujourd’hui, ce sont 64 adhérents qui fournissent chaque année les 130 tonnes de haricots que la coopérative trie, conditionne, stocke et commercialise. Le « Tarbais  », de culture familiale et confidentielle qu’il était, est devenu un produit recherché des amateurs, reconnu pour sa qualité avec l’obtention d’un Label Rouge en 1997 et d’une Identification Géographique

© Jean-Noël Herranz

De gauche à droite Gérard Trémège président de la Communauté d’agglomération du Grand Tarbes et conseiller régional, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées et Jean-Marc Bédouret, président de la coopérative du haricot tarbais lors de l’inauguration du nouveau bâtiment.

Nailloux : Midi-Pyrénées prend ses marques !

Protégée en 2000. La Région, engagée dans la promotion et le développement des produits agricoles de qualité, se devait d’accompagner les efforts des producteurs ; c’est chose faite avec la participation au financement de la modernisation de la ligne de triage et de conditionnement de la Coopérative, ainsi qu’avec le soutien à la construction d’un nouveau bâtiment, inauguré en mai dernier, qui permet l’accroissement des capacités de stockage. Midi-Pyrénées finance également cette année un audit de développement stratégique du haricot Tarbais.

Dans un an ouvrira en MidiPyrénées l’un des plus grands villages de marques à prix réduits du sud de la France. Déjà très présent en Italie, ainsi qu’en Allemagne ou en Espagne, ce type d’infrastructure commerciale permet aux grandes enseignes de l’habillement de déstocker les invendus des collections antérieures. Pour le consommateur, l’avantage est clair : acheter des produits de qualité à des tarifs inférieurs de 30 à 70 % aux prix habituels. Ce complexe commercial comptera dans un premier temps quelque 80 boutiques, réparties sur une surface de vente de plus de 20 000 m2. Pour autant, n’imaginez pas une sorte de hangar gigantesque relégué au fin fond d’une zone industrielle coupegorge. En réalité, c’est sur la commune rurale de Nailloux (31), non loin de l’intersection autoroutière Toulouse-Narbonne-Andorre, que prendront place les bâtiments d’un projet qui prendra l’allure d’un

village du Lauragais : les clients évolueront en plein air, le long de rues piétonnes pavées, arborées et bordées d’arcades. L’environnement est d’ailleurs respecté à tous les sens du terme, l’opération étant conçue et réalisée dans un souci d’économie énergétique.

Un pôle d’attractivité régional à part entière

Au-delà des retombées économiques sur le territoire (plus de 500 emplois directs à terme), le village des marques de Nailloux va devenir, avec plus de 1,7 million de visiteurs attendus annuellement, un pôle d’attractivité régional à part entière. C’est la raison pour laquelle la Région a d’ores et déjà réservé un espace de plus de 200 m2 sur le site, entièrement dédié à la promotion des grands sites touristiques de Midi-Pyrénées. Les visiteurs français et étrangers y trouveront une information complète sur l’offre événementielle, patrimoniale, culturelle et hôtelière de notre région.

La méthanisation : une solution écolo et économe que année, plus d’1 million de litres de lait y sont transformés en fromage de brebis. Grâce à l’unité de méthanisation installée dans les nouveaux locaux de la coopérative, à la sortie du village, André Parenti compte réaliser une économie de 15 % sur la facture d’électricité. Mais ce n’est pas l’unique intérêt. Les effluents de l’usine, soit plusieurs millions de litres de lactosérum et d’eaux blanches de rinçage viendront désormais alimenter l’unité de méthanisation, au lieu d’être déversés dans le système communal de traitement des eaux usées comme auparavant. Enfin, les boues produites par ce biais sont très riches en phosphore, ce dont les sols des environs manquent. Elles sont aussi très sèches, donc moins volumineuses, ce qui diminuera les coûts d’épandage.

© Viet Dominique/CRT Midi-Pyrénées

La méthanisation est particulièrement adaptée au secteur agricole et agroalimentaire. En quelques mots, il s’agit d’un procédé qui permet d’accélérer la décomposition de matières organiques et de transformer le gaz produit en énergie. En brûlant ce biogaz, on peut par exemple produire de l’électricité, chauffer des locaux ou, comme c’est le cas à la Coopérative fromagère des Bergers du Larzac, réinjecter directement cette énergie dans le processus de fabrication du fromage qui nécessite de maintenir les cuves à une certaine température. « Cela faisait plusieurs années que je cherchais un système pour traiter les effluents. La méthanisation, c’est la solution idéale » s’enthousiasme André Parenti, directeur de la coopérative intallée à la Cavalerie (12). Cha-

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Il était une fois…

Osez les usées mD ! Pas toujours facile de pousser la porte d’un musée, la faute à pas mal d’idées reçues : ennuyeux, passéiste, austère. Or les musées ont bien changé. Ils vous offrent aujourd’hui milles émotions, milles voyages. La prise de risque est infime et le prix souvent très abordable. Autant de raisons pour se laisser tenter !

Salle Picasso au Musée des Abattoirs à Toulouse

u plus ancien musée de la région, le musée des Augustins à Toulouse, au futur musée Soulages de Rodez, l’histoire des musées en Midi-Pyrénées s’étale sur plus de deux siècles. Deux siècles au cours desquels ces institutions ont considérablement évolué, tout en restant fidèles à leurs origines révolutionnaires, inspirées des philosophe des lumières et de leur foi dans les vertus de l’accès au savoir. En France, le premier né n’est autre que le Louvre, ancien palais royal transformé en musée en août 1793. Comme lui, les premiers musées seront constitués d’œuvres

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© Bertrand Chen

© Jean-Marie Mo

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Musée de l’insolite, près de Cabrerets dans le Lot

d’art confisquées au pouvoir royal, à la noblesse, et au clergé. C’est à cette période, et dans ce contexte qu’a été créé le musée des Augustins, à Toulouse, en 1 795. D’autres suivront, nombreux, puisque qu’en Midi-Pyrénées on compte aujourd’hui 76 musées, dont 74 sont labellisés « Musée de France » par le ministère de la Culture. Collections ou thématiques uniques en France ou dans le monde, artistes locaux de renommée internationale, artistes internationaux, histoires d’insectes ou de balais… la richesse des musées de Midi-Pyrénées est une véritable invitation à voyager, dans le temps et dans l’espace. De quoi rêver par exemple devant des vestiges de civilisations anciennes, s’émouvoir devant des objets témoins des mœurs d’antan, des savoir-faire et techniques d’hier, ou d’aujourd’hui. Un musée, c’est aussi une rencontre. Une occasion de tomber nez à nez avec un personnage historique


…les musées de Midi-Pyrénées

© Christelle Riethmuller

Palais de la Berbie, musée Toulouse-Lautrec à Albi

Un voyage dans le temps

© Musée Ingres, Mo

ntauban

Dans une même ville, le voyageur peut parfois traverser des millénaires. À Rodez, dès l’année prochaine, le musée Soulages ouvrira ses portes. Fait rarissime, l’artiste, enfant du pays, a collaboré avec les architectes pour donner naissance à un musée avant-gardiste. Un musée dont le parcours permettra de comprendre le processus de création d’une œuvre. Entre ce lieu dédié à l’art moderne et contemporain et le musée Fenaille

qui possède le plus important ensemble français de représentations humaines préhistoriques avec ses dix-sept statues-menhirs, il n’y a que quelques kilomètres, mais une distance de près de 5 000 ans dans l’histoire de l’art. À Figeac, c’est un voyage à la découverte de l’histoire des écritures du monde qui attend le visiteur dans la maison même où naquit Jean-François Champollion : naissance des écritures, invention des alphabets en Méditerranée, histoire du livre… la balade est passionnante. Pourquoi ne pas s’arrêter aussi à l’époque où les Celtes ou les Romains vivaient dans la région toulousaine ? Pour cela, il suffit de pousser les

portes du musée Saint-Raymond et de plonger dans les origines de Tolosa. Le musée des Antiques de Toulouse conserve un ensemble archéologique des plus importants de France dont les sculptures de la villa Chiragan. Parmi elles, la troublante tête de Vénus de Martres. Les traces laissées par la civilisation romaine et gallo-romaine dans le Comminges méritent une étape, par exemple au musée archéologique départemental de Saint Bertrand de Comminges. L’histoire de Midi-Pyrénées est riche, mouvementée aussi. Les occasions de s’y intéresser n’en sont que plus nombreuses. Les châteaux cathares gardent le souvenir de la violente répression contre les hérétiques lors de

Musée Ingres à Montauban

Un ate enfants lier Abattoir aux s Toulou de se

© Musée des Abattoirs

ou un artiste célèbre, la figure d’un puissant ou celle d’un homme du peuple, à l’angle d’un cloître, dans les recoins d’un palais du XVIe siècle, ou dans le labyrinthe d’une structure contemporaine. Un musée, c’est un voyage dans tous les sens et de tous les sens ou presque : avec autant de perceptions différentes que de visiteurs.

Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 - 23


Il était une fois… L’histoire de Midi-Pyrénées est riche, mouvementée aussi. Les occasions de s’y intéresser n’en sont que plus nombreuses. teur intitulée « Expulsion des Huguenots de Toulouse » d’Antoine Rivalz évoque, quant à elle, la persécution des Protestants. Parfois, les œuvres ont aussi de beaux écrins. Difficile par exemple de ne pas se laisser aller à la contemplation devant l’ensemble architectural formé par le musée des Augustins, classé monument historique. Du cadre somptueux de l’église gothique, au monumental escalier du XIXe siècle, en passant par l’apaisant cloître de l’ancien monastère, l’édifice est une œuvre d’art en lui-même. Beaucoup plus récent, quoique toujours en brique, les Abattoirs, musée d’art moderne et contemporain de Toulouse et Midi-Pyrénées. Tout en équilibre et symétrie, ce bâtiment du XIXe siècle, inspiré des plans de la basilique Saint-Sernin, dévoile au visiteur toute son ampleur dès ses premiers pas dans le lieu. Une transformation contemporaine réussie sans dénaturer le bâtiment d’origine et qui offre un espace lumineux aux visiteurs : une grande halle de 52 mètres de long et 36 de large formant une nef qui se termine par un hémicycle, bordée de deux pavillons. Autre musée classé monument historique, le palais de la Berbie qui abrite le musée Toulouse Lautrec à Albi. Les 150 000 visiteurs annuels viennent autant admirer les 1 000 œuvres léguées par les parents du peintre natif d’Albi, que ce palais épiscopal édifié au XIIIe siècle. Jouxtant la cathédrale Sainte-Cécile, la

Les dix ans des Abattoirs Le projet Fantasmagoria, le monde mythique, conçu pour les dix ans des Abattoirs à Toulouse se déploiera dans divers lieux de la région Midi-Pyrénées comme à Fiac dans le Tarn, à Taurines dans l’Aveyron ou dans la grotte du Mas d’Azil en Ariège. Fantasmagoria explore nos imaginaires et tente de renouer avec une certaine dimension magique de l’art. Au Mas d’Azil, le potentiel imaginaire et fantasmagorique

qu’offre l’espace souterrain et préhistorique de la grotte sera exploité par une sélection de grands noms internationaux (Jan Fabre, Gary Hill, Marina Abramovic, Gloria Friedman, Olaf Breuning), qui seront associés à d’autres artistes tels Guillaume Pinard (Toulouse), Art orienté Objet, Virginie Barré, Philippe Mayaux, Berdaguer & Péjus … Nombre de ces artistes seront aussi présents dans d’autres sites de la région,

la croisade des Albigeois au XIIIe siècle. La collection de pointes de flèches du musée archéologique de Montségur en atteste. Trois siècles plus tard, ce sont les protestants qui étaient pourchassés. Le musée de Ferrières dans le Tarn, seul musée en France du fait religieux, retrace notamment l’histoire du protestantisme et des huguenots.

© Nina Camberoque

vers

dont les Abattoirs, le Château de Taurines dans l’Aveyron, Fiac dans le Tarn, ou le centre d’art du Parvis à Tarbes.

aire

Fantasmagoria au Mas d’azil 4 juin – 15 novembre 2010 Fantasmagoria aux Abattoirs 24 juin 31 Août 2010 76 allées Charles-de-Fitte 31300 Toulouse 05 62 48 58 00 (accueil) 05 34 51 10 60 (serveur vocal)

De nombreuses œuvres illustrent ainsi l’Inquisition ou les guerres de religions du XVIe siècle. Au musée des Augustins de Toulouse, « L’Agitateur » de Jean Paul Laurens, peintre régional du XIXe représente la croisade contre les Cathares. Une grande toile carrée de 3 mètres de hau-

<

24 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Anni

Musée des Audustins à Toulouse Place s de Écritures à Figeac

>

© Viet Dominique/CRT Midi-Pyrénées

© Adagp

Fabien Verschaere, «Delicious Death», 2004


…les musées de Midi-Pyrénées LeSaviez-

Nouveau

Un site plein d’infos pratiques !

Un atelier pour votre enfant ? Une idée de sortie ? laissez vous guider par le site des musées de Midi-Pyrénées !

Initiation à l’archéologie et à ses techniques ou cours de dessin : pour trouvez l’atelier qui fera plaisir à votre enfant n’hésitez pas à consulter le site des Musées de Midi-Pyrénées !

Réalisé par l’Association des Conservateurs des Musées de Midi-Pyrénées, ce site est un véritable guide pratique permettant de découvrir l’activité des 76 musées de Midi-Pyrénées. Mais pas seulement, ce site est aussi un véritable média en ligne dédié au patrimoine muséographique, aux collections et œuvres. Une

encyclopédie interactive permet de préparer ou prolonger sa visite par la consultation de dossiers thématiques et fiches artistes conçues par les conservateurs de chaque musée. Efficace, ergonomique avec du contenu. Un bel outil bien utile. www.musees-midi-pyrenees.fr

aux Ambassadeurs ? Ces affiches n’ont rien perdu de leur pouvoir de séduction. Séduit ou plutôt fasciné, Ingres l’était par l’Orient. Il n’y a pourtant jamais mis les pieds. Ce qui ne l’empêcha pas de peindre quelques chefs d’œuL’Espagne, l’Orient, vres présentés au musée Ingres de Montauban. L’Orient d’Ingres est L’art de l’atmosphère le Moulin Rouge, un univers féminin aux créatuUne dimension propice au voyace ne sont là que ge, idéale pour découvrir l’univers quelques unes des res indolentes et troublantes. Les amateurs de l’orientalisme peudes œuvres de Toulouse-Lautrec. destinations que Ses affiches sont collées à la mé- proposent les musées vent, eux aussi, se passer de traverser la Méditerranée et s’arrêter moire collective. Grâce à elles, on de Midi-Pyrénées au musée des Beaux-arts de Baplonge dans le monde du spectacle parisien et de la vie bohème nocturne que le gnères-de-Bigorre où se trouve la collection « Les peintre appréciait. Qui ne connaît pas La Gou- orientalistes ». De Bagnères-de-Bigorre, l’Espalue, vedette du Moulin Rouge, Jane Avril ou gne n’est plus très loin. Mais c’est l’écharpe rouge d’Aristide Bruant se produisant sans doute du musée Goya, hauteur de ses murs domine le Tarn et leur épaisseur dégage une puissance sur laquelle le temps n’a pas eu de prise. La dernière phase de restructuration du palais, encore en cours, achèvera de lui donner une autre dimension.

Musée Toulouse-Lautrec, salle des affiches

© François Pons, Musée Toulouse-Lautrec, Albi, Tarn

© Musée des Abattoirs

vous?

Chaque premier dimanche du mois, les musées labellisés « Musée de France » ouvrent gratuitement leurs portes. 74 musées de la Région sont concernés par ce dispositif…alors forcément vous trouverez votre bonheur ! Par ailleurs, chaque année des évènements exceptionnels et gratuits sont organisés dans les musées à l’occasion des Journées du patrimoine ou encore de La nuit des musées. Là encore le site www.musees-midi-pyrenees.fr est là pour vous aider à faire votre choix.

à Castres, que l’on s’en rapproche le plus. C’est à ce jour le seul musée en France tout entier dédié à la peinture hispanique du XIVe siècle à nos jours. Depuis le legs de Pierre Briguiboul d’un ensemble exceptionnel d’œuvres d’art de peinture espagnole en 1894, dont « L’Autoportrait aux lunettes » de Goya, le musée est devenu une référence. De dépôts prestigieux en acquisitions grâce, entre autres, au soutien de la Région, le visiteur croise Velasquez, Murillo, Picasso, Pacheco, Miro… L’Espagne, l’Orient, le Moulin Rouge, ce ne sont là que quelques-unes des destinations que proposent les musées de Midi-Pyrénées où le visiteur pourra croiser celtes, romains, cathares, Huguenots… Alors n’hésitez pas et poussez les portes de la culture. Osez les musées !

Comment la Région aide-t-elle les musées ? «  La Région participe au financement des opérations de modernisation des musées », explique Dominique Salomon, vice-présidente à la culture et au patrimoine. « Actuellement, nous accompagnons, entre autres, la rénovation du musée ToulouseLautrec d’Albi ». Et de préciser : «  La Région a apporté pour l’heure plus de 4 500 000 d’euros à ce projet. Compte tenu de l’importance du chantier et du désengagement constaté de l’Etat, la Région se devait de participer à la hauteur des enjeux. Il s’agit d’un des plus grands musées de Midi-Pyrénées. Toulouse Lautrec attire des touristes du monde entier. La découverte récente d’un pavement de l’époque médiévale risque de nécessiter d’autres financements publics qu’il faudra bien trouver ». Par ailleurs, la Région mène une politique de soutien à l’acquisition d’œuvres et à la réalisation d’expositions temporaires. Enfin, elle aide à la réalisation des actions menées par l’association des Conservateurs des Musées de Midi-Pyrénées : favoriser et valoriser la connaissance du patrimoine muséographique, renforcer le réseau des musées de Midi-Pyrénées et confirmer leur rôle de pôles culturels. Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 - 25


Tribune © Nina Camberoque /Arch. Jean-Pierre Estrampes

Les textes qui sont publiés dans cette rubrique relèvent de la seule responsabilité des groupes politiques signataires. Ils ne sauraient en aucun cas engager la responsabilité du Conseil régional Midi-Pyrénées.

Groupe SOCIALISTE ET RÉPUBLICAIN

Réforme territoriale : un recul historique ! Contre-vérités, mensonges, démagogie… la réforme des collectivités territoriales, voulue par le gouvernement, est bâtie sur des fondations bien malsaines. Loin de clarifier l’exercice des responsabilités au niveau local, de renforcer la démocratie locale, cette réforme se solde par une recentralisation du pouvoir : un gouvernement, qui détient les cordons de la bourse et décide, selon son « bon vouloir », du sort des collectivités… Ce recul historique aura des conséquences catastrophiques pour nos concitoyens.

Haro sur les collectivités ! Le Président de la République accuse, pour justifier cette réforme, les collectivités d’engendrer le déficit public. Rétablissons la vérité : les collectivités et parmi elles les Régions ne sont en rien responsables ! Elles n’ont pas le droit d’avoir un budget en déséquilibre ! Leur dette globale n’atteint pas 10 % de celle de l’État ! Une contre-vérité parmi d’autres : des économies seraient faites en fusionnant le conseiller régional et le conseiller général pour créer le conseiller territorial. En Midi-Pyrénées, nous passerons de 91 à 255 élus ! Où seront les économies ? Hémicycle, bureaux, salles de réunion… tout serait à changer ! Au final, au moment où la crise creuse les inégalités sociales, où le chômage explose, le gouvernement choisit de porter l’estocade aux collectivités locales. Il prend ainsi la lourde responsabilité de paralyser les perspectives de reprise pour notre Pays et de mettre à mal les derniers remparts de solidarité ! 75 % des investissements publics sont, en effet, réalisés par les Communes, les Intercommunalités, les Départements, les Régions. En Midi-Pyrénées, la Région consacre 46 % de son budget (558 millions d’euros) à l’investissement. Construction et rénovation de lycées, de lignes de chemins de fer, de logements étudiants, soutien aux projets des territoires… ces investissements nécessaires favorisent l’économie locale, la reprise et l’emploi. L’action régionale a également une incidence concrète sur le pouvoir d’achat. Notre politique actuelle de tarification TER pour les étudiants, salariés et les demandeurs d’emploi, permet, par exemple, aux usagers des économies de 2 à 10 euros par voyage. Aurons-nous, encore, les moyens d’agir ainsi sur le quotidien des midi pyrénéens ? Bien sûr, nous nous y efforcerons. Mais la question se pose légitimement, lorsque seule collectivité à ne plus disposer de fiscalité propre, la Région va subir, avec cette réforme, le gel des dotations de l’État, soit une baisse considérable de ses recettes. 26 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

Quid également de la redistribution entre territoires et de l’avenir des territoires ruraux avec le processus annoncé de métropolisation ?

Poursuivre notre engagement coûte que coûte pour Midi-Pyrénées ! Contre-vérités, mensonges, démagogie… c’est également ce que nous réserve l’opposition régionale. C’est vrai que pour elle, la vérité est dure à entendre et l’argumentation en faveur des réformes en cours particulièrement dure à soutenir. Prenons pour seul exemple l’Éducation Nationale ; difficile de justifier l’action du gouvernement qui se résume à un objectif : supprimer des postes. Une volonté qui se traduit par l’augmentation du nombre d’élèves par classe, par la suppression des postes d’assistants étrangers en langue. Tout est bon pour réaliser des économies au mépris des conditions d’études. Ici en Région, nous continuerons, tant que nous le pourrons, pour les jeunes et leurs familles, à mettre en place des conditions adéquates à une bonne scolarité des lycéens. Cette année des mesures d’équipement des lycées en laboratoires pour l’apprentissage des langues étrangères ont été prises. La rentrée sera placée sous le signe du numérique avec l’octroi, sous conditions de ressources, d’un ordinateur portable pour les jeunes entrant en seconde. Aux contre-vérités, au mensonge, à la démagogie, nous opposons une volonté politique sans faille, et notre action. En améliorant les lieux d’apprentissage, en soutenant le dynamisme des territoires, en créant les conditions de la relance de l’économie et de l’emploi, nous nous battons, même si le gouvernement s’emploie à saper nos efforts, pour maintenir et conforter la qualité de vie des Midi-Pyrénéens(e)s.n Contacts : 22, boulevard Maréchal Juin 31406 Toulouse Cedex 4 Tél. : 05 61 33 54 07 ou 05 61 33 57 31 Fax : 05 61 33 54 08 e-mail : rmp.ps@cr-mip.fr

Groupe EUROPE ÉCOLOGIE

Anticipons les restrictions budgétaires ! Alors que le gouvernement s’obstine dans une réforme territoriale et des finances locales qui met à mal l’ensemble des budgets des collectivités territoriales, il est indispensable d’anticiper les restrictions budgétaires et de saisir l’opportunité d’une remise à plat des outils financiers de la Région. Nous souhaitons impulser une nouvelle logique de soutien économique aux entreprises, plus juste, plus durable et plus éthique.


Conseil régional

La priorité devra être donnée aux aides sous forme d’avances remboursables ou d’emprunts bancaires pour lesquels la Région se porterait caution. Cela permettrait de démultiplier les aides sans tronquer le budget et sans augmenter l’impôt. L’objectif est que l’argent public serve de levier pour le développement et l’innovation puis qu’il soit rendu à terme au Conseil régional pour amorcer d’autres soutiens. Un second outil pourrait être la coordination des demandes d’emprunt au niveau interrégional afin de pouvoir négocier les taux bancaires au plus bas. Ces outils, parmi d’autres, devront être mis en place dans un cadre déontologique clair : la lutte contre l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent. La règle devra être une véritable transparence pour les banques qui travailleront avec la Région. Tout établissement financier devra rendre compte à la collectivité sur son implication financière à l’étranger, sur la méthode utilisée pour lutter contre le blanchiment, la corruption et la fraude fiscale. C’est à partir de ces critères que nous pourrons décider de collaborer avec une banque, afin de doter la Région d’une politique de soutien économique repensée, pragmatique et responsable.n Guillaume Cros, Président du Groupe Europe Écologie Contact : rmp.europe-ecologie@cr-mip.fr 0 561 335 159

Groupe RADICAUX de gauche

Une re-centralisation aux forceps À l’heure où nous écrivons ces lignes, le projet de loi de réforme des collectivités territoriales est toujours en discussion au Parlement. Mais les points d’achoppement, s’agissant principalement de l’avenir des Régions et des Départements, sont bien sûr connus et suscitent à juste titre de vives réactions par-delà les clivages politiques. En effet, en l’absence de consensus et au mépris des rapports parlementaires, le Gouvernement entend instaurer une recentralisation partisane, à travers la création du conseiller territorial qui, contrairement à l’objectif initial pourrait s’avérer très coûteuse, doublée d’une recentralisation des compétences, à travers la suppression de la clause de compétence générale (exception faite des projets culture, sport et tourisme) et du retour en force du pouvoir confié au représentant de l’État. Attachés aux principes républicains de libre administration et d’autonomie des collectivités, convaincus des effets ravageurs de ce projet pour nos territoires, nos concitoyens et pour la démocratie de proximité, Sylvia Pinel et les Conseillers régionaux Radicaux de Gauche, réitèrent leur opposition à l’adoption de ce qu’ils considèrent comme la 1re des lois de RE-centralisation. n Contact : rmp.prg@cr-mip.fr

Groupe FRONT DE GAUCHE : PCF-PG-GU

Retraites : manifestons et exigeons un référendum ! Par dizaines de milliers dans les villes de Midi-Pyrénées, comme partout dans le pays, les manifestants continuent de faire entendre leur voix pour s’opposer aux mauvais coups de Sarkozy contre la retraite à 60 ans. D’autres étapes dans

© Polo Garat

libre

Expression des groupes politiques

la mobilisation vont suivre. Car les jeux sont loin d’être faits. Malgré le déluge de propagande officielle s’efforçant de justifier un recul social injuste. L’essentiel de la bataille est devant nous, avec un texte gouvernemental qui sera débattu au parlement à l’automne. Il faut un vrai débat public sur les enjeux de société que pose l’âge de départ en retraite. Et ce débat doit être sanctionné par une consultation populaire, c’est-à-dire par un référendum.n Groupe Front de gauche Tél. 05 61 33 54 13 rmp.fdg@cr-mip.fr • elus-pcf-regionmidi-pyrenees.elunet

GROUPE OSONS MIDI-PYRÉNÉES

Osons la rigueur en Midi-Pyrénées Face à la crise économique et financière qui touche la France, il est nécessaire que les élus soient solidaires et exemplaires pour redresser les comptes publics. Dans cette perspective, Nicolas Sarkozy a organisé le 20 mai dernier, une 2° conférence sur les déficits publics, boycottée par Martin Malvy au motif que le problème des déficits publics ne concerneraient pas les collectivités territoriales. Or, cet argument est particulièrement fallacieux quand on sait que les recettes de la Région Midi-Pyrénées proviennent à 57 % de l’État. Or, la crise qui frappe le pays est sans précédent et la rigueur doit prévaloir partout. Il semble que Martin Malvy vient d’en prendre conscience « Au moment où la situation économique impose des révisions dans la dépense publique, ce n’est certainement pas de cette réforme dont nous avions besoin » (communiqué du 9 juin 2010). C’est pourquoi, le groupe d’opposition Osons Midi-Pyrénées a décidé de déposer une motion lors de l’Assemblée Plénière du 28 juin 2010 portant sur 3 points : - la réduction de 20 % des indemnités des élus, - la réduction de 50 % des réceptions et frais de bouche, - la réduction du parc automobile au seul véhicule de fonction du Président de Région. Ces sommes économisées serviront à abonder un fonds de solidarité destiné à aider et à accompagner les salariés des entreprises victimes de restructurations industrielles. Il pourrait être présidé par Denis Parise ex-syndicaliste de Molex devenu Conseiller Régional qui connaît parfaitement ces questions. Cette proposition procède de notre volonté de concentrer nos efforts sur les effets dévastateurs de la crise, mais aussi, d’éviter le gaspillage des deniers publics tant au niveau de l’assemblée régionale que de ses divers organismes satellites et parfois même d’associations « lucratives sans but » largement abondées par subvention. À propos des satellites, l’actualité vient de mettre en exergue la gestion non maîtrisée de la Confédération Pyrénéenne du Tourisme dont le bilan présenterait un déficit de plus d’1 million d’euros entraînant via le rapport du commissaire aux comptes l’information du Président du Tribunal de Grande Instance. Il est regrettable que cet outil créé en 1918 voit sa situation et son avenir compromis. Dans le même esprit notre groupe sollicite une commission d’enquête sur le lycée Galliéni pour analyser les surcoûts liés à la construction mais également à toutes les malfaçons évoquées lors de la Commission Permanente du 3 juin 2010. n Brigitte Barèges Présidente du Groupe d’opposition Osons Midi-Pyrénées Tél. 05 61 33 54 60 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010 - 27


Rencontre

Johnny Clegg

La victoire de l’engagement

Pour sa 16e édition, le grand festival Racisme venait de voir le jour. Je me toulousain Rio Loco a invité en juin souviens de ces mains jaunes « Toudernier – Coupe du monde de foot- che pas à mon pote  ». Avec mon ball oblige – près de trois cents artis- groupe Savuka nous sommes arrivés tes d’Afrique du Sud dans la ville rose avec un message très fort. Nous ne pour un mois de concerts, d’exposi- faisions de la propagande pour pertions et de spectacles en tous genres. sonne. Nous nous contentions de dire que ce qui se pasA quelques jours de la Je voulais être sait chez nous en Afrifinale dans son pays du que du Sud était mal, plus grand événement un Zoulou. C’est que nous voulions un sportif planétaire, John- devenu mon but, autre pays, un autre ny Clegg, invité vedette mon combat ordre. Beaucoup de du festival de musiques du monde, chanteur engagé et figure Français se sont retrouvés derrière emblématique dans les années 80 de ce message universel. la lutte contre l’Apartheid a accordé à cette occasion une interview à Midi- Où étiez-vous le jour de la libération Pyrénées Info. de Mandela le 11 février 1990 ? J’étais à Milan pour un concert. Tout Vous venez très régulièrement chan- est allé très vite. Un commentateur de ter en France. Comment expliquez- la Rai Uno, la télé italienne, est venu vous votre succès auprès du public m’annoncer la nouvelle. Je me suis retrouvé sur le plateau TV et j’ai vu français ? Il y a la musique bien sûr, ce mélange Mandela libre. C’était incroyable. On typique de sonorités celtique, rock et ne s’y attendait pas du tout. Mais enzoulou qui fait mon univers. Mais il suite avec du recul, j’ai compris que y a aussi je crois une histoire particu- la libération de Mandela était liée à lière entre les Français et moi. Lors- la chute du mur de Berlin trois mois que j’ai débarqué en France en 1987 plus tôt. Jusqu’alors, la communauavec ma chanson Asimbonanga, les té internationale et plus précisément Français ont découvert l’histoire du le bloc de l’Ouest fermait un peu les prisonnier Mandela et de son combat yeux sur ce qui se passait en Afrique pour la fin de l’Apartheid dans notre du Sud même si officiellement notre pays. Cette chanson, est devenue très pays était sous embargo militaire des vite numéro un des ventes alors qu’il Nations Unis et sous embargo éconoy avait chez vous un contexte politi- mique de plusieurs pays. A l’époque, il que particulier. L’extrême droite fai- suffisait d’être anti-communiste pour sait son entrée au parlement et SOS qu’on vous fiche relativement la paix.

© Sandrine Arribeux

Johnny Clegg durant les préparatifs de Rio Loco, à Toulouse en juin dernier.

28 Midi-Pyrénées Info - Juillet/Août 2010

© Renaud Corloue

Après la chute du mur, les grandes nations ont mis davantage la pression sur notre gouvernement. La tension est montée d’un cran et le cours de l’histoire de mon pays a changé. Aviez-vous conscience de l’Apartheid lorsque vous étiez enfant ? Pas du tout ! J’ai grandi au Zimbabwe jusqu’à l’âge de sept ans puis ma famille et moi avons déménagé deux ans en Afrique du Sud avant de partir à nouveau à l’étranger, en Zambie. Dans ce dernier pays - démocratique et sans ségrégation - j’étais entouré d’enfants et de professeurs noirs. J’ai le souvenir de formidables moments en Zambie. Lorsque nous sommes retournés vivre en Afrique du Sud, je n’étais alors pas en mesure de comprendre ce qui se passait. A 14 ans, j’ai rencontré un musicien des rues. Il était noir et sa guitare était accordée d’une façon très spéciale que je ne connaissais pas. C’était une révélation musicale pour moi. Il m’a emmené dans un quartier zoulou de Johannesburg et j’ai découvert la culture tribale. Ma mère était divorcée à l’époque, j’étais un jeune garçon et les zoulous

représentaient un symbole masculin très fort. Je voulais être un Zoulou. C’est devenu mon but, mon combat ; ça m’a coûté pas mal d’ennuis avec la police et avec ma famille à l’exception de ma mère, une chanteuse qui me disait « moi je voulais être Ella Fitzgerald, alors si toi tu veux être zoulou, c’est cool, ça me va ». Vingt ans après la fin de l’Apartheid où en est l’Afrique du Sud ? Mandela nous a légué une nation unie seulement sur un plan politique et symbolique. Le défi pour l’Afrique du Sud aujourd’hui est de trouver une traduction de ce symbole dans la réalité économique. Beaucoup de noirs travaillent dans le secteur public contrôlé par l’Etat mais ils sont encore largement minoritaires dans le secteur privé détenu à 80 % par les blancs. De ce côté tout reste donc à faire. Une dernière question, spéciale Coupe du monde  : Les téléspectateurs semblent très peu sensibles à la musicalité de vos vuvuzelas et vous ? Je suis d’accord avec eux. Ça me rend dingue !

Midi pyrenees info 38  

Le magazine de la Région Midi-Pyrénées n°38

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