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interview Sam Hines

« acheter le meilleur dans le budget que l’on s’est fixé » Fort d’une vingtaine d’années d’expérience dans le domaine des enchères, à l’échelon mondial, Sam Hires est, depuis août 2015, le «Head of Watches » de Philipps. Il est basé à Hong Kong où Philipps a récemment implanté son siège pour l’Asie. PREMIUM : Comment se comporte le marché des montres anciennes ou de collection ? Sam Hines : Le marché est certainement en croissance, tant au niveau de la valeur que du nombre de collectionneurs. Aujourd’hui les prix pour des montres de collection peuvent atteindre cent à mille fois ce qu’ils étaient il y a 20 ans. Il suffit pour cela de prendre un catalogue d’il y a 10 ans et comparer les prix des catalogues des dernières ventes en date. Le niveau de connaissance a tellement évolué, qu’aujourd’hui les collectionneurs ne veulent acheter que les pièces les plus rares et les plus exclusives pour compléter leurs collections. La rareté est un des critères qui poussent les prix au plafond, car il faut suivre la demande, et les pièces de qualité exceptionnelle se font rares. P. : Existe-t-il des fonds d’investissement dédiés à la montre de collection ? Oui en effet, certains ont été créés en Europe et en Asie. Deux principes régissent ces fonds, le premier, consiste à acheter un maximum d’un

Je dispose de 10.000 euros. Je veux m’acheter une belle montre mais si elle me rapporte de l’argent dans 10 ans, j’aime autant. Je commence par quoi ? Par où ? Sam Hines : « J’opterais personnellement pour une montre de poche vintage du début du XXème, éventuellement produite par Patek Philippe, ces pièces sont souvent sous-évaluées. Je pencherais également pour des triples quantièmes ou chronographes des années 40, de préférence en acier et fabriqués par des maisons telles qu’Omega, Longines, Tissot ou Baume & Mercier. Les exemplaires de ces montres en excellent état étant rares, ils deviennent plus convoités de saison en saison ».

même modèle contemporain, dans le but d’assécher le marché, qui en réaction à cette carence, verra grimper le prix de ce même modèle, et profitera donc aux investisseurs. Le second, en montres vintage, consiste à briguer le meilleur du meilleur, et l’exclusivité absolue, se donnant la possibilité d’évaluer eux-mêmes la valeur de ces pièces d’exception. P. : Comment savoir qu’une montre va prendre de la valeur ? En premier lieu, mon conseil est de toujours acheter le meilleur dans le budget que l’on s’est fixé. L’ADN de la marque est très relevant aussi, puis troisièmement, la qualité du cadran et de la boîte de la montre – ces deux derniers critères sont très importants, il faut idéalement choisir une pièce avec un cadran original, et une boîte qui n’aura pas été polie. La provenance est le quatrième critère de rigueur, elle doit être irréprochable - en dernier lieu, il est mieux si la montre est nouvelle sur le marché. Le plus important est d’acheter ce que l’on apprécie vraiment !

Paul Boutros : « Il faut prendre le temps de se faire une culture, en identifiant et se concentrant sur les marques horlogères qui nous suscitent de l’intérêt. Se documenter, acheter une littérature appropriée, notamment les livres que les manufactures ellesmêmes produisent, participer aux forums horlogers, participer aux ventes aux enchères régulièrement et ne pas hésiter à prendre en main autant de montres que possible. Il est précieux d’acquérir une bonne base de connaissances, particulièrement liées à la finition du mouvement. Lorsque le moment est venu d’acheter, le faire avec le cœur, et faire correspondre son budget au meilleur rapport de qualité possible ».

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